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La courbe de Philips

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					Thème 4 : La

courbe de Philips

1. L’interprétation keynésienne : la relation inflation salariale/chômage

1. L’interprétation monétariste : Illusion monétaire, rigidité à long terme et chômage naturel

1. La courbe de Phillips
En 1958, A.W. Phillips constate Tx de variation des une relation décroissante entre salaires nominaux inflation salariale (taux de croissance des salaires nominaux) et le taux de chômage : A « l’équilibre » on obtient le NAWRU (non accelerating wage rate of unemployment) équivalent pour la période étudiée par Phillips à 5,5 %. NAWRU Cette relation s’explique par le fait 2 % qu’au delà d’un certain niveau de 5,5% chômage, les salariés ne sont plus en position de force pour exiger 2,5 % une hausse des salaires, et le partage des gains de productivité Tx de chômage s’effectue en faveur des entreprises.

1.1. L’interprétation keynésienne
Les keynésiens (R. Lipsey) Tx de croissance réinterprètent la courbe de Tx de variation du des salaires niveau des prix Phillips comme une relation nominaux entre Inflation et Chômage. En effet il y a de très fort lien entre progression des salaires nominaux et l’inflation (inflation par la U* demande et inflation par les 0 2 coûts).
Tx de chômage

Taux d’inflation = tx croissance salaires nominaux – tx croissance de la productivité

Le mécanisme de la courbe Phillips : L’ajustement lent des salaires nominaux
Les salaires nominaux doivent augmenter moins vite que l’inflation (indexation partielle).
1. Hausse de l’inflation 2. Baisse du salaire réel

5. Hausse des salaires nominaux

Temps d’ajustement

3. Hausse demande de travail
Anticipation activité future

4. Baisse du chômage
Anticipation inflation

incertitude

L’inflation effective > inflation anticipée
• Principe général : Il y a diminution du chômage si l’inflation effective (I e) est supérieure à l’inflation anticipée (I a).  Il y a ainsi rigidité à court terme des salaires nominaux.

• Le taux de chômage d’équilibre (U*) est atteint dans le cas particulier où Inflation anticipée est égale à l’inflation effective (I a = I e ).  Correspond au cas où les salariés ont parfaitement anticipé l’inflation : ils n’ont pas été victimes de l’illusion monétaire.

1.2. La politique économique et la courbe de Phillips : le dilemme inflation/chômage
P. Samuelson et R. Solow réinterprètent La courbe de Phillips comme une « contrainte » d’inflation/chômage à partir de laquelle les pouvoirs publics doivent arbitrer entre leur préférence (courbe d’indifférence) pour la maîtrise des prix ou le plein emploi
Tx de variation du niveau des prix

 P/P

U

U*

Tx de chômage

Leçons keynésiennes de la courbe de Phillips pour la politique économique conjoncturelle
• Dilemme inflation/Chômage : Les pouvoirs publics vont devoir arbitrer entre taux de chômage et taux d’inflation. • La politique de relance keynésienne basée sur la baisse des taux d’intérêt (pour favoriser l’investissement par emprunt), trouve une seconde justification : le risque d’inflation induit par une baisse des taux d’intérêt permet, sous réserve d’une anticipation erronée des agents, d’accroître la demande de travail. • Inversement une politique de désinflation accroît le taux de chômage.

L’analyse régulationniste : le cercle vertueux du régime de croissance fordiste

Source : Aglietta 1998

2. L’interprétation Monétariste de la courbe Phillips
Selon M. Friedman, à long terme, les salariés ne sont plus victimes de l’illusion monétaire : à LT, les salaires nominaux s’ajustent (rattrapage du pouvoir d’achat/ indexation parfaite). Hausse des salaires nominaux = inflation ⇨ Salaire réel est constant = salaire nominal ⇨ le chômage est constant ⇨ A long terme le taux de chômage est indépendant du taux d’inflation ⇨ Les agents sont capables d’adapter leur anticipations aux évolutions de l’inflation et ses conséquences pour leurs revenus (cf. Théorie du revenu permanent).

2.1. La verticalité de la courbe de Phillips à LT
Tx d’Inflation Long terme

I1

Inflation anticipée = Inflation effective

I0
Court Terme Tx de chômage

(Un) Tx de chômage naturel

L’inefficacité des politiques de relance : « l’anticipation adaptative » des agents
Pour Friedman, Tx d’inflation l’arbitrage Inflation chômage n’existe qu’à court terme. A long terme, le taux de D• chômage est indépendant du taux B• d’inflation. Toute politique de relance ne parvient finalement qu’à accroître l’inflation sans diminuer chômage Courbe de Phillips LT

•E •C •A
Tx de chômage

2.2. Le taux de chômage est naturel
• Le taux de chômage d’équilibre de long terme correspond au taux de chômage naturel. • A ce niveau le chômage n’accélère pas l’inflation : on parle de Non acclerating inflation rate of unenmployement (NAIRU). • Il correspond à un taux de chômage structurel, c’est à dire qui n’est pas dû à des causes conjoncturelles : on ne peut donc pas le réduire avec des outils de politique conjoncturelle (Relance…), sous peine de relancer l’inflation sans réduire le chômage voire en l’accroissant (Stagflation).
 Chômage naturel = Chômage Frictionnel + chômage volontaire + inadaptation de certains individus



NATURAL RATE OF UNEMPLOYMENT ?



Newlan's Truism : An "acceptable" level of unemployment means that the government economist to whom it is acceptable still has a job.

Évolution Courbe de Philips en France

Source : OCDE

Évolution courbe de Phillips (suite)

Source : OCDE

Conclusion
Ces interprétations divergentes de la courbe de Phillips, reflètent des conceptions divergentes du chômage et donc des politiques économiques à mener :  Si on considère que la défaillance provient de la demande de travail par les entreprises, on va préconiser des politiques de soutien à l’activité (keynésien) ou de baisse du coût du travail (les rigidités salariales – dénoncées par les néoclassiques)  Si on impute le chômage à des problèmes liés à l’offre de travail, on se focalisera sur des « réformes structurelles du marché du travail », pour permettre l’adéquation de l’offre de travail à la demande (formation, circulation de l’information), ou pour inciter les chômeurs à la reprise d’activité (limiter les « désincitations » au travail). Le clivage se situant ici sur l’accentuation de la « responsabilité individuelle » des chômeurs, selon que leur refus de travailler soit du à un arbitrage favorable au loisir (trappes à l’inactivité) ou à un choc structurel qui les empêche de retrouver du travail (Hystérèse)


				
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posted:11/9/2009
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