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Les sources du jazz

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					Compte rendu du club écoute thématique du 24 février 2008 : «

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jazz »
Les sources du jazz
Le jazz est apparu aux Etat-Unis, à la Nouvelle-Orléans, à la fin du 19ème siècle. Il est le fruit du métissage entre la culture européenne et celle du peuple noir américain issu de l'esclavage. L'une des principales influences du jazz, outre les chants religieux fut le blues, une musique rurale qui évolua avec la migration des populations noires vers les grandes agglomérations, à la fin du XIXe siècle. Le ragtime (souvent associé au piano mécanique) est aussi considéré comme le précurseur du jazz. Scott Joplin nous laisse une pièce éternelle, « The entertainer »(1902) mais aucun enregistrement discographique Les instruments de base du jazz sont les cuivres, les instruments à anches et la batterie. La fin de la guerre civile, et les surplus d'instruments de musique militaire qu'elle entraîna, ne fit qu'amplifier le mouvement. Les premiers jazz bands utilisaient fréquemment la structure et le rythme des marches.

La naissance officielle
C'est l'enregistrement du premier disque en 1917 par l'Original Dixieland Jass Band (ironiquement un orchestre de musiciens blancs) qui marque la naissance officielle du jazz. Le jazz Nouvelle-Orléans est un courant musical du jazz qui s'est développé dans les années 1920 à La Nouvelle-Orléans. L'une des caractéristiques de ce courant est que le trombone accompagne le jeu de la trompette par un contrepoint rythmique, ponctué d'effets de glissandi ou de vibrato à la fin de la phrase. Le jeu du plus grand tromboniste de l'époque, Kid Ory, est typique de ce style. L'improvisation fait partie de ce courant du jazz. Le saxophone commence à se développer dans ces groupes. Le jazz New Orléans était avant joué en extérieur. Quand il va rentrer dans les cabarets, les instruments vont se sédentariser : ajout du piano et de la batterie. La Creole Jazz Band de King Oliver, la Red Hot Peppers de Jelly Roll Morton avec « Black bottom stomp »(1926) ou L. Armstrong et son Hot five avec « Cornet shop suey »(1926) illustrent le jazz New Orléans. Lors de quelques enregistrements spécifiquement destinés au public noir Louis Armstrong amena une première évolution décisive du jazz : il jouait avec un orchestre où tous les musiciens improvisent simultanément. Mais Louis était un improvisateur hors pair, capable de créer des variations infinies à partir d'un même thème. Ses musiciens l'imitèrent, non plus tous en même temps, mais chacun leur tour. C'est ainsi que le jazz devint une forme de musique en solo L’apparition des salles de danse après la Première Guerre Mondiale influença le milieu du jazz de deux façons : les musiciens se firent plus nombreux, puisqu'ils commençaient à pouvoir vivre de leur musique, et le jazz – comme toutes les musiques populaires des années vingt – adopta le rythme 4/4 de la musique de danse.

L époque du swing
Au milieu des années 1920 jusqu’à l’avènement du bebop dans les années 1940, on voit l'essor des big bands » ou « époque du swing ».

Cette période marqua la naissance de l'orchestre de Duke Ellington, au Cotton Club, ainsi que de l'orchestre de Count Basie. Au milieu des années trente, la popularité du swing et des big bands était à son sommet, transformant en stars des musiciens tels que Glenn Miller ou Duke Ellington. Le swing n'est pas une musique mais un terme général qui exprime la manière d'interpréter le Jazz, lorsqu'il est joué en faisant balancer le rythme. D'un point de vue technique, il consiste à substituer systématiquement à toute formule rythmique binaire une formule ternaire « balancée ».

La révolution be-bop
Dans les années 1940, de nombreux musiciens d'orchestre se lassent de la rigidité des big bands et de la structure swing. Ils se réunissent en petits groupes et laissent libre cours à leur virtuosité sur des rythmes très appuyés. C'est la naissance du be-bop axé sur l'habileté technique des musiciens et une grande complexité rythmique et harmonique, amenée entre autres par le saxophoniste Charlie Parker, le trompettiste Dizzy Gillespie et le pianiste Thelonious Monk avec des morceaux tels que « Blue’n boogie », « Salt peanuts » ou « Ko ko ». Ce fut un changement majeur pour le jazz : de musique de dancing, il devenait un art intellectuel de premier rang. Dans ce style, les improvisations sont encadrées par le thème, présenté à l'unisson au début et à la fin de chaque partie. Avec « Birth of the Cool », le trompettiste Miles Davis, qui avait longtemps travaillé avec Charlie Parker cherche à revenir à une musique plus apaisée et plus accessible. C'est la naissance du mouvement « cool » qui connaîtra un succès particulier auprès des musiciens de la West Coast, et dont l'un des principaux représentants est le saxophoniste ténor Stan Getz et le trompettiste Chet Baker. En 1959, Miles Davis crée une nouvelle fois l'événement avec « Kind of Blue » qui pose les fondements du jazz modal où la structure harmonique des morceaux était encore beaucoup plus libre qu'auparavant, qui souvent ne se basaient que sur quelques accords de piano et de basse. Le reste n'était qu'improvisation Le Hard bop est une tentative de rendre le bebop plus accessible au grand public, en y incorporant des influences venues de la soul, du gospel et du blues. La plus belle illustration de ce style est certainement le quintet des "Jazz Messengers" ou Joe Lovano et Gonzalo

Rubalcaba avec »Flying colors »

Le free jazz
A la fin des années 1950, John Coltrane et Ornette Coleman impulsent une nouvelle évolution qui ouvre la voie au Free jazz, illustré par Archie Shepp, Albert Ayler, Pharoah Sanders, L'Art Ensemble of Chicago. Habituellement, cette musique est jouée par de petits groupes de musiciens. Dans l'esprit populaire, le free jazz est lourd, agressif et dissonant. Ex :

Live in Greenwich village de Albert Ayler

Le free jazz utilise les bases du jazz mais avec une composition moins structurée. L'improvisation y tient une grande place Les autres formes de jazz ont des tempos puissants, sur des rythmes métriques, habituellement en 4/4. Le free jazz maintient normalement un rythme de base, mais sans mètre régulier, avec accélérations et baisses subites, comme la houle marine. Il arrive souvent que les musiciens d'un même orchestre jouent sur des tempos différents. Un rythme général se dégage cependant de cette musique, le tempo n'a pas disparu. Ce genre de musique a influencé des artistes tels que Miles Davis, Tim Buckley ou encore Frank Zappa à un moment de leur parcours musical.

Archie Shepp »Gemini»

Jazz latin
Il existe deux variétés principales de jazz latin : le jazz Afro-Cubain et le jazz influencé par les styles brésiliens Le jazz Afro-Cubain était joué aux États-Unis pendant les années 1950. La bossa nova est un style musical qui mélange les influences de jazz, samba, musique classique, et musique populaire. Elle était popularisée par João Gilberto et Antonio Carlos Jobim au Brésil ; au commencement des années 1960, la bossa nova remporta un succès planétaire avec la chanson « A Garota de Ipanema » La bossa nova recherche une intégration dynamique de la mélodie avec le rythme, une harmonie particulière et un rythme lent tout en diminuant le rôle du vocaliste en tant qu'élément central du morceau musical. En compensation d'un rythme binaire du samba répétitif, la bossa proposait des rythmes syncopés variés à la guitare ou au piano. Le disque Getz/Gilberto, sorti en 1963, est considéré aujourd'hui comme le meilleur et le plus célèbre dans le style bossa nova. Les plus grands classiques de la bossa nova y sont regroupés : A garota de Ipanema, Corcovado, Desafinado, Só danço samba, O grande amor et Vivo sonhando.

Fusion: le mélange de jazz et rock
Vers 1968 la forme hybride du jazz-rock fusion apparaît avec toujours Miles Davis qui publie les albums fusion « In a Silent Way » et « Bitches Brew ». Quelques groupes importants du style fusion sont : Chick Corea avec son group Return to Forever; Soft Machine ; the Pat Metheny Group ; et le groupe Weather Report. En France, des groupes majeurs de jazz-rock fusion sont Magma, Tryphon, STS, Sixun.

Jacques Coursil « Clameurs »

1980 à aujourd'hui, l'éclatement

La diversité stylistique du jazz n'a pas décru. Il a absorbé des influences de la world music, de la musique contemporaine ou des rythmes africains, et utilisant plus couramment la gamme chromatique L’acid jazz de la fin des années 1980 mélange des éléments de jazz avec les styles disco des années soixante-dix. L'acid swing des années 1990 combine les styles des big bands des années quarante avec des sons plus rapides et plus agressifs de batterie et de guitare rock. Représentant : Gilles Peterson Le smooth jazz des années 1980 est une variante très accessible du jazz avec des sonorités douces (smooth : doux, lisse en anglais). Plus souvent instrumental que chanté, il utilise divers synthétiseurs, accompagnée d'une mélodie par un instrument jouant en solo. Le smooth jazz est très vendeur aux États-Unis, mais aussi très controversé, parce que considéré par les amateurs de jazz comme pauvre musicalement et uniquement commercial. Une tendance revivaliste, surtout active aux Etats-unis, et dont la figure de proue est généralement identifiée comme étant Wynton Marsalis. C'est une génération de jeunes musiciens, généralement dotés d'une technique irréprochable et respectueux de l'héritage du jazz classique des années 30-50. Représentants: Wynton Marsalis, Cyrus Chesnut, Branford Marsalis, Kenny Garrett, Joshua Redman Sous l'impulsion, entre autres, de Jan Garbarek, John Surman, Egberto Gismonti, mais aussi de musiciens américains comme Ralph Towner ou Bill Frisell, s'amorce dès les années 70 une tendance où le rythme est beaucoup moins prédominant, au profit d'une grande place donnée à la mélodie, et à l'expressivité. Cette musique intègre l'héritage du free jazz, tout en possédant une structure généralement plus classique. Elle s'inspire aussi de la musique contemporaine ou des musiques du monde

Emmanuel Codjia « Songlines »

Influence de l'électronique
Nu jazz À la fin des années 1980 et durant les années 1990, des tentatives de mélange de musiques électroniques, comme le drum and bass, créent un style appelé future jazz, le jazz-house ou Nu Jazz. Les artistes comme le pianiste Bugge Wesseltoft, le joueur de trompette Nils Petter Molvær, et le trio Wibutee mélangent ces éléments. D'autres groupes nu jazz sont: Skalpel, Jaga Jazzist, Fila Brazillia, et Stade.

Sources : » Le Grand Livre du Jazz" de J.E. BERENDT, Wikipedia, « Les grands noms du jazz » de C. Rodriguez Nous remercions particulièrement Mr. Crapis (prof. de musique et passionné de jazz) d’avoir partagé le fruit de son expérience avec nous.