Ensemble canonique I - Statistique sur un nombre fini d'états

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Pr´paration ` l’Agr´gation de Sciences Physiques                                  c
                                                                              Fran¸ois Levrier
ENSP - Montrouge


            Physique Statistique - Corrig´ du TD 2
                                         e
                                Ensemble canonique
                                      18 octobre 2005



                                    e
I - Statistique sur un nombre fini d’´tats quantiques
1. Chacune des deux particules peut ˆtre dans l’un des trois ´tats individuels |0 , |1 et
                                         e                          e
|2 , mais le nombre d’´tats quantiques possibles pour l’ensemble des deux particules d´pend
                       e                                                                e
                          e e
de la statistique consid´r´e. Dans le cas de la statistique de Maxwell-Boltzmann avec des
                                       e                          e                   e
particules discernables, le nombre d’´tats quantiques du syst`me est simplement ´gal au
                        e
produit du nombre d’´tats individuels de chaque particule, donc ΩMBD = 9. Lorsque les
                                                                                   e
particules sont des indiscernables, il faut prendre en compte le postulat de sym´trisation.
Les ´tats |a ⊗ |b et |b ⊗ |a sont alors indistincts et ne doivent ˆtre compt´s qu’une fois.
     e                                                                e         e
D’autre part, si les particules sont des bosons, les ´tats de la forme |a ⊗ |a sont autoris´s,
                                                     e                                      e
    u                                     e                                        e
d’o` ΩBE = 6. Enfin, lorsqu’on consid`re la statistique de Fermi-Dirac, il faut ´galement
ignorer ces ´tats |a ⊗ |a , ce qui implique que ΩFD = 3.
             e
                                    e                                        e
2. La fonction de partition est d´finie comme la somme, sur tous les ´tats du syst`me,     e
                           u        e               e           e           e e
des termes exp (−βE) o` E est l’´nergie du syst`me dans l’´tat consid´r´. En utilisant le
  e                               e e             e                       e
d´nombrement de la question pr´c´dente et en ´crivant le tableau des ´nergies E,
                                                     MBD      BE    FD
                        |0   ⊗ |0   −→     E   =0     1        1     0
                        |0   ⊗ |1   −→     E   =      2        1     1
                        |0   ⊗ |2   −→     E   =2     2        1     1
                        |1   ⊗ |1   −→     E   =2     1        1     0
                        |1   ⊗ |2   −→     E   =3     2        1     1
                        |2   ⊗ |2   −→     E   =4     1        1     0
                                                  e                                e e
on obtient les fonctions de partition suivantes, d´pendant de la statistique consid´r´e,

  ZMBD = 1 + 2ξ + 3ξ 2 + 2ξ 3 + ξ 4      ZBE = 1 + ξ + 2ξ 2 + ξ 3 + ξ 4   ZFD = ξ + ξ 2 + ξ 3 .

        e                                e
On a pos´ ξ = exp (−β ) pour simplifier l’´criture. Dans la statistique de Maxwell-Boltzmann,
                                              e                                         u
on peut introduire les effets d’indiscernabilit´ en divisant la fonction ZMBD par 2!, d’o`

              1
      ZMB =     1 + 2ξ + 3ξ 2 + 2ξ 3 + ξ 4 ,
              2

ce qui ne redonne pas la fonction de partition de la statistique de Bose-Einstein, du fait de
              e      u                              e   e
l’existence d’´tats o` les particules sont dans le mˆme ´tat individuel. Ceux-ci existent dans
                                   e                 e
les deux statistiques, et ont le mˆme nombre de r´alisations dans les deux cas, nombre qui
            e          e                                                  e
ne doit pas ˆtre modif´ par le facteur de Gibbs. On retrouve le fait, not´ au TD 1, que la
                                                                 e
division par N ! ne rend compte correctement de l’indiscernabilit´ que lorsque les particules
              e
occupent des ´tats quantiques individuels distincts.
     e                       e                       e e     e
3. L’´nergie interne est donn´e par la moyenne pond´r´e des ´nergies macroscopiques,

                          1                              1 ∂Z    1 ∂Z ∂ξ   ξ ∂Z
     U=         Pl El =             El exp (−βEl ) = −        =−         =      .
                          Z                              Z ∂β    Z ∂ξ ∂β   Z ∂ξ
            l                   l

                                    e e
En fonction de la statistique consid´r´e, on a alors

                           ξ 2 + 6ξ + 6ξ 2 + 4ξ 3
     UMBD = UMB =                                    , pour la statistique de Maxwell-Boltzmann,
                          1 + 2ξ + 3ξ 2 + 2ξ 3 + ξ 4


                ξ 1 + 4ξ + 3ξ 2 + 4ξ 3
      UBE =                                     , pour la statistique de Bose-Einstein,
                1 + ξ + 2ξ 2 + ξ 3 + ξ 4

                ξ 1 + 2ξ + 3ξ 2
      UFD =                            , pour la statistique de Fermi-Dirac.
                  ξ + ξ2 + ξ3

Dans la limite des hautes temp´ratures, soit pour β → 0 et donc ξ → 1, on a
                              e

      lim UMB = lim UBE = lim UFD = 2 .
      ξ→1          ξ→1               ξ→1


             e          c                          e              e                 e
On l’interpr`te de la fa¸on suivante: La probabilit´ Pl de chaque ´tat l devient ind´pendante
            e                                                             e
de la temp´rature, et la fonction de partition tend vers le nombre d’´tats accessibles Ω.
                                                         e                               e
L’nergie interne tend donc vers la valeur moyenne des ´nergies accessibles, qu iest la mˆme
                                     e e
quelle que soit la statistique consid´r´e.
`
A basse temp´rature, soit β → ∞ et donc ξ → 0, on a des comportements diff´rents suivant
               e                                                                e
la statistique, puisque

      lim UMB = lim UBE = 0                et    lim UFD =    .
      ξ→0          ξ→0                          ξ→0


                                                                e      e
Dans les deux premiers cas, les deux particules sont dans l’´tat d’´nergie nulle, alors que
dans le cas de fermions, l’une des particules est dans l’´tat |0 et l’autre dans l’´tat |1 .
                                                         e                         e


II - Pression de sublimation d’un corps pur
Description du gaz

          ea       e                        e e
1. On a d´j` calcul´, au TD 1, que la densit´ d’´tats d’une particule libre de masse m dans
      ıte                       e                   e
une boˆ de volume V est donn´e, en fonction de l’´nergie , par

            V m3/2        1/2          1/2                m3/2
     ρ( ) = √                   = AV            avec A = √
             2π 2 3                                        2π 2 3
                                    e a                                                        e
2. La fonction de partition z associ´e ` une particule de gaz se calcule en utilisant la densit´
  e                               e
d’´tats ci-dessus, comme une int´grale qui est la limite continue de la formule classique de
                    e
sommation sur les ´tats discrets, soit
                  ∞                              ∞                              ∞
                                                                 2AV                   2
       z=         ρ( )e−β d = AV                  1/2 −β
                                                    e      d =                  x2 e−x dx   en posant β = x2 .
              0                              0                   β 3/2      0
                                                                                            √
         e                              e
Cette int´grale peut se calculer par int´gration par partie, et elle vaut                                 e
                                                                                             π/4. Par cons´quent,

          √
       AV π     V                                   2π 2
  z=      3/2
              = 3               avec        Λ=                   la longueur d’onde thermique de de Broglie.
       2β      Λ                                    mkB T

                      e             e e
3. Comme l’a montr´ l’exercice pr´c´dent, pour calculer la fonction de partition associ´e `e a
                                                                  e             e
l’ensemble des Ng particules constituant le gaz, il faut pouvoir d´nombrer les ´tats suivant la
                     e                                   e e
statistique appropri´e. Or le calcul exact dans le cas g´n´ral est impossible, dans le cadre du
                                                    e                               e
formalisme canonique, du fait de l’indiscernabilit´ des particules. Une possibilit´ de calcul
         e         a
approch´ consiste ` utiliser l’approximation de Maxwell-Boltzmann. Pour cela, on part du
      u                                                     e e         a
cas o` les Ng particules sont discernables, et donc num´rot´es de 1 ` Ng . La fonction de
                e a         e                  e
partition associ´e ` ce syst`me est alors donn´e par la somme
        (d)
       Zg =               exp (−βEl ),
                      l

o` l = λ1 ⊗ . . . ⊗ λNg d´signe un ´tat microscopique du syst`me, et les λi sont les ´tats
 u                        e         e                           e                      e
                                                           e              e     a
individuels de chaque particule. Comme d’autre part l’´nergie El est ´gale ` la somme
    e                                                               e
des ´nergies individuelles des particules, puisque le gaz est suppos´ parfait, on peut alors
factoriser
        (d)
       Zg =               exp (−β   λ1 )   × ...×         exp (−β   λNg )   = z Ng ,
                   λ1                               λNg

        e e       e                                                     e
la derni`re ´galit´ exprimant le fait que toutes les particules ont la mˆme fonction de partition
individuelle. L’approximation de Maxwell-Boltzmann prend en compte l’indiscernabilit´ en     e
                                              ea
divisant par le facteur Ng !, comme on l’a d´j` dit,

                  z Ng
       Zg =            .
                  Ng !

                e                 e                                      e    e
Ceci est justifi´ si la probabilit´ que deux particules soient dans le mˆme ´tat quantique
                  e                                                                      e
individuel est tr`s faible. Cela sera le cas si le nombre moyen Nλ de particules dans un ´tat
     e              e                                      e        e
donn´ λ est lui-mˆme petit devant 1. Or, les particules ´tant ind´pendantes, ce nombre est
e    a                       e                               e
´gal ` Ng fois la probabilit´ qu’une particule soit dans cet ´tat, soit
                              Ng −β λ
       Nλ = Ng Pλ =             e     .
                              z
                                   e                            e e            e
Ce nombre est petit devant un d`s lors que cette condition est r´alis´e pour l’´tat fonda-
                             e            e
mental, qui est le plus peupl´, et dont l’´nergie est nulle,
              Ng   Ng Λ3
       N0 =      =                     1.
              z     V
                                                        a            e           a
L’approximation de Maxwell-Boltzmann est donc valable ` faible densit´ Ng /V et ` haute
temp´rature, puisque Λ ∝ T −1/2 . Remarquons que l’on aboutit exactement ` ce r´sultat en
      e                                                                  a     e
utilisant la fonction de partition Zg , puisque

                1                                                            1 ∂(ln Zg )
      Nλ =                    Nλ exp −β               Nλ      λ       =−                 .
                Zg                                                           β ∂ λ
                       {λ }                      λ

                                                                       e
4. Dans le cadre de l’approximation de Maxwell-Boltzmann, on a alors l’´nergie libre

      Fg = −kB T ln Zg = −Ng kB T ln z + Ng kB T ln Ng − Ng kB T.

Soit, en explicitant la fonction de partition individuelle z,

                                       V         3         mkB T
      Fg = −Ng kB T ln                       +     ln                    +1      .
                                       Ng        2         2π 2

            e                                                             e e
On peut en d´duire le potentiel chimique particulaire du gaz, qui est la d´riv´e partielle de
               a                      e      a               e
Fg par rapport ` Ng , les autres param`tres, ` savoir T et V ´tant constants,

                  ∂Fg                                    V            3       mkB T
      µg =                           = −kB T ln                   +     ln                   .
                  ∂Ng         T,V                        Ng           2       2π 2



Description du solide

         e                                                                           e
1. En m´canique quantique, un oscillateur harmonique unidimensionnel est un syst`me dont
les ´tats sont discrets et rep´r´s par un entier n 0, tels que l’´nergie de l’´tat |n est
    e                         e e                                e            e

                        1
       n   =    n+              ω      u
                                      o` ω est la pulsation de l’oscillateur.
                        2
              e               e        e           e           e
Dans le mod`le du solide d´crit ici, l’´tat du syst`me constitu´ de 3Ns oscillateurs har-
                 e                       e e
moniques de mˆme pulsation est caract´ris´ par un ensemble de 3Ns entiers ni        0, et
  e              e             e
l’´nergie de cet ´tat est donn´e par
                               3Ns
                                             1
      E = −Ns E0 +                    ni +           ω                       e             e
                                                         en n’oubliant pas l’´nergie de coh´sion par atome.
                               i=1
                                             2

                                e
La fonction de partition du syst`me est alors une somme sur toutes les combinaisons
                                                                                 3Ns
                                                                                                 1
      Zs =             exp (−βE) = exp (βNs E0 )                      exp −β           ni +          ω .
                                                                                 i=1
                                                                                                 2
               {ni }                                          {ni }

                           e                                    e
En sortant les facteurs ind´pendants de la combinaison particuli`re choisie, on a
                                                           3Ns
                                         3
      Zs = exp βNs E0 −                    ω                      exp (−β ωni ).
                                         2
                                                     {ni } i=1
                           e
Le dernier facteur peut s’´crire comme le produit de “fonctions de partitions” - au facteur
           e          e a
constant pr`s - associ´es ` chacun des 3Ns oscillateurs, qui sont toutes identiques,
                                            ∞                      3Ns
                                3
      Zs = exp βNs E0 −           ω                exp (−β ωni )         ,
                                2          ni =0

                                    e     e e
et en effectuant la sommation de la s´rie g´om´trique, on obtient la fonction de partition
      e                     e e
associ´e au solide ainsi mod´lis´,
                                                               3Ns
                                  3                1
      Zs = exp βNs E0 −             ω                                .
                                  2         1 − exp (−β ω)

     e                           e                                 e
2. L’´nergie libre du solide se d´duit en utilisant la formule de d´finition
                                                     3
      Fs = −kB T ln Zs = −kB T βNs E0 −                ω + kB T 3Ns ln [1 − exp (−β ω)],
                                                     2
                      e
soit, en simplifiant l’´criture,

                          3                             ω
      Fs = −Ns E0 −         ω + 3Ns kB T ln 1 − exp −                         .
                          2                           kB T

On en tire le potentiel chimique particulaire du solide,

              ∂Fs                     3                          ω
      µs =               = −E0 +        ω + 3kB T ln 1 − exp −                    .
              ∂Ns    T                2                        kB T


´
Equilibre solide-gaz

                  e                                              e
1. Dans l’hypoth`se d’un couplage faible entre les deux sous-syst`mes, on peut simplement
e            e
´crire que l’´nergie libre F est la somme F = Fg + Fs , soit

           Ng       V          3          m                              3      Ns
   F =−       ln           +     ln                + 1 − Ns E0 −           ω +3    ln 1 − e−β        ω
                                                                                                             .
           β        Ng         2        2π 2 β                           2      β

                   e                                                  e
2. La condition d’´quilibre solide-gaz se traduit par un minimum de l’´nergie libre du
    e                                  e       e                          e
syst`me. Le volume ainsi que la temp´rature ´tant constants, le seul param`tre interne
est le rapport entre le nombre d’atomes sous forme gazeuse et le nombre d’atomes sous
                                            e                                 e
forme solide, le nombre total N = Ns + Ng ´tant fixe. Choisissant comme param`tre Ng ,
on cherche donc la condition pour que
      ∂F    ∂(Fg + Fs )   ∂Fg   ∂Fs   ∂Fg   ∂Fs
          =             =     +     =     −     = µg − µs = 0,
      ∂Ng      ∂Ng        ∂Ng   ∂Ng   ∂Ng   ∂Ns
puisque dNg = −dNs par conservation de la mati`re. L’´quilibre solide-gaz est donc atteint
                                                 e       e
                                      e            e     e e
lorsque les potentiels chimiques sont ´gaux. Cette ´galit´ s’´crit
              3                          ω                                   V        3      mkB T
      −E0 +     ω + 3kB T ln 1 − exp −                    = −kB T ln              +     ln               ,
              2                        kB T                                  Ng       2      2π 2
ce qui se traduit par une condition sur le nombre de particules gazeuses, puisque

            3                                           Ng Λ3
      −βE0 + β ω + 3 ln 1 − e−β              ω
                                                 = ln         ,
            2                                            V

               e
et que par cons´quent on doit avoir

                                                                          3
             V          E0    3 ω                                    ω
      Ng =     3
                 exp −      +                     1 − exp −                   .
             Λ         kB T   2 kB T                               kB T

                                       e
3. Cette condition peut parfaitement s’´crire en utilisant la pression de vapeur P puisque

                                                                                                     3
            Ng kB T                          kB T        E0    3 ω                              ω
      P =               d’o`
                           u     P (T ) =       3
                                                  exp −      +                    1 − exp −              .
              V                               Λ         kB T   2 kB T                         kB T

4. La chaleur latente molaire de sublimation est d´finie par la relation L(T ) = T (sg − ss ) o`
                                                    e                                         u
sg et ss sont les entropies molaires de la phase gazeuse et de la phase solide, respectivement.
                              a             e
Celles-ci peuvent se calculer ` partir de l’´nergie libre, puisque

             ∂F                             NA ∂Fg                    NA ∂Fs
      S=−             et donc    sg = −                 et   ss = −          .
             ∂T                             Ng ∂T                     Ns ∂T

                            e
Partant des expressions des ´nergies libres Fs et Fg , on a d’une part,

                            V        3       mkB T           5
      sg = NA kB ln              +     ln               +      ,
                            Ng       2       2π 2            2

               a
ce qui revient ` retrouver la formule de Sackur-Tetrode. En ce qui concerne la phase solide,

                3 ω        1                                  ω
      ss = NA                         − 3NA kB ln 1 − exp −                         .
                 T exp ( ω/kB T ) − 1                       kB T

En introduisant θ = ω/kB et R = NA kB , on obtient alors la chaleur latente,

                             V           5 3θ        1                         θ
      L(T ) = RT       ln            +     −                  + 3 ln 1 − exp −                   .
                            Ng Λ3        2   T exp (θ/T ) − 1                  T

         e e        e                          a e
Or, d’apr`s l’´galit´ des potentiels chimiques ` l’´quilibre, on a

                            θ             V               3
      3 ln 1 − exp −             + ln              = βE0 − β ω,
                            T            Ng Λ3            2

           e
et par cons´quent, on obtient finalement

                5             Rθ                 3
      L(T ) =     RT − 3                + NA E0 − Rθ .
                2        exp (θ/T ) − 1          2

						
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