HISTOIRE DE LA PEDAGOGIE DES SCIENCES

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					HISTOIRE DE LA PEDAGOGIE DES SCIENCES

1/ INTRODUCTION Le mot Pédagogie recouvre deux sens distincts , soit l’on considère qu’il s’agit d’une
discipline relevant d’une réflexion philosophique et psychologique sur les finalités et les orientations des actions à exercer en situation d’instruction ou d’éducation sur et par l’enfant, et sur et par l’homme; soit on considère que la pédagogie est l’action pratique constituée par l’ensemble des conduites de l’enseignant et des enseignés dans la classe. Tout au long de mon intervention, j’essaierai de considérer ces deux aspects, aspects qui sont étroitement liés. Je pense également à la distinction entre la notion de didactique qui souvent est fondue avec la notion de pédagogie dans de très nombreux pays étrangers.

2/ HISTOIRE DE LA PEDAGOGIE
Dès la préhistoire, les premières questions furent: vivre ou survivre? Se protéger ou se faire tuer? Et des essais de réponses sont apportées: par l’observation: des objets ronds lancés cassent d’autres objets; des objets pointus pénètrent sous le derme, des crochets retiennent....... ces premiers objets observés seront reproduits puis améliorés et enfin usinés Passage de la curiosité à l’observation constructive de l’induction à la déduction de l’objet brut à l’objet finalisé: la lance pour tuer le Mammouth de l’objet polyvalent à l’objet monovalent L’apprentissage étant alors vraisemblablement un enseignement de traditions et de gestes traditionnels; les améliorations provenant de modifications longues dans le temps: passage de la hache taillée à la hache polie Une question apparaît: le pourquoi et le comment sont inconnus! La cause et la conséquence intimement liées. De ces époques reculées nous viennent alors les croyances transmises et les proverbes:

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en Chine: « Quand la Lune est pleine, les moules sont pleines; quand la Lune est sombre, les moules sont vides » -330 aJC Traité de Lu Shi Chun Ts’si. Egypte: « Si on insulte la Lune noire (LILITH); on devient épileptique »; il en reste être bien ou mal luné. La Lune rousse détruit les cultures. Le clair de Lune blanchit le linge étalé sur l’herbe Le nombre de nouveaux nés est en relation avec les phases de la Lune. Le chocolat fait mal au foie et les épinards font mal au coeur. La Lune est immobile face à la Terre Actuel: le chewing-gum sans sucre ne fait pas grossir
.

Connaître les a-priori qui sont en fait des inductions ou des hypothèses de départ

Peu à peu la curiosité s’éveillera et « c’est comme ça » cédera du terrain devant le « ça peut être comme ça » dès l’Antiquité, certaines maladies sont observées, décrites et soignées par des méthodes très diverses , certaines qui se redécouvrent peu à peu en Occident à base de plantes et de minéraux d’autres à base de produits divers dont la base commune serait le repoussoir ou le contraire ( encore il y a 30 ans, le cancer de la gorge recevait de la part des charlatans un traitement à base de bave de limaces) de prières ou d’incantations mêlées à une montée de la température dans la pièce ou une baisse de la température, ce qui amène une défense du corps. Les premières dissections ont lieu; la césarienne pratiquée ainsi que la trépanation; d’où transmission à la fois de savoirs et surtout de savoir-faire: A cette époque, on peut déjà relever le texte d’HIPPOCRATE

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NON , la Boisson ne passe pas par les poumons! Certains disent que la boisson va dans le poumon et de là au reste du corps. Ceux qui disent cela sont trompés pas le fait suivant: le poumon est creux et un tuyau lui est attaché; si le poumon n’était pas creux ni pourvu d’un tuyau, les être vivants n’auraient pas de voix, car nous parlons grâce au poumon, parcequ’il est creux et qu’un tuyau lui est attaché; les mâchoires et la langue articulent es sons.... Je m’oppose à ceux qui croient que la boisson se porte au poumon: la boisson va dans le ventre et le reste du corps puise au ventre. Si la boisson allait au poumon, quand ce dernier est rempli,, j’affirme qu’on ne respirerait ni parlerait facilement, car rien ne pourrait faire résonner le poumon qui serait plein. Cela fait une preuve. Si la boisson allait au poumon, les aliments restés secs en nous ne se digéreraient pas de la même façon. Cela fait deux preuves. Les purgatifs que nous buvons sortent du ventre, tous les purgatifs, par le haut, par le bas ou par les deux voies, ont les mêmes effets; tous brûlent fortement et les plus forts d’entre eux, s’ils touchent une partie tendre du corps l’ulcèrent. Si l’un de ces médicaments allait au poumon, il me semble qu’il y ferait grand mal car le poumon est une chose tendre et poreuse et s’il est ulcéré, il ne se portera pas bien pour de nombreuses raisons. Le ventre, lui est une chose résistante comme la peau, il n’est qu’à voir les libyens qui se servent de la peau de leur bêtes comme vêtements et du vente comme sac! Ensuite, comment le lait nourrirait-il l’enfant s’il allait dans le poumon? C’est à mes yeux une preuve supplémentaire. . La boisson ne passe pas par les poumons, elle va au ventre, parce que l’oesophage toujours béant est attenant au ventre et que la boisson y passe; d’autre part, la trachée est surmontée d’une fermeture en forme de feuille de lierre qui ne laisserait pas passer la boisson. Traduction: Robert Joly

On démontre, on amène la preuve irréfutable

Devant des opinions fortement ancrées, il est nécessaire de dresser beaucoup de preuves si l’on veut par le discours, persuader l’auditeur d’abandonner sa croyance antérieure

EVOLUTION DE LA CARTOGRAPHIE ET DES CONNAISSANCES:

En astronomie et en cartographie, le mythe , le dogme , la croyance et les progrès dues aux observations de plus en plus fines trouveront leur apogée lors du procès de Galilée Il faut se rappeler que les cartes dépendaient de: de la représentation du monde: circulaire et entouré ou non de la représentation plane : la schématisation de l’utilisation de la carte: voyages, culture de la fiabilité des mesures

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de la rectification en fonction de la connaissance des officiers marins des côtes qu’ils abordaient de la qualité du moine copiste pour les manuscrits.

Carte arabe de 1144.
Cette carte , remise à l’endroit, représente la somme des connaissances acquises à l’époque, tant au niveau des relevés qu’au niveau des voyages effectués. Les principales distorsions proviennent de la variable durée du trajet qui, pour aller d’un point à un autre, était dépendante du bon vouloir du vent.

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Ces deux cartes circulaires (XIVème siècle et Xième) illustrent la conception du monde à l’époque: a Terre est entourée d’un fleuve céleste. Les fleuves internes (les mers représentent la Croix du christianisme) La première représentation de monde circulaire date de la période babylonnienne. Carte n°1: tirée de l’oeuvre:Etymologiae d’Isidore de Séville. Il s’agit de la plus ancienne carte imprimée de l’hémisphère occidental

Carte ci contre: tirée du codex de Liepzig. Il est intéressant de rapprocher ces deux cartes qui montrent uns certaine fixité dans l’approche du monde.

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Carte de1321 Livre des secrets des Fidèles de la Croix On remarque la présence de Jérulasem au centre de la carte. Configuration précise des bordures méditerranéennes. La Terre est entourée d’un océan circulaire; les terres sont plus importantes que les mers. L’Asie possède un surface un peu plus grande que celle de l’Europe.

Planisphère de 1522. Par rapport aux documents précédents, une évolution très nette se dessine. On voit apparaitre sur le pourtour les longitudes et les latitudes; le méridien origine passe par les Canaries. Les cercles où se recoupent les sécantes peuvent figurer des roses des vents. Les dimensions de l’Asie se sont allongées; elle est déformée vers l’est L’Afrique est contournée.

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L’Amérique fait una apparition très timide, mais les rapports concernant les voyages de Magellan ne sont pas publiés, d’où méconnaissance de l’Amérique du Nord et du Pacifique (du moins dans son étendue).

Concernant l’astronomie
l’observatoire de Tycho-Brahé ou palais Uranie fut e lieu propice aux observations dans le ciel pur de iles danoises.

Conception géocentrique du monde (système de Ptolémée)

Conception héliocentrique du monde.(système de Copernic)

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Représentation du mouvement des planètes selon Kepler. Les différents volumes imbriqués en semiconcentriques figurent le mouvement des planètes autour du soleil. Il ne faut pas ignorer que cet astronome part des théories grecques concernant la forme générale de l’Univers: tout l’univers est bati sur des polyèdres et la conception religieuse: la trilogie qui s’applique dans tous les domaines; ici: le soleil, les planètes, les étoiles.

Les preuves apportées pour montrer que la Terre tournait autour du Soleil n’ont pas permis à Galilée de s’apercevoir qu’entre la convergence des arguments en faveur d’une hypothèse et l’affirmation d’une réalité physique, il existe parfois un fossé, d’où une condamnation en 1633: la proposition que le soleil est au centre du monde et immobile est absurde, fausse en philosophie et formellement hérétique parce que contraire à la Sainte Ecriture. La proposition que la Terre n’est pas au centre du monde et se meut d’un mouvement diurne est considéré en théologie au moins comme erroné selon la foi.

Traité de Théologie 1900:
Ce n’est pas à cause de sa science que Galilée a été condamné, mais , parce que, contrairement à l’opinion admise par tous les savants, il affirmait sans suffisamment le prouver, a rotation de la terre, en s’arrogeant un droit qui n’appartient qu’à l’église: interpréter la SAINTE Ecriture en faveur de sa thèse H. Bastien

Des débats passionnés et passionnants, l’image traditionnelle de l’univers, garantie
par Dieu lui-même et consignée dans la Bible est contrebalancée par un schéma abstrait qui réduit le monde à une épure géométrique sans rapport avec la présence humaine et le Salut. Kuntz a posé un certain nombre de problèmes qui s’ils n’étaient pas astronomiques n’en devenaient pas mois insolubles: La Rédemption: les autres planètes ayant que même statut que la Terre , la bonté de Dieu y aura placé des habitants qui ne descendant ni d’Eve ni d’Adam, n’auront pas hérité du péché originel, ni de la malédiction du travail.

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La Terre n’étant plus le Centre du monde, le séjour des hommes n’est plus l’intermédiaire entre le séjour des anges et celui des démons. Vers la formulation d’une démarche générale: Intéressons nous à la lancinante question des scientifiques: quels savoirs transmettre et comment? Par exemple en médecine et en sciences naturelles: Dès l’antiquité, il a fallu déterminer la forme et le contenu des organes à l’état normal ou maladif, se rendre compte de l’effet d’agents chimiques, comparer ce qui se passe chez l’homme et l’animal, expérimenter chez ce dernier pour transférer à l’homme. Pour établir les causes des maladies; il a fallu établir des doctrines c’est à dire des hypothèses plus ou moins vérifiées prises comme point de départ pour des déductions ultérieures: Avant Hippocrate: médecine sacerdotale, remèdes empiriques contre les morsures de serpent et les maladies des yeux les hébreux empruntent les pratiques hygiéniques: circoncision et interdiction de consommer des animaux atteints d’affections organiques. En Grèce, utilisation de minéraux: la rouille de fer comme reconstituant et la fille d’Esculape (HYGIE) développe une branche de la médecine. HYPPOCRATE : il s’appuie sur la recherche de faits et leur coordination; d’où la doctrine des équilibres (ou des humeurs: sang, pituite, bile jaune , bile noire). ARISTOTE et GALIEN: pratique de la dissection et de la vivisection; et théories faisant foi jusqu’au Moyen Age: causes des maladies: atteinte des systèmes vitaux coeur: mouvements involontaires et passions système nerveux: mouvements volontaires et intelligence foie: nutrition et développement. La médecine arabe: Avicenne Averrhoes ne vit que sur les travaux grecs. Jusqu’au Moyen Age où toute dissection était interdite, aucun progrès puis arrive l’époque des alchimistes (Bacon, Lulle) et PARACELSE qui recommandent de brûler les livres de Galien pour recourir à l’observation et à l’expérience. Reportons nous à l’époque de Léonard de Vinci en prenant pour base les représentations concernant l’embryon:
Dessin d’embryon

Manuscrit de RHODION IX siècle:
position de l’embryon voisine de la position d’un adulte dans le gynécée maternel représentation de l’utérus comme la tête d’un diablotin

Dessin d’embryon de ROSSLIN 1513
l’utérus est devenu « normal » les embryons gémellaires sont de fait deux enfants ou deux hommes en réduction

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Léonard de VINCI 1515 A la différence du dessin officiel de l’époque, Léonard de Vinci a pratiqué la dissection et a observé. On voit ici apparaitre l’embryon dans une position classique; le cordon ombilical est dessiné; la mtrice et les attaches sont représentées.

L’enseignement dispensé à cette époque porte le nom d’enseignement scolastique: technique se fondant sur la compréhension des textes faisant autorité, permettant une analyse formelle conduisant à l’énonciation d’une vérité et ses applications. Il s’agit donc d’un enseignement conçu ainsi: lecture commentée essai interprétation essai de clarification puis d’harmonisation des textes discussion sur les propositions formulées par les autorités le maître organise la discussion, pose les questions, rassemble les jugements puis rédige la synthèse finale. La sclérose guettait cet enseignement par trop dogmatique, conséquence de la piété qui se développait et rejetait toute conciliation entre la raison et la foi. La dialectique est devenue un simple jeu de l’esprit au XVI siècle puis reprise au XIXeme par l’encyclique sous forme de néo-scolastique Epure de Léonard de VINCI 1510 non publié à l’époque ; la position est conforme à la
position connue actuellement

Deux courts textes médicaux
Je pris le risque de lui couper le bras par la jointure du coude; ce fait, je lui coupai sans scie et commençai l’amputation, incisant les ligaments qui joignent l’os. Mon incision faite, malgré la ligature des artères, survint un grand flux de sang: je le laissai couler pour alléger suffisamment et empêcher la gangrène. Amboise PARE XVIeme 1829 Le malade fut assis au bord du lit, les jambes en bas. A l’endroit où la cuisse commençait à être saine, on forma une ligature pour marquer le cercle que devait faire l’instrument. Le chirurgien tailla dans les muscles mis a nu. Le sang coulait par torrent des artères qui furent liées par un fil de soie. En dernier lieu, on scia l’os. Le malade serrait les dents mais ne poussa pas un cri.

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Le tournant, la révolution galiléenne imposa un nouveau type de science: le savoir traditionnel enfermé dans les livres qui faisaient autorité, entouré d’un halo de secret et de sacré, fait place à l’exigence d’une connaissance exacte, fiable et universelle. L’univers de la précision se substitue à l’a peu près, il s’agit d e connaître, mesurer, expérimenter, prouver. Cette science n’implique plus un clerc jaloux de ses secrets et replié sur lui-même comme un alchimiste, mais un laïque, homme de réflexion, homme d’observatoire et de laboratoire; la vérité est une recherche pour et avec les hommes, ce qui suppose collaboration et communication.

Fondements des apprentissages:
La mémoire doit être acquise en récitant en silence et
même à haute voix Celui qui étudie est comme un boeuf: le boeuf prend les herbes, et sans les mâcher, les envoie dans son estomac qui ensuite les digère pour les transformer en chair et en sang Il est également utile pour la mémoire de ne jamais changer de livres mais de toujours avoir les mêmes car le changement de livres trouble la mémoire et l’abîme. Conseils d’un professeur du XIVème siècle J’entends et veux que tu apprennes les langues parfaitement...... Des arts libéraux, géométrie, arithmétiques musique, je t’en donnais quelque goût quand tu étais encore petit, en l’âge de six ans, poursuis le reste et d’astronomie saches en tous les canons. Laisse l’astrologie divinatrice et l’art de Lullius (alchimie) comme abus et vanités. Et quant à la connaissance des faits de la nature, je veux que tu t’y adonnes soigneusement (avec curiosité), qu’il n’y ait mer, rivière ou fontaine dont tu ne connaisses les poissons, tous les oiseaux ,tous les arbres, arbustes et arbrisseaux des forets, toutes les herbes, tous les métaux cachés, que rien ne te sois inconnu.... Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, latins et arabes sans mépriser les talmudistes et cabalistes et par de fréquentes dissections, acquiers-toi parfaite connaissance de l’autre monde qu’est l’homme.

APPRENDRE == MEMORISER puis peut-être, par la suite COMPRENDRE

L’ENCYCLOPEDISME

Mais surtout comprendre et confronter les opinions Rabelais........

Rabelais Pantagruel ch VIII

Je demanderai à ceux qui tiennent telle opinion, quand ils auront étudié cinquante ans aux livres de la Cosmographie et navigation de mer, et qu’ils auraient les cartes de toutes les régions et le cadran de mer, le compas et les instruments astronomiques, voudraientils pourtant entreprendre de conduire un navire en tout pays comme fera un homme expert et praticien? Ils n’ont garde de se mettre en danger, quelque théorie qu’ils aient apprise, et quand ils auront bien discuté, ils faudra qu’ils confessent que la pratique a engendré la théorie. J’ai mis ce propos en avant pour clore la bouche à ceux qui disent comment se fait-il qu’un homme puisse savoir quelque chose et parler des effets naturels sans avoir lu les livres latins des philosophes?

La THEORIE S’appuie-t-elle sur la pratique ou la théorie guide la pratique? Vieux débat !!!!

B PALISSY

des eaux et des Fontaines 1580

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AVENEMENT DE LA PENSEE RATIONNELLE
Le premier, Francis BACON (1561-1626) pose le problème de la classification des sciences et attribue à la physique l’étude des causes efficientes et matérielles. Dans le NOVUM ORGANUM ; il préconise d’aller des expériences vers les axiomes, pour ensuite combiner des expériences nouvelles à partir des axiomes formulés. Il ne distingue pas l’expérience vulgaire de l’expérience scientifique ( la notion de variable apparaît pas) mais par contre montre que le vrai doit s’établir contre les formations idéologiques préscientifiques dont la cohérence et l’apparente vérité rendent la critique longue et malaisée: il nomme ces idéologies « idoles de la tribu »; ou erreurs de l’homme « idoles des forums ».

Dans son DISCOURS SUR LA METHODE, DESCARTES pose les principes généraux d’une démarche raisonnée et scientifique en réaction contre la scolastique de l’époque:
Le premier principe est de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle., c’est à dire éviter la précipitation et la prévention et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute . Le second est de diviser chacune des difficultés que j’examinerai en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre. Le troisième est de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples à comprendre pour monter peu à peu comme par degrés jusqu’à la connaissance des plus composés, en supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres. Le dernier est de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre.

L’évidence = la vérité apparaît à l’esprit par une intuition rationnelle. Pas de conclusion hâtive. Pas d’idée préconçue (danger du préjugé et de l’autorité.

Règle de l’analyse: décomposition du complexe en éléments simples et distincts Apparition de VARIABLES .

Règle de la synthèse: partir d’éléments simples et postulat: tout objet de connaissance est rationnel et possède un ordre. Notion de progression.

Descartes: discours sur la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences 1637

Règle de vérification des hypothèses tant au niveau de l’analyse que de la synthèse par le passage en revue de l’ensemble des variables.

Nota: attention à la « tabula rasa » de Descartes: il n’entend pas réformer le corps des sciences ou l’ordre établi dans les écoles pour les enseigner, mais il entreprend d’ôter sa créance à toutes les opinions qu’il avait reçu jusqu’alors « afin d’y en remettre par parés, ou d’autres bien meilleures, ou bien les mêmes. »

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Démontrer devient de tout évidence le départ des raisonnements. On notera cette brève anecdote suite à la mise au point des microscopes par VAN LEEUWENHOEK. En 1699, la princesse Palatine écrit, suite à la découverte des spermatozoïdes:

Les spermatozoïdes ont la forme de vers et il est tout à fait nécessaire de les observer. La Bible dit que tous les hommes sont des vers car David dit dans le Psaume 22: « Mais moi, je suis un ver et non pas un homme ». Le bon sens conduit à la même conclusion: « s’il est vrai que les hommes descendent des vers, il ne serait pas étonnant que nous y retournions.

Action concrète de l’argumentation scientifique Interrogation des Saintes Ecritures Appel au « bon sens » = Elaboration d’un savoir nouveau

Princesse Palatine lettres du 5 juillet 1699

Ce mélange de DIVIN et de PENSEE RATIONNELLE , cette balance entre le Bien et le Mal impose aux savants de l’époque les jonglages des plus amusants: chaque être ou chaque animal doit avoir son homologue caché; c’est l’époque des grands voyages: il doit exister des chevaux marins, des chiens marins, des ions de mer semblables à leurs cousins terrestres. Parmi les espèces imaginées:

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Le Moine de mer hiérarchique:

Son supérieur l’évêque de mer

le moine marin et son supérieur: l’évêque marin, tous deux provenant vraisemblablement de la première vision de l’esturgeon. Au XIXème siècle , ces croyances n’ont pas disparues car l’otarie était encore représentée dans les livres de zoologie sous les traits d’un lion avec crinière, croc et gueule de ce félin. L’attitude scientifique et l’esprit critique commencent à séparer la foi , la croyance de la démonstration; d’où des premiers affrontements:

le morse tel qu’on l’imaginait au XVIème siècle

Si les comètes étaient le présage de quelque malheur, ce serait ou c’est parce qu’elles sont la cause efficiente de es malheurs, ni parce qu’elles sont un signe de ces malheurs. La conclusion sera facile à tirer, pourvu que je prouve les deux parties de cette proposition. Tout au plus, tout ce que l’on peut prouver, c’est qu’une fois que sont apparues les comètes, on a vu arriver de grands malheurs, ce qui est si éloigné de prouver que les Comètes ont été la cause... l’expérience ne prouve pas qu’on ait vu plus de malheurs après l’apparition des comètes qu’en un autre temps. Si les comètes étaient signe de quelque malheur, il eut fallu que Dieu leur imprimât quelque caractère tout particulier qui les rendissent significatifs à défaut d’une révélation expresse.

Esprit critique, esprit scientifique. Distinguer cause, conséquence, lien de causalité

BAYLE pensées sur la Comète 1683.

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Le XVIIIème siècle tente de se débarrasser des a priori philosophiques et religieux:
L’esprit d’analyse et de conjecture pouvait être autrefois fort utile parce qu’il s’agissait encore moins de bien penser que d’apprendre à penser par soi-même.... La physique est uniquement bornée aux observations et aux calculs; la médecine à l’histoire du corps humain, de ses maladies et de ses remèdes; l’histoire naturelle à la description détaillée des végétaux, des animaux et des minéraux; la chimie à la composition et à la décomposition des corps; en un mot, toutes les sciences, renfermées dans les faits autant qu’il leur est possible, et dans les conséquences que l’on peut en déduire, n’accordent rien à l’opinion, que quand elles y sont forcée. Je ne parle point de la géométrie, de l’astronomie et de la mécanique destinées par leur nature à aller toujours en se perfectionnant de plus en plus.

Retour à l’encyclopédisme L’autorité redevient raisonnement

Ce discours correspond au déclin de la science arabe où quelques pistes ont été explorées: __ repli sur soi et pensée de détenir la Vérité, le monde arabe était sûr de ses valeurs et de ses savoirs===> fixité ===> pas de créativité et d’innovation à partir du XVème siècle. D’ALEMBERT 1751 L’Encyclopédie __ le champ intellectuel fait une place grandissante aux sciences religieuses enseignées dans les oulémas; le monde du savoir est un monde clos, la charge du savant est de transmettre et d’enseigner ___ pas de développement de la bourgeoisie urbaine, facteur de progrès et d’émancipation. BUFFON définit les grandes lignes de la méthode naturaliste , méthode faisant la part la plus grande à l’observation puis la classification:
Les choses ne sont rien en elles mêmes, elles ne sont encore rien lorsqu’elles ont un nom, elles commencent à exister lorsque nous leur connaissons des rapports, des propriétés, ce n’est même par ces rapports que nous pouvons leur donner une définition, or la définition, telle que nous pouvons la faire par la phrase n’est encore qu’une présentation imparfaite de la chose, et nous ne pouvons jamais bien définir une chose sans la décrire parfaitement. L’histoire doit suivre la description et doit rouler sur les rapports que les choses naturelles ont entre elles et nous; l’histoire de l’animal ne doit pas être celle de l’individu mais celle de l’espèce entière, elle doit comprendre leur génération, le temps de prégnation, celui de l’accouchement, le nombre de petits, les soins des pères et mères, leur espèce d’éducation, leur instinct, les lieux d’habitation, leur nourriture, leurs moeurs, leurs ruses, leur chasse, les services qu’ils peuvent nous rendre, et lorsqu’il y a dans la conformité ou dans l’intérieur de l’animal des points remarquables, on peut les ajouter à la description.

La vulgarisation scientifique la monographie

BUFFON 1749 de la manière d’étudier et traiter l’histoire naturelle

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Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux, mais pour nourrir cette curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire. Mettez les questions à sa portée et laissez les lui résoudre. Qu’il ne sache rien parce que vous lui aurez dit, mais parce qu’il l’aura compris lui même, qu’il n’apprenne pas la science, qu’il l’invente. Si jamais vous substituez l’autorité à la raison, il ne sera plus que le jouet de l’opinion des autres. Vous voulez lui apprendre la géographie? Vous allez lui chercher des globes , des mappemondes, des sphères, des cartes? Pourquoi toutes ces représentations? Montrez lui l’objet lui même!

et un projet de pédagogie scientifique défendu par ROUSSEAU:

Privilégier l’observation et la découverte...... Mais l’enfant peut-il tout inventer?

Au niveau de la pédagogie, les livre de l’époque reflètent à la fois la nécessité de l’observation, l’éveil à la curiosité tout en manifestant la référence aux Ecritures Saintes:
Contemplation de la Nature Aucune occupation, quelle qu’elle puisse être, n’a plus de charmes, n’est plus satisfaisantes, ne procure de plaisirs plus diversifiés que la contemplation attentive de la Nature..... Employons le peu de temps qui nous est accordé (à peine un demi-siècle) et consacrons le à observer la nature et à procurer à notre esprit les plaisirs les plus innocents et les plus durables..... toutes ces merveilles existent pour être vues et pour que l’on puisse louer tant la bonté de Dieu que sa sagesse

Le contemplatif est la richesse de la science
La différence qu’il y a entre un philosophe et un paysan c’est que le paysan suit avec simplicité tout ce qui saute aux yeux alors que le philosophe; séduit par ses vains préjugés, emploie toute la subtilité de son raisonnement à embrouiller la raison même; loin d’avoir à raisonner, il n’a que son raisonnement à craindre.

Un autre document fait encore part de la notion de génération spontanée: et des plumes sur les ailes des papillons:
Si j’examine l’aile d’un papillon sous le microscope, quelqu’un aurait-il pu imaginer que les ailes fussent garnies de plumes, rien de plus vrai cependant et ce que l’on nomme communément poussière se trouve être en effet des plumes. Toutes ces plumes ont un tuyau à; leur base, mais la partie supérieure est plus transparente. Ce qu’il y a de plus étonnant c’est qu’il provient d’un ver dont l’apparence n’est rien qu’abject et vil. (Le lien entre chenille et papillon n’est pas réellement faite à l’époque.

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L’encyclopédie: une des bases du savoir
La construction de l ’encyclopédie était de mettre en place une rupture avec le siècle précédent: la raison ne pouvait qu’avoir une utilité pratique pour la vie sur terre, mais qu’était la vie sinon un passage vers la vie éternelle Le dessein de l’Encyclopédie est de permettre à l’homme de progresser et propose alors un idéal réaliste. Cependant, dans cet ouvrage, on note l’absence des nombres relatifs et des complexes

DEUXIEME MOITIE DU XIXème siècle: La mise en place des démarches pédagogiques; les derniers soubresauts
un des premiers agitateurs fut Claude Bernard à qui est attribué la cascade OHERIC Son oeuvre inachevée , commencée en 1858 pose la démarche expérimentale
Mais la médecine scientifique ne peut se constituer ainsi que les autres sciences que par la voie expérimentale, par l’application immédiate et rigoureuse du raisonnement aux faits que l’observation et l’expérimentation nous fournissent. La méthode expérimentale, considérée en elle même n’est rien d’autre qu’un raisonnement à l’aide duquel nous soumettons méthodiquement nos idées à l’expérience des faits... Le raisonnement ne pourra conduire à; l’erreur toutes les fois que les notions ou les faits sur lesquels il s’appuie seront primitivement entachés d’erreur ou d’inexactitude. C’est pourquoi l’expérimentation, ou l’art d’observer des expériences rigoureuses et bien déterminées est la base pratique et en quelque sorte la méthode exécutive de la méthode expérimentale appliquée à la médecine.

A noter la réticence pour les éléments statistiques et le choix prononcé pour l’observation et l’expérience

Cl BERNARD 1858

Pasteur, enfin a été attaqué lors des travaux entrepris sur la « génération spontanée »
Comment un chercheur comme Pasteur a-t-il pu s’abaisser à mêler aussi cyniquement la religion à la science? Même s’il prouve que la doctrine de la génération spontanée est erronée, cela n’implique pas que le monde ait bien été crée par un Dieu quelconque.....

l’église, à l’époque, ne défendait plus le principe de la génération spontanée

Réponse de Pasteur:
La savant , celui qui fait table rase, qui, par l’observation et le expérimentation et le raisonnement veut s’élever à la connaissance de la nature.....

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L’idée de la génération spontanée: les rongeurs ( ici des Lemmings) naissenr parfois des nuages et les hermines se précipitent pour les dévorer.

L’idée de l’a priori chez c. Bernard est pour ce scientifique une hypothèse, sens plus ancien qui consiste à désigner par raisonnement à priori celui qui va de la cause à l’effet, du principe à la conséquence et par à posteriori, celui qui remonte des conséquences aux principes de ca qui est conditionné par la nature à ce qui le conditionne.
Il y a deux sortes de raisonnements: 1° la forme investigatrice ou interrogative qu’emploie l’homme qui ne sait pas et qui veut s’instruire 2° la forme démonstrative ou affirmative qu’emploie l’homme qui sait ou qui croit savoir et qui veut instruire les autres. Exemple d’induction Le morceau de fer conduit l’électricité Cet autre morceau aussi Celui ci aussi Donc: le fer conduit l’électricité Le fer conduit l’électricité le cuivre aussi, le zinc aussi, l’argent également Donc le métal conduit l’électricité.

INDUCTION ET DEDUCTION

LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES et LES FORMES PEDAGOGIQUES
La leçon de choses existait bien avant 1880 et était la traduction d’une expression américaine: « object teaching ». elle avait été introduite dès 1867 par Maire PAPE CARPENTIER dans les salles d’asile et c’est bien au niveau des maternelles que se trouve le creuset actuel des démarches pédagogiques et des sujets d’études.

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Ces leçons de choses ne sont pas spécifiques aux sciences . Il s’agit d’une conception pédagogique fondée sur la pratique d’entretiens familiers et collectifs Les apprentissages s’appuient sur la perception par les sens et l’intuition. Le mode d’étude est fixé par la nature elle-même ( voir les livres de lecture de l’époque) Les sciences doivent déboucher sur des connaissances usuelles. Un centre de ressources doit être constitué dans chaque école sous forme d’un « musée scolaire ». L’objectif: enseigner ce que personne ne peut plus ignorer, tout peut être dit, encore faut-il savoir le dire.
Le but de ces activités que l’on nommera « leçons de choses » est d’habituer l’enfant à observer, comparer, juger, raisonner le témoignage des sens. La chose ou l’image placée devant ses yeux donne du sens à l’apprentissage Le texte met en avant l »activité »des élèves. Mais, ce sont les élèves qui doivent faire car on ne retient que ce que l’on a trouvé soi même. Rendu insiste sur les acquisition de la langue maternelle au travers de ces leçons

Première officialisation contenant à la fois la démarche et les déviances (encyclopédisme, vocabulaire spécifique outrancier)

Ces conceptions seront officialisées en 1887 par la définition des programmes ( qui ne sont que départementaux à cette époque)
Les leçons de choses devient obligatoire et doivent figurer à l’emploi du temps. La méthode sera concentrique: un même sujet sera abordé aux différents niveaux de l’école primaire en graduant le dégréé de difficulté Par exemple, lors des Conférences pédagogiques du Canton de CLAYE-SOUILLY étaient abordés les points suivants: maniement du fusil et démontage l’alcoolisme les cultures et les parasites, les animaux nuisibles la mise en terre de plantes l’utilisation du jardin de l’enseignant, enseignement surtout basé sur l’agriculture.

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PREFACE DU LIVRE DE SCIENCES 1894
Les sciences naturelles sont des sciences d’observation. Nous devons tout mettre en oeuvre pour amener les élèves à observer, comprendre , puis savoir, traduire et classer eux mêmes les phénomènes qui s’accomplissent sous leurs yeux. Il faut éviter que les élèves considèrent l’enseignement des sciences comme une énumération fastidieuse de noms d’animaux, de plantes ou de minéraux. En histoire naturelle, l’enfant doit commencer par observer des types que nous considérons comme plus importants, parce qu’ils sont plus répandus et de lecture facile. Les caractères choisis sont de deux ordres: les uns extérieurs remarqués facilement sur l’indication du professeur, les autres internes qui exigent une préparation spéciale (dissections). Dans les deux cas, des figures démonstratives au tableau noir sont indispensables, figures simples, schématiques dont l’enfant peut saisir et exécuter rapidement toutes les parties. Nous avons donc introduit de nombreuses figures colorées faciles à interpréter à l’aide de l’enseignant et dans certains cas un mode expérimental instructif et d’application facile.

Observation guidée du simple au complexe la schématisation remplace le visible

1920: trop de déviances apparaissent: vocabulaire, nombre de leçons. démarche scolastique
le maître s’attachera à multiplier les expériences et à les réaliser avec des objets usuels. Il importe que les élèves sont amenés à considérer les faits de la vie courante comme les expériences les plus instructives et qu’apparaisse à leurs yeux le lien étroit qui unit le travail fait en classe avec les réalités du dehors. Aussi est ce de produits naturels de phénomènes familiers que le maître partira pour aboutir par l’expérience ou l’observation aux connaissances énumérées dans les programmes

le concret l’observation, l’expérimentation

1923
Si l'on sait que depuis l'antiquité ,les sciences ne représentaient qu'une partie faible de l'enseignement, enseignement repoussé aux dernières années de la scolarité (10% du temps consacré à l'ensemble des disciplines) en 1882 1 heure par semaine et ce dans tous les pays européens, les sciences se mettent en place dans les programmes de 1923:
l'enseignement scientifique ne saurait seulement à former les esprits, il doit armer les travailleurs, augmenter le rendement de leur activité productrice. En conservant une méthode, méthode expérimentale propre à éveiller et à entretenir la curiosité intellectuelle, doit-il s'adapter aux besoins divers de ses élèves et varier selon leur milieu et leur sexe et selon leur éventuelle profession Dans les écoles de filles, l'enseignement ménager doit occuper une place importante Dans les écoles rurales: enseignement pratique et théorique de l'agriculture A la ville: enseignement industriel Il s'adaptera un milieu sans jamais renoncer aux vérités élémentaires qui sont indispensables à tous, il cessera d'être encyclopédique. La méthode doit être basée sur l'observation et l'expérience Le livre ne doit jouer qu'un rôle secondaire, Les élèves auront devant les yeux les objets et les phénomènes à observer. Ainsi, ils prendront l'habitude d'observer avec méthode, préciser leurs constatations, imaginer parfois des expériences de contrôle. Cet enseignement doit être simple et concret.

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Ces instructions : Aller du concret au concept Il doit s'agir d'une méthode active On passe d'une leçon par l'aspect à un enseignement par l'action. Les buts sont clairs: éviter le dressage et l'éducation formelle; Il s'agit également de participer à la reconstruction nationale après la guerre de 1914-1918. Domaines privilégiés à l'époque: puériculture, hygiène, agriculture. Par l'intermédiaire des enfants le savoir se transmet aux parents

1945:
Les leçons de choses doivent être des exercices d'observations sur des choses familières aux enfants. Elles doivent placer les enfants devant des faits afin qu'ils s'habituent à les observer et les décrire attentivement dans la mesure de leurs moyens L'observation n'est possible que si l'élève observe, s'il a un rôle actif au cours des leçons Le rôle du maître est de solliciter l'observation, de l'orienter, de la rectifier et de la compléter au besoin, d'aider à en fixer les résultats sur le cahier Le livre de choses est inutile pour l'élève.

La méthode proposée s'inscrit donc en réaction contre les IO de 1923 La méthode expérimentale est écartée au profit d'un apprentissage de la seule observation; l'enseignement actif est réduit à une simple description de l'objet par l'enfant. Physique et chimie sont rejetés de l'école élémentaire

1953
Pour les Fins d'Etudes, la méthode scientifique est réhabilitée: des faits aux lois et aux applications Cependant, à la lecture des documents, on s'aperçoit que l'on revient à des conceptions du SIX: la chose détient la vérité et les activités de classe se bornent à analyser, classer, définir, conclure.

LES ACTIVITES D'EVEIL SCIENTIFIQUE
L'évolution s'appuie sur trois sources: Une réflexion épistémologique sur la connaissance et ses méthodes La prise en compte du développement de l'enfant Les nouvelles fonctions et les exigences accrues liées aux problèmes concernant la longueur des études et l'échec scolaire et un problème majeur: la crise de la formation des maîtres: on ne sait plus bien quoi enseigner et la leçon de choses disparaît de fait. Ces options s'organisent autour de tris bases: Unes conception constructiviste qui s'oppose à une conception inductiviste en tenant compte du développement de l'enfant: L'objet ne détient pas la vérité et l'enfant ne peut aboutir seul à la conception de l'objet:: des activités de guidage sont donc nécessaires pour aider l'enfant dans ses apprentissages

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Une différenciation progressive des disciplines qui se produit tout au long de la scolarité: CP: on acquiert des compétences en devenir sans les inscrire dans le cadre d'une discipline donnée CE: On amorce des différences qui confèrent aux activités des caractères spécifiques: processus méthodologiques, langages spécifiques, notions et concepts spécifiques, connaissances construites dans un souci de rigueur CM: Les objectifs et contenus sont nettement disciplinaires Une intention rénovatrice marquée par la volonté d'ouverture aux réalités socio-économiques et technologiques, l'adoption de technologies nouvelles

1977 1980
Les objectifs généraux définissent avec précision les grandes démarches d'investigation de la science: observer, expérimenter, mesurer et schématiser L démarche pédagogique fait l'objet de propositions nouvelles: Quel est le point de départ Comment transformer un point de départ en problème scientifique Quelles activités peuvent-être menées par les élèves pour trouver des éléments de réponse à leur problème Comment élargir les réponses trouvées pour en faire des connaissances Quels types de traces doit on conserver quelle évaluation faire Derrière ce questionnement, on voit pointer les recherches en didactique conduites a l'INRP (Legrand, Host)

1985:
Le terme sciences et technologie n'est pas innocent, ces textes, destinés aux parents, par un engagement à l'extérieur affirme un découpage en disciplines, avec la nécessité d'un enseignement fondé à la fois sur la pédagogie de l'activité et sur des connaissances présentées et transmises par le maître

1995:
confirmation de l'organisation en cycles, mais redéfinirions des contenus

EPILOGUE PROVISOIRE:
Les instructions de 1995 s'appuient sur la définition de champs disciplinaires en cycle 3 et la découverte du monde en cycle 2 , tout en recommandant une démarche expérimentale. On peut actuellement se poser les questions suivantes: Au niveau des savoirs: quels savoirs transmettre? Au niveau de la démarche quelle (s) démarche(s)

RECAPITULATIF DES DEMARCHES:
Quatre grands types de démarches: la démarche statistique s'appuyant sur la mesure et les graphiques; cette démarche est impossible à mettre en oeuvre dans la plupart des classes du fait des connaissances

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mathématiques (droites de régression, loi du moindre carré) à mettre en oeuvre mais aussi du matériel nécessaire: les tableurs et les grapheurs. La démarche expérimentale: (Deunff, Anthaulme, Dupont, Maurel: Découverte du vivant et de la science) observer puis formuler un problème formuler une hypothèse tester une hypothèse confronter les résultats expérimentaux conclure sur la validité ou la vérité de l'hypothèse la démarche modélisante (Astolfi: Enseignement et modélisation en sciences) Elaboration d'un objet concret (maquette, schéma,) qui se substituera à l'objet réel trop complexe et dont on veut connaît le fonctionnement. Ne sont retenus dans le modèle que les caractères indispensables pour répondre au problème posé La démarche de l'enseignant qui emprunte aux autres démarches des éléments qui lui permettront de conduire ses stratégies

PROBLEMES DE FOND:
Doit-on partir du réel ou au contraire le simplifier? Doit -on agir par démarche concentrique ou spiralaire? Doit on partir d'éléments simples et nombreux quitte à classifier et à limiter l'axiomatique ou partir de postulats simples qui seront étoffés

La science ne peut promettre l’absolu, elle qui n’est que conquêtes successives de la vérité. Jamais elle n’a eu la prétention de donner d’un coup, la vérité totale comme on donne, comme on bâtit un édifice. Cette sorte de construction est premièrement le fait de la révélation, de la métaphysique, de la foi. Le rôle de la science n’est que de ruiner l’erreur, à mesure qu’elle avance et qu’elle est faite de clarté; mais aujourd’hui elle ne promet pas de dire le mot final, complet, et borne son rôle à continuer logiquement son enquête. Elle est la seule vérité possible pour des cerveaux sains et cultivés. Quant à ceux qu’elle ne satisfait pas, ceux qui ont besoin de la connaissance immédiate et totale, ils ont la ressource de n’importe quelle hypothèse religieuse, à condition surtout s’ils veulent avoir raison, de ne bâtir que sur des vérités acquises. Tout ce qui reste bâti sur l’erreur établie ne peut que crouler. ZOLA 1896 Lettre inédite sur les rapports entre la science et le catholicisme

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