Le journal officiel
AGRICULTURE. La Région s’ouvre sur le monde L e salon international des techniques et équipements pour la viticulture (Sitevi) a été inauguré le 29 novembre dernier au Parc des expositions de Montpellier par Georges Frêche et Peter Hazelzet président du Sitevi. “ Avec près de 900 exposants et plusieurs dizaines de milliers de visiteurs venant de 70 pays, le salon a un rôle leader dans le monde. En dix ans, il a connu une croissance de près de 30 % ”, a souligné Peter Hazelzet. La 22e édition de cette manifestation est un rendez-vous international, reconnu par tous les acteurs des filières vigne-vin et arboriculture-maraîchage. “ Je souhaite que ce salon devienne le troisième de France, car c’est un atout essentiel pour le développement de notre région ”, a déclaré Georges Frêche. Face à la crise actuelle que connaît la filière viticole, il en a profité pour rappeler “ la nécessité de se battre ensemble, avec intelligence pour conquérir de nouveaux marchés ”. “Nous devons nous battre pour conquérir de nouveaux marchés” GEORGES FRÊCHE Premier vignoble du monde en production de cépages, et première région productrice au monde, la priorité est bien de “ continuer à structurer notre vignoble. Parce que le marché est aujourd’hui mondial, il faut nous donner les moyens de nous adapter et jouer la carte de l’export ”, a précisé le président de Région. Et de rappeler le rôle majeur que l’institution entend bien jouer aux côtés des viticulteurs : “ Faire du vin, c’est un métier que nous maîtrisons. Dans notre région, on fabrique des vins excellents. Nous allons soutenir les metteurs en marché. Seul, je ne peux rien. C’est avec vous, producteurs, qu’ensemble nous nous battrons, pour vendre nos produits au niveau mondial ”. Pour cela, la région a décidé d’ouvrir des maisons du Languedoc-Roussillon à travers le monde. Belgique, Italie, Allemagne mais aussi Chine, Brésil, États-Unis, Inde, autant de pays incontournables dans un marché mondial , où l a Région entend bien promouvoir ses filières de qualité, au service de l’économie régionale. SOUTIEN aux viticulteurs Après avoir passé toute la journée du 14 décembre devant le Commissariat de police de Montpellier où quatre de leurs camarades étaient en garde à vue, les viticulteurs se sont rendus à l’Hôtel de région. Georges Frêche, président de la Région Lan-guedoc-Roussillon, a immédiatement téléphoné au Préfet afin qu’il n’envoie pas de forces de police pour évacuer l’Hôtel de Région. Il lui a aussi demandé de faire son possible pour ne pas incarcérer les quatre viticulteurs. Prenant la parole devant l’ensemble des viticulteurs, vers 19h30, Georges Frêche a confirmé qu’il était à leur côté dans cette crise. Il a ensuite annoncé qu’il prenait contact avec le Président des régions de France, Alain Rousset, afin que les régions viticoles s’unissent pour que le Gouvernement reçoive les viticulteurs et qu’une vraie politique de réponse à la crise soit initiée par le Gouvernement au-delà des simples effets d’annonce. De plus, en séance du Conseil régional du 23 décembre, une motion adressée à M. De Villepin a été votée. À l’issue de cet entretien, et afin que les viticulteurs puissent passer la nuit à l’Hôtel de région pour attendre, à Montpellier , la sortie de leurs camarades , Georges Frêche leur a proposé un buffet avec des vins de la région. Dans la foulée, Georges Frêche pouvait annoncer aux viticulteurs que le Premier ministre Villepin les recevrait le 20 décembre pour débattre de leurs difficultés. “ Vous, viticulteurs du Lan-guedoc-Roussillon, n’ayez pas de complexes. Notre vignoble est le
premier du monde, c’est à nous de prendre la tête de la viticulture française ”, ajoutait Georges Frêche large-ment applaudi. “Monsieur Frêche, vous aviez dit que si nous avions besoin de vous, vous seriez là. Nous avons besoin de vous et vous êtes là ! ” MICHEL ALLEMAND ET JEAN-MARIE TRÉMOULET, RESPONSABLES VITICOLES
C’est voté ! 30 novembre 2005 1. Débat d’Orientation Budgétaire 2. Communication sur le bilan du Contrat de Plan Etat-Région 2000-2004 3. Approbation du document établissant un diagnostic (1re partie) dans le cadre de SERVIR (Stratégie économique régionale de valorisation et d’intégration des ressources) et dans le but de réaliser à terme un schéma régional de développement économique 4. Augmentation de la participation de la Région dans le capital de la société SORIDEC 5. Politique Régionale en matière d’économie sociale et solidaire 6. Économie sociale et solidaire: participation de la Région à hauteur de 120000 euros à l’Airdie (association permettant de soutenir la création et le développement des entreprises au service de l’emploi) dans le cadre du Fonds régional de garantie 7. Opération de maintien des commerces de proximité 8. PACTE: Avance remboursable aux créateurs et repreneurs d’entreprises 9. Programme Régional à l’Innovation (PRI): Faisabilité technologique des projets d’entreprise 10. Compétitivité des entreprises: Adoption de la convention-type relative aux Parcs d’activités d’intérêt régional ou territorial (PAIR) 11. Compétitivité des entreprises: Opérations collectives (entreprises faisant appel à l’aide au conseil et au recrutement) 12. Compétitivité des entreprises: Projets de développement des entreprises 13. Département Économie et Emploi: Régularisations 14. Politique d’aménagement rural: la Région s’engage en matière de développement des espaces ruraux (mobilisation de foncier, aménagement durable de la forêt, risque incendie, trufficulture, hydraulique…) 15. Aménagements cynégétiques et halieutiques (gestion des habitats et des biotopes, développement touristique en matière de chasse et pêche) 16. Développement du tourisme: priorité aux démarches qualité, modernisation de gîtes ruraux. 17. Développement de la filière élevage: investissements dans les entreprises de la filière viande, les exploitations 18. Développement des filières agricoles: recherche expérimentation dans le secteur des fruits et légumes, investissements dans les entreprises, contrats petites exploitations 19. Développement des produits de la mer: investissement dans les entreprises de pêche 20. Actions de valorisation du secteur tourisme. Attribution de subventions à la fédération régionale des pays d’accueil touristique du Languedoc-Roussillon (FRPAT) et à l’association des communes du canal des deux mers 21. Actions de valorisation en territoire de montagne: promotion des produits du terroir 22. Actions de valorisation en milieu rural 23. Subventions dans le cadre de l’aide à l’installation des agriculteurs (PACTE) 24. Recherche, universités et territoires: 500000 pour l’extension du département de chimie de l’IUT de Montpellier et 200000 pour la construction du bâtiment pédagogique de l’UFR-Staps 25. Aide à la production de logements sociaux (hors opérations relevant des dossiers ANRU), de logements étudiants et de foyers jeunes travailleurs: modification du programme régional
26. Convention spécifique d'application avec les villes ou les communautés d'agglomérations pour les opérations retenues dans le cadre du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) 27. Fonds régional de prévention des inondations (subventions dans le cadre de l’aide aux inondations) 28. Schéma d'aménagement et de gestion des eaux des nappes plio-quaternaire de la plaine du Roussillon. Avis sur le périmètre du SAGE 29. Lutter contre les gaz à effet de serre en développant les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie 30. Gestion durable du littoral (Villeneuve les Maguelone, baie d’Aigues Mortes, et anse de Paulliles) 31. Résorption des zones blanches en téléphonie mobile en Languedoc-Roussillon. Participation à la phase 1 du plan national 32 Garantie d'emprunt 33 Formation professionnelle - programme régional qualifiant 2005-2006 pour les demandeurs d'emploi - Financement des organismes de formation: 2e individualisation 34 Formation professionnelle - Programme d'action préparatoire à l'insertion 2006 pour les demandeurs d'emploi - Financement des organismes de formation: 1re individualisation 35 Formation Professionnelle - attribution d'aides individuelles pour les demandeurs d'emploi 4e individualisation, annulations et modifications 36. Formation professionnelle continue -salariés et artisans - dotation aux organismes paritaires 37. Formation professionnelle - sanitaire et social: saisine de la commission consultative d'évaluation des charges 38. Formation professionnelle - sanitaire et social: dotation annuelle de fonctionnement des établissements de santé 39. Formation professionnelle - sanitaire et social: bourse aux étudiants - 2e attribution 40. Formation professionnelle - financement des rémunérations accordées aux stagiaires 41. Prise en compte des modifications statutaires des agents de catégorie C 42 Tableau de l’effectif 43 Commission de réforme du matériel et des véhicules - Création et élection 44. Programme pluriannuel d'investissement dans les lycées: construction de Lycées neufs 45. Programme pluriannuel d'investissement dans les lycées: LEGTA Charlemagne Carcassonne 46. Programme pluriannuel d'investissement dans les lycées: cité scolaire Paul Valéry - Sète 47. Programme pluriannuel d'investissement dans les lycées: lycée l'Etincelle - Nîmes 48. Fonctionnement des lycées publics: dotations spécifiques 49. Pratique des activités physiques et sportives dans les lycées publics: participation financière 50. Dénomination des lycées publics 51. Signature d’une entente entre la Région Languedoc-Roussillon et la Région Lombardie, l’une des plus riche d’Italie.
VIETNAM Une délégation de la Région Languedoc-Roussillon s’était rendue en juin dernier au Vietnam à l’occasion des assises de la coopération décentralisée franco-vietnamienne. Suite aux différents contacts pris sur place, une délégation vietnamienne a été accueillie à l’Hôtel de Région le 17 novembre dernier par Corinne Giacometti, vice-présidente du Conseil régional, déléguée aux relations internationales, et Jean-Louis Bousquet, conseiller régional. Au cours de son séjour, cette délégation a pu découvrir et mieux connaître les vignobles du Languedoc-Roussillon à travers des visites de caves et exploitations. Composée de professionnels du tourisme et d’un membre de la municipalité d’Hô Chi Minh-Ville, la délégation souhaite mettre en place différents
partenariats entre notre région et le Vietnam, offrant ainsi la possibilité d’expor-ter nos vignobles régionaux. SERVIR Le 30 octobre dernier, à l’hôtel de Région un premier diagnostic de l’économie régionale était présenté aux représentants professionnels du monde économique. Une deuxième étape vient d’avoir lieu. Face à une salle comble, le 24 novembre dernier, Anne-Yvonne Le Dain, vice-présidente en charge du développement économique, a dévoilé la stratégie que la Région entend bien mener dans ce domaine. Elle a ainsi détaillé le triple objectif économique que souhaite atteindre la collectivité régionale à l’horizon 2015 : aligner son PIB, son taux d’emploi et les investissements de ses entreprises sur les taux de l’Union Européenne. Pour atteindre cet objectif, la Région se donne les moyens et s’engage avec les professionnels dans une stratégie économique ambitieuse mais réaliste, compte tenu des potentiels dont dispose le Languedoc-Roussillon. IDATE La Région a soutenu la 27e édition de la conférence internationale organisée par l ' Idate du 22 au 24 novembre 2005, le rendez-vous annuel des professionnels des technologies de l'information et de la communication, qui a réuni cet-te année plus 1200 participants. FOOTBALL Le tirage au sort des 16e de finale de la “coupe du Languedoc-Roussillon” s’est déroulé le 1er décembre dernier à l’Hôtel de Région, en présence de Didier Codorniou, président de la commission sports du Conseil régional, et de Roger Gaubert, président de la ligue Languedoc-Roussillon de football. Un jeu de maillot a été remis par la Région aux trente-deux équipes restant en lice. Cette compétition rassemble une cinquantaine de clubs amateurs, dans la catégorie senior. La finale aura lieu le 25 mai prochain. INTERNATIONAL A l’occasion du colloque intitulé “Cuba-France : pour un dialogue sur l’éducation”, Georges Frêche a rencontré, le 23 novembre dernier, Rogelio Placido Sanchez Levis, ambassadeur de Cuba en France. Ce colloque était organisé par l’association Montpellier Solidarité Cuba en partenariat avec la Région Languedoc-Roussillon, EUROPE La Région a accueilli le 28 novembre dernier les 17 “points Europe” régionaux, ainsi que les “GUIDeuro-pe” du Gard et des Pyrénées-Orientales pour une rencontre avec Robert Navarro, vice-président du Conseil régional et député européen. Organisé en partenariat avec la maison de l’Europe de Montpellier, ce rendez-vous fut l’occasion pour les participants de pouvoir mieux connaître le rôle et les missions d’un député européen. MIAM MIAM GLOUGLOU Jeudi 8 décembre, Patrick Malavieille, conseiller régional, président de la commission culture a participé à la r e m i s e d e s p r i x M I A M MIAM glouglou qui s’est tenue à l’Hôtel de Région, en présence de François Commeinhes, Maire de Sète et d’Hervé Di Rosa, président du musée international des Arts modestes. Ce rendez-vous annuel célébrant l’art et le vin et réunissant vignerons et artistes régionaux met en avant deux facettes essentielles de notre région: la viticulture et l’art contemporain. Un jury d’experts a sélectionné, parmi plus de 15 vins de la région, les trois meilleurs. Trois viticulteurs ont ainsi été mis à l’honneur et se sont vus décerner le prix MIAM MIAM glouglou. Des artistes contemporains réaliseront dès 2006 les étiquettes des crus lauréats 2005.
La Région a tenu à s’associer à ce projet initié par la ville de Sète et le MIAM en 2003, et donner ainsi à cet événement un rayonnement à l’échelle du territoire régional. Convaincu du lien ténu qui existe entre la viticulture et l’art en Languedoc-Roussillon, Patrick Malavieille s’est réjoui de cette initiative unique qui marie à la fois la maîtrise de l’art et la passion du terroir.
Portrait d’élue ANNE-YVONNE LE DAIN, une femme militante En mai 1968, Anne-Yvonne Le Dain a 12 ans. Cartable à la main , elle est bien décidée à se rendre au Quartier latin pour rejoindre ses aînés, mais les problèmes de transports l’en empêchent… “ Je suis une militante ”, dit-elle pour résumer. Ce trait semble la caractériser tout au long de sa vie. Au terme de ses deux années de Maths Sup et Maths Spé Agro, elle réussit les concours. Son classement lui permet d’intégrer Paris, mais elle choisit Montpellier, signifiant ainsi sa rupture avec les hiérarchies parisiennes. Elle arrive dans la capitale régionale sans connaître personne et doit travailler pour financer ses études. À 21 ans, son diplôme d’ingénieur en poche, elle décide de préparer un doctorat en sciences de la terre, obtient une allocation de recherche du CNRS et termine sa thè-se à l’Institut de physique du globe de Paris. Une fois passée la soutenance, elle fait à nouveau un choix inattendu : ne pas entrer dans la recherche où ses titres la conduisaient pourtant. Elle s’engage avec des amis du monde scientifique ayant élaboré le projet de créer à Montpellier l’Institut des aménagements régionaux et de l’environnement, agence d’ingénierie au statut associatif fonctionnant comme une entreprise. C’est là qu’elle prend ses premières responsabilités professionnelles. Anne-Yvonne Le Dain travaille alors en région, mais aussi dans le monde entier. Ici, elle décide de prendre soin du littoral sableux dégradé par l’érosion et les tempêtes, en utilisant “ des méthodes douces et naturelles ”. Lui vient alors l’idée de placer face à la mer des ganivelles, sortes de clôtures de piquets de châtaignier, bois imputrescible, afin de reformer les plages et pas seulement les dunes. Encouragée par le directeur du Conservatoire du littoral, elle équipe les plages dans toute la région. Elle dit “ avoir la chance ” de voir ses hypothèses d’ingénieur confirmées : lors de la tempête historique de 1984, les ganivelles des Orpellières à Sérignan ne se sont pas brisées et ont retenu le sable. Partout ailleurs, les plages sont dévastées. De là part toute son aventure personnelle, assemblage d’hypothèses scientifiques, de paris techniques, d’un goût du risque assumé. C’est à cette époque qu’Anne-Yvonne Le Dain s’engage en politique. Elle prend conscience de la mondialisation qui s’amorce. Militante de gauche, elle décide d’adhérer au parti socialiste. “ S’engager pour que le monde avance ”, telle est la conviction profonde qui l’anime. Son caractère passionné s’exprime : elle soutient le Fhar (Front homosexuel d’action révolutionnaire) au début des années quatre-vingt pour défendre les libertés individuelles et les droits aux différences et, mère de famille, elle défend férocement la parité. Anne-Yvonne Le Dain est aussi engagée dans le domaine scientifique. Elle soutient le mouvement de lutte pour sauver la recherche en France et n’hésite pas à démissionner avec les chercheurs en 2004. Celle qui fut déléguée régionale du Ministère de la recherche pendant sept ans et puis quatre ans directrice d’un département scientifique du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), avec plus de 400 personnes sous sa responsabilité, regrette le choix du gouvernement de faire gérer la quasi-totalité des financements par des agences, au lieu de doter directement des équipes scientifiques. Anne-Yvonne Le Dain s’investit aussi dans son rôle de parent d’élèves. Mère de trois garçons, elle devient présidente de la Fédération départementale des conseils de parents d’élèves (FCPE) qui passe alors de 5000
à 7000 adhérents, après avoir mis en place la FCPE de Castelnau-le-Lez. Politique, recherche, éducation, Anne-Yvonne Le Dain mène ses combats avec passion, mais soudain s ’ i l l u m i n e q u a n d o n remarque son magnifique piano droit couvert de partitions. “ Le piano, c’est mon âme ”, dit-elle en souriant. Elle joue depuis l’âge de cinq ans, a fait l’Ecole normale de musique à Paris, aime le classique et le jazz, et reconnaît que “ toutes les musiques sont potentiellement belles ”. Une question surgit alors : comment cette femme a-telle pu gérer à la fois une remarquable carrière, un engagement politique qu’elle affirme aujourd’hui en tant que vice-présidente de la Région, trois enfants, tout en continuant une pratique musicale active ? La réponse ne nous surprend pas : elle réussit à tout mener de front grâce à son compagnon qui conçoit la vie à deux dans l’égalité et un partage total des responsabilités. Quelques dates : 1er septembre 1955 : naissance en région parisienne 1974 : arrivée à Montpellier 1983-1988 : IARE (ganivelles et autres actions environnementales) 1990-1997 : déléguée régionale du Ministère de la recherche et de la technologie 1997-2001 : présidente de la FCPE de l’Hérault 1997-2004 : directrice d’un département de recherche du Cirad
Groupe socialiste et radical RÉFORME FISCALE : L’AUTONOMIE FINANCIÈRE DES RÉGIONS MENACÉE Petit arrière-goût de revanche pour la droite: le dispositif de “ bouclier fiscal ”, prévu dans le projet de loi de finances 2006, va limiter la liberté budgétaire des collectivités locales, des Régions en particulier, et, par là même, restreindre leurs marges de manœuvre. En plafonnant la taxe professionnelle à 3,5 % de la valeur ajoutée de chaque entreprise et en calculant les compensations d’État sur la base des taux 2004 au lieu de 2005, le gouvernement remet en cause le principe d’autonomie financière des collectivités inscrit dans la constitution. Il prive ainsi les Régions des ressources nécessaires à leurs politiques de développement. Il n’est pas sûr toutefois que la “ neutralisation ” de la TP profite de façon significative aux PME (petites et moyennes entreprises); seules les sociétés dont la valeur ajoutée est élevée bénéficieront pleinement de la mesure. Par ailleurs, en restreignant la capacité financière des Régions, le gouvernement risque de les contraindre par contrecoup à diminuer, voire à supprimer, les crédits d’aide directe versés chaque année aux PME. D’un point de vue économique, cette réforme de la taxe professionnelle est tout simplement une aberration. Depuis son instauration en 1974 par le gouvernement Chirac, l’impôt local qui pèse sur les entreprises n’a connu qu’une seule modification juste et efficace: la suppression de la part salariale du calcul de la taxe, engagée en 1998 par le gouvernement Jospin et son ministre des finances, Dominique Strauss-Kahn. En cinq ans, cette réduction de l’impôt avait permis la création de 100000 emplois. On est loin, aujourd’hui, de ces nobles objectifs en faveur de l’emploi quand on examine de près le miroitant dispositif qualifié en toute démagogie de “ bouclier fiscal ”. Outre la taxe professionnelle, le gouvernement propose de plafonner les impôts directs (impôt sur le revenu et impôt de solidarité sur la fortune) à 60 % des revenus. Ainsi les ménages les plus favorisés (dont 9000 contribuables assujettis à l’ISF) vont bénéficier des largesses fiscales de la droite, évaluées à 500 millions d’euros. Alors que la crise des banlieues montre que l’État doit disposer de plus de moyens pour augmenter la présence des services publics dans les quartiers en difficultés, M. de Villepin et sa majorité considèrent que la réduction des impôts pour les plus riches constitue la priorité des priorités. Une véritable obsession! Depuis trois ans, la baisse de l’impôt sur le revenu a privé l’État de près de 14 milliards d’euros, avec pour conséquence une
diminution dramatique de l’intervention publique dans les domaines de la santé, de l’éducation, ou des infrastructures de transports. Le désengagement de l’État et les transferts de charges deviennent insupportables pour les collectivités territoriales. La réforme fiscale que propose le gouvernement à travers le budget 2006 poursuit et amplifie une politique vouée à l’échec sur le plan économique et social. Elle ne peut que conduire à plus d’inégalités, à plus de déficits publics. ROBERT NAVARRO Président du groupe socialiste et radical Groupe communiste et citoyen MUSÉE DE L’HISTOIRE DE LA FRANCE EN ALGERIE Depuis plusieurs semaines, un débat a lieu concernant la réalisation à Montpellier, d’un musée sur la présence de la France en Algérie. La position des élus communistes du Conseil Régional est claire: il est hors de question pour nous de contribuer à la réalisation d’un musée à la gloire du colonialisme! Nous nous y opposons fermement. Nous pensons qu’un musée de dimension nationale, élaboré à partir de garanties apportées par un comité scientifique composé d’historiens algériens et français, peut répondre à un devoir de mémoire qu’il est indispensable d’avoir. C’est le sens de l’intervention de Laurette Bastaroli, Conseillère Régionale Communiste, le 28 février 2005 en séance du Conseil Régional. S’il est grand temps de rétablir la vérité historique de l’Algérie, l’impatience dictée par le seul souci de flatter un certain électorat est mauvaise conseillère. D’autre part, l’engagement de l’État pour une telle réalisation est indispensable. Les élus communistes au Conseil Régional vont donc s’inscrire dans cette démarche, en veillant particulièrement à la rigueur historique. Rigueur historique qui ne peut exister qu’avec la présence des différentes sensibilités face à un vécu encore récent. JEAN-LOUIS BOUSQUET Président du groupe communiste et citoyen Groupe UMP L’AN II DU MATRAQUAGE FISCAL En 2005, la majorité socialo-communiste et verte établissait un record avec une hausse de près de 80 % des taux de Taxe Professionnelle et du Foncier Bâti. Le Languedoc-Roussillon qui était en 2004 dans la moyenne nationale est devenu en un an la Région qui applique le plus fort taux de TP de France et la seconde pour le Foncier Bâti. Pour tenter de faire passer la pilule d’une décision qu’il s’était bien gardé d’annoncer pendant la campagne électorale, le Président de Région promettait alors qu’il n’y aurait plus la moindre hausse fiscale au cours de son mandat qui s’achèvera en 2010. Mais les champions du matraquage fiscal qui nous dirigent n’ont pas pu résister à la tentation! Ainsi, en 2006, les principales taxes régionales augmenteront à nouveau. Un nouveau record sera même battu avec une hausse de près de 20 % de la taxe sur les cartes grises. En augmentant cet impôt particulièrement injuste parce qu’il touche toutes les catégories de personnes sans distinction, la gauche pon-tionnera donc 12 millions d’euros supplémentaires dans la poche des contribuables. Que vaut en de telles circonstances leur discours sur la relance du pouvoir d’achat des ménages? Plus grave encore, l’actuelle majorité compromet l’avenir de notre région en augmentant le recours à l’emprunt de 251 % en 2 ans. Les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain. Ainsi, non contente d’assommer depuis deux ans le contribuable d’aujourd’hui, l’actuelle majorité prépare le matraquage fiscal du contribuable de demain. JACQUES BLANC Président du groupe UMP
Groupe FN NON À L’INTERNATIONAL (E) Les relations internationales entrent-elles dans les compétences de la Région? La réponse est bien entendu négative (cf Larousse: International: qui a lieu, qui se passe entre nations). Si elles sont cependant privilégiées, c’est qu’elles permettent des échanges, des voyages et des cadeaux… qui entretiennent l’amitié. Cela dit, lorsque ces relations concernent la Chine, Cuba ou le Vietnam, on peut se demander si les intérêts économiques prétendus ne l’emportent pas alors sur les considérations morales. Que n’aurait-on pas entendu si, sous l’Ancien Régime, le Conseil Régional avait brisé l’embargo imposé sur le Chili du socialiste Pinochet ou sur l’Afrique du Sud de l’Apartheid? L’argent n’a pas d’odeur. On le sait depuis belle lurette. Mais la gauche, hémiplégique de la mémoire, a démontré depuis bien longtemps que ses indignations étaient à géométrie variable. Site Internet: www.fn-languedocroussillon.com ALAIN JAMET Président du Groupe Front National Groupe Verts et citoyens L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE EN PLEIN ESSOR Notre région a choisi de reconnaître et de soutenir les acteurs de l’ESS en mettant en place une politique régionale ambitieuse: ESSOR. ESSOR reconnaît pleinement le côté économique de l’ESS en lui donnant accès aux mêmes soutiens que l’économie classique sur les mêmes critères, en soutenant le développement des coopératives (un type d’entreprise fonctionnant sur une base démocratique), en s’engageant aux côtés de l’AIRDIE (association de financement solidaire) pour le soutien à la création d’entreprises par des personnes en difficulté et en abondant un fonds régional avec France Active pour financer les couveuses et les coopératives d’activité. ESSOR reconnaît aussi le côté social et solidaire en soutenant les entreprises et associations qui réinsèrent les chômeurs dans l’emploi, en aidant au développement du commerce équitable et en participant, une première en France, à la création d’une SCIC qui servira d’incubateur pour des projets d’intérêt collectif. MARIE MEUNIER conseillère régionale, déléguée à l’économie sociale et solidaire Groupe Non-inscrits EFFETS D’ANNONCES SANS LENDEMAIN 2005 fut l’année du matraquage fiscal, + 82 %, du jamais vu. 2006 sera l’année de l’endettement, +251 % en 2 ans. Après nous avoir saigné, on veut faire payer nos enfants jusqu’en 2025. En 2 ans, il n’y a eu que des effets d’annonce et peu de réalisations, à défaut des couacs retentissants: la Septimanie, les livres aux lycéens, le centre régional du livre, la dénomination des lycées. On ne respecte plus ni les lois ni les citoyens, ni même les élus. La Région est devenue un théâtre de marionnettes digne des guignols de l’info. MICHEL MOYNIER Président du Groupe des Non Inscrits