Israeli Apartheid in the Middle East
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L’apartheid israélien au Moyen-Orient *
par Kristoffer Larsson
on Al-Jazeerah.info, janvier 2006
http://www.aljazeerah.info/Opinion%20editorials/2006%20Opinion%20Editorials/January/13
%20o/Israeli%20Apartheid%20in%20the%20Middle%20East%20By%20Kristoffer%20Larss
on.htm
traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
« Pour moi, le sionisme est une maladie mentale qui a pour effet que des gens par ailleurs
normaux se comportent à l’instar de nazis ou d’Afrikaners ».
Jeff Blankfort (militant antisioniste californien)
Bien qu’ayant rayé la Palestine de la carte en chassant plus de sept-cent mille Palestiniens de
chez eux et en confisquant les terres sur lesquelles ils vivaient depuis des générations, Israël
comporte encore aujourd’hui une importante minorité palestinienne à l’intérieur de ses
frontières (pré-1967). Adoptées afin de faire une réalité du rêve de créer un Etat réservé aux
seuls juifs, un projet qui avait manifestement échoué, des lois d’apartheid furent imposées afin
de faire en sorte que les citoyens non-juifs de l’Etat juif quittent celui-ci.
Beaucoup de défenseurs en vue des droits de l’homme ont qualifié à juste titre d’apartheid la
situation régnant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (occupées). Les punitions
collectives, les démolitions de maisons, la construction de colonies réservées exclusivement
aux juifs, les prix de l’eau et de l’électricité plus de deux fois plus élevés pour les Palestiniens
que pour les colons juifs : l’apartheid, dans les territoires (palestiniens) occupés (par Israël)
saute aux yeux.
Néanmoins, je trouve étrange que l’inégalité que subissent les Palestiniens vivant en Israël
soit à ce point négligée. Par certains aspects, leurs droits, à l’intérieur d’Israël proprement dit,
sont aujourd’hui (encore) plus limités que ceux des Palestiniens vivant dans les territoires
conquis par Israël en juin 1967. Cela est dû à la manière dont l’Etat d’Israël a été constitué.
Quand les gens entendent dire qu’Israël est un « Etat juif », ils ont tendance à interpréter cela
comme si Israël était un pays peuplé d’une majorité de juifs. C’est exact. Mais ça n’est pas
seulement cela. Le principe d’Etat juif signifie qu’Israël « appartient » au peuple juif, ce qui
veut dire que tout juif dispose du droit d’immigrer en Israël, alors que les non-juifs n’ont pas
ce droit (sauf s’ils épousent un(e) juif/ve israélien(ne)). Il en résulte qu’Israël « n’appartient »
en aucun cas à un non-juif, pas même à ses propres citoyens non-juifs [1].
De fait, l’Etat juif ne reconnaît pas de nationalité israélienne. La carte d’identité israélienne
comporte une rubrique indiquant la « nationalité » de son (sa) titulaire [2]. Toutefois, parmi
les cent-quarante nationalités qu’Israël reconnaît officiellement, il ne figure pas de nationalité
« israélienne ». En lieu et place, la carte d’identité israélienne indique une ethnicité, qui révèle
si vous êtes « juif », « arabe », « druze » ou toute autre nationalité sous laquelle le titulaire est
enregistré auprès du ministère de l’Intérieur. Cela, à lui seul, montre qu’Israël doit définir qui
est juif et qui ne l’est pas. Notez qu’il n’est nul besoin de pratiquer une religion pour être juif,
ni même de se sentir juif. Un juif est juif parce que sa mère est juive. Qu’elle soit arabe,
américaine, asiatique, africaine ou suédoise : peu importe, dès lors qu’elle est juive. Un juif
(une juive) est un juif (une juive) de par son sang. Manifestement, les sionistes pensent que le
juif doit avoir des droits différents de ceux des non-juifs (tout au moins en Israël/Palestine),
simplement en raison de son sang. Cela prouve que les sionistes ressentent un besoin de
distinguer les juifs des non-juifs. D’ailleurs, s’ils ne pensaient pas que les juifs soient
différents des non-juifs, en raison de leur sang, ils n’adopteraient pas des lois discriminatoires
à l’encontre des non-juifs en Israël/Palestine [3].
Il est stupéfiant de voir que des juifs ayant survécu à la Seconde guerre mondiale demandent
(à bon droit) des compensations pour les biens qui leur avaient été confisqués par les nazis, et
qui ne sont eux-mêmes absolument pas gênés de vivre sur des terres volées aux
Palestiniens. C’est à croire que le droit international ne s’appliquerait pas au foyer national
juif… Les juifs sionistes sont en général des partisans de la démocratie et de l’égalité des
droits partout dans le monde – sauf en Terre sainte. C’est ça, le sionisme : un Etat « juif »,
réservé aux seuls juifs. Cela fait peur, c’est vrai, mais c’est l’évidence même pour quiconque
a un minimum étudié le sionisme.
En 1985, Israël [qui n’a toujours pas de constitution, ndt] s’est doté d’une Loi fondamentale
qui interdit aux partis politiques de participer à des élections dès lors qu’ils sont opposés à
« l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif. » [5] Vous aurez noté que ce
n’est pas l’opposition à l’existence d’Israël qui est cause de bannissement ; non, c’est la non-
adhésion à l’ « Etat du peuple juif ». Autrement dit, ceux qui ne veulent pas que l’Etat d’Israël
soit réservé exclusivement aux juifs, mais soit l’Etat de tous ses citoyens, sont d’entrée de jeu
écartés de toute participation démocratique. Cela aurait revenu, pour l’Afrique du Sud, à
adopter une Loi fondamentale interdisant aux candidats à se présenter à des élections dès lors
qu’ils auraient été opposés au système de l’apartheid blanc.
Dans son ouvrage Histoire juive, religion juive : Le poids de trois millénaires, le regretté
Professeur Israel Shahak notait :
« En 1956, j’avais avalé allègrement toutes les raisons politiques et militaires invoquées par
Ben Gourion pour justifier le déclenchement, par Israël, de la guerre de Suez, jusqu’au
moment où (bien qu’il fût un athée très fier de son mépris pour les commandements de la
religion juive), il déclara, à la Knesset, au troisième jour de cette guerre, que la véritable
raison de la guerre était « la restauration du royaume de David et de Salomon dans ses
frontières bibliques ». Immédiatement, presque tous les membres de la Knesset se levèrent
spontanément, puis ils entonnèrent l’hymne national israélien, HaTikva. A ma connaissance,
aucun homme politique sioniste n’a jamais rejeté cette idée de Ben Gourion selon laquelle la
politique israélienne devait être fondée (dans les limites de considérations pragmatiques) sur
la restauration de frontières bibliques qui seraient, du même coup, les frontières de l’Etat juif.
De fait, une analyse détaillée des stratégies générales d’Israël et de ses principes réels en
matière de politique étrangère, tels qu’ils sont exprimés en hébreu, montre de manière très
claire que c’est une « idéologie juive », bien plus que tout autre facteur, qui détermine la
politique israélienne effective ».
Cette « idéologie juive », plus exactement, ce judaïsme vu et interprété par les sionistes,
stipule que seuls les juifs « ont des droits sur la totalité de la Terre d’Israël », pour reprendre
la formule d’Yitzhak Rabin [6]. Les non-juifs se voient interdire d’acheter ou de louer des
terres sur plus de 80 % de la superficie de l’Etat d’Israël à l’intérieur de la Ligne verte (et cela
vaut aussi pour les territoires contrôlés par Israël dans les territoires occupés). 93,7 % des
terres d’Israël sont qualifiées de « terres d’Israël » [7] et sont soit propriété de l’Etat d’Israël,
de l’Autorité du Développement ou du Keren Keyameth Le-Israel [KKL, ou Fonds National
Juif]. Ces terres nationales sont des propriétés qui ont été confisquées par les sionistes – à
l’exception de quelques pourcents, qui furent achetés par le KKL – et les Palestiniens, de nos
jours, ne possèdent que 3,5 % des terres en Israël, ce qui représente la moitié des terres
privées.
Le KKL fonctionne suivant le principe que seuls les juifs sont autorisés à vivre sur ses terres.
Toutefois (ces dernières années), des Palestiniens ont remporté des procès à l’issue desquels
leur droit de résider sur des terres propriétés du KKL a été reconnu, permettant ainsi y
compris à des non-juifs d’accéder à une terre [8].
Mais si les Palestiniens peuvent, de par la loi, vivre partout en Israël, pourquoi sont-ils donc
empêchés, dans la pratique, de résider sur plus de 80 % de la superficie de ce pays ? J’ai beau
y penser et y repenser, je ne parviens qu’à cette seule conclusion : le racisme pur et simple.
Les propriétaires de terrains juifs ne louent tout simplement pas de terres à des citoyens
israéliens répertoriés comme « Arabes ». Je ne peux qu’adhérer à l’expression « judéo-
nazisme », crée par les Professeurs (israéliens) Yeshayahu Leibowitz et Israel Shahak, car elle
est tout à fait apte à décrire cette forme de fascisme.
Cette politique d’apartheid est strictement appliquée dans la plupart des régions du pays,
Jérusalem en étant un exemple typique. Sharon a dit très clairement qu’ « Israël ne négociera
jamais Jérusalem » et que cette ville « est la capitale d’Israël, unifiée et indivisible pour
l’éternité ».
En 1980, la Knesset a adopté une Loi fondamentale disant que « Jérusalem, complète et
unifiée, est la capitale d’Israël » [9]. ‘Complète et unifiée’, cela ne peut que vouloir dire
qu’elle inclut Jérusalem Est, ce que confirme le tracé du Mur d’apartheid (de fait, celui-ci
incorpore aussi une partie de la Cisjordanie, créant un Jérusalem encore plus étendu – et, si
cela était possible – encore plus juif que jamais auparavant).
La « judaïsation » de Jérusalem est l’euphémisme signifiant sa purification ethnique destinée
à rendre Jérusalem aussi juive que possible [10]. Un Palestinien né à Jérusalem Est et qui
serait allé vivre à l’étranger se voit interdire d’y retourner, alors qu’un juif qui n’a jamais mis
les pieds dans cette ville peut y aller et en venir à sa guise. Imagineriez-vous que des juifs se
voient interdire de rentrer à Washington DC au seul motif qu’ils sont juifs ? Sans doute que
non, et c’est très bien ainsi. La question posée est de savoir comment il se fait qu’Israël puisse
se comporter impunément de la sorte ? Et pourquoi pratiquement aucun journal, ni aucune
revue, que ce soit en Europe et en Amérique du Nord, n’aborde jamais de cette question ?
En conséquence du racisme institutionnalisé qui règne en Israël, les conditions de vie des
Arabes israéliens sont bien plus mauvaises que celles des juifs, et cela n’a rien d’étonnant. De
fait, près de la moitié des familles arabes israéliennes sont pauvres (48 %). Un tiers des
enfants israéliens vivent au-dessous du seuil de pauvreté, mais ce chiffre atteint le
pourcentage effrayant de 60 % en ce qui concerne les enfants palestiniens d’Israël [11]. Les
Palestiniens sont incités, en permanence, à quitter le pays.
Le professeur de science politique à l’Université de Haïfa Ilan Pappe, qui est sincèrement
solidaire des Palestiniens, a très bien résumé les lois racistes d’Israël à l’encontre des
Palestiniens, lors d’une interview :
« Il y a, par exemple, cette loi sur les terres, qui dit que 94 % des terres, en Israël,
appartiennent au seul peuple juif, et non à l’Etat d’Israël. Par conséquent, 20 % de la
population – les Arabes – se voient interdire tout accès à ces terres. Bien que la population
arabe en Israël ait triplé, par rapport à la population juive, il n’y a eu aucun village ou aucune
implantation arabe qui ait été construits, tandis que des centaines de villes, de villages et de
colonies juifs étaient édifiés. L’on assiste donc à une discrimination, en matière de droits de la
propriété terrienne, sur des critères d’ethnicité. Or, vous ne pouvez pas exister, dans une
société agraire comme l’est la société arabe, si vous ne pouvez pas étendre vos terres en
fonction du groupe démographique auquel vous appartenez. Voilà pour une de ces lois. »
« Et puis il y a la loi sur la citoyenneté, qui dit que les Palestiniens, qui peuvent avoir des
frères, des sœurs et de la parentèle dans l’ensemble du monde arabe, ne sont pas autorisés à
rejoindre leurs familles, alors que les juifs, dans le monde entier, ont le droit le plus absolu de
venir (en Israël, ndt) et qu’ils en sont les citoyens de plein droit du seul fait, et à partir du jour
même, de leur naissance.
« Troisième loi : la loi sur la sécurité sociale, qui dit que seuls les gens qui ont fait leur service
militaire sont éligibles de plein droit aux prestations sociales. Mais les Arabes ne sont pas
admis à faire le service militaire (à de rares exceptions près, comme par exemple les druzes),
et par conséquent, ils n’ont pas droit à la totalité des prestations sociales. Ce ne sont là que
quelques exemples de lois formelles. Mais il y a de nombreuses manifestations d’apartheid de
facto, à l’encontre de la population arabe, dans la manière dont le budget est distribué, dans
les traitements quotidiens que lui infligent les autorités, la police, etc. » [12].
Une question demeure pendante : comment diable se fait-il qu’Israël s’en tire à si bon
compte ? Pourquoi Israël, tous les jours que le Bon Dieu fait, continue à être qualifié de
« seule démocratie du Moyen-Orient, alors que ses citoyens arabes, non-juifs, se voient
interdire de résider dans 80 % de son territoire ? Comment se fait-il que pratiquement aucun
quotidien ne mentionne le fait que Jérusalem fait l’objet d’une véritable épuration ethnique ?
Jusqu’à un certain point, je pense que cela est dû à l’image d’Israël qui domine les médias
occidentaux depuis soixante ans. Que des non-juifs soient expulsés de leurs terres pour la
seule raison qu’ils ne sont pas juifs, cela semble tellement impensable que très peu de
personnes ont la capacité de le reconnaître.
Mais il y a un autre facteur, que l’on ne saurait négliger : le fait de critiquer Israël bousille
quasi à tout coup la carrière d’un journaliste. Le pouvoir du Lobby est le plus souvent ignoré,
ou bien (dans le meilleur des cas) il est sous-estimé. Les éditeurs sont terrorisés par l’idée de
se voir accuser de « parti-pris » par les lobbyistes pro-israéliens. Si vous m’aviez posé cette
question, il y a ne serait-ce qu’un an, je vous aurais rétorqué : « délire total ! » Mais après
avoir vu de quelle manière rédacteur en chef après rédacteur en chef, éditeur après éditeur ont
été visés et contraints à capituler, j’ai compris à quel point la situation est désastreuse. Même
si les médias ne sont pas contrôlés par des juifs, dans l’immense majorité des cas, le fait de
défendre les droits des Palestiniens est un acte politiquement incorrect, qui ne peut que vous
attirer de très gros ennuis.
Accusant le célèbre linguiste américain Noam Chomsky de minimiser l’influence du Lobby,
l’écrivain et animateur radio Jeff Blankfort avait décidé de demander a Professeur Shahak ce
qu’il en pensait. Shahak lui a répondu :
« J’ai le regret de dire que Chomsky, en dépit de ses merveilleuses qualités et de tout le travail
qu’il fait, est quelqu’un de tout à fait dogmatique, sur bien des sujets. Je ne doute pas que
l’erreur funeste qu’il commet en affirmant que l’Aipac [American Israel Public Affairs
Committee] importe peu, comme il le répète souvent, aide les sionistes, exactement comme
vous l’avez décrit d’une manière tellement limpide.» [13].
Les crimes de guerre commis dans les territoires occupés sont, dans une certaine mesure, des
informations qu’il est considéré légitime de rapporter (à la condition que cela ne soit pas fait
d’une manière par trop « biaisée » ou « anti-israélienne »), mais la dénonciation de l’apartheid
et du racisme caractérisé d’Israël reste une zone interdite. L’évêque Prix Nobel de la paix Mgr
Desmond Tutu a écrit :
« Mais vous savez aussi bien que moi que, d’une certaine façon, le gouvernement israélien est
mis sur un piédestal [aux Etats-Unis] et que le fait de le critiquer vous fait immédiatement
accuser d’antisémitisme, comme si les Palestiniens n’étaient pas des Sémites. Je ne suis pas
même anti-Blancs, en dépit de la folie de ce groupe humain. Comment se fait-il qu’Israël a
toujours collaboré avec le gouvernement d’apartheid, en matière sécuritaire ?
Dans notre pays [les Etats-Unis], les gens ont peur de dire que ce qui est inadmissible est
inadmissible parce que le lobby juif est puissant – extrêmement puissant. Bon. Et puis alors ?
So what ? Pour l’amour du Ciel, ce monde appartient à Dieu ! Nous vivons dans un univers
moral. Le gouvernement d’apartheid, en Afrique du Sud, était très puissant, mais aujourd’hui,
ce gouvernement n’existe plus. Hitler, Mussolini, Staline, Pinochet, Milosevič et Idi Amin
Dada étaient tous des dictateurs impitoyables, mais, à la fin des fins, ils ont tous mordu la
poussière… » [14].
Puisse la prophétie de l’Evêque devenir réalité !
Kristoffer Larsson
kristoffer.larsson@sobernet.nu
http://altahrir.blogspot.com/2006/01/apartheid-in-middle-east.html
=====
Notes :
[1] Law of Return, by Kristoffer Larsson; IMEMC, August 4, 2005;
http://www.imemc.org/index.php?option=com_content&task=view&id=13065&Itemid=0
[2] Le terme hébreu figurant sur la carte d’identité « israélienne » est « leom », qui signifie
« nation », ou « peuple ». Le terme signifiant nationalité est « netinut ».
[3] Je n’utilise pas ici l’expression « Arabe israélien » parce que 1) la majorité des Arabes
vivant en Israël sont des juifs, et non pas des Palestiniens et 2) les lois racistes d’Israël ne sont
pas discriminatoires envers les Arabes, mais seulement envers les non-juifs. La raison pour
laquelle l’expression « Arabe israélien » ou « Israélien arabe » est couramment utilisée est le
fait qu’un Arabe israélien non-juif est enregistré en tant qu’ « Arabe » au ministère israélien
de l’Intérieur, alors qu’un juif arabe est enregistré en tant que « juif ».
[4] La Loi fondamentale d’Israël est désignée par Shahak sous l’intitulé de « lois
constitutionnelles », qu’il définit comme « un ensemble de lois surpassant les attendus
d’autres lois et qui ne peuvent être révoquées que par une procédure exceptionnelle ». Elles
sont appelées Lois fondamentales parce qu’Israël n’a pas de constitution :
http://www.knesset.gov.il/description/eng/eng_mimshal_yesod.htm
[5] Basic Law: The Knesset; http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic2_eng.htm
[6] Analysis of Israeli Policies: The Priority of the Ideological Factor, by Israel Shahak;
http://www.nimn.org/Perspectives/israeli_voices/000242.php?section=Israeli%20Voices
[7] Basic Law: Israel Lands; http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic13_eng.htm
[8] Rapport de l’association Adalah; http://www.adalah.org/eng/intladvocacy/CESCR-
land.pdf
[9] Basic Law: Jerusalem, Capital of Israel;
http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic10_eng.htm
[10] Sharon's Final Solution, par Kristoffer Larsson; peacepalestine, 27 October 2005 (en
anglais); http://peacepalestine.blogspot.com/2005/10/sharons-final-solution-by-kristoffer.html
[11] 60% of Arab Israeli children are poor; Globes online, 10 août 2005.
[12] Interview d’Ilan Pappe par Don Atapattu; peacepalestine documents, 13 juillet 2005;
http://peacepalestinedocuments.blogspot.com/2005/09/ilan-pappe-interview-by-don-
atapattu.html
[13] Damage Control: Noam Chomsky and the Israel-Palestine Conflict, par Jeffrey
Blankfort; in Left Curve no. 29; http://www.leftcurve.org/LC29WebPages/Chomsky.html
[14] Apartheid in the Holy Land, par Desmond Tutu; in The Guardian, 29 Avril 29;
http://www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4403427,00.html
* Cet article a été plaisamment repris (en anglais), le 21 septembre 2009, par le site ultra-
sioniste de l’Union des Patrons (et des Professionnels) Juifs de France – UPJF, avec ce subtil
commentaire de M. Menahem Macina, un grand Lettré :
Incitation à la haine
Israeli Apartheid in the Middle East, By Kristoffer Larsson
Au pilori de la haine anti-israélienne (Menahem Macina). L'auteur est étudiant en théologie -
si vous voyez ce que je veux dire. Il avait 22 ans lors de la rédaction de cet article, il en 25
aujourd'hui. Comme disait Corneille, révisé par mes soins, "mais aux âmes [damnées], la
valeur n'attend pas le nombre des années"... (Menahem Macina).
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-17142-109-1-israeli-apartheid-middle-east-
kristoffer-larsson.html
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Israeli Apartheid in the Middle East
By Kristoffer Larsson
Al-Tahrir, January 2006
http://www.aljazeerah.info/Opinion%20editorials/2006%20Opinion%20Editorials/January/13
%20o/Israeli%20Apartheid%20in%20the%20Middle%20East%20By%20Kristoffer%20Larss
on.htm
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-17142-109-1-israeli-apartheid-middle-east-
kristoffer-larsson.html
"I consider Zionism to be a mental illness which makes otherwise decent folks behave like
Nazis or Afrikaners"
Jeff Blankfort
After wiping Palestine off the map and expelling over 700,000 Palestinians from their homes,
confiscating the land they've lived on for generations, Israel still had a considerable
Palestinian minority within its borders. Set to realise the dream of creating a state for Jews
only, which had obviously failed, Apartheid laws were imposed in order to make the non-
Jewish citizens of the Jewish state to leave.
Many leading human rights defenders have correctly referred to the situation in the West
Bank and Gaza Strip as Apartheid. Collective punishment, house demolitions, settlements for
Jews only, prices on electricity and water several times higher for Palestinians than Jewish
settlers; the Apartheid on the occupied territories is obvious.
Still, I find it strange that the inequality for the Palestinians within the state of Israel is
neglected. In some perspectives, their rights within Israel proper today are more limited than
in the territories conquered in 1967.This is due to the way the state of Israel is set up. When
people hear Israel being referred to as a 'Jewish state', they tend to interpret it as if Israel is a
state with a Jewish majority. That's true. But there's more to it. The principle of a Jewish state
says that Israel 'belongs to' the Jewish people, meaning that every Jew has a right to
immigrate to Israel while non-Jews don't (unless they marry an Israeli Jew). As a result of
this, Israel does not 'belong to' any non-Jew, not even its non-Jewish citizens. [1]
In fact, the Jewish state does not recognise an Israeli nationality. The Israeli ID-card has a
clause marking the 'nationality' of the holder [2]. However, among the 140 nationalities Israel
recognises, 'Israeli' is not one of them. Rather, the ID-card marks ethnicity, revealing if you
are a 'Jew', 'Arab', 'Druze', or whatever the holder is registered as at the Ministry of Interior.
Just this shows that Israel has a need of defining who is a Jew and who isn't. Note that one
doesn't have to be religious in a way to be a Jew, or even feel Jewish. A Jew is a Jew because
he has a Jewish mother. Arab, American, Asian, Africa or Swedish - it doesn't matter. A Jew
is a Jew through his or her blood. Obviously, the Zionists think the Jew should have different
rights from the non-Jew (at least in Israel/Palestine), just because of his blood. This proves
that the Zionists feel a need to distinguish Jews from non-Jews. And if they didn't think Jews
were different from non-Jews through the blood, they wouldn't adopt discriminating laws
against non-Jews in Israel/Palestine [3].
It's truly amazing to see how Jewish survivors of World War II (on good grounds) demand to
be compensated for property that was confiscated by the Nazis, while they themselves do not
mind living on stolen Palestinian land. It is as if international law doesn't apply to the Jewish
National Home. Zionist Jews are in general supporters of democracy and equal rights
everywhere in the world - except for the Holy land. This is what Zionism is all about - a
'Jewish' state solely for Jews. Scary perhaps, but evident to whoever has studied Zionism.
Israel adopted a Basic Law [4] in 1985 prohibiting parties to participate in the elections if they
are opposed to "the existence of the State of Israel as the state of the Jewish people."[5] Note
that it isn't opposition to Israel's existence that causes banning; it is disbelief in "the state of
the Jewish people." In other words, those who don't want the state to be only for the Jews, but
instead for all its citizens, are hence forbidden from running for office. It is the same as if
South Africa would have had adopted a Basic Law forbidding candidates to run for office if
they opposed the White Apartheid system.
In his book Jewish History, Jewish religion - The Weight of Three Thousand Years, late
Professor Israel Shahak noted:
"In 1956 I eagerly swallowed all of Ben-Gurion's political and military reasons for Israel
initiating the Suez War, until he (in spite of being an atheist, proud of his disregard of the
commandments of Jewish religion) pronounced in the Knesset on the third day of that war,
that the real reason for it is 'the restoration of the kingdom of David and Solomon' to its
Biblical borders. At this point in his speech, almost every Knesset member spontaneously rose
and sang the Israeli national anthem. To my knowledge, no zionist politician has ever
repudiated Ben-Gurion's idea that Israeli policies must be based (within the limits of
pragmatic considerations) on the restoration of the Biblical borders as the borders of the
Jewish state. Indeed, close analysis of Israeli grand strategies and actual principles of foreign
policy, as they are expressed in Hebrew, makes it clear that it is 'Jewish ideology', more than
any other factor, which determines actual Israeli policies."
This 'Jewish ideology', or Judaism as interpreted by Zionists, states that only the Jews "have
the right over the entire Land of Israel," to quote Yitzhak Rabin [6]. Non-Jews are prevented
from buying or renting land on more than 80% of the state of Israel within the Green Line
(this also applies to land under Israeli control in the occupied territories). 93.7% of the land in
Israel is defined as 'Israel lands' [7] and is either owned by the Israeli state, the Development
Authority or the Keren Kayemeth Le-Israel (The Jewish National Fund, JNF). This national
land is property that was confiscated by the Zionists - except for a few per cent which was
bought by the JNF - and the Palestinians nowadays only own about 3.5% of the land in Israel,
which is half of the private-owned land.
The JNF acts by the principle that only Jews are allowed to live on its land. However, cases
where the right of Palestinians to live on JNF-owned land have been tried have (at least in
recent years) been won by the Palestinians, thus given even non-Jewish citizens access to the
land [8].
But if there is no legal problem for Palestinians to live on all land in Israel, why are they then
in practise prevented from residing on over 80% of the soil? I can only come up with one
logical explanation: mere racism. Jewish landlords simply don't rent to Israeli citizens
registered as 'Arab'. I can't help thinking that the term 'Judeo-Nazi' as coined by Professors
Yeshayahu Leibowitz and Israel Shahak is an appropriate description for this fascism.
This Apartheid policy is strictly followed in most parts of the country, with Jerusalem being a
good example. Sharon was clear when he said that Israel "will not negotiate Jerusalem" and
that the city is "the Israeli capital, which is united and indivisible for eternity."
In 1980, the Knesset adopted a Basic Law saying that "Jerusalem, complete and united, is the
capital of Israel."[9] 'Complete and united' cannot mean anything but including East
Jerusalem, which matches the route of the Apartheid Wall (in fact, it also incorporates part of
the West Bank, creating a Jerusalem greater - and perhaps more Jewish - than ever before).
The 'Judaizing' of Jerusalem is another word for ethnically cleansing it, making it as Jewish as
possible.[10] A Palestinian born in East Jerusalem who has moved abroad is forbidden to
return, while a Jew who has never sat foot in the city can move back and forth as he likes. Can
you picture Jews being forbidden to return to Washington DC just because they are Jews?
Probably not, and that's good. The question is how Israel gets away with it. And why does
almost no newspaper or magazine in Europe and North America ever write about it?
Following the racist set-up in Israel, the living conditions for Arab Israelis are not surprisingly
much lower than for Jews. In fact, almost half the Arab Israeli families are poor (48%). A
third of the Israeli children live in poverty, while the figure reaches a terrifying 60% among
Palestinian Israeli children.[11] The Palestinians are constantly encouraged to leave.
Professor of Political Science at Haifa University and a true supporter of the Palestinians, Ilan
Pappe in an interview well summarised the racist laws against the Palestinians in Israel:
"For example, the law of the land, which says that 94% of the land in Israel belongs to the
Jewish people alone, not to the state of Israel, and therefore 20% of the population - the Arabs
- are barred from this land. Although the Arab population in Israel tripled compared to the
Jewish population, there has not been one new Arab settlement or village built, while there are
hundreds of new Jewish, towns, villages and settlements. So this is discrimination on the basis
of ethnicity on land rights. You cannot exist in an agricultural society like the Arab one, if you
are not allowed to expand according to your demographic group. That's one law.
Then there is the law of citizenship, which says that Palestinians who may have brothers and
sisters and relatives all over the Arab world are not allowed to reunite with their families, but
Jews all around the world have all the rights to come and become full citizens from the
moment they are born.
The third one is the law of social welfare, which says that only people who have served in the
army are entitled to the full welfare social system. Now, the Arabs are not allowed to serve in
the army [with few exceptions, as with the Druze], and therefore they are not allowed full
social services. And these are just the formal laws. There are many de facto manifestations of
apartheid in the way towards the Arab population in the way that the budget is distributed; in
the basic treatment by the authorities; the police; and so on."[12]
One question remains: How the hell does Israel get away with all this? Why is Israel, time
after time, being called 'the only democracy in the Middle East', while its non-Jewish Arab
citizens are forbidden to live on 80% of its land? How come almost no newspaper ever
mentions that Jerusalem is being ethnically cleansed?
To some extent, I believe this is because of the image of Israel that has dominated Western
media during the last 60 years. Non-Jews being banned from land just because of who they
are sounds so unthinkable that very few are able to believe it.
But there's another factor that cannot be overseen: Criticising Israel is likely to damage a
journalist's career. The power of the lobby is often ignored or (in best case) underestimated.
Editors are afraid of being accused of 'bias' by the pro-Israeli lobbyists. If you would have
asked me a year ago, I would have said that this is pure rubbish. But after witnessing how
editor after editor, publisher after publisher, are being targeted and forced to fold back, I have
realised how bad the situation really is. Even if the media isn't owned by Jews, as in most
cases, defending Palestinian rights is a politically incorrect act that likely means trouble.
Accusing Professor Noam Chomsky of disregarding the influence of the lobby, writer and
radio show host Jeff Blankfort decided to ask Professor Shahak for his opinion on the matter.
Shahak answered:
"I had the same, only greater, differences of opinion with Noam Chomsky, who is my
personal friend for quite a time, on the subject of AIPAC and the influence of the Jewish
lobby in general as you have. What is more, a number of mutual friends of Chomsky and me
have also tried to influence him, in vain, on that point.
I am afraid that he is, with all his wonderful qualities and the work he does, quite dogmatic on
many things. I have no doubt that his grievous mistake about the lack of importance of
AIPAC, which he repeats quite often, helps the Zionists very much as you so graphically
described."[13]
War crimes on occupied territories is to some extent legitimate news to report on (under the
condition that it isn't too 'biased' or 'anti-Israeli'), but exposing Israel's Apartheid and plain
racism is still restricted area. Bishop and Nobel Peace Prize winner Desmond Tutu wrote:
"But you know as well as I do that, somehow, the Israeli government is placed on a pedestal
[in the US], and to criticise it is to be immediately dubbed anti-semitic, as if the Palestinians
were not semitic. I am not even anti-white, despite the madness of that group. And how did it
come about that Israel was collaborating with the apartheid government on security measures?
People are scared in this country [the US], to say wrong is wrong because the Jewish lobby is
powerful - very powerful. Well, so what? For goodness sake, this is God's world! We live in a
moral universe. The apartheid government was very powerful, but today it no longer exists.
Hitler, Mussolini, Stalin, Pinochet, Milosevic, and Idi Amin were all powerful, but in the end
they bit the dust."[14]
Let's hope the Bishop's prophecy will come to pass.
Kristoffer Larsson
kristoffer.larsson@sobernet.nu
http://altahrir.blogspot.com/2006/01/apartheid-in-middle-east.html
[1] Law of Return, by Kristoffer Larsson; IMEMC, August 4, 2005;
http://www.imemc.org/index.php?option=com_content&task=view&id=13065&Itemid=0
[2] The Hebrew term used in the ID-card is 'leom', which means 'nation' or 'people'. Another
word for nationality is 'netinut'.
[3] I don't use the term 'Israeli Arab' here because 1) the majority of Arabs in Israel are Jews
and not Palestinians and 2) the racist laws in Israel are not discriminatory against Arabs, but
against non-Jews. The reason why 'Israeli Arab' (or 'Arab Israeli') is commonly used is that a
non-Jewish Arab Israeli is registered as 'Arab' at the Israeli Ministry of Interior, while an Arab
Jew is registered as 'Jew'.
[4] Israeli Basic Laws is by Shahak referred to as 'Constitutional laws', which he defines as "a
law overriding provisions of other laws, which cannot be revoked except by a special
procedure." They are called Basic Laws as Israel lacks a constitution. Read more on:
http://www.knesset.gov.il/description/eng/eng_mimshal_yesod.htm
[5] Basic Law: The Knesset; http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic2_eng.htm
[6] Analysis of Israeli Policies: The Priority of the Ideological Factor, by Israel Shahak;
http://www.nimn.org/Perspectives/israeli_voices/000242.php?section=Israeli%20Voices
[7] Basic Law: Israel Lands; http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic13_eng.htm
[8] Report by Adalah; http://www.adalah.org/eng/intladvocacy/CESCR-land.pdf
[9] Basic Law: Jerusalem, Capital of Israel;
http://www.knesset.gov.il/laws/special/eng/basic10_eng.htm
[10] Sharon's Final Solution, by Kristoffer Larsson; peacepalestine, October 27, 2005;
http://peacepalestine.blogspot.com/2005/10/sharons-final-solution-by-kristoffer.html
[11] 60% of Arab Israeli children are poor; Globes online, August 10, 2005.
[12] Ilan Pappe Interview by Don Atapattu; peacepalestine documents, July 13, 2005;
http://peacepalestinedocuments.blogspot.com/2005/09/ilan-pappe-interview-by-don-
atapattu.html
[13] Damage Control: Noam Chomsky and the Israel-Palestine Conflict, by Jeffrey Blankfort;
Left Curve no. 29; http://www.leftcurve.org/LC29WebPages/Chomsky.html
[14] Apartheid in the Holy Land, by Desmond Tutu; The Guardian, April 29, 2002;
http://www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4403427,00.html
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