PROGRAMME DE D�VELOPPEMENT INSTITUTIONNEL by bW45PF7c

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									    Alternative
    Ouvrir les portes de l’avenir…
       Siège : Quartier Poudrière
          Boîte postale : 10 948
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          Niamey - Niger




Rapport d’activités
   2001-2002



     Décembre 2002
                                              TABLE DES MATIÈRES

                                                                                                                                Page


I.     PRESENTATION DE L’ORGANISATION .................................................................. 3


II.    INTRODUCTION ............................................................................................................. 4


III.   MOBILISATIONS SOCIALES ...................................................................................... 5


IV.    CHANGEMENTS ORGANISATIONNELS

4.1    Renforcement de la structure organisationnelle ............................................................ 9
4.2    Renforcement de la base de représentation sociale ...................................................... 11
4.3    Positionnement au sein de la société civile .................................................................. 13

V.     COMMUNICATION
5.1    Communication en langues nationales .......................................................................... 16
5.2    Projet radio communautaire, une radio pour les femmes et les jeunes ..................... 17

VI.    ACCES AUX TICS……………………………………………………………………..18

VII.   CONCLUSION ET PERSPECTIVES ......................................................................... 20
I/ PRESENTATION DE L’ORGANISATION
Le Groupe Alternative est une coopérative médiatique et culturelle créée en septembre 1994, à l’initiative
d’un groupe d’intellectuels Nigériens, dans le but de contribuer à l’approfondissement du processus de
démocratisation au Niger. A sa création, la coopérative comptait une vingtaine de membres, dont la
plupart sont des jeunes ayant fait leurs premières armes au sein du mouvement estudiantin, en tant que
responsables à différents niveaux des structures de l'Union des Scolaires Nigériens (USN).
Les activités de la coopérative ont démarré avec le lancement d'un journal hebdomadaire dénommé
Alternative. Tiré à 3000 exemplaires et distribué sur l'ensemble du territoire nigérien, ce journal est
actuellement l'un des plus importants du pays, tant du point de vue du nombre de personnes qui le lisent
que de la qualité des informations et des analyses qu'il véhicule.

. Mission générale. La mission du Groupe Alternative, telle que redéfinie en l’an 2000, est d’œuvrer à
l’avènement d’une société fondée sur l’égalité des droits humains et des sexes, soucieuse de la
préservation de l’environnement et de la promotion de la jeunesse, et valorisant la solidarité entre les
peuples.

. Objectifs. Les objectifs de Alternative sont les suivants :
       - contribuer à la protection et à l’élargissement des espaces de citoyenneté ;
       - oeuvrer à l’éveil citoyen et au renforcement de la culture démocratique des populations ;
       - promouvoir les libertés civiles et politiques, et en particulier la liberté d’expression et d’opinion ;
       - contribuer à la jouissance par les citoyens des droits humains fondamentaux ;
       - lutter contre toute forme de discrimination en général, et à l’endroit de la femme en particulier ;
       - contribuer à l’épanouissement intellectuel des jeunes ;
       - favoriser la solidarité entre les peuples en Afrique et dans le reste du monde;
       - susciter la prise de conscience des populations sur les questions environnementales.

. Principes directeurs. Dans toutes ses activités et dans son fonctionnement, Alternative se fonde sur les
principes suivants :
    - rejet de tout particularisme ethnique, régional, religieux, et de toute forme de sectarisme politique et
idéologique ;
    - indépendance et refus de toute aliénation de ses objectifs ;
    - engagement constant aux côtés des groupes sociaux vulnérables et défavorisés ;
    - soutien à toute action concourant à la préservation du service public ;
    - ouverture à toutes les personnes physiques et morales poursuivant les mêmes objectifs, dans un esprit
de partenariat.

. Fonctionnement. Le Groupe est dirigé par un directeur, assisté d'un Comité de gestion composé de cinq
(5) membres. Au dessus du Comité de gestion, se trouve le Conseil d'Administration qui a pour rôles :
l'appréciation du bilan de l'exercice passé, l'élection des responsables aux différentes fonctions,
l'élaboration du budget général et du programme d'actions.
Sous la responsabilité du directeur, le Comité de gestion est chargé de mettre en œuvre les grandes lignes
arrêtées par le Conseil d’administration, en même temps qu'il doit s'occuper de la gestion quotidienne. Les
responsables à tous les niveaux sont élus et doivent rendre compte de leur gestion devant les instances.
II/ INTRODUCTION
Le contexte général de l’année 2001 a été marqué par la tenue du 1er Forum Social Mondial à Porto
Alegre au Brésil. Ce grand rassemblement, qui a inauguré le nouveau millénaire, est une suite des
mobilisations gigantesques de Seattle contre la mondialisation néo-libérale. Il a regroupé des
milliers de participants, issus des mouvements sociaux, des ONGs, églises, syndicats de travailleurs,
etc. partageant des valeurs de solidarité dans un monde dominé par la logique du profit. Le Groupe
Alternative y a pris part, grâce à l’appui de son principal partenaire, Alternatives Canada.
Le Forum Social Mondial a été l’occasion pour Alternative de nouer des liens de partenariat avec
d’autres organisations de part le monde, de mieux comprendre la dynamique propre aux
mouvements alter-mondialistes, de parfaire sa compréhension du phénomène même de la
mondialisation, et finalement d’articuler son combat à ceux menés par d’autres, dans d’autres
contrées, sur le même thème. Ce qui fait que le forum social mondial est un cadre important pour
Alternative.
Au plan national, depuis le début de l’année 2001, la situation politique nationale est restée
globalement favorable à la vie associative et à la continuité des activités du Groupe Alternative ; car,
après plusieurs années d’instabilité politique, caractérisées par des coups d’état militaires, le pays a
renoué avec une vie constitutionnelle normale. Les institutions républicaines, installées au
lendemain des élections de l’an 2000, fonctionnent normalement ; même si les velléités de retour en
arrière sont encore persistantes chez les nouvelles autorités en place, qui se sont souvent illustrées
par leur propension à violer certaines dispositions de la Constitution adoptée par le peuple nigérien ;
cette même Constitution qui constitue pourtant le fondement de leur légitimité au pouvoir. Le
respect des principes et règles de l’Etat de droit n’est pas encore dans les mœurs des gouvernants ; et
les cas de violation manifeste des droits et libertés civils sont encore légion dans la gestion des
affaires publiques.
En outre, il importe de relever que la situation sociale d’ensemble, depuis le retour à la normalité
républicaine, est des plus difficiles. Durant l’année 2001, la famine a sévi dans de nombreux villages
de l’intérieur du pays, du fait du déficit alimentaire enregistré l’année précédente. Face à cette
situation alimentaire difficile, les autorités en place ont lancé une opération dénommée vente de
vivres à prix modérés ; mais, il s’est avéré très vite que cette opération n’a aucun caractère
humanitaire, étant donné qu’elle ne profite qu’aux commerçants spéculateurs.
Sur le plan de l’éducation, l’université de Niamey a été secouée par une crise née des affrontements
entre étudiants et forces de l’ordre sur le campus. A ce jour, cette crise perdure toujours : les
dirigeants du mouvement estudiantin, arrêtés dans le cadre de ces événements, continuent toujours
de croupir en prison ; les problèmes académiques et sociaux posés par les étudiants n’ont pas encore
trouvé de solution ; le gouvernement maintient toujours son projet de réduction de l’enveloppe des
bourses et de privatisation des œuvres universitaires.
Le collectif des organisations de la société civile, qui s’était constitué spontanément pour soutenir la
lutte des étudiants de l’Université Abdou Moumouni, s’est transformé en une structure formelle
dénommée Coordination Démocratique de la Société Civile Nigérienne (CDSCN). Le Groupe
Alternative est membre de cette coordination qui regroupe en son sein les principaux syndicats des
travailleurs, les principales organisations de défense des droits de la personne, les organisations
féminines et ONG. L’objectif majeur de cette coalition est de défendre les acquis démocratiques, et
combattre les effets néfastes de la mondialisation néo-libérale. A l’heure actuelle, la CDSCN se
positionne comme une des principales forces sociales du pays.
Durant l’année 2001, le climat politique a été marqué par la propension du pouvoir en place à
réduire l'influence des organisations de la société civile dans la vie publique. Le gouvernement en
place a, en effet, pris des mesures visant à revoir à la baisse la représentation de la société civile au
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                            Page 4
sein des structures telles que la Commission nationale des droits de l'homme et des libertés
fondamentales, le Conseil supérieur de la communication, etc. Dans le cas de chacune de ces deux
institutions constitutionnelles, censées rester totalement indépendantes du pouvoir exécutif, le
nombre de représentants de la société civile a été réduit. Parallèlement à ces mesures, le pouvoir en
place s'est illustré par des attaques contre la liberté de la presse, à travers notamment la loi des
finances pour l'exercice budgétaire 2002, qui a supprimé le régime fiscal de faveur institué par le
régime militaire du Commandant Wanké au profit des journaux et radios indépendants.
Avec ce régime fiscal de faveur, les organes de presse étaient assujettis au régime de la patente
synthétique, qui s'élève à 160 000Fcfa pour les journaux, et 200 000Fcfa pour les radios. La
nouvelle mesure instituée par le gouvernement en place, dans le cadre de la loi de finances 2002,
consiste à soumettre les entreprises de presse au régime du réel appelé aussi le régime du droit
commun. Ce qui suppose une augmentation de leurs charges fiscales, dans un environnement plutôt
difficile caractérisé par l’étroitesse du lectorat et la rareté des annonces publicitaires. Cette mesure,
qui a suscité en son temps une levée de boucliers au sein de l'opinion publique, à la suite de la grève
d'une semaine observée par tous les médias indépendants, continue d’avoir cours.
Au cours de l’année 2002, les faits saillants sont indéniablement l’augmentation des prix du mètre
cube (m3) d’eau potable, des produits alimentaires (mil, maïs, sorgho, notamment), et des
hydrocarbures. Cette inflation galopante est le résultat de la politique de libéralisation totale dans
laquelle s’est engagé le gouvernement en place, sous les auspices des institutions financières
internationales notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. A cela
s’ajoutent également la recrudescence de certaines maladies comme la méningite, l’apparition de
foyers de déficit alimentaire et l’embrasement du front social avec des mouvements de grève et de
revendication des travailleurs et des volontaires de l’éducation nationale. La Coordination
Démocratique de la Société Civile Nigérienne (CDSCN) a dénoncé la dégradation des conditions de
vie des populations nigériennes, consécutive à la mise en œuvre des politiques d’ajustement
structurel. Elle a décidé d’organiser des manifestations publiques pour attirer l’attention du
gouvernement sur les conséquences de ces politiques pour les couches défavorisées.

III/ MOBILISATIONS SOCIALES
Durant l’année 2001, le Groupe Alternative a pris part à des nombreuses actions de mobilisation
sociale, tant au Niger qu’à l’extérieur du pays. La mobilisation sociale la plus importante à laquelle
Alternative a pris part est incontestablement celle qui a fait suite à la décision du gouvernement
nigérien de fermer le campus universitaire de Niamey. A cette occasion, le Groupe Alternative a
travaillé à la naissance d’un collectif des organisations de la société civile pour contester la politique
menée par l’Etat nigérien, depuis plusieurs décennies, dans le domaine de l’éducation. Cette
politique est dictée par les institutions de Bretton Woods, notamment la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international, à travers leur programme sectoriel de développement de l’éducation.
Au terme de ce programme, l’Etat nigérien doit réduire ses investissements dans le secteur de
l’éducation au profit du secteur privé.
Les manifestations organisées par le collectif des organisations de la société civile relativement à
cette question universitaire ont drainé des milliers des Nigériens de tous âges ; mais, on peut noter
que les jeunes et les femmes ont été particulièrement présents au cours de ces manifestations. Le
gouvernement a été contraint de revenir sur certaines des mesures qu’il a envisagé ; mais, le résultat
le plus probant est que les populations ont pris conscience des enjeux liés aux mesures d’ajustement
dans le secteur de l’éducation, où l’Etat nigérien ne cesse de réduire ses dépenses et d’imposer aux
parents la politique dite de partage des coûts.

RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                             Page 5
En effet, l’Etat nigérien applique depuis plusieurs années les directives des institutions de Bretton
Woods consistant à contenir la croissance des dépenses publiques d'éducation, afin de tenir compte
des effets de la crise financière que traverse l'Etat. Ces directives se fondent sur une politique de
réduction des coûts à tous les niveaux et de recentrage des efforts au profit de l'enseignement
primaire. Pour employer les bels euphémismes des experts de la Banque mondiale, il faut retenir que
les mesures préconisées dans le cadre du programme sectoriel de réforme visent, par exemple, «à
promouvoir une utilisation rationnelle des ressources publiques allouées à l'éducation» ; c'est-à-dire
que ces mesures doivent permettre de réaliser des économies budgétaires, susceptibles de contribuer
à l'atteinte de l'objectif d'élargissement de l'accès à l'éducation de base. La vérité elle, est vraiment
cruelle : il s’agit de réduire les dépenses d’éducation, pour mieux assurer le service de la dette
extérieure.

Du point de vue des activités de concertation, l’année 2002 a été marquée par la tenue au mois
d’avril du premier Forum Citoyen Nigérien, organisé par le Groupe Alternative, en collaboration
avec la Coordination Démocratique de la Société Civile Nigérienne (CDSCN), Alternatives Canada
et Solidarité Canada Sahel (SCS). Ce Forum a regroupé près de 150 participants, issus des
organisations les plus représentatives de la Société civile nigérienne, notamment les syndicats des
travailleurs, les ONGs, les associations de défense des droits de l’homme, les organisations
féminines et estudiantines. Il a été l’occasion pour le Groupe Alternative et ses partenaires de la
société civile nigérienne d’établir une plate-forme et un agenda de mobilisations populaires contre
les effets pervers de la mondialisation néo-libérale. En outre, ce Forum a permis à la société civile
nigérienne de préparer le Forum de Ouagadougou organisée par Solidarité Canada Sahel. Les
participants au Forum Citoyen Nigérien se sont engagés également à préparer le prochain Forum
Social Mondial de Porto Alegre, par la tenue d’un Forum Social Nigérien, ou à tout le moins d’une
rencontre préparatoire.
Pendant deux (2) jours, ce Forum a regroupé l’ensemble des forces sociales (Syndicats de
travailleurs, Associations de défense des droits humains, Organisations non gouvernementales,
Organisations féminines, etc.) engagées dans la recherche d’une alternative à la mondialisation néo-
libérale, et notamment aux politiques d’ajustement structurel imposées par le Fonds monétaire
international (FMI) et la Banque mondiale. A travers une série de six (6) ateliers thématiques, ces
organisations ont tout d’abord posé un diagnostic (le plus complet possible) des politiques
d’ajustement, notamment du point de vue de leurs conséquences néfastes sur les secteurs de la santé,
de l’éducation ; ensuite, formulé des alternatives novatrices aux politiques d’ajustement structurel,
et exploré les voies et moyens permettant de constituer de larges coalitions nationales et régionales
susceptibles de transformer les différentes formes de résistances populaires à ces politiques en une
riposte contre le néolibéralisme triomphant ; et enfin, fait le point de leurs combats antérieurs et
identifié les obstacles et entraves à une articulation dynamique entre les mouvements sociaux et les
organisations politiques engagées dans la recherche d’une alternative au néolibéralisme.
Les objectifs assignés à ce Forum citoyen ont été largement atteints ; car, il a permis aux participants
de mieux saisir les contours du concept de la mondialisation néo-libérale et ses différentes
manifestations ; de connaître le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NPDA) et
mieux saisir ses enjeux dans le contexte de la mondialisation ; de discuter autour des conséquences
sociales des politiques d’ajustement structurel à l’œuvre au Niger depuis deux décennies ; de
réfléchir aux alternatives novatrices aux politiques d’ajustement structurel et explorer les voies et
moyens permettant à la société civile de se constituer en un pôle de mobilisation citoyenne et de
proposition alternative ; de faire le point du parcours démocratique du pays et explorer les voies et
moyens de relever les défis que sont la promotion des droits humains, l’émancipation des femmes,
l’accès à l’information et l’instauration d’un contrôle citoyen dans tous les secteurs de la vie
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 6
publique ; de saisir toute l’importance des questions environnementales et être mieux informés des
initiatives nationales et internationales (PNEDD, RIODD, Kyoto, …etc.) relatives à la protection de
l'environnement et à la lutte contre la désertification ; et de mieux comprendre leurs rôles d’acteurs
en matière d'éducation à la citoyenneté, de mobilisation autour des préoccupations de l’heure, de
contre-pouvoirs, etc.
Au lendemain du Forum Citoyen Nigérien, les organisations de la société civile ont organisé à
Niamey une manifestation publique à l’effet de protester contre l’augmentation des tarifs de l’eau
potable décidée par le gouvernement nigérien au mois de mars 2002, sous l’impulsion des
institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale. Cette augmentation des
tarifs de l’eau potable est la suite logique de la privatisation de la Société Nigérienne des Eaux
(SNE) un an auparavant ; elle est venue aggraver les inégalités en matière d’accès à cette ressource
indispensable que les multinationales s’acharnent à transformer en un bien économique. Avec la
nouvelle politique tarifaire décidée par le gouvernement, le prix du mètre cube d’eau potable est
monté de 207 à 234fcfa pour la tranche de 16 à 40m3, de 312 à 353fcfa pour celle comprise entre 41
et 75m3, et de 349 à 395fcfa pour la tranche supérieure à 75m3 ; ce qui correspond à une hausse de
13% par rapport aux tarifs en vigueur depuis décembre 1999.
La tranche sociale de 0 à 15m3, qui concerne les bornes fontaines et les ménages les plus démunis, a
connu une hausse de 5%, passant de 115 à 121fcfa. Pour l’administration, le prix est passé de 283 à
314fcfa, et pour l’industrie et le commerce, il est monté de 289 à 320fcfa ; ce qui correspond, pour
ces gros clients, à une hausse de 11% par rapport au prix de 1999. Ces nouveaux tarifs, fixés lors du
conseil des ministres du 6 mars 2002, sont entrés en vigueur le 1er avril de la même année. Au grand
dam des ménages nigériens dont les revenus continuent de chuter, sous l’effet des politiques
d’ajustement structurel qui entraînent une généralisation incroyable de la pauvreté. C’est le lieu de
rappeler que 63% des Nigériens vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec un revenu journalier de
1$ US.
En dépit des professions de foi des autorités nigériennes, les organisations de la société civile
nigérienne considèrent que cette hausse des tarifs s’inscrit parfaitement dans la logique chère à la
Banque mondiale, qui veut que l’eau soit définie comme un bien économique, dont l’accès doit être
considéré comme un «besoin humain de base» plutôt que comme un «droit humain et social de
base». La Banque mondiale soutient, depuis plusieurs années, que «la fixation d’un prix de marché
au coût total des prestations fournies permet d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande, et de
limiter les conflits autour de l’eau» ; elle considère que «la privatisation est la seule solution pour
réduire les gaspillages et lutter efficacement contre la pénurie et l’augmentation rapide du prix de
l’eau». C’est partant de ces considérations, dont la fausseté peut être étayée par des faits plausibles,
que la Banque mondiale est parvenue à confier à Vivendi Water la gestion de l’eau au Niger.


IV/ CHANGEMENTS ORGANISATIONNELS
Depuis le début de l’année 2001, des changements très significatifs sont intervenus au sein du
Groupe Alternative, tant au point de vue de son fonctionnement interne que de son positionnement
au sein de la société civile nigérienne. Ces changements ont concerné tous les aspects de la vie de
l’organisation, et se sont matérialisés par l’introduction d’un manuel de normes et procédures de
gestion, le recrutement d’une comptable, la création d’une unité de production audiovisuelle, le
renforcement des capacités du personnel en informatique, en gestion de projets, en élaboration du
budget, en genre et développement, en environnement, en gestion du changement planifié, en
planification des activités et en gestion axée sur les résultats.

RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 7
Au point de vue du climat du travail, on peut noter que le personnel du Groupe Alternative est dans
un état d'esprit particulièrement intéressant, caractérisé par un enthousiasme et un dynamisme, qui
rappellent, à bien des égards, l'ambiance des premières années de sa création. Pour l'essentiel, les
changements introduits durant l’année 2001 sont ressentis par l'ensemble du personnel comme des
points positifs, et tout le monde réalise que l'organisation se trouve aujourd'hui à un tournant décisif
de son évolution, avec notamment la mise en place de l'Association Alternative Espaces citoyens
qui, de l'avis de nombreux membres, permettra au Groupe de jouer un rôle encore plus accru en
matière de sensibilisation du public sur les effets pervers de la mondialisation néo-libérale.
Toujours au plan interne, il faut souligner que l'arrivée au sein de l'organisation d'un groupe de
jeunes, constitué en majorité de femmes, suscite déjà des changements positifs ; car, cela constitue
non seulement un progrès important dans la prise en compte de l'approche GED, mais aussi une
opportunité pour l'organisation de développer d'autres types d'activités en direction des jeunes et des
femmes. Le progrès se mesure ici par le fait que l'organisation dispose désormais d'une masse
critique de jeunes et de femmes particulièrement engagés, sur lesquels elle peut s'appuyer pour
élargir son champs d'activités, voire faire des grands pas en avant et devenir un exemple typique
d’une organisation au sein de laquelle les groupes sociaux jadis marginalisés- les femmes et les
jeunes- jouent un rôle accru d'acteurs de changement, dans un esprit d'égalité et de camaraderie.
Du point de vue de son positionnement, le Groupe Alternative joue un rôle de plus en plus accru au
sein de la société civile nigérienne : il est actuellement le point focal de la Coordination
Démocratique de la Société Civile Nigérienne (CDSCN), dont le siège provisoire est établi dans les
locaux du Groupe. A travers cette structure de concertation, le Groupe Alternative estime pouvoir
accroître sa capacité à influencer les politiques mises en œuvre par les pouvoirs publics, et sa
capacité à mobiliser les segments les plus importants de la société autour des questions cruciales de
l’heure.
Dans cette optique, il apparaît de plus en plus évident que l’édition des deux suppléments mensuels
(Espaces Jeunes et Espaces Femmes) constitue un ressort puissant pour le renforcement de la
capacité d’intervention du Groupe Alternative autour des deux thèmes majeurs de son intervention, à
savoir la problématique Genre et développement et la lutte contre la désertification. Ces deux
suppléments sont à la fois des outils importants de plaidoyer en faveur de la promotion des droits de
la femme et de la préservation de l’environnement, et des points de jonction entre des organisations
de la société civile engagées sur les mêmes questions.
A ce sujet, il importe de souligner que le Groupe Alternative est désormais perçu par un nombre
important d’organisations comme un partenaire et un allié stratégique dans le cadre des activités
qu’elles mènent. Le Groupe est sollicité par ces organisations pour offrir des appuis dans des
domaines où ses compétences sont reconnues. C’est ainsi que le Groupe Alternative a été amené à
réaliser des documentaires de plaidoyer, des travaux d’édition de journaux et de confection de sites
Internet pour le compte des associations, syndicats et ONG. Le Groupe Alternative œuvre également
au renforcement des capacités de certaines organisations de la société civile à travers des activités de
formation et de sensibilisation formelles ou informelles. On peut citer à titre d’exemple, l’atelier sur
le document du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NPDA), organisé le 21
février 2002 à l’intention d’une cinquantaine de responsables de syndicats, d’associations et d’ONG.
Cependant, en dépit des résultats positifs enregistrés au cours des deux dernières années, il importe
de noter que la croissance relativement rapide du Groupe Alternative pose des nouveaux problèmes,
notamment quant à la capacité du personnel à faire face aux nouveaux défis, c'est-à-dire assumer les
nouvelles tâches induites par l'élargissement du champs d'activités de l'organisation. A ce sujet, une
réflexion a été engagée pour, d'une part, définir un cahier de charges assez précis pour chaque
membre de l'équipe de travail, et d'autre part, explorer les voies et moyens de constituer des groupes
de travail bénévoles pour alléger les charges de l'équipe permanente. Des propositions sont à l'étude
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                            Page 8
également en ce qui concerne l'utilisation efficace du personnel de la rédaction du journal
Alternative, dans la perspective de la création de la radio Alternative, dont le dossier a été élaboré
lors de l'atelier sur la formation en gestion de projets.

4.1. Renforcement de la structure organisationnelle

A la fin de l’année 2000, le Groupe Alternative a entamé la mise en oeuvre d’un programme de
développement institutionnel (PDI), financé par l’Agence canadienne de développement
international (ACDI), à travers Solidarité Canada Sahel (SCS). Dans le cadre de ce programme, dont
l’exécution est assurée conjointement avec Alternatives Canada, le Groupe Alternative a réalisé pour
la première fois un diagnostic organisationnel, un audit de sa gestion financière et un exercice de
planification stratégique, qui ont permis d’identifier les forces et les faiblesses de l’organisation,
ainsi que les moyens de parvenir à un développement efficace. Ces trois (3) activités ont été
réalisées par des Consultants indépendants.
Ainsi, le diagnostic organisationnel a fait ressortir que le développement stratégique du Groupe
Alternative butte contre plusieurs obstacles, notamment l'absence d'un document d'orientations
stratégiques et d'un manuel de normes et procédures de gestion, les dysfonctionnements
organisationnels (mauvais fonctionnement des organes et instances), et la méconnaissance des outils
et mécanismes de planification et de gestion budgétaire. Le diagnostic a établi que le volontarisme
des responsables et des membres ne saurait suffire pour affronter les lacunes et insuffisances
récurrentes constatées, et qu’il faut engager des actions urgentes de renforcement de capacités
organisationnelles, afin de permettre au Groupe d'être plus efficace dans l'exécution de sa mission.
En conclusion de ce diagnostic organisationnel, il est ressorti que le Groupe Alternative peut asseoir
son développement stratégique sur un certain nombre d'atouts, qui en font une des organisations les
plus dynamiques de la société civile nigérienne. Il s'agit d'abord de ses valeurs et principes
organisationnels, fondés sur la démocratie interne, l'égalité et la solidarité entre ses membres ;
ensuite, la jeunesse, le niveau intellectuel et l'engagement de son personnel ; et enfin, la crédibilité
dont il jouit auprès du public nigérien, du fait de ses prises de position en faveur de la démocratie,
qui lui ont souvent valu des représailles de la part des pouvoirs publics. S'ajoute à cela, la capacité
du Groupe à diversifier ses activités, dans la perspective d'un renforcement de son autonomie
financière.
Sur la base de ce travail, la planification stratégique a été l’occasion pour les membres du Groupe
Alternative d’identifier les bases à partir desquelles renforcer la structure organisationnelle, la base
de représentation sociale et les capacités d’intervention de l’organisation. Cette activité a débouché
sur l’élaboration d’un plan d’action sur trois (3) ans, que les organes de direction d’Alternative
s’efforcent, à l’heure actuelle, de traduire en terme de projets opérationnels ; mais au vu de
l’ampleur des activités inscrites dans le cadre de ce plan d’action, le Conseil d’administration a jugé
que la structure actuelle et le statut de coopérative du Groupe Alternative ne lui permettent pas de le
mettre en œuvre de manière satisfaisante. C’est partant, entre autres, de ce constat que l’association
Alternative Espaces Citoyens a été créée au mois de septembre 2001.
Quant à l’audit de la gestion, il a révélé des anomalies et des insuffisances, relevant à la fois de
manquement aux principes comptables et aux textes en vigueur, dans la tenue de la comptabilité du
Groupe Alternative . Ces anomalies et insuffisances se caractérisent par l’absence de contrôle
adéquat garantissant une fiabilité de l’enregistrement exhaustif des opérations, et l’inexistence des
livres légaux et non établissement de situations intermédiaires ou de fin de période. L’audit a révélé
qu’en l’absence d’un manuel de procédures et d'une organisation comptable crédible, il est difficile
d’établir des états financiers réguliers et sincères, et donnant une image fidèle du patrimoine, de la
situation financière et des résultats des opérations des exercices 1998 et 1999.
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 9
Partant de ces constats dégagés à l’issue de ces trois (3) activités, les organes de direction du Groupe
Alternative ont décidé de prendre des mesures ardues pour inverser les tendances négatives et
améliorer le fonctionnement des organes, la gestion administrative et financière et renforcer les
capacités des membres dans tous les domaines où des insuffisances ont été relevées. Les organes de
direction ont accueilli favorablement les résultats du diagnostic organisationnel, de l’audit de la
gestion et de la planification stratégique ; mieux, ils ont estimé que le tableau peu reluisant brossé
par les Consultants constitue un défi urgent à relever. C’est pourquoi, dans le cadre du Programme
de développement institutionnel (PDI), il a été prévu plusieurs activités de formation et des mesures
visant à renforcer la structure organisationnelle du Groupe. Il s’agit principalement des ateliers sur le
fonctionnement des organes, les techniques d’élaboration de budget, la planification des activités, la
gestion de projets, le renforcement des capacités en informatique, en questions environnementales et
en approche genre et développement. Il a été prévu également le recrutement d’une comptable,
l’informatisation de la gestion, la mise en place d’un système de normes et procédures de gestion,
l’acquisition de matériels de communication et de reportage, de micro-ordinateurs et logiciels.
Par le biais du PDI, il a été possible d’introduire en une année seulement, des changements
importants au sein du Groupe Alternative. Par exemple sur le plan de la gestion, il est à noter
qu’avec l’introduction d’un manuel de procédures et le recrutement d’une comptable qualifiée, des
améliorations tangibles ont été réalisées. Ce manuel de normes et procédures de gestion a été
multiplié et mis à la disposition de tous les responsables du Groupe Alternative ; mieux, l’ensemble
des administrateurs et des membres du personnel ont été formés à son utilisation. Ce qui a permis de
le mettre en œuvre sans difficultés, et d’atteindre des résultats assez satisfaisants dans la tenue de la
comptabilité. Précisons que ce manuel prévoit tout un dispositif visant le renforcement du contrôle
interne, l’amélioration des procédures des cycles achats/fournisseurs, cycle ventes/clients, trésorerie,
paie/personnel, production, gestion du matériel. Il définit clairement les fonctions et tâches en
matière de gestion, et comporte des dispositions pertinentes en ce qui concerne la gestion
administrative, où il avait été également identifié des insuffisances notoires.
Du point de vue de l’organisation comptable, il a été créé un poste de responsable administratif et
financier (RAF) et un poste de comptable ; et avec l’appui d’un Consultant, les dispositions ont été
prises pour se conformer au plan comptable SYSCOA, notamment par l’institution des brouillards
de banque et de caisse, des livres légaux (livre journal, grand livre, livre d’inventaire, balance
générale) et d’un plan de comptes. Les lacunes relevées par l’auditeur ont été, à bien des égards,
comblées progressivement. On peut noter sur ce volet de gestion, la formation du personnel et des
responsables de service, en élaboration de budget et en planification des activités.
Dans l’ensemble, les changements majeurs introduits par le biais du PDI, relativement au
renforcement de la structure organisationnelle, se sont traduits par l’élargissement du champ
d’activités du Groupe Alternative, avec notamment le positionnement significatif du Groupe en
matières de TICs et la création d'une Unité de production audiovisuelle déjà fonctionnelle. Ces
changements annoncent des perspectives intéressantes d'autofinancement et de renforcement de la
capacité d’intervention de l’organisation. Grâce à cette unité, le Groupe Alternative a produit un
documentaire de plaidoyer sur la drépanocytose au Niger pour appuyer la campagne de
sensibilisation de l'association de lutte contre la drépanocytose au Niger. Ce documentaire a été
projeté au cours d'une rencontre internationale sur la drépanocytose à Paris, en France. L'Unité de
production audiovisuelle a produit aussi deux autres documentaires sur les missions d'assistance
médicale effectuées par deux groupes de médecins français à l'Hôpital national de Niamey.
Dans le domaine des TICs, il importe de souligner le Groupe Alternative dispose à présent d’un
nouveau site Internet basé sur son propre serveur (www.alternative.ne), et héberge gratuitement
deux (2) autres sites appartenant l’un au Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH)
et l’autre à l’Association des journalistes sportifs privés du Niger. Ces deux sites ainsi que celui du
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                            Page 10
Groupement des aides privées ont été, du reste, construits grâce à l’appui du Groupe Alternative, par
les formateurs canadiens envoyés par Alternatives Canada.
Dans l’ensemble, ces résultats positifs ont été obtenus grâce à la formation en informatique et à
l’acquisition de matériels informatiques et des logiciels, qui ont, par ailleurs, contribué également à
renforcer l’autonomie éditoriale du Groupe Alternative. Le personnel de la rédaction maîtrise
parfaitement les logiciels de mise en page et de traitement d’images ; ce qui s’est traduit par une
amélioration substantielle du contenu des publications, et un gain de temps important dans la
réalisation des tâches.
Par ailleurs, il convient de noter qu’avec le renforcement des capacités en matière de gestion de
projets, l’équipe de travail du Groupe Alternative développe de plus en plus des initiatives
intéressantes. Plusieurs dossiers de projet, dont un projet de création d’une radio communautaire et
un projet de développement de contenus en langues nationales sur Internet, ont été produits. Le
Groupe dispose également d’un plan d’action qu’il s’efforce de traduire en projets concrets.
En définitive, il faut retenir que si des changements aussi importants ont pu se produire au sein de
l’organisation, sans que cela n’entraîne des fortes résistances préjudiciables à sa cohésion interne,
c’est que la formation en gestion du changement planifié et sa restitution aux autres membres, ont
permis de baliser le terrain. On peut affirmer que les retombées des différents ateliers de formation
ont pu être capitalisées dans le cadre des activités courantes, et que le fonctionnement de
l’organisation s’est significativement amélioré avec notamment la tenue régulière des réunions de
concertation et d’échanges, la mise en place d’un mécanisme interne de circulation de l’information
par le biais d’un mailing, l’élaboration par les différents services de leurs plans d’activités pour une
période de six (6) mois, l’amélioration de la collaboration entre ces services, etc. On peut surtout
retenir l’introduction d’un système d’évaluation, suivant lequel les performances des services
internes (Service informatique, Service administratif et financier, la Rédaction, le Point d’accès à
l’Internet) sont évaluées sur la base de leurs résultats concrets. Chaque responsable de service
présente à la réunion du Comité de gestion un programme détaillé de ses activités et annonce les
résultats auxquels il compte arriver ; le programme ainsi validé est mis en œuvre, et une réunion est
prévue au cours de laquelle, une évaluation est faite pour voir si les résultats prévus ont été atteints,
et quelles sont les difficultés et contraintes rencontrées dans la mise en œuvre des activités.
Sur le plan de la gestion, le précédent rapport a mis l’accent sur les changements qui se sont opérés
avec l’introduction d’un manuel de procédures et le recrutement d’une comptable qualifiée ;
changements qui se sont traduits par des améliorations tangibles de la gestion (tenue de la
comptabilité, contrôle interne, etc.), la création d’un poste de responsable administratif et financier
(RAF) et la conformité aux normes du plan comptable SYSCOA.
Au cours de la présente période, le Responsable administratif et financier et la comptable ont produit
le bilan de l’exercice 2001 et une situation intermédiaire au 31 juillet 2002. Ce qui a permis de
lancer l’activité d’audit par l’élaboration des termes de référence, conformément aux nouvelles
directives données par Solidarité Canada Sahel. Une fois les TDR de l’audit approuvés par
Alternatives Canada, l’auditeur va commencer son travail ; et sur la base des constats qu’il va
établir, le Groupe Alternative et Alternatives Canada seront en mesure d’évaluer la pertinence et la
fiabilité du système mis en place. Pour l’instant, il faut retenir que l’informatisation de la gestion est
pratiquement achevée ; elle est faite avec le Sari, logiciel de comptabilité le plus courant au Niger et
le plus proche du plan comptable SYSCOA.

4.2. Renforcement de la base de représentation sociale

Sur ce point, il convient de noter que les lacunes criantes relevées par le diagnostic organisationnel
ont été largement comblées grâce à la formation sur le fonctionnement et la clarification des rôles et
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                        Page 11
responsabilités des organes, qui a permis d’apporter des correctifs aux textes constitutifs. Le
changement le plus significatif est la création d’une structure associative (Alternative Espaces
Citoyens) pour d'une part, capitaliser l'expérience accumulée par le Groupe Alternative depuis sa
création en 1994, et d'autre part approfondir le travail de sensibilisation et d'éducation civique fait en
direction du public. L'idée force était d'offrir à tous les sympathisants du Groupe Alternative un
cadre de réflexion et d'action, capable de prendre en charge la mission assignée au Groupe.
Avec la création de cette association reconnue par le Ministère de l'Intérieur et de la décentralisation
depuis le 13 décembre 2001, le travail d’Alternative s’appuie désormais sur un nombre important de
personnes. Déjà avec le nombre croissant de jeunes et de femmes impliqués dans la production des
suppléments, la base sociale du Groupe s’est considérablement élargie. La mise en place des Cercles
d’études Alternative dans les huit (8) régions du Niger à la fin de l’année 2002 est venue également
renforcer le membership au sein de l’organisation ; ce qui contribue à améliorer la crédibilité du
Groupe Alternative qui jouit d’une bonne image aux yeux du grand public, de mieux en mieux
informé sur sa mission, ses objectifs et ses activités, grâce à la diffusion d’un dépliant promotionnel.
Dans le cadre de la mise en place des Cercles d’études, des membres et responsables de Alternative
ont effectué des missions sur l’ensemble du territoire national, afin d’assister à l’installation
officielle de ces structures et animer des conférences sur des thèmes relatifs à la mondialisation. De
Tillabery à Diffa, de Niamey à Agadez, en passant par Dosso, Maradi et Zinder, plusieurs dizaines
de personnes ont assisté aux réunions publiques et conférences organisées dans ce cadre ; ces
activités ont été l’occasion pour les membres des différentes délégations, d’une part de faire
connaître la mission, les objectifs et les principes directeurs de l’association Alternative Espaces
Citoyens, et d’autre part de sensibiliser le public sur les enjeux et défis de la mondialisation néo-
libérale pour les pays du Tiers-monde. Les discussions ont permis d’échanger avec les personnes
rencontrées sur les alternatives aux politiques néo-libérales, les perspectives du mouvement
international opposé à ces politiques, ainsi que sur la nécessité de travailler à l’émergence d’un
mouvement citoyen fort au Niger.
Dans l’ensemble, les différentes délégations sont revenues avec la ferme conviction que le Groupe
Alternative a vu juste en décidant de s’investir dans un travail de terrain, à travers l’association
Alternative Espaces Citoyens. Si l’intérêt et l’engouement des jeunes pour l’association constituent
des réels motifs de satisfaction, la faible participation des femmes aux activités organisées dans le
cadre des missions de mise en place des Cercles d’études demeure une sérieuse source
d’inquiétude ; d’autant que les femmes constituent la majorité de la population nigérienne, une
majorité de surcroît marginalisée et victime de toutes sortes d’injustices. Au vu des orientations de
l’association Alternative Espaces Citoyens, cette situation traduit à l’évidence l’ampleur du défi à
relever ; elle démontre combien la tâche est difficile dans le contexte nigérien, où le sort fait aux
femmes n’est pas encore perçu par nombre de citoyens comme une injustice dont la société n’a pas
intérêt à s’en accommoder.
En dépit des faibles résultats enregistrés en matière de participation des femmes aux activités, il
importe de souligner que des motifs de satisfaction ne manquent pas quant à l’impact des missions
de mise en place des Cercles d’études Alternative dans les huit (8) régions du Niger ; car, il est tout
de même réjouissant de voir que l’association Alternative Espaces Citoyens dispose d’une
implantation nationale, et que de plus en plus de personnes y sont impliquées en tant que membres.
De plus, les discussions avec les membres des bureaux régionaux ont fait ressortir que les adhérents
souhaitent développer des programmes et projets propres dans les régions avec l’appui du Bureau
national. Avec l’engagement et l’enthousiasme qui animent les membres de l’association, l’espoir
est grand de voir cette dernière se positionner comme une des plus structures les plus dynamiques et
les plus combattives du pays.

RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 12
4.3. Positionnement au sein de la société civile et renforcement des capacités d’intervention

Dès sa création, le Groupe Alternative s’est résolument engagé dans le combat pour la promotion
des droits de la personne humaine et le bien-être des populations nigériennes, aux côtés d’autres
organisations de la société civile. L’organisation s'est illustrée, à maintes reprises, par ses prises de
position contre les violations répétées des droits de l’homme par les autorités en place, et contre les
politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods. A travers son
journal, le Groupe Alternative a toujours apporté son soutien aux luttes menées par les organisations
de défense des droits de l’homme, les syndicats des travailleurs, les organisations de femmes et
d’étudiants, pour le bien-être de leurs membres ou celui de la communauté nationale. Ce qui lui a
valu des représailles de tout genre de la part des autorités politiques : harcèlements, intimidations,
arrestations, passage à tabac furent le lot quotidien des journalistes et responsables du Groupe
Alternative.
Dans ses activités transversales, le Groupe Alternative soutient des organisations de la société civile
nigérienne, en l’occurrence les syndicats, les associations de défense des droits de la personne
humaine et les organisations féminines. Le journal Alternative fait, par exemple, un large échos aux
activités menées par ces organisations. Compte tenu de son expérience en matière d'édition et de
conseil en communication, le Groupe a été également plusieurs fois sollicité pour la réalisation des
organes de certaines de ces structures de la société civile. L'ONG Démocratie 2000 lui a, par
exemple, confié les travaux d'édition de sa revue Démocratie, entièrement consacrée à la question
cruciale de la décentralisation au Niger. Publiée quelques mois avant les élections locales du 7
février 1999, cette revue a connu un succès considérable auprès des acteurs politiques et sociaux,
compte tenu de la qualité des articles et de l'actualité du thème traité. Le Groupe Alternative a assuré
aussi les travaux d'édition de la revue L'ecole Nigérienne du Syndicat national des enseignants du
Niger (SNEN), le plus important syndicat du pays.
Par ailleurs, il faut rappeler également que le Groupe Alternative a assuré pendant deux (2) ans, pour
le compte du CILSS, l’édition d’un Bulletin Agro-Alimentaire, destiné aux petits et moyens
entrepreneurs du secteur de la transformation agroalimentaire. Distribué gratuitement aux
entrepreneurs du secteur formel et informel, ce bulletin visait à promouvoir la consommation des
produits locaux (sahéliens) et l'utilisation de technologies de transformation peu coûteuses et
préservant l'environnement. Le Bulletin Agro-Alimentaire était entièrement réalisé par le Groupe
Alternative. Le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), qui était le
bailleur de fonds de ce bulletin à travers son projet de promotion des produits locaux (PROCELOS),
en était totalement satisfait, ainsi que d'ailleurs certains de ses partenaires (l'ACDI par exemple). A
l'heure actuelle, le Groupe édite, avec le soutien du Projet Education de Base financé par l'organisme
allemand GTZ, une version en langue Hausa de l’hebdomadaire Alternative, dénommée Sauyi.
Dans le cadre de son programme de développement institutionnel (PDI), financé par l’ACDI à
travers Solidarité Canada Sahel, plusieurs activités de renforcement des capacités d’intervention ont
été réalisées. A ce sujet, il faut noter que les journalistes du Groupe Alternative ont acquis des
connaissances leur permettant d’être aptes d’une part, à produire des articles de presse mettant
l'accent sur les enjeux de la protection de l'environnement et de la lutte contre la désertification, et
d’autre part à assurer l'encadrement des jeunes pour la production d'un supplément mensuel Jeunes
et Environnement. La formation en environnement a été l’occasion d’une prise de conscience sur les
enjeux environnementaux et d’un approfondissement de connaissances sur les conventions
internationales issues de la conférence de Rio de 1992.
Par ailleurs, les membres du Groupe ont acquis des connaissances leur permettant de comprendre la
philosophie et les enjeux qui sous-tendent l'approche genre et développement et d’être, ce faisant,
des acteurs et des catalyseurs d'une dynamique de changement axée sur l'approche GED au sein de
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 13
leur organisation. Ce qui va favoriser une plus large participation et une implication des femmes
dans les activités et au sein des organes dirigeants. Les membres ont davantage appréhendé les
différentes formes et les mécanismes sociaux de discrimination à l'endroit des femmes. Ce qui va
leur permettre d’être plus aptes à cibler et formuler des activités et projets susceptibles de contribuer
à la promotion de l'égalité entre hommes et femmes.
Sur ce point, l’édition des deux suppléments mensuels (« Espaces Jeunes » et « Espaces Femmes »)
constitue un ressort puissant pour le renforcement des capacités d’intervention du Groupe
Alternative autour des deux vecteurs du PRSCS, à savoir la problématique Genre et développement
et la lutte contre la désertification. Ces deux suppléments sont à la fois des outils importants de
plaidoyer en faveur de la promotion des droits de la femme et de la préservation de l’environnement,
et des points de jonction entre des organisations de la société civile engagées sur les mêmes
questions. Du reste, il faut souligner que l'arrivée massive au sein de l'organisation d'un groupe de
jeunes, constitué en majorité de femmes, suscite déjà des changements positifs ; car, cela constitue
non seulement un progrès important dans la prise en compte de l'approche GED, mais aussi une
opportunité pour l'organisation de développer d'autres types d'activités en direction des jeunes et des
femmes.
Dans ce domaine, le progrès se mesure par le fait que l'organisation dispose désormais d'une masse
critique de jeunes et de femmes particulièrement enthousiastes, sur lesquels elle peut s'appuyer pour
élargir son champs d'activités, voire faire des grands pas en avant et devenir un exemple typique
d'une organisation au sein de laquelle les groupes sociaux jadis marginalisés que sont les femmes et
les jeunes, jouent un rôle accru d'acteurs de changement, dans un esprit d'égalité et de camaraderie.
En matière de renforcement des capacités d’intervention, il faut noter que le Groupe Alternative
envisage d’intensifier ses activités de sensibilisation du public à travers les productions de son unité
audiovisuelle. Le projet consiste à réaliser des films (des documentaires, des courts et longs
métrages de fiction, etc.) et autres supports didactiques, afin de toucher des larges couches de la
population nigérienne. Ces productions seront réalisées en langues nationales ; elles permettront à la
fois de promouvoir la cinématographie nationale, et de valoriser les cultures locales. Dans cette
perspective, le Groupe Alternative a bénéficié de l’appui de son partenaire Alternatives Canada, qui
a accepté d’envoyer des stagiaires canadiens pour assurer la formation du personnel du service
informatique en techniques de montage audiovisuel. Le Groupe Alternative est également en contact
avec d’autres organismes étrangers pour renforcer ses capacités techniques, et nouer des rapports de
partenariat dans le domaine de la co-production.
Au cours de l’année 2002, le Groupe Alternative, l’ONG Ecole Instrument de Paix et le Syndicat
national des enseignants du Niger (SNEN) ont initié une action concertée à l’occasion de la fête
nationale de l’Indépendance du Niger le 3 août. Cette action concertée devrait consister à
sensibiliser le public sur la lutte contre la désertification et à planter des arbres dans la région de
Tillabery. Elle devrait consister également à organiser une soirée culturelle et à éditer un bulletin
spécial conjoint sur l’environnement.
A l’heure actuelle, une réflexion est en cours au sein du Groupe Alternative relativement à la fin du
PDI en novembre prochain. Ces réflexions portent sur les voies et moyens de poursuivre les activités
pertinentes initiées dans le cadre du programme et qui ont produit des impacts positifs sur les
capacités d’intervention de l’organisation. Il s’agit entre autres de l’édition des deux suppléments
mensuels (« Espaces Jeunes » et « Espaces Femmes »), qui constituent un ressort puissant pour le
renforcement des capacités d’intervention du Groupe Alternative autour des deux vecteurs du
PRSCS, à savoir la problématique Genre et développement et la lutte contre la désertification.
Comme souligné dans le précédent rapport, ces deux suppléments sont à la fois des outils importants
de plaidoyer en faveur de la promotion des droits de la femme et de la préservation de

RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                          Page 14
l’environnement, et des points de jonction entre des organisations de la société civile engagées sur
les mêmes questions.
Ces réflexions ont abouti à la formulation d’un certain nombre de propositions, au nombre
desquelles on peut retenir celle visant à créer un Centre d’éducation civique en direction des femmes
notamment, dans le but de consolider les acquis du travail abattu dans le cadre de l’édition du
Supplément spécial Espaces Femmes. Il s’agit tout d’abord d’assurer la continuité de la parution de
ce supplément, en générant des ressources propres destinées à cette activité ; ensuite, d’intensifier et
élargir les efforts en matière de formation des femmes, par la création d’un centre approprié où
seront formées des femmes engagées dans la lutte pour la promotion de l’égalité entre les sexes ; et
enfin, de mettre en place un Centre Internet pour les femmes, dans l’objectif d’une part de contribuer
à la réduction de la fracture numérique entre genres, et d’autre part d’asseoir les bases d’une
autonomie financière du Centre lui-même, grâce aux ressources qu’il peut directement générer.
En ce qui concerne l’approche genre, on peut souligner que durant les périodes précédentes les
membres du Groupe ont acquis des connaissances leur permettant de comprendre la philosophie et
les enjeux qui sous-tendent cette approche. Ce faisant, ils sont bien positionnés pour être des acteurs
et des catalyseurs d'une dynamique de changement axée sur l'approche GED au sein de leur
organisation. La nécessité d’une plus large participation et implication des femmes dans les activités
et au sein des organes dirigeants, est clairement perçue et acceptée par les membres. C’est pourquoi,
au niveau de la rédaction du journal, il a été décidé que chaque dossier ou article doit faire ressortir
des indicateurs genre et permettre aux lecteurs de mieux appréhender les différentes formes et les
mécanismes sociaux de discrimination à l'endroit des femmes. Dans le même temps, un dossier de
projet portant sur l’introduction de l’approche genre au sein des médias nigériens a été élaboré.


V/ COMMUNICATION
Depuis l’avènement du processus de démocratisation au Niger, le développement des médias est
apparu comme l’un des changements les plus marquants, survenus dans le champ socio-politique. A
l’instar d’autres Etats africains, l’Etat nigérien a perdu le monopole des moyens de communication
de masse, avec la naissance de plus d’une quarantaine de titres de presse écrite, d’une multitude de
stations de radio et une chaîne de télévision privés. Ces médias privés jouent un rôle de plus en plus
accru dans la vie publique nigérienne : ils contribuent à forger une opinion publique mieux
informée, et par conséquent, mieux armée pour prendre part aux processus politiques ; par leurs
critiques, ils participent à défendre les acquis démocratiques ; et en interpellant les dirigeants sur
leur gestion, ils se constituent en véritable contre-pouvoir.
Eu égard aux multiples tentatives des régimes en place, visant à étouffer les médias qui ne leur sont
pas favorables, on peut affirmer qu'ils constituent un pouvoir concurrent. Conscients des limites que
leur impose l’existence d’une presse libre, les différents régimes qui se sont succédés à la tête du
pays ont tenté soit d’intimider les journalistes par des mesures de rétorsion, soit de mettre la
puissance des médias au service de sa propagande. De 1990 à aujourd’hui, le nombre de violations
et d’atteintes graves à la liberté de la presse est impressionnant, notamment pendant la période du
régime militaire du général Baré. Ce qui démontre, à plus d’un titre, l’importance des médias.
A l’évidence, les médias nigériens assurent de nombreuses fonctions. Le lecteur qui achète son
journal, ou l'auditeur qui capte une chaîne de radio ou de télévision, cherche certainement à
s'informer. Pour satisfaire ce besoin, les médias livrent des nouvelles, peignent à leur manière la vie
quotidienne, tiennent les citoyens au courant des événements marquant la vie politique et sociale. On
peut citer entre autres : les activités du gouvernement et de l’opposition, les compte-rendus des

RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                         Page 15
conseils des ministres, les travaux de l’Assemblée Nationale, les grèves des travailleurs, etc. En
véhiculant ces nouvelles, les médias jouent un rôle de diffusion des messages à l’intérieur de la cité.
Dès sa création en septembre 1994, le Groupe Alternative a choisi le créneau de la communication
pour réaliser son travail politique. Ce choix a été dicté par la conviction selon laquelle les médias
peuvent contribuer efficacement à l’éveil politique des masses ; ils peuvent être utilisés à la fois
comme moyens d’éducation à la citoyenneté et tribune pour dénoncer les abus et les injustices qui
ont marqué l’histoire du pays. C’est partant de cette analyse que le Groupe Alternative a lancé
l’hebdomadaire Alternative, qui tire actuellement à 3000 exemplaires, dans le but d’alimenter le
débat autour des enjeux majeurs de l’heure.

5.1. Communication en langues nationales

Au Niger, l'analphabétisme concerne plus de 80% de la population, notamment dans le milieu rural.
La majorité des analphabètes sont des femmes. Depuis l’indépendance du pays, les efforts déployés
dans ce domaine (création de centres d'alphabétisation des adultes, insertion d'un volet
alphabétisation dans les programmes de certains projets de développement, intensification de la
scolarisation) sont restés largement en deçà des attentes ; avec comme conséquences, un faible
niveau de qualification des ressources humaines, un accès limité de la frange la plus importante de la
population à l’information, un niveau de participation particulièrement bas des personnes
analphabètes aux processus politiques, etc.
Au regard de ce tableau sombre, il apparaît nécessaire d'intensifier les actions de lutte contre
l'analphabétisme, en les orientant vers l'atteinte des objectifs de développement économique et de
promotion de la démocratie ; car, il est évident que l'analphabétisme est une sérieuse entrave au
succès de tous les efforts déployés, tant par les pouvoirs publics que par la société civile, pour sortir
le pays d'une situation d'impasse socio-économique. La conviction du Groupe Alternative est que la
lutte contre l’analphabétisme suppose l’existence d’un environnement lettré en langues nationales.
Plusieurs études ont démontré qu’en l’absence de cet environnement lettré, tous les efforts déployés
en matière d’alphabétisation risqueraient d’être vains ; car, le besoin primordial des personnes
alphabétisées en langues nationales est de trouver un support de lecture qui leur permette de
valoriser leur capital de savoir et de connaissances.
Avec l’appui du Projet 2 PEB de la GTZ, qui s’occupe de la promotion de l’enseignement bilingue
au Niger, le Groupe Alternative a lancé en l’an 2000 une édition en langue Hausa de son
hebdomadaire Alternative. Ce journal dénommé Sauyi, qui signifie changement en langue Hausa,
est tiré à 3 000 exemplaires ; il est diffusé dans les gros centres urbains et les villages de l’intérieur
du pays, notamment par le biais des centres d’alphabétisation et des projets de développement. Ce
journal s’adresse aux femmes et aux hommes, membres des organisations non gouvernementales,
des associations féminines, des associations de jeunes, des coopératives et bénéficiaires des projets
de développement, ne sachant pas lire en français. Sa philosophie est de contribuer à la préservation
et à la valorisation de nos langues nationales, par le biais d'un journal d'information et de formation.
L'originalité de la démarche du Groupe Alternative consistait à mettre sur le marché une version en
langues nationales d'un journal déjà existant et apprécié par beaucoup de lecteurs.
Du point de vue de son contenu, le journal Sauyi comporte une sélection de huit (8) pages des
articles parus dans le journal Alternative. Ces articles sont revus en fonction de l'évolution de
l'actualité, et traduits en langue nationale Hausa par des spécialistes, avant d'être publiés pour la
consommation. Les lecteurs de Sauyi peuvent y trouver également des petits encadrés situant un
événement dans son contexte historique, ou fournissant des informations sur une institution. Les
encadrés ont une fonction instructive, tandis que les articles visent à informer ; autrement dit, les
encadrés doivent permettre au lecteur d'un niveau intellectuel modeste de cerner les contours d'un
RAPPORT D’ACTIVITÉS                                                                           Page 16
sujet, de mieux comprendre le sens d'un concept, d'avoir une idée précise de l'évolution historique
d'un événement, ou de mieux saisir le rôle d'une institution. D'où leur caractère éminemment
instructif pour un lecteur ordinaire.

5.2. Projet radio communautaire, une radio pour les femmes et les jeunes

Avec l’appui de Solidarité Canada Sahel (SCS) et de Alternatives Canada, le projet de radio
communautaire élaboré par le Groupe Alternative est désormais une réalité. Cet important projet a
trouvé un financement dans le cadre du Programme de développement institutionnel (PDI), financé
par l’Agence canadienne pour le développement international (ACDI). L’Observatoire National de
la Communication (ONC) a délivré, depuis septembre 2002, l’autorisation provisoire d’installation
de la radio Alternative, dont le démarrage est prévu vers la fin du mois de février 2003. L’étude de
faisabilité, réalisée par un Consultant de l’ONG Démocratie 2000, s’est révélée concluante quant à
la viabilité de cette radio ; elle confirme, non seulement la pertinence du projet du point de vue de
ses objectifs, mais aussi la viabilité de la radio d’un point de vue financier. Dans la même foulée, la
grille de programmes de la radio, ainsi que son budget prévisionnel de fonctionnement, ont été
élaborés et soumis à l’appréciation du Comité de gestion.
De toute évidence, la création de la radio communautaire Alternative constitue un atout majeur dans
le travail de sensibilisation du public que l’association Alternative Espaces Citoyens se propose de
conduire. L’ambition de cette radio est d’être une tribune d’expression et un puissant levier de
mobilisation pour les jeunes et les femmes. Bien que majoritaires au sein de la population
nigérienne, ces derniers restent exclus et marginalisés dans la vie publique nationale ; alors que leurs
apports dans le domaine économique sont indéniablement très importants tant en milieu rural que
dans les centres urbains. Les femmes par exemple sont actrices majeures de la sécurité alimentaire,
et dans nombre cas elles participent à la survie des familles en situation de crise ; elles assurent
souvent seules l’éducation des enfants.
Depuis 1990, le Niger est entré de plain-pied dans le processus de démocratisation marqué
notamment par : l’avènement du pluralisme politique ; l’inauguration d’élections libres et
transparentes ; la garantie constitutionnelle des libertés et droits démocratiques ; l’émergence d’une
société civile ; et la libéralisation de l’espace médiatique. Cette nouvelle ère à l’avènement de
laquelle les jeunes et les femmes ont payé un prix fort(trois morts et plusieurs blessés graves au
cours d’une manifestation d’étudiants réclamant le multipartisme, le 09 février 1990), ne s’est
malheureusement pas accompagnée de leur implication dans les prises de décisions politiques
concernant leur avenir ; encore moins l’amélioration qualitative de leurs conditions de vie et de leur
statut.
En effet, en même temps, la mise en œuvre des politiques d’austérité, dans le cadre des Plans
d’Ajustement Structurel (PAS), a eu des répercussions sociales dramatiques dont les jeunes et les
femmes-couches les plus importantes de la population-, ont été les principales victimes : chômage
endémique, paupérisation, délabrement des structures éducatives et sanitaires, etc. De ce fait, les
jeunes et les femmes se considèrent comme les victimes expiatoires de la démocratie.
Dès lors, il apparaît que seules leur participation dans le débat public et leur responsabilisation
puissent les ramener dans la «chapelle» démocratique. Ce qui va contribuer à renforcer le processus
démocratique et freiner davantage les tentatives de restauration autoritaire observées entre 1996 et
1999.
L’ouverture du pays à la démocratie s’est aussi accompagnée du pluralisme médiatique, avec la
naissance de plusieurs journaux indépendants et des radios de proximité. Cependant, bien que la
législation en vigueur soit favorable à l’implantation des radios communautaires, une seule radio sur
la dizaine qui émettent dans la communauté urbaine est à vocation communautaire. Mais cette radio
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communautaire n’émet qu’à l’échelle d’un quartier périphérique. Ce qui ne lui permet pas de
toucher tous les jeunes et les femmes.
Selon le rapport de l’enquête démographique et de santé au Niger (EDSN II), réalisée en 1998,
82,9% des femmes de Niamey écoutent au moins une fois par jour la radio. Celle-ci apparaît donc de
loin comme le meilleur moyen de communication devant les journaux et la télévision. D’où la
nécessité de la création d’une radio communautaire émettant sur toute l’étendue de la Communauté
Urbaine de Niamey afin de bien toucher ce groupe cible.
Depuis sa création en 1994, le « Groupe Alternative » s’est fixé pour objectifs de contribuer au
renforcement du processus démocratique au Niger ; à l’éveil politique des populations, et lutter aux
côtés des groupes sociaux défavorisés. La création d’une radio communautaire Alternative s’inscrit
donc dans le cadre de l’atteinte de ces objectifs. Elle permettra en outre, de consolider les capacités
d’actions des organisations émergentes de la société civile nigérienne.
Sur le plan institutionnel, il convient de noter que la législation en vigueur au Niger est favorable à
l’implantation des radios communautaires.
La mission de la radio est d’informer, sensibiliser, éduquer les jeunes et les femmes de la
Communauté Urbaine de Niamey et des villages environnants, afin de les amener à jouer un rôle
accru dans la vie publique et le processus de développement durable. De manière concrète, la radio
communautaire Alternative s’attellera à donner la parole aux jeunes et aux femmes, produire des
émissions sur Genre et Développement, organiser des débats et tables rondes sur les questions
relatives aux jeunes et aux femmes et identifier d’autres structures et acteurs qui mènent le même
combat et les associer à l’œuvre de changement social dont les jeunes et les femmes seront le
moteur.
Le fonctionnement de la radio sera assuré par les instances et organes de l’association Alternative
Espaces Citoyens, avec la pleine participation des clubs des auditeurs composés essentiellement de
femmes et de jeunes qui seront mis en place dans chaque quartier. La mise en place de ces
structures permettra d’abord le regroupement des groupes cibles dans des cadres d’échange ; ensuite
leur meilleure implication dans la gestion de la radio. Ce qui garantira enfin une plus grande
transparence et une confiance dynamique.

VI/ ACCES AUX TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA
COMMUNICATION
Situé au cœur de l'Afrique occidentale, le Niger est un pays continental vaste de 1 267 000km2, avec
tout ce que cela suppose comme difficultés de communication. La capitale est située à plus de
1000km du port le plus proche ; et à cause de l'état défectueux et archaïque des réseaux de
communication, la plupart des localités du pays sont isolées du reste du monde, avec comme
conséquence un faible niveau de développement économique. Alors que l'avènement des inforoutes
ouvre au pays des perspectives intéressantes, tant au plan économique que culturel, les coûts élevés
des télécommunications (l'installation d'une ligne spécialisée coûte 4000FF) et du matériel
informatique (un micro-ordinateur représente environ 10 mois de salaire pour un cadre) constituent
un obstacle de taille à leur appropriation durable. Le nombre des lignes téléphoniques est l'un des
plus faibles au monde ; et disposer d'un micro-ordinateur apparaît déjà comme un luxe, dans ce pays
où le revenu moyen permet à peine d'acquérir un modem. Quelques faits suffisent à illustrer cette
situation : deux ans après le lancement de l’Internet, le pays ne comptait que 700 connexions au
réseau Internet, une dizaine seulement de lignes spécialisées et un seul centre d'accès public au
réseau Internet basé à Niamey.


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Face à cette situation, le Groupe Alternative s’est doté d’une politique en matière des TIC visant,
d'une part, à contribuer à la démocratisation de l'accès au réseau Internet par la création d'un point
d'accès communautaire, et d'autre part, à favoriser l'usage des nouvelles technologies de
l'information à des fins de solidarité et de promotion économique et culturelle, par la création d'un
site Internet sur le Niger. Ce site est d’autant plus important qu’il rassemblera des informations sur
l’économie (le commerce, les investissements financiers, les démarches administratives pour la
constitution de société, les institutions concernées) le tourisme (la demande de visa, les conditions
médicales, les hôtels, tour-opérateurs, agences de transport, sites touristiques), la culture nigérienne
(constitution d'un annuaire biographique et bibliographique de tous les artistes, écrivains,
compositeurs, cinéastes nigériens, avec des extraits d'œuvres), l’agenda des manifestations
culturelles, etc.
En janvier 2001, le Groupe Alternative a ouvert un Point d’Accès aux Inforoutes pour la Jeunesse
(PAJE), avec l’appui de l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (OIF). Dans le cadre de
la mise en œuvre de ce projet, l'Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et
de la formation (INTIF) a accordé une subvention qui a permis l’acquisition de dix (10) micro-
ordinateurs et le paiement d’une liaison Internet spécialisée durant le premier semestre de l’année
2002. Selon le cahier de charges du projet, le Groupe Alternative doit offrir les prix de navigation
les moins chers de la place pour permettre aux jeunes d’accéder aux nouvelles technologies de
l’information et de la communication (NTIC) qui sont dans la plupart des pays du Sud un service de
luxe. Cet accès est une réalité, puisque les tarifs de navigation ont été fixés à 25 francs CFA la
minute, et sont dégressifs en fonction du temps de navigation. Plus d’un an après, le résultat atteint
en matière de démocratisation des NTIC, est satisfaisant, dans la mesure où des nombreux élèves et
étudiants ont découvert et se sont approprié l’outil Internet, en dépit de la modicité de leurs moyens
financiers. Ainsi, le PAJE « BAOBAB » est le point d’accès communautaire le plus fréquenté de la
ville de Niamey, comme l’attestent nos statistiques : de 40 personnes, la fréquentation du PAJE est
passé à une moyenne de 100 personnes par jour ; plus de 300 personnes ont suivi une formation dans
le domaine des NTICS.
La création du Point d’accès à l’Internet a été appuyé également par Alternatives Canada, qui est à
l’heure actuelle le plus important partenaire du Groupe Alternative. Cette organisation canadienne a
envoyé des jeunes stagiaires qui ont assuré, durant plus de six (6) mois, une formation aux membres
du Groupe Alternative, notamment dans le domaine de la réalisation des pages Web, de la PAO, du
traitement des images, etc. En outre, il faut noter que grâce à ces stagiaires, un nouveau site Internet
a été construit pour le compte du Groupe Alternative. A l’évidence, le partenariat avec Alternatives
Canada nous a permis de conforter notre positionnement en tant qu’acteur majeur dans le domaine
des TIC au Niger. En effet, le Groupe Alternative est présentement l’une des rares organisations de
la société civile nigérienne à avoir des compétences confirmées dans ce domaine ; il est également
l’une rare à avoir une politique claire en la matière.
Après moins d’une année d’existence, le Point d’accès à l’Internet du Groupe Alternative s’est
trouvé confronté à une demande de plus en plus croissante de jeunes internautes qui ne peuvent tous
naviguer, compte-tenu du nombre limité de micro-ordinateurs. Il s’en suit un engorgement du PAJE,
qui ne peut plus satisfaire le groupe-cible. Pour satisfaire cette jeunesse de plus en plus intéressée
par les NTIC, le Groupe Alternative a opté pour la création d’un second PAJE à Niamey, afin
permettre à un plus grand nombre de jeunes de naviguer, et leur épargner de parcourir de longues
distances, sans pour autant trouver un poste disponible, en raison de l’engorgement de son premier
point d’accès. Grâce au soutien financier du Bureau de la Coopération Suisse au Niger, qui a accepté
d’accorder une subvention de quelques 8 millions de francs CFA pour l’achat des équipements
informatiques, un second point d’accès des jeunes à l’Internet a vu le jour à Niamey (Quartier
Maourey). Ce point d’accès est opérationnel depuis le début de l’année 2003, et l’on espère que les
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résultats en matière d’accès seront à la hauteur de ceux enregistrés au niveau du premier point
d’accès.
Pour les prochaines années, l’ambition du Groupe Alternative est de créer d’autres points d’accès
communautaires à l’Internet, tant à Niamey qu’à l’intérieur du pays, afin de contribuer davantage à
la démocratisation des TIC ; mais, la politique du Groupe ne vise pas seulement à multiplier le
nombre des points d’accès communautaires, elle consiste également à réduire les coûts d’accès et les
disparités dans l’accès entre femmes et hommes. Sur ce dernier point, il faut rappeler que le Conseil
d’administration a proposé à ce que le Comité de gestion prenne toutes les dispositions nécessaires
afin de créer un centre Internet pour les femmes. Ce centre devra contribuer à améliorer l’accès des
femmes à l’Internet par des prix incitatifs, des sessions de formation, et la création d’un site Internet
dédié aux femmes et entretenu par elles-mêmes.


VII. CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Au regard des résultats obtenus au cours des deux dernières années, la priorité du Groupe
Alternative durant l’année 2003 sera de consolider les acquis et de s’atteler à la poursuite de
l’implantation de l’association Alternative Espaces Citoyens dans les différentes régions du pays et
au démarrage des activités de la radio communautaire Alternative. Il convient de rappeler que la
radio Alternative est sur le point de démarrer. L’Observatoire National de la Communication (ONC)
a délivré, depuis septembre 2002, l’autorisation provisoire d’installation de la radio Alternative.
L’étude de faisabilité, réalisée par un Consultant de l’ONG Démocratie 2000, s’est révélée
concluante quant à la viabilité de cette radio ; elle confirme, non seulement la pertinence du projet
du point de vue de ses objectifs, mais aussi la viabilité de la radio d’un point de vue financier. Dans
la même foulée, la grille de programmes de la radio, ainsi que son budget prévisionnel de
fonctionnement, ont été élaborés et soumis à l’appréciation du Comité de gestion. Le personnel a
déjà suivi une formation pour mieux s’approprier la ligne de la radio et comprendre les exigences
auxquelles il est appelé à faire face.
Dans la perspective de son renforcement, le Groupe Alternative a entamé une série de réflexions
pour mettre au point un plan d’actions pour les années à venir. Ces réflexions portent sur les voies et
moyens de poursuivre les activités pertinentes initiées au cours des années passées et qui ont produit
des impacts positifs sur les capacités d’intervention de l’organisation. Il s’agit entre autres de
l’édition des deux suppléments mensuels (« Espaces Jeunes » et « Espaces Femmes »), qui
constituent un ressort puissant pour le renforcement des capacités d’intervention du Groupe
Alternative autour des deux vecteurs du PRSCS, à savoir la problématique Genre et développement
et la lutte contre la désertification. Comme déjà souligné, ces deux suppléments sont à la fois des
outils importants de plaidoyer en faveur de la promotion des droits de la femme et de la préservation
de l’environnement, et des points de jonction entre des organisations de la société civile engagées
sur les mêmes questions.
Ces réflexions ont abouti à la formulation d’un certain nombre de propositions, au nombre
desquelles on peut retenir celle visant à créer un Centre d’éducation civique en direction des femmes
notamment, dans le but de consolider les acquis du travail abattu dans le cadre de l’édition du
Supplément spécial Espaces Femmes. Il s’agit tout d’abord d’assurer la continuité de la parution de
ce supplément, en générant des ressources propres destinées à cette activité ; ensuite, d’intensifier et
élargir les efforts en matière de formation des femmes, par la création d’un centre approprié où
seront formées des femmes engagées dans la lutte pour la promotion de l’égalité entre les sexes ; et
enfin, de mettre en place un Centre Internet pour les femmes, dans l’objectif d’une part de contribuer

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à la réduction de la fracture numérique entre genres, et d’autre part d’asseoir les bases d’une
autonomie financière du Centre lui-même, grâce aux ressources qu’il peut directement générer.
Au cours des années à venir, le Groupe Alternative entend également intensifier ses activités en
direction des femmes. Sur ce point, on peut souligner que les membres de l’organisation ont acquis
des connaissances leur permettant de comprendre la philosophie et les enjeux qui sous-tendent cette
approche. Ce faisant, ils sont bien positionnés pour être des acteurs et des catalyseurs d'une
dynamique de changement axée sur l'approche GED au sein de leur organisation. La nécessité d’une
plus large participation et implication des femmes dans les activités et au sein des organes
dirigeants, est clairement perçue et acceptée par les membres. C’est pourquoi, au niveau de la
rédaction du journal, il a été décidé que chaque dossier ou article doit faire ressortir des indicateurs
genre et permettre aux lecteurs de mieux appréhender les différentes formes et les mécanismes
sociaux de discrimination à l'endroit des femmes. Dans le même temps, un dossier de projet portant
sur l’introduction de l’approche genre au sein des médias nigériens a été élaboré.




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