Yann Pointhière Ostéopathe D. O. Nice. Pascal Cyprien. Podologue by hcw25539

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Yann Pointhière
Ostéopathe D. O. Nice.
Pascal Cyprien.
Podologue D.E. Nice




                                   Physiologie posturale mandibulaire.


La mandibule, seul os appendu au crâne, possède une physiologie singulière en ostéopathie que nous
connaissons bien. Son rôle est celui d'une pompe liquidienne. Elle agit sur la fluctuation du LCR et sur la
circulation veineuse.
La convergence de l'ensemble des axes dentaires vers l'apophyse Crista-Galli, origine des membranes de
tensions réciproques, participe activement au MRP lors de l'occlusion buccale.


Sur le plan osseux, la Scissure de Glaser située au fond de l'articulation temporo-mandibulaire réalise une
véritable suture crânienne. Cette suture marque une jonction entre deux origines osseuses du crâne, l'une
cartilagineuse et l'autre membraneuse.


Pour terminer ce tour d'horizon des particularités de la mâchoire inférieure et de son articulation, nous dirons
que les ligaments ptérygo-mandibulaire et sphéno-mandibulaire unissent les sphères occipito-temporale et
sphénoïdale. Cette union est par ailleurs réalisée par le système dentaire lors de l'occlusion.
Par ces points que nous venons de citer, la physiologie mandibulaire est une singularité à prendre en compte.
De plus notre approche transdisciplinaire qui intègre la posture à notre exercice ostéopathique nous montre la
fonction régulatrice ou perturbatrice de la mandibule et de l'articulé dentaire. Cette fonction retentit sur le
mécanisme crânien ainsi que sur le tonus musculaire.

II n'existe pas de connexion directe entre la sensibilité desmodontale et les centres nerveux du tonus postural.
Les neurophysiologistes contestent donc ce fait clinique. Cependant le trijumeau décharge en permanence des
informations sur la formation réticulée qui agit sur l'état de veille et le tonus de l'organisme. Afin d'explorer la
fonction posturale mandibulaire, ainsi que sa physiologie, nous nous sommes proposés de nous appuyer sur
l'organisation de la structure cranio-cervicale. L'équilibre de cette structure est lisible sur une téléradiographie
de profil.




Afin de rendre compte de la flexion basi-crânienne et de la position mandibulaire en rapport des cervicales, nous
avons choisi les points suivants : Inion, gonion, point S centre de la selle turcique et le point O, milieu du
segment de droite lnion-Gonion qui passe par l'odontoïde.
                                                                                           Revue C.E.O.P.S. 2002




Les droites Inion-Gonion (I-M) et O-S forment chez le sujet en âge orthodontique une constante radiologique à
90° plus ou moins 4°.
Le tracé de cette tolérance des 4° délimite un cône: Image du pendule inverse de l'équilibre cranio-céphalique.
L'équilibre du système cranio-cervical est un équilibre oscillatoire. II permet à la selle turcique de se structurer.
Lors de cette structuration, se mettent en place des lignes de force qui guident son ossification. La selle turcique
est le reflet de la flexion basi-crânienne.
Notre hypothèse, est que le cône du centre de gravité de l'individu et celui de l'équilibre céphalique sont liés
dans une relation dynamique. Bien que non linéaire, cette relation autorise une fonction régulatrice de
l'équilibre par la mandibule.
Nous allons voir comment.
II s'établit une relation ternaire entre morphologie, structure et fonction. Lors de la croissance, la morphologie
est régulée par le couple structure-fonction. Ce couple intègre des informations d'une double origine
            - D'une part la flexion de la base du crâne spécifique de la mémoire phylogénétique et
            ontogénétique.
            - D'autre part, les oscillations posturales du segment cranio-céphalique.
Comme nous l'avons déjà dit, ces oscillations résultent des informations de l'environnement. Elles induisent les
lignes de force qui vont modeler la selle turcique lors de son ossification. ll est primordial de noter que le
traitement des informations ostéopathiques et posturales se traduit par un repositionnement de la pointe du cône
céphalique.
Lorsqu'elle se situe dans un rapport qui tend vers 1/3 du champ masticateur et 2/3 du champ rachidien, nous
obtenons une fonction idéale à l'issue de la morphogenèse. Notre pratique avec l'orthodontiste nous permet
d'observer ce fait clinique au quotidien.
Nous venons de voir que l'intégration des informations ostéopathiques et posturales se traduit par un
déplacement de la pointe du cône céphalique. Ce déplacement semble de type fractal.
L'intégration des informations se réalise avec des gradients fonctionnels inverses tels que: ADAPTATION-
COMPENSATION


                                                                                                      l' Niveau



                                          COMPENSATION                     ADAPTATION




                                                          ZONE LIBRE
                                                                          vu
                                                                                          3. Niveau




                                                            Zone libre
                                                                                          Revue   C.E.O.P.S.   2002




Ou encore: MOBILITE -STABILITE




Ou encore: FLEXION-EXTENSION



Nous retrouvons la notion d'état de ... de l'approche ostéopathique habituelle.
Conclusion sur les gradients inverses : le tiers central permet de traiter des informations multiples issues de
tous les niveaux d'organisation du corps : osseux, membraneux, nerveux etc....

Retournons à l'équilibre céphalique.
La logique de repositionnement fractal de la pointe du cône est de maintenir sa position dans le tiers central. Le
corps possède à ce moment là et à ce moment là seulement, la capacité de traiter les informations montantes et
descendantes.
Aux limites de ce tiers central l'individu sera placé dans une situation aphysiologique. Au-delà de ces limites, la
décompensation fonctionnelle sera accompagnée d'une modification morphologique par atteinte structurelle.
Nous pouvons observer une atteinte arthrosique ou bien encore un déplacement mandibulaire.




L'expérimentation qui va suivre, se propose d'étudier la physiologie de la régulation de l'équilibre lors des
mouvements mandibulaires.

Nous pouvons observer sur la diapositive qu'à l'ouverture buccale le centre de gravité céphalique est abaissé à
l'intérieur du cône. Si le centre de gravité est abaissé, la stabilité de l'individu est augmentée.
C'est ce que nous nous proposons de vérifier.


Expérimentation, résultats et conclusion.


sup à 128%
inf à 172%
yeux ouverts
                                                                                          Revue C.E.O.P.S. 2002




sup à 133%
inf à 1 67%
yeux fermés




Séquence 1 : yeux ouverts, corps au repos
Séquence 2 : yeux ouverts, ouverture et fermeture lente de la bouche
Séquence 3 : yeux fermés, corps au repos
Séquence 4 : yeux fermés, ouverture et fermeture lente de la bouche

Choix de la population : toute personne consultant le podologue
Critères d'exclusion : enfants, vieillards, pathologies neurologiques, déficit de l'oreille interne, pathologie
détectable de troubles de l'occlusion
Critères d'inclusion : adultes jeunes sans arthrose avancées présentant au plus deux capteurs en dysfonction.
Paramètres retenus : Surface du déplacement
Instrumentation : Plateforme de stabilométrie QFP norme 85 de l'AFP

Conclusions :     La mandibule a un rôle dans la régulation de l'équilibre postural
                         Le sujet est plus stable bouche ouverte

Doit-on intervenir sur une mandibule qui possède encore son rôle de régulateur postural?
Nous envisageons pour la suite une étude ciblée sur le bilan buccal du tiers des sujets non régulés lors du
mouvement

								
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