Methodologie dissertation philosophique by 2BgAO7

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									La dissertation philosophique


« La dissertation est l’étude méthodique et progressive des diverses dimensions d’une question donnée. À partir
d’une première définition de l’intérêt de cette question et de la formulation du ou des problèmes qui s’y trouvent
impliqués, l’élève développe une analyse suivie et cohérente correspondant à ces problèmes, analyse nourrie
d’exemples et mobilisant avec le discernement nécessaire les connaissances et les instruments conceptuels à sa
disposition. » (Programme de Philosophie en classe terminale des séries générales, Arrêté du 27.05.03, J.O. du
06.06.03)



1. L’introduction :


L’introduction définit l’intérêt de la question et exprime les problèmes qui s’y trouvent impliqués.
Cinq moments doivent s’enchaîner, unis par un lien d’implication.


    1. Amener le sujet : mettre en évidence l’intérêt de la question ;

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    2. Citer le sujet : entre guillemets et dans sa littéralité ;

    
    3. Analyser le sujet : faire apparaître les diverses dimensions du sujets ;
       pour cela :

                       définir les termes importants (en rapport avec le sujet),
                        préciser le sens de l’énoncé du sujet ;
                        être attentif à la formulation et à l’articulation du sujet, être attentif à tous les
                        termes ;

                       faire apparaître les difficultés (sens multiples, paradoxes, contradiction entre
                        les termes, oppositions, …) ;

                       mettre en évidence les enjeux du sujet ;

                       utiliser le sens du sujet, les enjeux du sujet, mais aussi et peut-être surtout les
                        difficultés du sujet, pour dresser votre problématique.

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    4. Dresser la problématique : suite de questions ordonnée issues de l’analyse (« ordonnée » :
suivi, cohérence, efficacité) ;

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    5. annoncer le développement : issu de l’ordre donné aux questions – regrouper par parties les
questions ordonnées précédemment (ce qui ne signifie pas avoir un plan précis préétabli, car alors
votre développement ne constituerait plus une réflexion philosophique : il s’agit d’annoncer son projet
de réflexion).



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2. Le développement :


   Le développement comporte plusieurs parties, dont l’enchaînement est assuré par des
   paragraphes de transition. Le nombre de parties est issu du travail d’analyse de l’introduction.
   Une traditionnelle construction thèse/antithèse/synthèse conduit à un développement en trois
   parties. Une telle construction n’est pas la règle, il ne faut pas s’y enfermer ; nombre de sujets ne
   peuvent pas se satisfaire d’une telle construction.


    1. Ce n’est pas une restitution de connaissances ; en règle générale, le style doit demeurer
interrogatif, « questionnant » : ce n’est pas un exposé ;
    2. c’est une recherche, un questionnement, un dialogue avec vous-même, construit en fonction
de ce qui a été posé en introduction ;
    3. cela nécessite de la continuité, de l’ordre, de la logique, de la cohérence ;
    4. ne rien affirmer qui n’ait été argumenté ;
    5. pas d’opinion personnelle, mais un engagement personnel dans la pensée ;
    6. couvrir le sujet dans sa totalité, dans ses diverses dimensions ;
    7. se demander régulièrement si l’on est bien toujours en train de traiter le sujet.
    8. renvoyer toujours la réflexion à la réalité, ne pas verser dans une abstraction totale : illustrer
par des exemples ;
    9. utiliser et manifester à bon escient ses connaissances philosophiques et sa culture générale ;
    10. citer… mais citer juste, et ne faire appel à un penseur, ne le solliciter, ne le déranger que si
l’analyse le nécessite.


3. La conclusion :


    1. La conclusion récapitule les acquis (et elle ne s’ouvre pas sur une autre question) ;
    2. elle ne se referme pas sur une réponse définitive : elle propose une réponse, mais avec toute
la prudence philosophique requise : les réponses circonstanciées et nuancées obtenues au cours de
la réflexion ; elle donne le résultat de l’interrogation philosophique, elle dresse le bilan du trajet
parcouru.



Quelques conseils pratiques :


    1. Hormis l’introduction et la conclusion, ne pas rédiger au brouillon ;
    2. surveiller l’orthographe, écrire lisiblement, être soigneux ; être attentif à la syntaxe ;
    3. utiliser un langage clair, faire des phrases courtes (« une idée par phrase, une phrase par
idée ») ;
    4. être attentif à l’emploi des articulations logiques ( « donc », « ainsi », « c’est pourquoi », «
mais », « pourtant », « toutefois », …) ;
    5. mettre les citations entre guillemets ; souligner les titres des ouvrages cités ; respecter la
marge.




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