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2.5 - EDF

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					 sous chapitre     2.5              GEOLOGIE GENERALE DU SITE –
                                    SISMICITE ET SISMOLOGIE
 1. GEOLOGIE GENERALE DU SITE
                                                                                    Sa composition chimique moyenne (norme) est résumée ci-dessous :
1.1. CONTEXTE GEOLOGIQUE
                                                                                    - SiO2 :65 %
Le site de Flamanville se trouve sur la bordure occidentale du
batholite granitique de Flamanville (Cf. 2.5.1. FIG 1), intrusif dans               - Al2O3 : 15 %,
une série paléozoïque (Cambrien, Silurien et Dévonien) plissée, qu’il               - Na2O : 4%
métamorphise et refoule à son contact (synclinorium de Diélette).
                                                                                    - K2O : 2.7 %,
A l’échelle du site, il convient de distinguer (Cf. 2.5.1. FIG 2 et 2.5.1.
FIG 3) :                                                                            - CaO : 2.9 %,

- La partie orientale où le substratum rocheux est constitué de                     - MgO : 2.2 %,
  granite,                                                                          - Divers : 8,2 %
- La partie occidentale, où le substratum est constitué de cornéennes               Les filons de microgranite (Cf. chapitre 1.2.2.3), souvent altérés et
  sombres, très riches en oxyde de fer.                                             hématisés, se composent de :
La totalité des ouvrages de rejet en mer se situe dans la série                     - Macrocristaux
métamorphique, constituée, au moins à proximité du rivage, par ces
                                                                                        - Plagioclases, souvent entièrement séricitisés,
mêmes cornéennes.
                                                                                        - Biotite, altérée et décolorée par endroits,
Le contact entre le granite à l’Est et la série métamorphisée à l’Ouest
est localisé sur la figure 2.5.1. FIG 2. Sur le plan masse EPR, il se situe             - Feldspaths potassiques, très peu abondants,
dans le tiers oriental de la Salle des Machines, à la cote 0 NGF                    - Cryptocristaux
environ, et correspond grossièrement à l’ancienne ligne de rivage.
                                                                                        - Quartz.

1.2. LE GRANITE DE FLAMANVILLE                                                      1.2.2. Fracturation
Le batholite granitique a une forme régulière voisine d'une ellipse
dont le grand axe est orienté EW, sa longueur est de 7 km environ,                  D’une manière générale, la direction générale de la fracturation est
et le petit axe NS mesure 4.5 km (Cf. 2.5.1. FIG 2). Il s’abaisse du SW             soulignée par la présence des nombreuses criques qui découpent la
(cote + 85 NGF) vers le NE où coule la Diélette (+15 NGF) qui draine                côte ; cette direction est perpendiculaire au contact granite- roche
le plateau. La surface totale du massif est de l’ordre de 25 km2                    encaissante.
environ.                                                                            Un deuxième système de cassures, de direction parallèle au rivage,
Le granite de Flamanville demeure, d’après les auteurs récents,                     c’est à dire au contact granite-cornéenne, peut être observé sur
l’exemple d’un diapir syntectonique dont la mise en place s’exerce                  toute la bordure Ouest du massif granitique. Ces cassures présentent
postérieurement au paroxysme orogénique mais demeure                                un pendage assez fort vers l’intérieur du massif.
contemporaine des stades ultimes de la déformation régionale. La                    Dans le détail, le massif granitique est parcouru par les discontinuités
mise en place de ce granite s’effectue à l’emporte pièce au sein                    suivantes :
d’une croûte superficielle froide dans laquelle il développe un
thermométamorphisme atteignant le faciès des cornéennes à                           - Des diaclases (absence de mouvement relatif des épontes),
pyroxène. Elle est associée à des injections tardives de filons de                  - Des failles,
microgranite et d’aplite.
                                                                                    - Des filons.
Le granite de Flamanville pourrait tirer son origine d’une fusion de la
                                                                                    1.2.2.1. Les diaclases du granite
croûte inférieure en liaison avec une éventuelle remontée du
manteau s’effectuant le long du linéament Nord armoricain.                          Dans l’emprise de l’îlot nucléaire EPR, le levé des talus correspondant
                                                                                    aux déroctages réalisés en 1993-1994 met en évidence les grandes
1.2.1. Pétrographie                                                                 familles de diaclases suivantes :
                                                                                    Famille A : typiquement N110°E [N105 à N120°E], avec un
Il s’agit d’un granite de couleur gris-rosé, grenu, montrant des
                                                                                    pendage variant entre 70°N et 70°S. Cette famille est nettement
phénocristaux de feldspaths pouvant localement atteindre plusieurs
                                                                                    dominante sur les autres familles. Fréquemment, les diaclases des
centimètres. Il s’agit d’un monzogranite subalcalin.
                                                                                    familles B, D et D’ buttent sur les diaclases de la famille A et ne se
Sa composition minéralogique est la suivante :                                      continuent pas au-delà. La maille de cette famille varie entre 1/m
- Macrocristaux                                                                     dans certaines zones à 10/m dans les cortèges de fractures
                                                                                    accompagnant les zones faillées. La maille moyenne vaut sans doute
    - Orthose : 30 % à 32 %,                                                        2/m. Ces diaclases sont exemptes de remplissage et sont donc saines
    - Biotite : 5 à 11 %, parfois altérée en chlorite,                              (sauf peut-être une altération pelliculaire sur les épontes des
                                                                                    diaclases). Elles sont en général fermées, sauf à proximité de la
    - Hornblende verte : 1 % à 14 %,
                                                                                    surface (décompression liée au déroctage en masse de la falaise
- Microcristaux                                                                     naturelle en 1978-1980). Cette famille est très pénétrative et sa
    - Feldspaths plagioclases (oligoclase et albite) : 14 à 27 %,                   continuité peut atteindre 20 m dans la partie occidentale des
      parfois légèrement séricitisés,                                               fouilles.

    - Quartz xénomorphe : 28 % à 36 %,                                              Famille B : N25 à N30°E, avec un pendage 70°E, mais pouvant
                                                                                    localement atteindre 70°W. C’est la deuxième famille en terme
- Minéraux accessoires (1 %) :                                                      d’importance (continuité). Sa maille varie entre 1/m et 10/m dans les
    - Sphène, altérée en xantitane,                                                 cortèges de fractures qui accompagnent les failles, typiquement
                                                                                    2/m. Comme pour la famille A, il s’agit de diaclases sèches (sans
    - Apatite,                                                                      remplissage), généralement fermées, sauf à proximité de la surface
    - Zircon,                                                                       où elles ont été ouvertes par les effets arrières des déroctages à
                                                                                    l’explosif lors du déroctage en masse de 1978-1980. La continuité de
    - Magnétite.
                                                                                    cette famille est plurimétrique.

                      Sommaire du chapitre                                                           Sommaire général                                 2.5
                                                                              119
Famille C : joints subhorizontaux, plus ou moins ondulés, avec des                 20 centimètres. La maille de fracturation moyenne est de l’ordre
pendages variables de l’ordre de 15° à 20° dans toutes les directions.             de 5 m. Aucune zone faillée de plusieurs mètres d’épaisseur
Ces joints subhorizontaux, liés à la décompression du massif                       appartenant à cette famille n’a été observée dans les fouilles au
granitique à proximité de la surface, et exacerbés par les effets de tirs          droit de la tranche EPR.
de déroctage, sont typiquement remplis d’une épaisseur                            Une autre faille isolée a été interceptée par les fouilles de l’îlot
centimétrique à pluricentimétrique de gore, plus ou moins altéré                  nucléaire, dans l’angle Nord de la fouille. Il s’agit d’une faille orientée
(mais jamais argileux). Ces joints sont responsables de venues d’eau              N55°E 78°E, réglant le talus à cet endroit. Son remplissage se
au travers du béton projeté de la falaise et dans le talus Est des                compose de roches broyées (pas d’argile) et de gore, sur une
fouilles. La maille de cette famille varie entre 2/m et un joint tous les         vingtaine de centimètres. Sa continuité est supérieure à 20 m.
2 m, typiquement 1/m.
                                                                                  1.2.2.3. Les filons
Famille D : direction N110 à N130°E, avec un pendage variant
                                                                                  Les filons sont relativement nombreux et assez bien visibles à
entre 40° et 60° SW. Ces diaclases, continues sur plusieurs mètres,
                                                                                  l’affleurement sur le talus de la falaise et en sondages carottés. Ils se
présentent une maille typique de l’ordre de 1/m. Elles sont
                                                                                  développent dans le granite et se prolongent à l’Ouest dans les
généralement sèches, mais quelques remplissages centimétriques de
                                                                                  cornéennes, en continuité.
gore ont été relevés (en deux endroits de la fouille).
                                                                                  Le contact avec l’encaissant est souvent net et subvertical.
Famille D’ : direction N110° à N130°, pendage 60°NE. Il s’agit de la
famille conjuguée de D. Une seule diaclase a été observée sur la                  Leur direction est comprise entre N 110°E et 130°E, c’est à dire
totalité du périmètre des fouilles, ce qui suggère une maille très                parallèle aux fractures de direction A.
lâche.                                                                            Ces filons apparaissent en sismique réfraction par des pertes de la
D’autres familles beaucoup moins représentées, mais avec une                      vitesse de fond, ou par des zones à vitesses plus faibles (4500 m/s
continuité plurimétrique ont été relevées :                                       dans le granite). Ils semblent plus vulnérables à l’altération que la
                                                                                  roche granitique encaissante.
- N10° à N15°E, 40 à 60°E ou W, avec une maille de 2/m à
                                                                                  3 types de filons ont pu être distingués grâce à leur nature
  localement 5/m. Ces diaclases sont fermées lorsqu’elles sont
                                                                                  géologique :
  visibles (talus Est),
                                                                                  1. les filons de microgranite porphyriques de couleur rose (liée à la
- N30° à N40°E, pendage vers l’Est de 30 à 65° (maille typique 1/m)                  damouritisation) ou verdâtre (chloritisation) donnant au filon une
  ou vers l’Ouest de 45° à 60°; ce sont des diaclases fermées,                       teinte typique lie-de-vin. Ce type de filon est le plus représenté sur
- N0°E 55°E (une seule observation),                                                 le site. Le levé géologique des talus de l’îlot nucléaire de la future
                                                                                     tranche 4 permet d’observer un filon d’environ 7 m de largeur,
- N55°E 65°S (une seule observation).
                                                                                     bordé à ses épontes par une épaisseur d’environ 1 m d’argile,
1.2.2.2. Les failles du granite
                                                                                  2. les filons aplitiques de couleur rose (damouritisation des
Dans l’emprise du site la principale faille « historiquement »                       feldspaths),
connue est la faille dite de Guerfa. Cette faille décrochante dextre              3. les filons de quartz (moins nombreux et d’épaisseur limitée,
affecte le site dans sa partie Nord. Il s’agit d’une faille d’extension              décimétrique), souvent associés à des éléments bréchiques.
régionale. Elle a été recoupée à plusieurs reprises par les travaux
miniers de la mine de Dielette. Elle présente en surface une largeur              Dans l’emprise de l’îlot nucléaire de la tranche EPR, aucun filon altéré
moyenne de 30 m environ. Sa direction est sensiblement                            n’a été relevé.
perpendiculaire au rivage (N130°E) et son pendage est de 50°N                     Trois filons d’aplite, très sains et très raides (sonnant très clairs au
(entre les cotes –70 et –130 NGF dans la mine de Diélette).                       marteau), se distinguent sur les talus de la fouille. Compte tenu de
                                                                                  leur orientation (famille A) et de leur positionnement, il est fort
Elle affecte à la fois le granite et les cornéennes voisines.
                                                                                  possible que ces trois filons ne forment qu’une seule et même
A terre, elle a été étudiée par des sondages en 1993 ; son                        structure, ramifiée, voire localement amygdalaire. Ces filons sont
remplissage, variable entre 4 et 15 m, est constitué de sable                     intensément fracturés, mais leur contact avec le granite encaissant
granitique, de débris rocheux et d’argile.                                        est très bien fermé (il est d’ailleurs difficile de distinguer ce contact
La plus importante faille affectant directement le site (entre les îlots          sur un des affleurements).
nucléaires des futures tranches 3 et 4) est celle dite du « trou
Baligan » ; en cet endroit, une profonde dépression dans le rivage,               1.2.3. Altération
affectant le granite et se prolongeant dans les cornéennes, a été                 L’altération du granite est une altération météoritique, à laquelle il
mise en évidence lors des terrassements principaux (1978-1979).                   convient d’ajouter une altération filonienne.
Cette zone rencontrée dans un sondage carotté en 1993, se
caractérise par un remplissage d’argile beige plastique et de débris              L’altération météoritique est importante sur le plateau dominant le
de cornéennes très fracturées et oxydées sur environ 4 m de large.                site, où elle atteint le stade d’arène et forme ainsi une couche
                                                                                  meuble de plusieurs mètres d’épaisseur. Le processus d’altération est
Plusieurs petites failles à pendage très redressé, montrant                       un processus d’altération météoritique classique : altération des
grossièrement des directions parallèles et perpendiculaires au rivage,            feldspaths (en général par kaolinisation et damouritisation) et plus
sont visibles sur la falaise du site :                                            exceptionnellement des biotites, affaiblissant la cohésion de la
- La famille perpendiculaire au rivage (famille A d’orientation                   roche, qui prend alors une teinte jaunâtre.
  N120°E) montre des pendages très importants (70°E à 90°), vers le               Les sondages réalisés en 1993 sur l’emprise de la tranche EPR ont
  Sud ou vers le Nord. C’est la famille de failles dominante. Le                  montré que le rocher sain (exempt de toute altération) était atteint
  remplissage de ces failles est composé de roches très fracturées                en moyenne à la cote –8 NGF. Dans le détail il faut distinguer la
  (stade gore) de couleur lie-de-vin, typiquement sur une épaisseur               partie du site où la couverture rocheuse était importante (avant le
  d’environ 20 centimètres. Un remplissage de type gore + film de                 déroctage en masse de la falaise de la partie orientale de la tranche)
  calcite + film (continu) d’argile a été observé sur deux failles dans           de la partie où la couverture était moindre (en bordure du massif,
  les fouilles de l’îlot nucléaire. Sa maille de fracturation typique est         c’est à dire à proximité de l’ancien rivage, dans la partie occidentale
  de 5 m, mais les zones faillées peuvent atteindre 6 m d’épaisseur.              de la tranche). Dans la première zone, le granite rencontré en
  Plusieurs zones faillées de ce type sont observables sur le talus               profondeur est très rapidement sain. Dans la deuxième zone, le
  oriental de la fouille, avec une maille typique de 10 m.                        granite est altéré, mais localement décapé par l’effet des vagues, il
- La famille parallèle au rivage (correspondant à la famille B, c’est à           apparaît sous la forme d’une roche compacte.
  dire une orientation N30°E) montre des pendages variant entre                   Il est à noter des zones de granite altéré à très altéré à l’intérieur
  70°SW et 70°NE. Le remplissage de ces failles est composé                       même du massif sain. Cette particularité est liée à la mise en place
  de roches très fracturées et localement altérées (stade gore)                   même du batholite et à l’hydrothermalisme qui a vraisemblablement
  de couleur lie-de-vin, typiquement sur une épaisseur d’environ                  accompagné la mise en place des filons. Ces zones se situent en



2.5                         Sommaire du chapitre                                                        Sommaire général
                                                                            120
effet à proximité de filons altérés de microgranites ou à proximité                            1.2.4.1.3. Essais en laboratoire
des épontes de zones de fractures.
                                                                                               Des essais de caractérisation ont été réalisés en laboratoire :
L’altération des filons est très marquée. Elle se traduit par une
                                                                                               - Poids spécifique apparent sec : 2,67 t/m3,
damouritisation des plagioclases et une chloritisation des biotites,
donnant une couleur caractéristique lie de vin au filon. Cette                                 - Teneur en eau: 0,15 %,
altération se poursuit en profondeur, à la fois dans le granite et dans                        - Porosité : 0,24 %
les cornéennes.                                                                                - Résistance à la compression (échantillons de Ø 60 mm après
                                                                                                 module) : 103 MPa,
1.2.4. Caractéristiques mécaniques                                                             - Résistance à la traction indirecte : 8 MPa (sain) à 1,8 MPa (altéré),
Le granite est un matériau dur (résistance à la compression                                    - Abrasivité : 1750 g/T,
matricielle supérieure à 100 MPa) et raide (module matriciel statique                          - Broyabilité : 35 %.
de l’ordre de 100 000 MPa).
                                                                                               Des essais en laboratoire ont également été effectués sur trois
1.2.4.1. Mesures in-situ                                                                       échantillons de gore prélevés dans une faille lors des travaux de
1.2.4.1.1. Caractéristiques dynamiques                                                         Flamanville 2. Les caractéristiques de ce gore (sable argileux) sont
                                                                                               résumées ci-dessous :
Les caractéristiques dynamiques ont été établies à partir des données
recueillies sur site lors des études de Flamanville 1-2 (1979-1980) et                         - Densité humide γh = 21,5 à 22,5 kN/m3,
lors des études de Flamanville 3-4 en 1993.                                                    - Densité sèche γd = 18,5 à 20,5 kN/m3,
A l’emplacement de Flamanville 1-2, des essais down-hole, un essai                             - Passant à 80 µm compris entre 20 et 25 %,
cross-hole et des essais de transparence sismique ont été réalisés. Ils                        - Limites d’Atterberg : LL= 48 à 60% et IP = 17 à 27% (il s’agit d’un
ont mis en évidence l’anisotropie du granite dans le plan horizontal,                            sable argileux plastique),
notamment dans les zones fracturées. La famille A de direction
sensiblement perpendiculaire au rivage apparaît prédominante.                                  - Cohésion non drainée, Cu = environ 50 kPa,
                                                                                               - Module de déformation (module tangent initial) à petite échelle
Ces essais ont également mis en évidence une forte anisotropie5 des
                                                                                                 mesuré à l’essai triaxial :
vitesses entre le plan horizontal et le plan vertical : jusqu’à 1,5 dans
le granite sain et peu fracturé, beaucoup plus variable dans le granite                              - 20 MPa sous une contrainte latérale de 0,2 MPa,
fracturé et décomprimé.                                                                              - 76 MPa sous une contrainte latérale de 0,6 MPa.
Les investigations lors des études de Flamanville 3-4 ont consisté en
la réalisation de :                                                                            1.3. LE SYNCLINORIUM DE DIELETTE
- 4 profils de sismique réfraction,                                                            Les informations géologiques sont issues des travaux de Saleeb-
                                                                                               Roufaiel (1962)6 et de Gresselin (1992)7, ainsi que des observations
- 5 essais down-hole.
                                                                                               faites lors des travaux des ouvrages de rejet des tranches 1 et 2 entre
Les valeurs retenues sont données dans le tableau 2.5.1 TAB 1 ci-                              1981 et 1983.
dessous, où :
- Vp : vitesse de propagation des ondes de compression,
                                                                                               1.3.1. Structure géologique
                                                                                               Les terrains affleurant à l’Ouest du batholite de granite
- Vs : vitesse de propagation des ondes de compression,
                                                                                               appartiennent à une série sédimentaire d’âge paléozoïque, affectée
- Edmax : module dynamique de compression aux très petites                                     par un métamorphisme de contact. Ce métamorphisme est lié à
    déformations,                                                                              l’intrusion dans cette série du batholite de granite de Flamanville.
- Gdmax : module dynamique de cisaillement aux très petites                                    Cette série constitue le flanc Sud du synclinal de Siouville, vaste
                                                                                               structure d’extension régionale durant la phase dévonienne de
    déformations,
                                                                                               l’orogenèse hercynienne (Cf. 2.5.1. FIG 1 et 2.5.1. FIG 2). Il s’agit
- Ód : coefficient de Poisson dynamique.                                                       d’un pli dissymétrique et déversé vers le Sud, et affectant des terrains
                                                                                               d’âge cambrien à dévonien inférieur (= Siégénien). L’axe de ce
    2.5.1 TAB 1 : CARACTÉRISTIQUES DYNAMIQUES DU GRANITE                                       synclinal est orienté ENE-WSW ; il est faiblement penté vers le SSW.
                 POUR DES FAIBLES DÉFORMATIONS                                                 A proximité du site de Flamanville, la structure de la série
                                                            Gd max             Ed max          sédimentaire est en relation avec la mise en place du batholite.
                                      Vs (m/s)   Vp (m/s)              νd
                                                            (MPa)              (MPa)
                                                                                               La mise en place « à l’emporte pièce » du pluton granitique
                           trajet H    1700       3300      8 000     0.32     20 000
      Granite fracturé /                                                                       syntectonique au sein du flanc Sud du synclinal de Siouville s’est
        décomprimé
                           trajet V    2300       4500      14 000    0.32     32 000          accompagnée de plusieurs phénomènes affectant grandement la
                           trajet H    2100       4400      12 000    0.35     32 000          structure de la série sédimentaire :
       Granite massif
                           trajet V    2500       5500      17 000    0.37     45 000          - Refoulement des couches sédimentaires par l’intrusion du pluton
                                                                                                 granitique, d’où l’apparition de nouveaux plis (moulés sur la
Compte tenu de l’anisotropie marquée du granite, les caractéristiques                            bordure occidentale du pluton, c’est-à-dire présentant des axes
dynamiques dans les plans horizontaux (trajet H) et verticaux (trajet V)                         grossièrement parallèles à la côte) au sein des terrains les moins
ont été individualisés.                                                                          compétents de la série. Ces plis, d’amplitude hectométrique, sont
1.2.4.1.2. Caractéristiques statiques                                                            en général faiblement déversés. Toutefois, à proximité immédiate
                                                                                                 du massif, c’est à dire dans les premières centaines de mètres à
L’analyse des tassements observés sous les bâtiments réacteurs des                               partir du rivage, ces plis peuvent avoir évolué en plis-failles et
tranches 1 et 2 donne un module équivalent à long terme compris                                  apparaître assez fortement déversés. Ce vaste ensemble de
entre 10 000 ± 4 500 MPa pour le BR1 et 5 100 ± 1 500 MPa                                        synclinaux, anticlinaux, plis-failles est nommé « synclinorium8 de
pour le BR2.                                                                                     Diélette ». Sa forme générale est concave, tournée vers l’Est et son
En accord avec les modules dynamiques, les valeurs de modules                                    axe est orienté parallèlement au rivage. Se développant
statiques (à long et court terme) sont les suivantes :                                           essentiellement dans le domaine marin, il est fermé à ses deux
- Granite fracturé / décomprimé : 5 000 MPa,
                                                                                               6
                                                                                                   SALEEB-ROUFAIEL.G (1962) Contribution à l’étude du gisement ferrifère de
- Granite massif : 10 000 MPa.                                                                     Diélette (Sciences de la Terre - Mémoire n°2 - 184 pages - Nancy)
                                                                                               7
                                                                                                   GRESSELIN F. (1992). Etude structurale du Cotentin - Thèse de l’Université de
                                                                                                   Caen
5
    anisotropie : qualité d’un milieu dont les propriétés varient suivant la direction         8
                                                                                                   Synclinorium : structure syndicale complexe plus ou moins faillée, constituée par
    selon laquelle on les évalue.                                                                  des synclinaux élémentaires


                           Sommaire du chapitre                                                                 Sommaire général                                              2.5
                                                                                         121
     extrémités Sud et Nord. Le point bas du synclinal semble se situer                    Roufaiel distingue les cornéennes à micas, à pyroxène et à amphiboles,
     sensiblement au centre de la structure à la hauteur du grand axe                      selon la nature de la roche originelle (respectivement schistes silico-
     du batholite granitique. Dans le détail, les synclinaux élémentaires                  alumineux, calcaires et grauwackes plus ou moins calciques).
     peuvent néanmoins avoir des plongements inversés par rapport au                       Ces cornéennes sont le faciès le plus représenté, au moins dans les 300
     plongement principal. Les principales failles recoupent le                            mètres à partir du contact avec le granite. Localement, elles contiennent
     synclinorium selon une direction sub-parallèle à la côte,                             des intercalations de quartzites, de cipolins et de pyroxénites.
     parallèlement à l’axe des plis élémentaires du synclinorium.
                                                                                           La description lithographique de la série proposée sur la figure 2.5.1
- Apparition de vastes zones cisaillantes accommodant cette                                FIG 4 est issue de la thèse de Saleeb-Roufaiel. Elle a été établie à
  déformation plicative au large, avec une orientation N20°E et                            partir d’observations à l’intérieur de la mine de Diélette. Elle est donc
  N110°E. Gresselin (Cf. 2.5.1. FIG 2) positionne ces dernières à                          valable sur environ les trois cents premiers mètres à partir du rivage.
  plusieurs kilomètres au large du site ; de telles zones cisaillantes ne                  On remarquera la prépondérance des cornéennes et l’existence d’une
  concernent donc a priori pas la zone des ouvrages de rejet.                              puissante couche de quartzite (14 m) au mur de la couche n°5.
- Ouverture et injections de filons de microgranite de plusieurs                           Les cornéennes sont décrites comme des roches massives, de
  mètres de large, dans des directions préférentielles                                     couleurs très sombres, à grains fins, qui ont été entièrement
  perpendiculaires à la côte.                                                              recristallisées lors du métamorphisme. Leur structure rubanée se
- Apparition d’une schistosité dans les formations les moins                               manifeste par des variations de couleur des bandes micacées,
  compétentes.                                                                             pyroxéniques, épidotiques et amphibolitiques. L’épaisseur de ces
Concernant la structure du synclinorium dans lequel se développent                         bandes est généralement comprise entre 2 et 10 cm, mais de vastes
les mines de Diélette, on observe à partir de la côte, deux synclinaux                     variations locales peuvent être observées.
successifs (S1 et S2) séparés par un accident important parallèle au                       Les cornéennes peuvent être grenatifères, et quelques lits de
rivage (F1), puis un troisième synclinal (S3) dont la liaison avec                         grenatite sont connus, avec des épaisseurs pouvant atteindre 3 m.
le 2ème synclinal est incertaine.                                                          Saleeb-Roufaiel distingue trois types de cornéennes selon le minéral
                                                                                           mafique (riche en Mg et Fe) dominant :
1.3.2. Pétrographie
                                                                                           1. cornéennes micacées à dominante de biotite ; composées de
La mise en place du batholite granitique s’est également                                      quartz, feldspaths potassiques et biotites, ces roches présentent
accompagnée de transformations minéralogiques des roches                                      une teneur moyenne en SiO2 de 67 % et une teneur moyenne en
encaissantes, atteignant des stades de métamorphisme HT-BP                                    oxydes de fer (Fe2O3+FeO) de 8 %,
(cornéennes à pyroxène).
                                                                                           2. cornéennes pyroxéniques à dominante de diopside, contenant
Ces transformations sont très complexes et ont vraisemblablement                              quartz, feldspaths plagioclases et pyroxènes ; ces roches
affecté la série en plusieurs phases. L’imprégnation de la série par                          présentent une teneur en silice SiO2 très variable entre 40 et 86 %
des fluides riches en fer est un point important de ces                                       et une teneur moyenne en fer (Fe2O3+FeO) également variable
minéralisations. Elle affecte la totalité de la série, au moins jusqu’à                       entre 3 et 28 %,
400 m du rivage. Cet enrichissement en fer a donné,
vraisemblablement dans les couches contenant déjà une notable                              3. cornéennes amphibolitiques à dominante de hornblende ou de
quantité de fer, des teneurs en fer qui ont justifié une exploitation                         trémolite actinote ; composées de quartz, feldspaths plagioclases
minière sous-marine (mine de Diélette) jusqu’en 1962 (Cf. § 1.3.2.4).                         et amphiboles, ces roches présentent une faible teneur moyenne
                                                                                              en SiO2 (34 %) et une importante teneur moyenne en fer
D’après Gresselin (1992), les terrains susceptibles d’être rencontrés                         (Fe2O3+FeO) : 51 %.
dans la zone de rejet appartiennent vraisemblablement aux
                                                                                           Les quartzites sont des roches à grains fins très bien soudés entre eux ;
formations du Siégénien9 des « Schistes et calcaires de Néhou »,
                                                                                           composées de quartz et de feldspaths, elles présentent des teneurs
plus ou moins intensément métamorphisées.
                                                                                           en silice SiO2 très élevées de l’ordre de 95 % et des teneurs en fer
Il convient donc de distinguer les terrains originels de la série                          très faibles (Fe2O3+FeO : 1 %). La roche sédimentaire originelle est
sédimentaire et ces mêmes terrains lorsqu’ils sont affectés par le                         un grès siliceux.
métamorphisme de contact. On comprend aisément que le degré du
                                                                                           Les cipolins sont des calcaires métamorphiques à texture
métamorphisme étant décroissant avec l’éloignement à la bordure
                                                                                           saccharoïde, essentiellement composés de calcite, et par conséquent
du batholite, les modifications minéralogiques, tout comme les
                                                                                           très pauvres en silice (3%) et en fer (Fe2O3+FeO : 3 %). La roche
modifications structurales s’estompent progressivement.
                                                                                           sédimentaire originelle est un calcaire pur.
1.3.2.1. Série sédimentaire originelle
                                                                                           Les grenatites sont des roches très lourdes, à structure
Cette série originelle correspond à une série sédimentaire de plate-                       granoblastique, se présentant en bancs pouvant atteindre jusqu’à 3
forme carbonatée, installée au Dévonien. Ces « Schistes et calcaires                       mètres d’épaisseur. Leurs teneurs en silice (33 %) et en fer
de Néhou » se présentent sous la forme de packstones10 silto-                              (Fe2O3+FeO : 33 %) sont moyennes.
quartziques à matrice calcaréo-argileuse, parfois riches en péloïdes.                      Les épidotites sont très peu répandues, sous forme de fines bandes
De rares wackstones11 et calcaires silicifiés sont identifiés.                             intercalées dans les cornéennes.
Les terrains également susceptibles d’être rencontrés sont les grès à                      Cet ensemble de roches, entièrement recristallisées lors du
Platyorthis Monnieri d’âge Geddinien12. Ce Geddinien est uniquement                        métamorphisme, passent progressivement, lorsqu’on s’éloigne du
connu sous la forme d’écailles tectoniques, notamment celle                                contact du granite, à des roches où la transformation minéralogique
jalonnant le grand accident de St Germain-le-Gaillard. Il s’agit de                        a été partielle, et dans lesquelles la trace de la structure originelle est
grès fins à ciments chloriteux, parfois micacés et bioturbés.                              encore visible. Ce sont typiquement les schistes tachetés qui
1.3.2.2. Série métamorphisée                                                               correspondent à une structure argileuse, parfois finement litée, où se
Lorsqu’ils sont métamorphisés, ces terrains sont abusivement                               distinguent des cristaux typiques du métamorphisme : cordiérite et
dénommés « cornéennes ».                                                                   andalousite. Des variantes sont également recensées en fond de
Au sens strict, les cornéennes sont des roches très dures, non fissiles,                   mine :
à patine et à cassures d’aspect corné, à cristaux fortement engrenés                       - Schistes à chloritoïdes, à allure schisteuse à cause de l’orientation
et enchevêtrés, avec parfois des porphyroblastes automorphes.                                des micas,
Ce sont des roches totalement recristallisées (quartz, cordiérite,                         - Schistes sériciteux…
sillimanite, andalousite, plagioclases biotite et tourmaline). Saleeb-                     Au-delà des schistes tachetés, c’est à dire plus au large, aucune
                                                                                           information sur la nature pétrographique des roches, validée par
9
     Siégénien : étage du Dévonien Inférieur                                               sondage carotté, n’est disponible.
10
     packstones (classification de Dunham 1951) : roches carbonatées à grains fins
     et jointifs
11
     wackstones classification de Dunham 1951) : roches carbonatées à grains fins
     et non jointifs, présentant moins de 10 % de boue
12
     Geddinien : étage du Devonien Inférieur, antérieur au Siégénien



2.5                              Sommaire du chapitre                                                          Sommaire général
                                                                                     122
1.3.2.3. Extension de l’auréole de métamorphisme                                        orientation est, au droit de la tranche EPR, N30°E et son pendage
Le degré de métamorphisation décroît en s’éloignant de la bordure                       80°E. Sur le plan masse, ce contact se localise dans le tiers oriental
du pluton. L’extension au large de l’auréole métamorphique est mal                      de la Salle des Machines EPR, à la cote 0 NGF environ, et correspond
connue. Par conséquent, l’évolution pétrographique de la série vers                     grossièrement à l’ancienne ligne de rivage.
le large est également mal appréhendée.                                                 Les travaux miniers ont montré que le contact entre les roches du 1er
- Gresselin (1992) indique la présence d’une paragénèse typique de                      synclinal (S1) et le granite est sensiblement vertical jusqu’à la côte
  l’isograde de la chlorite à 2500 m de l’intrusion granitique, toujours                –130 NGF ou légèrement convexe vers la mer. Des inclusions de
  au sein des schistes et calcaires de Néhou. Dans cette hypothèse, la                  granite ont cependant étaient rencontrées dans les cornéennes lors
  totalité des ouvrages de rejet en mer se situerait dans l’auréole                     des travaux miniers.
  métamorphique,
                                                                                        1.3.5. Discontinuités et fracturation des cornéennes
- Saleeb-Roufaiel (1962) mentionne l’apparition de schistes tachetés
  dans les couches en travers bancs à environ 600 m du contact avec                     Les galeries de la mine de Diélette recoupent des filons
  le granite. Dans ce cas, il est possible que la partie terminale des                  pétrographiquement comparables (microgranite- aplite) à ceux
  ouvrages de rejet en mer se situe hors de l’auréole de                                rencontrés dans le massif granitique, et présentent des directions
  métamorphisme.                                                                        identiques.
De plus, à proximité des grands accidents associés au diapirisme13                      La stratification originelle qui affectait ces séries avant leur
granitique, la circulation tardive de fluides a pu entraîner un rétro-                  métamorphisme de contact n’est pas visible dans l’emprise terrestre
métamorphisme, avec modification locale de la minéralogie du                            du site EPR, soit parce qu’elle est très redressée et confondue avec le
terrain (quartz, biotite, muscovite et hydromicas).                                     réseau de fracturation (en particulier famille B, Cf. ci-dessous), soit
                                                                                        parce que l’intense métamorphisme de contact a « gommé » cette
1.3.2.4. Minerai de fer et mine sous-marine
                                                                                        stratification, laissant la place à une roche très massive. En galerie,
La série métamorphisée se distingue par l’omniprésence de fer.                          les joints de stratification sont par contre bien visibles dans les
Le minerai de fer apparaît sous la forme de couches, dont les                           galeries en travers-bancs. Ils sont serrés, sans remplissage, ni
épaisseurs varient entre quelques décimètres et 8 mètres. C’est une                     altération des épontes.
roche très lourde (d =4,6) qui a généré d’importants problèmes de                       1.3.5.1. Diaclases des cornéennes
marinage lors du creusement des rejets 1 et 2. Le minerai de fer
extrait lors de l’exploitation des mines était lié à la présence de                     Le levé de la fracturation des fouilles du bouchon du chenal
cristaux d’oligiste et de la magnétite dans une structure originelle                    d’amenée et des fouilles de la station de pompage a montré, en
oolithique. La teneur de la minéralisation est très variable (entre 38                  1994, que la fracturation des cornéennes s’établissait selon les
et 62 %), avec une moyenne de 49%, avec des concentrations                              familles suivantes :
locales en blende et galène.                                                            - N100°E, pendage 75° à 80°N, avec une maille comprise entre 2 et
Ces couches ont été exploitées dans la mine sous-marine de Diélette,                      10/m. les fissures sont le plus souvent rouillées et altérées, et
qui concerne les premières centaines de mètres du massif                                  peuvent parfois être ouvertes de quelques millimètres,
métamorphisé (environ 400 m au droit des ouvrages de rejet EPR,                         - N10°E à N30°E, pendage 75°E à vertical, avec une maille
jusqu’à 600 m plus au Nord).                                                              d’espacement de 3 à 6/m, oxydé et rouillée, fermé, pouvant
La dureté du minerai est variable avec la nature de la gangue                             correspondre à la stratification,
(gangue siliceuse, ou gangue à minéraux calciques ou calcaires).                        - N20°E, pendage 10° à 55°W, avec une maille de 1 à 3/m,
Le niveau supérieur de la mine (situé à –70 NGF) a été vidangé et                       - N30°E 30°E, avec une maille de 3 à 6/m,
visité en mars 1980. Un relevé topographique a été réalisé à cette                      - N110°E, pendage 30°S, montrant des stries de cisaillement, avec
occasion, ce qui permet de superposer, avec une précision relative                        une maille de 1 à 2/m.
estimée à quelques mètres, le plan de fond de la mine et le plan
masse de l’EPR.                                                                         Les relevés effectués dans les galeries de rejet des tranches 1 et 2 ont
                                                                                        montré que la fracturation s’orientait selon deux familles de
Il apparaît ainsi qu’une galerie secondaire, dont le radier se situe à la               diaclases (mais les mesures effectuées à la boussole dans un contexte
cote –75 NGF, chemine sous l’emprise ouest de la future salle des                       aussi magnétique sont peu fiables) :
machines (en coordonnées site, X<1845 m) et sous les ouvrages de
rejet et pré-rejet de l’EPR. La cote du toit de ces galeries est d’environ              - N115°E à N130°E 70°N à vertical (famille A des diaclases du
–72 NGF.                                                                                  granite), dominante et apparaissant sous forme d’un réseau
                                                                                          régulier de diaclases de densité variable. Localement ces diaclases
Compte tenu des très bonnes caractéristiques des cornéennes, de la
                                                                                          sont serrées, l’écartement est inférieur à 10 cm. Elles peuvent être
section a priori réduite des galeries et de la bonne épaisseur de
                                                                                          soulignées par une fine pellicule minérale blanche,
couverture, ces galeries n’auront aucune incidence sur les ouvrages de
l’EPR.                                                                                  - N130°E à N140°E 35 à 45°S (famille D des diaclases du granite).

1.3.3. Altération                                                                       Il est à noter que la famille B (diaclases grossièrement parallèles au
                                                                                        rivage), n’est pas mentionnée. Ceci est vraisemblablement lié à
En surface, l’altération des cornéennes se traduit par une couleur                      l’orientation des galeries (N130°E), à la pauvreté des levés dans les
rouille. Les vitesses sismiques observées (3 000 m/s) ne traduisent                     galeries de rejet et à la présence de joints de stratification bien
pas l’altération mais sont plutôt en relation avec l’importante maille                  marqués en souterrain, de même orientation que cette famille.
de fracturation des cornéennes (découpage en cubes), et à l’état
d’ouverture de cette fracturation à proximité de la surface.                            1.3.5.2. Failles des cornéennes

En mer, les profils de sismique réfraction réalisés en 1993 ont montré                  La faille de guerfa, située au Nord de l’exploitation, a limité dans
que l’horizon d’altération (d’origine météorique) se limitait à une                     cette direction l’extension de la mine. Son pendage est de 50° vers
frange de 10 à 25 m d’épaisseur sous le fond marin. Dans cette                          le Nord. En galeries, cette faille présente une puissance de 1m
frange, les vitesses sismiques peuvent s’abaisser jusqu’à 2700 m/s.                     environ ; son remplissage est argileux et friable. Le rejet de cette
Au-delà les vitesses de fond sont comprises entre 4300 et 6100 m/s,                     faille est de 20 m au moins.
témoignant d’un rocher fermé et sain (sauf localement au droit de                       Plusieurs failles appartenant à cette famille ont été rencontrées en
discontinuités telles que les failles ou les filons).                                   galerie. Leur orientation est sensiblement perpendiculaire au rivage,
                                                                                        soit N95°E à N120°E, avec un pendage variant entre 70°SW et
1.3.4. Contact granite / cornéennes                                                     70°NE.
Le contact entre le granite et les roches encaissantes n’est jamais un
                                                                                        Une seconde famille de failles a été rencontrée dans les travaux
contact par faille. Ce contact, visible le long du rivage, apparaît
                                                                                        miniers. Parallèles à la bordure du batholite granitique, ces failles
comme franc et remarquablement régulier, sec et très fermé. Son
                                                                                        désorganisent les structures des plis, notamment dans l’axe anticlinal
13
     diapirisme : mécanisme de l’ascension d’un magma par différence de densité         entre le 1er et le 2e synclinal. L’orientation de ces failles présente des


                         Sommaire du chapitre                                                        Sommaire général                                       2.5
                                                                                  123
directions comprises entre N20°E et N45°E, et des pendages variant                1.3.6. Caractéristiques mécaniques
entre 50°SE à 50°NW. Cette deuxième famille a particulièrement été
bien mise en évidence lors des travaux de creusement des galeries de              Les caractéristiques dynamiques sont issues de mesures in-situ
rejet des tranches 1 et 2, qui ont recoupé trois principales failles :            suivantes, réalisées en 1993 :
- Faille F2, rencontrée à proximité de l’axe du premier synclinal (PM             - 4 profils de sismique réfraction, intéressant l’emprise de la tranche
  27 dans la galerie de rejet de la tranche 2 R2 et PM 40 dans la                   EPR,
  galerie de rejet de la tranche 1 R1). Elle est orientée N20°E 75°NW.            - 4 essais down-hole ; dont un situé dans l’emprise de la tranche
  Elle présente une épaisseur de roche broyée de 1 m et de roche                    EPR (au droit du bassin de pré-rejet),
  fracturée de 15 m environ. Cette faille se situe sous le bassin de              - 1 essai cross-hole, situé au Nord, hors de l’emprise de la tranche
  rejet et de pré-rejet de la tranche EPR,                                          EPR, au niveau de la plate-forme de Guerfa.
- Faille F1, rencontrée entre les PM 146 et 210 dans la galerie R2 et             Les profils de sismique réfraction ont montré la présence d’une
  entre les PM 180 et 210 dans la galerie R1. Son orientation est                 frange superficielle très fracturée (vitesses comprises entre 2800 et
  N20°E 50°SE à vertical. Elle présente un remplissage de 15 cm de                3300 m/s), surmontant, à partir d’environ –17 NGF, les cornéennes
  mylonite blanchâtre et une très large zone fracturée,                           massives et compactes (vitesses de l’ordre de 4500 m/s).
                                                                                  Les différentes méthodes géophysiques ne mettent pas en évidence
- Faille F3 d’orientation N20°E 80°SE, rencontrée au PM 350 de la
                                                                                  d’anisotropie de vitesses.
  galerie de rejet R2.
                                                                                  Les différentes caractéristiques obtenues traduisent essentiellement
1.3.5.3. Filons                                                                   l’état de fracturation et la stratification des cornéennes (ou la
Les galeries minières recoupent des filons pétrographiquement                     présence de failles et filons), plus que l’état d’altération de ces
comparables à ceux rencontrés dans le massif granitique. Ils                      cornéennes.
présentent des directions identiques. Il s’agit de filons de                      La synthèse des résultats, intégrant également le retour d’expérience
microgranite (en fait microdiorite quartzitique à amphiboles) et des              du tassement des ouvrages lourds des tranches 1 et 2, est donnée
filons d’aplite.                                                                  dans le tableau 2.5.1 TAB 2 ci-dessous, où :
Sur les plans d’exploitations de la mine, les filons de microgranite              - Vp : vitesse de propagation des ondes de compression,
apparaissent localement comme très épais (jusqu’à la dizaine de                   - Vs : vitesse de propagation des ondes de compression,
mètres d’épaisseur).                                                              - Edmax : module dynamique de compression aux très petites
Comme à terre dans le granite, ces filons peuvent être très altérés en              déformations,
gore sableux. Les profils de sismique réfraction réalisés en 1994 ont mis         - Gdmax : module dynamique de cisaillement aux très petites
en évidences des zones de chute de vitesses de fond très marquées,
voire des pertes de vitesses, correspondant vraisemblablement à la trace            déformations,
en surface et en sub-surface de filons altérés.                                   - Ód : coefficient de Poisson dynamique.


                   2.5.1 TAB 2 : CARACTÉRISTIQUES DYNAMIQUES DES CORNÉENNES POUR DES FAIBLES DISTORSIONS

                                                                                                         Gd max                          Ed max
                                                                      Vs (m/s)          Vp (m/s)                          νd
                                                                                                         (MPa)                           (MPa)
                                A moins de 5 m de profondeur            1300              2900            5 000          0.37            12 000
               Profondeur
              sous le toit de           entre 5 et 15 m                 1700              3500            8 000          0.35            21 000
                la couche
                                A plus de 15 m de profondeur            2300              4500           14 000          0.32            37 000

 L’analyse des tassements du radier de la table des groupes de Flamanville 1-2 donne un module statique équivalent de l’ordre de 2400 à 3600 MPa.


Les caractéristiques statiques des cornéennes sont résumées ci-                       - 260 MPa (parallèlement à la stratification)
dessous.                                                                          - Résistance à la compression (échantillons de Ø 60 mm après
- Poids spécifique apparent sec : 2,75 t/m3                                         mesure du module) :
- Poids spécifique apparent humide : 2,76 t/m3                                        - 250 MPa (perpendiculairement à la stratification),
- Teneur en eau: 0,17 %                                                               - 315 MPa (parallèlement à la stratification)
                                                                                  - Résistance à la traction indirecte : 11 MPa (sain)
- Porosité : 0,21 %
                                                                                  - Abrasivité: 2100 g/T LCPC - 1 à 3 points CERCHAR : roche
- Résistance à la compression (échantillons de Ø 38 mm après
                                                                                    moyennement abrasive,
  mesure du module) :
                                                                                  - Broyabilité: 23 %,
    - 340 MPa (perpendiculairement à la stratification),
                                                                                  - Dureté: de 80 à 200 points CERCHAR : roche dure à très dure.


 2. SISMICITE ET SISMOLOGIE
2.1. GEOLOGIE REGIONALE                                                           2.1.2. Présentation du Massif Armoricain
2.1.1. Introduction : Localisation géographique du site                           La présentation du Massif Armoricain qui est développée dans ce
Le site de Flamanville se trouve sur la côte ouest du Cotentin, à                 chapitre reprend celle faite par Chauvel et Robardet dans «
environ 20 km au SW de Cherbourg.                                                 Géologie des pays européens » (1980).

Le Massif Armoricain, auquel appartient le site du point de vue                   2.1.2.1. Morphologie
géologique, est essentiellement constitué par un socle granitique et              Malgré l’aspect général de pénéplaine que présente le Massif
métamorphique d’altitudes modérées dont la topographie est                        Armoricain, son relief peut apparaître heurté, en particulier à cause
marquée par un ensemble de plateaux incisés. (Cf. 2.5.2. FIG 1)                   des vallées qui entaillent et compartimentent le massif. Les traits



2.5                         Sommaire du chapitre                                                     Sommaire général
                                                                            124
majeurs du relief sont dus au socle ancien (varisque) qui, soumis à              nombreux épisodes de volcanisme acide (Ordovicien supérieur à fin
l’érosion à plusieurs reprises depuis cette époque, n’a été que                  Dévonien) confèrent à ce domaine une certaine originalité par
faiblement recouvert par des formations plus récentes.                           rapport aux domaines septentrionaux.
Le réseau hydrographique s’organise essentiellement autour du                    - Le Domaine de l’anticlinal de Cornouaille :
bassin de la Loire et du bassin de la Vilaine, dont les eaux rejoignent
                                                                                 Chevauché par le Domaine Ligérien tout au long de la Zone broyée
l’Atlantique dans la région de St.-Nazaire. En Normandie et en
                                                                                 sud-armoricaine, le Domaine de l’anticlinal de Cornouaille est limité,
Bretagne septentrionale, la longueur des cours d’eau est beaucoup
                                                                                 au Sud, par la côte atlantique, puis par l’accident qui va de
plus modeste et les bassins sont de taille restreinte (Orne, Rance).
                                                                                 l’embouchure de la Loire jusqu’au SE de Chantonnay. Il est constitué
Comme le réseau hydrographique, l’aspect actuel des côtes résulte                de roches au métamorphisme croissant du Nord au Sud, recoupées
à la fois des structures du socle varisque, des gauchissements                   par des plutons granitiques varisques.
intervenus au cours du Tertiaire et des variations du niveau marin au
                                                                                 - Le Domaine Ouest-Vendéen :
Quaternaire.
                                                                                 D’extension limitée, ce domaine a des caractères qui rappellent les
2.1.2.2. Limites du Massif Armoricain
                                                                                 domaines plus septentrionaux. Le socle protérozoïque y est
Les données géophysiques (principalement magnétiques,                            généralement épimétamorphique et les sédiments paléozoïques
gravimétriques et sismiques) ont permis de préciser les grandes                  constituent des unités dont l’extension est encore mal connue.
limites structurales du Massif Armoricain (Cf. 2.5.2. FIG 2). En fait,           En géologie structurale, on regroupe généralement les Domaines
celui-ci ne se trouve pas limité au tracé sensu stricto des côtes                Domnonéen et Mancellien en un Domaine Nord-Armoricain, et les
actuelles, ni à ses contacts avec les séries mésozoïques et
                                                                                 Domaines Ligérien, Ouest-Vendéen et de l’Anticlinal de Cornouaille
cénozoïques de Normandie ou du Maine. Il se prolonge au Nord sous                en un Domaine Sud-Armoricain.
la Manche, à l’Est sous le Bassin Parisien et au Sud sous le plateau
continental de l’Océan Atlantique le long de la cote sud-armoricaine.            Les caractéristiques géologiques de ces grands domaines sont
                                                                                 présentées dans le chapitre suivant.
Schématiquement, le Massif armoricain peut donc se limiter, d’un
point de vue géologique, au NW par l’anomalie magnétique de la                   2.1.2.4. Les grands domaines géologiques du Massif Armoricain
Manche, au NE par les anomalies gravimétriques et magnétiques du                 - Le Domaine Nord-Armoricain
Bassin de Paris, au SE par le sillon Houiller et au SW par une suite de
discontinuités géophysiques arquées, qui longe la côte sud-                      Ce domaine correspond aux régions comprises entre l’accident de la
armoricaine à une soixantaine de kilomètres vers le large, avant de              Manche et le cisaillement nord-armoricain. Cette zone est surtout
pénétrer sous le Bassin d’Aquitaine.                                             caractérisée par des terrains précambriens (Icartien et Briovérien)
                                                                                 impliqués dans l’orogenèse cadomienne, mais relativement peu
2.1.2.3. Les grands domaines structuraux du Massif Armoricain                    affectés par les effets hercyniens. Sa partie orientale (Mancellia),
Schématiquement, le Massif Armoricain apparaît en grand comme                    constituée de granites de la fin du Cadomien intrusifs dans des
un ensemble de plis anciens recoupés par diverses roches                         formations sédimentaires briovériennes, forme une zone enveloppée
plutoniques. Dans les zones anticlinoriales, affleurent les terrains les         de sédiments paléozoïques discordants. Les granites hercyniens y
plus anciens (Précambrien), les zones synclinoriales sont quant à elles          sont très rares et les déformations de même âge restent modérées
essentiellement constituées par des terrains paléozoïques. Ces unités            (plissement avec schistosité naissante) mais associées à une tendance
s’allongent grossièrement selon une direction E-W, et présentent                 à l’écaillage vers le Sud ou vers le SE. Vers l’Ouest (région malouine,
une disposition en éventail ouvert vers l’Est. Les sédiments                     baie de St-Brieuc, Trégor), les structures cadomiennes sont encore
précambriens et paléozoïques sont recoupés par des roches                        largement dominantes, impliquant des roches volcano-sédimentaires
plutoniques d’âges divers et sont bordés, au Nord et au Sud, par des             ou métamorphiques et divers granitoïdes.
zones métamorphiques dont la plus importante est celle de                        Ce n’est qu’à la périphérie de ce noyau normano-breton que l’on
l’anticlinal de Cornouaille.                                                     observe des granites et une déformation ductile plus intense, d’âge
Des accidents majeurs et divers faciès géologiques permettent de                 hercynien. Ainsi dans la partie nord du Cotentin, on retrouve des
subdiviser le Massif Armoricain en grands domaines structuraux (Cf.              structures hercyniennes (granite de Flamanville, schistosité évoluée
2.5.2. FIG 1 à 3) de la manière suivante :                                       du synclinal de Siouville, ...). Au Sud, la limite du domaine est
                                                                                 constituée par le synclinorium de Laval et par la terminaison
- Le Domaine Domnonéen :
                                                                                 orientale du Cisaillement Nord-Armoricain avec l’apparition de plus
C’est le domaine le plus septentrional du Massif Armoricain. Limité              en plus fréquente vers l’Ouest des granites hercyniens.
au Sud par les accidents de Brest-Guingamp et de Saint-Lô-Cancale,               Ainsi défini, le Domaine Nord-Armoricain apparaît comme un bloc
il comprend le Cotentin et la Bretagne septentrionale.                           précambrien, relativement rigide, contourné par l’activité tectono-
Il est constitué d’un socle précambrien polymétamorphique et                     métamorphique hercynienne.
polyorogénique peu réactivé par l’orogenèse hercynienne.
                                                                                 - Le Domaine Centre-Armoricain
- Le Domaine Mancellien :
                                                                                 C’est une région où coexistent un Briovérien terminal peu impliqué
Il est situé au SE du domaine précédent, limité vers le Sud par une              dans l’orogenèse cadomienne, des sédiments paléozoïques
série d’accidents au tracé assez imprécis se relayant de Guingamp à              discordants d’âge Ordovicien à Carbonifère et de nombreux granites
Alençon. Le Domaine Mancellien est constitué par des terrains                    hercyniens affleurants ou cachés. Le Briovérien terminal et le
briovériens et paléozoïques plissés lors de l’orogenèse cadomienne,              Paléozoïque sont affectés par des déformations fini-dévoniennes et
et de granites fini-cadomiens (granites mancelliens) intrusifs dans les          carbonifères d’intensité moyenne (schistosité associée à un
formations briovériennes. Quelques granites intrusifs varisques                  métamorphisme de bas grade) globalement contemporaines de la
recoupent aussi les séries primaires épicontinentales.                           mise en place des granites. Les directions de plissement, allant de
                                                                                 N60° à l’extrémité occidentale jusqu’à N120° à l’extrémité orientale,
- Le Domaine Centre-Armoricain :
                                                                                 constituent un grand arc à convexité vers le Nord. Sur sa bordure
C’est le domaine le plus étendu. Il est limité au Sud par la faille              septentrionale, le Domaine Centre-Armoricain vient s’appuyer
Pointe-du-Raz - Malestroit puis par l’axe Lanvaux - Angers. Les                  contre le bloc nord-armoricain, puis est limité par la zone du Menez-
sédiments paléozoïques, discordants sur le socle cadomien, y                     Belair (notée 11 sur la figure 2.5.2 FIG 3) et par le Cisaillement Nord-
constituent de vastes unités plissées, recoupées surtout dans la                 Armoricain. La limite méridionale est constituée en partie par le
partie occidentale par des plutons granitiques varisques.                        Cisaillement Sud-Armoricain depuis la pointe du Raz jusqu’aux
- Le Domaine Ligérien :                                                          environs de la Roche-Bernard, relayé ensuite vers l’Est par une
                                                                                 portion de la faille de Nort-sur-Erdre et le bassin carbonifère
Il est compris entre le Domaine Centre-Armoricain et la Zone broyée              d’Ancenis (noté 16 sur la figure 2.5.2 FIG 3). La proximité d’une
sud-armoricaine (indiquée sur la figure 2.5.2. FIG 2). Le socle                  limite paléogéographique majeure entre les Domaines Centre et
protérozoïque, plus ou moins intensément métamorphisé, y est                     Sud-armoricain se traduit dès le Paléozoïque inférieur par les
recouvert en discordance par des formations paléozoïques. De


                     Sommaire du chapitre                                                     Sommaire général                                     2.5
                                                                           125
originalités de la sédimentation et du volcanisme dans le                       diamètre. Il a commencé à se former au Permo-Trias, à partir des
synclinorium de Saint Georges sur Loire (noté 15 sur la figure 2.5.2            dépôts provenant de l’érosion des reliefs hercyniens. Constitué de
FIG 3), par comparaison à des parties plus septentrionales du massif.           formations secondaires et tertiaires, il repose en discordance sur le
Les caractéristiques principales de ce Domaine Centre-Armoricain                socle primaire.
découlent d’une évolution intracontinentale à un niveau                         Dans la partie NW du bassin, les structures majeures ont une
relativement peu profond de la croûte par comparaison avec le                   direction NW-SE. Cette direction correspond à un héritage hercynien
Domaine Sud-Armoricain.                                                         (direction armoricaine) d’accidents affectant le socle et ayant joué un
                                                                                rôle essentiel durant toute l’évolution du bassin. Parmi ces accidents,
- Le Domaine Sud-Armoricain
                                                                                on retiendra particulièrement ceux les plus proches du Massif
Dans cette région, les évènements précambriens sont le plus souvent             Armoricain : la faille de la Seine et la faille du Pays de Bray.
inexistants ou complètement oblitérés par les effets hercyniens qui,
                                                                                Le profil ECORS (Nord de la France) a permis de montrer que ces
en revanche, y atteignent leur intensité maximale.
                                                                                dernières (ainsi que les failles « secondaires » : faille de Barthelu,
Les témoins sédimentaires paléozoïques sont également rares et on               d’Eu et de la Somme) sont subverticales et affectent la croûte sur
y observe surtout des roches métamorphiques et des granitoïdes. Les             toute son épaisseur, ou tout au moins une vingtaine de kilomètres
métamorphismes de haut grade atteignant la fusion de la croûte                  (Cf. 2.5.2. FIG 5).
continentale (migmatites d’anatexie du Morbihan) ou associés à la
haute pression (schistes bleus de l’île de Groix, éclogites de                  2.1.4. Histoire tectonique du Massif Armoricain
Champtoceaux...) et affectant parfois d’anciens témoins océaniques,
soulignent l’originalité de ces régions méridionales. Les granitoïdes y         2.1.4.1. Le cycle Icartien
sont très nombreux et d’âges variés : rarement précambriens, parfois            Les formations appartenant au cycle Icartien présentent un caractère
ordoviciens, le plus souvent carbonifères. Enfin, la tectonique,                fragmentaire. Elles se rencontrent dans la partie NW du Cotentin
généralement polyphasée fait une large place aux effets                         (Cap de la Hague), dans les Iles Anglo-Normandes et dans le Trégor.
chevauchants (Vendée, Groix). Son évolution tectono-
métamorphique essentiellement siluro-dévonienne fait de ce                      Elles ont été datées entre 2200 et 1800 Ma. Bien que l’on ne puisse
domaine méridional un témoin de l’histoire précoce (éohercynienne)              pas reconstituer de façon précise son histoire géodynamique, on
de la chaîne, antérieure à l’histoire carbonifère mieux représentée             peut cependant y reconnaître un cycle évolutif complet avec une
dans le Domaine Centre-Armoricain.                                              phase de sédimentation et de volcanisme qui se poursuit par une
                                                                                phase de plutonisme et se termine par une phase de
Ainsi, par comparaison, il semble bien que le Domaine Sud-                      métamorphisme et de déformation intense.
Armoricain représente une région beaucoup plus complexe que les
autres régions armoricaines, le Léon mis à part.                                2.1.4.2. L’orogenèse cadomienne
Le Léon et ses prolongements occidentaux (archipel de Molène-                   L’orogenèse cadomienne reste mal connue car elle concerne une
Ouessant) constituent en effet un domaine difficile à intégrer dans le          région peu étendue et qu’elle est oblitérée en grande partie par les
schéma armoricain. Il correspond, au même titre que la zone                     effets de l’orogenèse hercynienne, plus récente.
méridionale, à un segment profond de l’orogène hercynien qui                    Le modèle de convergence admis suggère l’existence d’une zone de
aurait été translaté vers le NE, au cours de l’orogenèse. Comme au              subduction avec son arc volcanique et sa distension d’arrière arc. Le
Sud, on y observe des roches métamorphiques, des orthogneiss, et                fonctionnement de cet arc daterait de 620 Ma, la fermeture du
divers granitoïdes carbonifères. Enfin, le bassin carbonifère de                bassin marginal (qui possédait peut-être par endroit un plancher
Morlaix, coincé entre le Léon métamorphique à l’Ouest et l’extrémité            océanique) se serait faite aux environs de 600 Ma entraînant ainsi à
du domaine nord-armoricain à l’Est, constitue une zone tectonique               St-Malo le développement des migmatites et à St-Brieuc le
particulière.                                                                   chevauchement des séries volcano-sédimentaires à tendance «
                                                                                océanique » vers le SW. L’anomalie magnétique de la Manche
2.1.3. Les grands domaines géologiques                                          correspondrait à la zone de suture liée à cette ancienne subduction.
       environnant le Massif Armoricain                                         2.1.4.3. L’orogenèse hercynienne
2.1.3.1. La Manche                                                              L’évolution géodynamique du Massif Armoricain pendant
                                                                                l’orogenèse hercynienne peut se résumer en quatre grandes phases
La Manche est une mer épicontinentale dont la profondeur est
                                                                                (d’après Le Corre et al., 1991) :
généralement inférieure à 120 m, avec localement quelques fosses
de 200 m de profondeur. Elle résulte de la juxtaposition de deux                - Une phase de distension cambro-ordovicienne, caractérisée par le
ensembles ayant une histoire et une structure différentes : la Manche             développement de rifts NE-SW au voisinage d’une marge limitant
occidentale et la Manche centrale, d’une part, parties intégrantes du             un domaine océanisé méridional. Les granites précoces pourraient
Massif Armoricain au sens large et la Manche orientale, d’autre part,             être associés à ce contexte.
petit bassin synclinal, trait d’union entre le Bassin de Londres et le          - Une phase de convergence ordovi-silurienne caractérisée par un
Bassin de Paris.                                                                  régime de subduction active vers le Nord, se traduisant par un
La structure de la Manche occidentale et centrale a pu être précisée              métamorphisme de haute pression aux dépens de la croûte
en partie par les profils sismiques SWAT (Cf. 2.5.2. FIG 4). Le bassin            océanique méridionale.
de Manche occidentale dessine un périsynclinal de Crétacé                       - Une phase de collision dévonienne caractérisée par une collision
supérieur-Tertiaire. Son flanc Nord remonte en pente douce, et son                avec un bloc continental méridional, faisant suite à la convergence
flanc Sud est accidenté par un faisceau d’accidents de direction ENE-             précédente. Les effets se traduisent par une tectonique tangentielle
WSW (Faille d’Aurigny-Ouessant) qui s’étend jusqu’en Manche                       généralisée, entraînant un épaississement crustal et un
centrale. Ce faisceau est lui-même bordé, au NW, par une anomalie                 métamorphisme de haute température allant jusqu’à l’anatexie.
magnétique majeure.
                                                                                - Une phase intracontinentale carbonifère caractérisée par
La couverture mésozoïque et cénozoïque de la Manche est affectée                  l’individualisation de bassins subsidents globalement E-W, par le
par d’importantes fractures qui se répartissent en trois familles                 fonctionnement de grands cisaillements transcurrents dextres E-W
directionnelles, chaque famille correspondant à une direction d’un                à WNW-ESE, et par la mise en place de nombreux granitoïdes
épisode tectonique anté-mésozoïque :                                              syntectoniques.
- NW-SE en Manche orientale (direction tardi-hercynienne),                      A l’échelle du Massif Armoricain, c’est la tectonique hercynienne qui
- E-W en Manche centrale (direction hercynienne),                               a laissé l’empreinte la plus forte sur la structuration du massif, avec
                                                                                de puissants cisaillements dextres E-W à WNW-ESE et un réseau de
- NE-SW en Manche occidentale (direction cadonienne).
                                                                                fractures conjuguées NW-SE dextres et NE-SW sénestres, générées à
2.1.3.2. Le Bassin Parisien                                                     la fin de l’Hercynien par une compression N-S.
Le Bassin de Paris est un bassin intracratonique de 600 km de                   Les effets de cette tectonique n’ont pas été uniformes sur l’ensemble


2.5                        Sommaire du chapitre                                                    Sommaire général
                                                                          126
du massif. On peut notamment en différencier les effets selon les               Armoricain. En effet, la distension E-W oligocène y persiste. On
régions suivantes :                                                             observe durant cette période le développement de bassins
- Domaine Nord-Armoricain :                                                     d’orientation NW-SE à NNW-SSE à caractère subsident dans lesquels
                                                                                la sédimentation se révèle synchrone des mouvements tectoniques
Ce domaine déjà cratonisé au cours de l’orogenèse cadomienne,                   (S. Durand et Estoulé-Choux, 1977).
reste durant le Paléozoïque, une région intracontinentale
relativement épargnée par les effets hercyniens.                                - Pliocène et Quaternaire
Au Cambrien, une tectonique en distension favorise le volcanisme et             A cette période, un régime de compression N-S s’installe. La
l’installation de bassins localisés qui seront recouverts lors de la            tectonique correspond essentiellement à des rejeux en faille normale
transgression cambrienne.                                                       de fractures N-S à NNW-SSE tardi-hercyniennes induisant la
Cette phase de distension pourrait être responsable de la mise en               formation de grabens étroits qui se disposent le long de ces grands
place d’un important champ filonien doléritique dans le domaine                 accidents.
nord-armoricain.
La structuration majeure de cette région est carbonifère avec une               2.1.5. Les données de géophysique
période compressive au cours de laquelle s’individualisent les                  2.1.5.1. La profondeur du Moho
grandes structures synclinales du Cotentin et de la Mancellia,
d’orientation N70° à N130°, avec un taux de raccourcissement                    Les données sismiques disponibles concernant la discontinuité de
variable selon les régions. Elle s’accompagne de nombreuses failles             Mohorovicic dans le Massif Armoricain conduisent à une profondeur
inverses ou chevauchements du Nord vers le Sud, qui correspondent               de l’ordre de 30 km, légèrement plus faible que pour la zone du
fréquemment à une réactivation de discontinuités cadomiennes.                   Bassin Parisien où la profondeur est estimée entre 35 et 40 km.
- Zone Nord Cotentin :                                                          Les profondeurs déterminées en Manche sur les profils SWAT (Cf.
Les études effectuées par Gresselin (1990) montrent que le Nord du              2.5.2. FIG 4) varient entre 25 et 30 km.
Cotentin a subi plusieurs phases de déformations au cours de                    2.1.5.2. Synthèse des données de géophysique sur le socle
l’orogenèse varisque :                                                                   armoricain et sa périphérie
    - Phase 1 : Initiation de la déformation varisque avec la genèse
                                                                                Les principales données de géophysique actuellement disponibles
      des synclinaux paléozoïques. Ces synclinaux sont limités par
                                                                                sur le Massif Armoricain sont les suivantes :
      des cisaillements de direction NE-SW à ENE-WSW. L’initiation
      de la structuration varisque est contrôlée par le rejeu du socle          - Synthèse des données (Cf. 2.5.2. FIG 7) de géophysique marine
      cadomien, ou plus précisément par celui d’anciennes failles                 (sismique réflexion, aéromagnétisme et gravimétrie) effectuée sur
      crustales fini-cadomiennes.                                                 le socle péri-armoricain (Lefort, 1975).
    - Phase 2 : Développement d’une phase de déformation N110°                  - Carte magnétique de la France levée en 1964 (compte tenu de son
      affectant l’ensemble du Nord Cotentin. C’est un couloir de                  échelle, cette carte ne permet de mettre en évidence que les
      déformation contre lequel les plis principaux de la phase 1                 discontinuités majeures du massif).
      (orientation N60°) sont transposés.                                       - Carte gravimétrique de la France au 1/80 000 (BRGM) ayant par
    - Phase 3 : Jeu conjugué de linéaments dextro-inverses N150° et               ailleurs fait l’objet d’un retraitement et d’une interprétation par la
      de décrochements sénestres N30° à N50°.                                     Section Géophysique de la COGEMA (Cf. 2.5.2. FIG 8)
Ces différentes familles de discontinuités et/ou linéaments sont bien           - La géophysique marine permet de confirmer la continuité des
visibles sur l’extrait de la carte géologique de la France donné par la           éléments lithologiques identifiés sur la partie émergée du domaine
figure 2.5.2 FIG 1.                                                               domnonéen et de préciser sa limite Nord (Faille Aurigny /
- Domaine Mancellien :                                                            Ouessant).
Pour Gresselin (1990), le comportement en grand du Domaine                      - Le domaine Nord-Armoricain garde une empreinte très nette des
Mancellien (granodiorites, flysch briovérien et sédiments                         directions cadomiennes N70° à 80°E.
paléozoïques) est celui d’une couverture décollée le long de                    - Les grands cisaillements armoricains varisques, de direction N90° à
discontinuités tectono-sédimentaires ou structurales préexistantes.               N130°E sont particulièrement bien exprimés, ils décalent
Il suppose l’existence d’une discontinuité sub-horizontale d’origine              localement les directions cadomiennes.
magmatique (base du batholite mancellien) entre le socle cadomien
                                                                                - La direction N130° à 150°E constitue une direction de fracturation
et les formations décollées.
                                                                                  importante, représentée par de nombreux accidents dont les rejeux
2.1.4.4. La tectonique cénozoïque                                                 tardifs sont attestés par les petits bassins sédimentaires tertiaires
L’absence d’orogène récent et la rareté de marqueurs                              qui les jalonnent (faille de Nort-sur-Erdre/St-Brieuc, faille de
stratigraphiques rendent difficiles pour le Massif Armoricain la                  Chateaubriand/St-Malo, faille Vitré/Segré, faille de Mayenne).
datation des déformations post-hercyniennes.
Au cours du Cénozoïque, la mer a plusieurs fois envahi le massif.               2.2. GEOLOGIE DYNAMIQUE
C’est essentiellement à partir de ces rares dépôts marins ou                    Cette partie traite des contraintes et des mouvements actuels et
continentaux épargnés par l’érosion que l’on a pu dégager les                   récents de l’écorce terrestre.
principaux traits de l’évolution post-hercynienne du massif.
- Eocène-Oligocène                                                              2.2.1. Contraintes actuelles
Vers la fin de l’Eocène, on observe le passage de la compression
pyrénéenne N-S à une distension oligocène E-W. Ce passage a dû                  2.2.1.1. Origine des contraintes
être favorisé par le ralentissement de la convergence Afrique-Europe            Les contraintes actuelles, présentes dans les matériaux de l’écorce
observé vers 35 Ma.                                                             terrestre, trouvent leur origine dans les mouvements relatifs des
Ce régime distensif E-W génère les principaux bassins                           grandes plaques qui composent la lithosphère. Elles peuvent être
d’effondrement de direction NNW-SSE à NW-SE, par rejeu en faille                résiduelles, c’est-à-dire héritées d’une configuration tectonique
normale de grandes fractures tardi-hercyniennes (Vigneresse, 1988               ancienne, mais non totalement libérées, ou entretenues par la
voir 2.5.2 FIG 6).                                                              pérennité du mouvement des plaques. D’une façon générale, en
                                                                                Europe de l’Ouest, le champ actuel des contraintes résulte de
Dans ces bassins très localisés, se déposent des sédiments lacustres
                                                                                l’affrontement de la plaque Afrique et de la plaque eurasienne.
à marins, parfois sur des épaisseurs de plusieurs centaines de mètres.
- Miocène                                                                       Il est à noter que, localement le tenseur de contrainte peut être
                                                                                perturbé, soit à proximité de grandes discontinuités, soit à proximité
La compression E-W à NW-SE du Miocène supérieur qui s’exerce sur                de la surface, et ce d’autant plus que le relief est plus accidenté.
le pourtour de l’arc alpin, ne semble pas affecter le Massif


                    Sommaire du chapitre                                                     Sommaire général                                     2.5
                                                                          127
2.2.1.2. Expression des contraintes                                              de la contrainte maximale horizontale déterminée à partir des axes P
                                                                                 des mécanismes au foyer. Par interpolation, l’orientation de la
En théorie, il existe une relation directe entre l’état de contrainte et
                                                                                 contrainte maximale horizontale dans la région du site serait
le type de failles ou structures cassantes susceptibles de jouer ou de
                                                                                 orientée NNW-SSE.
rejouer :
                                                                                 D’une façon globale, la contrainte maximale horizontale apparaît
σ1 verticale           régime extensif         failles normales
                                                                                 orientée NW-SE à NNW-SSE. Dans ce contexte, les contraintes
σ2 verticale    ←    régime décrochant ←         cisaillements                   principales maximale σ1 et intermédiaire σ2 présentent des valeurs
σ3 verticale    ←    régime compressif ←        failles inverses                 relatives proches (avec parfois des inversions entre σ1 et σ2). La
                                                                                 contrainte σ1 serait généralement subhorizontale et de direction aux
                ←                       ←
En pratique, l’existence de structures anciennes, les mouvements                 alentours de NW-SE, la contrainte σ2 verticale et la contrainte σ3
complexes de basculement ou de rotations de blocs, peuvent                       horizontale et de direction NE-SW.
conduire à des mouvements « atypiques ». De plus, le cas où deux
des contraintes principales ont des valeurs très proches, on peut                Le régime de déformation théorique est donc compressif
passer facilement, en fonction des conditions locales, d’un régime               décrochant.
décrochant à un régime compressif (cas où σ2 ~ σ3), ou à un régime
                                             ~
extensif (cas où σ1 ~ σ2).
                    ~                                                            2.2.2. Sismicité instrumentale
Il résulte des quelques remarques précédentes que l’étude des                    2.2.2.1. Répartition géographique
contraintes actuelles qui présentent un caractère statistique
                                                                                 La figure 2.5.2 FIG 10 donne un aperçu de la sismicité instrumentale
(nécessité d’un nombre suffisant de valeurs significatives), permet
                                                                                 relevée entre 1962 et 2003. Cette carte est établie à partir des
cependant de mieux appréhender le fonctionnement sismo-
                                                                                 données du LDG.
tectonique d’une région, mais ne permet de prédire de façon
rigoureuse l’activité ou la non activité des structures.                         Cette planche fait apparaître que la sismicité actuelle du Massif
                                                                                 Armoricain est relativement diffuse et de faible magnitude (bien que
2.2.1.3. Méthodes de mesure du champ de contraintes
                                                                                 pouvant atteindre 4.9 : séisme du 21/08/1989 à l’extrémité Ouest de
2.2.1.3.1. Mesures in situ                                                       la zone de Cisaillement Sud Armoricaine).
Les grandes méthodes de mesure de contraintes in situ sont les                   Dans le détail, on peut dégager certaines particularités :
suivantes :
                                                                                 - Il semble exister un alignement de séismes instrumentaux entre
- fracturation hydraulique,                                                        Avranches et Laval, selon une direction N150°E. Il n’existe
- mesure de l’ovalisation « naturelle » des trous de forages,                      cependant pas de faille nettement discriminée au droit de cet
                                                                                   alignement (voir 2.5.2. FIG 8). De plus, les deux mécanismes au
- sur-carottage,                                                                   foyer établis sur cet alignement n°6 et n°137 indiqués sur la figure
- mesure au vérin plat.                                                            2.5.2 FIG 9, ne confirment pas cette direction : Dans le premier cas,
                                                                                   il s’agit d’une rupture inverse sur une discontinuité N70°E, et dans
Les trois premières méthodes sont réalisées en sondage, la dernière
                                                                                   le second cas, il s’agit d’un décrochement N-S ou E-W.
s’effectue sur une paroi (carrière ou galerie). Dans tous les cas, la
mesure n’est pas directe, mais nécessite la prise en compte de                   - Une activité sensiblement plus importante est localisée dans la
certaines hypothèses. Les résultats sont évidemment sujets aux                     partie SW du domaine Nord-Armoricain, ainsi que dans la partie
perturbations locales citées précédemment.                                         NW du domaine Centre-Armoricain. On peut probablement y voir
                                                                                   une relation avec les grands cisaillements régionaux (Cisaillement
2.2.1.3.2. Mécanismes au foyer
                                                                                   Nord-Armoricain) et leurs structures conjuguées.
L’estimation de l’orientation du champ de contraintes à partir des
                                                                                 - Une densité de séismes plus forte dans la région située au Sud du
mécanismes au foyer des séismes peut se faire sur la base de
                                                                                   cisaillement sud-armoricain.
l’approximation suivante :
                                                                                 - Il semble exister une petite zone de concentration de séismes
- axe P ~ σ1
        ~
                                                                                   instrumentaux à l’Est du Cotentin.
- axe T ~ σ3
        ~                                                                        2.2.2.2. Mécanismes au foyer
Cette méthode a l’avantage de concerner une zone plus profonde                   Les mécanismes au foyer sont présentés sur la figure 2.5.2 FIG 10.
de la croûte, et de s’affranchir des perturbations liées à la
topographie. Les directions des axes P et T peuvent cependant                    A l’échelle du Massif Armoricain, cette planche montre l’existence de
s’écarter des contraintes principales du fait des rejeux de failles              mécanismes au foyer de tous types de failles : normales, inverses et
existantes.                                                                      décrochantes. La prise en compte de l’ensemble de ces mécanismes
                                                                                 au foyer ne s’intègre pas dans un champ de contrainte cohérent à
2.2.1.3.3. Calcul des trajectoires de contraintes                                l’échelle du massif. Certaines incompatibilités de mécanismes au
Les mesures in situ et les mécanismes au foyer ne fournissent                    foyer existent, par exemple : mécanismes de type faille normale pure
généralement que quelques données ponctuelles. Des programmes                    et de type décrochement pur selon des directions très proches
de calcul (Rebaï et al., 1992) permettent d’estimer l’orientation de la          (mécanismes au foyer 3 et 138). De tels comportements ne peuvent
contrainte horizontale (σHmax) en tout point, et de mieux visualiser             s’expliquer que par l’existence des modifications locales du champ
ainsi la propagation des contraintes depuis les zones en compression             de contrainte.
jusqu’aux zones en extension.                                                    Cependant, si l’on considère certaines directions de structures du
2.2.1.4. Données disponibles et résultats                                        Massif Armoricain, un certain nombre de caractéristiques peuvent
                                                                                 être déduites. Si l’on considère la direction du Cisaillement Nord-
Elles sont rassemblées dans l’ouvrage de l’IPSN « Sismotectonique
                                                                                 Armoricain (environ N70°E), il existe deux séismes importants de
de la France métropolitaine » (Grellet et al. 1993). Les données de
                                                                                 mécanismes au foyer de type faille inverse selon cette direction (n°6
mesure in situ sont peu nombreuses au niveau du Massif Armoricain
                                                                                 et 132). Maintenant, si l’on considère la direction du Cisaillement
ou à son pourtour, les données relatives aux mécanismes au foyer
                                                                                 Sud-Armoricain (environ N110°E), certains mécanismes au foyer
sont sensiblement plus nombreuses. L’ensemble des données
                                                                                 montrent des mécanismes de type décrochant dextre (n°4, 137 et
disponibles concernent essentiellement la partie Est du massif.
                                                                                 138), tandis que d’autres montrent des mécanismes de type faille
Mesure in situ : Paquin et al. (1978) indiquent d’après des mesures              normale (n°3 et 11). Parmi tous ces séismes si l’on retient
au vérin plat une contrainte maximale horizontale orientée N107°E                uniquement ceux de mécanismes au foyer purement inverses et
à Louvigné-du-Désert (50 km au NNW de Laval). Il s’agit là d’une                 purement décrochants dextres, ils indiquent une direction de
mesure très superficielle, dans une tranche souvent localement                   raccourcissement commune orientée aux environs de N160°, ce qui
perturbée. Elle est donc à considérer avec réserves.                             est en accord avec la direction de contrainte maximale actuelle
Mécanisme au foyer : La figure 2.5.2 FIG 9 présente les trajectoires             admise dans cette région. Les modifications locales du champ de


2.5                          Sommaire du chapitre                                                   Sommaire général
                                                                           128
contraintes expliqueraient alors les mécanismes atypiques, par                  - Vallée du Gesvres :
rapport à cette direction de contrainte.
                                                                                Affluent de rive droite d’Erdre inférieure, le Gesvres est l’un des
2.2.2.3. Profondeurs instrumentales                                             affluents de la Loire qui drainent le plateau situé au NW de Nantes.
                                                                                Se basant sur des critères morphologiques, sédimentologiques et
En ce qui concerne les profondeurs des séismes instrumentaux, il ne
                                                                                hydrographiques, B. Bousquet et D. Sellier (1975) mettent en
semble pas exister de relation directe entre leur localisation
                                                                                évidence le détournement du Gesvres et sa capture par un réseau
géographique et leur profondeur. La profondeur moyenne des
                                                                                hydrographique de direction NNW-SSE. Selon les auteurs, ce
séismes (Ml > 3.5), d’après les données LDG (période 1962-2003),
                                                                                détournement aurait été provoqué par des rejeux d’accidents
dans un rayon de 200 km autour du site, est de l’ordre de 11 km.
                                                                                tectoniques de même orientation, d’âge Plio-Quaternaire.
2.2.3. Néotectonique                                                            - Indice de Periers :

Ce chapitre fait le bilan des divers indices (géomorphologiques,                Ce situe est situé 47 km au Sud du site. Au niveau d’une sablière
hydrographiques, sédimentologiques) relatifs à une tectonique «                 (sablière de la Lande de Millières) des déformations quaternaires sont
récente » (Miocène, Pliocène et surtout Quaternaire) ayant affecté              observables. Elles correspondent à une série de failles normales
la région. Ces indices sont extraits de données bibliographiques.               subverticales, d’orientation WNW-ESE à NNW-SSE, à proximité des
                                                                                bordures de socle (Cambrien). Les failles affectent des sables
Les indices dans le Massif Armoricain :                                         estuariens et fluviatiles (Quaternaire inférieur), piégés dans un étroit
- Plateau de La Pernelle :                                                      graben de plus de 40 m de profondeur. Selon les auteurs (Baize &
                                                                                al., 2002), l’ensemble des observations permettrait d’attribuer une
Le plateau de La Pernelle se situe au NE du Cotentin, à environ 25              origine néotectonique aux déformations principales de Periers.
km à l’Est de Cherbourg. Dans ce secteur, à la faveur de tranchées,             Cependant, aucune structure sismogénique majeure n’est connue à
un cordon littoral marin a été découvert en position surélevée à                l’aplomb du site.
plusieurs cotes altimétriques (+114 et +90 m). « Il s’agirait d’une
formation synchrone des sables dits pliocènes ou plus                           Les indices en Manche :
vraisemblablement du Quaternaire ancien. La position élevée de ce               La Manche Orientale paraît s’être ébauchée au Pliocène, formant un
cordon littoral et son décalage par failles probables impliquerait              sillon subsident dans lequel pénètre la mer redonienne (Wyns,1977).
l’existence de mouvements verticaux quaternaires » (Doré et al.
1977).                                                                          La formation du détroit du Pas-de-Calais à partir de la fin du
                                                                                Pléistocène inférieur ne paraît pas être liée à un phénomène
Concernant cet indice, les failles supposées responsables de ce                 purement climatique.
décalage n’ont pu être directement observées, et ce décalage d’une
vingtaine de mètres pourrait également s’expliquer par d’autres                 Etant donné le contraste entre la subsidence marquée de la Manche
phénomènes (glissement gravitaire, remaniement,...).                            orientale tout au long du Paléogène (près de 500 m de sédiments
                                                                                accumulés de l’Yprésien au Bartonien) et la tendance à la surrection
- Région d’Arromanches :                                                        de la Somme et la Picardie dès la fin du Paléocène, Colbeaux et al.
Bassompierre et al. (1975) interprètent le pendage des couches du               (1980) proposent de rattacher la formation du détroit du Pas-de-
Bathonien inf. et la présence d’une faille cisaillante dans la région           Calais à l’influence d’une zone faillée du Pas de Calais qui aurait
d’Arromanches (à environ 25 km au NW de Caen), en liaison avec                  induit une structure de graben dans la couverture. D’autres
l’existence de directions de fractures importantes du socle : un rejeu          explications purement géomorphologiques sont aussi proposées
isostatique se serait produit suivant la direction N120° et un                  pour expliquer l’ouverture du détroit.
cisaillement antépliocène suivant la direction N70° (sénestre). Selon           Dans le reste de la Manche, comme dans toute mer, les indices
les auteurs, la mobilité de cette dernière direction se serait                  néotectoniques sont difficiles à relever. On a néanmoins observé du
manifestée au moins jusqu’au Flandrien (Quaternaire récent).                    Miocène vertical à l’île de Wight ; de la tectonique récente aurait
Cependant, il convient d’insister sur le fait qu’il n’existe pas de             donc affecté cette région.
preuve directe d’un rejeu quaternaire de cet accident, l’hypothèse              Comparaisons de nivellements :
des auteurs étant basée sur une répartition complexe des terrains
quaternaires : « il serait plus aisé de rendre compte de la répartition         Le profil de nivellement réalisé par Lenotre et al. (1997) selon une
des formations quaternaires par un nouveau rejeu de cet accident ».             direction E-W, montre une surrection du Plateau Ouest Armoricain
                                                                                par rapport à la Dépression de Rennes sur une période d’environ 100
De plus, un rejeu sénestre selon une direction N70°E est difficilement          ans de l’ordre de 7 cm dans l’Ouest de la Bretagne.
compatible avec le champ de contraintes actuel.
                                                                                Ceci conduit à des vitesses de surrection de l’ordre de 1 mm/an.
- Bassin de Carentan :
                                                                                Ce phénomène de surrection ainsi mis en évidence se corrèle assez
La localité de Carentan se situe à environ 20km au NW de Saint-Lô.              bien avec des éléments d’ordre géomorphologique comme par
Le bassin de Carentan, globalement d’orientation E-W, marque la                 exemple les travaux sur les différences d’incision des vallées entre la
limite entre la Normandie et le Cotentin.                                       partie Ouest et la partie Est du massif (S. Bonnet, 1998). Cependant,
Pareyn (1980 et 1984) relève plusieurs indices de néotectonique. Il             en comparaison avec les éléments de géomorphologie, ces vitesses
montre que « l’axe Carteret-Montebourg au Nord et Coutances-                    paraissent élevées, et il convient d’être prudent dans leur utilisation.
Isigny a été le siège de vastes transgressions marines pliocènes et             Elles impliqueraient par exemple un début d’incision des vallées il y a
quaternaires. La communication entre le Golfe normano-breton et la              moins de 100 000 ans. Leur extrapolation sur la durée totale du
baie de Veys a été interrompue au cours du Pléistocène par le                   Quaternaire conduirait à des surrections de l’ordre de 2000 m, là-aussi
relèvement de la côte NW du Cotentin, ce qui a entraîné la                      incompatibles avec les faits observés. L’écart entre les ordres de
disparition de la couverture néogène, qui reste cependant conservée             grandeur déterminés par l’approche comparaison de nivellement et
dans la dépression de Carentan ».                                               l’approche géomorphologie peuvent être multiples, méthodologiques,
                                                                                mais surtout lié à la différence des pas de temps considérés.
La position d’accidents à fort rejet est déduite d’arguments
géologiques, comme par exemple, l’interruption brutale de la                    Conclusion :
formation des marnes d’Aubigny. La formation de Pierrepont,                     Les éléments présentés ci-dessus montrent que le Massif Armoricain
attribuée au Pléistocène inf. , constitue un dépôt de 80 à 100 m de             a été le siège de mouvements « récents », en particulier au cours
puissance, localisé dans un sillon étroit considéré jadis comme une             du Cénozoïque. Ces mouvements sont attestés par l’exhaussement
invasion de ria, mais interprétée par Pareyn comme une                          général du massif ayant entraîné le rajeunissement du relief et la
manifestation de tectonique pléistocène postérieure au dépôt.                   subsidence de petits bassins sédimentaires le long d’accidents
En fait, toutes ces formations se seraient déposées sur une étendue             préexistants. Ces mouvements restent néanmoins d’ampleur
beaucoup plus large que leur localisation actuelle, mais déblayées              modeste.
par l’érosion, seuls quelques lambeaux auraient été conservés à la
faveur de rejeux récents de failles.


                    Sommaire du chapitre                                                     Sommaire général                                     2.5
                                                                          129
2.2.4. Sismicité Historique                                                              Ajustement des observations sur une loi de Sponheuer :
                                                                                         Io - I = k log d/h - α (d-h)
2.2.4.1. Origine des données
Les données utilisées proviennent essentiellement de la base de
données SISFRANCE (version mise à jour en 2003). La base                                 Atténuation macrosismique :
SISFRANCE collecte tous les séismes qui ont été ressentis
                                                                                         ΔI = Io - Is = 3.36 log d/h
historiquement sur le territoire français. Cette base, établie et
maintenue conjointement par trois organismes (BRGM-SGN, CEA-
IPSN et EDF-TEGG), a débuté sous forme informatisée en 1974.                             Calcul de la magnitude (IPSN) :
Depuis cette date, elle n’a cessé d’évoluer au fur et à mesure des
études particulières entreprises par ces trois organismes.                               M = 0.44 I + 1.48 log d + 0.48
L’extraction, centrée sur le site de Flamanville a été réalisée dans un                  avec :
carré de 600 kilomètres de côté. La figure 2.5.2 FIG 11 figure les                       M : Magnitude
résultats de cette extraction. Le tableau 2.5.2 TAB 4 donne les
séismes d’intensité épicentrale supérieure à VI MSK issus de cette                       Io : Intensité épicentrale (MSK)
extraction.                                                                              I : Intensité observée en un lieu (MSK)
La liste complète résultant de cette extraction est donnée en tableau                    k : coefficient de décroissance (de l’ordre de 3.3 à 3.4)
2.5.2 TAB 1.                                                                             α : coefficient d’amortissement (de l’ordre de 10-5 à 10-3)
2.2.4.2. Calculs des magnitudes et des profondeurs                                       Is : Intensité sur site (MSK)
Les calculs de magnitudes et de profondeurs des séismes anciens ont                      d : distance focale (km)
été effectués selon des méthodologies cohérentes avec la RFS 2001-01.
                                                                                         h : profondeur focale (km)
Les observations relatives à chacun des séismes permettent de
                                                                                         Les méthodes utilisées pour l’estimation des profondeurs des
calculer, pour chaque événement sismique, une atténuation
                                                                                         principaux séismes historiques sont précisées dans le tableau 2.5.2
macrosismique (atténuation de l’intensité en fonction de la distance
                                                                                         TAB 3 (Détermination du SMHV du site de Flamanville).
par rapport à la zone épicentrale), ce qui permet d’estimer la
profondeur de l’événement considéré sur la base de lois empiriques.                      2.2.4.3. Répartition géographique
Les formules de base, présentées ci-après, sont parfaitement cohérentes                  La figure 2.5.2 FIG 11 indique la localisation des épicentres
entre elles, à savoir depuis les données amont (intensités macrosismiques)               macrosismiques des séismes historiques selon la base de données
jusqu’aux données aval (magnitudes et accélérations).                                    SISFRANCE (version 2003).



                  2.5.2 TAB 4 : CARACTERISTIQUES DES SEISMES HISTORIQUES D’INTENSITE EPICENTRALE SUPERIEURE
                          A VI MSK (EXTRACTION DANS UN CARRE DE 600 KM DE COTE CENTRE SUR LE SITE)


           NUMEVT Xlamb           Ylamb     Int     QI      QP      QD      jour     Mois      année     dist/site   E : lieux épicentre
                                                                                                         (km)
           860004       425.9     2217.4    7.5     B       B       A       6        10        1711      324         LOUDUNOIS (LOUDUN)

           1150007      499.3     2757.7    7.5     B       D       A       22       4         1884      319         ESSEX (COLCHESTER-PELDON)

           1150004      541.1     2667.8    7.5     C       D       A       6        4         1580      292         MANCHE (DETROIT DE CALAIS-DOUVRES)

           1150001      576.4     2704.7    7.5     C       D       A       21       5         1382      341         MER DU NORD (N-E. DEAL ?)

           370007       469.4     2236.6    7.5     C       D       A       15       2         1657      327         PLATEAU DE SAINTE-MAURE (STE-MAURE)

           370008       479.2     2217.9    7.5     E       E       A       11       3         1704      348         PLATEAU DE SAINTE-MAURE (LIGUEIL ?)
                                                                                                                     PLATEAU      MERIDIONAL     (LE   GRAND-
           180002       479.1     2214.2    7.5     E       E       A       25       6         1522      351         PRESSIGNY ?)
           440015       262.5     2228.1    7.5     K       C       A       25       1         1799      287         MARAIS BRETON (BOUIN)

           560027       214.9     2316.3    7.0     A       A       A       9        1         1930      212         LANDES DE LANVAUX (MEUCON)

           360008       519.8     2215.4    7.0     A       B       A       5        7         1841      374         BRENNE (CHATILLON-SUR-INDRE)

           290030       126.9     2345.1    7.0     B       A       A       2        1         1959      237         CORNOUAILLE (MELGVEN)

           140007       405.1     2466.5    7.0     B       B       A       30       12        1775      120         PLAINE DE CAEN (CAEN)

           490019       394.1     2288.8    7.0     C       D       A       14       5         1497      246         BASSE-VALLEE DU LOIR (TIERCE)

           490035       453.6     2259.2    7.0     C       D       A       7        9         1706      300         VALLEE DE LA LOIRE (LANGEAIS)

           560001       216.8     2306.9    7.0     C       E       A       30       8         1286      220         VANNETAIS (VANNES)

           1100008      593.9     2710.2    7.0     E       D       A       23       4         1449      359         MER DU NORD (N-W. OSTENDE ?)
                                                                                                                     BOCAGE VENDEEN (CHATILLON-SUR-SEVRES
           490033       364.1     2221.7    7.0     E       E       B       14       1         1663      300         ?)
           760019       489.3     2542.2    6.5     A       B       A       1        12        1769      197         PAYS DE CAUX (VEULES)

           1150020      274.8     2466.8    6.5     B       B       A       30       7         1926      50          JERSEY

           1150046      429.1     2727.8    6.5     B       B       A       19       3         1750      254         LONDRES

           500023       313.2     2456.6    6.5     B       B       A       1        4         1853      60          BOCAGE NORMAND (COUTANCES)

           490023       382.1     2270.7    6.5     C       D       A       25       3         1588      258         VAL D'ANJOU (ANGERS)

           440007       424.0     2231.0    6.5     E       E       A       13       3         1708      311         LOUDUNOIS ?


LEGENDE :                                                                                QP : indice de qualité concernant la localisation de l’épicentre (cf.
                                                                                                Tableau 2.5.2 TAB 5)
NUMEVT : numéro événement du séisme
                                                                                         QD : indice de qualité concernant la date de événement ( cf. Tableau
Xlamb : coordonnée X Lambert II étendu
                                                                                                2.5.2 TAB 5)
Ylamb : coordonnée Y Lambert II étendu
                                                                                         dist / site-E : distance de l’épicentre au site (en km) – Site : x= 294
Int : intensité épicentrale dans l’échelle MSK 64 ( 7.0 = VII , 7.5 = VII-VIII )
                                                                                                         y= 2513
QI : indice de qualité concernant la valeur de l’intensité épicentrale (cf.
      Tableau 2.5.2 TAB 5)



2.5                             Sommaire du chapitre                                                           Sommaire général
                                                                                   130
                      2.5.2 TAB 5 : INDICES DE QUALITE UTILISES DANS LA BASE DE SISMICITE HISTORIQUE SISFRANCE


                    QI                                 QP                                                      QD

          A         sûre                               très fiable                      avec                   bon
          B         assez sûre                         fiable                           isoséistes             moyen
          C         incertaine                         incertaine                                              douteux
          D                                            probable                         sans
          E         présumée                           présumée                         isoséiste
          I         ponctuelle                         ponctuelle
          K         calculée
                   Remarque : « probable » est utilisé dans le sens vraisemblable, et « présumé » dans le sens de supposé




2.2.4.4. Présentation des principaux séismes historiques                          L’épicentre de ce séisme a été fixé arbitrairement dans les environs
                                                                                  de Vire à 105 km au SSE du site.
Basé sur l’extraction du fichier SISFRANCE, ce paragraphe présente
les principaux séismes historiques d’intensité supérieure ou égale à              05/11/1734 :
VI MSK dans un rayon de 150 km autour du site, ainsi que certains                 numéro         Intensité      I max       nombre           nombre
séismes d’intensité supérieure mais plus éloignés.                                               épicentrale                d'observations   de références
                                                                                  1150009        VI (C)         V-VI (A)    24               21
Ces séismes sont présentés par ordre chronologique, sans préjuger
de leur rattachement à une structure ou à un domaine tectonique.                  L’épicentre de ce séisme a été fixé arbitrairement dans les environs
Les intensités sont données dans l’échelle MSK.                                   de Vire à 105 km au SSE du site.
La figure 2.5.2 FIG 11 figure les résultats de l’extraction. La liste des         05/11/1734 : Ce séisme est situé à 90 km au NE du site, en pleine
épicentres correspondant à cette extraction est donnée dans le                    mer au Sud de l’île de Wight.
tableau 2.5.2 TAB 2.
                                                                                  Du fait de sa localisation (présumée) en mer, son intensité
14/02/1291 :                                                                      épicentrale est incertaine.
 numéro        Intensité       I max       nombre           nombre                28/10/1757 :
               épicentrale                 d'observations   de références
 140003        VI (E)          V (A)       2                2                     numéro         Intensité      I max       nombre           nombre
                                                                                                 épicentrale                d'observations   de références
On ne dispose que de deux observations relatives à ce séisme, dont                760015         VI (C)         VI (A)      7                6
une seule avec une intensité établie (V MSK à Caen).
                                                                                  Ce séisme a été ressenti de manière peu étendue dans la région du
12/11/1584 :                                                                      Havre et de Fécamp (Intensité maximale ressentie au Havre avec un
 numéro        Intensité       I max       nombre           nombre                indice de qualité sûr).
               épicentrale                 d'observations   de références
                                                                                  01/12/1769 :
 500013        VI (I)          VI (B)      1                4

On ne dispose que d’une observation relative à ce séisme : VI MSK                  numéro        Intensité       I max      nombre           nombre
ressentie au Mt-St-Michel (avec un indice de qualité B [assez sûre]).                            épicentrale                d'observations   de références
                                                                                   760019        VI-VII (A)      VI-VII (A) 19               13
06/07/1640 :
                                                                                  Son épicentre est situé à Veules-les-Roses dans le pays de Caux
 numéro        Intensité       I max       nombre           nombre                (environ 10 kilomètres à l’Est du site), et a une intensité de VI-VII
               épicentrale                 d'observations   de références         MSK. Il a été ressenti jusqu'en région parisienne, soit un rayon de
 500013        VI (E)          V (A)       11               13
                                                                                  perception de l'ordre de 160 km.
Ce séisme a été ressenti dans 8 localités différentes (Argentan, Mt-              Sa profondeur calculée à partir de l’isoséiste V MSK (rayon isoséiste
St-Michel, Vire, Le Plessis-Grimoult, Jersey, Taden, Dinan et Caen)               estimé à 28 km) est d’environ 10 km par application de la loi de
avec une intensité de V MSK. La zone de perception de l’intensité V               décroissance présentées ci-dessus. Un calage des observations selon
MSK étant assez étendue, c’est ce qui a conduit à affecter l’intensité            une loi de Sponheuer conduirait à une profondeur de 12 km.
épicentrale de VI MSK à ce séisme, dont l’épicentre devait se situer
dans les environs de Coutances.                                                   30/12/1775 :

02/05/1699 :                                                                      numéro         Intensité      I max       nombre           nombre
                                                                                                 épicentrale                d'observations   de références
 numéro        Intensité      I max       nombre            nombre                140007         VII (B)        VII (A)     40               41
               épicentrale                d'observations    de références
 140005        VI (I)         VI (C)      1                 1
                                                                                  D’après le fichier SISFRANCE, l’épicentre se situe dans la région de
                                                                                  Caen à environ 120 km au Sud-Est du site. Il a été ressenti avec une
Ce séisme est simplement signalé à titre indicatif, sa localisation et
                                                                                  intensité VII MSK à Caen et dans les villages voisins. Son rayon de
son intensité sont très douteuses compte-tenu du peu
                                                                                  perception est d'environ 200 km (ressenti à Paris).
d’informations s’y rattachant.


                      Sommaire du chapitre                                                    Sommaire général                                         2.5
                                                                            131
Il s’agit vraisemblablement de la secousse historique majeure du                 Ce séisme a atteint l’intensité VI MSK à Cherbourg (chute d’un
domaine Mancellien.                                                              chapiteau de l’église de la Trinité) et V-VI MSK dans 7 autres localités
                                                                                 (Octeville, Valognes, Bricquebec, Reville, St-Vaast-La-Hougue,
La profondeur calculée est de 13 à 15 km, à partir des rayons
                                                                                 Alderney et Grandcamp-Maisy).
isoséistes estimés Rv (50 km) et Riv (115 km). Un calage sur une loi
de Sponheuer conduit à une profondeur de 12 km.                                  Le rayon moyen de l’isoséiste V MSK est estimé à 118 km (Cf. Doc.
                                                                                 IPSN, Atlas des séismes historiques en France). L’application de la
Nous retiendrons comme profondeur la valeur de 12 km.
                                                                                 formule de décroissance présentée précédemment à ce rayon
23/09/1804 :                                                                     isoséiste, conduit à une profondeur sans réalisme géologique (70
 numéro        Intensité      I max       nombre           nombre                km). Un calage sur une loi de Sponheuer conduit à une profondeur
               épicentrale                d'observations   de références         de 35 km.
 350011        VI (E)         V-VI (A)    7                9                     Compte tenu la profondeur du Moho dans ce secteur, nous
Ce séisme présente un épicentre à 70 km du site, dans la baie de St-             retiendrons arbitrairement comme profondeur maximale affectée à
Malo.                                                                            ce séisme, la profondeur focale de 30 km.
Plusieurs secousses ont été ressenties dont la plus violente à St-               30/07/1926 :
Servan (St-Malo) avec une intensité V-VI MSK.
                                                                                  numéro        Intensité      I max      nombre           nombre
18/09/1833 :                                                                                    épicentrale               d'observations   de références
 numéro        Intensité      I max       nombre           nombre                 1150020       VI-VII (B)     VI-VII (A) 298              37
               épicentrale                d'observations   de références         Le tremblement de terre du 30 juillet 1926 a fait l’objet d’une étude
 1150083       VI (E)         VI (C)      2                1
                                                                                 particulière de L. Collin (1928).
La base de données SISFRANCE localise l’épicentre de ce séisme en
mer, à 40 km au SE de l’île de Wight (avec un indice de qualité de               L’épicentre se situe en mer à environ 10 km au Sud de l’Ile de Jersey
localisation : présumée).                                                        (Cf. 2.5.2. FIG 13).

22/12/1843 :                                                                     Ce séisme a notamment été ressenti à Caen, Rouen et par quelques
                                                                                 personnes à Paris. Les rayons isoséistes moyens correspondant à ce
 numéro        Intensité      I max       nombre           nombre                séisme sont les suivants :
               Epicentrale                d'observations   de références
 1150016       VI (B)         VI (B)      12               11                    - Rayon isoséiste V MSK = 65 km => h = 25 km
Le fichier SISFRANCE indique que ce séisme a été ressenti à                      - Rayon isoséiste IV MSK = 170 km => h = 31 km
Guernesey avec une intensité de VI MSK (assez sûre) et une
                                                                                 - Rayon isoséiste III MSK = 210 km => h = 19 km
localisation épicentrale à Guernesey probable.
                                                                                 Ces rayons isoséistes conduisent à des profondeurs focales
Ce séisme a été ressenti à Cherbourg avec une intensité de III-IV
                                                                                 comprises entre 19 et 31 kilomètres. Un ajustement sur une loi de
MSK.
                                                                                 Sponheuer conduit à une profondeur de 19 km, c’est la profondeur
01/04/1853 :                                                                     que nous retiendrons pour ce séisme.
 numéro        Intensité      I max      nombre            nombre                19/11/1927 :
               Epicentrale               d'observations    de références
                                                                                 numéro         Intensité      I max      nombre           nombre
 500023        VI-VII (B)     VI-VII (A) 84                60
                                                                                                épicentrale               d'observations   de références
Ce séisme a été largement ressenti dans les îles anglo-normandes et              610009         VI (A)         VI (A)     298              37
dans toute la Normandie, le Maine, l’Anjou, la Touraine et dans le               L’épicentre de ce séisme se situe à 130 km au SSE du site.
Sud de l’Angleterre.
                                                                                 Les rayons isoséistes moyens affectés correspondant à ce séisme sont
L’épicentre de ce séisme se trouve à 15 km environ à l’Ouest de                  les suivants :
Coutances (Cf. 2.5.2. FIG 12). Le nombre assez important
d’observations relatives à ce séisme a permis de tracer les aires                - Rayon isoséiste V MSK = 30 km => h = 17 km
isoséistes suivantes :                                                           - Rayon isoséiste IV MSK = 100 km => h = 26 km
- Aire isoséiste VI MSK = 3.800 km2, soit un rayon moyen de                      Nous retiendrons comme profondeur focale affectée à ce séisme la
  35 km h = 35 km                                                                valeur de 26 km.
- Aire isoséiste V MSK = 39.120 km2, soit un rayon moyen de
  112 km h = 43 km                                                               2.2.5. Synthèse sismotectonique
- Aire isoséiste IV MSK = 125.800 km2, soit un rayon moyen de                    2.2.5.1. Fonctionnement global
  200 km h = 36 km
                                                                                 La situation actuelle du Massif Armoricain et plus particulièrement
L’application d’une loi de décroissance présentée précédemment, à                celle du Cotentin, est celle d’un socle cristallin situé en dehors d’une
ces rayons isoséistes, conduit à une profondeur focale variant entre             marge active de la plaque européenne. Dans un tel contexte
35 et 43 kilomètres.                                                             intraplaque, les déformations sont le plus souvent localisées sur les
Un calage sur une loi de Sponheuer conduit à une profondeur de 26 km.            discontinuités tectoniques préexistantes, réactivées maintes fois au
                                                                                 cours de l’histoire tectonique du massif, en fonction de l’évolution
Compte tenu de la profondeur du Moho dans ce secteur (environ 30                 du champ de contraintes. Il s’agit d’une « tectonique de blocs ».
km). Nous retiendrons la profondeur de 26 km pour ce séisme.
                                                                                 Le modèle sismotectonique actuel de la région correspond à un
15/05/1888 :                                                                     régime des contraintes globalement orienté NW-SE, s’exerçant sur
 numéro        Intensité      I max       nombre           nombre                un socle affecté par de nombreux accidents hérités de la longue
               épicentrale                d'observations   de références         histoire tectonique du massif.
 350025        VI (A)         VI (A)      21               15
                                                                                 Dans un tel champ de contrainte, on peut s’attendre selon les
L’épicentre de ce séisme se situe dans la région de St-Meen-le-Grand             structures sollicitées aux comportements sismiques suivants :
à environ 155 km au Sud du site.
                                                                                 - un rejeu en failles inverses des structures d’orientation proche de
Un calage sur une loi de Sponheuer conduit à une profondeur de 27 km.              NE-SW,
30/05/1889 :                                                                     - un rejeu en failles normales pour les accidents sensiblement
                                                                                   parallèles à la contrainte maximale,
 numéro        Intensité      I max       nombre           nombre
               épicentrale                d'observations   de références         - un rejeu de type décrochant pour les accidents d’orientation
 1150019       VI (B)         VI (B)      253              117                     intermédiaire.


2.5                          Sommaire du chapitre                                                    Sommaire général
                                                                           132
2.2.5.2. Découpage sismotectonique                                               - Domaine Seine (n°5) :
A l’échelle du Massif Armoricain, de nombreux séismes peuvent être               La grande anomalie magnétique du Bassin de Paris correspond au
rattachés à deux cisaillements majeurs : le Cisaillement Nord-                   système de failles de la Seine et de la Loire. Elle pourrait
Armoricain et surtout le Cisaillement Sud-Armoricain.                            correspondre à un grand couloir de cisaillement hercynien.
A une échelle plus fine, à l’heure actuelle, compte-tenu des                     Le domaine Seine correspond à la partie Nord de l'anomalie
connaissances de sismicité historique et instrumentale disponibles au            magnétique du Bassin de Paris. Il a été limité dans sa partie Sud-Est
niveau du Massif Armoricain et des nombreuses discontinuités                     à environ 120 km des côtes de la Manche, pour traduire la quasi
structurales affectant ce massif, on ne peut pas identifier de façon             inexistence d'activité sismique vers le centre du Bassin de Paris, tant
claire l’ensemble des structures sismogènes.                                     d'après les données instrumentales que historiques.
Le découpage sismotectonique présenté ci-dessous considère                       Peu d’épicentres de séismes historiques sont localisés à l’intérieur de
essentiellement des zones sismotectoniques surfaciques                           ce domaine, on y rattachera cependant le séisme du 01/12/1769
correspondant aux grands domaines structuraux afin de tenir                      d’intensité épicentrale VI-VII MSK.
compte de cette imprécision (Cf. 2.5.2. FIG 14).                                 - Famille d’accidents NNW-SSE :
- Domaine Domnonéen (n°1 sur 2.5.2. FIG 14) :                                    Dans le Massif Armoricain, la notion de famille d’accidents pourrait
C’est le domaine du site. Une grande partie de ce domaine est                    s’appliquer à certaines failles de direction NNW-SSE. Cette famille
immergée et n’est pas connue avec autant de détails que les parties              comprendrait les failles affectant le socle suivantes :
émergées. Il est délimité au Nord par l’accident Aurigny-Ouessant et             - Faille de Nort-sur-Erdre/St-Brieuc,
au Sud par la branche Nord de la zone de cisaillement nord-
armoricaine.                                                                     - Faille de Chateaubriand/St-Malo,
Il présente certaines caractéristiques particulières :                           - Faille de Vitré/Segré,
- il est essentiellement constitué de Briovérien inf. de nature                  - Faille de Mayenne.
  volcanogénique,                                                                Ces failles ne correspondent pas en fait à une fracture unique et
- il a subi des conditions de métamorphisme et de déformations plus              continue, mais plutôt à une succession de petites fractures (entre 10
  intenses durant le cycle cadomien,                                             et 20 kilomètres de long) en recouvrement, et présentant souvent un
                                                                                 décalage vers l’Ouest. Elles présentent plusieurs particularités, qui
- les phénomènes de granitisation ont eu une ampleur moindre,                    conduirait à leur appliquer la notion de famille d’accidents :
  excepté dans la presqu’île de la Hague,
                                                                                 - même orientation, sensiblement NNW-SSE, dans un champ de
- au cours de l’orogenèse hercynienne, les déformations se sont                    contrainte homogène à grande échelle,
  souvent traduites par des réactivations d’accidents préexistants.
                                                                                 - certains éléments attestent de leur activité récente (tertiaire) : au
Une majorité des séismes de ce domaine sont situés pour une part                   niveau géologique, des sédiments tertiaires ont été préservés à leur
en mer dans le secteur de Jersey / Guernesey, et pour l’autre part à               niveau attestant du rejeu tardif de ces accidents,
proximité de la Zone de Cisaillement nord-armoricaine. Il ne semble
pas exister pour autant de structure prépondérante à l’intérieur de              - les données de sismicité instrumentale semblent montrer des
ce domaine, il sera donc considéré comme domaine tectonique                        alignements parallèles à leur direction (cependant sans se calquer
surfacique.                                                                        sur leur position).
Les séismes historiques les plus importants atteignent l’intensité VI-           En fonction des mécanismes au foyer disponibles dans cette région,
VII MSK.                                                                         on pourrait affecter à cette famille d’accidents le séisme instrumental
                                                                                 du 14/08/1983 (Ml = 3.9 et profondeur = 9 km). On retiendra
- Domaine Mancélien (n°2) :                                                      cependant comme séisme de référence de cette famille d’accidents
Le Domaine Mancellien présente quelques singularités par rapport                 le séisme historique du 15/05/1888 (VI MSK), plus pénalisant.
au Domaine Domnonéen :
- il est constitué essentiellement de Briovérien sup. (flysch briovérien         Remarques :
  terrigène),
                                                                                 Il existe dans le Massif Armoricain, bien d'autres failles tardi-
- il a subi des conditions de métamorphisme et de déformations
                                                                                 hercyniennes de même direction, qui auraient également rejoué
  modérées durant le cycle cadomien,
                                                                                 ultérieurement, nous limitons cependant arbitrairement cette notion
- l’histoire cadomienne s’est achevée par une importante phase                   aux principales marquées par des bassins tertiaires. L'absence de ces
  d’anatexie, avec mise en place d’un important batholite                        bassins sur les autres structures de même direction, correspondrait
  granodioritique,                                                               soit à une activité tectonique moindre, soit à l'absence ou disparition
- il a été peu réactivé pendant l’orogenèse hercynienne.                         des terrains de couverture.

Il est caractérisé par une sismicité historique assez diffuse, dont le           2.2.5.3. Séismes de référence
séisme le plus important (séisme du 30/12/1775) a atteint l’intensité            Pour la détermination du niveau sismique du site de Flamanville, par
VII MSK.                                                                         application de la RFS 2001-01, on considère que chacune des zones
                                                                                 sismotectoniques (domaines, accidents sismogènes ou familles
- Domaine Centre-Armoricain (n°3) :
                                                                                 d’accidents) est susceptible de produire dans l’avenir des séismes de
Ce domaine est délimité par la zone de cisaillement nord-                        caractéristiques équivalentes aux séismes maximaux historiques,
armoricaine au Nord et par la faille Quimper-Angers au Sud. Il est               avec une position d’épicentre qui soit la plus pénalisante quant à ses
dominé par des structures d’orientation WNW-ESE à E-W bien                       effets en terme d’intensité sur le site. Pour chacune des zones
visibles dans les zones d’affleurement du socle et par de petites                sismotectoniques, on définit ainsi des « séismes de référence ».
failles normales d’orientation NNW-SSE.
                                                                                 Les caractéristiques des principaux séismes de référence prises en
Il s’agit d’une zone de sismicité historique diffuse et de faible niveau         compte pour le site sont résumées dans le tableau 2.5.2 TAB 3. Ce
puisque les intensités épicentrales n’excèdent pas l’intensité VI MSK.           tableau fait également apparaître les intensités induites par ces
- Domaine Manche (n°4) :                                                         séismes de références après transfert selon les termes de la RFS
                                                                                 2001-01 énoncés ci-dessus.
Cette zone correspond à un domaine entièrement marin. Il est limité
au Nord par le chevauchement Lizard-Start Point, et au Sud par
l’accident Aurigny-Ouessant.
Du fait de sa localisation en mer, on dispose de peu de données
historiques ou instrumentales précises s’y rattachant.


                     Sommaire du chapitre                                                      Sommaire général                                   2.5
                                                                           133
                                                                2.5.2 TAB 3 : SEISMES DE REFERENCE


                                                                                                 Méthode         calcul
                      Zone                             Séisme     Io    Prof.                    prof. *                     Mag Dist.   Is
                      sismotectonique                  max.       (MSK) (km)                                                 n.  après (MS
                                                       historique                                                                transfe K)
                                                                                                                                 rt
                      Domnonéen                        01.04.1853       VI-VII      26           (1)   Sponheuer (A+B)       5.4        0             VI-VII
                                                       30.07.1926       VI-VII      19           (1)   Sponheuer (A+B)       5.2        0             VI-VII


                      Mancellien                       30.12.1775       VII         12           (1)   Sponheuer   (A+B)     5.2        72            IV-V
                                                                                                 (3)   RV = 50

                      Centre-                          15.05.1888       VI          27           (1)   Sponheuer (A+B)       5.2        140           III-IV
                      Armoricain

                      Manche                           30.05.1889       VI          30           (4)   Structure             5.3        20            V-VI
                                                       05.11.1734       VI
                      Seine                            01/12/1769       VI-VII      10           3)    RV = 28               4.8        140           < III


                      Famille                                                       27           (1)   Sponheuer (A+B)       5.2        10            VI
                                                       15/05/1888       VI
                      d’accidents
                      NNW-SSE


Le ou les Séismes Maximaux Historiquement Vraisemblables sont les                         2.2.5.5. Caractéristique des SMS
séismes maximaux historiquement susceptibles d’affecter le site. La
                                                                                          Le Séisme Majoré de Sécurité est le séisme réglementaire contre
RFS 2001-01 les définit comme « les séismes les plus pénalisants
                                                                                          lequel l’installation doit être protégée. Il s’agit d’un événement
susceptibles de se produire sur une période de durée comparable à
                                                                                          hypothétique déduit du Séisme Maximal Historiquement
la période historique, soit environ 1000 ans ».
                                                                                          Vraisemblable par majoration de l’intensité d’un point (cela conduit
Il s’agit donc d’événements historiques positionnés par hypothèse de                      en pratique à majorer de 0,5 la magnitude du séisme de référence).
façon pénalisante pour le site.
                                                                                          Les Séismes Majorés de Sécurité (SMS) du site de Flamanville ont
On retient alors comme Séisme Maximal Historiquement                                      donc les caractéristiques suivantes :
Vraisemblable le séisme de référence ayant les effets les plus
                                                                                          Intensité épicentrale (Io)       Io = VII-VIII MSK           Io = VII-VIII MSK
importants en terme d’intensité macrosismique.
                                                                                          Profondeur focale (h)            h = 26 km                   h = 19 km
La notion de famille d’accidents pourrait s’appliquer à la faille de                      Magnitude (M)                    M = 5.9                     M = 5.7
Nort-sur-Erdre/St-Brieuc, à la faille de Chateaubriand/St-Malo, à la                      Distance au site (R)             R = 0 (au droit du site)    R = 0 (au droit du site)
                                                                                          Intensité induite sur site       Is = VII-VIII MSK           Is = VII-VIII MSK
faille de Vitré/Segré et à celle de Mayenne. Le séisme du 15/05/1888,                     (Is)
d’intensité épicentrale VI MSK est affectée arbitrairement à cette
famille d’accidents. Cependant, ceci n’a aucune incidence sur la                          2.2.5.6. Calcul des spectres du site
détermination du SMHV, cette intensité étant couverte par le niveau
                                                                                          La détermination des spectres est faite conformément aux
sismique affecté au domaine Dommonéen.
                                                                                          préconisations du § 2.3 de la RFS 2001-01.
Les indices néotectoniques n’ont pas d’incidence directe sur la
                                                                                          On rappelle que sur le site, la vitesse moyenne des ondes de
détermination du niveau sismique du site de Flamanville.
                                                                                          cisaillement sur les 30 premiers mètres est de l’ordre de 2000 m/s.
A l’heure actuelle, il n’existe pas de données néotectoniques                             Les coefficients utilisés sont donc ceux de type “Sol dur”.
relatives à des failles actives pour lesquelles l’on puisse appliquer
                                                                                          Les spectres ainsi déterminés pour le site de Flamanville sont figurés
l’annexe III de la version révisée de la RFS 2001-01.
                                                                                          sur la figure 2.5.2. FIG 15.
2.2.5.4. Caractéristiquesdes SMHV
                                                                                          Le spectre maximal SMS, correspondant à un séisme de magnitude
Le tableau synthétique précédent montre que les séismes de                                de 5.7 (5.73) avec une distance focale de 19 km, est calé en
références de la zone sismotectonique du Domaine Domnonéen                                accélération au sol à 0.11 g (0.106 g) pour les mouvements
sont susceptibles d’induire une intensité de VI-VII MSK sur le site de                    horizontaux.
Flamanville. Il s'agit des séismes du 01/04/1853 et du 30/07/1926.
Les Séismes Maximaux Historiquement Vraisemblables (SMHV) du
site de Flamanville ont donc les caractéristiques suivantes :                             * Liste de méthode de calcul de la profondeur :
                                                                                          (1) Ajustement des observations (A, B, C : indice de qualité des observations)
                            Séisme du 01/04/1853         Séisme du 30/07/1926                 de selon une loi de Sponheuer avec des coefficients cohérents avec la loi
 Intensité épicentrale (Io) Io = VI-VII MSK              Io = VI-VII MSK                      de décroissance de la RFS considérée.
 Profondeur focale (h)      h = 26 km                    h = 19 km                        (2) Ajustement des isoséistes selon une loi de Sponheuer avec des coefficients
 Magnitude (M)              M = 5.4                      M = 5.2                              cohérents avec la loi de décroissance de la RFS considérée.
 Distance au site (R)       R = 0 (au droit du site)     R = 0 (au droit du site)
 Intensité induite sur site Is = VI-VII MSK              Is = VI-VII MSK                  (3) Utilisation des rayons isoséistes avec une loi de décroissance cohérente
 (Is)                                                                                         avec la RFS considérée.
                                                                                          (4) Arguments structuraux, par exemple limitation en fonction de la
On retiendra au final, celui étant le plus pénalisant en termes de
                                                                                              profondeur du Moho.
spectre de réponse.
                                                                                          (5) Données instrumentales
                                                                                          (6) Comparaison avec des séismes voisins (instrumentaux ou historiques).


2.5                             Sommaire du chapitre                                                               Sommaire général
                                                                                    134
 LISTE DES REFERENCES
[1] S. BAIZE et al. (2002)                                                     [15] B. GRELLET, P. COMBES, T. GRANIER et H. PHILIP (1992)
    Inventaire des indices de rupture affectant le Quaternaire.                     Sismotectonique de la France métropolitaine.
    Mém. de la Soc. Géol. De France, HS, 2002, n° 175.                              Mém. SGF, n° 164, 1993
[2] P. BASSOMPIERRE et al. (1968)                                              [16] GRESSELIN (1990)
    Observations tectoniques dans la région d’Arromanches.                          Evolution varisque du Massif Armoricain Oriental
    Bull. de la Soc. Linéenne de Normandie, série 10, n° 9.                         Thèse, Université de Caen
[3] A. BITRI et al. (1996)                                                     [17] Y. GROS, O. LIMASSET (1984)
    Structure crustale du bloc cadomien de Bretagne Nord (France) :                 Déformations récentes dans les socles cristallins. Exemple du
    sismique réflexion verticale et sondage magnétotellurique                       Massif Armoricain
    (projet Géofrance 3D - Armor)                                                   Documents du B.R.G.M. n° 84 .
    C.R. Acad. Sci. Paris, Sciences de la terre et des planètes, 1997,         [18] C. LE CORRE et al. (1991)
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[4] C. BOIS, O. GARIEL, J.C. SIBUET [coordinateurs] (1991)                          Sciences géologiques Bull., tome 44, fascicule 1-2
    Programme ECORS / Etude de la croûte terrestre par sismique                [19] J.P. LEFORT (1975)
    profonde / Mer Celtique - Manche et ses approches                               Le socle periarmoricain / Etude géologique et géophysique du
    occidentales (Profils SWAT et WAM).                                             socle submergé à l’ouest de la France
    Mém. SGF , 1991, n°159                                                          Thèse, Université de Rennes
[5] S. BONNET (1998)                                                           [20] N. LENOTRE et al. (1997)
    Tectonique et dynamique du relief : Le socle armoricain au                      Two comparative levelling methods for demonstrating current
    Pléistocène                                                                     vertical movement and their application to Brittany (France) -
    Université de Rennes, Thèse                                                     Submitt to Tectonophys.
[6] P. BOUSQUET, D. SELLIER (1975)                                             [21] G. LEROUGE, P. FREYTET (1988)
    Le rôle de la néotectonique dans le tracé de la vallée du Gesvres               Le Sud-Est du Massif Armoricain et le Nord-Ouest du Massif
    Norois, 87, pp. 466-473                                                         Central / Essai de reconstitution de la néotectonique par
[7] M. CAZES et G. TORREILLES [coordinateurs] (1988)                                l’analyse structurale et géomorphologique.
    Programme ECORS / Etude de la croûte terrestre par sismique                     Géologie de la France, n°4, 1988*
    profonde / Profil Nord de la France                                        [22] A. LEVRET, J.C. BACKE et M. CUSHING (1994)
    Ed. Technip, 1988                                                               Atlas of macroseismic maps for French earthquakes with their
[8] J.J. CHAUVEL, M. ROBARDET, J.P. LEFORT (1980)                                   principal characteristics.
    Géologie des pays européens / Massif Armoricain                                 Natural Hazards, 10, pp. 19-46.
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[9] J. COGNE (1974)                                                                 Mesures directes des contraintes tectoniques en France
    Géologie de la France / Le Massif Armoricain                                    septentrionale.
    J. Debelmas, Ed. Doin, t. 1, pp. 105-161                                        Bull. Soc. Géol. Fr., (7), XX(5), pp. 727-731.
[10] J.P. COLBEAUX et al. (1980)                                               [24] C. PAREYN (1980)
     Le détroit du Pas de Calais : un élément dans la tectonique de                 Mise en évidence d’une activité néotectonique pliocène et
     blocs de l’Europe nord-occidentale.                                            quaternaire dans le Cotentin, le bassin de Carentan et le
     Bull. Inf. Géol. Bass. Paris, vol. 4, pp. 41-54.                               Bessin (Manche et Calvados).
                                                                                    Bull. Soc. Géol. Fr. , 1980, n°4
[11] L. COLLIN (1928)
     Tremblement de terre du 30 juillet 1926.                                  [25] S. REBAÏ et al. (1992)
     Bull. Soc. Géol. et Min. de Bretagne, 1928, tome IX, fasc. 1-2-                Modern tectonic stress field in the Mediterranean region :
     3-4, pp. 45-57                                                                 evidences for stress deviations at different scale.
     Géologie de la France, Ed. Doin - 1974                                         Geophys. J. Int., 110, pp. 106-140.
[12] F. DORE et al. (1977)                                                     [26] B. VAN VLIET-LANOË et al. (1997)
     Guide géologique de la Normandie                                               Le Mio-Pliocène du Massif Armoricain. Données nouvelles.
     Collection Guides géologiques régionaux. Ed. Masson.                           C. R. Acad. Sci. Paris, Sciences de la terre et des planètes,
                                                                                    1998, 326, pp. 333-340
[13] S. DURAND et J. ESTEOULE-CHOUX (1977)
     Sédimentation tertiaire et tectonique dans le Massif                      [27] J.L. VIGNERESSE (1986)
     Armoricain                                                                     La fracturation post-hercynienne du Massif Armoricain d’après
     5ème Réun. Ann. Sc. Terre, Rennes, pp. 212                                     les données géophysiques.
                                                                                    Géologie de la France, n°4, 1988
[14] M. GAUTIER (1970)
     Des failles quaternaires sur la côte du pays de Retz (Loire-              [28] R. WYNS (1977)
     Atlantique)                                                                    Tectonique récente dans l’ouest du Bassin Parisien. Méthodes
     Bull. Ass. Géographes, 381, pp. 155-163                                        d’étude et bilan des déformations plio-quaternaires.
                                                                                    Bull. Soc. Géol. Fr., vol. 5, pp. 1093-1103




                    Sommaire du chapitre                                                   Sommaire général                                      2.5
                                                                         135
Cliquez pour voir :

2.5.2 Tab 1 : Sismicité instrumentale données du LDG (1962-2003)

2.5.2 Tab 2 : Fichier SISFRANCE liste d’épicentre

2.5.1 Fig 1 : Carte géologique du Cotentin

2.5.1 Fig 2 : Schéma géologique terrestre et sous-marin dans la zone du cap de Flamanville

2.5.1 Fig 3 : Carte géologique de l’ensemble du site

2.5.1 Fig 4 : Description stratigraphique de la série du synclinorium de Diélette

2.5.2 Fig 1 : Carte géologique générale

2.5.2 Fig 2 : Grandes limites structurales du massif armoricain

2.5.2 Fig 3 : Grands domaines géologiques du massif armoricain

2.5.2 Fig 4 : Profils de sismique profonde

2.5.2 Fig 5 : Profil de sismique profonde (écors nord de la France)

2.5.2 Fig 6 : Fracturation de l'ouest européen d'après les données géophysiques

2.5.2 Fig 7 : Carte géologique du socle périarmoricain

2.5.2 Fig 8 : Interprétation de la carte gravimétrique du massif armoricain

2.5.2 Fig 9 : Trajectoires de la contrainte maximale horizontale

2.5.2 Fig 10 : Sismicité instrumentale et mécanisme au foyer

2.5.2 Fig 11 : Sismicité historique

2.5.2 Fig 12 : Sismicité historique – Séisme du 01 avril 1853

2.5.2 Fig 13 : Sismicité historique – Séisme du 30 juillet 1926

2.5.2 Fig 14 : Synthèse sysmotectonique

2.5.2 Fig 15 : Spectres adaptés au site
 sous chapitre      2.6               SITUATION RADIOLOGIQUE DE REFERENCE
L’état radio-écologique de l’environnement terrestre et marin du site
d’implantation de la future tranche EPR est défini au travers des
mesures effectuées au cours de la dernière décennie dans le cadre
du contrôle réglementaire et des études ponctuelles réalisées à
l’initiative d’EDF.

 1.        CHRONOLOGIE DES ETUDES RADIOECOLOGIQUES
           CONDUITES DANS L’ENVIRONNEMENT
L’environnement du site de Flamanville a fait l’objet d’études radio-                   Les informations présentées dans les chapitres suivants sont extraites
écologiques destinées à caractériser la radioactivité présente dans les                 du bilan radio-écologique décennal de 1996 et des suivis radio-
différents compartiments des écosystèmes terrestre et marin. Ces                        écologiques effectués entre 1997 et 2003.
bilans réalisés avant et pendant l’exploitation du site permettent de                   Les symboles chimiques des radionucléides cités dans cette synthèse
suivre l’évolution des niveaux de radioactivité et d’évaluer                            sont présentés à la fin du chapitre (2.6 TAB 1).
l’éventuelle contribution des effluents radioactifs de l’installation.
                                                                                        Le site d’implantation de la future tranche EPR est voisin
L’état de référence a été réalisé entre décembre 1980 et avril 1982.                    d’installations nucléaires (centres de retraitement de La Hague, de
Les deux tranches du CNPE de Flamanville ont respectivement été                         Sellafied (Grande-Bretagne), tranches REP de Flamanville, Paluel et
couplées au réseau en décembre 1985 et juillet 1986.                                    Penly), dont la présence est à l’origine de l’émission, dans le milieu
Depuis 1991, une campagne de prélèvements et de mesures est                             marin, de radionucléides produits artificiellement. Globalement les
réalisée annuellement dans l’environnement immédiat du CNPE . En                        rejets des industriels sont en baisse en raison des efforts de gestion
1996, soit dix ans après la divergence de la deuxième tranche du                        et de traitement des effluents entrepris depuis deux décennies. Au
CNPE de Flamanville, a été réalisé le premier bilan radio-écologique                    même titre que le restant du territoire français, l’environnement du
décennal.                                                                               site de Flamanville est également soumis aux retombées des essais
                                                                                        atmosphériques d’armes nucléaires et, en moindres mesures, à celles
Toutes ces études ont été confiées à l’IRSN (Institut de
                                                                                        de l’accident de Tchernobyl.
Radioprotection et de Sûreté Nucléaire).

 2.        ECOSYSTEME TERRESTRE
Les résultats des mesures effectuées dans les sols, les mousses et les                  2.2.      SYNTHESE DES RESULTATS OBTENUS
lichens, les végétaux cultivés et non cultivés et les laits sont présentés
à la fin du chapitre sous forme de tableaux (2.6 TAB 2 à 2.6 TAB 5).                              DANS LE CADRE DU CONTROLE
                                                                                                  REGLEMENTAIRE ET DES ETUDES
2.1.       ETAT DE REFERENCE ETABLI AVANT                                                         RADIOECOLOGIQUES REALISEES
           LA MISE EN SERVICE DES TRANCHES                                                        DANS L’ENVIRONNEMENT DU SITE
           1 ET 2                                                                                 DEPUIS LA MISE EN SERVICE DES
Un état de référence radio-écologique de l’environnement du site de
Flamanville a été réalisé entre décembre 1980 et décembre 1981                                    TRANCHES 1 ET 2
dans les différents compartiments du milieu terrestre, dans des zones
susceptibles d’être influencées par les effluents gazeux radioactifs du                 2.2.1. Contrôle et surveillance réglementaires
site.                                                                                          réalisés par le site
L’essentiel de la radioactivité contenue dans les échantillons                          Réglementairement (arrêté du 11 mai 2000), le site de Flamanville
environnementaux est d’origine naturelle : elle est due                                 effectue des analyses destinées à contrôler le niveau de
principalement au 40K et dans une moindre mesure aux éléments                           rayonnement ambiant et la radioactivité de différents échantillons
des familles du 232Th et de l’238U.                                                     prélevés dans le périmètre des installations et dans l’environnement
Les prélèvements effectués lors de l’état de référence, avant le                        immédiat du CNPE.
démarrage des tranches de Flamanville sont caractérisés par la                          Les stations de contrôle et de surveillance sont choisies en fonction
présence de radionucléides d’origine artificielle dont l’origine est à                  de la rose des vents locale.
attribuer au tir nucléaire atmosphérique chinois du 16 octobre 1980
                                                                                        A la différence des études particulières présentées dans les chapitres
et à l’incendie de silo du centre de retraitement de La Hague survenu
                                                                                        suivants, les mesures réalisées réglementairement n’identifient pas
le 6 janvier 1981.
                                                                                        spécifiquement les radionucléides en présence. Elles donnent une
Le spectre des radionucléides rencontré dans les différents                             indication sur l’activité globale d’un type d’émetteur (activité β
compartiments de l’écosystème terrestre est composé de césiums                          globale, activité γ ambiante, …). Les compartiments environ-
(134Cs et 137Cs), de ruthéniums (103Ru et 106Ru/Rh1), de cériums                        nementaux terrestres concernés par ces mesures de contrôle et de
(144Ce et 141Ce), de 60Co, 54Mn, 125Sb, 95Nb, 95Zr, 90Sr et 3H.                         surveillance sont l'air ambiant, les aérosols, l'eau de pluie, le lait et
Au maximum, l’activité massique de ces radionucléides atteint 1 Bq/L                    les végétaux.
pour le 137Cs dans l’eau de pluie, 460 Bq/kg sec pour le 95Nb dans
les herbes. La plupart de ces radionucléides de courte période                          Ces mesures globales réalisées à des fréquences relativement courtes
physique de décroissance disparaît rapidement de l’écosystème. Les                      permettent de détecter des anomalies d’exploitation, assurant ainsi
embruns côtiers peuvent également constituer une source d’apport                        une fonction de contrôle et d’alerte.
de radionucléides rejetés sous forme liquide dans la Manche par                         Les mesures réalisées depuis la mise en service de l’installation n’ont
différents exploitants nucléaires.                                                      décelé, dans l’écosystème terrestre, aucun d’accroissement de la
                                                                                        radioactivité lié à l’exploitation du site de Flamanville.



1
  Les isotopes 106 du Rhodium (Rh) et du Rhuténium (Ru) émettent à des énergies
proches (0,51 et 0,62 MeV) et ne peuvent pas être dissociés.



2.6                           Sommaire du chapitre                                                          Sommaire général
                                                                                  172
2.2.2. Analyses réalisées entre 1991 et 1995 dans                                 terrestres. Les éléments des familles de l’238U et du 232Th sont
                                                                                  principalement détectés dans les mousses, les lichens et les sols.
       le cadre du suivi radio-écologique annuel                                  L’activité γ naturelle est aussi due au 7Be, d’origine atmosphérique,
Les analyses effectuées annuellement au cours de cette période                    détecté dans quelques végétaux cultivés, et surtout dans les mousses
portent sur une recherche spécifique des radionucléides émetteurs                 et lichens (de 121 à 500 Bq/kg sec), dont la morphologie se prête
gamma.                                                                            bien aux dépôts d’origine atmosphérique.
La radioactivité naturelle des différents compartiments de                        La radioactivité γ d’origine artificielle est essentiellement due au
l’écosystème terrestre est essentiellement due au 40K. Les éléments               137Cs. Dans les sols, l’absence de différence de concentration entre
des familles du 232Th et de l’238U apportent une contribution                     les différentes strates constituées sur un horizon superficiel de 30 cm
moindre. Le 7Be est une composante importante de la radioactivité                 traduit une origine ancienne de ce radionucléide (essais
naturelle des végétaux.                                                           atmosphériques). Les teneurs en 137Cs dans les mousses et les
                                                                                  lichens (16,3 à 30 Bq/kg sec) correspondent à celles mesurées les
Les suivis radio-écologiques réalisés de 1991 à 1995, révèlent que la
                                                                                  années précédentes. Les retombées atmosphériques des tirs
radioactivité d'origine artificielle est caractérisée essentiellement par
                                                                                  militaires anciens sont la principale source de ce radionucléide dans
la présence de 137Cs dans l'ensemble de l'écosystème terrestre,
                                                                                  les compartiments environnementaux du milieu terrestre.
principalement dans les sols, les mousses et les lichens. La détection
de ce radionucléide est à attribuer principalement aux retombées                  Des traces de 60Co sont mesurées dans un sol maraîcher qui fait
atmosphériques des tirs nucléaires anciens. Un apport par les                     l'objet d'amendements contenant des algues prélevées sur la côte et
embruns de 137Cs issu des effluents liquides des installations                    donc marquées par les radionucléides dispersés dans le milieu marin.
nucléaires environnantes est également envisagé sur le littoral. A ces            Des lichens présentent également des traces de 60Co et d'241Am.
deux origines s’ajoute une légère contribution des retombées de                   Ces observations confirment celles des suivis radio-écologiques
l’accident de Tchernobyl.                                                         antérieurs où l'hypothèse d'un apport de radionucléides provenant
                                                                                  du milieu marin était avancée.
En raison de sa courte période physique de décroissance (2 ans), le
134Cs, mesuré dans les végétaux lors de l'état de référence, a                    Globalement, le spectre des radionucléides mis en évidence est
disparu de l’écosystème terrestre, après l’arrêt des tirs nucléaires              moins diversifié que lors de l'état de référence (1980-1981). Les
atmosphériques. La présence du 134Cs à deux reprises, jusqu’en                    effluents radioactifs gazeux produits par le CNPE de Flamanville ne
1994, uniquement dans un lichen prélevé en haut des falaises de                   modifient pas la nature ni l’activité des radionucléides présents dans
Flamanville renforce l’hypothèse d’un apport, via les embruns,                    l’écosystème terrestre. L’origine de ces radionucléides est à attribuer
d’effluents radioactifs rejetés sous forme liquides dans la Manche.               aux retombées atmosphériques anciennes (transuraniens, 90Sr,
                                                                                  137Cs des tirs militaires aériens anciens) et à un apport marin
La détection ponctuelle dans les lichens de 60Co, de 54Mn, d’241Am,
                                                                                  d’effluents radioactifs liquides.
de 106Ru/Rh et d’154Eu confirme cette hypothèse. Une contribution
des effluents liquides du CNPE de Flamanville ne peut être exclue pour
le 60Co et le 54Mn, cependant leur présence est à attribuer                       2.2.4. Analyses réalisées entre 1997 et 2003 dans
principalement à l’exploitation du centre de retraitement du                             le cadre du suivi radio-écologique annuel
combustible de la Hague (60Co, 54Mn, 241Am, 106Ru/Rh, 154Eu).
                                                                                  Dans le cadre de ces études sont réalisées annuellement des
Des traces de 60Co ont également été détectées en 1993 dans un                    spectrométries gamma sur la totalité des échantillons récoltés.
lait et en 1995 dans un maïs et un sol maraîcher.                                 Depuis 2000, les suivis radio-écologiques annuels comprennent
Les prélèvements réalisés au cours de la période 1991-1995, révèlent              également une détermination de l’activité du tritium libre dans le lait
également la présence de traces d’241Am dans une salade en 1994.                  et l’eau de boisson.
                                                                                  La radioactivité des échantillons récoltés dans l’environnement
2.2.3. Analyses effectuées dans le cadre du bilan                                 terrestre du site de Flamanville est due principalement aux
                                                                                  radionucléides produits naturellement dans l’écorce terrestre (40K,
       radio-écologique décennal 1996
                                                                                  famille du 232Th et de 238U) et dans l’atmosphère (7Be). En raison
2.2.3.1.   Radionucléides émetteurs α                                             de l’apport d’engrais enrichis en potassium, le 40K peut atteindre 2
                                                                                  800 Bq/kg sec dans les salades (2001).
Le 238Pu, le 239+240Pu et l’241Am sont détectés dans l'ensemble
de l'écosystème terrestre (végétaux cultivés, non cultivés, laits et              La radioactivité d’origine artificielle est représentée principalement
sols). L’exploitation des rapports isotopiques d’activité                         par le 137Cs, dans les sols (2,6 à 28 Bq/kg sec), les mousses et
238Pu/239+240Pu et 241Am/239+240Pu indique que ces                                lichens (1,2 à 21 Bq/kg sec), les végétaux (0,08 à 1,5 Bq/kg sec) et le
radionucléides proviennent majoritairement des retombées des                      lait (0,019 à 0,11 Bq/litre). Comme indiqué précédemment, ce
essais atmosphériques d’armes nucléaires. A cette origine s’ajoute,               radionucléide provient principalement des retombées des essais
pour le 238Pu, une contribution marine des effluents de l’usine de                atmosphériques d’armes nucléaires auxquelles s’ajoute un apport
retraitement de La Hague.                                                         marin d’effluents radioactifs rejetés sous forme liquide dans la
                                                                                  Manche. Cet apport se traduit ponctuellement par la détection en
Le CNPE de Flamanville ne rejette pas de radionucléides émetteurs
                                                                                  2002 de traces 60Co (0,31±0,08 Bq/kg sec) dans un sol en 1997 et
alpha, comme le prouvent les contrôles effectués dans le cadre
                                                                                  dans six lichens (0,3 à 4,5 Bq/kg sec).
réglementaire.
                                                                                  Depuis 2000, le lait et l’eau de boisson récoltés dans le cadre du suivi
2.2.3.2.   Radionucléides émetteurs β
                                                                                  radio-écologique annuel font l’objet d’une détermination spécifique
L’activité β du 90Sr a été recherchée spécifiquement dans un certain              de l’activité du tritium. L’activité de ce radionucléide est inférieure à
nombre d’échantillons. Il a été régulièrement détecté (herbe,                     la limite de détection dans les eaux de boisson (< 2 Bq/L) et elle ne
mousse, fruit, légume, lait) à des concentrations conformes à celles              dépasse pas 2,3 ± 0,7 Bq/litre dans le lait de vache. Aucune
observées sur le reste du territoire. La valeur maximale est observée             contribution des effluents radioactifs du CNPE de Flamanville n’est
dans un prélèvement d'herbe (4,6 ± 0,14 Bq/kg sec). Le 90Sr ne fait               constatée dans ces échantillons.
pas partie du cortège de radionucléides rejetés par les CNPE. Il                  L’iode 131 recherché spécifiquement dans les mousses et les lichens
provient des retombées atmosphériques consécutives aux tirs                       est inférieur à la limite de détection (< 3 Bq/kg sec).
militaires aériens.
2.2.3.3.   Radionucléides émetteurs γ
                                                                                  2.3.      BILAN DES ANALYSES EFFECTUEES
Les radionucléides détectés par spectrométrie γ sont principalement
d’origine naturelle. Les activités massiques sont similaires à ce
                                                                                            DANS LE DOMAINE TERRESTRE
qu’elles étaient lors de l’état de référence et au cours des campagnes            La quasi-totalité de la radioactivité contenue dans l’écosystème
antérieures du suivi radio-écologique annuel. Le 40K demeure le                   terrestre provient de radionucléides produits naturellement dans la
radionucléide quantitativement dominant des écosystèmes                           géosphère et dans l’atmosphère.


                     Sommaire du chapitre                                                      Sommaire général                                      2.6
                                                                            173
L’environnement terrestre du site de Flamanville est caractérisé par la                 liquide dans la Manche et déposés par l’intermédiaire des embruns
présence de traces de radionucléides issus d’activités humaines. Une                    sur la frange littorale (137Cs, 60Co, 238Pu, …).
partie d’entre eux provient d’un dépôt continu d’aérosols produits                      En conclusion, aucune contribution des effluents gazeux des
lors de la réalisation des essais atmosphériques d’armes nucléaires                     tranches 1-2 implantées sur le site de Flamanville n’est discernable.
(137Cs, 90Sr, transuraniens…). A ces retombées atmosphériques
s’ajoute un apport de radionucléides artificiels rejetés sous forme


    3.     ECOSYSTEME MARIN
Les résultats des mesures effectuées dans les sédiments, les algues,                    3.2.2. Analyses réalisées entre 1991 et 1995 dans
les poissons, les mollusques et les crustacés sont présentés à la fin du
chapitre sous forme de tableaux (2.6 TAB 6 à 2.6 TAB 9).
                                                                                               le cadre du suivi radio-écologique annuel
                                                                                        La radioactivité d’origine naturelle demeure identique à celle
                                                                                        observée antérieurement dans l’environnement de la centrale de
3.1.       ETAT DE REFERENCE ETABLI AVANT                                               Flamanville. Elle est conforme à celle connue pour l’écosystème
           LA MISE EN SERVICE DES TRANCHES                                              marin de la Manche et elle est composée majoritairement du 40K.
                                                                                        Les familles du 232Th et de l’238U sont régulièrement détectées
           1 ET 2                                                                       dans les différents compartiments échantillonnés. Le 7Be, d’origine
Un état de référence radio-écologique de l’environnement du site de                     atmosphérique, est fréquemment présent, hormis dans les poissons.
Flamanville a été réalisé entre avril 1981 et avril 1982 dans les
différents compartiments du milieu marin, dans des zones                                En matière de radioactivité artificielle, le spectre des radionucléides
susceptibles d’être influencées par les effluents liquides radioactifs                  émetteurs γ observés est caractéristique de diverses sources : les
du site.                                                                                effluents liquides du CNPE de Flamanville (137Cs, 60Co, 110mAg,
                                                                                        125Sb et 54Mn), les effluents liquides de l’usine de retraitement des
L’essentiel de la radioactivité contenue dans les échantillons                          combustibles usés de La Hague (137Cs, 60Co, 106Ru, 125Sb,
environnementaux est d’origine naturelle : elle est principalement                      241Am, 54Mn, 110mAg, 129I et 144Ce), les retombées des tirs
due au 40K et en moindre mesure aux éléments des familles du                            nucléaires aériens anciens (137Cs).
232Th et de l’238U.
                                                                                        En 1991, première année du suivi radio-écologique annuel, le
Dans le milieu marin, nous pouvons noter la présence de                                 cortège des radionucléides d’origine artificielle qui avaient été
radionucléides produits artificiellement, que ce soit dans les                          détectés lors de l’état de référence est qualitativement et
sédiments, l’eau ou les compartiments biologiques (faune et flore).                     quantitativement moins important, témoignant de la diminution des
Cette contribution artificielle est caractérisée par la présence de 14                  rejets en qualité et quantité de l’usine de retraitement des
radionucléides différents dont deux sont systématiquement détectés                      combustibles usés de La Hague et du faible impact de l’accident de
(106Ru et 137Cs).                                                                       Tchernobyl. Au cours de cette période, sont détectés dans le milieu
La présence des radionucléides artificiels est essentiellement due aux                  marin du 60Co, de l'110mAg, du 137Cs et à une fréquence moindre
rejets industriels des installations nucléaires en activité à cette                     du 106Ru/Rh2 et de l’125Sb. Le 106Ru/Rh est le radionucléide qui
période, ainsi qu’aux retombées des tirs nucléaires atmosphériques                      présente les concentrations les plus élevées dans les algues (41 Bq/kg
chinois.                                                                                sec) et dans la chair de bulot (75 Bq/kg frais).
                                                                                        De 1992 à 1995, la radioactivité d'origine artificielle est toujours due
3.2.       SYNTHESE DES RESULTATS OBTENUS                                               essentiellement au 60Co, 110mAg et 137Cs, et plus
                                                                                        épisodiquement aux 106Ru, 134Cs, 144Ce et 241Am. L'129I est
           DANS LE CADRE DU CONTROLE                                                    mesurable dans deux échantillons d'algues en 1993. Les
           REGLEMENTAIRE ET DES ETUDES                                                  concentrations les plus élevées sont toujours associées à la présence
                                                                                        de 106Ru : 8,3 Bq/kg frais dans la chair de bulot et 27 Bq/kg sec
           RADIOECOLOGIQUES REALISEES                                                   dans les algues.
           DANS L’ENVIRONNEMENT DU SITE                                                 Globalement, les fréquences de détection et les activités mesurées
                                                                                        sont en diminution depuis l'état de référence.
           DEPUIS LA MISE EN SERVICE DES
           TRANCHES 1 ET 2                                                              3.2.3. Analyses effectuées dans le cadre du bilan
                                                                                               radio-écologique décennal 1996
3.2.1. Contrôle et surveillance réglementaires
       réalisés par le site                                                             3.2.3.1.   Radionucléides émetteurs α
                                                                                        La recherche de radionucléides émetteurs α a été effectuée sur 12
Les échantillons récoltés dans le cadre du contrôle réglementaire du
                                                                                        échantillons du domaine marin. Les trois radionucléides émetteurs α
milieu marin (arrêté du 11 mai 2000) portent sur les eaux de mer
réceptrices (la Manche à 50 m du point de rejet), les eaux de mer au                    recherchés 238Pu, 239+240Pu, 241Am, sont détectés dans tous les
large (750 m du point de rejet) et sur les eaux souterraines sous-                      échantillons, sauf le 238Pu dont l’activité est inférieure aux limites de
jacentes aux installations. Les mesures de tritium ne révèlent pas sa                   détection dans la chair de Vieille. Le rapport isotopique
présence à une activité volumique supérieure à la limite de détection                   238Pu/239+240Pu est de l’ordre de 0,25 à 0,7. Il est compris entre
(< 37 Bq/L dans les eaux réceptrices en 2003). L’activité β totale est                  celui caractéristique des retombées atmosphériques des tirs anciens
                                                                                        (< 0,05) et celui des rejets liquides actuels de l’usine de retraitement
stable (environ 11 Bq/L dans l’eau de mer, au maximum 7 Bq/L dans
                                                                                        des combustibles usés de La Hague, ce dernier ayant évolué dans le
l’eau de nappe très influencée par l'eau de mer) : elle est due
                                                                                        temps entre 0,1 et 2,3. Les niveaux et les rapports d’activités sont
majoritairement au 40K.
                                                                                        caractéristiques de ceux observés classiquement en Manche.
Le site de Flamanville effectue également une surveillance de
                                                                                        Les activités des radionucléides émetteurs α détectés au niveau des
l'écosystème marin par le biais de prélèvements annuels de poissons,
d'algues, de sédiments, de mollusques et de crustacés.                                  différents échantillons récoltés dans l’écosystème marin sont
                                                                                        comprises entre :
                                                                                        • 77 et 1 251 mBq/kg sec dans les sédiments,
                                                                                        • 58,5 et 250 mBq/kg sec dans les algues,

2
  Les isotopes 106 du Rhodium (Rh) et du Rhuténium (Ru) émettent à des énergies
proches (0,51 et 0,62 MeV) et ne peuvent pas être dissociés.



2.6                           Sommaire du chapitre                                                          Sommaire général
                                                                                  174
• 4,8 à 25,9 mBq/kg frais dans les mollusques,                                       sont à attribuer à l’exploitation du CNPE de Flamanville. Entre 1991
                                                                                     et 2003, sa concentration a diminué globalement d'un facteur dix.
• 0,43 et 11,5 mBq/kg frais dans les crustacés,
                                                                                     En 2002 et en 2003, il n'est détecté que dans un seul échantillon
• 0,08 à 0,33 mBq/kg frais dans les poissons.                                        (mollusque) sur douze. A l’exception de l’241Am, du 106Ru/Rh et de
3.2.3.2.   Radionucléides émetteurs β                                                l’108mAg qui proviennent exclusivement de l’usine de La Hague,
                                                                                     l’origine des autres radionucléides ne peut être définie clairement
L’activité β du 90Sr et du 99Tc a été recherchée spécifiquement sur                  compte tenu de la diversité des sources potentielles (accident de
quelques échantillons.                                                               Tchernobyl, usine de retraitement, CNPE, stockage profonds…).
Les concentrations en 90Sr mesurées dans les mollusques et les                       Depuis 2000, deux algues brunes (Fucus vesiculosus et Fucus
crustacés sont faibles et globalement inférieures à celles mesurées                  serratus) récoltées dans le cadre du suivi radio-écologique annuel
lors de l'état de référence. L'activité de ce radionucléide est                      font l’objet d’une détermination spécifique de l’activité du tritium.
inférieure aux limites de détection dans les poissons. Le CNPE de                    L’activité de ce radionucléide est comprise entre 1,4 et 7,7 Bq/litre,
Flamanville ne rejette pas de 90Sr.                                                  pour la période 2000-2003. Les activités rencontrées à proximité du
Le 99Tc est connu pour être concentré par les algues brunes et la                    site de Flamanville traduisent une légère augmentation par rapport
chair de homard. Les activités mesurées dans ces supports à                          au niveau ambiant liée aux rejets de l’usine de la Hague et de
Flamanville sont en très nette diminution et sont voisines de celles                 Flamanville.
observées en Manche centrale. Son origine est à attribuer à                          L’iode 131 recherché spécifiquement dans les algues est inférieur à
l’exploitation de l’usine de La Hague. Parmi l’ensemble des                          la limite de détection (< 3 Bq/kg sec).
radionucléides artificiels recherchés au cours de ce bilan décennal, le
technétium 99 présente les activités les plus élevées (43 Bq/kg sec
dans les fucus à Goury).                                                             3.3.      BILAN DES ANALYSES EFFECTUEES
3.2.3.3.   Radionucléides émetteurs γ                                                          DANS LE DOMAINE MARIN
La radioactivité γ d’origine naturelle des différents compartiments de               Depuis la mise en service des tranches 1-2, la quasi-totalité de la
                                                                                     radioactivité contenue dans l’écosystème marin provient de
l’écosystème marin est due principalement au 40K, accompagné
                                                                                     radionucléides produits naturellement dans la géosphère et dans
dans les sédiments et les algues des radionucléides des familles de
                                                                                     l’atmosphère.
l’238U et du 232Th. Les algues brunes présentent les concentrations
en 40K les plus élevées (entre 1 280 et 2 230 Bq/kg sec). Le 7Be                     L’environnement marin du site de Flamanville est caractérisé par la
apparaît dans les sédiments, les algues et les mollusques. Il n’est                  présence de radionucléides produits artificiellement, d’origines
jamais mesuré dans les poissons et les crustacés. La radioactivité                   diverses (usines de retraitement, CNPE, retombées anciennes des tirs
d’origine naturelle demeure du même ordre de grandeur que celle                      nucléaires atmosphériques…
constatée lors des études antérieures.                                               Les effluents radioactifs liquides du CNPE de Flamanville contribuent
En 1996, la radioactivité γ d’origine artificielle est pour l’essentiel liée         à l’apport de radionucléides artificiels dans le milieu marin. La part
à la présence de :                                                                   attribuable à l’exploitation de cette installation est difficilement
                                                                                     dissociable des autres sources exogènes.
• 241Am et 106Ru, dont la source locale exclusive est l'usine de La
  Hague ;                                                                            Les niveaux d’activité des radionucléides artificiels ont constamment
                                                                                     diminué au cours du temps en raison des efforts entrepris par les
• 137Cs, 60Co, 54Mn et 125Sb, radionucléides déclarés dans les
                                                                                     différents exploitants et en raison de la décroissance radioactive des
  rejets du CNPE de Flamanville mais ayant d'autres sources
                                                                                     radionucléides.
  potentielles – les retombées atmosphériques et l'accident de
  Tchernobyl pour le 137Cs, ou les rejets de l'usine de La Hague pour
  le 137Cs, 60Co, 54Mn et 125Sb ;
• 110mAg, rejeté principalement par le CNPE de Flamanville. Ce
  radionucléide a été détecté à des valeurs d'activité très faibles dans
  les crustacés et les mollusques (de 0,08 à 0,5 Bq/kg frais) et dans
  un prélèvement d'algue (0,54 ± 0,09 Bq/kg sec).
Dans ce contexte, les activités mesurées ne permettent pas de
discerner l’influence du CNPE de Flamanville de celles des autres
installations nucléaires en Manche.

3.2.4. Analyses réalisées entre 1997 et 2003 dans
       le cadre du suivi radio-écologique annuel
Dans le cadre de ces études sont réalisées annuellement des
spectrométries gamma sur la totalité des échantillons récoltés.
Depuis 2000, les suivis radio-écologiques annuels comprennent
également une détermination de l’activité du tritium libre dans deux
algues brunes.
La radioactivité des échantillons récoltés dans l’environnement marin
du site de Flamanville (sédiments algues, mollusques et poissons) est
due principalement aux radionucléides produits naturellement dans
l’écorce terrestre (40K, famille du 232Th et de 238U) et dans
l’atmosphère (7Be). Dans les algues brunes, le 40K peut atteindre
1 700 Bq/kg sec.
Au cours de cette période, la radioactivité d’origine artificielle des
sédiments et des poissons est uniquement due au 137Cs et au
60Co. Ces deux radionucléides sont accompagnés dans les algues,
les mollusques et les crustacés du 106Ru/Rh, de l’241Am ainsi que
de l’110mAg. Les animaux benthiques (mollusques et crustacés) sont
également caractérisés par la présence de 54Mn et d’108mAg.
Les traces d’110mAg mises en évidence dans les algues (0,07 à 0,6
Bq/kg sec) et les mollusques et crustacés (0,05 à 0,11 Bq/kg frais)


                      Sommaire du chapitre                                                       Sommaire général                                    2.6
                                                                               175
Cliquez pour voir :

2.6 Tab 1 : Symbole, nom et période physique de décroissance des radionucléides cités dans le présent chapitre

2.6 Tab 2 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les sols prélevés dans l’environnement du site de
Flamanville entre 1980 et 2003

2.6 Tab 3 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les mousses et les lichens récoltés dans
l’environnement du site de Flamanville entre 1980 et 2003

2.6 Tab 4 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les végétaux cultives et non cultives récoltés dans
l’environnement du site de Flamanville entre 1980 et 2003

2.6 Tab 5 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les laits récoltés dans l’environnement du site de
Flamanville entre 1980 et 2003

2.6 Tab 6 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les sédiments récoltés dans l’environnement
du site de Flamanville entre 1981 et 2003

2.6 Tab 7 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les algues récoltées dans l’environnement du site
de Flamanville entre 1981 et 2003

2.6 Tab 8 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les poissons pêchés dans l’environnement du site
de Flamanville entre 1981 et 2003

2.6 Tab 9 : Radioactivité d’origine naturelle et artificielle dans les mollusques et les crustacés collectes dans
l’environnement du site de Flamanville entre 1981 et 2003
    sous chapitre      2.7             ECONOMIE RURALE ET ACTIVITES ANNEXES
L'état de référence présenté ci-après, est fondé sur les données les
plus récentes disponibles au moment de sa rédaction provenant des
organismes nationaux, régionaux ou départementaux compétents.


    1.       AGRICULTURE – ELEVAGE – PRODUCTIONS ET PRATIQUES
1.1.         ACTIVITES AGRICOLES
1.1.1. Agriculture et élevage dans un rayon de                                           2.7 TAB 1 : PRINCIPALES CULTURES DANS LE DEPARTEMENT
       50 km                                                                                            DE LA MANCHE - ANNEE 20003

Région Basse-Normandie
Dans la région Basse-Normandie, le nombre d’exploitations en 2003                                                                                         Superficie (ha) en
était de 29 692, en baisse par rapport à 2000 (35 762 exploitations)1.                                                                                         2000
                                                                                                                    Céréales                                  44 632
L’agriculture reste un secteur très important dans la région. Elle                                                Oléagineux                                   1 050
occupe encore 7,8 % de la population active contre 4,1 % au niveau                                 Cultures industrielles (hors oléagineux)                       2
national. L’évolution économique dans ce secteur oblige à des                                           Légumes secs et protéagineux                            639
exploitations plus vastes (65 hectares).                                                                           Fourrages                                  140 384
                                                                                                         Superficie toujours en herbe                         251 533
Les superficies cultivées en blé, orge, maïs (fourrage et ensilage),                                            Pomme de terre                                 1 177
colza et pois protéagineux suivent une augmentation moyenne de                                       Légumes frais plein air ou abris bas                      6 410
2% par an. Plus de 442 000 ha sont désormais couverts par l’une de                                  Légumes frais plein air ou abris haut                        35
ces productions, ce qui représente 70 % des terres labourables.                                          Fleurs, plantes ornementales                            57
                                                                                                             Vignes d’appellation                                 0
Le cheptel bovin subit une baisse de 146 000 têtes depuis 1988. Ce                                                 Vignes (1)                                     0
sont pour les deux tiers les vaches laitières qui ont fait les frais de                                      Vergers 6 espèces (2)                               25
cette diminution. La décennie qui vient de s’écouler a été une                                         Autres cultures permanentes (1)                         1 101
                                                                                                                  Jachères (3)                                 7 038
période de conversion importante pour le troupeau. Auparavant, on
                                                                                                          Jardin et vergers familiaux                           270
comptait une vache nourrice pour sept laitières et désormais, le                                          Superficie agricole utilisée                        454 353
rapport n’est plus que d’un pour trois. En effet, pendant que le                                      Superficie totale des exploitations                     463 860
troupeau laitier diminuait d’un quart, le troupeau allaitant
                                                                                      (1) les pépinières et les vignes-mères de porte-greffes sont exclues des vignes et incluses
augmentait de plus des trois quarts.                                                      dans les autres cultures permanentes
La race Normande n’est plus majoritaire au sein des troupeaux de                      (2) Abricotiers, cerisiers, pêchers, pruniers, poiriers, pommiers
                                                                                      Y compris jachères de vignes, vergers…
vaches. Viennent ensuite à hauteur totale de 15 % les races à viande
charolaise, salers, blonde d’aquitaine et limousine.
Les autres élevages sont fleurissants puisqu’ils augmentent de près
de la moitié en douze ans. Seule la brebis ne fait plus recette. Ses
effectifs ont diminué de 10 %. Le cheval est la production phare de
la région, avec 12 % du cheptel équin national, ce qui le situe à la
première place des régions françaises.
                                                                                                   2.7 TAB 2 : CHEPTEL VIF DANS LE DEPARTEMENT
                                                                                                            DE LA MANCHE - ANNEE 2000
Département de la MANCHE
Dans le département de la Manche le nombre d’exploitations en                                                                                         Effectif en 2000
2003 était de 15 099, en diminution par rapport à 2000 (18 242).                                 Total bovins (dont total vaches)                         764 522
Par contre la SAU2 moyenne était en augmentation à 29,3 ha                                                Total équidés                                   20 864
(24,9 ha en 2000). La proportion d’exploitations de 50 ha et plus est                                      Total caprins                                   2 865
de 25,1%. L’économie agricole du département repose sur la                                                  Total ovins                                   74 126
production laitière et la production bovine, porcine, ovine, ainsi que                                     Total porcins                                  378 798
sur l’élevage de chevaux et volailles, et la culture de légumes                                            Total poules                                  2 584 608
                                                                                                        Dindes et dindons                                 429 570
(carottes, poireaux, choux fleurs, navets, salades…).
                                                                                                        Autres volailles (7)                              362 041
L’exploitation professionnelle détient la quasi-totalité des principales                                  Lapines mères                                   18 604
productions : 94 % des céréales, 98 % des légumes, 99 % des
                                                                                        (7) Oies, canards, pintades, pigeons, cailles
céréales des vaches laitières et des porcs. Seuls les ovins et les
chevaux sont en plus grand nombre (57 %) dans les exploitations
non professionnelles.
L’agriculture et le cheptel dans le département de la Manche sont
présentés dans les tableaux 2.7 TAB 1 et 2.7 TAB 2.




1
    Mémento Agricole 2003, AGRESTE Basse-Normandie, Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt – Service Régional de Statistique Agricole (décembre 2004).
2
    Superficie Agricole Utilisée
3
    Recensement Agricole 2000, AGRESTE, Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt


                          Sommaire du chapitre                                                          Sommaire général                                                 2.7
                                                                                  185
Cliquez pour voir :

2.7 Tab 3 : Principales cultures agricoles dans les communes situées dans un rayon de 5 km autour du CNPE
de Flamanville - année 2000

2.7 Tab 4 : Cheptel vif dans les communes situées dans un rayon de 5 km autour du CNPE de Flamanville -
année 2000

2.7 Tab 5 : Principales cultures dans les communes situées dans un rayon entre 5 et 10 km autour du CNPE
de Flamanville - année 2000

2.7 Tab 6 : Cheptel dans les communes
1.2.      COMMERCIALISATION DU LAIT ET                                              La production de lait en 2003 sur la région est de 26 155 000 hL
          DE LA VIANDE                                                              (livraison totale de seulement 24 562 000 hL). L’effectif moyen de
                                                                                    vaches laitières en production est de 485 500, soit une production
Les productions animales 2003 sont présentées dans les tableaux
                                                                                    moyenne par vache laitière de 5 210 L de lait en 2003.
suivants d’après le mémento agricole 2003 de l’AGRESTE pour la
région Basse-Normandie.                                                             La production de viande est présentée dans le tableau 2.7 TAB 7.


                       2.7 TAB 7 : PRODUCTION DE VIANDE EN 2003 DANS LA REGION BASSE NORMANDIE
                       Cheptel                                                 2003 (en tonnes)
                       Gros bovins                                             135 044
                       Veaux                                                   13 457
                       Porcins                                                 87 323
                       Équins                                                  1 424
                       Poulets de chair                                        22 152




Pour le Département de la Manche, la production en 2003 a été de :                  1.3.      INDUSTRIES AGRO-ALIMENTAIRES
• 13 592 000 hL de lait de vache,
                                                                                    1.3.1. Poids du secteur
• 59 485 tonnes de viande bovine,
• 55 180 tonnes de viande porcine.                                                  Avec 20000 salariés, l’industrie agroalimentaire est le premier
                                                                                    secteur industriel en Basse-normandie. C’est aussi le principal
                                                                                    exportateur de la région.
                                                                                    Les principaux établissements de la région (au 1er janvier 2001) sont
                                                                                    présentés dans le tableau 2.7 TAB 8.



                    2.7 TAB 8 : PRINCIPAUX ETABLISSEMENTS DE L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE EN REGION
                                           BASSE-NORMANDIE AU 1ER JANVIER 2001

                                  Nom                            Activité                        Commune              Nombre de
                                                                                              (Département)            salariés
                                SOVIBA                Production de viandes de              Villers-Bocage (14)          689
                                                             boucherie
                        Société Normande de           Production de viande de                  La Chapelle                688
                               Volaille                        volaille                       d’Andaine (61)
                         Société des Viandes          Production de viandes de                Coutances (50)              586
                           du Cotentin SA                    boucherie
                          Coop. Agri. Lait.           Fabrication de fromages                  Sottevast (50)             570
                         « Maîtres laitiers du
                              Cotentin »
                         Coopérative Isigny-             Fabrication d’autres               Isigny-sur-Mer (14)           456
                             Sainte-Mère                   produits laitiers
                           Les salaisons de          Préparation industrielle de            Villers-Bocage (14)           427
                             Brocéliande             produits à base de viande
                                Charal                Production de viandes de                    Flers (61)              422
                                                              boucherie
                           COGESAL-MIKO              Fabrication de glaces et de               Argentan (61)              378
                                                                sorbets
                        SCHWAN’s FRANCE                  Fabrication de pâtes              Mézidon-Canon (14)             377
                                                             alimentaires
                                 ELVIR                  Fabrication de beurre              Condé-sur-Vire (50)            357




On peut noter la présence des trois établissements importants dans le               1.3.2. Le tissu industriel
département de la Manche : ELVIR à plus de 100 km du site de
Flamanville, SOVIBA SA à environ 70 km du site et la Coopérative                    Adossée à une agriculture centrée sur l’élevage, l’industrie
agricole laitière « Maîtres laitiers du Cotentin » à une vingtaine de               agroalimentaire bas-normande est spécialisée dans la transformation
kilomètres du site.                                                                 du lait, activité qui s’est profondément restructurée pour se concentrer
                                                                                    largement dans quelques grands groupes (Lactalis, Bongrain, Danone,
Dans un rayon de 10 km autour du site de Flamanville, sont recensées
                                                                                    Nestlé). Cette activité occupe près de 6000 salariés.
par la Chambre de Commerce et de I’Industrie de Cherbourg une
entreprise de distillation d’eau de vie naturelle aux Pieux et une cidrerie         Avec près de 5200 salariés, le secteur de la viande, hors artisans
à Sotteville.                                                                       charcutiers, arrive en second.



2.7                         Sommaire du chapitre                                                       Sommaire général
                                                                              188
Le secteur artisanal de la charcuterie et de la boulangerie-pâtisserie               diversification prometteuse, de l’industrie du poisson aux plats cuisinés.
représente quant à lui 1800 établissements et 7000 emplois dont près                 Dans la Manche, l’industrie laitière domine encore largement. La
de 4000 emplois salariés.                                                            valorisation des produits de l’agriculture et de la pêche locale offre
                                                                                     cependant des opportunités nouvelles de croissance, les secteurs de la
En dehors des secteurs de la viande, du lait et de la filière cidricole, les
                                                                                     viande et de la biscuiterie comptant aussi parmi les atouts du
industries agroalimentaires bas-normandes se sont engagées dans une
                                                                                     département.


                   2.7 TAB 9 : ETABLISSEMENTS INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE AYANT 20 SALARIES ET PLUS
                                          EN REGION BASSE-NORMANDIE EN 2002
                                                             Nombre d’établissements                  Nombre de salariés moyen
                        Total                                158                                      14 412
                        Industries de viandes                41                                       4 630
                        Industries de poisson                12                                       679
                        Industrie de fruits et               4                                        126
                        légumes
                        Industrie laitière                   50                                       5 916
                        Fabrication d’aliments pour          12                                       482
                        animaux

Parmi les entreprises du secteur de plus de 20 salariés, l’industrie                 Le nombre d’établissements en 2000 est de 2375.
laitière représente 40% des emplois salariés.                                        Moins âgés que dans les autres secteurs industriels, les salariés sont
                                                                                     aussi moins qualifiés, les ouvriers non qualifiés restant aussi nombreux
1.3.3. Les ressources humaines                                                       que les ouvriers qualifiés, et les cadres supérieurs et intermédiaires ne
L’emploi dans le secteur agroalimentaire a fortement reculé au milieu                représentent que 17% des effectifs (27% dans l’ensemble de
des années 1990 à la suite d’importantes restructurations, mais les                  l’industrie).
effectifs progressent à nouveau depuis 1999. L’emploi avait en effet                 Le secteur de la viande a connu des difficultés suite aux crises de la «
reculé de 10 % alors que le tassement national restait quant à lui                   vache folle », surtout pour certaines PME du secteur de la
limité. Cette baisse des effectifs a surtout été sensible dans la Manche.            transformation ou certains abattoirs et entreprises de découpe.
Avec 20 000 salariés en 2000, l’industrie agroalimentaire est le premier             Dans le secteur artisanal, le nombre d’ateliers et de commerces a
secteur industriel de la région, soit presque un salarié industriel sur 5.           diminué, les nombreux départs en retraite n’étant pas tous remplacés,
Dans le département de la Manche, il représente 6 997 salariés en                    le nombre de salariés n’a par contre que peu varié.
2000.


 2.       PECHE EN MILIEU MARIN
2.1.       GENERALITES POUR LE COTENTIN                                              étrilles), notamment dans le secteur de Flamanville. Ne sont pas
                                                                                     pêchés par contre le merlu ou la lotte.
D’après la Chambre de Commerce et d’Industrie de Cherbourg, 612
navires sont utilisés par la filière pêche dans la région Basse                      Le département de la Manche représente les 2/3 des navires, des
Normandie, soit la 3ème flotille sur le littoral océanique français (15%             marins et du chiffre d’affaires bas-normands. Le Cotentin représente
de la flotille française). Ce sont principalement des petites unités. 431            quant à lui 46% des navires, 51% des marins et 37% du tonnage du
navires font moins de 12 mètres, 115 sont compris entre 12 et 16                     département.
mètres, 66 navires entre 16 et 25 mètres.                                            Les principaux ports de pêche dans le Cotentin sont Saint-Vaast-la-
On comptabilise sur la région 1651 marins, ce qui fait de la Basse-                  Hougue, Barfleur, Cherbourg et Omonville-La-Rogue sur la façade
Normandie la 2ème région de la façade océanique en terme                             Nord et Est ; et Auderville, Diélette, Barneville-Carteret et Portbail sur
d’emplois. Par contre, elle se situe seulement au 4ème rang en terme                 la façade Ouest.
de chiffre d’affaires avec 116,5 M Euros.                                            La flotte dans le Cotentin (810 marins) :
Les espèces les plus pêchées sont les pétoncles, les bulots, les tacauds             • Flotte hauturière : 13 unités de pêche ;
et grondins rouges mais aussi la coquille St Jacques, la seiche,
l’encornet, les soles et les crustacés (homards, tourteaux, araignées et             • Pêche côtière : 169 navires


                          2.7 TAB 10 : NOMBRE DE NAVIRES DANS LES PRINCIPAUX PORTS DU COTENTIN

                       Port                           Nombre de navires              + de 10 m                - de 10 m
                       Cherbourg                      38                             21                       17
                       Nord-Ouest                     4                              2                        2
                       Goury                          1                              0                        1
                       Diélette                       7                              1                        6
                       Carteret                       22                             12                       10
                       Portbail                       3                              1                        2

En mars 2002, on dénombre 320 marins à Cherbourg, 20 au Nord-                        • 3 200 tonnes de coquillages soit 18% de la production du département,
Ouest et à Goury et 130 pour les ports de Diélette, Carteret et Portbail.
                                                                                     • 2 000 tonnes de céphalopodes (seiches) soit 53% de la production
La production dans le Cotentin en 2002 :                                               du département.
• 7 700 tonnes de poissons soit 76% de la production du département,                 La commercialisation se fait principalement via le Centre de Marée de
                                                                                     Cherbourg.
• 1 500 tonnes de crustacés soit 69% de la production du département,


                      Sommaire du chapitre                                                        Sommaire général                                       2.7
                                                                               189
2.2.       LE PORT ET LA CRIEE DE CHERBOURG                        Le nombre de bateaux total est de 127.
La quantité de pêche au port de Cherbourg en 2004 est de :         Les principales espèces débarquées en 2004 (détail par espèces) sont
                                                                   présentées dans le tableau 2.7 TAB 11.
Coquilles (total) :   207 691 Kg ;
Poissons (total) :    8 570 601 Tonnes



                        2.7 TAB 11 : CLASSEMENT DES ESPECES DEBARQUEES DANS LE PORT DE CHERBOURG




2.7                        Sommaire du chapitre                                      Sommaire général
                                                             190
2.3. PECHE PROFESSIONNELLE DE LA                                                         nombreux professionnels vendent directement leur production ou ne
                                                                                         remplissent pas les documents déclaratifs.
COTE NORD-OUEST DU COTENTIN                                                              En 2003, les déclarations font apparaître une production d’environ
                                                                                         215 tonnes de crustacés dont 109 tonnes d’araignées, 74 tonnes de
2.3.1. Port de Diélette                                                                  tourteaux, et 32 tonnes de homard.
Il n’y a pas de criée au port de Diélette. Les pêcheurs sont des                         La production de poissons dans cette zone est essentiellement de
pêcheurs privés qui revendent à des particuliers ou des restaurants.                     122 tonnes pour les différentes espèces de raies, de 74 tonnes pour
Le surplus de la pêche est vendu à la criée de Cherbourg.                                la petite roussette et de 35 tonnes pour la sole.

2.3.2. Port de Carteret                                                                   LISTE DES REFERENCES
Il n’y a pas de criée dans le port de Carteret. La pêche est vendue à                    [1] INSEE, site internet, Fiches sur les activités industrielles :
un mareyeur, (intermédiaire entre le pêcheur et la criée de                                  Arrondissement de Cherbourg – Activités industrielles,
Cherbourg) ou au marché de gros de Rungis (PARIS).                                           Agroalimentaire en région Basse-Normandie.
                                                                                         [2] AGRESTE 2000, Basse-Normandie, Direction Régionale de
2.3.3. Surveillance réalisée par l’IFREMER                                                   l’Agriculture et la Forêt.
Dans le cadre de la surveillance de l’environnement du site de                           [3] Mémento Agricole 2003, AGRESTE Basse-Normandie, Direction
Flamanville effectuée par l’IFREMER, l’étude du domaine halieutique                          Régionale de l’Agriculture et la Forêt – Service Régional de
comprend également un suivi de la pêche professionnelle de                                   Statistique Agricole (décembre 2004)
crustacés du Nord-Ouest Cotentin pour la flotille artisanale
travaillant au casier.                                                                   [4] Fiches comparatives 1979 1988- 2000 de la Direction
                                                                                             Départementale de l’Agriculture et de la Forêt sur le
La pêche dans les ports de Goury, Diélette et Carteret est diversifiée                       recensement agricole dans un rayon de 10 km autour du CNPE
puisqu’est pratiqué simultanément le casier à gros crustacés, mais                           de Flamanville
également le casier à bulot, le casier à étrille, le casier à seiche et le
filet à sole ou à raie.                                                                  [5] CCI Cherbourg Cotentin, Le poids économique de la pêche dans
                                                                                             le Cotentin.
L’effort de pêche est concentré dans les zones très côtières en
marées de vives-eaux, et plus au large dans les secteurs du Cap de                       [6] Télécopie du 27/01/05 de la Fédération de la Manche pour la
La Hague ou des Ecréhoux en marées de mortes-eaux.                                           Pêche et la Protection du Milieu Aquatique sur le recensement
                                                                                             2004 de la pêche dans un rayon de 10 km autour du CNPE de
La production est difficile à évaluer car, comme vu plus haut, de                            Flamanville


    sous chapitre    2.8               CONSEQUENCES RADIOLOGIQUES EN
                                       FONCTIONNEMENT NORMAL PROVENANT
                                       DES REJETS D’EFFLUENTS RADIOACTIFS
                                       GAZEUX ET LIQUIDES
Les effluents radioactifs de la centrale sont sous deux formes :                         et des différentes voies d’exposition (voie interne comme l’ingestion
• rejets liquides radioactifs dans la mer, essentiellement issus du rejet                ou voie externe comme l’exposition sur les plages), le niveau
  du système de contrôle et rejet des effluents liquides de l’îlot                       d’exposition maximal (dose efficace annuelle) reçu par les personnes
  nucléaire (KER),                                                                       du public vivant au voisinage de la centrale, dans la zone la plus
                                                                                         impactée par les rejets gazeux, et ayant des activités qui les exposent
• rejets gazeux radioactifs via les cheminées de rejet, issus du circuit                 plus particulièrement aux rejets liquides. Ces personnes constituent
  de traitement des effluents gazeux (TEG), du bâtiment réacteur, de                     le « groupe de référence ».
  la mise sous vide du condenseur et des ventilations et balayage.
                                                                                         La modélisation analytique s’appuie sur un ensemble d’hypothèses
Les déchets solides ne donnent pas lieu à des rejets dans                                simplificatrices mais conservatives permettant de donner un ordre de
l’environnement. Il n’y a pas de stockage définitif de déchets solides                   grandeur de l’exposition du groupe de référence. L’importance de
sur le site.                                                                             l’impact est analysée par comparaison de la dose efficace totale à la
L’évaluation des conséquences radiologiques des rejets radioactifs est                   dose limite de 1 mSv1 figurant dans le code de la santé publique
faite au moyen des codes de calcul suivants développés par EDF :                         (article R1333.8). L’ensemble des populations résidant de manière
                                                                                         permanente ou temporaire autour du site est soumis à un impact
• BLIQID : « évaluation de l’impact des rejets radioactifs liquides en                   inférieur ou égal à celui calculé pour le groupe de référence.
  fonctionnement normal »,
                                                                                         Les synoptiques des voies d’exposition des rejets radioactifs en mer
• MIRRAGE : « méthode d’évaluation de l’impact des rejets radioactifs                    et dans l’atmosphère sont présentés dans les tableaux 2.8 TAB 1 et
  gazeux dans l’environnement en fonctionnement normal ».                                2.8 TAB 2.
Ces codes déterminent, à partir des activités rejetées annuellement


    1.       REJETS RADIOACTIFS LIQUIDES
                                                                                         • exposition externe due à des séjours sur les plages,
1.1.         METHODOLOGIE ET HYPOTHESES
                                                                                         • exposition externe due à la baignade en mer,
             RETENUES                                                                    • exposition interne par ingestion de produits de la mer tels que les
Le site de Flamanville est situé en bord de mer. Les voies d’exposition                    poissons, les mollusques et les crustacés,
prises en compte sont les suivantes :
                                                                                         • exposition interne due à l’ingestion d’eau de mer lors d’une
                                                                                           baignade et à l’ingestion de sable lors d’un séjour sur la plage.

1
    Cette valeur limite doit cependant tenir compte également des doses dues aux
    rejets radioactifs des autres installations nucléaires de la région.


                         Sommaire du chapitre                                                        Sommaire général                                     2.8
                                                                                   191
Compte tenu des voies d’exposition, seuls les produits de la mer sont                         exprime, pour un radionucléide donné, hors tritium et hors carbone 14,
pris en compte dans la ration alimentaire et le nourrisson n’est pas                          le rapport entre l’activité massique des produits de la pêche et l’activité
pris en compte dans les calculs.                                                              volumique de l’eau de mer.
Le groupe de référence (supposé être le plus impacté par les rejets                           Ces facteurs sont donnés dans le 2.8 TAB 6.
liquides) est donc constitué des habitants adultes des communes                               d) Exposition interne par ingestion d’eau de mer
proches de la centrale, susceptibles de fréquenter les plages proches
du site, de se baigner à proximité, de pratiquer la pêche près de la                          Au cours de la baignade, un individu peut boire de l’eau de mer et
côte ou de consommer les produits de la « pêche locale », pêchés à                            du sable.
proximité des ouvrages de rejet.                                                              Au cours de la baignade, un individu peut boire de l’eau de mer. On
Pour le calcul de l’exposition externe, nous retenons les plages des                          considère qu’une personne ingère 0,1 litre d’eau au cours de
anses de Vauville et de Sciotot, situées à moins de 10 km de la                               l’année. De même, lors de son séjour sur la plage, l’individu est
centrale, respectivement au nord et au sud.                                                   susceptible d’ingérer du sable par inadvertance. On considère
                                                                                              qu’une personne ingère 0,5 g de sable par an. Ces hypothèses sont
Pour le calcul de l’exposition par ingestion de produits de la mer,
                                                                                              issues des travaux du Groupe Radioécologie Nord Cotentin (GRNC)
nous retenons la ration alimentaire donnée au 2.8 TAB 4, établie à
                                                                                              pour la classe d’âge des adultes.
partir de l’enquête locale réalisée en 1998 par le CREDOC pour le
compte de la COGEMA. Une étude de sensibilité est réalisée sur la                             e) Exposition externe due aux séjours sur les plages et à la baignade
base d’une consommation plus importante en produits de la mer. En                             L’individu présent sur les plages (pour les activités de pêche à pied,
effet, il a été montré que les valeurs pouvaient être plus élevées pour                       de promenade…), subit une irradiation externe due au sable.
certains groupes socio-professionnels comme les pêcheurs. Les                                 L’activité du sable se déduit de l’activité de l’eau de mer par
calculs sont donc également effectués pour ce groupe nommé «                                  l’intermédiaire du coefficient de partage eau/sable. Ce coefficient
groupe pêcheur ». Les résultats sont donnés à titre indicatif. La                             traduit l’état d’équilibre entre l’adsorption et la désorption des
ration correspondante est également donnée au 2.8 TAB 4. Elle                                 radionucléides sur le sable. Il est présenté au 2.8 TAB 5.
provient de la même enquête alimentaire.
                                                                                              Le temps de présence annuel sur les plages est pris égal à 100 h/an.
L’ensemble des radionucléides et des activités rejetées par la tranche                        Cette valeur est utilisée par le Groupe Radioécologie Nord Cotentin
EPR pris en compte dans les calculs est donné au 2.8 TAB 3. Il s’agit                         (GRNC) pour toutes les classes d’âge et inclut le temps passé à la
des activités maximales rejetées en une année.                                                pêche à pied.
a) Modalités de rejet                                                                         De même, au cours de la baignade, l’individu immergé dans l’eau de
Le rejet des effluents radioactifs liquides des tranches 1-2 se fait par                      mer subit une irradiation externe.
l’intermédiaire du bassin de rejet de la tranche 1 préférentiellement                         Le temps annuel de baignade est pris égal à 20 h/an. Cette valeur est
(ou de la tranche 2 si la tranche 1 est à l’arrêt). Dans le bassin de                         utilisée par le Groupe Radioécologie Nord Cotentin (GRNC) pour
rejet, les effluents se mélangent aux eaux de refroidissement de la                           toutes les classes d’âge à partir de 5 ans.
tranche (circuits CRF, SEC, débit nominal de 45 m3/s) . Les eaux du
bassin de rejet se rejettent ensuite en mer via une galerie sous-                             f) Cas particulier du tritium
marine de 500 à 600 m se terminant par un diffuseur. Les eaux de                              Le comportement du tritium est particulier car il ne s’accumule pas
refroidissement de la tranche assurent donc une prédilution des                               comme les autres radionucléides mais se met en équilibre entre les
rejets liquides avant rejet en mer.                                                           différents compartiments contenant de l’eau ou de la vapeur.
Le rejet des effluents radioactifs liquides de la tranche EPR se fait par                     Pour le tritium, l’activité massique des produits de la pêche tient
la même galerie de rejet que celle rejetant les effluents des tranches                        compte de l’activité volumique de l’eau en tritium, de la teneur en
1-2, i.e avec un débit de 45 m3/s.                                                            eau des organismes marins et du coefficient de fixation du tritium
b) Activité volumique ajoutée à l’eau de mer                                                  sur la matière organique de l’aliment. Dans les calculs, on dissocie la
                                                                                              partie « eau tritiée » et la partie « tritium organique » car les facteurs
La concentration volumique moyenne de l’eau de mer en un point                                de dose due à l’ingestion sont différents. L’activité massique du
est fonction de l’activité rejetée pour chaque radionucléide et des                           tritium correspond alors à la somme des deux contributions.
conditions de dilution propres au site (première dilution dans les
eaux de refroidissement puis deuxième dilution en mer).                                       La teneur en eau des organismes marins et les coefficients de
                                                                                              fixation du tritium sur la matière organique sont récapitulés dans le
Les conditions de dilution propres au site de Flamanville sont                                2.8 TAB 7.
présentées au sous-chapitre 2.4.3 :
                                                                                              g) Cas particulier du carbone 14
• pour la voie d’exposition par ingestion de produits de la mer, on
  utilise un coefficient de dilution de 0,2.                                                  Le carbone 14 est supposé se comporter comme le carbone stable
                                                                                              quelle que soit la forme physico-chimique. Le rapport isotopique
• pour la voie d’exposition externe due aux séjours sur la plage et à                         entre l’isotope 12 et l’isotope 14 reste constant lors des transferts
  la baignade, ainsi que pour l’exposition interne par ingestion d’eau                        entre les différents constituants de l’écosystème.
  de mer lors d’une baignade, on utilise un coefficient de dilution de
  0,07.                                                                                       Le carbone 14 est incorporé à la matière organique du
                                                                                              phytoplancton au cours de la photosynthèse. A l’équilibre, l’activité
Ces deux dilutions successives peuvent être traduites par un facteur                          spécifique du carbone végétal est égale à l’activité spécifique du
global de dilution qui serait, pour 1 GBq rejeté par jour2, d’environ                         carbone dans l’eau. Les maillons supérieurs de la chaîne trophique
50 Bq/m3 dans le champ proche (0,2 x 1.109 / (24x3600x45)) et                                 absorbent le carbone 14 essentiellement à partir de la nourriture :
d’environ 20 Bq/m3 au niveau des plages (0,07 x 1.109 /                                       l’activité spécifique d’un organisme est égale, à l’équilibre, à celle de
(24x3600x45)).                                                                                sa source de nourriture.
c) Exposition interne par ingestion de produits de la pêche                                   Dans les calculs, le carbone 14 rejeté dans les effluents liquides est
Les poissons, les crustacés (et les mollusques) sont supposés vivre en                        supposé être à 100% sous forme minérale. La concentration en
permanence dans la zone de pêche considérée avant capture.                                    carbone stable sous forme dissoute est prise égale à 25,2 g/m3 3
Les radionucléides rejetés par la centrale dans la mer se concentrent                         La teneur en carbone stable dans les produits de la pêche est donnée
dans les organismes marins plus ou moins vite. Ce phénomène de                                au 2.8 TAB 8.
concentration est évalué à l’aide d’un facteur de concentration qui




2                                                                                             2
    1 GBq correspond environ à l’activité journalière maximale rejetée par l’ensemble             Valeur issue de l'ouvrage "Marine Ecology" [KINNE - 1970]
    des tranches du site de Flamanville (tranches 1-2 et tranche EPR) hors tritium.


2.8                              Sommaire du chapitre                                                                Sommaire général
                                                                                        192
h) Evaluation de la dose efficace annuelle                                                 1.2.          CONSEQUENCES RADIOLOGIQUES
Les facteurs de dose efficace pour la voie d’exposition par ingestion                      Les résultats dont donnés dans le 2.8 TAB 12 et le 2.8 TAB 13.
sont donnés dans le 2.8 TAB 9. Ils sont extraits de l’arrêté du 1er                        Pour le groupe de référence, la dose efficace totale annuelle due aux
septembre 2003 définissant les modalités de calcul des doses                               rejets radioactifs liquides maximums de la tranche EPR, toutes voies
efficaces et des doses équivalentes résultant de l’exposition des                          d’exposition et tous radionucléides confondus, est estimée pour
personnes aux rayonnements ionisants.                                                      l'adulte à environ 1 μSv/an, ce qui représente environ 1/1 000ème de
Les facteurs de dose due à l’exposition externe à un milieu                                la limite fixée à 1 mSv par l’article R1333.8 du Code de la Santé
d’épaisseur infinie sont donnés dans le 2.8 TAB 10. Ils sont extraits                      Publique.
du Federal Guidance n°12.                                                                  NOTA : à titre indicatif, pour le groupe « pêcheur » susceptible de
Les facteurs de dose due à une exposition externe par immersion                                   consommer plus de produits de la mer4 que le groupe de
sont récapitulés dans le 2.8 TAB 11. Ils sont extraits du Federal                                 référence, la dose efficace totale annuelle due aux rejets
Guidance n°12.                                                                                    radioactifs liquides maximums de la tranche EPR, toutes
                                                                                                  voies d’exposition et tous radionucléides confondus, est
Le Code de la Santé Public (article R1333.8) fixe la limite de la dose
                                                                                                  estimée pour l'adulte à moins de 3 μSv/an, ce qui représente
efficace annuelle totale à 1 mSv pour les personnes du public hors
                                                                                                  moins de 3/1 000ème de la limite fixée à 1 mSv par l’article
dosimétrie médicale et radioactivité naturelle.
                                                                                                  R1333.8 du Code de la Santé Publique.


    2.       REJETS RADIOACTIFS GAZEUX
2.1.         METHODOLOGIE ET HYPOTHESES                                                    L’ensemble des radionucléides et des activités rejetées par la tranche
                                                                                           EPR pris en compte dans les calculs est donné dans le 2.8 TAB 14. Il
             RETENUES                                                                      s’agit des activités maximales rejetées en une année.
Les voies d'exposition prises en compte sont les suivantes :                               Les calculs sont faits pour l’adulte et le nourrisson.
• l'exposition externe au panache radioactif,                                              a) Evaluation du transfert par les différents vecteurs
• l'exposition externe au dépôt radioactif au sol,                                         Le site de Flamanville est situé              en bord de mer. La diffusion
• l'exposition interne par inhalation du panache,                                          atmosphérique à courte distance              est fortement influencée par les
                                                                                           particularités topographiques du             site. Le calcul de la dispersion
• l'exposition interne par ingestion d'aliments contaminés.
                                                                                           atmosphérique est spécifique à ce            site.
La dose efficace due à l’exposition externe pour le nourrisson est
                                                                                           Les effluents radioactifs gazeux de la tranche EPR sont rejetés par la
calculée à partir de la dose efficace due à l’exposition externe pour
                                                                                           cheminée de ventilation du bâtiment des auxiliaires nucléaires située
l’adulte en considérant que le nourrisson passe 80 % du temps à
                                                                                           sur le bâtiment combustible. On suppose que les rejets ont lieu à une
l’intérieur des habitations et que l’habitat apporte un facteur de
                                                                                           trentaine de mètres au-dessus de la falaise (110 m NGF), ce qui
protection de 0,15 pour l’exposition externe au panache et de 0,05
                                                                                           correspond à la hauteur supposée de la cheminée (hauteur identique
pour l’exposition externe au dépôt au sol (valeurs utilisées dans le
                                                                                           à celle des cheminées de rejet des tranches 1-2). Les conditions
cadre des études réalisées par le Groupe Radioécologie Nord
                                                                                           météorologiques associées sont prises au mât météo situé au-dessus
Cotentin).
                                                                                           de la falaise à 20 m du sol (cf. sous-chapitre 2.3).
L’évaluation des conséquences radiologiques de la tranche EPR, dues
                                                                                           Dispersion atmosphérique
aux rejets gazeux, est établie pour les lieux suivants :
                                                                                           Le transfert des éléments radioactifs rejetés avec les effluents gazeux
• Diélette
                                                                                           fait intervenir, en premier lieu, la diffusion de ces effluents dans
• Les Hougues                                                                              l'atmosphère qui permet d'évaluer l'activité volumique de l'air dans
• La Berquerie                                                                             l'environnement.

• Hameau Guérard                                                                           Dans les calculs, les débits d'activité vers l'atmosphère sont
                                                                                           considérés comme constants, sachant que sur l'ensemble de l'année,
• La Coquaise                                                                              les irrégularités n'ont que très peu d'effet.
• Flamanville                                                                              La concentration atmosphérique en un point est fonction d'une part
Ces lieux donnent une vision représentative de l’ensemble des                              du débit de rejet et d'autre part d'un coefficient de transfert
situations rencontrées autour du site. La situation géographique de                        atmosphérique (CTA) qui tient compte de la distance au point de
ces différents lieux est présentée au sous-chapitre 2.1 du présent                         rejet et des conditions météorologiques.
rapport.                                                                                   Pour les sites en plaine, ce CTA est déterminé sur la base de modèles
Les caractéristiques de ces lieux sont données dans le 2.8 TAB 15.                         utilisant un grand nombre de données expérimentales.
Ceux-ci montrent que le coefficient de transfert atmosphérique                             Pour les sites présentant une topographie irrégulière (comme les
(traduisant l'importance de l'activité volumique en un point) le plus                      sites « falaise »), l’analyse de la dispersion est complétée par des
pénalisant correspond au hameau « les Hougues ».                                           essais physiques :
On peut donc considérer comme groupe de référence vis-à-vis des                            • sur maquette en soufflerie
rejets gazeux les habitants du hameau « les Hougues », hameau
situé à environ 650 m du point de rejet de la tranche EPR. Les                             • par des expériences de traçage in situ
habitants de ce lieu sont supposés rester toute l'année dans leur                          Ces essais ont été réalisés pour les tranches 1 et 2 du site de
commune et consommer exclusivement des produits locaux.                                    Flamanville et les résultats sont repris à l’identique pour la tranche
L'évaluation des conséquences radiologiques de la tranche EPR, dues                        EPR. En effet, le niveau supérieur de la cheminée de la tranche EPR
aux rejets gazeux, est donc présentée pour le hameau « les Hougues »,                      sera du même ordre de grandeur que celui des deux tranches
situé à 650 m du point de rejet dans la direction de 60° 5.                                Flamanville 1-2, soit environ 110 m NGF.

La durée du fonctionnement de l’installation est de 60 ans.                                Les CTA obtenus par ces différentes méthodes sont ensuite pondérés




4                                                                                          5
    L’ingestion de produits de la mer constitue la voie d’exposition prépondérante             Les distances au point de rejet correspondent à la situation de l'habitation la plus
    pour les rejets radioactifs liquides.                                                      proche. L'angle 0° indique la direction du Nord. Le sens de rotation angulaire est
                                                                                               l'inverse du sens trigonométrique.


                         Sommaire du chapitre                                                               Sommaire général                                                2.8
                                                                                     193
par les données météorologiques locales ; ils tiennent compte                         La ration alimentaire retenue pour le bovin est présentée dans le
notamment des proportions de temps sec et de temps de pluie, de                       2.8 TAB 17. Les facteurs de transfert au lait et à la viande dont
la fréquence du vent dans la direction du lieu pour lequel le calcul                  donnés dans le 2.8 TAB 18.
est effectué, et de la probabilité d'être en conditions de diffusion                  On tient compte de la décroissance radioactive liée au stockage des
"normale" ou "mauvaise" par temps sec et par temps de pluie.                          produits de l'alimentation du bovin.
Les CTA retenus pour les calculs au niveau des différents lieux                       Transfert à l’homme
étudiés sont ceux obtenus avec les essais sur maquette qui sont les
plus pénalisants. Le hameau « les Hougues », situé à 650 m du point                   Pour l’homme, la ration alimentaire a été établie à partir de
de rejet dans la direction 60°, est le lieu qui présente le CTA le plus               l’enquête locale réalisée en 1998 par le CREDOC pour le compte de
élevé (3,55.10-6s/m3) et constitue donc le groupe de référence                        la COGEMA (2.8 TAB 16) et regroupe, sous une même
(2.8 TAB 15).                                                                         dénomination, l'ensemble des produits appartenant à une même
                                                                                      catégorie d'aliments. On suppose que les habitants consomment
Dépôt au sol                                                                          exclusivement les produits locaux.
Pour l'exposition externe due au dépôt au sol, le calcul ne prend pas                 La ration alimentaire retenue pour le nourrisson est de 255,5 L de lait
en compte les gaz rares, chimiquement inertes, qui ne se déposent                     de vache par an.
pas, ainsi que le tritium, présent sous forme d'eau tritiée, qui ne
s'accumule pas à la surface du sol et le carbone 14, émetteur d’un                    On tient compte de la décroissance radioactive liée au stockage des
rayonnement ionisant (β pur) à faible pouvoir de pénétration dans                     produits de l'alimentation de l’homme.
l’atmosphère.                                                                         • Transfert du tritium :
Une partie de l'activité de l'air est transférée au sol par dépôt, selon              Le transfert du tritium dans les produits végétaux et animaux est
des lois différentes en fonction du type de temps, sec ou pluvieux.                   traité séparément de la façon suivante : le tritium se retrouve dans
La terre fixe les radionucléides par sorption, l’eau de pluie les                     les différents compartiments où l’eau est présente en phase vapeur
entraîne par lessivage, l’équilibre entre les deux actions conduit à                  ou liquide.
une "accumulation-décroissance". Un coefficient d’"accumulation-                      A l’échelle annuelle, le tritium présent dans le végétal ne se cumule
décroissance" du radionucléide au cours du temps comptabilise                         pas, mais s’équilibre entre ces différents compartiments, et par
l’ensemble des apports compte tenu de la décroissance radioactive                     exemple se trouve être relié à l'humidité moyenne de l'atmosphère ;
et des pertes écologiques.                                                            l'hydrogène étant un constituant de la matière organique, le tritium
La vitesse de dépôt sur le sol nu est de 10-2 m/s pour les iodes6 et                  se retrouvera également dans celle-ci par suite de la synthèse
5.10-3 m/s pour les aérosols.                                                         chlorophyllienne.
Le taux de lavage du panache par la pluie est de 7.10-5 s-1 pour les                  La concentration dans un produit animal tient compte de
iodes et 3.10-4 s-1 pour les aérosols.                                                l’atmosphère tritiée inhalée par l’animal et de l’eau d’abreuvement
                                                                                      tritiée consommée par l’animal. On suppose un coefficient de
Le facteur de transfert entre l’atmosphère et l’eau de pluie est de                   fixation du tritium sur la matière organique des animaux de 0,5 et
0,12 m2/L pour les iodes et 0,5 m2/L pour les aérosols.                               une proportion d'eau dans le poids frais égale à 0,6 pour la viande
Transfert le long des chaînes alimentaires                                            et 0,88 pour le lait.
Les gaz rares ne sont pas considérés dans ces calculs car ils n'entrent               L'humidité atmosphérique relative et la température en moyenne
pas dans la chaîne alimentaire du fait qu'ils ne sont pas métabolisés                 annuelle sont respectivement de 82,9 % et 11,7 °C, l’humidité
par les végétaux.                                                                     atmosphérique absolue à saturation en moyenne annuelle est donc
                                                                                      de 10,25 g/m3 et l’humidité atmosphérique absolue en moyenne
• Transfert des halogènes et aérosols :
                                                                                      annuelle de 8,92 g/m3 (sous-chapitre 2.3 ).
Transfert dans les produits d’origine végétale
                                                                                      Le taux de lavage du panache par la pluie et le facteur de transfert
Le transfert dans le milieu végétal se fait par le dépôt sec des                      entre l'atmosphère et l'eau de pluie sont respectivement de
radionucléides sur le végétal, les apports de radionucléides par l’eau                2.10-4 s-1 exposant et de 0,2 m2/L pour le tritium.
de pluie et les apports dus à l’accumulation des radionucléides dans
                                                                                      La proportion d’eau contenue dans le poids frais du végétal est
le sol.
                                                                                      donnée par végétal dans les 2.8 TAB 16 et 2.8 TAB 17.
L’intervalle de temps entre deux jours de pluie est de 4 jours.
                                                                                      • Transfert du carbone 14
Le rendement cultural en poids frais est pris égal à 0,5 kg frais/m2
                                                                                      Le 14C sous forme de CO2 est incorporé à la matière organique des
pour tous les végétaux, ce facteur traduit la capacité de captation de
                                                                                      végétaux au cours de la photosynthèse. A l’équilibre, l’activité
la surface du végétal où se dépose le radionucléide.
                                                                                      spécifique du carbone végétal est égale à l’activité spécifique du
L’irrigation annuelle est fixée à 200 L/m2.an pour tous les végétaux.                 carbone atmosphérique.
La pluviométrie en moyenne annuelle est de 824,7 mm/an, et                            La forme organique CH4 ne participe pas à la photosynthèse et, par
l’évapotranspiration potentielle totale annuelle est de 663,9 mm/an                   suite, ne se transfère pas directement aux végétaux et aux animaux.
environ (sous-chapitre 2.3 ).                                                         Le méthane est oxydé progressivement dans l’atmosphère dans une
Pour l’homme, la ration alimentaire se compose de légumes feuilles,                   suite de réactions photochimiques, qui aboutissent à la formation de
légumes racines et légumes fruits. Pour les bovins, la ration se                      dioxyde de carbone qui ne peut être prise en compte à l’échelle
compose d’herbe et de foin.                                                           locale (réactions très lentes).

Transfert dans les produits d’origine animale                                         Par conséquent, pour les transferts par la chaîne alimentaire, les
                                                                                      calculs sont effectués en ne tenant compte que du 14C sous forme de
Les produits considérés dans la ration alimentaire de l’homme sont                    14
                                                                                         CO2 (forme minérale), soit 20 % du 14C total rejeté.
le lait et la viande de bouf.
                                                                                      La concentration en 14C dans les produits alimentaires est fonction de
Le transfert dans le milieu animal se fait par ingestion de végétaux                  la concentration atmosphérique moyenne du 14C sous forme
contaminés, abreuvement d’eau contaminée (eau de pluie lessivant                      minérale, de la fraction de carbone stable dans le produit et de la
le panache) et inhalation de radionucléides présents dans                             concentration atmosphérique en carbone stable fixée à 0,19 g/m3.
l’atmosphère.
                                                                                      La fraction de carbone stable dans les aliments est donnée dans le
                                                                                      2.8 TAB 19.


6
    L'iode est considérée sous forme moléculaire I2, ce qui est une hypothèse
    majorante



2.8                            Sommaire du chapitre                                                      Sommaire général
                                                                                194
b) Evaluation de la dose efficace annuelle                                                     En effet, la dose par inhalation des gaz rares est négligée : « Pour la
                                                                                               plupart des radionucléides du type gaz inerte, l’exposition interne
Les facteurs de dose, pour l’exposition externe au panache et au
                                                                                               résultant de gaz absorbés dans les tissus de l’organisme ou contenus
dépôt au sol, sont donnés dans le 2.8 TAB 20, ils sont extraits du
                                                                                               dans les poumons est négligeable si on la compare à l’exposition
Federal Guidance n°12. Le tritium et le carbone 14 ne sont pas
                                                                                               externe de la peau et des autres organes lorsqu’une personne est
concernés, l’exposition externe à ces deux radionucléides étant
                                                                                               immergée dans un gaz radioactif. » (extrait de l’arrêté du 1er
négligée.
                                                                                               septembre 2003 du J.O. de la République Française du 13 novembre
Les facteurs de dose efficace pour les voies d'exposition par                                  2003).
ingestion et par inhalation sont donnés dans le 2.8 TAB 21. Pour la
                                                                                               Le Code de la Santé Public (article R1333.8) fixe la limite de la dose
voie ingestion, les valeurs sont extraites de l’arrêté7 du 1er septembre
                                                                                               efficace annuelle totale à 1 mSv pour les personnes du public hors
2003, extrait du J.O. de la République Française du 13 novembre
                                                                                               dosimétrie médicale et radioactivité naturelle.
2003. Pour la voie inhalation, les valeurs sont également extraites de
l’arrêté du 1er septembre 2003.
Le type de clairance8 pulmonaire pris en compte est généralement                               2.2.          CONSEQUENCES RADIOLOGIQUES
celui recommandé par la CIPR 71 s'il existe, sinon la forme la plus                            Les résultats sont donnés aux 2.8 TAB 22 et 2.8 TAB 23.
pénalisante est considérée.                                                                    La dose efficace annuelle due aux rejets radioactifs gazeux
Le tritium est considéré sous forme d'eau tritiée et l'iode sous forme                         maximums de la tranche EPR, toutes voies d’exposition et tous
moléculaire.                                                                                   radionucléides confondus, est estimée pour l'adulte à environ
                                                                                               3 µSv/an au niveau du hameau « Les Hougues », ce qui représente
Pour l’exposition par inhalation, la totalité du 14C rejeté est prise en
                                                                                               environ 3/1 000ème de la limite fixée à 1 mSv par l’article R1333.8 du
compte, en supposant que 80 % sont rejetés sous forme organique
                                                                                               Code de la Santé Publique.
(CH4) et 20 % sous forme minérale (CO2 principalement).
                                                                                               Concernant le nourrisson, la dose efficace annuelle par ingestion et
Le volume d'air inhalé est pris égal à 8400 m3/an exposant pour
                                                                                               inhalation due aux rejets radioactifs gazeux maximums de la tranche
l'adulte, et à 1100 m3/an pour le nourrisson.
                                                                                               EPR, est estimée à moins de 6 µSv/an au niveau du hameau « Les
Les gaz rares n'entrent pas dans le calcul de l'exposition par inhalation.                     Hougues ».


    3.       CONCLUSION
Le groupe de référence pour la tranche EPR est constitué par les                               Concernant le nourrisson, la dose efficace annuelle totale, due
habitants du hameau « Les Hougues » qui pourraient cumuler l’effet                             uniquement aux rejets gazeux maximums de la tranche EPR compte
des expositions aux rejets gazeux et aux rejets liquides par une                               tenu des voies d’exposition, est estimée à moins de 6 µSv/an ce qui
consommation exclusive d’aliments produits localement ou pêchés                                reste encore bien inférieur à la limite de 1 mSv fixée par le Code de
au niveau des rejets et par des séjours réguliers sur les plages des                           la Santé Publique.
anses de Vauville et Sciotot.
                                                                                               On peut rappeler, de plus, que ces doses additionnelles sont à
Pour l’adulte habitant au hameau « Les Hougues », la dose efficace                             comparer à l’exposition à la radioactivité naturelle omniprésente, qui
annuelle totale due aux rejets radioactifs liquides et gazeux                                  est en moyenne annuelle de 2400 µSv/an en France, et dont les
maximums de la tranche EPR est estimée à environ 4 µSv/an, ce qui                              fluctuations d’une région à une autre peuvent faire varier cette
est bien inférieur à la limite fixée à 1 mSv9 par l’article R1333.8 du                         valeur du simple au double : « l'impact dosimétrique » de la tranche
Code de la Santé Publique.                                                                     EPR du site de Flamanville est ainsi sans commune mesure avec
                                                                                               l’exposition à la radioactivité naturelle.
Pour un adulte appartenant au groupe « pêcheur », la dose efficace
annuelle totale due aux rejets radioactifs liquides et gazeux
maximums de la tranche EPR est légèrement plus élevée mais du
même ordre de grandeur (6 µSv/an).




7
    Arrêté du 1er septembre 2003 définissant les modalités de calcul des doses                 9
                                                                                                   On rappelle que cette valeur limite de 1 mSV doit tenir compte également des
    efficaces et des doses équivalentes résultant de l'exposition des personnes aux
    rayonnements ionisants.                                                                        doses dues aux rejets radioactifs des autres installations nucléaires de la région
                                                                                                   (tranches 1-2, usine de la Hague, …). La comparaison directe de la dose due à la
8
    La clairance est le coefficient d'épuration correspondant à l'aptitude d'un tissu,             tranche EPR à la limite de 1 mSv n’est donc pas totalement justifiée mais elle
    d'un organe, à éliminer une substance.                                                         permet d’apprécier l’importance de l’impact.



                          Sommaire du chapitre                                                                  Sommaire général                                              2.8
                                                                                         195
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2.8 Tab 1 : Synoptique des voies d’exposition résultant des rejets liquides en mer

2.8 Tab 2 : Synoptique des voies d’exposition résultant des rejets gazeux dans l’atmosphère

2.8 Tab 3 : Radionucléides et activités rejetées pris en compte dans les calculs

2.8 Tab 4 : Ration alimentaire en produits de la mer de l’adulte

2.8 Tab 5 : Coefficients de partage eau/sable kdsab(l/kg)

2.8 Tab 6 : Facteurs de concentration des produits de la pèche (bq/kg par bq/l)

2.8 Tab 7 : Tritium, coefficient de fixation sur la matière organique (s.d) et teneur en eau des organismes marins
(kg d’eau/kg frais)

2.8 Tab 8 : Carbone 14, teneur en carbone dans les produits de la pèche (kg c/kg poids frais)

2.8 Tab 9 : Facteurs de dose efficace due a l’ingestion (sv/bq)

2.8 Tab 10 : Facteurs de dose efficace due a une exposition a un milieu solide d’épaisseur infinie (sv/h par bq/m3)

2.8 Tab 11 : Facteurs de dose efficace due a une exposition externe par immersion (sv/h par bq/m3)

2.8 Tab 12 : Dose efficace annuelle totale due aux rejets maximaux liquides de la tranche EPR, groupe de
référence

2.8 Tab 13 : Dose efficace annuelle totale due aux rejets de la tranche EPR, groupe “pécheurs”

2.8 Tab 14 : Radionucléides et activités rejetées pris en compte dans les calculs

2.8 Tab 15 : Caractéristiques des lieux retenus pour la tranche EPR13

2.8 Tab 16 : Ration alimentaire en produits de la terre (adulte/nourrisson)

2.8 Tab 17 : Ration alimentaire du bovin

2.8 Tab 18 : Facteurs de transfert au lait et à la viande (jour.kg-1 frais)

2.8 Tab 19 : Fraction de carbone stable dans le poids frais des aliments (kgc.kg-1 poids frais)

2.8 Tab 20 : Exposition externe : facteurs de dose efficace

2.8 Tab 21 : Exposition interne : facteurs de dose efficace

2.8 Tab 22 : Doses efficaces par voie d'exposition (sv/an), rejets gazeux maximaux de la tranche EPR

2.8 Tab 23 : Doses efficaces par voie d'exposition et par radionucléide (sv/an) – rejets gazeux de la tranche EPR

				
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posted:2/14/2013
language:Latin
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