Docstoc

H3. Sociétés et cultures urbaines _XIème-XIIIème s

Document Sample
H3. Sociétés et cultures urbaines _XIème-XIIIème s Powered By Docstoc
					H3. Sociétés et cultures urbaines
         (XIème-XIIIème s.)
  Pb : Dans un monde majoritairement
  rural, comment s’affirment les villes?
1. Entrée : Bruges, l’essor d’une ville médiévale
1.1. Un site aménagé (866-1128)
Le centre historique est la Place du bourg où se dressait l’ancien château du comte de Flandre qui y
réside dès 866. Bruges obtient une 1ère charte de privilèges (surtout fiscaux : exemptée de cens, la
redevance au seigneur, de péage…) en échange de sa fidélité au futur comte en 1128. Elle construit
alors canaux et remparts qui la protègent.
Doc 1 : Plan de Bruges en 1532

                                         Porte Ste Croix                           Porte de Gand

                                                                                                        Porte Ste Catherine




                                                                                                                Canal
                                                                                              ND
                                                                                                     Hôpital
                              Quartier des Potiers                   Hôtel de ville
                                                                                 Halles et
                                                                  Place du Bourg beffroi
          Porte de l’Ecluse                                                                    St Sauveur
                                                                             Grand Place
   Vers le port
                                                St Gilles




                                                                                                               Porte des Forgerons



                                                            Porte de l’Âne
    1.2. Une ville née du commerce (1128-1281)
    La ville se développe grâce au commerce du textile. Au Moyen-Âge, la mer remonte jusqu’à
    Bruges. Les draps sont donc exportés par voie maritime (la ville rejoint la Hanse qui regroupe les
    ports d’Europe du Nord en 1253 ; ce qui stimule le commerce)mais aussi par voie terrestre. La
    ville doit s’étendre du fait de l’essor de la population.

Doc 2 : Un visiteur italien décrit Bruges au XIIIème s.
Bruges a en effet de nombreux canaux sillonnés par des bateaux portant plein chargement de denrées alimentaires et
même de toutes autres marchandises (…) On y voit des rues pavées, larges, magnifiques, beaucoup de jardins et de parcs,
surtout du côté de la Porte Ste Croix, de la Porte de Gand et de la Porte de l’Ecluse. Tout est gracieusement arrangé : l’on
dirait le Paradis. (…) On fabrique à Bruges les meilleurs tissus de laine qui soient, de la toile très fine, des tissus de
plusieurs couleurs, des tapis et beaucoup d’autres marchandises (…) Il y a de grands édifices appelés Halles ; dans l’un
d’eux, on vend des pièces de laine en grande quantité. Au pied de cet édifice passe un canal sillonné de bateaux qui
transportent des poissons, de la chaux (…) Dans une autre halle, sont les boutiques des traficants et marchands ;
au- dessus, on vend de l’étoffe. Tous ces immeubles sont soigneusement entretenus et richement décorés ; les mots n’en
peuvent donner une idée.                                                                      Cité dans Documents d’Histoire générale, 1972
  1.3. Une ville autonome (1281-1302)
  En 1281, les riches marchands de la ville obtiennent une charte (confirmée en 1302) de leur
  seigneur qui leur octroie le droit de gouverner la cité. Le sceau et le beffroi sont les symboles de
  Cette autonomie nouvellement acquise.
Doc 3 : Sceau de la ville                                                                        Doc 5 : Le beffroi et la Halle




                                 Doc 4 : Charte communale de Bruges de 1281


                            " Art. 1 : Le comte nommera tous les ans à Bruges 13 échevins
                            (conseillers municipaux). Quand il prend possession du pays,
                            le comte doit jurer devant les échevins de conserver à la ville
                            ses coutumes et ses règlements.
                            Art. 26 : SI une personne quelconque est bannie de la ville, le
                            comte ne pourra pas mettre la main sur ses biens.
                            Art. 49 : Si le comte accuse les échevins d’avoir mal rendu la
                            justice, et que leur décision est confirmée par les échevins des
                            bonnes villes (Gand, Ypres, Lille, Douai), le comte leur doit
                            réparation du déshonneur.
                            Art. 65 : Les échevins et les conseillers ont le pouvoir d’établir
                            des assises –impôts- pour acquitter les dépenses et les dettes
                            de la ville.
                   2. Vivre en ville au Moyen Âge
Doc : Enluminure, Livre du chevalier errant, début XVe




2.1. Le cadre urbain
Il s’agit d’une scène de foire dans une ville idéale. Les 2 fonctions de la cité, habitat et commerce
sont associées. La place centrale, où trône un calvaire, et les voies sont pavées. En bas à droite,
une grande porte crénelée avec herse protège l’entrée de la ville. Les toits des habitations sont en
tuile ou en ardoise, matériaux ininflammables qui sécurisent les habitations. Les toits en chaume
sont d’ailleurs interdits dès le XIIIème. La lumière parvient par des oculi, des lucarnes dans le toit,
des fenêtres. Des gouttières canalisent l’eau de pluie.
http://classes.bnf.fr/ema/groplan/flashs/foire/flash.htm




2.2.Le commerce, moteur de l’essor urbain
Les foires stimulent l’essor urbain. Deux échoppes proposent des tissus qui sont le produit phare
de la foire puisque la draperie est la plus importante industrie du Moyen Âge. Les échoppes,
démontables, sont couvertes d’étoffes qui reposent sur des poteaux de bois ; ce qui leur permet
d’abriter les produits de la pluie comme du soleil. Des poules vivantes sont vendues au milieu de
la place. Des ustensiles de cuisine en argile pour les pauvres (pots marrons) et en métal pour les
riches (poêle, chaudron) sont vendus. Pour la viande que consomment les plus aisés, quelques
bœufs et porcs sont vendus. En haut à droite, on trouve une taverne (dont l’enseigne est un
anneau de feuilles). Elle est un lieu de vente comme l’échoppe puisqu’on y fait des affaires.
2.3 Une société urbaine hétérogène
Le vêtement, reflet du rang dans la société
A) Les paysans, un groupe social pauvre (3 personnages en bas à gauche et le porcher)
Ils portent une cotte courte. Or à la longueur de la robe, on reconnaît le statut social de celui qui
la porte. Leurs vêtements sont ternes puisqu’ils n’ont pas les moyens de payer les teintures.

B) Les groupes sociaux enrichis par le commerce
a) Les marchands
Ils sont riches car ils portent le chaperon enroulé sur leur tête et des robes aux teintures
éclatantes, signes de teintures coûteuses. Néanmoins, les vêtements du marchand d’ustensiles
sont de couleur moins éclatante pour marquer son infériorité par rapport à ses collègues : il vend
des produits de moindre coût par rapport aux marchands de draps.
b) Les bourgeois (le couple au milieu et l’acheteur)
Les bourgeois sont les habitants des bourgs. Ils portent des habits longs aux couleurs éclatantes,
sont vêtus chaudement et les oreilles couvertes. Leur tenue vestimentaire manifeste leur
richesse.

C) Les nobles, au sommet de la hiérarchie sociale
(le chevalier et son épouse, en bas à droite)
En tant que chevalier, il est le seul à porter l’épée. Il a une ceinture à clous dorés. Son chaperon,
arrangé soigneusement sur sa tête, est rouge écarlate.
3. La ville, un carrefour culturel : l’exemple de Tolède
3.1. Un carrefour religieux




                              Trois religions coexistent à Tolède au XIIème :
                              chrétienne, juive et musulmane. Le plan de la
                              ville témoigne de ce mélange des cultures
                              Puisqu’on trouve dans un périmètre réduit au
                              cœur de la ville, églises, synagogues et mosquées.
                        3.2. Un carrefour intellectuel




Au XIIème s., Tolède est un lieu de contact entre intellectuels musulmans et chrétiens. Ces
derniers se rendent à Tolède pour étudier les ouvrages en arabe qu’ils ont amenés à
Tolède. En effet, les musulmans ont alors une avance sur les chrétiens en terme
scientifique.
                        3.3. Un carrefour artistique

   Mosquée Cristo de la Luz de Tolède           Synagogue Santa Maria Blanca de Tolède




L’art témoigne du mélange des cultures permis par une ville médiévale comme Tolède.
Ainsi, des décors caractéristiques de l’art musulman orne une synagogue de
Tolède et une mosquée tolédane ont une architecture et un nom chrétien.

				
DOCUMENT INFO
Shared By:
Categories:
Tags:
Stats:
views:54
posted:1/31/2013
language:French
pages:10