Réaction à l’article paru le 2 mai 05 dans le Journal de Québec Les garderies en milieu familial. Je demande une publication intégrale de ma lettre, merci. Je suis éducatrice en service de garde en milieu familial. Johanne Gaudreau, CPE la Ribambelle. C’est pour quand le jour où nous lierons l’autre vraie réalité des éducatrices en service de garde en milieu familial. Peut-être un journaliste aura le courage et le respect de me publier de façon intégrale. Oui, il est vrai qu’il y a des contrats échelonnés sur des périodes de 3-4 ou 6 mois, mais c’est principalement pour nous protéger lors d’une maladie ou d’un accident et dans l’éventualité où nous sommes dans l’obligation de fermer notre service de garde en milieu familial. Alors, le parent ne peut pas nous poursuivre en justice pour bris de contrat, et nous réclamer des sommes que nous n’avons pas. Oui, c’est vrai que c’est un casse-tête pour les parents de trouver une place, car le ministère n’octroie pas de nouvelles places en garderie et il y a peu de CPE qui offrent le service de pouponnière. Mais c’est aussi un casse-tête pour nous éducatrice en service de garde en milieu familial, car la loi nous oblige à ne prendre qu’au plus 2 poupons sur nos 6 places disponibles. Par contre, la réalité veut que sur nos listes d’attente il y ait 15 poupons pour 3 enfants de 35ans. Cela nous oblige donc à ne pas toujours respecter nos listes d’attente, exactement comme le font aussi les CPE. De plus nous privilégierons les frères et sœurs d’une même famille, et voilà la réalité du milieu familial. Il est aussi très vrai que la « chimie » doit passer entre le parent et l’éducatrice en milieu familial, car souvent nous avons à vivre plusieurs belles années tous ensemble. Le parent est le premier intervenant dans la vie de son enfant, il a des compétences parentales et c’est lui qui prend les décisions qui concernent son enfant. Mais la réalité, c’est aussi que l’éducatrice en milieu familial a aussi des compétences, le parent confie son enfant à cette dernière, il se doit de reconnaître ses aptitudes et lui faire confiance. La communication et la confiance mutuelle doivent faire partie intégrante de la relation entre le Parent et l’éducatrice pour le mieux-être de l’enfant. Et non, on ne possède pas de carte blanche pour notre service de garde en milieu familial, car nous sommes régis pas les lois et règlements du ministère et ceux de nos CPE. Nous devons offrir le programme éducatif, nous devons suivre à la lettre le guide alimentaire canadien, nous devons veiller à la sécurité et au bien-être des enfants en tout temps. De plus, nous devons être psychologues avec les enfants et surtout les parents. A tous les jours nous devons être, a la fois, infirmière, cuisinière, concierge, intervenante, aimante, compréhensive, avoir une santé a toute épreuve et bien sur éducatrice, et tout cela sur 10hrs de service. Moi en milieu familial, je suis présente a 7 hrs le matin pour l’ouverture de mon service de garde, nous préparons, cuisinons et servons les deux collations et le dîner je n’ai pas de pause café ni d’heure pour aller dîner. Je me fais un devoir d’être encore souriante et altruiste à la fermeture de mon service de garde après 10hrs passés auprès des enfants. Je suis encore souriante pour les parents qui arrivent en retard… et oui c’est cela notre réalité a nous, éducatrice en milieu familial, vous nous direz; vous l’avez choisi, oui c’est encore vrai, mais il ne faut pas oublier non plus que nous avons aussi une vie personnelle et familiale après cette belle journée remplie auprès des tous petits. Notre réalité s’étend au-delà de ces 10 hrs, car il faut aussi penser a toute la préparation des repas, le nettoyage quotidien, la planification des activités, notre engagement professionnel et notre code d’éthique qui nous amène à suivre des formations et à être présentes a des réunions professionnelles .
De plus, nous avons peu de ressources professionnelles pour les enfants avec des comportements particuliers ou des handicapes, souvent nous devons attendre des mois pour avoir de l’aide. C’est celle-là notre réalité comme éducatrice en milieu familial. Il est passé ou notre temps de repos! Il est ou le respect de notre profession! Elle est ou notre reconnaissance! Oui notre réalité est bien loin d’être exprimée justement par ceux qui l’écrivent. Notre vraie reconnaissance se trouve uniquement dans le sourire et les câlins que nous offrent spontanément les petits qui sont sous notre bonne garde. Il est où le jour où nous lierons l’autre réalité et la richesse du service de garde en milieu familial. Lorsque papi arrive pour faire la lecture aux petits ou lorsque mamie cuisine des galettes simplement pour voir le bonheur dans les yeux des enfants…elle est là notre richesse. Il est où le jour ou nous verrons notre réalité mise à jour pour les bonnes choses que nous faisons quotidiennement, pour tout l’amour que nous donnons aux enfants sans jamais compter. Il est ou le jour ou nous lierons dans nos journaux tous les bons coups que nous faisons, toutes les petites merveilles que nous accomplissons pour faire de chacun de vos petits des enfants responsables, respectueux, autonomes et avec une estime de soi immuable. J’espère sincèrement qu’un jour j’aurai le bonheur de lire ma réalité dans les journaux et que vous, tous et chacun aurez l’honnêteté de nous voir avec un autre œil, un œil de respect et d’admiration pour notre profession si mal connue et qui est pourtant le pilier de notre société. En terminant, j’aimerais dire merci à tous mes parents respectueux et reconnaissants du travail que j’accomplis et merci encore pour m’avoir permis de m’épanouir en compagnie de vos enfants si précieux pour vous tous. JOHANNE GAUDREAU Éducatrice en service de garde en milieu familial Heureuse et fière de travailler auprès des touts petits. Merci au journaliste pour avoir eu le courage de me publier sans y avoir changé mes paroles.