brochures pedagogie ethique

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					Jacques BENOIT

LE LIVRET BLANC DE L’ÉTHIQUE
LE CŒUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE EST LE « DÉVELOPPEMENT DURABLE » DU CŒUR

Table des matières

1ère partie : L ’Ethique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Définition de l’Ethique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Différence entre Morale et Ethique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Les fondements de l’Ethique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 2ème partie : L ’énergie de l’Amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 L ’Amour Unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La loi de la dualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La confusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le Discernement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Y a-t-il une limite à l’Ethique ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mieux se connaître. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La Beauté intérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 25 29 32 35 39 41

3ème partie : Le Développement Durable. . . . . . . . . . . . . 47 L ’état des lieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Définition et historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les principaux acteurs du Développement Durable . . . . . Fonds communs d’investissement Ethiques. . . . . . . . . . . . Le Microcrédit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le commerce équitable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 54 59 64 66 68

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4ème partie : L’entreprise et le capitalisme. . . . . . . . . . . . 71 Les dérives du capitalisme ou de l’économie de marché . La finalité et les vocations de l’entreprise. . . . . . . . . . . . . L’expérience « Benoit » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le Manager . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ressources Humaines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 75 85 90 91

Avant-propos
Pendant vingt-huit ans j’ai été P.D.G. de la Société « Jacques Benoit S.A. ». En dehors de son domaine d’activité (graines salées, fruits secs et pop corn), cette entreprise était surtout connue pour son originalité sociale : j’étais pour beaucoup le patron noté et élu par ses salariés. Cette longue expérience et ces lourdes responsabilités m’ont beaucoup appris, d’autant plus que j’ai du vivre toutes les phases d’un management d’entreprise : la création, le développement et même en 1997 le dépôt de bilan qui lui a valu un reportage remarqué sur M6 dans l’émission « Capital » : « Adieu Patron ». Aujourd’hui, après avoir quitté mes fonctions, j’aime à partager mon expérience et les enseignements que j’en ai tirés, dans le cadre de ma nouvelle activité essentiellement faite de cours à des étudiants en Ecoles de Commerce et d’ingénieurs. Au cours de ces rencontres, des thèmes importants sont abordés : l’Éthique, le Management, les Valeurs, le Sens de la vie, l’Amour… Autant de sujets qui sont loin de nous laisser indifférents : ils nous interpellent et participent au questionnement de notre vie. J’ai écrit ce livret pour laisser une « trace » après mes rencontres. Il veut être un outil pour tous ceux qui désirent prolonger leur réflexion et aussi un « ami » à consulter dans des moments difficiles en regard de choix importants. Aujourd’hui, ce livret est devenu aussi un support pédagogique et marketing permettant de mieux connaître l’esprit qui anime EMAV et d’en assurer son développement.

EMAV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93 TEST : 75 questions pour découvrir son « potentiel éthique » . 95 Bibliographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109

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Il est chaque année enrichi d’idées et de réflexions nouvelles, fruits des rencontres vécues. Celui-ci en est la sixième édition. Einstein a dit « aucun problème ne peut être résolu sans changer l’état d’esprit qui l’a engendré ». Par son action, la pédagogie de l’Éthique participe au changement de l’état d’esprit de chacun de nous, de nos mentalités, condition incontournable pour que nous trouvions les bonnes réponses à nos dysfonctionnements et à ceux de ce monde. Ce livret n’a pas la prétention d’apporter la Vérité ; au mieux j’essaie d’être vrai. Il n’est pas non plus un recueil de méthodes ou de recettes mais avant tout un témoignage, une philosophie de vie, de management ; à chacun de s’approprier ce qui lui semble important. Je vous en souhaite une bonne lecture. Jacques Benoit

Première Partie

L’ÉTHIQUE

“Tu me dis, j’oublie Tu m’enseignes, je me souviens Tu m’impliques, j’apprends”
Benjamin FRANKLIN (Politique physicien, 1706-1790)

“L’Ethique, c’est l’esthétique du dedans”
Pierre REVERDY (Poète français, 1899-1960)

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« L’entreprise en elle-même n’a pas d’Ethique, l’entreprise est une structure juridique ; l’entreprise ne réfléchit pas, ne pense pas, on ne parle pas à une entreprise et lorsqu’on parle d’Ethique d’entreprise, cela nous renvoie à l’Ethique des personnes. L’Ethique d’une entreprise n’est que la somme de l’Ethique de chacun de ses hommes et de ses femmes et en particulier de ses dirigeants. »

une société qui nous apprend à avoir des droits (droits de l’enfant, droits de l’usager, droits du client, droits du consommateur, droits du propriétaire…). Le devoir, c’est pour les autres ! LOYAL C’est le souci de respecter la règle surtout dans l’Esprit et pas seulement dans la lettre. C’est le fair-play pour le sportif. Or, aujourd’hui, on apprend à contourner la loi sans pour autant lui faire d’entorse. La manipulation fait partie intégrante des techniques de vente. En fait, l’Ethique peut même être contraire à la loi et lorsque Rosa PARK aux EtatsUnis a délibérément enfreint la loi en s’asseyant à une place réservée aux blancs elle a été parfaitement dans l’Ethique. UNIVERSEL Une personne éthique est celle qui a le même comportement éthique avec ceux qui lui sont proches et avec ceux qui lui sont éloignés ; avec ceux qui lui sont sympathiques et avec ceux qui lui sont hostiles ; avec ceux qui sont loyaux et droits et avec ceux qui sont malhonnêtes. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se défendre - car c’est de notre devoir éthique que de nous protéger - mais nous devons le faire avec nos armes éthiques à nous : la loyauté, le courage, la franchise, la générosité… GRATUIT Un comportement parfaitement éthique est celui qui n’attend aucun retour de ce qu’il apporte aux autres si ce n’est le seul plaisir d’avoir fait plaisir et d’être responsable. Et paradoxalement, plus on est dans la gratuité, plus c’est payant. On sera beaucoup plus attaché à une personne qui nous aime pour nous qu’à une personne qui nous aime pour elle. On fera d’autant mieux ce que l’on fait si l’on a plaisir à le faire que si

Définition de l’Ethique
Que nous dit le Larousse ? Ethique : adjectif (grec êthicos, morale) qui concerne les principes de la morale Ethique : nom féminin 1. Partie de la philosophie qui étudie les fondements de la morale 2. Ensemble de règles de conduite Ces définitions, même si elles sont justes, nous laissent un peu sur notre fin et chacun est à même de mettre derrière ce qu’il veut. Essayons donc de cerner d’un peu plus près ce qu’est l’Ethique. La phrase de Saint-Exupéry « chacun est seul responsable de tous » nous apporte une réponse plus intéressante. C’est la prise de conscience que chacun de nos actes, même les plus anodins, engage la planète entière et tous ses habitants. « Si le grain de sable refuse d’être un grain de sable il ne peut pas y avoir de désert. Si la goutte d’eau refuse d’être une goutte d’eau il ne peut pas y avoir d’océan ». Si chacun d’entre nous refuse d’être éthique comment voulez-vous vivre dans un monde éthique ? Quatre adjectifs pour définir un comportement éthique. ALTRUISTE C’est le contraire de l’égoïsme. C’est le souci d’assumer ses devoirs avant de réclamer ses droits. Mais nous sommes dans

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on le fait pour un retour quelconque. Tous ceux qui ont fait de grandes choses dans tous les domaines (recherche, sport, art, politique, religion…) l’ont fait parce qu’ils étaient dans le plaisir de faire. Ces brèves « définitions » nous font vite comprendre qu’un comportement parfaitement éthique est hors de notre portée, fussions-nous saints ! En fait l’Ethique n’est pas un but en soi – il serait alors inaccessible – mais elle est un chemin que je vous invite à emprunter. A chacun de cheminer à son rythme, à sa façon. C’est le seul chemin qui peut nous conduire au bonheur et à la réussite. C’est le chemin qui sauvera aussi la famille, l’entreprise, la société, la planète. L’éthique est notre capacité à ne pas se satisfaire de ce qui est, à remettre les choses en question, à se remettre en question ; l’éthique c’est aussi être « rebelle ». L’éthique c’est une chance Une chance pour chacun d’entre nous Une chance pour l’entreprise Une chance pour le système capitaliste Une chance pour la Planète Une chance pour nos enfants et petits enfants Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix : il nous faut savoir saisir cette chance.

Différence entre Morale et Ethique
En fait, si l’on s’en tient à l’étymologie des mots, il n’y a pas de différence entre Ethique et Morale. D’ailleurs les Anglo-saxons emploient indifféremment l’un ou l’autre. Nous pouvons cependant y voir des différences assez sensibles.

MORALE ET Latin : Morales
1. La Morale a une connotation religieuse 2. La Morale fait état du Bien et du Mal (jugement manichéen) 3. La Morale (valeurs) est universelle 4. La Morale est « tu » ou « vous » 5. La Morale privilégie le rapport à soi 6. La Morale nous interpelle 7. Sa perversion = fanatisme

ÉTHIQUE Grec : Ethicos

1. L’Ethique a une connotation laïque 2. L’Ethique fait état du positif et du négatif (discernement) 3. L’Ethique est spécifique (propre à une personne, à une collectivité, à une nation…) 4. L ’Ethique est « je » ou « nous » 5. L’Ethique privilégie le rapport à l’autre 6. L’Ethique nous responsabilise 7. Sa perversion = manipulation

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Cependant, il y a un lien très étroit entre la Morale et l’Ethique :

LA MORALE EST À L’ETHIQUE CE QUE LE NORD EST À LA BOUSSOLE
Nous ne pouvons pas avoir le bon discernement de bonnes pratiques, si nous ne sommes pas sur des repères solides. C’est la raison pour laquelle on retrouve des codes et des pratiques soidisant éthiques dans les milieux où l’on s’y attend le moins : celui de la Mafia qui a son code d’honneur, celui des extrémistes de tous bords qui ont leurs codes éthiques… Sontils sur des repères universels et solides (le respect de la vie, le respect de la différence…) ? On distingue : • L’Éthique de conviction qui suppose d’agir principalement en regard de ses principes ou de ses convictions. • L’Éthique de responsabilité qui suppose d’agir principalement en regard de la finalité et des conséquences. On parle aussi de : • L’Éthique correcte (respect de la loi, « compliance »). • L’Éthique innovante (force de proposition sociale et sociétale). •L ’Éthique « rebelle » (remise en question de la loi et des règles existantes).

Les fondements de l’Ethique
Pour beaucoup un comportement éthique est essentiellement lié à notre éducation, à l’univers dans lequel nous avons grandi, à nos convictions politiques, religieuses… L ’homme, à sa naissance, serait parfaitement neutre au niveau des repères et seuls ses gènes liés au comportement peuvent être différents : un bébé sera plus ou moins capricieux… En fait, cette approche n’est pas tout à fait satisfaisante et n’explique en rien pourquoi l’humanité dans sa totalité a décidé que les valeurs telles que la paix, le courage, la générosité… étaient des valeurs positives. Certains pensent que c’est dû au message religieux. L ’explication n’est pas suffisante. Je pense que cette graine d’Ethique, chaque personne l’a au plus profond de ses gènes à sa naissance. Tout simplement parce que nous avons en nous dès la naissance un besoin fondamental d’aimer et d’être aimé. Cela a été prouvé : un bébé sans caresses, sans affection, ne peut pas avoir un développement physique normal. Le pire qu’il puisse nous arriver est de nous retrouver seul dans une pièce sans avoir un coup de fil à donner ou un coup de fil à recevoir. Nous n’existons et nous ne vivons que par l’autre. C’est la condition pour vivre notre identité et notre bonheur. Forts de ce mystère (mystère de l’Amour) les hommes ont naturellement conclu que leur bonheur passerait par une relation de confiance, de respect et autres valeurs allant dans ce sens.

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Toutes les philosophies, toutes les morales, toutes les religions revendiquent les mêmes valeurs à des degrés et sous des formes différentes. De ces repères l’homme a déduit des conduites qui lui sont propres : c’est l’Ethique. Toutes les Chartes (droits de l’homme…) reprennent ces principes éthiques. La loi, par son effet de contrainte, oblige tout un chacun à vivre ces principes. En dernier ressort c’est la justice qui sanctionnera celui qui fait des entorses à la loi. Les radars sur la route correspondent à ce besoin fondamental d’aimer et d’être aimé ! Le fait de comprendre que cette graine d’Ethique est en chacun de nous dès la naissance va influencer d’une façon positive nos comportements envers ceux qui nous sont les plus hostiles et les plus différents. Si l’on croit que l’Ethique vient uniquement par l’éducation on est en droit de penser qu’un jeune délinquant de vingt ans a raté le train de l’éducation et que c’est « foutu » pour lui. Si au contraire, on est persuadé qu’au fond du plus pervers il y a cette graine d’Ethique qu’est ce besoin d’aimer et d’être aimé, on aura un regard différent sur lui et on sera en droit de penser que la partie n’est pas perdue. A nous, à la société, de faire fleurir cette graine. « Traitez un homme pour ce qu’il est et il restera ce qu’il est. Traitez un homme pour ce qu’il peut être et il deviendra ce qu’il peut et devrait être » J. W. Von Goethe

ÉCHELLE DE NOS « REPÈRES »

BESOIN D’ÊTRE AIMÉ ET D’AIMER

LES VALEURS

LA MORALE

L ’ÉTHIQUE

LA CHARTE

LA LOI

LA JUSTICE

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Deuxième Partie

L’ÉNERGIE DE L’AMOUR

“Il n’existe qu’une chose qui grandit en se partageant, c’est l’Amour”
Victor Hugo

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L’Amour - Unité
La Vie est mystère. Nos plus grands savants, nos plus grands chercheurs, que ce soit dans l’infiniment grand ou dans l’infiniment petit, en arrivent tous à la conclusion que chaque avancée de la connaissance les met en face d’une ignorance plus grande encore. Ils en arrivent aussi à cette autre conclusion que le mystère de la Vie découle d’une loi, d’un principe intelligent, inaccessible à l’homme. À chacun de mettre derrière cette loi ce qu’il veut, selon ses convictions. Pour certains ce sera Dieu, pour d’autres le Grand Architecte, pour d’autres encore le hasard… Cependant, avec l’intelligence de notre bon sens et de notre Cœur, nous pouvons déduire certaines règles : cette loi ou ce principe contribuent à unir ; c’est dans ce sens que je l’ai appelée la « loi de l’Unité ». Cette règle est la même dans l’invisible comme dans le visible. Elle est tout à fait concrète et accessible à tous lorsque nous évoquons la loi de la gravité : nous sommes debout sur la terre et pourtant la tête en bas ; la lune tourne autour de notre planète, la terre autour du soleil, et ainsi de suite jusque dans l’infini ; et nul n’oserait affirmer le contraire. On peut mesurer les règles liées à cette loi physique de la gravité mais son principe demeure mystérieux. Dans un domaine tout aussi concret mais cependant plus subtil, tout un chacun reconnaît l’attirance des sexes opposés.

Remarquons que cette loi de la Vie, à la différence de la loi de la gravité, peut être contrariée (le phénomène homosexuel) et que, là déjà, l’homme a sa part de liberté dans son appropriation ; en tous les cas, personne ne remet en question les fondements de cette attirance des sexes qui fait que la vie perdure dans le monde humain, animal et végétal. Cette loi de la procréation est mystérieuse ; on peut créer les conditions pour reproduire la vie, la favoriser, la modifier, mais son principe de base fait partie du mystère. Sur le plan du mental, cette loi de l’Unité est la loi d’Amour qui fait que chaque personne éprouve le besoin de la présence, de l’écoute ou du regard de l’autre pour exister ; et plus cette présence, cette écoute et ce regard sont bienveillants, plus notre existence est épanouie. C’est la dimension du Cœur, de la Solidarité et de la Paix. À l’inverse, le manque de présence, de regard, d’écoute ou une relation hostile, créent en nous une déstabilisation, voire un dysfonctionnement et peuvent nous mener au conflit. Dans ce domaine, la liberté de l’homme visà-vis de la loi d’Amour est totale ; et comme elle n’a pas une déclinaison rationnelle, le plus souvent on la rejette. On ne la reconnaît pas comme principe essentiel. Pourtant, cette loi d’Amour est aussi importante que la loi de la gravité et que la loi de la Vie ; et toute entorse à ses principes crée une entorse dans notre fonctionnement et dans le Tout. C’est ce que j’appellerai « l’effet papillon » (un battement d’aile de papillon au Brésil peut entraîner une tempête sur l’Europe). Ce n’est pas par hasard si toutes les religions du Monde se sont approprié, sous des formes différentes, la règle d’or : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ». La prise de conscience de cette loi d’Amour est le premier pas vers la sagesse humaine, vers l’intelligence du Cœur et vers l’appropriation de cette énergie de base qu’est l’Amour.

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LOI DE L ’UNITÉ

INACCESSIBLE À LA CONNAISSANCE HUMAINE MYSTÉRIEUSE, INTELLIGENTE, UNIVERSELLE DÉCLINÉE À DES NIVEAUX DIFFÉRENTS

Niveau de la Physique La gravitation de l’atome à l’univers

Niveau de la Vie Transmission de la vie chez l’homme, chez l’animal, chez les végétaux

Niveau du Cœur La loi d’Amour l’esprit de solidarité et de paix

« La science n’engendre pas la Sagesse ; elle ne nous aide pas non plus à prendre des décisions morales et éthiques, mais elle peut être source d’inspiration. La grande fresque cosmique des origines devrait nous aider à développer le sentiment de notre interdépendance avec tous les êtres, de notre compassion avec les autres et de notre responsabilité universelle envers notre planète ».

Tout comme au niveau de la physique et au niveau de la Vie, le non-respect de la loi d’Amour entraîne des dysfonctionnements dans l’Individu, dans la Société et dans le Tout.

Trinh Xuan Thuan, Astrophysicien américain, dans « ORIGINES La nostalgie des commencements » aux Editions Fayard

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LA REGLE D’OR « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse »
Le Bouddhisme « Ne blesse pas autrui de la manière qui te blesserait » Le Confucianisme « Ne pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas qu’ils nous fassent » Le Judaïsme « Ce que tu tiens pour haïssable, ne le fais pas à ton prochain, c’est là toute la Loi ; le reste n’est que commentaire » Le Christianisme « Ainsi, tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous faites-le pour eux » Le Taoïsme « Considère que ton voisin gagne ton pain et que ton voisin perd ce que tu perd » Le Zoroatrisme « La nature seule est bonne qui se réprime pour ne point faire à autrui ce qui ne serait bon pour elle » Le Brahmanisme (caste supérieure de l’hindouisme) « Telle est la somme du devoir : ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas qu’ils nous fassent » L’Islam « Nul de vous n’est croyant s’il ne désire pour son frère ce qu’il désire pour lui-même »

La loi de la dualité
Après ce chapitre sur la loi de l’Unité, on pourrait se demander pourquoi l’homme ne choisit pas tout naturellement cette loi d’Amour. Je l’ai déjà dit : premièrement parce qu’il est libre ; et deuxièmement, parce qu’il existe une autre loi, celle de la dualité, du négatif et du positif, de l’ombre et de la lumière, du ying et du yang, du noir et du blanc, du recto et du verso, etc. L ’association de la loi du positif et du négatif avec celle de la gravité est le fondement de l’univers, de la naissance des étoiles, du big bang, des trous noirs ; pensons-nous souvent que nous sommes des poussières d’étoiles ? Dans cette dualité qui nous est proposée, notre challenge éthique est de faire le bon choix en adhérant à la loi d’Amour et en refusant ce qui lui est contraire : l’altruisme ou l’ego, l’humilité ou l’orgueil, le détachement ou la possession, la Paix ou le conflit, je donne ou je prends, etc. c’est la réussite ou l’échec. Par ce choix s’exerce notre liberté qui contribue à notre dignité d’homme et fait de nous un être « sacré ». Que ce soit par conviction religieuse ou philosophique, il y a un côté très rationnel, je dirais presque « arithmétique » qui fait que l’homme a tout intérêt à rester en harmonie avec la loi d’Amour. Nos plus grands physiciens ne parlent-ils pas d’un principe intelligent ?

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Cette énergie Amour qui est en nous et qui nous apporte une force et une puissance extraordinaires existe aussi dans le négatif : c’est l’énergie du mal. Et si nous faisons le parallèle entre l’action d’un Gandhi et celle d’un Hitler, nous voyons comment l’un a pu arrêter des conflits uniquement par la prière, dans une démarche d’Amour et de non-violence ; et comment l’autre, sous l’emprise du mal et de la domination, a pu générer des millions de morts. Pourtant, à l’évidence – et ce n’est pas qu’une impression – l’un et l’autre étaient possesseurs de forces extraordinaires. De cette logique du positif et du négatif, nous pouvons également déduire que chaque fois que nous sommes animés par des sentiments ou des comportements se rapportant au mal, nous créons des conditions pour être dans la division, dans le conflit, dans l’agression, aussi bien en nous qu’avec les autres. Au contraire, lorsque nous sommes animés par les vertus d’Amour, la confiance, la paix, le respect, l’écoute, etc. nous créons les conditions pour être dans l’unité – en soi déjà, ensuite avec les autres. Même si cette logique est évidente pour chacun d’entre nous, elle est loin de faire l’unanimité. La nature étant ce qu’elle est, la faiblesse humaine étant bien connue, à longueur de journée, nous faisons des entorses aux vertus d’Amour. Qui ne va pas tricher ou mentir pour son intérêt ? Qui ne va pas porter de jugement de valeur sur tel ou tel ? Qui ne va pas chercher d’abord la première place ou ses aises, au détriment des autres ? Toutes ces petites choses créent à terme des dysfonctionnements. Identifier dans la sincérité avec soi nos manquements à la loi d’Amour, c’est le premier pas vers la sagesse et le bonheur.

FORCES D’UNION ET FORCES DE DIVISION

La patience ou l’impatience La paix ou l’agressivité La responsabilité ou la démission La joie ou la tristesse La confiance ou la suspicion La générosité ou la cupidité La tolérance ou le sectarisme Le pardon ou la rancune La fidélité ou l’inconstance La dignité ou l’asservissement L ’équité ou les privilèges Le respect ou le mépris L’humilité ou la vanité Le don de soi ou l’égoïsme Le courage ou la lâcheté L’effort ou la passivité L’écoute ou l’indifférence L ’honnêteté ou la malhonnêteté Le discernement ou le parti pris Etc.

La quintessence d’une vertu ne peut être que dans la cohérence avec les autres vertus, donc dans l’Amour.

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La Confusion Un jour, Quand nous aurons maîtrisé Les vents, les vagues, les marées Et la pesanteur Nous exploiterons l’énergie de l’Amour Alors, Pour une seconde fois dans l’histoire Du monde L’homme aura découvert le feu.
Pierre Teilhard de Chardin
L ’Amour est lié à notre capacité à aimer. Cette faculté d’aimer est commune à tous les êtres vivants. La fleur aime le soleil et l’eau, parce qu’elle en a besoin. Le chien, le chat, aiment leur maître, parce qu’il les nourrit mais aussi parce qu’il leur apporte de l’affection. L ’homme aime manger, boire, satisfaire ses sens ; il aime aussi la compagnie ; il aime éprouver des sensations : la joie, la peur, etc. Il aime également s’instruire, connaître ; il aime encore défendre ses idées et convaincre les autres. Que pouvons-nous déduire de ces quelques remarques ? Qu’il s’agisse du besoin que la fleur a de rechercher le soleil ou du besoin que l’homme a de faire passer ses idées, tout cela est avant tout de l’amour de soi, de notre ego ; nous n’avons pas à culpabiliser de cet « égoïsme » car il est tout à fait naturel à notre condition humaine. Ce qui différencie l’homme de l’animal – et a fortiori du végétal – c’est sa capacité à prendre conscience qu’il existe en tant que tel et sa capacité à faire le choix entre le bien ou le mal. Or, faire ce choix, c’est prendre conscience de sa liberté, c’est prendre conscience de sa responsabilité vis-à-vis des autres et c’est prendre conscience de sa condition de solidarité avec l’humanité. Qu’il le veuille ou non, cela fait de lui un être « religieux » (dans le sens qu’il est relié).

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L’Amour avec un grand « A », c’est le talent qui nous est donné d’harmoniser notre besoin d’aimer pour notre satisfaction avec notre besoin d’aimer pour être en solidarité - voire en fusion - avec le monde, et de vivre d’une façon consciente ou inconsciente la dimension « religieuse » qui est en chacun de nous. C’est ce que beaucoup recherchent sans le savoir par le contact avec la nature (le marin ne parlet-il pas de communion avec la mer ? l’alpiniste de communion avec la montagne ?), par l’écoute de la musique, par tout ce qui touche à l’art, au Beau, au Bien, au Vrai, et par ce don de soi que l’on peut faire totalement pour les autres. Il faut beaucoup de sincérité avec soi pour identifier l’amour avec un petit « a » que l’on porte aux autres, aux choses, mais qui n’est qu’un repli sur soi, et l’Amour avec un grand « A » que l’on porte aux autres et aux choses, pour le seul plaisir d’aimer, dans la gratuité de l’acte. De ce fait, beaucoup de gens pensent aimer leur conjoint, leurs enfants, leurs voisins, leurs collaborateurs, etc., mais en fait ils s’aiment surtout eux-mêmes ; ils « aiment » dans le souci de s’approprier ; ce qui, paradoxalement, crée les conditions pour mettre de la distance entre eux et ceux qu’ils aiment. Au contraire, lorsqu’on aime l’autre, la chose, pour le plaisir d’apporter dans l’abandon de soi ou d’aimer, on crée les conditions pour établir un lien affectif solide et se sentir en communion avec le Beau, le Vrai et le Bien, dans la recherche d’un Absolu.

L ’AMOUR ET L’aMOUR

L’Amour, c’est notre capacité à nous élever vers le Beau, le Bien et le Vrai, dans le don de soi. L’amour est lié à nos instincts, nos désirs, dans la satisfaction de notre ego. L ’Amour, c’est la partie secrète et diffuse de notre être reliée à l’univers. L’amour, c’est la face affective de notre ego. L ’Amour est maîtrise, l’amour est désir. L ’Amour nous rend libres, l’amour nous fait prisonniers. L ’Amour est humilité, l’amour est ego. L’Amour est don de soi, l’amour est appropriation. L’Amour c’est Être, l’amour c’est avoir. L’amour a besoin de l’Amour pour s’épanouir. L ’Amour est à l’amour ce que le soleil est à la terre. L’amour sans l’Amour est source de toutes les perversions. L ’amour, c’est l’arbre qui cache la forêt de l’Amour. – L’Amour est source de toutes les vertus –

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Le Discernement
On pourrait discuter à l’infini sur ce que doit être une conduite éthique. Dans tous les domaines les débats sont largement ouverts et les avis souvent divergents, voire opposés. Rien d’étonnant à cela puisque la spécificité de l’Éthique est liée au discernement qu’une personne ou une collectivité perçoit comme la solution juste en regard de la problématique, de l’objectif à atteindre, des contraintes, de la culture, des Valeurs, etc. En ce sens, on peut dire qu’il y a plusieurs Éthiques. En politique, par exemple, les comportements, les fonctionnements, seront complètement différents dans un pays comme l’Amérique - où la transparence, le souci de la vérité sont incontournables (on l’a vu avec l’affaire Clinton-Monica) - et dans certains pays du Moyen-Orient où le pouvoir se complaît dans des dictatures acceptées par tous. Dans un autre domaine, celui des affaires, l’approche et la négociation se feront sur des bases différentes d’un pays à l’autre. Dans les entreprises américaines, la dénonciation est un devoir ; en France, c’est une lâcheté. Le temps participe aussi à l’évolution de l’Éthique : il n’y a pas si longtemps, l’esclavage était considéré comme une normalité éthique dans l’organisation de la société alors qu’aujourd’hui cela paraîtrait impensable. Cependant, cela ne doit pas nous empêcher de nous donner des règles pour discerner notre bonne décision. Trois paramètres me paraissent essentiels.

Tout d’abord, notre décision doit nous faire plaisir et être en accord avec notre personne dans sa totalité. Aristote n’a-t-il pas dit « tu connaîtras la Vérité de ton Chemin par la joie qu’il te procurera » ? C’est dans ce sens-là que cette décision doit nous rendre heureux dans ce que nous sommes. Ce paramètre est lié à notre ego (Mère Térésa n’aurait pu faire ce qu’elle a fait si elle n’avait pas été heureuse). Le deuxième critère qui va contribuer à notre choix, c’est l’intelligence de notre décision ou plutôt le réalisme de cette décision ; les questions que nous pouvons nous poser : est-ce que j’ai les moyens de cette décision ? Est-elle la plus judicieuse sur le plan purement pratique pour aboutir à mes fins ? Le troisième critère – et c’est certainement celui que nous oublions le plus souvent – est l’interrogation que nous devons avoir sur notre investissement d’Amour dans cette décision. Les questions qui vont avec sont celles-ci : en quoi ma décision contribue-t-elle au bien des gens qu’elle concerne ? En quoi, dans ma décision, je m’oublie pour donner ? En quoi, dans ma décision, je me sens grandir intérieurement ? C’est le centre de gravité de ces trois critères – en supposant qu’ils constituent un triangle – qui apportera mon discernement. J’aurais pu également parler de « compromis » entre ces trois critères ou d’équilibre. Prenons un exemple tout simple et qui concerne spécialement les étudiants qui doivent choisir un métier : la réponse se fera en regard de ces trois questions de base : est-ce que ce métier me plaît ? Ai-je les moyens de ce métier ? En quoi j’apporte aux autres dans l’exercice de ce métier ? En fait, faire un choix éthique, c’est tout simplement donner du Sens à son choix.

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LE DISCERNEMENT LE TRIANGLE DU CŒUR (L ’ÉQUILIBRE)

Y a-t-il une limite à l’Éthique ?
Lorsque je pose cette question : « y a-t-il une limite à l’Éthique ? », on me répond spontanément : « oui, et cette limite, c’est le comportement des autres ». On veut me dire par là que, malgré notre bonne volonté, malgré notre désir de nous investir pour une meilleure relation, si ceux qui sont en face de nous n’ont pas le même sens de l’Éthique et ne veulent pas « jouer le jeu », notre démarche va se retourner contre nous par la trahison de ceux à qui nous avons fait confiance. Par exemple, un directeur qui, au nom de l’Éthique et de la confiance, ne demanderait pas de rapport d’activité à ses collaborateurs - et que ceux-ci en profiteraient pour « tricher » et par là même être médiocres dans ce qu’ils font - pourrait à juste titre dire : « vous voyez bien qu’il y a une limite à l’Éthique ! ». A première vue, on peut penser qu’il a raison ; mais si l’on y regarde de plus près on s’aperçoit que sa réflexion et son ressenti ne sont que le fruit - conscient ou inconscient - d’une mauvaise analyse ou d’un alibi pour ne pas s’investir dans une vraie relation de confiance. En effet, si ce directeur avait bien compris la nature de l’Éthique, il saurait que sa démarche de ne pas contrôler l’activité de ses collaborateurs était une entorse à l’un des trois paramètres du « triangle du Cœur » - en l’occurrence, celui de l’intelligence de la décision - et que sa démarche relevait de l’utopie et de la naïveté.

CE EN IG LL TE IN

« On ne voit bien qu’avec le cœur L’essentiel est invisible pour les yeux »
Saint-Exupéry

EGO : Recherche de sa satisfaction propre INTELLIGENCE : Le bon sens, la raison de la décision AMOUR : Ma décision est-elle dans le Vrai, le Beau, le Bien et dans le don de moi-même

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EG O

AMOUR (le CŒUR)

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EG O

Croire qu’il y a une limite à l’Éthique, c’est entrer dans une certaine désespérance. En fait, le seul obstacle à l’Éthique, c’est notre propre ego, c’est notre incapacité à travailler notre dimension d’Amour ; et si nous reprenons notre « triangle du Cœur », si nous lui faisons subir une évolution en travaillant sur notre dimension d’Amour qui est liée au don de nousmêmes, notre ego s’en trouve sensiblement diminué et nous voyons sur les schémas de la page suivante que dans la logique de cette évolution, l’intelligence devient Amour et que notre ego se fond dans ces deux dimensions. Reprenons l’exemple de notre directeur : dans le souci sincère de développer sa dimension d’Amour, de faire gagner ses collaborateurs, d’être un soutien pour eux, de les écouter, il va créer des liens vrais et non superficiels de confiance qui feront que son équipe adhérera chaque jour un peu plus à ses demandes et même au-delà de ses espérances, à tel point que le contrôle « policier » deviendra inutile et ne subsisteront que les notions d’objectif et de performance ; il entrera alors dans une relation intelligente au sens profond du terme : l’intelligence du cœur. Sainte Thérèse de Lisieux disait que la mesure de l’Amour est d’aimer sans mesure ; on pourrait dire également que la limite de l’Éthique est d’être éthique sans limites. J’ai l’intime conviction que la bonté est la forme la plus accomplie et la plus achevée de l’intelligence.

Y A-T-IL UNE LIMITE À L’ÉTHIQUE ?
L ’Éthique n’est pas un absolu en soi mais le fragile équilibre d’une conduite à tenir dans un monde parfaitement imparfait. Notre comportement Ethique est lié à notre discernement.
E ENC LLIG INTE

Centre de gravité

IL N’Y A PAS DE LIMITE À L’ÉTHIQUE
Notre Ego est inversement proportionnel à notre dimension d’Amour. Plus nous inscrivons dans notre finalité la finalité des autres, plus nous développons l’Amour (« La mesure de l’Amour, c’est d’aimer sans mesure »), plus nous abaissons le centre de gravité de notre discernement vers notre dimension d’Amour. Centre INT de gravité EL LIG EN CE AMOUR Centre de gravité

EGO

AMOUR

EGO

INTE LLIG ENCE
AMOUR Centre de gravité

EGO

INTELLIGENCE
AMOUR

Dans l’Absolu, l’Amour devient Intelligence.

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NOS CINQ NIVEAUX D’INTELLIGENCE ET DE COMMUNICATION

Mieux se connaître
Haine Division Intelligence du Cœur La force de l’Amour Intelligence de conviction Conscience, Dimension religieuse, philosophique… Intelligence rationnelle Les sciences, Les pratiques Les méthodes, La technologie Intelligence émotionnelle Nos sentiments Nos sympathies Intelligence sensorielle Acuité de nos sens Don de soi Unité

Sectarisme Fanatisme Intolérance

Service Humanisme

Destruction Machiavélisme

Progrès Performance

Cynisme Domination Subjectivité Dépendance Excès

Sensibilité Compassion Objectivité Maîtrise Modération

L’intelligence, c’est notre capacité à : Enregistrer les informations (sensibilité), Observer (curiosité), S’approprier les informations et les observations, les relier entre elles (savoir), Intégrer cette connaissance dans nos réflexions, décisions ou actions (compétence).

Il est important de nous connaître, de savoir dans nos décisions, dans nos actions, quelle est la part de nous-mêmes qui a décidé. Souvent, nous nous manipulons à notre insu ; d’ailleurs, les publicitaires qui le savent bien usent et abusent de nos motivations inconscientes. Par exemple, lorsqu’ils nous proposent une voiture ou un parfum, le thème de leur message est à cent lieues de la réalité concrète et ils font surtout appel à nos émotions. Bien nous connaître, c’est savoir que nous avons plusieurs niveaux de communication : nous allons les aborder par ordre de subtilité. Le premier niveau, bien concret, bien physique, ce sont nos sens qui nous permettent de communiquer avec le monde qui nous entoure : nous entendons, nous parlons, etc, c’est notre intelligence sensorielle. Puis, nous avons notre deuxième niveau, nos émotions qui sont liées à nos sentiments, à notre sensibilité, à nos sympathies, nos antipathies ; ce sont la joie, la tristesse, la peur, etc., qui nous permettent de faire passer et de recevoir des messages importants. C’est toute notre dimension affective, c’est notre intelligence émotionnelle. C’est à ce niveau que se situe toute l’ambiguïté entre sentiment et Amour. L ’émotion est à l’Amour ce que l’instrument est à la musique : une caisse de résonance. Nos émotions sont de

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l’ordre de l’humain (sensibilité, sentimentalité). L ’Amour est de l’ordre du spirituel (les vertus, le Sens). Lorsque nous avons identifié cette distinction, la merveilleuse phrase de Teilhard de Chardin prend tout son sens : « Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine ». Plus subtil encore, nous avons notre troisième niveau, lié à notre intelligence rationnelle, notre capacité à relier les choses entre elles ; c’est la partie logique et raisonnable de notre cerveau. C’est notre ordinateur qui rassemble les données que nos autres niveaux lui fournissent, nous permet de mieux comprendre le monde extérieur et de communiquer de façon intelligente avec lui. Nous communiquons aussi par notre conscience qui forme nos convictions ; c’est le quatrième niveau qui nous différencie de l’animal, où interviennent les notions de « Bien » et de « Mal » et qui émet en nous des jugements de valeur sur le monde qui nous entoure et participe – consciemment ou inconsciemment – à notre communication. Ce sont nos a priori, nos tabous, nos préjugés mais aussi nos convictions, nos adhésions, etc, c’est notre intelligence de conviction. Enfin, intervient ce cinquième niveau qui est notre Mystère, c’est notre intelligence du cœur, que les déterministes relient à notre expérience ; mais en fait, ce niveau est le lien invisible avec cette force mystérieuse qu’est l’Amour et qui nous fait « partie » d’un tout. C’est le « carburant » qui va alimenter tout notre être. Celui qui a compris que son bonheur, sa construction, son épanouissement, ne pouvaient que passer par l’appropriation de cette énergie Amour, celui-là possède la véritable « richesse intérieure » ou « beauté intérieure » qui lui permettra d’accéder au bonheur. À travers ces quelques propos, on mesure l’importance de la Pédagogie de l’Amour pour acquérir cette intelligence du cœur et prendre la voie du développement personnel pour nous optimiser dans nos talents.

La Beauté intérieure
C’est notre capacité à donner du Sens à notre vie, à l’inscrire dans le Service et le Don de soi. C’est notre capacité à vivre les vertus dérivées des forces d’Amour (loyauté, générosité, bonté…). C’est notre capacité à maîtriser nos instincts les plus primaires. Le désir d’être aimé conduit chacun d’entre nous à séduire, à plaire, et notre investissement est total en ce sens. Pour les plus courageux, c’est la gymnastique au quotidien ; pour les plus argentés, ce sont les dépenses vestimentaires ; pour les plus volontaires, c’est le régime alimentaire ; sans parler de tous les produits cosmétiques qui valorisent notre physique. Apparemment, tout cela est très bien ; ne nous en plaignons pas. Mais posons-nous honnêtement la question : quelle est la véritable beauté qui nous fera créer ce lien de séduction avec ceux qui nous entourent ? Est-ce notre beauté extérieure ou notre beauté intérieure ? La réponse est évidente. Que faisonsnous pour alimenter cette beauté intérieure ? Nous nous contentons souvent de « limiter la casse » pour ne pas paraître trop moche. Mais nous en restons au niveau de la forme ! Et

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sur le fond, que faisons-nous ? Rien ! Par ignorance. Parce qu’en fait, c’est en nourrissant au quotidien notre dimension d’Amour que nous pourrons espérer atteindre cette beauté intérieure. Revenons-en à nos cinq niveaux de communication : sontils également alimentés ? Rendons-nous à l’évidence que non ! Il suffit d’aller dans un rayon d’hypermarché ou de regarder la publicité pour constater combien nos sens sont sollicités : c’est une surenchère pour faire appel à nos instincts les plus primaires. Au niveau des émotions, à la télévision comme au cinéma et dans la presse en général, on nous offre du sensationnel, du passionnel, du suspens, de l’extrême, du sentimentalisme, des valeurs liées à la réussite sociale, à la notoriété… Le niveau de l’intelligence est, lui aussi, bien nourri ; nous sommes tous plus ou moins curieux de savoir le pourquoi des choses. Aujourd’hui non seulement la durée des études a augmenté, mais c’est durant toute notre vie que nous sommes amenés à actualiser nos connaissances ; et c’est tant mieux : cela participe au progrès. Ce qui est dommage, c’est que nous raisonnons de plus en plus comme des ordinateurs et que le rationnel a pris le pas sur l’irrationnel. Quant aux niveaux liés à nos convictions et à notre dimension d’Amour, ils sont très rarement sollicités. Ce déséquilibre est déstabilisant ; il crée un mal être, un mal de vivre ; nous essayons alors d’y pallier de différentes manières ; pour certains il s’agira de manger du chocolat ; pour d’autres, il s’agira d’évacuer le stress par la cigarette ; plus graves viennent les antidépresseurs (69 % des Français en utilisent ou en ont utilisé), l’alcool, la drogue… qui ne font qu’amplifier nos déséquilibres. Nous devons donc faire en sorte de rééquilibrer l’alimentation de nos cinq niveaux en diminuant ce qui est à l’évidence trop sollicité (nos sens et nos émotions) et en augmentant ce qui l’est peu (nos convictions et

notre dimension d’Amour). Notre beauté et notre force intérieures passent par là. Voici douze pistes pour nous approprier l’Amour et faire de notre vie un « Je t’aime » : Première piste : donner du Sens à ce que nous aimons et savons faire. Dans nos loisirs comme dans notre travail recherchons en quoi nous pouvons apporter aux autres. En un mot, donnons du Sens à notre vie. Deuxième piste : nous investir volontairement dans des démarches solidaires : il y a mille choses à faire en la matière, à titre personnel ou par le biais d’associations. C’est pour cela que certaines entreprises – comme Ford par exemple – invitent leurs salariés à s’investir dans des associations caritatives : en retour elles y gagnent en performance et en convivialité Troisième piste : nous adonner à un art (la musique, le chant, etc.) qui nous fera communiquer avec le Beau, le Vrai. C’est loin d’être du temps perdu ; c’est un moment privilégié de ressourcement où nous pouvons libérer le meilleur de nousmême Quatrième piste : lire les biographies des grands hommes (Saint-Exupéry, Mère Térésa, Gandhi, Pierre et Marie Curie, de Gaulle, Martin Luther King, etc.). Ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont dit, nous font passer des messages très forts : sachons nous les approprier. Cinquième piste : prendre le temps de nous poser des questions sur la spiritualité, le Sens de notre vie, nos Valeurs, l’existence de Dieu, d’en parler autour de nous. Mais attention aux sectes qui guettent souvent les personnes en recherche. Sixième piste : identifier avec sincérité nos « entorses » au quotidien à la loi d’Amour. Septième piste : savoir regarder la nature, le monde animal, découvrir leurs merveilles ; un ciel étoilé est un spectacle grandiose auquel personne ne reste insensible.

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Huitième piste : le sport est une fantastique école de courage, de dépassement de soi, de rigueur, de fair-play, d’amitié. Neuvième piste : se ménager des temps de méditation, voire de prière pour ceux qui croient, prendre du recul. Dixième piste : se protéger des messages « polluants » et des personnes négatives. Le choix de nos lectures, des films, des émissions de TV n’est pas neutre : il va conditionner notre appropriation de valeurs plus ou moins positives. Le choix de nos fréquentations et de nos amis va également considérablement influencer notre comportement. Onzième piste : prendre du recul face à nos émotions : elles sont la meilleure et la pire des choses ; elles nous permettent d’être plus sensibles aux messages autour de nous ; mais si nous ne les maîtrisons pas elles peuvent nous entraîner dans des erreurs regrettables. Douzième piste : avoir un bon équilibre de vie. Les excès en tout ne favorisent pas la sérénité dans nos décisions. Ce « menu » est à la carte. À chacun de trouver la ou les pistes qui lui conviennent, ce n’est pas en combattant par la volonté nos défauts que nous progresserons ; nos points faibles s’estomperont progressivement si nous développons ’enjeu, c’est le potentiel d’Amour que nous avons en nous. L de vivre debout. L’enjeu, c’est de choisir entre être une « coquille de noix » baladée au gré des vagues, des vents, des courants, ou au contraire être une « embarcation » solide où nous aurons mis une voile, une quille, un gouvernail, qui fera de nous une personne responsable, équilibrée, un recours pour ceux qui en ont besoin, un guide pour ceux qui sont perdus et un espoir pour ceux qui doutent. N’est-ce pas la plus belle ambition que nous puissions avoir dans notre vie ? L ’enjeu, c’est aussi être libre. C’est la liberté de l’Homme qui fait sa grandeur, son espérance. Sa liberté n’est pas extérieure, mais intérieure. Elle réside dans sa pensée, sa

capacité à s’approprier des valeurs positives et à rejeter des pensées négatives, voire destructrices. Son bonheur est lié à cette liberté, il est accessible à tous au-delà du potentiel physique et intellectuel de chacun. Nous sommes tous à la recherche du bonheur et par là même « orphelins » d’un Absolu. Nous pensons naïvement que le bonheur est une route droite, sans histoire : une bonne santé, le conjoint idéal, la réussite professionnelle… En fait, ce cliché que nous avons tous plus ou moins dans la tête, est faux. Faux, parce que, vu sous cet angle, le bonheur n’existerait pas ; faux parce que cela voudrait dire que les gens vivant des difficultés n’auraient pas droit au bonheur. Mais sans être un fin observateur, nous voyons bien dans le monde qui nous est proche que l’équilibre et le rayonnement des gens ne sont liés ni à leur santé ni à leur rang social. Le bonheur est ailleurs, il est dans notre intérieur, c’est notre capacité à vivre positivement toutes les difficultés, à dire oui à la vie. Or, pour ceci, nous devons être unifiés dans notre être, ordonné dans notre esprit et avoir fait de l’Amour notre quête. Quel que soit l’univers dans lequel nous évoluons, nous avons toujours un « espace » pour vivre l’Ethique ; si ce n’est sur le fond, ce sera au moins sur la forme. Nous avons tous une très belle histoire d’Amour à vivre, nous sommes tous une très belle histoire d’Amour.

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« TU SERAS UN HOMME, MON FILS… »
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, Si tu peux aimer tous tes amis en frère, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront ; Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis, Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire, Tu seras un homme, mon fils. Rudyard Kipling

Troisième Partie

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

“Le plus grand défi n’est pas seulement dans les institutions, il est d’abord dans les esprits”
Joseph STIGLITZ professeur d’économie

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« Nous sommes tous unis. Le sort de l’humanité entière dépend des relations de chacun avec les autres. Jamais nous n’avons à ce point dépendu les uns des autres. Mais nous ne le comprenons pas. L’homme échoue à devenir un être doué de compassion, il est incapable d’entraide. Si nous persistons dans cette attitude qui exige que nous considérions notre voisin comme notre premier ennemi, si nous continuons à éveiller la vengeance et la haine, à polluer notre monde et nos pensées, cela veut dire que nous n’avons rien appris des grands maîtres, ni de Jésus, ni du Bouddha, ni de Moïse*. Et si nous ne corrigeons pas ces réflexes pavloviens, nous serons impuissants à affronter cette époque où l’humanité s’acharne encore et toujours à exploiter, à vaincre, à exercer la tyrannie. A amasser le plus possible, sans se soucier de ce qui suivra. Et à vivre aux dépens de ceux qui n’ont ni recours ni ressources… Il faut partager avec ceux qui ne nous ressemblent pas car leur différence nous enrichit. Il faut respecter ce qui est unique chez les autres ».
Yehudi MENUHIN, La rencontre

L’état des lieux
Ce merveilleux texte de Yehudi MENUHIN introduit tout à fait le Développement Durable. Nous ne pouvons pas comprendre ce concept et encore moins y adhérer si nous ne connaissons pas les dysfonctionnements de la planète et les problèmes à venir que cela suppose tant sur le plan humain et sociétal qu’environnemental et économique. • Démographie D’ici 2050 la population devrait augmenter de 50 %. Cela veut dire que nous serons plus de 9 milliards d’habitants et que 85 % de la population vivront dans les pays en développement. • Accès à l’eau potable 1,3 milliard d’hommes (soit un habitant sur cinq) n’ont pas accès à l’eau potable. 2,5 milliards sont privés d’installations sanitaires. L ’eau contaminée tue chaque année 5 millions d’habitants. En 2050 il est à prévoir que 2 à 7 milliards de personnes seront concernés par la pénurie d’eau. • Malnutrition Selon le rapport annuel de la FAO (Food Agriculture Organisation) 815 millions de personnes sont sous-alimentées dont 200 millions d’enfants. Toutes les cinq secondes, un enfant meurt des conséquences de la faim et de la malnutrition.

* Il aurait été bon de rajouter Mahomet.

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• Accès à la santé 17 millions d’hommes meurent chaque année de maladies infectieuses parfaitement évitables, faute de médicaments que les pays riches savent fabriquer et pourraient livrer (cela équivaut à quinze tours jumelles qui s’écrouleraient chaque jour ! Mais celles-ci ne font pas de bruit). Et c’est avec la complicité de tous. • Accès à l’éducation 20 % de la population mondiale de plus de quinze ans est analphabète dont 98 % dans les pays du sud. • Catastrophes naturelles Dans les années quatre vingt dix le coût des catastrophes naturelles a été multiplié par dix. Le réchauffement de la terre, les politiques d’aménagement, la déforestation sont suspectés d’en être à l’origine. • Pollution et catastrophes industrielles 6 millions de tonnes d’hydrocarbure sont déversés chaque année dans les océans. 2,5 millions de tonnes de pesticides sont utilisés pour l’agriculture intensive. • Mers et Océans 74 % des prises de poisson sont considérées comme une surexploitation du milieu maritime. • Désertification Chaque année une superficie équivalente à celle de la Belgique est atteinte par la désertification, principalement dans les régions subtropicales. • Forêts Depuis les années 90 on estime à environ 9,4 millions

d’hectares la perte annuelle des surfaces forestières. La surexploitation des bois précieux tropicaux est due à la pauvreté des pays qui n’ont pas d’autres ressources. 9 % des espèces d’arbres sont en voie de disparition. • Biodiversité L ’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) estime que 24 % des espèces de mammifères et 12 % des espèces d’oiseaux sont menacés. • Changements climatiques La température moyenne a augmenté de 4° en vingt ans dans les régions de l’Alaska, la Sibérie et le nord du Canada. L ’épaisseur des glaces qui entourent les mers dans ces régions a diminué de 40 % et leur surface de 6 % depuis 1980. • Surconsommation et déchets Chaque jour nous consommons avec nos usines, nos voitures, nos maisons, nos centrales énergétiques, nos exploitations agricoles, une quantité d’énergie que la planète a mis 10 000 ans à créer. Seuls 20 % des déchets actuellement produits dans le monde sont l’objet de traitement. • Environnement urbain En 2025, la population des villes aura doublé : elle atteindra 5 milliards de personnes. • Consommation et production énergétique On pense que dans soixante ans les réserves pétrolières seront épuisées. Or, aujourd’hui, les énergies vertes ne représentent que 20 % de la consommation mondiale de l’électricité et encore, plus de 90 % de cette énergie sont hydrauliques (biomasse 5,5 % ; géothermie 1,5 % ; éolien 0,5 % ; solaire 0,05 %).

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• Agriculture En 2025, il faudra augmenter de 40 % la production de céréales pour répondre aux besoins alimentaires. • Transports Les transports aériens et terrestres consomment 1/4 de l‘énergie mondiale et cette consommation augmente de 5 % par an dans les pays en développement. Depuis la seconde guerre mondiale le nombre de véhicules sur les routes est passé de 40 à 700 millions. On en prévoit un milliard en 2025. • Communications Les Etats-Unis et le Canada réunissent plus de 65 % des serveurs disponibles sur la planète (l’Europe 22 % et l’Afrique 0, 23 %). • Inégalités et pauvreté Un milliard de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour et 2,4 milliards avec moins de 2 dollars. A l’autre extrémité, 80 % de la richesse mondiale est détenue par 15 % des habitants des pays les plus riches. Le revenu des 80 plus grandes fortunes représente les revenus de plus de 1 milliard de personnes. En France, 1 % des ménages détiennent presque la moitié du patrimoine en action du pays. 5 % de la population mondiale (dont la moitié aux Etats-Unis) ont entre leurs mains la quasi totalité de la richesse boursière de la planète (31 000 milliards de dollars). Pendant la dernière décennie, les 5 % les plus pauvres de la planète ont perdu 25 % de leurs revenus alors que les revenus des 5 % les plus riches ont augmenté de 12 %.

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Définition et historique
Définition Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures de répondre aux leurs (rapport Brundtland 31.12.1987)

Suivant sa sensibilité chacun s’approprie le développement durable dans un équilibre différent. Pour les pays riches, la priorité du DD c’est la protection de l’environnement et le souci de donner à nos enfants et petits enfants une planète qui réponde à leurs besoins et à leurs attentes. Pour les pays pauvres, la priorité du DD c’est l’éradication de la pauvreté, l’accès de tous aux médicaments, à la nourriture, à l’éducation… Pour les entreprises, la priorité du DD c’est se donner les moyens financiers pour plus de progrès, de recherche … Historique 1968 : création du Club de Rome et remise en question de la croissance. 1972 (21 juin) : Conférence de Stockholm ; sous l’égide de l’ONU cette conférence qui réunit 105 pays adoptera 24 principes concernant la protection de l’environnement. 1992 (3 et 4 juin) : Sommet de la planète à Rio. Naissance médiatique du concept de développement durable. Moment historique pour l’humanité ; 178 pays, 110 chefs d’Etat et de gouvernement et 650 ONG accréditées ont affirmé leur volonté de s’investir pour le développement durable de la planète. De ce fameux sommet sont sortis : • La Déclaration de Rio (www.agora21.org), ensemble de 27 principes définissant les droits et les responsabilités des Etats en matière de développement durable. •L ’Agenda 21, ensemble de 40 chapitres qui traitent de tous les domaines d’activité et préconisent de réconcilier l’économie et l’homme. On en retrouve le texte intégral en français sur le site www.un.org/french/ga/ special/sids/agenda21/. Ce document est une référence d’action incontournable pour les Etats, les collectivités locales, les associations et le entreprises.

Les 3 piliers du développement durable (les 3 P) Personnes - Planète - Progrès
Progrès Economie au service de tous

Développement durable

Personnes Droit pour tous à une vie décente

Planète Préservation de l’environnement et de la planète

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1997 : Sommet de Kyoto CHRONOLOGIE DU PROTOCOLE DE KYOTO
1990 : premier rapport d’un groupe d’experts qui constate que l’humanité modifie le climat par ses émissions de gaz à effet de serre (GAS) 1992 : au sommet de la Terre à Rio, convention sur les changements climatiques. 1997 : Protocole de Kyoto ; engagement des pays développés à réduire leurs émissions de CO2 de 5,2 % en 2012 par rapport à 1990 Mars 2001 : Georges W. Bush annonce qu’il ne ratifiera pas le Protocole de Kyoto Juillet 2001 à Bonn : malgré l’opposition des Etats-Unis, la communauté internationale maintient le Protocole de Kyoto Novembre 2004 : adhésion de l’URSS au Protocole de Kyoto Février 2005 : entrée en vigueur du Protocole de Kyoto. Mise en place de quotas et d’un marché de droits à polluer (40 la tonne). Décembre 2005 : à Montréal, les Etats-Unis adhèrent au Protocole de Kyoto mais sans engagement chiffré. Décembre 2007 : conférence de Bali. 180 pays réunis contre le réchauffement climatique (dont les pays en développement qui représentent 50 % des émissions en CO2) préparent le traité qui succédera au Protocole de Kyoto : le Protocole de Copenhague en 2009. CONSTAT 20021 Loin de respecter leur engagement qui était de réduire de 5,2 % leurs émissions de gaz à effet de serre, les états signataires du sommet de Kyoto les ont augmenté de 16,4 % : Emissions de CO2 exprimées en millions de tonnes Etats-Unis 1990 : 4843/2002 : 5652, soit + 16,7 % alors que l’engagement était de -7 Europe 1990 : 3115/2002 : 3207, soit + 3 % alors que l’engagement était de -8 Chine 1990 : 2289/2002 : 3307, soit + 44,5 % pas d’engagement Russie 1990 : 2023/2002 : 1503, soit – 25,3 % pas d’engagement Et cela ne tient par compte des émissions de gaz à effet de serre pour l’habitat et les transports qui, à eux deux, représentent plus de 55 % ! A remarquer la baisse notable de la Russie due à une activité économique très réduite.
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1999 : à Davos, création de Global Compact par Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, structure de partenariat entre l’ONU et les entreprises. 2001 (15 mai) : La loi française dite NRE (Nouvelle Régulation Economique) qui oblige toutes les entreprises françaises cotées au second marché d’émettre un rapport annuel sur les conséquences de leur activité en matière sociale, sociétale et environnementale. 2001 (juillet) La Commission des Communautés européennes a présenté le livre vert intitulé « Promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises ». Ce document est destiné premièrement à amorcer le débat sur le concept de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et deuxièmement à définir les moyens de construire un partenariat permettant l’élaboration d’un cadre européen pour la promotion de ce concept. 2001 (9-13 novembre) : Conférence de Doha au Qatar organisée par l’OMC où des accords importants ont été signés entre autres sur l’agriculture et la mise à disposition des médicaments génériques pour les pays en voie de développement. De cette conférence est sortie la fameuse « déclaration de Doha » qui fait encore référence aujourd’hui. 2002 : Sommet de Johannesburg. Il a renouvelé les engagements pris dix ans plus tôt à Rio. 2005 : Charte Française de l’environnement. Le 28 février, les parlementaires réunis en congrès à Versailles ont adopté à une très large majorité la charte de l’environnement qui est désormais adossée à la Constitution de la Vème République.

Source : IEA

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2007 (octobre) : Grenelle de l’environnement. Après cinq mois de concertations impliquant plus de 90 000 personnes, le Grenelle de l’environnement a rendu sa feuille de route ; plus d’une vingtaine de plans d’action concernant le bâtiment, les transports, l’énergie, la fiscalité écologique, la santé, l’agriculture, la nature, la biodiversité, les déchets… doivent être traduits en une loi.

Les principaux acteurs du Développement Durable
• La BANQUE MONDIALE Créée en 1944, sa vocation est d’accorder des prêts pour favoriser le développement économique des pays et principalement des pays pauvres. Chaque année, le montant total des prêts accordés est de 20 milliards de dollars. Son siège est à Washington. On ne peut pas parler de la Banque Mondiale sans mentionner la polémique sur les ajustements structurels. Ce terme désigne l’ensemble des remèdes d’inspiration libérale imposés par la Banque Mondiale aux pays emprunteurs pour assainir leur situation économique. Souvent ces mesures ne prennent pas en compte les conséquences sociales dramatiques pour les pays concernés et c’est, à juste titre, que ces mesures sont fortement critiquées. Par exemple : *L ’abaissement des droits de douanes * La réduction du déficit public * La hausse des taux d’intérêts * Etc. • L OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ’ Née à Marrakech le 15 avril 1994, elle est issue du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Son objectif est de contribuer au relèvement du niveau de vie, de faire des efforts

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pour que les pays en développement participent à la croissance du commerce international et par là même assurent leur développement économique. Son siège est à Genève. • L’OIT (Organisation Internationale du Travail) Fondée le 11 avril 1919, elle fait partie intégrante de l’ONU et son siège est à Genève. Son objectif est de promouvoir la justice sociale pour les travailleurs du monde entier. • L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) Créée en 1946, son siège est à Genève. Son but est d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. • L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) Créée en 1961, son siège est à Paris ; elle a pour mission de créer et de développer la politique économique et sociale de ses Etats membres (des pays européens, le Mexique, l’Australie et les Etats-Unis). • Le GLOBAL COMPACT Créé en 1999 sur une proposition de Kofi Annan, il a pour but de favoriser des partenariats entre l’ONU et les entreprises. Son siège est à New York. • WBCSD (World Business Council for Sustainable Development) Association créée en 1991 comportant 178 multinationales, ayant pour objectif d’accompagner les entreprises dans leur démarche de développement durable. • L’ISO (du grec «isos» qui signifie «égal») C’est le plus grand organisme de normalisation au monde. Il a pour activité principale l’élaboration de normes techniques mais aussi avec d’importants aspects économiques et sociaux. Son siège est à Genève. A ce jour il a édité plus de 10 000 normes…

telles que la norme ISO 9000 (management de la qualité) ou la norme ISO 14001 (management environnemental). En préparation et opérationnelle en 2008/2009, la norme ISO 26000 sur la responsabilité sociale, sociétale et environnementale des entreprises. •L ’AFAQ (Association Française pour l’Assurance de la Qualité) Créée en 1988, l’Association Française d’Assurance Qualité (AFAQ) est une association membre de l’organisation internationale de normalisation (ISO), certifiant les entreprises. Cet organisme à but non lucratif rassemble des grands acheteurs, des fournisseurs et des experts techniques, essentiellement dans le milieu industriel. La certification accordée est une certification ISO, qui concerne le système qualité mis en place dans l’entreprise et a pour objet d’assurer la confiance des clients envers la façon dont travaille l’entreprise. En 2008, c’est plus de 65 000 sites certifiés dans 90 pays représentant plus d’un million et demi de personnes. Contact : www.afaq.org •L ’AFNOR (Association Française de Normalisation) Créée en 1926, son métier est la normalisation. Sa norme la plus connue est NF environnement. ••• On ne peut parler de normes sans citer : La SA 8000 créée en 1997 qui concerne la responsabilité sociale de l’entreprise par rapport au droit du travail. L ’OHSAS 18001 qui concerne l’amélioration de la maîtrise des risques pour la santé et la sécurité dans le travail. La FSC (Forest Stewardship Council) norme créée en 1993 à l’initiative de WWF concernant la protection des forêts.

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2002, Sommet mondial du développement durable, Johannesburg

Responsabilité Sociétale des Entreprises

Performance économique, sociale et environnementale

consommateurs

••• • Les ONG (Organisation Non Gouvernementale) Même si certaines se disent « globales », nous pouvons classer les ONG en trois grandes catégories : Les ONG a vocation principale humanitaire ou urgentiste dont la mission essentielle est d’apporter une aide dans tous les domaines aux personnes en difficulté ; c’est le cas par exemple du CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement), de Terre des Hommes, de CARE ou d’OXFAM, Amnesty International, Handicap International, Les Restos du Cœur, etc. Les ONG à vocation principale écologique dont la mission essentielle est de préserver le capital nature de la planète ; elles sont des sentinelles, des combattantes et l’évolution a fait qu’elles sont devenues des accompagnantes pour les entreprises ou collectivités afin de préserver les ressources et les espèces de notre terre. Les plus connues sont WWF, Greenpeace, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, etc. Les ONG à vocation principale économique dont la mission essentielle est de « peser » sur le système économique pour qu’il soit plus juste. Dans la logique de leur mission elles auront tout naturellement un caractère plus ou moins politique. Nous ne devons pas le leur reprocher puisque l’organisation de l’économie est liée aux différents courants de pensée. Les principales sont ATTAC, Max Havelaar, L ’Ethique sur l’étiquette, etc.

1992, Sommet de la Terre, Rio

1987 Commission Brundtland

1990

halte à la croissance et protection de l’environnement

développement durable

1997, Rio +5

La HQE (Haute Qualité Environnementale) Association française créée en 1996 et qui regroupe tous les acteurs du bâtiment dans le but de développer la qualité environnementale des bâtiments de manière concertée.

écodéveloppement

1972, Conférence des Nations Unies sur l’environnement Stockholm

1970

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évolution des concepts

Nathalie LOURDEL Docteur en sciences et génie de l’environnement

évolution des acteurs

scientifiques et ONG

1980

gouvernements, nations entreprises

2000

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citoyens

La MSC (Marine Stewardship Council), norme concernant la protection des espèces marines créée en 1997.

Les Fonds communs d’investissement Ethiques
Nous distinguons trois générations de fonds communs d’investissement Ethiques : 1. La première génération que nous appelons aussi fonds d’exclusion, née en 1920 aux USA à l’initiative des Quakers (groupement religieux protestant) qui refusaient d’investir dans les « valeurs du péché » (alcool, tabac, armement,…). 2. La deuxième génération appelée fonds socialement responsables, nés aux Etats-Unis en 1970 dans le souci de promouvoir des entreprises se distinguant par leur volonté de vivre des valeurs sociales, sociétales et environnementales. 3. La troisième génération que nous pourrions appeler fonds Ethiques de développement durable ou ISR (Investissement Socialement Responsable), nés dans les années 1990-2000 et qui prennent en compte la performance économique de l’entreprise en plus de ses performances sociales, sociétales et environnementales. Le développement des fonds Ethiques a généré des indices boursiers de fonds Ethiques.

Le premier créé fut le DSI 400 (Domini Social Index) en 1990 et regroupe 1600 entreprises. Il fut suivi en 1999 par le DJSGI (Dow Jones Sustainbility Global Index), version Ethique du célèbre indice « Dow Jones ». Pour qu’un fonds de placement soit considéré comme Ethique, il doit, entre autres, réaliser un audit Ethique sur les entreprises dans lesquelles il a investi. C’est la raison pour laquelle on a vu naître des Sociétés d’évaluation Ethique. La plus connue en France est Vigeo (www.vigeo.com) dont l’actionnaire principal est la Caisse des Dépôts et Consignation. Au capital de cette société, nous retrouvons des organisations syndicales et un collège de grandes entreprises qui, dans les statuts, ne doivent jamais dépasser les 45 % du capital.

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Le Microcrédit
L’année 2005 a été déclarée année internationale du microcrédit. Le principe du microcrédit est de prêter de l’argent à des conditions avantageuses aux plus démunis qui sont totalement rejetés par le système bancaire classique faute de garanties réelles de remboursement ou d’apports personnels suffisants. Mohammed Yunus (1940), Prix Nobel de la Paix 2006, professeur d’économie aux USA dans les années soixante, brillant économiste du Bangladesh, est à l’origine du microcrédit avec la création en 1978 de la Grameen Bank (la banque des pauvres). En 2008, cette banque compte plus de 7 millions de clients, son système de microcrédit est désormais reconnu comme un outil majeur en matière de lutte contre la pauvreté et s’est répandu avec succès dans plus de 56 pays. « Tous les hommes sont capables de se prendre en main, de faire preuve d’imagination et d’esprit d’entreprise à condition qu’on leur fasse confiance » (…) « Ce n’est pas l’argent qui sauve mais la confiance et la solidarité, la fraternité »… explique le professeur Yunus. Aujourd’hui, le microcrédit concerne 70 % des femmes et son taux de recouvrement est de 98 %. C’est l’un des meilleurs du secteur bancaire. Ce concept a été importé en France en 1989 par Maria Nowak qui a créé l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) association reconnue d’utilité

publique qui prête des petites sommes d’argent pour aider à la création d’entreprise. Maria Nowak nous dit « 18 % de nos clients savent à peine lire et écrire, 21 % ont suivi des études universitaires, ils ne montent pas les mêmes projets mais réussissent aussi bien les uns que les autres ; ce qui prouve que l’esprit d’entreprise est une sorte de don… ». A la veille de ses 20 ans, Adie a permis la création de 44 170 entreprises et de 53 000 emplois. Avec 5 millions d’exclus bancaires, il y a en France un marché d’avenir.

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1997 : les trois labels internationaux du commerce équitable (Max Havelaar, Transfair, Fairtrade) s’unissent dans FLO international (Fairtrade Labelling Organization International : Organisation Internationale de labellisation du Commerce Equitable) et adoptent un logo commun. 2006 : Un projet est en cours avec l’AFNOR pour officialiser des critères liés à l’appellation « commerce équitable ».

Le commerce équitable
L ’alinéa 3 de l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme stipule : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant, ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tout autre moyen de protection sociale ». C’est sur ce principe que repose le concept de commerce équitable qui est en rupture avec le commerce traditionnel au sens où il ne repose pas sur la sacro sainte loi de l’offre et de la demande mais sur les besoins des personnes pour vivre décemment de leur travail et de la vente de leurs produits. Principales dates du commerce équitable 1950 : OXFAM (Oxford Committee For Famine Relief) met en place un réseau pour développer l’importation de produits en provenance de pays pauvres. 1971 : De retour du Bangladesh, l’Abbé Pierre lance l’appel aux communes de France en les invitant à acheter des produits artisanaux par solidarité avec les Bangladais (Artisans du Monde). 1986 : Franz Van Der Hoff, prêtre ouvrier au Mexique, prend l’initiative de créer un réseau commercial basé sur la solidarité entre les pays les plus pauvres et les pays riches sous l’appellation du label Max Havelaar et crée l’UCIRI la première coopérative de commerce équitable. 1997 : Création de la PFCE (Plateforme Française du Commerce Equitable) composée de 28 membres acteurs.

Charte du commerce équitable CRITÈRES IMPÉRATIFS 1. Travailler d’abord avec les producteurs les plus défavorisés. 2. Refuser systématiquement toute forme d’exploitation humaine (critères de l’OIT : Organisation Internationale du Travail). 3. Contractualiser entre les différents partenaires des garanties portant sur un prix qui permet une juste rémunération des acteurs économiques qui prend en compte leurs besoins et ceux de leur famille, notamment en termes de formation, de santé, de protection sociale. 4. Favoriser des relations de partenariat durable. 5. Garantir la transparence dans le fonctionnement des différents partenaires. 6. Accepter le contrôle sur le respect de ces principes à chaque étape du processus. 7. Apporter au consommateur un produit de qualité et une information qui lui permettent un achat fondé et responsable. CRITÈRES DE PROGRÈS 1. Limiter au maximum les intermédiaires. 2. Valoriser les savoir-faire traditionnels dans le respect de l’environnement. 3. Favoriser les prises de décisions démocratiques.

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4. Si le travail des enfants est le « moindre mal », faire en sorte qu’il soit accompagné de formation et de scolarisation. 5. Encourager les producteurs à être compétitifs sur le plan économique. Les produits concernés par le commerce équitable Le café, le thé, le riz, le sucre, le chocolat, le cacao, la banane, l’ananas, la mangue, les avocats, les jus de fruits, la confiture, le miel, les épices, les fleurs, le coton (chaussettes Kindy, tee-shirt Celio et La Redoute).

Quatrième Partie

L’ENTREPRISE ET LE CAPITALISME
CONFUSION SEMANTIQUE Savamment entretenue pour des raisons de business
Commerce Bio Qui prend en compte la nature du produit (absence de produits chimiques) et son mode de production. Commerce Ethique Qui respecte les règles, les règlements, les codes et la loi. Commerce Solidaire (ou appellations similaires) Qui prend en compte la solidarité avec les plus démunis. Il est souvent associé à des ONG. Commerce Durable Qui prend en compte les critères du Développement Durable (social, sociétal et environnemental). Commerce Equitable Qui se donne des règles bien précises sur le social, sociétal et environnemental, entre autres la possibilité pour chacun de mener une vie décente et d’assurer l’éducation des siens (référence Max Havelaar). Ce dernier terme est de loin le plus représentatif d’un commerce juste ; il va d’ailleurs faire l’objet de critères officiels sur lesquels l’AFNOR travaille aujourd’hui.

“L’entreprise doit faire des profits, sinon elle mourra ; mais si l’on tente de faire fonctionner l’entreprise uniquement sur le profit, alors elle mourra aussi car elle n’aura plus de raison d’être”
Henri FORD industriel américain - 1863-1947

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Les dérives du capitalisme ou de l’économie de marché
Le système dérape. Ce constat est unanime à Droite comme à Gauche. Dans sa dernière interview télévisée, Nicolas SARKOZY a affirmé que « le capitalisme marche sur la tête ». Dans le JDD du 30 mars 2008, Nicolas HULOT affirme que « c’en est fini du libéralisme ». Dans le livre « L ’inconnu de l’Elysée » de Pierre PEAN, Jacques CHIRAC nous dit « je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme et qu’il conduira aux mêmes excès. L ’un comme l’autre sont des perversions de la pensée humaine ». Pourtant le système capitaliste est un bon système parce qu’il repose sur la compétition qui met chacun dans l’obligation de donner le meilleur de lui-même et participe au progrès. Alors, essayons de comprendre. L’ENTREPRISE MARGUERITE
Fou rnis seu rs ce ren cur Con

Dans ce schéma, nous avons la représentation de l’entreprise dans le concept de développement durable qui identifie ses parties prenantes (ou stakeholders). C’est la notion de RSE ou de gouvernance d’entreprise qui fait que, dans sa stratégie, l’entreprise doit prendre en compte l’intérêt de toutes ses parties prenantes. Cependant, dans ce schéma, il y a une anomalie difficile à trouver. Imaginons qu’à la finale de la dernière coupe du monde de rugby entre l’Angleterre et l’Afrique du Sud, les quatre arbitres aient tous eu un accident sans qu’on puisse trouver un remplaçant ; quelqu’un a l’idée géniale de prendre le joueur d’un des camps qui sera à la fois joueur et arbitre ; est-ce vraiment possible ? Difficilement, à moins que ce joueur ait vraiment beaucoup d’éthique et d’objectivité ! Et pourtant, cette anomalie, nous la vivons dans l’entreprise ! Nous avons une partie prenante qui est à la fois juge et partie. Vous l’avez compris, ce sont les actionnaires. Et voilà la source de toutes les pollutions tant la Fracture sociale que le Fossé Nord/Sud ou le réchauffement climatique… C’est dans cette logique que l’on parle de finalité financière de l’entreprise puisqu’elle est un instrument aux mains des actionnaires. Faute de pouvoir changer les règles du jeu pour remettre sur rail le système libéral, il y a donc urgence à comprendre que l’entreprise a d’abord une responsabilité sociale, sociétale et environnementale, que l’argent n’est pas une fin mais un outil et un moyen de sanction.

Cli ent s

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DIRECTION
Société civile
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Salariés Ac tio nn air es

Environnement

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J Mauvaise identification de la finalité de l’entreprise (elle est sociétale et non pas financière) J Diminution de l’autorité morale (manque de respect, peu d’adhésion) du chef d’entreprise qui tire la légitimité de son autorité d’un mandat donné par des personnes dont la seule motivation est le retour sur investissement J Spéculation polluante J L’homme considéré comme un moyen (délocalisations, licenciements abusifs) J Manque d’information et d’implication des salariés dans les décisions (sentiment d’être manipulé, démotivation voire agressivité) J Banalisation de l’opposition actionnaires/salariés (conflits récurrents entretenus de part et d’autre) J Aggravation des écarts de salaires (sentiment d’être exploité) J Peu de prise en compte des problèmes de société (discrimination) J Peu de prise en compte des problèmes environnementaux (pollution, éradication des espèces…) J Indifférence totale aux problèmes Nord/Sud (famine, pauvreté) J Egoïsme exacerbé des salariés (l’exemple vient d’en haut)

LES DÉRIVES DU CAPITALISME Effets pervers directs du fait que les actionnaires soient à la fois juge et partie

La finalité et les vocations de l’entreprise
Lorsque j’interroge les étudiants sur la finalité de l’Entreprise, les réponses sont invariablement les mêmes : elle est là pour gagner de l’argent, pour prendre des parts de marché, pour assurer sa pérennité… Et je peux mesurer combien la pollution des esprits est grande. Pour mieux comprendre la finalité de l’Entreprise, il est important de revenir aux sources des choses et de se poser la question du « pourquoi » de l’Entreprise. L ’Entreprise existe d’abord pour répondre à des besoins, des attentes, qui ne sont pas ou mal satisfaits : besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se déplacer, de communiquer, de se distraire, etc. Une entreprise, c’est aussi une volonté de plusieurs personnes de travailler ensemble, parce qu’elles ont compris qu’à travers cette collaboration, elles pouvaient optimiser leurs compétences, par la spécialisation des tâches, par une organisation rationnelle, par des moyens financiers, techniques, matériels, etc., plus importants. L ’Entreprise se doit également de créer des richesses sous toutes les formes : financières, matérielles, intellectuelles, etc. C’est la sanction de son existence. A ce sujet, « créer des richesses » ne veut surtout pas dire s’enrichir pour soi ou pour quelques-uns mais doit être pris au sens large du terme « créer

LES DÉRIVES DU CAPITALISME Effets pervers indirects du fait que les actionnaires soient à la fois juge et partie
J Surconsommation (pollution, gaspillage) J Dépendance grandissante au besoin de consommer (mode, je consomme donc je suis) J Culture de valeurs superficielles (le paraître, l’avoir, le moindre effort) J Terrorisme (humiliation des pays pauvres) J Immigration (afflux de personnes fuyant la pauvreté) J Fracture sociale (Rmistes, sans logis) J Délinquance (insécurité, banlieues) L’homme n’est pas fait pour l’entreprise, c’est l’entreprise qui est faite pour l’homme.

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des richesses pour ses collaborateurs, pour ses clients, pour ses actionnaires et pour la collectivité en général ». Des entreprises comme « La Poste », la « SNCF » ou d’autres, même si elles ne sont pas toujours bénéficiaires, contribuent largement à enrichir le pays par les moyens qu’elles lui donnent de mieux communiquer, circuler, etc. Dans la logique de répondre à des besoins et des attentes mal ou non satisfaits, l’Entreprise aura pour vocation d’innover en permanence ; c’est d’ailleurs une des conditions principales pour qu’elle se pérennise. Le rôle de l’Entreprise, c’est aussi de participer au bien-être collectif ; dans ce sens, l’Entreprise est citoyenne et elle a un devoir de solidarité avec le monde qui l’entoure. Cette affirmation semble évidente mais combien d’entreprises aujourd’hui refusent encore d’embaucher des handicapés ou autres personnes en difficulté pour ne pas se créer de problèmes ! Dans un autre domaine, combien d’entreprises, si la loi n’existait pas, veilleraient à ne pas polluer l’environnement par le rejet de leurs déchets, de leurs fumées, etc. ? Comment peut-on encore dire que la finalité de l’Entreprise est financière alors qu’à l’évidence elle est humaine ? J’ai une explication ; c’est la confusion qu’il y a entre la finalité de l’entreprise et les motivations personnelles pour la créer. Souvent, pour me mettre en porte à faux, les étudiants me disent : « votre discours est très gentil mais, quand vous avez créé votre entreprise, votre motivation était bien de gagner de l’argent ?! ». Cet argument fait mouche. Pour créer une entreprise une personne peut en effet avoir des motivations très différentes : • Rechercher un emploi • Vouloir se constituer un petit capital • Exploiter une idée originale qu’elle a • Vivre une aventure avec tous les risques que cela comporte • Rechercher la reconnaissance sociale

• Désirer l’indépendance • Vouloir être un acteur important et responsable de la société Toutes ces motivations plus ou moins nobles contribuent à donner l’énergie suffisante pour créer son entreprise. Mais là où le problème se complique, c’est qu’une fois chef d’entreprise, le fondateur conserve « les casquettes » de celui qui cherche un emploi, qui veut se constituer un capital, etc. Cependant, il est impossible d’être à la fois juge et partie. Il faut savoir faire la distinction entre les petites ambitions personnelles et la nouvelle responsabilité endossée, gérer en toute impartialité l’intérêt de toutes les parties prenantes de l’entreprise et inscrire la dimension humaine et sociale dans la finalité de son action. Paradoxalement, c’est en prenant conscience de cette responsabilité humaine et sociale qu’on crée les meilleures conditions pour garantir son emploi, sa situation financière et la réalisation de soi… Faute d’identifier cette finalité il se crée une confusion qui génère la pollution dans les esprits et participe aux dysfonctionnements de notre société. Autre idée fausse qui pollue l’Entreprise : croire qu’elle ne devrait jamais licencier et jamais fermer. C’est une malhonnêteté intellectuelle que de penser et dire cela. Nous sommes dans une économie de compétition ; qui dit compétition dit premier et dernier, et chacun d’entre nous, lorsque nous faisons nos courses dans un hypermarché, nous alimentons cette compétition économique parce que nos critères de choix – et c’est bien normal – sont la qualité, le service et le prix. Nous sommes tous heureux de trouver une marque qui nous offre un service, un produit de meilleure qualité que ce que nous avions auparavant ; en même temps, nous crions au scandale quand une entreprise licencie. Ce qui est à dénoncer dans les licenciements et dans les suppressions d’emploi est bien plus la forme que le fond. Il

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appartient au chef d’entreprise de faire en sorte que ces mesures difficiles, voire dramatiques, soient les moins douloureuses possibles : en anticipant, en accompagnant. C’est dans ce sens-là que l’enjeu du XXIème siècle est de passer d’une économie où l’Homme est au service de la performance et de la compétition, à une économie où la performance et la compétition seront au service de l’Homme. Quand cette finalité humaine est clairement inscrite dans l’esprit d’un dirigeant, elle génère des comportements, des décisions, des actions positives : c’est la confiance, la loyauté, le sens de la responsabilité, en fait tous les ingrédients qui ne peuvent qu’aider à la performance et à l’épanouissement de chacun. Lorsque le dirigeant d’une entreprise est « habité » uniquement par un souci d’enrichissement ou de promotion personnelle, cette « pollution » génère de sa part des comportements négatifs et il s’ensuit des dysfonctionnements graves tels que la manipulation, l’autoritarisme, le cynisme, le non respect de ses collaborateurs. Qu’on le veuille ou non, la finalité que nous donnons à notre action conditionne cette action. Nous ne mangeons pas la même chose si nous vivons pour manger ou si nous mangeons pour vivre. Pour bien faire comprendre mes propos, je poserai cette simple question : la finalité de l’armée, est-ce la paix ou la guerre ? Ce qui paraît évident pour l’armée, devrait un jour devenir évident pour nos entreprises. Tous les chefs d’entreprise, les dirigeants, ont plus ou moins compris que la dimension éthique avait sa place à part entière dans le management. Cependant il y a beaucoup de « mais ». On pense en effet globalement qu’une démarche éthique positive une action, une relation. Mais c’est loin d’être une conviction de fond ; ce sont surtout des convictions raisonnées et assorties de pas mal de précautions.

Pourtant, tout nous dit que Éthique et Performance s’auto confortent. D’ailleurs, on l’a très bien compris avec le client. Des « tonnes » de moyens sont mises en œuvre pour écouter les désirs de chacun d’eux, ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas ; on sonde même son inconscient pour savoir à quoi il va réagir. Et à juste titre, on est convaincu que plus on répond à ses attentes, plus on le fidélise ; ce qui va générer un volume de ventes important et par là contribuer à la performance économique ; et vice versa, plus l’Entreprise sera performante dans sa technique, son organisation, ses moyens financiers, plus elle sera à même d’apporter un produit, un service de haute qualité, qui comblera les attentes de ses clients. Dans la relation avec le personnel de l’entreprise on est encore loin d’avoir parfaitement assimilé ce phénomène de synergie entre écoute et performance ; pourtant, plus une entreprise se donne la peine d’écouter ses salariés dans le respect et la dignité qu’ils réclament, le dialogue, la confiance, plus ces mêmes personnes s’impliquent dans la performance, par leur disponibilité, leur imagination et leurs efforts redoublés ; et vice versa, plus une entreprise est performante dans sa dimension économique, financière, etc. plus elle est à même de répondre aux attentes de stabilité d’emploi, de rémunération, de conditions de travail, etc. De même, les entreprises qui ont inscrit l’Éthique comme réponse à leur responsabilité sociale et environnementale – le développement durable – ont en retour des retombées bénéfiques par : · la valorisation de leur image · un marketing adapté aux attentes · la fidélisation de leur clientèle · la réduction de leurs besoins en énergie · l’économie due à la réutilisation et au recyclage des déchets · davantage d’innovation

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Cette logique est incontournable mais elle demande du courage, du Sens et cette capacité à comprendre que la finalité d’une entreprise est humaine. Programme encore inaccessible à beaucoup. L’Entreprise vit en permanence une guerre, la guerre économique. Les coups pleuvent et ils sont loin d’être toujours loyaux. Beaucoup trouvent dans ce constat un excellent alibi pour donner libre cours à leurs instincts les plus négatifs. Sachons prendre conscience que si nous avons en effet le devoir de nous défendre, nous avons aussi le devoir de ne pas banaliser tous ces agissements qui vont à l’encontre de la dignité humaine et de ne pas faire sienne la devise « œil pour œil, dent pour dent ». IMPORTANCE POUR L ’ENTREPRISE DE PASSER DE LA NOTION D’ACTIVITE A CELLE DE MISSION Le changement de paradigme remplaçant la finalité financière par la finalité humaine induit une notion de mission, des approches et des attitudes nouvelles, toutes bénéfiques pour l’entreprise : • Comprendre que l’entreprise a une mission, c’est lui donner une âme, une dimension spirituelle, c’est lui donner des fondements inaltérables qui garantissent sa longévité et l’appropriation d’une culture forte. • Avec la notion de mission l’entreprise n’est plus là pour vendre un produit mais pour apporter un service. En terme de marketing et de communication, cela change considérablement les choses. • La notion de mission permet à chaque collaborateur de se sentir fier de son travail, fier de son entreprise et par là même de se réaliser complètement. • La notion de mission implique que l’entreprise se responsabilise vis-à-vis de toutes ses parties prenantes et

passe progressivement d’un rapport de force à un rapport de solidarité et de partenariat. • La notion de mission induit que chaque service de l’entreprise prenne en compte sa responsabilité sociale, sociétale et environnementale ; c’est la notion d’économie d’énergie, de recyclage du produit, de conditions de travail, etc. • La notion de mission permet aux dirigeants de mieux prendre conscience de leur devoir de service (à la place d’être servis) et d’humilité. • La notion de mission permet à l’entreprise de rassembler tous ses acteurs au-delà de leurs différences sur des valeurs humaines de respect, de tolérance, de dignité. • La notion de mission fait comprendre que les salariés sont la première richesse de l’entreprise et que tout doit participer à leur bonheur et à leur épanouissement personnel. • La notion de mission fait comprendre que les représentants du personnel sont des partenaires importants qui doivent être traités loyalement. • La notion de mission fait comprendre que la planète est aussi le village dans lequel l’entreprise est responsable.
Les 14 effets vertueux pour l’entreprise de l’éthique et du développement durable
T Amélioration de l’image de l’entreprise et de la valeur de sa marque T Anticipation des contraintes écologiques T Prévention des risques juridiques (abus de biens sociaux, etc.) T Prévention des risques sociaux (conflits, grèves, etc.) T Réduction des coûts (économie d’énergie et recyclage) T Incitation à l’innovation (qualité, service, valeur ajoutée) T Apport différentiel sur le marché T Fidélisation de la clientèle de l’entreprise T Meilleure incitation à investir pour les actionnaires (fonds éthiques) T Meilleure motivation des salariés (fierté de l’entreprise) T Développement de la culture de responsabilité des Managers T Meilleure communication interne et externe (transparence) T Meilleur recrutement T Performance économique et financière

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LES 7 VOCATIONS DE L ’ENTREPRISE
1) Répondre à des besoins et des attentes 2) Fédérer des hommes 3) Optimiser des compétences 4) Innover (Le Progrès) 5) Créer des richesses 6) Participer à la bonne organisation de la société 7) Construire l’Homme

DEUX IDÉES FAUSSES QUI POLLUENT L’ENTREPRISE

L’entreprise a pour finalité de gagner de l’argent

FAUX
L’argent est un moyen, la finalité de l’entreprise, c’est l’Homme.

VRAI
Les licenciements sont systématiquement « anti-social » et « anti-Ethique »

« Chez nous, la valeur fondatrice est que l’entreprise a pour but de servir ses clients. C’est même son seul but. Si l’on pense que l’entreprise sert à gagner de l’argent ou à fournir des emplois, on confond l’objectif et la conséquence »
Martin Bouygues

FAUX
Bien compris, ils devraient être un moyen pour sauver un maximum d’emplois et permettre, à terme, la création de nouveaux emplois.

VRAI

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OPTIMISER LA PERFORMANCE DE VOTRE ENTREPRISE EN TROUVANT VOTRE PROPRE POINT D’ÉQUILIBRE L’expérience de l’entreprise « Jacques Benoit S.A. »
L ’entreprise que j’ai créée et dirigée pendant plus de 25 ans était spécialisée dans l’importation, le traitement et le conditionnement de graines salées, de fruits secs et de pop-corn. C’était une société anonyme dont j’étais l’actionnaire principal avec 77 % des parts. Elle employait 160 personnes en permanence et, compte tenu de son activité saisonnière en période des fêtes de Noël, plus d’une centaine d’intérimaires ou de C.D.D. Cette Société était surtout connue pour son originalité sociale : j’étais le patron noté et élu par ses salariés. Je suscitais la controverse, j’avais mes partisans et mes détracteurs. Pour beaucoup, j’étais un mégalomane ou un petit malin qui se faisait de la pub à peu de frais. En fait, cette démarche de remise en question et d’élection part de la conviction profonde qu’un patron est au service de ses salariés. Il est là pour les faire gagner ; dans cette logique, il est tout à fait normal que les employés qu’il sert puissent lui dire s’il a bien rempli sa mission et s’ils lui font confiance : c’est la pyramide à l’envers. Concrètement, pour ceci, j’étais noté à bulletin secret de 0 à 10 par les salariés. Deux cas de figure pouvaient se présenter : soit j’avais la moyenne et étais reconduit dans mes fonctions ; soit je n’avais pas la moyenne et devais organiser

LES DEUX DIMENSIONS D’ÉTHIQUE ET DE PERFORMANCE SONT INTERDÉPENDANTES ET S’AUTOCONFORTENT « La loyauté et la correction en affaires constituent la véritable habilité » Guichard Perrachon Président fondateur du groupe Casino

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une élection au sein d’une assemblée composée pour moitié de tous les salariés ayant plus d’un an de présence et pour moitié de tous les actionnaires qui avaient autant de voix que les salariés, mais pas une de plus et en proportion de leur apport au capital. Les règles de cette élection étaient simples : pour être élu il fallait obtenir les trois-quarts des voix de ces deux assemblées. Une année je n’ai pas eu la moyenne et l’ex directeur de production qui avait quitté l’entreprise s’est présenté contre moi. Pour sa « campagne », j’ai mis à sa disposition des réunions payées pour le personnel, des panneaux d’affichage et un secrétariat. La campagne électorale a duré trois semaines et même si j’ai gagné facilement, l’important n’est pas là ; il réside dans le fait que pour la première fois a été possible la remise en question d’un patron par ses salariés et que celui-ci soit à la fois le représentant des deux partenaires de l’entreprise : actionnaires et personnel. Certains esprits chagrins me font remarquer qu’étant propriétaire majoritaire, mon opposant ne pouvait pas être élu sans mes voix : c’est vrai, mais ils oublient de dire que si je n’avais pas eu les suffrages de la moitié des salariés, je n’aurais pas eu les trois quarts des voix, j’aurais dû démissionner et présenter un candidat à une autre élection. Cette expérience, qui a duré plus de 22 ans, s’accompagnait, comme l’on s’en doute, de procédures originales de communication (notation des cadres, vote consultatif du personnel sur les salaires, etc.) ; tout ceci a fait l’objet d’un livre intitulé « L ’entreprise démocratique » paru en 1994 aux éditions « Chronique Sociale » et que l’on peut encore se procurer. Cette démarche de démocratie est capitale : elle ouvre la voie à une nouvelle entreprise où chaque acteur sera citoyen avec un droit de vote non pas lié à la propriété mais lié à la richesse qu’il apporte en tant que salarié et au risque qu’il encourt en tant que tel.

Entre le système communiste qui, aujourd’hui, a fait faillite et le système capitaliste qui, par sa logique, privilégie les forts et asservit les faibles, il reste à inventer un système économique qui associera l’efficacité du capitalisme et la nécessaire solidarité. Cette troisième voie passera par une participation équitable aux responsabilités entre les deux partenaires de l’entreprise que sont les actionnaires et les salariés. Aujourd’hui, les actionnaires, par le mandat qu’ils donnent au P.D.G., ont seuls tout le pouvoir. Cette discrimination intolérable est source de dysfonctionnements par la frustration qu’elle génère. Nous sommes dans une logique de système qui privilégie le pouvoir de l’argent et va à l’encontre des attentes de fond de chacun, à l’encontre même de la performance de l’entreprise. Le prix à payer pour le niveau de vie exceptionnel que nous avons dans nos sociétés industrialisées est très lourd : c’est celui de la compétition économique. Cette règle est bonne mais impitoyable. Elle sanctionne la non performance. Il est cependant important que ces règles soient acceptées et comprises par tous. C’est en ce sens que je vois comme incontournable la participation des salariés au pouvoir au plus haut niveau dans l’entreprise. Cela ne peut que générer des prises de conscience, des prises de responsabilité, des adhésions à des décisions difficiles et un frein à des abus quand le seul objectif est le profit pour le profit. Notre système capitaliste a besoin d’être tempéré et la mise en place de garde-fous est indispensable. Je l’affirme avec d’autant plus de force que le profil du salarié a évolué : il est à même de comprendre le mécanisme d’une entreprise et les règles de l’économie. C’est d’ailleurs le même homme qui, à l’extérieur, est reconnu compétent pour choisir le Président de la République, son maire, son député, etc. La mondialisation a généré un transfert d’une partie du pouvoir du politique au financier. Dans cette logique, il faut donc un transfert de responsabilité et que le citoyen politique devienne aussi un citoyen économique.

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Nos élus de tous bords sont plus ou moins conscients que l’entreprise est un lieu « pollué » dans la relation avec tous ses acteurs (actionnaires, salariés, etc.) ; alors, on redouble de contraintes envers elle (code du travail, lois sur les licenciements, etc.). Je propose qu’on laisse respirer cette entreprise, qu’on desserre l’étau qui ne fait que l’affaiblir et que, de l’intérieur, on donne aux deux partenaires les moyens de vivre dans une égalité de droits et de devoirs. Cette démarche est loin d’être antisyndicale : au contraire. Elle peut être l’occasion pour les syndicats ouvriers d’être mieux représentés, mieux acceptés : ce qui est fort souhaitable. Par ailleurs, de plus en plus la valorisation de l’entreprise est intimement liée à ses valeurs immatérielles (les compétences, les brevets, les parts de marché…) A titre d’exemple, il faut savoir que la valeur boursière de Microsoft était de 475 milliards de dollars fin 1999 alors que sa valeur comptable n’était que de 6 % de cette somme. Jusqu’à quel point peut-on se considérer propriétaire de la matière grise ? La réforme de l’entreprise sera la prochaine avancée sociale importante que devront entreprendre des hommes courageux, tant les oppositions de tous bords sont fortes par cette remise en question de privilèges acquis depuis longtemps.

LA DÉMOCRATIE DANS L’ENTREPRISE
MODALITÉS D’ÉLECTION DU P.D.G. PAR LES ACTIONNAIRES ET LES SALARIÉS 1) Chaque salarié a une voix 2) Chaque actionnaire a des voix en proportion de son capital 3) L’ensemble des voix des salariés doit toujours être égal à l’ensemble des voix des actionnaires 4) Pour être élu, le P.D.G. doit obtenir les 3/4 des voix exprimées par l’ensemble des deux collèges

100 VOIX

100 VOIX

Collège salariés

Collège actionnaires

Dans l’hypothèse où il y aurait 100 voix par collège et qu’elles se seraient toutes exprimées, il faudrait 150 voix pour être élu.

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Le Manager
Ce mot vient du manège où l’on dresse les chevaux. DÉFINITION ET RÔLE DU MANAGER Le Manager est celui qui dirige et accompagne une équipe pour la bonne réalisation d’un projet dans le respect des Valeurs éthiques et du Développement Durable. Il est au service du projet et de tous les hommes qui en sont parties prenantes. QUALITÉS D’UN MANAGER Humilité Etre simple, se remettre en question, être à l’écoute du plus modeste Générosité Ne compte ni son temps ni ses efforts ; est dans le souci de donner Respect Accepte chacun dans sa différence et ne fait jamais de discrimination Courage Savoir refuser, sanctionner et surmonter les difficultés Responsabilité Assumer ses erreurs, ses échecs, et mener à bien tous ses projets Loyauté Respect des règles, souci d’équité Confiance Tire son autorité de l’adhésion de ses collaborateurs

Ressources Humaines
Le mot « Ressources » est souvent mal compris et porte à controverse. Ce mot peut laisser supposer que l’homme est traité comme un moyen. Personnellement, j’aimerais mieux le service des Relations Humaines ou le service de la Qualité Sociale. Les mots ne sont pas neutres : à notre insu, ils influencent nos comportements. CHARTE Service des Relations Humaines et de la Qualité Sociale • Notre Mission Contribuer à la performance de l’entreprise par l’épanouissement et la promotion des hommes. • Nos engagements Veiller à la bonne mise en place des règles concernant l’hygiène et la sécurité, et à leur respect. Etablir avec les instances représentatives du personnel une relation de partenariat. Etre disponible et à l’écoute de chaque collaborateur. Promouvoir le dialogue et la responsabilité. Etre une force de proposition pour l’innovation sociale. Toujours agir dans le respect de la loi et du règlement (actualiser les données). Décider uniquement en regard de critères objectifs sans aucune discrimination religieuse, ethnique, politique…

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Respecter la vie privée. Respecter le devoir de confidentialité. Faire de la formation un outil essentiel pour la promotion des personnes. Dénoncer tout agissement contraire à l’esprit éthique et au respect de la dignité humaine. Faire de la qualité sociale un objectif permanent. S’inscrire dans une démarche de développement durable. Etre un élément modérateur dans la gestion des conflits. Etre un interlocuteur objectif et impartial de tous les partenaires internes à l’entreprise.

Ecole de Management par les Valeurs
“On a tout essayé sauf l’Amour”
Théodore MONOD

Mettre l’Amour au cœur de l’enseignement du Management, c’est le pari que font Jacques BENOIT et Patrick NEVEU en créant l’EMAV . Apparemment tout les opposait : de générations différentes, l’un croyant l’autre pas, l’un autodidacte l’autre intellectuel… Mais, animés du même désir de contribution à un monde plus juste, ils se sont rejoints sur un même et double constat : • Dans le management comme dans la vie, l’éthique est un plus, apporte la performance et la réussite. « Ethique et efficacité sont indissociables », nous dit Louis SCHWEITZER, ex PDG de chez Renault.

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• Dans les écoles de commerce, le management et tous ses dérivés sont enseignés à nos futurs cadres et dirigeants surtout sous l’angle du rationnel, de la méthode, des techniques et rarement par l’humilité, la loyauté et la générosité. C’est ce vide abyssal que JB et PN ont voulu combler en associant leurs compétences et leur expérience dans le projet ambitieux de la création d’une Ecole de Management par les Valeurs. EMAV intervient aujourd’hui dans le cadre de la Formation continue sous forme de séminaires. Ses formations s’adressent aux créateurs d’entreprises, dirigeants, présidents et animateurs d’associations, cadres et maîtrises, étudiants, managers juniors, toute personne soucieuse de donner du Sens.

75 questions pour découvrir son POTENTIEL ÉTHIQUE
Ce test est un questionnement personnel et profond sur nos comportements éthiques, bien sûr, mais également sur nos goûts, nos convictions, nos repères, nos Valeurs. De cette « alchimie » et de la sincérité de nos réponses dépendra la bonne identification de notre potentiel et de notre capacité à nous investir pour les autres dans le don de soi et à donner du sens à notre vie. Contrairement aux autres tests du même type les points attribués à chaque réponse sont clairement affichés : il va de soi que cette hiérarchie ne reste qu’un point de vue sujet à débat ; elle correspond à l’opinion d’un grand nombre de personnes sensibles à l’éthique et tend à exprimer ce qu’une majorité d’entre elles pensent. Le but de ce test n’est pas seulement de mesurer son potentiel éthique (qui en est à la limite la partie ludique voire accessoire) mais surtout de nous faire réfléchir sur nos comportements, nos réflexions, nos a priori, en les confrontant à des points de vue peut-être différents des nôtres.
1°- Dans une conversation, j’emploie : « moi je » 1 point - Très souvent 2 points - De temps en temps 3 points - Pratiquement jamais 2° - Vous entendez dire du mal de quelqu’un : 1 point - Vous rediffusez cette information 2 points - Vous vous assurez de la véracité de cette information avant de la rediffuser 3 points - Vous vous refusez à en parler sauf pour motif éthique

Pour en savoir plus : www.emav.fr Siège social : Route de Fierville - 14130 Blangy-le-Château Tél. 02 31 64 92 89 Contacts : • Jacques BENOIT jacques.benoit@emav.fr - Mobile : 06 83 22 60 34 • Patrick NEVEU patrick.neveu@emav.fr - Mobile 06 24 33 71 92

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3°- Dans la majorité des cas, qui décide du programme de télévision ? 1 point - C’est moi 2 points - Ce sont les autres 3 points - Ca dépend du programme 4° - Pour vous, le développement durable c’est avant tout 1 point - Protéger les espèces 2 points - Protéger l’environnement 3 points - Réduire la différence Nord / Sud 5°- Dans une conversation, un ami vous fait part de ses ennuis 1 point - Ca ne m’intéresse pas et je passe vite à un autre sujet 2 points - Je l’écoute 3 points - Je lui demande en quoi je peux l’aider 6° - Envoyez-vous des vœux ? 1 point - Jamais 2 points - Uniquement à ceux qui m’en envoient 3 points - Systématiquement même à ceux qui ne m’en envoient pas ou ne me répondent jamais 7° - Votre plus grande satisfaction dans le sport ou dans un jeu c’est : 1 point - Etre le (a) premier (e) 2 points - Améliorer ma performance personnelle 3 points - Faire gagner mon équipe 8° - Que pensez-vous du « foulard » à l’école ? 1 point - Je suis systématiquement contre à l’école et ailleurs 2 points - Je respecte celles qui portent le foulard mais, au nom de la laïcité, je suis contre à l’école 3 points - Je pense que chacun doit pouvoir vivre ses convictions religieuses partout

9°- Pour vous, la fête des mères c’est 1 point - Une affaire commerciale 2 points - Une tradition 3 points - Une chance de dire à sa Maman « Je t’aime » 10° - Que regardez-vous principalement à la Télévision ? 1 point - Essentiellement ce qui est divertissement (variétés, sport, jeux, théâtre, musique…) 2 points - Un peu tout : c’est selon mon humeur 3 points - Essentiellement ce qui est lié à l’information et à la réflexion sur les problèmes de société (magazines, documentaires, débats…) 11° - Vous êtes dans le bus, une dame âgée monte, que faites-vous ? 1 point - Je tourne la tête 2 points - J’attends qu’un (e) plus jeune que moi se lève 3 points - Je lui cède ma place 12° - Quelqu’un a dit ou fait quelque chose qui me contrarie 1 point - Je le critique et je porte un jugement de valeur 2 points - Je le critique mais essaye de comprendre sa logique 3 points - Je ne suis pas d’accord mais j’en profite pour faire mon auto critique 13° - Une de vos connaissances qui ne vous est pas très sympathique a obtenu un beau succès 1 point - Je ne me manifeste pas 2 points - A l’occasion, je la félicite 3 points - Je l’appelle pour la féliciter de sa prestation 14° - Vous êtes en réunion, quelqu’un vous vole une idée en reprenant à son compte une suggestion que vous aviez faite 1 point - Je proteste et dis que c’est moi qui ai eu l’idée 2 points - Je suis très contrarié (e) mais je me maîtrise

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3 points - Je suis blessé (e) mais dans le fond heureux (se) que mon idée ait fait son chemin 15° - Avec des amis, vous avez vécu une situation peu banale en commun. Lors d’une rencontre, l’un d’eux propose de raconter cette histoire : que faites-vous ? 1 point - Je le coupe, je prends la parole et je raconte à sa place 2 points - Je le laisse raconter mais l’interromps sans cesse 3 points - Je le laisse raconter et, si nécessaire, je rajoute mon commentaire à la fin 16° - Vous venez d’offrir un petit gadget à votre enfant de 8 ans. A l’improviste une amie de condition plus modeste que la vôtre vient vous voir avec son fils du même âge qui a très peu de jouets : que faites-vous ? 1 point - Je demande à mon fils de lui faire voir ce qu’il vient de recevoir 2 points - Je demande à mon fils de cacher son jouet pour ne pas lui faire envie 3 points - J’incite mon fils à donner le gadget à son copain 17° - Vous avez un papier à la main, que faites-vous ? 1 point - Je le jette sur le trottoir 2 points - Je le jette dans le caniveau 3 points - J’attends de trouver une poubelle 18° - C’est votre anniversaire ; contrairement à son habitude, un de vos proches ne vous a ni téléphoné ni envoyé de carte 1 point - Je lui en veux et ne manquerai pas de le lui reprocher 2 points - Je suis déçu (e) mais ne laisse rien paraître 3 points - Je lui trouve une excuse et cela n’entame en rien mon amitié

19° - Avoir des enfants c’est avant tout 1 point - Un désir personnel 2 points - Créer une famille 3 points - Dire « oui » à la vie 20° - Elever des enfants, pour vous, c’est principalement 1 point - Leur apprendre à se battre dans la vie 2 points - Leur donner une instruction, un métier 3 points - Leur transmettre des Valeurs 21° - Le groupe auquel vous appartenez décide d’un projet sans vous demander votre avis : 1 point - Je suis vexé (e) et j’ai envie de me retirer 2 points - J’en fais la remarque avec mécontentement 3 points - Je n’en fais pas une affaire personnelle 22°- Vous avez programmé de passer une soirée tranquille chez vous ; vous recevez un coup de fil d’un cousin éloigné que vous connaissez à peine et qui voudrait bien vous rendre visite 1 point - Je lui dis que je ne suis pas libre 2 points - Je lui demande s’il a un problème et, dans ce cas, je décide 3 points - Je l’invite à venir 23° - Un matin, vous retrouvez votre voiture sur les essieux 1 point - Je suis en colère et « rouspète » contre la mentalité d’aujourd’hui 2 points - Je m’indigne et déplore que le gouvernement soit aussi laxiste 3 points - Je reste serein et sans l’approuver je comprends la logique de ce geste 24° - Pour des convenances personnelles, votre meilleur(e) ami (e) vous demande un faux témoignage

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1 point - Je lui dis qu’il (elle) peut compter sur moi 2 points - Je lui dis qu’il (elle) peut compter sur moi, mais lui fais une leçon de morale 3 points - Je refuse de lui rendre ce service 25° - Etes-vous rancunier ? 1 point - Beaucoup 2 points - Cela dépend du mal que l’on m’a fait 3 points - Jamais 26° - Cela fait deux nuits que votre voisin fait la fête et vous empêche de dormir 1 point - Je vais le voir et l’agresse verbalement 2 points - Je ne veux pas d’histoire et ne dis rien 3 points - Je vais gentiment lui dire que cela m’empêche de dormir 27° - Vous êtes au restaurant et le plat qu’on vous sert laisse à désirer 1 point - Je fais un scandale 2 points - Je ne dis rien pour ne pas me faire remarquer et ne pas déranger 3 points - J’appelle le maître d’hôtel et lui fais gentiment la remarque 28° - En général, dans vos colères, avez-vous le sentiment de vous être laissé (e) emporter et que vos paroles ont dépassé votre pensée ? 1 point - Très souvent 2 points - Quelques fois 3 points - Pratiquement jamais 29° - A choisir, que préférez-vous voir ? 1 point - Basic instinct 2 points - Titanic 3 points - La vie de Gandhi

30° - En général, votre dépendance de tout ce qui fait les « plaisirs » de la vie (sexe, alcool, tabac, bonne chère, etc.) est-elle 1 point - Très grande 2 points - Moyenne 3 points - Nulle 31° - Vous sentez-vous « beau (belle) » intérieurement ? 1 point - Je ne me pose pas la question 2 points - Je me sens très beau (belle) 3 points - Je pourrais faire mieux 32° - Lorsque vous désirez quelque chose : 1 point - Je le veux tout de suite 2 points - Je prends le temps d’attendre 3 points - J’attends et me demande si cela m’est vraiment nécessaire 33° - En général, après un petit « accrochage » avec une personne, faites-vous le premier pas ? 1 point - Rarement 2 points - Ça dépend qui a tort 3 points - La plupart du temps 34° - Vous venez de remporter un beau succès, quelle est votre réaction ? 1 point - Je suis le(la) meilleur(e) 2 points - Je suis fier(e) de moi 3 points - J’ai eu beaucoup de chance 35° - Après pointage de votre compte en banque vous vous apercevez que vous avez été crédité par erreur de 300 1 point - Je ne réagis pas et espère bien que la banque ne verra pas son erreur 2 points - La responsabilité de cette erreur incombe à la banque et je ne me sens pas du tout concerné(e) 3 points - Je contacte la banque pour lui signifier l’anomalie

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36° - Un(e) ami(e) vous trompe ou vous fait un grand tort 1 point - Je vais essayer de me venger 2 points - Je ne veux plus le (la) voir 3 points - Je laisse au temps la possibilité qu’il (elle) redevienne mon ami(e) 37° - Vous rencontrez un SDF. Vous vous dites 1 point - C’est qu’il le veut bien : il n’a qu’à travailler comme tout le monde 2 points - Je pourrais lui donner une pièce mais, faute de pouvoir satisfaire tous ceux qui mendient, je m’abstiens 3 points - Je donne une pièce au moins une fois dans la journée 38° - Quel est l’homme qui vous inspire le plus d’admiration ? 1 point - Bonaparte 2 points - Pasteur 3 points - Martin Luther King 39° - Vous avez la possibilité de tricher dans la déclaration de vos revenus 1 point - Je le fais sans problème 2 points - J’ai des scrupules mais je le fais 3 points - Je ne le fais pas 40° - On vous prouve que vous avez tort 1 point - Je persiste à dire que j’ai raison 2 points - Je trouve une excuse à mon erreur 3 points - Je reconnais mon erreur 41° - Un(e) de vos meilleurs(es) amis(es) est impliqué(e) dans une affaire scandaleuse 1 point - Il (elle) n’est plus mon ami(e) 2 points - Je prends progressivement de la distance avec lui (elle)

3 points - Je le (la) reconnais toujours comme mon ami(e) et je suis prêt(e) à l’aider 42° - Vous êtes en voiture et vous vous apercevez que ceux qui viennent en face de vous sont contrôlés par un radar 1 point - Je ne fais aucun appel de phares, ce n’est pas mon problème 2 points - Par solidarité je fais des appels de phares 3 points - Par civisme, je ne fais pas d’appels de phares 43° - En général, vos jugements sont-ils plutôt « manichéens » (le bien et le mal) ? 1 point - Toujours 2 points - Souvent 3 points - Jamais 44° - Depuis cinq ans une personne est au chômage : 1 point - Pour vous, c’est un(e) fainéant(e) et un(e) profiteur(se) 2 points - Il (elle) n’a pas de chance 3 points - Il (elle) est en difficulté : il faut l’aider 45° - Pour vous, votre bonheur est-il 1 point - Dépendant de la chance 2 points - Dépendant des autres 3 points - A moi de le trouver au-dedans de moi 46° - Vous devez faire quelque chose qui ne vous plaît pas : 1 point - Je reporte à plus tard 2 points - Je programme une date et je m’y tiens 3 points - Je le fais tout de suite 47° - Quelqu’un vous est antipathique : 1 point - Je le critique à chaque occasion 2 points - Je l’évite 3 points - Je me dis que j’ai beaucoup à travailler sur moi

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48° - Vous avez perdu une importante somme d’argent 1 point - Je suis très contrarié(e) et y pense longtemps 2 points - Je suis contrarié(e) mais cherche le moyen de regagner cette somme 3 points - Je suis contrarié(e) mais pense qu’il y a beaucoup plus grave dans la vie 49° - Vous avez gagné une très grosse somme d’argent : 1 point - Je la garde pour moi 2 points - J’en donne une grosse partie à ceux qui me sont proches 3 points - Je fais appel à mon discernement : je partage cette somme entre ceux qui me sont proches et des personnes en grande détresse 50° - En général, pour vous, les hommes politiques sont : 1 point - Des opportunistes 2 points - Des ambitieux 3 points - Des gens dévoués 51° - Pour vous, faire de sa vie un don aux autres, c’est : 1 point - Utopique 2 points - Réalisable partiellement 3 points - Possible 52° - Que pensez-vous de la phrase de Saint Augustin « Aime et fais ce que tu veux » ? 1 point - C’est toujours se faire plaisir 2 points - L ’Amour excuse tout y compris nos bêtises 3 points - C’est faire de sa vie un don de soi aux autres 53° - Aristote a dit : « Tu connaîtras la vérité de ton chemin à la joie qu’il te procure ». Etes-vous d’accord ? 1 point - Non 2 points - Ca dépend 3 points - Oui

54° - Donnez-vous régulièrement un peu de votre temps à une association ou action caritative ? 1 point - J’ai autre chose à faire 2 points - Pourquoi pas si on me le demande 3 points - Oui 55° - Donner du Sens à sa vie c’est : 1 point - Avoir un objectif matériel 2 points - Avoir un objectif professionnel 3 points - Avant tout vivre des Valeurs 56° - Pour vous la pire chose qui puisse vous arriver c’est : 1 point - La maladie 2 points - La déchéance sociale 3 points - Ne plus avoir de sens à sa vie 57° - Dans votre métier, vous vous apercevez que quelqu’un fait mieux que vous : 1 point - Je cherche à connaître son point faible pour le critiquer 2 points - Je redouble d’efforts pour le dépasser 3 points - Je me réjouis que, dans mon domaine, il apporte de bonnes réponses 58° - Pour vous, la finalité principale d’une entreprise devrait être 1 point - Faire des bénéfices 2 points - Créer des emplois 3 points - Humaine, au service de la société 59° - Pour vous, la justice est 1 point - « Contournable » 2 points - Référence 3 points - Limitée

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60° - Lorsque vous êtes en retard à un rendez-vous, en général, quel est votre sentiment ? 1 point - Ce n’est pas grave, ça arrive à tout le monde 2 points - Je lui présenterai mes excuses et il comprendra 3 points - Je suis confus(e) et j’ai conscience d’avoir manqué de respect 61° - Lorsqu’une personne a fait une chose différemment de ce que vous lui avez demandé : en général, quelle est votre sentiment ? 1 point - Elle a compris de travers 2 points - On ne s’est pas bien compris 3 points - Je n’ai pas été clair(e) dans mes explications 62° - Quelqu’un accomplit un rite religieux dans une religion qui vous est étrangère : quel est votre sentiment ? 1 point - Je suis un peu agacé(e) et le trouve ridicule 2 points - Je respecte mais avec condescendance 3 points - J’ai beaucoup de respect 63°- Pour vous, le pardon est 1 point - Un idéal impossible 2 points - Dépendant du contexte 3 points - Toujours possible 64°- Laquelle de ces trois vertus préférez-vous ? 1 point - Le courage 2 points - La loyauté 3 points - L ’humilité 65° - Pour vous, une personne de valeurs, c’est avant tout : 1 point - Une personne qui a beaucoup de pouvoir 2 points - Une personne qui exerce une grande responsabilité professionnelle 3 points - Une personne qui a de grandes qualités humaines

66° - Pour vous, le sport est avant tout : 1 point - Une démarche professionnelle lucrative 2 points - Un moyen de rester en bonne santé 3 points - Une école de courage et d’amitié 67° - La liberté, pour vous, c’est : 1 point - Faire ce que l’on veut 2 points - Faire ce que l’on veut sans gêner les autres 3 points - La capacité à bien vivre ce que l’on ne peut pas faire 68° - Par erreur, vous recevez un message téléphonique sur votre répondeur : 1 point - Je l’efface 2 points - Suivant l’importance de ce message, je rappelle la personne qui s’est trompée 3 points - Je rappelle systématiquement 69° - Pour vous, la prison, c’est principalement 1 point - Une façon de payer sa faute 2 points - Un instrument de dissuasion par l’exemplarité 3 points - Un moyen de protection pour la société 70 °- Pour vous, un monde idéal c’est : 1 point - Un monde sans frontières 2 points - Un monde uniforme dans ses idées et ses croyances 3 points - Un monde d’Amour 71° - Pour vous, la grève est avant tout 1 point - Un moyen efficace pour obtenir satisfaction 2 points - Une conquête sociale 3 points - Un signe manifeste du dysfonctionnement de la société

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72° - Pour vous, le problème des banlieues est avant tout : 1 point - Une affaire de respect de la loi et de maintien de l’ordre 2 points - Un problème économique et de chômage 3 points - Un besoin de reconnaissance non satisfait 73° - Pour vous la loi sur l’IVG est avant tout 1 point - Une atteinte grave au respect de la vie 2 points - Une conquête sociale pour la libération de la femme 3 points - A la fois une atteinte grave au respect de la vie et une conquête sociale pour la libération de la femme 74° - pour vous, la colonisation c’était 1 point - Une contribution importante au développement économique et social 2 points - Un moyen de participer au développement des pays pauvres 3 points - Une atteinte grave à la dignité et à l’autonomie des peuples 75° - pour vous, les Jeux Olympiques sont 1 point - Une affaire de business et de politique 2 points - La fête du sport et un moyen de récompenser les champions 3 points - Avant tout une ONG dont le but est de favoriser la Paix, le sport n’étant qu’un moyen
Faites le total de vos points Si vous avez entre 78 et 113 : vous pouvez beaucoup mieux faire Si vous avez entre 114 et 148 : il reste des points faibles à améliorer Si vous avez entre 149 et 183 : vos amis ont bien de la chance Si vous avez entre 184 et 225 : merci pour ce que vous êtes

Bibliographie Recherche d’informations

L ’entreprise verte Elisabeth LAVILLE Éditions « Village mondial » 2002 - 2ème édition 2004 L ’Ethique dans les entreprises Samuel MERCIER Editions « La découverte et Syros » 1999 - 2ème édition 2004 Nous ferons un monde équitable Francisco VANDER HOFF Editions Flammarion 2005 Pédagogie de l’Ethique (440 pages, 32 exercices pédagogiques) Jacques BENOIT Editions EMS 2005 Site NOVETHIC : www.novethic.fr Le media en ligne du développement durable Novethic’info : L ’information hebdomadaire des acteurs de l’économie responsable

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les droits d’auteur de ce livre sont entièrement versés au profit du CCFD (Comité catholique contre la Faim et pour le Développement)

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CABINET PÉDAGOGIE de l’ETHIQUE
Site : www.supethic.com - E-mail : jacques-benoit@wanadoo.fr

EMAV École de Management par les Valeurs
Site : www.emav.fr - E-mail : jacques.benoit@emav.fr

L’auteur ne se sent nullement propriétaire du contenu de ce livret qui se veut universel et de ce fait en autorise et conseille même toute reproduction, y compris partielle.
Du même auteur : L’entreprise démocratique – Entretiens avec Damien Yurkievich, aux Éditions Chronique Sociale, 1994, 185 pages, 15 . Graine d’Éthique – aux Editions Presses de la Renaissance, 2000, 218 pages, 18,29 . Pédagogie de l’Éthique – aux Editions EMS, 2005, 440 pages, 29 . Vous pouvez vous procurer ces livres chez l’auteur, par tous moyens de paiement à votre convenance, les frais de port vous sont offerts.
Achevé d’imprimer par Imprimerie Marie - 14600 Honfleur en 2008