INERTIE THERMIQUE IMPACT Théorie by sparkunder14

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									                  INERTIE THERMIQUE



              IMPACT                         Théorie

L’inertie thermique est la capacité d’un bâtiment à emmagasiner de la chaleur ou de la fraîcheur. Elle est essentielle-
ment déterminée par le mode constructif, le poids de la construction et les matériaux utilisés.

                                             Principes

                                             Les stratégies de refroidissement passif sont de puissance limitée. Elles sont
                                             plus efficaces la nuit, lorsque l’air est plus frais. Or, cette fraîcheur nocturne
                                             doit être conservée pendant la journée. L’inertie du bâtiment remplira ce rôle
                                             de tampon, pour autant qu’elle soit importante et accessible:
                                             • Importante: Le niveau d’inertie à atteindre dépendra des autres éléments
                                                de la construction (niveau de charges internes, protection solaire, etc.). Une
                                                inertie maximale est toujours préférable, créée par plusieurs parois lourdes;
                                             • Accessible: la masse ne doit pas être isolée de l’ambiance du local, par une
                                                moquette, un faux-plafond, un faux plancher, etc., pour que des échanges
                                                thermiques avec l’ambiance puissent s’établir. On se concentrera prioritai-
                                                rement sur l’accessibilité des planchers et plafonds. La surface de mur d’un
                                                local étant plus réduite et pouvant être masquée par le mobilier, l’impor-
                                                tance de cette paroi est moindre.

                                             Concrètement, quelles mesures URE?

Plafond en béton apparent et panneaux        • Choisir les matériaux assurant une bonne accumulation: les matériaux
acoustiques (arch: van de Poel)                lourds (béton, carrelage, ...) constituent la masse thermique du bâtiment;
                                             • Au sol, un carrelage ou un revêtement en ciment est préférable. Un classe-
                                               ment des revêtements selon leur pouvoir isolant donne : carrelage, lino-
                                               léum, moquette, plancher et faux-plancher;
                                             • Au plafond, l'emploi de faux-plafonds est déconseillé;
                                             • Aux murs, des maçonneries lourdes absorbent nettement plus de chaleur
                                               que les cloisons légères;
                                             • Augmenter l’inertie en créant une hauteur sous plafond importante, ce qui
                                               augmente le tampon d’air et la surface des murs du local.

Luminaire suspendu (arch: Van de Poel)       La suppression des faux-plafonds et/ou des faux-planchers nécessite une ré-
                                             flexion sur la mise en œuvre des autres fonctions attribuées à ces surfaces :
                                             • Éclairage : des luminaires suspendus sont envisageables si une solution
                                                esthétique est trouvée pour leur alimentation. Combiner des luminaires sur
                                                pied ou en applique et un éclairage ponctuel des bureaux est aussi intéres-
                                                sant. Dans tout les cas, l’efficacité des luminaire doit être prise en compte;
                                             • Acoustique : des panneaux perforés ou des matériaux absorbants devront
                                                être disposés ailleurs dans le local, sur les murs par exemple.
                                             • Passage de câbles et de conduits : le réseau câblé devra être conçu pour
                                                courir au maximum le long des murs, plutôt que sous le faux-plancher.
                                             En dernier recours, un compromis est de conserver un faux-plafond partiel,
                                             permettant à la fois un passage d’air (limité) le long de la dalle et l’intégration
                                             de toutes les autres fonctions.




Un faux-plafond partiel permet de profiter
de l’inertie thermique tout en dissimulant   Pour renforcer la surface d’échange et donc l’inertie, on peut aller jusqu’à envisager des plafonds courbes
différents équipements. Cette solution est   ou creux. BRE building (arch: Bennets Associates) : 1.Luminaire suspendu 2.Canalisations de chauffage/
toutefois moins efficace que l’abandon du    refroidissement 3. Espace technique 4. conduit en béton ou circule de l’air avant d’être pulsé dans le local
faux-plafond.(arch: Mussche)                 3.Espace technique 4.Caissons creux en béton pour le passage de l'air

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               INERTIE THERMIQUE



            IMPACT                      Chiffres

Impact sur la consommation

La diminution de l’inertie du local
a un impact réel sur sa demande
de chauffage et de refroidisse-
ment : elle provoque un glisse-
ment de la demande de chaud
vers la demande de froid (cfr. Ci-
contre). En termes d’énergie
primaire, cela est défavorable si
le COP de la machine de froid
est inférieur à 3. En effet, le froid
est créé au départ d’énergie
électrique, elle-même produite
en centrale avec un rendement
maximal de 40% seulement.

De plus, la sensation de confort
sera meilleure dans un local
lourd, grâce au rayonnement
des parois et à l’absence de
brusques modifications de tem-
pérature.                               Impact du niveau d’inertie thermique sur les demandes de chauffage et de refroidissement (hors traitement
                                        de l’air) d’un bureau Sud climatisé, avec 70% de surface vitrée et des stores extérieurs.




Impact sur le confort thermi-
que

L’accessibilité de la masse ther-
mique joue un rôle majeur pour
l’efficacité de la ventilation inten-
sive de nuit.

Passer d’une masse thermique
importante à une masse thermi-
que moyenne ou faible multiplie
le nombre d’heures de sur-
chauffe, quelque soit le type de
refroidissement passif utilisé.

C’est le refroidissement de nuit
qui est le plus affecté. Cela met
en évidence son comportement
particulier, basé sur un stockage
de la fraîcheur nocturne, tandis
que les autres modes fonction-
nent avec un rafraîchissement
diurne, moins dépendant de l’i-
nertie.


                                        Impact du niveau d’inertie thermique sur le confort pour différents modes de refroidissement passif par
                                        ventilation intensive d’un bureau individuel orienté Sud avec 70% de vitrage sélectif. Les valeurs en blanc
                                        représentent le nombre d’heures au-dessus de 25,5°C observées en période d’occupation pour une année
                                        moyenne.

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