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									LA GEOGRAPHIE DE LA CHINE

J. P. LARIVIERE, P. SIGWALT, La Chine, Paris, Masson/Armand Colin, 1991,
 2e édition mise à jour, 1996.


1e partie : Les pesanteurs.


I°/ Un Etat pluri-ethnique.

        Avec plus de 90 % de son peuplement constitué par le peuple han, la Chine peut être
considérée comme un Etat nation. Pourtant tous les gpes ethniques de l’Asie orientale et
sud-orientale y sont représentés et sont désignés depuis 1949 comme des “ minorités
nationales ”, han et minorités formant un “ Etat pluriethnique unifié ”.
        ces minorités regroupent 91, 6 millions d’habitants sur 60 % du territoire chinois, dont
les régions frontalières riches de ressources naturelles qui manquent à la Chine (pâturages,
forêts…) il y a une coupure géographique majeure entre la Chine orientale massivement han et
une partie Occidentale regroupant la Mongolie intérieure, les hautes terres tibétaines et le
Yunnan.

        Un peuplement han massif et présent dans tout le territoire : il s’agit d’un ensemble
de populations diverses, avec notamment un contraste N/S. les Han se définissent par une
communauté de culture et de civilisation, qui a débordé l’espace chinois, pour s’étendre au
monde sinisé.
L’emploi d’une même écriture ne doit pas faire oublier les diversités de la langue parlée entre
les régions au N du Changjiang où on parle le mandarin et le S divisé entre 5 dialectes.
        Les Han ne sont minoritaires qu’au Xinjiang (37%) et au Tibet (4%). Cette majorité est
massive dans l’ancienne Chine des18 provinces. Depuis 1949, ils se sont répandus dans les
régions périphériques, surtout par migrations forcées et par colonisation de zones pionnières
(fermes d’Etat au Xinjiang et en Mongolie, associant céréales et cultures industrielles sur de
grandes parcelles).
        Cette immigration qui se poursuit représente bien peu par rapport à la masse han (87
millions de personnes concernées/1 milliard) et suscite des contestations (Tibet). En 1994, les
Han représentent 54 % de la population des régions autonomes.

       Les minorités nationales : Officiellement 55 groupes minoritaires (750 000 individus
non classés). La définition de ces groupes est surtout ethnolinguistique, avec le cas particulier
des Hui (mélange d’ethnies de culture han de religion musulmane).
       Certains groupes sont fortement assimilés notamment par la langue, comme les
Mandchous, une large partie des Zhuang, ou des Tujia. Elles sont des modes de vie, des
organisations sociales et des valeurs différents de ceux des Han. En 1949 elles sont été classées
en sociétés primitives, esclavagistes et féodales…la RPC hérite d’une longue tradition de
mépris pour “ les barbares des quatre directions ”.
       L’accroissement du nb de personnes déclarant appartenir à un minorité relève sans
doute dans une entrée plus tardive dan la transition démographique mais aussi dans le fait que
les gens hésitent moins à se déclarer depuis la libéralisation après 1980.

       Les espaces non han. Les minorités nationales sont présentes partout. La Chine des
minorités peut se définir administrativement depuis la loi de 1984, qui regroupe 5 régions


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autonomes, ayant un statut de province, 30 dpts, 122 districts, des cantons autonomes. Cela a
surtout servi à parcelliser les minorités. Par ex, le Xinjiang est la région autonome ouighoure
(47 % pop totale), elle comporte 5 dpts autonomes (ouighour, mongol, kirghiz, hui, kazakh), 6
districts autonomes (ouighour, kazakh, tajik, hui, mongol, xibe). Souvent la minorité éponyme
est minoritaire au sein de se région (région daï= 35% pop° est daï). On peut distinguer 4
ensembles minoritaires :

         L’espace mongol, où les Mongols de Chine (la moitié des Mongols) se concentrent à
70% dans l’E de la RA de Mongolie Intérieure. Cette civilisation d’éleveurs nomades est
menacée sur ses marges par l’agriculture et les han.
         Le Xinjiang est essentiellement le territoire des peuples turcs : Ouighours au S, Kazakh
au N, Kirghiz, Tajik, Ouzbek, Tatars sur les marges. Elle est occupée par des nomades,
semi-nomades et des cultivateurs d’oasis, c’est une terre d’Islam. Avec les Hui, ces peuples
constituent l’essentiel des 20 millions de Musulmans de Chine (12e pays musulman du monde).
         L’espace tibétain possède une très forte homogénéité culturelle à base religieuse. Les
4,6 millions de Tibétains sont soit des pasteurs semi-nomades soit des agriculteurs des vallées
de l’E et du S.
         La mosaïque ethnique du SW de la Chine formée par le refoulement ancien des peuples
habitant au S du Changjiang. Elle regroupe 60 % de la pop des minorités chinoises, morcelées
et enchevêtrées. Les Han se concentrent dans les dépressions, les vallées et les villes. Les Taï
sont des riziculteurs de vallée dans les zones basses susceptibles de s’acculturer (“ peuples
cuits ”), les Tibéto-Birmans montagnards d’altitudes moyennes pratiquant l’agriculture sur
brûlis, les Miao-Yao dans les zones hautes et isolées (“ peuples crus ”).

        La question minoritaire : les contestations n’ont pas cessé depuis 1949. Pour les
dirigeants de la RPC, l’objectif n’a pas changé, les minorités doivent être intégrées et assimilées
dans la Chine socialiste modernisée, même si on est passé des excès de la Révolution culturelle
à une assimilation à long terme, et modérée. L’intégration économique est encore faible, ces
régions constituent le tiers monde de la Chine, éloignées des régions côtières et le dvt du
tourisme n’est pas sans danger pour de sociétés fragiles.

II°/ Le cinquième de l’humanité :

       21% de la pop mondiale. Chine est l’Etat le plus peuplé du globe. + 15 millions
d’habitants chaque année. Explique la hantise démographique des dirigeants de la Chine depuis
1971 et surtout 1978. Objectif = 1,3 md en 2 000.
       Deux autres thèmes importants : la distribution spatiale très contrastée du peuplement,
une urbanisation accélérée selon une “ voie chinoise ” qui éviterait ( ?) l’exode rural massif et
une polarisation vers les grandes agglomérations.
       Attention, il y aurait une sous-estimation de 10 % des naissances et de 20 % des décès
dans les stat officielles.

       Une transition démographique accélérée ?

       Chine entrée dans la transition démographique depuis le début des années 1950.
Elévation de l’âge au mariage donc passage d’une fécondité de 5-6 enfants/ femme à un peu
moins de 2 en 94-95 et l’espérance de vie de 35-40 à 60-65 ans (70 officiellement).
       L’entrée danS la deuxième phase a été très rapide et récent. Il s’agit d’un processus
heurté par la crise démographique des années noires de 1959 à 1961 (- 56 millions) suivie d’un
récupération en 1962-3 et le maintien d’une grosse fécondité jusqu’au début des années 1970


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(grosses générations 1962-72 de 25 M chacune). On assiste donc à un gonflement de l’effectif
des femmes en âge de procréer particulièrement dans la tranche 20-29 ans responsable de plus
des ¾ des naissances. Depuis1991, le taux de natalité est redescendu en dessous de 20 ‰. ces
générations nombreuses fourniront de fortes classes de personnes âgées au XXIes.
        La réduction de la mortalité a été constante depuis 1950 (maladies infectieuses et
parasitaires). Les stat doivent être manipulées avec prudence : l’équipement médical est
insuffisant en quantité et en qualité, la mortalité infantile reste à 35-40 ‰. la fécondité de 6
enfants/ femme en 1968 a baissé après 1970 (5, 8 enfants/ f en 1970) pour tomber à 2, 4 en
1985-87.
        Or une basse fécondité est en contradiction avec la culture chinois traditionnelle ; il faut
y voir la csq d’une politique de limitation des naissances à partir de 1972 et surtout 79 (enfant
unique). Pour une majorité de Chinois les souhaits sont autour de 2 enfants. Ces résistances de
la pop expliquent la mise en place de mesures incitatives et dissuasives, l’exercice d’une forte
pression sociale et un conditionnement en faveur du contrôle des naissances.
        L’application de la politique de contrôle varie suivant les provinces et elle s’est
globalement relâchée dans les années 1980, les migrants temporaires échappent au planning
familial, les “ paysans riches ” ne sont pas gênés économiquement par les pénalités et
souhaitent une main d’œuvre nombreuse… la pratique de la contraception est celle d’un pays
développé (85% des f utilisent un moyen de contraception en moyenne).
        Les pbl démographiques restent bien réels. Les disparités régionales de la situation
démographique exigeraient une régionalisation des politiques démographiques. Les Nations
Unies tablent sur une pop de 1,5 md de Chinois en 2025, avec une croissance jusqu’en 2050 et
ensuite une diminution. Le pbl du vieillissement va se poser. Entre 1982 et 2000, le nb de
personnes âgées de 65 ans et + va doubler.

       La répartition spatiale de la pop : permanences et dynamiques

        Les densités s’étalent de 2 hbts/km2 (Tibet) à 2118 (Shanghaï), dans une organisation
générale en 5 ou 6 auréoles avec un gradient décroissant d’E en O. les 15 provinces > 200
hbts/km2 rassemblent 63% pop/20% surface. Les 4 provinces < 20 hbts/km2 = 4% pop/ 50%
surface. Dans la Chine vide le peuplement se fait par îlots, oasis et villes, dans la Chine
orientale la pop est concentrée. La répartition de la pop reproduit celle de la surface cultivable et
de ses potentialités de culture ce qui est normal dans un pays qui comptait 80 % de ruraux en
1980.

3 styles de peuplement caractérisent le peuplement chinois :

- la Chine de la nappe humaine, la “ fourmilière ”. densités tjrs supérieures à 200 hbts/ km2 et
jusqu’à 1000. Contrastes entre plaine et pentes : dans le Jiangsu, densités de 600 à 800 dans le
delta, 400-600 dans N province, 200 sur littoral et petites collines autour de Nankin. Elle
comprend 3 ou 4 grands ensembles, grande plaine de la Chine du N+ Shandong, région des lacs
(cours moyen du Changjiang), bassin du Sichuan, gouttière mandchoue, au total 60 % pop
chinoise.

- reste de la Chine orientale, marquée par des îlots de forts peuplement et des grands espaces de
densités moyennes (entre 10 et 50 hbts/km2).
- la Chine du vide : Hauteurs mandchoues, Mongolie, Xinjiang, Tibet, une grande partie du
    Yunnan. 60 % du territoire chinois, 10 % de la pop. Chine des montagnes, de l’aridité. Il
    existe des îlots locaux de fort peuplement, grossis après 1949 par une politique de
    colonisation han, certains sont apparus depuis 1949 comme la zone de Shiezi au Xinjiang.


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    Les taux provinciaux de croissance démographique des dernières décennies sont très étalés
de 1 à 3% par an entre 1953 et 1982, de 0,8 à 2% par an entre 1982 et 1990. Les régions les
moins peuplées sont aussi celles qui ont le taux de croissance le plus fort mais le rééquilibrage
est modeste. Les disparités régionale s’expliquent par l’inégalité des excédents naturels et des
migrations.
Les migrations étaient contrôlées dans les années 1950 par le registre des ménages qui assigne à
chq Chinois un lieu officiel de résidence, en général son lieu de naissance. Jusqu’au début des
années 1980, les migrations entre provinces ont surtout été des courants organisés, avec des
périodes de flux et de reflux, notamment dans les zones pionnières du NE et de l’O. La pop
flottante qui explose actuellement est évaluée entre 60 et 80 millions d’individus en 1989, 80
en 1995.
        La migration a longtemps été à courte distance, par ex exode rural avec assez peu de
migrations interprovinciales. De 1950 à 82, la Mongolie a réalisé 81% de son solde positif avec
les provinces limitrophes et le Shandong.

       Une urbanisation retardée, mais en cours d’accélération rapide.

         1950 : 10 % urbains en Chine. Sous l’influence étrangère au XIXe s, son réseau urbain a
été rééquilibré avec la croissance de Shanghaï qui devient la première agglomération. Les villes
ouvertes de la côte s’industrialisent. le maoïsme n’a pas fait disparaître l’opposition villes –
campagnes, mais a produit un blocage de taux d’urbanisation, un des plus bas du monde vers
1980.
         Fin 1994, la Chine comptait 343 M de citadins, soit 29 % de sa pop, répartie dans 2
catégories de localités. Les “ villes ” ou “ cités ” ont reçu le statut de “ municipalités ”. Leur nb
a beaucoup augmenté: 236 en 82, 622 en 95.
         Elles ont classées en 4 catégories de villes : “ supergrandes ”de plus d’1 M ; 500 000<
“ grandes < 1M ; 200 000< “ moyennes ”<500 000 ; “ petites ” <200 000 hbts. Elles ont un
territoire englobant depuis 1958 une périphérie rurale, ce qui conduit à un taux de pop rurale
résidant en “ ville ” de 72 % du total de la po urbaine en 1994.
          La deuxième catégorie est celle des “ bourgs ”, qui comptent au moins 20 000 hbts dont
10 % ou plus appartiennent à la pop non agricole (déf. de 1984). La Chine compte 16 000
bourgs en 1994. 50 à 60 000 localités sont susceptibles d’acquérir ce statut. Finalement, le taux
d’urbanisation réel de la Chine est situé entre 25 et 30 %, soit 300 M de citadins réels, résidant
surtout dans les villes et pour près de 30 % dans les bourgs.
         Les trois grandes municipalités ainsi que les trois provinces du NE ont une urbanisation
(26,2%) très supérieure à la moyenne nationale. La croissance urbaine a été alimentée par
l’exode rural qui constitue par ailleurs la première forme de migration interne. Elevé dans les
années 1950, il a été très ralenti entre 1960 et 1976, et reprend ensuite, en liaison depuis 1982
avec les réformes rurales qui libèrent une main d’œuvre agricole pléthorique (+ 4 ?6 % de
citadins par an).
         Ce flux est sous estimé du fait de la pop flottante. La thèse des autorités est qu’il faut
limiter l’exode rural, l’abandon de l’agriculture se faisant sans changement de résidence par un
emploi sur place ou des migrations alternantes vers le bourg proche. L’essor actuel de bourgs a
canalisé une partie de l’exode rural, qui se fait quand même majoritairement vers les villes (+
14,6 M de 1985 à 90, contre + 425 000 pour les bourgs).
         La menace reste celle d’un exode rural massif et désordonné vers les grandes villes,
avec les maux urbains du Tiers Monde.

2e partie : l’organisation de l’espace en RPC


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III°/ Plusieurs Chine : quelle division du territoire ?

D’énormes disparités géographiques :
        les inégalités spatiales sont grandes entre provinces, particulièrement à la campagne (en
1988, le revenu par personne est 3,7 fois plus élevé dans les campagnes de Shanghaï que dans
celles du Gansu), l’écart entre villes étant plus modéré (variant de 1 à 3 entre le Guangdong et le
Shanxi).
        L’écart entre villes et campagnes pour le revenu est du simple au double. L’étude de la
répartition spatiale de la production montre que les 10 premières circonscriptions dont 7
côtières concentrent 60 % PIB. Le maoïsme qui voulait supprimer ses inégalités a atténué les
plus criantes mais les réformes depuis 1979 accroissent à nouveau les disparités, ce qui
explique la ruée d’une “ marée humaine ” vers l’eldorado côtier.

La division spatiale de la Chine, de F. von Richthofen à A. Reynaud.

-Au XIXe s et dans les premières décennies du XXe s., les géographes (F. Von Richthofen, E. et
O. reclus, J. Sion…)se sont limités à la Chine des 18 provinces avec une partition
essentiellement agricole de part et d’autre du 33e parallèle. Souvent on a ajouté jusque dans les
année 1950 une troisième Chine du Changjiang faisant transition.
On a ensuite défini une partition entre l’O de tradition non Han et l’E. La Mandchourie ne
pouvant être incorporée à l’O a été cataloguée à part. On divise la Chine en 5 régions : NE
(Mandchourie), N (Huanghe), Centre (Changjiang), S tropical, Ouest, cette partition étant
confortée par la classification à base agricole chinoise de 1962.

-P. Gentelle en 1980 tente de réviser ce modèle en introduisant les villes et les activités
non-agricoles. A. Reynaud en 1981 enfin définit un centre principal sur la bordure N-orientale
de Harbin à Shanghaï, relayé par le centre secondaire du Guangdong impulsé par HK. Tout le
reste de la Chine constitue une périphérie.

3 grands ensembles régionaux.

- 10 provinces et 3 municipalités relevant directement du gouvernement central de la bordure
orientale concentrent l’essentiel des poches de dvt de la Chine, depuis le XIXe s jusqu’à
l’ouverture. elle regroupe 43 % de la population, sur 18% de la superficie. Elle assure 48% de la
production agricole et 61 % du PIB en 1993, 66% de la valeur ajoutée industrielle en 1992.
- la Chine intérieure avec 9 provinces la monde de la tradition han, où l’agriculture teint une
    place prépondérante et où les situations socio-économiques sont médiocres ou mauvaises.
    44% de la pop/ 29% du PIB / 27% valeur ajoutée industrielle.
- 3 provinces et 5 régions autonomes, ou Chine extérieure. Sur un immense domaine de
    hautes terres arides lorsque la mousson n’y pénètre pas se regroupe 55 % des minorités
    nationales chinoises, “ régions sous développées dans un Etat en voie de Développement ”,
    13% Pop/ 9, 4% PIB/ 7% valeur ajoutée industrielle.



IV / La bordure orientale, A, le centre de la Chine :

       13 unités administratives sur 4000 km entre 53° et 18° de latitude N. on y trouve la
majorité des villes de plus d’un million d’hbts. 1à des 13 circonscriptions ouvrent sur la mer,


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mais le trafic maritime manque de puissance. Seul le port de Shanghaï a un trafic de plus de 100
M de T et le système portuaire chinois s’organise en 4 ensembles : le groupe Shangaï - Ningbo,
les ports du golfe Bohai au N, les ports du Shandong, et les ports du S en plaine expansion,
Canton et Huangpu. Par la pêche en mer, en eau douce et l’aquaculture, la Chine représente la
première production aquatique du monde. Le littoral ne compte que 4,4 M de pêcheurs, c’est un
espace sous-maritimisé.
         La topographie oppose un N largement formé de plaines, à l’exception de
l’encadrement montagneux de la gouttière mandchous ou des moyennes montagnes du
Shandong, et le S marqué par un enchevêtrement complexe de basses montagnes et collines, ce
qui se traduit par la faible part des surfaces cultivées (15% au Fujian). Mais le N est handicapé
par des précipitations faibles et très variables d’une année à l’autre.
     Cet espace est marqué par la diversité entre des régions où l’agriculture n’a plus qu’une
place minoritaire ou largement industrialisées (les 3 grandes municipalités, le Jiangsu,
Zhejiang, Guangdong, Laioning) et des espace ruraux encore hyperagricoles (Heilongjiang,
Jilin). La bordure s’organise selon le schéma suivant :

-   Le centre proprement dit, Shanghaï, et les trois provinces du NE. S’y ajoutent le couple de
    métropoles Pékin- Tianjin et le Guangdong de développement plus récent.
-   Les marges, englobant des espaces moins avancés au Hebei et dans le Shandong,
    handicapés apr leur surcharge démographique. Ces province sont proches de la moyenne
    nationale. Le Fujian et Hainan longtemps considérées comme de espaces déprimés sont
    marqués par un potentiel de dvt énorme.

Une région de Shanghaï ?

        Au début des années 1980 a été instituée une “ zone économique de Shanghaï ”pour
planifier les liens économiques, briser les barrières administratives, organiser une division du
Travail entre Shanghaï (production à haute technicité) et le reste de la zone. Elle a d’abord
incorporé le SE du Jiangsu et le Zhejiang de Hangzou à Ningbo. L’ensemble ainsi défini est un
des grands foyers de peuplement de la Chine (127 M d’hbts, 600 hbts/km2).
        La municipalité de Shanghaï (13M d’hbts) se compose de l’agglomération (8 M) et
d’une zone périurbaine. Cette dernière mêle banlieues, villes satellites de la fin des années
1950, et espaces ruraux. Dans ces campagnes, l’agriculture n’occupe plus que le quart des actifs
face à une industrie dominante. Shanghaï apparaît comme hyperindustrielle, malgré des
sanctions fiscales jusqu’en 1985.
        L’industrie marque fortement les paysages, avec une dissémination des usines partout
dans le ville mais surtout près du fleuve, mais aussi dans les zones périurbaines avec
notamment de grands complexes (sidérurgie récente de Baoshan à l’embouchure du Huangpu).
        Avant 1949, il s’agissait surtout d’industrie légère, elle a continué à progresser en se
diversifiant, alors qu’apparaissait l’industrie lourde malgré l’éloignement des matières
premières et de l’énergie. les points forts sont la métallurgie et la construction mécanique
(automobile rénovée par une société de capitaux mixtes avec VW), textile, industrie chimique
et construction électrique- électronique (principale innovation). Un problème de rénovation
industrielle se pose : mauvais traitement par l’Etat, le poids des entreprises d’Etat important,
des équipements anciens et polluants.
        Les années 1980 ont amorcé un renouveau dans la restructuration du cadre urbain :
construction de logements en périphérie, adoption d’un Schéma directeur d’urbanisme en 1986.
L’habitat légué par le XIX et début du XXe s. regroupait des bâtiments prestigieux dans le
quartier des affaires, des villas et de l’habitat populaire dégradé sous forme de lilongs, maisons
sur 2 ou 3 niveaux, avec de minuscules logements entourant une cour.


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        Il s’agit maintenant de décongestionner le centre par de nouveaux quartiers d’affaire et
d’habitat à l’O, près de l’aéroport, et surtout à l’E. les transports sont en voie de renforcement
par création d’axes N/S (Métro). On continue à construire des logts en périphérie mais on a
choisi de réhabiliter les vieux quartiers, ce qui pourrait concerner les 2/3 des logts.
        Le Jiangsu et le Zhejiang sont des modèles de dvt économique. Ces deux provinces ont
diversifié leur agriculture, en la commercialisant, en créant de nombreux emplois industriels.. la
tradition d’artisanat familial au Jiangsu a joué un rôle, mais l’essentiel tient à la présence de
nombreuses villes. Les deux provinces comptent aujourd’hui 2 villes millionnaires, Nankin et
Hangzou, 6 entre 500 000 et 1 M, plus d’une cinquantaine de 100 à 500 000 hbts.
        A cela s’ajoute la proximité de Shanghaï. On a là un espace à très forte pression
démographique ayant largement dépassé les potentialités du milieu. Le Zhejiang est dominé par
des montagnes < 2000 m avec du riz dans les vallées étroites, du thé sur les basses pentes, des
patates douces puis la forêt. Le Jiangsu est en quasi totalité composé de basses plaines et du
delta du Changjiang. Le système agricole intensif associe riz en été et blé en hiver avec parfois
2 récoltes de riz/ an , la production de soie (45% production de soie provient du jiangsu et du N
du Zhejiang), la pisciculture, le coton.
        L’entassement humain est excessif (600 hbts/km2 au Jiangsu et 400 au Zhejiang, les
actifs agricoles sont très nombreux et les parcelles minuscules (entre 0,16 et 0,5 ha/ exploitation
dans 8 districts du Jiangsu en 1986-7).
        Deux modèles de dvt, le “ modèle de Suzhou ” fondé sur les entreprises collectives de
canton ou de village, et modèle de Wenzhou ou du Zhejiang fondé sur les entreprises privées
familiales, qui génèrent un petit capitalisme rural mais non paysan, s’organisant en petites
zones spécialisées (“ royaume des boutons ” autour de Wenzhou). Nouvelles activités surtout
industrielles (Jiangsu 1er rang unités industrielles fondé sur textile et construction électrique et
électronique).
        Des géogr américains distinguent entre 3 types de ménages, les ménages restés agricoles
à faibles revenus, des ménages intermédiaires avec une agriculture commercialisée, des
ménages plus riches à revenus non agricoles.

La base lourde et le grenier du NE :

        Le Heilongjiang+ le Jilin + le Liaoning = Mandchourie marquée par des aspects naturels
(sibériens) et humains (grande culture mécanisée, pays noir du Liaoning, la “ Ruhr de la
Mandchourie ”) déroutants.
Région fortement urbanisée en 1990 son taux d’urbanisation = le double du pays, 8 villes
millionnaires, 11 entre 500 000 et 1 M, une conurbation autour de Shenyang (50 X 75 km).
Tardivement mise en valeur grâce aux colons han du Hebeï et du Shandong, surtout dans les
années 1920. Les maîtres d’œuvres ont étrangers, russes au N et japonais au S.
        L’économie est prédatrice et exportatrice, via les ports, not Dalian, 4 e port chinois
(saccage de la forêt des grands et petit Hinggan, qui constituent 60% des ressources en bois du
pays) et via le chemin de fer (Transmandchourien E/O et Sudmandchourien N/S). les villes se
situent aux carrefours des ramifications ferroviaires. Les montagnes restent sous peuplées avec
des densités parfois < 10 hbts/km2. Les montagnes de l’E font exception car mise en valeur
agricole intensive (riz, fruits). L’activité s’est concentrée dans les plaines, en deux ensembles :
au NE la plaine de Sanjiang ( des trois rivières= Amour, Soungari et Oussouri), et la gouttière
N/S. on peut séparer le N, où une seule récolte est possible, caractérisée par d’importants
marécages, et le S où 2 à 3 récoltes sont possibles.
        La région du NE reste la plus industrialisée du pays, avec un vrai système industriel,
cependant que le tertiaire est bien représenté. Le maoïsme y a trouvé ses modèles industriels, et
l’industrie lourde reste prépondérante avec une prépondérance des entreprises d’Etat : combinat


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sidérurgique d’Anshan (8 Mt d’acier), usine automobile N° 1 de Changchun, complexe
d’extraction du pétrole et de pétrochimie de Daqing. Les activités forestières, les industries
extractives, la métallurgie et la construction mécanique restent surreprésentés.
        Le NE est un grand producteur d’énergie avec le charbon., l’électricité thermique ou
hydraulique dans les montagnes de l’E et le pétrole, dont la région assure la moitié de la prod
nationale. Faiblesse des IAA et de l’électronique. Vieillissement généralisé de l’équipement.
 L’agriculture est extensive surtout au N. Importance des fermes d’Etat (370 sur 2 M d’ha et 1
M d’actifs). les défrichements se poursuivent avec notamment des prêts de la Banque mondiale.
Au N, maïs, blé de printemps, soja, betterave à sucre, au S, maïs, riz, tournesol, fruits. Revenus
médiocres.
        Le pôle côtier est le plus avancé autour de la Zone économique ouverte du Liaodong
(Shanjiang, port de Yingkou, Dalian, vaste port industriel, reliés par une autoroute). Reprise
locale d’échanges limités avec l’ex URSS depuis 1984.

Le triangle métropolitain Pékin/ Tianjin/ Tangshan.

        Pékin et Tianjin, 2e et 3e agglomération de la Chine. Pékin, 2e ville industrielle après
Shanghaï et vitrine de la Chine populaire, vouée à une forte immigration de résidents
temporaires (3 M en 95). La ville impériale est vétuste marquée par des Hutongs (ruelles)
bordées de maisons basses. Phase maoïste jusqu’à la fin des années 1970, visant à transformer
la “ ville de consommation ” en “ centre économique ” par l’industrialisation y compris de
grands complexes d’industrie lourde en périphérie (grand complexe pétrochimique de
Yangshen au SE).
        Construction d’un axe principal E/O (avenue Chang’an) et place Tian’anmen.
Construction de grands ensembles de mauvaise qualité en périphérie du vieux centre. Depuis
les années 1970, construction de barres et tours en périphérie face à la crise du logement et
renforcement du tertiaire. Création d’une “ rue de l’électronique ” dans le quartier universitaire
en 1980 devenue zone de développement technologique de 100 km2. Plan d’urbanisme de 1983
répartissant la pop entre l’agglomération et une vingtaine de villes satellites de 100 000 hbts et
bourgs ruraux. Réseau de transports en voie de développement (construction de lignes de
métro).
        L’industrialisation au XIXe s à Tangshan fondée sur un bassin houiller et de minerai de
fer exploité depuis 1878. Ville reconstruite après un séisme en 1976. Tianjin est surtout un port
transféré en 1949 sur le golfe Bohaï. La région offrait des matières I comme le sel, coton,
pétrole ; la trop forte industrialisation (textile, puis ind lourde et chimie puis légères) se heurte
à la pénurie en eau de l’agglomération, qui a été un des 14 ports ouverts en 1984.

L’émergence du Guangdong.

         Longtemps campagnes surchargées d’hommes qui alimentaient l’émigration. devenue
une province attractive réputée pour ses hauts salaires, du fait de l’influence de HK.
Le Guangdong est isolé du N du pays par des massifs boisés les Nanling. Les contacts avec
l’étranger sont anciens (Canton porte des mers du S, Portugais à Macao). Le dialecte cantonais
reste très vivant, l’attachement à l’éducation est plus important encore, c’est enfin une province
frondeuse contestant le pouvoir du N. Jusque dans les années 70, Midi très agricole, avec des
densités fortes (3,5 actifs agricoles/ha, 6 à 8 dans deltas)dans les petites plaines littorales et les
deltas de Shantou et de la rivière des Perles, avec 3 récoltes dont 2 de riz/an +canne à sucre et
fruits, + aquaculture. 3 zones économiques spéciales (Shenzen, Zhuhai, Shantou) sont créées
après 1978, 2 ports ouverts (Canton, Zhangjiang), une zone économique ouverte (delta de la




                                                  8
rivière des Perles). Industrie de petites entreprises tournés vers l’exportation (Shenzhen exporte
la moitié de sa production).
        Floraison d’usines rurales (industrie légère, notamment construction électrique,
électronique). La croissance est forte mais inégalement répartie, en trois poches de dvt :
Shantou-Chaozhou, Zhangjiang- Leizhou, delta de la rivière des Perles.
        Le delta du fleuve Han (deux villes, Shantou et Chaozhou) trop éloigné de HK n’a que
peu attiré, Zhangjiang proche des gisements de pétrole off-shore de la Mer de Chine et port
ouvert présente plus d’opportunités. Le delta de la rivière des Perles (16 M d’hbts)est une zone
motrice.
        L’agriculture s’est tournée vers les productions commerciales (canne à sucre,
aquaculture) vers HK, l’industrie et le IIIaire assurent l’essentiel de la production économique,
avec des investissements étrangers et la redynamisation de vieilles activités (céramique de
Foshan), mais dégradation de l’environnement et essor de la pop flottante. Shenzen est
dynamique (parc industriel des sciences et techniques), Zuhai est handicapée par la médiocrité
de Macao/ HK. Le pourtour du delta est beaucoup moins dynamique que son cœur.

V / La bordure orientale. B) les marges, espaces en retrait et espoirs.

        4 provinces un peu supérieures à moyenne nationale, mais poches de pauvreté: au N, le
Hebei et le Shandong, au poids économique fort, au S, le Fujian et l’île de Hainan, longtemps
isolat et espace délaissés.

       Des espaces en retrait, encore fortement paysans et handicapés par le poids du nb :

        Hebei et Shandong sont deux zones de très fort peuplement (300 et 500 hbts/km²), très
agricoles (55% des actifs dans l’agriculture). Parties les moins avancées de la Chine littorale.
Le Hebei est l’extrémité N de la grande plaine de Chine du N et a connu une occupation
précoce. Terres à alluvions lœssiques amenées par fleuve jaune, agriculture non irriguée, semis
de gros villages, terre céréalière “ jardinée ”. Sécheresses tous les 2 ou 3 ans. 64 M d’hbts sur
188 000 km² dont 40% sont cultivés. 37% des terres = montagnes, peu peuplées (retombée des
Taihangshan rebord du plateau mongol). D’O en E, on trouve un piedmont entre 30 et 100 m,
favorisé par les sols, la richesse de la nappe phréatique, concentrant les plus fortes densités, à
l’E, la plaine alluviale ( argile, sable, limon), marquée par des buttes sableuses (anciens lits
perchés) et des dépressions, le littoral aux sols salinisés.
        L’accumulation de cette nappe humaine a été liée à une agriculture minutieuse mais peu
productive et peu intensive. Le blé est handicapé par la faiblesse des précipitations de
printemps. L’essor de l’irrigation par pompage sur la moitié de le surface cultivée a permis une
hausse des rendements et une atténuation des conséquences des sécheresses. Jusqu’en 1949,
l’industrie est quasi absente, actuellement le niveau est proche de la moyenne nationale, mais il
s’agit de productions ordinaires not textiles, situées sur les lieux de production de coton, et
l’exploitation du charbon et le BTP. Métallurgie faible.
        Province coupée en deux par l’influence de Pékin et Tianjin. Développement du port de
Qinhuangdao (exportation de charbon).
        Le Shandong est considéré comme une “ anomalie géographique ” en Chine (Giroir) en
raison de se très forte densité de pop majoritairement paysanne dans une agriculture non
rizicole. L’O appartient à la grande plaine du N, marquée par les sécheresses et les inondations
jusqu’à une mise en valeur hydraulique après 1949, le centre est occupé par un massif ancien
disloqué , à l’E la péninsule du Jiaodong plus arrosé avec une côte très découpée.
        Cette province est marquée par la lente accumulation d’une paysannerie trop
nombreuse, il a été le territoire des Etats de Qi et de Lu où est né Confucius (551-479 av JC).


                                                9
L’irrigation n’intervient qu’après 1949 et reste encore limitée à 55 % du territoire des plaines ;
la base de l’agriculture est céréalière (blé et maïs sur 60 % surface cultivée) le coton dans les
plaines, l’arachide, le soja, la patate douce sur les mauvais sols, et le tabac, les fruits, la vigne et
la pêche dans la péninsule du Jiaodong.
        L’industrialisation est liée à l’impulsion étrangère ( au début XXe, les Allemands
implantent des usines à Qingdao, not de fabrication de bière, lancent l’exploitation houillère,
construisent le chemin de fer Qindao-Jinan, les Japonais développent le textile). A partir de
1964, le gisement pétrolier de Shengli (“ la victoire ”) à l’amont du delta du fleuve jaune
entraîne l’édification d’une ville nouvelle.
        Le textile, les IAA et les industries extractives (charbon du pays noir de Zibo, et pétrole
de Shangli = 31 M de t/ an ) restent surreprésentées. Le charbon n’a pas donné lieu à une
industrialisation sur place, mais à l’exportation vers le reste du pays ou l’étranger (port de
Rizhao depuis 1986).
        L’industrie a diffusé largement dans les campagnes, notamment dans le région de
Yantaï (péninsule). La péninsule est le plus concernée par l’ouverture mais elle reste largement
un cul-de sac, elle constitue l’essentiel de la zone économique ouverte, comptant de nombreux
centres de sous-traitance devant accueillir les investissements étrangers. Qingdao concentre
beaucoup de ses investissements mais reste le 6e port chinois.
        Le Shandong garde encore de nombreuses poches de pauvreté (le district de Muping
dans le Jiaodong a encore un tiers de villages pauvres).le massif central reste une poche de
surpeuplement agricole. Les 15-24 ans forment plus de 20% de la pop , le taux d’urbanisation
reste faible (28% en 1990).

Le Fujian et Hainan : des espoirs liés à la politique d’ouverture.

        Le Fujian petite province de 32 M d’hbts est montagneuse, avec des alignements NE/
SO formant une barrière avec le reste de la Chine. Tout le pays est cloisonné avec maintien
local de particularismes dialectaux voire ethniques (minorité She), avec des vallées étroites, et
un taux de boisement fort (43%). Seulement 1,2 M d’ha cultivés.
        La riziculture occupe les fonds, les basses pentes sont en théiers de qualités mais soumis
à une forte concurrence. La pop s’entasse dans les petites plaines côtières et sur le littoral,
autour des principales villes (Fuzhou, Xiamen, Qanzhou). La côte rocheuse possède de
nombreux petits ports de pêche, la pop sur le littoral vit d’une agriculture très intensive, pouvant
aller jusqu’à 4 récoltes/ an, dont 2 de riz. Le climat subtropical permet la canne à sucre et les
agrumes.
        La province a connu la plus forte émigration externe de toute la Chine, vers Taiwan et
Haïnan. Jusqu’aux années 1980, fermeture de la province, malgré le désenclavement ferroviaire
de Fuzhou et de Xiamen. Le chgt date de 1985. La ZES de Xiamen, Fuzhou ville ouverte,
reprise des liens avec les émigrés, notamment de HK, puis de Taïwan. La croissance est
essentiellement urbaine et littorale depuis Fuzhou et Xiamen mais aussi des villes plus petites,
comme Putian célèbre pour posséder une des plus grande entreprises privées de Chine (usine
d’optique des frères Lin).
        L’industrialisation partie d’un niveau très bas dépasse actuellement la moyenne
nationale, par la multiplication des PME dans l’industrie légère (TV à Fuzhou et Xiamen,
montres électroniques à Putian…). Les industries du bois-papier, des IAA, de la construction
électriques et électroniques, mais aussi d’autres activités plus disparates ( la municipalité de
Quangzhou est spécialisée dans la ganterie, les produits en osier, les réfrigérateurs, les
tricots…)
        Hainan n’a qu’un poids démographique (7 M d’hbts) et économique faible. Sur le
massif des 5 doigts, les Li et Miao pratiquaient une agriculture archaïque. Après 1949, dans les


                                                  10
fermes d’Etat on étend et on diversifie la culture de plantes tropicales (cocotier, cacao, poivre,
café). En deux étapes, 1984 et 88, l’île devient un espace privilégié de la politique d’ouverture.
en 1988, elle devient la ZES la plus étendue de Chine, laboratoire de l’ouverture du pays. Une
compagnie de la mer de Chine représente HK et négocie les contrats.
        Les mesures incitatives à l’égards des investissements étrangers sont exceptionnelles.
un plan de développement global, sectoriel et spatial est établi (mise en place des
infrastructures, valorisation des ressources minières fer, titane, cuivre, cobalt, potentiel agricole
= 700 000 ha disponibles).
        On a défini 5 zones avec des orientations privilégiées : industries légères et tertiaire
autour de la capitale Haikou, sur la côte S, tourisme ( soleil, plages, minorités nationales,
villages de vacances de luxe financés par capitaux HK) et industries à haute technologie à
Sanya, agriculture à l’E, activités lourdes au NO etSO (mines, sidérurgie, ciment pétrochimie,
port franc).

VI / La Chine intérieure.

         Lorsque PC prend le pouvoir, il hérite d’une forte coupure entre Chine côtière et
intérieure. Les nouveaux dirigeants ont forgé leur victoire sur cette Chine intérieure. Mao
Zedong a établi sa base dès 1927 dans les montagnes aux limites du Hunan et du Jiangsi.
Yan’an devient la capitale troglodytique du PC après la Longue Marche de 1935.
         Une des raisons qui poussent le nouveau régime à privilégier le développement de
l’intérieur (70 % des investissements d’Etat entre 1966-70) et à remodeler un milieu naturel
souvent contraignant. Rattrapage pour l’industrie. depuis les années 1980, inversion des
priorités du dvt régional. La ZE Centre cantonnée dans le rôle de pourvoyeuse d’énergie, de
matières premières, de produits agricoles.
         Le retard demeure sauf pour le Hubeï relativement avancé. On ne peut distinguer que 4
centres économiques (industrie + tertiaire + campagnes périurbaines actives) : Wuhan,
Chongqing, Chengdu, Xi’ an.

Des régions intermédiaires par leur niveau de dvt et en situation de périphérie.

        La Chine intérieure = régions intermédiaires entre régions développées de l’E et sous
développées de l’O. elle demeure massivement rurale. 9 villes > 1 M d’hbts, 500 000< 11
villes< 1 M. Ecart considérable entre 1ère et 2e ville. Campagnes libérées sous la RPC des
catastrophes naturelles : grandes sécheresses des plaines de lœss, sécheresses/ inondations des
plaines de Henan- Anhui. Aménagement d’ensemble du Fleuve Jaune et du Changjiang.
Zonation climatique et agricole N/ S.
        Au N d’une ligne Qinling- vallée de la Huai, systèmes basés sur le blé, le maïs ou
d’autres céréales (millet, sorgho) et coton.
        Ensuite zone de transition où blé et riz s’interpénètrent, le bassin du Sichuan constituant
une exception avec son système de culture varié et un élevage porcin dvppé.
        Au S, la riziculture prédomine au Hunan, au Jiangxi, et dans le SE du Hubei.

       L’agriculture est marquée par une intensivité et une productivité médiocre.
L’industrialisation a été de grande ampleur : Xi’an sans industrie en 49 est devenue en 53 une
des grandes villes industrielles du pays. Panzhihua a reçu un complexe sidérurgique, de gros
équipements hydrauliques ont été réalisés : barrage de Ghezhouba au débouché du Changjiang
(14 Md KW/h), barrage des trois gorges. Les activités banales à faible valeur ajoutée sont
surreprésentées ( extraction du charbon du Shanxi, de l’aluminium deu Ghuizou, IAA,
métallurgie de base, textile).


                                                 11
         Les industries chimiques ou la construction mécanique sont sous représentées (rareté de
la main d’œuvre qualifiée, faible environnement tertiaire). Le 7e plan (1986-90) instaurait une
division régionale du travail et assignait à la Chine intérieure le rôle de pourvoyeuse de matière
première et d’énergie ainsi que l’accroissement de la production agricole.
         Les provinces intérieures manquent de ressources pour financer leur développement. Le
Shanxi par ex est payé en monnaie nationale pour ses ventes de charbon aux provinces
littorales, et il manque de devises pour importer des technologies étrangères.
         La Chine intérieure est par ailleurs un bassin de main-d’œuvre pour les provinces
littorales donc émigration et atout pour d’éventuels investissements étrangers. G. W. Skinner
étudiant la Chine de la fin du XIXe s a conclu qu’elle se divisait en macrorégions, constituant
des systèmes économiques semi-autarciques autour d’un bassin hydrographique et limitée par
des montagnes, au sein desquelles il existe un cœur et une périphérie.
         Ce schéma reste valable à l’intérieur de chaque province. La périphérie ce sont les
massifs qui s’intercalent entre les plaines et les dépressions et constituent des refuges et des
isolats.

Le pays de la “ terre jaune ” : de la crise agricole à la “ base de production d’énergie ”.

        Ce que l’on appelle le “ plateau des lœss ” s’étend sur 300 000 km². N’en font pas partie
les massifs des Qinling et Dabashan, ainsi que la plus grande partie du Shanxi montagneux. Les
pays du lœss appartiennent au berceau de la civilisation han, ce sont aussi de vieilles régions de
misère paysanne, liée à la surexploitation du milieu.
        Le Shanxi est essentiellement montagneux avec des blocs soulevés dépassant 2000 m. il
s’agit d’un bastion aux hivers froids, fermé à l’E par les Taihangshan, à l’O et au S par le
Huanghe. Les ppt sont abondantes mais mal réparties annuellement (sécheresse des printemps,
pluie d’été violentes, dangereuses pour les sols, notamment à cause du déboisement forcené des
années 1960).
        Le prétendu modèle de développement de Dazhai (village pauvre de L’E du Shanxi) se
voulait essentiellement fondé sur l’agriculture mais est lié à des activités non agricoles. C’est
une zone de forte érosion, alimentant la turbidité du fleuve jaune (- 5000 t de terre/km²/ an ).
Dans le N dépassent les 20 000 ou 30 000 t/ an. Le lœss est fertile, il est une matière première
pour la briqueterie et la poterie, il permet un habitat troglodytique très répandu et adapté au
climat.
        L’agriculture reste pauvre, sauf dans les bassins de la Fen et de la Wie où l’irrigation
permet 2 récoltes/an. Des programmes d’aides aux paysans ont été mis en place dans les années
1980 aidés par le FAO. Le but est de retrouver un équilibre dans l’utilisation du sol : 25 % peut
être cultivé, 20 % doit être mis en prairies, 30 % en forêts et vergers, 25 % inutilisé. Le Shanxi
est plus avancé car devenu moins agricole que le Shaanxi.
        Les réserves houillères sont nombreuses et de bonne qualité (200 Md de t pour le Shanxi
dans de bonnes conditions d’extraction, parfois à ciel ouvert anthracite et coke). Le handicap
est le manque de transports pour transporter le charbon, d’où accumulation des stocks. En 1982
a été créée une “ base de production d’énergie ” centrée sur le Shanxi, incluant le N du Shaanxi,
débordant sur la Mongolie : la production a doublé depuis le début des années 1980 et
représente 30 % du total chinois.
        Les objectifs sont de porter la production à 400 millions de t pour le Shanxi et 50
millions pour le Shaanxi du N. les expéditions de charbon se feront par le chemin de fer sur 4
lignes à haute capacité vers la côte. On compte développer les centrales thermiques sur les
mines, ou le fleuve jaune.
        D’autres industries se sont développées notamment les industries lourdes, métallurgie,
engrais chimiques, constructions mécaniques (locomotives à Datong). Dans le Shaanxi,


                                               12
l’industrie est concentrée à Xi’an avec une première génération autour du textile puis de la
métallurgie de transformation. Les autres centres industriels sont localisés dans le bassin de la
Wie.

La grande plaine de Chine du N intérieure.

    Ces provinces du Henan et de l’Anhui étaient des terres de catastrophes naturelles : “ terres
blanches de sel au printemps, couvertes d’eau en été et automne, en 10 ans une seule récolte
passable ” (dicton de Zhengzhou). Cette ancienne misère a laissé des traces profondes dans les
mentalités (forte fécondité, illetrisme).
    Le territoire de ses deux provinces est constitué en grande partie par les plaines du fleuve
Jaune et de la Huai. La Huai délimite deux domaines bio-climatiques : le S humide voit
apparaître le riz et le thé, le N est le domaine du blé et du coton. L’aménagement débute en 1951
sur l’appel de Mao : “ Nous aménagerons la Huai ”. en 1955 est établi un plan pour le Fleuve
Jaune.
    Il faut freiner l’érosion des sols sur le cours supérieur, emmagasiner l’eau sur le cours
moyen et inférieur, et y constituer des réseaux d’irrigation et de drainage. Sur la dernière gorge
du Huanghe, on construit le complexe hydraulique de Sanmenxia, sur un projet soviétique
achevé par les Chinois qui le réduisent en raison du risque de comblement. Sur la Huai on a
construit plusieurs milliers de réservoirs dont 35 grands. Les digues ont été renforcées (10 m de
haut), on a établi des bassins de retenue, et des canaux de dérivation (canal de la victoire du
peuple, 1952).
    L’objectif est d’atteindre un taux de boisement de 10 % pour fixer les sables. 50% de le
surface est maintenant irriguée, ce qui a permis dans le N le passage à deux récoltes /an. Les
deux provinces (Anhui- henan) restent très rurales.
    Elles ont organisées en 3 espaces :

-   les plaines agricoles, l’espace le plus étendu et le plus peuplé, avec des densités fortes,
    ponctuées de villes industrielles sur les grands axes de communication ou près des
    ressources naturelles (Anhui marqué par l’industrie légère sur l’axe ferroviaire
    Pékin-Shanghaï, Henan marqué par 15 centres d’extraction minière au pied des
    Taihangshan et Funiushan et de part et d’autre du Fleuve Jaune, en faisant la 2 e région
    d’extraction de charbon de Chine, pétrole dans le N, industrie textile dans l’E du Henan près
    de la production de coton).

-   L’axe Luoyang-Zenghou-Kaïfeng, seule zone urbanisée, diversifiée et dynamique, au
    réseau de communications rénové par des lignes ferroviaires majeures NS et EO. Depuis
    1988, Zhenghou et Luoyang sont dotées de ZES.

-   Les montagnes, pauvres et agricoles, fortement peuplées par rapport au potentiel ( sauf le
    cas des Huangshan, désenclavées par le chemin de fer, dynamiques et touristiques).

La région des lacs.

        Hubei, Hunan et Jiangxi appartiennent à la Chine du S, dans la zone subtropicale. Les
sols prédominants sont des sols rouges, pauvres en matière organique, acides, retenant peu
l’eau, sensibles à l’érosion. le relief est mouvementé et compartimenté, les plaines sont
réduites, groupées dans la plaine “ aux mille lacs ”, entre le Changjiang et la Hanshui, autour du
lac Dongting, autour du lac Poyan. La parler mandarin disparaît au profit de dialectes, la
riziculture prédomine.


                                               13
        Chaque province présente de basses plaines lacustres ceinturées par des montagnes peu
élevées. Les plaines correspondent à la convergence hydrographique du Changjiang et de ses
principaux affluents.
        Les montagnes s’organisent en massifs d’orientation souvent SO/ NE. Les plaine sont es
dépressions marécageuses du fait de la très faible pente du Changjiang (34 mm/ km à la sortie
de ses gorges jusqu’à Wuhan, 14 de Wuhan à la mer).
        Des lacs servent de régulateurs mais sont menacés de comblement. Tout repose sur des
digues, délimitant des casiers (dès les Song : XIe- XIIIe s). le complexe de Gezhouba, le plus
grand de Chine avce 2 centrales hydroélectriques, qui doit être complété par le projet des trois
Gorges (achevé vers 2010).
        Plaine set vallées ont une agriculture intensive, avec des revenus paysans légèrement <
moyenne chinoise. On pratique 2 récoltes de riz (mai-juilllet, août-septembre) et une 3e récolte
de blé, de coton ou d’engrais vert (150 qx/ha). L’agriculture est diversifiée avec la pisciculture,
l’élevage porcin particulièrement au Hunan (+ d’un porc/actif agricole).
        Les campagnes périurbaines sont plus prospères (maraîchage, activités non agricoles).
        Les plaines du SE du Hubei constituent une véritable région industrielle. Wuhan est un
des plus grands centres industriels de Chine, avec une grande diversité de productions liés aux
héritages des Révolutions industrielles depuis le XIXe s (mandarins progressistes à l’origine de
la sidérurgie, port ouvert en 1861, combinat sid de type soviétique du Premier Plan, rénovation
par la RFA et le Japon) c’ets la véritable métropole de la région, elle englobe trois villes en
coalescence (4 M d’hbts) et est marquée par le Tertiaire (universités, centres de recherche…).
Le Huanna et le Jiangxi ont quelques industries dispersées post 49 : centre d’extraction du Cu
dans le NE de Jiangxi, capitale de la porcelaine à Liling…).
        Les montagnes qui bordent les plaines ont toujours été des espaces en marge, refuge des
minorités nationales. Au Hunan, 4,8 M peuplent le massifs de l’O. ces montagnes sont
relativement peuplées (50 Hbts/km²).
        Le peuplement résulte aussi de l’immigration, dans le Jiangxi not, dans un programme
de mise en valeur des terres rouges qui continuent actuellement grâce aux prêts de la Banque
Mondiale. Les pentes > 20 % doivent être reboisées. Parmi ces régions peu développées, le NO
du Hubei fait exception, car il est devenu pour des raisons stratégiques, une région d’industrie
automobile possédant des villes > 200 000 hbts.

Le Sichuan, “ grenier du ciel ”, une opulence plus apparente que réelle.

         Fermé de tous côtés par des montagnes qu’on ne pouvait franchir que par les gorges du
Changjiang, le Sichuan a longtemps fonctionné comme un isolat. La formule de grenier du ciel
évoque sa richesse agricole et son accès malaisé, comme le ciel…dans les années 1950, la
province a été agrandie par le rattachement de l’ancienne province du Xikang (espace culturel
tibétain) et au SO des montagnes de peuplement yi.
         L’ancienne réputation de prospérité est liée à la variété des productions agricoles et à la
minutie des paysages ruraux entretenus avec une débauche de travail, marqué par un habitat en
hameaux.
         Le Sichuan actuel est une province pauvre, aux bas revenus paysans associés à une
surcharge démographique (3 actifs/ ha cultivé en moyenne).
         La croissance agricole apparaît bloquée, du fait de rendements décroissants. Le district
de Guanghan dans la plaine de Chengdu en fournit un bon exemple. Depuis les années 1980, ce
district connaît une stagnation des revenus paysans malgré des progrès agricoles ; le décollage
de la région provient d’activités non agricoles.
         Les conditions naturelles sont bonnes avec souvent des bons sols dans le Bassin Rouge,
ensemble de plaines et de collines, toute la partie centrale ayant été aménagée en terrasses. La


                                                14
situation d’abri se traduit par des hivers doux (349 j sans gel/ an), des étés chaux et brumeux, un
climat humide toute l’année, ce qui permet théoriquement 3 récoltes / an, mais la triple récolte
imposée en 1971 a connu des résultats peu probants et a été abandonnée.
        Les cultures sont variées avec un étagement : fonds en rizières, les terrasses en riz et blé,
les sommets des collines en blé, patates douces, ou champs complantés d'arbres fruitiers
tropicaux.
        L’élevage porcin est beaucoup plus important que dans le reste de la Chine. Le pbl
majeur est la pression démographique rurale excessive, qui se traduit par des
microexploitations (0, 4 ha en moyenne). Le revenu paysan est faible (77% moyenne nationale
en 94) le contrôle des naissances se généralise plus vite que dans le reste de la Chine.
        Les villes assez nombreuses sont marquées par la tradition chinoise, à l’exception de
Chongqing ouverte aux étrangers et ayant connu des transferts industriels, la province reste au
stade préindustriel de l’artisanat, y compris pour l’extraction du sel dans la partie centrale du
bassin . Le potentiel est grand (charbon, gisements polymétalliques, potentiel hydroélectrique
peu exploité).
        Le désenclavement est inachevé, le Changjiang n’est pas une grande voie navigable, le
réseau ferroviaire a la forme d’une grande boucle de Chongqing à Changdu. Chongqing est en
tête de l’industrie de la région avec quelques investissements étrangers notamment (
motocyclettes chongqing Yamaha).
        Il existe trois zones industrialisées : la vallée du Changjiang de Yibin à Wanxian, un axe
le long du chemin de fer Leshan-Chengdu-Mianyang, un axe moins important dans la vallée du
Tuojiang. Le pbl majeur est la crise de l’emploi (15 M de personnes en recherche d’emploi en
90, un quart de la pop a entre 15 et 24 ans).

L’échec d’une vieille périphérie pionnière : le Guizhou.

        La richesse initiale en mines et en forêts (disparues)de cette province peuplée de taï,
miao et Tibéto-Birmans a entraîné une colonisation dès le XVIIIes des Han devenus
majoritaires. Le Guizhou reste très enclavé et l’occupation humaine morcelée, le maintien de
paysans très pauvres, l’exploitation industrielle se limitant souvent à la simple exploitation des
ressources naturelles font du Guizhou une partie de la Chine sous-développée, s’apparentant
avec la Chine extérieure.

VII / La Chine “ extérieure ” : le tiers-monde de la RP ?

        Ces 8 régions sont incorporées à l’espace chinois depuis longtemps pour contrôler la
route de la soie active jusqu’aux Tang, mais ont mal contrôlées. De 1911 à 49, l’O a vécu quasi
indépendant (Tibet) ou sous domination soviétique (Xinjiang). Après plus de 45 ans de RP, l’O
reste un domaine où “ tout est potentiel ” (Gentelle).
        Depuis les années 1980, le renforcement de l’autonomie provinciale particulièrement
économique et financière a laissé à l’écart la Chine extérieure.
Très hautes terres, steppes, déserts, tropique : la Chine différente.

        4 caractéristiques majeures : immensité (6 M km²), aridité et/ou caractère montagneux
avec souvent de très hautes altitudes, mise en valeur et organisation spatiale par des pop non
han (isolement, fragilité, arriération), faible poids économique en Chine.
        Les minorités nationales occupent la plus grande partie de l’espace particulièrement
dans les campagnes. Après 1949, il y a eu une immigration han surtout dans le NO. 6/_
provinces ont plus de 60 % de Han dans leur pop. Longtemps il s’est agi d’une immigration




                                                 15
organisée, parfois militairement, voire forcée (archipel du Goulag au Qinghai, au Xinjiang).
Beaucoup de colons ne souhaitent pas se fixer.
       Le peuplement han s’est concentré sur certains espaces (frange S de la Mongolie où sont
les meilleurs pâturages, bassin du Manas au Xinjiang), surtout ils ont préféré les villes. Le
renforcement du peuplement han a conduit à deux sociétés juxtaposées, s’ignorant
mutuellement dans une “ atmosphère coloniale ” (P. De Beer).
 La limite majeure est l’isohyète 400 mm entre un domaine marqué par l’altitude et l’aridité, et
un domaine subtropical et tropical.
On peut distinguer 4 sous-ensembles :

-   le plateau mongol (1,5 M km²) netre 1000 et 1500m, marqué par de très grands froids en
    hiver, de la chaleur en été, une aridité croissante d’E en 0. On passe de la steppe herbeuse au
    désert sableux. La grande boucle du Fleuve Jaune introduit des possibilités d’irrigation.

-   le Xinjiang, aride marqué par l’endoréisme, une grande proportion des déserts chinois (dont
    le Taklimatan aride et froid de 327 000 km²) et la Muraille verte entreprise à partir de 1977.
    La disposition du relief permet d’avoir des espaces cultivables disposant d’eau, de
    l’ensoleillement et de la chaleur en été (Vignoble de Turpan). 3 grandes chaînes de
    montagnes enserrent 2 dépressions, la Dzoungarie au N, la steppe donnant un pâturage
    d’hiver, la bassin du tarim hyperaride. Au contact montagne-dépression de grands cônes
    alluviaux d’abord caillouteux (gobi) passent vers l’aval à un matériel plus fin qui permet la
    création d’oasis (4 à 5 M d’ha arables utilisés sur 10) l’extension est bloquée par le manque
    d’eau ou le risque de salinisation des sols.

-   Les hautes terres du Tibet-Qinhai, masse de hauts plateaux entre 3500 et 5000 m et de
    hautes chaînes plus élevées bordant la région au N et au S (Kunlun, Qilian, Himalaya). Le
    Tibet oriental, disséqué par des hautes vallées, est un château d’eau où naissent 6 grands
    fleuves, les ressources sont la prairie alpine, la forêt et la céréaliculture (“ grenier du Tibet).
    On passe vers le NO au désert froid d’altitude, parsemé de lacs salés, le “ désert du N ”
    (Qiangtang).

-   Le SW, subtropical et tropical, affecté par de lourdes contraintes naturelles, notamment
    l’enclavement. d’O en E, on passe les hautes montagnes et profondes vallées de l’Hengduan
    largement boisées, s’abaissant au S où apparaissent des bassins, des plateaux entre 1400 et
    2000 m dans le Yunnan, avec un climat d’“ éternel printemps ”, avec une base de riz et maïs
    complété par du blé, du tabac, canne à sucre, hévéa), des plateaux plus bas au Guangxi
    (calcaire à karst à tourelles), plus chaud et arrosé (Chine du riz).

    La RPC a tenté de développer la Chine extérieure largement agricole et archaïque. De gros
investissements ont commencé avec le premier plan quinquennal (grandes implantations
industrielles à Lanzhou, Baotou et Kumming), ils ont été renforcés entre 65 et 72 par la
politique de la “ Troisième zone ” (régions protégées d’éventuelles attaques militaires) avec
création de bases stratégiques (nucléaire, aérospatiale) et militaires.
    La Chine de l’O est dépendante de l’Etat et des provinces plus développées auxquelles elle
fournit produits agricoles et matières premières en échange de transferts de capitaux et de
technologies, les efforts de développements sont ponctuels et insuffisants. Le potentiel
hydroélectrique de l’E du Tibet- Qinghai est à peine utilisé, le prolongement de l’axe ferroviaire
majeur ne date que de 1990.
    L’agriculture reste en tête de l’emploi. Grâce à des grands défrichements, et au
développement de l’irrigation, les cultures ont progressé et l’emportent sur l’élevage. le secteur


                                                  16
pastoral qui a connu une campagne de sédentarisation des nomades reste archaïque et peu
productif (surpâturage et dégradation). Avec 35% du gros bétail et 51% des ovins, l’O n’assure
que 12 % de la production nationale de viande.
    En ce qui concerne l’industrie, le SO reste largement sous-industrialisé. Le NO est proche
de la moyenne nationale, avec une dominante d’industrie lourde (chimie et métallurgie des
non-ferreux au Gansu, pétrole engrais, plomb, zinc, aluminium dans le Qinghai). Les
principales villes sont nées de l’industrie (Shizuishan, Baotou, Shiezi). Enfin, la Chine
extérieure reste en dehors de l’ouverture, les exportations les investissements et le tourisme sont
faibles.
    On note cependant un certain développement des échanges informels au niveau des
frontières, par ex entre le Xinjiang et les Républiques d’Asie centrale de l’ex-URSS, entre le
Guangxi et le Yunnan et la Birmanie ou le Vietnam.

Des structures régionales éclatées.

        En 1987, un essai de géographes chinois distingue sept blocs contigus et un huitième
séparé dans le N du Xinjiang. Les diverses unités administratives ont peu de relations entre
elles. De plus, la population notamment han, ainsi que les activités, sont concentrés dans une
zone vitale ou un axe fort à l’intérieur des régions.
        La Mongolie utile massivement han comprend les marges orientales et méridionales
agricoles, dans l’Ordos, mis en valeur dans les années 1960 par des fermes d’Etat, avec des
résultats incertains face à la sécheresse, mais aussi dans la boucle du Huanghe, avec les plaines
de Yanchuan et Hetao où des systèmes d’irrigation très anciens ont été réaménagés et étendus.
Les villes ont été industrialisées de toutes pièces après 1949 : complexe sidérurgique de
Baotou, industrie légère à Hohhot.
        Le bassin houiller mongol autour du Huanghe est incorporé à une base de production
d’énergie centrée sur le Shanxi dans le 6e plan (1981-85) ce qui en fait une périphérie intégrée.

        Le Gansu est une province massivement han, qu’on peut séparer en 2 : la partie orientale
est un monde de hautes collines très disséquées et soumises à une forte érosion, espace de
misère paysanne. Depuis 1982, un programme d’éradication de la misère bénéficiant d’aides
internationales (Nations Unies, Union Européenne), a organisé l’émigration de 1 million de
personnes vers les zones irriguées de la vallée du fleuve jaune ou vers Lanzhou. Lanzhou est
devenue une base d’industrie lourde (pétrole + hydroélectricité du Fleuve Jaune), très polluée.
La partie Occidentale est une région pionnière, avec un réseau hydrographique endoréïque qui a
permis de grands travaux d’irrigation et marquée par des petites villes industrielles crées de
toutes pièces. Le Gansu est devenu une “ région pauvre modèle ” (P. Gentelle).

Le SO attardé regroupe le Yunnan et le Guangxi ets marqué par un peuplement beaucoup plus
étoffé et contigu . il présent de nombreux signes de sous-développement. Le poids de
l’agriculture dans l’emploi reste écrasant, avec une faible intensivité et productivité.
        L’industrialisation est faible, et les grandes villes manquent (8 villes de plus de 200 000
hbts pour une pop de 84 M). les causes de ce retard sont multiples, liées aux handicaps naturels,
le poids des minorités nationales, le carcan de la gestion maoïste, et le rôle répoulsif de la
proximité du Vietnam. Le retard tend à s’atténuer depuis les années 1980.

       Le Xinjiang demeure la “ nouvelle frontière ” que signifie son nom. L’occupation
humaine reste limitée trois ou quatre liserés discontinus au pied des montagnes. L’armée a
défriché 1 M d’ha, plus de 70% des surfaces cultivées sont irriguées, mais l’agriculture atteint
son maximum avec des déboires écologiques (insuffisance de bandes forestières, salinisation


                                                17
des sols). La mise en valeur est spatialement concentrée, autour de la ville industrielle
d’Ürümqi, le bassin agricole et industriel de Manas autour de la ville de Shihezi, le gisement
pétrolier de Karamay.

        L’espace tibétain est un espace culturel original marqué par un système monastique,
formant une communauté spirituelle entretenant d’incessants déplacements de pèlerins. La base
économique, exclusivement agricole associait d’immenses espaces pastoraux, domaines du
yack, et une céréaliculture fondée sur l’orge, dans les vallées du S et du SE. La RPC a divisé le
Tibet en 5 unités administratives.
        Le Qinghai est devenu dans sa partie N un espace pionnier han autour de la ville de
Golmud. Le S reste le domaine des pasteurs tibétains, avec des densités <1hbt/km². Le Tibet
reste sous-développé et le peuplement han se limite à quelques centaines de milliers de
militaires. La contestation d’un “ peuple sans Etat ” organisée par le dalaï-lama s’exprime par
des troubles incessants. Soucieuse de son image de marque, la Chine mène une politique plus
tolérante envers la culture tibétaine depuis 1980, sans résoudre le pbl.
Le développement de la chine littorale parviendra-t-il jusqu’à la Chine extérieure ?

IIIe partie : une très grande puissance économique du tiers monde.


Pour L Bianco, la Chine de 1 994 en est au stade de “ poches de richesse dans un grand payq
pauvre ”.

VIII / De la croissance économique à l’amorce du développement.

        En 1995, la Chine est la première puissance économique mondiale (10%), huitième pays
pour la valeur ajoutée manufacturière, deuxième ou troisième pour le PNB en volume, septième
à neuvième en valeur. A une période de croissance sans développement visant un accroissement
quantitatif et non qualitatif de la production succède à partir de 1979 des réformes (les “ Quatre
modernisations ” proposées par Zou Enlaï).
        L’objectif du développement de la chine a une “ bonne chance ” d’être atteint selon la
Banque mondiale vers le milieu du siècle prochain.

Plus de 4 décennies de croissance économique.

        Entre 1950 et la fin des années 1980, revenu national X 4. Le revenu par hbt a cru de 2 %
par an. Depuis 1979, accélération de la croissance économique.

Modèle soviétique et “ voie chinoise ” maoïste.
        Malgré l’opposition courante entre une phase soviétique jusqu’en 1957 et une voie
maoïste entre avancées utopistes et réajustements nécessaires, les grandes priorités restent les
mêmes. Dans un cadre de centralisation administrative, la priorité va à une industrialisation
rapide, surtout des industries lourdes, que doit permettre une forte ponction financière sur
l’agriculture (avec les “ erreurs ” habituelles = égalitarisme, cloisonnement économique et
fermeture au nom de l’idéal d’autarcie). le résultat est une croissance modérée.
        La modification de la société prime sur la développement économique. La production
agricole ne suit pas l’essor démographique, la production de grain/ hbt ne retrouve son niveau
de 1956 qu’en 1975. On assiste à un processus d’“ involution agricole ” (CL. Aubert) où le nb
d’actifs agricoles s’accroît considérablement, abaissant la productivité. Le revenu réel/hbt a
progressé autant entre 1950 et 1980 que pendant les 5 années 1980-1985.


                                               18
Modernisation et efficacité économique depuis 1979.
         Taux annuel de croissance de 9,6 % pour la période 1980-93. Le déséquilibre entre
croissance agricole et celle de l’industrie a été réduit. L’amélioration du niveau de vie est très
sensible, notamment sur le plan alimentaire. On assite à une modification de la structure de
l’emploi : montée des emplois dans l’industrie(23% de l’emploi en 1994, 48% du PIB) et dans
le tertiaire (23% de l’emploi et 32% du PIB), même dans les campagnes.

Un pays à faible revenu ou un pays à revenu intermédiaire ?

        En 1994 ? PNB/hbt de 530 $, un des plus faibles du monde d’après la Banque mondiale.
D’autres sources attribuent à la Chine un revenu/ tête 4 à 7 fois plus élevé en faisant un pays à
revenu intermédiaire. D’autres facteurs comme la démographie, la santé et l’éducation font de
la Chine un pays bien placé en Asie du SE selon F. Durand-Dastès.
        Le PNUD1combine espérance de vie, niveau d’éducation et revenu réel/hbt et classe la
Chine au 111e rg mondial, sur 174, entre pays à dvt humain élevé et pays à faible dvt. En fait la
Chien est un pays contrasté, d’autant plus que les inégalités sociales ont crû fortement dans les
années 1980. L’avantage des urbaines sur les ruraux restent considérables avec des revenus
moyens doubles.
        Les écarts spatiaux sont importants : le revenu net d’un paysan de Shanghaï est 5 fois
plus élevé que celui d’un paysan du Gansu. En 1987, 8% de paysans pauvres, 56% de paysans
moyens, 30 % aisés pouvant s’acheter des biens de consommation durable est seulement 5,4%
de riches. Le revenu/hbt reste proche de celui de l’Afrique du N ou de l’Indonésie. plus de la
moitié du budget des familles est consacré à l’alimentation dans laquelle les grains représentent
les ¾.

L’ère des réformes :              “ économie       socialiste   de   marché ”   ou   “ capitalisme
bureaucratique ” ?

        Depuis 1979, nouvelle logique qui place l’essor économique avant la transformation de
la société. Nombreux à-coups, notamment en 1988, lorsque s’affrontent ancien et nouveau
système (“ double tarification ” pour un même produit entre pris fixé par l’Etat et prix du
marché). En 1979, réformes rurales, 1984 : “ Décision du comité central du PC sur la réforme
du système économique ”, 1992 : adoption d’une “ économie socialiste de marché ”.

        Les réformes rurales ont débuté par une “ révolution silencieuse ” qui a décollectivisé et
de fait privatisé l’agriculture. Les communes populaires disparaissent. Une deuxième étape en
1985 a tenté de rétablir les mécanismes du marché par suspension des monopoles de l’Etat et
des livraisons obligatoires. La main d’œuvre en surplus a pu se diriger vers les activités non
agricoles proliférantes des “ entreprises de cantons et de bourgs ”. La crise agricole de la
seconde moitié des années 1980 montre que l’Etat doit encore inventer des moyens de
régulation de l’économie.

     La politique d’ouverture sur l’étranger a été entamée dès 1979-80 et le volume du
commerce extérieur a enregistré une des plus fortes croissances mondiales.

          La réforme de l’économie urbaine engagée en 1984.


1
    Programme des Nations Unies pour le développement.


                                                     19
Les principales réformes sont la libéralisation des prix, le remaniement du secteur d’Etat, avec
une autonomie de gestion, le développement d’entreprises collectives et privées, la
décentralisation économique et financière, la mise en place d’une législation…ces réformes ont
connu un cours assez chaotique, du fait des effets pervers induits, ce qui a entraîné une pause de
1988 à 92. La passage a une économie de marché est loin d’être réalisé.
        Actuellement coexistent deux systèmes économiques, le système d’emploi dans les
entreprises d’Etat n’évoluent que lentement. L’explosion des prix mécontente les citadins,
habitués à la stabilité des prix. La Chine s’avance vers un système économique officiellement
dénommé “ économie socialiste de marché ” (pouvoir au PC et capitalisme économique) mais
certains lui préfèrent la formule de “ capitalisme bureaucratique ”.

IX / Le goulet d’étranglement des transports :

“ la crise des transports apparaît comme le symptôme des dysfonctionnements du système
économique chinois lui-même ” (G. Giroir).
        La mise en place d’un système de transports est importante car la Chine est un pays
vaste et compartimenté, où les zones vitales sont séparées, mais aussi car les ressources
naturelles de l’intérieur et de l’O et les utilisations côtières sont séparées.
        Les transports sont devenus un secteur économique important :6% du PIB, 18 M
d’actifs grâce à une explosion des entreprises de transport dans les campagnes. Pourtant les
transports chinois ne peuvent satisfaire les besoins en forte hausse. Cela se traduit par la
surcharge des équipements, la lenteur des déplacements et leurs mauvaises conditions.
        Cette insuffisance résulte à la fois d’un manque de conception d’ensemble et du principe
maoïste d’autosuffisance locale ou provinciale. L’empreinte du sous développement reste
marquée : d’une part le secteur traditionnel utilisant la force humaine ou animale subsiste hors
des grands axes et pour les échanges locaux.
        Le secteur d’Etat (39 % des actifs des transports) est concurrencé par un secteur privé en
plein essor pour les transports routiers et la voie d’eau. dans les campagnes, on a vu se
multiplier les petits transporteurs privés, utilisant tracteurs et motoculteurs et entraînant une
quasi-saturation des routes rurales.
        Dans toutes les provinces subsistent des zones enclavées : un quart des villages sont
inaccessibles par des moyens de transport modernes.

L’effort d’équipement de la RP longtemps axé sur le “ tout rail ”.

         En 1949, 22 000 km de voies ferrées à l’E. la stratégie de la RPC va être de désenclaver
l’intérieur et l’O, d’assurer la circulation des matières premières pour l’industrie lourde, de
créer de véritables réseaux à l’O. la priorité est donnée au chemin de fer, même pour des courtes
distances. Jusqu’en 1980, les investissements sont étatiques et notoirement insuffisants (1% du
PIB).
         Depuis 1982, les investissements augmentent et se diversifient : Banque Mondiale,
Japon, HK, autorités locales pour les routes (dans les zones pauvres, matériaux fournis par les
collectivités locales, travail par les paysans, nourriture par Etat). 0 partir du VI et VIIe plans, on
conçoit en terme de réseaux.
         Les chemins de fer, présents dans toutes les provinces sauf au Tibet, sont peu
modernes,74% de la longueur est en voies uniques, seulement 16,6 % de la longueur est
électrifiée, 35% des locomotives sont à vapeur, la vitesse moyenne est de 30 km/h pour les
marchandises et de 48 pour les passagers. Les TGV ne sont apparus que dans le VIIe plan
(91-95) avec la ligne Pékin-Shanghaï. Les principales réalisations en cours sont à l’O (axe de la
mer jaune vers l’URSS, le SW avec la ligne Kunming-Nanning, la ligne Pékin- Shenzen-HK).


                                                 20
        Depuis 1986, l’entreprise d’Etat des chemins de fer garde ses profits, paye des impôts et
doit payer ses investissements, ce qui a entraîné une forte hausse des tarifs.
        Les routes qui font près de 1,1 M de km, dont seulement 30% de bonne qualité, et 11ù
non asphaltées, sont en retard même par rapport à certains pays du tiers monde. Ces routes
s’organisent en réseaux provinciaux autour de la capitale, sans interconnexion. La vitesse
moyenne n’est que de 40 km/h, du fait du mauvais état des routes et de leur encombrement,
malgré un parc automobile dérisoire (9 M de “ véhicules à moteur en 1994 dont seulement 1,4
de voitures). Un effort est fait dans la construction d’autoroutes du N au S et d’E en O.
        Les 560 lignes aériennes sont très intéressantes (8h au lieu de 76 h de train entre Pékin et
Hotan au Xinjiang). Les aéroports restent peu nombreux et médiocrement desservis par des
sociétés issues de l’éclatement de la CAAC (Civil Aviation Administration of China).
        La navigation intérieure est largement négligée par rapport à un énorme potentiel,
notamment dans le bassin du changjiang (2800 km navigables) et le S. la longueur du réseau a
diminué depuis 1962. Les voies d’eau sont peu entretenues, la batellerie est vétuste. La
concurrence des ports maritimes dans la dynamique de l’ouverture ont concurrencé les
investissements pour la voie d’eau. Jusque vers 1973, les ports avaient accumulé un énorme
retard. Les aménagements portent sur une vingtaine de sites dont 11>10 Mt.

Des trafics intensifs.

         Par le nb de t/km pour 1 $ de PNB, la Chine se classe parmi les plus fortes intensités de
trafic, ce qui tient beaucoup aux déplacements irrationnels et aux retards techniques ( le triage et
le lavage du charbon réduiraient de 20 % le volume transporté). Le volume des marchandises a
augmenté de 10 %/ an entre 1953 et aujourd’hui, le trafic voyageurs a été mulktiplié par 5
depuis 1979.
         Pour les marchandises, la prépondérance des chemins de fer s’atténue. ils jouent un rôle
essentiel pour le trafic des pondéreux (Charbon 32% trafic marchandises par le rail, Métaux et
minerais 22%) et pou les grandes distances. Les autres moyens de transport ont surtout servis à
absorber les trafics nouveaux. La croissance du trafic par route (+ 20 %/ an depuis 1979) est
inquiétante pour l’avenir, du fait de l’état des routes. La navigation intérieure où 80 % du trafic
est réalisé sur le Changjiang progresse légèrement (22 % en 1993).
         Pour les voyageurs, l’explosion des déplacements a révélé la crise des transports : en
1988, la capacité des chemins de fer ne représentait que les ¾ de la demande). S’y ajoutent
l’inconfort des voyages et l’accroissement du nb des accidents. Les voyages changent de
motivation : pour 40% du tourisme, 23% des affaires, 23% des paysans venus en ville chercher
un emploi.
         Le chemin de fer est rattrapé par la route, essentiellement en véhicules collectifs
(autocars, remorques de tracteurs). Le trafic par voie d’eau a beaucoup décliné par rapport aux
années 1950. Le trafic aérien reste faible, et privilégie les touristes étrangers.
Les disparités dans la structuration du territoire par les transports.

       Globalement on ne peut pas parler d’un système ou d’un réseau de transports chinois,
même si des réseaux sont en formation dans les régions côtières. Schématiquement, l’espace
chinois s’organise en 4 ensembles :

       La Chine du NE et du N dispose de véritables réseaux, du fait de l’avance qui existait
avant 1949. Le système de transports est organisé autour d’un axe majeur N/S de Harbin à
Dalian, associant chemin de fer, routes, oléoducs, ports maritimes, voie d’eau du Heilongjiang.
La Chine du N présente un quadrillage moins dense a fait l’objet en 1982 d ‘un plan d’ensemble
pour évacuer le charbon du Shanxi, de la Mongolie et du Shaanxi.


                                                21
       Les principaux axes sont d’orientation NS à partir de Pékin ou transversaux, avec 4
lignes ferroviaires depuis le Shanxi et le Longhai jusqu’à la frontière avec le Kazhakhstan.

       Le bassin du Changjiang jusqu’au Sichuan forme un espace encore largement potentiel.
Le fleuve n’est suivi par aucune voie ferrée.

       La Chine du S est défavorisée avec des équipements faibles. La desserte routière est
handicapée par le compartimentage du relief. Les liaisons entre la côte et l’intérieur sont mal
assurées. Canton, 3e port chinois est bien relié à la Chine de N, HK mais mal à sa province.

        La Chine de l’O reste un espace pionnier pour les transports. Ces régions peu peuplées
et peu actives n’ont que des trafics modestes (10 % du trafic ferroviaire).le désenclavement et
l’intégration de ces régions sont à peu près réalisées, particulièrement pour le S de la Mongolie
et le Xinjiang.

X / Nécessité et difficultés de la modernisation de l’agriculture.

       Malgré les transformations récentes, le paysage garde encore beaucoup de traits
anciens, décrits par E. Reclus à la fin du XIXe s, J. L. Buck à la fin des années 1920, P. Gourou
en 1940 dans son ouvrage La terre et l’homme en Extrême Orient. Le choix culturel d’une
alimentation à base céréalière (75% de la ration calorique actuelle) a entraîné l’accumulation
des paysans dans les plaines et les vallées et la négligence envers l’élevage. traditionnellement
en Chine, le terme agriculture désigne la culture des champs, essentiellement celle des grains,
céréales, tubercules et soja.
       Actuellement il désigne les cultures, l’élevage, la sylviculture, la pêche et l’aquaculture.
on recherche avant tout le rendement par unité de surface. L’intensivité du travail est assez
bonne mais la productivité est une des plus basses au monde (12% de la production mondiale
sur 7 ou 8 % des terres arables, avec 32% de la pop agricole mondiale).
       La révolution dans les campagnes, avec notamment l’instauration des communes
populaires en 1958 a conduit à une impasse, sans décollage alimentaire, sous-emploi dans les
campagnes, pauvreté partagée, voire disette. En 1979, des réformes agricoles sont lancées.
       En 1982, le retour à une agriculture familiale, puis en 1985, l’entrée des produits
agricoles dans l’économie de marché, ont entraîné dans un premier temps de 19878 à 84 un
doublement du revenu paysans, puis depuis 1985, une “ crise agricole ”, du fait des limites
techniques agricoles (du fait du manque d’investissements) et d’une main d’œuvre pléthorique.

Une immense paysannerie trop nombreuse :
        Le nombre d’actifs agricoles a doublé depuis 1949 (334 M en 1994), même la part de
l’emploi agricole dans le pop active à régressé (80% en 1970, 60% en 88). Moins des ¾ des
actifs agricoles travaillent dans l’agriculture. l’ère maoïste en bloquant l’exode rural a entraîné
un gonflement des effectifs ruraux.
        Le passage aux “ systèmes de responsabilité ” en 1978 liant la rémunération paysanne
au volume de la production, la question dus surpeuplement rural passe au premier plan, avec
150 M d’actifs surnuméraires, soit 30 à 40% de la main d’œuvre agricole (moyenne : 2,2 actifs
agricoles/ha). Les autorités entendent résorber cet excédent par un développement des activités
non agricoles sans exode rural. La majorité des familles comptent au moins un de ses membres
en dehors de l’agriculture et en 1994, l’agriculture en fournit plus que 64 % du revenu net
paysan. .




                                                22
        Depuis la décollectivisation depuis 1982, l’agriculture en Chine est atomisée en près de
200 millions de micro-exploitations familiales, de 0, 66 à 1 ha, qui concernent 95 % des
familles paysannes. Y échappent 2 000 fermes d’Etat (5% de la surface cultivée), surtout
présentes au Heilongjiang, Xinjiang, Mongolie. Depuis 1983, elles attribuent par contrat une
partie de leurs terres à 1M de familles paysannes.
Les exploitations familiales sont régies par un “ contrat d’exploitation avec les familles ”. la
terre resté propriété du village. La partie dite des “ champs de ration ” a été divisée
égalitairement en fonction du nb d’actifs par famille, pour une durée de 15 ans ou plus. La partie
des “ champs d’obligation ” a été vendue aux enchères, avec des contrats courts et a permis la
constitution de “ grandes ” exploitations de 2 à 10 ha, où les paysans se considèrent comme des
fermiers (8% du revenu prélevé par l’impôt agricole de l’Etat, par des retenues pour le fonds
collectif du village, par les prélèvements abusifs des cadres locaux).
        Les exploitations fonctionnent suivant une double logique d’économie familiale et de
marché. L’exploitant achète ses moyens de production au commerce d’Etat, leur prix est en
forte hausse, par suite du développement spectaculaire du marché noir notamment pour les
engrais et les carburants, qui annule les effets de la hausse des prix agricoles.
        Une part importante des récoltes est consacrée à l’autoconsommation, en moyenne les
familles produisent un peu plus de la moitié de leur consommation mais les achats croissent
depuis 1978 du fait de la diversification de l’alimentation. le taux de commercialisation s’est
accru, il est de l’ordre de 60% pour l’ensemble de la production. La plus grande partie des
ventes se fait à l’Etat à des pris en principe fortement revalorisés.
        A partir de 1985, l’Etat achète une quantité prévue par contrat, les surplus se faisant à
des prix négociés. En 1993, les ventes sous contrat sont arrêtées, et la libéralisation du marché
des produits agricole augmente encore. L’essoufflement des réformes agricoles se traduit
depuis 1985 par le ralentissement de la croissance du revenu paysan réel.
        De 1978 à 84, le revenu paysan avait plus que doublé, puis ils stagnenet jusqu’en 1990
et se remettent ensuite à croître, mais lentement. Les disparités sociales s’accroissent entre
paysans pauvres au autosuffisants et riches (rapport des revenus de 1à 5). La solution serait de
regrouper les terres, comme par exemple dans le “ modèle de Shunyi ” (municipalité de Pékin)
où le regroupement des terres des paysans ayant abandonné l’agriculture permet la création de
fermes coopératives mécanisées.
        En 1989, on avait même parlé de renationaliser les terres pour les confier à des fermiers.

Nourrir le cinquième de l’humanité en exploitant 7% des terres arables du monde.

        La recherche d’une solution explique le caractère ancien de “ jardinage ” et la forte
orientation vers des productions végétales. Globalement, la production agricole a crû plus vite
que la pop, si on excepte les années noires de 1959-61 avec une famine sans précédents.
        La ration calorique est restée inchangée entre les années 1930 et 70 en quantité et
qualité. La production de grains par hbt, ne retrouve qu’en 1975 le seuil de 300 kg considéré
comme nécessaire, seuil atteint en 1956. Ce n’est que dans les années 1980 que la Chine connaît
un décollage alimentaire, avec une ration alimentaire dépassant 2500 cal/J/personne, et une
diversification du régime alimentaire (viande).
        En 1980, la consommation de viande et de produits aquatiques, poisson et coquillages, a
doublé par rapport à 1978. Toutefois, l’effectif des mal nourris est de l’ordre de 100 M.

        Une surface cultivée peu extensible et fragile : la surface cultivée, qui regroupe les
plaines, vallées et bassins ne recouvre que 13 % de la surface totale soit 130 M d’ha. la vieille
Chine des 18 provinces en détient presque les ¾. L’immense O ne possède que moins d’1/10 de
la surface cultivée chinoise, en îlots.


                                               23
         La surface cultivée tend à décroître devant les emprises des infrastructures, des activités
et de l’habitat. de 1949 à 89, 25 M d’ha ont été défrichés et 40 perdus. Il existe encore qq
dizaines de M d’ha à l’O et au NO dans des conditions difficiles. Il reste une autre “ frontière
arable ”, celle des 300 à 400 M d’ha de pâturages actuellement sous exploités (100 ah de
prairies en fournissent que 360 kg de viande par an).
         Après 1949, les rendements ont triplé pour les grains par l’utilisation des facteurs
modernes de production (“ révolution verte ”). L’irrigation, marquée par de gros efforts dans
les années 1950 et 60 est stable autour de 40% de la surface cultivée. Elle a été effectuée par des
moyens mécaniques de pompage pour plus de la moitié de la surface irriguée.
         Les réseaux d’irrigation se détériorent par défaut d’investissements de l’Etat et
désengagement des paysans. L’utilisation des engrais chimiques qui a supplanté l’ancienne
utilisation de fumures organiques est forte, elle varie de 1 à 3 selon les unités administratives, et
est concentrée dans les provinces de l’E littorales.
         On assiste à des émeutes paysannes dues à la pénurie d’engrais et au marché noir. Les
engrais alloués par l’Etat sont souvent détournés par les autorités locales. Le développement
des améliorations agronomiques s’est peu diffusé dans els campagnes (en 1990, plus d’un
cinquième des actifs agricoles sont illettrés).
         L’abondance de la main d’œuvre rend la mécanisation difficile. Il n’existe que 9
motoculteurs/ 100 familles paysannes, ils servent plus au transport qu’aux travaux agricoles.
Les facteurs de production moderne sont concentrés sur les zones “ à rendements hauts et
stables ” (25 à 30% de la surface cultivée) qui bénéficient de plans de “ développement agricole
intégral ”, et échappent aux catastrophes naturelles.
         Entre 1949 et 1994, il y a eu en moyenne une calamité grave tous les 3 ou 5 ans. La
surface affectée a dépassé 20 M d’ha 14 fois. Les catastrophes touchent les régions peu arrosées
et à forte irrégularité des précipitations (Grande Plaine du N, plateau du lœss, Mongolie), le NE
et certaines provinces du S. Leur impact est devenu faible (-2% en 1991).

Diversification de la production agricole et contrainte céréalière :
        Traditionnellement, le paysan han se consacre essentiellement aux grains, cherchant à
maximiser une surface exiguë (3 récoltes en 2 ans au N : blé maïs, gaoliang, deux récoltes /an
dans le Changjiang, blé d’hiver, riz d’été), avec association de la pêche et de l’aquaculture.
l’élevage ets faible, les animaux sont nourris de déchets, le fumier manque.
        Entre 1978 et 1994, la décollectivisation s’est accompagnée d’une redistribution des
productions agricoles. La production de grains est augmentée de 46 % ; le production de coton
double, la production de fruits, plantes sucrières, oléagineux, viande, produits aquatiques triple
du fait de la hausse du niveau de vie.
        Désormais le marché oriente –imparfaitement encore du fait de l’absence d’organisation
- la production. Les surfaces en “ grains ” (céréales, soja, tubercules) ont diminué (encore 75 %
des surfaces). Grâce à la hausse des rendements, la production de grains a dépassé les 400
Mt/an.
        Après une envolée après 1978, le coton stagne, du fait de prix peu rémunérateurs. Les
cultures industrielles ont connu un fort accroissement (15 à 20 % de la surface actuelle). Les
oléagineux sont présents partout (absence de graisses animales dans l’alimentation). On assiste
à une spécialisation : ceinture légumière autour des villes, canne à sucre au S, betterave au N,
mûrier et production de soie au Sichuan, Jiangsu, Zhejiang, thé dans la Chine du Centre et du S.
        La grande nouveauté est l’accroissement de la production animale, passant de 9 à 31
kg/hbt entre 1978 et 94, grâce notamment à la hausse des grains fourragers, voire des aliments
pour bétail fabriqués en usine. Un frein existe dans la stagnation de la production de grains. La
progression se fait surtout dans la Chine “ agricole, l’O produisant peu (ovins et chèvres).




                                                 24
        L’élevage est dominé par les porcs (les ¾ de la viande, 400 M de têtes, surtout présents
dans le S et le SE, avec 1à 3 porcs/actif agricole) et la volaille (15% mais en forte croissance).
Le poids des porcs reste médiocre à l’abattage (80 Kg). Le gros bétail (150 M) est surtout
composé d’animaux de trait, mal nourris. Il n’y a que 4 M des vaches laitières. Le manque de
protéines est compensé par la hausse des produits aquatiques qui a triplé depuis 1978 (18 kg/hbt
en 94), grâce à l’aquaculture, en eau douce surtout pour 40 % (cours moyen et inférieur du
Changjiang et Guangdong).
        On peut noter une contradiction entre des paysans qui se détournent des grains et un
essor de l’élevage qui devrait entraîner un essor de l’élevage industriel et de l’aquaculture.

Mosaïque de régions agricoles ou dualisme rural ?

       Le long maintien d’une agriculture d’autosubsistance a entraîné la création d’une
mosaïque de régions calquées sur les aptitudes naturelles. Les campagnes connaissent une
montée des disparités avec les réformes, non pas entre les systèmes de culture, mais dans leurs
conditions socio-économiques et leurs niveaux de vie.

         Généralement, la régionalisation agricole de la Chine se fait par la définition de
“ régions ”agricoles, fondées sur l’homogénéité productive, le nb de récoltes annuelles. On peut
oposer la Chine agricole de l4E et la Chine occidentale pastorale. Dans la Chine agricole, on
distingue deux grands domaines de part et d’autre d’une ligne massif des Qiling- Rivière Huai,
entre le N d’agriculture pluviale basée sur le blé, le maïs, le coton et le soja, le S marqué par
l’irrigation, le riz et les plantes tropicales.

        De telles typologies apparaissent globalement inadaptées car elles ignorent les résultats
économiques de l’agriculture. Si on utilise d’autres critères, comme l’écart entre intensivité et
productivité agricole, la part de l’autoconsommation paysanne, le pourcentage d’actifs ruraux
agriculteurs, le revenu net paysan,…ces critères sont convergents et définissent des espaces
différenciés.
        D’une part des unités administratives avantagées, où intensivité et productivité sont
fortes, concentrées dans la bordure orientale du Liaonning au Guangdong, ces districts ont un
effet d’entraînement sur les districts pauvres voisins et donc ces régions sont assez homogènes.
Inversement, la situation la plus mauvaise se localise en Chine intérieure, part dans la plaine de
la Chine du N, sur le plateau de loess et au SO où 30% de la pop rurale vit dans des zones très
pauvres.
Le Hunan et le Sichuan ont une agriculture assez intensive mais uine pression démographique
excessive qui freine le développement.
La partie septentrionale du NE et l’ensemble Mongolie- Xinjiang ont une productivité
supérieure à la moyenne (élevage, fermes d’Etat) mais les limites du système agricole sont déjà
atteintes.

       Le pbl va être de résoudre la crise agricole pour éviter une crise de “ l’immense monde
paysan, silencieux et mécontent ” (R. Lew).

XI / Contrastes de l’industrialisation.

       D’après la Banque mondiale, la Chine occupe le 8e rang industriel mondial en 1990.
Toutefois, il faut 19 fois plus de travailleurs en Chine pour réaliser seulement la moitié de la
production française. Le secteur secondaire fournit 47 % du PIB en 1994 et la croissance




                                               25
industrielle a été de 10 % par an depuis 1953, mais elle concerne seulement 23% de la pop
active.
        Jusqu’en 1979, la croissance industrielle s’est faite sur le modèle soviétique, de type
extensif, avec une priorité aux industries lourdes. Le maoïsme y a ajouté l’objectif
d’autosuffisance locale ou provinciale, ce qui a entraîné une certaine dispersion de l’industrie
dans les campagnes, ainis qu’un égalitarisme social poussé au moins dans les usines d’Etat que
les dirigeants actuels rendent responsables de la démotivation des travailleurs.
        Depuis 1984, les réformes touchent l’industrie avec une succession de phases
d’emballement et de freinage successifs.

La production : un système industriel quasi complet mais déséquilibré.

        Actuellement toutes les branches sont représentées, avec des volumes de production
parmiles 5 ou 10 premiers mondiaux. Malgré une faible consommation, la Chine en couvre pas
qualitativement tous ses besoins en produits manufacturés, ec qui pèse lourdement sur le déficit
de la balance commerciale. Le BTP est en plein essor en raison du retard accumulé, et de la
hausse des revenus. L’emploi y a triplé en une décennie et est constitué à 65 % de ruraux. La
Chine est le premier producteur mondial de ciment.
        Les industries textiles et alimentaires connaissent un effacement relatif. La Chine a la
première industrie textile au monde, surtout cotonnière liée à la matière première. La soierie
n’est développée que localement. Depuis 1965, dvt des fibres synthétiques. Les IAA sont en
retard, du fait du peu d’investissements. Elles ont peu présentes en milieu rural et concernent
surtout des produits bruts ou peu élaborés.
        La construction mécanique occupe le premier rg (machines, matériel de transport,
instruments, construction électrique et électronique). Elle est peu productive et orientée vers
des produits peu sophistiqués, essentiellement des biens d’équipement. les biens de
consommation amorcent un rattrapage, notamment l’automobile (plus d’un million de
véhicules/ an depuis 1992). La consommation demeure modeste mais s’accroît, not dans
l’électroménager. la Chine est devenue le premier producteur mondial de TV.
        L’industrie des machines agricoles reste très insuffisante.
La sidérurgie est devenue la 2e du monde, elle est très dispersée techniquement et spatialement
(dans 29 provinces). Elle est surconsommatrice d’énergie et de main d’œuvre. la qualité des
produits reste médiocre (laminés).
        La chimie est une branche nouvelle, elle est orientée vers les produits de l’agriculture.

       La production d’énergie, troisième au monde équivaut à peu près à la consommation,
mais elle a du mal à suivre, du fait des gaspillages et de la sous-exploitation du potentiel
notamment hydroélectrique (on produit 170 Md de kW/H au lieu de 1900). Il ya enfin
séparation entre lieux de production et lieux de consommation de l’énergie.

        L’industrie chinoise apparaît déséquilibrée, du fait du primat des industries lourdes
jusqu’en 1980, soit des activités gourmandes en énergie et en investissements. Cela est
contradictoire avec la demande d’emplois, car avec 1 M de yuan on crée 94 emplois dans
l’industrie lourde et 257 dans l’industrie légère.
        Le contraste majeur est entre la façade orientale où prédominent les industries légères et
un vaste ensemble, NO et NE où l’industrie lourde domine. De plus, les grands groupes
intégrant les fabrications d’amont sont encore peu nombreux (cas de Shanghaï qui essaime de la
sous-traitance dans sa région).

Les structures : pluralisme accentué des formes d’entreprises.


                                               26
        Les 10 M d’entreprises industrielles appartiennent à des types de plus en plus divers.
Le secteur d’Etat longtemps moteur de l’industrialisation est aujourd’hui un maillon faible,
avec 102 000 usines en moyenne de 400 employés. Il est handicapé par une gestion
administrative rigide et sa soumission au Plan. Les avantages sociaux anciens (“ le bol de riz en
fer ”= l’emploi à vie, “ la marmite commune ” = répartition égalitaire des salaires sans tenir
compte des bénéfices) ont maintenant disparu. Ce secteur occupe 41 % de la main d’œuvre
industrielle et est gaspilleur d’énergie.
        Les entreprises collectives ont le vent en poupe. “ propriété des travailleurs ” elles
étaient moins dépendantes de l’Etat pour le financement et la planification. Elles peuvent
dépendre de la province, de la municipalité, du comité de quartier en ville, du canton ou du
village à la campagne.
        Depuis 1980, on voit émerger de nouvelles formes d’entreprises. on a assisté à une
explosion des industries rurales échappant au contrôle de l’Etat (38,5 M d’emplois en 1994).
Ces entreprises peuvent être collectives mais aussi privées et individuelles, lesquelles se sont
surtout multipliées à la campagne. Leur effectif se compte en millions et elles emploient
peut-être 20 M d’actifs ; elles sont de petite taille, de niveau technologique bas, fragiles
économiquement, polluantes. L’industrie chinoise reste concentrée en ville (65% des actifs de
l’industrie sont des urbains).
        Les entreprises à capitaux étrangers nées de l’ouverture sont une trentaine de mille, il
s’agit beaucoup d’industries légères, elles sont concentrées dans le Guangdong, à Shangaï, le
Jiangsu, le Fujian, le Zhejiang, Pékin, Tianjin. Elles sont caractérisées par une forte productivité
mais sont trop faibles pour exercer un rôle d’entraînement sur l’ensemble de le Chine.

Fortes disparités régionales de l’industrialisation.

         La RPC avait hérité d’une industrie très inégalement répartie (concentrée en
Mandchourie et 6 provinces de la façade orientale), les investissements industriels ont avantagé
les régions déshéritées. Entre 1952 et 1983, le NO ou les provinces sans industrie de l’intérieur
(Hubeï) ont connu les plus fortes croissances. Au cours des années 1980 et jusqu’en 1995, ce
sont surtout les provinces littorales et le Henan et le Yunnan qui croissent rapidement.
         Le poids des provinces côtières représentent 60 % de la production. Les provinces
littorales du N, anciennement industrialisées connaissent un déclin relatif (Shanghaï, Tianjin,
Pékin, Liaoning). Les autres connaissent une croissance forte : Hebei et Shandong, Jiangsu et
Zhejiang, très forte dans le Fujian et le Guangdong.

Si on étudie la répartition actuelle de l’industrie,
- -L’O est un vide industriel (4 % de la valeur ajoutée du secteur secondaire national). Les
    entreprises d’Etat et les industries lourdes assurent la majeure partie de la production. L’O
    n’a de grande ville industrielle sauf lanzhou, et l’industrie est concentrée dan s quelques
    zones (Baotou, Lanzhou, Urümqi, Karamay).
- le quart NE jusqu’à la ligne Shaanxi- Hubei- Zhejiang regroupe les provinces les plus
    industrialisées (70 % de la prod nationale, 30 % d’actifs dans l’industrie). On y trouve la
    plupart des grandes villes industrielles et les régions dynamiques ( Liaoning , Shanghaï qui
    amorce une région industrielle avec le Jiangsu et le Zhejiang assurant 23% de la prod
    nationale, Tianjin, Pékin), même si des provinces en retard existent à l’intérieur (Henan,
    Anhui).
- Le S très peu industrialisé en 1949 a connu un rattrapage modéré, la proportion d’actifs dans
    l’industrie est faible, les grands centres industriels sont rares. Les 4 provinces du S littoral




                                                27
   s’individualisent par leur dyanmisme récent. Si le Guanxi et Hainan restent encore très peu
   industrialisés, le Fujian et le Guangdong sont devenues de nouvelles régions industrielles.

    La plupart de branches d’industries sont présentes partout, 25 provinces produisent du
Charbon ou des bicyclettes, 28 des téléviseurs. La construction mécanique, les IAA, la
métallurgie de base sont bien représentés. La production d’énergie est surreprésentée au N. le
textile est concentré dans une dizaine de provinces. La pétrochimie, la construction électrique et
électronique sont présentes dans les provinces côtières.
    La productivité est très différente selon les provinces, de 1 à 3 entre le Shanxi et le
Guangdong par exemple. Elle est plus forte dans les villes.

Une tâche ardue, mais vitale : l’amélioration de l’efficacité économique.

        Le pays a des ressources naturelles abondantes, encore ne voie d’inventaire,
insuffisamment exploitées. Il faut compter avec la surconsommation et les gaspillages (100 M
de TEC en 5 ans peuvent être économisés d’après le VIIe plan).
        La marché est immense mais le volume de la consommation/tête reste faible. La main
d’œuvre est peu qualifiée. Les employés de l’industrie en 1990 ne dépassent pas l’école
primaire pour le quart, 1% ont dépassé le secondaire. Les techniciens, ingénieurs et managers
manquent. Le système scolaire actuel en peut fournir que la moitié des besoins en techniciens et
travailleurs qualifiés. Dans les villes, le personnel de nombreuses usines est déjà pléthorique, on
estime à 10 à 15 ù le sureffectif des entreprises publiques. . or il faut créer de nombreux emplois
industriels. Il faut des entreprises dynamiques, performantes.
        La réforme de l’industrie est devenue depuis 1984 le principal pbl du fait des entreprises
d’Etat. ce qui est mis en cause, ce sont surtout les structures et la gestion des entreprises. Les
causes de leur manque de capacité d’innovation sont l’absence de séparation entre les
administrations et la gestion de l’entreprise entraînant une confusion entre “ propriété ” et
gestion ; la négligence du marché (poids du plan, prix irrationnels) qui entraîne un
accroissement des stocks d’invendus, les pratiques sociales égalitaristes.
        La réforme se heurte à des freinages nombreux, comme le montre la lenteur à adopter
une loi sur les entreprises d’Etat (avril 1988). On ignore jusqu’où ira la réforme (privatisation
des entreprises d’Etat, abandon des entreprises déficitaires en gérance…).
        Actuellement le pouvoir de décision des entreprises passe par des systèmes de
responsabilité avec contrat généralisés à partir de 1986, qui mettent un terme à la couverture
des pertes éventuelles par l’Etat. les entreprises gardent leurs bénéfices et paient un impôt à
l’Etat. Le 2e but de la réforme est de créer un environnement d’économie de marché, où les
entreprises d’Etat doivent farder leur prépondérance et multiplier les associations et les fusions.
La part de la production assujettie au plan est tombée à 20 %.
        Cette régulation n’a pas évité l’alternance de phases de surchauffe avec des
ralentissements. C’est seulement après 1990 que la plus grande part des produits industriels
sont commercialisés au prix du marché (80 % aujourd’hui), coexistant avec les prix fixés par
l’Etat.
        L’emploi à vie devrait reculer devant les contrats à durée variable, les licenciements
étant possibles. En 1994, 38% des salariés des entreprises d’Etat sont sous contrat. En 1998, la
part du salaire due à la présence est tombée à la moitié (90 % avant la réforme). L’hostilité
latente des salariés, due à la crainte du chômage et à la hausse du coût de la vie en ville est
exploitée par les adversaires de la réforme au sein du PC.

       Si l’industrie est présente à peu près partout, mais la stratégie industrielle a été fort
dispendieuse en capital et l’inefficience demeure un handicap fondamental de l’industrie.


                                                28
XII°/ Le tertiaire longtemps négligé mais secteur d’avenir ?

        Souvent le tertiaire est négligé dans les études, il n’apparaît dans les stat qu’en 1993.
Sous le maoïsme, le secteur tertiaire n’a tenu qu’une faible place dans l’emploi et l’économie du
fait de la politique délibérée du pouvoir et d’un système économique peu favorable. Au début
des années 1980 intervient une rupture capitale.
        En 1994, le nb d’emplois tertiaires qui a plus que doublé depuis 1978 s’élève à 140 M,
soit 23 % de l’emploi total. Cette croissance du tertiaire pourrait répondre au pbl des
demandeurs d’emploi en forte croissance.

Un développement retardé.

        Entre les années 1950 et 80, le secteur tertiaire reste autour de 10 % des actifs totaux. Le
taux de croissance de l’emploi tertiaire est resté proche de celui de l’emploi total. En dehors des
transports et du commerce, le tertiaire est considéré comme non productif et écarté de la
comptabilité nationale. Le poids dans le PNB décroît. Le tertiaire not le commerce et les
services aux particuliers inspirent une grande défiance aux dirigeants de la RPC et sont
pratiquement éradiqués en 1957.
        Jusqu’en 1980, au mieux un tiers des investissements d’Etat va au tertiaire, surtout les
transports, l’éducation et la santé. Le nb d’hbt/ commerce de détail passe entre 1952 et 78 de
147 à 914, et de 1277 à 10 645 pour les services aux particuliers. Jusqu’en 1979, la Chine n’a
pas de secteur bancaire. L’éducation, la culture, la santé publique, la sécurité sociale, la
recherche scientifique sont favorisés. Les emplois tertiaires sont pour plus de 85 % représentés
dans les villes. Dans les campagnes, le secteur tertiaire n’occupe que 4 % des actifs en 1980 et
se réduit souvent à la coopérative d’achat et de vente, à la station d’achat de l’Etat, voire au petit
marché rural.

Le vigoureux rattrapage récent.
        En 1980, l’attitude des autorités vis à vis du tertiaire change, on reconnaît son utilité “ au
service de la production et de la vie de la population ”. les investissements sont accrus, les
objectifs à partir du VIIe plan entendent faire atteindre puis dépasser le poids de l’agriculture
dans le PNB.
        Le nb d’emplois tertiaires a été multiplié par 2,9 par rapport à 1978 et il est sous estimé
du fait du commerce informel. Il s’agit d’activités pratiquées avec une licence et encouragées
depuis 1978 pour résorber le chômage du au retour des “ jeunes instruits ”. ses limites sont
floues avec la florissante économie parallèle (jeunes ouighours monopolisant le change
clandestin à Shanghaï).
        Le tertiaire informel regroupe une bonne partie des 38 M de travailleurs indépendants,
mais aussi des paysans venus en ville. La part du tertiaire reste à peu près au même niveau que
l’Inde, elle est une des plus basses du Tiers Monde.
        Le tertiaire a connue une importante diversification, le secteur d’Etat est passé de 75 à
37 % des emplois tertiaires. L’Etat domine l’administration, la recherche, l’éducation et la
santé, un peu moins les banques. Le fait nouveau est la réapparition du secteur individuel dans
les transports, le commerce et les services aux particuliers.
        L’expansion se fait par création voire par reprise en location de magasins d’Etat ou
collectifs. Elle est encouragée par les autorités et par la réputation de hauts revenus des
travailleurs à leur compte. Le secteur individuel représente plus de 10 % des emplois tertiaires
des villes. Le poids économique reste modéré. 90 % des commerces osnt individuels, mais ils
ne réalisent que 28 % des ventes.


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        Le secteur tertiaire reste cantonné surtout au tertiaire banal, de médiocre qualité, même
dans l’éducation. en 1994, on estime à 30 M les enfants de 6 à 14 ans non scolarisés. Le nb
d’actifs du tertiaire ayant fréquenté l’université n’est que de 3 ?8 % en 1994.

        Le commerce reste la branche dominante, du fait de l’augmentation quantitative te
qualitative de la consommation. Les transports occupent une large place. Dans la RPC,
l’éducation et la santé ont été relativement privilégiées, et la densité médicale reste fort
honorable.
        Des activités nouvelles ont apparues (privatisation d’une partie des logements urbains,
d’où création d’agents immobiliers, formation d’un système bancaire embryonnaire). Shanghaï
est devenue la première place financière ; la banque agricole de Chine possède plus de 50 000
guichets et contrôle les coopératives rurales de crédit.

La présence très inégale du tertiaire dans l’espace.

        Les villes possèdent 57 % des emplois tertiaires de Chine contre 43 % dans les
campagnes. Les campagnes ont connu des progrès considérables, surtout dans les transports de
petite envergure où l’on arrive à une saturation des routes, et les commerces (marchés libres). Il
faut dire que le retard était énorme (0,84 médecins/ 1000 hbts en 1984). Le tertiaire rural ne
concerne que 13 % des actifs des campagnes avec un net avantage pour les provinces côtières.
        La part du tertiaire est légèrement plus forte dans les petites villes et les bourgs que dans
les grandes villes. La municipalité de Pékin n’emploie que 49 % de ses actifs dans le tertiaire,
soit 2 % des emplois tertiaires de Chine mais 15 % des actifs dans la recherche scientifique.
Dans l’agglomération de Shanghaï le tertiaire emploie 45 % des actifs (ville restée
hyperindustrielle).
        On peut noter la relation qui unit taux d’urbanisation des provinces et ù des actifs totaux
dans le tertiaire. Le contraste principal oppose les provinces septentrionales mieux loties, à
celles du Centre et du S où le poids du tertiaire est généralement bas (part le SO = Guizhopu
Yunnan Sichuan).

L’expansion du secteur tertiaire, solution au pbl de l’emploi en Chine ?
        Depuis la fin des années 1970, la Chine connaît un raz de marée des demandes d’emploi,
liées à l’arrivée à l’âge actif des grosses générations 1962-72. Le transfert des actifs de
l’agriculture vers les autres secteurs semble amorcé. Il va falloir compter sur le tertiaire.

XIII / L’ouverture vers l’extérieur.

        Pour l’opinion étrangère, l’ouverture à partir de 1979 a représenté le principal symbole
des changements de la Chine de Deng xiaoping.
Actuellement, et en dépit de désillusions, la Chine, devenue une grande commerciale, demeure
plus que jamais un marché convoité. En Chine, l’ouverture est à la fois intérieure (briser les
cloisonnements entre entreprises ou régions) et extérieure.
        Cette ouverture extérieure doit permettre la modernisation en important capitaux,
technologies et méthodes de gestion, d’autre part en s’inspirant du modèle des “ Quatre petits
dragons ” s’insérer dans l’économie mondiale. Non sans des malentendus : les investisseurs
étrangers doivent renforcer le secteur exportateur, or eux-mêmes pensent surtout au marché
intérieur qu’on leur a fait miroiter.
        L’ouverture de plus rencontre des oppositions en Chine, parce qu’elle renvoie aux zones
économiques spéciales du XIXe s. Toutefois “ l’ouverture tousazimuts ” esquissée depuis 1980




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et renforcée à partir de 1992 paraît solidement installée. Par le volume de son commerce
extérieur, la Chine occupe le 4e ou 5e rang mondial.

Les axes de l’ouverture : insertion dans l’économie mondiale et investissements
étrangers.

        Pour éviter un endettement extérieur massif, il faut encourager les investissements
étrangers directs. Malgré une balance commerciale cycliquement déficitaire, la dette extérieure
a pu être contenue dans des limites raisonnables.
        La croissance des échanges internationaux a connu un rythme heurté mais globalement
spectaculaire, avec une progression annuelle de 16 % en moyenne entre 1979 et 94. La
demande d’admission au GATT-OMC date de 1986. Cela ne doit pas cacher les difficultés ; le
déficit de la balance commerciale, monté à des niveaux alarmants en 1985-86 ou en 1993 (12
Md de $).
        Depuis 1990, la balance est excédentaire. La montée de l’autonomie locale a entraîné un
certain nb d’abus comme le trafic de biens de consommation en 1984-85 organisé par l’île
d’Hainan qui bénéficiait de l’autorisation d’importer depuis 1983. La Chine demeure
exportatrice de biens primaires et importatrice de produits manufacturés. Les produits
industriels à faible valeur ajoutée tiennent une place importante dans les exportations (Textiles
et vêtements, première marchandise d’exportation en valeur). Le fréquent contingentement des
importations est un danger pour l’essor futur. Les exportations comptent encore une proportion
de produits primaires dont le prix baisse (pétrole).
        Inversement les importations sont difficiles à contenir, on l’a fait pour les biens de
consommation qui augmentaient du fait de la hausse du niveau de vie en 1986-7. La plus grande
part des achats est en biens d’équipement et en produits semi-finis (acier, produits
chimiques…)liés aux nécessités de la croissance not des régions côtières.
        Cette structure du commerce extérieur explique qu’il se fasse essentiellement avec les
pays développés capitalistes, en premier lieu, l’Asie de l’E et du SE, l’Europe (Allemagne
surtout), l’Amérique du N. les échanges restent faibles avec les pays de l’ex-URSS.
    Ces principaux partenaires commerciaux sont aussi les fournisseurs de capitaux de la
Chine. Ces investissements représentent pour la période 1979-94 408 Md de $ négociés dont
181 réellement utilisés, sous la forme de prêts par ex du Japon ou de la Banque mondiale.
    Ce que la Chine recherche en priorité ce sont les investissements directs pour la création de
joint-ventures, devant introduire des technologies te des méthodes de gestion modernes.
L’essor des investissements directs n’a pas toujours répondu à toutes les espérances
réciproques, du fait du poids de la bureaucratie actuelle, de l’étroitesse du marché actuel, du
manque de confiance.
    Les autorités chinoises ont dû mettre en place une réglementation claire qui conduit à une
envolée des investissements depuis 1992. Des “ dispositions provisoires d’orientation des
investissements étrangers ” de 1995 viennent clarifier la réglementation en établissant la liste
des activités vers lesquelles on souhaite orienter les investissements.
    De 1979 à 94, 200 000 entreprises à capitaux étrangers ont été créées, la moitié
fonctionnent, dans les secteurs de l’industrie de l’hôtellerie, du commerce ou de l’immobilier.
Ces entreprises sont de 3 types :

-   les entreprises à capitaux exclusivement étrangers, en croissance récente.
-   Les entreprises à capitaux mixtes, avec partage des bénéfices et des pertes.
-   Les entreprises contractuelles en coopération, ou l’étranger fournit capitaux et technologie,
    le fonctionnement étant régie par un contrat.




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    L’essentiel des origines des capitaux vient du japon, des EU et de HK, qui sert de relais pour
des capitaux américains, japonais et des Chinois d’outre-mer. Ces investissements étrangers ne
doivent pas être surestimés : en 199 ”, ils ont représenté 7% de l’investissement total en biens
fixes du pays.

Les espaces de l’ouverture.

        Plus de 80 % es entreprises à capitaux étrangers se localisent dans les provinces côtières,
part dans le Guangdong (delta de la Rivière des perles), où A. Reynaud a pu voir une
“ périphérie en cours d’intégration ” par le centre qu’est HK. Les dirigeants actuels acceptant
au mois pou u temps une chine “ à plusieurs vitesses ” veulent faire de ses provinces côtières le
moteur du dvt de la Chine.
        Le VIIe plan quinquennal avait déjà défini une “ zone littorale de l’E ” de 12 provinces.
En 1988, la priorité à la “ stratégie de dvt des régions côtières ” formulée par Zhao Ziyang
précise pour ces provinces le rôle des industries de main d’œuvre. avec la relance de la politique
d’ouverture est affirmée la volonté de l’étendre à l’ensemble du pays.
    Le système d’ouverture concerne des zones à statut économique spécial, de 500 000 km²,
peuplés de 320 M d’hbts, essentiellement dans les provinces littorales. Ces espaces
fonctionnent comme des laboratoires des réformes économiques et bénéficient d’une certaine
autonomie de décision, avec la possibilité de garder une partie des devises gagnées. Ces espaces
sont de 3 types :

-   les ZES, véritables zones franches et enclaves. Les 4 1ères ont été créées en 1979-80 dans le
    Fujian et le Guangdong, proches de HK, Macao, Taiwan. Leur réussite est inégale.
    Shenzen, limitrophe de HK est devenue une ville champignon avec 900 000 hbts. Zhuhai,
    Shantou, Xiamen restent cantonnées dans les industries légères et le tourisme. En 1988, on
    a fait de la nouvelle province de Hainan la 5e et la plus vaste ZES (33 900 km²), encore plus
    ouverte (“ Super ZES ” selon Beijing Information). En 1990 ? la zone de Pudong, à
    Shanghaï est assimilée à une ZES.

-   14 villes côtières ouvertes en 1984, du port deDalian au N à Beihai au SO, comprenant
    Shanghaï, Tianjin, Canton. Ces villes ont dotées de Zones d’expansion économique et
    technique (ZEET) installées à l’écart de la ville, gérées par les municipalités pour
    concentrer les activités nouvelles not industrielles. Si à Shanghaï, les autorités estiment
    qu’une des 3 ZEET pourrait devenir une Silicon valley, le bilan est plus faible ailleurs.

-   A partir de 1984-5, des ensembles de districts et de villes sont devenus des Zones
    Economiques ouvertes. Considérablement étendues en 1988 et 90, ces zones concernent les
    3 deltas (Changjiang, Rivière des Perles, S du Fujian), les 2 presqu’îles (Liaodong au
    liaonning, Jiaodong au Shandong) et une partie du Hebei. Ces ZEO peuvent s’imbriquer
    avec des villes côtières ouvertes et avec les ZES. On peu y voir avec F. Gipouloux 3 ou 4
    futurs pôles de croissance qui auraient un effet d’entraînement sur le reste de la Chine : l’un
    au N, centré autour du golfe Bohai, le delta du Changjiang, celui de la Rivière des Perles, le
    Fujian. De nouvelles zones ponctuelles d’ouverture dans les années 1990 dans le NE, SO,
    NO, dans le vallée du Changjiang sont encore incertaines.

    L’ouverture est devenue une donnée fondamentale de l’économie chinoise, mais les effets
sur la société sont encore largement inconnus.

Conclusion : la Chine en transition.


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        La Chine apparaît comme un pays où des contraintes héritées du passé freinent la
modernisation mais où les transformations sont fortes. Les risques de crise sociale sont fortes,
alors que L. Bianco juge que “ le XXIe s risque de voir émerger assez vite une superpuissance
polluante, impérialiste et despotique ”.
        La première inconnue concerne l’évolution du régime économique de la Chine, la
seconde concerne la maîtrise démographique, la troisième la diffusion de la croissance des
provinces littorales vers l’intérieur qui joue encore un rôle d’isolat, ainsi que la naissance d’un
“ développement humain ” dépassant la simple amélioration des revenus. La Chine demeurera
sans doute pour longtemps une “ grande puissance faible ”. Actuellement elle cherche sa place
dans la zone Asie-Pacifique. A terme, l’idée serait de former un ensemble économique puissant
avec le Japon.




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