norme de l'allemand
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- 11/17/2012
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Odile Schneider-Mizony
La norme de l'allemand vue par les historiolinguistes /
L'historiolinguistique face à la norme de l'allemand :
3 approches théoriques
Il ne s'agira pas de raconter comment l'allemand s'est standardisé depuis (grosso modo) Luther, ce
qui serait adhérer à un point de vue selon lequel de grands hommes, des corporations (typographes,
grammairiens) aident l'allemand à se créer une variété supra-régionale, qui se dégagerait de la
gangue des variétés régionales de l'allemand. Cette conception est plus ou moins celle des
historiolinguistes structuralistes qui considèrent que le système de la langue, en filigrane dans toutes
les variétés germanophones, se civilise, s'affine et progresse. Dans cette conception positiviste
largement partagée jusque dans les années 60, la norme est une forme d'émanation du système de
l'allemand, les divergences entre système et norme s'expliquant par les imperfections des sociétés
humaines, que le linguiste décèle et critique.
Depuis la fin des années 60, des théories plus politisées voient l'établissement de la norme
comme une lutte entre des pouvoirs, un rapport de force entre ces variétés régionales qu'étaient par
ex. la variété de la chancellerie saxonne ou celle de Prague. Ce sont alors des influences externes
qui établissent la norme, que ce soit au XVII° (Josten) ou à des époques plus récentes, pour
lesquelles ce sont des pouvoirs politiques (Prusse pour le XIX°, Allemagne fédérale pour l'après
1945) qui imposent leur variété langagière comme celle de la norme. Là aussi, la langue est normée
par des forces, externes à présent, dans lesquelles les politiques linguistiques jouent un grand rôle.
Le troisième paradigme explicatif de la normation de l'allemand est déclenché par l'article de
Reichmann de 1990, qui propose que ce soient les locuteurs eux-mêmes qui "verticalisent" la
langue par souci de prestige. Ce dernier paradigme part du principe que la langue n'agit pas toute
seule, ni n'est agie, mais que les locuteurs agissent en langue en direction de la normation de la
langue nationale (mouvement du XVII° au XIX°), voire en s'éloignant à nouveau des normes de
l'époque précédente (pour l'après 1945, Mattheier 2000). Ce dernier positionnement théorique de
l'historiolinguistique a l'avantage d'expliquer la convergence avec des phénomènes culturels (la
"Leitkultur"), d'expliquer les phénomènes de déstandardisation en allemand contemporain,
d'intégrer le concept de surnorme ; mais il a l'inconvénient de ne pas proposer de position claire
pour les points forts des deux théories précédentes : le système & la vie institutionnelle de la langue
Bibliographie :
* DAVIES, Winifred V. & LANGER, Nils (2006) The Making of Bad Language. Lay Linguistic Stigmatisations in
German Past and Present. Peter Lang Frankfurt.
* DEUMERT, Ana & VANDENBUSSCHE, Wim, eds. (2003) Germanic Standardizations. Pass to Present. John
Benjamins Amsterdam Philadelphia.
* KELLER, Rudi (1990) Sprachwandel. Von der unsichtbaren Hand in der Sprache. Francke Verlag Tübingen.
* JOSTEN, Dirk (1976) Sprachvorbild und Sprachnorm im Urteil des 16. und 17. Jh. Peter Lang Frankfurt.
* MATTHEIER, Klaus J. (2000) "Die Durchsetzung der deutschen Hochsprache im 19. und beginnenden 20.
Jahrhundert: sprachgeographisch, sprachsoziologisch" in BESCH, Werner / BETTEN, Anne / REICHMANN, Oskar /
SONDEREGGER, Stephan Sprachgeschichte. Ein Handbuch zur Geschichte der deutschen Sprache und ihrer
Erforschung. HSK 2/2, De Gruyter Berlin New York, 1951-1966.
* REICHMANN, Oskar (1990) "Sprache ohne Leitvarietät vs. Sprache mit Leitvarietät: ein Schlüssel für die
nachmittelalterliche Geschichte des Deutschen" in BESCH, Werner (Hg.) Deutsche Sprachgeschichte. Grundlagen,
Methoden, Perspektiven. Peter Lang Frankfurt, 151-190.
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