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Dictionnaire de l'Astronomie et de l'Espace

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Dictionnaire de l'Astronomie et de l'Espace Powered By Docstoc
					            Dictionnaire de

 l'Astronomie
 et de l'Espace
PHILIPPE DE LA COTARDIÈRE
        JEAN-PIERRE PENOT
 Dictionnaire de
l'Astronomie
    e t de
  l'Espace
Philippe de La Cotardière
     Jean-Pierre Penot


 Dictionnaire de
l'Astronomie
          et de
    l'Espace



         LES RÉFÉRENTS




        LAROUSSE
   21, rue du Montparnasse 75006 Paris
                                                    Édition
                                          Philippe de La Cotardière
                                               Michel Zelvelder

                                          Coordination de l'illustration
                                             Jacqueline Pajouès

                                                    Illustration
                                                 Laurent Blondel
                                                Archives Larousse

                                 Mise en pages et maquette de couverture
                                              Jean Castel

                                          Correction-révision
                             Service lecture-correction Larousse-Bordas

                                                  Fabrication
                                               Marlène Delbeken




                   © Larousse-Bordas/HER 1999, pour la présente édition.
                     © Larousse-Bordas 1997, pour la première édition.
    « Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur,
 ou de ses ayants droit, ou ayants cause, est illicite » (article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle).
   Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon
sanctionnée par l'article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Le Code de la propriété intellectuelle
    n'autorise, aux termes de l'article L. 122-5, que les copies ou les reproductions strictement réservées
      à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d'une part et, d'autre part,
              que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration. »
                   Distributeur exclusif au Canada : Messageries A D R 1751 Richardson, Montréal (Québec).


                                                ISBN 2 - 0 3 - 7 2 0 3 3 2 - 2
                                     Préface


      Depuis qu'il est sapiens, sans doute, l'homme contemple les cieux : il y
trouve le rêve et la fascination d'un monde aux limites extrêmes.
      Un monde qui a livré maintenant bon nombre de ses mystères. Certes, les
astronomes n'expliquent pas encore tout et quelques-uns de leurs postulats
restent fragiles. Mais que de superbes percées de l'intelligence humaine dans le
champ des étoiles ! Des mathématiques à la mécanique, de la physique à la
chimie et même à la biologie, toutes les sciences sont conjuguées dans l'explica-
tion de l'Univers tel qu'il est aujourd'hui et « tel qu'en lui-même enfin l'éternité
le change ».
      Les analystes des énigmes astrales ne pouvaient naguère mener leurs
enquêtes qu'à distance. Mais voici maintenant que les techniciens leur procurent
les moyens d'effectuer des visites domiciliaires, en envoyant des sondes magni-
fiquement équipées, voire habitées. La conquête de l'espace restera l'une des
grandes gloires du xxe siècle, et les astronomes ne sont pas les seuls à bénéficier
des techniques spatiales. Pas de météorologie fiable, pas de télécommunications
à haute performance, pas de gestion raisonnée des ressources de notre planète
sans l'usage des satellites.
      Pour qui souhaite s'instruire ou vérifier son savoir sur l'astronomie et sur
l'espace, comme en toute autre matière, la consultation d'un dictionnaire est
sans nul doute l'une des pratiques les plus attrayantes. L'exercice est à la fois
apéritif et nutritif. Et, ici, pas de pavés indigestes, mais des touches précises,
utilement complétées par des promenades d'un mot vers d'autres.
      Les auteurs sont de parfaites connaisseurs, réputés pour leurs talents scien-
tifiques, techniques et didactiques. L'ouvrage qu'ils nous proposent comble
notre attente. Il trouvera sa place dans notre bibliothèque, bien à l'aise sur le
rayon des livres familiers que l'on fréquente comme les amis fidèles et sûrs.


                                                                  Hubert CURIEN
                                   Ancien ministre de la Recherche et de l'Espace
                                       Vice-président de l'Académie des sciences
                               Collection Les Référents


Sciences humaines

Dictionnaire des drogues. Denis Richard et Jean-Louis Senon.
Dictionnaire des peuples. Sous la direction de Jean-Christophe Tamisier.

Dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie clinique. Sous la direction de Jacques Postel.
Dictionnaire de psychanalyse. Sous la direction de Roland Chemama et Bernard Vandermersch.

Dictionnaire de psychologie. Sous la direction de Norbert Sillamy.
Dictionnaire de sociologie. Sous la direction de Raymond Boudon, Philippe Besnard, Mohamed
Cherkaoui et Bernard-Pierre Lécuyer.


Civilisation et religion

Dictionnaire d'histoire et civilisations africaines. Bernard Nantet.

Dictionnaire de la civilisation égyptienne. Guy Rachet.
Dictionnaire des civilisations de l'Orient ancien. Guy Rachet.

Dictionnaire de la civilisation juive. Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa.

Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine. Sous la direction de Joël Schmidt.
Dictionnaire de la civilisation romaine. Jean-Claude Fredouille


Communication

Dictionnaire des médias. Francis Balle.


Politique

Dictionnaire de la pensée politique. Dominique Colas.


Sciences et techniques

Dictionnaire de biologie. Denis Buican.
Dictionnaire de la micro-informatique. Michel Grenié.
Dictionnaire du règne animal. Sous la direction de Simon Tillier.
                                        a
A 1. Premier satellite artificiel français, mis   spécialiste de l'étude du Soleil, il a, le pre-
sur orbite le 26 novembre 1965, au moyen          mier, déterminé la répartition de l'énergie
d'un lanceur Diamant A, depuis la base mili-      dans le spectre solaire et donné une valeur
taire d'Hammaguir (Algérie).                      de la constante solaire.
ENCYCL. Cette performance technique hissa la
France au rang de puissance spatiale, chro-       aberration n.f. 1. En astrométrie, déplace-
nologiquement la troisième après l'ex-            ment apparent d'un astre sur la sphère cé-
Union soviétique et les Etats-Unis. Ultérieu-     leste, dû à la combinaison du mouvement
rement, A 1 fut surnommé Astérix.                 de la Terre dans l'espace et de la vitesse finie
A 1 était une capsule technologique dont le       de la lumière.
rôle consistait à transmettre au sol diverses     2. En optique, imperfection des images don-
informations sur le comportement du pre-          nées par un système optique, inhérente au
mier Diamant. A1 cessa d'émettre le jour de       système lui-même.
son lancement, mais se trouve toujours en         ENCYCL. Le phénomène de l'aberration de la
orbite terrestre.                                 lumière a été découvert en 1727 par l'An-
                                                  glais J. Bradley*. Il s'apparente à la variation
A. Symbole de Vangstrôm.                          de la direction de chute de flocons de neige
                                                  ou de gouttes de pluie que peut constater un
A. Type spectral caractérisant, dans la clas-     observateur selon que celui-ci est immobile
sification de Harvard, les étoiles dont la tem-   ou qu'il se déplace. On distingue l'aberra-
pérature superficielle est comprise entre         tion annuelle, due au mouvement orbital de
7 500 et 10 000 K : des étoiles bleues ou         la Terre, et l'aberration diurne, beaucoup
blanches dont le spectre est dominé par les       plus faible, liée à la rotation de la Terre sur
raies de l'hydrogène et du calcium ionisé.        elle-même. Par suite du mouvement de la
Exemples : Sirius, Véga, Altaïr.                  Terre autour du Soleil, on v.oit les étoiles
                                                  décrire en un an dans le ciel de petites ellip-
A A A F . Sigle de Association* Aéronautique      ses, parallèles au plan de l'orbite terrestre,
et Astronautique de France.                       dont le centre coïncide avec la position réelle
                                                  des étoiles, et dont le demi-grand axe est
AAS. Sigle de American Astronomical Society.      égal au rapport des vitesses de la Terre et de
                                                  la lumière : environ 30/300 000 radian ou,
AAVSO. Sigle de American Association of           très précisément, 20,495 52" (constante de
Variable Stars Observers.                         l'aberration). Ces ellipses nous apparaissent
                                                  d'autant plus aplaties que les étoiles corres-
Abbot (Charles Greeley), astrophysicien           pondantes sont plus proches du plan de l'or-
américain (Milton, New Hampshire, 1872 -          bite terrestre. L'aberration diurne a une am-
Washington 1973).                                 plitude négligeable pour les étoiles et n'est
Directeur de l'observatoire de la Smithsonian     mesurable que pour les astres du système
Institution, à Washington, de 1907 à 1944,        solaire.
ablation                                                                                       2

OPTIQUE.   À l'absence de similitude parfaite     leur destruction et permet leur récupé-
entre l'objet et l'image qu'en donne un sys-      ration.
tème optique, et au manque de netteté de
certaines images, on associe trois types          abondance n.f. Proportion des atomes
d'aberrations : les aberrations géométriques      d'un élément chimique présent dans une
(aberration de sphéricité*, coma*, astigma-       région de l'espace ou un astre donné, établie
tisme* et courbure* de champ, distorsion*),       par comparaison avec le nombre d'atomes
les aberrations chromatiques (de position et      d'un autre élément pris comme référence
de grandeur) et les aberrations accidentelles     (hydrogène ou silicium, par exemple). On
dues à des inhomogénéités des verres, des         dit aussi abondance relative.
irrégularités de taille, etc.                     ENCYCL On définit l'abondance de tous les
Les aberrations géométriques. Elles ne dépen-     éléments chimiques observables, de l'hy-
dent que de la constitution du système opti-      drogène à l'uranium, dans des astres ou des
que. Elles sont dues au fait que les rayons       régions de l'espace aussi divers que le Soleil
issus d'un même point lumineux ne vont            et le système solaire, les étoiles, le milieu
pas tous converger exactement au même             interstellaire, les galaxies, etc.
point image après la traversée de l'instru-       Une table d'abondance joue un rôle préémi-
ment.                                             nent : la table des abondances standards,
Les aberrations chromatiques. Elles intéressent   définie à partir de l'étude spectroscopique
plus particulièrement les systèmes dioptri-       des couches externes du Soleil et de l'ana-
ques (lentilles), où les images se forment par    lyse des météorites du type chondrites car-
réfraction dans les milieux réfringents. L'in-    bonées. On y observe une prédominance
dice de réfraction de ces milieux varie avec      marquée de l'hydrogène et de l'hélium (qui
la longueur d'onde des radiations utilisées,      représentent à eux seuls environ 98 % du
ce qui entraîne une distance focale particu-      nombre des atomes). L'abondance des élé-
lière pour chaque longueur d'onde. Un             ments décroît depuis l'hydrogène jusqu'à la
point, source de lumière polychromatique,         masse atomique 40-50 (entre le calcium et le
possède alors une série d'images monochro-        titane) et remonte ensuite pour atteindre un
matiques réparties le long de l'axe du sys-       maximum pour le fer. Pour les masses ato-
tème optique. En interposant sur le trajet de     miques supérieures, les abondances décrois-
ces différents faisceaux un écran passant,        sent à nouveau, mais de façon moins mar-
par exemple, par l'image monochromatique          quée que pour les éléments légers.
rouge, on obtient pour les images de couleur      Les abondances observées à la surface de la
différente un défaut de mise au point obser-      plupart des étoiles de notre galaxie sont très
vable sous la forme d'un cercle de diffusion      semblables aux abondances standards. Tou-
multicolore irisé.                                tefois, les étoiles les plus vieilles, apparte-
                                                  nant par exemple aux amas globulaires, sont
Correction des aberrations. Les aberrations
                                                  moins riches en éléments lourds que les
chromatiques peuvent être corrigées en as-
                                                  étoiles comme le Soleil, qui appartiennent
sociant des lentilles convergentes et diver-
                                                  au disque de la Galaxie. Les abondances
gentes faites avec des verres d'indices diffé-
                                                  dans le rayonnement cosmique diffèrent
rents (flint et crovcn). On corrige par des
                                                  aussi des abondances standards. L'étude de
méthodes similaires les aberrations géomé-
                                                  ces différences permet d'expliquer comment
triques. Le choix des combinaisons de len-
                                                  évolue la matière au sein des étoiles et des
tilles optimales est grandement facilité par
                                                  galaxies.
l'utilisation de techniques de calcul numéri-
que.
                                                  absorption n.f. Diminution que subit l'in-
ablation ni. Transformation d'un maté-            tensité du rayonnement émis par un astre
riau (par décomposition, fusion, subli-           lors de son trajet entre la source émettrice et
mation, etc.) soumis à un intense flux de         l'observateur.
chaleur. La présence d'un bouclier abla-          ENCYCL. Le rayonnement que nous recevons
tif à l'avant de certaines capsules spa-          des astres est atténué par l'absorption qu'il
tiales limite l'échauffement cinétique, évite     subit tout au long de son trajet. Cette ab-
3                                                                                        Achilles

sorption est continue et affecte toutes les        des organes détecteurs de changements de
longueurs d'onde ; elle peut aussi concer-         vitesse ou d'orientation.
ner certains domaines très étroits de lon-
gueur d'onde et se manifeste alors sous la         a c c o s t a g e n.m. Opération de rapproche-
forme de raies* d'absorption, caractéristi-        ment coordonné et progressif de deux en-
ques du milieu absorbant, dans le spectre de       gins spatiaux jusqu'à leur contact.
l'astre. Par ailleurs, la lumière émise par les
étoiles et les galaxies elles-mêmes présente       accrétion n.f. (du latin médiéval accretio,
des raies d'absorption qui sont caractéris-        action d'augmenter). Capture de matière
tiques de la composition chimique de ces           par un astre, par attraction gravitationnelle.
astres et des conditions physiques qui y           Disque d'accrétion : région discoïdale située
régnent.                                           autour d'une naine blanche, d'une étoile
                                                   à neutrons ou d'un trou noir, dans laquelle
A c a d é m i e internationale d'astro-            tourbillonne la matière tombant sur la
nautique. Institution non gouvernemen-             naine blanche, l'étoile à neutrons ou le trou
tale créée en 1960 par la Fédération interna-      noir.
tionale d'astronautique pour contribuer au         ENCYCL. L'accrétion est l'un des phénomènes
développement de l'astronautique.                  fondamentaux à l'œuvre dans l'Univers.
ENCYCL. Ses membres sont des personnalités         C'est vraisemblablement par ce processus
qui se sont particulièrement distinguées           que se sont formées les planètes du système
dans des domaines en rapport avec l'astro-         solaire et, plus généralement, que doivent se
nautique. Elle publie la revue Astronautica        former des planètes dans le disque de ma-
acta.                                              tière qui entoure les étoiles naissantes. Dans
ADRESSE : 6, rue Galilée, 75016 Paris.             les étoiles doubles dont les deux composan-
                                                   tes sont suffisamment proches l'une de
A c a d é m i e nationale de l'air et de           l'autre (binaires serrées), un transfert de ma-
l'espace ( A N A E ) . Association française,      tière s'établit de la moins massive vers la
sans but lucratif, fondée en 1983, reconnue        plus massive ; lorsque cette dernière est une
d'utilité publique en 1987, qui a pour but de      naine blanche, une étoile à neutrons ou un
favoriser le développement d'activités scien-      trou noir, elle s'entoure d'un disque d'accré-
tifiques, techniques et culturelles de haute       tion dans lequel tourbillonne la matière arra-
qualité dans le domaine de l'aéronautique et       chée à sa compagne : cette matière
de l'espace.                                       s'échauffe et constitue une source de rayon-
ADRESSE : 1, avenue Camille-Flammarion,            nement X qui signale la présence de l'objet
31500 Toulouse.                                    compact responsable du processus. Enfin,
                                                   c'est l'accrétion de la matière d'une quantité
A c a m a r . Étoile 0 de l'Éridan. Magnitude      d'étoiles par des trous noirs supermassifs
apparente visuelle : 2,9. Type spectral : A2.      qui serait à l'origine de la fantastique éner-
Distance : 160 années de lumière.                  gie libérée par les quasars* et les noyaux de
                                                   galaxies* actives.
accélération n.f. Grandeur caractérisant
la variation de vitesse d'un mobile en fonc-       A c h e r n a r (de l'arabe aknernahr, le bout du
tion du temps.                                     fleuve). Etoile a de l'Éridan. Magnitude ap-
                                                   parente visuelle : 0,5. Type spectral : B5.
a c c é l é r o m è t r e n.m. Capteur qui, dans   Distance : 140 années de lumière.
un système de référence donné, mesure l'ac-
célération du corps auquel il est fixé ou l'une    Achille.     Nom    français    de   l'astéroïde
de ses composantes.                                Achilles*.
ENCYCL. Généralement, on dispose à bord
d'un engin spatial trois accéléromètres, qui       Achilles. Astéroïde 588, découvert par
mesurent l'accélération selon trois direc-         l'Allemand Max Wolf en 1906, premier des
tions perpendiculaires entre elles. En cas de      Troyens* à avoir été identifié. Diamètre :
navigation inertielle, l'accéléromètre est l'un    116 km.
achondrite                                                                                         4

achondrite ni. Météorite pierreuse dé-              ENCYCL.  L'activité solaire se manifeste sur la
pourvue de chondres, constituée de miné-            photosphère* par des taches* et des facu-
raux similaires à ceux qui sont observés dans       les* ; dans la chromosphère*, par des érup-
les roches lunaires et les basaltes terrestres      tions* et des protubérances* ; dans la cou-
(pyroxènes et plagioclases).                        ronne*, par des jets*. On la détecte dans tous
                                                    les domaines de longueur d'onde accessibles
a c h r o m a t i q u e adj. Doué d'achroma-        à l'observation. Au terme de 25 ans d'obser-
tisme. Image achromatique : image dépourvue         vation quotidienne du Soleil, l'astronome
d'irisations.                                       amateur       allemand      Samuel      Heinrich
ENCYCL. La lunette achromatique, réalisée           Schwabe a mis en évidence, en 1843, une
pour la première fois par Chester Moor Hall         périodicité de 11 ans dans le nombre de
en 1733, a été largement diffusée à partir de       taches solaires. Les observations poursuivies
1758 par l'opticien J. Dollond.                     ensuite systématiquement par le Suisse R.
L'objectif, dans les modèles les plus simples,      Wolf* ont confirmé l'existence de ce cycle
est constitué d'un ensemble de deux len-            undécennal de l'activité solaire, marqué no-
tilles (doublet achromatique) en verres diffé-      tamment par une alternance de maximums
rents : une lentille convergente en crown et        et de minimums du nombre de taches à la
une lentille divergente moins puissante mais        surface du Soleil. Pendant une période d'ac-
plus dispersive, en flint. L'aberration chro-       tivité maximale (on parle de « Soleil actif »),
matique peut être corrigée encore plus effi-        le Soleil se montre couvert en permanence
cacement à l'aide d'un système de trois len-        d'un grand nombre de taches, alors qu'en
tilles (triplet achromatique).                      période d'activité minimale (« Soleil
                                                    calme ») sa surface peut rester vierge pen-
a c h r o m a t i s m e n.m. 1. Qualité d'un sys-   dant des semaines. Le dernier maximum
tème optique dont la distance focale est in-        s'est produit en 1989 ; le prochain est at-
dépendante de la fréquence des radiations           tendu vers la fin de l'an 2000, mais on ne
utilisées. Les images obtenues en lumière           peut en prévoir exactement l'époque, car le
blanche sont alors dépourvues d'irisations.         cycle n'est pas parfaitement régulier et l'on
2. Propriété des verres et des lunettes achro-      observe des intervalles de 8 à 17 ans entre
matiques.                                           deux maximums successifs. Il existe aussi
                                                    un cycle de 22 ans (cycle de Haie), regrou-
                                                    pant deux périodes undécennales successi-
acquisition n.f. Réception d'un signal
                                                    ves : c'est la période nécessaire pour retrou-
identifiable provenant d'un émetteur placé
                                                    ver dans les groupes de taches solaires la
sur un vaisseau spatial et qui permet d'amor-
                                                    même loi de polarité magnétique. Il semble
cer le fonctionnement correct d'une liaison
                                                    aussi qu'une activité solaire cyclique à plus
radioélectrique. L'acquisition est générale-
                                                    longue période (80 ans), établie sur l'ampli-
ment suivie d'une poursuite.
                                                    tude des cycles undécennaux, se superpose
                                                    aux précédentes. De nombreuses études
A c r u x . Étoile a de la Croix du Sud. Magni-
                                                    s'efforcent de mettre en évidence des rela-
tude apparente visuelle : 0,8.
                                                    tions à long terme entre l'activité solaire et
ENCYCL. C'est une étoile double, dont les
                                                    les phénomènes géophysiques. On a, no-
composantes, écartées de 4,3", de type
                                                    tamment, tenté d'établir une corrélation en-
spectral Bl, sont de magnitude appa-
                                                    tre l'activité solaire et les oscillations clima-
rente 1,4 et 2,1. Distance : 300 années de
                                                    tiques.
lumière.

actif, ive adj. Galaxie active galaxie. Op-         A d a m s (John Couch), astronome britanni-
tique active -» optique. Région active ré-          que (Laneast, Cornwall, 1819 - Cambridge
gion. Soleil actif-* activité solaire               1892).
                                                    Il partage avec Le Verrier le mérite de la
activité solaire. Ensemble de phénomè-              découverte, par le calcul, de la planète Nep-
nes liés à des perturbations magnétiques du         tune : dès 1841, indépendamment de Le Ver-
Soleil, d'intensité et de durée variables.          rier, il envisagea l'existence d'une planète
5                                                                                     aéronomie

inconnue pour expliquer les irrégularités du       Adonis. Astéroïde 2101, du type Apollo,
mouvement d'Uranus ; au terme de quatre            découvert en 1936 par l'astronome belge
ans d'efforts, il parvint, en 1845, à calculer     Delporte, perdu, puis retrouvé en 1977.
les éléments de l'orbite de cette planète,         Distances extrêmes au Soleil : 66 millions
mais Airy*, directeur de l'observatoire de         de km, au périhélie ; 494 millions de km,
Greenwich, refusa de prendre en considéra-         à l'aphélie. Période de révolution sidérale :
tion son travail                                   2,56 ans. Il peut s'approcher à 2 millions
                                                   de km seulement de la Terre, comme le
A d a m s (Walter Sydney), astrophysicien          7 février 1936. Son diamètre est estimé
américain (Antakya, Turquie, 1876 - Pasa-          à 800 m. Il pourrait être d'origine comé-
dena 1956).                                        taire.
Il s'est illustré surtout par des travaux de
spectrographie solaire, planétaire et stel-        A d r a s t é e . Satellite de Jupiter (n° XV) dé-
laire. En étudiant les spectres des taches so-     couvert en 1979 grâce aux photographies
laires, il démontra que ces régions sont plus      prises par les sondes Voyager. Demi-grand
froides et plus denses que la photosphère          axe de son orbite : 129 000 km. Période de
environnante. Il fournit aussi une descrip-        révolution sidérale : 0,298 j. Dimensions :
tion détaillée de la rotation différentielle du    26 x 20 x 16 km. On estime que son action
Soleil. En découvrant une corrélation entre        gravitationnelle et celle du satellite Thébé*
la luminosité intrinsèque des étoiles de           contribuent à expliquer la répartition de la
même température et l'intensité de certai-         matière au sein de l'anneau principal de Ju-
nes raies de leur spectre (1914), il a mis au      piter.
point un nouveau procédé de détermination
de la distance des étoiles, fondé sur la com-      Ae (étoile). Étoile de type spectral A dont
paraison de leur luminosité intrinsèque (dé-       le spectre présente des raies d'émission
duite de l'intensité de leurs raies spectrales)    de l'hydrogène superposées aux raies
et de leur éclat apparent.                         d'absorption. Le phénomène d'émission
                                                   pourrait résulter des interactions entre les
adaptatif, ive adj.        Optique adaptative      deux composantes d'un système binaire
-* optique                                         serré.

A d e o s (acronyme de Advanced Earth Obser-       Aeritalia       Alenia Spazio
vation Satellite, satellite avancé d'observation
de la Terre). Programme japonais de satelli-       a é r o c a p t u r e n.f. Mise en orbite d'un ob-
tes d'observation de la Terre (océans, sols et     jet spatial autour d'un corps céleste obtenue
atmosphère).                                       par freinage* atmosphérique.
ENCYCL. Lancé le 17 août 1996, Adeos 1 est
tombé en panne le 30 juin 1997.                    aérolithe n.m. Synonyme ancien de mé-
Le lancement d'Adeos 2 est prévu en 2000.          téorite pierreuse.
   Polder
                                                   a é r o n o m e n. Spécialiste d'aéronomie.
Adhara. Étoile e du Grand Chien. Magni-
tude apparente visuelle : 1,5. Type spectral :     a é r o n o m i e n.f. Étude des propriétés phy-
B2. Distance : 400 années de lumière. En           siques et chimiques de la moyenne et de la
1992, le satellite Extreme Ultraviolet Explo-      haute atmosphère de la Terre ou, plus géné-
rer a découvert que cette étoile est, pour les     ralement, des planètes. Les techniques spa-
observateurs terrestres, la source de rayon-       tiales, en autorisant la mesure directe des
nement ultraviolet extrême la plus intense         paramètres atmosphériques, ont, depuis les
du ciel en dehors du Soleil. Selon certains        années 60, fait grandement progresser l'aé-
chercheurs, elle jouerait un rôle prépondé-        ronomie de la Terre, mais aussi de Vénus,
rant dans l'ionisation de l'hydrogène inter-       Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune et
stellaire situé autour des étoiles les plus pro-   de certains gros satellites naturels comme
ches du système solaire.                           Titan.
aérospatial                                                                                  6

aérospatial, e adj. Qui a trait aux domai-        l'emploi d'un gaz moins dense que celui de
nes aéronautique et spatial, ou qui est           l'atmosphère. -» ballon
capable d'évoluer tant dans l'atmosphère
terrestre que dans l'espace extra-atmosphé-       AFA. Sigle de Association Française d'As-
rique.                                            tronomie.

Aérospatiale. Société française de cons-          A F O E V . Sigle de Association Française
truction aéronautique et spatiale fondée en       d'Observateurs d'Étoiles Variables.
1970, sous le nom de Société nationale in-
dustrielle aérospatiale (SNIAS), par la fusion    AG. Sigle de Astronomische Gesellschaft.
des sociétés Sud-Aviation (fondée en 1957),
Nord-Aviation (fondée en 1958) et Sereb
                                                  âge de la lune. Nombre de jours écoulés
(fondée en 1959) ; elle a pris la dénomina-
                                                  depuis la dernière nouvelle lune.
tion d'Aérospatiale en 1984.
ENCYCL. Depuis 1974, elle est architecte in-
dustriel et principal étagiste des lanceurs       âge de l'Univers. Durée écoulée depuis
Ariane*. Sous maîtrise d'œuvre du CNES,           le Big* Bang.
elle développe la version plus puissante
Ariane 5. Elle a développé aussi la capsule       Agena. Étage supérieur utilisé dans les an-
automatique de démonstration ARD*. Par            nées 60 sur certains lanceurs américains, no-
ailleurs, elle a contribué à la réalisation de    tamment Atlas. Il a servi de véhicule-cible
plus de 100 satellites, lancés depuis 1965,       pour les premiers essais de rendez-vous et
assurant notamment la maîtrise d'œuvre des        d'amarrage dans l'espace du programme
programmes Arabsat, Eutelsat 2, Turksat,          Gemini*.
Meteosat, Hot Bird 1, Nahuel, ISO et
Huygens (sonde interplanétaire). Elle parti-      Agena. Étoile (5 du Centaure. Magnitude
cipe également aux satellites d'observation       apparente visuelle : 0,6. Type spectral : Bl.
de la Terre SPOT et développe l'ensemble          Distance : 500 années de lumière. On l'ap-
de prise de vues des satellites militaires        pelle aussi Hadar.
d'observation Hélios.     Aérospatiale Ma-
tra                                               A g e n c e spatiale européenne ( A S E
                                                  ou ESA). Organisation européenne qui a
                                                  pour mission d'assurer et de développer, à
Aérospatiale Matra. Groupe industriel             des fins exclusivement pacifiques, la coopé-
français privé de l'aéronautique, de l'espace     ration entre États européens dans les domai-
et de la défense, issu de la fusion, en 1999,     nes de la recherche et de la technologie spa-
des activités de Matra* Hautes Technologies       tiales et de leurs application à aes fins
et d'Aérospatiale* (qui a reçu en outre fin       scientifiques et pour des systèmes spatiaux
1998 les 45,76% d'actions de Dassault-            opérationnels d'applications.
Aviation détenues jusque-là par l'Etat).          ENCYCL. En 1999, elle comprend 14 États
ENCYCL. Avec un chiffre d'affaires de 80,6        membres : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgi-
milliards de francs (dont 12 % pour               que, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la
l'espace) en 1998, un portefeuille de com-        France, l'Irlande, l'Italie, la Norvège, les
mandes de 232 milliards de francs et 56 000       Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la
employés, ce groupe occupe le 2e rang euro-       Suisse. Le Canada participe à certains pro-
péen et le 5e rang mondial dans son secteur.      grammes de l'Agence, aux termes d'un ac-
Ses activités s'exercent pour 65 % dans le        cord de coopération conclu avec elle. Le 20
domaine civil et 35 % dans le domaine             décembre 1972, lors d'une conférence spa-
militaire.                                        tiale européenne, furent prises quatre déci-
                                                  sions essentielles :
a é r o s t a t n.m. Appareil dont la sustenta-   1. Une agence spatiale européenne naîtrait
tion dans l'atmosphère d'un astre résulte         de la fusion de l'ELDO* avec l'ESRO* ;
principalement d'une poussée obtenue par          2. Cette agence collaborerait au programme
7                                                                             Airbus « Zéro g »

de navette spatiale de la NASA en construi-         Ahnighito ( m é t é o r i t e ) . Météorite fer-
sant le laboratoire Spacelab ;                      reuse découverte par R. Peary au Groenland
3. Un lanceur lourd, appelé ultérieurement          en 1894 et conservée au planétarium Hay-
Ariane, serait réalisé pour placer des engins       den à New York. D'une masse de 31 tonnes,
d'applications sur orbite géostationnaire ;         c'est la plus grosse météorite conservée dans
4. Un programme de satellite de télécom-            un musée, et, parmi celles que l'on connaît,
munications maritimes Marots serait entre-          elle n'est dépassée que par la météorite de
pris, en sus des programmes d'applications          Hoba*.
et des programmes scientifiques déjà
conduits par l'ESRO.                                AIAA. Sigle de American* Institute ofAero-
Signée à Paris le 30 mai 1975, la convention        nautics and Astronautics.
créant l'Agence spatiale européenne est en-
trée officiellement en vigueur le 30 octobre        Aigle (en latin Aquila, -ae). Constellation
1980. L'organisation, dont le siège est à Pa-       équatoriale, traversée par la Voie lactée.
ris, a à sa tête un directeur général, assisté      ENCYCL. L'étoile la plus brillante de la constel-
d'un directoire responsable devant un               lation, Altaïr*, figure la tête de l'aigle ; elle
conseil assisté d'une structure délibérante         est encadrée par deux étoiles de moindre
représentant les pays membres. Elle dispose         éclat, à peu près alignées avec elle, qui maté-
de trois grands centres d'activités, hérités        rialisent les ailes déployées de l'oiseau. Une
de l'ESRO : un centre de recherche et de            nova* remarquable, visible à l'œil nu, est
technologie spatiales, à Noordwijk (Pays-           apparue dans cette constellation en 1918. Sa
Bas), l'ESTEC (European Space Research and          magnitude visuelle apparente atteignit -1,1
Technology Centre) ; un centre d'opérations         au maximum d'éclat (pour une magnitude
spatiales chargé du contrôle des satellites,        de 10,8 au minimum). La constellation
situé à Darmstadt (Allemagne), l'ESOC (Eu-          abrite aussi une source X découverte en
ropean Space Opérations Centre) ; un centre         1992 par le satellite Granat, GRS 1915 +
de documentation, situé à Frascati (Italie),        105, qui s'est fait remarquer en 1994 par de
l'ESRIN (European Space Research Institute).        puissantes émissions d'ondes radio asso-
Elle a établi à Cologne un centre de forma-         ciées à l'expulsion, à des vitesses apparem-
tion d'astronautes, l'EAC (European Astro-          ment supérieures à celle de la lumière, de
nauts Centre). En outre, l'ESÀ utilise la base      deux jets de matière, dans des directions
suédoise de Kiruna pour le lancement de             opposées. Il s'agirait d'un système binaire,
fusées-sondes et le centre de lancement             situé à 40 000 années de lumière, constitué
français de Guyane, le CSG (Centre spatial          d'une grosse étoile associée à une étoile à
guyanais), équipé pour le tir des lanceurs          neutrons ou à un trou noir. Cet ensemble
Ariane.                                             offre les propriétés d'un microquasar. C'est
                                                    la première fois que l'on observe un mouve-
AGK (sigle de Astronomische Gesellschaft Ka-        ment apparent superluminique à l'intérieur
talog). Nom de plusieurs catalogues d'étoiles       de la Galaxie.
établis par VAstronomische Gesellschaft.
ENCYCL. AGK 1 est un catalogue de 20 volu-          Aigle (nébuleuse de I'). Nébuleuse à
mes, publié entre 1890 et 1924, qui fournit,        émission M16 ou NGC 6611, entourant un
avec une précision moyenne de 0,15", les            brillant amas de jeunes étoiles, dans la cons-
positions de 188 048 étoiles de l'hémisphère        tellation du Serpent.
boréal. AGK 2, issu d'observations photo-           ENCYCL. Elle s'étend sur 30' de diamètre appa-
graphiques réalisées à partir de 1921 et pu-        rent et sa distance est estimée à 7 000 années
blié de 1951 à 1958, fournit, avec une bien         de lumière. Elle présente une teinte rouge
meilleure précision, les positions de près de       caractéristique, due à l'hydrogène qu'elle
183 000 étoiles jusqu'à la magnitude 11,            renferme, ionisé par le rayonnement des jeu-
situées entre le pôle céleste boréal et la décli-   nes étoiles qu'elle entoure.
naison - 2°. AGK 3, issu d'une nouvelle
série d'observations, inclut des mesures de         Airbus « Z é r o g ». Prototype (n° 3) de
mouvements propres.                                 l'avion Airbus A-300 qui a remplacé en 1995
aire de lancement                                                                             8

la Caravelle exploitée par le CNES (à travers     Airy (sir George Biddell), astronome bri-
sa filiale Novespace) pour la réalisation de      tannique (Alnwick, Northumberland, 1801 -
vols* paraboliques.                               Londres 1892).
ENCYCL. La partie centrale de la cabine est       Astronome Royal, directeur de l'observa-
complètement vide, avec des emplacements          toire de Greenwich de 1835 à 1881, il sut
prévus pour l'installation de différents appa-    placer cet observatoire au premier plan des
reils, et elle est capitonnée de mousse pour      établissements scientifiques internationaux
éviter que les personnes appelées à y tra-        et fit adopter dans toute l'Angleterre, en
vailler ne se blessent. Une campagne type         1880, le temps solaire moyen de Greenwich
comprend 3 vols en 3 jours successifs avec        (GMT).
30 à 40 paraboles par vol, chaque parabole        Cependant, manquant de confiance dans ses
offrant de 20 à 25 s de micropesanteur            jeunes subordonnés, il négligea pendant
(10"2 g). L'Airbus A 300 « Zéro g » est le plus   longtemps de prêter attention à un mémoire
gros avion du monde utilisé pour les vols         concernant les perturbations d'Uranus que
paraboliques. Il offre un volume utile de         lui avait soumis J. C. Adams*, ce qui valut à
300 m3 ce qui permet d'emporter 15 expé-          Le Verrier d'acquérir toute la gloire de la
riences et 50 passagers. Les vols ont lieu à      découvertre de Neptune.
partir de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac.
L'A 300 « Zéro g » a affectué sa 1000e para-      Airy ( t a c h e d') [de G.B. Airy, qui en
bole le 28 octobre 1998.                          donna la théorie en 1834], Petite tache lumi-
                                                  neuse circulaire, d'éclat maximal en son
aire de lancement. Zone où sont réunis            centre, entourée d'anneaux concentriques
les équipements qui autorisent la prépara-        alternativement sombres et brillants (ces
tion finale et le lancement d'un véhicule         derniers d'éclat rapidement décroissant),
spatial.                                          due à la diffraction de la lumière par une
                                                  ouverture circulaire, et qui constitue l'image
aires (loi des). Loi du mouvement d'un            d'un point lumineux (par exemple une
point matériel se déplaçant dans un champ         étoile) donnée par un objectif.
de forces central, et selon laquelle ce mou-      ENCYCL. L'observation de cette figure de dif-
vement s'effectue dans un plan contenant le       fraction renseigne sur la qualité optique de
centre de forces de façon que le rayon vec-       l'objectif (et de l'atmosphère située au-des-
teur, joignant le point matériel au centre de     sus de l'observateur). L'angle p représente la
forces, balaie des aires égales en des temps      dimension des plus fins détails que permet
égaux. Cette loi est la conséquence de la         d'observer l'instrument, ou encore l'écarte-
conservation du moment angulaire du point         ment angulaire minimal de deux points qu'il
en mouvement dans le champ de forces cen-         permet de voir séparés l'un de l'autre : c'est
tral. C'est la deuxième loi de Kepler* (1609)     la limite de résolution théorique de l'instru-
du mouvement des planètes autour du So-           ment.
leil.                                             Plus le diamètre de l'objectif est grand, plus
                                                  la limite de résolution est petite et meil-
Aire-sur-l'Adour. Commune des Landes              leur est le pouvoir* séparateur de l'instru-
où le CNES a créé, en 1963, le premier cen-       ment.
tre français de lâcher de ballons stratosphé-
riques.                                           Aitken (Robert Grant), astronome améri-
ENCYCL. Les campagnes s'y déroulent chaque        cain (Jackson, Californie, 1864 - Berkeley
année de mars à fin mai et de septembre à         1951).
novembre, avec une moyenne annuelle               Il reste surtout célèbre pour ses observations
d'environ 40 lâchers. Durant l'été, parce que     d'étoiles doubles et pour avoir publié, en
les vents en altitude se sont inversés (ils       1932, un catalogue de quelque 17 000 étoi-
soufflent alors de l'est vers l'ouest), le CNES   les de ce type, le New General Catalogue of
utilise le centre de lâcher de Tallard, près de   Double Stars (souvent désigné sous le nom
Gap (Hautes-Alpes), d'où partent chaque           de Aitken Double Stars Catalogue [ADS]), qui
année une dizaine de gros ballons.                constitue toujours un ouvrage de référence.
9                                                                                       Alcyone

De 1930 à 1935, il fut directeur de l'observa-   ENCYCL.  C'est une très belle étoile double*
toire Lick.                                      visuelle, dont la composante principale est
                                                 une étoile jaune-orangé de type spectral K3
AJ. Abréviation de AstronomicalJournal.          et de magnitude apparente 3,2 et la compo-
                                                 sante secondaire, une étoile bleue de type
Akrab (nom arabe signifiant scorpion).           spectral B9 et de magnitude apparente 5,4.
Étoile (3 du Scorpion. Magnitude apparente       L'écart entre ces deux composantes est de
visuelle : 2,6. Type spectral : Bl. Distance :   35". Distance : 400 années de lumière.
500 années de lumière.
                                                 Alcântara. Base spatiale du Brésil située
al. Symbole de l'année de lumière.               sur la côte atlantique, près de la ville du
                                                 même nom.
A l a m a k (de l'arabe al-naq, le lynx du dé-   ENCYCL. Une première tentative de lancement
sert). Étoile y d'Andromède.                     de satellite, avec une fusée VLS, a échoué le
ENCYCL. Une lunette d'amateur suffit pour la     2 novembre 1997. Coordonnées géographi-
dédoubler en deux composantes, distantes         ques : 2,3° S., 44,3° O.
de 10", qui offrent un contraste de couleur
particulièrement remarquable : la compo-         Alcatel Space. Division du groupe indus-
sante principale, de magnitude apparente         triel français Alcatel qui réunit toutes les
visuelle 2,3, apparaît orangée et la compo-      activités spatiales de ce groupe ainsi que
sante secondaire, de magnitude 5,1, bleue.       celles de Thomson-CSF, d'Aérospatiale et de
Ce couple a été découvert en 1777 par l'Al-      Sextant.
lemand C. Mayer. Il s'agit, en fait, d'un sys-   ENCYCL. Avec un effectif de 5 600 personnes
tème quadruple. Celui-ci est situé à 400 an-     et un chiffre d'affaires de 10,4 milliards de
nées de lumière et se rapproche du Soleil à      francs en 1998, Alcatel Space est le n° 3
raison de 12 km/s.                               mondial de l'industrie des sateËites et des
                                                 systèmes spatiaux. Alcatel Space conçoit et
Albategnius ou Albatenius -» Battani             fabrique tous les types de satellites : com-
(al-)                                            munications, navigation, observation de la
                                                 Terre, sciences et météorologie. C'est le
albédo n.m. (du latin albedo, blancheur).        constructeur des plates-formes Spacebus
Grandeur comprise entre 0 et 1, caractéri-       pour les satellites géostationnaires et Pro-
sant la proportion d'énergie lumineuse réflé-    teus pour les satellites en orbite terrestre
chie ou diffusée par un corps éclairé.           basse. Alcatel Space assure aussi la défini-
ENCYCL. La notion d'albédo a été introduite      tion, l'exploitation et la maintenance
par l'astronome américain W.C. Bond au           d'infrastructures au sol dans le domaine des
xixe s. L'albédo dépend de la longueur           télécommunications, de la navigation par
d'onde et du corps considérés, Une subs-         satellite et de l'observation de la Terre.
tance dont l'albédo vaudrait 1 serait un dif-
fuseur parfait, celle dont l'albédo vaudrait 0   A l c o r (de l'arabe al-ejur, le petit cavalier).
serait un absorbant parfait. Ainsi, dans le      Étoile 80 de la Grande Ourse. De type spec-
domaine de la lumière visible, la neige fraî-    tral A5 et de magnitude apparente 4,2, elle
che, qui renvoie presque tout le rayonne-        forme avec Mizar* un couple optique célè-
ment qu'elle reçoit, a un fort albédo, voisin    bre, dans la queue de la Grande Ourse. Les
de 0,9, tandis que le carbone, qui absorbe       deux étoiles sont séparées l'une de l'autre
pratiquement tout le rayonnement, a un al-       par une distance angulaire de 11' 50" dans le
bédo très faible, voisin de 0,05. L'albédo       ciel, ce qui permet de les distinguer aisé-
d'une planète est une source précieuse d'in-     ment à l'œil nu avec une bonne vue. Dans
formations sur la nature du sol et de l'atmos-   l'espace, leur distance mutuelle réelle est de
phère visible de cette planète.                  10 années de lumière.

Albireo (nom d'origine arabe signifiant          Alcyone. Étoile r| du Taureau. Magnitude
l'oiseau). Étoile (3 du Cygne.                   apparente visuelle : 2,9. Type spectral : B5.
Aldébaran                                                                                     10

Distance : 400 années de lumière. C'est           trasensibles pour détecter la chaleur déga-
l'étoile la plus brillante de l'amas des Pléia-   gée par le jet propulsif des missiles. Aux
des*.                                             Etats-Unis, la fonction d'alerte avancée a
                                                  d'abord été remplie, dans les années 60, par
Aldébaran (de l'arabe al-dabaran, la sui-         des satellites de type Midas puis ceux-ci ont
vante, parce qu'elle suit les Pléiades). Étoile   été remplacés, à partir de 1971, par les
a du Taureau. Magnitude apparente vi-             IMEWS (Integrated Multipurpose Early War-
suelle : 0,9. Type spectral : K5. Distance : 65   ning Satellite), placés en orbite géostation-
années de lumière. Rayon : 40 fois celui du       naire. Accessoirement, ceux-ci peuvent
Soleil. C'est une géante rouge.                   aussi détecter les explosions nucléaires. Un
                                                  satellite stationné au-dessus de Panama sur-
Alderamin (de l'arabe al-deramin, le bras         veille l'Atiantique et le Pacifique est, tandis
droit, par allusion à sa position dans la cons-   qu'un second, posté au-dessus de l'océan
tellation). Étoile a de Céphée. Magnitude         Indien, surveille l'autre moitié du globe.
apparente visuelle : 2,5. Type spectral : A5.     Dans le cadre de leur DSP* (Defense Support
Distance : 49 années de lumière.                  Program), les Américains utilisent aussi des
                                                  satellites géostationnaires conjointement
Aldrin (Edwin Eugene, puis Buzz), astro-          avec un réseau de stations de surveillance au
naute et officier américain (Montclair, New       sol BMEWS (Ballistic Missile Early Warning
Jersey, 1930).                                    System). Les missiles balistiques interconti-
En 1963, il est admis dans le corps des astro-    nentaux sont ainsi repérés trente minutes
nautes de la NASA. Copilote de la capsule         avant d'atteindre le territoire américain, ce
Gemini 12 en 1966, il effectue 59 révolu-         qui double le délai de quinze minutes offert
tions autour de la Terre et plusieurs sorties     par les radars terrestres les plus performants.
dans l'espace. En 1969, lors de la mission        L'ex-URSS a, pour sa part, utilisé à partir de
Apollo 11, il pilote le module lunaire et est     1972 (Cosmos 520) des satellites placés sur
ainsi le second homme, après Neil Arm-            des orbites elliptiques hautes (entre 600 et
strong, à poser le pied sur la Lune. En 1971,     40 000 km d'altitude), qu'ils décrivaient en
il quitte la NASA et réintègre l'armée de l'air   12 h et dont l'apogée leur valait de survoler
avec le grade de colonel, mais il se retire du    à chaque révolution le territoire américain
service actif l'année suivante.                   durant plusieurs heures.

Alenia Spazio. Principale firme de cons-          Alfraganus       Farrhani (al-)
truction spatiale italienne.
ENCYCL. Cette firme, qui emploie 2 300 per-       Alfvén (Hannes). physicien suédois (Nor-
sonnes, est issue du rapprochement, en            rkôpping 1908).
1990, de la division spatiale d'Aeritalia, de     Ses principales recherches ont porté sur les
Selenia Spazio et d'une douzaine de filiales.     gaz ionisés à hautes températures et les phé-
Son siège est à Rome et elle possède des          nomènes de magnéto-hydrodynamique.
établissements à Milan, Turin, Florence, Na-      Il est particulièrement connu pour ses théo-
ples, Tarente, L'Aquila et Catane. Elle est       ries relatives au déplacement des particules
notamment maître d'œuvre des satellites           dans la magnétosphère terrestre ainsi que
européens DRS* et Artemis* et fabrique            pour sa découverte des ondes - qui portent
l'élément orbital Columbus (COF*), en col-        son nom - naissant et se propageant dans
laboration avec Daimler-Benz Aerospace,           les plasmas.
ainsi que les satellites Globalstar*.             (Prix Nobel de physique 1970.)

a l e r t e avancée. Détection la plus rapide     Algénib (de l'arabe jenah al-faras> l'aile du
possible du lancement de missiles balisti-        cheval, par allusion à sa position dans la
ques adverses.                                    constellation). Étoile y de Pégase, l'un des
ENCYCL. Les satellites d'alerte avancée consti-   sommets du Carré de Pégase. Magnitude ap-
tuent des spécimens de satellites militaires.     parente visuelle : 2,9 (variable). Type spec-
Ils sont équipés de capteurs infrarouges ul-      tral B2. Distance : 300 années de lumière.
11                                                                       Allende (météorite)

Algol (de l'arabe [ra's] at-ghul, [la tête] de     massive vers la plus massive). Enfin, on a
l'ogre, par allusion à sa position dans la         découvert en 1972 qu'Algol est une radio-
constellation de Persée : elle figure la tête du   source et l'on présume que son rayonne-
monstre tué par Persée). Etoile (3 de Persée.      ment radioélectrique provient d'une cou-
Magnitude apparente visuelle variable de           ronne de gaz chauds enveloppant la
2,2 à 3,5. Distance : 93 années de lumière.        composante la plus volumineuse.
ENCYCL. C'est le prototype d'une classe
d'étoiles variables*, dites binaires à éclipses.   Algonquin (observatoire). Observa-
Elle comprend, en fait, deux composantes           toire radioastronomique canadien, dans
de dimension et d'éclat différents (une étoile     l'Ontario. Son principal instrument est un
bleue brillante de type spectral B8 et une         radiotélescope à antenne parabolique entiè-
étoile orangée de type spectral K2, moins          rement orientable de 46 m de diamètre, mis
lumineuse et moins massive mais plus volu-         en service en 1967.
mineuse), distantes l'une de l'autre de 10,5
millions de kilomètres, qui tournent autour        Alioth (de l'arabe al-'ayyuq, la queue).
de leur barycentre. Les occultations mutuel-       Étoile e de la Grande Ourse. Magnitude ap-
les de ces deux étoiles provoquent une varia-      parente visuelle : 1,8. Type spectral : A0.
tion de leur luminosité globale suivant une        Distance : 82 années de lumière.
période de 2,867 39 j. La principale diminu-
tion d'éclat se produit quand la composante        Alkaïd (de l'arabe al-qa'id, le conducteur,
de type K s'interpose devant celle de type         par allusion à sa position et à une représen-
B ; une diminution beaucoup plus faible et         tation ancienne de la constellation, regardée
imperceptible à l'œil nu survient quand la         comme un cercueil précédé de pleureuses).
composante de type B passe devant celle de         Étoile T] de la Grande Ourse. Magnitude
type K.                                            apparente visuelle : 1,9. Type spectral : B3.
Déjà remarquée par les Hébreux, qui l'appe-        Distance : 100 années de lumière. On l'ap-
laient « la tête de Satan », Algol est citée par   pelle aussi Benetnasch.
Ptolémée dans l'Almageste, mais sa variation
d'éclat n'a été mentionnée pour la première        Allende ( m é t é o r i t e ) . Météorite du type
fois qu'en 1669 par l'Italien G. Montanari, à      chondrite* carbonée, tombée le 8 février
Bologne.                                           1969 près du village de Pueblito de Allende,
Cependant, c'est l'astronome amateur bri-          dans l'État de Chihuahua, au Mexique.
tannique J. Goodricke qui. le premier, en          ENCYCL. Elle éclata peu avant d'atteindre le
1782, nota le caractère périodique de cette        sol, mais on a pu en récolter des centaines
variation et suggéra qu'elle pouvait être due      de fragments - le plus gros pesant 110 kg -,
à des passages successifs d'un astre sombre        éparpillés sur quelque 150 km2 et représen-
devant l'étoile. Cette hypothèse reçut une         tant une masse totale de plus de 2 t. La
brillante confirmation un siècle plus tard, en     découverte, dans certaines inclusions de
1889, lorsque l'Allemand H.K. Vogel mit en         cette météorite, d'une douzaine d'éléments
évidence un déplacement alternatif des raies       chimiques (oxygène, magnésium, calcium,
du spectre d'Algol, qui prouvait l'existence       etc.) présentant des anomalies isotopiques,
d'un compagnon invisible tournant autour           c'est-à-dire des différences de composition
du barycentre du système. En 1906, le Russe        isotopique par rapport à celle qu'ils ont sur
Belopolsky a découvert, grâce à des varia-         la Terre, non explicables par des processus
tions du spectre, la présence d'une troisième      agissant à l'intérieur du système solaire, a
composante, tournant autour des deux               fourni des contraintes nouvelles aux modè-
autres en 1,862 an. On a pu établir qu'il          les de formation du système solaire. Il est
s'agit d'une étoile de type spectral Fl, gravi-    désormais généralement admis que les élé-
tant à une distance moyenne de 400 mil-            ments caractérisés par des anomalies isoto-
lions de kilomètres des deux composantes           piques auraient été créés par nucléosyn-
principales. L'étude du spectre d'Algol a ré-      thèse*, puis injectés dans la nébuleuse
vélé aussi un transfert de matière entre les       solaire lors de l'explosion de supernovae*
deux composantes principales (de la moins          voisines.
Almageste                                                                                         12

A l m a g e s t e (ar. al-midjisti; du gr. megistos   fractures parallèles orientées N.E.-S.O. Dans
[biblos], très grand [livre]). Traité composé         sa partie est, la sonde américaine Magellan a
par Claude Ptolémée* sous le règne d'Anto-            mis en évidence, à l'aide de son radar ima-
nin le Pieux et résumant les connaissances            geur, un groupe de sept dômes volcaniques
astronomiques et mathématiques de l'Anti-             de 25 km de diamètre et de 750 m d'altitude
quité. Cet ouvrage contient, outre l'exposé           chacun, qui s'étend sur plus de 100 km.
d'un système du monde géocentrique, un
traité complet de trigonométrie rectiligne et         Alphard (de l'arabe al-fard, la solitaire, par
sphérique, un catalogue de 1 022 étoiles, des         allusion à l'absence d'étoiles brillantes dans
recherches sur les distances du Soleil et de la       son voisinage). Étoile a de l'Hydre femelle.
Lune, une méthode pour calculer les éclipses          Magnitude apparente visuelle : 2,0. Type
et la description des instruments d'astrono-          spectral : K2. Distance : 180 années de lu-
mie usités à cette époque.                            mière. On l'appelle aussi Minchir.

A l m a z (en russe, diamant). Satellites russes      Alpheratz (nom d'origine arabe). Étoile a
de très grandes dimensions, comparables               d'Andromède  Sirrah
aux stations Saliout, pesant environ 20 t et
servant à l'observation de la Terre par ima-          Alphonse. Cirque lunaire, dans la région
gerie radar. Le premier exemplaire a été              centrale de l'hémisphère de la Lune visible
lancé en juillet 1987, sous le nom de Cos-            de la Terre. Coordonnées : 13,5° S., 3° O.
mos 1870. Almaz 1 a été mis en orbite en              Diamètre : 118 km. Nom international : Al-
mars 1991.                                            phonsus.
                                                      ENCYCL. En 1958 et 1959, l'astronome soviéti-
almicantarat n.m. (de l'arabe almuquan-               que N.A. Kozyrev a observé au-dessus du
tara, l'astrolabe). Cercle de la sphère céleste,      piton central du cratère une nuée rougeâtre
parallèle à l'horizon. On dit aussi cercle ou         dont les caractéristiques spectrales semblent
parallèle de hauteur.                                 pouvoir être expliquées par la présence de
                                                      gaz raréfiés contenant du carbone, issus des
Alnaïr (nom arabe signifiant la brillante).           roches superficielles et ionisés sous l'effet
Étoile a de la Grue. Magnitude apparente              du rayonnement solaire ultraviolet. -* phé-
visuelle : 1,7. Type spectral : B5. Distance :        nomène lunaire transitoire
100 années de lumière.
                                                      Alphonsines (tables). Tables astronomi-
Alnilam. Étoile e d'Orion. Magnitude ap-              ques dressées en 1252, sur l'ordre du roi de
parente visuelle : 1,7. Type spectral : B0.           Castille Alphonse X le Sage (1221-1284), par
Distance : 2 000 années de lumière.                   des astronomes chrétiens, juifs et surtout
                                                      arabes, pour remplacer celles de Ptolémée.
Alpes (vallée des). Grande vallée lu-
naire, qui coupe la chaîne des Alpes ; au             Altaïr (de l'arabe al-nars al-tatr, l'aigle vo-
nord-est de la mer des Pluies. Longueur :             lant). Étoile a de l'Aigle. Magnitude appa-
130 km. Largeur : 7 à 18 km. Nom interna-             rente visuelle : 0,8. Type spectral : A7. Dis-
tional : Vallis Alpes.                                tance : 16,8 années de lumière.
                                                      ENCYCL. Son diamètre représente 1,6 fois en-
Alpes. Chaîne de montagnes, sur la Lune,              viron celui du Soleil, mais sa surface est net-
entre la mer du Froid et la mer des Pluies.           tement plus chaude (8 100 K) et elle est
Nom international : Montes Alpes.                     environ 11 fois plus lumineuse. Avec Deneb
                                                      et Véga, elle forme un triangle d'étoiles
Alpha du C e n t a u r e       a Centauri             brillantes facilement repérable en été aux
                                                      latitudes de la France (les trois « belles de
Alpha Regio. Haut plateau de l'hémi-                  l'été »).
sphère Sud de Vénus, centré par 25° S. et
5° F C'est l'une des régions volcaniques de           Altaïr (du nom de l'étoile la plus brillante
Vénus. Elle est traversée par de nombreuses           de la constellation de l'Aigle, qui se trouve
13                                                                                                  Amalthée

au zénith du cosmodrome de Baïkonour, le                        technique trouve aujourd'hui ses principales
soir, en été). Quatrième mission spatiale ha-                   applications en géodésie, en géophysique et
bitée réalisée en collaboration entre la                        en océanographie.    Seasat, Topex-Poséi-
France et la Russie.                                            don
ENCYCL. Parti de Baïkonour le 1 er juillet 1993,
en compagnie de deux cosmonautes russes,                        aluminiage n.m. Synonyme de aluminisa-
J.-P. Haigneré* a rejoint le surlendemain la                    tion.
station orbitale Mir. Il était chargé de mettre
en oeuvre une dizaine d'expériences portant                     aluminisation n.f. Opération par laquelle
sur la physiologie humaine, la biologie,                        s'effectue le dépôt d'une fine couche réflec-
l'étude des fluides et des matériaux, et la                     trice d'aluminium sur la surface optique
technologie. Son retour au sol a eu lieu le                     d'un miroir de télescope.
22 juillet.                                                     ENCYCL. Le miroir est placé dans une enceinte
                                                                où l'on fait le vide ; au-dessus, on vaporise à
altazimutal, e adj. Synonyme de azimu-                          l'aide d'un courant électrique quelques fils
tal, e. Ce terme tend à se substituer à celui                   d'aluminium ; la vapeur formée se condense
d'azimutal, mais c'est un anglicisme formé à                    à la surface du miroir sous l'aspect d'une
partir des mots anglais altitude (hauteur) et                   couche brillante, de quelques micromètres
azimuth (azimut).                                               d'épaisseur.

altimétrie spatiale. Technique de me-                           aluminure n.f. Synonyme de aluminisa-
sure d'altitude au moyen de satellites artifi-                  tion.
ciels.
ENCYCL. La surface moyenne des océans ter-                      alunir v.i. Se poser sur la Lune. Verbe pros-
restres peut être cartographiée avec une                        crit par l'Académie française et l'Académie
grande précision (inférieure à 10 cm) par                       des sciences.
mesure au temps de propagation des impul-
sions émises par un radar embarqué et réflé-                    A m a l t h é e . Satellite de Jupiter (n° V), dé-
chies par la surface de l'eau. D'autres para-                   couvert en 1892 par l'Américain E. Bamard.
mètres de surface comme l'intensité du vent                     C'est un astéroïde sombre et rougeâtre, de
ou la forme des vagues sont aussi mesura-                       forme irrégulière. Demi-grand axe de son
bles. Inaugurée en 1973 (sur Skylab), cette                     orbite : 181 300 km. Période de révolution
         Principe de l'altimétrie spatiale


                                             satellite Seasat
amarrage                                                                                      14

sidérale : 0,498 j. Dimensions : 262 x 146         galaxies eux-mêmes se rassemblent souvent
x 134 km.                                          en formant d'immenses superamas* qui
                                                   s'étendent parfois sur 100 millions d'années
a m a r r a g e n.m. Jonction d'engins spatiaux    de lumière ou plus. Les amas de galaxies
dans l'espace. Pour cette acception, l'emploi      semblent s'être formés assez tôt dans l'his-
à'arrimage est incorrect.                          toire de l'Univers, quelques milliards d'an-
                                                   nées au maximum après le Big* Bang. Les
a m a s n.m. Groupe de galaxies (amas de           amas proches seraient les plus anciens et
galaxies) ou d'étoiles d'une même galaxie          auraient atteint un état d'équilibre stable,
(amas stellaire) liées par leur attraction gra-    tandis que les plus lointains seraient des
vitationnelle mutuelle. L'observation révèle       structures « jeunes », encore en évolution.
l'existence de très nombreux amas d'étoiles        Initialement irréguliers et peuplés en majo-
ou de galaxies.                                    rité de galaxies spirales, les amas se concen-
AMAS STELLAIRES. L'étude de notre galaxie et       treraient progressivement et se peupleraient
des galaxies voisines a révélé l'existence de      dans leur région centrale de galaxies ellipti-
deux types d'amas stellaires : dans le halo*       ques ou lenticulaires (phénomène de ségré-
galactique, des amas globulaires, qui ras-         gation morphologique).
semblent jusqu'à plusieurs centaines de mil-
liers d'étoiles, toutes très âgées, en formant     a m a t e u r n.m. et adj. Personne qui effec-
des systèmes sphériques très concentrés de         tue des observations astronomiques pour
60 à 300 années de lumière de diamètre ; et,       son simple plaisir.
au voisinage du disque galactique, des amas        ENCYCL. Il y a dans le monde des dizaines de
galactiques (ou amas ouverts), groupements         milliers d'astronomes amateurs, souvent re-
assez faiblement concentrés de quelques            groupés en associations. Avant l'ère spatiale,
centaines d'étoiles jeunes. Les étoiles d'un       ae nombreuses découvertes concernant la
même amas ont une origine commune. Les             Lune, le Soleil ou les planètes ont été l'œu-
étoiles très jeunes forment souvent des            vre d'amateurs. Dans certains domaines,
groupes diffus appelés associations*. Les pro-     comme la recherche des comètes et l'étude
priétés globales des amas globulaires varient      des étoiles variables, la contribution des
selon les galaxies.                                amateurs reste très importante. D'une façon
Parmi les amas globulaires les plus remar-         générale, les amateurs, par leur nombre et
quables du halo de notre galaxie figurent M        leur répartition sur la Terre, contribuent à
3 des Chiens* de Chasse, M 13 d'Hercule*,          assurer une surveillance globale du ciel.
œ du Centaure* et 47 Toucan* ; les amas            Cette veille mondiale autorise parfois des
 ouverts les plus spectaculaires sont les Hya-     découvertes d'intérêt majeur, comme celles
 des* et les Pléiades*.                            d'étoiles subissant des phénomènes explo-
AMAS DE GALAXIES. Sur des distances se comp-       sifs (novae, supernovae). Enfin, les amateurs
tant en millions d'années de lumière, la dis-      jouent un rôle primordial dans la diffusion
tribution des galaxies n'apparaît pas uni-         du savoir astronomique.
 forme, mais on observe que celles-ci tendent
 à former de vastes concentrations de ma-          A m b a r t s o u m i a n (Viktor Amazaspo-
 tière. On connaît à présent plusieurs dizai-      vitch), astrophysicien arménien (Tiflis, au-
 nes de milliers d'amas de galaxies ; ceux-ci      jourd'hui Tbilissi, 1908 - Biourakan, 1996).
 revêtent des formes très variées et peuvent       Directeur de l'observatoire de Biourakan de
 contenir jusqu'à plusieurs milliers de mem-       1946 à 1988, il a découvert les associations
 bres. On les classe en deux types princi-         stellaires, apporté une contribution fonda-
 paux : les amas riches, ou réguliers, à           mentale à leur étude dynamique ainsi qu'à
 concentration centrale et symétrie sphéri-        celle des amas ouverts et a été le premier à
 que, où prédominent les galaxies elliptiques      soupçonner l'existence des phénomènes ex-
 ou lenticulaires, et les amas pauvres, ou irré-   plosifs dans les noyaux des galaxies.
 guliers, sans concentration centrale ni symé-
 trie sphérique, avec des galaxies de tous         A m e r i c a n Association of Variable
 types en proportions variables. Les amas de       Stars Observers (AAVSO). La plus
15                                                                            analemmatique

importante      association   d'observateurs      revenir sur la terre ferme, leur entraînement
d'étoiles variables du monde, fondée en           prend en compte l'éventualité d'un amerris-
1911.                                             sage accidentel dont la simulation a lieu près
ADRESSE : 25 Birch Street, Cambridge, Massa-      de Moscou.
chusetts 02138, USA.
                                                  A m o r . Astéroïde 1221, découvert en 1932
American         Astronomical         Society     par le Belge E. Delporte, prototype d'un
(AAS). Société fondée en 1899, aux États-         groupe de petites planètes qui peuvent
Unis, pour contribuer au progrès et à la pro-     s'approcher fortement de la Terre. Distances
motion de l'astronomie. Elle rassemble plus       extrêmes au Soleil : 162 et 413 millions
de 5 000 membres, astronomes profession-          de km. Période de révolution sidérale :
nels pour la plupart, et publie plusieurs jour-   2,67 ans. Plus courte distance possible à la
naux scientifiques.                               Terre : 16 millions de km. Diamètre estimé :
ADRESSE : 2000 Florida Avenue NW, Suite 300,      800 m.
Washington DC 20009, USA.
                                                  amplificateur de brillance ou de lu-
A m e r i c a n Ephemeris and Nautical            minance. Synonyme d'intensificateur
Almanac. Recueil annuel d'éphémérides             d'image.
publié de 1855 à 1980 par le United States
Naval Observatory. Depuis 1981, il est rem-       A m s a t (abréviation de radioAMateur SATel-
placé par Y Astronomical Almanac.                 lite corporation). Organisation internationale
                                                  créée en 1969 dans le but de soutenir les
A m e r i c a n Institute of Aeronautics          efforts des radioamateurs du monde entier.
and Astronautics (AIAA). Société                  ENCYCL. Son siège se trouve aux États-Unis,
américaine d'astronautique, fondée en 1930        mais elle compte des ramifications dans
sous le nom dAmerican Interplanetary Society,     presque tous les pays. Ses activités principa-
devenue en 19311'American Rocket Society, et      les concernent la diffusion d'informations
qui a pris son nom actuel en 1963 après sa        techniques et la réalisation des satellites OS-
fusion avec une organisation similaire, {'Ins-    CAR*. On estime à un million le nombre de
titute ofAerospace Sciences.                      radioamateurs dans le monde (dont 10 000
                                                  en France) : 20 % sont considérés comme
A m é r i q u e du Nord (nébuleuse). Né-          actifs et 1 % (soit 10 000 d'entre eux) utilise-
buleuse diffuse NGC 7000, dans la constel-        raient les liaisons par satellite.
lation du Cygne, à 3° à l'ouest de l'étoile
Deneb, et dont la forme rappelle celle de         A N A E . Sigle de Académie* Nationale de
l'Amérique du Nord.                               l'Air et de l'Espace.
ENCYCL. C'est une région complexe formée
de nébuleuses à émission, par réflexion, et à     analemmatique adj. Relatif à l'ana-
absorption. Découverte en 1786 par W.             lemme, qui utilise l'analemme. Cadran so-
Herschel*, elle a été photographiée pour la       laire analemmatique : cadran solaire plan sur
première fois en 1890 par M. Wolf*. S'éten-       lequel l'heure se lit à l'intersection d'une
dant sur environ 1°, elle est tout juste per-     ellipse graduée et de l'ombre d'un style rec-
ceptible à l'œil nu dans les conditions les       tiligne qui, en fonction de la déclinaison du
plus favorables. Distance : 2 300 années de       Soleil, est déplacé parallèlement à lui-même
lumière.                                          en s'appuyant à la fois sur l'axe du monde et
                                                  sur un diamètre quelconque de l'ellipse.
amerrissage n.m. Retombée d'un vais-              ENCYCL. Le cadran analemmatique a été décrit
seau spatial dans une étendue d'eau, en gé-       pour la première fois par Vaulezard en 1640.
néral un océan.                                   Le modèle le plus répandu est le cadran azi-
ENCYCL. Les États-Unis ont toujours récupéré      mutal, dont le style vertical est déplacé sur
en mer leurs capsules habitées (Mercury,          le petit axe de l'ellipse (confondu avec la
Gemini et Apollo). Quant aux cosmonautes          ligne de midi). Il en existe un beau spéci-
russes, dont les capsules sont conçues pour       men, restauré en 1756 par J. Lalande, devant
analemme                                                                                          16

l'église de Brou, à Bourg-en-Bresse (Ain) ; un      Andoya. Centre de lancement de fusées-
autre se trouve à Montpellier (Hérault).            sondes situé dans le nord de la Norvège.
                                                    ENCYCL. Depuis sa mise en service, en 1962,
a n a l e m m e n.m. Projection cylindrique         plus de 600 tirs y ont été effectués. La créa-
verticale (orthographique) des cercles de dé-       tion d'une base pour lanceurs de microsatel-
clinaison et des cercles horaires de la sphère      lites polaires est en projet. Coordonnées
céleste, qui fournit le canevas des cadrans         géographiques : 69,3° N., 16° E.
solaires dits « analemmatiques ».
                                                    André-Deshays (Claudie), médecin et
analyse spectrale. Synonyme de spec-                spationaute française (Le Creusot 1957).
troscopie.                                          Sélectionnée comme spationaute par le
                                                    CNES en 1985, elle devient-le 17 août 1996
Ananke. Satellite de Jupiter (n° XII) décou-        - la première Française à partir dans l'es-
vert en 1951 par l'Américain S. Nicholson.          pace, au cours de la mission Cassiopée*.
Demi-grand axe de son orbite : 21 200 000
km. Période de révolution sidérale : 631 j.         A n d r o m e d a (-ae). Nom latin de la cons-
Diamètre : 20 km environ.                           tellation d'Andromède (abrév. And).

Ananoff (Alexandre), écrivain et conféren-          A n d r o m è d e (en latin Andromeda, -ae),
cier français d'origine russe (Tiflis, auj. Tbi-    constellation boréale.
lissi, Géorgie, 1910-Paris 1992).                   ENCYCL. Ses trois étoiles les plus brillantes,
Il fut un ardent propagandiste de l'astronau-       Sirrah* (a), Mirach* (P) et Alamak* (y), sont
tique à ses débuts. Enthousiasmé, à l'âge de        pratiquement alignées dans le prolongement
dix-huit ans, par la lecture d'un ouvrage de        de la diagonale du Carré de Pégase, dont Sir-
Tsiolkovski, il consacre la première partie de      rah marque le sommet supérieur gauche.
sa vie à tenter d'attirer l'attention des scien-    Parmi les nombreuses curiosités célestes vi-
tifiques et d'éveiller la curiosité du grand        sibles dans la constellation, on peut citer
public sur les possibilités de la propulsion        aussi l'étoile R And, une variable du type
par réaction et les voyages interplanétaires.       Mira* dont l'éclat fluctue en 409 j avec une
En 1950, il organise à Paris le premier             amplitude telle que sa magnitude apparente
congrès international d'astronautique et pu-        oscille entre 6,5 et 14,5. L'étoile Z And est le
blie l'Astronautique, ouvrage longtemps             prototype des étoiles symbiotiques*. Un
considéré comme une référence en la ma-             système de trois planètes a été détecté en
tière. A la fin des années 50, il cesse toute       1999 autour de l'étoile Upsilon d'Andro-
activité d'ordre spatial et se tourne vers l'his-   mède, distante de 43 années-lumière. Enfin,
toire de l'art.                                     la constellation abrite la célèbre galaxie M
                                                    31, souvent appelée « galaxie d'Andro-
A n a x a g o r e , philosophe grec (Clazomè-       mède ».
nes 500 - Lampsaque 428 av. J.-C.).
En supposant que la Lune, de même nature            A n d r o m è d e (galaxie d'). Galaxie per-
que la Terre, emprunte sa lumière au Soleil,        ceptible à l'œil nu, par nuit pure et très som-
il parvint à expliquer correctement les éclip-      bre, dans la constellation d'Andromède,
ses de Lune, par le passage de cet astre dans       dans le prolongement de la ligne formée par
l'ombre de la Terre.                                les étoiles (3 et jiAnd, à 6° environ au N. de (3
                                                    And.
Anaximandre, philosophe et astronome                ENCYCL. Mentionnée pour la première fois au
grec (Milet v. 610 - v. 547 av. J.-C.).             xe s. par l'astronome persan al-Sufî, qui la
Il aurait découvert l'obliquité de l'écliptique     signale comme un « petit nuage céleste »,
et, le premier, reconnu que le ciel paraît          elle fut observée pour la première fois à la
tourner autour de l'étoile Polaire.                 lunette le 15 décembre 1612 par l'Allemand
                                                    Simon Marius, qui lui trouva une ressem-
And. Abréviation de Andromeda, désignant            blance avec une chandelle vue à travers de la
la constellation d'Andromède.                       corne transparente. Ch. Messier, dans son
17                                                                                       Ankaa

Catalogue des nébulosités célestes (1781), l'a     lise également l'appellation chambre sourde).
répertoriée sous le n° 31, d'où sa désigna-        ENCYCL. Les chambres anéchoïques sont utili-
tion courante sous le matricule M 31. Sa           sées pour simuler dans une enceinte fermée,
véritable nature n'a été établie qu'en 1924        c'est-à-dire à l'abri des intempéries, les
lorsque l'Américain E. Hubble*, à l'aide du        conditions de l'espace libre.
télescope de 2,54 m de diamètre de l'obser-
vatoire du mont Wilson, parvint à la résou-        Angara. Lanceur lourd russe dont la mise
dre en étoiles : pour la première fois était       en service est prévue vers 2005.
ainsi démontrée l'existence de systèmes            ENCYCL. Cette fusée à deux ou trois étages
stellaires extérieurs à notre galaxie. On sait à   sera lancée de Plessetsk et capable de placer
présent qu'il s'agit d'une galaxie spirale de      261 de charge utile en orbite basse autour de
même type que la nôtre (type Sb), dotée de         la Terre ou 4,5 t sur l'orbite géostationnaire.
bras spiraux bien prononcés, avec une              Le premier étage fonctionnera avec un mé-
condensation centrale d'un développement           lange d'oxygène et de kérosène ; les deux
moyen. Son diamètre est évalué à 160 000           autres étages, cryotechniques, avec un mé-
années de lumière et l'on estime qu'elle ras-      lange d'oxygène et d'hydrogène liquides.
semble environ 400 milliards d'étoiles. Si-
tuée à une distance de 2 900 000 années de         angle de phase        phase
lumière, c'est l'objet céleste le plus lointain
visible à l'œil nu. Elle constitue la galaxie la   angle horaire -» horaire
plus importante du Groupe* local. Elle est
accompagnée de deux petites galaxies satel-        anglo-australien (observatoire). Ob-
lites elliptiques : M 32 (NGC 221) et NGC          servatoire fondé par les gouvernements
205. A la différence de la plupart des ga-         d'Australie et du Royaume-Uni, et implanté
laxies, qui s'éloignent de nous, le décalage       sur le site de l'observatoire de Siding*
des raies de son spectre vers le bleu, inter-      Spring, en Nouvelle-Galles du Sud (Austra-
prété comme un effet Doppler-Fizeau, indi-         lie). Ses deux principaux instruments sont le
que qu'elle se rapproche, avec une vitesse         télescope anglo-australien de 3,90 m
radiale de 275 km/s.                               d'ouverture, mis en service en 1975, et un
Des observations effectuées en 1993, à l'aide      télescope de Schmidt de 1,20 m, installé par
du télescope spatial Hubble et du télescope        le Royaume-Uni en 1973.
Canada-France-Hawaii, ont montré que son
noyau possède une structure complexe. La           a n g s t r ô m n.m. (de A.J. Angstrôm, physi-
galaxie semble comporter deux noyaux sé-           cien suédois [1814-1874]). Unité de mesure
parés par une distance de 5 années de lu-          de longueur (symb. Â), utilisée particulière-
mière environ. Curieusement, c'est le moins        ment pour la mesure des longueurs d'onde,
brillant des deux qui correspond au centre         et valant un dix-milliardième de mètre, soit
de rotation de la galaxie. L'autre pourrait        ÎO"10 mètre.
être ce qui subsiste d'une petite galaxie qui a
été « cannibalisée » par M 31. L'étude du          Anik. Satellites canadiens géostationnaires
mouvement des étoiles dans la région nu-           de télécommunications intérieures. Cinq gé-
cléaire suggère que celle-ci abrite un volumi-     nérations de ces satellites ont été lancées :
neux trou noir dont la masse représente            Anik A (1972-1975), Anik B (1978), Anik C
quelques dizaines de millions de rois celle        (1982-1985), Anik D (1982-1984) et Anik E
ou Soleil.                                         (1991). La génération suivante, Anik F, est
                                                   attendue vers 2003-2004.
Andromédides. Autre nom des Biélides.
                                                   animaux dans l'espace           biologie spa-
anéchoïque adj. Chambre anéchoïque :               tiale
local dont les parois recouvertes d'un maté-
riau absorbant ne réfléchissent pas les            Ankaa. Etoile a du Phénix. Magnitude ap^
ondes électromagnétiques ou les ondes              parente visuelle : 2,4. Type spectral : KO.
acoustiques (dans ce dernier cas, on uti-          Distance : 78 années de lumière.
anneau d'astéroïdes                                                                           18

anneau d'astéroïdes.         Synonyme      de    année cosmique           cosmique
ceinture* d'astéroïdes.
                                                 année de lumière. Unité de longueur
anneau de crêpe. Nom couramment                  (symb. al) équivalant à la distance* parcou-
donné à l'anneau C de Saturne, en raison de      rue en un an par la lumière dans le vide, soit
son aspect sombre.                               environ 9,461.10 12 km. On dit couramment,
                                                 mais abusivement, année-lumière.
anneau de diamant. Phénomène lumi-
neux observable immédiatement avant ou           A n n é e géophysique internationale
après la phase de totalité d'une éclipse* to-    (AGI). Ensemble de recherches, coordon-
tale de Soleil, quand la photosphère solaire     nées à l'échelle mondiale, menées entre
s'apprête à disparaître derrière la Lune ou      juillet 1957 et décembre 1958, lors d'une
vient de réapparaître, et brille à la manière    période d'activité solaire maximale, en vue
d'un anneau de diamant à cause des aspéri-       d'une meilleure connaissance des propriétés
tés du relief lunaire.                           physiques de la Terre et des interactions
                                                 entre le Soleil et notre planète.
anneau n.m. Zone approximativement cir-          ENCYCL. L'AGI permit de réaliser de nom-
culaire de matière, peuplée d'une multitude      breuses observations simultanées, portant
de petits corps solides se déplaçant chacun      sur divers phénomènes géophysiques, de-
avec sa vitesse propre, que l'on observe         puis un grand nombre de zones du globe,
autour des grosses planètes du système so-       surtout celles délaissées jusqu'alors comme
laire.                                           les régions polaires, en particulier l'Antarcti-
ENCYCL. Grâce aux sondes américaines Voya-       que. Sa préparation stimula puissamment la
ger, on sait à présent que les quatre grosses    recherche spatiale, les Etats-Unis et l'URSS
planètes extérieures du système solaire (Ju-     ayant annoncé dès juillet 1955 qu'ils lance-
piter*, Saturne*, Uranus* et Neptune*) sont      raient chacun un satellite artificiel à l'occa-
entourées, dans leur plan équatorial, d'un       sion de l'AGI. Les avatars du programme
système complexe d'anneaux. Ceux-ci pré-         Vanguard*, choisi pour représenter la contri-
sentent toutefois des caractéristiques extrê-    bution américaine à l'AGI, valurent à l'URSS
mement différentes d'une planète à l'autre :     d'être, à la surprise générale, la première
ainsi, ceux d'Uranus sont très sombres,          puissance à mettre en orbite un satellite,
parce que constitués vraisemblablement de        Spoutnik* 1. Mais c'est le premier satellite
poussières carbonées, tandis que ceux de         américain, Explorer* 1, qui permit l'une des
Saturne sont très brillants, parce que formés    découvertes les plus importantes de l'AGI :
de blocs recouverts ou à base de glace. Les      celle des ceintures* de Van Allen. L'AGI fut
dimensions de leurs constituants sont égale-     également l'occasion pour des nations telles
ment très variables (de la taille d'une pous-    que la France, le Royaume-Uni, le Japon, le
sière à plusieurs mètres). Enfin, leur struc-     Canada et l'Australie de développer des pro-
ture est souvent irrégulière et semble           grammes de fusées-sondes pour l'explora-
modelée par l'attraction gravitationnelle de     tion de la haute atmosphère. C'est ainsi que
petits satellites.                               la France développa la version AGI de la
                                                 fusée-sonde Véronique, qui pouvait empor-
Les anneaux de Neptune présentent des zo-
                                                 ter une charge utile de 60 kg à 210 km d'alti-
nes plus denses, détectées indirectement de-
                                                 tude.
puis la Terre à la faveur de l'occultation de
certaines étoiles, ce qui avait conduit à sup-
poser l'existence d'arcs de matière autour ae    année n.f. Période de révolution de la Terre
Neptune plusieurs années avant le survol de      autour du Soleil, ou durée conventionnelle
la planète par la sonde Voyager 2. L'une des     qui en est voisine. Par extension, période de
nombreuses énigmes que posent les an-            révolution de toute autre planète autour du
neaux est celle de savoir s'ils sont des rési-   Soleil : année martienne, vénusienne, etc.
dus fossiles de la formation des planètes ou     ENCYCL. La valeur approchée de l'année peut
le résultat d'un processus d'évolution par       être évaluée de diverses manières. L'année
fracture et agrégation successives.              sidérale est la durée de la révolution de la
19                                                                                   anomalie

Terre mesurée par rapport aux étoiles : c'est     leurs antiparticules, les positrons. Les obser-
l'intervalle de temps au bout duquel le So-       vations effectuées alors par le télescope
leil, dans son mouvement apparent par rap-        français Sigma installé à bord du satellite
port aux constellations, se retrouve en face      russe Granat ont permis pour la première
des mêmes étoiles. Elle vaut 365,256 3 j.,        fois de localiser la source avec une précision
soit 365 j 6 h 9 min 9,5 s.                       suffisante pour l'identifier à une source de
L'année tropique est l'intervalle de temps        rayonnement X           dur déjà       connue,
compris entre deux équinoxes de printemps.        1E1740.7-2942, située à 1° environ (quelque
Elle est un peu plus courte que l'année sidé-     300 années de lumière) du centre dynami-
rale car, du fait de la précession*, le point     que de notre galaxie.
vernal* rétrograde lentement sur l'éclipti-       Des observations ultérieures ont montré
que. Mais c'est l'année des saisons, sur la-      l'existence, à l'emplacement de la source de
quelle se fonde le calendrier. Elle vaut ap-      rayonnement y, d'une source compacte
proximativement 365,242 2 j, soit 365 j 5 h       d'ondes radio, de laquelle partent deux jets
48 min 46 s. Si le calendrier était établi        de matière symétriques, longs de plus de 3
d'après l'année sidérale, on assisterait à une    années de lumière chacun. Les corrélations
dérive progressive des saisons : celles-ci, au    entre les variabilités des rayonnements X et
fil des siècles, couvriraient des mois diffé-     radio ont prouvé sans ambiguïté que ces
rents.                                            émissions proviennent d'un même objet.
Les astronomes utilisent encore l'année ano-      L'ensemble des données d'observation sug-
malistique, intervalle de temps séparant          gère que le Grand Annihilateur est un petit
deux passages consécutifs de la Terre au          trou noir de masse comparable à celle des
périhélie de son orbite. Elle vaut 365,259 6 j,   étoiles, plongé dans un nuage de gaz très
soit 365 j 6 h 13 min 53 s. Elle est plus         dense et entouré d'un disque de matière
longue que l'année sidérale de 4 min 43 s. En     provenant soit d'une étoile compagnon de
effet, le grand axe de l'orbite terrestre, joi-   faible masse, soit du nuage moléculaire en-
gnant l'aphélie au périhélie, tourne lente-       vironnant. Des instabilités thermiques dans
ment dans le plan orbital en pivotant autour      le disque induiraient la production massive
du Soleil ; ce déplacement du périhélie s'ef-     de paires électron-positron. Une fraction de
fectue dans le même sens que la révolution        celles-ci s'annihilerait à proximité du trou
de la Terre et atteint 11,3" par an; pour         noir ; le reste des particules chargées
revenir au périhélie, la Terre, au terme d'une    s'échapperaient en deux jets perpendiculai-
année sidérale, doit donc parcourir encore        res au disque, à des vitesses proches de celle
sur son orbite ce petit arc supplémentaire.       de la lumière, et émettraient des ondes ra-
Pour les besoins de la vie courante, l'année      dio, par effet synchrotron*, en interagissant
doit comporter un nombre entier de jours.         avec un champ magnétique. Freinées par le
C'est pourquoi on utilise l'année civile, de      gaz du nuage moléculaire, ces paires élec-
365 ou 366 j, qui débute le 1er janvier et        tron-positron s'annihileraient finalement à
s'achève le 31 décembre. -• calendrier            quelque 3 années de lumière de l'objet cen-
                                                  tral, pour donner naissance à l'émission de
Annihilateur (Grand). Nom donné à                 rayonnement y variable enregistrée depuis
une puissante source de rayonnement y pro-        la fin des années 1970.
che du centre de la Galaxie.
ENCYCL. Cette source variable a été mise en       annulaire adj. -* éclipse (de Soleil)
évidence par diverses observations effec-
tuées à l'aide de ballons ou de satellites. Le    anomal, e adj. Queue anomale, synonyme
nom de « Grand Annihilateur » lui a été           de antiqueue.
donné par l'Américain M. Leventhal à la
suite d'une émission particulièrement in-         anomalie n.f. Angle caractéristique du
tense, observée le 13 octobre 1990, dont          mouvement d'un corps qui décrit une orbite
l'énergie, proche de 511 keV, correspondait       elliptique.
à celle que libère l'annihilation (c'est-à-dire   ENCYCL. L'anomalie vraie est l'angle formé par
la destruction mutuelle) d'électrons avec         le rayon vecteur du corps et la direction du
anomalistique                                                                                  20

périhélie de son orbite (ligne joignant le         dicales (Orthostatisme, Illusion, Viminal 92,
foyer au périhélie). L'anomalie moyenne est        Nausicaa 1, Biodose et Immunologie 92),
l'angle analogue pour un corps hypothéti-          deux sur la physique (Alice et Supraconduc-
que qui décrirait son orbite dans le même          teur), deux sur la technologie spatiale (Exeq
temps que le corps réel mais avec une vi-          et Microaccéléromètre). La masse totale de
tesse angulaire uniforme. L'anomalie excen-        l'instrumentation correspondante représen-
trique est un angle compté à partir du centre      tait environ 300 kg.
de l'orbite, qui permet d'exprimer la lon-
gueur variable du rayon vecteur en fonction        Antennes (les). Appellation courante de
du demi-grand axe de l'orbite et de son            la paire de galaxies en interaction NGC
excentricité. Il existe une relation entre         4038/4039, dans la constellation du Cor-
l'anomalie moyenne et l'anomalie excentri-         beau, en raison des deux longs filaments
que, connue sous le nom d'équation de Ke-          incurvés de matière qui s'en détachent, au
pler.                                              nord et au sud. Distance : 63 millions d'an-
                                                   nées de lumière. Longueur des filaments :
anomalistique adj. -* année                        100 000 années de lumière.

A N P C N . Sigle de Association Nationale         anthropique (principe). L'un des prin-
pour la Protection du Ciel Nocturne.               cipes de la cosmologie moderne, selon le-
                                                   quel l'existence de l'homme impose a poste-
A N S (sigle de Astronomische Nederlands Sa-       riori des conditions nécessaires à la structure
telliet satellite néerlandais d'astronomie).       de l'Univers.
Premier satellite hollandais, mis en orbite le     ENCYCL. D'un point de vue strictement théo-
30 août 1974 par une fusée américaine              rique, il est possible de concevoir de nom-
Scout. On lui doit notamment la découverte,        breux modèles d'univers, qui diffèrent par
en 1975, des sursauts* X.                          leurs propriétés physiques et par les valeurs
                                                   de certaines constantes fondamentales. Le
Ant. Abréviation de Antlia, désignant la           principe anthropique faible pose que seuls
constellation de la Machine pneumatique.           certains de ces modèles sont compatibles
                                                   avec l'existence d'êtres intelligents. Cette
a n t a p e x n.m. Point de la sphère céleste      formulation ne suscite guère de controver-
diamétralement opposé à l'apex*.                   ses parmi les cosmologistes ; toutefois, cer-
                                                   tains n'accordent qu'une faible importance
A n t a r è s (du grec anti Ares, rival de Mars,   à ce principe, tandis que d'autres le considè-
par allusion à sa couleur rougeâtre, analogue      rent comme fondamental, estimant qu'un
à celle de la planète Mars). Etoile a du Scor-     grand nombre des propriétés locales ou glo-
pion. Magnitude apparente visuelle : 1 (va-        bales de l'Univers peuvent se déduire du fait
riable). Type spectral : Ml. Distance : 700        que nous existons.
années de lumière.                                 Beaucoup plus discuté, et récusé par certains
                                                   spécialistes, le principe anthropique fort,
A n t a r è s (du nom de l'étoile la plus          formulé par l'astrophysicien anglais Bran-
brillante de la constellation du Scorpion).        don Carter, postule, en s'appuyant sur
Troisième mission spatiale habitée réalisée        l'abondance de phénomènes naturels appa-
en coopération entre la France et l'URSS           remment fortuits qui ont rendu possible
(puis la CEI).                                     l'émergence de la vie, que l'Univers « de-
ENCYCL. Elle a fait suite à PVH (1982) et Ara-     vait » conduire à l'apparition de l'homme au
gatz (1988). Parti de Baïkonour le 27 juillet      cours de son évolution.
1992, en compagnie de deux cosmonautes
russes, Michel Tognini (3e spationaute fran-       Anthrorack. 1. Programme de recherches
çais) a rejoint le surlendemain la station or-     de l'Agence spatiale européenne sur la phy-
bitale Mir. Il y a séjourné jusqu'au 10 août,      siologie humaine en micropesanteur. 2.
se consacrant principalement à dix expérien-       Équipement à usages multiples conçu pour
ces : six portaient sur les recherches biomé-      des études diverses sur le cœur, les pou-
21                                                                                       Apian

mons, les muscles, le sang, etc., des astro-      Antlia (-ae). Nom latin de la constellation
nautes. Le premier séjour dans l'espace de ce     de la Machine pneumatique (abrév. Ant).
véritable laboratoire médical spatialisé a eu
lieu du 26 avril au 6 mai 1993, en tant qu'élé-   Antoniadi (Eugène), astronome français
ment de la charge utile de la mission alle-       d'origine grecque (Istanbul 1870 - Meudon
mande D2 du Spacelab. dans la soute 'de la        1944).
navette américaine.                               Il fut un observateur hors pair des surfaces
                                                  planétaires, en particulier celles de Mars et
anti-g adj. inv. Se dit d'un équipement qui       de Mercure, dont il a laissé de très nom-
atténue les effets des accélérations et de la     breux dessins effectués à l'oculaire de la
pesanteur, comme le pantalon porté par les        grande lunette de l'observatoire de Meudon.
pilotes de chasse ou par les spationautes de      Ses observations contribuèrent à montrer
retour sur Terre.                                 que les canaux de Mars n'étaient que des
                                                  illusions d'optique.
antimatière n.f. Forme de matière consti-
tuée de particules de masse égale mais de         Ap J. Abréviation de AstrophysicalJournal.
charge opposée à celles des particules cor-
respondantes de la matière ordinaire.             Apennins. Chaîne de montagnes, sur la
ENCYCL. Bien que les théories actuelles décri-    Lune, formant une partie du bord oriental
vant les particules et leurs interactions res-    de la mer des Pluies. Nom international :
pectent la symétrie matière/antimatière,          Montes Apenninus.
l'Univers semble être formé essentiellement
de matière. Des indices de la présence d'an-      apesanteur n.f. Synonyme de impesan-
timatière ont toutefois été décelés locale-       teur. Terme déconseillé en raison du risque
ment (notamment à proximité du centre de          de confusion auditive entre la pesanteur et
notre galaxie) par des émissions de rayonne-      l'apesanteur.
ment gamma imputables à des réactions
d'annihilation mutuelle d'électrons et de po-     apex n.m. (mot latin signifiant pointe, som-
sitons (anti-électrons). Faut-il admettre que     met). Point de la sphère céleste, situé dans la
l'Univers était primitivement constitué à         constellation d'Hercule, vers lequel se dépla-
parts égales de particules et d'antiparticules    cent le Soleil et le système solaire par rap-
et que son évolution a détruit cette symétrie     port aux étoiles voisines, à une vitesse de
initiale ? Ou bien renferme-t-il des îlots        19,6 km/s. Coordonnées approximatives :
d'antimatière qui rétabliraient globalement       a = 18 h 00 min; 8 = +30°, a et 5 étant
la parité ? La seconde hypothèse apparaît         respectivement l'ascension droite et la décli-
moins probable que la première.                   naison.

antiqueue n.f. Traînée lumineuse, généra-         aphélie n.m. (du grec apo, loin, et hêlios,
lement courte et étroite, apparaissant par-       soleil). Point de l'orbite d'un corps tournant
fois, par un effet de perspective, dans le        autour du Soleil où la distance de ce corps
prolongement du noyau d'une comète, en            au Soleil est maximale, CONTR. : périhélie.
direction du Soleil, à l'opposé de la queue       Par extension, cette distance elle-même.
principale, S N : queue anomale
             Y .
ENCYCL. Elle est due à la lumière diffusée par    Aphrodite Terra. L'une des principales
des poussières localisées autour du plan or-      régions montagneuses de Vénus, près de
bital de la comète et s'éloignant du Soleil       l'équateur de la planète.
suivant une trajectoire fortement déviée en       ENCYCL. Sa superficie est comparable à celle
arrière du rayon vecteur.                         de l'Afrique. Elle s'étend sur près de 3 000
                                                  km de long et culmine, dans sa partie ouest,
antisolaire adj. Direction antisolaire : direc-   à plus de 5 000 m d'altitude.
tion opposée à celle du Soleil, pour un obser-
vateur donné. Lueur antisolaire : synonyme        Apian ou Apianus (Peter Bienewitz ou
de Gegenschein.                                   Bennewitz, dit Petrus), mathématicien, géo-
aplanétisme                                                                                   22

graphe et astronome allemand (Leisnig,            (planètes, comètes), aphélie. Le terme s'em-
Saxe, 1495 - Ingolstadt 1552).                    ploie plus spécialement dans le cas des étoi-
Célèbre pour ses cartes et ses ouvrages d'as-     les doubles, CONTR. : périastre.
tronomie richement illustrés, il observa la
comète de Halley lors de son retour de 1531       apogée n.m. (du grec apo, loin, et geos,
et, à cette occasion, fut avec Fracastor le       terre). Point de l'orbite d'un satellite de la
premier à remarquer, en Europe, que les           Terre où la distance de ce corps à la Terre est
queues cométaires sont dirigées à l'opposé        maximale. Par extension, point de l'orbite
du Soleil. Il fut aussi l'un des premiers à       d'un corps quelconque du système solaire
suggérer, dans sa Cosmographie (1524), de         où la distance de ce corps à la Terre est
déterminer les longitudes d'après l'étude des     maximale, CONTR. : périgée.
mouvements de la Lune.                            Par extension, cette distance elle-même.

aplanétisme n.m. Qualité d'un système             Apollo. Astéroïde 1862, découvert en 1932
optique ne présentant pas d'aberration géo-       par l'Allemand Reinmuth, perdu, puis re-
métrique pour un point objet situé à faible       trouvé en 1973, prototype d'un groupe de
distance de l'axe de l'instrument, c'est-à-dire   petites planètes dont l'orbite coupe celle de
tel que tous les rayons lumineux issus d'un       la Terre.
même point objet vont se rencontrer au            ENCYCL. Distances extrêmes au Soleil : 97 et
même point image.                                 343 millions de km. Période de révolution
ENCYCL. L'aplanétisme exige, d'une part, que      sidérale : 1,78 an. Plus courte distance possi-
les rayons issus d'un point lumineux situé        ble à la Terre : 3,7 millions de km. Diamètre
sur l'axe optique de l'instrument convergent      estimé : 2,1 km.
vers un point unique de l'axe (stigmatisme
sur l'axe ou suppression de l'aberration          Apollo. Programme américain d'explora-
sphérique) et, d'autre part, que cette qualité    tion humaine de la Lune décidé en 1961 par
optique de stigmatisme se conserve pour           le président Kennedy et qui s'est achevé en
des points voisins de l'axe. On démontre          1972.
que les lentilles à face sphérique ont un apla-   ENCYCL. Le programme Apollo avait comme
nétisme assez bon. En revanche, les miroirs       objectif le débarquement d'astronautes sur
paraboliques ne sont pas aplanétiques ; le        la Lune avant 1970. Ce qui n'était au départ
champ de netteté des télescopes à miroir          qu'un défi politique destiné à rétablir aux
parabolique est donc très limité.                 yeux du monde la suprématie technologi-
Pour réaliser un télescope aplanétique, il        que des Etats-Unis, sérieusement entamée
faut recourir à des miroirs hyperboliques.        par le succès des premiers vols spatiaux so-
—• Ritchey-Chrétien (télescope)                   viétiques, s'est transformé en une fantasti-
                                                  que aventure industrielle et technologique
aplatissement n.m. Paramètre sans di-             de 25 milliards de dollars, à laquelle ont
mension, caractérisant la non-sphéricité          collaboré de près ou de loin 20 000 firmes et
d'un astre en rotation, égal à la variation       350 000 personnes.
relative d'une grandeur (distance au centre,      Le vaisseau Apollo comprenait trois com-
pesanteur) entre l'équateur et les pôles de       partiments : 1) un module de commande
cet astre. Pour une planète, l'aplatissement      conique de 61, destiné à assurer le transport
est le rapport (a-b)/a de la différence des       aller-retour de 3 astronautes entre la Terre et
rayons mesurés à l'équateur (a) et au pôle        une orbite circumlunaire ; 2) un module de
(b), au rayon à l'équateur.                       service cylindrique de 23 t accroché à l'ar-
                                                  rière du précédent et contenant tous les sys-
apoastre n.m. Point de l'orbite d'un corps        tèmes de servitude et de propulsion néces-
céleste gravitant autour d'un autre où la dis-    saires pour le voyage autour de la Lune ; 3)
tance des deux corps est maximale.                un module lunaire de 15 t, destiné à la des-
ENCYCL. L'apoastre d'une orbite autour de la      cente, au séjour sur la Lune et à la remontée
Terre (Lune, satellites artificiels) s'appelle    en orbite de 2 astronautes. Le module de
apogée, celui d'une orbite autour du Soleil       commande et le module de service restaient
23                                                                                                      Aqr

      Profil de vol type d'une mission lunaire Apollo (Apollo 15, 1971)




solidaires (formant un vaisseau unique, le                     apparent, e adj. Caractérise un paramètre
module de commande et de service) jusqu'à                      physique (diamètre, éclat, magnitude...) ou
l'ultime phase de vol, quand le module de                      cinématique (vitesse, trajectoire...) d'un as-
commande prenait son autonomie pour ren-                       tre tel qu'il est perçu ou observé.
trer dans l'atmosphère terrestre. Le module
lunaire comprenait un étage de descente de                     appulse n i . (du latin appulsus, approche).
10 t, abandonné sur la Lune, et un étage de                    Rapprochement apparent sur la sphère cé-
remontée de 5 t, largué dans l'espace après                    leste d'une étoile avec la Lune ou une pla-
que ses deux occupants eussent réintégré le                    nète, dans lequel l'étoile passe au voisinage
module de commande et de service en or-                        immédiat du limbe de la Lune ou de la pla-
bite autour de la Lune.                                        nète sans être occultée.
De juillet 1969 à décembre 1972, six mis-
sions Apollo ont permis à 12 astronautes de
séjourner au total près de 12,5 j sur la Lune,                 Aps. Abréviation de Apus, désignant la
dont 80 h 18 min hors de leur vaisseau spa-                    constellation de l'Oiseau de Paradis.
tial, de parcourir 92,3 km à la surface de
l'astre et de rapporter sur la Terre 2 196                     apside n.f. (du grec apsis, -idos, voûte).
échantillons de roches lunaires représentant                   Apoastre ou périastre d'une orbite. Ligne des
une masse totale de 381,7 kg. C'est lors du                    apsides : droite joignant l'apoastre au périas-
vol Apollo 11 qu'eut lieu, le 20 juillet 1969,                 tre d'une orbite.
le premier atterrissage sur la Lune d'un vais-
seau piloté, à bord duquel se trouvaient Neil
Armstrong et Edwin AIdrin.                                     Apus (-odis). Nom latin de la constella-
                                                               tion de l'Oiseau de Paradis (abrév. Aps).
Apollo-Soyouz             ASTP
                                                               Aql. Abréviation de Aquila, désignant la
aposélène n.m. (du grec apo, loin, et sêlêne,                  constellation de l'Aigle.
lune). Point de l'orbite d'un corps tournant
autour de la Lune où la distance de ce corps                   Aqr. Abréviation de Aquarius, désignant la
à la Lune est maximale, CONTR, : périsélène.                   constellation du Verseau.
Aquarides                                                                                     24

Aquarides. Essaim de météorites* ou mé-            M. Manarov (dans l'espace depuis le 21 dé-
téores associés observables autour du 4 mai        cembre 1987). Le 9 décembre, Volkov et
(e Aquarides) ou du 5 août (t Aquarides),          Chrétien travaillent environ six heures à
dont le radiant se situe dans la constellation     l'extérieur de Mir (à l'époque, c'est la plus
du Verseau.                                        longue sortie extravéhiculaire) pour mettre
                                                   en place les expériences Échantillons et
Aquarius (-ii). Nom latin de la constella-         ERA (structure déployable qui ne cédera
tion du Verseau (abrév. Aqt).                      que sous les coups de pied de Volkov). Le
                                                   spationaute français revient sur terre le
Aquila (-ae). Nom latin de la constella-           21 décembre 1988 (sa mission a duré
tion de l'Aigle (abrév. Aqt).                      26 jours), accompagné de Titov et Mana-
                                                   rov, lesquels, partis 366 jours plus tôt, éta-
A r a . î. Nom latin de la constellation de        blissent un nouveau record de durée dans
l'Autel (abrév. Ara). 2. Abréviation de Ara,       l'espace.
-ae, désignant la constellation de l'Autel.
                                                   A r a g o (François), astronome, physicien et
Arabsat. Organisation de communica-                homme politique français (Estagel, Rous-
tions par satellites, créée en 1976 par la Li-     sillon, 1786 - Paris 1853).
gue arabe.                                         C'est à l'Observatoire de Paris, où il passa
ENCYCL. Elle a pour mission d'acquérir les sa-     la plus grande partie de sa vie et dont il
tellites, véhicules de lancement et moyens         fut directeur des observations en 1834,
de contrôle et d'opérations pour l'exploita-       puis directeur de 1843 à sa mort, qu'il effec-
tion d'un système de télécommunications            tua la plupart de ses recherches scientifi-
propre aux pays de la Ligue arabe (21 pays         ques. Ses travaux personnels intéressant
en 1995). Son siège est à Riyad. Trois géné-       l'astronomie ont été principalement des
rations de satellites Arabsat se sont succédé      applications de ses autres recherches (en
depuis 1985.                                       polarimétrie et photométrie notamment) à
                                                   la physique solaire, stellaire et atmosphé-
Aragatz. Deuxième mission spatiale habi-           rique.
tée réalisée en coopération franco-soviéti-        On lui doit d'avoir discerné, dès 1839, l'im-
que.                                               portance que prendrait la photographie en
ENCYCL. Décidée formellement en octobre            astronomie ; c'est à son initiative que Fizeau
1986, lors des rencontres d'Erevan, en Ar-         et Foucault obtinrent, le 7 décembre 1845, le
ménie, la mission Aragatz (du nom du plus          premier daguerréotype du Soleil. Sa contri-
haut sommet de cette ancienne république           bution à l'astronomie a été marquée essen-
soviétique) comprendra finalement le séjour        tiellement par ses talents de pédagogue, de
d'un spationaute français pendant plus de          vulgarisateur, d'administrateur et d'organi-
trois semaines dans la station orbitale Mir,       sateur. Le cours public d'astronomie du Bu-
une sortie extravéhiculaire et l'exécution         reau des longitudes qu'il assura de 1813 à
d'un important programme d'expériences              1846 connut une grande affluence et fut à
biomédicales (Echographie, Minilab, Physa-         l'origine de son Astronomie populaire
lie, Viminal et Circé) - complétées par des        (1854-1857 ; 4 tomes), constituant une ency-
mesures au sol (Tissu osseux et Lymphocy-          clopédie extrêmement documentée de l'as-
tes) - et technologiques (Amadeus, Ercos,          tronomie de l'époque. A l'Académie des
Échantillons, ERA) mettant en œuvre près           sciences, il fit accepter en 1825 la présence
de 600 kg d'instruments.                           des journalistes aux séances, et fit créer les
Sélectionné en juillet 1986, en même temps          Comptes rendus, publiés depuis 1835.
que Michel Tognini, son remplaçant, Jean-
Loup Chrétien décolle de Baïkonour le              araignée n.f. 1. Support du miroir secon-
26 novembre 1988, à bord de Soyouz                 daire d'un télescope. 2. Disque très découpé
TM-7, aux côtés des cosmonautes soviéti-           s'adaptant sur le tympan d'un astrolabe* et
ques A. Volkov et S. Krikalev. Le 28, ils rejoi-   indiquant, à l'aide d'index, les positions des
gnent la station où les accueillent V. Titov et    étoiles brillantes.
25                                                                                                 ARD

A r a t o s , poète grec (Soles, Cilicie, v. 315 -      nome anglais J. N. Lockyer sur l'orientation
en Macédoine, v. 240 av. J.-C.). Il est l'auteur        des pyramides d'Égypte. L'Américain Ge-
d'un poème didactique, les Phénomènes,                  rald Hawkins lui a donné un nouvel essor au
consacré à l'astronomie et à la météorologie,           cours des années 1960 avec ses recherches
où, pour la première fois, les constellations           concernant l'ensemble mégalithique de Sto-
sont désignées par des noms empruntés à la              nehenge. Ce domaine reste un champ de
mythologie grecque.                                     controverses en raison du caractère souvent
                                                        fragmentaire et ambigu des éléments sur
 arbalestrille n.f. Instrument ancien de vi-            lesquels se fondent les recherches. méga-
 sée qui servait à mesurer la hauteur des               lithe
 astres au-dessus de l'horizon. Il aurait été
 inventé au xive siècle par le savant juif Levi         A r c t u r u s (du gr. arctos oura, à la queue de
 ben Gerson, dit Gersonides. SYN. : bâton de            l'Ourse, parce qu'elle se situe dans le pro-
Jacob.                                                  longement de la queue de la Grande Ourse).
                                                        Étoile a du Bouvier, la quatrième des plus
a r c n.m. Concentration de matière affec-              brillantes du ciel et la plus brillante du ciel
tant une portion d'un anneau planétaire.                boréal. Magnitude apparente visuelle :
Des arcs ont été détectés dans les anneaux              - 0,06. Type spectral : K2. Distance : 37 an-
de Neptune* ainsi que dans certains an-                 nées de lumière. Rayon: 26 fois celui du
neaux de Saturne* et d'Uranus*. Arc gravita-            Soleil. C'est la première étoile à avoir été
tionnel : arc lumineux observable autour du             observée en plein jour (Morin, 1635) et dont
cœur d'un amas de galaxies et que l'on inter-           on ait déterminé le mouvement propre (Hal-
prète comme l'image d'une galaxie plus                  ley, 1718).
lointaine déformée par l'attraction gravita-
tionnelle de l'amas, conformément à la                  ARD (sigle de Atmospheric Reentry Demons-
théorie de la relativité* générale. -> lentille         trator, démonstrateur de rentrée atmosphéri-
gravitationnelle, mirage gravitationnel                 que). Capsule spatiale expérimentale, inha-
                                                        bitée et de conception simple, dont l'Agence
Arcadia Planitia. Plaine de l'hémisphère                spatiale européenne a décidé la réalisation
nord de Mars.                                           en 1994 et qui a été lancée le 21 octobre
                                                        1998 lors du 3e vol de qualification de la
A r c e t r i (observatoire d'astrophysi-               fusée Ariane 5.
que d'). Observatoire fondé en 1872 sur la              ENCYCL. De forme conique, rappelant celle
colline d'Arcetri, au sud de Florence, en Ita-          des capsules Apollo*, avec un diamètre de
lie, à proximité de la maison où Galilée                2,8 m, une longueur de 2 m et une masse
passa les dernières années de sa vie.                   voisine de 2 800 kg, le véhicule ARD a été
ENCYCL. Longtemps spécialisé dans l'étude du            réalisé par une équipe de 22 contractants
Soleil, Arcetri comporte une tour* solaire,             appartenant à neuf pays européens, sous la
mise en service en 1925, dont l'objectif a              maîtrise d'œuvre d'Aerospatiale*. Largué
une longueur focale de 18 m. Un télescope               dans l'espace après l'extinction de l'étage
infrarouge de 1,5 m d'ouverture a été ins-              principal cryotechnique du lanceur et avant
tallé en Suisse sur le Gornergrat, près de              l'aËumage de son étage à propergol stocka-
Zermatt, à plus de 3 000 m d'altitude.                  ble, il a suivi une trajectoire suborbitale ba-
                                                        listique d'environ 800 km d'apogée et, au
a r c h é o a s t r o n o m e n.m. Spécialiste d'ar-    terme d'un vol d'environ 1 h 30, est rentré
chéoastronomie.                                         dans l'atmosphère, puis, freiné par trois pa-
                                                        rachutes, a amerri dans l'océan Pacifique où
a r c h é o a s t r o n o m i e n.f. Étude de l'acti-   il a été récupéré. Le vol de l'ARD avait pour
vité astronomique des civilisations ancien-             principaux objectifs de valider la capacité de
nes grâce aux vestiges qui en subsistent (mo-           l'Europe à maîtriser les problèmes aérother-
numents, documents écrits, etc.).                       modynamiques liés à la rentrée dans l'at-
ENCYCL. L'archéoastronomie a débuté il y a              mosphère d'un véhicule spatial récupérable
environ un siècle avec les études de l'astro-           (notamment par la mise au point de techno-
Arecibo                                                                                       26

logies de protection thermique appropriées)       la première comète pour laquelle on a pu
et de lui permettre d'acquérir une expé-          estimer la taille des poussières éjectées, à
rience opérationnelle en matière de naviga-       partir de l'étude de leurs trajectoires dans la
tion, de pilotage, de guidage le long d'une       queue.
trajectoire de rentrée et de récupération.
                                                  aréographie n.f. (de Ares, dieu grec de la
Arecibo (radiotélescope d'). Radioté-             Guerre, à qui les Romains assimilèrent leur
lescope paraboloïdal américain de 305 m de        dieu Mars, et -graphie). Etude descriptive de
diamètre (le plus grand du monde), installé       la surface de la planète Mars.
dans une dépression naturelle du sol, au
N.-E. de Porto Rico, et mis en service en         Argelander (Friedrich Wilhelm August),
1963.                                             astronome allemand (Memel 1799 - Bonn
ENCYCL. La surface collectrice, constituée d'un   1875).
assemblage de 38 778 panneaux d'alumi-            Directeur de l'observatoire de Bonn (1837),
nium de 1 m sur 2 m chacun, ajustés à moins       il a laissé une oeuvre fondamentale pour
de 1 mm près, couvre plus de 73 000 m 2 .         l'astronomie stellaire. Il contribua à déve-
L'équipement de réception est disposé sur         lopper l'étude des étoiles variables, et ses
une plate-forme mobile suspendue à 130 m          observations confirmèrent l'existence des
au-dessus du sol grâce à un jeu de câbles         mouvements propres stellaires ainsi que le
supportés par trois pylônes. En déplaçant         déplacement du système solaire dans la Ga-
convenablement cette nacelle, on parvient à       laxie. Enfin, on lui doit le plus important
utiliser l'instrument dans un champ d'envi-       catalogue d'étoiles jamais réalisé, le Borner*
ron 20° autour du zénith. L'adjonction d'un       Durchmusterung et l'atlas céleste correspon-
réflecteur secondaire suspendu à 135 m au-        dant.
dessus du collecteur principal donne à l'ins-
trument, depuis 1998, de nouvelles possibi-       A r g o -> Navire
lités et lui permet de fonctionner sur une
gamme de fréquences beaucoup plus large,          Argos. Système français de localisation et
s'étendant de 300 MHz à 10 GHz. Exploité          de collecte de données par satellite.
par l'université Cornell, ce radiotélescope       ENCYCL. Fruit d'une coopération entre la
est utilisé non seulement comme récepteur,        France (CNES) et les États-Unis (NASA,
pour l'étude de radiosources célestes, mais       NOAA), ce système - pour lequel un proto-
aussi comme émetteur.           radarastrono-     cole d'accord a été signé en 1974 et recon-
mie                                               duit en 1986 - permet de localiser des pla-
Il a servi à émettre, le 16 novembre 1974, sur    tes-formes (fixes ou mobiles), ou balises,
la fréquence de 2 380 MHz, en direction des       dispersées à travers le monde et de collecter
étoiles de l'amas M13 de la constellation         les informations qu'elles émettent.
d'Hercule, distant de 25 000 années de lu-        Le système Argos comprend :
mière, le premier message radio jamais en-        - une multitude de plates-formes (terrestres,
voyé par l'humanité à l'adresse d'autres civi-    maritimes ou aériennes), parfois de très fai-
lisations du cosmos.                              ble encombrement, qui réalisent diverses
                                                  mesures (température, pression...) et en dif-
Arend-Roland ( c o m è t e ) [1957III], Co-       fusent les résultats par radio (sur 401,65
mète découverte le 8 novembre 1956 à l'ob-        MHz);
servatoire d'Uccle (Belgique) par Arend et        - deux satellites météorologiques NOAA,
Roland.                                           héliosynchrones, qui reçoivent et retrans-
ENCYCL. Dans la deuxième quinzaine d'avril        mettent ces données ;
1957, elle atteignit une magnitude voisine        - trois stations de réception et deux centres
de 0, tandis que sa queue de poussières           de traitement (Toulouse et Largo, Etats-
s'étendait sur environ 30° (le sixième de la      Unis) qui récupèrent les données et les dis-
voûte céleste). Le 25 avril, date à laquelle la   tribuent aux utilisateurs. Principales applica-
Terre traversa le plan de son orbite, elle pré-   tions : l'étude des océans (54 % des balises),
senta un beau spécimen d'antiqueue*. C'est        le suivi d'animaux (17 %), la surveillance
27                                                                                                            Ariane

d'équipements (6 %), l'hydrologie (6 %), la                      plan de l'orbite* de la planète ou de la co-
pêche (5 %), la météorologie (4 %), le suivi                     mète, entre les directions, par rapport au
d'expéditions, les courses de voiliers, etc.                     Soleil, du point vernal et du périhélie de
La précision de la localisation peut être d'en-                  l'orbite.
viron 300 m et les deux tiers des résultats
sont mis à la disposition des utilisateurs                       A r g y r e Planitia. Grand bassin d'impact
moins d'une heure après leur collecte par le                     circulaire de 900 km de diamètre, dans l'hé-
satellite.                                                       misphère sud de Mars.
Le service est opérationnel depuis octobre
1978, grâce au lancement, depuis cette date,                     Ari. Abréviation de Aries, désignant la cons-
d'une douzaine de satellites successifs.                         tellation du Bélier.
Depuis 1986, la société CLS en assure l'ex-
ploitation.                                                      Ariane. Lanceur spatial européen.
Au 1er janvier 1999, 6 000 balises, réparties                    ENCYCL. C'est sans doute parce qu'ils ont su
sur le globe, utilisaient le système, au profit                  tirer les leçons des échecs répétés du pro-
d'environ 300 organisations différentes dans                     gramme Europa* que les pays européens ont
le monde.                                                        développé avec succès le lanceur Ariane.
Un équipement de deuxième génération,                            HISTORIQUE. Réunis à Bruxelles, le 31 juillet
Argos 2, plus performant, a été installé sur                     1973, pour une conférence spatiale euro-
NOAA 15 lancé en mai 1998. La génération                         péenne, les ministres des pays concernés
suivante, Argos 3, actuellement à l'étude,                       acceptent la proposition française de déve-
permettra - à partir de 2002/2003 - aux uti-                     lopper un lanceur lourd de satellites se sub-
lisateurs de « dialoguer » avec leurs balises.                   stituant au projet Europa III, à l'étude depuis
                                                                 deux ou trois ans. Ainsi naît le programme
a r g u m e n t n.m. Quantité déterminée dont                    LIII-S (lanceur de 3e génération de substitu-
dépendent une équation, une inégalité ou                         tion), ultérieurement rebaptisé Ariane.
un élément quelconque du mouvement d'un                          Cette décision traduit la volonté européenne
astre. Argument (de latitude) du périhélie : l'un                de se doter d'une capacité indépendante de
des éléments orbitaux d'une planète ou                           lancement pour ses propres satellites scien-
d'une comète, égal à l'angle, compté dans le                     tifiques et d'applications, et de s'assurer une

         Les six versions du lanceur Ariane 4




              Ariane 40         Ariane 42 P        Ariane 44 P     Ariane 42 L   Ariane 44 LP   Ariane 44 L


         charge utile en orbite de transfert géostationnaire

               2 130kg            2 970kg            3 530 kg       3 560 kg      4310kg         4 900 kg
Ariane                                                                                          28

                     CARACTÉRISTIQUES :              (20,1 %) en financent la majeure partie. Plus
                     hauteur totale : 50,67 m        de cinquante sociétés industrielles euro-
                     diamètre de l'étage
                     principal : 5,45 m              péennes sont impliquées.
                                                     DIFFÉRENTES VERSIONS. La conception d'Ariane
                              coiffe                 est fondée sur une technologie qui a fait ses
                                                     preuves en Europe. Les deux premiers éta-
satellite                                            ges sont équipés de moteurs à ergols stockâ-
                                    composite        mes (UDMH et peroxyde d'azote) dont le
                                    supérieur        développement avait atteint un stade
                                                     avancé quand le nouveau lanceur fut décidé.
                                                     La France et l'Allemagne avaient déjà acquis
                                                     l'expérience de la propulsion cryotechnique,
                                                     à hydrogène et oxygène liquides, utilisée
                              a équipements
                                                     pour le troisième étage.
                         otage à propergol           Par la suite, pour faire face à la concurrence
                         s t o c k a b l e (EPS) -   internationale, l'Agence spatiale euro-
                                                     péenne (ESA) décidera diverses améliora-
                                                     tions (allongement des réservoirs et de la
                                                     coiffe, utilisation de propulseurs d'appoint,
                                                     etc.) dans le but d'accroître les performances
                                 d'oxygène
                                 liquide
                                                     du lanceur, ce qui conduira aux versions
                                                     Ariane 2, 3 et 4. Le développement des dif-
                                       composite     férentes versions est réalisé par l'ESA qui en
                                       inférieur     confie la maîtrise d'œuvre au CNES tandis
                              étage                  qu'Aerospatiale est architecte industriel.
                              principal              L'ESA a confié à Arianespace (société créée
                              cryotechnique
                              (EPC)
                                                     en 1980) la responsabilité de la production,
                                                     des ventes et des lancements des exemplai-
                               étage                 res opérationnels dès leur qualification.
                               d'accélération
                               à poudre
                                                     Ariane 4. C'est la version de base du lanceur
                               (EAP)                 Ariane. Ses trois étages contiennent respec-
                                                     tivement 144, 34 et 8 t d'ergols. Hauteur :
                                                     47,7 m ; masse au décollage : 210 t ; perfor-
                                                     mances en orbite de transfert géostation-
                                                     naire (GTO) : 1 850 kg. Onze exemplaires
                                                     lancés entre le 24 décembre 1979 (LOI) et le
                                                     22 février 1986 (V16). Deux échecs : L02
                                                     (23 mai 1980) e t L 0 5 (10 septembre 1982).
                                                     Ariane 1. Cette version dérive de la précé-
 moteur Vulcain                tuyère                dente par quelques modifications dont la
                                                     principale est l'allongement du troisième
                  Ariane 5                           étage (qui emporte 10,7 t d'ergols). Hau-
                                                     teur : 49 m ; masse au décollage : 220 t ;
                                                     performances (GTO) : 2 175 kg. Six exem-
part du marché international des lanceurs            plaires lancés entre le 31 mai 1986 (VI8, seul
spatiaux.                                            échec) et le 2 avril 1989 (V30).
Dix États européens (Allemagne, Belgique,            Ariane 3. C'est la version précédente flan-
Danemark, Espagne, France, Italie, Pays-             quée de deux propulseurs d'appoint à pou-
Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse) partici-          dre (PAP). Grâce au dispositif Sylda, elle
pent au programme de développement du                peut emporter simultanément deux satelli-
lanceur dont le coût (hors aléas techniques          tes de taille moyenne. Masse au décollage :
fixés à 20 %) est estimé à 2 060 millions de         2401 ; performances (GTO) : 2 700 kg. Onze
francs (aux conditions économiques de                exemplaires lancés entre le 4 août 1984
1973). La France (63,8 %) et l'Allemagne
29                                                                                      Ariane

(VIO) et le 12 juillet 1989 (V32). Un échec :     dre ; poussée unitaire maximale : 6 700 kN) ;
VI5 (12 septembre 1985).                          - d'un composite supérieur, dont la configu-
Ariane 4- Diverses modifications (allonge-        ration varie selon la mission (lancement
ment du premier étage qui emporte 226 t           simple ou multiple), comprenant un étage
d'ergols, nouvelle case à équipements, struc-     supérieur à ergols stockables, la case à équi-
ture SPELDA, coiffe de grand diamètre...)         pements, les adaptateurs des charges utiles
conduisent à cette version qui existe en six      et la coiffe (diamètre : 5,4 m).
modèles différant les uns des autres par le       Hauteur: 51,3 m; masse; environ 750 t;
nombre (0, 2 ou 4) et le type des propulseurs     performances : de 5 900 kg (lancement dou-
d'appoint ajoutés au premier étage.               ble) à 6 800 kg (lancement simple) en orbite
La désignation du lanceur Ariane 4 est com-       de transfert géostationnaire, de 19 à 20,5 t
plétée par un chiffre qui indique le nombre       en orbite basse.
de propulseurs et une lettre (L pour liquides     Trois vols de qualification ont été effectués :
ou P pour poudre) qui donne leur nature. Par      501 (4 juin 1996, échec), 502 (30 octobre
exemple, Ariane 44LP désigne une version          1997, succès) et 503 (21 octobre 1998, succès).
mixte à quatre propulseurs (deux à liquides       L'exploitation commerciale d'Ariane 5 a dé-
et deux à poudre).                                marré en 1999.
Cette diversification permet de proposer à        L'ESA, le CNES et Arianespace préparent
la clientèle la version la plus économique et     dès à présent une adaptation du lanceur
la mieux appropriée à ses besoins.                Ariane 5 aux évolutions du marché de la
Hauteur : de 54,1 à 58,4 m selon la coiffe        prochaine décennie : les satellites de télé-
utilisée ; masse : de 243 t (Ariane 40) à 480 t   communications géostationnaires consti-
(Ariane 44L) ; performances (GTO) : de            tueront toujours l'essentiel du marché, avec
2 130 à 4 900 kg (soit l'équivalent de deux       l'apparition d'une classe de gros satellites.
satellites lourds).                               Les différentes améliorations et modifica-
Premier lancement : 15 juin 1988. Au 31           tions proposées pour adapter le lanceur et le
décembre 1998, quatre-vingt-quatre exem-          faire évoluer sont les suivantes :
plaires avaient été lancés (trois échecs : V36,   • Perfo2000 : ce programme d'Ariane-
te 22 février 1990 ; V63, le 24 janvier 1994 ;    space a pour objectif l'augmentation des
et V70, le 1er décembre 1994).                    performances d'Ariane 5 en transfert géo-
BILAN ET PERSPECTIVES. Au 31 décembre 1998,       stationnaire d'environ 300 kg (de 5 970 kg à
l'utilisation de cent quinze exemplaires du       6 300 kg) pour l'an 2000.
lanceur Ariane avait permis de placer sur         • Ariane-5 Evolution : ce programme, dé-
orbite environ 160 satellites.                    cidé à la réunion du Conseil de l'ESA de
Ariane 5. Afin de s'adapter à l'évolution du      Toulouse en 1995, a pour objectif d'aug-
marché du transport spatial, Arianespace          menter les performances d'Ariane 5 en
utilise - depuis 1999 - un nouveau lanceur,       transfert géostationnaire de 1 400 kg (de
Ariane 5. Sa mise en œuvre devrait se faire       5 970 kg à 7 400 kg) par augmentation de la
avec une période de recouvrement avec             performance du moteur Vulcain et l'allége-
Ariane 4 d'environ trois ans.                     ment de certaines structures. Le premier vol
Ariane 5 est d'une conception tout à fait         est actuellement prévu pour la mi-2002.
nouvelle (il ne dérive pas des lanceurs précé-    • Ariane-5 Plus dont la première tranche,
dents), dont le développement a été décidé        décidée lors du Conseil de l'ESA réuni à
par les ministres européens à La Haye, en         Bruxelles en juin 1998, a pour objectif le
novembre 1987.                                    développement de deux versions améliorées
Il est constitué :                                d'Ariane 5 :
- d'un composite inférieur, identique pour          -Ariane-5V (versatile) qui utilisera le
toutes les missions, comprenant un étage          même étage inférieur que celui d'Ariane 5
principal cryotechnique (diamètre : 5,4 m),       Evolution ainsi qu'un étage à propergol stoc-
contenant 158 t d'ergols et équipé du mo-         kable réallumable. Sa performance sera de
teur Vulcain, et deux étages d'accélération à     7 400 kg en orbite de transfert géostation-
poudre latéraux (hauteur : 30 m, diamètre :       naire.
3 m, masse unitaire : 2701 dont 237 de pou-         -Ariane-5C (cryotechnique) qui aura
Arianespace                                                                                     30

un étage supérieur cryotechnique et réallu-       récents. Ceux-ci correspondent peut-être à
mable. Dans un premier temps, le moteur           des épanchements de « magma » gelé prove-
HM7B d'Ariane 4 sera utilisé pour une capa-       nant de l'intérieur. Ces dépôts eux-mêmes
cité sur l'orbite de transfert géostationnaire    sont, par endroits, creusés de vallées sinueu-
portée à 91 en 2002 (l'étage non réallumable      ses dont l'interprétation (failles ou coulées
sera appelé ESC-A). Ensuite, un nouveau           de glace) reste controversée.
moteur cryotechnique à haute performance
sera développé pour une performance dé-           Ariel. Satellites scientifiques britanniques
passant 11 t en orbite de transfert géosta-       lancés aux Etats-Unis par des fusées améri-
tionnaire en 2006 (l'étage ainsi réallumable      caines de 1962 à 1979.
et plus économique sera appelé ESC-B).            ENCYCL. On désigne souvent ces satellites par
                                                  le sigle UK (United Kingdom). Six ont été
Arianespace. Société commerciale privée           lancés. Les quatre premiers eurent pour mis-
de transport spatial.                             sion d'étudier l'ionosphère, les deux der-
ENCYCL. Créée le 26 mars 1980 par 50 action-
                                                  niers furent consacrés à l'astronomie X*.
naires (36 industriels européens des secteurs     Ariel 5, lancé en 1974, est l'un des premiers
aérospatial et électronique, 13 banques et le     satellites ayant permis de cartographier les
Centre national d'études spatiales), elle as-     sources célestes de rayonnement X.
sure le financement et la maîtrise d'œuvre
de la production des lanceurs Ariane, la          Aries (-etis) Nom latin de la constellation
commercialisation du service de lancement         du Bélier (abrév. Art).
et la conduite des opérations de lancement        Ariétides. Essaim de météorites ou mé-
de ces fusées et, au travers de sa filiale S3R,
                                                  téores associés observables autour du 7 juin,
la couverture des risques pendant la phase
                                                  dont le radiant se situe dans la constellation
de lancement. Son capital social est de 2 088
                                                  du Bélier.
millions de francs ; ses effectifs avoisinent
330 personnes. Elle détient plus de 50 % du       Aristarque (de S a m o s ) , astronome
marché mondial des lancements commer-             grec (Samos 310-v. 230 av. J.-C.).
ciaux à destination de l'orbite géostation-       Il fut le premier à tenter de déterminer, par
naire. Fin 1998, elle avait lancé depuis sa       des mesures astronomiques, le diamètre du
création 149 satellites, dont 132 de commu-       Soleil et de la Lune et leur distance par rap-
nications.                                        port à la Terre. Malgré l'imprécision de ses
                                                  mesures, il put ainsi établir que le Soleil était
Ariel. Satellite d'Uranus (n° I) découvert en     nettement plus volumineux que la Terre. Il
1851 par le Britannique W. Lassell. Demi-         émit alors l'hypothèse du mouvement de la
grand axe de son orbite : 191 000 km. Pé-         Terre et des autres planètes autour du Soleil,
riode de révolution sidérale : 2,520 j. Diamè-    dix-huit siècles avant Copernic*.
tre : 1 160 km. Densité moyenne : 1,67.
ENCYCL. Sa surface a été photographiée en         Aristarque. Cirque lunaire, dans l'océan
1986 par la sonde Voyager 2, d'une distance       des Tempêtes. Coordonnées : 23,6° N.,
de 130 000 km environ. Par rapport à celles       47,4° O. Diamètre : 45 km. Nom internatio-
des autres satellites d'Uranus, elle apparaît     nal : Aristarchus.
comme la plus brillante (son pouvoir réflé-       ENCYCL. Très lumineux (sa surface réflé-
chissant atteint 40 %) et la plus jeune. Elle     chit environ 20 % de la lumière qu'elle re-
est grêlée de cratères de 5 à 10 km de diamè-     çoit, ce qui représente plus du double de
tre, mais ceux de plus de 50 km y sont rares.     l'albédo* moyen de la Lune), il est visible
On y observe un important réseau de val-          même lorsqu'il n'est éclairé qu'en lumière*
lées d'effondrement et de failles abruptes.       cendrée. Tout autour s'étendent de nom-
Celles-ci pourraient s'être ouvertes sous l'ef-   breux rayons* brillants. Des remparts en ter-
fet de l'expansion de la croûte glacée du         rasse surplombent de 3 km le fond de
satellite. Les vallées les plus larges et les     l'arène, dont le centre est occupé par un
régions situées à leur intersection montrent      petit piton montagneux. À plusieurs repri-
un sol lisse, qui témoigne de dépôts plus         ses, des observateurs ont signalé l'appari-
31                                                                                     Artes 3

tion temporaire de lueurs rougeâtres à            seau Apollo 11, le conduit sur la Lune, dont
l'aplomb de ce cratère : celles-ci résultent      il est le premier homme à fouler le sol, le
peut-être d'un dégazage des roches de la          21 juillet 1969. Nommé responsable, en
surface. —• phénomène lunaire transitoire         1970, des activités aéronautiques de la
                                                  NASA, il quitte cet organisme l'année sui-
A r m a g h (observatoire d'). Observa-           vante pour devenir professeur d'ingénierie à
toire fondé en 1790 à Armagh, en Irlande du       l'université de Cincinnati (1971-1979), puis
Nord.                                             poursuit sa carrière dans l'industrie privée.
ENCYCL. J.L.E. Dreyer, qui en fut directeur de
1882 à 1916, y dressa son célèbre catalogue       Arrhenius (Svante), physicien et chimiste
de nébuleuses, d'amas stellaires et de ga-        suédois (Wijk, près d'Uppsala, 1859 - Stock-
laxies, intitulé New General Catalogue of Ne-     holm 1927).
bulae and Clusters of Stars. C'est à présent un   Il développa en 1900 une théorie de la queue
établissement à caractère éducatif, doté d'un     des comètes, fondée sur l'existence de la
planétarium qui a été mis en service en           pression de rayonnement, émit l'hypothèse
1968.                                             de la yanspermie, selon laquelle la vie pour-
                                                  rait se transmettre d'un astre à un autre par
a r m e antisatellite. Dispositif capable de      des germes microscopiques circulant dans
détruire ou de mettre hors de service des         l'espace, et élabora une théorie cosmogoni-
satellites en orbite.                             que. Prix Nobel de chimie 1903.
ENCYCL. Les systèmes antisatellites se classent
                                                  a r r i m a g e n.m. Action d'arrimer, c'est-à-
actuellement en fonction de leur type d'in-
                                                  dire de fixer une charge utile à l'intérieur ou
terception, par missile ou par satellite, et de
                                                  à l'extérieur d'un véhicule spatial. À distin-
leur méthode de destruction, par explosion
                                                  guer d'amarrage.
nucléaire, par charge explosive classique à
fragmentation ou par impact direct de l'in-       Arsia Mons. L'un des grands volcans
tercepteur sur sa cible. Les armes à énergie      boucliers du plateau de Tharsis, sur Mars,
dirigée - c'est-à-dire utilisant un faisceau      Il a 350 km environ de diamètre et s'élève à
d'énergie très intense étroitement focalisé et    17 km au-dessus du plateau environnant.
dirigé avec précision, sous forme de lumière
(armes à laser) ou de particules atomiques se     A r t e m i s . Satellite européen expérimental
déplaçant à des vitesses proches de celle de      de télécommunications optiques par laser et
la lumière (armes à faisceau de particules) -     de relais de données.
naguère envisagées dans l'IDS*, encore au         ENCYCL. Satellite de technologie de pointe,
stade de l'étude, appartiennent elles aussi à     Artemis doit être lancé en 2000. Sa charge
cette panoplie.                                   utile comprendra : un équipement de télé-
                                                  communications optiques par faisceau laser
a r m e spatiale. Synonyme de arme anti-          (Silex), qui permettra l'échange de données
satellite.                                        avec des satellites gravitant en orbite basse
                                                  autour de la Terre ; un équipement de dé-
armillaire (sphère)           sphère armil-       monstration de télécommunications du ser-
laire                                             vice mobile pour véhicules terrestres ; et un
                                                  équipement de relais de données qui devait
A r m s t r o n g (Neil Alden), astronaute amé-   préfigurer le système DRS* de l'Agence spa-
ricain (Wapakoneta, Ohio, 1930).                  tiale européenne à présent abandonné.
Après des études d'ingénieur aéronauti-           La réception au sol des signaux laser du
que, il devient pilote de l'aéronavale, puis      satellite s'effectuera à l'aide d'un téles-
pilote d'essais. Sélectionné dans le corps        cope de 1 m de diamètre installé à l'observa-
des astronautes de la NASA en 1962, il            toire du Teide, aux Canaries.
commande en 1966 la mission Gemini 8
au cours de laquelle est réalisé le premier       A r t e s 3. Programme de satellites de
amarrage de deux véhicules spatiaux. Son          l'Agence spatiale européenne destinés à des
second vol dans l'espace, à bord du vais-         liaisons multimédias à haut débit.
Ar/abhata                                                                                       32

A r y a b h a t a (du nom d'un astronome et       ENCYCL.  Asiago constitue le principal centre
mathématicien indien du Ve s.). Premier sa-       d'observation du département d'astronomie
tellite de l'Inde, mis sur orbite le 19 avril     de l'université de Padoue et de l'observa-
1975, par un lanceur soviétique, pour une         toire de Padoue. Il a été équipé d'abord d'un
mission d'astronomie. Il est tombé en panne       télescope de 1,22 m d'ouverture, mis en ser-
quatre jours plus tard.                           vice en 1942, puis de deux télescopes de
                                                  Schmidt : l'un de 50 cm, mis en service en
Arzachel -+ Zarqali (al-)                         1958, l'autre de 60 cm, mis en service en
                                                  1968. A 12 km à l'est, sur le mont Ekar, plus
Arzachel. Cirque lunaire, de type plaine          propice à présent aux observations astrono-
murée, au nord de Ptolémée* et d'Al-              miques, a été inauguré en 1973 un télescope
phonse*. Coordonnées : 18° S., 2° O. Dia-         de 1,82 m d'ouverture, dédié à Copernic,
mètre : 97 km.                                    qui est le plus puissant télescope implanté
                                                  en Italie.
A S A P . Microsatellites qui seront mis en
orbite autour de Mars à partir de 2003, pour      Asimov (Isaac), écrivain américain d'ori-
relayer les télécommunications avec la            gine russe (Petrovitchi, près de Smolensk,
Terre.                                            1920-New York 1992).
                                                  Chimiste de formation, professeur de bio-
ASAT (contraction de AntiSATellite).              chimie à l'université de Boston, à partir de
Abrév. usuelle de arme antisatellite.             1951, durant une dizaine d'années, il a ac-
                                                  quis la célébrité par une oeuvre abondante
A S C A (sigle de Advanced Satellite for Cos-
                                                  (quelque 400 ouvrages) d'auteur de science-
mology and Astroyhysics, satellite avancé pour
                                                  fiction (notamment sa série des « Robots »,
la cosmologie et l'astrophysique). Autre
                                                  de 1940 à 1976) et de vulgarisateur scientifi-
nom du satellite japonais d'astronomie X
                                                  que dans des domaines aussi variés que la
Astro-D.
                                                  biochimie, l'astronomie, la physique et les
                                                  mathématiques.
ascension droite. L'une des deux coor-
données équatoriales* permettant de repé-
rer la position d'un point sur la sphère cé-      ASLV (sigle de l'angl. Augmented Satellite
leste.                                            Launch Vehicle, lanceur de satellite amélioré).
ENCYCL. Analogue à la longitude sur la Terre,
                                                  Lanceur spatial indien utilisé de 1987 à 1994
elle représente la distance angulaire de la       (trois échecs en 1987, 1988 et 1992, une
projection d'un point du ciel considéré sur le    réussite en 1994).
plan de l'équateur céleste, comptée dans le       ENCYCL. Haut de 23 m, pesant 41 t au décol-

sens direct à partir du point vernal, en heu-     lage, ce lanceur possédait quatre étages et
res, minutes et secondes. L'autre coordon-        deux propulseurs d'appoint, tous à poudre.
née équatoriale, analogue à la latitude, est la   Il pouvait placer une masse de 150 kg sur
déclinaison.                                      une orbite circulaire, à 400 km d'altitude.

A s c r a e u s Mons. L'un des grands volcans     ASP. Sigle de Astronomical Society of the Paci-
boucliers du plateau de Tharsis, sur Mars. Il     fie.
a 250 km environ de diamètre et s'élève à
17 km au-dessus du plateau environnant.           assistance gravitationnelle. Technique
                                                  consistant à utiliser l'attraction gravitation-
ASI (sigle de Agenzia Spaziale Italiana).         nelle exercée par un astre sur un engin spa-
Agence spatiale italienne, créée en 1988. Son     tial qui le survole à faible distance pour mo-
siège est à Rome.                                 difier la trajectoire de cet engin et lui fournir
                                                  un complément de vitesse sans consomma-
Asiago (observatoire d'astrophysi-                tion de combustible.
que d'). Observatoire fondé en 1940 sur           ENCYCL. La technique d'assistance gravita-
une colline voisine du bourg d'Asiago, à 90       tionnelle a été envisagée dès 1950 par l'Ita-
km au N. de Padoue, en Italie.                    lien Luigi Crocco, mais c'est l'Américain
33                                                                          assurance spatiale

d'origine italienne Gary Flandro qui, le pre-       ENCYCL.  On distingue les associations O-B,
mier, au cours des années 60, a calculé les         constituées d'étoiles bleues très chaudes de
trajectoires à assigner à des véhicules spa-        types spectraux O et B, et les associations T,
tiaux pour qu'ils survolent les planètes exté-      composées d'une majorité d'étoiles rouges
rieures du système solaire en utilisant cette       des derniers types spectraux, parmi lesquel-
technique. D'une façon générale, la dévia-          les des variables du type T Tauri. Une asso-
tion de la trajectoire de l'engin dépend de la      ciation typique rassemble d'une dizaine à
masse de l'astre survolé, de l'altitude du sur-     une centaine d'étoiles, réparties sur plu-
vol et de la vitesse relative à laquelle il s'ef-   sieurs centaines d'années de lumière.
fectue, tandis que la modification de la vi-        Comme les amas ouverts, les associations se
tesse du vaisseau spatial dépend de l'angle         trouvent dans les bras spiraux de la Galaxie.
sous lequel il aborde l'astre. C'est grâce à la     Elles ont été découvertes au cours des an-
technique d'assistance gravitationnelle que         nées 1940 par V. Ambartsoumian, qui a
la sonde Voyager* 2 a pu survoler successi-         montré qu'elles constituaient des systèmes
vement, après Jupiter (1979), Saturne (1981),       dynamiquement instables, condamnés à se
Uranus (1986) et Neptune (1989). Cette              disperser sous l'effet de la rotation différen-
technique a été également utilisée par les          tielle de la Galaxie.
sondes Galileo*, Ulysse*, Cassini*, etc.
                                                    Association nationale pour la pro-
Association aéronautique et astro-                  tection du ciel nocturne. Association
nautique de F r a n c e ( A A A F ) . Associa-      française, sans but lucratif, créée en 1998
tion française sans but lucratif, reconnue          pour lutter contre la pollution lumineuse du
d'utilité publique, résultant de l'union de         ciel nocturne et, plus généralement, contre
l'Association française des ingénieurs et           toutes les atteintes à ^environnement sus-
techniciens de l'aéronautique et de l'espace,       ceptibles de contrarier les observations as-
fondée en 1944, et de la Société française          tronomiques.
d'astronautique, fondée en 1955.                    ADRESSE : Société astronomique de France,
ENCYCL. Elle publie la Nouvelle Revue d'aéro-       3 rue Beethoven, 75016 Paris.
nautique et d'astronautique ainsi que des Notes
techniques.                                         Association of Universities for Re-
Elle dispose de groupes régionaux à Béziers,        search in A s t r o n o m y (AURA). Asso-
Bordeaux, Cannes, Kourou, Marseille, Poi-           ciation constituée par une vingtaine d'uni-
tiers et Toulouse.                                  versités des États-Unis, qui administre
ADRESSE : 6, rue Galilée, 75782 Paris Cedex 16.     notamment le National Optical Astronomy
                                                    Ohservatories et le Space Telescope Science Ins-
Association française d'astronomie                  titute.
(AFA). Association française d'astronomes
amateurs, fondée en 1946. Elle publie la re-        assurance spatiale. Assurance couvrant
vue mensuelle Ciel et Espace.                       les sinistres spatiaux, en particulier les dé-
ADRESSE : 17, rue Émile-Deutsch-de-La-Meur-         faillances de fusées et de satellites.
the, 75014 Paris.                                   ENCYCL. L'assurance spatiale a été créée à la
                                                    fin des années 1960. Le premier sinistre ma-
Association française            d'observa-         jeur indemnisé fut l'échec du lancement du
t e u r s d'étoiles variables ( A F O E V ) .       satellite européen OTS par une fusée améri-
Principale association française d'observa-         caine Delta 3914 le 13 septembre 1977. Le
teurs d'étoiles variables, fondée en 1922.          satellite était couvert par une assurance de
SECRÉTARIAT : Observatoire du Champ-Aubé,           29 millions de dollars et l'indemnisation du
71140 Bourbon-Lancy.                                sinistre dépassa les primes d'assurance spa-
                                                    tiale versées jusqu'à cette date. Jusqu'en
association n.f. Groupe diffus d'étoiles             1990, les pertes annuelles de l'assurance spa-
jeunes ou en cours de formation, plongées           tiale dépassaient les primes encaissées. De-
dans la matière interstellaire dont elles sont      puis 1990, la tendance s'est inversée et les
issues.                                             primes cumulées (5 837 millions de dollars)
astérisme                                                                                        34

dépassent les pertes (4 918 millions de dol-        teur de l'observatoire de Berlin, et du baron
lars). L'année 1998 a été la plus mauvaise de       von Zach, astronome amateur hongrois, un
l'histoire de l'assurance spatiale, avec un to-     groupe d'observateurs dont l'objectif était
tal de pertes proche de 1,8 million de dollars      de rechercher systématiquement la planète
et qui représentait le double des primes per-       mystérieuse. Cette « police du ciel » fut
çues. Malgré cela, le bilan global reste en-        pourtant devancée. En effet, le 1er janvier
core positif. Alors qu'en 1994, précédente          1801, à Palerme, le P. Giuseppe Piazzi eut
année « noire », les trois quarts des sinistres     la surprise de découvrir dans la constella-
déclarés provenaient des lanceurs et le quart       tion du Taureau un astre ne figurant sur
seulement des satellites, en 1998, ce sont les      aucune carte et qui se révéla être une petite
satellites qui ont été responsables des trois       planète circulant à une distance moyenne de
quarts des pertes déclarées. Par ailleurs, en       414 millions de km du Soleil avec une pé-
1994, les sinistres relevaient essentiellement      riode de révolution de 1 680 j. Mais cette
des polices de lancement alors que, désor-          petite planète, qui fut nommée Cérès,
mais, seuls un peu plus de la moitié relèvent       n'était pas unique. Bientôt, on découvrit
de ces polices, les autres concernant soit la       successivement Pallas (1802), Junon (1804),
vie en orbite des satellites géostationnaires,      Vesta (1807) etAstrée (1845).
soit le lancement et la vie en orbite des cons-     Depuis 1848, il ne s'est pas passé d'année
tellations* en orbites basses ou moyennes.          sans nouvelle découverte. Actuellement, on
Le taux des primes, qui représentait, en            a identifié environ 18 000 astéroïdes. Parmi
moyenne, en 1989, un peu plus de 20 % de            ceux-ci, plus de 10 000, dont on a pu déter-
la valeur des satellites, s'est ensuite stabilisé   miner l'orbite avec précision, ont reçu un
entre 16 et 18 %, puis a chuté brutalement à        nom, choisi par leur découvreur, et un nu-
partir de 1996 et n'était plus que de 8,5 % à       méro, qui correspond à leur ordre d'inscrip-
la fin de 1998. La capacité mondiale d'assu-        tion dans le catalogue des astéroïdes.
rance disponible par lancement est passée           Les autres, dont la trajectoire reste encore
de 110 millions de dollars en 1985 à 1,3 mil-       imparfaitement connue, sont désignés seu-
liard de dollars en 1999.                           lement par un nombre indiquant l'année de
                                                    leur découverte et deux lettres exprimant la
a s t é r i s m e n.m. Figure dessinée dans le      date de leur première observation.
ciel par un groupe d'étoiles brillantes et qui      ORBITES. La plupart des petites planètes se
bénéficie généralement d'une appellation            concentrent entre l'orbite de Mars et celle de
populaire mais ne constitue pas une constel-        Jupiter, à une distance moyenne du Soleil
lation complète (par exemple, le Petit Cha-         comprise entre 2,17 et 3,3 unités* astrono-
riot, le Grand Chariot, la Croix du Nord).          miques (ua). Mais, dans l'anneau ainsi
                                                    formé, que i'on appelle la ceinture principale
Astérix. Autre nom du premier satellite             d'astéroïdes, certaines régions, dites « lacunes
français, Al*.                                      de Kirkwood », du nom de l'astronome
                                                    américain qui les découvrit en 1866, appa-
astéroïde n.m. (de asterfo]- et -oïde). Petite
                                                    raissent pratiquement vides parce qu'elles
planète dont les dimensions ne dépassent
                                                    correspondent à des zones de résonance où
pas quelques centaines de kilomètres.
                                                    l'attraction de Jupiter interdit aux astéroïdes
ENCYCL. Entre Mars, la dernière des planètes
                                                    de se maintenir. Ces lacunes s'observent
telluriques, et Jupiter, la première des géan-
                                                    notamment à des distances du Soleil de
tes, s'étend une grande lacune qui partage
                                                    2,50, 2,82, 2,96 et 3,28 ua, correspondant à
en deux le système solaire.
                                                    des orbites telles que la durée de révolution
Dans la seconde moitié du XVIII6 s., la décou-
                                                    des planètes qui les décriraient serait dans
verte d'une relation numérique connue sous
                                                    un rapport simple, respectivement 1/3, 2/5,
le nom de loi de Titius-Bode, qui donne empi-
                                                    3/7 et 1/2, avec la période de révolution de
riquement les distances relatives des planè-
                                                    Jupiter. On a mis en évidence des familles
tes au Soleil, amena les astronomes à envi-
                                                    d'astéroïdes (identifiées par leur membre le
sager la présence dans cette lacune d'une
                                                    plus anciennement découvert, par exemple
planète encore inconnue. C'est ainsi que se
                                                    Flora, Nysa, Eunomia, Thémis, Koronis,
constitua, à l'instigation de J. Bode, direc-
35                                                                                     astéroïde

Éos, etc.) décrivant pratiquement la même           rent suffisant pour que l'on ait pu évaluer
orbite et qui résultent vraisemblablement de        directement leur diamètre réel. Cependant,
la fragmentation d'un objet unique dont le          depuis 1970, deux nouvelles techniques, in-
diamètre pouvait atteindre 200 à 300 km.            directes, ont été utilisées avec succès. Elles
Certains astéroïdes toutefois s'écartent no-        font intervenir chacune l'albédo, illustrant le
tablement de la zone dans laquelle la plupart       fait qu'on peut déterminer le diamètre ap-
restent cantonnés. Leurs orbites très excen-        proximatif d'un astéroïde (supposé sphéri-
triques leur permettent de s'approcher pé-          que), si l'on connaît son éclat, sa distance et
riodiquement de la Terre, de Vénus, voire de        son albédo. La première consiste à mesurer
Mercure. Parmi ceux qui peuvent ainsi frôler        la polarisation de la lumière réfléchie par
la Terre (Earth-Grazers ou Earth-Grazing As-        l'astéroïde sous différents angles de phase ;
teroids, en abrégé EGA ; ou Near Earth Aste-        l'analyse de météorites au laboratoire a
roids, en abrégé NEA ; ou géocroiseurs) figu-       montré, en effet, que cette polarisation est
rent notamment Eros*, Icare* et Hermès*.            fonction du.pouvoir réflecteur de la surface :
Certains objets de cette catégorie offrent          elle est d'autant plus marquée que la surface
même la particularité de circuler à l'intérieur     est plus sombre, autrement dit que l'albédo
de l'orbite terrestre et ainsi d'avoir une pé-      est plus faible. La seconde technique est
riode de révolution inférieure à celle de no-       fondée sur la mesure de l'éclat de l'astéroïde
tre planète.                                        dans le visible et dans l'infrarouge, qui per-
Les planètes troyennes* constituent d'autres        met de comparer la quantité de rayonne-
spécimens particuliers de petites planètes          ment solaire incident réfléchie par l'objet à
évoluant en dehors de la ceinture principale        celle qu'il absorbe et réémet sous forme de
d'astéroïdes.                                       chaleur.
Par ailleurs, il ne fait plus guère de doute que    Une autre méthode de mesure indirecte des
les deux petits satellites de Mars, Phobos et       dimensions des astéroïdes est plus rarement
Deimos, sont d'anciens astéroïdes ayant été         applicable mais donne les résultats les plus
capturés par une réaction de gravitation. On        précis. Elle tire parti du fait que, dans leur
a avancé la même hypothèse pour les satel-          déplacement sur la sphère céleste, les asté-
lites extérieurs de Jupiter, Phoebé dans le         roïdes passent parfois devant une étoile,
système de Saturne et Néréide dans celui de         provoquant son occultation. La largeur de
Neptune.                                            l'ombre de l'astéroïde, qui balaie alors la
Enfin, il existe des astéroïdes très éloignés       surface de la Terre, révèle le diamètre du
du Soleil. Depuis 1992, on en a découvert           corps selon une direction ; le produit de la
des dizaines qui gravitent à des distances du       durée de l'occultation par la vitesse de l'om-
Soleil comprises entre 30 et 45 ua. Cela sem-       bre sur la Terre donne le diamètre selon la
ble confirmer la présence, suggérée dès 1951        direction perpendiculaire.
par l'Américain G. Kuiper, d'un anneau de           Cérès, Pallas et Vesta ont respectivement
petits corps placés au-delà de l'orbite de          930, 520 et 500 km de diamètre. À eux trois,
Neptune.       ceinture de Kuiper                   ils renferment la moitié de la masse totale de
MASSES ET DIMENSIONS. On peut espérer déduire       la ceinture principale (qui est 50 000 fois
la masse d'une petite planète des perturba-         inférieure à la masse de la Terre). Un millier
tions gravitationnelles qu'elle inflige au          d'astéroïdes ont un diamètre supérieur à
mouvement d'une autre. En fait, ces pertur-         30 km ; plus de 200, un diamètre supérieur à
bations sont en général trop faibles pour            100 km. On estime qu'il en existe environ
être mesurables, et la méthode n'a pu être          un million d'un diamètre supérieur ou égal à
appliquée qu'aux trois principaux astéroï-           lkm.
des : Cérès, Pallas et Vesta. Pour les autres, il   En fait, la plupart des astéroïdes ont une
est nécessaire de connaître leur diamètre et        forme irrégulière, que révèlent leurs fluctua-
d'estimer la valeur de leur densité moyenne         tions périodiques d'éclat. Les corps les plus
avant de pouvoir évaluer leur masse.                petits sont les plus irréguliers et ceux qui
La plupart des astéroïdes apparaissent ponc-        tournent le plus rapidement sur eux-mêmes.
tuels dans les instruments d'observation et         Des observations au radar ont révélé la
seuls les plus gros offrent un diamètre appa-       forme particulièrement curieuse de l'asté-
astéroïde                                                                                       36

roïde 4769 Castalia, découvert en 1989 : ce-        seraient des descendants directs des petits
lui-ci semble être composé de deux lobes            corps, appelés planétésimaux, dont la crois-
adjacents, ce qui suggère qu'il a été formé         sance a, pense-t-on, donné naissance aux
lors d'une collision entre deux objets lents.       planètes du système solaire. Si l'origine de la
COMPOSITION CHIMIQUE. De nombreuses techni-         ceinture principale d'astéroïdes est encore
ques (photométrie, polarimétrie, spectro-           loin d'être comprise dans le détail, il semble
graphie, radiométrie infrarouge, etc.) sont         que ce sont principalement les fortes pertur-
mises en œuvre pour déterminer la compo-            bations gravitationnelles engendrées par Ju-
sition chimique des astéroïdes. Ces mesures         piter qui ont empêché l'agrégation des pla-
ont permis, depuis les années 1970, de dis-         nétésimaux en un seul corps planétaire dans
tinguer une quinzaine de variétés d'astéroï-        cette zone. Ces perturbations les ont en effet
des, d'après leurs propriétés spectrales et de      accéléré sur des orbites plus excentriques,
réflectivité. Les trois principaux types sont       rendant leurs rencontres beaucoup plus
respectivement désignés par les lettres C           fréquentes et plus destructrices. Par la
(carboné), S (silicaté) et M (métallique). Les      suite, elles ont pu structurer profondément
astéroïdes de type C (75 % environ du total)        la ceinture principale, en y créant des lacu-
sont très sombres (albédo voisin de 5 %             nes ou des zones de forte concentration.
seulement) et absorbent fortement le rayon-         Aujourd'hui, elles se manifestent encore et
nement ultraviolet ; ceux de type S (15 %)          seraient la principale explication des astéroï-
ont un albédo moyen et absorbent forte-             des dont l'orbite passe près de celle de la
ment la lumière bleue et les ultraviolets ;         Terre.
ceux de type M (15 %) sont ceux qui réflé-          EXPLORATION SPATIALE. La parenté des astéroïdes
chissent le mieux la lumière et dont la             et des comètes et la nécessité d'une
surface est la plus brillante. Les différentes      meilleure connaissance de ces petits corps
variétés d'astéroïdes peuvent être regrou-          pour retracer l'histoire primitive du système
pées en trois grandes catégories : les asté-        solaire expliquent l'intérêt porté aujourd'hui
roïdes primitifs, très sombres, riches en           à ces objets. Leur étude rapprochée a com-
carbone et en éléments volatils, qui pré-           mencé avec la sonde américaine Galileo. En
dominent dans la région de la ceinture prin-        suivant une trajectoire complexe pour at-
cipale la plus éloignée du Soleil ; les astéroï-    teindre Jupiter, celle-ci a survolé en 1991
des métamorphiques, moins riches en élé-            l'astéroïde Gaspra*, puis en 1993 l'astéroïde
ments volatils, qui ont apparemment été             Ida* (auquel elle a découvert un minuscule
chauffés, surtout présents dans la région           satellite, Dactyle*). Des projets de missions
centrale de la ceinture principale ; et les asté-   spatiales vers d'autres astéroïdes existent
roïdes ignés, qui rassemblent des assembla-         dans les différentes agences spatiales du
ges minéraux complexes résultant d'une fu-          monde. Aux Etats-Unis, la NASA a lancé en
sion et que l'on rencontre surtout dans la          1997 la sonde NEAR (Near Earth Asteroid
région de la ceinture principale la plus pro-       Rendezvous), qui a survolé l'astéroïde Ma-
che du Soleil.                                      thilde et doit se mettre en orbite autour
ORIGINE. L'Allemand W. Olbers avait, au
                                                    d'Eros* en 2000. L'Agence spatiale euro-
xixe siècle, émis l'hypothèse que les asté-         péenne inclura le survol d'un ou deux asté-
roïdes sont les débris d'une planète impor-         roïdes dans la mission de sa sonde comé-
tante qui aurait explosé après sa formation         taire Rosetta*. L'Agence spatiale italienne
pour des raisons inconnues. On sait à pré-          envisage aussi le survol d'un astéroïde pro-
sent que leur masse totale représente moins         che de la Terre à l'aide d'une sonde nommée
du millième de celle de la Terre, et cette          Piazzi. Le projet le plus ambitieux est toute-
théorie a été abandonnée. Les découvertes           fois celui de l'Institut japonais des sciences
récentes incitent à considérer les astéroïdes       spatiales et astronautiques : il envisage le
comme des vestiges du système solaire pri-          lancement en 2002 d'une sonde qui se satel-
mitif. L'évolution du type d'astéroïdes pré-        liserait l'année suivante autour de la petite
dominant selon la distance au Soleil vient          planète Néréus, puis s'y poserait, prélèverait
conforter cette hypothèse. Au même titre            des échantillons à sa surface et les rapporte-
que les noyaux de comètes*, les astéroïdes          rait sur la Terre.
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astérosismologie n.f. Étude des vibra-            mune entre les États-Unis et l'URSS, qui per-
tions des étoiles, SYN. : sismologie stellaire.   mit de tester la compatibilité des systèmes
ENCYCL.    Certaines étoiles particulières,       de rendez-vous et d'amarrage spatial des
comme les céphéides*, les RRLyrae* et les 8       deux pays en vue d'éventuelles opérations
Scuti*, sont connues depuis longtemps pour        de sauvetage dans l'espace.
être des étoiles dont la luminosité varie avec    ENCYCL. Le 17 juillet 1975, un vaisseau Apollo
régularité, de façon parfois spectaculaire, se-   (avec T. Stafford, V. Brand et D. Slayton) et
lon une période de quelques heures à quel-        un vaisseau Soyouz (avec A. Leonov et V.
ques jours. On sait aujourd'hui que leurs         Kubasov) se rejoignirent en orbite terrestre
variations d'éclat résultent de variations de     (à 225 km d'altitude), puis réalisèrent deux
leur rayon : ces étoiles se dilatent et se        jonctions suivies de transferts d'équipage
contractent alternativement, comme un bal-        d'un engin à l'autre.
lon qui se gonflerait et se dégonflerait.
Au cours des années 1970, on a découvert          Astra. Satellites luxembourgeois de télé-
que le Soleil lui-même vibre. Ses vibrations      diffusion directe de puissance moyenne. Le
sont beaucoup plus rapides et plus comple-        premier, Astra 1A, a été lancé en 1988
xes, et, surtout, ont des amplitudes bien plus    lors du 1er vol commercial de la fusée
faibles. Leur étude a donné naissance à une       Ariane.
nouvelle discipline, l'héliosismologie*.
Les études théoriques montrent que de             A s t r a e a . Astéroïde 5, découvert par l'Alle-
nombreuses étoiles doivent être animées de        mand K.H. Hencke en 1845. Diamètre :
vibrations similaires à celles du Soleil. L'as-   125 km.
térosismologie a pour objet de détecter et de
mesurer ces vibrations. Celles-ci sont en gé-     a s t r e n.m. Tout corps céleste naturel : pla-
néral très complexes.                             nète, comète, étoile, galaxie, etc.
INFORMATIONS ATTENDUES. On attend de la dé-
tection systématique des vibrations stellai-      A s t r é e . Nom français de l'astéroïde As-
res des informations précieuses sur la struc-     traea*.
ture des étoiles, leur masse, leur âge, leur
rotation et leur champ magnétique. En effet,      Astro. Satellites japonais d'astronomie X.
ces vibrations prennent naissance au cœur         Ces satellites sont rebaptisés après leur mise
des étoiles et leurs répercussions dans les       en orbite : Astro-B, lancé en 1983, a été
zones superficielles, seules accessibles à        appelé Tenma (Pégase) ; Astro-C, opération-
l'observation directe, dépendent de la struc-     nel de 1987 à 1991, Ginga (galaxie); et
ture des régions que les vibrations ont tra-      Astro-D, lancé en 1993, Asuka (oiseau vo-
versées au cours de leur propagation (ré-         lant).
gions plus ou moins profondes selon le type
et la fréquence des ondes).                       astrobiologie n.f. Synonyme de exobio-
L'observation des amplitudes et des fré-          logie.
quences des vibrations représente notam-
ment un moyen de tester la validité des           a s t r o b l è m e n.m. (du grec aster, -eros, as-
modèles théoriques de structure stellaire.        tre, et blêma, blessure, coup). Cratère d'im-
                                                  pact météoritique fossile.
astigmatisme n.m. Aberration géométri-
que que peut présenter un objectif et qui se      astrographe n.m. Instrument destiné
manifeste, sur l'image que donne cet objec-       principalement à photographier des champs
tif, par une différence de netteté entre les      stellaires, plus particulièrement en vue de
lignes horizontales et les lignes verticales.     déterminer les coordonnées des astres qu'ils
L'astigmatisme nuit à la qualité des images       renferment. Un modèle d'astrographe a été
de points situés loin de l'axe optique.           construit en série pour l'établissement de la
                                                  Carte* du ciel ; il équipait tous les observa-
A S T P (sigle de Apollo Soyuz Test Project).     toires participant à cette entreprise interna-
Première et unique mission spatiale com-          tionale.
astrolabe                                                                                          38

astrolabe n.m. 1. Instrument utilisé dans             - les pilotes, qui remplissent les fonctions de
l'Antiquité et au Moyen Age pour simpli-              commandant de bord et de pilote de l'orbi-
fier les calculs d'astronomie et la détermi-          teur. Durant le vol, le commandant est res-
nation de l'heure. 2. Instrument d'astro-             ponsable du véhicule, de l'équipage et du
métrie servant à déterminer l'instant du              déroulement de la mission. Le pilote l'as-
passage d'une étoile à une hauteur détermi-           siste ;
née, généralement 60°, au-dessus de l'hori-           - les spécialistes de mission, qui coordon-
zon.                                                  nent les opérations concernant les expérien-
ENCYCL. L'astrolabe a été inventé par les Grecs       ces pour un vol donné. Ils participent aux
et perfectionné dans le monde islamique. Il           éventuelles sorties extravéhiculaires ;
fournit une représentation du ciel en projec-         - les spécialistes de charge utile, qui n'appar-
tion stéréographique pour une latitude don-           tiennent pas nécessairement à la NASA et
née. Le plus ancien astrolabe conservé                peuvent être de nationalité étrangère. Ce
jusqu'à nos jours est islamique. Fabriqué en          sont généralement des ingénieurs ou des
927-928, il est conservé au musée national            scientifiques spécialement formés pour
du Koweït.                                            conduire, en orbite, un programme expéri-
L'astrolabe à prisme, conçu et réalisé au dé-         mental particulier.
but du xxe s. par les Français Claude et              Le premier astronaute américain, Alan B.
Driancourt, est un appareil portatif destiné à        Shepard, effectua son vol suborbital le 5 mai
la détermination de la latitude et de l'heure         1961, trois semaines après la révolution his-
sidérale. A. Danjon l'a perfectionné en astro-        torique du premier cosmonaute soviétique
labe impersonnel, insensible aux erreurs in-          (Gagarine).
troduites par l'observateur lui-même. L'as-           De 1961 à 1974, les États-Unis réalisèrent
trolabe impersonnel est un instrument                 quatre grands programmes de vols habités
d'observatoire, utilisé à poste fixe. Il permet       (Mercury, Gemini, Apollo et Skylab) et mi-
de déterminer la latitude à environ 0,05"             rent sur orbite une quarantaine d'astronau-
près.                                                 tes, tous américains.
                                                      En dix-huit années (avril 1981-avril 1999) et
a s t r o m é t r i e n.f. Branche de l'astrono-      quatre-vingt-quatorze lancements (dont un
mie ayant pour objet la mesure de la posi-            échec, Challenger, le 28 janvier 1986), les
tion des astres et la détermination de leurs          cinq orbiteurs de la navette spatiale ont
mouvements, SYN. ANCIEN : astronomie de posi-         transporté plus de 200 astronautes différents
tion.                                                 (dont 15 % de femmes), originaires d'une
                                                      douzaine de pays.
a s t r o m é t r i s t e n. Spécialiste d'astromé-   A la fin de 1998, la NASA entraînait environ
trie.                                                 150 astronautes.       cosmonaute, vols ha-
                                                      bités
astromobile n.m. Véhicule conçu pour les
déplacements à la surface d'autres astres que         astronautique n.f. Science de la naviga-
la Terre.                                             tion dans l'espace. Mot créé en 1927 par
                                                      l'écrivain français Joseph Henri Rosny, dit
a s t r o n a u t e n.m. ou f. Occupant d'un vais-    Rosny aîné. SYN. : spationautique, cosmonauti-
seau spatial selon l'appellation américaine.          que
SYN. : spationaute. L'Agence spatiale euro-
péenne utilise également ce terme pour dé-            a s t r o n o m e n. Spécialiste d'astronomie.
signer les hommes et les femmes en forma-             ENCYCL. La profession d'astronome exige une
tion dans ses centres.                                solide formation en physique et en mathé-
ENCYCL. Depuis 1981, le seul moyen utilisé            matiques. D'une façon générale, les postes
aux États-Unis pour accéder à l'espace est la         sont peu nombreux. On ne compte que
navette spatiale. Chaque équipage, com-               quelques centaines d'astronomes profes-
posé de cinq à huit membres le plus sou-              sionnels en France, et quelques milliers dans
vent, peut comprendre trois catégories d'as-          le monde. Les astronomes amateurs* sont
tronautes :                                           beaucoup plus nombreux.
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A s t r o n o m e Royal. Titre décerné par le         ment, leurs dimensions, leur structure, leur
souverain de Grande-Bretagne à un astro-              environnement, leur formation et leur évo-
nome de ce pays et qui, jusqu'en 1972, était          lution ;
lié à la fonction de directeur de l'observa-          - le Soleil, sa structure, les différents phéno-
toire royal de Greenwich*.                            mènes qui affectent ses couches observa-
ENCYCL. Depuis la fondation de l'observatoire         bles, le cycle de son activité ;
de Greenwich, 15 astronomes royaux se                 - le milieu interplanétaire, ses constituants
sont succédé : J. Flamsteed (1675-1719), E.           solides de toutes tailles (depuis les poussiè-
Halley (1720-1742), J. Bradley (1742-1762),           res impalpables jusqu'aux astéroïdes), sa
N. Bliss (1762-1764), N. Maskelyne                    composante gazeuse (vent solaire) et les co-
(1765-1811), J. Pond (1811-1835), G.B. Airy           mètes à l'aspect diffus, dont les apparitions
(1835-1881), W. Christie (1881-1910), F.W.            ont toujours beaucoup frappé l'humanité ;
Dyson (1910-1933), H. Spencer Jones                   - les étoiles, leurs différentes propriétés
(1933-1955), R. Wolley (1956-1971), M. Ryle           physiques, leur formation, leur évolution,
(1972-1982), F. Graham-Smith (1982-1990),             leur groupement éventuel en étoiles multi-
A. Wolfendale (1991-1994), M. Rees (depuis            ples ou en amas ;
1995). Les quatre derniers n'ont pas été di-          - les nébuleuses, brillantes ou obscures, ma-
recteurs de l'observatoire de Greenwich.              nifestations d'une matière interstellaire ex-
                                                      trêmement ténue, mais dont la masse totale
A s t r o n o m i a nova. Ouvrage de J. Kepler,       est néanmoins considérable ;
publié en 1609, qui renferme ses deux pre-            - la Galaxie, immense agglomération dyna-
mières lois du mouvement des planètes.                mique d'étoiles, de gaz et de poussières à
   Kepler (lois de)                                   laquelle appartient le système solaire ;
                                                      - les galaxies, qui constituent la population
Astronomical Almanac. Almanach an-                    de l'Univers et que des instruments puis-
nuel publié conjointement, depuis 1981, par           sants permettent de dénombrer par centai-
le United States Naval Observatory et le Royal        nes de millions. Un large éventail de disci-
Greenwich Observatory. Destiné principale-            plines concourent aujourd'hui à l'étude de
ment aux astronomes professionnels, il a              l'Univers.
remplacé l'American Ephemeris and Nautical            L'ASTRONOMIE FONDAMENTALE. La branche la plus
Almanac et [Astronomical Ephemeris.                   ancienne de l'astronomie est l'astronomie
                                                      de position, ou astrométrie, dont l'objet est
Astronomical Journal (AJ). Revue fon-                 la détermination des positions et des mou-
dée aux États-Unis en 1849 par B.A. Gould             vements des astres. C'est à eËe qu'incombe,
et publiée à l'initiative de l'American* Astro-       notamment, l'établissement de catalogues
nomical Society pour la diffusion de résultats        d'étoiles. L'existence des mouvements pro-
de recherches en astronomie.                          pres des étoiles et la nécessité pour les astro-
                                                      nomes de disposer de mesures de plus en
Astronomical Society of t h e Pacific                 plus précises font de l'établissement des ca-
(ASP). Association américaine d'astrono-              talogues stellaires un travail permanent.
mes professionnels ou amateurs fondée en              Mais l'astrométrie s'occupe également de
1889 par E. Holden, premier directeur de              l'étude du mouvement relatif des étoiles
l'observatoire Lick. Elle publie la revue de          doubles - d'où se déduit la masse de ces
vulgarisation Mercury.                                objets - et de la mesure des parallaxes, qui
ADRESSE : 390 Ashton Avenue, San Francisco,           permet de déterminer la distance des étoiles
CA 94112, USA.                                        proches ; plus généralement, elle commande
                                                      les recherches concernant la cinématique et
a s t r o n o m i e n.f. (du grec astron, astre, et   la dynamique de notre Galaxie et des autres
nomos, loi). Science qui étudie les positions         galaxies. Il lui appartient aussi d'établir
relatives, les mouvements, la structure et            l'échelle astronomique de temps. Pratique-
l'évolution des astres.                               ment, on peut dire que toutes les connais-
ENCYCL. Elle étudie principalement :                  sances sur la forme et le mouvement de la
- les planètes et leurs satellites, leur mouve-       Terre, sur les mouvements du système so-
astronomie spatiale                                                                             40

laire et de notre Galaxie, sur l'échelle et        ENCYCL.    L'astronomie spatiale utilise des
l'évolution de l'Univers dépendent étroite-        ballons stratosphériques, des fusées, des
ment des mesures astrométriques.                   satellites et des sondes automatiques. Grâce
intimement liée à l'astrométrie, la mécani-        aux satellites, qui gravitent au-dessus de
que céleste traite des lois régissant les mou-     l'atmosphère terrestre, il est possible d'étu-
vements des astres. Les calculs d'orbites re-      dier l'Univers sur l'ensemble du spectre élec-
lèvent de son domaine, ainsi que                   tromagnétique. Néanmoins, compte tenu
l'établissement des annuaires astronomi-           du coût de l'instrumentation qu'ils empor-
ques et des éphémérides (tables fournissant        tent, on réserve leur emploi aux observa-
des données numériques - quotidiennes ou           tions difficiles ou impossibles à réaliser du
autres - sur la position du Soleil, de la Lune,    sol, concernant des astres dont le rayonne-
des planètes, etc.). Depuis l'avènement de         ment est arrêté par l'atmosphère terrestre
l'astronautique, la mécanique céleste trouve       (sources de rayonnements y, X, ultraviolet
une nouvelle application avec le calcul des        et infrarouge lointain). Les sondes spatiales
trajectoires des satellites artificiels et des     permettent l'étude in situ de la Lune, des
sondes interplanétaires.                           planètes, des comètes et du milieu interpla-
Astrométrie et mécanique céleste consti-           nétaire.
tuent ensemble ce qu'on appelle l'astrono-         L'étude systématique du ciel dans l'ultra-
mie fondamentale.                                  violet a débuté en 1968 avec l'observatoire
A ce domaine peuvent être rattachées la            orbital américain OAO 2 ; son étude dans le
cosmogonie, qui étudie la formation et             domaine des rayons X en 1970 avec un autre
l'évolution des corps célestes particuliers, et    engin américain, SAS 1 (ou Uhuru) ; et son
la cosmologie, qui cherche à rendre compte         étude dans le domaine des rayons y en 1972
de la structure et de l'évolution de l'Univers     avec le satellite SAS 2. A la moisson de
considéré dans son ensemble. Voisine à cer-        découvertes qui en a résulté sont venus
tains égards de l'astrophysique, l'astrochi-       s'ajouter, depuis, les résultats obtenus grâce
mie s'intéresse à la chimie de l'espace extra-     à plusieurs dizaines d'autres satellites, parmi
terrestre. La mise en évidence de                  lesquels des engins américains comme OAO
nombreuses molécules dans le milieu inters-        3 (ou Copernicus), SAS 3 et les satellites de
tellaire a constitué l'un des facteurs impor-      la série HEAO (High Energy Astronomy Obser-
tants de son développement. La bioastrono-         vatory) [HEAO 2, en particulier, rebaptisé
mie s'efforce, pour sa part, de répondre aux       observatoire Einstein après son lancement,
 questions concernant les possibilités d'exis-     en 1978, a marqué l'avènement d'une nou-
tence de la vie dans le cosmos. En fait, l'Uni-    velle génération de télescopes pour l'étude
vers constitue le plus prodigieux laboratoire      des sources célestes de rayonnement X], cer-
 dont puisse rêver le chercheur. Des tempé-        tains satellites soviétiques du type Cosmos,
ratures les plus hautes aux températures les       les satellites européens COS-B (1975-1982)
plus basses, des milieux les plus denses aux       et Exosat (1983-1986), le satellite internatio-
milieux les plus raréfiés, des systèmes les        nal IUE* (international Ultraviolet Explorer) qui
 plus massifs aux systèmes les plus ténus, la       a permis des avancées considérables dans le
matière s'y trouve soumise aux conditions           domaine de l'astronomie ultraviolette et bé-
 les plus diverses, donnant au scientifique le     néficié d'une exceptionnelle longévité
 loisir d'étudier une gamme extraordinaire-         (1978-1996), etc. Tous ces engins ont ap-
 ment variée de phénomènes, dont l'inter-          porté une contribution fondamentale à la
 prétation requiert une approche interdisci-        connaissance d'astres (quasars, galaxies acti-
 plinaire. Ainsi l'astronomie apparaît-elle        ves...) ou de phénomènes (explosions de su-
 désormais comme un carrefour où viennent           pernovae, accrétion de matière par certaines
 se confronter et s'enrichir mutuellement la        étoiles...) libérant des quantités fantastiques
 plupart des disciplines scientifiques.             d'énergie. Plus récemment, en 1983, le satel-
                                                    lite IRAS* (Infra-Red Astronomy Satellite),
                                                    fruit d'une coopération tripartite entre les
a s t r o n o m i e spatiale. Ensemble des acti-
                                                    Pays-Bas, les États-Unis et le Royaume-Uni,
vités de l'astronomie qui mettent en œuvre
                                                    a permis la première cartographie complète
des systèmes spatiaux.
41                                                                        astrophotographie

du ciel dans l'infrarouge, autorisant, entre       LES DÉBUTS. La première photographie d'un
autres, de grands progrès dans l'étude du          objet céleste fut un daguerréotype de la
milieu interstellaire et des étoiles en for-       Lune obtenu en mars 1840, avec vingt minu-
mation, qui ont été poursuivis par le satel-       tes de pose, au foyer d'un télescope de
lite européen ISO. Cet essor plus tardif           13 cm d'ouverture, par l'Américain
de l'astronomie spatiale infrarouge tient à        J.W. Draper. Puis, le 7 décembre 1845, à
la difficulté de mise en œuvre de détec-           l'Observatoire de Paris, A. Fizeau et L. Fou-
teurs appropriés qui, pour être performants,       cault réalisèrent le premier daguerréotype
doivent être refroidis à très basse tempéra-       réussi du Soleil. Enfin, dans la nuit du 16 au
ture.                                              17 juillet 1850, l'astronome américain
Depuis le début des années 90, l'astronomie        W.C. Bond et son compatriote le photogra-
bénéficie aussi de la moisson de découver-         phe J.A. Whipple, à l'aide de la grande lu-
tes à l'actif du télescope spatial Hubble* (do-    nette de 38 cm d'ouverture de l'observatoire
maines optique et infrarouge) et de l'obser-       du collège Harvard, prirent, avec une pose
vatoire Compton* (domaine gamma).                  de 100 secondes, la première photographie
                                                   montrant des étoiles : Véga et Castor. Avec
A s t r o n o m i s c h e Gesellschaft. Société    le même instrument, ils recueillirent aussi, la
d'astronomie allemande, regroupant des as-         même année, de bonnes images de la Lune.
tronomes professionnels. Elle est, notam-          Ce n'est toutefois qu'après l'invention, en
ment, à l'origine des catalogues stellaires        1871, de l'émulsion au gélatinobromure
désignés sous le sigle AGK*.                       d'argent que la plaque photographique com-
                                                   mença à présenter une sensibilité suffisante
A s t r o n o m y and Astrophysics. Revue          pour concurrencer, puis supplanter l'obser-
européenne fondée en 1968 pour la publica-         vation visuelle des étoiles.
tion de résultats de recherches en astrono-        L'ESSOR DE LA SPECTROGRAPHIE. On doit à deux

mie et en astrophysique.                           astronomes amateurs, l'Américain H. Dra-
                                                   per et l'Anglais W. Huggins, les premières
astrophotographe n. Personne qui prati-            tentatives visant à appliquer la photogra-
que l'astrophotographie.                           phie à la spectroscopie astronomique. Ils
                                                   obtinrent au cours des années 1870 les pre-
astrophotographie n.f. Photographie                mières photographies de spectres stellaires.
des astres.                                        Puis Huggins réussit à photographier pour la
ENCYCL. La photographie est l'une des techni-
                                                   première fois, en 1881, le spectre d'une co-
ques qui ont permis l'essor de l'astrophysi-       mète et, en 1882, celui d'une nébuleuse
que*. Son application à l'astronomie, conju-       (M42 d'Orion).
guée à celles de la photométrie* et de             Au début du xxe siècle, la mise en service de
l'analyse spectrale (-> spectre), a été à l'ori-   grands instruments d'observation astrono-
gine d'une véritable révolution dans l'étude       mique conjuguée à l'emploi systématique
de l'Univers. Bien que la plaque photogra-         de la photographie a permis de reculer les
phique soit beaucoup moins sensible que            frontières de l'Univers observé. C'est en par- '
l'œil, elle présente sur celui-ci un avantage      venant à photographier des étoiles dans la
très important, celui d'accumuler la lumière       « nébuleuse » d'Andromède que l'Américain
qu'elle reçoit avec la durée de la pose : elle     E. Hubble a pu établir, en 1924, l'existence
permet ainsi d'enregistrer l'image d'objets        de galaxies extérieures à la nôtre. Puis la
très peu lumineux, imperceptibles à l'œil,         photographie a permis l'exploration du
comme des étoiles*, des nébuleuses* ou des         monde des galaxies, et leur étude spectro-
galaxies*, la limite étant imposée par la lu-      graphique a conduit à mettre en évidence
minosité du fond du ciel qui finit par impres-     "expansion de l'Univers.
sionner la plaque. Par ailleurs, les enregistre-   L'IMAGERIE ÉLECTRONIQUE. Malgré sa très grande
ments photographiques constituent des              capacité de stockage d'éléments d'informa-
documents objectifs, susceptibles d'être ul-       tion, la plaque photographique souffre d'un
térieurement analysés, mesurés et compa-           défaut majeur : sa faible sensibilité ; il faut,
rés.                                               en moyenne, au moins 100 photons pour
Astrophysical Journal                                                                          42

noircir un grain d'émulsion de bromure d'ar-      astrophysique des particules. Do-
gent. C'est ce qui a conduit à la mise au         maine de la science à l'interface entre l'astro-
point de dispositifs d'imagerie électronique      physique et la physique des particules, qui
beaucoup plus efficaces pour coEecter la lu-      s'appuie sur les compétences théoriques et
mière : le premier a été la caméra* électroni-    observationnelles des deux disciplines.
que, les plus récents sont les dispositifs à      ENCYCL. Les recherches de l'astrophysique
transfert de charge, ou CCD* (Charge Cou-         des particules (appelée aussi, sous une forme
pied Devices).                                    abrégée, astroparticules) concernent essentiel-
                                                  lement l'étude du rayonnement* cosmologi-
Astrophysical Journal (Ap J). L'une               que à 2,7 K, l'identification de la matière*
des revues les plus réputées à l'échelle inter-   noire, la détection de supernovae*, la détec-
nationale pour la publication de résultats de     tion des ondes* gravitationnelles, l'étude des
recherches en astronomie et en astrophysi-        sources de rayonnement cosmique*, l'exis-
que, fondée en 1895 par George Ellery Haie        tence éventuelle d'antimatière* dans l'Uni-
et publiée par The University of Chicago Press    vers, les neutrinos* solaires et l'étude des
pour le compte de Y American* Astronomkal         réactions nucléaires qui régissent l'activité
Society.                                          des étoiles.

astrophysique n.f. Branche de l'astrono-          Atelier du Sculpteur           Sculpteur
mie qui étudie la physique et l'évolution des
diverses composantes de l'Univers.                Aten. Astéroïde 2062, découvert en 1976
ENCYCL. On distingue souvent l'astrophysi-        par l'Américaine E. Helin à l'observatoire du
que des hautes énergies (étude des rayonne-       mont Palomar, prototype d'un groupe de
ments y, X et ultraviolet) et celle des basses    petites planètes qui circulent essentieEe-
énergies (études des rayonnements visible,        ment à l'intérieur de l'orbite terrestre, le
infrarouge et radio). L'astrophysique s'est       demi-grand axe de leur orbite étant inférieur
beaucoup développée depuis 1945 grâce à la        à la distance moyenne du Soleil à la Terre,
radioastronomie* et, depuis 1957, grâce aux       Distances extrêmes au Soleil : 118 et 171
observations spatiales. La radioastronomie a      miUions de km. Période de révolution sidé-
permis de découvrir les quasars*, les molé-       rale : 0,951 an. Plus courte distance possible
cules interstellaires, le rayonnement* cos-       à la Terre : 16,9 millions de km. Diamètre
mologique à 3 K, les pulsars* et de mettre en     estimé : 1,3 km. Type : S (silicaté).
évidence la structure spirale de la Galaxie.
L'astronomie infrarouge* montre les étoiles       Athena. Famille de lanceurs à poudre amé-
en formation dans le milieu interstellaire.       ricains, précédemment dénommés LLV ou
Les observations en ultraviolet* ont révélé       LMLV (Lockheed Martin Launch Vehicle). Des
l'importance des phénomènes de vents stel-        sept configurations retenues, seule la pre-
laires et des échanges de masse qui s'établis-    mière, Athena 1,capable de placer jusqu'à
sent entre les étoiles chaudes et le milieu       1,71 en orbite basse, a été lancée avec succès
interstellaire et leur impact sur l'évolution     en août 1997.
générale des galaxies. Les observations dans
le domaine des rayons X* révèlent l'exis-         Atlantis. Nom donné à l'un des orbiteurs
tence d'étoiles effondrées (pulsars, trous        de la navette spatiale américaine, dont le
noirs) capturant la matière d'étoiles voisi-      premier lancement a eu lieu le 3 octo-
nes, ou de galaxies actives dont le noyau est     bre 1985 de cap Canaveral. Des modifica-
le siège de phénomènes cataclysmiques. En-        tions lui ont été apportées pour lui permet-
fin, le rayonnement gamma* constitue un           tre de s'amarrer à la station orbitale russe
traceur de la matière interstellaire et révèle    Mir*.
aussi la présence d'étoiles effondrées.
   gamma (astronomie), infrarouge (as-            Atlas (sigle de ATmospheric Laboratory for
tronomie), radioastronomie, ultraviolet           Applications and Science, laboratoire atmo-
violet (astronomie dans I'), X (astrono-          sphérique pour des applications et pour la
mie)                                              science). Bloc expérimental international
43                                                                      Attracteur (Grand)

destiné à être embarqué dans la soute de la      Atria. Étoile a du Triangle austral. Magni-
navette spatiale américaine pour effectuer       tude apparente visuelle : 1,9. Type spectral :
des observations ou des mesures concernant       K2. Distance : 400 années de lumière.
la chimie de l'atmosphère, le rayonnement
solaire, la physique des plasmas et l'astro-     ATS (sigle de Applications Technology Satel-
physique.                                        lite, satellite de technologie d'applications).
Trois missions ont eu lieu (Atlas 1, en mars     Famille de six satellites technologiques géo-
1992, à bord de l'orbiteur Atlantis ; Arias 2,   stationnaires américains ayant servi pen-
en avril 1993, à bord de Discovery ; et Atlas    dant au moins quinze ans, à partir de 1966,
3, en novembre 1994, à bord d'Atlantis).         pour des expérimentations en météorologie
                                                 et en télécommunications. On doit à ATS 6
Atlas. Lanceurs américains mis au point          les premiers essais de télévision éducative
vers 1960 à partir d'un missile interconti-      par satellite.
nental associé, par la suite, à divers étages
supérieurs (Agena, Centaur, etc.).               atterrissage n.m. En parlant d'un engin
ENCYCL. Plus de 500 exemplaires, toutes ver-     aérospatial, action de se poser sur le sol de la
sions confondues, ont été utilisés notam-        Terre et, par extension, sur celui de n'im-
ment pour les premiers astronautes du pro-       porte quel corps céleste.
gramme Mercury et pour un grand nombre
de satellites de télécommunications et de        atterrisseur n.m. (en anglais, lander). En-
sondes interplanétaires.                         gin spatial destiné à se poser sur la surface
Depuis la fin des années 80, les lanceurs        d'un corps céleste.
Atlas sont commercialisés. Ils sont, avec les
Titan et Delta, les concurrents américains       attitude n.f. Orientation d'un engin spa-
des lanceurs européens, russes, chinois et       tial par rapport à trois axes de référence.
japonais pour la fin de ce siècle. La version    ENCYCL. Pourvu de plusieurs petits propul-
actuellement la plus puissante, Atlas 2 AS,      seurs, le système de commande d'attitude
capable de placer 8,6 t en orbite terrestre      qui équipe la plupart des satellites actuels a
basse et 3,7 t en orbite de transfert géosta-    pour rôle de maintenir cette orientation ou
tionnaire, a été mise en service le 16 décem-    de la modifier si la mission l'exige.
bre 1993. De nouvelles versions plus perfor-     Connaître l'attitude d'un sateËite répond à
mantes sont attendues : en 1999, Atlas 3A,       une nécessité absolue dès lors que doivent
et en 2000 Atlas 3B, capables de lancer res-     être orientés, avec précision, une expé-
pectivement 41 et 4,51 en orbite de transfert    rience, une antenne ou des propulseurs
géostationnaire. Le premier lancement com-       (pour des manoeuvres de correction d'or-
mercial d'un Atlas (version Atlas 1) a été       bite).
effectué par General Dynamics le 25 juillet
 1990.                                           A t t r a c t e u r (Grand). Vaste concentra-
                                                 tion de matière extragalactique dont l'exis-
Atlas. Satellite de Saturne (n° XV) décou-       tence a été postulée en 1987 pour expliquer
vert en 1980 par l'Américain R. Terrile grâce    les écarts observés de vitesse radiale de ga-
aux photographies prises par la sonde Voya-      laxies par rapport à l'expansion uniforme
ger 1. Demi-grand axe de son orbite :            découlant de la loi de Hubble*.
137 700 km. Période de révolution sidérale :     ENCYCL. Caché derrière la Voie lactée, le
0,602 j. Dimensions : 27 x 37 km. Il gravite à   Grand Attracteur se trouverait dans la direc-
1 000 km environ de la limite extérieure de      tion des constellations de l'Hydre femelle et
l'anneau A.                                      du Centaure, à une distance de notre galaxie
                                                 comprise entre 150 et 350 millions d'années
a t m o s p h è r e n.f. Enveloppe gazeuse en-   de lumière. Sa masse représenterait environ
tourant une planète ou un satellite naturel.     50 millions de milliards de fois ceËe du
Atmosphère stellaire : ensemble des couches      Soleil. Son existence reste toutefois contro-
superficielles d'une étoile qui contribuent au   versée car, selon certains spécialistes, les
rayonnement que l'on en reçoit.                  mouvements particuliers qui ont conduit à
attraction                                                                                      44

postuler sa présence peuvent s'expliquer par       Un prototype doit voler en 2003 ; il est
la distribution des masses des galaxies des        prévu ensuite de construire de sept à onze
principaux amas de galaxies répertoriés :          exemplaires, selon la durée de l'exploitation
Hydre, Centaure, Paon, Persée-Poissons.            de la Station spatiale internationale.

a t t r a c t i o n (newtonienne ou univer-        A U R A (sigle de Analyse Ultraviolette du
selle) ni. Synonyme de gravitation.                Rayonnement Astral). Satellite astronomi-
                                                   que français lancé le 27 septembre 1975,
a t t r a c t i o n universelle (loi de I'). Loi   pour l'étude du Soleil et des étoiles dans
énoncée par Newton en 1687, selon laquelle         l'ultraviolet.
deux corps quelconques s'attirent selon la         ENCYCL. Il a cessé de fonctionner à la fin de
droite joignant leurs centres, proportionnel-      1976 et est rentré dans l'atmosphère le
lement aux valeurs m et m'de leurs masses          30 septembre 1982. Son lancement marqua
et en raison inverse du carré de la distance d     un tournant dans la politique spatiale fran-
qui les sépare, avec une force F d'intensité :     çaise : il s'agissait du dernier lancement de la
F = G.mm'/da, où G est une constante de            fusée nationale Diamant, désormais aban-
proportionnalité appelée constante de gravita-     donnée au profit d'un lanceur européen plus
tion.                                              puissant, Ariane*. La base de Kourou fut
                                                   mise en sommeil pour quatre ans, jusqu'en
ATV (sigle de l'angl. Automated Transfer Ve-       décembre 1979.
hicle, véhicule de transfert automatique). Re-
morqueur spatial fourni par l'Agence spa-          AURA. Sigle de Association ofUniversities for
tiale européenne pour la desserte et les           Research in Astronomy.
corrections orbitales de la Station* spatiale
internationale (ISS).                              Auriga (-ae). Nom latin de la constella-
ENCYCL. Pour remplir ses missions, l'ATV est       tion du Cocher (abrév. Aur).
doté d'une architecture modulaire compo-
sée du « Spacecraft » avec la baie de propul-      aurore polaire. Phénomène de lumines-
sion, l'avionique et le générateur solaire, et     cence atmosphérique, observable générale-
du « Cargo Carrier » qui abrite le fret solide     ment à de hautes latitudes nord (aurore bo-
et liquide et comprend les équipements de          réale) ou sud (aurore australe) et dû à
rendez-vous et d'amarrage.                         l'arrivée d'un flux de particules chargées
L'ATV emportera jusqu'à 5 500 kg de char-          dans la haute atmosphère terrestre.
ges solides placées dans une soute pressuri-       ENCYCL. Les aurores polaires découlent de
sée, jusqu'à 840 kg d'eau et 100 kg d'air,         l'interaction du vent solaire et de la magné-
d'oxygène ou d'azote. Il ravitaille aussi l'ISS    tosphère. Leur base se situe entre 80 et 300
en ergols, en emportant dans ses réservoirs        km d'altitude et leur extension verticale peut
externes 306 kg de carburant et 554 kg de          atteindre 500 km. Elles présentent des struc-
comburant.                                         tures variées : taches diffuses, arcs auroraux
Le système, qui peut être « mis en som-            isolés, rubans de plusieurs milliers de kilo-
meil » pendant 6 mois en restant amarré à la       mètres. La présence de stries parallèles peut
station, est réactivé lors des opérations de       leur donner l'aspect de draperies aux multi-
« rehaussement » de l'orbite de l'ISS. Il uti-     ples replis ou de couronnes dont les rayons
lise alors ses quatre tuyères de propulsion        semblent converger vers le zénith magnéti-
principale ou ses tuyères de contrôle d'atti-      que. L'observation spatiale met en évidence
tude pour replacer la station sur la trajec-       l'existence simultanée de ces diverses struc-
toire souhaitée.                                   tures tout au long de l'ovale auroral qui
À la fin de la mission, l'ATV se décroche en       entoure les pôles géomagnétiques, à 12° en-
emportant les déchets qui lui sont confiés. Il     viron du côté jour et 22° du côté nuit. La
effectue automatiquement les manoeuvres            luminosité des aurores peut parfois dépasser
de désorbitation et de rentrée dans l'atmo-        celle de la pleine lune. Les aurores boréales
sphère terrestre dans laquelle il se consume       sont généralement plus lumineuses que les
en toute sécurité.                                 aurores australes qui leur sont conjuguées.
45                                                                                     avion-fusée

Lorsque le seuil de détection de la couleur       lisé notamment pour l'étude des molécules
est atteint, les aurores paraissent verdâtres     présentes dans le milieu interstellaire*.
ou, plus exceptionnellement, pourpres, vio-
lettes ou bleutées. L'analyse spectroscopi-       Autel (en latin Ara, -ae). Petite constella-
que met en évidence des raies atomiques et        tion australe. Ses étoiles les plus brillantes
des bandes moléculaires caractéristiques de       sont de magnitude 3 environ.
l'excitation des constituants atmosphéri-
ques.                                             averse météorique. Phénomène qui se
Des phénomènes auroraux ont été mis en            produit parfois lorsque la Terre rencontre
évidence dans l'atmosphère des planètes           un essaim de météorites et qui résulte de la
géantes Jupiter, Saturne et Uranus, dotées        chute dans l'atmosphère de nombreuses
d'une vaste magnétosphère.                        météorites, signalée par l'apparition de
                                                  nombreux météores qui semblent tomber
                                                  en pluie vers le sol. SYN. : pluie d'étoiles filantes
Aussat. Société commerciale australienne,
créée en 1981, propriétaire du système na-
tional australien de satellites de télécommu-     Aviar. Etoile e de la Carène. Magnitude
nications (dont les premiers ont été lancés       apparente visuelle : 1,8. Type spectral : KO.
en 1985) et chargée de son fonctionnement         Distance : 700 années de lumière.
et de sa gestion.
                                                  avion spatial. Véhicule spatial réutilisa-
                                                  ble, généralement habité, qui tient à la fois
austral, e adj. Du Sud.   CONTR. :   boréal.      du satellite artificiel (par son mode de lance-
                                                  ment et son aptitude à évoluer dans l'es-
Australia Telescope. Radio-interféro-             pace) et de l'avion (par sa façon de revenir
mètre australien, en Nouvelle-Galles du           sur Terre en planant dans l'atmosphère),
Sud.                                                 navette spatiale
ENCYCL. Mis en service en 1988, il comprend
deux composantes principales : d'une part,        avion-fusée n.m. Avion propulsé par un
un réseau compact de six antennes de 22 m         ou plusieurs moteurs-fusées.
de diamètre, installées à l'observatoire Paul-    ENCYCL. Un tel engin s'apparente à la fois aux
Wild de Culgoora (cinq d'entre elles sont         avions (par la présence d'ailes pour évoluer
mobiles sur une base est-ouest de 3 km de         dans l'atmosphère) et aux lanceurs (par le
long, la sixième sur une voie distincte, située   mode de propulsion).
à 3 km plus à l'ouest) ; d'autre part, pour       A la fin des années 20, diverses démonstra-
obtenir un meilleur pouvoir de résolution,        tions de propulsion par fusée sont faites en
un réseau à longue base, reliant à une ou         Allemagne sur des véhicules dont on veut
plusieurs des antennes précédentes une            accroître la vitesse : automobiles, traîneaux,
autre antenne de 22 m, située à Mopra, à          avions... C'est ainsi que le 11 juin 1928 le
quelque 100 km plus au sud, et le grand           premier planeur-fusée du monde, Ente,
radiotélescope de 64 m de l'observatoire de       lancé par catapulte et propulsé par deux fu-
Parkes*, à quelque 200 km encore plus au          sées à poudre, parcourt plus de 1 200 m en
sud. Enfin, l'utilisation conjointe d'antennes    une minute. Les premiers avions-fusées
situées à Perth, Alice Springs, Hobart, Tid-      naissent véritablement durant la Seconde
binbilla et Sydney permet d'obtenir des per-      Guerre mondiale. Mais, s'ils surclassent les
formances équivalentes à celles que fourni-       chasseurs à hélices, leur autonomie reste
rait un radiotélescope de 3 000 km de             limitée... A la fin du conflit, les Etats-Unis
diamètre, avec un pouvoir de résolution           lancent un important programme d'expéri-
atteignant 0,002" à 3 cm de longueur              mentation afin d'explorer les vitesses voisi-
d'onde.                                           nes de celle du son ou supérieures. Entre
Principal radio-interféromètre à synthèse         autres, trois types d'avions-fusées, à propul-
d'ouverture de l'hémisphère Sud, l'Australia      sion liquide, baptisés X-l, X-2 et X-15, se-
Telescope permet des observations dans une        ront successivement construits et utilisés.
large gamme de longueurs d'onde et est uti-       Incapable de décoller seul, un tel engin doit
AXAF                                                                                        46

être transporté par un avion porteur jusqu'à     deux axes de rotation d'un instrument astro-
une altitude élevée (au minimum 15 000 m).       nomique à monture équatoriale.
Dès son largage, le pilote met à feu ses         ENCYCL. En un lieu donné, l'axe polaire est
moteurs-fusées.                                  situé dans le plan nord-sud et fait avec l'ho-
En une vingtaine d'années, de 1947 (année        rizontale un angle égal à la latitude du lieu.
du premier franchissement du mur du son          La rotation d'un instrument autour de l'axe
parle X-l de C.-Y. Yeager) à 1968 (année de      polaire modifie l'ascension droite de la ligne
l'arrêt du programme X-15), plus de 200 vols     de visée mais non sa déclinaison.
(dont la moitié à plus de Mach 5) seront
effectués, et tous les records d'altitude
(107,4 km en 1963) et de vitesse (Mach 6,7,      axion n.m. Particule élémentaire hypothé-
soit près de 7 300 km/h en 1967) seront          tique de très faible masse (103 eV) qui pour-
battus.                                          rait être un constituant de la matière* noire
                                                 froide.
De 1957 à 1963 sera étudié le projet Dyna-
Soar (alias X-20), complémentaire du X-15,
mais il ne donnera lieu à aucune réalisation     azimut n.m. (de l'arabe al-samt, le droit
concrète. Par l'abondance des résultats enre-    chemin). Angle formé par le plan vertical
gistrés (notamment sur les effets physiologi-    contenant un astre et le méridien du lieu
ques du vol à grande vitesse et à altitude       d'observation, compté à partir du sud, posi-
élevée, et sur les aspects aérodynamiques,       tivement vers l'ouest, soit de 0 à 360°, soit
thermiques, etc., du phénomène de rentrée        de 0 à ± 180°. C'est l'une des deux coordon-
atmosphérique), les programmes de recher-        nées horizontales, l'autre étant la hauteur*.
ches avec les avions-fusées ont jeté les bases   Les géodésiens et les topographes comptent
du vol hypersonique et aidé à la conception      l'azimut à partir du nord.
de la navette spatiale américaine.

A X A F (sigle de l'angl. Advanced X-ray As-     azimutal, e, a u x adj. Relatif à la défini-
trophysics Facility, équipement perfectionné     tion ou à la mesure des azimuts ; caractérise
pour l'astrophysique du rayonnement X).          un instrument, une monture mobile autour
Observatoire spatial américain d'astrono-        d'un axe horizontal et d'un axe vertical. Ca-
mie X.                                           dran solaire azimutal : cadran solaire à style
ENCYCL. Prévu comme le troisième grand ob-       vertical.
servatoire orbital de la NASA, après le téles-   ÏNCYCL. La monture azimutale est la plus sim-
cope spatial Hubble* et l'observatoire           ple des montures susceptibles d'équiper un
Compton*, il devait comporter six télesco-       instrument d'observation astronomique.
pes concentriques à incidence rasante lui        C'est pourquoi elle est traditionnellement
conférant une surface collectrice de 1 500       utilisée sur les instruments d'amateur les
cm2 et une sensibilité 100 fois plus grande      plus modestes. Mécaniquement, elle est
que celle de l'observatoire Einstein*. Mais,     aussi plus satisfaisante que la monture équa-
pour des raisons d'économie, l'Agence spa-       toriale*. Cette dernière lui a cependant été
tiale américaine a décidé, en 1992, de lui       longtemps préférée pour les gros instru-
substituer un satellite plus petit.    Chan-     ments en raison de la facilité avec laquelle
dra X-ray Observatory                            elle permet de compenser la rotation terres-
                                                 tre. Au contraire, les instruments dotés
a x e du monde. Direction parallèle à l'axe      d'une monture azimutale ne peuvent rester
de rotation de la Terre, orientée vers le pôle   braqués sur un objet céleste qu'en se dépla-
céleste Nord, et servant d'axe de référence      çant continuellement autour de leurs deux
dans les systèmes de coordonnées horaires        axes simultanément. Le pilotage par ordina-
et équatoriales.                                 teur a permis depuis les années 1970 de
                                                 résoudre cette difficulté et d'adopter
a x e polaire. Droite parallèle à l'axe de       la monture azimutale pour les grands téles-
rotation de la Terre, qui constitue l'un des     copes.
                                           b
B. Type spectral caractérisant, dans la clas-       des dimensions doubles de celles qu'on lui
sification ae Harvard, les étoiles dont la tem-     attribuait auparavant.
pérature superficielle est comprise entre
10 000 et 28 000 K : des étoiles bleues dont        B a b c o c k (Harold Delos), astronome amé-
le spectre est dominé par les raies de l'hé-        ricain (Edgerton, Wisconsin, 1882 - Pasa-
lium neutre, du silicium simplement et dou-         dena, Californie, 1968).
blement ionisé, de l'oxygène et du magné-           Il a fourni d'importantes contributions à la
sium ionisés, tandis que les raies de               spectroscopie solaire et à l'étude du magné-
l'hydrogène se renforcent quand la tempéra-         tisme solaire. Avec son fils Horace Welcom
ture décroît. Exemples : Rigel, l'Epi, Deneb.       Babcock (Pasadena 1912), il inventa en 1948
                                                    le magnétographe solaire, grâce auquel tous
BAA. Sigle de British* Astronomical Associa-        deux procédèrent aux premières mesures du
tion.                                               champ magnétique du Soleil, en exploitant
                                                    l'effet Zeeman*.
B a a d e (Walter), astronome américain
d'origine allemande (Schrôttinghausen,              Baïkonour. Appellation officielle jusqu'en
Westphalie, 1893 - Gôttingen 1960).                 juillet 1992, mais toujours usuelle, d'un im-
Sa carrière débuta à l'observatoire de Ham-         portant cosmodrome du Kazakhstan, près
bourg (1920-1931), où il s'intéressa aux co-        de la mer d'Aral, à plus de 2 000 km au
mètes, aux astéroïdes et aux étoiles varia-         sud-est de Moscou.
bles. En 1931, il accepta un poste à                ENCYCL. Le nom de Baïkonour est celui d'une
l'observatoire du mont Wilson, aux Etats-           ville distante de... 300 km alors que le cos-
Unis. Ses recherches s'orientèrent alors vers       modrome se trouve à 60 km de Leninsk (à
la spectroscopie et il travailla avec Hubble        l'existence longtemps tenue secrète et qui
sur les galaxies et avec Zwicky sur les super-      compte aujourd'hui près de 60 000 habi-
novae. Pendant la Seconde Guerre mon-               tants vivant pour et ae l'espace) dont l'ex-
diale, consigné à Pasadena, il se livra, à l'aide   tension a englobé le vieux village de Tioura-
des grands instruments auxquels il avait ac-        tam.
cès, à une étude observationnelle approfon-         Sa construction commence en 1955. Qua-
die de la galaxie M 31 d'Andromède et de            rante ans plus tard, on lui attribue un millier
ses satellites. Il parvint ainsi à résoudre en      de lancements spatiaux : tous les vaisseaux
étoiles le noyau ae M 31 (1944) et put établir      spatiaux habités, les sondes planétaires, les
l'existence, au sein des galaxies, de deux          stations orbitales et de nombreux autres sa-
populations steËaires distinctes. Ses travaux       tellites (notamment les géostationnaires) de
ultérieurs sur les céphéides* amenèrent les         l'ex-URSS.
astronomes, en 1952, à réviser l'échelle de         Baïkonour s'étend sur 1 600 km2 et possède
détermination des distances extragalacti-           un important réseau de routes, de voies fer-
ques et à doubler toutes celles mesurées jus-       rées, de pistes d'atterrissage, des dizaines
que-là, donc à assigner à l'Univers observé         d'ensembles de lancement, d'imposants bâ-
Baillaud                                                                                          48

timents, dont le MIK, vaste hall d'assem-         d'étoiles et la découverte des grains qui por-
blage d'où les Zemiorka sortent, à l'horizon-     tent son nom, en 1836.
tale, deux jours avant leur lancement, pour
rejoindre le site prévu et y être placées en      Baily (grains de). Chapelet de points lu-
position verticale.                               mineux dû aux indentations du profil lu-
Pendant ce temps, à quelques kilomètres de        naire, que l'on observe lors des éclipses tota-
là, à l'hôtel des cosmonautes de Leninsk, les     les du Soleil, au début et à la fin de la totalité.
futurs passagers de ces Zemiorka achèvent
leur préparation. Ils n'en partiront que cinq     Balance (en latin Libra, -ae). Constellation
ou six heures avant le décollage de leur lan-     du zodiaque.
ceur pour gagner, en autocar, le site de          ENCYCL. Ses étoiles les plus brillantes sont
Baïkonour.                                        Kiffa* australe (J3) et Kiffa boréale (a). C'est
Et, curieusement, c'est encore dans les step-     la seule constellation zodiacale qui évoque
pes du Kazakhstan, au nord de Baïkonour,          un objet inanimé.
près d'Arkalyk, que sont récupérées (sauf
incident) les capsules spatiales habitées rus-    Baleine (en latin Cetus> -t). Grande constel-
ses.                                              lation équatoriale qui s'étend au S. des cons-
Après de longs mois de négociation, le Ka-        tellations zodiacales du Bélier et des Pois-
zakhstan a accepté, en 1994, de louer le cos-     sons.
modrome de Baïkonour à la Russie pour une         ENCYCL. Citée par Eudoxe, Aratos, Hipparque
durée de vingt ans, avec une prolongation         et Ptolémée, elle évoque le monstre marin
ultérieure possible de dix ans.                   envoyé par Poséidon pour dévorer Andro-
                                                  mède. Son étoile la plus remarquable est la
Baillaud (Benjamin), astronome français           variable Mira* Ceti.
(Chalon-sur-Saône 1848 - Toulouse 1934).
En 1919, il fut à l'origine de la création des    balise n.f. Émetteur électromagnétique uti-
Unions scientifiques internationales et fut le    lisé dans un but de localisation.
premier président de l'Union* astronomique        ENCYCL. Selon les cas, une balise peut occuper
internationale.                                   une position qui constitue un point (fixe) de
                                                  référence ou, au contraire, un point (fixe ou
Bailly (Jean Sylvain), savant et homme po-        mobile) dont on cherche à connaître les
litique français (Paris 1736- 1793).              coordonnées. Les systèmes spatiaux Argos,
On lui doit une Histoire de l'astronomie an-      DORIS, Sarsat, entre autres, font intervenir
cienne (1775), une Histoire de l'astronomie mo-   un grand nombre de balises de ce type.
derne (1778-1783) et une Histoire de l'astrono-
mie indienne et orientale (1787). Il fut le       balistique 1. n.f. Science du mouvement
premier maire élu de Paris (1789) et périt sur    des projectiles. 2. adj. Qui concerne ou rap-
l'échafaud (1793).                                pelle les projectiles. Qualifie un engin (ou
                                                  son mouvement) sur lequel n'agissent que
Bailly. L'un des plus grands cirques lunai-       des forces naturelles (principalement de gra-
res, du type « plaine murée », près du bord       vitation! par exemple certains missiles.
sud-ouest de l'hémisphère visible de la           ENCYCL. À propos d'un engin spatial, on peut
Terre. Coordonnées : 67° S., 69° O. Diamè-        opposer la phase balistique d'un vol (d'un
tre extérieur : 303 km.                           lanceur ou d'une sonde spatiale) à la phase
                                                  propulsée (lorsque agissent des moteurs), la
Baily (Francis), astronome et mathémati-          rentrée balistique (d'une capsule) à la ren-
cien anglais (Newbury, Berkshire, 1774 -          trée planée (des navettes), un vol balistique
Londres 1844).                                    (ou suborbital), sans satellisation, à un vol
L'un des fondateurs de la Société astronomi-      orbital, avec satellisation, etc.
que de Londres, il s'illustra notamment par
la réorganisation du Nautical Almanach, la        ballon n.m. Nom générique de tout appa-
fixation du yard, une détermination de la         reil capable de s'élever dans l'atmosphère
densité de la Terre, la révision de catalogues    sous la seule poussée d'Archimède d'un
49                                                                                       ballon

gaz plus léger que l'air ambiant (par exem-        d'épaisseur), d'un volume de 900 000 m 8 ,
ple, de l'air chaud, de l'hydrogène ou de          soit une surface de 4 ha et un diamètre de
l'hélium).                                         120 m. Ils peuvent emporter une nacelle de
ENCYCL. Composé d'une enveloppe et d'une           2,61 jusqu'à 37 km d'altitude et l'y mainte-
charge utile (instruments et expériences), le      nir au maximum une vingtaine d'heures.
ballon est aujourd'hui un véhicule apprécié        Cette faible durée de vie s'explique par leur
en recherche scientifique (aéronomie, mé-          incapacité à absorber la moindre surpres-
téorologie, géophysique, biologie, astrono-        sion, ce qui est dû au fait qu'ils sont
mie et exploration planétaire), SYN. : aérostat.   « ouverts », c'est-à-dire que l'intérieur de
La première « machine volante » fut un bal-        l'enveloppe communique (par des man-
lon. Le 4 juin 1783, Joseph et Etienne de          chons situés à la base de celle-ci) avec l'at-
Montgolfier inventent l'aérostation en fai-        mosphère. Dans ces conditions, dès que le
sant voler, en public, une volumineuse enve-       volume de l'enveloppe - donc sa force as-
loppe de toile remplie d'air chaud. Beau-          censionnelle - vient à faiblir (notamment la
coup d'autres vols, avec ou sans passagers,        nuit, avec la chute de la température), on ne
sont effectués au xixe et au début du xxe          les maintient au plafond qu'en jetant beau-
siècle, à des fins militaires, scientifiques ou    coup de lest, opération qu'on ne peut répé-
sportives.                                         ter indéfiniment ;
C'est vers 1960 que la communauté scienti-         - les ballons pressurisés, dont l'enveloppe
fique redécouvre véritablement le ballon en        est fermée et a un diamètre plus modeste
tant que véhicule adapté au transport d'ex-        (quelques mètres). Ils peuvent demeurer
périences spécifiques. A cela, trois raisons       plusieurs mois vers 10 km d'altitude. Par
principales :                                      exemple, en 1971, pour l'expérience Eole*,
- l'apparition de films plastiques minces,         le CNES a lâché 479 ballons de ce type (de
résistants et étanches, se prêtant à la fabrica-   3,7 m de diamètre) dans l'hémisphère Sud
tion d'enveloppes de qualité ;                     pour étudier la circulation atmosphérique
- la mise au point de systèmes automati-           au niveau 12 km. Treize d'entre eux ont
ques de télémesure et de télécommande ;            fonctionné plus d'un an.
- la maîtrise de la technique de récupération      En juin 1985, deux ballons pressurisés sovié-
des nacelles accrochées à l'enveloppe.             tiques, transportés par les sondes spatiales
Aujourd'hui, plus d'une centaine de gros           Vega, ont été libérés dans l'atmosphère de
ballons libres sont lâchés chaque année pour       Vénus où ils ont dérivé, vers 55 km d'alti-
les besoins de la recherche spatiale, princi-      tude, à la vitesse moyenne de 70 m/s, re-
palement par les Etats-Unis et la France et, à     transmettant par radio (pendant près de
un degré moindre, par le Japon, l'Inde, le         deux jours) les résultats de leurs mesures
Brésil, la Suède, la Norvège et la Russie.         météorologiques et parcourant le tiers du
Comparé aux autres véhicules spatiaux, le          tour de la planète. Pour la première fois,
ballon se caractérise par :                        l'atmosphère d'une planète autre que la
- son aptitude à circuler dans l'atmosphère,       Terre était explorée de cette manière ;
plus ou moins haut et longtemps, dans une          - les montgolfières, dont le gaz porteur (de
région interdite aux satellites et que les fu-     l'air contenu dans une enveloppe ouverte à
sées-sondes traversent en quelques minu-           la base) est chauffé naturellement. En
tes ;                                              France, le CNES utilise des montgolfières
- sa capacité d'emporter des expériences           infrarouges de 36 000 m3 chauffées le jour
plus lourdes, plus encombrantes et à moin-         par le Soleil et la nuit par le rayonnement
dre coût que celles réservées aux fusées-son-      infrarouge émis par la surface terrestre et
des et aux satellites.                             qu'arrête la partie supérieure aluminisée de
CATÉGORIES DE BALLONS. La recherche spatiale       leur enveloppe. Elles sont capables de main-
utilise principalement trois catégories de         tenir une charge de 50 kg entre 20 km (la
ballons :                                          nuit) et 30 km (le jour) pendant deux ou
- les ballons ouverts (dits stratosphériques).     trois mois. Au cours de l'hiver 1982-1983,
Les plus performants possèdent une enve-           un ballon de ce type (de forme cylindrique
loppe de polyéthylène (de 15 micromètres           et de 40 m de diamètre) a bouclé le tour du
ballon-sonde                                                                                  50

monde en sept semaines, transportant 65 kg        spectre électromagnétique où les ondes tra-
dont 35 d'instruments pour l'étude des on-        versent correctement l'atmosphère terrestre
des de gravité.                                   et qui se situe au-dessus de 100 MHz. On
                                                  distingue les gammes :
ballon-sonde n.m. Ballon libre non ha-            - VHF (Very High Frequency) de 30 à 300
bité, muni d'appareils de mesure dont les         MHz,
indications sont retransmises au sol par ra-      - UHF (Ultra High Frequency) de 300 à 3 000
dio, utilisé pour faire des mesures locales       MHz,
dans l'atmosphère.                                - SHF (Super High Frequency) au-delà de 3
                                                  GHz.
B a l m e r (série ou raies de) [du nom de        Les satellites utilisent des bandes de fré-
J.J. Balmer, physicien suisse (1825-1898)].       quences qui leur sont spécifiquement affec-
Série de raies caractéristiques de l'hydro-       tées. On peut citer, parmi ces dernières, les
gène, que l'on observe en absorption (raies       bandes :
sombres) dans le spectre des étoiles et en        - 20-40 MHz (télémesures d'engins russes),
émission (raies brillantes) dans le spectre de    - 136-138 MHz (télémesures de satellites
certaines nébuleuses.                             américains et des satellites français),
ENCYCL. Ces raies sont émises lorsque, dans       - 148-150 MHz (télécommandes des satelli-
un atome d'hydrogène, l'électron tombe sur        tes français),
le second niveau d'énergie, et absorbées lors     - 245-250 MHz (lanceurs),
des transitions inverses. Au fur et à mesure      - 450-465 MHz (émissions de balises Sar-
qu'on se rapproche de la limite d'ionisation,     sat),
les niveaux d'énergie sont de plus en plus        - 2,1-2,3 GHz (télémesures de sondes spa-
rapprochés et les raies deviennent donc de        tiales et du lanceur Ariane),
plus en plus voisines. Leur longueur d'onde       - 3,4-8 GHz (télémesures, télécommandes
tend vers la valeur limite : 364,598 nm           et télécommunications),
(3 645,98 Â). L'accumulation des raies au         - 11,7-12,5 et 17-21 GHz, ainsi qu'une mul-
voisinage de cette longueur d'onde provo-         titude de bandes de fréquences supérieures
que, dans les spectres stellaires, une diminu-    à 30 GHz (télécommunications expérimen-
tion de l'intensité du rayonnement, connue        tales).
sous le nom de discontinuité de Balmer. Les       Les télécommunications par satellites uti-
raies de Balmer sont désignées par la lettre      lisent principalement quatre bandes de
H suivie d'une lettre grecque, a s'appliquant     fréquences : la bande C (de 4 à 8 GHz),
à la raie de longueur d'onde la plus élevée, [3   la bande X (de 8 à 12 GHz), la bande Ku
à la suivante, etc. Les longueurs d'onde cor-     (de 12 à 18 GHz) et la bande Ka (de 27 à
respondant aux principales raies sont :           40 GHz).
Ha : 656,282 nm (6 562,82 Â) rouge
HP : 486,135 nm (4 861,35 Â) bleu                 Barbier (Daniel), astrophysicien et géo-
Hy : 434,046 nm (4 340,46 À) violet               physicien français (Lyon 1907 - Manosque,
H8 : 410,174 nm (4 101,74 Â) violet               Alpes-de-Haute-Provence, 1965).
He : 397,007 nm (3 970,07 Â) violet               En astronomie, il est connu pour ses travaux
 avec 1 nm = 10 9 m (un milliardième de           de spectrophotométrie stellaire et, en parti-
mètre).                                           culier, pour la classification spectrale quanti-
                                                  tative des étoiles qu'il mit au point avec
bande (de fréquences) n.f. Intervalle             D. Chalonge. En géophysique, il organisa un
du spectre électromagnétique compris entre        réseau international d'observation de la lu-
deux fréquences radioélectriques spécifiées.      minescence atmosphérique et découvrit
ENCYCL. Les    conférences administratives        l'existence de certains phénomènes amo-
mondiales des radiocommunications ont at-         raux non polaires.
tribué aux divers services utilisateurs des
plages de fréquences pour l'émission et la        Barlow (lentille d e ) [du nom de son
réception d'ondes radioélectriques.               inventeur, P. Barlow, mathématicien et
En astronautique, on exploite la partie du        physicien anglais (1776-1862)]. Doublet
51                                                                         base de lancement

achromatique divergent qui permet de dou-         deux planètes, l'une dont la masse atteint
bler ou tripler le grossissement d'un ocu-        0,8 fois celle de Jupiter et dont la période de
laire, dans une lunette ou un télescope, en       révolution est de 11,7 ans, l'autre, plus pe-
doublant ou triplant la distance focale de        tite, dont la masse vaut 0,4 fois celle de
l'objectif.                                       Jupiter et dont la période de révolution est
                                                  voisine de 20 ans, mais ces conclusions ont
Barnard (boucle de). Anneau de gaz                été infirmées.
interstellaire chaud, perceptible comme une
structure elliptique de 14° sur 10° dans la       Barringer ( c r a t è r e )   Meteor Crater
constellation d'Orion*.
ENCYCL. Elle résulterait de l'action sur la ma-   b a r y c e n t r e n.m. Centre de masse d'un
tière interstellaire de la pression* de rayon-    système de corps en mouvement sous l'effet
nement des étoiles chaudes situées dans la        de leur attraction gravitationnelle mutuelle.
région du Baudrier et de l'Epée d'Orion.
                                                  baryon n.m. Nom générique désignant une
Barnard (Edward Emerson), astronome               particule fondamentale lourde qui subit l'in-
américain (Nashville 1857 - Williams Bay,         fluence de la force nucléaire forte, comme le
Wisconsin, 1923).                                 proton ou le neutron.
D'abord amateur, il se fit connaître à partir     ENCYCL. T O U S les astres connus par leur rayon-
de 1881 par la découverte de comètes : au         nement sont formés de matière baryonique.
cours de sa carrière, il en découvrit une ving-   La matière* noire, invoquée pour rendre
taine et, en 1892, il fut le premier à en trou-   compte de certaines observations concer-
ver une à l'aide de la photographie. Devenu       nant le mouvement des étoiles dans les ga-
professionnel, il travailla d'abord à l'obser-    laxies spirales et la dynamique des galaxies
vatoire Lick (1888), puis à l'observatoire Yer-   au sein des amas qui les abritent, pourrait
kes, dont il devint le directeur en 1895. On      comporter une composante baryonique
lui doit, notamment, la découverte du cin-        (étoiles de faible masse, gaz interstellaire
quième satellite de Jupiter, Amalthée (1892),     froid) et une composante non baryonique
et des milliers de photographies de la Voie       (particules massives hypothétiques n'intera-
lactée.                                           gissant que très peu avec la matière, mono-
                                                  pôles magnétiques, cordes cosmiques, etc.).
Barnard (étoile de) Étoile de la constel-         Toutefois, ce que l'on sait de la nucléo-
lation d'Ophiucus, découverte en 1916 par         synthèse primordiale implique que la quan-
E.E. Barnard.                                     tité de matière noire baryonique ne peut
ENCYCL. C'est une naine rouge, de type spec-      excéder 10 fois la quantité de matière visi-
tral M5 et de magnitude visuelle 9,5. Située      ble.
à 6 al de la Terre, elle est l'étoile la plus
proche du système solaire après le système        base de lancement. Lieu où sont réunis
triple de a du Centaure*. Mais elle est sur-      un ou plusieurs ensembles de lancement,
tout connue comme l'étoile ayant le plus          des moyens logistiques et des installations
grand mouvement propre : son déplacement          permettant le suivi des premières phases de
annuel sur la sphère céleste atteint 10,31".      vol d'un véhicule aérospatial et la mise en
Elle se rapproche actuellement de nous à la       œuvre des mesures de sauvegarde.
vitesse radiale de 108 km/s et sa distance        ENCYCL. Le choix du site d'une base de lance-
diminue de 0,036 al par siècle. Dans quelque      ment se fonde sur des critères de sécurité, de
10 000 ans, sa distance ne sera plus que de       rentabilité et d'accessibilité du lieu, et de
3,85 al : elle deviendra alors l'étoile la plus   stabilité géologique et politique. Le facteur
proche du système solaire. En étudiant, à         sécurité est déterminant : pour éviter que
partir de 1937, à l'observatoire Sproul, à        des régions très peuplées risquent d'être af-
Swarthmore, en Pennsylvanie, les perturba-        fectées par l'explosion au décollage ou la
tions de son mouvement, l'Américain d'ori-        chute d'un véhicule spatial après son lance-
gine hollandaise Peter Van de Kamp a cru          ment, on est conduit à privilégier des ré-
pouvoir établir que cette étoile possède          gions désertiques, des côtes océaniques ou
bassin d'impact                                                                                 52

des îles, ou encore des régions montagneu-          tuant aux méthodes géométriques de
ses (mais celles-ci peuvent être le siège de        l'astronome grec des méthodes trigonomé-
séismes et offrent l'inconvénient d'être d'un       triques. II fut l'astronome^ arabe le plus
accès difficile). Le facteur rentabilité est éga-   connu en Europe au Moyen Âge. On le dési-
lement décisif. Il est lié à des critères géo-      gne parfois par son nom latinisé, Albate-
graphiques ou économiques. Plus la latitude         gnius.
du site est proche de l'équateur, mieux on
tire parti du surcroît d'accélération dû à la       Baudry (Patrick), officier aviateur et spa-
rotation terrestre, pour les tirs vers l'est. La    tionaute français (Douala, Cameroun,
possibilité de lancer dans tous les azimuts         1946).
permet d'utiliser le même ensemble de lan-          Sélectionné comme spationaute par le
cement pour les missions les plus variées,          CNES en 1980, il est remplaçant de Jean-
qu'il s'agisse du lancement de sateËites            Loup Chrétien pour la mission PVH* de
géostationnaires ou de celui de satellites po-      1982. En 1985, il participe en tant que spé-
laires. Encore convient-il que les investisse-      cialiste de charge utile à la 18e mission de la
ments à réaliser pour l'aménagement de la           navette américaine (51 G), du 17 au 24 juin,
base de lancement ne soient pas trop élevés         à bord de Discovery, devenant ainsi le
et que le site bénéficie d'infrastructures          deuxième spationaute français à effectuer
autorisant des liaisons aériennes et/ou mari-       un vol spatial. En 1989, il a créé à Cannes-la-
times et des communications convenables.            Bocca un centre d'initiation et d'entraîne-
Il importe enfin de choisir une région épar-        ment aux activités spatiales pour les jeunes
gnée par les séismes (ou autres cataclysmes)        (Space Camp), qui a cessé de fonctionner à la
naturels ou politiques.                             fin de 1992.
    tableau des principales bases de lan-
cement du monde, en fin d'ouvrage                   Bayer (Johann), astronome allemand (Rain,
                                                    1572 - Augsbourg 1625).
bassin d'impact. Vaste structure circu-             Son Uranometria (1603) constitue le premier
laire, peu profonde, à la surface d'une pla-        atlas céleste qui ait été imprimé. On y
nète, creusée par l'impact d'une grosse mé-         trouve 12 constellations nouveËes (s'ajou-
téorite. Le fond du bassin a parfois été            tant aux 48 citées par Ptolémée) et, pour la
rempli de laves provenant d'une activité vol-       première fois, les étoËes de chaque constel-
canique ultérieure ; certains bassins sont en-      lation désignées, d'après leur éclat apparent,
tourés d'une succession de remparts monta-          par des lettres grecques.
gneux concentriques.
                                                    BD. Abréviation de Bonner*Durchmusterung.
bâton de Jacob. Synonyme de arbales-
trille.                                             BDL. Sigle de Bureau* Des Longitudes.

Battani (al-), astronome arabe (Harran,             Be (étoile). Étoile de type spectral B, non
Turquie, v. 858 - Qasr al-Djiss, près de Sa-        supergéante, dont le spectre présente des
marra, 929).                                        raies d'émission de l'hydrogène superposées
Il a laissé un grand traité d'astronomie, le        aux raies d'absorption.
Zidj, dont une édition imprimée a été pu-
bliée en 1537 sous le titre De motu stellarum.      Becklin-Neugebauer             (objet    de).
Ses observations lui permirent d'améliorer          L'une des plus brillantes sources célestes de
la valeur de la durée de l'année tropique, de       rayonnement infrarouge, découverte en
la précession annuelle des équinoxes et de          1967 par les astronomes américains Eric
l'obliquité de l'écliptique. Il démontra que        Becklin et Gerry Neugebauer à l'intérieur
la position du Soleil à l'apogée (dans le mou-      de la nébuleuse de KÎeinmann-Low, elle-
vement apparent de cet astre autour de la           même localisée au sein de la nébuleuse
Terre) varie, ce qui autorise les éclipses* an-     d'Orion*.
nulaires du Soleil. Enfin, il améliora les cal-     ENCYCL. Il s'agirait d'une étoile massive très
culs astronomiques de Ptolémée en substi-           jeune, de type spectral B, presque impercep-
53                                                                                           Bessel

tible en lumière visible parce que masquée         précédé de pleureuses). Autre nom de
par d'épais nuages de poussières interstellai-     l'étoile Alkaïd*.
res.
                                                   B e n n e t t ( c o m è t e ) . Comète découverte
B e e r (Wilhelm), astronome allemand (Ber-        le 28 décembre 1969 par le Sud-Africain
lin 1797 - 1850).                                  J.C. Bennett. Désignation officielle : 1970 II.
Banquier à Berlin et membre de la Chambre          ENCYCL. Visible à l'œil nu à partir de février
prussienne, il s'occupa d'astronomie et éta-       1970, elle atteignit en mars 1970, près de
blit un observatoire près de Berlin. En colla-     son périhélie, la magnitude 0 et présenta
boration avec Mâdler, il effectua les premiè-      une queue de 30° environ de long. Le satel-
res observations qui permirent d'établir une       lite américain OGO 5 révéla l'existence d'un
carte de la planète Mars. Il était le frère aîné   vaste halo d'hydrogène neutre autour de
du compositeur Meyerbeer.                          cette comète.

Beijing (observatoire          de)       Pékin     B e p p o - S A X (Beppo pour Giuseppe Oc-
(observatoire de)                                  chialini, astronome italien, et SAX pour Sa-
                                                   tellite Italiano yer lAstronomia a raggi X). Satel-
Bélier (en latin Aries, -etis). Constellation      lite italien d'étude des sources célestes de
du zodiaque.                                       rayons X dans la gamme d'énergie de 0 à
ENCYCL. Son étoile principale est Hamal y An       300 keV, lancé en 1996. Il a étudié des binai-
est une étoile double visuelle, l'une des pre-     res X et des noyaux actifs de galaxies et
mières à avoir été découverte, fortuitement,       découvert qu'un faible rayonnement X est
en 1664 par l'Anglais Robert Hooke, alors          associé aux sursauts* y.
qu'il suivait une comète. Ses composantes,
blanches, de magnitudes respectives 4,7 et         Bercenay-en-Othe.            Commune       de
4,8 sont écartées de 8" environ et, donc,          l'Aube où fonctionne un important centre
facilement séparables avec de petits instru-       de télécommunications spatiales.
ments d'amateur. Il y a environ 2 000 ans, le      ENCYCL. Ce centre dispose de quatorze gran-
Soleil entrait dans cette constellation à          des antennes (d'un diamètre de 11 à 32,5 m)
l'équinoxe de printemps : le Bélier était ainsi    et de quelques petites antennes affectées à
considéré comme la première constellation          des fonctions particulières.
traversée par le Soleil dans sa course an-         Environ 120 agents assurent l'exploitation et
nuelle. Mais, par suite de la précession des       la maintenance de ces installations qui fonc-
équinoxes, le point vernal* se situe de nos        tionnent 24 heures sur 24.
jours dans la constellation des Poissons, que      Le centre de Bercenay-en-Othe travaille es-
le Soleil atteint un mois plus tôt.                sentiellement dans quatre réseaux :
                                                   - Intelsat, pour les liaisons intercontinenta-
Belinda. Satellite d'Uranus (n° XIV), dé-          les, avec sept antennes pointées vers les sa-
couvert en 1986 par la sonde américaine            tellites desservant les zones des océans At-
Voyager 2. Demi-grand axe de son orbite :          lantique et Indien ;
75 300 km. Période de révolution sidérale :        - Eutelsat, pour le trafic téléphonique et
14 h 58 min. Diamètre : 60 km.                     audiovisuel sur l'Europe (quatre antennes) ;
                                                   - Télécom 2, pour les échanges avec les
Bellatrix (nom latin signifiant la guerrière).     départements français d'outre-mer et les
Étoile y d'Orion. Magnitude apparente vi-          échanges internationaux.
suelle : 1,6. Type spectral : B2. Distance :       - Arabsat, pour des services audiovisuels.
250 années de lumière.
                                                   B e r g e r (étoile du). Appellation popu-
Benetnasch (de l'arabe al-qa'id aîbenat            laire de la planète Vénus*.
al-na'sh, le conducteur des pleureuses, par
allusion à sa position et à une représenta-        Bessel (Friedrich Wilhelm), astronome al-
tion ancienne de la constellation de la            lemand (Minden 1784 - Kônigsberg 1846).
Grande Ourse, regardée comme un cercueil           La publication, à 19 ans, d'un calcul d'orbite
Bêta Pictoris                                                                                 54

cométaire le fit remarquer par Olbers ; ce-          Cycle de B e t h e
lui-ci le mit en contact avec Gauss, qui lui
demanda de l'aider à calculer les orbites de
plusieurs astéroïdes récemment découverts.
En 1806, il devint l'assistant de J.H. Schrôter
à son observatoire de Lilienthal, près de
Brème, et commença à établir un catalogue
d'étoiles. Puis, en 1809, il obtint la chaire
d'astronomie à l'université de Kônigsberg
et fut chargé de diriger la construction
d'un nouvel observatoire en cette ville. C'est
là que se déroula toute sa carrière, consacrée       T ^ S   0   ^ ;
à l'astrométrie. De 1821 à 1833, il déter-
mina les positions d'environ 75 000 étoiles
plus brillantes que la magnitude 9, sur un
région du ciel s'étendant entre - 15° et + 45°
de déclinaison, en 1838, il publia la pre-
mière mesure de la parallaxe d'une étoile
(64 Cygni), déterminant ainsi pour la pre-         B e t h e (cycle de). Cycle de réactions
mière fois une distance stellaire. En étudiant     thermonucléaires de fusion, qui réalise glo-
les mouvements propres de Sirius et de Pro-        balement la fusion de quatre protons en un
cyon, il prédit l'existence, autour de ces étoi-   noyau d'hélium (voir figure ci-dessus) en par-
les, d'un compagnon obscur, formant avec           tant de la fusion de protons et de noyaux de
la composante brillante un système double :        carbone, régénérés à la fin du cycle.
ces compagnons furent effectivement dé-            ENCYCL. Prépondérant au cœur des étoiles
couverts à partir de 1862. Enfin, en 1835,         chaudes, il est à l'origine de l'énergie rayon-
lors du retour près du Soleil de la comète de      née par ces étoiles. Sa découverte (en 1938)
Halley, il en effectua des observations très       a valu au physicien Hans Albrecht Bethe le
détaillées qui l'amenèrent à élaborer une          prix Nobel de physique en 1967. On dit
théorie de la structure des queues cométai-        aussi cycle du carbone ou cycle CNO.

                                                   B e t h l é e m (étoile de) -» étoile des Ma-
B ê t a Pictoris    p Pictoris                     ges

B ê t a Regio. Vaste région montagneuse de         Bianca. Satellite d'Uranus (n° VIII), décou-
l'hémisphère sud de Vénus, autour de 30° S.        vert en 1986 par la sonde américaine Voya-
et 75° O., dominée par deux volcans en             ger 2. Demi-grand axe de son orbite : 59 200
forme de boucliers, Theia Mons et Rkea             km. Période de révolution sidérale : 10 h 26
Mons, qui culminent à 4 500 m environ.             min. Diamètre : - 50 km.

Bételgeuse (de l'expression arabe ibt al-          Biela ( c o m è t e de). Comète périodique
ghiil signifiant l'épaule du géant). Étoile a      découverte en 1826 par l'Autrichien Wil-
d'Orion. Magnitude apparente visuelle              helm von Biela (1782-1856), qui l'identifia à
moyenne : 0,8 (elle varie semi-régulière-          celle déjà observée en 1772 et en 1805.
ment de 0,4 à 1,2, avec une période                On la revit en 1832, puis en 1846, où elle
moyenne de 2 110 jours, par un phénomène           apparut scindée en deux fragments que l'on
de pulsation). Type spectral : M2. Distance :      réobserva pour la dernière fois en 1852. Elle
400 années de lumière. Rayon moyen : 800           est à l'origine de l'essaim de météorites des
fois environ celui du Soleil. Masse : 20 fois      Biélides.
celle du Soleil. C'est une supergéante rouge
5 000 fois plus lumineuse que le Soleil. Lors-     Biélides. Essaim de météorites provenant
que son éclat est maximal, c'est la huitième       de la désintégration de la comète de Biela ou
des étoiles les plus brillantes du ciel.           météores associés observables en novem-
55                                                                                                                    Big Bang

bre, dont le radiant se situe dans la constel-                       Big Bang. Événement qui, selon les modè-
lation d'Andromède. On les appelle aussi                             les cosmologiques les plus largement accep-
Andromédides.                                                        tés aujourd'hui, serait à l'origine de l'Uni-
Des averses météoriques importantes ont                              vers tel que nous le découvrons. On dit
eu lieu le 27 novembre 1872 et le 27 novem-                          parfois explosion primordiale.
bre 1885, mais aussi, auparavant, en 1741,                           ENCYCL. Les modèles cosmologiques établis
1798,1830 et 1838.                                                   en 1922 par le Russe A. Friedmann dans le
                                                                     cadre de la théorie de la relativité* générale
biergol n.m. Synonyme de diergol.                                    (-• cosmologie) et la mise en évidence par
                                                                     l'Américain E. Hubble, dans les années sui-
Biermann (Ludwig E), astronome alle-                                 vantes, du décalage spectral systématique
mand (Hamm, Westphalie, 1907). Auteur de                             vers le rouge des galaxies*, interprété
recherches concernant l'évolution et la                              comme un effet de l'expansion* de l'Uni-
structure des étoiles, la physique des plas-                         vers, ont conduit à l'hypothèse selon la-
mas et ses relations avec l'astrophysi-                              quelle l'Univers que nous observons aurait
que, l'atmosphère solaire et la physique                             été primitivement extrêmement chaud et
cométaire, il a, le premier, en 1951, suggéré                        dense, et serait brutalement entré en expan-
l'existence du vent solaire pour expliquer                           sion. Proposée dès 1931 par le Belge G. Le-
la formation des queues de plasma des co-                            maître, cette théorie a été reprise et déve-
mètes.                                                               loppée à partir de 1946 par l'Américain

        Big Bang
        temps écoulé (en secondes)                                                       temps écoulé (en secondes)
                                                 Univers actuel

                    m B m M S Ê Ê ^ m j ^ / g g / g ^                                                       î
        1014 -
                                              1^1111111111                                            ère stellaire
                                                                                              - 1013—i—
        1010
                                                                                                      ère radiative
        103
                           .•        'oimntion c!c ro/r-j\   jt0[ivouns   ri-c";   • .
        1
                                                                                                     ère leptonique
                                                                                               -     TO^-
                                               fusion des quarks
        10-io.




                                              soupe de particules
        ,0-20                                  (quarks, électrons)                                   ère hadronique
                                               et d'antiparticules




        ,0-30


                                                    inflation                                 - 10"35-

        10"

                                                                                                   1 Q-43 temps
                                                                                                          de Planck
Big Bang                                                                                       56

G. Gamow. C'est l'un de ses plus farouches         cription des premiers instants (voir figure)
adversaires, le Britannique F. Hoyle qui, par      fait appel aux acquis de la physique des
dérision, lui a donné le nom de « théorie du       particules. L'instant zéro, celui du Big Bang
Big Bang », sans se douter de la popularité        lui-même, conserve tout son mystère. L'ar-
qu'allait connaître cette dénomination.            senal théorique de la physique actuelle ne
Les modèles standard du Big Bang sont des          permet pas, en effet, de décrire la fournaise
modèles théoriques qui décrivent l'évolu-          initiale durant le bref instant - 10"43 seconde
tion d'un univers homogène et isotrope en          - après le Big Bang pendant lequel la tempé-
expansion, à partir d'un état primitif de tem-     rature excéda 100 000 milliards de milliards
pérature et de densité infinies (singularité       de milliards de kelvins. Dans cet intervalle,
initiale), en négligeant la constante cosmo-       appelé temps de Pknck, les effets quantiques
logique*, les complications topologiques de        étaient prépondérants et l'on présume que
l'espace-temps et ses propriétés quantiques.       les quatre forces fondamentales à l'œuvre
LES FAITS D'OBSERVATION. Quatre faits d'observa-   dans la nature - la force (nucléaire) forte, la
tion peuvent être invoqués aujourd'hui en          force (nucléaire) faible, la force électroma-
faveur de la théorie du Big Bang. Le premier       gnétique et la gravitation - devaient être
est le mouvement général de récession des          réunies en une « superforce » unique. Mais
galaxies, qui témoigne de l'expansion de           la théorie permettant cette grande unifica-
l'Univers. Le deuxième est le rayonnement*         tion reste à bâtir et, tant que l'on ne dispo-
du fond de ciel : prédit par Gamow en 1948,        sera pas d'une théorie quantique de la gravi-
celui-ci a été détecté en 1965 par les Améri-      tation, le Big Bang restera inaccessible.
cains A. Penzias et R. Wilson, et s'interprète     Infiniment chaud et dense à l'origine, l'Uni-
aisément comme un rayonnement fossile,             vers n'a cessé depuis de se dilater et de se
vestige de la chaleur initiale. Un troisième       refroidir. L'ère hadronique commença 10"35
fait expérimental est l'abondance, dans            seconde après le Big Bang : dans le gaz très
l'Univers, des éléments chimiques les plus         chaud, la force nucléaire forte devint pré-
légers, en particulier de l'hydrogène et de        pondérante et apparurent des particules ins-
l'hélium : les valeurs observées (notamment        tables (principalement des quarks) et leurs
la proportion d'hélium : 25 % en masse,            antiparticules. Un milliardième de seconde
quelles que soient les régions cosmiques           après le Big Bang, la température étant des-
considérées) impliquent que l'Univers a            cendue à 10 13 K, les quarks s'associèrent par
connu une phase primordiale très chaude et         triplets pour donner les premières particules
très dense, durant laquelle se sont produites      stables lourdes, des protons et des neutrons.
des réactions nucléaires qui ont fabriqué des      Un millionième de seconde après le Big
noyaux d'atomes légers (nucléosynthèse             Bang, des particules légères, les leptons
primordiale). La quatrième donnée expéri-          (électrons, neutrinos), prirent le relais sur le
mentale concerne le nombre de familles de          devant de la scène : l'Univers entra dans
particules élémentaires. Depuis 1989, des          l'ère leptonique. A ce stade, celui-ci conte-
expériences réalisées dans des laboratoires        nait un gaz très chaud de particules élémen-
de physique des particules (Cern, Stanford)        taires et, baignant ce gaz de toutes parts, des
ont apporté la preuve que, conformément à          photons.
ce que prévoit la théorie du Big Bang, la
                                                   Une seconde après le Big Bang, la tempéra-
matière n'est constituée que de trois gran-
                                                   ture s'étant abaissée à ÎO10 K, les leptons
 des familles de particules élémentaires : la
                                                   cessèrent à leur tour d'être la population
 famille électronique, la famille muonique et
                                                   dominante. Protons et neutrons commencè-
la famille tauique.
                                                   rent à se combiner pour former les premiers
LES PREMIERS INSTANTS. Une erreur fréquente        noyaux atomiques. La physique de l'Uni-
consiste à concevoir le Big Bang comme             vers passa sous la coupe des photons : ce fut
l'explosion d'une sorte d'objet hyperdense         le début de l'ère radiative. Dans les minutes
dans un espace préexistant. Il faut, en fait,      suivantes, le processus de combinaison des
admettre que cet événement singulier a en-         neutrons et des protons s'intensifia. Mais
gendré à la fois l'espace, le temps et la ma-      cette étape, la nucléosynthèse primordiale,
tière, tels que nous les connaissons. La des-      dura moins d'un quart d'heure : seuls purent
57                                                                                       Big Bang

se former des noyaux atomiques légers (hy-          standard du Big Bang ne peut expliquer, en-
drogène, hélium, deutérium, lithium) avant          tre autres l'homogénéité, l'isotropie et l'ab-
que l'expansion cosmique ne sépare les par-         sence de courbure de l'Univers à grande
ticules. A cette époque, matière et rayonne-        échelle, l'Américain A. Guth et le Soviétique
ment étaient en équilibre thermique, car            A. Linde ont introduit, au début des années
électrons et photons interagissaient sans           1980, le concept d'inflation, selon lequel
cesse.                                              l'Univers se serait brutalement dilaté d'un
DES PREMIERS NOYAUX AUX PREMIÈRES GALAXIES. A CES   facteur ÎO50 (son volume étant ainsi multi-
premières minutes exceptionnellement ri-            plié par 10 150 ) entre 10"35 et 10"32 s après le
ches en événements succéda une longue pé-           Big Bang. Nous ne pourrions donc observer
riode tranquille. Continuant à se dilater et à      qu'une infime partie de l'Univers entier.
se refroidir, l'Univers resta longtemps en-         Le scénario de l'inflation n'est recevable que
core opaque, les photons étant retenus par          si la densité* de matière de l'Univers est très
la « soupe » de matière ionisée. Ce n'est que       voisine de la densité critique. Compte tenu
vers 300 000 ans plus tard que la tempéra-          de la quantité de matière effectivement ob-
ture devint suffisamment basse (3 000 K)            servée, il faut alors admettre que l'Univers
pour que les noyaux atomiques et les élec-          renferme 100 fois plus de matière* noire que
trons puissent se combiner en formant des           de matière lumineuse. 10 % seulement de
atomes. Les interactions des photons avec la        cette matière noire peuvent être formés de
matière diminuèrent alors considérable-             baryons* ; les 90 % restants seraient des par-
ment d'intensité et les photons commencè-           ticules non baryoniques.
rent à se propager librement. Ce sont ces           LES THÉORIES RIVALES. La théorie du Big Bang ne
photons que l'on détecte aujourd'hui sous la        fait pas l'unanimité. Elle connaît quelques
forme du rayonnement du fond de ciel à 2,7          adversaires irréductibles. Ceux-ci réfutent
K. L'Univers devint ainsi transparent et en-        l'idée d'une singularité initiale et considè-
tra dans l'ère stellaire. Les premières galaxies    rent comme fragiles et discutables les argu-
se sont vraisemblablement formées un à              ments observationnels avancés en sa faveur.
deux milliards d'années après le Big Bang, à        Ils contestent notamment l'interprétation
partir de fluctuations locales de densité, sous     des décalages spectraux des galaxies vers le
l'effet conjugué de la gravitation et de l'ex-      rouge par un mouvement de récession de
pansion cosmique. Mais le mécanisme exact           ces objets lié à l'expansion de l'Univers : ils
de leur formation reste incertain.                  mettent en avant les nombreux spécimens
AGE DE L'UNIVERS. Paradoxalement, la théorie        de galaxies décelées par l'Américain H. Arp
du Big Bang permet de décrire minutieuse-           qui semblent reliées par des ponts de ma-
ment les premiers instants qui suivirent l'ex-      tière et qui présentent cependant des décala-
plosion primordiale sans qu'on sache si ces         ges spectraux très différents (dits « anor-
phénomènes ont eu lieu il y a dix, quinze ou        maux »). Certains adversaires du Big Bang
vingt milliards d'années. Faute de pouvoir          avancent aussi que les quasars* ne sont pas
mesurer avec une précision suffisante la dis-       des astres extrêmement lointains, mais des
tance des galaxies lointaines, on ne connaît        objets éjectés par des galaxies proches.
encore qu'à un facteur 2 près la valeur de la       Le Britannique F. Hoyle, après s'être long-
constante de Hubble* qui fixe le rythme             temps fait le champion de la théorie de
d'expansion de l'Univers. Certaines obser-          l'état* stationnaire (ou de la création conti-
vations effectuées depuis 1994, tant au sol         nue), finalement abandonnée parce qu'elle
qu'à partir du télescope spatial Hubble, don-       se révélait incapable d'expliquer le rayonne-
nent à penser que l'Univers ne serait âgé que       ment du fond de ciel, a proposé en 1993 un
de 10 milliards d'années environ. Pourtant,         nouveau modèle d'Univers sans commence-
par l'étude des étoiles des amas* globulaires,      ment, dans lequel l'expansion de l'espace et
il semble que notre galaxie soit âgée d'au          l'apparition de matière nouvelle résulte-
moins 15 milliards d'années. Cette contra-          raient d'une succession infinie de petites
diction pose un problème encore non résolu.         explosions localisées. Il reste cependant à
INFLATION ET MATIÈRE NOIRE. Pour rendre compte      trouver des preuves observationnelles
de certains faits d'observation que le modèle       convaincantes de cette théorie. Enfin, cer-
Big Bear                                                                                     58

tains théoriciens tentent d'élaborer des mo-      ENCYCL.   Si l'Univers est de type fermé, son
dèles d'évolution de l'Univers qui ne s'ins-      expansion actuelle ralentira progressive-
crivent pas dans le cadre de la théorie de la     ment puis cessera et cédera la place à une
relativité. L'Américain R. Dicke, notam-          phase de contraction, durant laquelle la den-
ment, a proposé une théorie selon laquelle        sité et la température s'élèveront pour abou-
la force de gravitation varierait au cours du     tir à des conditions analogues à celles qui
temps.                                            régnaient lors du Big* Bang. La cosmologie*
ÉVOLUTION FUTURE DE L'UNIVERS. -• Univers         moderne permet d'envisager un modèle
                                                  d'univers oscillant, qui subit alternative-
Big B e a r (observatoire solaire). Ob-           ment des phases d'expansion et des phases
servatoire solaire du California Institute of     de contraction.
Technology, situé sur une île du lac Big Bear,
en Californie, à 2 000 m d'altitude.              Bigourdan (Guillaume), astronome fran-
ENCYCL. Cet observatoire comprend trois ins-      çais (Sistels, Tarn-et-Garonne, 1851 - Paris
truments principaux : un télescope solaire        1932).
de 65 cm ae diamètre, associé à un spectro-       Ses travaux portent sur les procédés d'obser-
graphe ; une lunette de 25 cm, équipée d'un       vation et la mesure des positions des astres.
magnétographe ; et une lunette de 15 cm           Il contribua à l'organisation de la transmis-
pour la surveillance du disque solaire. Un        sion des signaux horaires par TSF. On lui
autre instrument est utilisé pour des recher-     doit une méthode efficace pour la mise en
ches d'héliosismologie*.                          station des instruments d'observation astro-
                                                  nomique à monture équatoriale : on vise
Big Bird. Type de satellite américain de          d'abord une étoile au méridien pour caler
reconnaissance.                                   l'axe horaire dans le sens est-ouest ; on vise
ENCYCL. Satellite cylindrique long de 15 m        ensuite une étoile située à plus ou moins
pour un diamètre de 3 m, et d'une masse           six heures du méridien, pour régler l'incli-
voisine de 11 t, le Big Bird, appelé aussi        naison de l'axe horaire dans le plan du méri-
LASP (Love Altitude Surveillance Platform), est   dien.
lancé par une fusée Titan-III D et placé sur
une orbite basse d'environ 200 km de péri-        BIH. Sigle de Bureau* International de
gée et 300 km d'apogée qui lui procure une        l'Heure.
durée de vie opérationnelle de quelques
mois. Manœuvrable, il accomplit deux ty-          binaire ni. Étoile double* physique. (On
pes de mission de reconnaissance : d'une          dit aussi système binaire.) Binaire X : binaire
part, il photographie systématiquement de         formée d'une étoile normale et d'une étoile
vastes superficies à l'aide de caméras à          effondrée ultradense (étoile à neutrons ou
moyenne résolution, les clichés étant en-         trou noir), qui constitue une source intense
suite transmis au sol par radio ; d'autre part,   de rayonnement X.
il prend des photographies détaillées d'ob-       ENCYCL. On distingue deux types de binaires
jectifs précis à l'aide de caméras à haute        X : certaines, comme Centaurus* X-3 ou
résolution (inférieure à 30 cm), ces images       Hercules* X-l, se signalent par des émis-
étant ensuite rapportées périodiquement sur       sions de rayonnement X qui varient de fa-
la Terre par de petites capsules récupérables.    çon très rapide et très régulière (pulsations
Le Big Bird a constitué le principal type de      X, d'une période de une à quelques secon-
satellite américain de reconnaissance des an-     des) ; d'autres, comme Scorpius* X-l, pré-
nées 70. Le premier, lancé le 15 juin 1971,       sentent, outre une émission persistante, de
est resté 36 jours en orbite.                     violentes bouffées de rayons X, durant les-
                                                  quelles l'intensité du rayonnement est mul-
Big Crunch (loc. angl. signifiant grand           tipliée par dix ou plus. Les binaires X du
écrasement). Ultime stade d'évolution d'un        premier type correspondent à des systèmes
univers en phase de contraction gravitation-      jeunes, dont la composante normale est
nelle, que permet d'envisager la cosmologie       une étoile bleue, lumineuse et massive (de
relativiste.                                      10 à 40 fois la masse du Soleil) ; celles du
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second type, à des systèmes dans lesquels la       approfondie d'une atmosphère comme celle
composante non effondrée est une étoile            de Titan devrait contribuer à une meilleure
âgée de faible masse (comparable à celle du        connaissance de la chimie prébiotique.
Soleil).                                           Par ailleurs, on a tout lieu de penser que la
Dans les binaires massives, le rayonnement         formation de planètes est un phénomène
X est émis par la matière arrachée à l'étoile      très répandu, une sorte de sous-produit na-
bleue et tourbillonnant dans le disque d'ac-       turel de la formation des étoiles. Notre ga-
crétion qui entoure l'étoile à neutrons ou le      laxie pourrait donc, à elle seule, renfermer
trou noir. Il est reçu sous forme de pulsa-        des milliards de planètes. Parmi celles-ci, il
tions par suite de l'inclinaison de l'axe du       en est certainement qui, nées autour d'étoi-
champ magnétique de l'étoile effondrée par         les analogue au Soleil, ont connu une évolu-
rapport à taxe de rotation de cette étoile.        tion comparable à celle de la Terre. La vie a
Ces binaires représentent une étape normale        pu alors s'y développer.
de l'évolution de systèmes formés par deux         LA VIE EXTRATERRESTRE. Plusieurs conditions
étoiles proches et dont la masse est supé-         semblent indispensables à l'apparition et au
rieure à plusieurs masses solaires.                développement, sur une autre planète, de la
Dans les binaires de faible masse, l'émission      vie telle que nous la connaissons : il faut
persistante de rayonnement X provient, elle        notamment que la planète ne soit ni trop
aussi, de la matière emprisonnée dans le           chaude ni trop froide, c'est-à-dire qu'elle ne
disque d'accrétion de l'étoile effondrée,          tourne ni trop près ni trop loin de son étoile ;
mais les bouffées de rayons X résultent de la      qu'il y ait de l'eau liquide à sa surface ; et
fusion thermonucléaire du gaz accumulé à           qu'elle soit enveloppée d'une atmosphère
la surface de l'étoile à neutrons.                 protectrice. La grande inconnue reste de
                                                   savoir s'il suffit que ces conditions soient
bioastronomie n.f. Partie de l'astrono-            réunies pendant une durée assez longue
mie qui contribue à la recherche de la vie         pour que la vie apparaisse, ou si l'émergence
extraterrestre.                                    de systèmes vivants exige la convergence
ENCYCL. Parmi les principales préoccupations
                                                   d'un grand nombre d'autres facteurs encore
de la bioastronomie figurent : l'étude de          mal appréhendés. Dans le premier cas, les
l'évolution des planètes* et de leur activité      sites abritant la vie doivent être très nom-
biologique éventuelle (en particulier, dans le     breux ; dans le second, ils peuvent être très
système solaire, l'étude de Mars* et du prin-      rares.
cipal satellite de Saturne, Titan*) ; la recher-   Les données de l'exploration spatiale lais-
che de planètes autour d'autres étoiles que        sent peu d'espoir de découvrir la vie sur
le Soleil ; la recherche de molécules d'intérêt    d'autres astres du système solaire que la
biologique dans le cosmos ; la détection de        Terre ; Mars pourrait néanmoins avoir abrité
signaux extraterrestres artificiels ; et la re-    jadis des formes de vie très primitives. En
cherche de manifestations de civilisations         revanche, la possibilité d'existence d'êtres
extraterrestres avancées.                          intelligents sur des planètes tournant autour
Un grand nombre de spécialistes pensent            d'autres étoiles que le Soleil (planètes extra-
aujourd'hui que l'apparition de systèmes vi-       solaires) n'est pas exclue. Malheureuse-
vants sur la Terre a été l'aboutissement d'un      ment, dans l'état actuel de la technique, les
long processus d'évolution chimique de la          voyages interstellaires restent du domaine
matière inerte. Les avancées récentes de la        du rêve : il faudrait des dizaines ou des cen-
biochimie et de l'astronomie permettent            taines de milliers d'années à un engin spatial
d'envisager que ce processus, fondé sur la         pour atteindre les étoiles les plus proches. Il
chimie du carbone (chimie organique), a pu         est donc hors de question d'aller à la rencon-
aussi se dérouler ailleurs dans l'Univers.         tre d'autres êtres intelligents.
Beaucoup d'objets extraterrestres se révè-         Mais on peut espérer déceler la présence de
lent riches en substances organiques : les         civilisations ayant atteint un développement
comètes*, certaines météorites*, l'atmos-          technologique comparable au nôtre, en cap-
phère des grosses planètes du système so-          tant des signaux électromagnétiques émis
laire, le milieu interstellaire*, etc. L'étude     par ces civilisations, l'une des principales
Biocosmos                                                                                       60

difficultés résidant toutefois dans le choix       des grenouilles, des rats, des abeilles, des
de la direction et des fréquences d'écoute :       araignées, des poissons, des méduses, des
toutes les expériences menées jusqu'à pré-         tortues, des chats, des singes, des chiens,
sent (-• Ozma, SETI) sont restées vaines.          etc.

Biocosmos. Satellites russes porteurs              Biorack. 1. Programme de recherches en
d'expériences biologiques, réalisées en coo-       biologie spatiale de l'Agence spatiale euro-
pération internationale, lancés en moyenne         péenne. 2. Appareil à usages multiples (doté
tous les deux ans depuis 1973. Leur récupé-        d'incubateurs, d'un réfrigérateur, d'un
ration intervient après un séjour de deux ou       congélateur, de centrifugeuses, d'un micro-
trois semaines dans l'espace.                      scope, d'une caméra, etc.) conçu pour l'exa-
                                                   men de divers échantillons biologiques (cel-
biologie spatiale. Science qui étudie l'in-        lules, insectes, plantes...) dans le cadre de ce
fluence de l'environnement spatial, essen-         programme.
tiellement l'impesanteur et le rayonnement         ENCYCL. L'appareil Biorack a séjourné pour la
cosmique, sur les organismes vivants.              première fois dans l'espace à l'automne
ENCYCL. Il n'était pas pensable d'envoyer des      1985 (mission Spacelab Dl). Deux autres
hommes dans l'espace sans avoir, au préala-        vols ont eu lieu en janvier 1992 (mission
ble, soumis divers représentants du monde          IML 1) et en juillet 1994 (mission IML 2).
vivant à cet environnement hostile et très         D'autres vols sont prévus.
mal connu afin d'en évaluer les dangers : des
chiens et des singes (au système cardio-vas-       Biot (Jean-Baptiste), astronome et physi-
culaire assez proche du nôtre) précédèrent         cien français (Paris 1774 - 1862). En géodé-
les premiers cosmonautes. La petite chienne        sie, il poursuivit avec Arago, aux Baléares, la
Laïka fut le premier animal placé en orbite        mesure d'un arc du méridien de Paris (1806).
terrestre (novembre 1957).                         En géophysique, il étudia les aurores polai-
La biologie spatiale exploite trois types de       res (1828), la constitution de l'atmosphère
véhicules :                                        (1841), et détermina les valeurs du champ
- les ballons, capables de se maintenir de         de la pesanteur sous diverses latitudes. En
quelques heures à plusieurs jours entre 20 et      astronomie, il fut le premier à démontrer
40 km d'altitude, là où le rayonnement cos-        l'origine céleste des météorites après exa-
mique est plus intense qu'au sol tandis que        men d'échantillons bien authentifiés re-
la pesanteur est inchangée ;                       cueillis à la suite de la chute de météorites
- les fusées-sondes, qui propulsent leur           survenue près de Laigle (aujourd'hui
charge utile à plusieurs centaines de kilomè-      L'Aigle), dans l'Orne, le 26 avril 1803.
tres d'altitude et l'exposent à plusieurs mi-
nutes (quinze au maximum) d'impesanteur ;          Biourakan (observatoire de). Obser-
- les satellites artificiels, habités ou automa-   vatoire d'astrophysique de l'Académie des
tiques, dont le maintien en orbite peut varier     sciences de la république d'Arménie, fondé
de quelques jours à plusieurs années (mais         en 1946 à l'initiative de V. Ambartsoumian,
pas plus d'un mois pour les satellites biolo-      sur la pente méridionale de l'Aragats, à
giques automatiques).                              1 500 m d'altitude, à 40 km au nord d'Ere-
La liste des espèces vivantes soumises à l'ex-     van. Son principal instrument est un téles-
périmentation spatiale est d'une grande ri-.       cope de 2,60 m d'ouverture, mis en service
chesse. Citons pêle-mêle :                         en 1976.
- dans le règne végétal (sous forme de grai-
nes, de plantes ou de feuilles) : le haricot, le   bipolaire adj. Se dit du flux de gaz
cresson, le maïs, le blé, l'orge, la carotte, le   qu'éjecte dans deux directions opposées une
tabac, la lentille, etc. ;                         étoile nouvellement formée.
- dans le règne animal : des bactéries, des        ENCYCL. Le flux émerge du centre du disque
paramécies, des cultures cellulaires variées,      d'accrétion de l'étoile et reste confiné le long
des œufs (de poisson, de crevette, de caille,      de l'axe de rotation. Éjecté à des vitesses de
de drosophile...), un caméléon, des souris,        l'ordre de 200 km/s, il repousse la matière
61                                                                                         Bode

interstellaire qu'il rencontre et provoque         blazar n.m. (mot angl. forgé à partir de to
ainsi la formation, au-dessus de chaque            blaze, flamboyer, par analogie avec quasar).
pôle, d'une enveloppe de matière qui               Quasar ou galaxie à noyau actif qui consti-
s'étend jusqu'à 1 année de lumière environ         tue une source intense de rayonnement
de l'étoile.                                       gamma.
                                                   ENCYCL. Les blazars émettent sous forme de
Biruni (al-), savant de l'Islam médiéval           rayonnement gamma une énergie plusieurs
(Kath 973 - Rhazni ? apr. 1050). Essentielle-      milliers de fois supérieure à celle qu'émet
ment mathématicien et astronome, il écrivit        notre galaxie sur tout le spectre électroma-
de nombreux ouvrages, notamment le Kitab           gnétique. Cette intensité s'expliquerait par
al-Qanun al-Mas'udi, traité d'astronomie en        le fait que le rayonnement se concentre en
onze volumes, dédié au sultan Mas'ud. En           un faisceau étroit, dirigé vers la Terre.
compilant les travaux de ses prédécesseurs,        Suivant l'hypothèse la plus couramment ad-
il corrigea un grand nombre d'erreurs théo-        mise, les noyaux actifs de galaxies abritent
riques ou expérimentales. Bien qu'il ne se         un trou noir supermassif. La fantastique
soit pas formellement écarté de la cosmolo-        énergie émise par ces noyaux provient de la
gie géocentrique universellement admise            matière très chaude qui s'accumule dans un
au Moyen Âge, il n'ignorait pas l'hypothèse        disque d'accrétion autour du trou noir. Dans
de l'héliocentrisme (formulée par certains         certains cas, des particules élémentaires
astronomes grecs comme Aristarque de Sa-           chargées sont éjectées perpendiculairement
mos) et soutint toujours qu'elle n'était nulle-    au disque, à des vitesses proches de celle de
ment en contradiction avec les lois astrono-       la lumière. Dans ces jets, confinés magnéti-
miques. Il mesura la circonférence de la           quement, des photons de basse énergie
Terre, étudia les éclipses de Soleil, décrivit     heurteraient fréquemment des électrons très
les diverses phases de l'aurore et du crépus-      rapides. Les photons gagneraient alors suffi-
cule, et dressa un catalogue donnant les po-       samment d'énergie pour devenir des pho-
sitions de 1 029 étoiles.                          tons gamma, qui s'aligneraient avec les par-
                                                   ticules du faisceau. Lorsque leur focalisation
BIS. Sigle de British* Interplanetary Society.     aurait lieu en direction de la Terre, on obser-
                                                   verait un blazar.
bissextile adj. Année bissextile : année de
366 j, dont le mois de février comporte 29 j.      blink (microscope). Synonyme de com-
ENCYCL. Les années bissextiles sont celles         parateur* à clignotement.
dont le millésime est divisible par 4 ; toute-
fois, depuis la réforme grégorienne du calen-      B N S C (sigle de British National Space Cen-
drier, la dernière année de chaque siècle          tre, Centre national britannique de l'espace).
n'est bissextile que si son millésime est divi-    Agence spatiale du Royaume-Uni, créée en
sible par 400 : 1700, 1800 et 1900 n'ont pas       1985 pour coordonner l'ensemble des activi-
été bissextiles, mais 2000 le sera.                tés spatiales civiles du Royaume:Uni.
                                                   ENCYCL. En 1995, le budget de la BNSC est de
Blaauw (Adriaan), astronome néerlandais            180,5 millions de livres (environ 1,5 milliard
(Amsterdam 1914).                                  de francs). La contribution à l'Agence* spa-
Ses principales recherches ont porté sur           tiale européenne représente 57 % de cette
les associations stellaires O-B (formation,        somme, mais ne constitue que 7,5 % du
structure, contenu stellaire, évolution). Il fut   budget de l'ESA. Le programme national
directeur général de l'ESO (1970-1975) et          britannique est consacré à 71 % à la télédé-
président ae l'Union astronomique interna-         tection.
tionale (1976-1979).
                                                   Bode (Johann Elert), astronome allemand
black-out n.m. Interruption momentanée             (Hambourg 1747 - Berlin 1826). Autodi-
de la réception des signaux émis par un            dacte, il acquit la célébrité en publiant à
engin spatial, lors de son passage derrière un     l'âge de 19 ans une Introduction à l'astronomie
astre ou de sa rentrée dans l'atmosphère.          qui connut un grand succès populaire et bé-
Bode                                                                                           62

néficia de nombreuses rééditions pendant            b o l o m è t r e n.m. Appareil à résistance
près d'un siècle. En 1772, il fit connaître une     électrique servant à mesurer l'énergie rayon-
relation empirique donnant approximative-           nante (infrarouge, visible et ultraviolet).
ment les distances relatives au Soleil des
planètes principales du système solaire             Bond (George Philipps), astronome améri-
(-• Titius*-Bode [loi de]). En 1786, il de-         cain, fils du précédent (Dorchester, Massa-
vint directeur de l'observatoire de Berlin. On      chusetts, 1825 - Cambridge, Massachusetts,
lui doit des tables astronomiques et deux           1865).
atlas célestes (l'un de 17 000 étoiles).            II a introduit la notion d'albédo* et décou-
                                                    vert l'un des satellites de Saturne, Hypérion
Bode (loi d e )      Titius-Bode (loi de)           (1848), ainsi que le troisième anneau de la
                                                    planète, dit « anneau de crêpe » (1850).
Boeing Company. Société de construc-
tions aéronautiques et spatiales américaine,        Bond (William Cranch), astronome améri-
fondée en 1916 par William E. Boeing                cain (Portland, Maine, 1789 - Cambridge,
(1881-1956).                                        Massachusetts, 1859).
ENCYCL. L'ensemble de son domaine indus-            Il fut directeur de l'observatoire de Harvard
triel est concentré dans ses usines de Ren-         et l'un des premiers à appliquer la photogra-
ton, Seattle et Wichita. Boeing est le plus         phie à l'astronomie. astrophotographie
grand constructeur aéronautique du monde.
C'est le principal contractant de la Station*       Bonestell (Chesley), dessinateur et pein-
spatiale internationale.                            tre américain (1888-1986).
                                                    Il travailla d'abord pour différents architec-
Boîte à bijoux (la). Amas stellaire ouvert          tes puis, à partir de 1938, pendant une di-
NGC 4755, dans la constellation de la Croix         zaine d'années, pour l'industrie cinémato-
du Sud, au sud-est de l'étoile p Cru.               graphique, en peignant des panneaux pour
ENCYCL. C'est l'amas ouvert le plus spectacu-       effets spéciaux. Mais il reste célèbre surtout
laire du ciel austral. Repéré en 1753 par La        pour les illustrations très réalistes que lui
Caille qui le prit pour une étoile, il doit son     ont inspirées l'astronomie et l'exploration
nom à j. Herschel qui, le premier, le résolut       spatiale. Il illustra notamment, entre 1952 et
en étoiles. Il est constitué principalement         1954, une série d'articles sur l'avenir du vol
d'étoiles géantes et supergéantes bleues,           spatial, dont l'auteur principal était W. von
dont la luminosité atteint jusqu'à 80 000 fois      Braun*, et le réalisme de ses œuvres contri-
celle du Soleil. Son étoile la plus brillante est   bua à convaincre les responsables politiques
K Cru, de magnitude 6.                              américains que l'exploration de l'espace
Cet amas s'étend sur 50 armées de lumière           était techniquement réalisable et méritait
de diamètre et il est situé à une distance de       d'être largement subventionnée. Son nom a
7 800 années de lumière.                            été donné à l'astéroïde 3129.

Bok (Bart Jan), astronome néerlandais natu-         B o n n e r Durchmusterung (BD). Ca-
ralisé américain en 1938 (Hoom 1906 - Tue-          talogue d'étoiles établi à l'observatoire de
son, Arizona, 1983).                                Bonn, sous la direction de F.W.A. Argelan-
Il a particulièrement étudié la structure spi-      der.
rale de la Galaxie, en s'efforçant de concilier     ENCYCL. Le catalogue initial, préparé à partir
les résultats obtenus par les observations          de 1852 et publié entre 1859 et 1868 par
optiques et ceux fournis parles observations        Argelander, donne la position et la magni-
radio. En 1947, il découvrit les globules* qui      tude apparente visuelle de 324 198 étoiles
portent à présent son nom et, Te premier, il        plus brillantes que la magnitude 9,5 et si-
suggéra que ceux-ci pouvaient être des étoi-        tuées entre le pôle céleste nord et - 2° de
les en formation.                                   déclinaison. Après le décès d'Argelander, ce
                                                    catalogue a été étendu aux déclinaisons aus-
bolide n.m. Météore brillant offrant l'as-          trales. E. Schônfeld a publié en 1886 le
pect d'une boule de feu.                            Southern Durchmusterung, recensant 133 659
63                                                                                      Bouvier

étoiles supplémentaires, situées entre - 2° et    la Terre, en mode automatique, sans équi-
- 22° de déclinaison. Ce travail a été lui-       page à bord. Le deuxième exemplaire, Bou-
même complété ultérieurement par le cata-         rane 2, n'a jamais volé.
logue de Cordoba (-> Cordoba Durchmus-
terung), établi à partir d'observations           B o u r g e t (Le). Chef-lieu de la Seine-Saint-
effectuées dans l'hémisphère Sud.                 Denis, dans la banlieue nord-est de Paris.
                                                  ENCYCL. L'aérodrome du Bourget, créé au dé-
Bonum 1. Premier satellite russe construit        but de la Première Guerre mondiale, a long-
et lancé par les États-Unis le 22 novembre        temps été le principal aéroport parisien. II
1998. Il doit servir à la télévision directe en   abrite aujourd'hui le musée de l'Air et de
Russie occidentale.                               l'Espace et est le siège, tous les deux ans
                                                  (années impaires), d'un Salon international
Boo. Abréviation de Bootes, désignant la          de l'aéronautique et de l'espace.
constellation du Bouvier.
                                                  Boussole (en latin Pyxis, -idis). Petite cons-
b o o s t e r n.m. (mot angl.) Synonyme de        tellation australe, au N. des Voiles, intro-
propulseur d'appoint.                             duite par La Caille en 1752, en même temps
                                                  que la Machine pneumatique et le Compas,
B o o t e s (-is) Nom latin de la constellation   pour compléter l'équipement du Navire. Elle
du Bouvier (abrév. Boo).                          ne renferme que des étoiles peu brillantes,
                                                  dont les plus lumineuses sont de magnitude
bord n.m. Pourtour du disque d'un astre à         4.
diamètre apparent sensible : Soleil, Lune,
planète.                                          Bouvard (Alexis), astronome français (Les
                                                  Contamines - Monjoie auj. Haute-Savoie,
boréal, e adj. Du Nord, austral.                  1767 - Paris 1843).
                                                  Autodidacte, placé comme domestique à
bouclier spatial. Ensemble des moyens             Paris à l'âge de 18 ans, il acheva sa carrière
spatiaux destinés à assurer la défense mili-      comme directeur de l'Observatoire de Paris,
taire d'un pays : satellites de communica-        de 1822 à 1843. Il découvrit 8 comètes et
tions, satellites d'observation et, dans le ca-   calcula les éléments de leurs orbites. En mé-
dre de l'ex-Initiative* de défense stratégique    canique céleste, il établit de Nouvelles Tables
(IDS), satellites de détection de lancement       des planètes Jupiter et Saturne (1808) et des
de missiles, satellites de destruction des mis-   tables d'Uranus (1821). Ayant constaté un
siles en vol ou de destruction de satellites en   désaccord entre le mouvement réel d'Ura-
orbite. Le bouclier spatial a pour rôle de        nus et celui que lui assignaient les lois de la
rendre invulnérable aux attaques nucléaires       mécanique, en tenant compte des perturba-
par missiles le territoire à défendre.            tions dues aux autres planètes connues, il
                                                  émit l'idée de l'existence d'une autre planète
bouclier thermique. Dispositif présent            perturbatrice restant à découvrir, qui fut en-
sur certains engins spatiaux (capsules récu-      suite reprise avec succès par Le Verrier.
pérables, sondes interplanétaires...) afin de
les protéger lors de la traversée, à grande       Bouvier (en latin Bootes, -is). Constellation
vitesse, d'une atmosphère gazeuse : il ab-        boréale située dans le prolongement de la
sorbe l'énergie calorifique produite par          queue de la Grande Ourse.
échauffement cinétique.                           ENCYCL. Son étoile la plus brillante est Arctu-
                                                  rus*. Elle renferme de nombreuses étoiles
B o u r a n e (en russe, tempête de neige). Nom   doubles, dont plusieurs sont séparables avec
des orbiteurs de la navette spatiale russe.       de petits instruments : en particulier, e Boo,
ENCYCL. Le premier exemplaire, Bourane 1,         de magnitude apparente 2,3, observée avec
n'a effectué qu'une seule mission : le 15 no-     une lunette de 80 mm d'ouverture, se dé-
vembre 1988, propulsé par le lanceur Ener-        compose en deux étoiles distantes de 3",
gia*, il accomplit deux révolutions autour de     l'une jaune-orangé, de magnitude 2,5, l'autre
Bradbury                                                                                           64

bleue, de magnitude 5. W. Struve, à qui l'on        simple météore. Ce phénomène spectacu-
doit la découverte de cette étoile double en        laire lui donna l'idée, comme à Hipparque
1829, l'appelait Pulcherrima (« la plus belle »).   dix-huit siècles auparavant, d'établir un ca-
En 1981, on a découvert dans cette constel-         talogue précis d'étoiles. Il put réaliser cette
lation une zone d'environ 300 millions d'an-        ambition grâce à la libéralité du roi de Dane-
nées de lumière de large (à des distances           mark, Prédéric II, qui lui fit don, en 1576, de
comprises entre 750 et 1 050 millions d'an-         l'île de Hveen, dans le Sund, près de Copen-
nées de lumière), pratiquement dépourvue            hague, et lui accorda une pension. Tycho
de galaxies : le « vide du Bouvier ».               Brahe s'empressa alors de faire édifier au
                                                    centre de l'île un grand observatoire, Urani-
Bradbury (Raymond Douglas dit Ray),                 borg (le « palais d'Uranie »), qu'il équipa des
écrivain américain (Waukegan, Illinois,             instruments les plus grands et les plus précis
1920).                                              de l'époque. Puis, en 1584, il aménagea, à
L'un des premiers auteurs de science-fiction        proximité du précédent, un second observa-
à avoir été publié hors des magazines spé-          toire, Stellaeborg (le « palais des étoiles »), où
cialisés, il a établi sa réputation avec les        les instruments, protégés par des coupoles
Chroniques martiennes (1950) : il s'agit d'un       amovibles, étaient installés en sous-sol pour
ensemble de nouvelles racontant les diver-          être à l'abri des vents violents qui balaient
ses tentatives des Terriens à l'aube du xxie        souvent l'île. En plus de ses deux observatoi-
siècle pour coloniser la planète Mars, mais         res, qui préfigurent les grands établisse-
ce thème général n'est qu'un prétexte pour          ments modernes, Tycho Brahe disposait
une réflexion sur la solitude, l'apparence et       d'un atelier pour ses instruments, d'une pa-
la mort. Les humains débarquent avec leurs          peterie et d'une imprimerie pour la publica-
préjugés sur la « planète rouge », dont les         tion des résultats de ses recherches et de
habitants quasi inaccessibles oscillent cons-       celles de ses nombreux élèves. Pendant plus
tamment entre le rêve et la réalité.                de vingt ans, jusqu'en 1597, Tycho Brahe
                                                    accumula ainsi des milliers d'observations.
Bradley (James), astronome anglais (Sher-           Grâce à lui, les observations astronomiques
borne, Gloucestershire, 1693 - Chalford,            atteignirent leur plus haut degré de préci-
Gloucestershire, 1762).                             sion avant l'invention de la lunette : pour la
On lui doit la découverte de l'aberration* de       première fois, les mesures d'angle atteigni-
la lumière (1727) et celle de la nutation* de       rent une précision de l'ordre de 0,3' et furent
l'axe terrestre (1748), ainsi qu'une formule        corrigées de la réfraction atmosphérique.
empirique de la réfraction atmosphérique et         Parmi ses découvertes figurent : la variation
des tables des mouvements des satellites de         de l'obliquité de l'écliptique ; deux inégali-
Jupiter. Il succéda à Halley comme Astro-           tés du mouvement de la Lune, la variation et
nome Royal, directeur de l'observatoire de          l'équation annuelle ; la variation de l'incli-
Greenwich (1742-1762).                              naison de l'orbite lunaire sur l'écliptique,
                                                    etc. En 1577, ses observations d'une comète
                                                    brillante lui permirent d'établir que celle-ci
Brahe (Tycho), astronome danois (Knuds-
                                                    n'était pas un phénomène atmosphérique,
trup 1546 - Prague 1601).
                                                    contrairement à l'opinion admise depuis
Issu d'une famille de l'aristocratie danoise, il
                                                    Aristote, mais un astre situé au-delà de la
fut attiré dès son jeune âge par l'astronomie
                                                    Lune. Enfin, il a laissé un catalogue de 777
et se consacra définitivement aux observa-
                                                    étoiles. Ses observations précises du mouve-
tions célestes à la suite de l'apparition, en
                                                    ment de la planète Mars permirent, après sa
1572, d'une brillante étoile temporaire, en
                                                    mort, à son disciple Kepler* d'énoncer les
fait une supernova*. Celle-ci le remplit de
                                                    lois du mouvement des planètes. Brillant
stupeur, car elle venait contredire la théorie,
                                                    observateur, Tycho Brahe fut beaucoup
admise depuis Aristote, de l'immutabilité
                                                    moins inspiré comme théoricien. Récusant
des cieux. Il parvint cependant à montrer,
                                                    l'héliocentrisme, pour des raisons à la fois
par des mesures précises, que l'objet était
                                                    physiques et métaphysiques, il rejeta le sys-
bien une étoile, très lointaine puisque dé-
                                                    tème de Copernic, sans pour autant admet-
pourvue de parallaxe sensible, et non un
65                                                                                           Braun

tre celui de Ptolémée, dont il connaissait les      Pologne, 1912-Alexandria, Virginie, 1977).
insuffisances : il proposa un système hy-           Il étudie aux instituts technologiques de Zu-
bride, dans lequel les planètes tournent            rich et de Berlin, puis à l'université de Berlin,
autour du Soleil, celui-ci tournant lui-même        tout en consacrant ses loisirs, à partir de
autour de la Terre avec son cortège plané-          1930, à construire de petites fusées expéri-
taire.                                              mentales au sein d'une équipe réunie par
À'la mort de son protecteur, Frédéric II            Hermann Oberth. En 1932, il se voit confier
(1588), sa pension fut supprimée et il tomba        la station de Kummersdorf-West, où il en-
en disgrâce. En 1597, il dut quitter le Dane-       treprend, pour le compte de l'armée alle-
mark et, en 1599, il se réfugia à Prague,           mande, une série d'expériences sur les mo-
comme astronome de l'empereur d'Autri-              teurs-fusées. Parallèlement, il écrit une thèse
che, Rodolphe II. Adolescent, il se battit en       de doctorat sur la propulsion des fusées
duel ; d'un coup d'épée, son adversaire lui         (1934). Nommé, en 1937, directeur techni-
trancha le nez : Tycho Brahe se fit alors           que du nouveau centre d'essais de fusées de
confectionner une prothèse en or et en ar-          Peenemunde, il assure la mise au point du
gent qu'il porta toute sa vie.                      V2, dont plus de 4 000 exemplaires seront
                                                    lancés, principalement sur la Grande-Breta-
bras cryogénique. Bras articulé qui sup-            gne et les Pays-Bas, en 1944 et 1945.
porte les connexions ombilicales permettant         Après sa reddition, avec la plupart de ses
le remplissage ou la vidange en ergols cryo-        collaborateurs, à l'armée américaine, à la fin
techniques des réservoirs d'un lanceur.             de la Seconde Guerre mondiale, il est em-
                                                    mené aux États-Unis, où il est d'abord
bras spiral. Partie du disque d'une galaxie         nommé chef des projets de missiles guidés
spirale émanant du bulbe et s'enroulant en          de l'armée, au centre de Fort-Bliss (Texas).
spirale, dans laquelle se concentrent la ma-        Directeur technique de l'Arsenal Redstone à
tière interstellaire et les étoiles les plus jeu-   Huntsville (Alabama) pour la mise au point
nes. On explique la structure des bras par la       des missiles guidés, à partir de 1950, il est à
théorie des ondes* de densité.                      l'origine de la fusée Redstone, qui sera le
                                                    premier missile balistique guidé de l'armée
bras télémanipulateur. Dispositif arti-             américaine et assurera, en 1961, le lance-
culé fixé le long de la paroi bâbord de la          ment dans l'espace des premiers astronautes
soute de l'orbiteur de la navette spatiale          américains. Naturalisé américain en 1955, il
américaine, commandé depuis la cabine de            devient, en 1956, directeur des recherches
pilotage et qui permet le déploiement ou la         de l'Agence pour les missiles balistiques de
récupération de charges utiles ou l'assis-          l'armée américaine. A ce titre, il assure la
tance à l'activité extravéhiculaire des astro-      mise au point des missiles Pershing et Jupi-
nautes.                                             ter et prend une part décisive à la prépara-
                                                    tion du lancement du premier satellite artifi-
ENCYCL. Réalisé par la firme canadienne Spar
                                                    ciel américain, Explorer 1 (1958).
Aerospace, le bras télémanipulateur de la
                                                    En 1960, il entre à la NASA et devieiit, dès
navette américaine pèse 360 kg et mesure
                                                    lors, l'un des principaux artisans du pro-
15,2 m de long. Il comporte trois articula-
                                                    gramme spatial américain. A la tête du cen-
tions qui lui donnent six degrés de liberté.
                                                    tre de vol spatial Marshall de 1960 à 1970, il
Des caméras de télévision permettent sa
                                                    dirige la construction de la fusée Saturn V, la
commande à partir d'une console située au
                                                    plus grande du monde, qui permet, à partir
niveau du pont supérieur de l'habitacle, près
                                                    de 1969, l'envoi d'astronautes sur la Lune.
d'un hublot donnant sur la soute.
                                                    Nommé, en 1970, administrateur adjoint de
                                                    la NASA, responsable des programmes, il
Brasilsat. Famille de satellites brésiliens de      quitte ce poste en 1972, alors que s'achève
télécommunications intérieures lancés de-           le programme Apollo d'exploration de la
puis 1985.                                          Lune, pour entrer comme directeur adjoint à
                                                    la société Fairchild Industries. En 1977, il
Braun (Wernher von), ingénieur allemand,            décède des suites d'un cancer du foie.
naturalisé américain (Wirsitz, auj. Wyrzysk,
bremsstrahlung                                                                               66

bremsstrahlung ni. (mot allemand, de              vrit l'irrégularité du mouvement de rotation
Bremsen, freinage, et Strahlung, rayonne-         de la Terre (1926).
ment). Synonyme de rayonnement de frei-
nage.                                             bruit n.m. Perturbation aléatoire se super-
                                                  posant à un signal utile. En astronomie, les
                                                  signaux reçus sont souvent très faibles et
brillance n.f. Synonyme ancien de lumi-           difficiles à séparer du bruit de fond dû au
nance.                                            récepteur utilisé et à la nature du signal
                                                  capté.
British A e r o s p a c e ( S p a c e Systems).
Société britannique de construction aéro-         BS (sigle de Broadcasting Satellite). Série de
spatiale.                                         satellites japonais de radiodiffusion.
ENCYCL. Son siège est à Stevenage (Hert-          ENCYCL. Inaugurée en 1978 par le lancement
fordshire). Elle a, notamment, été maître         d'un engin expérimental, cette série s'est
d'ceuvre de tous les programmes de satelli-       poursuivie avec les satellites BS 2
tes de télécommunications de l'Agence spa-        (1984-1990), BS 3 (1990-1994) et BSAT 1
tiale européenne (OTS, Marées, ECS, Olym-         (1997-1998).
pus), de la sonde spatiale Giotto et des
panneaux solaires du télescope spatial Hub-       bulbe n.m. Partie centrale, renflée, d'une
ble. En 1994, elle a cédé ses activités spatia-   galaxie spirale.
les à Matra*-Marconi Space.
                                                  Bureau des longitudes (BDL). Orga-
British Astronomical Association                  nisme scientifique français, institué en 1795
(BAA). Association britannique, fondée à          par la Convention nationale, en vue du per-
Londres en 1890, pour populariser l'astrono-      fectionnement des diverses branches de l'as-
mie et encourager les travaux des astrono-        tronomie et de leurs applications à la géo-
mes amateurs.                                     graphie, à la navigation et à la physique du
                                                  globe.    Institut de mécanique céleste
ADRESSE : Burlington House, Piccadilly, Lon-
                                                  ADRESSE : 77, avenue Denfert-Rochereau,
don W1V 9AG.
                                                  75014 Paris.

British Interplanetary Society (BIS).             Bureau international de l'heure
Association britannique fondée en 1933            (BIH). Ancien organisme qui avait la res-
pour promouvoir l'intérêt populaire en fa-        ponsabilité de la mesure du temps à l'échelle
veur de l'exploration de l'espace. Elle a         internationale.
contribué à la fondation de la Fédération*        ENCYCL. Créé en 1911 et installé à l'Observa-
internationale d'astronautique.                   toire de Paris, il comprenait deux sections :
ADRESSE : 27-29 South Lambeth Road, Lon-          l'une, chargée de l'élaboration de l'échelle
don SW8 1SZ.                                      du temps* atomique international, a été
                                                  transférée en 1985 au Bureau international
                                                  des poids et mesures ; l'autre, chargée de la
Brooks (William Robert), astronome amé-           détermination de la rotation terrestre, est
ricain d'origine anglaise (Maidstone, Kent,       devenue en 1988 le Bureau central du Ser-
1844 - Geneva, New York, 1921).                   vice international de la rotation terrestre,
Observateur assidu du ciel, il découvrit 27       qui reste implanté à l'Observatoire de Paris.
comètes, à partir de 1881.
                                                  Burin (en latin Caelum, -t). Petite constella-
Brown (Emest William), astronome anglais          tion australe introduite par La CaiEe en
(Hull, Yorkshire, 1866 - New Haven,               1752, entre la Colombe à l'est et l'Eridan
Connecticut, É-U., 1938).                         et l'Horloge à l'ouest. Elle ne renferme que
Il s'est surtout occupé de mécanique céleste.     des étoiles peu brillantes, dont les plus lumi-
On lui doit une nouvelle théorie du mouve-        neuses ont une magnitude comprise entre 4
ment de la Lune. En l'établissant, il décou-      et 5.
C Ma. Abréviation de Canis Major, dési-
gnant la constellation du Grand Chien.
                                             c     J.-C., sous le consulat de Jules César, il se
                                                   fonde sur une durée de l'année tropique
                                                   égale à 365,25 j. Il se compose de suites
C Mi. Abréviation de Canis Minor, dési-            identiques de quatre années, dont trois de
gnant la constellation du Petit Chien.             365 j, dites « communes », suivies d'une de
                                                   366 j, « bissextile ». À1 'époque où il fut ins-
C Vn. Abréviation de Canes Venatici dési-          titué, l'année commençait aux calendes de
gnant la constellation des Chiens de Chasse.       mars, et le jour supplémentaire était ajouté
                                                   entre le 6e et le 5e jour précédant cette date.
cadran solaire. Surface portant des divi-          Portant le nom de bis sextus dies ante calendas
sions correspondant aux heures du jour et          Martii, il est à l'origine du mot « bissextile ».
sur lesquelles le soleil projette successive-      Les mois étaient déjà ceux que nous utili-
ment l'ombre d'un style.                           sons aujourd'hui, mais septembre, octobre,
ENCYCL. L'art de la construction des cadrans       novembre et décembre étaient bien les 7 e ,
solaires constitue la gnomonique. Les pre-         8e, 9e, et 10e mois de l'année. En décidant de
miers cadrans solaires (gnomons*) sont ap-         ramener au 1er janvier le début de l'année,
parus dans l'Antiquité en Egypte et en             Jules César a détruit la concordance entre le
Grèce.                                             nom de ces mois et leur position dans l'an-
                                                   née.
Cae. Abréviation de Caelum, désignant la           LE CALENDRIER GRÉGORIEN. Institué en 1582 par le
constellation du Burin.                            pape Grégoire XIII, il a modifié le précédent
                                                   par la suppression de 3 jours en 4 siècles, la
cselostat n.m.      cœlostat                       dernière année de chaque siècle, dite « an-
                                                   née séculaire », devenant commune lorsque
Caelum (-i). Nom latin de la constellation         son millésime n'est pas divisible par 400 :
du Burin (abrév. Cae).                             ainsi, 1700, 1800 et 1900 n'ont pas été bis-
                                                   sextiles, mais 2000 le sera. Avec cette ré-
calendrier n.m. Echelle de temps permet-           forme, la durée moyenne de l'année s'est
tant le repérage et le décompte des jours          trouvée ramenée à 365,242 5 j, soit une va-
pour les besoins de la vie civile ou religieuse,   leur qui ne diffère de la valeur idéale que de
et pour ceux de la chronologie.                    3/10 000 de jour environ (3 j en 10 000 ans).
ENCYCL. Les calendriers solaires sont fondés       Cependant, pour annuler le décalage que
sur la durée de l'année* tropique et les calen-    l'imperfection du calendrier julien avait pro-
driers lunaires, sur celle de la lunaison*. Les    gressivement produit sur la date des saisons
calendriers luni-solaires, combinaison des         (le calendrier situait l'équinoxe de printemps
deux précédents, sont construits sur l'année        10 j trop tôt), Grégoire XIII décida de suppri-
et le mois : tel est le cas du calendrier actuel   mer 10 quantièmes dans la chronologie : à
utilisé à l'échelle internationale.                Rome, le lendemain du jeudi 4 octobre 1582
LE CALENDRIER JULIEN. Adopté à Rome en 46 av.      fut le vendredi 15 octobre. En France, le
Caliban                                                                                       68

9 décembre 1582 fut suivi du 20 décembre.          5,08 m d'ouverture de l'observatoire du
Le calendrier grégorien n'a été adopté en          mont Palomar et un radiotélescope de
Grande-Bretagne qu'en 1752, en URSS en             10,4 m de diamètre consacré à l'astronomie
1918 et en Grèce en 1923. Son usage est            submillimétrique sur le Mauna* Kea, à
désormais universel pour la vie civile. Ce-        Hawaii.
pendant, pour la chronologie des phénomè-
nes astronomiques, on utilise toujours l'ère       Californie (nébuleuse). Nébuleuse à
julienne*.                                         émission NGC 1499, dans la constellation
LES CALENDRIERS RELIGIEUX. Parmi les calendriers   de Persée, dont la forme évoque celle de
utilisés à des fins religieuses, on peut citer :   l'État américain du même nom. Elle borde
- le calendrier liturgique catholique, qui s'ar-   une nébuleuse obscure et est éclairée par
ticule autour de la date de la fête de Pâques*,    l'étoile î, Persei.
dont la détermination fait l'objet du com-
put* ecclésiastique ;                              Callippos ou Calippos, astronome grec
- le calendrier musulman, dont l'origine est       (Cyzique début du ive s. av. J.-C.). Disciple
l'hégire (vendredi 16 juillet 622) et qui com-     d'Éudoxe, il poursuivit ses travaux et dirigea
porte une suite d'années de 12 mois lunaires       l'école d'astronomie qu'il avait fondée à Cy-
de 29 ou de 30 j, au total 354 j (années           zique. Il corrigea le cycle de Méton*.
communes) ou 355 j (années abondantes) ;
30 années, dont 19 communes et 11 abon-            Callisto. Satellite de Jupiter (n° IV), décou-
dantes, forment un cycle complet qui se            vert par Galilée le 13 janvier 1610. Demi-
répète indéfiniment. La durée moyenne de           grand axe de son orbite : 1 883 000 km.
l'année sur ce cycle est de 354,37 j seule-        Période de révolution sidérale : 16,689 j.
ment ;                                             Diamètre : 4 806 km. Densité moyenne :
- le calendrier israélite (ou hébraïque), dont     1,85.
l'origine est celle de l'ère judaïque (3761 av.    ENCYCL. Comme pour Ganymède*, les don-
J.-C., année supposée de la création du            nées de la spectroscopie infrarouge mon-
monde) et qui comporte des années com-             trent que ce satellite est un mélange de glace
munes de 12 mois lunaires et d'autres, dites       d'eau et de roches plus denses. Sa surface,
 « embolismiques » de 13. Un cycle de 19           révélée par les sondes Voyager en 1979, et
 années (12 communes et 7 embolismiques)           par la sonde Galileo depuis 1997, est très
ramène le début de l'année à la même date          sombre et se caractérise par la présence de
 solaire. Sur un tel cycle, la durée moyenne       très nombreux cratères d'impact. L'abon-
 de l'année est de 365,246 8 j.                    dance de cratères indique que cette surface
                                                   est très ancienne. Toutefois, on observe rela-
Caliban. Nom d'un héros de La Tempête de           tivement peu de petits cratères, ce qui sug-
W. Shakespeare, proposé pour le satellite          gère l'existence d'un processus (encore in-
d'Uranus 1997 U1 (Uranus XVI). Demi-               connu) d'érosion permanente et de
grand axe de son orbite : 7 168 900 km. Pé-        remodelage de la surface. Le trait du relief le
riode de révolution sidérale : 579 j. Diamè-       plus spectaculaire est une structure circu-
tre : 60 km.                                       laire de 600 km de diamètre, Valhalla, issue
                                                   de la fusion de la glace provoquée par l'im-
Californie (Institut de technologie                pact d'un astéroïde ; celui-ci a également
de). Établissement d'enseignement supé-            engendré une série de fractures disposées en
rieur et de recherche situé à Pasadena             cercles concentriques sur plus de 3 000 km
(Californie), fondé en 1891 sous le nom de         autour du cratère.
Throop Polytechnic Institute et qui a pris en      Les nouvelles données fournies par la sonde
1920 son nom actuel, souvent abrégé en             Galileo concernent essentiellement la struc-
Caltech.                                           ture interne du satellite. Les mesures du
ENCYCL. Il est l'un des deux partenaires           champ de gravité déduites de l'étude précise
(l'autre étant l'université de Californie) de      de la trajectoire de la sonde suggèrent que
l'association qui gère les télescopes Keck*. Il    Callisto n'est pas constitué d'un mélange
administre également le télescope Haie* de         homogène de glace et de roches mais pré-
69                                                                      caméra électronique

sente une structure partiellement différen-        Calypso. Satellite de Saturne (n° XIV), dé-
ciée. Par ailleurs, Galileo a révélé que l'in-     couvert en 1980 par l'Américain B.A. Smith
tense champ magnétique de Jupiter induit à         sur des photographies prises par la sonde
l'intérieur de Callisto des courants électri-      Voyager 1.
ques qui engendrent à leur tour un champ           ENCYCL. Il gravite sur la même orbite que le
magnétique secondaire. Cette découverte a          satellite Téthys en se maintenant à 60° de
constitué une surprise : on peut l'expliquer       celui-ci, constituant ainsi ce qu'on appelle
en admettant qu'il existe un océan d'eau           un satellite lagrangien (-> Lagrange [points
salée à une centaine de kilomètres au-des-         de]). On le désigne aussi sous le nom
sous de la surface.                                de Téthys C. Son diamètre est estimé à
                                                   20 km.
c a l m e adj. Soleil calme   activité solaire
                                                   C a m . Abréviation de Camelopardalis, dési-
caloduc n.m. Elément d'un engin spatial            gnant la constellation de la Girafe.
servant au transport de chaleur, soit pour
évacuer celle produite par un équipement           C a m é l é o n (en latin Chamatleon, -ontis).
jusqu'aux radiateurs chargés de la dissiper        Petite constellation australe, proche du pôle
(par rayonnement) dans l'espace, soit pour         céleste austral. Elle n'offre aucune étoile plus
uniformiser sa température.                        brillante que la magnitude 4.
Caloris Planitia. Grand bassin d'impact,
entouré de plusieurs anneaux montagneux            Camelopardalis. Nom latin de la cons-
concentriques, sur Mercure.                        tellation de la Girafe (abrév. Cam).
ENCYCL. Avec un diamètre de 1 300 km (com-
parable à celui de la plus vaste des mers          c a m é r a de poursuite. Appareil cinéma-
lunaires, la mer des Pluies), c'est la plus        tographique associé à un dispositif de poin-
grande structure qui ait été photographiée         tage, à cadence de prise de vues rapide, per-
sur Mercure par la sonde américaine Mari-          mettant de filmer à partir du sol la partie
ner 10. Sa surface apparaît striée par un          visible de la trajectoire d'un engin spatial.
grand nombre de failles, qui dessinent un
réseau de figures polygonales. Sa formation        c a m é r a électronique ou électrono-
est imputée à l'impact d'un astéroïde, d'un        graphique. Dispositif qui, placé au foyer
diamètre de l'ordre de 100 km. Cet impact          d'un télescope, transforme l'image lumi-
modifia l'aspect d'un hémisphère entier de         neuse donnée par l'instrument en une image
Mercure. Une vaste zone située aux antipo-         électronique que l'on peut enregistrer sur
des s'en trouva même affectée, sans doute          une plaque sensible.
par suite d'un effet de focalisation des ondes     ENCYCL. La caméra électronique a été imagi-
sismiques engendrées : elle présente aujour-       née par André Lallemand en 1936. L'image
d'hui un aspect chaotique. Le nom de « bas-        optique à enregistrer est formée sur une cou-
sin de la Chaleur » donné à cette formation        che photoémissive à l'intérieur d'un tube à
vient de ce qu'elle connaît une température        vide ; les électrons émis sont accélérés et
très élevée parce qu'elle fait face au Soleil      focalisés sur une plaque sensible qu'ils vien-
une fois sur deux lors du passage de Mer-          nent impressionner. Cette plaque est ensuite
cure au point de son orbite le plus proche du      retirée du tube et développée. Les princi-
Soleil.                                            paux avantages sur la photographie ordi-
                                                   naire sont une meilleure sensibilité, autori-
c a l o t t e polaire. Région circulaire qui en-   sant des temps de pose de 50 à 100 fois plus
toure un pôle sur la sphère céleste ou à la        courts, l'absence presque totale de grain et
surface d'un astre.                                la linéarité entre le noircissement et l'inten-
                                                   sité de la lumière incidente. Toutefois, il faut
Caltech. Acronyme de CALifornia Institute          placer la couche photoémissive dans une
of TECHnology. -* Californie (Institut de          enceinte vide et refroidir la plaque sensible à
technologie de)                                    très basse température.
Campbell                                                                                           70

Campbell (William Wallace), astronome                pouvoir confirmer la réalité des canaux.
américain (Hancock County, Ohio, 1862 -              Poursuivant l'étude de ces derniers, l'Italien
San Francisco 1938).                                 Schiaparelli annonça, en 1882, avoir cons-
Le premier, il appliqua la spectrographie à la       taté le dédoublement (la gémination) d'un
détermination de la vitesse radiale des étoi-        grand nombre d'entre eux, à certaines épo-
les par la mesure de l'effet Doppler*-Fizeau.        ques. Dès lors, les astronomes se divisèrent
Il étudia la rotation de la couronne solaire         en deux camps : ceux qui croyaient à la réa-
ainsi que celle des anneaux de Saturne et            lité des canaux (les canalistes) et ceux qui
contribua à la vérification de la théorie de la      n'y croyaient pas. En 1894, l'un des plus
relativité générale en mesurant la déviation         fervents canalistes, l'Américain P. Lowell,
de la lumière des étoiles par le champ de            décida de se consacrer à l'étude de Mars et,
gravitation du Soleil.                               dans ce but, entreprit la construction d'un
                                                     observatoire à Flagstaff*, dans l'Arizona,
Canada-France-Hawaii (télescope)                     doté d'une lunette de 60 cm d'ouverture. En
[ C F H ] . Télescope de 3,60 m de diamètre,         plusieurs années d'observation, il crut dé-
réalisé en coopération par la France et le           couvrir tout un ensemble de nouveaux ca-
Canada, installé près du sommet du Mauna             naux entrecroisés et acquit la conviction que
Kea (Hawaii), à 4 200 m d'altitude, et mis en        ce réseau ne pouvait être que d'origine arti-
service en 1979.                                     ficielle. Il avança l'idée qu'il s'agissait d'un
ENCYCL. Les investissements ont été financés         vaste réseau d'irrigation construit par des
à part égales par la France et le Canada,            êtres intelligents en vue d'alimenter les plai-
l'université de Hawaii fournissant quant à           nes martiennes désertiques avec l'eau de fu-
elle le terrain, l'infrastructure, la voie d'accès   sion des calottes polaires. Ces conclusions
et un certain nombre d'équipements. Les              frappèrent l'imagination et suscitèrent l'ap-
frais de fonctionnement et les temps d'utili-        parition des martiens dans la littérature : en
sation sont répartis sur la base de 42,5 %            1898, H.G. Wells publia sa célèbre Guerre
pour le Canada et la France, et 15 % pour            des mondes, mettant en scène des martiens
l'université de Hawaii.                              en forme de pieuvres qui débarquent sur la
                                                     Terre et y sèment la terreur avant d'être
Canard sauvage ( a m a s du). Amas stel-             décimés par des microbes.
laire ouvert M 11 (NGC 6705), d'environ              Au début du xxe siècle, l'hypothèse des ca-
200 étoiles, dans la constellation de l'Ecu de       naux artificiels s'est trouvée sérieusement
Sobieski, facilement accessible à l'aide d'ins-      ébranlée lorsque de nouvelles observations,
truments d'amateurs et dont la forme évo-            effectuées à l'aide d'instruments plus puis-
que un vol de canards sauvages.                      sants (en particulier celles de E. Antoniadi
                                                     avec la grande lunette de 83 cm d'ouverture
canaux de Mars. Formations rectilignes
                                                     de l'observatoire de Meudon), ne permirent
hypothétiques à la surface de Mars.
                                                     pas de retrouver aisément des formations
ENCYCL. En 1864, le Britannique W.R. Dawes
                                                     rectilignes marquées sur Mars. Ce n'est tou-
remarqua que de nombreuses « mers » mar-
                                                     tefois que depuis l'avènement de l'ère spa-
tiennes se terminaient par des pointes effi-
                                                     tiale que le débat a pu être définitivement
lées d'où partaient de longs bras sombres
                                                     clos : les photographies rapprochées du sol
très étroits, s'étendant ensuite à travers les
                                                     martien prises par les sondes américaines
régions « continentales ». L'Italien A. Secchi,
                                                     Mariner et Viking Orbiter n'ont montré
observant à son tour ces étranges forma-
                                                     aucune trace de canaux, et l'on est à présent
tions, leur donna le nom de canali (bras de
                                                     convaincu que ces prétendues formations
mer, chenaux), que l'on traduisit assez im-
                                                     n'étaient que des illusions d'optique, dues
proprement par canaux en français et par
                                                     au pouvoir de résolution insuffisant des ins-
canals en anglais, ce qui suggérait qu'il
                                                     truments d'observation utilisés.
s'agissait de formations artificielles. L'affaire
connut un grand retentissement à partir de
1877 : cette année-là, à la faveur d'un rap-         C a n c e r (en latin Cancer, -cri). Constellation
prochement exceptionnel entre Mars et la             du zodiaque, entre les Gémeaux (à l'ouest)
Terre, de nombreux observateurs crurent              et le Lion (à l'est).
71                                                                                   Capricorne

ENCYCL. Son nom est un mot latin signifiant          assassiné, mais cette appellation fut annulée
écrevisse, dénomination sous laquelle elle           et il a retrouvé en 1973 son nom originel. La
était déjà connue dans l'Antiquité grecque.          NASA y a installé le principal centre spatial
Ses étoiles sont peu brillantes, aucune              des États-Unis, le J.F. Kennedy Space Center, à
n'étant de magnitude inférieure à 4, mais            proximité d'un polygone d'essais de l'US
elle renferme un amas stellaire ouvert per-          Air Force (Eastern Test Range).
ceptible à l'œil nu, Praesepe* (M 44).
                                                     cap York. Péninsule du nord de l'Australie
C a n e s ( - u m ) Venatici ( - c o r u m ) . Nom   (État du Queensland) sur laquelle la création
latin de la constellation des Chiens* de             d'une base internationale de lancement spa-
Chasse (abrév. C Vn).                                tial est à l'étude depuis quelques années.
                                                     Coordonnées géographiques au site envi-
canicule n.f. (du latin canicula, petite             sagé : 12° S., 142° E.
chienne), nom donné par les Romains à
l'étoile Sirius). Époque de l'année où l'étoile      Cap. Abréviation de Capricornus, désignant
Sirius* se lève avec le Soleil et qui, dans          la constellation du Capricorne.
l'Antiquité, coïncidait avec la crue au Nil et,
approximativement, avec le début de l'été            C a p e Photographie Durchmuster-
dans l'hémisphère Nord.                              ung ( C P D ) . Catalogue d'étoiles établi par
                                                     J.C. Kapteyn à partir de plaques photogra-
Canis Major (-is). Nom latin de la cons-             phiques obtenues par sir David Gill à l'ob-
tellation du Grand Chien* (abrév. C Ma).             servatoire du Cap. Publié entre 1896 et 1900,
                                                     il fournit les coordonnées de 450 000 étoiles
Canis Minor (-is). Nom latin de la cons-             plus brillantes que la magnitude 10, de décli-
tellation du Petit Chien* (abrév. CMÎ).              naison comprise entre -19° et le pôle céleste
                                                     sud.
Cannon (Annie Jump), astronome améri-
caine (Dover, Delaware, 1863 - Cambridge,            Capella (nom latin signifiant la chèvre).
Massachusetts, 1941).                                Étoile a du Cocher, la sixième des plus
Elle se spécialisa dans la classification des        brillantes du ciel.
spectres stellaires et apporta une contribu-         ENCYCL. Magnitude apparente visuelle : 0,08.
tion majeure à l'établissement du monu-              Distance : 42 années de lumière. C'est, en
mental Henry* Draper Catalogue. Elle décou-          fait, une binaire spectroscopique, dont les
vrit cinq novae* et de nombreuses étoiles            composantes, de types spectraux respectifs
variables.                                           G6 et G2, tournent en 104 jours autour de
                                                     leur centre de gravité commun.
Canopus (du gr. Kanôhos, nom du pilote de
Ménélas). Étoile a de la Carène, la deuxième         Caph. Étoile (3 de Cassiopée. Magnitude
des plus brillantes du ciel. Magnitude appa-         apparente visuelle : 2,3 (variable). Type
rente visuelle : - 0,72. Type spectral : Al.         spectral : F2. Distance : 54 années de lu-
Distance : 300 années de lumière.                    mière.
ENCYCL. Les sondes spatiales l'utilisent sou-
vent comme repère d'orientation parce                Capricorne (en latin Capricornus, -t).
qu'elle est très écartée angulairement du So-        ConsteËation du zodiaque, entre le Sagit-
leil et que son éclat ne permet pas de la            taire (à l'ouest) et le Verseau (à l'est).
confondre avec les objets célestes qui l'envi-       ENCYCL. Elle emprunte son nom à un animal
ronnent.                                             de la mythologie grecque, à corps de chèvre
                                                     et queue de poisson. Ses deux étoiles les
cap Canaveral. Avancée du littoral atlan-            plus brillantes, a Cap et (5 Cap, de magni-
tique des États-Unis, sur la côte orientale de       tude 3 environ, brillent dans la direction des
la Floride.                                          trois étoiles principales de la constellation
ENCYCL. En 1964, ce cap fut rebaptisé cap Ken-       de l'Aigle, a Cap apparaît, même à l'œil nu,
nedy en hommage au président américain               composée de deux étoiles de magnitudes
Capricornides                                                                                     72

3,6 et 4,2, écartées de plus de 6' et qui for-       C a r . Abréviation de Carina, désignant la
ment un couple optique.                              constellation de la Carène.

Capricornides. Essaim de météorites et               Caravelle « Z é r o g ». Avion à réaction
météores associés observables autour du              du type « Caravelle » du Centre d'essais en
1er août, dont le radiant est voisin de l'étoile     vol de Brétigny-sur-Orge (Essonne), modifié
a de la constellation du Capricorne. Cet es-         pour le compte du CNES en laboratoire vo-
saim a pour origine la comète Mrkos.                 lant pour vols* paraboliques et utilisé de
                                                     1989 à 1995. Airbus « Zéro g »
Capricornus (-i). Nom latin de la cons-
                                                     c a r b o n e (cycle du). Synonyme de cycle
tellation du Capricorne (abrév. Cap).
                                                     de Bethe*
capsule (spatiale) n.f. 1. Petit conteneur           carboné, e adj. Qui contient une forte
conçu pour être éjecté d'un engin spatial et         proportion de carbone. Étoile carbonée : étoile
récupéré au sol. 2. Vaisseau spatial récupé-         géante rouge particulière, dont les couches
rable.                                               superficielles contiennent davantage de car-
                                                     bone que d'oxygène.
c a p t e u r n.m. 1. En métrologie, dispositif      ENCYCL. Le nom d'étoile carbonée a été intro-
sensible à un phénomène physique et tra-             duit dans les armées 1940 par les Américains
duisant une grandeur caractéristique de ce           W.W. Morgan et P.C. Keenan. Dans les géan-
phénomène sous la forme d'un signal, géné-           tes rouges, le carbone et l'oxygène se com-
ralement électrique. Les engins spatiaux             binent pour donner du monoxyde de car-
sont munis de capteurs d'attitude, appelés           bone. Le plus souvent, au début de ce
aussi capteurs d'orientation, qui mesurent des       processus, l'étoile renferme davantage
angles ou des vitesses angulaires de déplace-        d'oxygène que de carbone ; l'excès d'oxy-
ment entre les axes d'un engin spatial et des        gène se combine alors avec des métaux pour
axes de référence. Selon la nature des gran-         donner un spectre caractéristique (où prédo-
deurs mesurées, on distingue des capteurs            minent typiquement des bandes de l'oxyde
gyroscopiques, magnétiques, optiques (cap-           de titane). Les étoiles carbonées présentent
teur d'horizon, capteur solaire, capteur stel-       un spectre très différent, dominé par les ban-
laire) ou radioélectriques. 2. En télédétec-         des de nombreux composés organiques.
tion, instrument qui recueille de l'énergie          Rares dans notre galaxie, les étoiles carbo-
rayonnante provenant de la scène visée et            nées sont nombreuses dans les Nuages de
fournit, à des fins de mesure, un signal élec-       Magellan.
trique correspondant.
                                                     carburant n.m. Combustible contenant
captif adj. Se dit d'un satellite relié à un         des hydrocarbures. Par extension, combus-
autre par un câble.                                  tible entrant en réaction avec l'oxygène at-
ENCYCL. L'Agence spatiale italienne a, la pre-       mosphérique utilisé comme comburant.
mière, mis au point un tel système, qui de-
vrait permettre de déployer, sur plusieurs           C a r è n e (en latin Carina, -ae). Une des
dizaines de kilomètres, vers le haut ou le           constellations constitutives du Navire*
bas, puis de récupérer, une sphère d'alumi-          Argo, dans l'hémisphère céleste austral.
nium pour des applications diverses (sonda-          ENCYCL. Son étoile principale, a Car ou Cano-
ges atmosphériques, électrodynamique...).            pus*, est la plus brillante du ciel après Sirius.
Deux essais, en 1992 et 1996, depuis la na-          r) Carinae est une variable irrégulière très
vette américaine, ont échoué, SYN. : en laisse.      remarquable.
-* TSS
                                                     Carina ( - a e ) . Nom latin de la constella-
c a p t u r e n.f. Satellisation d'un astre autour   tion de la Carène (abrév. Car).
d'un autre de masse plus importante, près
duquel il vient à passer, sous l'effet de l'at-      t] Carinae. Étoile variable irrégulière, dans
traction gravitationnelle qu'il subit.               la constellation de la Carène.
73                                                                                            Carte

ENCYCL.   Située à 9 000 années de lumière          instabilité : peut-être celle-ci résulte-t-elle de
environ de la Terre, elle est connue depuis         vibrations, de turbulences ou de phénomè-
un siècle et demi pour ses fluctuations spec-       nes de mélange affectant l'intérieur de
taculaires d'éclat. Observée par E. Halley en       l'étoile, à moins que r| Carinae ne soit une
1677, elle était alors de magnitude 4. De           étoile double dans laquelle se produit un
1836 à 1858, elle a subi une violente érup-         transfert de matière entre les deux compo-
tion, devenant même en 1843, pendant                santes.
quelque temps, la deuxième des plus brillan-
tes étoiles du ciel, après Sirius. Puis, de 1858    C a r m e . Satellite de Jupiter (n° XI), décou-
à 1870, son éclat apparent a diminué forte-         vert en 1938 par l'Américain S. Nichol-
ment. Après quoi, il est resté pratiquement         son. Demi-grand axe de son orbite :
stable pendant soixante-dix ans, en dehors          22 600 000 km. Période de révolution sidé-
d'une ou deux brèves périodes. Mais depuis          rale : 692 j (sens rétrograde). Diamètre es-
1940, il croît à nouveau.                           timé : 30 km. C'est probablement un asté-
t) Carinae apparaît aujourd'hui entourée            roïde capturé.
d'une petite nébulosité, surnommée « l'ho-
muncule » en raison de sa forme. Constituée         c a r n e a u n.m. Sur un banc d'essai ou une
de gaz et de poussières, celle-ci se disperse       aire de lancement, tranchée servant à canali-
dans l'espace à une vitesse de plusieurs cen-       ser le jet des gaz brûlés.
taines de milliers de kilomètres à l'heure.
Elle a, de toute évidence, été éjectée lors de      Carpates. Chaîne de montagnes, sur la
l'éruption observée au milieu du siècle der-        Lune, formant le pourtour méridional de la
nier, la masse totale de matière abandonnée         mer des Pluies. Nom international : Montes
par l'étoile à cette occasion ayant peut-être       Catyatus.
représenté l'équivalent de celle du Soleil. La
présence de nébulosités secondaires suggère         Carrington ( n o m b r e de). Nombre qui
que d'autres explosions sont survenues              sert à identifier chaque rotation du Soleil.
avant 1800, et l'on a par ailleurs la preuve        ENCYCL. Cette numérotation a été instaurée
que l'étoile continue de perdre de la matière.      par R.C. Carrington, après qu'il eut trouvé
Le déclin apparent de l'étoile entre 1858 et        une durée de 27,275 3 j pour la période de
1870 a été provoqué par la formation de             rotation synodique moyenne des taches so-
grains de poussière dans l'enveloppe de gaz         laires. En fait, cette période varie selon la
éjectée. Ces grains absorbent maintenant            latitude, puisque le Soleil ne tourne pas
l'essentiel de la lumière visible et du rayon-      comme un corps solide. La date choisie
nement ultraviolet émis par ri Carinae. Ils         comme origine de la première rotation est le
subissent de ce fait un chauffage intense et        9 novembre 1853.
émettent, en retour, du rayonnement infra-
rouge, grâce auquel on a pu évaluer la lumi-
                                                    Carrington (Richard Christopher), astro-
nosité réelle de l'étoile.
                                                    nome amateur anglais (Londres 1826 -
On s'est longtemps demandé si cette étoile
                                                    Churt, Surrey, 1875).
était un objet très jeune, où la combustion
                                                    Par l'étude attentive et régulière des taches
de l'hydrogène n'était pas encore amorcée,
                                                    solaires, il remarqua que celles-ci restent
ou s'il s'agissait au contraire d'une étoile très
                                                    toujours confinées à des latitudes inférieures
massive sur le déclin. En analysant la com-
                                                    à 45°, mais que leur latitude moyenne varie
position du gaz qu'elle éjecte (riche en
                                                    au cours d'un cycle de 11 ans, leur appari-
azote, mais pauvre en carbone et en oxy-
                                                    tion intervenant de plus en plus près de
gène), on a pu récemment trancher en faveur
                                                    l'équateur solaire au fur et à mesure de la
de la seconde hypothèse. On sait désormais
                                                    progression du cycle. Il découvrit la rotation
que sa luminosité atteint 5 millions de fois
                                                    différentielle du Soleil, ainsi que les érup-
celle du Soleil, ce qui indique que sa masse,
                                                    tions chromosphériques (1859).
à l'époque de sa formation, représentait en-
viron 200 fois celle du Soleil. En revanche,
on ignore toujours la cause exacte de son           C a r t e (photographique du ciel). En-
                                                    treprise internationale engagée en 1887 à
cartographie spatiale                                                                        74

l'initiative de l'amiral Mouchez, alors direc-     Télescope de C a s s e g r a i n
teur de l'Observatoire de Paris, en vue d'éta-
blir une carte photographique de l'ensemble
du ciel.
ENCYCL. Répartis sur l'ensemble du globe, 1 8
observatoires y participèrent, équipés d'un
instrument standard conçu par les frères
Henry : une lunette photographique à mon-
ture équatoriale à berceau, munie d'un ob-
jectif de 33 cm d'ouverture. Les étoiles
étaient photographiées jusqu'à la magnitude
 14, les valeurs de leurs coordonnées étant
ensuite publiées jusqu'à la magnitude 11. La
carte devait comprendre 10 000 clichés. Elle
est restée incomplète, mais le catalogue a
été achevé.
                                                   ment appropriée à l'observation des petits
cartographie spatiale. Élaboration de              objets.
cartes à partir de données collectées par des
véhicules spatiaux et complétées par               cassegrain n.m. Télescope doté d'une
d'autres informations. Selon la nature des         combinaison de Cassegrain. On dit aussi
mesures et des traitements effectués, la car-      télescope [de] Cassegrain.
tographie peut être topographique, géologi-
que, gravimétrique, altimétrique, thermi-          Cassini (division de). Principale zone de
que, etc.                                          séparation observée dans le système d'an-
                                                   neaux de Saturne, entre les anneaux A et B,
Cas. Abréviation de Cassiopeia, désignant          les deux plus brillants visibles de la Terre.
la constellation de Cassiopée.                     ENCYCL. Large de 4 700 km environ, et aisé-
                                                   ment observable avec une petite lunette ou
case à équipements. Compartiment                   un petit télescope d'amateur, cette zone
d'un lanceur, généralement situé au sommet         n'est pas complètement dépourvue de ma-
de l'étage supérieur, qui rassemble les prin-      tière comme on le pensait naguère. Les son-
cipaux équipements électriques et permet           des américaines Voyager* ont révélé qu'elle
d'assurer notamment les fonctions de gui-          renferme des poussières sombres, réparties
dage, de localisation, de pilotage et de sau-      en une vingtaine au moins de fins annelets.
vegarde.
                                                   Cassini (Dominique, comte de), dit Cas-
Cassegrain (combinaison de). Com-                  sini IV, astronome et géodésien français (Pa-
binaison optique proposée au xviie s. par le       ris 1748 - Thury-sous-Clermont, Oise,
Français Laurent Cassegrain, dans laquelle le      1845).
faisceau lumineux se réfléchit sur un miroir       Fils de César-François Cassini de Thury, il
principal parabolique concave, puis sur un         acheva les travaux de la carte de France et
miroir secondaire hyperbolique convexe,            participa aux opérations géodésiques de rac-
pour donner une image finale agrandie à            cordement des méridiens de Paris et de
l'arrière du miroir principal, à travers un trou   Greenwich. À la mort de son père, en 1784,
percé au centre de ce miroir (voir figure).        il lui succéda comme directeur de l'Observa-
ENCYCL. Avec ce système, l'emplacement ha-         toire de Paris. Foncièrement attaché à la mo-
bituel des appareils où l'on reçoit l'image        narchie, il se démit de ses fonctions en 1793.
pour l'exploiter est particulièrement acces-
sible. En outre, cette combinaison per-            Cassini (Jacques), dit Cassini II, astronome
met d'obtenir une longueur focale résul-           et géodésien français (Paris 1677 - Thury,
tante entre 2 et 5 fois supérieure à celle du      Beauvaisis, 1756).
miroir principal, ce qui la rend particulière-     Fils de Jean-Dominique Cassini, il collabora
75                                                                                   Cassiopée

très jeune avec son père et lui succéda à la      Fils de Jacques Cassini, il fut surtout un émi-
tête de l'Observatoire de Paris. Il prit part à   nent géodésien et un cartographe de talent.
de nombreuses opérations géodésiques et           À la demande de Louis XV, il leva la carte de
astronomiques.       Cartésien     convaincu,     France au 1/86 400. Commencée en 1752,
comme son père, il prit position contre l'hy-     l'entreprise ne fut achevée qu'en 1789.
pothèse de l'aplatissement de la Terre : son      C'était la première carte moderne de la
mémoire De la grandeur et de la figure de la      France. Elle servit plus tard de modèle à la
Terre (1722), célèbre par son exposé des prin-    carte d'état-major. Cassini III fut, à partir de
cipes de la triangulation géodésique, vint        1771, le premier directeur en titre de l'Ob-
appuyer les adversaires de la théorie de la       servatoire de Paris, où il logeait déjà comme,
gravitation de Newton.                            avant lui, son père et son grand-père.

Cassini (Jean Dominique), dit Cassini I er        Cassini-Huygens. Programme spatial
astronome français d'origine italienne            américano-européen d'étude de la planète
(Perimaldo, comté de Nice, 1625 - Paris,          Saturne et de son principal satellite, Titan.
1712).                                            ENCYCL. Ce programme prévoit la satellisa-
Il travailla d'abord à Modène avec les pères      tion autour de Saturne d'un orbiteur cons-
Riccioli et Grimaldi, et se rendit célèbre par    truit par la NASA, qui larguera en temps
des observations de très bonne qualité et         opportun dans l'atmosphère de Titan la
des publications de valeur. En 1650, il fut       sonde d'exploration Huygens*, réalisée par
nommé professeur d'astronomie à l'univer-         l'Agence spatiale européenne. Le vaisseau
sité de Bologne puis, en 1663, entra au ser-      Cassini, lancé le 15 octobre 1997, doit se
vice du pape. En 1669, il vint en France,         placer en orbite autour de Saturne en 2004
appelé par Colbert, pour organiser l'Obser-       après avoir survolé un astéroïde et avoir été
vatoire de Paris, alors en construction. Mal-     accéléré par un passage près de Vénus, un
gré plusieurs rappels du pape, il préféra         retour près de la Terre, puis un survol de
poursuivre ses recherches à Paris et se fit       Jupiter. Il cartographiera une grande partie
naturaliser français en 1673. Il contribua à      de la surface de Titan par altimétrie radar,
équiper l'Observatoire de moyens d'obser-         étudiera les autres satellites de Saturne, ob-
vation importants pour l'époque, grâce aux-       servera les anneaux de la planète sous diffé-
quels il effectua de nombreuses découver-         rents angles et explorera sa magnétosphère.
tes, parmi lesquelles celles de quatre            Cette mission orbitale est prévue pour une
satellites de Saturne (Japet, 1671 ; Rhéa,        durée de quatre ans.
1672 ; Téthys et Dioné, 1684) et d'une divi-
sion (qui porte à présent son nom) dans           Cassiopée (en latin Cassiopeia, -ae). Cons-
l'anneau entourant cette planète (1675). Il       tellation voisine du pôle céleste nord, située
s'attacha aussi à poursuivre les observations     à l'opposé de la Grande Ourse par rapport à
des surfaces planétaires qu'il avait entrepri-    l'étoile polaire.
ses avant sa venue en France (dès 1665, il        ENCYCL. Elle se reconnaît facilement grâce au
parvint à déterminer la période de rotation       W que dessinent ses cinq étoiles principales
de Jupiter, et, en 1666, celle de Mars). Il             3
                                                  (a, | , y, 8, e). Elle renferme une trentaine
dessina une grande Carte de la Lune, achevée      d'étoiles visibles à l'œil nu, plusieurs étoiles
en 1679, qui resta sans rivale jusqu'à l'appa-    doubles ou multiples aux composantes faci-
rition de la photographie au xixe siècle. En-                                      |,
                                                  lement séparables (comme t|, \ / i), des étoi-
fin, avec O. Rômer, il étudia le mouvement        les variables (y, 8) et quelques amas ouverts
des satellites de Jupiter, ce qui permettait, à   (M 52, M 103). Son étoile la plus brillante, a
l'époque, de résoudre, au moins approxima-        ou Schedir (le « Sein »), présente des fluctua-
tivement, le problème de la détermination         tions irrégulières d'éclat de faible amplitude
des longitudes en mer.                            (magnitude variable de 2,1 à 2,6).
                                                  y Cas est une variable irréguiière, distante
Cassini de Thury (César-François), dit            de 650 al, dont la magnitude varie entre 1,6
Cassini III, astronome et géodésien français      et 3,3, en raison, semble-t-il, de fluctuations
(Thury, Beauvaisis, 1714 - Paris 1784).           du volume de son enveloppe gazeuse. Le
Cassiopée                                                                                     76

11 novembre 1572, Tycho Brahe* aperçut            Cassiopée A. La plus puissante radio-
dans cette constellation une étoile tempo-        source discrète du ciel (autre que le Soleil),
raire (supernova*) qui devint aussi brillante     découverte en 1946 et identifiée à une nébu-
que Vénus et qu'il put observer pendant           leuse à émission, en expansion rapide, située
17 mois. Le gaz libéré par l'explosion se ma-     à 10 000 al, qui serait issue de l'explosion
nifeste encore par des émissions d'ondes          d'une supernova survenue vers 1660 (mais
radio et, faiblement, dans le domaine opti-       qui n'a pas été observée, peut-être occultée
que. On a retrouvé également dans la cons-        par des nuages de poussières interstellaires).
tellation les vestiges d'une supernova aper-
çue en 1181 par les observateurs de Chine et      Cassiopeia ( - a e ) . Nom latin de la cons-
du Japon. Enfin, on y a détecté la plus           tellation de Cassiopée (abrév. Cas).
brillante radiosource discrète du ciel en on-
des métriques, Cassiopée A.
                                                  C a s t o r (alias D5B). Satellite français mis
                                                  sur orbite le 17 mai 1975 (en même temps
Cassiopée (du nom d'une constellation).           que Pollux).
                                                  ENCYCL. Il emportait l'accéléromètre CAC-
Cinquième mission spatiale habitée franco-
russe, qui a vu l'envoi dans l'espace de la       TUS (capteur accélérométrique capacitif
première spationaute française, C. André-         triaxial      ultrasensible) développé      par
Deshays*.                                         l'ONERA afin de mesurer des accélérations
                                                  dans la gamme 10"4 à 10"8 m-s"2. Son ex-
ENCYCL. Cette mission a consisté à mettre en
                                                  trême sensibilité lui aurait permis de mesu-
œuvre un important matériel scientifique,
                                                  rer la décélération d'une voiture dont la vi-
notamment : l'instrument Alice 2, nouvelle
                                                  tesse de 100 km/h se serait annulée en un
version de l'instrument Alice pour des expé-
                                                  siècle.
riences sur le comportement des fluides près
de leur point critique ; le laboratoire Cogni-    Le satellite Castor s'est détruit en rentrant
lab, destiné à étudier l'adaptation du sys-       dans l'atmosphère le 18 février 1979, après
tème neurosensoriel dans des conditions           44 mois de vie opérationnelle.
d'impesanteur (perception de l'environne-         Un premier modèle de vol n'avait pu être
ment, positionnement du corps, attention,         satellisé le 21 mai 1973.
performances) ; l'expérience de biologie Fer-
tile, consacrée à l'étude dans des conditions     C a s t o r . Etoile a des Gémeaux.
d'impesanteur des étapes successives du dé-       ENCYCL.    Magnitude apparente visuelle : 1,6.
veloppement embryonnaire d'œufs d'am-             Distance : 52 années de lumière. Il s'agit, en
phibiens (pleurodèles) fécondés in situ ; et le   fait, d'une étoile double, dont les compo-
laboratoire modulaire de physiologie hu-          santes sont de type spectral A0 et de magni-
maine Physiolab, destiné à l'acquisition et       tude apparente 2,0 et 2,9 respectivement.
au traitement des données de mesure d'un          Dédoublé pour la première fois en 1718
ensemble de paramètres physiologiques,            par les Britanniques Bradley et Pound, ce
principalement cardio-vasculaires.                système binaire est le premier à avoir été
Parti de Baïkonour le 17 août 1996, avec le       expliqué, en 1804, par William Herschel,
vaisseau Soyouz TM24, l'équipage, compre-         par le mouvement de révolution de deux
nant les Russes V. Korzoun et A. Kaléri et la     étoiles autour de leur centre de gravité
spationaute française, rejoignit la station       mutuel. Chacune des composantes du sys-
Mir le surlendemain. En deux semaines, le         tème est elle-même une binaire spectrosco-
programme expérimental complet put être           pique.
réalisé. Claudie André-Deshays est revenue
sur la Terre le 2 septembre 1996.                 catadioptrique adj. Se dit d'un système
Entreprise dans le cadre de la coopération        optique qui combine des lentilles et des
spatiale entre la France et la Russie, Cassio-    miroirs, c'est-à-dire des éléments qui
pée fait suite aux missions PVH* (1982),          réfractent la lumière et des éléments qui la
Aragatz* (1988), Antarès* (1992) et Altaïr*       réfléchissent. Les télescopes de Maksutov*,
(1993).                                           de Schmidt* et de Schmidt*-Cassegrain
77                                                                                           CCD

sont des exemples de systèmes catadioptri-           Caucase. Chaîne de montagnes, sur la
ques.                                                Lune, dans le prolongement des Apennins,
                                                     entre la mer des Pluies et la mer de la
                                                     Sérénité (nom international : Caucasus Mon-
catalogue n.m. Liste importante d'objets
                                                     tes).
célestes (étoiles, nébuleuses, galaxies...)
accompagnée de certaines données parti-
                                                     cavale n.f. Étoile à grande vitesse, échap-
culières sur ces objets : position, caractéris-
                                                     pée d'une association stellaire à laquelle elle
tiques astrométriques ou astrophysiques,
                                                     appartenait, vraisemblablement à la suite
etc.
                                                     d'un échange d'énergie avec d'autres étoiles
ENCYCL. Le premier catalogue d'étoiles dont
                                                     de l'association.
on ait trouvé mention fut établi par Hippar-
                                                     ENCYCL. Les cavales sont des étoiles jeunes
que en 127 av. J.-C. Mais le plus ancien qui
                                                     et chaudes. Les trois premières ont été dé-
nous soit parvenu est celui publié en 137
                                                     couvertes au cours des années 1950 par l'as-
apr. J.-C. par Ptolémée, qui contient
                                                     tronome néerlandais Adraan Blaauw, et
1 028 étoiles. Ensuite, des catalogues d'étoi-
                                                     semblent fuir l'association d'Orion. L'une
les ont été établis par les astronomes arabes
                                                     (AE Aurigae) se trouve à présent dans la
au Moyen Âge, et parTycho Brahe en 1594,
                                                     constellation du Cocher, la deuxième
mais, toujours limités à des étoiles visibles à
                                                     (53 Arietis) dans celle du Bélier, et la troi-
l'œil nu, ils ne contiennent pas plus d'étoiles
                                                     sième (p Columbae) dans celle de la Co-
que celui de Ptolémée. Il a fallu attendre
                                                     lombe. Toutes trois s'éloignent d'un point
l'application de la lunette à l'étude du ciel
                                                     du ciel situé au centre de la constellation
par Galilée (1609-1610) pour découvrir une
                                                     d'Orion. Ce sont des géantes bleues. AE
multitude d'étoiles nouvelles. W. Herschel,
                                                     Aurigae et p Columbae s'écartent, à une vi-
à la fin du XVIII6 s., comptait déjà, dans certai-
                                                     tesse de 130 km/s, dans des directions dia-
nes portions du ciel, environ 200 000 étoiles
                                                     métralement opposées. Elles auraient quitté
par degré carré. Ainsi s'est imposée la néces-
                                                     l'association d'Orion il y a 2,5 millions d'an-
sité de disposer de catalogues aussi com-
                                                     nées. 53 Arietis, dont la vitesse n'est que de
plets que possible, et toujours plus précis. Le
                                                     70 km/s, se serait échappée il y a 4,5 mil-
perfectionnement des instruments et des
                                                     lions d'années.
techniques de mesure, à partir du xviie, et
surtout du xviiie s., a permis d'entreprendre
la réalisation de tels catalogues.                   C C D n.m.inv. (sigle de l'angl. Charge Cou-
Parmi les catalogues d'étoiles les plus célè-        pied Device, dispositif à couplage de charge).
bres, on peut citer ceux de La Caille (1757),        Récepteur électronique d'images, constitué
concernant 10 000 étoiles du ciel austral;           d'une mosaïque carrée ou rectangulaire
celui de Bradley (1763), longtemps consulté          de diodes en silicium qui se chargent en
pour l'étude des mouvements propres stel-            fonction de la lumière qu'elles reçoivent,
laires ; celui de Lalande (1801), donnant les        la lecture du signal électrique étant réa-
positions d'environ 47 000 étoiles ; puis, au        lisée ensuite grâce au déplacement des
cours du xixe s., le grand catalogue d'Arge-         charges, commandé par l'application de ten-
lander (1857-1863), connu sous le nom de             sions aux bornes des éléments photocon-
Bonner* Durchmusterung et ses deux supplé-           ducteurs.
ments ; le catalogue AGK* ; et les catalogues        ENCYCL. Mis au point en 1969 par deux ingé-
fondamentaux FIC.                                    nieurs américains des laboratoires Bell Télé-
                                                     phoné, Boyle et Smith, le CCD a été utilisé
Parmi les catalogues de nébuleuses et de
                                                     pour la première fois en astronomie en 1975,
galaxies, les plus célèbres sont ceux de Mes-
                                                     aux États-Unis, pour photographier la pla-
sier* et le New General Catalogue (NGC*) de
                                                     nète Uranus. Ce dispositif offre toutes les
H. Draper.
                                                     qualités attendues d'un récepteur d'images
                                                     en astronomie : un excellent rendement (sur
c a t e n a n.f. (mot latin ; pl. catenae). Chaîne   100 photons qu'il reçoit, il en enregistre de
de cratères, dans la nomenclature interna-           60 à 80, contre 2 seulement pour une émul-
tionale du relief des surfaces planétaires.          sion photographique), une sensibilité qui le
CD                                                                                                78

rend utilisable dans une large gamme de            au Soleil. Vers le bord intérieur de la cein-
longueurs d'onde, une remarquable linéarité        ture, on rencontre 60 % d'astéroïdes silica-
(le nombre d'électrons collectés sur un pixel      tés et 10 % de carbonés, tandis que près du
est rigoureusement proportionnel au nom-           bord extérieur la situation est inverse avec
bre de photons incidents, de sorte que la          80 % de carbonés et 15 % de silicatés. La
brillance de l'image reflète fidèlement            ceinture d'astéroïdes constitue une zone de
celle de l'objet), un bruit de fond très faible    transition entre le domaine des planètes tel-
et la capacité d'enregistrer simultanément         luriques (système solaire interne) et celui
l'image d'objets ayant des éclats très diffé-      des grosses planètes (système solaire ex-
rents (dans un rapport de 1 à 100 000). Enfin,     terne).
la forme numérisée du signal se prête bien
au traitement par ordinateur. Ces nombreu-         ceinture de Kuiper. Vaste région du sys-
ses qualités, auxquelles s'ajoute l'aptitude à     tème solaire, peuplée d'astéroïdes et de
la miniaturisation, expliquent que les CCD         noyaux cométaires, qui s'étendrait, dans le
constituent désormais les récepteurs d'ima-        plan de l'écliptique, au-delà de l'orbite de
ges privilégiés de l'astronomie. Plus le nom-      Neptune.
bre d'éléments photoconducteurs est grand,         ENCYCL. Son existence a été postulée dès 1951
meilleure est la résolution des images four-       par l'Américain G. Kuiper. Elle permet d'ex-
nies.                                              pliquer les caractéristiques des orbites des
                                                   comètes à courte période. Elle abriterait des
CD. Abréviation de Cordoba Durchmuste-             vestiges de la formation du système solaire :
rung.                                              des planétésimaux qui n'ont jamais quitté la
                                                   région dans laquelle ils se sont formés, mais
C E C L E S (sigle de Conseil Européen pour        dont l'agglomération en un corps unique de
la mise au point et la Construction de Lan-        taille planétaire a échoué parce qu'ils étaient
ceurs d'Engins Spatiaux, en anglais ELDO).         en nombre insuffisant. Les astéroïdes
Organisme européen mis en place en 1964            transneptuniens découverts depuis 1992 en
afin de doter l'Europe d'une capacité auto-        seraient des spécimens. La planète Pluton*
nome de lancement (programme Europa). Il           elle-même peut sans doute être considérée
comptait sept pays fondateurs : Allemagne,         comme le premier des objets de la ceinture
Australie, Belgique, France, Italie, Pays-Bas,     de Kuiper. Cette ceinture pourrait s'étendre
Royaume-Uni. L'Agence spatiale euro-               jusqu'à une distance du Soleil de l'ordre de
péenne lui a succédé à partir de 1975.             500 unités astronomiques.
-•CERS
                                                   ceinture de rayonnement (ou de ra-
CEI. Sigle de Communauté* d'États Indé-            diations). Zone de la magnétosphère*
pendants.                                          d'une planète, de forme toroïdale, dans la-
                                                   quelle se trouvent confinées un grand nom-
ceinture d'astéroïdes. Région du sys-              bre de particules de haute énergie.
tème solaire, à des distances du Soleil com-       ENCYCL. La mise en évidence, autour de la
prises entre 2 et 3,3 unités astronomiques         Terre, de deux ceintures de rayonnement a
(300 et 495 millions de kilomètres environ),       constitué la première grande découverte à
dans laquelle circulent la plupart des astéroï-    l'actif des satellites artificiels. J.A. Van Allen,
des* connus.                                       à partir des données recueillies par les pre-
ENCYCL. A l'intérieur de cette région, les asté-   miers satellites américains Explorer, en
roïdes sont inégalement distribués : on y          1958, fournit un premier aperçu de leur
trouve à la fois des zones très peuplées, où       forme et de leurs caractéristiques, d'où le
de nombreux astéroïdes, groupés en fa-             nom de ceintures de Van Allen qui leur est
milles, décrivent des orbites voisines, et des     souvent donné. Depuis, de nombreuses mis-
zones pratiquement vides, désignées sous le        sions spatiales ont permis de préciser leur
nom de lacunes de Kirkwood*.                       structure.
La composition superficielle des astéroïdes        La ceinture interne s'étend, en moyenne,
varie de façon significative selon la distance     entre 1 300 et 25 000 km d'altitude environ.
79                                                                                  co Centauri

Elle est peuplée surtout de protons (dont le     Centaur. Propulseur réallumable construit
flux, pour des énergies supérieures à            par les États-Unis au début des années 1960
10 MeV, est maximal vers 7 000 km d'alti-        à partir du premier moteur cryotechnique
tude) issus des interactions entre les rayons    du monde, le RL-10 de Pratt and Whitney, à
cosmiques* et la haute atmosphère. Sa            hydrogène et oxygène liquides. Sous une
configuration est très stable, mais elle est     forme modifiée, il est encore utilisé aujour-
sujette à des perturbations occasionnelles       d'hui comme étage supérieur des lanceurs
dues aux orages magnétiques et varie égale-      Atlas et Titan.
ment avec le cycle de l'activité* solaire. Par
suite de l'inclinaison de l'axe magnétique de    C e n t a u r e (en latin Centaurus, -i). Constel-
la Terre par rapport à son axe de rotation, la   lation australe, connue depuis l'Antiquité.
limite inférieure de cette ceinture s'appro-     ENCYCL. Elle est très riche en curiosités céles-
che à moins de 500 km de la surface terres-      tes (étoiles brillantes, étoiles variables, étoi-
tre dans l'Adantique Sud, au large du Brésil     les doubles ou multiples, amas stellaires, né-
(anomalie de l'Atlantique Sud). La ceinture      buleuses galaxies). Ses deux étoiles
externe s'étend au-delà de la précédente,        principales, P Cen (Rigil* Kentarus) et P Cen
jusqu'à 50 000 km environ. Elle est peuplée      (Agena), comptent parmi les plus brillantes
essentiellement d'électrons, dont l'énergie      du ciel austral. L'une des étoiles du système
ne dépasse pas 10 MeV et dont le flux, pour      triple a Cen est, à 4,22 années de lumière de
des énergies supérieures à 1 MeV, est maxi-      distance, l'étoile la plus proche du système
mal vers 25 000 km. Ces particules provien-      solaire, et appelée pour cette raison Proxima.
nent du vent solaire et des orages magnéti-      La constellation renferme aussi l'amas glo-
ques ; elles forment une population              bulaire co Centauri, la puissante radiosource
beaucoup plus dynamique que celle de la          Centaurus* A et un amas d'environ 250 ga-
ceinture interne.                                laxies principales, situé à 225 millions d'an-
Une troisième ceinture a été mise en évi-        nées de lumière.
dence en 1992 par le satellite américano-ger-
manique Sampex. Incluse dans la ceinture         a Centauri. La plus brillante étoile de la
interne, elle présente sa plus forte intensité   constellation du Centaure et l'étoile brillante
au niveau de l'anomalie de l'Atlantique Sud.     la plus proche du Soleil.
Elle est peuplée d'ions très énergétiques        ENCYCL. C'est un système de trois étoiles liées
d'oxygène, d'azote et de néon : ceux-ci pro-     par leur attraction mutuelle. L'astre brillant
viennent, pense-t-on, d'atomes de l'espace       auquel les Arabes ont donné le nom de Rigil*
interstellaire qui ont pénétré dans le sys-      Kentarus et qui, avec une magnitude appa-
tème solaire et ont été ionisés par le rayon-    rente de - 0,27, constitue la troisième étoile
nement ultraviolet du Soleil.                    du ciel par son éclat, est en fait une étoile
Des ceintures de rayonnement ont été éga-        double visuelle, située à 4,40 années de lu-
lement découvertes autour des planètes Ju-       mière. À 2° 11' de ce couple se trouve une
piter, Saturne, Uranus et Neptune grâce aux      troisième composante, bien moins lumi-
sondes spatiales Pioneer 10 et 11 et Voyager     neuse, qui est l'étoile la plus proche du
1 et 2.                                          Soleil, à 4,22 années de lumière de distance,
                                                 et a reçu pour cette raison le nom de
cellule solaire. Dispositif élémentaire          Proxima*.
destiné à produire de l'énergie électrique par
conversion directe de l'énergie lumineuse        (O Centauri. Brillant amas globulaire de la
solaire. Les piles solaires et les panneaux      constellation du Centaure.
solaires sont constitués d'un assemblage de      ENCYCL. Aisément visible à l'œil nu comme
cellules solaires.                               une petite nébulosité de magnitude 3,6, il a
                                                 été primitivement pris pour une étoile par
Cen. Abréviation de Centaurus, désignant         les observateurs des pays méditerranéens,
la constellation du Centaure.                    pour lesquels il reste toujours très bas sur
                                                 l'horizon : cela explique que J. Bayer, dans
c e n d r é e (lumière).   lumière cendrée       son Uranometria, publiée en 1603, l'ait dési-
Centaurus                                                                                       80

gné par la lettre grecque ffl, et cet usage s'est   transmise au sol sous forme de micro-
maintenu. C'est Halley qui, le premier, en          ondes.
1677, le reconnut comme un amas stellaire.          ENCYCL. Le concept de centrale solaire spa-
Plus riche que les amas d'Hercule et du Tou-        tiale a été proposé en 1968 par l'Américain
can, c'est l'un des amas globulaires les plus       Peter E. Glaser. Fondamentalement, une
brillants du ciel. Dans les grands instru-          telle centrale comprendrait : un satellite
ments, il s'étend sur plus de 1° et l'on per-       placé en orbite géostationnaire portant un
çoit bien sa forme elliptique. Avec un dia-         générateur photovoltaïque, convertissant la
mètre de 620 années de lumière, c'est le plus       lumière en courant continu ; un système de
grand amas globulaire connu. Au centre, on          transmission d'énergie hyperfréquence
estime que les étoiles sont, en moyenne, au         composé d'un ensemble d'émission porté
moins 50 fois plus proches les unes des             parle satellite et d'une antenne de réception
autres qu'au voisinage du Soleil. Sa lumino-        terrestre ; un système de conversion trans-
sité globale correspond à celle de 1 million        formant le courant continu reçu en courant
de soleils. Il est situé à une distance de          alternatif et assurant son injection dans le
16 500 années de lumière.                           réseau terrestre de distribution d'énergie
                                                    électrique. Les études préliminaires déjà ef-
                                                    fectuées ont montré que ce concept est tech-
Centaurus (-i). Nom latin de la constella-          niquement viable mais à un coût très diffi-
tion du Centaure* (abrév. Cen).                     cile à évaluer et avec des problèmes
                                                    écologiques et institutionnels nécessitant
Centaurus A. Radiosource intense et                 encore des recherches approfondies. En rai-
étendue, à la structure complexe, dans la           son des différents problèmes posés, le déve-
constellation du Centaure.                          loppement de centrales solaires spatiales
ENCYCL. Son centre coïncide avec la galaxie         n'apparaît guère envisageable qu'à l'échelle
elliptique géante NGC 5128. Deux de ses             internationale.
composantes sont situées à l'intérieur des
limites optiques de la galaxie, tandis que
deux autres s'étendent très au-delà, symétri-       centralité (ligne de). Ligne décrite, à la
quement par rapport à la galaxie, sur quel-         surface de la Terre, par la trace de la droite
que 3 millions d'années de lumière. La ga-          joignant les centres du Soleil et de la Lune au
laxie elle-même est aussi une source intense        cours d'une éclipse de Soleil totale ou annu-
de rayons y et de rayons X. On présume que          laire.
son noyau est le siège d'une violente acti-
vité, à l'origine de la colossale énergie libé-     c e n t r é ( s y s t è m e optique)   système
rée. Sa distance reste incertaine : d'après les     optique
observations d'une supernova qui y a été
aperçue en 1986, elle serait comprise entre 7
et 10 millions d'années de lumière.                 c e n t r e de contrôle. Salle où sont coor-
                                                    données diverses opérations spatiales (lors
                                                    d'un lancement ou pour la surveillance et le
centrale inertielle. Ensemble mécani-               maintien des satellites en orbite), et qui ras-
que et électronique de précision comportant         semble d'importants moyens techniques
des accéléromètres, des gyromètres et des           (calculateurs, liaisons avec les stations de
moyens de calcul et capable de fournir à            poursuite, équipements de visualisation,
chaque instant les coordonnées de position          etc.) ainsi que les moyens humains nécessai-
et les composantes de vitesse et d'accéléra-        res à ces opérations.
tion du véhicule à bord duquel il est installé.
On dit aussi centrale à inertie.                    c e n t r e de lancement. Installation pro-
                                                    che de l'aire de lancement, en général proté-
centrale solaire spatiale. Ensemble                 gée contre les effets d'une explosion ou d'un
d'installations permettant la production in-        impact, d'où sont dirigées les opérations
dustrieËe d'énergie électrique à partir             propres à un véhicule aérospatial jusqu'à son
d'énergie solaire captée dans l'espace et           lancement.
81                                                                                  cercle oculaire

C e n t r e des astronautes européens                   varie entre les magnitudes 3,7 et 4,6 avec
   EAC                                                  une période de 5,366 3 j.

centrifuge adj. 1. Dirigé dans le sens qui              céphéide n.f. Étoile puisante dont l'étoile
éloigne du centre. 2. Force centrifuge, force           5 Cep est le prototype et dont l'éclat subit
d'inertie qu'on doit introduire en plus de la           des variations d'éclat périodiques (de 1 jour
force centripète pour décrire un mouvement              à quelques semaines) liées à l'instabilité de
circulaire uniforme dans le référentiel non             son atmosphère, qui se dilate et se contracte
galiléen lié au mobile.                                 alternativement.
                                                        ENCYCL. Les céphéides se répartissent en deux

centrifugeuse n.f. Machine tournante                    grandes classes : les céphéides classiques,
destinée à soumettre un sujet ou un matériel            qui sont les plus lumineuses et appartien-
aux effets de l'accélération.                           nent à la population I (jeune) ; les céphéides
ENCYCL. Les centrifugeuses utilisées pour la
                                                        de population II, du type de l'étoile WVirgi-
sélection et l'entraînement des pilotes de              nis. C'est par l'observation des céphéides du
chasse et des spationautes se présentent                Petit Nuage de Magellan que l'Américaine
comme une sorte de manège constitué par                 Henrietta Leavitt découvrit en 1912 la rela-
un bras très robuste fixé à un axe vertical             tion qui existe entre la période des varia-
relié à un moteur, et à l'extrémité duquel est          tions d'éclat et la luminosité moyenne des
accrochée une cabine dans laquelle prend                céphéides.
place le sujet. L'accélération subie peut at-           Des travaux ultérieurs ont montré que les
teindre 10 g. Selon la position du sujet dans           deux classes de céphéides obéissent à une
la cabine, elle peut s'exercer dans les direc-          relation « période-luminosité » différente.
tions siège-tête, tête-siège, ventre-dos, dos-          Cette relation joue un rôle important en
ventre, côté-côté ou suivant toute autre di-            astronomie, car elle constitue un critère de
rection intermédiaire. L'installation permet            distance extragalactique. En effet, la déter-
de faire varier l'intensité de l'accélération et        mination observées dans des amas et des
le rythme d'accélération ou de décélération.            galaxies proches permet d'en déduire, à
Le sujet fait l'objet d'une surveillance cardia-        l'aide de la relation période-luminosité, leur
que et pulmonaire constante ; il est filmé par          luminosité intrinsèque moyenne ; la compa-
une caméra de télévision dont les images                raison de celle-ci avec l'éclat .apparent
sont reçues dans une salle de contrôle où se            moyen des céphéides observées fournit
tiennent les médecins responsables de l'ex-             alors la distance de l'amas ou de la galaxie.
périence.                                                   Hubble (loi de)

                                                        Cepheus (-i). Nom latin de la constella-
c e n t r i p è t e adj. Dirigé vers le centre. S'em-   tion de Céphée* (abrév. Cep).
ploie surtout à propos de l'accélération d'un
mouvement circulaire uniforme et de la                  cercle de hauteur. Synonyme de almir
force qui produit ce mouvement.                         cantarat.

Cep. Abréviation de Cepheus, désignant la               cercle horaire. Demi-grand cercle de la
constellation de Céphée.                                sphère céleste, en un lieu donné, passant par
                                                        les pôles célestes et l'astre considéré.
C é p h é e (en latin Cepheus, -/). Constella-
tion boréale, proche du pôle céleste nord.              cercle méridien. Synonyme de lunette
ENCYCL. Ses principales étoiles (et, (3, y, i et Q      méridienne*.
forment un pentagone entre le Dragon et
Cassiopée. Seule son étoile la plus brillante,          cercle oculaire. Dans une lunette astro-
a Cep ou Alderamin*, a un éclat supérieur à la          nomique, image réelle de l'objectif fournie
magnitude 3. La constellation renferme de               par l'oculaire.
nombreuses étoiles variables, en particulier            ENCYCL. Son emplacement est celui que doit
ô Cep, prototype des céphéides, dont l'éclat            occuper la pupille de l'œil pour embrasser la
Cérès                                                                                          82

plus grande partie du champ. On l'appelle         nisme européen mis en place en 1964 pour
aussi anneau oculaire.                            la réalisation de satellites scientifiques et la
                                                  coordination des technologies spatiales, à
C é r è s . Astéroïde 1, le plus volumineux des   l'initiative de dix pays fondateurs : Allema-
astéroïdes et le premier à avoir été décou-       gne, Belgique, Danemark, Espagne, France,
vert, par l'Italien G. Piazzi, le l ç r janvier   Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède,
1801. Demi-grand axe de son orbite :              Suisse. L'Agence spatiale européenne lui a
414 millions de km. Période de révolution         succédé à partir de 1975. CECLES
sidérale : 1 680 j. Diamètre : 930 km envi-
ron. Masse : 5,9.lO"10 fois celle du Soleil.      C e t . Abréviation de Cetus, désignant la
                                                  constellation de la Baleine.
C E R G A (sigle de Centre d'Études et de
Recherches Géodynamiques et Astronomi-
ques). Établissement créé en 1974 pour le         Cetus (-i). Nom latin de la constellation
développement des recherches et des tech-         de la Baleine (abrév. Cet).
niques dans le domaine de l'astrométrie, de
la géophysique et de la géodynamique, et          C F H (télescope). Abréviation               de
qui constitue, depuis 1988, l'une des com-        Canada*-France-Hawaii (télescope).
posantes de l'observatoire de la Côte
d'Azur.                                           Cha. Abréviation de Chamaeleon désignant
ENCYCL. Il comprend un observatoire, situé à      la constellation du Caméléon.
1 250 m d'altitude, sur le plateau de Calem,
au nord de Grasse, et un centre administratif     Challenger. Nom de l'un des orbiteurs de
et scientifique à Roquevignon. L'observa-         la navette spatiale américaine.
toire dispose notamment de l'un des plus          ENCYCL. Son premier lancement a eu lieu le
gros télescopes de Schmidt du monde (dia-         4 avril 1983. Lors de sa 10e mission, le
mètre du miroir : 1,52 m), de télescopes          28 janvier 1986, son explosion en vol, 73 s
autorisant des mesures interférométriques         après le décollage, a causé la mort des sept
dans le domaine visible et dans l'infrarouge,     astronautes qui composaient son équipage
de stations de télémétrie laser pour des opé-     et la perte du satellite TDRS 2.
rations de géodésie spatiale et la mesure de
la distance Terre-Lune, etc.                      Chalonge (Daniel Henri), astrophysicien
                                                  français (Grenoble 1895 - Paris 1977).
C e r r o Paranal. Sommet des Andes, dans         Il a établi avec D. Barbier une classification
le nord du Chili, sur lequel un très grand        spectrale quantitative des étoiles et a étudié
télescope européen, le VLT*, est en cours         la répartition spectrale de l'énergie dans le
d'installation, à 2 640 m d'altitude.             Soleil et les étoiles. Fervent alpiniste, il fut
                                                  l'initiateur des recherches d'astrophysique
C e r r o Tololo (observatoire inter-
                                                  au Jungfraujoch.
américain de). L'un des observatoires
optiques     nationaux     des      États-Unis
(-• NOAO), fondé en 1963, au Chili.               Chamaeleon(-tis). Nom latin de la cons-
ENCYCL. Le siège administratif se trouve à La
                                                  tellation du Caméléon (abrév. Cha).
Serena, à 480 km au nord de Santiago. L'ob-
servatoire proprement dit est implanté à          c h a m b r e de combustion. Dans un mo-
70 km de là, sur le sommet de Cerro Tololo,       teur-fusée à liquides, enceinte où sont injec-
à 2 200 m d'altitude. Il comprend sept téles-     tés, finement pulvérisés et sous forte pres-
copes dont le plus grand, mis en service en       sion, les ergols pour réagir l'un sur l'autre.
1974, à 4 m d'ouverture et est identique au       Les gaz produits sont ensuite accélérés dans
télescope Mayall de l'observatoire de Kitt*       une tuyère.
Peak.
                                                  c h a m p magnétique.
CERS (sigle de Conseil Européen de Re-            1. Zone où s'exercent des forces d'origine
cherches Spatiales, en anglais ESRO). Orga-       magnétique. 2. Grandeur physique qui ca-
83                                                                           chaos déterministe

ractérise les effets du champ magnétique              juiËet 1999. Long de 13,8 m et pesant
existant en un point.                                 4 620 kg, il doit suivre une orbite très allon-
ENCYCL. La connaissance des champs magné-             gée, entre 140 000 et 10 000 km d'altitude ;
tiques permet de rendre compte du compor-             ses miroirs à incidence rasante de 0,6 à 1,2 m
tement des particules chargées des plasmas            de diamètre devraient lui assurer une résolu-
existant dans l'Univers. Les divers phéno-            tion 100 fois plus fine que celle des meilleu-
mènes de l'activité* solaire sont liés à des          res images obtenues jusqu'à présent dans le
perturbations magnétiques ; l'espace inter-           domaine X.
planétaire est divisé en secteurs magnéti-
ques liés au champ solaire ; sous l'action du         chaos déterministe. État désordonné
vent* solaire, le domaine magnétique des              d'un système dynamique résultant de l'ac-
planètes se trouve confiné dans des régions           tion de forces où le hasard n'intervient pas.
de forme particulière appelées magnéto-               ENCYCL. De nombreux systèmes physiques,
sphères*.                                             quoique soumis à des actions connues où
                                                      n'intervient aucune forme de hasard, pré-
c h a m p n.m. Portion de la sphère céleste           sentent une évolution dynamique imprévi-
accessible à un instrument dirigé vers un             sible en raison de leur extrême sensibilité
point fixe du ciel. Il est d'autant plus petit        aux conditions initiales. En astronomie, la
que le grossissement est plus élevé.                  mécanique céleste constitue le domaine
                                                      d'étude privilégié de tels systèmes. Après les
                                                      travaux de Laplace et de Lagrange, dans la
Chandler (Seth Carlo), astronome améri-               seconde moitié du xviiie siècle, il semblait
cain (Boston 1846 - Wellesley Hill, Massa-            établi que le mouvement des corps du sys-
chusetts, 1913).                                      tème solaire est quasi périodique et régulier,
Il s'est illustré par ses travaux sur la forme et     garantissant ainsi la stabilité du système au
la rotation de la Terre. On lui doit notam-           cours du temps : les demi-grands axes, ex-
ment la découverte de la période de Chandler.         centricités et inclinaisons des orbites des
—• polhodie                                           planètes ne subissaient, pensait-on, que de
                                                      petites variations autour de leurs valeurs
Chandrasekhar (Subrahmanyan), astro-                  moyennes. Un siècle plus tard, H. Poincaré
physicien américain d'origine indienne (La-           tempérait ce bel optimisme, en mettant en
hore 1910 - Chicago 1995).                            évidence la complexité des solutions de la
Il est l'auteur de travaux théoriques sur la          mécanique céleste et en montrant les limites
polarisation de la lumière des astres (qu'il a        de certaines méthodes utilisées pour calcu-
prévue avant qu'elle soit observée), le trans-        ler les trajectoires planétaires. Depuis 1988,
fert d'énergie dans les étoiles et l'évolution        des calculs effectués sur ordinateur mon-
stellaire. Il a, notamment, établi une relation       trent que les trajectoires de Mercure, Vénus,
entre la masse et le rayon des étoiles dégé-          la Terre et Mars ont un comportement chao-
nérées, qui indique que les naines blanches           tique. La distance entre deux orbites initiale-
ne peuvent avoir une masse supérieure à 1,4           ment proches est multipliée par trois tous
fois environ celle du Soleil (limite de Chan-         les 5 millions d'années, interdisant toute
drasekhar). Ces travaux lui ont valu de parta-        prévision au-delà de 100 millions d'années
ger avec W. Fowler le prix Nobel de physi-            environ. Une erreur de 0,000 000 01 % sur
que en 1983.                                          les conditions initiales conduit à une erreur
                                                      de 0,000 000 1 % au bout de 10 millions
Chandra X - r a y O b s e r v a t o r y . Satellite   d'années mais de 100 % après 100 millions
américain d'astronomie destiné à localiser et         d'années. Ce mouvement chaotique pro-
à étudier les sources célestes de rayonne-            vient de l'existence de résonances entre les
ment X.                                               périodes de précession des orbites de Mars
                                                      et de la Terre d'une part, et de Mercure,
ENCYCL. Appelé primitivement AXAF, il a été
                                                      Vénus et Jupiter d'autre part. Il en résulte
rebaptisé ainsi en hommage à l'astronome
                                                      que l'on ne peut pas établir les variations
indien S. Chandrasekhar. Sa mise en orbite,
                                                      possibles des paramètres orbitaux des pla-
par la navette américaine, est attendue en
chaotique                                                                                     84

nètes ni prévoir de manière précise l'évolu-      peu plus du quart de celui de la Terre, ce qui
tion du mouvement du système solaire au-          est déjà exceptionnel). Sa masse reste incer-
delà de 100 millions d'années.                    taine : selon des observations effectuées de-
Des recherches récentes ont fait également        puis le sol terrestre, elle atteindrait 16 % de
apparaître que la dynamique chaotique joue        celle de Pluton ; les deux astres auraient une
un rôle important dans la distribution et         densité moyenne voisine de 2, et Charon
l'évolution des astéroïdes, des comètes et        serait constitué d'environ 70 % de roches et
des météorites. Enfin, on a pu expliquer par      30 % de glace. Mais selon d'autres résultats,
des phénomènes chaotiques à la fois la            obtenus à l'aide du télescope spatial Hubble,
forme très irrégulière et allongée d'Hypé-        sa masse ne dépasserait pas 8 % de celle de
rion*, l'un des satellites de Saturne, et les     Pluton ; sa densité, inférieure à 1,3, serait
fluctuations rapides de sa vitesse de rotation    nettement plus faible que celle de sa planète
sur lui-même.                                     et impliquerait que Charon est formé princi-
                                                  palement de glace.
chaotique adj. Qui tient du chaos. Terrain
chaotique : formation du relief martien           c h a s m a n.m. (mot latin ; pl. chasmaej. Ca-
consistant en une dépression presque fer-         non, dans la nomenclature internationale du
mée dont le fond est parsemé d'éboulis et         relief des surfaces planétaires.
qui semble avoir été provoquée par un ef-
fondrement local du sol et par le ruisselle-
ment d'une grande quantité d'eau.                 c h e r c h e u r n.m. Lunette auxiliaire, à
                                                  courte focale et à grand champ, montée pa-
c h a r g e utile. Equipement ou ensemble         rallèlement au tube d'un télescope ou d'une
d'équipements que transporte un véhicule          lunette astronomique de plus grand diamè-
spatial et qui est destiné à remplir une mis-     tre afin de diriger plus commodément l'ins-
sion déterminée. Le terme peut s'appliquer        trument sur l'astre que l'on désire observer.
aussi bien à un satellite par rapport au lan-     Chercheur de comètes : lunette à grand champ
ceur qui le porte qu'au bloc expérimental         et faible grossissement utilisée pour la re-
embarqué sur un satellite par rapport au          cherche de comètes.
satellite lui-même.
                                                  C h é s e a u x ( c o m è t e de). Comète
Chariot (Grand). Appellation populaire            brillante découverte indépendamment par
de la figure dessinée dans le ciel par les sept   le Hollandais Klinkenberg à Haarlem le 9 dé-
étoiles les plus brillantes de la Grande          cembre 1743 et par le Suisse J.P. de Ché-
Ourse*.                                           seaux à Lausanne le 13 décembre 1743.
                                                  ENCYCL. A U début de mars 1744, peu après
Chariot (Petit). Appellation populaire            son passage à sa plus courte distance du
de la figure dessinée dans le ciel par les        Soleil, elle atteignit la magnitude - 7 (elle
sept étoiles les plus brillantes de la Petite     devint plus brillante que Vénus) et présenta
Ourse*.                                           une queue particulièrement spectaculaire
                                                  qui se déployait sur la moitié du ciel : Ché-
Charon. Unique satellite connu de Pluton,         seaux, dans son Traité de la comète, la décrit
découvert en 1978 par l'Américain J.W.            comme un vaste éventail sur lequel se dessi-
Christy. Demi-grand axe de son orbite :           naient 11 stries brillantes semblant former
19 640 km. Période de révolution sidérale :       un système de 6 queues orangées.
6,39 j (identique à la période de rotation de
Pluton, ce phénomène étant imputé à un            Cheval (Petit) [en latin Equuleus, -i], La
effet de résonance gravitationnelle). Diamè-      plus petite constellation boréale, à l'est de
tre : 1 250 km.                                   Pégase et au nord du Verseau.
ENCYCL. Avec un diamètre de l'ordre de la         ENCYCL. C'est dans le catalogue d'Hipparque
moitié de celui de sa planète, Charon repré-      qu'on en trouve la première représentation.
sente un cas unique dans le système solaire       Son étoile la plus brillante, a Equ, est de
(pour mémoire, celui de la Lune est égal à un     magnitude 4,1.
85                                                                                   Chkslovsky

Chevalet du Peintre (en latin Apparatus             Chiens de Chasse (en latin Canes vena-
Pictor, -oris). Constellation australe introduite   tici, -orum). Constellation boréale, introduite
par La Caille en 1752 et appelée aujourd'hui        par Hevelius vers 1660. Son étoile principale
Peintre*.                                           est Cor Caroli. Elle renferme, entre autres
                                                    curiosités, l'amas globulaire M 3, discerna-
Chevelure de Bérénice (en latin Coma                ble aux jumelles, et la galaxie spirale M 51 :
-ae Berenices). Petite constellation boréale.       celle-ci fut repérée pour la première fois en
Elle ne renferme que des étoiles peu brillan-       1772 par Charles Messier*, comme une pe-
tes, mais elle abrite l'un des amas de galaxies     tite nébulosité, mais c'est lord Rosse* qui, le
les mieux connus, l'amas de Coma*.                  premier, en 1845, mit en évidence sa forme
                                                    en spirale. On sait aujourd'hui qu'il s'agit
chevelure n.f. Nébulosité diffuse, approxi-         d'une galaxie distante de 15 millions d'an-
mativement sphérique ou ovoïdale, entou-            nées de lumière environ.
rant le noyau d'une comète au voisinage du
Soleil, et constituée de gaz et de poussières       Chiron. Astéroïde 2060, découvert en
éjectés par ce noyau.                               1977 par l'Américain C.T. Kowal. Distance
                                                    au Soleil : variable entre 1,3 et 2,8 milliards
Chèvre (la). Nom français de l'étoile Ca-           de kilomètres. Période de révolution sidé-
pella*.                                             rale : 50,68 ans. Diamètre : entre 180 et
                                                    260 km.
Chicxulub (mot maya signifiant ta queue             ENCYCL. Il offre la particularité de décrire une
du diable). Nom donné à un cratère fossile de       orbite très allongée (excentricité : 0,379) et
plus de 200 km de diamètre, découvert en            de graviter très au-delà de la ceinture d'asté-
1990, centré sur le village de Puerto Chic-         roïdes. entre l'orbite de Saturne et celle
xulub, dans la péninsule du Yucatân, au             d'Uranus, dans une région du système so-
Mexique.                                            laire où l'on n'avait jamais observé d'asté-
ENCYCL. Les caractéristiques géologiques du         roïde avant sa découverte. Des observations
cratère de Chicxulub incitent de nombreux           dans l'infrarouge ont révélé qu'il s'agit d'un
spécialistes à considérer qu'il a été creusé, il    corps presque sphérique et que sa surface
y a 65 millions d'années, par l'impact d'un         est modérément sombre, ce qui suggère
astéroïde ou d'un noyau cométaire de 10 à           qu'elle est rocheuse ou poussiéreuse, avec
20 km de diamètre et qu'il représente le            peut-être une certaine proportion de glace.
vestige du cataclysme ayant marqué la tran-         On a pu établir aussi que Chiron tourne sur
sition entre le crétacé et l'ère tertiaire, qui     lui-même en 5,9 h et l'on a constaté qu'il est
provoqua l'extinction de nombreuses espè-           sujet à des sursauts d'éclat. En se rappro-
ces, en particulier des dinosaures.                 chant du Soleil, il a développé une atmo-
                                                    sphère ténue de gaz et de poussières et on
Chien (Grand) [en latin Canis Major;                le considère désormais comme une comète
-oris]. Constellation australe.                     périodique (désignée sous l'appellation
Son étoile principale, a C Ma, est Sirius*,         95P/Chiron).
l'étoile la plus brillante du ciel. Celle-ci ré-
glait jadis le calendrier égyptien : son lever      Chkslovsky (Iossif S.), astrophysicien so-
héliaque indiquait le retour du solstice d'été      viétique (Gloukhov, Arménie, 1916 - Mos-
et de la crue du Nil.                               cou 1985).
La constellation renferme plusieurs amas            Il s'est illustré, notamment, en interprétant,
stellaires accessibles avec de petits instru-       en 1953, par un processus de rayonnement
ments, notamment l'amas ouvert M 41, à 4°           synchrotron l'émission de rayonnement des
au sud de Sirius, déjà perceptible à l'œil nu       restes de supemovae, comme la nébuleuse
comme une tache diffuse.                            du Crabe*. Pour expliquer certaines sour-
                                                    ces périodiques de rayonnement X, il a in-
Chien (Petit) [en latin Canis Minor, -oris].        troduit le concept de binaires* X. Il s'est
Constellation équatoriale. Son étoile la plus       également rendu célèbre en défendant l'hy-
brillante, a CMi, est Procyon*.                     pothèse de l'existence de civilisations extra-
CHON                                                                                           86

terrestres et en suggérant, avant l'ère spa-      intermédiaire entre la photosphère et la cou-
tiale, que les deux petits satellites de Mars     ronne.
pourraient être des sphères creuses d'origine     ENCYCL. La chromosphère solaire a été décou-
artificielle.                                     verte et observée d'abord visuellement au
                                                  cours des éclipses totales du Soleil (1860).
                                                  Elle y apparaît comme une mince couche
C H O N n.inv. (mot forgé avec les symbo-
                                                  rose vif qui enveloppe le Soleil avec une
les chimiques du carbone, de l'hydrogène,
                                                  épaisseur de l'ordre de 10 000 km. Sa colora-
de l'oxygène et de l'azote). Type de poussiè-
                                                  tion est due à l'émission de la plus brillante
res constituées principalement d'éléments
                                                  raie de son spectre visible, la raie de l'hydro-
légers et riches en carbone, en hydrogène,
                                                  gene à 6 563 Â (H a dans la série de Balmer).
en oxygène et en azote, qui ont été décou-
                                                  La chromosphère peut être étudiée
vertes au voisinage du noyau de la comète
                                                  aujourd'hui en dehors des éclipses au
de Halley*.
                                                  moyen de coronographes, de spectrohélio-
                                                  graphes, de radiohéliographes travaillant
chondrite n.f. Météorite pierreuse consti-        aux très courtes longueurs d'onde (de 1 mm
tuée de sphérules (appelées chondres ou chon-     à 3,2 cm). Les observations montrent qu'en
druks) de dimensions micrométriques ou            moyenne la température de la chromo-
millimétriques riches en silicates (pyroxène,     sphère profonde, proche de la photosphère,
olivine, plagioclase).                            passe par un minimum d'environ 4 500 K,
ENCYCL. Ces météorites s'opposent aux             celle de la chromosphère supérieure pou-
achondrites. Elles représentent environ           vant atteindre 20 000 K. Inversement, on
80 % des météorites recueillies. Une catégo-      estime généralement que la densité électro-
rie rare est celle des chondrites carbonées,      nique moyenne est 100 fois plus faible dans
dont les chondres sont emprisonnés dans           la haute chromosphère que dans la région
une matrice de minéraux riches en carbone.        basse, proche de la photosphère. En fait, la
Du fait de leur composition chimique               chromosphère apparaît très inhomogène, en
moyenne très semblable à celle du Soleil           température et en densité, et formée par une
(si l'on excepte l'hydrogène et l'hélium) et       grande variété de structures : spicules, fi-
de leur abondance relativement élevée en           brilles, protubérances (ou filaments), facules
matériaux volatils, on regarde ces météo-          brillantes (ou plages faculaires), etc. Elle est
rites comme des spécimens de la matière            le siège de violentes éruptions*.
primitive du système solaire. La météorite
Allende* en est le plus gros échantillon
                                                  chronologie de lancement. Succession
connu.
                                                  dans le temps des opérations et événements
                                                  d'un lancement. Elle est partagée en deux
Chrétien (Jean-Loup), officier de l'armée         périodes par l'ordre de mise à feu du lan-
de l'air et spationaute français (La Rochelle     ceur : avant, c'est le compte à rebours ;
1938).                                            après, c'est le compte positif, qui englobe
Sélectionné en 1980 comme spationaute par         tous les événements de la séquence de vol
le CNES, il a été, au terme de deux ans           jusqu'à l'injection sur orbite de la charge
d'entraînement à la Cité des étoiles, le pre-     utile transportée.
mier Français à effectuer un vol spatial, en
1982, séjournant 7 j à bord de la station         Chryse Planitia. Vaste plaine circulaire
orbitale soviétique Saliout 7 pour la mission     dans la région équatoriale nord de Mars.
PVH*. Il participe ensuite à une deuxième         ENCYCL. Centrée à 40° O., elle a été choisie
mission franco-soviétique de 26 j à bord de       comme site d'atterrissage de la sonde améri-
Mir en 1988, Aragatz*, puis à un vol de la        caine Viking* Lander 1, en 1976. C'est pro-
navette spatiale américaine, STS 86 (25 sep-      bablement un bassin d'impact.
tembre-6 octobre 1997).
                                                  ciel n.m. Fond sur lequel on observe les
c h r o m o s p h è r e n.f. Région de l'atmos-   astres, quel que soit le domaine spectral
phère d'une étoile, en particulier du Soleil,     considéré (lumière visible, ondes radioélec-
87                                                                            Cité des étoiles

triques, etc.). Ciel profond : Univers lointain,   cirque n.m. Sur la Lune, grand cratère
extérieur au système solaire (expression           d'impact météoritique bordé de remparts
principalement utilisée par les astronomes         montagneux.
amateurs).
                                                   cirrus infrarouge        IRAS
cimier n.m. Trappe orientable d'une cou-
pole abritant un instrument d'observation.         Cité de l'espace. Lieu d'expositions et de
                                                   manifestations sur les thèmes spatiaux,
                                                   ouvert au public le 28 juin 1997, à Toulouse
cinéthéodolite n.m. Instrument d'opti-             (Haute-Garonne).
que, comprenant un dispositif de pointage          On y trouve notamment le Pavillon des ex-
et un appareil cinématographique, qui four-        positions (réparties sur 2 000 m2 et trois
nit, entre autres, des mesures d'angle. On         niveaux), un planétarium et le Parc avec un
l'utilise pour localiser un engin spatial pen-     jardin astronomique et plusieurs objets spa-
dant la première phase de son vol.                 tiaux en grandeur réelle (Ariane 5, quatre
                                                   modules de la station Mir, un vaisseau
Cir. Abréviation de Circinus, désignant la         Soyouz, des satellites...). La construction
constellation du Compas.                           d'une salle de cinéma Imax/Omnimax,
                                                   2D/3D, « pour l'apprentissage des connais-
Circinus X - 1 . Source de sursauts de             sance par l'image », est en projet.
rayonnement X, dans la constellation du            ADRESSE : avenue Jean Gonord - BP 5855 -
Compas. Elle est associée à un système bi-         31506 Toulouse cedex 5.
naire dont la période orbitale est de 16,5 j et
dont l'une des composantes pourrait être un        Cité des étoiles. Nom donné au Centre
trou* noir.                                        Gagarine de préparation des cosmonautes,
                                                   situé à 35 km au nord-est de Moscou.
Circinus (-i). Nom latin de la constella-          ENCYCL. Créée en i960, c'est aujourd'hui une
tion du Compas (abrév. Cir).                       véritable petite ville de 5 000 habitants qui
                                                   possède quelques commerces, un centre cul-
circularisation d'orbite. Manœuvre                 turel avec cinéma, un groupe scolaire fré-
destinée à rendre circulaire une orbite. C'est     quenté par près de 800 élèves, etc. Sa raison
grâce à une manœuvre de ce type, réalisée          d'être ? L'instruction et l'entraînement de
sous l'impulsion de son moteur d'apogée,           quelques dizaines de cosmonautes de la CEI
qu'un satellite géostationnaire peut passer        et de quelques étrangers appelés à voler à
d'une orbite elliptique de transfert à son         kurs côtés.
oibite définitive, à 36 000 km d'altitude.         A cette fin s'y trouvent rassemblés tous les
                                                   équipements et les installations nécessaires :
circumlunaire adj. Qui entoure la Lune             - des laboratoires médicaux pour la sur-
ou s'effectue autour de celle-ci.                  veillance des cosmonautes (avant et après le
                                                   vol);
circumpolaire adj. Qui est ou qui s'effec-         - un complexe sportif pour l'entraînement
tue autour d'un pôle. Etoile circumpolaire :       physique ;
étoile assez voisine de l'un des pôles céles-      - des salles de cours pour l'enseignement
tes pour rester toujours au-dessus de l'hori-      théorique (dispensé sur tableau noir) ;
zon en un lieu donné. En France, les étoiles       - des simulateurs (maquettes grandeur na-
de la Grande Ourse sont circumpolaires.            ture des vaisseaux spatiaux) pour l'appren-
                                                   tissage pratique ;
d r c u m s t e l l a i r e adj. Qui entoure une   - une vaste piscine (contenant une maquette
étoile. Matière drcumstellaire : enveloppe de      à l'échelle 1 de la station Mir) pour la prépa-
ga ou de poussière qui entoure une étoile.         ration des activités extravéhiculaires ;
                                                   - une centrifugeuse, un caisson de dépressu-
d r c u m t e r r e s t r e adj. Qui entoure la    risation (ou chambre d'altitude), etc.
Terre ou s'effectue autour de celle-ci.            La préparation à un vol spatial dure au
civil                                                                                              88

moins dix-huit mois. Elle prend fin avec le          Clarke (Arthur Charles), écrivain anglais
départ des cosmonautes pour Baïkonour,               (Minehead, Somerset, 1917).
une dizaine de jours avant le décollage de           Après des études de physique et de mathé-
leur lanceur.                                        matiques au King's College de Londres et un
En quarante ans, la Cité des étoiles a préparé       passage dans la RAF comme instructeur ra-
plus de 200 cosmonautes, dont la moitié              dar, il devient l'homologue anglais d'Isaac
(parmi lesquels 20 % d'étrangers) sont effec-        Asimov, publiant parallèlement d'innom-
tivement allés dans l'espace.                        brables articles de vulgarisation scientifique
                                                     et des nouvelles et romans de science-fiction
civil, e adj. Année civile : année du calen-         (ZOOi : Odyssée de l'espace). Président de la
drier, qui commence le 1er janvier à 0 h et          British Interplanetary Society (1946-1947 ;
s'achève le 31 décembre à 24 h. Jour civil:          1950-1953), il vit à Ceylan, où il étudie no-
jour de temps civil. Temps civil : temps solaire     tamment l'astronomie et les fonds sous-ma-
moyen augmenté de douze heures. Les jours            rins, matières auxquelles il consacre plu-
civils se comptent de minuit à minuit.               sieurs     ouvrages.     Ses préoccupations
                                                     scientifiques sont sensibles dans l'ensemble
Clairaut (Alexis), mathématicien français            de son œuvre littéraire.
(Paris 1713-1765).                                   Alors qu'il servait dans la RAF, il prévit l'avè-
Enfant précoce, il présenta à 12 ans un pre-         nement des satellites de télécommunica-
mier mémoire à l'Académie des sciences, au           tions géostationnaires dans un article publié
sein de laquelle il fut admis à 18 ans, après        en octobre 1945 dans le Wireless World sous
que le roi lui eut accordé une dispense d'âge.       le titre « Extra Terrestrial Relays ».
En 1736, il fut envoyé enLaponie avec Mau-
pertuis pour y déterminer la longueur d'un           classe de luminosité. Catégorie d'étoi-
degré de méridien. Peu après son retour, il          les pour laquelle la magnitude absolue, qui
publia sa Théorie de la figure de la Terre (1743),   caractérise la luminosité, est comprise entre
qui contribua à faire accepter en France la          deux limites liées au type spectral.
théorie newtonienne de la gravitation. Son
ouvrage, la Théorie de la Lune (1752) proposa        classe spectrale. Synonyme de type*
une première solution approximative du               spectral.
problème des trois corps, mouvement de
trois points matériels s'attirant mutuelle-          classification spectrale. Système de
ment selon la loi de Newton. Il appliqua son         classement des étoiles d'après l'analyse de
résultat au mouvement de la comète de Hal-           certaines caractéristiques de leurs spectres.
ley et, tenant compte des perturbations que          ENCYCL. Dans une classification unidimen-
la présence de Saturne et de Jupiter fait subir      sionnelle, on considère une seule échelle,
à l'orbite de la comète, il calcula, à un demi-      fondée sur la présence ou l'absence de cer-
mois près, la date de passage au périhélie,          taines raies spectrales et sur les intensités
avec l'aide efficace de Lalande et de M m e          relatives de certaines d'entre elles prises
Lepaute.                                             deux à deux. L'échelle obtenue est rangée'
                                                     par types* spectraux et peut être graduée
Clark (Alvan Graham), opticien et astro-             parallèlement en températures.
nome américain (Fall River, Massachusetts,           Dans une classification bidimensionnelle,
1832 - Cambridge, Massachusetts, 1897).              on analyse en outre la finesse des raies, ce
Il fournit, dans la seconde moitié du xixe           qui conduit aux classes* de luminosité, liées
siècle, l'optique des meilleures lunettes as-        aux dimensions des étoiles et à la densité de
tronomiques du monde entier. On lui doit             leur atmosphère.
en particulier l'objectif de la lunette de           Il existe enfin des classifications tridimen-
102 cm d'ouverture de l'observatoire Yerkes          sionnelles, qui mettent en jeu la composi-
et celui de la lunette de 91 cm de l'observa-        tion chimique, autrement dit les abondan-
toire Lick. En 1862, il découvrit le compa-          ces.
gnon de Sirius, dont l'existence avait été           HISTORIQUE. La classification unidimension-
prévue par Bessel.                                   nelle de Harvard (ou classification HD) a été
89                                                                                            CLS

et reste encore largement utilisée : elle com-      cadence de quelque 25 000 clichés par jour,
porte une série de types spectraux, subdivi-        une impressionnante collection de plus d'un
sés chacun en dix sous-types. Les Améri-            million de photographies de la Lune qui
cains H. Morgan et P.C. Keenan ont                  constitue un atlas complet de l'astre avec
introduit, en 1943, une classification bidi-        une résolution de 100 à 200 m. Pour la pre-
mensionnelle (classification MK), fondée à          mière fois, notamment, ont été obtenues
la fois sur le type spectral et sur la classe de    des images détaillées des régions polaires,
luminosité, et qui, perfectionnée depuis, est       avec une résolution au sol de 40 m seule-
désormais la plus utilisée. Enfin, D. Barbier,      ment. La prise de vues sous plusieurs lon-
D. Chalonge et L. Divan, de l'Institut d'as-        gueurs d'onde a fourni, par ailleurs, de pré-
trophysique de Paris, ont mis au point une          cieux renseignements sur la composition
classification tridimensionnelle fondée sur         minérale du sol lunaire. Quant aux données
trois paramètres en rapport respectivement          du lidar, elles ont permis d'obtenir un mo-
avec le type spectral, la classe de luminosité      dèle géodésique de la surface lunaire avec
et la composition chimique.                         une précision de 100 m seulement (contre
                                                    10 km pour les relevés obtenus lors des mis-
Clavius. L'un des plus grands cirques lunai-        sions Apollo).
res, près du bord sud de l'hémisphère visible       Au terme de cette première partie de sa mis-
de la Terre. Coordonnées : 58° S., 14° O.           sion, la sonde a quitté, le 3 mai, son orbite
Diamètre : 225 km.                                  lunaire et devait revenir frôler la Terre afin
                                                    d'acquérir l'impulsion nécessaire pour se
Clémentine. Sonde spatiale américaine               propulser vers le petit astéroïde Geographos
d'expérimentation technologique, lancée en          et le survoler le 31 août. Mais, le 7 mai, une
1994.                                               erreur de son ordinateur de bord a déclen-
ENCYCL. Conçue dans le cadre de l'Initiative*       ché des manœuvres intempestives. Celles-ci
de défense stratégique et fabriquée en moins        ont gaspillé les réserves de carburant de la
de deux ans sous l'égide du Département de          sonde, interdisant à cette dernière de pour-
la Défense des Etats-Unis, avec la collabora-       suivre sa mission.
tion de la NASA, cette sonde était destinée à
tester dans l'espace de nouveaux compo-             Clervoy (Jean-François), ingénieur et spa-
sants (réseaux plans focaux infrarouges, sys-       tionaute français (Longueville-les-Metz,
tèmes inertiels à gyrolasers et à gyrofibres        Moselle, 1958).
optiques, panneaux solaires à l'arséniure de        Sélectionné par le CNES comme spatio-
gallium, mémoires à semi-conducteurs de             naute en 1985, il entre en mai 1992 dans le
grande capacité, etc.) et de nouvelles tech-        corps des astronautes de l'Agence spatiale
nologies pour les satellites militaires ou les      européenne. Après une formation à la
missiles futurs des Etats-Unis. Sa mission          NASA, il participe - en tant que spécialiste
n'en était pas moins purement civile. Elle          de mission - à deux vols de la navette spa-
consistait à procéder à la cartographie de la       tiale américaine : STS 66 (3-14 novembre
Lune, puis d'un astéroïde, à différentes lon-       1994) et STS 84 (15-24 mai 1997). Il a été le
gueurs d'onde. Parmi ses équipements figu-          cinquième Français à partir dans l'espace.
raient quatre caméras fonctionnant dans
l'ultraviolet, le visible ou l'infrarouge et per-   CLS (sigle de Collecte Localisation Satellites).
mettant des prises de vues multibandes ; un         Société anonyme créée en avril 1986 par le
lidar, pour des mesures altimétriques ; et un       CNES, l'IFREMER et huit établissements
système français de compression de don-             bancaires ou financiers pour assurer l'exploi-
nées, permettant d'accroître considérable-          tation, le développement et la promotion du
ment la quantité d'informations numériques          système Argos ae localisation et de collecte
stockées à bord et retransmises vers la Terre.      de données par satellite. Aujourd'hui elle
Lancée le 25 janvier 1994 par une fusée Titan       exploite également le système DORIS d'or-
1I-G et satellisée le 19 février autour de la       bitographie et de localisation précises par
Lune, la sonde est restée jusqu'au 3 mai en         satellite ainsi que les données d'océanogra-
orbite autour de la Lune. Elle a transmis, à la     phie spatiale (ERS et Topex-Poséidon).
Cluster                                                                                         90

Cluster. L'une des deux missions (l'autre          - les utilisateurs de l'espace, pour lesquels il
étant Soho) du programme d'étude des rela-         identifie les techniques spatiales appro-
tions Soleil-Terre mené en coopération par         priées à leurs besoins ;
l'Agence spatiale européenne et la NASA,           - l'industrie française vers laquelle il trans-
conçue pour l'étude tridimensionnelle de la        fère peu à peu son savoir-faire afin de la
magnétosphère terrestre au voisinage de la         rendre plus compétitive pour faire face aux
Terre, au-dessus des régions polaires. Elle        enjeux de demain ;
doit comporter 4 satellites identiques, de         - les laboratoires des grands organismes
I 200 kg chacun, évoluant en orbite polaire,       scientifiques avec lesquels il travaille sur de
dans des plans différents, à des altitudes         nombreux programmes de recherche ;
variant de 4 à 20 rayons terrestres, pour          - les organismes de défense, avec lesquels il
étudier simultanément, à l'aide de dix ins-        participe à la construction d'un programme
truments, les propriétés électriques et dyna-      de défense et établit ainsi une synergie entre
miques de la magnétosphère, et permettre,          programmes civils et militaires ;
en particulier, de séparer les fluctuations        - les agences spatiales d'autres pays avec
spatiales des fluctuations temporelles du          lesquels il coopère pour réaliser des pro-
plasma magnétosphérique. Les 4 satellites          grammes ambitieux, principalement dans le
ont été perdus lors de l'échec du premier vol      domaine scientifique ;
de la fusée Ariane 5, en 1996, mais une nou-       - les pays en voie de développement, dont il
velle mission, Cluster II, a été financée et les   soutient l'implication dans l'utilisation de
nouveaux satellites seront lancés par paires,      techniques spatiales à des fins de connais-
à l'aide de lanceurs russes Soyouz munis           sance, de croissance économique et de ges-
d'un étage supérieur Frégate, en principe en       tion des ressources.
l'an 2000.                                         AcnvrrÉs, Les domaines dans lesquels
                                                   s'exerce cette politique sont ceux porteurs
Cnc. Abréviation de Cancer, désignant la           d'enjeux stratégiques et économiques les
constellation du Cancer.                           plus importants :
                                                   - l'accès à l'espace avec le programme
C N E S (sigle de Centre National d'Études         Ariane et l'exploitation d'un centre de lance-
Spatiales). Etablissement public à caractère       ment en Guyane (le Centre spatial guya-
industriel et commercial (EPIC), chargé du         nais). Ce programme est conduit dans le
développement des activités spatiales fran-         cadre de l'ESA et la commercialisation des
çaises.                                             services de lancement est assurée par la so-
MISSION. Créé parla loi du 19 décembre 1961,        ciété Arianespace ;
le CNES existe effectivement depuis le             - les applications spatiales telles que l'obser-
1er mars 1962.                                      vation de la Terre (Spot, Topex-Poséidon,
II a pour mission de proposer au gouverne-          Envisat, Polder, Scarab...), la météorologie
ment les orientations de la politique spatiale      (Metop), les télécommunications (Télécom
de la France et de mettre en œuvre, avec le         2, Stentor), la localisation (Argos), la naviga-
concours de ses partenaires (industriels, en-       tion (GNSS), etc.;
tités de recherche, organismes de défense),        - les programmes scientifiques en liaison
les programmes décidés.                             avec les organismes de recherche, en coopé-
Le CNES conduit la politique spatiale fran-         ration européenne ou internationale (Ro-
çaise selon deux axes complémentaires :             setta, Cassini-Huygens, ISO, Soho, Inté-
- en participant aux programmes de                  gral...) ;
l'Agence spatiale européenne (ESA) au sein          - les activités liées à la recherche en impe-
desquels il joue un rôle majeur,                    santeur et à la présence de l'homme dans
- en réalisant un programme national afin           l'espace et à la préparation des expériences
de garantir une compétitivité industrielle          prévues pour la Station spatiale internatio-
forte au niveau mondial.                            nale ;
Le CNES est en relation avec de nombreux           - les activités liées à la Défense (Hélios,
partenaires, avec lesquels il tisse des liens de    satellites radar, etc.).
plus en plus étroits :                              MOYENS. Pour mener à bien ses activités, le
91                                                                                         COF

CNES dispose de différents établissements :      théorie du Big* Bang en confirmant que le
- le siège social à Paris ;                      spectre du rayonnement de fond de ciel
- la direction des lanceurs située à Evry        coïncide avec celui d'un corps noir à la tem-
 (Essonne), chargée du programme Ariane ;        pérature de 2,726 K et en mettant en évi-
- un centre technique et opérationnel (CST)      dence de très faibles fluctuations de tempé-
situé à Toulouse (Haute-Garonne), chargé         rature (de l'ordre de 30 millionièmes de
de la préparation et du développement des        degré) selon les directions d'observation, ces
projets spatiaux de satellites et de véhicules   fluctuations pouvant être interprétées
planétaires ainsi que de l'exploitation des      comme des indices d'inhomogénéités de
moyens opérationnels et des moyens               densité susceptibles d'expliquer la forma-
lourds, par exemple pour la mise et le main-     tion ultérieure des galaxies.
tien à poste des satellites ;
- une base de lancement et d'essais, le Cen-     C o c h e r (en latinAuriga, -ae). Constellation
tre spatial guyanais (CSG), située à Kourou      boréale.
(Guyane) ;                                       Son étoile la plus brillante est Capella, facile
- un centre de lâcher de ballons (CLBA) qui      à identifier en prolongeant soit l'arc formé
dépend du CST, implanté à Aire-sur-              par la queue de la Petite Ourse, soit la ligne
l'Adour, dans les Landes.                        des étoiles 8 et a de la Grande Ourse dans la
Le CNES réunit 2 500 agents répartis sur ces     direction opposée à la queue de l'Ourse.
différents sites.                                L'étoile e Aurigae* est l'une des plus étranges
BUDGET. En 1999, le budget du CNES était         du ciel. La constellation renferme de beaux
d'environ treize milliards de francs.            spécimens d'amas stellaires ouverts, parmi
Depuis une quinzaine d'années, le CNES a         lesquels M36, M37 et M38, discernables aux
engagé une politique de création de filiales à   jumelles.
vocation commerciale de produits et servi-
ces issus des techniques spatiales. Cette        c œ l o s t a t n.m. Instrument optique' consti-
vingtaine d'entreprises emploient directe-       tué d'un ou plusieurs miroirs plans et utilisé
ment plus de 1 000 personnes.                    pour donner au faisceau lumineux qui les
DIRIGEANTS. Le conseil d'administration du       atteint une direction constante au cours du
CNES est composé de dix;huit membres             temps. On écrit aussi cœlostat.
dont sept représentants de l'Etat, cinq mem-
bres choisis en raison de leur compétence en     C O F (sigle de l'angl. Columbus Orbital Faci-
matière spatiale et six membres élus par les     lity, élément orbital Columbus). Laboratoire
salariés.                                        pressurisé habitable qui constitue le princi-
Les présidents successifs du conseil d'admi-     pal élément de la contribution européenne à
nistration du CNES ont été : Pierre Auger        la Station* spatiale internationale.
(1962), Jean Coulomb (1962-1967), Jean-          ENCYCL. Version réduite du laboratoire atta-
François Denisse (1967-1973), Maurice Lévy       ché primitivement envisagé dans le cadre du
(1973-1976), Hubert Curien (1976-1984),          programme Columbus*, le COF'se présente
Jacques-Louis Lions (1984-1992), René Pel-       comme un cylindre d'une longueur hors
lat (1992-1994), André Lebeau (1995) et          tout de 6,7 m et d'un diamètre extérieur de
Alain Bensoussan (depuis janvier 1996).          4,5 m. Sa masse au lancement est voisine de
                                                 9 500 kg, sans compter la charge utile. C'est
C N O (cycle). Synonyme de cycle de              un laboratoire à usages multiples dont la
Bethe*.                                          configuration peut être modifiée par
                                                 l'échange de bâtis normalisés contenant des
C O B E (abréviation de COsmic Background        équipements scientifiques et fonctionnels,
Explorer). Satellite scientifique américain      un peu à la manière d'une cabine d'avion
lancé en 1989 pour étudier le rayonnement        que l'on peut facilement adapter à des utili-
de fond* de ciel à des longueurs d'onde mil-     sations diverses. Il peut contenir dix bâtis
limétriques et dans l'infrarouge lointain, et    pour des expériences scientifiques et trois
qui a fonctionné jusqu'en 1993.                  pour le stockage d'équipements destinés à la
wcra,. Ses observations ont conforté la          Station et à l'équipage. Chaque bâti offre un
coiffe                                                                                           92

volume de charge utile d'environ 1,5 m3 et        ou de l'eau, vitesse et direction des vents,
peut recevoir jusqu'à 700 kg de charge utile.     pression atmosphérique...) en des régions
Le COF sera dépendant du reste de la Sta-         inhabitées ou d'accès difficile.
tion pour son alimentation en énergie élec-       Un tel système comprend nécessairement :
trique, la dissipation thermique du labora-       - des stations de mesure automatiques (ap-
toire, les communications avec le sol lorsque     pelées « plates-formes »), dotées de capteurs
les transmissions via le DRS* européen ne         et d'un émetteur radio (balise). Elles peu-
sont pas possibles et la réception du ravi-       vent être mises en place sur les supports les
taillement en provenance de la Terre.             plus variés : navires, bouées dérivantes, ice-
Selon le concept de partage de l'utilisation      bergs, véhicules terrestres, ballons, animaux
de la Station et les accords bilatéraux entre     sauvages, etc. Lorsqu'elles sont mobiles, le
l'ESA et la NASA, cinq des bâtis du labora-       système assure aussi leur localisation* ;
toire européen seront réservés aux expérien-      - un ou plusieurs satellites pour capter ces
ces européennes, les autres seront utilisés       messages radio et les rediffuser, le moment
par l'ensemble de la Station, la NASA ainsi       venu, vers les stations de réception et les
que les autres agences nationales qui contri-     centres de traitement, où ils sont mis en
buent aux éléments d'infrastructure de la         forme à l'intention des utilisateurs.
Station. Ce laboratoire sera acheminé vers        Née pour les besoins de la météorologie,
la Station dans la soute de la navette spatiale   cette technique concerne aujourd'hui des
américaine en principe en 2003. Au terme          domaines variés : étude de l'environnement,
de sa durée de vie opérationnelle, il pourrait    transport maritime, pêche, prospection et
être ramené à terre par le même moyen de          exploitation pétrolières, biologie, etc. Ar-
transport.                                        gos, Sarsat

coiffe n.f. Extrémité antérieure d'un lan-        collis n.f. (mot latin ; pl. colles). Petite col-
ceur qui a pour rôle de protéger la charge        line, dans la nomenclature internationale du
utile et la case à équipements lors des prépa-    relief des surfaces planétaires.
ratifs de lancement (contre l'humidité, le
vent, les poussières...) et durant la traversée   colocalisation n.f. Regroupement de sa-
de la basse atmosphère. Elle est éjectée au       tellites géostationnaires* en une même posi-
cours de l'ascension (dans le cas d'Ariane 5,     tion orbitale.
environ 3 min 10 s après le décollage, à un
peu plus de 100 km d'altitude).                   C o l o m b e (en latin Columba, -ae). Petite
                                                  constellation australe.
Col. Abréviation de Columba, désignant la         Ses étoiles les plus brillantes, a (ou Phact), (3,
constellation de la Colombe.                      y, 5 et s Col, forment un alignement caracté-
                                                  ristique suivant approximativement un pa-
collecte de données ( p a r satellite).           rallèle céleste.
Technique utilisant des satellites artificiels
pour rassembler, en quelques heures et            colonie de l'espace. Vaste structure qui
éventuellement en un seul lieu, un volume         serait assemblée dans l'espace et où pour-
considérable d'informations prélevées en un       raient vivre en totale autonomie des milliers
grand nombre de sites, géographiquement           de personnes, dans des conditions rappelant
dispersés.                                        celles de la vie sur la Terre.
Les satellites employés peuvent être : soit       ENCYCL. Imaginé au début du siècle par K.
géostationnaires (exemple : Météosat) [dans       Tsiolkovski, puis par d'autres précurseurs
ce cas, un seul satellite couvre une zone         de l'astronautique, le concept de colonie de
unique, mais très étendue], soit à défilement     l'espace a été particulièrement étudié et po-
(exemple : NOAA) [la couverture d'un seul         pularisé à partir de 1969 par l'Américain
satellite peut alors être mondiale].              G.-K. O'Neill. De nombreux modèles ont
C'est là un moyen unique (où le satellite est     été proposés : habitats en forme de cylin-
sans rival) de recueillir de précieuses don-      dres, de tores ou de roues, auxquels on im-
nées d'environnement (température de l'air        primerait un mouvement de rotation sur
93                                                                                           Coma

eux-mêmes pour créer à l'intérieur une pe-           devait être lancé par Ariane 5 et desservi en
santeur artificielle et qui pourraient être im-      orbite par le véhicule spatial Hermes à des
plantés au voisinage de certains des points          intervalles d'environ six mois ;
de Lagrange* du système Terre-Lune afin de           - la plate-forme polaire (en anglais, Colum-
rester immobiles par rapport à la Terre et à         bus Polar Platform). C'était un véhicule auto-
la Lune. L'alimentation en énergie serait as-        matique de 12 tonnes, conçu pour plusieurs
surée par le Soleil.                                 années d'exploitation sur une orbite polaire
                                                     héliosynchrone. Cette plate-forme, utilisée
C o l u m b a ( - a e ) . Nom latin de la constel-   principalement pour des missions d'obser-
lation de la Colombe (abrév. Col).                   vation de la Terre, devait être exploitée avec
                                                     une ou plusieurs plates-formes internatio-
Columbia. Nom de l'un des orbiteurs de               nales.
la navette spatiale américaine.                      Depuis 1992, le programme Columbus a été
ENCYCL. Son premier lancement a eu lieu le           largement réaménagé à la suite des modifi-
12 avril 1981, lors du vol inaugural de la           cations de la station spatiale Freedom (deve-
navette.                                             nue la Station* spatiale internationale après
                                                     que la Russie ait accepté de s'y joindre) et
Columbus (nom latin de Colomb, en                    des remaniements des programmes euro-
hommage au navigateur qui découvrit, il y a          péens de vols habités.
cinq siècles, le Nouveau Monde). Pro-                En particulier, le laboratoire autonome a été
gramme européen de laboratoire spatial.              abandonné en 1992, la plate-forme automa-
ENCYCL. Approuvé par le conseil de l'ESA lors        tique a été incluse dans le programme d'ob-
de la session ministérielle de La Haye (Pays-        servation de la Terre de l'ESA, sous le nom
Bas), en novembre 1987, Colombus repré-              d'Envisat* 1, et seul le laboratoire pressurisé
sentait la contribution de l'Europe au projet        habitable raccordé subsiste, mais dans une
de station spatiale internationale Freedom.          configuration différente.     COF
Ce programme comprenait initialement
trois éléments distincts :
                                                     colure n.m. Chacun des deux grands cer-
- l e laboratoire attaché (enanglais, Columbus
                                                     cles de la sphère céleste passant par les pôles
Attached Laboratory), module cylindrique
                                                     célestes et par les équinoxes (colure équi-
pressurisé conçu pour être amarré en per-
                                                     noxial) pour l'un, par les solstices (colure
manence à la base habitée de la station Free-
                                                     solsticial) pour l'autre.
dom. D'un diamètre de 4 m, d'une longueur
de 12,8 m et d'une masse de 25 t, il devait
être principalement utilisé pour des expé-           C o m . Abréviation de Coma Berenices, dési-
riences de science des matériaux, de physi-          gnant la constellation de la Chevelure de
que des fluides et de sciences de la vie néces-      Bérénice.
sitant la présence permanente de l'homme.
Ce module devait être lancé et desservi par          C o m a ( a m a s de). Amas de galaxies situé
la navette spatiale américaine ;                     au nord-ouest de la constellation de la Che-
- le laboratoire autonome (en anglais, Co-           velure de Bérénice, à proximité du pôle ga-
lumbus Free Flying Laboratory). Composé d'un         lactique nord.
module pressurisé de 20 tonnes destiné au            ENCYCL. Situé à quelque 300 millions d'an-
logement de charges utiles et d'un module            nées de lumière et contenant environ un
«le ressources non pressurisé chargé de four-        millier de membres, c'est l'amas de galaxies
nir les moyens nécessaires en énergie, traite-       riche le plus proche. Il constitue l'une des
ment des données, soutien vie, etc., il était        sources de rayonnement X les plus brillantes
destiné à recevoir des charges utiles auto-          du ciel. La cartographie de ce rayonnement
matiques ou télécommandées (principale-              (dû au gaz chaud présent entre les galaxies)
ment en science des matériaux, physique              effectuée par le satellite Rosat a révélé l'exis-
des fluides et sciences de la vie) nécessitant       tence de nombreuses hétérogénéités qui
un long séjour dans un environnement                 suggèrent que cet amas est plus jeune qu'on
exempt de toute accélération. Ce laboratoire         ne le pensait, qu'il n'a pas encore atteint son
C o m a (-ae) Berenices                                                                        94

équilibre et qu'il s'est formé par aggloméra-    combustible n.m. Substance réductrice
tion de structures plus petites.                 susceptible d'entrer en réaction avec une
                                                 substance oxydante (comburant) pour fournir
C o m a ( - a e ) Berenices. Nom latin de la     de l'énergie.
                                                 ENCYCL. Parmi les combustibles liquides fré-
constellation de la Chevelure de Bérénice
(abrév. Com).                                    quemment utilisés, on peut citer le kéro-
                                                 sène, la diméthylhydrazine dissymétrique
                                                 (UDMH) et l'hydrogène liquide.
c o m a n.f. (du grec koméchevelure). 1.
Aberration géométrique des systèmes opti-        combustion n.f. Réaction chimique exo-
ques centrés pour un point objet situé hors      thermique entre un combustible et un com-
de l'axe optique.                                burant.
ENCYCL. Lorsque l'aberration de sphéricité est
corrigée, la coma se présente comme une          c o m é t a i r e adj. Relatif aux comètes.
petite tache brillante, prolongée par une
aigrette lui donnant l'apparence d'une co-       c o m è t e n.f. (du grec komêtês, chevelu). As-
mète. Le miroir parabolique fournit de telles    tre du système solaire, formé d'un noyau
images. 2. En parlant d'une comète, syno-        solide relativement petit qui, au voisinage
nyme de chevelure.                               du Soleil, éjecte une atmosphère passagère
                                                 de gaz et de poussières à l'aspect de cheve-
combinaison spatiale. Vêtement spécial           lure diffuse, s'étirant dans la direction oppo-
d'une seule pièce enveloppant le corps et les    sée au Soleil en une queue parfois spectacu-
membres que revêtent les spationautes à          laire.
l'intérieur d'un vaisseau spatial.               ENCYCL. Loin du Soleil, une comète se réduit à
                                                 un noyau solide, de forme irrégulière et de
c o m b u r a n t n.m. Substance oxydante sus-   dimensions kilométriques, constitué d'un
ceptible d'entrer en réaction avec une subs-     conglomérat de glaces, de poussières et de
tance réductrice (combustible) pour fournir de   roches. Celui-ci est trop petit pour être ob-
l'énergie.                                       servé directement de la Terre, et son exis-
ENCYCL. Le comburant peut être liquide ou        tence a été prévue dès 1950, par l'Américain
solide. Dans ce dernier cas, il est mélangé      F. Whipple, avant d'être confirmée en 1986
intimement avec le combustible au sein           lors du survol de la comète de Halley* par
d'une poudre. Les comburants liquides les        des sondes spatiales.
plus utilisés sont l'oxygène liquide et le       À mesure que ce noyau se rapproche du
peroxyde d'azote (N 2 0 4 ).                     Soleil, il se réchauffe. Vers 600 millions de

Structure d'une c o m è t e
95                                                                                      comète

kilomètres, les glaces qu'il renferme com-         çaient antérieurement sur des orbites plus
mencent à se sublimer, libérant des gaz et         allongées. D'autres comètes ont des orbites
des poussières en expansion rapide. Il s'en-       elliptiques moyennement allongées et des
toure ainsi progressivement d'une nébulo-          périodes comprises entre 20 et 200 ans ; la
sité diffuse, la chevelure (ou coma), que sa       comète de Halley appartient à ce groupe de
faible gravité ne peut retenir et dont le dia-     comètes. Cependant, la plupart des comètes
mètre peut dépasser 100 000 km. La diffu-          connues gravitent sur des orbites quasi para-
sion de la lumière solaire et sa fluorescence      boliques, c'est-à-dire des orbites elliptiques
au contact des gaz rendent cette nébulosité        très allongées, ou sur des orbites faiblement
lumineuse. C'est alors que la comète devient       hyperboliques (provenant d'ellipses ayant
visible.                                           subi des perturbations gravitationnelles) et
Les molécules de la chevelure interne, dites       ont des plans orbitaux distribués dans tout
molécules mères, sont peu à peu dissociées et      l'espace. L'analyse d'un grand nombre d'or-
ionisées par le rayonnement ultraviolet du         bites de comètes à longue période a conduit
Soleil, donnant alors des molécules filles.        le Néerlandais J. Oort à postuler l'existence,
Repoussés par le vent* solaire, les ions for-      aux confins du système solaire, à des distan-
més dans la chevelure engendrent dans la           ces de 40 000 à 100 000 fois, celle de la Terre
direction opposée à celle du Soleil une lon-       au Soleil, d'un vaste halo sphérique, appelé
gue queue bleutée, rectiligne, dite queue de       aujourd'hui nuage de Oort, dans lequel se
gflz (ou de plasma), qui s'illumine par fluo-      concentreraient quelque mille milliards de
rescence et peut s'étirer sur plusieurs centai-    noyaux cométaires, représentant une masse
nes de millions de kilomètres (320 millions        totale équivalant à plusieurs fois celle de la
de kilomètres dans le cas de la grande co-         Terre. C'est à la suite de perturbations gravi-
mète de 1843). Les poussières éjectées du          tationnelles provoquées par des étoiles voi-
noyau, repoussées par la pression du rayon-        sines du système solaire que certains des
nement solaire, forment elles-mêmes une            noyaux cométaires rassemblés dans cette
queue de poussières jaunâtre, plus large,          zone se trouveraient injectés sur des orbites
plus diffuse et incurvée, qui s'éclaire par dif-   les amenant près du Soleil. Les noyaux co-
fusion de la lumière solaire (voir figure).        métaires peuplant plant le nuage de Oort ne
Enfin, on sait depuis 1970, grâce à des obser-     se seraient pas formés in situ mais entre
vations effectuées dans l'ultraviolet à l'aide     Jupiter et Neptune, et auraient été ensuite
de satellites, que les comètes sont envelop-       éjectés sur des orbites beaucoup plus loin-
pées d'un vaste halo d'hydrogène.                  taines par des perturbations gravitationnel-
O R B m s DES COMÈTES. Moins d'un millier de co-   les dues aux planètes géantes. Quant aux
mètes distinctes sont actuellement réperto-        comètes à courte période, on admet
riées, dont certaines sont des comètes pério-      aujourd'hui qu'elles proviennent d'un se-
diques connues par plus d'une apparition.          cond réservoir cométaire, beaucoup plus
En première approximation, une comète dé-          proche, mais situé au-delà de Neptune et
crit une conique (ellipse, parabole ou hyper-      concentré près de l'écliptique : la ceinture*
bole) autour du Soleil. En fait, les orbites       de Kuiper.
sont perturbées par l'action gravitationnelle      DÉSIGNATION DES COMÈTES. L'Union astronomi-
des planètes massives et par des forces non        que internationale applique depuis le 1er jan-
gravitationnelles (sous l'action conjuguée de      vier 1995 un nouveau système de désigna-
h rotation propre de l'astre et de l'éjection      tion des comètes, calqué sur celui qu'elle
de matière du côté éclairé par le Soleil). Une     utilise déjà pour les astéroïdes. Lors de sa
centaine de comètes répertoriées décrivent         découverte, chaque comète reçoit une dési-
des ellipses faiblement allongées, repassent       gnation comprenant l'année de l'observa-
fréquemment à proximité du Soleil (périhé-         tion, la lettre majuscule correspondant au
Se) et ont des périodes inférieures à 20 ans ;     rang de la quinzaine dans l'année où a été
Ions orbites sont généralement peu incli-          effectuée l'observation, et un numéro indi-
nées par rapport au plan de l'orbite terrestre     quant l'ordre d'annonce de la découverte
rtsemblent fréquemment résulter de la cap-         dans la quinzaine. Par exemple, la troisième
( • e par Jupiter de comètes qui se dépla-         comète découverte pendant la deuxième
comète                                                                                        96

quinzaine de février 1995 est désignée 1995       gène, composés extrêmement volatils, indi-
D3. La désignation peut être complétée par        que que le matériau cométaire s'est
un préfixe indiquant la nature de l'objet : P/    condensé à des températures particulière-
pour une comète périodique, C/ pour une           ment basses. On observe, par ailleurs, de
comète considérée comme non périodique,           nombreuses similitudes entre les grains de
X/ pour une comète pour laquelle une orbite       poussière cométaires et ceux des nuages in-
significative n'a pu être déterminée, D/ pour     terstellaires. Les diverses observations effec-
une comète périodique qui a disparu ou qui        tuées sur la comète de Halley confirment
n'existe plus. Les noms attribués aux ancien-     que les noyaux cométaires sont bien les
nes comètes ne sont pas modifiés.                 échantillons les plus représentatifs du sys-
ÉTUDE PHYSICO-CHIMIQUE DES COMÈTES. Le grand      tème solaire primitif. Formés loin du Soleil,
intérêt accordé à présent aux comètes vient       ils ont pu retenir de nombreux éléments
de ce qu'on les considère comme de vérita-        volatils de la nébuleuse solaire sous forme
bles fossiles datant de la formation du sys-      de glaces. Maintenus ensuite à des tempéra-
tème solaire et donc susceptibles de nous         tures très basses, ils n'ont l'exception peut-
fournir des informations « de première            être de leur surface qui a reçu l'irradiation
main » sur la genèse des planètes. De plus,       séculaire des rayons cosmiques et de l'ultra-
pour certains chercheurs, les molécules co-       violet solaire.
métaires pourraient avoir joué un rôle im-        Malgré ces progrès récents, les comètes
portant dans la formation de l'atmosphère         conservent encore une bonne part de leur
des planètes, voire dans l'apparition de la       mystère. Par exemple, l'abondance de cer-
vie sur la Terre.                                 taines molécules fondamentales, comme
F. Whipple proposa, vers 1950, son fameux         l'ammoniac ou le méthane, reste incertaine,
modèle de comète en « boule de neige sale »       et l'on ignore aussi le degré de complexité
où domine l'eau sous forme de glace - mé-         que peuvent atteindre les molécules des
langée à des impuretés telles que le méthane      noyaux cométaires. Une autre énigme
et l'ammoniac, et intimement mêlée à des          concerne les sursauts d'activité de certaines
grains de poussière constitués de métaux et       comètes, comme Schwassmann*-Wach-
ae silicates effectuées sur la comète de Hal-     mann 1, loin du Soleil, sachant qu'à des dis-
ley     Halley (comète de).                       tances du Soleil supérieures à 3 unités astro-
En effet, les radicaux et les ions que l'on       nomiques la température d'un noyau comé-
identifie aux longueurs d'onde de la lumière      taire est bien trop faible pour que l'eau qu'il
visible ne proviennent pas directement de la      contient puisse se sublimer. Un premier élé-
sublimation des glaces du noyau ; ce ne sont      ment de réponse a été apporté en 1994 avec
que des « molécules filles », issues de la dis-   la découverte d'une grande quantité de mo-
sociation par le rayonnement solaire ultra-       noxyde de carbone dans la comète Schwas-
violet de « molécules mères », elles-mêmes        smann -Wachmann 1 : ce composé est ex-
nées des glaces du noyau. Ce n'est qu'avec        trêmement volatil et peut donc se sublimer
l'essor des observations spectroscopiques         loin du Soleil. Le mécanisme qui déclenche
dans l'infrarouge et le domaine radio (où se      les sursauts d'activité reste toutefois à déter-
trouvent des bandes d'émission intenses as-       miner.
sociées respectivement aux vibrations et aux      LA MORT DES COMÈTE s. Des observations récen-
rotations des molécules mères) et grâce à         tes ont montré que les astéroïdes et les co-
l'exploration in situ de la comète de Halley      mètes ne forment pas deux populations
que l'on a pu enfin mettre en évidence cer-       complètement distinctes. Ainsi, Chiron*,
taines des molécules directement échappées        classé comme astéroïde lors de sa décou-
du noyau. Si l'eau est bien le composant          verte en 1977, est apparu par la suite entouré
essentiel des glaces cométaires, celles-ci        d'une nébulosité analogue à une chevelure
contiennent également du monoxyde et du           cométaire. Au cours de leurs multiples révo-
dioxyde de carbone, du formaldéhyde, du           lutions autour du Soleil, les noyaux comé-
méthanol, du sulfure d'hydrogène et de            taires s'appauvrissent progressivement en
l'acide cyanhydrique. La présence du mo-          éléments volatils, se recouvrent des poussiè-
noxyde de carbone et du sulfure d'hydro-          res qui n'ont pu être entraînées et finissent
97                                                                                  compagnon

par ressembler aux astéroïdes. Tel sera le         sein desquels s'élaborent les normes juridi-
destin de la comète de Halley, dont l'activité     ques destinées à réglementer les utilisations
lors de son dernier retour, en 1986, n'affec-      pacifiques de l'espace.
tait déjà plus que 20 % de sa surface. Jusqu'à     ENCYCL. Il possède deux sous-comités, l'un
40 % des astéroïdes gravitant près de la           scientifique, l'autre juridique, qui travaillent
Terre pourraient être des comètes éteintes,        soit en réunion plénière, soit en groupes de
dont le dégazage est achevé.                       travail par sujet particulier, à partir de pro-
Les poussières et les débris que les comètes       positions émanant d'un État ou d'un groupe
abandonnent à chacun de leurs retours près         d'États. Le rapport annuel que lui transmet
du Soleil se dispersent peu à peu le long de       chacun de ces sous-comités sert de base aux
leurs orbites en donnant naissance à des           propositions qu'il soumet à l'Assemblée gé-
essaims de météorites*. Lorsque la Terre,          nérale des Nations unies. Celle-ci peut, en
dans sa ronde autour du Soleil, croise ces         outre, adopter des recommandations ou des
essaims, les petits corps qu'ils rassemblent       résolutions contenant des textes de conven-
s'abattent dans l'atmosphère en y provo-           tions internationales ouvertes à la signature
quant des pluies d'étoiles filantes.               des États. droit spatial
Certaines comètes connaissent un destin
tragique. Leur noyau se fragmente brutale-         c o m m a n d e n.f. 1. Action d'intervenir sur
ment, généralement après un passage à très         le fonctionnement d'un appareil ou la
courte distance du Soleil. II peut arriver aussi   conduite d'une opération selon des procé-
qu'une comète heurte une planète : en juillet      dures préétablies.
1994, les fragments du noyau de la comète          2. Dispositif permettant cette action.
Shoemaker*-Levy 9 se sont précipités sur
Jupiter ; de telles collisions doivent être        C o m m u n a u t é d'États indépendants
fréquentes à l'échelle cosmique et il n'est        (CEI). Organisation, créée en décembre
pas exclu que l'une d'elles ait provoqué, sur      1991, regroupant onze républiques de l'an-
la Terre, il y a 65 millions d'années, la dis-     cienne URSS (Arménie, Azerbaïdjan, Biélo-
parition brutale, de nombreuses espèces            russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie,
vivantes, notamment celle des dinosaures.          Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkmé-
-> Chicxulub                                       nistan, Ukraine).
                      Le survol, effectué par
l'EXPLORATION SPATIALE.
                                                   c o m p a c t , e adj. Se dit d'une étoile beau-
des sondes spatiales, des comètes                  coup plus dense qu'une étoile ordinaire (par
Giacobini*-Zinner (1985), de Halley (1986)         exemple, une naine blanche, une étoile à
et Grigg*-Skjellerup (1992) a fait largement       neutrons ou un trou noir) ou d'une galaxie
progresser la recherche cométaire. On envi-        dont la luminosité par unité de surface est
sage désormais des missions spatiales plus         bien plus grande que celle d'une galaxie or-
ambitieuses, dans lesquelles une sonde re-         dinaire.
joindra une comète pour l'accompagner du-
                                                   ENCYCL. Les galaxies compactes ont été dé-
rant plusieurs mois dans son mouvement
                                                   couvertes en 1964 par F. Zwicky qui en a.
autour du Soleil et larguera à la surface de
                                                   dressé en 1971 un important catalogue. Les
son noyau de petits compartiments scienti-
                                                   études spectroscopiques ont montré que
fiques chargés d'effectuer des analyses in
                                                   leur compacité ne résulte pas de la présence
situ (projet européen Rosetta* projet améri-
                                                   d'un grand nombre d'étoiles dans un faible
cain Contour*) ou prélèvera des échantillons
                                                   volume, mais plutôt d'une distribution anor-
de matière cométaire et les rapportera sur la
                                                   male des étoiles de différents types spec-
Terre pour qu'ils y soient analysés (projet
                                                   traux. Certaines de ces galaxies sont très
américain Stardust).
                                                   bleues, les autres très rouges. On pense que
                                                   ce sont soit des galaxies jeunes, soit des
C o m i t é de l'espace. Nom usuel du Co-          galaxies subissant une phase temporaire
mité des utilisations pacifiques de l'espace       d'activé formation d'étoiles.
extra-atmosphérique, créé en 1959 par l'As-
semblée générale des Nations unies, l'un des       compagnon n.m. Composante d'éclat le
principaux organismes internationaux au            plus faible, dans un système binaire.
comparateur à clignotement                                                                      98

c o m p a r a t e u r à clignotement ou à           c o m p t e u r proportionnel. Détecteur
permutation. Appareil permettant de                 de rayonnements y et X, analogue au comp-
comparer deux photographies d'un même               teur Geiger, mais qui fonctionne sous une
champ stellaire en permutant leurs images           tension plus faible.
de façon périodique dans le champ d'un              ENCYCL. L'entrée d'un rayonnement ionisant
microscope.                                         déclenche dans l'appareil une décharge élec-
ENCYCL. Les astres qui ont changé de position       trique et celle-ci engendre une impulsion de
ou d'éclat d'un cliché à l'autre se signalent       courant, dont l'intensité est proportionnelle
par un sautillement ou un clignotement. On          à l'énergie de l'interaction.
peut ainsi découvrir ou reconnaître des étoi-
les variables, des étoiles à grand mouvement        C o m p t o n (effet). Processus d'interac-
propre, des astéroïdes, etc. SYN. USUEL : (btink)   tion entre matière et rayonnement électro-
microscope.                                         magnétique dû à la diffusion du rayonne-
                                                    ment par les électrons des atomes.
                                                    ENCYCL. Lors d'une collision élastique avec un
C o m p a s (en latin Circinus, -t). Constella-
tion australe.                                      électron, un photon subit une augmentation
ENCYCL. Ses étoiles sont peu brillantes, la prin-
                                                    de longueur d'onde. Cette variation, qui cor-
cipale, a Cir, étant de magnitude 3,5. Elle         respond à une perte d'énergie du photon, ne
renferme une source intense de rayonne-             dépend pas de la longueur d'onde initiale,
ment X, Circinus* X-l.                              mais seulement de l'angle de diffusion. L'ef-
                                                    fet Compton est d'autant plus sensible que
                                                    la longueur d'onde du rayonnement inci-
c o m p o s a n t e n.f. Chacune des étoiles        dent est plus petite.
d'un système double ou multiple.
                                                    C o m p t o n (observatoire de rayon-
c o m p o s a n t e sol. Partie d'un système        n e m e n t g a m m a ) . Satellite américain
spatial comprenant les installations sur Terre      d'astronomie gamma, lancé en 1991 sous le
qui participent à son fonctionnement.               nom de GRO (Gamma-Ray Observatory) et
                                                    rebaptisé ainsi après sa mise en orbite, en
c o m p o s a n t e spatiale. Partie d'un sys-      hommage au physicien américain A.H.
tème spatial comprenant essentiellement les         Compton (1892-1962) qui a découvert l'ef-
engins spatiaux qui participent à son fonc-         fet Compton, l'un des phénomènes autori-
tionnement.                                         sant l'observation du rayonnement gamma.
                                                    ENCYCL. Mis en orbite le 7 avril 1991 à 450 km

composition colorée. Représentation                 d'altitude par l'orbiteur Atlantis de la navette
significative obtenue par une ou plusieurs          américaine, c'est le deuxième des grands
combinaisons de couleurs. Ce type de repré-         observatoires spatiaux de la NASA, après le
sentation est très utilisé pour l'interpréta-       télescope spatial Hubble*. Long de 1J m
tion des images recueillies par télédétection       pour 5,5 m de large et d'une masse voisine
spatiale.                                           de 161 (dont 6,61 de charge utile), il emporte
                                                    quatre détecteurs permettant la détection, la
c o m p t e à rebours. Partie de la chronolo-       localisation et la spectroscopie des sources
gie de lancement qui précède l'ordre de mise        célestes de rayonnement gamma dans une
à feu des moteurs du lanceur.                       gamme d'énergie très large, allant de 20 000
                                                    à 30 milliards d'électronvolts. Il a notam-
c o m p t e u r à scintillation. Détecteur de       ment mis en évidence l'émission de rayon-
rayonnement y.                                      nement y de haute énergie d'une variété de
ENCYCL. L'appareil renferme des cristaux qui
                                                    galaxies actives - les blazars* -, localisé plu-
émettent des éclairs lumineux quand ils sont        sieurs centaines de sursauts* y dont la distri-
frappés par des photons y. Chaque éclair            bution isotrope semble établir l'origine ex-
(scintillation) est recueilli par un photomul-      tragalactique, découvert de nouveaux
tiplicateur et l'on mesure ainsi le flux de         pulsars* y, fait progresser l'étude des élé-
rayonnement reçu.                                   ments radioactifs engendrés par des super-
99                                                                       constante de Hubble

novae* et dressé la première carte complète         ENCYCL.Haute de 15,7 m, cette fusée a une
du ciel dans le domaine y.                          masse au décollage de 87 t. Sa capacité de
                                                    lancement est de 700 kg en orbite polaire
C o m p t o n inverse (effet). Processus            basse. Son premier lancement, en 1995, a
d'interaction entre matière et rayonnement          échoué.
électromagnétique, inverse de l'effet Comp-
ton.                                                Congreve (sir William), officier d'artillerie
ENCYCL. L'effet Compton inverse correspond          anglais (Londres 1772 - Toulouse 1828).
à l'interaction d'un photon de faible énergie       Impressionné par les pertes infligées aux
avec un électron de grande énergie : l'élec-        troupes britanniques, en Inde, par les atta-
tron perd de l'énergie au profit du photon ;        ques des fusées de Tippoo Sahib, dernier
ce dernier acquiert donc une longueur               sultan de Mysore, il sut persuader le gouver-
d'onde inférieure à celle qu'il possédait           nement de son pays de l'intérêt de posséder
avant l'interaction.                                des fusées à usage militaire et mit au point, à
Ce processus permet d'expliquer l'émission          partir de 1804, plusieurs modèles d'armes
globale de rayonnement X du ciel : des élec-        de ce type (fusées à charges explosives, in-
trons se déplaçant à de très grandes vitesses,      cendiaires ou de mitraille), pouvant être lan-
donc très énergétiques, cèdent une partie de        cées aussi bien du sol que depuis des ba-
leur énergie par interaction avec les photons       teaux. D'une portée de 2 500 à 3 000 m, ces
du rayonnement radio et optique de l'espace         fusées furent utilisées avec succès contre
(en particulier le rayonnement cosmologi-           Boulogne en 1806, contre Copenhague l'an-
que à 2,7 K), et transforment ceux-ci en pho-       née suivante, puis lors de la guerre anglo-
tons X.                                             américaine de 1812.

c o m p u t n.m. Calcul du calendrier ecclé-        conjonction n.f. Situation de deux ou plu-
siastique comprenant, en particulier, la dé-        sieurs astres ayant même longitude géocen-
termination de la date de la fête de Pâques*.       trique ou même ascension droite.
Ses éléments sont la lettre* dominicale, le         ENCYCL. Deux ou plusieurs astres en conjonc-

cycle* solaire, l'indiction* romaine, le nom-       tion sont observables dans la même région
bre* d'or et l'épacts*.                             du ciel. On peut ainsi, par exemple, appren-
                                                    dre à identifier les planètes en profitant de
C ô n e (nébuleuse du). Nébuleuse obs-              ce qu'elles sont en conjonction avec la Lune
cure en forme de cône, observable dans la           pour les repérer. Chaque mois, le Soleil et la
constellation de la Licorne, près de l'étoile S     Lune se retrouvent en conjonction lors de la
Monocerotis.                                        nouvelle lune : c'est la période durant la-
                                                    quelle la Lune est inobservable. Les planètes
ENCYCL. Cette nébuleuse de poussière est
                                                    inférieures présentent avec le Soleil une
associée à une nébuleuse d'hydrogène
                                                    conjonction inférieure lorsqu'elles s'interpo-
ionisé et au très jeune amas stellaire ouvert
                                                    sent entre le Soleil et la Terre, et une
NGC 2264, riche en étoiles T Tauri, dont
                                                    conjonction supérieure lorsqu'elles passent,
l'âge est estimé à 2 millions d'années seule-
                                                    derrière le Soleil. Les planètes supérieures ne
ment. On l'appelle parfois nébuleuse de la
                                                    présentent qu'une seule conjonction, qui est
Quille.
                                                    supérieure (voir figure page suivante).
c ô n e d'ombre. Région de l'espace pour
                                                    c o n s o m m a b l e adj. Se dit d'un matériel,
tous les points de laquelle le Soleil est com-
                                                    en particulier d'un lanceur, ne servant
plètement occulté par une planète ou un
                                                    qu'une seule fois, par opposition à réutilisa-
satellite. Elle est limitée par l'un des cônes
                                                    ble.
circonscrits à la fois au Soleil et à la planète
ou au sateËite.                                     c o n s t a n t e cosmologique       cosmolo-
                                                    gique
C o n e s t o g a . Petit lanceur à propergol so-
lide développé par la société américaine            c o n s t a n t e de Hubble -» Hubble (cons-
Space Services Inc.                                 tante de)
constante solaire                                                                                  100

C o n j o n c t i o n d'une planète inférieure           adoptées à l'échelle internationale pour di-
orbite de la Terre                orbite de la planète
                                                         verses grandeurs et sur lesquelles se fondent
                                                         les calculs astronomiques, en particulier
                                                         les éphémérides des corps du système so-
                                                         laire.
                                                         ENCYCL. C'est en 1896 qu'a été établi pour la
                                                         première fois un système de constantes as-
                                                         tronomiques. Celui-ci est resté en vigueur
                                                         jusqu'en 1964 puis à été remplacé et modifié
                                                         jusqu'à donner naissance au système actuel,
                                                         en vigueur depuis 1984. L'origine des temps
                                                         est le 1 er janvier 2000 à 12 heures. Elle cor-
                                                         respond au début du jour julien 2 451 545,0
                                                         et est désignée par J2000.0.
                                                         LES DIFFÉRENTES CONSTANTES.
                                                         Constante de définition
C o n j o n c t i o n d'une planète supérieure
                                                         k = 0,017 202 098 95 = 0,985 607 668 6°,
                                                         constante de Gauss.
                                                         Constantes primaires
                                                         c = 299 792 458 m/s, vitesse de la lumière ;
                                                         Tf = 499,004 782 s, temps de lumière pour
                                                         l'unité de distance ;
                                                         R = 6 378 140 m, rayon équatorial de la
                                                         Terre ;
                                                         J2 = 0,001 082 63, facteur d'ellipticité géo-
                                                         potentiel de la Terre ;
                                                         GM = 3,986 005 x 10 14 m3/s2, constante
                                                         géocentrique de la gravitation ;
                                                         G = 6,672 x 10" u nT-kg^-s"2, constante de la
c o n s t a n t e solaire. Flux total d'énergie          gravitation ;
solaire reçu au niveau de l'orbite de la Terre,          p = 0,012 300 02, rapport de la masse de la
hors de l'atmosphère, perpendiculairement,               Lune M à la masse de la Terre M ;
par unité de temps et de surface.                        p = 5 029,096 6", précession générale en
ENCYCL. Cette notion a été introduite en 1837            longitude par siècle julien, pour J2000.0 ;
par le physicien français Claude Pouillet.               s0 = 23° 26' 21,448", obliquité de l'éclip-
À présent, la constante solaire peut être me-            tique pour J2000.0.
surée avec précision grâce aux satellites arti-          Constantes dérivées
ficiels : les valeurs les plus précises obtenues         N0 = 9,202 5", constante de la mutation pour
sont voisines de 1 367 W/m2.                             J2000.0 ;
Toutefois, on a mis en évidence de légères               A = 1,495 978 706 1 x 1 0 n m, unité de
variations liées, semble-t-il, au cycle de l'ac-         distance (unité astronomique) ;
tivité* solaire.                                         arcsin (R/A) = (= 8,794 148", parallaxe so-
Compte tenu de l'absorption et de la ré-                 laire ;
flexion atmosphériques, le flux moyen                    k = 20,495 52", constante de l'aberration
d'énergie solaire atteignant effectivement la            pour J2000.0 ;
surface terrestre n'est que de 240 W/m2 en-              f = 0,003 352 81 = 1/298,257, aplatissement
viron. II varie, en fait, ae moins de 50 W/m2            de la Terre ;
dans les régions polaires à plus de 260 W/m2             A 3 ^/D 2 = GS = 1,327 124 38 x 102Om3/s2,
dans la région équatoriale et les déserts sub-           constante héliocentrique de la gravita-
tropicaux.                                               tion ;
                                                         GS/GM = S/M = 332 946,045, rapport de la
constantes astronomiques. Ensemble                       masse du Soleil à la masse de la Terre ;
de valeurs numériques conventionnelles                   (S/M)/(l + p) = 328 900,56, rapport de la
101                                                                                     constellation

masse du Soleil à la somme des masses de la               ciel incluant ce groupe d'étoiles, conven-
Terre et de la Lune ;                                     tionnellement délimitée avec précision par
GS/G = S = 1,989 1 x 10 30 kg, masse du                   l'Union astronomique internationale.
Soleil.                                                   ENCYCL. Dès les premières civilisations, les
SYSTÈME DES MASSES. Rapports de masse entre le            observateurs du ciel, pour repérer et dési-
Soleil et les planètes :                                  gner plus commodément les étoiles qui s'of-
                                                          fraient à leurs regards, ont imaginé de les
Mercure                              6 023 600            réunir d'après les figures plus ou moins arbi-
Vénus                                408 523,5            traires qu'elles dessinent dans le ciel. Ainsi
Terre + Lune                         328 900,5            sont nées les constellations, auxquelles ont
Mars                                 3 098 71             été donnés des noms de héros, d'animaux
Jupiter                              1 047,355            ou d'objets associés à des mythes et des
Saturne                              3 498,5              légendes, qui varièrent donc selon les pays.
Uranus                               22 869               La nomenclature actuelle s'inspire large-
Neptune                              19 314               ment de la mythologie grecque. C'est, sem-
Pluton                               130 000 000          ble-t-il, Aratos, médecin et poète à la cour
                                                          du souverain macédonien Ahtigonos Gona-
constellation ni. 1. Groupe d'étoiles ap-                 tas, au IIIe siècle avant notre ère, qui eut
paremment voisines, dessinant sur la sphère               l'idée d'attribuer aux diverses constellations
céleste une figure conventionnelle à laquelle             des noms tirés de la mythologie grecque. La
on a donné un nom particulier. 2. Région du               carte de l'hémisphère céleste boréal est fon-

        Principales constellations de l'hémisphère céleste austral




                                                        Fomdhtiul»--.po|sSoN K.
                                                                 —AUSTRAL   i     \
constellation                                                                                              102

        Principales constellations de l'hémisphère céleste boréal




                                                                                 T\




                                             !            . .        GIRAFE      I


                                                 •"""'PETITE OURSE




dée sur celle établie au IIe siècle par Ptolé-                  nimement reconnues. Aussi l'Union astro-
mée, qui répertoria 48 constellations (voir                     nomique internationale a-t-elle procédé, à
figure p. suivante). Les constellations austra-                 partir de 1992, à une révision des constella-
les, en revanche, sont d'origine beaucoup                       tions. Suivant une suggestion de l'astro-
plus récente, les astronomes n'ayant pu ob-                     nome belge E. Delporte, il a été décidé en
server le ciel de l'hémisphère Sud que beau-                    1927 de substituer aux délimitations imagi-
coup plus tardivement. Ce sont principale-                      naires antérieures des arcs de parallèles et de
ment Bayer et Hevelius, au xviie siècle,                        méridiens. Depuis lors, l'ensemble du ciel
Lalande et La Caille, au xvme, qui les baptisè-                 est divisé en 88 constellations comprenant
rent. La plupart ont reçu des noms d'oiseaux                    chacune, outre le groupement d'étoiles
ou d'instruments scientifiques (voir figure).                   brillantes ayant servi initialement à lui don-
Longtemps, les limites des constellations                       ner un nom, une région du ciel convention-
restèrent imprécises. Des difficultés surgi-                    nellement délimitée.
rent lorsqu'il fallut cataloguer les nombreu-                   DÉSIGNATION DES ÉTOILES. On désignait jadis une
ses étoiles de faible éclat identifiées grâce                   étoile par un nom rappelant sa position dans
aux lunettes et aux télescopes. D'autant que                    la figure mythologique identifiée à la cons-
certains astronomes prirent sur eux de dési-                    tellation à laquelle appartient cette étoile.
gner à leur gré de nouvelles figures célestes,                  Les étoiles les plus brillantes reçurent par
empiétant sur les anciennes. A la fin du xixe                   ailleurs, ^ et notamment des Arabes, au
siècle, on comptait ainsi 108 constellations,                   Moyen Age, des noms propres que l'usage a
dont les limites n'étaient cependant pas una-                   conservés : Sirius, Rigel, Aldébaran...
103                                                                                   convection

En 1603, l'astronome allemand Bayer eut             -les constellations MEO (MiddleEarth Orbit)
l'idée d'introduire une nomenclature simple         dans lesquelles l'altitude est comprise entre
et rationnelle, utilisant les lettres de l'alpha-   13 000 et 20 000 km ce qui correspond à des
bet grec :                                          périodes de 8 à 12 h (ex. : GPS) ;
                                                    - les constellations LEO (Low Earth Orbit)
a  alpha         i iota            P  rhô           dans lesquelles l'altitude est inférieure à
P  bêta          K kappa           c  sigma         1 500 km et la période voisine de 2 h (ex. :
y  gamma         X lambda          X  tau           Teledesic). -» télécommunications spatia-
5  delta         F mu              u  upsilon       les
£  epsilon       v nu              (p phi
Ç  dzêta         S ksi             X khi            c o n t a c t (en). Se dit d'un système binaire
T êta
 1               0 omicron         V psi            dont les deux composantes partagent une
0 thêta          n P1              0) oméga         enveloppe de matière commune.
                                                    ENCYCL. Un exemple caractéristique est celui
Dans chaque constellation, l'étoile la plus         du système W Ursae Majoris. Dans un tel
brillante est désignée par a, celle d'éclat im-     système, les deux étoiles remplissent cha-
médiatement inférieur par p, puis (et ainsi         cune leur lobe de Roche* et un transfert de
de suite. Cette nomenclature, aujourd'hui           matière peut s'opérer de la moins massive
universellement adoptée, comporte quel-             vers la plus massive.
ques exceptions imposées par l'usage : ainsi,
l'étoile la plus brillante de la Grande Ourse       c o n t a c t n.m. Lors d'une éclipse de Soleil,
est (et non a. Lorsque l'alphabet grec est          chacun des instants où le limbe du Soleil est
épuisé, on utilise l'alphabet latin, puis des       tangent à celui de la Lune.
nombres. Encore ne parvient-on ainsi qu'à           ENCYCL. Le premier contact se produit quand
désigner les étoiles visibles à l'œil nu. Les       le bord est de la Lune vient toucher le bord
étoiles d'éclat plus faible, révélées par les       opposé du Soleil ; il marque le commence-
lunettes et les télescopes, sont désignées          ment de l'éclipsé. Le deuxième contact a
seulement par leur numéro d'ordre dans des          lieu quand les deux astres se touchent par
catalogues de référence. Comme les constel-         leur bord ouest ; il marque le commence-
lations sont désignées officiellement par           ment de l'éclipsé totale. Le troisième contact
leurs noms latins (compréhensibles dans le          survient quand les deux astres se touchent
monde entier), le nom officiel d'une étoile         par leur bord est : il marque la fin de l'éclipsé
s'obtient en faisant suivre la lettre qui dési-     totale. Le quatrième contact se produit
gne cette étoile du génitif du nom latin de la      quand le disque de la Lune cesse de masquer
constellation à laquelle elle appartient.           celui du Soleil : il marque la fin de l'éclipsé.

constellation (de satellites) n.f. En-              Contour. Sonde américaine d'exploration
semble organisé de satellites identiques ré-        cométaire.
partis dans plusieurs plans afin d'assurer,         ENCYCL. D'une masse de 775 kg, cette sonde
collectivement, une mission déterminée.             du programme Discovery de Ta NASA doit
ENCYCL. Ce concept, apparu dans les années          être lancée en juillet 2002 et survoler succes-
1980, concerne essentiellement les télécom-         sivement les comètes d'Encke (12 novembre
munications, la messagerie (ex. : Orb-              2003), SW3 (18 juin 2006), d'Arrest (16 août
comm), la téléphonie mobile (ex. : Iridium)         2008), Tempel 2 (2 octobre 2015) et à nou-
et les services multimédia (ex. : SkyBridge).       veau la comète d'Encke (12 septembre
La population d'une constellation s'exprime         2023).
souvent en dizaines, voire en centaines, de
satellites.                                         convection ni. Transfert de chaleur ac-
On distingue trois catégories de constella-         compagné d'un transport de matière au sein
tions :                                             d'une masse fluide.
-les constellations HEO (Highly Ellipticai Or-      ENCYCL. Les mouvements de convection in-
bit) dont les orbites sont très excentriques        terviennent, par exemple, dans l'eau chauf-
(ex. : Molnya) ;                                    fée dans une casserole. En astronomie, ce
convergent                                                                                   104

mode de transfert de l'énergie est très ré-       du méridien du lieu avec ce plan (angle ho-
pandu dans les atmosphères stellaires.            raire et déclinaison) ;
L'existence de granules* sur la photosphère       - les coordonnées équatoriales*, rapportées
du Soleil est, en particulier, directement liée   au plan de l'équateur céleste et au point
à la présence d'une zone convective sous-         vernal (ascension droite et déclinaison) ;
jacente.                                          - les coordonnées écliptiques*, rapportées
                                                  au plan de l'écliptique et au point vernal
convergent n.m. Dans un moteur-fusée,             (longitude écliptique et latitude écliptique) ;
partie amont d'une tuyère, située entre la        - les coordonnées galactiques*, rapportées
chambre de combustion et le rétrécissement        au plan de symétrie de notre galaxie et à un
du col, où débute l'accélération des gaz éjec-    point de ce plan situé dans la direction du
tés. Elle se prolonge par le divergent,           centre galactique (longitude galactique et la-
                                                  titude galactique).
coorbital, e, aux adj. Se dit de satellites
naturels d'une planète qui décrivent des or-      Copernic (Nicolas), astronome polonais
bites suffisamment voisines pour que leur         (Torun, 1473 - Frauenburg, auj. Frombork,
attraction gravitationnelle mutuelle per-         1543).
turbe de façon cyclique leur mouvement            Fils d'un riche négociant, il étudia l'astrono-
orbital.                                          mie d'abord à l'université de Cracovie
ENCYCL. Deux petits satellites de Saturne, Epi-   (1491-1495), puis à celle de Bologne (1496).
méthée* et Janus*, présentent la particula-       Nommé chanoine de Frauenburg en 1479, il
rité d'être coorbitaux : la différence entre      obtint l'autorisation de prolonger ses études
leurs rayons orbitaux moyens est inférieure       en Italie, et s'inscrivit aux facultés de méde-
à la somme de leurs diamètres. Ainsi, leurs       cine et de droit de l'université de Padoue.
vitesses orbitales sont très voisines mais non    Reçu docteur en droit canon à Ferrare
égales : le satellite intérieur rattrape lente-   (1503), il retourna à Frauenburg où il fit
ment le satellite extérieur dans son mouve-       construire un observatoire et où il demeura
ment orbital. Lorsqu'ils s'approchent l'un de     jusqu'à sa mort. Frappé par la complexité du
l'autre, l'attraction gravitationnelle modifie    système de Ptolémée, alors universellement
leur moment angulaire. Le moment du satel-        accepté, Copernic reprit l'idée, déjà émise
lite intérieur augmente et celui-ci gagne une     par certains savants de l'Antiquité comme
orbite plus « haute », où sa vitesse orbitale     Aristarque de Samos, d'une rotation des
est plus faible. En revanche, le moment du        planètes, dont la Terre, autour du Soleil,
satellite extérieur diminue et ce dernier est     considéré comme fixe. Cette hypothèse per-
déplacé sur une orbite plus « basse », où sa      mettait d'expliquer simplement des phéno-
vitesse orbitale est plus grande.                 mènes tels que les mouvements apparents
Les deux satellites échangent donc leurs pla-     des planètes dans le ciel ou la variation cycli-
ces. Ce pas de deux se répète tous les quatre     que de leur éclat apparent. Conscient des
ans.                                              oppositions véhémentes qu'elle allait susci-
                                                  ter, notamment de la part des théologiens,
coordonnées n.f.pl. Paramètres qui per-           Copernic en différa pourtant longtemps la
mettent de définir, dans un système de réfé-      divulgation. Publié en 1543, juste avant sa
rence approprié, la position d'un point.          mort, au terme de longues années de ré-
ENCYCL. Suivant le plan de référence adopté
                                                  flexion et de recherche, son ouvrage fonda-
et l'origine choisie dans ce plan, on distin-     mental, De revolutionibus orbium coelestium,
gue, en astronomie :                              expose son système du monde héliocentri-
- les coordonnées horizontales*, rapportées        que, qui marque l'avènement de la concep-
au plan de l'horizon (perpendiculaire à la        tion moderne de l'Univers : toutes les planè-
verticale du lieu) et au point sud de l'hori-     tes tournent autour du Soleil, en décrivant
zon (azimut et distance zénithale ou son           des orbites dont les dimensions sont infimes
complément, hauteur) ;                             en regard de la distance des étoiles. La Terre
                                                  n'est qu'une planète comme les autres, ani-
- les coordonnées horaires*, rapportées au
                                                  mée d'un mouvement de rotation sur elle-
plan de l'équateur céleste et à l'intersection
105                                                                             corde cosmique

même, en 24 heures, et d'un mouvement de            C o p r a t e s C h a s m a . L'un des grands ca-
révolution autour du Soleil, en 1 an : sa rota-     nons martiens, formant l'extrémité orientale
tion explique le mouvement diurne appa-             de Vallès* Marineris.
rent de la sphère céleste, et sa révolution,
l'alternance des saisons.                           C o r Caroli (en latin Cœur de Charles, nom
Pour la science, comme pour la philosophie,         donné à cette étoile, par Halley, au xviie siè-
Copernic a ouvert une ère nouvelle. En              cle, en hommage au roi Charles II d'Angle-
affranchissant l'astronomie de l'hypo-              terre). Etoile a des Chiens de Chasse.
thèse de l'immobilité de la Terre et en subs-       ENCYCL. C'est, en fait, une étoile double, dont
tituant au principe de respect de l'autorité        les composantes, de magnitude apparente
des Anciens celui de la soumission aux faits        visuelle 2,9 et 5,4, distantes angulairement
comme base de toute connaissance, son œu-           de 20", peuvent être séparées à T'aide d'une
vre a marqué un tournant essentiel dans             lunette d'amateur. La plus brillante apparaît
l'histoire des idées et du progrès scientifi-       jaune d'or, l'autre violacée. Distance :
que : c'est ce qu'on appelle la révolution coper-   110 années de lumière.
nicienne.
Cependant, à l'époque, aucun argument dé-
cisif ne pouvait être avancé pour prouver le        C o r b e a u (en latin Corvus, -i). Constella-
mouvement de la Terre autour du Soleil.             tion australe.
Aussi le système de Copernic eut-il d'abord         Ses étoiles les plus brillantes de magnitude
beaucoup de détracteurs. Il fallut plus d'un        voisine de 3, dessinent un quadrilatère, au
siècle et les travaux de Tycho Brahe, de            sud de la Vierge. Elle abrite notamment la
Kepler, puis surtout les découvertes de Gali-       nébuleuse planétaire NGC 4361, perceptible
lée consécutives à l'invention de la lunette,       avec des instruments d'au moins 80 mm
ainsi que l'énoncé de la loi d'attraction uni-      d'ouverture, et deux célèbres galaxies en in-
verselle par Newton pour assurer son triom-         teraction, NGC 4038-4039, surnommées
phe définitif.                                      « les Antennes* ».

Copernic. L'un des plus célèbres cratères           c o r d e cosmique. Filament d'énergie, ex-
de la Lune, au sud des Carpates. Coordon-           trêmement mince (10"2S m d'épaisseur) et
nées : 10° N., 20° O. Diamètre : 93 km. Nom         dense (1022 g/cm3 de masse volumique), qui
international : Copernicus.                         se serait formé peu après le Big* Bang,
ENCYCL. Copernic est bordé de remparts à ter-       d'après certains théoriciens.
rasses, dont le sommet surplombe de près            ENCYCL. Les cordes cosmiques auraient cons-
de 4 000 m le fond du cratère, relativement         titué initialement un réseau dense de lignes
plan à l'exception d'un groupe de collines          et de boucles se déplaçant à une vitesse pro-
centrales. Les traînées claires radiales qui        che de celle de la lumière. Au fur et à mesure
l'entourent, longues de plus de 600 km (on          de l'expansion de l'Univers, les boucles exis-
peut les suivre aisément à la surface de la         tantes auraient engendré des boucles plus
mer des Pluies), formées de matériaux éjec-         petites, qui auraient elles-mêmes rayonné
tés lors de l'impact à l'origine de ce cratère,     leur énergie sous forme d'ondes* gravita-
attestent de sa jeunesse.                           tionnelles. Seules subsisteraient encore
                                                    quelques-unes des cordes les plus longues,
copernicien, enne adj. et n. 1. Relatif au          s'étendant d'une extrémité à l'autre de l'Uni-
système de Copernic. 2. Partisan du sys-            vers observable. Mais celles qui ont disparu
tème de Copernic.                                   auraient induit des effets gravitationnels no-
                                                    tables dans la matière froide primordiale.
Copernicus. Nom donné au satellite d'as-            Les fluctuations de densité qu'elles auraient
tronomie dans l'ultraviolet OAO* 3 après sa         provoquées, ultérieurement amplifiées,
mise en orbite.                                     auraient constitué le germe des galaxies et
copositionné adj. Se dit de satellites géo-         des structures les plus larges de l'Univers. Il
stationnaires occupant la même position or-         n'existe toutefois aucun indice observation-
bitale.                                             nel de leur existence.
Cordelia                                                                                        106

Cordelia. Satellite d'Uranus (n° VI), dé-            aux régions terrestres dites de points chauds,
couvert en 1986 par la sonde américaine              au niveau desquelles du magma très pro-
Voyager 2. Demi-grand axe de son orbite :            fond remonte vers la surface.
49 800 km. Période de révolution sidérale :
0,335 j. Diamètre : 26 km.                           coronal, e adj. Relatif à la couronne solaire
                                                     ou à la couronne d'une étoile quelconque.
C o r d o b a Durchmusterung (CD).                   Ciel coronal : ciel de montagne dont la pureté
Catalogue d'étoiles établi à l'observatoire de       permet d'observer la couronne solaire. Trou
Cordoba (Argentine) entre 1892 et 1914,              coronal : vaste région relativement froide et
principalement sous la direction de J.M.             peu dense de la couronne solaire, par la-
Thome (1843-1908). Il donne les coordon-             quelle le vent* solaire s'échappe dans l'es-
nées et la magnitude de 578 802 étoiles aus-         pace interplanétaire.
trales, de déclinaison comprise entre - 2° et
-22°.                                                coronium n.m. Élément gazeux dont on a
                                                     cru reconnaître l'existence dans la couronne
cordon ombilical. Tuyau, long et flexi-              solaire, par analyse spectrale, mais qui s'est
ble, qui relie un spationaute à son vaisseau         révélé formé d'atomes connus, fortement
durant une activité extravéhiculaire. Il cons-       ionisés.
titue un lien mécanique tout en assurant             ENCYCL. L'existence du coronium avait été
l'alimentation en oxygène et la climatisa-           imaginée pour rendre compte de raies*
tion du scaphandre. Apparu à l'occasion              d'émission de la couronne solaire, alors in-
des deux premières sorties dans l'espace,            connues, ayant pour longueurs d'onde 5 303
en 1965, cet équipement n'existe pas sur             et 6 374 Â. Ces raies ont été identifiées en
le fauteuil spatial (MMU ou Ikarus), qui             1942, par le Suédois B. Elden et l'Allemand
donne à son occupant une véritable autono-           W. Grotrian comme étant des raies interdi-
mie.                                                 tes émises par des éléments très ionisés tels
                                                     que le fer douze ou treize fois ionisé.
C o r o n a ( - a e ) Australis. Nom latin de la
constellation de la Couronne australe (abrév.        coronographe n.m. Lunette astronomi-
CrA).                                                que spéciale qui permet l'étude et la photo-
                                                     graphie de la couronne solaire en dehors des
C o r o n a ( - a e ) Borealis. Nom latin de la      éclipses totales de Soleil.
constellation de la Couronne boréale (abrév.         ENCYCL. Conçu, réalisé et utilisé pour la pre-
CrB).                                                mière fois par le Français B. Lyot en 1930, le
                                                     coronographe réalise une éclipse totale de
C o r o n a Borealis ( a m a s ) . Amas de ga-       Soleil artificielle grâce à un occulteur (disque
laxies situé au sud-est de la constellation de       ou cône) de même diamètre apparent que la
la Couronne boréale. Il rassemble plus de            photosphère*, et en éliminant avec le plus
400 galaxies, la plupart elliptiques, et dont        grand soin toutes les causes possibles de
les plus brillantes sont de magnitude 16. Sa         diffusion instrumentale et de lumière para-
distance est de 1,3 milliard d'années de lu-         site : impuretés, défauts de polissage des
mière.                                               lentilles, poussières, etc. Au sol, les corono-
                                                     graphes sont en général installés en haute
c o r o n a n.f. (mot latin ; pl. coronae). Struc-   montagne, où la diffusion atmosphérique
ture circulaire, dans la nomenclature inter-         est faible, et équipés de caméras, spectrogra-
nationale du relief des surfaces planétaires.        phes, filtres monochromatiques, etc.
ENCYCL. Les coronae sont particulièrement
nombreuses sur Vénus. Ces structures tecto-          C o r o t . Satellite d'astronomie français réa-
niques, dont le diamètre peut atteindre              lisé en collaboration internationale.
1 000 km, sont généralement entourées par            ENCYCL. Ce minisatellite de la filière Protéus*
un faisceau de rides concentriques. L'inté-          aura notamment pour tâche d'étudier la
rieur est le plus souvent rempli de coulées          structure interne des étoiles par les techni-
de lave. On considère qu'elles s'apparentent         ques d'astérosismologie* et de rechercher
    107                                                                                cosmique

    des planètes extrasolaires. Son lancement         l'observation du rayonnement y céleste dans
    est envisagé en 2002.                             la gamme des énergies supérieures à
                                                      20 MeV. Il a permis, notamment, de dresser
    corps noir. Corps idéal qui absorbe tout le       la première carte du ciel dans ce domaine du
    rayonnement qu'il reçoit et le réémet inté-       spectre et a découvert l'émission de rayon-
    gralement.                                        nement y des quasars.
    ENCYCL. Le corps noir est en équilibre ther-
    modynamique avec le milieu qui l'entoure.         cosmique adj. 1. Relatif au cosmos, à
    L'intensité au rayonnement d'un corps noir        l'Univers. 2. Rayonnement cosmique
    à la température absolue T est maximale              rayonnement. 3. Vitesse cosmique -» vi-
    pour une longueur d'onde Xm dont la valeur        tesse
    ne dépend que de la température. Cette va-
    leur A,m est liée à la température par la rela-   cosmique adj. Relatif au cosmos, à l'Uni-
    tion Xm.T = constante (loi de Wien). L'inten-     vers. Année cosmique : période de révolution
    sité totale du rayonnement émis par le corps      du Soleil autour du centre de la Galaxie
    noir sur l'ensemble des fréquences ne dé-         (environ 240 millions d'années). Rayonne-
    pend que de la température T : elle est pro-      ment cosmique ou rayons cosmiques : flux de
    portionnelle à T4 (loi de Stefan).                particules chargées de haute énergie qui
                                                      sillonnent l'espace dans toutes les directions
    corps parent. Corps céleste d'où est issue        et dont l'origine est solaire, galactique et
    une météorite. Le plus souvent, il s'agit d'un    extragalactique.
    astéroïde*, mais parfois de la Lune ou de         ENCYCL. Les rayons cosmiques sont des
    Mars.                                             noyaux d'atomes dont les électrons ont été
                                                      arrachés, des électrons et même des posi-
    correction d'attitude. Manœuvre vi-               trons ; leurs énergies vont de quelques
    sant à corriger l'attitude d'un véhicule spa-     millions d'électronvolts à une centaine
    tial. Faisant suite à une restitution d'atti-     de milliards de milliards d'électronvolts
    tude, elle s'obtient au moyen d'impulsions        (1020 eV). Les noyaux du rayonnement cos-
    fournies par un système propulsif. C'est par      mique sont essentiellement des noyaux
    le biais de telles corrections que peut être      d'hydrogène (protons) pour 90 %, des
    réalisée la commande de l'attitude d'un en-       noyaux d'hélium pour 9 °/o7 et le reste (1 %)
    gin spatial, SYN. : pilotage en attitude          comprend des noyaux de divers éléments
                                                      plus lourds.
    correction d'orbite. Manœuvre visant              Parmi ces derniers, les noyaux légers (li-
    à corriger les éléments orbitaux (excen-          thium, béryllium, bore) représentent une
    tricité, inclinaison, etc.) d'un véhicule spa-    proportion beaucoup plus importante que
    tial. Faisant suite à une restitution d'orbite,   dans les atmosphères stellaires, où ils sont
    elle s'obtient au moyen d'impulsions four-        négligeables. Cette particularité de la com-
    nies par un système propulsif. C'est par le       position chimique du rayonnement cosmi-,
    biais de telles corrections que peut être réa-    que est due aux collisions avec le milieu
    lisée la commande de l'orbite d'un engin          interstellaire, qui brisent les noyaux lourds
    spatial.                                          primaires et produisent des noyaux secon-
                                                      daires plus légers. Par suite des interactions
    Corvus (-i). Nom latin de la constellation        qu'ils subissent au cours de leur trajet, la
(   du Corbeau (abrév. Crv).                          durée de vie des rayons cosmiques est limi-
                                                      tée à environ 10 millions d'années. Leur dis-
    C O S - B (abrév. de COsmic-ray Satellite). Sa-   tribution observée est à peu près isotrope,
    tellite européen d'astronomie gamma (lancé        sans que cela implique une isotropie de la
    le 9 août 1975, placé sur une orbite très         distribution des sources qui les produisent.
    excentrique autour de la Terre (périgée : 434     En effet, les particules du rayonnement cos-
    km ; apogée : 101 570 km) et qui a fonc-          mique ne suivent pas des trajectoires en li-
    tionné jusqu'au 26 avril 1982.                    gne droite, mais sont sans cesse déviées par
    ENCYCL. Il emportait un télescope destiné à       les champs magnétiques des régions qu'elles
cosmodrome                                                                                                      108

traversent (milieu interplanétaire, milieu in-                   de l'observation détaiïlée des planètes et de
terstellaire). L'étude des rayons cosmiques                      leurs satellites qu'a autorisée l'exploration
nous renseigne donc à la fois sur leurs sour-                    spatiale, ainsi que sur l'analyse des météori-
ces d'émission et sur leur parcours dans l'es-                   tes. Le système solaire paraît s'être formé il
pace. L'information sur les sources d'émis-                      y a 4,556 milliards d'années, en moins de
sion est surtout fournie par l'étude des                         100 millions d'années, à partir d'une nébu-
électrons, qui représentent environ 1 % du                       leuse en rotation lente. Celle-ci, en se
total des particules du rayonnement cosmi-                       contractant sous l'effet de son propre poids,
que et qui sont essentiellement des élec-                        aurait formé un disque dont la partie cen-
trons primaires et non des éléments secon-                       trale se serait finalement effondrée pour for-
daires comme les noyaux légers. Les                              mer le Soleil, tandis que ses parties périphé-
électrons de haute énergie se manifestent                        riques, plus froides, donnaient naissance
par l'émission de rayonnement synchro-                           aux planètes. Dans le disque, le gaz se serait
tron*. La production et l'accélération des                       condensé en petits grains dont la composi-
rayons cosmiques nécessitent des mécanis-                        tion chimique dépendait de la température,
mes hautement énergétiques. Les rayons                           donc de la distance au Soleil. Ces grains
cosmiques produits lors des éruptions solai-                     auraient ensuite grossi par accrétion* et
res ont des énergies de l'ordre de 10 s eV et                    formé des planétésimaux qui, par le jeu de
ne dépassent pas 109 eV. Dans notre galaxie,                     collisions mutuelles, auraient finalement en-
la production de rayons cosmiques d'éner-                        gendré les planètes (voir figure). Le phéno-
gie plus élevée est entretenue par les explo-                    mène qui déclencha l'effondrement de la
sions de supernovae ; le noyau de notre ga-                      nébuleuse (explosion de supernovae* ?) et la
laxie, les pulsars sont aussi des sources                        phase finale de formation des planètes res-
d'émission de particules de haute énergie.                       tent encore mal compris.
La contribution aux énergies les plus élevées                    COSMOGONIE STELLAIRE. La formation des étoiles
(1018 eV et plus) est d'origine extragalacti-                    est liée à l'évolution des nuages de matière
que (galaxies actives).                                          interstellaire, à leur condensation sous l'ef-
                                                                 fet de la gravitation et à leur fragmentation.
                                                                 COSMOGONIE DES GALAXIES. On présume que la
c o s m o d r o m e n.m. Synonyme de base de
lancement. S'emploie surtout pour désigner                       formation d'une galaxie* s'explique elle
les bases de lancement situées sur le terri-                     aussi dans le scénario général de la contrac-
toire de la CEI.                                                 tion gravitationnelle d'un immense nuage
                                                                 de gaz en rotation. Toutes les galaxies se
                                                                 seraient formées à peu près à la même épo-
cosmogonie n.f. (du grec kosmos, monde,
                                                                 que dans l'histoire de l'Univers, 1 à 2 mil-
et gonos, génération). Étude de la formation
                                                                 liards d'années après le Big* Bang.
des corps célestes.
COSMOGONIE DU SYSTÈME SOLAIRE. Les théories ac-
tuelles sur l'origine du système solaire dé-
coulent des idées de Kant (1755) et de La-                       cosmographie n.f. Description des systè-
place (1796), et se fondent sur les résultats                    mes astronomiques de l'Univers.

C o s m o g o n i e : processus de formation d'une planète tellurique




                                                                                      * *{t
                                                                                          \    *   \     n



nuage interstellaire                                             modelage de la surface       différenciation
                                                                  par bombardement               interne et
                                                                     de météorites
109                                                                                cosmonaute

cosmologie ni. Étude de la structure, de           à s'opposer à l'attraction gravitationnelle et
l'origine et de l'évolution de l'Univers consi-    accélère l'expansion de l'Univers ; si, au
déré dans son ensemble.                            contraire, elle est négative, elle équivaut à
ENCYCL. Dans son acception la plus large, la       une force attractive et ralentit l'expansion
cosmologie concerne tout à la fois la physi-       des galaxies de façon constante. Depuis la
que, l'astronomie et la philosophie. Depuis        découverte de l'expansion de l'Univers, la
le début du xxe siècle, les observations astro-    constante cosmologique était généralement
nomiques ont révélé que l'Univers est peu-         considérée comme ayant une valeur nulle.
plé de galaxies, qu'il est en expansion et         Des observations récentes portant sur des
qu'il est rempli d'un rayonnement thermi-          supernovae* situés dans des galaxies très
que qui se manifeste sous forme d'un flux          lointaines suggèrent cependant que sa va-
d'ondes radioélectriques provenant de tou-         leur, quoique petite, est positive et non
tes les directions (rayonnement du fond* de        nulle. Ce résultat, s'il était confirmé, impli-
ciel). La cosmologie observationnelle mo-          querait que l'expansion de l'Univers serait
derne s'efforce de rassembler le maximum           infime et qu'elle connaît, depuis plusieurs
de données sur l'Univers dans son ensemble         milliards d'années, une phase d'accélération.
par l'étude de la distribution de la matière à     Distance cosmologique : distance d'un objet
grande échelle, celle du mouvement des ga-         extragalactique lointain calculée en considé-
laxies (lié au rythme de l'expansion de l'Uni-     rant que le décalage spectral de l'objet est dû
vers), celle des propriétés (notamment de          à l'effet Doppler-Fizeau et reflète une vitesse
l'isotropie) du rayonnement du fond de ciel,       de récession consécutive à l'expansion de
etc.                                               l'Univers. Principe cosmologique : l'une des hy-
La cosmologie théorique bâtit des modèles          pothèses fondamentales de la cosmologie
de structure et d'évolution de l'Univers en        moderne, selon laquelle l'Univers, hormis
s'appuyant d'une part sur quelques princi-         des irrégularités locales, est homogène (la
pes fondamentaux (principe d'uniformité*,          distribution de la matière y est partout la
principe cosmologique*, principe d'équiva-         même) et isotrope (ses propriétés sont iden-
lence*, principe de Mach* et, parfois, prin-       tiques dans toutes les directions), et pré-
cipe anthropique*), d'autre part sur un cadre      sente donc le même aspect en tous ses
mathématique qui est, en général, celui de la      points. Principe cosmologique parfait : exten-
théorie de la relativité* générale.                sion du principe cosmologique selon la-
Depuis un demi-siècle ont été élaborées            quelle l'Univers offre le même aspect à tous
principalement deux théories cosmologi-            les observateurs, non seulement en tout
ques concurrentes : celle du Big* Bang et          point de l'espace et dans toutes les direc-
celle de l'état* stationnaire (ou de la création   tions mais également en tout temps. For-
continue). Les indices observationnels en fa-      mulé en 1948 par H. Bondi et T. Gold, ce
veur de la théorie du Big Bang sont nom-           principe a servi de fondement à la théorie de
breux, mais celle-ci doit néanmoins affron-        l'état* stationnaire. Rayonnement cosmologique
ter encore certaines difficultés.                  à 3 K-* rayonnement

cosmologique adj. Relatif à la cosmolo-            c o s m o n a u t e n.m. ou f. Occupant d'un
gie. Constante cosmologique : terme introduit      vaisseau spatial selon l'appellation russe.
par Einstein dans ses équations du champ           SYN. : spationaute
gravitationnel (théorie de la relativité* géné-    ENCYCL. L'ex-URSS a toujours satellisé ses
rale) pour que celles-ci admettent une solu-       cosmonautes au moyen de capsules spatia-
tion correspondant à un univers statique et        les. Mise en service en 1967, la capsule
qui intervient dans les modèles cosmologi-         Soyouz a été successivement construite en
ques relativistes.                                 trois versions. La dernière, Soyouz TM, uti-
ENCYCL. Ce paramètre est proportionnel à la        lisée depuis 1986, peut transporter un équi-
densité d'énergie du vide* et sa valeur est        page de trois membres :
liée à la structure géométrique de l'Univers.      - un commandant de bord, responsable du
Si la constante est positive, elle équivaut en     pilotage du vaisseau et de la conduite de la
quelque sorte à une force répulsive qui tend       mission ;
cosmonautique                                                                                 110

- un ingénieur de bord, qui assiste le com-         de nom dissimule une très grande diversité
mandant. Une fois parvenus dans une sta-            dès lors qu'on examine le type d'engin uti-
tion orbitale, ces deux cosmonautes peu-            lisé (forme, dimensions, masse...), son or-
vent participer aux éventuelles sorties             bite, sa durée de vie ou sa mission. Mais il
extravéhiculaires ;                                 est généralement admis que plus de la moi-
- un second ingénieur ou un expérimenta-            tié des satellites Cosmos ont, partiellement
teur. Expert dans une discipline scientifique,      ou totalement, une vocation militaire. Sous
il est chargé de l'exécution d'un programme         l'appellation Cosmos sont regroupés pêle-
d'expériences donné, à l'exclusion de toute         mêle des satellites militaires (reconnaissance
autre tâche.                                        photographique, surveillance des océans,
Iouri Gagarine, cosmonaute soviétique, fut          écoute électronique, navigation, télécom-
le premier homme à tourner autour de la             munications...) mais aussi des satellites
Terre (12 avril 1961). Durant les trente-huit       scientifiques (biologie, géodésie, géophysi-
années qui suivirent, environ cent vingt cos-       que...), des vaisseaux spatiaux inhabités, des
monautes (dont une trentaine d'étrangers)           engins expérimentaux, des éléments de sta-
participèrent à une (ou plusieurs) mission(s)       tion orbitale, etc. Ce mode de désignation
spatiale(s).                                        aide parfois à passer sous silence des échecs
C'est à la Cité* des étoiles, près de Moscou,       (sondes spatiales n'ayant pu quitter le voisi-
que s'entraînent les cosmonautes (russes ou         nage de la Terre ou satellites échoués sur
étrangers) appelés à participer aux missions        une mauvaise orbite) ou des expériences
habitées de la Russie. Trois femmes russes          technologiques ou stratégiques, par exem-
ont participé à un vol spatial : V. Tere-           ple des essais d'interception de satellites.
chkova* (16-19 juin 1963), S. Savitskaïa*           Enfin, c'est dans l'anonymat du programme
(20-27 août 1982 ; 18-29 juillet 1984) ; et H.      Cosmos que l'URSS a lancé ses premiers
Kondakova* (3 octobre 1994-22 mars 1995).           satellites météorologiques (Cosmos 44 en
-» astronaute, vols habités                         1964 et Cosmos 122 en 1966), son premier
                                                    satellite d'alerte avancée (Cosmos 520 en
cosmonautique n.f. Synonyme de astro-               1972), son premier satellite géostationnaire
nautique.                                           (Cosmos 637 en 1974) et qu'elle a réussi, en
                                                    octobre 1967, le premier amarrage orbital
C o s m o s . Petit lanceur russe, biétage, à er-   entre deux engins automatiques (Cosmos
gols liquides, destiné à des missions scienti-      186 et 188).
fiques ou militaires.
ENCYCL. Dans sa version la plus récente, il         C o s m o s Club de France. Association
mesure 32 m de haut, pèse 110 t au décol-           française sans but lucratif fondée en 1963,
lage et peut satelliser une charge utile de         qui contribue à promouvoir l'astronautique
1,41 en orbite basse. Plus de 700 exemplai-         et les activités spatiales, notamment auprès
res (tous modèles confondus) ont été utilisés       des jeunes.
depuis 1964.                                        ADRESSE : 18, rue Saint-Benoît, 75006 Paris.


c o s m o s n.m. L'Univers considéré dans son       C O S P A R (abrév. de Committee On SPAce
ensemble.                                           Research, Comité sur la recherche spatiale).
                                                    Comité créé en 1958 au sein du Conseil
C o s m o s . La plus importante famille de         international des unions scientifiques, en
satellites russes.                                  vue de promouvoir, sur le plan internatio-
ENCYCL. Le lancement de Cosmos 1 a eu lieu          nal, le progrès des recherches scientifiques,
le 16 mars 1962. Au 31 décembre 1998, plus          de toutes sortes mettant en oeuvre l'emploi
de 2 350 satellites portant le nom de « Cos-        des fusées, des satellites et des ballons.
mos » avaient été mis en orbite. Les lance-         ENCYCL. Il comprend les représentants de
ments s'effectuent à un rythme moyen ac-            13 unions scientifiques internationales et
tuel de dix à vingt engins par an, le               des académies des sciences de 35 pays. Son
maximum ayant été atteint en 1976 avec              secrétariat est à Paris. Son assemblée an-
101 satellites lancés. En réalité, cette unicité    nuelle est l'occasion d'une vaste rétrospec-
111                                                                                      Couder

tive des résultats obtenus par les différents       C ô t e d'Azur (observatoire de la).
pays dans le domaine de la recherche spa-           Établissement public qui réunit depuis 1988
tiale.                                              le CERGA et l'observatoire de Nice.

                                                    c o u c h e r n.m. 1. Disparition d'un astre
Cospas-Sarsat. Système mondial de lo-               sous l'horizon. 2. Instant de cette dispari-
calisation des détresses par satellites. Il a été   tion.
décidé en 1979 par les Etats-Unis, le Canada
                                                    Principe du télescope c o u d é
et la France qui ont proposé l'instrument
Sarsat (sigle de l'angl. Search And Rescue Sa-
tellite-Aided Tracking, recherche et sauvetage
aidés par satellite), dérivé techniquement
d'Argos*. L'ex-URSS les a rejoint ultérieure-
ment avec le système Cospas (acronyme
russe signifiant système spatial de recherche des
navires en détresse) donnant au service un
couverture mondiale. Plus de trente pays
participent aujourd'hui à l'exploitation du
système.
OBJECTIF. Ce système a pour but de démontrer
que des équipements installés à bord de
véhicules spatiaux peuvent améliorer nette-
ment la détection et la localisation des si-
gnaux de détresse émis par des balises ra-
dioélectriques placées à bord d'avions, de
navires ou d'autres mobiles.
MOYENS. Le système comprend : des balises (à        coudé, e adj. Se dit d'une combinaison
déclenchement manuel ou automatique),               optique utilisée sur certains instruments
qui émettent sur 121,5 MHz, avec une cou-           d'observation à monture équatoriale, dans
verture locale en temps réel, et sur 406 MHz,       laquelle le faisceau lumineux collecté par
avec une couverture mondiale en temps dif-          l'objectif est ramené le long de l'axe polaire
féré ; plusieurs satellites polaires (NOAA et       par un jeu de miroirs plans, l'un étant situé à
Nadezda), qui captent et réémettent les si-         l'intersection de l'axe optique et de l'axe de
gnaux de détresse ; au sol, une quarantaine         déclinaison, et l'autre à l'intersection de
de stations de réception dans plus de vingt         l'axe horaire et de l'axe de déclinaison (voir
pays et une vingtaine de centres de contrôle        figure) ; le foyer terminal est aussi un point
pour l'interprétation des données et l'alerte       fixe de l'axe horaire que l'on situe, en adap-
des secours.                                        tant la focale, dans un local séparé.
Depuis 1995, l'utilisation de satellites géo-       ENCYCL. Ce montage permet l'utilisation
stationnaire pour détecter à 406 MHz les            d'instruments auxiliaires lourds (spectrogra-
détresses (mais sans localisation) est en           phes, par exemple) à poste fixe dans un
cours d'évaluation.                                 laboratoire distinct. Sur les grands télesco-
BILAN ET PERSPECTIVES. Depuis 1982, environ         pes modernes à monture altazimutale, la
6 000 personnes ont été secourues grâce à ce        combinaison Nasmyth* joue le même rôle.
système de localisation de détresses par sa-
tellites.                                           C o u d e r (André), astronome français
En 1999, près de 600 000 balises de détresse        (Alençon 1897 - Suresnes, Hauts-de-Seine,
sont en service dans le monde.                      1979).
Le temps moyen d'attente (temps écoulé              Il effectua des recherches variées concernant
entre le déclenchement de la balise et la           les instruments d'observation astrono-
première localisation par une station) est          mique, l'optique atmosphérique, la vision
d'environ 90 min (par 45° de latitude) et la        télescopique, les propriétés des couches
précision de localisation avoisine 2 km.            photographiques. Sous sa direction, le labo-
couleur                                                                                       112

ratoire d'optique de l'Observatoire de Paris         mais elles apparaissent, vues de la Terre,
réalisa les pièces d'optique de nombreux             dans des directions voisines. Couple physi-
télescopes français ou étrangers. Il a écrit         que : étoile double dont les composantes
notamment Lunettes et Télescopes (1935), en          sont liées par leur attraction mutuelle et
collaboration avec A. Danjon.                        tournent autour du centre de gravité du sys-
                                                     tème qu'eUes forment, SYN. : binaire, système
couleur ( e x c è s de). Différence entre            binaire.
l'indice de couleur observé et l'indice de
couleur intrinsèque d'une étoile, que l'on           coupole ni. Dôme hémisphérique mobile,
peut déterminer d'après le type spectral de          abritant un instrument d'observation. La
l'étoile. Ce paramètre renseigne sur le rou-         coupole est généralement munie d'une
gissement* subi par la lumière de l'étoile           trappe orientable utilisée pour l'observation
dans le milieu interstellaire.                       et fermée par un cimier en dehors des pério-
                                                     des de travail.
couleur (indice de). Différence entre les
magnitudes d'une étoile mesurées dans                c o u r a n t n.m. Ensemble d'étoiles disper-
deux domaines de longueur d'onde définis.            sées sur une grande région du ciel, dont les
ENCYCL. On peut définir, par exemple, l'indice       déplacements apparents convergent vers un
de couleur B-V représentant la différence            même point de la sphère céleste (appelé ver-
entre la magnitude B mesurée dans le bleu et         tex du courant).
la magnitude V mesurée dans le jaune (ré-
gion du domaine visible à laquelle l'œil est         c o u r b e de lumière. Courbe représen-
le plus sensible). Pour une étoile de classe         tant la variation de la magnitude apparente
spectrale B, qui rayonne plus d'énergie dans         d'un astre, en particulier d'une étoile, en
le bleu que dans le jaune, la quantité B-V           fonction du temps. Pour que les maximums
sera négative ; au contraire, pour une étoile        d'éclat apparaissent vers le haut, on gradue
de classe spectrale G (par exemple le Soleil),       l'échelle des ordonnées de haut en bas selon
qui rayonne surtout dans le jaune, eEe sera          les magnitudes croissantes.
positive. L'indice de couleur renseigne donc
sur la distribution spectrale de l'énergie dans      courbure de champ. Aberration d'un
l'étoile,v donc sur sa température superfi-          système optique centré, qui se manifeste
cielle. A la différence de la magnitude, il          par le fait que l'image d'un objet plan, per-
présente l'avantage d'être indépendant de la         pendiculaire à l'axe et suffisamment étendu,
distance. Divers indices de couleur peuvent          n'est pas plane, mais se forme sur une sur-
être mesurés à partir de combinaisons de             face courbe de révolution autour de l'axe. La
filtres variés, selon les particularités des étoi-   courbure de champ nuit, de même que l'as-
les que l'on veut analyser.                          tigmatisme, à la netteté des images des
                                                     points éloignés du centre du champ.
C o u p e (en latin Crater, -eris). Constellation
australe.                                            courbure de l'Univers. Propriété géo-
ENCYCL. EEe symbolise la coupe d'or dans             métrique de l'espace-temps, dont la mani-
laquelle, selon la mythologie grecque, le cor-       festation la plus perceptible est la gravita-
beau apporta à boire à ApoEon. Ses étoiles           tion, d'après la théorie de la relativité.
sont peu brillantes. Seule l'étoile 5 Crt est de     ENCYCL. Les phénomènes physiques ont lieu
magnitude inférieure à 4.                            dans un espace-temps à quatre dimensions.
                                                     La présence de matière dans cet espace-
couple n.m. Couple (stellaire) : synonyme            temps y crée une courbure d'autant plus
de étoile double visuelle. Couple optique :          forte que la densité de la matière y est plus
étoile double dont le rapprochement des              grande.
composantes sur la sphère céleste n'est
qu'apparent, dû à un effet de perspec-               Courier (mot anglais signifiant messager).
tive. Les deux étoiles se trouvent, en fait, à       Premier satellite actif de télécommunica-
des distances très différentes de la Terre,          tions.
113                                                                                   couronne

ENCYCL. Lancé par l'US Army, il n'assura           montré qu'elle pouvait également être ob-
qu'un bref service de retransmission en dif-       servée en dehors des éclipses grâce au coro-
féré à usage militaire : les messages émis         nographe*. C'est l'atmosphère externe du
depuis le sol étaient enregistrés à bord, sur      Soleil, composée d'un plasma très peu dense
bande magnétique, puis rediffusés sur inter-       porté à une température supérieure à 10® K.
rogation d'autres stations terrestres. Courier     Elle est observable sur tout le spectre élec-
1B a fonctionné dix-sept jours. Son lance-         tromagnétique, depuis les rayons X
ment, le 4 octobre 1960, avait été précédé de      jusqu'aux ondes radioélectriques. Elle est
l'échec de celui de Courier 1A, en août de la      formée d'atomes fortement ionisés.
même année.                                        LA COURONNE BLANCHE. Observée à l'œil nu
                                                   autour du Soleil durant les éclipses, elle ap-
C o u r o n n e australe (en latin Corona, -ae     paraît très inhomogène, formée par la pro-
Austraîis). Constellation australe.                jection sur le ciel de nombreuses structures
ENCYCL. Dépourvue d'étoiles brillantes, elle a     fines. Les plus étendues et les plus nombreu-
cependant été remarquée dès l'Antiquité en         ses sont en forme de jets fins ou larges, de
raison de la disposition particulière de ses       densité et de brillance variables, à allure gé-
étoiles les mieux visibles (à laquelle elle doit   nérale radiale. Certains de ces jets peuvent
son nom), et elle figure parmi les 48 constel-     être suivis jusqu'à 5 ou 6 rayons solaires du
lations mentionnées dans l'Almageste de Pto-       bord. Ils sont généralement associés aux
lémée. L'abondance de gaz et de poussières         protubérances*.       D'autres     apparaissent
interstellaires absorbant la lumière des as-       comme des dômes denses et très brillants,
tres situés en arrière-plan dans cette région      les condensations coronales, et sont associés
du ciel explique qu'on n'y observe aucune          en général aux régions actives et tachées de
étoile plus brillante que la magnitude 4.          la photosphère*. L'aspect général de la cou-
                                                   ronne varie avec le cycle de l'activité* so-
C o u r o n n e boréale (en latin Corona, -ae      laire : très circulaire et régulière en période
Borealis). Constellation boréale.                  de maximum de taches, elle est étirée déme-
ENCYCL. Ses sept étoiles principales dessinent
                                                   surément en période de minimum par les
une couronne bien visible entre Hercule et         jets, présents seulement dans la zone équa-
le Bouvier. Son étoile la plus brillante, aCrB,    toriale.
ou la Perle*, est de magnitude 2,3. y CrB est      COURONNES INTERNE ET EXTERNE. On appelle cou-
une étoile double dont les composantes, de         ronne interne les régions comprises entre
magnitudes respectives 4,2 et 5,6, sont aisé-      15 000 et 200 000 km au-dessus de la pho-
ment séparables avec une lunette d'amateur.        tosphère, couronne externe les régions situées
R CrB est le prototype d'une classe d'étoiles      au-delà de 200 000 km. Les expériences spa-
variables irrégulières. (-»R Coronae Bo-           tiales ont étendu les observations de la cou-
realis) T CrB est une nova récurrente : ce         ronne jusqu'à plus de 10 rayons solaires, soit
n'est à présent qu'une modeste étoile de           à plus de 7 millions de km du bord du Soleil.
magnitude 10 environ, mais en 1866 et 1946         L'analyse spectrale de ces régions au bord
elle a brutalement augmenté d'éclat et at-         solaire a permis de reconnaître que leur
teint la magnitude 2. Enfin, au sud-est de la      brillance était alimentée par plusieurs com-
constellation, se trouve l'important amas de       posantes distinctes :
galaxies Corona* Borealis,                         a) la couronne K (couronne interne), dont le
                                                   spectre, fortement polarisé, est caractérisé
couronne n.f. Région la plus externe de            par des raies d'émission sur un fond continu
l'atmosphère d'une étoile, en particulier du       provenant de la diffusion du rayonnement
Soleil, inhomogène et très ténue, qui se dilue     photosphérique par les électrons libres. Elle
progressivement dans l'espace.                     atteint la température approximative de
ENCYCL. Observée au cours des éclipses* tota-      2.10 6 K à environ 75 000 km au-dessus de la
les depuis l'Antiquité, la couronne solaire        photosphère. La densité moyenne des parti-
apparaît brusquement comme une auréole             cules y est de l'ordre de 3.10 électrons/cm3.
brûlante autour du Soleil dès le premier ins-      Elle est très hétérogène et responsable des
tant de la totalité. Bernard Lyot, en 1930, a      différentes « structures » observées ;
CPD                                                                                            114

b) la couronne F (couronne externe), où l'on       dont la manifestation sous la forme d'une
retrouve le spectre normal de la chromos-          étoile très brillante visible en plein jour avait
phère, dit spectre de Fraunhofer* dû à la diffu-   été notée dans les annales chinoises en l'an
sion du même rayonnement photosphéri-              1054. Cette nébuleuse est une source in-
que par les particules de poussières               tense de rayonnement synchrotron, et la
circumsolaires. C'est cette couronne qui           découverte, en 1968, d'un pulsar en son cen-
s'étend dans le milieu interplanétaire et          tre a conduit à confirmer la théorie de for-
donne naissance à la lumière zodiacale*. La        mation des étoiles à neutrons lors d'une ex-
couronne blanche regroupe les couronnes K          plosion de supernova.
et F ;
c) la couronne E (couronne monochromati-           C r a b e (pulsar du). Pulsar* situé au cen-
que), caractérisée par un spectre d'émission       tre de la nébuleuse du Crabe.
qui se superpose au continu de la couronne         ENCYCL. Dès 1942, des astronomes ont sug-
                                                   géré qu'un vestige de l'étoile dont l'explo-
d) la couronne T, correspondant à l'émission       sion avait engendré la nébuleuse du Crabe
thermique des poussières circumsolaires ob-        devait subsister au centre de cette nébuleuse
servées dans l'infrarouge (k = 2,2 pm) de 3,5      et constituer une étoile à neutrons*. Celle-ci
à 10 rayons solaires. Ces poussières sem-          a été découverte en 1968 grâce à ses émis-
blent être concentrées dans le plan équato-        sions de rayonnement radioélectrique,
rial solaire.                                      consistant en des impulsions séparées par
La couronne est un milieu en perpétuelle           des intervalles de 33 miEisecondes (décelées
évolution. Son équilibre est parfois brutale-      ensuite également en lumière visible), qui
ment rompu par le passage d'ondes de choc          indiquent que l'étoile effectue 30 rotations
(transitoire coronal) provenant des instabili-     sur elle-même par seconde. Des observa-
tés des couches basses de l'atmosphère so-         tions étalées dans le temps ont montré que
laire (éruptions). Elle subit et répercute dans    la période de rotation de ce pulsar s'accroît
le milieu interplanétaire toutes les modifica-     de 36 nanosecondes par jour ; à ce rythme,
tions importantes des champs magnétiques           sa vitesse de rotation diminue de moitié en
photosphériques. EEe véhicule le vent* so-          1 200 ans environ. Ce pulsar est une source
laire, qui s'échappe principalement par les        d'électrons très rapides qui sont à l'origine
trous coronaux.                                    des intenses émissions de rayonnement X et
                                                   d'ondes radio de la nébuleuse du Crabe.
CPD. Abréviation de Cape Photographie
Durchmusterung.                                    C r a t e r (-is). Nom latin de la constellation
                                                   de la Coupe (abrév. Cri).
C r A . Abréviation de Corona Australis, dési-
gnant la constellation de la Couronne aus-         c r a t è r e n.m. Dépression quasi circulaire
trale.                                             creusée par l'impact d'une météorite à la
                                                   surface d'un astre. On dit aussi cratère d'im-
C r a b e (nébuleuse du). Nébulosité visi-         pact ou cratère mêtéoritique
ble dans une direction voisine de l'étoile S
de la constellation du Taureau*.                   cratérisé, e adj. Parsemé de cratères, en
ENCYCL. Le nom de cette nébuleuse lui a été
                                                   parlant d'un sol, de la surface d'un astre.
donné au xixe siècle par W. Parsons*, en rai-
                                                   C r B . Abréviation de Corona Borealis, dési-
son de son aspect. Distante de quelque
                                                   gnant la constellation de la Couronne bo-
6 000 années de lumière, elle s'étend pro-
gressivement dans l'espace : ses filaments,        réale.
qui lui donnent son aspect caractéristique,        création continue (théorie de la).
se déploient à une vitesse d'environ 1 100         Synonyme de théorie de l'état stationnaire.
km/s. La mesure du taux de son expansion
continue a conduit Hubble*, en 1928, à l'as-       C r è c h e (la). Nom français de Praesepe*,
socier aux restes gazeux d'une étoile ayant        l'amas stellaire M44, dans la constellation
subi une dislocation violente (supernova*)         du Cancer.
115                                                                                      crown

c r é n e a u de lancement. Période pen-          maine des ondes millimétriques. C'est, par
dant laquelle un lancement spatial peut être      ailleurs, un important observatoire solaire.
effectué pour réaliser une mission détermi-
née.                                              Crises ( m e r des). Grand bassin d'im-
ENCYCL. Cette période comprend une ou plu-        pact, approximativement circulaire et bordé
sieurs fenêtres* de lancement. Elle peut être     de montagnes, près du bord nord-est de l'hé-
imposée par la manutention du lanceur, en         misphère de la Lune visible de la Terre (nom
particulier par la durée limitée pendant la-      international : Mare Crisium).
quelle certains ergols, comme l'hydrogène         ENCYCL. Visible à l'œil nu dès les premiers
liquide, peuvent être maintenus dans les ré-      jours de la lunaison comme une grande ta-
servoirs ; elle peut aussi être déterminée par    che sombre, cette formation du relief lunaire
des conditions balistiques, par exemple la        est aisément reconnaissable. Son diamètre
trajectoire de la cible pour un rendez-vous       est d'environ 500 km.
spatial ou la position d'un astre pour un tir
en direction de celui-ci.                         Croix du Nord. Nom parfois donné à la
                                                  constellation du Cygne.
crépuscule n.m. Lueur atmosphérique
due à la diffusion de la lumière solaire, après   Croix du Sud (en latin Crux, -cis). Cons-
le coucher du Soleil (crépuscule du soir) ou      tellation australe, la plus petite du ciel, en-
avant son lever (crépuscule du matin).            castrée dans celle du Centaure.
ENCYCL. On distingue conventionnellement          ENCYCL. Ses quatre étoiles les plus brillantes,
en astronomie trois types de crépuscule :         a (Acrux), P (Mimosa), y (Gacrux*) et, Cru,
a) le crépuscule civil, qui correspond à une      dessinent une croix très remarquable dont la
position du Soleil à moins de 6° au-dessous       grande branche (a-y) est orientée vers le pôle
de l'horizon ;                                    Sud. Visible d'Alexandrie, elle a été obser-
b) le crépuscule astronomique, qui corres-        vée dès l'Antiquité. Ptolémée l'a toutefois
pond à une position du Soleil à moins de 18°      laissée dans le Centaure sans en faire une
au-dessous de l'horizon et qui permet théo-       constellation particulière. Nommée pour la
riquement de distinguer les étoiles les plus      première fois en 1515 par le Florentin An-
faibles perceptibles à l'œil nu ;                 dréa Corsali, puis en 1520 par Pigafetta,
t) le crépuscule nautique, qui permet d'ob-       compagono de Magellan dans son tour du
server dans un sextant des étoiles de magni-      monde, elle apparaît pour la première fois,
tude 2, alors que la ligne d'horizon reste        en tant que constellation, dans l'Uranometria
encore visible. On admet au'il correspond à       de 1. Baver, en 1603. Son asoect spectacu-
Crt                                                                                         116

C r t . Abréviation de Crater, désignant la       Culgoora. Localité d'Australie, près de la
constellation de la Coupe.                        ville de Narrabri, en Nouvelle-Galles du Sud,
                                                  site de l'observatoire radioastronomique
Cru. Abréviation de Crux, désignant la            Paul-Wild, qui constitue une partie de l'Aus-
constellation de la Croix* du Sud.                tralia* Telescope. Un radiohéliographe y a
                                                  fonctionné de 1968 à 1983.
C r u x (-cis). Nom latin de la constellation
de la Croix du Sud (abrév. Cru).                  culminant (point). Point du ciel atteint
                                                  par un astre lors de son passage supérieur au
CRV (sigle de l'angl. Crew Rescue Vehicle,        méridien d'un lieu donné, correspondant à
véhicule de sauvetage d'équipage). Projet de      la plus grande hauteur de cet astre sur l'hori-
capsule spatiale récupérable susceptible de       zon du lieu.
permettre, en cas d'urgence, le retour sur la
                                                  culmination n.f. 1. Passage d'un astre, du
Terre des astronautes présents à bord de la
                                                  fait du mouvement diurne, par le point du
Station* spatiale internationale.
ENCYCL. Le CRV doit permettre de ramener
                                                  ciel où cet astre atteint sa plus grande hau-
six astronautes en cas d'urgence, à partir de     teur. 2. Ce point lui-même.
2003. Un démonstrateur, le X-38, est en           culminer v.i. Atteindre sa plus grande hau-
construction sous la responsabilité de la         teur sur l'horizon, en parlant d'un astre. Les
NASA.                                             étoiles culminent lors de leur passage supé-
                                                  rieur au méridien*.
Crv. Abréviation de Corvus, désignant la
constellation du Corbeau.                         Curtis (Heber Doust), astronome améri-
                                                  cain (Muskegan, Michigan, 1872 - Ann Ar-
c r y o s t a t n.m. Dispositif servant à main-   bor, Michigan, 1942).
tenir à très basse température (quelques          Il a publié en 1918 le premier atlas de nébu-
kelvins) un équipement, par exemple les           leuses planétaires. Lors d'un débat resté cé-
détecteurs et le télescope d'un satellite d'as-   lèbre, en 1920, il s'opposa à H. Shapiey*,
tronomie infrarouge.                              contestant son estimation du diamètre de la
                                                  Galaxie et présentant des arguments fondés
cryotechnique (du grec kruos, froid). 1.          sur l'observation de certaines novae pour
n i . Ensemble des techniques, des phéno-         défendre l'hypothèse (qui devait se révéler
mènes et des propriétés qui mettent en jeu        exacte) de la nature extragalactique des né-
de basses températures, souvent inférieures       buleuses spirales.
à la température d'ébullition de l'oxygène
(- 183° C, soit 90 K). À distinguer de la         C X O . Sigle de Chandra X-ray Observa-
cryogénie, science et technique de la pro-        tory.
duction du froid. 2. adj. Qui met en oeuvre
la cryotechnique (exemple : l'étage cryo-         cycle dominical (ou solaire). Période de
technique d'un lanceur) ou qui est élaboré et     28 ans au terme de laquelle l'année recom-
stocké à basse température (l'oxygène et          mence par le même jour de la semaine. C'est
l'hydrogène liquides sont des ergols ctyo-        l'un des éléments du comput* ecclésiasti-
techniques).                                      que.

CTIO. Sigle de Cerro Tololo Interamerican         cycle lunaire (ou de Méton). Période de
Observatory. Cerro Tololo (observatoire           235 lunaisons imaginée au ve s. av. J.-C. par
interaméricain de)                                l'astronome athénien Méton et adoptée en
                                                  Grèce en 432 av. J.-C. pour mettre en accord
C T V (sigle de l'angl. Crew Transport Vehicle,   l'année solaire et l'année lunaire.
véhicule de transport d'équipage). Projet de      ENCYCL. Cette période représente pratique-
capsule récupérable pour le transport             ment l'équivalent de 19 années de 365,25 j.
d'équipages et de fret entre la Terre et la       Au terme d'un cycle, les phases de la Lune
Station spatiale internationale.                  se reproduisent aux mêmes dates.
117                                                                       Cyrano de Bergerac

Cyclone. Lanceur russe, à deux ou trois             un trou noir, et l'étoile variable particulière P
étages, à propergol liquide.                        Cygni*.
ENCYCL. Pesant 185 t au décollage, il peut pla-
cer environ 3 t en orbite basse. C'est, avec        Cygnus (-i). Nom latin de la constellation
Zénith*, le seul lanceur russe transporté et        du Cygne (abrév. Cyg).
érigé sur son aire de lancement de façon
totalement automatique. De 1966 à 1998,             Cygnus A. Radiosource la plus intense de
environ 250 exemplaires de Cyclone ont été          la constellation du Cygne et l'une des plus
lancés de Plessetsk.                                intenses du ciel.
                                                    ENCYCL. Cette radiosource est associée à une
Cyg. Abréviation de Cygnus, désignant la            galaxie elliptique géante, identifiée en 1953,
constellation du Cygne.                             qui constitue le prototype des radioga-
                                                    laxies*. Elle comprend deux lobes d'émis-
Cygne (Boucle du). Vaste nébuleuse fi-              sion disposés symétriquement par rapport à
lamenteuse en forme d'anneau incomplet,             la galaxie et qui s'étendent au total sur une
observable dans la constellation du Cygne.          distance d'environ 300 000 années de lu-
ENCYCL. Elle se situe à une distance d'environ      mière. L'énergie associée est de 1053 joules
2 500 années de lumière. Son diamètre appa-         environ, soit 10 millions de fois plus intense
rent est voisin de 3°, ce qui, compte tenu de       que celle correspondant au rayonnement ra-
sa distance, correspond à un diamètre réel          dioélectrique d'une galaxie ordinaire.
de quelque 100 années de lumière. C'est une
source de rayonnement radioélectrique dont          Cygnus X - 1 . Source intense de rayonne-
les émissions indiquent qu'il s'agit d'un reste     ment X, découverte en 1965 dans la constel-
de supernova. L'explosion qui l'a engendrée         lation du Cygne.
se serait produite il y a 30 000 ans environ.       ENCYCL. C'est aujourd'hui le meilleur candi-
La célèbre nébuleuse de la Dentelle* est une        dat au titre de trou* noir stellaire. On a pu
portion de cette immense structure.                 établir, en effet, qu'elle est associée à une
                                                    étoile géante bleue, HDE 226868, distante
Cygne (en latin Cygnus, -t). Constellation          de 6 600 années de lumière, dont la masse
boréale.                                            vaut 20 fois celle du Soleil. Or, cette étoile
ENCYCL. Ses étoiles principales dessinent dans
                                                    est l'une des composantes d'un système bi-
la Voie lactée une grande croix (appelée par-       naire : sa période orbitale de 5,6 j suggère
fois Croix du Nord). Ses deux étoiles les plus      qu'elle possède un compagnon invisible de
brillantes sont Deneb* et Albireo*, qui cons-       masse égale à 10 fois celle du Soleil, donc
tituent respectivement la tête et le pied de la     trop massive pour être une étoile à neu-
croix. L'étoile 61 Cygni, située à 11,1 années      trons. En outre, l'intensité des émissions de
de lumière, est l'une des étoiles les plus pro-     Cygnus X-1 fluctue suivant un rythme infé-
ches du système solaire, et la première dont        rieur au millième de seconde, ce qui indique
la parallaxe ait été mesurée (par E Bessel, en      que le diamètre de la région émettrice des
1838). Elle possède un mouvement propre             rayons X ne dépasse pas 300 km : c'est là un
important : son déplacement dans le ciel at-        argument supplémentaire en faveur de l'hy-
teint 5,2" par an. C'est, d'autre part, une         pothèse du trou noir.
étoile double dont les composantes ont un
mouvement de rotation perturbé, trahissant          Cyrano de B e r g e r a c (Savinien de), écri-
la présence d'un autre astre, invisible, pro-       vain français (Paris 1619-1655).
bablement une planète dont la masse est             On lui doit deux récits de voyages imaginai-
estimée à 16 fois celle de Jupiter (voir figure).   res, Histoire comique des États et Empires de la
La constellation, située dans une région du         Lune (1657) et Histoire comique des Etats et
ciel très riche en nébuleuses et en amas stel-      Empires du Soleil (1662), dans lesquels il envi-
laires, renferme bien d'autres curiosités, no-      sage des procédés variés de propulsion dans
tamment les célèbres nébuleuses Amérique*           l'espace, notamment un véhicule « mû par
du Nord et de la Dentelle*. Elle abrite égale-      des feux successifs de salpêtre » que l'on
ment plusieurs sources intenses de rayonne-         peut regarder comme une préfiguration de
ment X, dont Cygnus X-1*, qui pourrait être         la fusée.
                                         d
D (initiale de Diamant). Lettre qui, suivie        fectionné l'astrolabe* de manière à le rendre
d'un numéro d'ordre, a servi à désigner une        insensible aux erreurs inhérentes à l'obser-
dizaine de satellites français mis sur orbite      vateur (1951).
par des lanceurs Diamant : D1A (— Diapa-
son), D1C ( - D i a d è m e 1), D1D ( - D i a -    Danjon (échelle de). Échelle imaginée
dème 2), D2A (—Tournesol), D2B                     par A. Danjon pour décrire la luminosité
(—Aura), D2B gamma (—Signe 3), D5A                 résiduelle et la coloration du disque lunaire
(- Pollux) et D5B (— Castor).                      lors d'une éclipse totale de Lune.
                                                   ENCYCL. Cette échelle comporte cinq degrés,
D (raies). Ensemble de deux raies intenses         notés de 0 à 4 :
très voisines du spectre du sodium, dans le        - 0 : éclipse très sombre, Lune à peu près
jaune, à 589,0 et 589,6 nanomètres de lon-         invisible, surtout au milieu de la totalité ;
gueur d'onde. J. von Fraunhofer* avait dési-       - 1 : éclipse sombre, grise ou brunâtre ; dé-
gné par des lettres les principales raies d'ab-    tails lunaires difficiles à discerner ;
sorption qu'il avait identifiées dans le           - 2 : éclipse rouge sombre ou rouille, avec, le
spectre solaire, et il s'agit là d'un vestige de   plus souvent, une tache très sombre au cen-
cette notation.                                    tre de l'ombre ; zone extérieure assez claire ;
                                                   - 3 : éclipse rouge brique ; ombre souvent
Dactyle (du nom des Dactyles, divinités            bordée d'une zone grise ou jaune assez
secondaires de la mythologie grecque cen-          clair ;
sées vivre sur le mont Ida). Satellite de l'as-    - 4 : éclipse rouge cuivre ou orangé très
téroïde Ida*, découvert sur des photogra-          clair; zone extérieure bleuâtre très lumi-
phies prises en 1993 par la sonde américaine       neuse.
Galileo. Dimensions : 1,6 x 1,4 x 1,2 km.
                                                   DARA (acronyme de Deutsche Agentur ftir
Daimler-Benz A e r o s p a c e . Nouvelle          RAumfahrtangelegenheiten). Agence spatiale
dénomination du consortium aérospatial al-         allemande, créée en 1989 et dont le siège est
lemand Deutsche* Aerospace, adoptée de-            à Bonn.
puis le 1er janvier 1995.
                                                   Darwin (sir George Howard), astronome
Danjon (André), astronome français (Caen           et géophysicien britannique (Down 1845 -
1890 - Suresnes 1967).                             Cambridge 1912).
Directeur de l'Observatoire de Paris de 1945       Second fils du biologiste Charles Darwin, il
à 1963, il a été le principal artisan du renou-    s'intéressa à l'origine et à l'évolution du
veau de l'astronomie française après la            système solaire, et étudia particulièrement
Seconde Guerre mondiale. Ses principaux            les conséquences astronomiques ou géo-
travaux concernent la photométrie, l'enre-         physiques des interactions entre la Terre
gistrement des positions d'étoiles, la mesure      et la Lune. En 1879, il proposa l'hypo-
des étoiles doubles. En astrométrie, il a per-     thèse selon laquelle la Lune serait issue de la
119                                                                             débris spatial

Terre primitive, dont elle se serait détachée     ENCYCL. Inauguré en 1935, il a été offert à
à une époque où la planète tournait sur elle-     l'université de Toronto par M m e Dunlap, en
même beaucoup plus rapidement qu'aujour-          souvenir de son mari, un riche avocat pas-
d'hui.                                            sionné d'astronomie, mort en 1928 avant
                                                  d'avoir pu soutenir financièrement, comme
DASA, acronyme de Deutsche* Aero-SpAce            il en avait l'intention, le projet de construc-
devenu en 1995 Damier Chrysler Aerospace.         tion d'un grand télescope défendu par un
                                                  professeur d'astronomie de l'université,
Dassault Aviation. Société française de           C.A. Chant. Son principal instrument est un
constructions aéronautiques et spatiales.         télescope de 1,88 m d'ouverture, le plus
ENCYCL. Ses origines remontent à la fondation     grand installé au Canada. Il a fourni d'im-
par Louis Breguet, en 1911, d'une firme dé-       portantes contributions à la détermination
nommée « Ateliers d'aviation L. Breguet »,        des vitesses radiales stellaires ainsi qu'à
rachetée en 1967 par le groupe Marcel Das-        l'étude des étoiles variables et des amas glo-
sault fondé en 1945 et fusionnée avec ce-         bulaires. L'établissement est utilisé aujour-
lui-ci en 1971 pour constituer la Société ano-    d'hui à la fois par des chercheurs et par des
nyme des avions Marcel Dassault-Breguet           étudiants, et sert aussi à promouvoir l'astro-
Aviation. Elle a pris son nom actuel en 1990.     nomie auprès du public.
Depuis 1981, son capital est contrôlé majo-
ritairement par l'Etat. Dans le domaine de        Davida. Astéroïde 511, découvert en 1903
l'Espace, pour lequel elle a créé une Direc-      par R.S. Dugan. Demi-grand axe de son or-
tion générale en 1990, elle poursuit de nom-      bite : 477 millions de km. Période de révolu-
breuses études de systèmes et de technolo-        tion sidérale : 5,70 ans. Diamètre : 320 km.
gies critiques applicables à un avion spatial.    C'est l'un des plus gros astéroïdes.
Les domaines étudiés concernent notam-
ment les vitesses hypersoniques, la trajec-       Dawes (William Rutter), astronome britan-
toire atmosphérique de rentrée, la sauve-         nique (Londres 1799 - Haddenham 1868).
garde des spationautes, les activités             Doté d'une excellente acuité visuelle, il se
extravéhiculaires, etc. La Société s'intéresse    consacra à l'étude des étoiles doubles et
aussi au marché des microsatellites. Son          publia des mesures portant sur quelque
siège est à Paris.                                450 étoiles de ce type. En 1850, il fut de-
                                                  vancé de peu par W.C. Bond* dans la décou-
Dauphin (en latin Delphinus, -i). Petite          verte de l'anneau C de Saturne (anneau de
constellation boréale, à l'est de Pégase.         crêpe).
ENCYCL. Dépourvue d'étoiles brillantes, elle
est connue cependant depuis l'Antiquité, en       D C - X . Abréviation de Delta Clipper Expéri-
raison de la figure très remarquable formée       mental. Delta Clipper
par ses quatre étoiles principales, a, p, 8, et
y, de magnitude voisine de 4 : celles-ci des-     De revolutionibus orbium cceles-
sinent un losange dont la grande diagonale        tium. Ouvrage publié en 1543 dans lequel
est orientée sensiblement est-ouest, perpen-      l'astronome polonais N. Copernic* expose
diculairement à la ligne formée par les étoi-     sa conception héliocentrique de l'Univers.
les P-a-y de l'Aigle, situées sur sa droite.
L'étoile y Del est une étoile double, dont les    débit n.m. Pour un moteur-fusée, quantité
composantes, de magnitudes 4,5 et 5,5,            d'ergols consommée chaque seconde.
écartées de 10", respectivement orange et         ENCYCL. Voici deux exemples de valeur
bleu-vert, sont facilement séparables avec        concernant les moteurs cryotechniques
une lunette d'amateur.                            d'Ariane : plus de 14 kg/s pour le HM7 du
                                                  troisième étage (versions 1 à 4) et près de
David Dunlap (observatoire). Obser-               250 kg/s pour le Vulcain de la version
vatoire de l'université de Toronto, au Ca-        Ariane 5.
nada, à 25 km environ au N. du centre de la
ville.                                            débris spatial (ou orbital). Objet rési-
décalage spectral                                                                            120

duaire d'une mission spatiale, se trouvant         porte d'en tenir compte et de veiller à ne pas
sur orbite.                                        l'accentuer si l'on souhaite développer, en
ENCYCL. L'activité spatiale au voisinage de la     toute sécurité, les activités humaines dans
Terre est génératrice de nombreux résidus,         l'espace au voisinage de la Terre. Dans l'état
de dimensions variées, dont le nombre croît        actuel des techniques, il n'existe aucun
depuis 1957. Leur origine est diverse :            moyen de débarrasser l'espace de ces in-
- satellites artificiels hors service mais aussi   nombrables détritus. Port heureusement, la
multiples débris provenant de leur explo-          nature s'en charge en partie : depuis 1957,
sion (accidentelle ou intentionnelle lors des      près de 14 000 objets de plus de 10 cm -
essais d'armes antisatellites) ou de leur dé-      dont environ 2 000 satellites - se sont désin-
gradation (fragments de protection thermi-         tégrés en rentrant dans l'atmosphère ter-
que, cellules solaires, éclats de peinture,        restre. Mais le processus est lent puis-
etc.) ;                                            que l'espérance de vie d'un objet gravitant
- étages supérieurs de lanceurs ou morceaux        vers 800 km d'altitude (là où la densité des
produits par centaines par leur explosion          débris semble maximale) est de quelques
accidentelle (assez fréquente) ;                   siècles.
- équipements divers éjectés après utilisa-        En fait, les objets les plus préoccupants ne
tion (sangles, mécanismes de déploiement,          sont pas nécessairement les plus volumi-
gaines protectrices,...) ou perdus par les spa-    neux : on en connaît la trajectoire et un vais-
tionautes lors d'activités extravéhiculaires       seau spatial peut manœuvrer pour les éviter.
(par exemple, un outil ou un boulon lâché          Par contre, les résidus difficilement repéra-
par inadvertance).                                 bles sont plus redoutables : pour le moment,
À la fin de 1998, grâce aux radars du NO-          on doit se contenter d'en estimer les caracté-
RAD* (capables de repérer des objets d'envi-       ristiques (dimensions et répartition) afin
ron 10 cm jusqu'à 1 000 km de distance et          d'équiper les vaisseaux spatiaux de blindage
de 1 m jusqu'à 36 000 km), la NASA avait           ou de bouclier protecteur suffisamment effi-
répertorié et suivait environ 8 500 « objets »     caces.
en orbite terrestre représentant une masse         RETOMBÉES SUR TERRE. Des estimations statisti-
totale estimée à plus de 2 000 t : 6 % étaient     ques font apparaître qu'en moyenne un dé-
des satellites en activité, 22 % des satellites    bris spatial « détectable » rentre, chaque se-
inactifs, 17 % des étages supérieurs, 13 %         maine, dans l'atmosphère terrestre et s'y
des débris opérationnels et 42 % des frag-         désintègre en général totalement. Néan-
ments. Mais beaucoup d'autres débris, plus         moins, dans le cas d'objets de dimensions
petits et plus nombreux, demeurent indétec-        ou de masse élevées ou transportant des
tables : les estimations font état de plus de      substances radioactives, la retombée sur le
 100 000 objets mesurant plus d'un centimè-        sol de fragments peut constituer une me-
tre et de centaines de milliers d'autres de        nace pour les populations ainsi que l'ont
dimensions millimétriques. Ces débris re-          montré les rentrées incontrôlées du satellite
présentent un danger potentiel réel pour les        Cosmos 954 au-dessus du Canada (janvier
satellites, automatiques et habités, et pour        1978), du laboratoire Skylab au-dessus de
les hommes qui évoluent en orbite. En rai-         l'Australie (juillet 1979) ou de Saliout 7 au-
son de leur vitesse élevée, ils peuvent deve-      dessus de l'Amérique du Sud (février 1991).
nir de redoutables projectiles susceptibles        D'où l'importance du travail assuré par les
de perforer le scaphandre d'un spationaute         réseaux de surveillance des débris spatiaux
ou d'endommager gravement un véhicule              pour informer les pays menacés et leur per-
spatial : à 10 km/s, une poussière de 3 mm         mettre de prendre les mesures de protection
possède la même énergie cinétique (donc le          civile appropriées.
même pouvoir destructeur) qu'une boule de
bowling projetée à 100 km/h.                       décalage spectral. Ecart entre la position
Divers incidents, jusqu'à présent mineurs,         en longueur d'onde des raies d'un élément
prouvent que cette crainte est fondée. La          dans le spectre d'un astre et leur position
prise de conscience de ce phénomène de             dans un spectre de référence obtenu sur la
 « pollution spatiale » est récente, mais il im-   Terre.
121                                                                                  déférent

ENCYCL. On parle de décalage vers le rouge ou     données équatoriales permettant de repérer
vers le bleu suivant que les raies observées      un point sur la sphère céleste, l'autre étant
sont déplacées vers les longueurs d'onde          l'ascension* droite. 2. Angle formé par le
plus grandes ou plus courtes.                     méridien magnétique et le méridien géogra-
Il peut s'agir d'un effet Doppler*-Fizeau ou      phique en un point de la surface terrestre.
d'un décalage gravitationnel*.                    C'est l'un des deux angles utilisés pour défi-
Dans les modèles cosmologiques relativis-         nir la direction du champ magnétique ter-
tes, un univers en expansion implique né-         restre, l'autre étant l'inclinaison*.
cessairement un décalage vers le rouge du
spectre des galaxies lointaines.                  déclinant adj. Caractérise un cadran so-
Certains objets extragalactiques (galaxies,       laire vertical dont le plan s'écarte du plan
quasars*) semblent liés physiquement (des         perpendiculaire à la direction nord-sud.
ponts de matière sont visibles sur les photo-
graphies), ce qui suggère qu'ils sont situés      décollage n.m. Départ d'un véhicule spa-
à la même distance, et présentent cepen-          tial de sa base de lancement.
dant des décalages spectraux différents. On
parle alors de décalages spectraux « anor-        décours n.m. Période comprise entre la
maux ».                                           pleine lune et la nouvelle lune, durant la-
                                                  quelle la fraction éclairée du disque lunaire
décélération n.f. Accélération négative.          vue de la Terre décroît, SYN. : lune descen-
                                                  dante.
décélération ( p a r a m è t r e de). Nom-
bre qui mesure le ralentissement du taux          Deep Space. Famille de sondes automati-
d'expansion* de l'Univers sous l'effet de l'at-   ques américaines s'inscrivant dans le pro-
traction gravitationnelle mutuelle des mas-       gramme New Millenium de la NASA et
ses que celui-ci renferme.                        destinées à tester différentes innovations
ENCYCL. Selon que ce paramètre est inférieur,     technologiques.
égal ou supérieur à 0,5, l'Univers est ouvert     ENCYCL. Deep Space 1 est une sonde lancée
(à expansion perpétuelle), plat (à expansion      en octobre 1998, premier engin spatial à
perpétuelle), mais de plus en plus lente) ou      propulsion ionique. Placée en orbite autour
fermé (son expansion sera stoppée et suivie       du Soleil, elle doit, après une modifica-
d'une phase de contraction). Sa valeur est        tion de sa trajectoire, survoler l'astéroïde
liée à la densité de matière de l'Univers.        1992 KD qui coupe l'orbite de Mars et dont
-» densité critique                               l'orbite est fortement inclinée sur l'éclip-
                                                  tique.
déclinaison ( a x e de). L'un des deux axes       Deep Space 2 est constituée des petits péné-
autour desquels peut tourner un instrument        trateurs embarqués à bord de la sonde Mars
d'observation astronomique à monture              Polar Lander, lancée en janvier 1999.
équatoriale (l'autre étant l'axe polaire).        Deep Space 3, dont le lancement est prévu
BICYCL. Le mouvement autour de cet axe per-       vers 2001, comprendra trois satellites placés
met à l'instrument d'être dirigé vers des         en orbite autour du Soleil de manière à for-
points de différentes déclinaisons pour une       mer un triangle équilatéral stable de quel-
ascension droite donnée. La déclinaison du        ques centaines de mètres de côté, leurs dis-
point vers lequel l'instrument est braqué à       tances mutuelles étant mesurées de façon
un instant donné est indiquée par un cercle       très précise à l'aide de lasers ; l'ensemble
ou un disque gradué, appelé le cercle de décli-   doit former un interféromètre optique four-
waison, fixé à la monture équatoriale.            nissant des images dont la résolution attein-
                                                  dra lmilliseconde d'arc (ce qui permettrait
déclinaison n.f. 1. Distance angulaire d'un       de distinguer, par exemple, les feux d'un
point de la sphère céleste au plan de l'équa-     camion circulant sur la Lune).
teur céleste, comptée à partir de ce plan, de
Oà 90°, positivement vers le nord, négative-      déférent n.m. Dans le système du monde
ment vers le sud. C'est l'une des deux coor-      géocentrique de Ptolémée, cercle décrit
défilement                                                                                     122

autour de la Terre par le centre de l'épicycle     En rotation synchrone autour de Mars, il
d'une planète. On dit aussi cercle déférent.       présente toujours la même face à la planète,
                                                   vers laquelle son grand axe reste constam-
défilement n.m. —satellite à défile-               ment dirigé. Il s'agit vraisemblablement
ment                                               d'un astéroïde capturé par l'attraction de
                                                   Mars. — Phobos
dégazage n.m. Libération de gaz d'un ma-
tériau provoquée par une modification in-          Del. Abréviation de Delphinus, désignant la
tentionnelle des conditions d'environne-           constellation du Dauphin.
ment.
                                                   Delambre (le chevalier Jean-Baptiste Jo-
d é g a z e m e n t n.m. Libération spontanée      seph), astronome et géodésien français
de gaz d'un matériau, à la suite d'une modi-       (Amiens 1749 - Paris 1822). Élève de La-
fication des conditions d'environnement            lande, il s'est illustré en mécanique céleste
(abaissement de la pression, élévation de la       par des Tables de Jupiter et de Saturne (1789) et
température, etc.) ou sous l'effet du vieillis-    une théorie d'Uranus. Après qu'eut été déci-
sement naturel.                                    dée l'instauration du système métrique
                                                   (dont l'étalon de longueur devait être la dix
dégénéré, e adj. Se dit de la matière extrê-       millionième partie du quart du méridien ter-
mement dense, réduite à l'état de gaz de           restre), il participa avec Méchain à la campa-
particules, où la pression usuelle, due à l'agi-   gne géodésique destinée à effectuer une
tation thermique, est négligeable devant la        nouvelle mesure de l'arc de méridien com-
pression d'origine quantique, et des étoiles       pris entre Dunkerque et Barcelone, et fut
constituées de cette matière.                      chargé plus spécialement de la section com-
ENCYCL. Les étoiles parvenues au stade ultime      prise entre Dunkerque et Rodez. Cette
de leur évolution sont constituées de ma-          lourde entreprise, plusieurs fois interrom-
tière dégénérée : gaz d'électrons libres dans      pue en raison des troubles de la Révo-
le cas des naines blanches, gaz de neutrons        lution, ne fut achevée qu'en 1799. De 1804
libres dans le cas des étoiles à neutrons. Les     à sa mort, Delambre fut directeur de
propriétés thermodynamiques de la matière          l'Observatoire de Paris. Il écrivit une monu-
dégénérée sont très différentes de celles qui      mentale Histoire de l'astronomie, publiée de
sont prévues par la thermodynamique clas-           1817 à 1827, qui demeure un ouvrage de
sique.                                             référence.

dégradation d'une orbite. Diminution               Delaunay (Charles-Eugène), astronome
progressive de l'altitude d'un satellite causée    français (Lusigny-sur-Barse, Aube, 1816 -
par le frottement atmosphérique.                   Cherbourg 1872).
                                                   Sa vocation astronomique naquit à la lecture
Deimos (mot grec signifiant épouvante). Sa-        des œuvres de Laplace, qu'il reçut comme
tellite de Mars, découvert en 1877 par             prix en tant que major de sortie de l'École
l'Américain Asaph Hall. Demi-grand axe de          polytechnique. De 1845 à sa mort, il se
son orbite : 23 460 km. Période de révolu-         consacra à' l'étude du mouvement de la
tion sidérale : 1,262 j, soit 30 h 18 min. Dia-    Lune ; il en élabora une théorie, dont de
mètre : 15,6 x 10,2 km. Densité moyenne :          nombreux éléments sont encore utilisés
1,8.                                               aujourd'hui pour l'étude du mouvement des
ENCYCL. Les engins spatiaux Mariner 9 en           satellites artificiels. Il devint directeur de
1971-72, puis Viking Orbiter 1 et Viking           l'Observatoire de Paris en 1870, à la suite du
Orbiter 2 à partir de 1976 ont révélé ses          renvoi de Le Verrier.
caractéristiques physiques. C'est un bloc ro-
cheux de forme irrégulière, dont la surface,       Delisle (Joseph Nicolas), astronome fran-
très sombre (albédo voisin de 0,06), apparaît      çais (Paris 1688-1768).
saturée de cratères, partiellement oblitérés       Il passa plus de vingt ans en Russie, où il
pour la plupart.                                   fonda l'observatoire ae Saint-Pétersbourg. À
123                                                                                        Deneb

son retour en France, il fut nommé profes-         depuis 1989 de deux nouveaux modèles,
seur au Collège de France et astronome de la       formant la gamme Delta 2 : la fusée Delta
Marine. Lalande* fut son élève. Il a été le        6925 et la fusée Delta 7925, capables respec-
premier à exposer une méthode correcte             tivement de lancer 1 450 kg et 1 820 kg en
pour déterminer les coordonnées héliocen-          orbite de transfert géostationnaire ou 4 t et
triques des taches solaires (1738).                4,5 t en orbite basse à 185 km d'altitude. La
                                                   dernière née et la plus puissante fusée de la
Delphinus (-i). Nom latin de la constella-         famille, Delta 3 - dotée d'un deuxième étage
tion du Dauphin (abrév. Del).                      cryotechnique et capable de mettre jusqu'à
                                                   3,8 t en orbite de transfert géostationnaire -
Delta. Lanceurs spatiaux américains.               a explosé le 27 août 1998, lors de son pre-
ENCYCL.  Primitivement conçu à partir du mis-      mier vol commercial.
sile balistique à moyenne portée Thor de
l'US Air Force et des étages supérieurs de la      Delta Clipper Expérimental (DC-
fusée Vanguard, le lanceur Delta a été cons-       X ) . Lanceur expérimental américain, mo-
truit, de 1960 à 1982, en 34 versions diffé-       noétage, réutilisable, à décollage et atterris-
rentes, grâce auxquelles sa capacité de lan-       sage verticaux, développé par la firme
cement est passée de 45 kg à 1 312 kg. Cet         McDonnell Douglas.
accroissement spectaculaire de performance         ENCYCL. Le premier essai, réussi, d'un modèle
a été rendu possible en grande partie par          réduit de ce lanceur révolutionnaire a eu lieu
une structure très évolutive qui a permis de       le 18 août 1993, dans le désert de White
remplacer successivement, à moindres frais,        Sands, au Nouveau-Mexique (Etats-Unis).
tous les éléments du lanceur par de nou-           En moins d'une minute, l'engin, haut de
veaux éléments déjà éprouvés sur d'autres          12,8 m, pesant 18,9 t et propulsé par quatre
véhicules spatiaux, automatiques ou pilotés.       moteurs cryotechniques, s'est élevé à 45 m,
Le lanceur Delta a pu ainsi être adapté à la       puis déporté de 105 m et est revenu se poser
demande du marché des lancements spa-              au sol. D'autres essais ont suivi afin de tes-
tiaux et à la croissance de la masse des char-     ter l'aptitude de ce prototype à regagner sa
ges utiles, ce qui lui a valu d'être le lanceur    plate-forme de lancement après une ascen-
américain le plus utilisé des années 1960 et       sion et un déport latéral de plusieurs centai-
1970. Il a été associé à quelques « premiè-        nes de mètres. Lors de son 4e vol, le 20 juin
res », tels les lancements du premier satellite    1994, le lanceur a atteint l'altitude de 450 m
géostationnaire, Syncom 3, en 1964, du pre-        et a ensuite poursuivi son ascension jus-
mier satellite Intelsat, Early Bird, en 1965, de   qu'à 780 m, en effectuant un déplacement
plusieurs satellites de la série Explorer, des     latéral de 315 m. Une semaine plus tard, lors
sondes interplanétaires Pioneer, etc. Il a         de son 5e essai, la fusée a réussi à se poser
aussi contribué au développement de l'Eu-          après 78 s de vol, après que l'explosion
rope spatiale en permettant de lancer les          d'une canalisation remplie d'hydrogène li-
satellites de l'ESRO et certains satellites de     quide eut endommagé sa cellule en fibres de
l'ESA, avant la mise en service du lanceur         carbone.
Ariane. Son taux de réussite a été exception-
nel, puisqu'on n'a enregistré que 11 échecs        demi-grand axe. L'un des éléments
sur 177 tirs. Malgré l'évolution du lanceur,       d'une orbite elliptique, égal à la moitié du
son architecture est restée quasi identique,       grand axe de l'ellipse.
avec un premier étage à ergols liquides (oxy-
gène et kérosène), un deuxième étage à er-         d é m o n s t r a t e u r n.m. Prototype de véhi-
gols liquides stockables surmonté par la case      cule spatial destiné à en démontrer la faisa-
à équipements et, lorsque la mission l'exi-        bilité et à servir de moyen d'essai.
geait, un troisième étage à poudre. Arrêtée à
k suite de la décision de la NASA de privilé-
                                                   Deneb (de l'arabe al-dhanab al-dajajah, la
gier l'utilisation de la navette spatiale, la
                                                   queue de la poule, d'après une représenta-
production de lanceurs Delta a repris à la fin
                                                   tion ancienne de la constellation). Etoile a
des années 80, avec la commercialisation
                                                   du Cygne. Magnitude apparente visuelle :
Deneb Kaitos                                                                               124

1,3. Type spectral : A2. Distance : env. 3 000   spatial, perte de l'atmosphère artificielle qui
années de lumière. Rayon : 145 fois celui du     est indispensable à la vie de l'équipage.
Soleil.                                          ENCYCL. Une dépressurisation soudaine peut
                                                 avoir des conséquences mortelles comme ce
Deneb Kaitos (d'une locution arabe signi-        fut le cas, en juin 1971, pour les trois cosmo-
                                                 nautes de Soyouz 11, peu avant leur atterris-
fiant la queue de la baleine). Étoile (3 de la   sage. Depuis cette date, et pour se prémunir
Baleine. Magnitude apparente visuelle : 2,0.     contre un tel risque, tous les occupants des
Type spectral : KO. Distance : 96 années de      capsules Soyouz revêtent systématique-
lumière. On l'appelle aussi Diphda.              ment leur scaphandre pour le lancement et
                                                 lors du retour sur Terre.
Denebola (de l'arabe al-dhanab alasad, la
queue du Lion, par allusion à sa position
dans la constellation). Étoile p du Lion. Ma-    dérive n.f. Variation de la fréquence d'un
gnitude apparente visuelle : 2,1. Type spec-     signal radioélectrique observée lorsqu'un
tral : A2. Distance : 36 années de lumière.      émetteur et un récepteur se rapprochent ou
                                                 s'éloignent l'un de l'autre.
densité (théorie des ondes de) — on-             ENCYCL. L'effet Doppler permet de calculer la
des de densité                                   position du récepteur dès lors que la posi-
                                                 tion et la fréquence de l'émetteur sont
densité critique. En cosmologie, densité         connues. Ce phénomène naturel est à la
de matière minimale qui permet à la gravita-     base des mesures réalisées par certains sys-
tion de stopper l'expansion de l'Univers. Sa     tèmes spatiaux de localisation (comme Ar-
valeur est comprise entre 10~29 et 2-10"29       gos et DORIS) ou de navigation (comme
g-cm"3, ce qui correspond à peu près à trois     Transit).
atomes d'hydrogène par mètre cube.
                                                 d é s a m a r r a g e n.m. Séparation d'engins
densité de flux. Quantité d'énergie d'un         spatiaux dans l'espace.
faisceau de rayonnement reçue sur une aire
unité disposée perpendiculairement au fais-      Desdemona. Satellite d'Uranus (n° X),
ceau pendant une unité de temps. En ra-          découvert en 1986 par la sonde américaine
dioastronomie, la densité de flux, mesurée       Voyager 2. Demi-grand axe de son orbite :
en janskys (Jy), est la quantité d'énergie re-   62 700 km. Période de révolution sidérale :
çue d'une radiosource par unité d'aire de        11 h 22 min. Diamètre : ~ 58 km.
détecteur et par unité de fréquence.
                                                 Deslandres (Henri), astronome français
densité de matière. Expression utilisée          (Paris 1853-1948).
en cosmologie pour désigner la masse volu-       Il fut appelé, en 1889, par l'amiral Mouchez,
mique de l'Univers.                              à l'Observatoire de Paris, pour introduire
                                                 l'astrophysique dans cet établissement,
densité n.f. 1. Pour un gaz, rapport de la       voué jusque-là à la mécanique céleste et à
masse d'un volume de ce gaz à la masse           l'astronomie de position. Responsable d'un
d'air qui occupe le même volume à même           service de spectroscopie astronomique créé
température et à même pression. 2. Pour un       pour lui, il s'y distingua rapidement, inven-
solide ou un liquide, rapport de la masse de     tant, indépendamment de l'Américain
corps à la masse d'eau occupant le même          G. Haie, le spectrohéliographe*, pour la
volume à la température de 4°C.                  photographie des spectres du Soleil. En
                                                 1877, il rejoignit l'observatoire de Meudon,
Dentelle (nébuleuse de la). Nébuleuse            fondé l'année précédente, pour y seconder
filamenteuse observable dans la constella-       le directeur, Janssen, auquel il succéda en
tion du Cygne. Elle forme une partie de la       1907. Puis, après la réunion administrative
Boucle du Cygne*.                                des observatoires de Meudon et de Paris, il
                                                 assura, de 1927 à 1929, la direction du nou-
dépressurisation n.f. Dans un vaisseau           vel établissement ainsi créé.
125                                                                                    Diamant

Outre le spectrohéliographe, il a inventé la        Motoren und Turbinen Union (MTU) et Te-
table équatoriale, qui permet d'installer côte      lefunken Systemtechnik.
à côte plusieurs appareils astronomiques à          ENCYCL. Il comprend quatre divisions : avi-
monture équatoriale. Il est aussi le premier à      ons, systèmes spatiaux, systèmes de dé-
avoir prévu, dès le début du siècle, l'exis-        fense, systèmes de propulsion. Son siège est
tence du rayonnement radioélectrique du             à Munich. Il emploie 75 000 personnes et
Soleil, qui n'a été détecté qu'en 1942.             son chiffre d'affaires annuel est d'environ
                                                    60 milliards de francs. Depuis 1995, il a pris
Deslandres. Cirque lunaire, sur le bord             le nom de Daimler Chrysler Aerospace.
méridional de la mer des Pluies.
ENCYCL. Coordonnées : 5° O., 32° S. Diamè-          DFS Kopernikus. Satellites allemands de
tre : 234 km. Plusieurs cratères (Regiomon-         télécommunications.
tanus, Lexell, etc.) chevauchent ses rem-           ENCYCL. D'une masse en orbite de 815 kg,
parts. Il inclut le cratère Hell (33 km de          DFS Kopernikus 1 et DFS Kopernikus 2 ont
diamètre).                                          été lancés par des fusées Ariane 4, le premier
                                                    en 1989, le second en 1990, et mis à poste
désorbitation n.f. Manœuvre consistant              sur l'orbite géostationnaire, respectivement
à faire quitter à un engin spatial l'orbite qu'il   par 23,5° E, et 28,5° E.
décrit autour d'un astre en vue de le diriger
vers un point donné de la surface de cet            DFVLR. Sigle de Deutsche Forschungs und
astre ou de provoquer sa chute. Le verbe            Versuchsanstalt fur Luft und Raumfahrt, Office
correspondant est désorbiter.                       allemand de recherches aéronautiques et
                                                    spatiales. -* DLR
Despina. Satellite de Neptune (n° V), dé-
couvert en 1989 par la sonde américaine             Diabolo (nébuleuse du). Nébuleuse
Voyager 2. Demi-grand axe de son orbite :           planétaire M 27, dans la constellation du
52 500 km. Période de révolution sidérale :         Petit Renard. Distance : 720 années de lu-
8 h 10 min. Diamètre : 150 km.                      mière.

d e s s e r t e (d'une station orbitale) ni.        Diadème. Nom donné à deux satellites
Ensemble des services de transport (d'hom-          français de géodésie mis sur orbite en 1967
mes ou de matériel) pouvant être assurés, de        par les lanceurs Diamant A.
façon répétitive, entre la Terre et une station     Lancé le 8 février, Diadème 1 (ou D1C) a
en orbite, dite desservable.                        cessé de fonctionner le 2 janvier 1970. Lancé
                                                    le 15 février, Diadème 2 (ou D1D) a cessé de
d é t e c t e u r n.m. Dispositif destiné à déce-   fonctionner le 5 avril 1967. Ce sont les deux
ler k présence d'un phénomène et éventuel-          derniers satellites lancés de la base algé-
lement à mesurer celui-ci. L'Administration         rienne d'Hammaguir.
recommande de ne pas utiliser le terme sen-
stur dans cette acception.                          d i a g r a m m e de Hertzsprung-Russell
                                                    -» Hertzsprung-Russell
deutérium n.m. Isotope de l'hydrogène,
de symbole D, dont le noyau atomique est            d i a g r a m m e papillon   papillon
famé d'un proton et d'un neutron, S N : Y .
hydrogène lourd. C'est l'un des éléments chi-       Diamant. Programme français de lanceur
•riques qui ont pu être fabriqués dans les          spatial léger, le premier développé en Eu-
premières minutes après le Big* Bang.               rope.
                                                    ENCYCL. Les douze exemplaires utilisés ont
Deutsche A e r o s p a c e . Consortium in-         permis à la France, d'une part, de devenir, le
dustriel aérospatial allemand formé, en             26 novembre 1965, la troisième puissance
1989, au sein au groupe Daimler-Benz, par           spatiale du monde, d'autre part, de placer
le rapprochement de quatre sociétés : Dor-          sur orbite douze satellites en dix ans. Réali-
meç Messerschmitt-Bôlkow-Blohm (MBB),               sés pour le CNES par la SEREB (Société pour
Diapason                                                                                    126

l'étude et la réalisation d'engins balistiques)   diergol n.m. Propergol composé de deux
à partir d'étages propulsifs mis au point pour    ergols liquides stockés séparément, SYN. :
le programme de vecteurs militaires dit « des     biergol.
pierres précieuses » (Topaze, Emeraude, Sa-
phir, etc.), les lanceurs Diamant comprenai-      différenciation n.f. Phénomène par le-
ent un premier étage à ergols liquides (pe-       quel un astre de composition primitivement
roxyde d'azote et UDMH) surmonté de               homogène se stratifié, sous l'effet de la gra-
deux étages à poudre. Masse au décollage :        vité, en différentes couches dont la densité
de 20 à 25 t. Hauteur : environ 20 m. Trois       augmente avec la profondeur. Ce processus
versions, de capacité croissante, ont succes-     explique, en particulier, la structure des pla-
sivement été mises au point :                     nètes du type de la Terre, formées d'un
- Diamant A, avec un premier étage (Eme-          noyau, d'un manteau et d'une croûte.
raude) de 12,61 d'ergols, un deuxième (To-
paze) de 2,2 t de poudre et un troisième de       différentiel, elle adj. Se dit d'une rota-
0,64 t de poudre. Quatre exemplaires ont          tion qui, à la différence de celle d'un
été lancés d'Hammaguir avec succès de             solide, ne s'effectue pas avec une vitesse
1965 à 1967 pour les satellites Astérix, Dia-     angulaire identique en tout point de l'astre
pason, Diadème 1 et 2 ;                           considéré.
- Diamant B, doté d'un premier étage plus         ENCYCL. Dans le cas du Soleil et des grosses
volumineux (L-17 emportait 171 d'ergols) et       planètes à structure en partie gazeuse (Jupi-
d'un nouveau troisième étage avec 0,681 de        ter, Saturne, Uranus...), la rotation différen-
poudre. Cinq exemplaires ont été lancés de        tielle se manifeste par une décroissance de la
Kourou (dont deux échecs) entre 1970 et           vitesse angulaire de rotation de l'équateur
 1973 pour les satellites Wika et Mika (Alle-     vers les pôles. Dans le cas de la Galaxie, elle
magne), Péole et Tournesol ;                      se traduit par une diminution de la vitesse
- Diamant BP4, avec un deuxième étage             angulaire de rotation des étoiles autour du
plus puissant (P4, développé pour la force de     centre galactique lorsqu'on s'écarte de ce
dissuasion, contenait 4 t de poudre). Trois       centre.
exemplaires ont été lancés de Kourou, avec
succès, en 1975, pour les satellites Starlette,
Castor, Pollux et Aura.                           diffraction n.f. Perturbation que subit la
                                                  propagation des ondes (acoustiques, lumi-
 Capacité comparative des trois versions
                                                  neuses, hertziennes...), lorsqu'elles rencon-
 donnée pour une orbite circulaire équato-
                                                  trent un obstacle ou une ouverture de di-
riale à 500 km d'altitude : 80 kg pour Dia-
                                                  mensions du même ordre de grandeur que
mant A, 120 kg pour Diamant B et 150 kg
                                                  leur longueur d'onde.
pour Diamant BP4.
                                                  ENCYCL. La diffraction limite les performan-
                                                  ces des meilleurs instruments d'optique :
Diapason (alias DIA). Troisième satellite         ainsi, l'image d'une source lumineuse ponc-
français, placé en orbite le 17 février 1966,     tuelle fournie par une lunette astronomique
depuis Hammaguir (Algérie).                       ou un télescope n'est jamais un point, mais
ENCYCL- Essentiellement conçu pour expé-          une petite tache, appelée tache d'Airy*.
rimenter le lanceur Diamant, Diapason
avait plusieurs objectifs propres : technolo-     diffus, e adj. Se dit d'un astre, tel qu'une
gique (étude du comportement global du            comète ou un nuage de matière interstel-
satellite) et scientifique (localisation par      laire, qui présente un aspect flou, au contour
photographie sur fond d'étoiles et par effet      mal défini. Nébuleuse diffuse nébuleuse
Doppler). Il a cessé de fonctionner le 23 jan-
vier 1972.
                                                  diffusion n.f. Répartition continue, dans de
                                                  nombreuses directions d'un milieu de pro-
dichotomie n.f. Aspect d'un astre du sys-         pagation, de l'énergie d'une onde électro-
tème solaire dont la surface éclairée visible     magnétique (onde lumineuse, onde hert-
occupe la moitié du disque.                       zienne) après sa rencontre avec de
127                                                                                 Discoverer

nombreux obstacles, ou hétérogénéités, dis-       Utilisé pour la première fois sur SPOT 4, en
posés au hasard.                                  1998, le navigateur DIODE a montré qu'il
ENCYCL. La diffusion de la lumière solaire par    pouvait fournir, toutes les dix secondes, la
les molécules d'air de l'atmosphère terrestre     position du satellite à quelques mètres près.
est responsable de la couleur bleue du ciel et
du virage vers le rouge de cette couleur lors-    Dioné B. Nom parfois donné au satellite
que le Soleil est proche de l'horizon.            de Saturne n° XII, découvert en 1980, offi-
                                                  ciellement dénommé Hélène* en 1985.
digression n.f. Distance angulaire d'un as-
tre (étoile ou planète) à un autre ou à un plan   Dioné. Satellite de Saturne (n° IV), décou-
de référence.                                     vert par J.D. Cassini en 1684.
ENCYCL. Le terme s'emploie surtout dans le        ENCYCL. Demi-grand axe de son orbite :
cas des étoiles circumpolaires*. Une telle        377 420 km. Période de révolution sidérale :
étoile est dite à sa digression maximale lors-    2,736 9 j. Diamètre : 1 120 km. Densité
que le plan vertical passant par l'étoile est     moyenne : 1,4.
tangent à la trajectoire de celle-ci sur la       ENCYCL. On le présume constitué en majeure
sphère céleste et est perpendiculaire à son       partie de glace, avec une certaine quantité
cercle horaire. L'azimut de l'étoile atteint      de matériau rocheux qui pourrait être une
alors une valeur maximale (, par rapport à        source de chaleur interne. Sa surface, révé-
laquelle elle varie très peu pendant un inter-    lée en 1980 par la sonde Voyager 1, pré-
valle de temps appréciable.                       sente une certaine variété de teintes som-
Pour l'étoile polaire observée sous la lati-      bres et claires. On y distingue de grandes
tude de Paris, l'angle (vaut environ 1° 27'.      traînées brillantes qui pourraient correspon-
Cet angle ne varie que de 1 minute d'arc en       dre à de longues fractures remplies de glace
30 minutes de temps. Cette propriété four-        jeune. Les régions plus sombres possèdent
nit l'une des méthodes les plus simples pour      de nombreux cratères (atteignant jusqu'à
obtenir un orientement déjà précis, en utili-     100 km de diamètre) et paraissent plus an-
sant des visées sur la Polaire.                   ciennes.
On emploie quelquefois aussi l'expression
de digression maximale comme synonyme de          Diphda. Autre nom de l'étoile Deneb* Kai-
plus grande élongation, pour caractériser la      tos.
position d'une planète inférieure lorsque sa
distance angulaire au Soleil, vue de la terre,    direct, e adj. Se dit d'un mouvement
atteint sa valeur maximale (voir schéma).         qui s'effectue dans le sens N.-O.-S.-E. (sens
                                                  inverse du mouvement des aiguilles d'une
Digression                                        montre) autour de la direction du pôle
                                                  Nord du système considéré. Le mouve-
                                                  ment des planètes autour du Soleil est di-
                                                  rect ; on dit aussi qu'il s'effectue dans le sens
                                                  direct.

                                                  Discoverer. Satellites américains lancés
                                                  entre 1958 et 1962 pour mettre au point la
                                                  technique de la récupération d'une capsule
                                                  spatiale.
                                                  ENCYCL. Le premier succès du programme,
                                                  qui était aussi la première récupération réus-
                                                  sie de l'histoire de l'astronautique, fut ob-
DIODE (sigle de Détermination Immé-               tenu le 11 août 1960 avec Discoverer 13. Par
diate d'Orbite par Doris Embarqué). Instru-       la suite, les Discoverer furent progressive-
ment français conçu pour être installé à bord     ment transformés en satellites de reconnais-
d'un satellite afin de calculer automatique-      sance photographique, à mesure que la tech-
ment et instantanément sa trajectoire.            nique de la récupération de la capsule était
Discovery                                                                                      128

de mieux en mieux maîtrisée. Le pro-               disque d'accrétion            accrétion
gramme Discoverer s'arrêta officiellement
au printemps 1962 après 38 lancements,             disque n.m. 1. Surface visible d'un astre,
mais il se poursuivit en fait d'une manière        lorsqu'elle apparaît plus ou moins circulaire.
secrète pendant quelques années. Les satel-        2. Composante aplatie d'une galaxie spirale,
lites de reconnaissance Big* Bird utilisés         comprenant de la matière interstellaire et
pendant les années 70 sont les descendants         des étoiles dites « de population* I ».
directs des Discoverer.
                                                   disque protoplanétaire -> protoplané-
Discovery (mot anglais signifiant décou-           taire
verte). Programme américain de sondes auto-
matiques engagé au milieu des années 1990          distance n.f. Intervalle qui sépare deux
pour la poursuite de l'exploration du sys-         points dans l'espace.
tème solaire.                                      ENCYCL. Les distances astronomiques s'expri-

ENCYCL. Ce programme de la NASA est cons-          ment, selon le cas, en unités* astronomiques
titué de missions scientifiques pouvant être       (ua), en années* de lumière (al), ou en
réalisées rapidement et au moindre coût. Il        parsecs* (pc), avec leurs multiples, le kilo-
comprend notamment une sonde destinée à            parsec (kpc) et le mégaparsec (Mpc). Le So-
explorer des astéroïdes (NEAR*), une sonde         leil est situé à 8 minutes de lumière, l'étoile
d'exploration de la Lune (Lunar Prospec-           la plus proche du système solaire, Proxima*
ter*), un essaim de minisondes pour l'étude        Centauri, à 4,25 années de lumière, et le plus
de Vénus (Venus Multiprobe), une sonde             lointain objet observé au début de 1985, le
chargée de collecter des poussières cométai-       quasar*, dans la constellation du Sculpteur, à
res (Stardust*) et une sonde placée en l'un        une distance comprise entre 12 et 16 mil-
des points de Lagrange* du système Terre-          liards d'années de lumière.
Lune pour l'étude du vent solaire.                 A l'intérieur du système solaire, on procède
                                                   soit par triangulation (-* parallaxe) ; soit,
                                                   pour les planètes voisines, par méthode ra-
Discovery. Nom donné à l'un des orbi-              dar (-• radarastronomie) ; soit, pour la
teurs de la navette spatiale américaine, dont      Lune, par télémétrie laser.
le premier lancement a eu lieu le 30 août          Le procédé fondamental de mesure des dis-
1984.                                              tances stellaires est une méthode géométri-
                                                   que, dite « de la parallaxe* ». Elle n'est appli-
discret, è t e adj. Se dit d'une source de         cable qu'aux étoiles les plus proches (moins
rayonnement isolée dans le ciel, aux limites       de 300 années de lumière), mais c'est la
bien définies.                                     méthode de base qui permet de calibrer tou-
                                                   tes les autres méthodes autorisant une péné-
dispersif, ive adj. Se dit d'un milieu, d'une      tration beaucoup plus profonde dans l'es-
substance qui disperse la lumière. Pouvoir         pace.
dispersif: rapport An/n-1, où An représente        DISTANCES EXTRAGALACTIQUES. Toutes les métho-
la variation de l'indice de réfraction de la       des utilisées pour déterminer les distances
substance considérée d'une extrémité à             d'objets extérieurs de notre Galaxie sont des
l'autre du spectre visible, et n cet indice pour   méthodes indirectes. Comme pour les étoi-
les rayons moyens.                                 les les plus lointaines de notre Galaxie, elles
                                                   se fondent sur des relations fondamentales,
dispersion n.f. Séparation des composan-           ou critères de distance, établies et calibrées
tes spectrales d'un rayonnement électroma-         avec des astres de distance connue. Ces cri-
gnétique (lumière visible, en particulier) au      tères sont essentiellement de deux types : ils
moyen d'un appareil (prisme, réseau) ou            relient soit la luminosité, soit la dimension
sous l'effet de phénomènes naturels. Le phé-       géométrique d'un astre donné à un paramè-
nomène est lié à la variation, en fonction de      tre qui peut être déterminé par l'observation
la fréquence, de la vitesse de propagation du      sans qu'il soit besoin de connaître la dis-
rayonnement.                                       tance. Une fois ce paramètre connu, la dis-
129                                                                                  distorsion

tance de l'objet étudié se déduit de la mesure    10 mégaparsecs. Au-delà, on doit faire appel
de son éclat apparent ou de son diamètre          à des indicateurs secondaires, puis tertiaires,
apparent.                                         étalonnés par les galaxies du Groupe local,
Les indicateurs de distances extragalactiques     puis des groupes voisins, mais dont la plus
les plus précis sont ceux qui peuvent être        grande portée se paie par une précision
étalonnés à partir d'observations effectuées      moindre. Le recours au plus grand nombre
dans notre Galaxie. On les appelle « indica-      possible d'indicateurs permet d'améliorer la
teurs primaires ». Ce sont principalement les     précision et de réduire les risques d'erreurs
céphéides*, les variables du type RR Lyrae*       systématiques.
et les novae*.                                    Parmi les indicateurs secondaires, figurent
La portée des indicateurs primaires reste         notamment des amas globulaires, des étoi-
malheureusement limitée aux galaxies les          les supergéantes et de vastes nébuleuses
plus proches, celles du Groupe local : les        d'hydrogène ionisé (régions H II), intrinsè-
céphéides ne sont observables que jusqu'à         quement très brillantes.
4 mégaparsecs, et les novae que jusqu'à


CORRESPONDANCE ENTRE LES DIVERSES UNITÉS DE DISTANCE
UTTLISÉES EN ASTRONOMIE
unité                   kilomètre     unité          année de                      parsec
                                      astronomique   lumière
abréviation             km            ua             al                            pc
kilomètre (km)          1             6,684 587 MO"9 1,057-10~13                   3,240 78-10"14
unité astronomique (ua) 149 597 870   1              1,581 3-10"5                  4,848 14-10"6
année de lumière (al)   9,460 7-1012  63 241         1                             0,306595
parsec (pc)             3,085 68-1013 206 265        3,261 633                     1


Quant aux indicateurs tertiaires, ils se fon-     nées de lumière environ, on ne dispose plus
dent non plus sur l'observation d'étoiles ou      de critère de distance fiable et l'on doit se
de structures individuelles au sein des ga-       contenter d'extrapoler la loi de Hubble*,
laxies, mais sur certaines propriétés globales    d'où l'importance attachée à la détermina-
ou de structure à grande échelle, telles que le   tion de la constante de Hubble, qui fixe la
diamètre ou la luminosité des galaxies. Pour      vitesse d'expansion de l'Univers.
les amas de galaxies lointains, on considère,
par exemple, que la magnitude absolue             distorsion n.f. Aberration géométrique
moyenne des galaxies les plus brillantes est      qui se manifeste par une déformation de
h même dans tous les amas.                        l'image d'un quadrillage.
Iburles astres les plus lointains (quasars* en    ENCYCL. Dans la distorsion en barillet (voir
particulier), au-delà de 500 millions d'an-       schéma), les lignes droites ne passant pas




                                                                     distorsion
                                                                     en barillet
diurne                                                                                       130

par l'axe optique ou le centre de l'image           Néanmoins, cet instrument n'est pas conçu
sont reproduites avec une concavité dirigée         pour l'astrophotographie.
vers ce centre et qui croît avec la distance à
celui-ci ; dans la distorsion en croissant, ou en   DOD (sigle de Department Of Defense).
coussinet, les lignes droites ne passant pas par    Abréviation désignant le ministère de la Dé-
l'axe optique ou le centre de l'image sont          fense des Etats-Unis.
reproduites avec une convexité dirigée vers
ce centre et qui croît avec la distance à ce-       Dollfus (Audouin), astronome et aéronaute
lui-ci.                                             français (Paris 1924).
                                                    Disciple de B. Lyot* et continuateur de son
diurne adj. Quotidien. Mouvement diurne :           œuvre, il est l'auteur de nombreuses décou-
mouvement apparent de rotation de l'en-             vertes concernant la Lune et les planètes.
semble du ciel en un jour* sidéral, dû à la
rotation de la Terre autour de son axe. Paral-      Dollond (John), opticien anglais (Spital-
laxe diurne -* parallaxe                            fields, Londres, 1706-1761), d'origine fran-
                                                    çaise.
divergent n.m. Dans un moteur-fusée,                Après être parvenu, en 1758, à réaliser un
partie aval de la tuyère (en forme de coque-        doublet achromatique, il en popularisa l'em-
tier) dans laquelle les gaz poursuivent la          ploi comme objectif pour les lunettes astro-
détente amorcée dans le convergent, ce qui          nomiques.
accroît leur vitesse d'éjection, donc la pous-
sée du moteur.                                      Dominion (observatoire astrophysi-
                                                    que). Observatoire d'astronomie optique
DMSP (sigle de Defense Meteorological Satel-        du Canada, situé près de Victoria, en Co-
lites Program, programme de satellites mé-          lombie-Britannique.
téorologiques de défense). Famille de satelli-      ENCYCL. Fondé par J.S. Plaskett*, il comprend
tes météorologiques militaires de l'US Air          notamment un télescope de 1,83 m d'ouver-
Force.                                              ture, mis en service en 1918, et un télescope
ENCYCL. Des satellites DMSP ont joué un             de 1,22 m, inauguré en 1962. Il est le siège
rôle important lors de la guerre du Golfe,          du Centre canadien de données astronomi-
en 1991. Ils ont aidé à la planification des        ques.
opérations militaires, permis d'évaluer cer-        II a fourni des contributions importantes à
tains risques particuliers tels que les tempê-      l'astronomie stellaire, en particulier dans le
tes de sable et permis de détecter et de sui-       domaine des étoiles doubles ou multiples.
vre les fumées des puits de pétrole
incendiés.                                          Dominion (observatoire radioastro-
                                                    physique). Observatoire de radioastrono-
dobson n.m. Télescope de type Newton                mie du Canada, situé à 20 km au S.-O. de
doté d'une monture altazimutale particu-            Penticton, en Colombie-Britannique.
lière inventée vers 1980 par l'Américain            ENCYCL. Fondé en 1959, il comprend principa-
John Dobson.                                        lement un radio-interféromètre* à synthèse
ENCYCL. Monté sur une simple plate-forme            d'ouverture, formé de sept antennes para-
tournante, robuste, qui assure sa mobilité en       boliques de 9 m de diamètre, réparties sur
azimut, ce télescope peut osciller dans le          une base est-ouest de 600 m de long; un
plan vertical entre deux tourillons. La mon-        radiotélescope parabolique de 26 m de dia-
ture, qui peut être réalisée en contreplaqué,       mètre ; et un petit radiotélescope solaire.
est bon marché et facile à construire. Elle est
capable de supporter un instrument de gros          Donati (Giovanni Battista), astronome ita-
diamètre, qui devient ainsi aisément trans-         lien (Pise 1826 - Florence 1873).
portable et peut être utilisé instantanément        Il fut un pionnier de la spectroscopie astro-
sans mise en station préalable. Ces divers          nomique et s'illustra par ses travaux sur les
avantages expliquent la faveur croissante du        comètes. En 1858, il découvrit une comète
dobson auprès des astronomes amateurs.              qui devint très brillante et spectaculaire. En
131                                                                                      Dôrffel

Effet D o p p l e r - F i z e a u




1864, il obtint le premier spectre d'une co-       mouvements internes. En particulier, la me-
mète. Directeur de l'observatoire de Flo-          sure des vitesses radiales et des étoiles pro-
rence de 1859 à sa mort, il fut à l'origine de     ches, combinée avec les mesures de distance
son transfert à Arcetri (1872).                    et de mouvement propre, révèle la dynami-
                                                   que des étoiles de notre Galaxie, tandis que
Doppler ou Doppler-Fizeau (effet).                 l'interprétation par un effet Doppler-Fizeau
Phénomène qui se produit lorsqu'une source         du décalage systématique vers le rouge des
de vibrations (sons, ultrasons) ou de rayon-       raies du spectre des galaxies lointaines est à
nements électromagnétiques (lumière, on-           la base des considérations relatives à l'ex-
des radio, etc.) de fréquence donnée est en        pansion de l'Univers.
mouvement par rapport à un observateur et          L'effet Doppler permet de calculer la posi-
qui se traduit pour celui-ci par une modifica-     tion du récepteur dès lors que la position et
tion de la fréquence perçue.                       la fréquence de l'émetteur sont connues. Ce
ENCYCL. C'est ainsi que le son de l'avertisseur    phénomène naturel est à la base des mesu-
d'une locomotive ou d'une automobile pa-           res réalisées par certains systèmes spatiaux
raît plus aigu quand celle-ci s'approche, plus     de localisation (comme Argos et DORIS) ou
grave quand elle s'éloigne ou encore que la        de navigation (comme Transit).
lumière reçue d'une source qui s'éloigne est
décalée vers le rouge. En physique non rela-       Dor. Abréviation de Dorado, désignant la
tiviste (cas du son et, pour les faibles vites-    constellation de la Dorade.
ses V0 de l'observateur O et de Vs de la
source S par rapport à la vitesse de la lu-        D o r a d e (en latin Dorado, -us). Constella-
mière, des ondes électromagnétiques), la           tion australe.
fréquence perçue v' est donnée par : v' = v x      ENCYCL. Elle a été introduite par J. Bayer dans

c + VD cos ct0/c + Vs cos as                       son Uranometria, en 1603. Son étoile princi-
où c est la vitesse de propagation de l'onde       pale, (Dor, est de magnitude 3,5. Sa partie
et aD et as les angles que font Vc et Vs avec la   méridionale est occupée parle Grand Nuage
droite orientée OS. En physique relativiste,       de Magellan*, qui renferme notamment la
l'effet Doppler-Fizeau pour les ondes élec-        plus grande nébuleuse diffuse connue, la
tromagnétiques (c est alors la vitesse de la       nébuleuse de la Tarentule*, et l'étoile super-
lumière) est donné par :                           géante S Dor.
v' = v x c2 - Vr2/c + Vr cos ar
                                                   Dorado (-us). Nom latin de la constella-
où Vr = Vs - VQ est la vitesse relative et Vr
l'angle que fait Vr avec OS.                       tion de la Dorade (abrév Dor).
L'effet Doppler-Fizeau revêt une importance        Dôrffel (Georg Samuel), astronome alle-
fondamentale en astrophysique. La mesure           mand (Plauen, Saxe, 1643 - Weida 1688).
du décalage des raies spectrales d'un astre        Il s'est particulièrement intéressé aux comè-
par rapport à un spectre de référence obtenu       tes et a fait progresser l'étude de leur mou-
sur la Terre permet, par application de la         vement en considérant le premier, en 1681,
relation précédente, de déterminer la vitesse      qu'elles décrivent des paraboles ayant le
radiale d'ensemble de l'astre et d'étudier ses     centre du Soleil pour foyer.
DORIS                                                                                                         132

DORIS (sigle de Détermination d'Orbite                Étoile     double     spectroscopique
et Radiopositionnement Intégrés par Satel-
lite). Système spatial français de positionne-
ment très précis.
ENCYCL. Composé principalement d'un récep-
teur radio et d'un oscillateur à quartz en
place dans un satellite ainsi que d'une cin-
quantaine de balises émettrices (dites d'or-
bitographie), au sol, de position connue, ce
système permet :                                                  -violet
- de connaître, avec une précision de quel-             il                        I    I               1
ques centimètres, l'altitude du satellite (et           2 II                     Il         II          II
de restituer son orbite) par mesure du déca-
lage Doppler,                                           3 1                    I           I           1
- ensuite de localiser toute balise (dite de            4 II                Il              II         II
terrain) dont la position est inconnue (si elle           H?                H5             Hy          Hp
est fixe, la précision peut atteindre 2 cm).
Il trouve des applications en orbitographie,          double (étoile). Ensemble de deux étoi-
en géodésie, pour la surveillance de phéno-           les apparaissant extrêmement rapprochées
mènes naturels (déformation des sols en zo-           dans le ciel.
nes sismiques, volcaniques ou d'activité tec-         ENCYCL. Parfois, le rapprochement résulte
tonique intense, mouvement des glaciers,...)          d'un simple effet de perspective, les compo-
ou de sites lors de travaux de génie civil (les       santes se trouvant, en fait, à des distances de
barrages ou les tunnels par exemple). Les             la Terre très différentes : on parle alors de
premiers récepteurs DORIS ont été installés           couples optiques. Mais, le plus souvent, sur-
sur le satellite SPOT* 2 (1990), sur                  tout lorsque le dédoublement se révèle diffi-
Topex*-Poséidon (1992), sur SPOT 3 (1993)             cile, les composantes sont liées par leur at-
et sur SPOT 4 (1998). - DIODE                         traction mutuelle et tournent chacune
                                                      autour du centre de gravité du système,
D o r n b e r g e r (Walter Robert), officier alle-   constituant ce qu'on appelle une étoile double
mand (1895-1980).                                     physique (ou binaire). Lorsque les composan-
Directeur du centre d'essais et de fabrica-           tes sont séparables par des observations vi-
tion d'engins balistiques de la Wehrmacht à           suelles, à la lunette ou au télescope, on parle
Kummersdorf, près de Berlin, puis à Pee-              d'étoiles doubles visuelles. On range égale-
nemiinde, à l'embouchure de l'Oder, il diri-          ment dans cette catégorie les binaires sépa-
gea (avec l'aide de Wernher von Braun, qu'il          rables à l'interféromètre. D'autres binaires,
engagea en 1932) l'équipe de savants et d'in-
génieurs qui mit au point les V-2. En 1945, il        Écoile d o u b l e photométrique
se rendit aux Américains et, après deux an-                                            heures
nées dans un camp de prisonniers, il fut                             0      10    20    30 40    50   60 70
transféré aux Etats-Unis.
                                                           2,2
Dornier. Société allemande de construc-
tions aéronautiques et spatiales issue de                  2,4-
l'entreprise fondée en 1922 par l'ingénieur           -8   2,6
Claudius Dornier (1884-1969) et qui consti-                               système
                                                      I 2,8-j             hors d'éc!ips«
tue aujourd'hui l'une des sociétés au consor-          o
tium Daimler-Benz Aerospace. Son siège est             £
                                                           3,0
à Friedrichshafen.                                         3,2                          système
                                                                                        au minimum
                                                           3,4-
                                                                                        secondaire
dorsum n.f. (mot latin, pl. dorsd) Crête,
dans la nomenclature internationale du re-                                   > système
lief des surfaces planétaires.                                                 au minimum principal
133                                                                               Draconides

dites spectroscopiques, se révèlent par un dé-    une origine générale des étoiles doubles.
doublement périodique des raies de leur           La troisième hypothèse considère un nuage
spectre (voir schéma), dû à l'effet Doppler-Fi-   interstellaire dans son état initial où deux
zeau. Leurs composantes sont beaucoup             noyaux voisins pourraient se condenser sé-
plus serrées que celles des binaires visuelles,   parément. C'est la seule qui pourrait rendre
et sous l'effet de leur attraction réciproque     compte de la formation de systèmes multi-
elles peuvent échanger de la matière (dans le     ples, et la théorie ne lui oppose pas d'objec-
cas où elles ont une masse différente, il y a     tions fondamentales. En revanche, elle ex-
transfert de matière de l'étoile la moins mas-    plique mal les couples les plus serrés, car on
sive vers l'étoile la plus massive).              n'imagine pas deux noyaux capables de se
Une troisième catégorie d'étoiles doubles,        former en étoiles s'ils sont très proches au
dites photométriques ou à éclipses, se signale    départ. Il faudrait, pour cela, concevoir un
par une variation périodique d'éclat (voir        mécanisme qui permettrait aux deux étoiles
schéma) due aux occultations réciproques          de se rapprocher une fois formées, et on
des deux composantes passant alternative-         n'en a pas trouvé.
ment l'une derrière l'autre, chacune se trou-     Une quatrième théorie, plus récente, est une
vant alors plus ou moins complètement ca-         sorte d'extension de la précédente : des étoi-
chée selon l'inclinaison de l'orbite et le        les pourraient, dans un amas, se grouper en
diamètre des deux étoiles. Enfin, certaines       systèmes de quelques dizaines d'objets,
étoiles ont un compagnon invisible, trop          dont chacun serait instable et finirait par
peu brillant pour être observé. Chacune des       former une étoile multiple centrée sur une
composantes décrit alors une orbite képlé-        binaire serrée ; certaines composantes pour-
rienne autour du centre de masse du sys-          raient, par la suite, échapper au système.
tème et le mouvement perturbé de l'étoile
principale peut révéler la présence du com-       doublet n.m. Ensemble de deux lentilles
pagnon obscur. De tels couples sont dits          accolées formant un système achromati-
astrométriques.                                   que*.
UNE ORIGINE MYSTÉRIEUSE. L'origine des étoiles
doubles reste mystérieuse, car on n'a jamais      doucissage n.m. Phase de la taille d'un
vu se former de couple, et la variété de leurs    miroir de télescope qui succède à l'ébau-
aspects ne peut pas, comme dans le cas des        chage*.
étoiles simples, traduire leur évolution. On a    ENCYCL. Le doucissage a pour objet d'éliminer
émis sur ce point quatre hypothèses essen-        les rayures provoquées par l'ébauchage à la
tielles.                                          surface du miroir et de parfaire la mise en
La première est celle de la capture. Toute-       forme de cette surface. Il consiste à user la
fois, une étoile passant près d'une autre ne      surface optique par frottement contre celle
peut être retenue que si elle subit un certain    d'un autre disque en verre de forme appro-
ralentissement par le milieu ; sinon, le résul-   priée, appelé outil, avec interposition
tat est une orbite hyperbolique et non fer-       d'abrasifs de plus en plus fins (poudres
mée. En tout état de cause, on explique dif-      d'émeri en suspension dans l'eau). A la fin
ficilement par cette hypothèse les couples        de l'opération, la surface réalisée est fine-
serrés et les orbites peu excentriques, qui ne    ment dépolie, et sa forme est très proche de
sont nullement en minorité dans les couples       celle de la surface définitive.
connus.
La seconde hypothèse est celle de la scission     DQ. Abréviation de dernier quartier.
d'une étoile en rotation rapide. Elle se heurte
à des objections mécaniques et ne saurait         Dra. Abréviation de Draco, désignant la
engendrer de couples très séparés ni de sys-      constellation du Dragon.
tèmes multiples. Cependant, une catégorie
de binaires, celle du type W U Ma, pourrait       D r a c o (-nis). Nom latin de la constella-
justifier cette hypothèse, et différents tra-     tion du Dragon (abrév. Dra).
vaux (depuis 1960) ont étudié cette ques-
tion. Là encore, la scission ne saurait être      Draconides. Autre nom des Giacobinides.
draconitique                                                                                   134

draconitique adj. (du grec drakôn, -ontos,          soit parvenu à observer le spectre (W. Hug-
dragon). Se dit de la périodicité d'un mouve-       gins, 29 août 1864) et dont le centre se
ment dans un repère mobile dont le plan             trouve situé exactement dans la direction du
fondamental est l'écliptique et l'origine, le       pôle nord de l'écliptique.
nœud ascendant de l'orbite lunaire. Révolu-
tion draconitique : valeur moyenne de l'inter-      Drake (formule de). Formule proposée
valle de temps qui sépare deux passages             en 1965 par le radioastronome américain
consécutifs de la Lune à son nœud ascen-            Frank Drake pour tenter d'évaluer le nom-
dant.                                               bre de civilisations technologiquement
ENCYCL. Les éclipses de Lune et de Soleil ne        avancées existant dans la Galaxie.
peuvent se produire que lorsque la Lune             ENCYCL. Elle s'exprime par la relation : N =
passe par la ligne des nœuds de son orbite,         R-fp-ne-f^fj-f^L, dans laquelle N représente
alors que le Soleil (qui parcourt l'écliptique)     le nombre cherché, R le nombre d'étoiles
est lui-même dans le voisinage immédiat de          favorables à l'émergence de la vie qui se
cette direction. Les Anciens disaient de fa-        forment chaque année dans la Galaxie, fp le
çon imagée que, au moment d'une éclipse,            pourcentage d'étoiles dotées d'un système
la Lune est avalée par un « dragon » qui se         planétaire, ne le nombre de planètes d'un
trouve embusqué au voisinage des nœuds              système donné sur lesquelles les conditions
de l'orbite lunaire, d'où l'origine du terme        sont favorables à l'apparition de la vie, fj la
« draconitique ». Du fait de la rotation de la      fraction de ces planètes qui a vu naître effec-
ligne des nœuds de l'orbite lunaire (mouve-         tivement la vie, fv la fraction de planètes
ment rétrograde de période 18,6 ans envi-           précédentes sur lesquelles se sont dévelop-
ron), la révolution draconitique de la Lune         pées une espèce intelligente et une civilisa-
est un peu plus courte que sa révolution            tion, fc la fraction des civilisations qui cher-
sidérale (27 j 5 h 5 min 35,6 s au lieu de 27 j     chent à communiquer avec d'autres, et L la
7 h 43 min 11,5 s). La révolution synodique,        durée moyenne pendant laquelle une civili-
ou lunaison, comptée par rapport à la posi-         sation communique.
tion apparente du Soleil, vaut 29 j 12 h            Du fait de la grande incertitude régnant
44 min 2,8 s.                                       sur les valeurs des différents paramètres,
                                                    les estimations varient, selon les auteurs, de
Dragon (en latin Drago, -onis). Constella-          I civilisation (la nôtre) à 1 milliard.
tion boréale.
ENCYCL. La tête du dragon est figurée par qua-      Draper (Henry), astronome américain
tre étoiles, P, y (Etamin*), Ç et v, disposées en   (Prince Edward County, Virginie, 1837 -
quadrilatère. Son corps serpente entre la           New York 1882).
Grande Ourse et la Petite Ourse en se re-           II a contribué à développer l'application de
pliant vers l'étoile Polaire. L'étoile a Dm,        la photographie à l'astronomie* (l re photo-
visible à mi-distance entre y de la Petite          graphie du spectre d'une étoile, Véga, en
Ourse et le couple Mizar-Alcor de la Grande         1872 ; Ve photographie d'une nébuleuse,
Ourse, est aujourd'hui de magnitude appa-           celle d'Orion, en 1880) et fut pionnier de la
rente 3,6. Mais il semble qu'elle ait été plus      spectrographie stellaire. Son père, le physi-
brillante dans le passé, car J. Bayer la vit de     cien américain John William Draper, obtint
deuxième grandeur, comme l'étoile la plus           la première photographie de la Lune, en
lumineuse de la constellation. Il y a 4 800         1840. Son nom a été donné au catalogue de
ans, elle brillait à 10' seulement du pôle          225 000 spectres stellaires réalisé à l'obser-
céleste nord et constituait l'étoile Polaire.       vatoire Harvard sous la direction de Picke-
L'un des passages existant dans la grande           ring* et Cannon* grâce à une fondation
pyramide de Khéops, à Gizeh, a été conçu            créée, après sa mort, par sa veuve, et publié
de manière à constituer un puits oblique par        de 1918 à 1924.
lequel pouvait pénétrer la lumière de cette
étoile. Parmi les curiosités offertes par la        Dreyer 0ohan Ludvig Emil), astronome
constellation figure la nébuleuse planétaire        danois (Copenhague 1852 - Oxford 1926).
NGC 6543, la première nébuleuse dont on             Il révisa et compléta le catalogue de nébulo-
135                                                                            droit de l'espace

sités célestes de John Herschel : en 1888, il       bilité pour risque en cas de dommages cau-
publia le New General Catalogue of Nebulae          sés à un aéronef en vol ou à tout bien situé à
and Clusters of Stars (couramment désigné           la surface de la Terre ;
sous les initiales NGC), qui donne les posi-        - la Convention sur l'immatriculation des
tions de 7 840 nébuleuses, amas stellaires et       objets lancés dans l'espace extra-atmosphé-
galaxies. En 1895 et 1908, il ajouta deux           rique, entrée en vigueur le 15 septembre
suppléments à ce catalogue, recensant               1976;
15 000 objets.                                      - l'Accord régissant les activités des États
                                                    sur la Lune et les autres corps célestes, entré
droit de l'espace. Branche du droit inter-          en vigueur le 11 juillet 1984.
national qui concerne l'espace.                     Dans les années 80, sur des sujets particu-
ENCYCL. Jusqu'en 1957, date de lancement du         liers, les Nations unies sont intervenues en
premier satellite artificiel soviétique, le droit   adoptant des principes annexés à une réso-
ne considérait que l'espace aérien, soumis          lution de l'Assemblée générale. Cette for-
au même régime que l'espace sous-jacent             mule de substitution a notamment été utili-
(souveraineté territoriale, ou liberté au-des-      sée lorsque les antagonismes entre les
sous de la haute mer).                              partisans de thèses différentes empêchaient
Plusieurs traités ont posé les règles générales     d'adopter un traité, par exemple sur la ques-
concernant l'espace extra-atmosphérique,            tion de la télévision directe, en 1984, ou
après que l'Assemblée générale de l'ONU             bien parce qu'il était plus simple d'adopter
eut voté plusieurs résolutions en ce sens (en       un texte n'ayant pas valeur de traité, par
1958,1961 et surtout la résolution du 13 dé-        exemple en matière de télédétection, en
cembre 1963 déclarant « les principes juridi-       1986. Les principes adoptés n'ont aucune
ques régissant les activités des États » dans       valeur coercitive. Ils ne représentent qu'une
l'espace extra-atmosphérique).                      incitation pour les États à les appliquer vo-
CONTENU DES TRAITÉS. Le traité fondateur,           lontairement. En dehors des traités de por-
ouvert à la signature le 27 janvier 1967 et         tée universelle, beaucoup d'autres accords
entré en vigueur le 10 octobre 1967, est inti-      ont vu le jour, soit pour instaurer une coopé-
tulé « Traité sur les principes régissant les       ration bilatérale, soit pour mettre en place
activités des États en matière d'exploration        des organisations spécialisées (Agence spa-
et d'utilisation de l'espace extra-atmosphé-        tiale européenne, Intelsat, etc.). Ces traités
rique, y compris la Lune et les autres corps        peuvent revêtir une grande diversité de for-
célestes ». Signé par plus d'une centaine           mes, mais ils doivent être en conformité
d'États, il interdit l'aménagement de bases         avec les dispositions du traité fondamental
ou d'installations militaires sur les corps cé-     de 1967. D'une façon générale, le droit de
lestes et la mise en orbite autour de la Terre      l'espace se conforme au droit international,
d'armes de destruction massive (dont les            y compris à la Charte des Nations unies.
armes nucléaires). Il laisse toutefois la possi-    C'est avant tout un droit de liberté, mais
bilité du transit des armes à travers l'espace      c'est aussi un droit fondé sur la coopération.
et des reconnaissances par satellites artifi-       RÉGLEMENTATION. Le droit de l'espace n'a pas
ciels.                                              posé de limite entre l'espace aérien et l'es-
Il a été suivi par quatre autres traités :          pace extra-atmosphérique ; en revanche, il a
- l'Accord sur le sauvetage des astronautes,        fixé le principe, repris par les États-Unis et
le retour des astronautes et la restitution des     l'Union soviétique, de la non-appropriation
objets lancés dans l'espace extra-atmosphé-         de l'espace et des corps célestes.
rique, entré en vigueur le 3 décembre 1968,         Après la chute en territoire canadien, en jan-
 prévoit, en cas de nécessité, la coopération        vier 1978, de débris radioactifs provenant de
 internationale pour le sauvetage et le rapa-        Cosmos 954, porteur d'un générateur nu-
 triement d'astronautes en détresse ;                cléaire, le Comité de l'espace de l'ONU a été
                                                     saisi de cette question en 1979 afin d'exami-
- la Convention sur la responsabilité inter-
                                                     ner la possibilité de réglementer l'utilisation
 nationale pour les dommages causés par les
                                                     des sources d'énergie nucléaire dans l'es-
 objets spatiaux, entrée en vigueur le 1er sep-
                                                     pace. A la suite d'un nouvel incident, la
 tembre 1972, établit un régime de responsa-
DRS                                                                                         136

chute non contrôlée de Cosmos 1402, en             ques évoluant dans l'espace lointain.
1983, le besoin de mettre en place une pro-        ENCYCL.  Le Jet Propulsion Laboratory, qui se
cédure de notification internationale a été        trouve à Pasadena (Californie), gère ce ré-
reconnu et un modèle de notification a été         seau qui comprend entre autres les trois an-
recommandé par les Nations unies. En 1986,         tennes géantes, d'un diamètre de 64 m, de
des améliorations ont été apportées à ce           Goldstone (Californie), de Canberra (Aus-
modèle, prévoyant notamment l'actualisa-           tralie) et de la région de Madrid (Espagne).
tion des informations transmises avec une
fréquence accrue, à mesure de l'approche du        DSP (sigle de Defense Support Program,
moment prévu pour la rentrée dans l'atmo-          programme de soutien de défense). Pro-
sphère de l'objet spatial en péril. En 1988,       gramme de satellites d'alerte avancée des
également, un accord a été obtenu sur le           Etats-Unis.
principe d'une assistance mutuelle en cas de       ENCYCL. Le programme DSP a débuté en no-
retombée accidentelle d'un objet spatial por-      vembre 1970. Le 14 juin 1989 a été lancé le
teur de sources d'énergie nucléaire.               premier exemplaire d'une version améliorée
                                                   (DSP-Block 14) qui emporte plus de proper-
DRS (sigle de Data Relay System, système           gol et est donc plus manoeuvrable.
de relais de données). Programme européen          Géostationnaires, les satellites DSP compor-
de transmission de données, quasi perma-           tent un télescope muni de 2 000 à 6 000 dé-
nente et à haut débit, entre les véhicules         tecteurs infrarouges qui leur permet de dé-
spatiaux de l'Agence spatiale européenne en        tecter toute émission de chaleur condensée
orbite basse et le sol, via des satellites géos-   anormalement élevée dans la zone terrestre
tationnaires. Deux satellites sont prévus,         qu'ils surveillent en permanence. Ils peuvent
dont le premier pourrait être lancé après          ainsi détecter les lancements de missiles ba-
2000.                                              listiques. Cette détection infrarouge est
                                                   transmise sous forme d'images de type télé-
Dschubba. Étoile 5 du Scorpion. Magni-             vision à une station de l'Air Force Space
tude apparente visuelle : 2,3. Type spectral :     Command située à Alice Springs en Austra-
B0. Distance : 400 années de lumière.              lie et au Space Command's Missile Warning
                                                   Center de Colorado Springs, aux États-Unis.
DSCS (sigle de Defense Satellite Communica-        Les satellites DSP-Block 14 peuvent com-
tions System, système de communications            muniquer entre eux par des liaisons laser,
par satellite pour la défense). Satellites mili-   difficiles à brouiller. Lors de la guerre du
taires de télécommunications de l'US Air           Golfe, ce sont des satellites de cette famille
Force.                                             qui ont détecté les tirs de Scud et donné
ENCYCL. Trois générations se sont succédé de-
                                                   l'alerte.
puis 1967 : DSCS 1, DSCS 2 et DSCS 3. Les
satellites DSCS 3, dont le premier a été lancé     Dubhe (de l'arabe dubb, ours). Étoile a de
le 31 octobre 1985 par la navette spatiale         la Grande Ourse. Magnitude apparente vi-
(orbiteur Atlantis), sont des engins de 800 kg     suelle : 1,8. Type spectral : KO. Distance :
à 1,2 t environ (contre 450 kg pour les DSCS       130 années de lumière.
2), émettant sur les fréquences 7,25-7,75
GHz et recevant sur 7,9-8,4 GHz. Ils possè-        Duhr (d'une locution arabe signifiant le dos
dent six canaux. Leur durée de vie est de          du lion, par allusion à sa position dans la
10 ans. Ils sont durcis contre une attaque         constellation). Autre nom de Zosma*, étoile
nucléaire. Ce sont eux qui ont assuré l'essen-     5 du Lion.
tiel des communications militaires américai-
nes lors de la guerre du Golfe.                    Dumb-Bell (nébuleuse) [Mot anglais
                                                   signifiant battant de cloche]. Autre nom de la
DSN (sigle de Deep Space Network). Réseau          « nébuleuse du Diabolo ».
de poursuite que la NASA utilise depuis
1961 pour maintenir un contact radio per-          Duque (Pedro), ingénieur et spationaute
manent avec ses sondes spatiales automati-         espagnol (Madrid 1963).
137                                                                             Dyna-Soar

Sélectionné comme astronaute par l'Agence      voqué pour expliquer l'origine des champs
spatiale européenne en mai 1992, il suit une   magnétiques observés autour des planètes
phase préparatoire d'entraînement au Cen-      et des étoiles, et fondé sur les mouvements
                                               de rotation et de convection de l'intérieur
tre des astronautes européens, à Cologne, et   fluide et conducteur de ces astres.
à la Cité* des étoiles, près de Moscou, en
vue des missions EuroMir 94 et 95. En
mai 1995, il est sélectionné par la NASA       Dyna-Soar (contraction de Dynamic Ascent
comme spécialiste charge utile suppléant.      and Soaring Flight, ascension dynamique et
Membre ae la mission STS 95 de la navette      vol plané). Projet américain de planeur spa-
spatiale américaine (29 octobre - 7 novem-     tial à aile delta étudié à partir de la fin des
bre 1998), il devient le premier spationaute   années 50, comme extension possible du
espagnol.                                      programme de l'avion-fusée X-15, rebaptisé
                                               X-20 en 1962 et finalement abandonné en
dynamo (effet). Phénomène physique in-         1963.
£ Aurigae. Étoile s du Cocher.
                                           e      Early Bird. Premier satellite de télécom-
ENCYCL. Sans être brillante, elle est toujours    munications géostationnaire opérationnel,
aisément visible à l'œil nu. En 1824, l'astro-    lancé de cap Kennedy (cap Canaveral) le
nome amateur allemand J.H. Fritsch décou-         4 avril 1965.
vre qu'elle présente des variations d'éclat, sa   ENCYCL. II est aussi connu sous le nom d'Intel-
magnitude évoluant entre 3,3 et 4,2. Plus         sat 1, car il constitua le premier satellite de
tard, on constate qu'il s'agit d'une binaire à    l'organisation      internationale   Intelsat*.
éclipses d'un type particulier, ses éclipses ne   D'une masse de 38 kg, il pouvait acheminer
se produisant que tous les 27 ans et durant       au-dessus de l'océan Atlantique 240 circuits
plus de 700 jours. La composante la plus          téléphoniques simultanés ou un programme
brillante est une supergéante jaune extrême-      de télévision.
ment lumineuse, à l'éclat 60 000 fois plus
intense que le Soleil. Elle présente des pulsa-   e a r t h - g r a z e r n.m. (mot anglais signifiant
tions complexes, d'une périodicité de trois       fréteur de terre). Astéroïde décrivant une or-
mois environ, imputées à un anneau de gaz         bite du Soleil qui peut l'amener à frôler la
chaud qui l'entourerait, à l'équateur. La         Terre.
composante sombre, responsable des éclip-         ENCYCL. On distingue trois familles d'earth-
ses, est invisible et n'est connue que par son    grazers :
rayonnement infrarouge.                           - les astéroïdes du type Apollo* (ou earth-
Selon le modèle le plus généralement ac-          crossers), dont le périhélie est situé à l'inté-
cepté aujourd'hui, les éclipses partielles de     rieur de l'orbite terrestre et dont l'orbite
la supergéante seraient provoquées par un         coupe donc celle de la Terre ;
disque de poussières et de petits corps soli-     - les astéroïdes du type Amor*, dont le péri-
des, au centre duquel se cacherait un couple      hélie est situé légèrement à l'extérieur de
d'étoiles bleues, chaudes, éjectant par leurs     l'orbite terrestre et qui peuvent s'approcher
pôles des jets de gaz, au-dessus et au-des-       fortement de la Terre lors de leur retour aù
sous du disque.                                   périhélie ;
                                                  - les astéroïdes du type Aten*, qui circulent
EAC (sigle de European Astronaut Centre,          essentiellement à l'intérieur de l'orbite ter-
Centre des astronautes européens). Établis-       restre.
sement de l'Agence spatiale européenne,
créé en 1989 à Cologne (Allemagne), qui est       Earthnet. Ensemble des moyens au sol
chargé de recruter les astronautes euro-          installés par l'Agence spatiale européenne
péens, de coordonner leur formation et de         pour recueillir, archiver, traiter et diffuser
déterminer leur affectation à des activités en    des données provenant de satellites de télé-
vol ou au sol.                                    détection.
                                                  ENCYCL. Approuvé au niveau ministériel en
EAP. Sigle d'Etage d'Accélération à Pou-          1977, le programme Earthnet a constitué
dre. -» Ariane                                    l'un des programmes obligatoires de l'ESA,
139                                                                                         éclipse

auxquels tous les États membres de l'Agence         cas, par exemple, d'une éclipse de Lune, due
sont tenus de participer. Devenu opération-        à l'interposition de la Terre entre la Lune et
nel en 1978, le système Earthnet utilise un        le Soleil et, donc, au passage de la Lune dans
réseau de stations de réception qui s'étend        l'ombre de la Terre. 2. Disparition passagère
de l'extrême nord de la Suède (Kiruna)              d'un objet céleste, pour un observateur
jusqu'aux îles Canaries (Maspalomas) en            donné, causée par l'interposition entre cet
passant par l'Italie (Fucino). Les données re-     objet et l'observateur d'un objet céleste de
çues des satellites (Landsat, NOAA, Tiros,         plus grand diamètre apparent. C'est le cas,
Météosat, SPOT, ERS...) sont gérées par le         notamment, d'une éclipse de Soleil, due à
Bureau du programme Éarthnet, implanté à           l'interposition du disque de la Lune devant
l'ESRIN, à Frascati (Italie).                      celui du Soleil ; il est alors préférable de par-
                                                   ler d'occultation.
ébauchage n.m. Première phase de la                ENCYCL. Un satellite artificiel de la Terre
taille d'un miroir de télescope.                   connaît une éclipse lorsqu'il passe dans le
ENCYCL. Cette opération consiste à frotter         cône d'ombre de la planète. Ce phénomène
deux disques de verre de même diamètre             est important pour deux raisons : d'une part,
l'un contre l'autre en interposant entre eux       le générateur solaire du satellite ne peut
un abrasif très puissant. L'un des disques         fonctionner pendant la durée de l'éclipsé ;
sera le miroir, et l'ébauchage lui donnera         d'autre part, le passage de la lumière à l'om-
une forme sphérique concave. L'autre,              bre et inversement produit une importante
d'épaisseur plus faible, sera l'outil et devien-   variation de température à laquelle le satel-
dra convexe. Pour obtenir approximative-           lite doit résister.
ment la concavité désirée, on imprime à l'un       ENCYCL. Les éclipses de Lune et de Soleil cons-
des disques une série de mouvements de             tituent des phénomènes spectaculaires ob-
va-et-vient (course) de forme particulière         servés depuis l'Antiquité et qui ont été long-
pour qu'il frotte convenablement l'autre dis-      temps redoutés.
que.                                               ÉCLIPSES DE LUNE. Éclairée par le Soleil, la Terre,
                                                   opaque, projette derrière elle un cône d'om-
Echo. Nom de deux satellites de télécom-           bre, circonscrit aux deux astres ; un point
munications américains expérimentaux du            intérieur à ce cône, derrière la Terre, se
type passif, consistant en des ballons en          trouve plongé dans l'obscurité. Si la Lune
Mylar de grand diamètre (respectivement            pénètre, en tout ou partie, dans ce cône, elle
30 et 42 m), dont la surface, recouverte           cesse, complètement ou partiellement,
d'une fine couche d'aluminium, réfléchissait       d'être éclairée, et il y a éclipse totale ou
les signaux radioélectriques.                      éclipse partielle (voir schéma). À l'intérieur
ENCYCL. Echo 1, lancé le 12 août 1960, pesait      d'un second cône circonscrit, l'intensité de
61 kg et gravitait initialement entre 600 et       la lumière reçue par la Lune est diminuée :
1 700 km d'altitude ; il retomba le 24 mai         c'est la pénombre. Si la Lune se mouvait
1968. Echo 2, lancé le 25 janvier 1964, pesait     dans le plan de l'écliptique, il y aurait éclipse
256 kg et gravitait initialement entre 1 000       totale à chaque pleine lune car, à la distance
et 1 300 km d'altitude ; il retomba le 7 juin      de la Lune, la largeur du cône d'ombre est
1969. Les deux satellites, du fait de leurs        très supérieure au diamètre de notre satel-
grandes dimensions, étaient très facilement        lite. Mais l'orbite de la Lune est inclinée sur
visibles à l'œil nu, peu après le coucher du       l'écliptique, et, suivant sa latitude éclipti-
Soleil ou peu avant son lever.                     que, elle passe tantôt au-dessus, tantôt au-
                                                   desaoua du ttrAxc de Voiriore ; si 'l'écart est
éclat n.m. Synonyme de luminosité.                 faible, plus petit que le rayon de l'ombre, la
                                                   Lune s'y trouve en partie immergée, et
éclipse n.f. 1. Disparition temporaire, to-        l'éclipsé est partielle. Une éclipse de Lune
tale ou partielle, d'un objet céleste (astre ou    est visible de tous les points de la Terre où la
engin spatial), causée par l'interposition         Lune est au-dessus de l'horizon.
d'un autre objet céleste entre le premier et la    Selon la position de la Lune par rapport au
source de rayonnement qui l'éclairé. C'est le      cône d'ombre de la Terre, la phase ae tota-
éclipse                                                                                       140




lité de l'éclipsé dure de quelques minutes à      sommet du cône d'ombre de la Lune vient
1 heure 45 minutes au maximum. Il est rare        se placer à peu près sur la surface terrestre,
que la Lune disparaisse complètement              tantôt un peu en avant, tantôt un peu en
lorsqu'elle se trouve totalement plongée          arrière. Dans le premier cas, les observateurs
dans l'ombre. En général, elle se pare d'une      situés dans le pinceau d'ombre qui vient
magnifique teinte rougeâtre ou cuivrée.           balayer la surface terrestre verront une
Cela est dû au fait que l'atmosphère terres-      éclipse annulaire, le diamètre apparent de la
tre réfracte vers la Lune une partie de la        Lune étant inférieur à celui du Soleil ; dans
lumière qu'elle reçoit du Soleil, en absor-       le second cas, ils verront une éclipse totale,
bant au passage les rayons bleus et en ne         plus ou moins longue, le diamètre apparent
laissant passer que les rouges. La luminosité     de la Lune étant égal ou supérieur à celui du
résiduelle et la coloration de la Lune éclipsée   Soleil. Ceux qui sont situés dans le cône de
dépendent de l'activité solaire et du degré       pénombre observeront une éclipse partielle.
de transparence de l'atmosphère terrestre.        Il y aurait éclipse de Soleil à chaque nouvelle
On les estime à l'aide de l'échelle de Dan-       lune si l'orbite lunaire était sans inclinaison ;
jon*.                                             en fait, les éclipses de Soleil sont trois fois
ÉCLIPSES DE SOLEIL. Par une remarquable coïnci-   plus fréquentes que les éclipses de Lune,
dence, la Lune est environ 400 fois plus          mais elles ne sont observables qu'à partir
petite que le Soleil, mais aussi 400 fois plus    d'une région de la Terre relativement ré-
proche, de sorte que les deux astres présen-      duite. Les éclipses totales ne correspondent
tent dans le ciel pratiquement le même dia-       qu'à une bande étroite (de l'ordre de
mètre apparent. Une éclipse de Soleil se pro-     250 km) que vient balayer le sommet du
duit lorsque la Lune passe devant le disque       cône d'ombre. Le maximum de durée d'une
solaire (voir schéma). Compte tenu des di-        éclipse totale est de huit minutes à l'équa-
mensions et des distances relatives moyen-        teur, six à la latitude de Paris ; celui d'une
nes de la Terre, de la Lune et du Soleil, le      éclipse annulaire, de douze et dix minutes.
141                                                                                      édiptique


Différents types d'éclipsés de Soleil




      éclipse partielle                 éclipse ar   lire                   éclipse totale


Des éclipses totales de Soleil ne sont obser-        ans 11 jours, appelée saros*. En une année, il
vées en un même lieu qu'à de très longs              y a au plus 7 éclipses : 5 ou 4 de Soleil et 2
intervalles de temps. Ainsi, depuis le début         ou 3 de Lune ; il y en a au minimum 2 et, s'il
du siècle, trois éclipses totales seulement ont      n'y en a que 2, ce sont des éclipses de Soleil.
été visibles en France, la première le 17 avril
1912, la deuxième le 15 février 1961, et la          édiptique. 1. n.m. Plan de l'orbite terres-
troisième le 11 août 1999. Les éclipses se           tre autour du Soleil ; grand cercle de las-
reproduisent au terme d'une période de 18            phère céleste, trace du plan précédent. Axe




LES ÉCLIPSES TOTALES ET ANNULAIRES DE SOLEIL DE 2000 À 2004
Date               Type      Durée maximale Heure du milieu Zone de visibilité
                             de la totalité de l'éclipsé en
                                            temps universel
21 juin 2001       annulaire 4 min 56 s     12 h 04         Madagascar
14 décembre 2001   annulaire 3 min 54 s     20 h 54         Océan Pacifique,
                                                            Amérique centrale
10 juin 2002       annulaire 1 min 13 s     23 h 45         Océan Pacifique
31 mai 2003        annulaire 3 min 37 s     4 h 10          Groenland
23 novembre 2003   totale    1 min 57 s     22 h 47         Antarctique

LES ÉCLIPSES DE LUNE PAR L'OMBRE DE LA TERRE DE 2000 À 2004
Date               Type       Grandeur   Heure du milieu Visibilité en France
                                         de l'éclipsé en
                                         temps universel
21 janvier 2000    totale     1,33       4 h 46           entièrement visible
16 juillet 2000    totale     1,77       13 h 56          invisible
9 janvier 2001     totale     1,18       20 h 20          entièrement visible
5 juillet 2001     partielle  0,49       14 h 58          invisible
16 mai 2003        totale     1,13       3 h 43           début visible
9 novembre 2003    totale     1,02       1 h 20           entièrement visible
4 mai 2004         totale     1,30       23 h 30          fin visible
28 ocotobre 2004   totale     1,31       3 h 04           entièrement visible
écorce                                                                                         142

de l'écliptique : diamètre de la sphère céleste,   dans la Voie lactée, entre le Sagittaire, l'Aigle
perpendiculaire au pian de l'écliptique. Obli-     et la queue du Serpent.
quité de l'écliptique : angle que forment les      ENCYCL. Elle a été ainsi nommée vers 1660 par
deux plans de l'écliptique et de l'équateur.       J. Hevelius* en l'honneur de Jean III Sobieski
céleste. Pôles de l'écliptique : points où l'axe   (1624-1696), qui s'illustra comme général
de l'écliptique rencontre la sphère céleste. 2.    dans plusieurs guerres avant de devenir roi
adj. Qui se rapporte à l'écliptique.               de Pologne (1674). Ses étoiles sont peu
ENCYCL. L'écliptique doit son nom au fait que      brillantes, mais elle abrite les amas stellaires
les éclipses de Soleil et de Lune ne sont          ouverts M i l et M26, et l'amas globulaire
possibles que lorsque la Lune en est très          NGC 6712, accessibles aux instruments
voisine.                                            d'amateur.
Par suite des perturbations introduites dans
le mouvement de la Terre par les autres pla-       Eddington (sir Arthur Stanley), astrophy-
nètes (Jupiter, surtout à cause de sa masse,       sicien anglais (Kendal, 1882 - Cambridge
et Vénus, à cause de sa proximité), le plan de     1944).
l'écliptique est animé d'un balancement à          Pionnier de l'étude de la physique des étoi-
très longue période (20 000 ans) qui, pour         les, il a développé, de 1916 à 1924, la théorie
l'instant, fait diminuer l'angle qu'il forme       de leur équilibre radiatif et a pu ainsi, le
avec le plan de l'équateur de 0",48 par an.        premier, élaborer un modèle détaillé de leur
                                                   structure interne et suggérer qu'elles tirent
é c o r c e n.f. Synonyme de croûte.               leur énergie de réactions thermonuciéaires
                                                   se produisant dans leurs régions centrales. Il
                                                   a pu ainsi établir, en 1924, qu'il existe une
é c o u t e électronique. Ensemble des mé-         relation entre leur masse et leur luminosité.
thodes permettant d'obtenir de l'informa-          Ses recherches ont porté également sur les
tion sur les activités techniques ou militaires    implications, en astrophysique, de la théorie
d'un État en enregistrant et analysant ses         de la relativité. En 1919, à l'occasion d'une
émissions électromagnétiques les plus diver-       éclipse totale de Soleil, il vérifia, conformé-
ses (celles utilisées en télécommunications        ment aux prévisions de cette théorie, que la
ou émises par des avions, des radars, etc.).       lumière des étoiles lointaines est déviée par
Telle est la fonction des satellites d'écoute      le champ de gravitation du Soleil. Plus tard,
électronique utilisés par les militaires améri-    il fut, avec l'abbé Lemaître*, à l'origine de la
cains et russes. L'acronyme américain Elint        théorie de l'expansion de l'Univers. On lui
(pour Electronic intelligence) désigne une         doit enfin des ouvrages qui ont beaucoup
partie de cette activité.                          contribué à diffuser les découvertes de son
                                                   époque dans le domaine de l'astrophysique.
Écrevisse. Nom français parfois donné à la         Il a, en particulier, exposé ses travaux sur la
constellation du Cancer.                           structure des étoiles dans The Internai Consti-
                                                   tution of Stars (1926).
é c r o u l e m e n t gravitationnel. Syno-
nyme de effondrement* gravitationnel.              Edwards (base). Base de l'US Air Force,
                                                   située dans le désert Mohave, en Californie,
ECS (sigle de European Communications Sa-          à 130 km environ au nord de Los Angeles.
tellite). Satellites géostationnaires de télé-     ENCYCL. Elle inclut dans son périmètre les ins-
communications européens financés par              tallations d'un Centre d'essais en vol de la
l'Agence spatiale européenne et exploités          NASA (Hugh L. Dryden Fiight Research Fa-
commercialement par Éutelsat. Cinq exem-           cility) et un lac asséché de plus de 100 km2
plaires ont été lancés, dont quatre avec suc-      utilisé notamment comme piste d'atterris-
cès, par des fusées Ariane entre 1983 et           sage des navettes spatiales.
1988.
                                                   Effelsberg (observatoire radio d').
Écu de Sobieski (en latin, Scutum, -ti So-         Observatoire radioastronomique du Max-
biescanum, -ni). Petite constellation australe,    Planck-Institut fur Radioastronomie, situé à
143                                                                                    Einstein

40 km au S.-O. de Bonn, en Allemagne.             s'installa d'abord à Paris, puis en Belgique,
Fondé en 1967, il abrite le plus grand radio-     avant d'accepter la première chaire de pro-
télescope paraboloïdal orientable du monde        fesseur à l'Institute for Advanced Study de
(100 m de diamètre), mis en service en 1972,      Princeton, où s'acheva sa carrière. En dé-
qui permet des observations aux longueurs         montrant l'existence du photon*, en établis-
d'onde comprises entre 92 cm et 4 mm.             sant l'équivalence de la masse et de l'éner-
                                                  gie, et en développant la théorie de la
effet de s e r r e -> serre                       relativité* (1905 sous sa forme restreinte,
                                                  1916 sous sa forme généralisée) qui a révisé
effondrement gravitationnel. Événe-               les notions d'espace et de temps, et intro-
ment cataclysmique de la vie d'une étoile,        duit une conception nouvelle de la gravita-
survenant lorsque les forces de gravitation       tion*, il a bouleversé la physique et l'astro-
l'emportent sur les forces nucléaires au sein     nomie, et renouvelé la cosmologie*.
de cette étoile.
                                                  Einstein (anneau d'). Image circulaire
EGA. Abréviation de Earth-GrazingAsteroid         d'une source céleste ponctuelle distante, ob-
désignant un astéroïde qui peut frôler la         tenue lorsqu'une concentration de masse si-
Terre, SYN. : earth-grazer, Near Earth Asteroid   tuée sur la ligne de visée agit comme une
(NEA géocroiseur).                                lentille* gravitationnelle. Prévue par la théo-
                                                  rie de la relativité générale, cette figure est
Egalité. Nom donné à l'un des arcs de             observée pour certains quasars* dont le
matière observés dans l'anneau de Neptune         rayonnement est dévié par des galaxies plus
le plus éloigné de la planète.                    proches.

egg n.m. (mot angl. signifiant œuf et acro-       Einstein (effet). Nom sous lequel on dé-
nyme angl. de globule gazeux en évapora-          signe indifféremment deux phénomènes
tion). Structure sombre ovoïdale abritant         d'origine gravitationnelle prévus par la théo-
une étoile en formation, dans une nébu-           rie de la relativité générale : la déviation des
leuse. SYN. : larme cosmique                      rayons lumineux ou le décalage* spectral
                                                  vers le rouge affectant le rayonnement d'un
Egnos (acronyme de l'angl. European Geos-         astre qui passe au voisinage d'une très
tatioNnary Overlay Service). Système euro-        grosse masse avant d'atteindre la Terre.
péen de navigation par satellites. -* GNSS
                                                  Einstein (observatoire). Nom donné
Einstein (Albert), physicien américain            au satellite américain d'astronomie X HEAO
d'origine allemande (Ulm 1879 - Princeton,        2, en hommage au physicien A. Einstein* à
New Jersey 1955).                                 l'occasion du centenaire de sa naissance.
Après des études secondaires peu brillantes       ENCYCL. Lancé le 13 novembre 1978, et placé
au lycée de Munich, il entra en 1896 à l'Ins-     initialement sur une orbite circulaire à
titut polytechnique de Zurich. Il trouva en       537 km d'altitude, il comportait essentielle-
1902 un emploi à l'Office fédéral des bre-        ment un télescope à incidence rasante de
vets de Berne. Nommé, non sans mal,               58 cm de diamètre, capable de donner des
chargé de cours à l'université de Zurich en       images à haute résolution du ciel dans le
1909, il n'y resta que deux ans. Après un         domaine des rayons X, dans la bande d'éner-
séjour à l'université de Prague (1911-12)         gie 0,4 à 4 keV (—astronomie X, téles-
suivi d'un bref retour à Zurich, il accepta,      cope X). Il permettait également de faire de
après mûre réflexion, un poste de professeur      la spectroscopie à basse et à moyenne réso-
à l'institut Kaiser-Wilhelm de Berlin. Il y       lution. Ce fut le premier observatoire spatial
lesta jusqu'à la prise du pouvoir par Hitler,     capable d'être pointé (avec une précision
sans toutefois s'y fixer complètement             de 1') dans une direction donnée pour col-
puisqu'il effectua de nombreux voyages et         lecter le flux de rayonnement X émis par
séjours dans les universités étrangères.          une source donnée. Son pouvoir de résolu-
Obligé de quitter l'Allemagne en 1933, il         tion était d'environ 4", correspondant à celui
Eiscat                                                                                      144

des télescopes optiques au sol dans des           d'une planète ou d'un satellite naturel par
conditions d'observation moyennes. Fonc-          l'impact d'un corps céleste.
tionnant jusqu'en avril 1981, il a détecté plus   ENCYCL. Les éjecta se répartissent, en général,
de 10 000 sources célestes de rayonnement         dans une zone circulaire autour du lieu d'im-
X, la luminosité des plus faibles n'excédant      pact ou du centre volcanique. Dans le cas
pas le millionième de celle du Soleil dans le     d'impacts très violents, ou sur des astres où
 domaine optique.                                  la vitesse* de libération est faible, certains
                                                   éjecta peuvent s'échapper dans l'espace. Les
                                                   rayons* observés autour de certains cirques
Eiscat (acronyme de European Incohérent
                                                   lunaires sont vraisemblablement des éjecta.
SCATter facitity, équipement à diffusion inco-
hérente européen). Sondeur ionosphéri-            Ekran (en russe, écran). Satellites géosta-
que européen destiné à l'étude des relations      tionnaires servant à la diffusion de la télévi-
Soleil-Terre et de l'environnement terrestre      sion moscovite vers certaines régions du ter-
en région aurorale, grâce à la diffusion d'on-    ritoire de la CEI. De 1976 à 1998, une
des électromagnétiques de fréquence élevée        vingtaine de satellites de ce type ont été
par les électrons libres de la haute atmos-       lancés.
phère.
ENCYCL. L'installation comprend deux systè-       El Nath (nom arabe signifiant ta corne).
mes de sondage indépendants : un système          Étoile (3 du Taureau. Magnitude apparente
UHF pourvu d'une antenne émettrice et ré-         visuelle : 1,7. Type spectral : B8. Distance :
ceptrice installée à Troms0 (Norvège), et de      130 années de lumière.
deux antennes réceptrices situées respecti-
vement à Kiruna (Suède) et à Sodankylà            ELA (sigle de Ensemble de Lancement
(Finlande), et un système VHF comportant          Ariane). Installations techniques du Centre
une antenne émettrice et réceptrice à             spatial guyanais utilisées pour la prépara-
Tromso. Ces équipements sont gérés par            tion et le lancement des différentes versions
l'association scientifique Eiscat, créée en       du lanceur Ariane.
1975, dont le siège est à Kiruna, et à laquelle   ENCYCL. On distingue :
participent l'Allemagne (25 %), la Grande-        ELA 1, opérationnel de décembre 1979 à
Bretagne (25 %), la Norvège (10 %) et la          juillet 1989, pour les versions Ariane 1, 2 et
                                                  3;
Suède (10 %).
Eiscat permet l'observation des hautes cou-       ELA 2, opérationnel depuis mars 1986, d'où
ches de l'ionosphère et de la magnétosphère       décollent tous les lanceurs Ariane 4 ;
terrestres. L'étude de la circulation à grande    ELA 3, construit à partir de 1988 pour les
échelle des particules ionisées apporte des       lanceurs Ariane 5. Kourou
informations sur les interactions du vent so-
laire avec l'environnement ionosphérique et       Elara. Satellite de Jupiter (n° VII), décou-
magnétosphérique de la Terre. Les program-        vert par l'Américain C.D. Perrine en
mes de recherche, coordonnés pour la              1905. Demi-grand axe de son orbite :
plupart à l'échelle mondiale, ont pour objec-     11 737 000 km. Période de révolution sidé-
tif une couverture globale des couplages          rale : 259,653 j. Diamètre : 80 km.
magnétosphère - ionosphère - thermos-
phère, l'analyse des sous-orages magné-           ELDO (sigle de European Launcher Develop-
tiques ou la mise au point d'une carte glo-       ment Organization). Ancienne organisation
bale de la thermosphère. Un nouveau radar,        spatiale européenne dont le sigle français
ESR (Eiscat Svalbard Radar), installé dans        était CECLES (Conseil européen pour la
l'archipel du Spitzberg, au Svalbard, va per-     mise au point et la construction de lanceurs
mettre d'étendre les mesures au voisinage         d'engins spatiaux).
du pôle.                                          ENCYCL. La convention créant l'ELDO fut si-
                                                  gnée en 1962 par la Belgique, la France, l'Ita-
                                                  lie, les Pays-Bas, la République fédérale d'Al-
é j e c t a n.m.pl. Matériaux libérés par une     lemagne et le Royaume-Uni. Elle est entrée
éruption volcanique ou arrachés à la surface      en vigueur en 1964.
145                                                                                    élongation

En 1973 l'ELDO fusionna avec un autre or-             É l é m e n t s orbitaux
ganisme, l'ESRO*, pour donner naissance à
l'Agence* spatiale européenne (ESA).

électromagnétique            adj.   -+ rayonne-
ment

é l e c t r o n o g r a m m e n.m. Image obtenue
par électronographie.

électronographie n.f. (de électron [ique]
et -graphie). Technique d'enregistrement
d'une image électronique sur une plaque
photographique, grâce à une caméra élec-
tronique.

électronvolt n.m. Unité d'énergie (sym-
bole : eV). utilisée en physique atomique et          du périastre (ta), l'ascension droite du nœud
nucléaire, qui équivaut à l'énergie acquise           ascendant (£2) et l'anomalie moyenne (M).
par un électron lorsqu'il est accéléré, dans le       SYN. : paramètres orbitaux.
vide, sous une différence de potentiel de
1 volt.                                               Elint -» écoute électronique
ENCYCL. L'électronvolt est une unité pratique
pour exprimer l'énergie des particules ato-           élongation n.f. 1. Distance angulaire d'un
miques. On utilise aussi ses multiples : le           astre au Soleil, pour un observateur situé sur
kiloélectronvolt (keV), qui vaut 1 000 eV ; le        la Terre. 2. Dans le cas d'un satellite d'une
mégaélectronvolt (MeV), qui vaut 105 eV ;             planète, distance angulaire géocentrique du
et le gigaélectronvolt (GeV), qui vaut 109 eV.        satellite à la planète.
Ces unités servent notamment à exprimer               ENCYCL. Alors que l'élongation d'une planète
l'énergie des rayonnements X et y (1 eV =             supérieure peut prendre toute valeur com-
1,602-10~19 joule).                                   prise entre 0° et 180°, elle passe, dans le cas
                                                      des planètes inférieures, par des maximums
é l e c t r o p h o r è s e n.f. Technique de sépa-
ration de molécules par un champ électri-
que.                                                  Élongation

ENCYCL. Mise en œuvre dans l'espace à plu-
sieurs reprises, notamment sur certains vols
Apollo et quelques missions de la navette
américaine, cette technique semble fournir
de meilleurs rendements que sur Terre et
des produits de plus grande pureté du fait de
la suppression des effets de la pesanteur et
de la convection.

é l é m e n t s orbitaux. Ensemble de valeurs
numériques permettant de définir, sans
aucune ambiguïté, d'une part l'orbite d'un
objet céleste, d'autre part sa position à tout
instant sur cette orbite.
ENCYCL. Ces éléments sont au nombre de six,
à savoir une distance, un rapport de distan-
ces et quatre angles : le demi-grand axe (a),
l'excentricité (e), l'inclinaison (i), l'argument
Elysium Planitia                                                                           146

appelés « plus grandes élongations ». En fait,   en 1825 et dont il découvrit, en 1838, l'accé-
le terme s'emploie presque exclusivement         lération séculaire du mouvement.
pour les planètes inférieures*, Mercure et       ENCYCL. De toutes les comètes périodiques
Vénus. Les élongations maximales de Vénus        actuellement connues, elle est celle dont la
varient entre 45° et 47°45', celles de Mer-      période est la plus courte (3,31 ans). Au péri-
cure entre 16°15' et 27°45' (voir schéma),       hélie, elle s'approche à 5i millions de kilo-
variation plus forte en raison de l'impor-       mètres du Soleil ; à l'aphélie, elle s'en éloi-
tante excentricité de l'orbite de cette pla-     gne à 615 millions. Depuis 1818, elle a été
nète. L'élongation est dite orientale ou occi-   observée à chacun de ses retours, sauf en
dentale, suivant que l'astre se trouve à l'est   1944. Les instruments actuels permettent de
ou à l'ouest du Soleil, pour l'observateur.      la suivre sur toute son orbite.

Elysium Planitia. Grande plaine volcani-         Encke (Johann Franz), astronome allemand
que de Mars, de plus de 5 000 km de large,       (Hambourg 1791 - Spandau 1865).
centrée approximativement par 25° N. et          Directeur ae l'observatoire royal de Berlin,
2 1 0 ° O.                                       auteur de nombreux ouvrages sur l'astrono-
                                                 mie, il s'est rendu célèbre par ses travaux sur
émersion n.f. Réapparition d'un astre            les comètes, particulièrement sur la comète
ayant subi une occultation.                      périodique qui porte son nom. On lui doit
                                                 aussi une détermination de la parallaxe* so-
émission n.f. Processus au cours duquel          laire (1824), déduite des passages de Vénus
un système physique produit un flux de           devant le Soleil observés en 1761 et 1769,
matière ou de rayonnement porteur d'éner-        qui donnait une valeur d'environ 153 mil-
gie. -» spectre                                  lions de kilomètres pour la distance
                                                 moyenne de la Terre au Soleil.
Encelade. Satellite de Saturne (n° II), dé-      Encke (sillon d'). L'une des divisions ob-
couvert en 1789 par W. Herschel.                 servées depuis la Terre dans le système d'an-
ENCYCL. Demi-grand axe de son orbite :
                                                 neaux de Saturne, à l'intérieur de l'anneau
238 040 km. Période de révolution sidé-          A, l'un des deux plus brillants visibles de la
rale : 1,370 j. Diamètre : 500 km. Densité       Terre.
moyenne : 1,1. De tous les satellites connus     ENCYCL. Bien que la découverte de ce sillon
de Saturne, c'est celui dont la surface pré-     soit souvent attribuée à J. Encke, il semble
sente le plus fort pouvoir réfléchissant (pro-   plutôt que ce soit J. Keeler qui l'ait observé
che de 100 %). Elle est, de ce fait, particu-    le premier. Large de 300 km environ, le sil-
lièrement froide (72 K, soit -201 °C).           lon est situé à une distance moyenne de
Essentiellement constituée de glace, elle ap-    133 600 km du centre de Saturne. Sur une
paraît, dans l'ensemble, très uniforme sur       photographie prise par la sonde américaine
les photographies qui en ont été prises à        Voyager 2, on y distingue un mince anneau
faible distance par Voyager 2 en 1981.           ondulé.
À l'exception ae quelques zones grêlées de
cratères d'impact, on y observe surtout de       Endeavour. Nom d'un orbiteur de la na-
grandes plaines rayées de fractures, considé-    vette spatiale américaine qui a remplacé l'or-
rées comme des formations assez jeunes, et       biteur Challenger détruit par une explosion
l'on présume qu'elle subit un remodelage         en vol en janvier 1986.
périodique, consécutif à une fusion de la        ENCYCL. Sa construction a été engagée en
glace emprisonnée à l'intérieur de l'astre,      1987 et son premier vol a eu lieu en mai
peut-être sous l'effet de marées induites par    1992. Il se distingue des trois autres orbi-
Saturne et Dioné.                                teurs en service par des systèmes infor-
                                                 matiques et des appareils de navigation
Encke ( c o m è t e d'). Comète périodique       améliorés, une plus longue autonomie en
dont J.F. Encke démontra l'identité avec les     orbite (28 j) et le déploiement d'un para-
comètes apparues en 1786, 1795, 1805 et          chute de 12 m de diamètre à chaque atterris-
1818, dont il prédit le retour près du Soleil    sage.
147                                                                                énergie de bord

 E n e r g i a (mot russe signifiant énergie). Lan-   procéder, que les États-Unis utilisent aussi
 ceur soviétique, le plus puissant des lanceurs       pour le réservoir extérieur de leur navette,
 spatiaux jamais construits au monde, utilisé          évite les risques d'un retour incontrôlé sur
à deux reprises en 1987 et 1988 et aban-              Terre d'objets pesant plusieurs dizaines de
 donné ensuite.                                       tonnes.
ENCYCL. Energia était un lanceur biétage, d'as-       Deux exemplaires seulement ont été utili-
pect très trapu, composé :                            sés :
- d'un corps central cylindrique (longueur :          - le 15 mai 1987, pour le vol inaugural. Pour
60 m, diamètre : 8 m) qui jouait le rôle de           la circonstance, le lanceur n'emportait
second étage. Il était comparable, par sa             qu'une maquette de satellite (représentative
forme et ses dimensions, au réservoir exté-           par sa masse et ses dimensions), accrochée
rieur de la navette américaine. À sa base,            latéralement, entre deux éléments du pre-
quatre moteurs cryotechniques (consom-                mier étage. Les deux étages ont fonctionné
mant de l'hydrogène et de l'oxygène) d'une            normalement mais, par suite d'une dé-
poussée unitaire de 2 000 kN. C'était la pre-         faillance de son moteur propre, la charge
mière utilisation par l'ex-URSS de la propul-         utile n'a pu être satellisée et est retombée
sion cryotechnique, et d'emblée avec un               dans le Pacifique. Néanmoins, l'objectif es-
modèle très performant, légèrement plus               sentiel étant atteint, ce premier vol constitua
puissant que les moteurs principaux (SSME)            un succès ;
des orbiteurs américains ;                            - le 15 novembre 1988, pour le premier lan-
- de quatre propulseurs d'appoint accolés à           cement de la navette Bourane. Propulsée
ce corps central, qui constituaient le premier        sans équipage, celle-ci accomplit deux fois
étage. Chacun de ces éléments possédait un            le tour du globe terrestre avant d'atterrir à
moteur à propergol liquide (oxygène et ké-            une douzaine de kilomètres de son aire de
rosène) d'une poussée de 8 000 kN.                    lancement, quittée 3 h 25 min auparavant.
L'ensemble mesurait 60 m de haut et pesait            Mais les difficultés économiques ont
plus de 2 000 t. Au décollage, sa poussée             contraint l'URSS à abandonner l'exploita-
totale avoisinait 40 000 kN. Il pouvait satel-        tion de ce lanceur.
liser en orbite terrestre basse^ une charge
utile d'une centaine de tonnes. A Baïkonour,          é n e r g i e de b o r d . Équipement assurant
un site de lancement lui était réservé.               l'alimentation électrique d'un véhicule spa-
A titre de comparaison, on peut indiquer              tial.
que :                                                 ENCYCL. Par nature, tout satellite est nécessai-
- le lanceur américain Saturn V, construit            rement autonome sur le plan énergétique. Il
pour le programme Apollo, mesurait 110 m              doit produire lui-même l'électricité indis-
de haut et avait, au décollage, une masse de          pensable aux organes de sa plate-forme et
2 900 t et une poussée de 33 850 kN ;                 aux instruments de sa charge utile. Le sous-
- la navette spatiale américaine, haute de            système « énergie de bord » comprend les
56 m, développe une poussée initiale de               moyens de production, de stockage et de
30 800 kN pour une masse de 2 000 t.                  distribution de l'énergie électrique. Il peut
Au décollage, les deux étages (soit les huit          représenter de 20 à 30 % du coût total de la
 moteurs) d'Energia étaient allumés simulta-          plate-forme. Les satellites actuels réclament
 nément. Environ deux minutes plus tard, les           souvent de fortes puissances électriques :
 quatre propulseurs latéraux se séparaient et          quelques kilowatts pour ceux de fplpmm.
 étaient récupères au moyen d'un système               munications, une dizaine de kilowatts pour
  de parachutes (Energia était donc un lanceur         les navettes et certains satellites militaires
 partiellement réutilisable). Le second étage          de surveillance, des dizaines de kilowatts
  continuait à fonctionner afin d'atteindre une        pour une station orbitale.
  vitesse légèrement inférieure à celle de satel-       La source d'énergie peut être de nature so-
                                                        laire, chimique ou nucléaire. Le choix entre
  lisation (le complément de vitesse devant
                                                        ces àffléïeo.tes> ,possi1ov\.\tés ptenà en. compte
  être fourni, çat la charge utile) •. Il pouvait
                                                         la nature de la mission et les spécificités de
   ainsi retomber dans une zone du Pacifique
                                                         la source.
   déterminée à l'avance. Cette manière de
engin spatial                                                                                148

- Des générateurs* solaires équipent la           tronomique de l'écrivain français Bernard
plupart des satellites de la Terre. Par conver-   Le Bovier de Fontenelle, publié en 1686.
sion photovoltaïque, ils produisent environ       L'auteur s'imagine à la campagne, après dî-
100 W par mètre carré de générateur.              ner, en compagnie d'une belle marquise à
- Les piles* à combustible conviennent aux        qui il présente les mécanismes de la nature,
missions habitées de courte durée.                comparant le spectacle du cosmos à celui de
- Les réacteurs nucléaires (à fission) de cer-    l'Opéra.
tains satellites militaires d'observation
dotés d'un radar sont capables de fournir         enveloppe n.f. Couche gazeuse entourant
pendant plusieurs années de fortes puissan-       un corps céleste, spécialement une étoile
ces (de 10 à quelques centaines de kilo-          (enveloppe drcumstellaire.).
watts). Mais l'emploi de substances radioac-
tives (comme l'uranium enrichi) et la             environnement spatial. Ensemble des
création de produits de fission ne sont pas       agents et conditions physiques, chimiques
sans risque en cas de rentrée fortuite dans       et biologiques auxquels est soumis un engin
l'atmosphère ainsi que l'ont montré les acci-     spatial dans l'espace.
dents liés à des satellites soviétiques           ENCYCL. Un engin spatial, durant son séjour
(comme Cosmos 954 et 1900).                       dans l'espace, se trouve placé dans un envi-
- Les générateurs thermoélectriques à radio-      ronnement particulier qui se caractérise no-
isotope (RTG en anglais) sont utilisés sur        tamment par l'impesanteur, un vide poussé,
certaines sondes spatiales trop éloignées du      des échanges thermiques essentiellement
Soleil pour bénéficier d'un flux lumineux         radiatifs et des écarts importants de tempé-
suffisant. L'électricité est obtenue par effet    rature, la présence de rayonnements parti-
thermoélectrique (chauffage des thermoélé-        culaires, de micrométéorites et de débris
ments par l'énergie dégagée par la désinté-       spatiaux.
gration d'isotopes radioactifs, en général le     Cet environnement impose de sévère
plutonium). Les puissances délivrées restent      contraintes à l'architecture des satellites. Le
faibles : quelques centaines de watts au          vide poussé provoque, par exemple, un dé-
maximum.                                          gazement, une évaporation et même une
                                                  décomposition des matériaux avec, notam-
engin spatial. Objet de fabrication hu-           ment, pour conséquence le grippage des sys-
maine situé dans l'espace ou destiné à y          tème mécaniques. Les échanges thermiques,
aller.                                            essentiellement radiatifs, et les importantes
                                                  modifications thermiques liées aux varia-
                                                  tions d'ensoleillement (passages dans l'om-
Enif. Étoile s de Pégase. Magnitude appa-
                                                  bre de la Terre, écarts de température entre
rente visuelle : 2,4. type spectral : K2. Dis-
                                                  la face d'un satellite éclairée par le Soleil et
tance •. 700 années de lumière.
                                                  sa face non éclairée) imposent un contrôle
                                                  thermique rigoureux apte à maintenir les
ensemble de lancement. Partie d'une               équipements embarqués dans des plages de
base de lancement comprenant les installa-        température très strictement spécifiées. Les
tions spécifiques destinées à la préparation,     rayonnements particulaires (ions lourds du
aux essais et au lancement d'un véhicule          rayonnement cosmique et particules char-
aérospatial.                                      gées piégées dans les ceintures de rayonne-
                                                  ment) provoquent une dégradation des
Enterprise. Nom de l'orbiteur prototype           semi-conducteurs (d'où résulte, en particu-
de la navette spatiale américaine, dépourvu       lier, une baisse progressive du rendement
de moteurs et de bouclier thermique, qui a        des générateurs solaires) et peuvent induire
été utilisé en 1977 pour des essais dans l'at-    l'apparition de pannes dans certains compo-
mosphère.                                         sants, spécialement les composants forte-
                                                  ment intégrés. L'oxygène atomique, résidu
Entretiens sur la pluralité des mon-              atmosphérique rencontré aux altitudes des
des. Célèbre ouvrage de vulgarisation as-         orbites basses autour de la Terre, ainsi que
149                                                                                      épicycle

les micrométéorites* et les débris* spatiaux        peut prendre que 19 valeurs correspondant
peuvent provoquer l'endommagement des               aux 19 nombres* d'or du cycle de Méton*.
surfaces.                                           Dans le calendrier grégorien, on utilise des
La biologie* et la médecine* spatiales étu-         épactes modifiées, pour tenir compte à la
dient les effets de l'environnement spatial         fois des années séculaires non bissextiles et
sur les êtres vivants, en particulier sur l'orga-   de l'erreur propre du cycle de Méton, soit
nisme humain.                                       environ un jour tous les 300 ans. Les épactes
                                                    grégoriennes ne sont donc plus invariable-
Envisat (acronyme de ENVIronment SATel-             ment liées au nombre d'or comme dans le
lite, satellite pour l'environnement). Plate-       calendrier julien.
forme européenne d'observation de la Terre
à partir d'une orbite polaire.                      E P C (sigle d'Etage Principal Cryotechni-
ENCYCL. Développée dans le prolongement             que). Étage principal du lanceur Ariane* 5
des satellites ERS*, la plate-forme Envisat         propulsé par le moteur Vulcain*. Hauteur :
est destinée à accroître le potentiel européen      30,5 m, diamètre : 5,4 m, masse à vide :
dans le domaine de l'observation de la Terre        12,41, masse d'ergols (hydrogène et oxy-
(étude de l'atmosphère, de l'océan et des           gène liquides) transportés : environ 1561.
glaces). Envisat 1, d'une masse de 8 t, em-         ENCYCL. Dix minutes après le décollage, à l'al-
portera une deuxième génération d'instru-           titude de 140 km, cet étage est séparé du
ments ayant déjà volé sur ERS, notamment            composite supérieur (L9). Ilpoursuit seul un
un radar imageur de pointe et plusieurs ins-        vol balistique et retombe naturellement
truments d'analyse de l'atmosphère. Son             dans l'océan Pacifique dans des conditions
lancement est prévu en 2000.                        assurant la sécurité des personnes et des
                                                    biens.
Éole. Satellite météorologique expérimen-
tal français.                                       éphémérides n.f.pl. Tables donnant de
ENCYCL. Lancé, de la base de Wallops Island         jour en jour, ou pour d'autres intervalles de
(Virginie), le 16 août 1971 par une fusée           temps, les valeurs calculées de diverses gran-
américaine Scout et placé sur une orbite de         deurs astronomiques variables, telles que les
903 km d'apogée et 678 km de périgée,               coordonnées des planètes, de la Lune, du
d'une masse de 84 kg, stabilisé par gradient        Soleil, etc.
de gravité, il avait pour mission de localiser
les répondeurs de 479 ballons lancés depuis         Epi (I'). Nom français de l'étoile Spica*.
trois stations situées en Argentine et déri-        épicycle n.m. Courbe décrite par un point
vant dans l'atmosphère, à niveau constant (à        fixé sur un cercle quand ce cercle roule sur
12 000 m d'altitude environ), de collecter les      un autre cercle fixe (voir figure). Les astrono-
données recueillies par les capteurs de ces         mes grecs de l'Antiquité tentèrent d'expli-
ballons et de retransmettre les informations
météorologiques enregistrées vers les sta-          Épicycle et é q u a n t
tions de télémesure implantées au sol. La
dispersion progressive des ballons ayant en-
traîné sa disponibilité, le satellite fut ensuite
utilisé pour des expériences complémentai-
res (localisation d'icebergs, de bouées déri-
vantes, de navires de la marine marchande,
etc.).

é p a c t e n i . (du grec epaktai [hêmerai],
[jours] intercalaires). Age de la lune au
1er janvier, en convenant d'appeler 0 son âge
le jour où elle est nouvelle.
ENCYCL. L'épacte est un nombre qui peut, en
principe, prendre toutes les valeurs de 0 à
29. Dans le calendrier* julien, l'épacte ne
Épiméthée                                                                                    150

quer par un système d'épicycles les trajec-       tante, le centre de l'épicycle d'une planète et
toires des planètes autour de la Terre.           qui était situé à l'opposé du centre de la
                                                  Terre par rapport au centre du déférent (voir
Épiméthée. Satellite de Saturne n° XI, dé-        schéma).
couvert en 1980 par une équipe d'astrono-
mes dirigée par l'Américain R. Walker.            é q u a t e u r n.m. 1. Ligne selon laquelle le
ENCYCL. Nom international : Epimetheus. De-
                                                  plan contenant le centre de masse d'un astre
mi-grand axe de son orbite : 151 420 km.          en rotation (en particulier, la Terre), perpen-
Période de révolution sidérale : 16 h 39 min.     diculaire à l'axe de rotation (ou axe des pô-
Dimensions : 140 x 120 x 100 km. Il décrit        les), coupe la surface de cet astre. 2. Inter-
pratiquement la même orbite que le satellite
                                                  section du plan de l'équateur terrestre avec
Janus*. coorbital
                                                  la sphère céleste. On dit aussi équateur cé-
                                                  leste.
époque n i . 1. Instant origine à partir du-      ENCYCL. L'équateur terrestre est l'un des deux
quel sont comptés les temps servant à défi-       plans de référence choisis pour la définition
nir la position d'un astre du système solaire     des coordonnées géographiques d'un point
sur son orbite. 2. Date à laquelle sont rap-      de la surface terrestre : latitude et longitude.
portées les coordonnées d'un astre sur la         De même, l'équateur céleste est l'un des
sphère céleste ou les constantes astronomi-       deux plans de référence choisis pour la défi-
ques.                                             nition des coordonnées équatoriales d'un as-
ENCYCL. Les équations du mouvement képlé-         tre sur la sphère céleste : ascension droite
rien donnent la position de l'astre considéré     (équivalent de la longitude) et déclinaison
à partir de son passage au périhélie*. Or, les    (équivalent de la latitude).
directions des grands axes des orbites plané-
taires (et leurs plans eux-mêmes) sont sujet-
tes à des perturbations*, petites, certes, mais   équation annuelle. Irrégularité du mou-
non négligeables, et dont les effets sont cu-     vement de la Lune, de période annuelle,
mulatifs. Pour étudier de façon continue le       introduite par le Soleil.
mouvement d'une planète sur son orbite, on
fait choix d'un instant origine, que l'on ap-     équation du t e m p s . Différence entre le
pelle l'époque, et l'on précise la longitude      temps solaire moyen et le temps solaire vrai.
édiptique moyenne à cet instant. On appelle       ENCYCL. Si l'on désigne par T m le temps so-
cette quantité la longitude de l'époque.          laire moyen, et Tv le temps solaire vrai,
                                                  l'équation du temps E s'exprime par la rela-
E P S (sigle d'Étage à Propergol Stockable).      tion : E = Tm - T v . Au cours de l'année, elle
Élément propulsif du composite supérieur          oscille autour de la valeur 0, mais de manière
du lanceur Ariane* 5.                             non sinusoïdale (voir schéma) ; elle vaut 4
ENCYCL. Propulsé par le moteur Aestus, il est     minutes environ au 1er janvier ; elle atteint
assez proche du HM7 d'Ariane 4. Sa capa-          14 min 15 s (sa valeur maximale) le 11 fé-
cité est de 9,7 t d'ergols : peroxyde d'azote     vrier, s'annule le 16 avril, devient négative,
et monométhylamine. Il entre en action            égale - 3 min 41 s le 14 mai, s'annule le
après la séparation de l'étage principal cryo-    14 juin, atteint 6 min 30 s le 26 juillet, s'an-
technique, dix minutes après le décollage,        nule au 1er septembre, atteint - 16 min 25 s
afin de donner à la charge utile là vitesse de    (sa valeur minimale) le 4 novembre, pour
satellisation. Pour les satellites géostation-    redevenir nulle le 24 décembre.
naires, il fonctionne 1 100 secondes.             A ces variations correspondent celles de
                                                  l'heure de passage du Soleil au méridien
Equ. Abréviation de Equuleus, désignant la        d'un lieu (midi vrai). L'équation du temps
constellation du Petit Cheval.                    résulte de l'addition de deux effets : celui dû
                                                  à l'excentricité de l'orbite de la Terre autour
équant n.m. Dans le système du monde              du Soleil et celui dû à l'inclinaison de l'axe
géocentrique de Ptolémée, point autour du-        des pôles par rapport à la perpendiculaire au
quel se déplaçait, à vitesse angulaire cons-      plan de l'orbite terrestre.
151                                                                                                             équilibre

É q u a t i o n du t e m p s au cours de l'année
minutes          11 février




               v.    févr.    mars     avril                juin   juill.   août   sept.   oct.   nov.   déc.


équation n i . En mécanique céleste, quan-                                  pôle nord, de ce système et le pôle Nord
tité dont il faut modifier la position d'un                                 terrestre sont situés du même côté du plan
corps céleste pour la ramener à ce qu'elle                                  équatoriai. Les coordonnées équatoriales
serait si ce corps était animé d'un mouve-                                  sont l'ascension* droite et la déclinaison* :
ment circulaire uniforme.                                                   voir schéma ci-contre. Monture équatoriale :
                                                                            dispositif permettant de faire tourner un ins-
équation personnelle. Erreur systéma-                                       trument astronomique autour de deux axes
tique imputable à l'auteur d'une série d'ob-                                perpendiculaires, dont l'un, dit « axe ho-
servations astronomiques.                                                   raire », est parallèle à l'axe du monde.
                                                                            ENCYCL. L'intérêt majeur de ce dispositif est
équatoriai, e, aux adj. Relatif à l'équa-                                   de permettre, par une rotation de l'instru-
teur ; situé à l'équateur (terrestre, céleste ou                            ment autour de son axe horaire à une vitesse
d'un astre quelconque). Coordonnées équato-                                 appropriée, de compenser exactement le
riales : coordonnées sphériques dans un sys-                                mouvement diurne et ainsi de suivre, dans
tème direct dont le plan fondamental est le                                 leur déplacement, les astres visés. Ceux-ci,
plan de l'équateur. La direction origine est                                restant fixes dans le champ, peuvent alors
celle du point vernal* ; le pôle positif, ou                                être photographiés avec de longues poses.
Coordonnées é q u a t o r i a l e s
                                                                            Table équatoriale : support plan, à monture
                                                                            équatoriale, sur lequel peuvent être fixés dif-
                       pôle Nord
                                               écliptique                   férents instruments d'observation ou appa-
                                                                            reils de mesure.


                                                                            équilibre n.m. Situation physique telle
                                                                            que les forces qui tendent à la faire évoluer
                                                                            se compensent mutuellement. En astrono-
                                                                            mie, des systèmes comme les étoiles, dont
                                                                            l'évolution est très lente, peuvent être consi-
                                                                            dérés comme en équilibre. Équilibre hydrosta-
                                                                            tique ; état d'équilibre (d'une atmosphère
                                                                            stellaire, en particulier) dans lequel la force
                                                                            de gravitation est compensée par la force de
                                                                            pression. Equilibre radiatif: état d'équilibre
                                                                            d'un milieu dans lequel toute l'énergie est
                       pôle Sud                   céleste
                                                                            transportée par rayonnement. Équilibre ther-
  a = ascension droite de l'étoile E                                        modynamique : état d'équilibre dans lequel la
  5 = déclinaison de l'étoile E
  y = point vernal                                                          distribution statistique des atomes à diffé-
équinoxe                                                                                      152

rents niveaux d'excitation est constante          printemps. La ligne EE' de l'écliptique per-
(toutes les propriétés physiques du milieu        pendiculaire à yy' est dite ligne des solstices*.
sont commandées par la température, qui           Les arcs successifs yE, Ey', yE' et E' (sont
est constante ; le rayonnement suit la loi du     parcourus par le Soleil au cours des quatre
corps noir, ou loi de Planck).                    saisons* du printemps, de l'été, de l'au-
ENCYCL. L'énergie apportée par rayonnement        tomne et de l'hiver, saisons légèrement iné-
est évacuée par rayonnement : le flux total       gales entre elles. L'égalité des jours et des
est constant. Cette hypothèse est valable, en     nuits, le jour de l'équinoxe, est valable pour
première approximation, pour la plupart des       tous les points de la Terre, quelle que soit la
étoiles. On doit, en seconde approximation,       latitude. Du fait de la précession* de l'axe
tenir compte du transfert d'énergie par           des pôles terrestres, le point vernal n'est pas
convection.                                       fixe, mais rétrograde lentement sur l'éclipti-
                                                  que.
équinoxe n.m; du latin aequus, égal, et nox,
noctis, nuit). 1. Époque de l'année (se repro-    équinoxial, e, a u x adj. Relatif à l'équi-
duisant à six mois d'intervalle) où le Soleil,    noxe. Cadran équinoxial : cadran solaire tracé
dans son mouvement propre apparent sur            dans un plan parallèle à l'équateur. Point
l'écliptique, traverse l'équateur céleste, et     équinoxial d'automne : synonyme de point
qui correspond à l'égalité de durée des jours     automnal*. Point équinoxial de printemps : sy-
et des nuits. 2. Synonyme de point vernal*.       nonyme de point vernal*.
Ligne des équinoxes ; droite d'intersection des
deux plans de l'écliptique et de l'équateur       équipementier n.m. Société industrielle
céleste.                                          assurant la fabrication du matériel néces-
ENCYCL. Les deux plans de l'écliptique* et de     saire au fonctionnement d'un engin spatial
l'équateur céleste* se coupent suivant une        (à l'exception du groupe propulsif et des élé-
ligne yy' (voir schéma). Le point y, corres-      ments de structure).
pondant au passage du Soleil de l'hémis-
phère céleste austral dans l'hémisphère cé-       Equuleus (-i). Nom latin de la constella-
leste boréal, est dit équinoxe de printemps, ou   tion du Petit Cheval (abrév. Equ).
point vernal ; le point y', correspondant au
passage du Soleil de l'hémisphère céleste         ERA (sigle de European Robotic Arm, bras
boréal dans l'hémisphère céleste austral, est     robotique européen). Bras télémanipulateur
dit équinoxe d'automne. Dans le calendrier*       que l'Agence spatiale européenne fournira à
grégorien, le Soleil passe par le point (le 20    l'Agence spatiale russe et qui constituera un
ou le 21 mars tous les ans. C'est le début du     outil essentiel pour l'assemblage du segment
                                                  russe de la Station* spatiale internationale.
                                                  ENCYCL. L'ERA est un bras télémanipulateur
Équinoxes
                                                  symétrique de 10 m de longueur. A chaque
               pôle Nord
                                                  extrémité, on trouve un organe phéhenseur
sphère
céleste                                           identique. Son utilisation alternée en tant
     I                                            que « main » et « pied » permet au bras de se
                                                  déplacer d'un point d'accrochage à un autre.
                                                  Ces organes sont conçus pour saisir et relâ-
                                                  cher des charges utiles équipées d'un dispo-
F^ÊÊSÊÊBÊÊBBBBÊÊ                                  sitif standard d'accrochage, pour mesurer
                                                  des forces et des couples et pour transmettre


 f^fPPl
                                                  des signaux électriques, de données et de
                                                  vidéo aux charges utiles qu'ils ont saisies.
                                                  Pour les interventions mécaniques, les orga-
                                                  nes préhenseurs sont équipés d'un outil de
                                                  service intégré que l'on pourrait comparer à
                                                  un tournevis. Associé à une plate-forme
                pôle Sud                          équipée de cale-pieds et de mains courantes,
153                                                                                       ergol

FERA peut également servir à transporter          circonférence de la Terre. Pour cela, il déter-
des astronautes lors des sorties extravéhicu-     mina de façon très ingénieuse l'amplitude
laires.                                           de l'arc méridien entre Syène et Alexandrie :
L'ERA sera en principe mis en œuvre à partir      ayant appris qu'au solstice d'été le Soleil, à
d'un dispositif d'accrochage monté sur une        Syène, était à la verticale dans le ciel, puis-
petite plate-forme mobile qui, tel un cha-        que ses rayons pénétraient dans les puits les
riot, se déplacera sur des rails le long de la    plus profonds, il mesura lui-même, à l'aide
structure ae la plate-forme russe scientifique    de l'ombre projetée par un gnomon, l'angle
et d'énergie. En se déplaçant d'un point d'ac-    formé à Alexandrie par les rayons solaires,
crochage à un autre monté sur d'autres élé-       le jour du solstice d'été, avec la verticale.
ments de la Station, l'ERA élargit sa zone        L'angle ainsi mesuré correspondait exacte-
d'intervention.                                   ment à l'angle formé au centre de la Terre
Des caméras et des dispositifs d'éclairage        par le rayon terrestre de Syène et celui
montés sur le bras et sur les deux organes        d'Alexandrie, et donnait l'amplitude de l'arc
préhenseurs permettent de surveiËer le            intersecté par ces deux villes surle méridien.
chantier et d'inspecter l'extérieure de la Sta-   Puis il mesura sur le terrain la dimension
tion.                                             de cet arc. Il obtint pour la circonférence
L'ERA a été conçu pour, en un premier             entière, c'est-à-dire pour le méridien :
temps, être directement commandé par un           252 000 stades, soit près de 40 000 km.
astronaute en activité extravéhiculaire ; à un
stade ultérieur, il pourra être télécommandé      Ératosthène. Cratère lunaire, à l'extré-
de l'intérieur de la Station. Toutes les tâches   mité sud-ouest des Apennins.
de l'ERA sont préprogrammées dans son             ENCYCL. Coordonnées : 11° O., 14° N. Dia-
calculateur intégré de telle façon qu'il suffit   mètre : 60 km. Nom international : Eratos-
aux astronautes de lancer les tâches et de        thenes. Il est entouré d'une énorme muraille
conserver le contrôle visuel des travaux ainsi    à terrasses et présente une élévation cen-
effectués.                                        trale. Sa profondeur est de 3 500 m environ.
L'ERA apportera son soutien à l'équipage de
la Station pendant l'assemblage et la des-
serte extérieure du segment russe. Pendant        è r e n.f. 1. Point de départ d'une chronolo-
cette phase d'assemblage, l'ERA servira à         gie particulière. 2. Période écoulée depuis
monter les panneaux solaires et les ensem-        cette origine : ère chrétienne, ère julienne.
bles propulseurs et à installer les radiateurs
thermiques de la plate-forme scientifique et      ergol n.m. Substance utilisée pour alimen-
d'énergie. On pourrait également l'utiliser       ter un moteur-fusée et lui fournir son éner-
pour transférer et mettre en place des modu-      gie propulsive.
les entiers. Lorsque l'assemblage de la Sta-      ENCYCL. C'est le plus souvent en faisant réagir
tion sera terminé, l'ERA servira à remplacer      l'un sur l'autre deux ergols que sont obte-
les panneaux solaires et les ensembles pro-       nues la réaction chimique exothermique et
pulseurs, manipuler des charges utiles exté-      l'éjection de gaz recherchées. Un tel couple
rieures et procéder à des inspections sur le      porte le nom de propergol.
segment russe de la Station.                      Selon leur rôle dans la réaction, on distingue
La Russie et l'Europe se chargeront, en           deux catégories d'ergols : les comburants,
étroite collaboration, de l'assemblage, du        qui sont des substances oxydantes, comme
lancement, de l'instaËation, de la validation     l'oxygène, le peroxyde d'azote, l'acide nitri-
et de l'exploitation de l'ERA.                    que, le perchlorate d'ammonium, etc. ; et les
                                                  combustibles, qui sont des substances ré-
Ératosthène, astronome, géographe, ma-            ductrices, comme l'hydrogène, le kérosène,
thématicien et philosophe grec (Cyrène v.         l'hydrazine, la diméthylhydrazine dissymé-
284 - Alexandrie v. 192). Il séjourna à Athè-     trique (UDMH), l'aluminium, etc. Une autre
nes puis à Alexandrie, dont il dirigea la fa-     classification considère l'état physique de
meuse bibliothèque. Il fut le premier à éva-      l'ergol : celui-ci peut être solide, liquide ou
luer correctement la longueur de la               gazeux.
ergolier                                                                                       154

La température de stockage permet de dis-         Éros. Astéroïde 433, du type Amor*, dé-
tinguer :                                         couvert par Witt, à Berlin et Charlois, à Nice,
- les ergols stockables, stables chimique-        en 1898.
ment, pouvant être conservés dans des ré-         ENCYCL. Éros décrit en 643 jours (1,76 an) une
servoirs à pression modérée entre - 50 et         orbite inclinée de 10,8° sur l'écliptique et
+ 70 °C. Tel est le cas des ergols solides et,    dont l'excentricité atteint 0,223. Au périhé-
pour les liquides, du peroxyde d'azote, du        lie, il s'approche à 169,5 millions de kilomè-
méthane, du kérosène et de l'UDMH, entre          tres du Soleil ; à l'aphélie, il en est distant de
autres ;                                          267 millions. Dans les conditions les plus
- les ergols cryotechniques. qui doivent être     favorables (oppositions périhéliques), il peut
stockés à très basse température (par exem-       passer à quelque 22 millions de kilomètres
ple l'hydrogène et l'oxygène liquides) et         seulement de la Terre. Un tel rapproche-
dont la production et le stockage relèvent de     ment a eu lieu en 1975 et se reproduira en
la cryotechnique.                                 2056. Diverses mesures photométriques,
Pour des missions de longue durée, la notion      polarimétriques ou au radar ont permis
d'ergol stockable dans l'espace a été intro-      d'établir que cette petite planète est un corps
duite : la température d'ébullition (au niveau    allongé d'environ 33 x 13 x 13 km, et qu'elle
de la mer) doit être supérieure à - 150 °C.       tourne sur elle-même autour de son petit
                                                  axe en 5 h 16 min 13,4 s. Elle serait principa-
                                                  lement constituée de fer natif et de silicates
ergolier n.m. Technicien chargé de la ma-         ferromagnésiens ; sa surface semble recou-
nipulation des ergols sur une base spatiale.      verte d'une couche de poussière finement
                                                  pulvérisée. Les oppositions d'Éros sont mi-
Eri. Abréviation de Eridanus, désignant la        ses à profit pour déterminer avec une grande
constellation de l'Éridan.                        précision la parallaxe du Soleil et, par la
                                                  suite, la distance de la Terre au Soleil, ainsi
Éridan (en latin Eridanus, -î). Constellation     que la masse du système Terre-Lune. On
australe, qui porte le nom donné au Pô par        attend son étude rapprochée par la sonde
les Grecs dans l'Antiquité.                       Near* en l'an 2000.
ENCYCL. Éridan serpente sur la sphère céleste
entre l'équateur et 58° de latitude Sud, attei-   ERS (sigle de European Remote sensing Satel-
gnant sa plus grande largeur entre les cons-      lite). Programme européen d'observation de
tellations du Lièvre et de la Baleine. Elle est   la Terre par satellite.
dessinée par une ligne sinueuse d'étoiles, la     ENCYCL. Il comprend deux sateËites lancés par
plupart de magnitude 3 à 4, partant du voisi-     des fusées Ariane, ERS 1 en 1991 et ERS 2 en
nage de Rigel* (P Orion) au nord pour             1995, qui décrivent une orbite polaire hélio-
s'achever par l'étoile la plus brillante de la    synchrone à 780 km d'altitude environ. Pe-
constellation, Achernar*, au sud. L'étoile e      sant 2,4 t, ceux-ci comportent une plate-
Eridani, située à 10,7 années de lumière, pos-    forme dérivée de celle des satellites français
sède un compagnon planétaire dont la              SPOT, qui supporte plusieurs instruments'
masse serait comprise entre 6 et 50 fois celle    scientifiques parmi lesquels un radar à syn-
de Jupiter, et la période de révolution, voi-     thèse d'ouverture, un altimètre radar, un ra-
sine de 25 ans. En 1960, le radiotélescope de     diomètre à balayage et un rétroréHecteur
Green Bank (Virginie-Occidentale) a été bra-      laser permettant des observations perma-
qué pendant plusieurs semaines dans la di-        nentes, par tous les temps, des océans, des
rection de cette étoile, dans l'espoir de cap-    terres émergées et des glaces polaires ainsi
ter des signaux émis par une civilisation         que des mesures de géodésie spatiale. Les
extraterrestre, à 21 cm de longueur d'onde,       données recueillies favorisent une meilleure
mais cette tentative s'est soldée par un          compréhension des interactions entre l'at-
échec.                                            mosphère et les océans, une surveillance de
                                                  la végétation, des glaces polaires, de la pol-
Eridanus (-i). Nom latin de la constella-         lution des côtes, etc. ; elles permettent de
tion de l'Éridan (abrév. En).                     mieux apprécier l'impact des activités hu-
155                                                                                Esnault-Pelterie

 Satellite européen d'observation de la Terre E R S   traduisent le plus souvent par deux sortes de
                                                      perturbations : 1° une perturbation instanta-
 antennes du diffusiomètre                            née (à quelques minutes près) des commu-
                                                      nications radiotélégraphiques, surtout à
                                                      courtes longueurs d'onde, et un léger cro-
                                                      chet sur les appareils enregistrant de façon
                                                      continue les éléments magnétiques ; 2° un
                                                      orage magnétique et des aurores polaires, se
                                                      manifestant avec un début brusque, mais
                                                      avec un décalage de l'ordre de 26 heures. Ce
                                                      retard est dû au temps mis par les particules
                                                      chassées du Soleil au moment de l'éruption
                                                      pour atteindre la Terre (vitesse 1 500 km/s
                                                      environ). L'importance des éruptions chro-
                                                      mosphériques a conduit les astronomes à
                                                      organiser un service international perma-
                                                      nent d'observation solaire.

                                                      ESA (sigle de European Space Agency)
                                                      -> Agence spatiale européenne

                                                      Esdangon (Ernest Benjamin), astronome
maines sur l'environnement de la Terre et             et physicien français (Mison, Basses-Alpes,
d'affiner les modèles d'évolution future du           1876 - Eyrenville, Dordogne, 1954).
climat.                                               Directeur de l'Observatoire de Paris de 1929
                                                      à 1944, il réalisa l'horloge parlante de l'Ob-
éruption (solaire). Brusque décharge                  servatoire, mise en service public le 14 fé-
d'énergie, associée le plus souvent aux ré-           vrier 1933.
gions actives du Soleil, qui provoque locale-
ment dans la chromosphère et la couronne              Esnault-Pelterie (Robert), ingénieur,
des perturbations importantes.                        aviateur et précurseur de l'astronautique
ENCYCL. Une éruption se manifeste par un              français (Paris 1881-Nice 1957).
accroissement brusque de brillance, d'une             Il se distingua dans le domaine de l'aviation
durée de quelques minutes à quelques heu-             comme constructeur de monoplans robus-
res, dans une région limitée de la chromos-           tes et sûrs et comme auteur de nombreuses
phère située le plus souvent au voisinage             inventions, parmi lesquelles le moteur en
des taches solaires, qui affecte les raies            étoile (qui resta, jusqu'à l'avènement du tur-
d'émission chromosphériques, telle la raie            boréacteur, le propulseur le plus utilisé en
H (de l'hydrogène (6 563 A), et plus généra-          aviation) et le dispositif de commande ap-
lement tout le domaine spectral allant des            pelé manche à balai. C'est en 1907 qu'il com-
rayons X aux ondes radioélectriques.                  mença à s'intéresser à la théorie de la pro-
L'énorme quantité d'énergie (de l'ordre de            pulsion par réaction et aux possibilités
1032 ergs) libérée au cours des éruptions les         offertes par la fusée pour les voyages inter-
plus importantes est la source d'une éjection         planétaires, dont il devint ensuite un ardent
de particules rapides (photons, électrons)            propagandiste.
qui, transitant par la couronne, peuvent at-          En 1912, il prononça à Saint-Pétersbourg
teindre l'atmosphère terrestre. Durant la             puis à Paris, devant la Société française de
phase impulsive de l'éruption, avant le               physique, une conférence restée célèbre in-
maximum d'éclat, la matière chromosphéri-             titulée Considérations sur les résultats d'un allé-
que peut être éjectée dans la couronne                gement indéfini des moteurs, titre allusif au fait
jusqu'à des hauteurs considérables à des vi-          qu'une fusée, au fur et à mesure qu'elle
tesses de 200 000 km/s. Au niveau de l'at-            consomme ses réserves de propergol, ne
mosphère terrestre, les éruptions solaires se         cesse de perdre une partie de sa masse.
ESO                                                                                           156

Après la Première Guerre mondiale, il fonda,        Le Centre de contrôle des opérations est
avec son ami le banquier André-Louis                relié en permanence, via le réseau de télé-
Hirsch, un prix de 5 000 F destiné à être           communications de l'ESOC, à l'ESTRACK,
décerné annuellement à l'auteur du travail le       réseau mondial de stations de télécomman-
plus remarquable en matière d'astronauti-           de-télémesure. L'un des éléments les plus
que. Ce prix, intitulé REP-Hirsch (REP pour         importants du Centre de contrôle des opéra-
Robert Esnault-Pelterie), fut attribué pour la      tions est le Centre de calcul, dénommé Sys-
première fois en 1925, à Hermann Oberth,            tème de soutien multisatellites. Utilisé pen-
considéré si digne de le recevoir que son           dant les phases du lancement et des
montant fut porté à 10 000 F pour la circons-       premières opérations en orbite, il assure éga-
tance. Le 8 juin 1927, il prononça une autre        lement un soutien pour les phases de rou-
conférence célèbre, cette fois devant la            tine des missions qui ne nécessitent pas
Société astronomique de France, pour entre-         d'installations de calcul spécifiques.
tenir les astronomes (professionnels et ama-        Ce système peut traiter simultanément des
teurs) de ses nouvelles recherches théori-          données provenant de six satellites diffé-
ques en astronautique.                              rents ; il peut en outre émettre des télécom-
Le texte de cet exposé a été publié par la SAF      mandes en temps réel et commande les affi-
sous le titre l'Exploration par fusées de la très   chages dans la salle de contrôle.
haute atmosphère et la possibilité des voyages
interplanétaires.                                   e s p a c e n.m. 1. Domaine situé au-delà de
Mais sa plus importante contribution à l'as-        la partie de l'atmosphère terrestre où peu-
tronautique a été la publication, en 1930, de       vent évoluer les aéronefs. En droit interna-
son ouvrage l'Astronautique, qui, après l'in-       tional, on parle d'espace extra-atmosphérique,
clusion d'un supplément en 1934, couvrait           par opposition à l'espace aérien. 2. Ensemble
pratiquement l'ensemble des connaissances           des activités industrielles ou de recherche se
de l'époque en matière de vol spatial. Il y         rapportant à ce domaine.
envisage, en particulier, la possibilité de ce      ENCYCL. L'ère de la conquête de l'espace s'est
que l'on appelle aujourd'hui la navigation          ouverte le 4 octobre 1957 avec le lancement
par inertie et en décrit les modalités.             et la mise sur orbite, par l'URSS, du premier
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, il effec-       satellite artificiel de la Terre, Spoutnik 1.
tua aussi des essais de mise au point de            Depuis lors, près de 4 000 satellites ont été
moteurs-fusées à ergols liquides. Il fut élu à      lancés, par neuf puissances* spatiales. Les
l'Académie des sciences en 1936.                    États-Unis, la CEI (ex-URSS), l'Europe, Je
                                                    Japon et la Chine représentent les cinq prin-
ESO. Sigle de European Southern Observa-            cipaux centres d'activité spatiale mondiale.
tory.                                               Cette activité spatiale est financée pour
                                                    l'essentiel par les budgets publics, civils et
E S O C (sigle de European Space Opérations         militaires, et les facteurs politiques sont dé-
Centre, Centre européen d'opérations spa-           terminants dans ses perspectives de déve-
tiales). Établissement de l'Agence spatiale         loppement.
européenne, situé à Darmstadt (Allemagne),          Quatre justifications politiques principales
responsable de l'exploitation des satellites        sont généralement données au financement
de l'Agence.                                        public dans le domaine de l'espace :
ENCYCL. Avant le lancement d'un satellite, le       - le prestige national lié à la conquête de
rôle des spécialistes du Centre consiste prin-      l'espace, qui, par son aspect de démonstra-
cipalement à analyser les impératifs de la          tion publique, visible de tous, constitue un
mission pour déterminer l'orbite, à calculer        domaine particulièrement favorable à l'af-
les fenêtres de lancement et à préparer la          frontement technologique pacifique entre
composante sol. Après le lancement, ils as-         nations et à la démonstration politique d'un
surent, outre les opérations de poursuite et        certain niveau de développement sur la
de télécommande, la réception, le traite-           scène internationale ;
ment et la diffusion des données du satellite       - le soutien à la science et à la technologie ;
et de sa charge utile.                              - le développement d'applications civiles,
157                                                                                        ESSA

essentiellement les télécommunications et           Esrin (acronyme de European Space Research
l'observation de la Terre, et les enjeux indus-     INstitute, Institut européen de recherches
triels et commerciaux importants qui y sont         spatiales). Etablissement fournisseur d'infor-
liés ;                                              mations de l'Agence spatiale européenne,
- les applications militaires, en croissance        situé à Frascati, près de Rome, dans les lo-
extrêmement rapide en raison du rôle déter-         caux précédemment occupés par l'Institut
minant pris par la technologie spatiale dans        européen de recherches spatiales (disparu
les problèmes de défense.                           au début des années 70), dont il a conservé
Les principaux enjeux économiques, indus-           la dénomination.
triels et commerciaux du développement
des programmes spatiaux pour les prochai-           ESRO (sigle de European Space Research
nes années concernent l'espace militaire, les       Organization). Ancienne organisation spa-
télécommunications spatiales, l'observation         tiale européenne, dont le sigle français était
de la Terre et les systèmes de lancement.           CERS (Conseil européen de recherches spa-
                                                    tiales).
e s p a c e - t e m p s n.m. Concept d'un do-       ENCYCL. Créée en 1962 et mise en place en
maine multidimensionnel dans lequel il est          1964, avec comme objectif la réalisation de
possible de localiser les événements et de          satellites scientifiques, l'ESRO eut beaucoup
décrire leurs relations mutuelles à l'aide de       plus de succès dans son entreprise que
coordonnées d'espace et de temps.                   l'autre organisme spatial européen fondé à
ENCYCL. Ce concept dérive de l'observation
                                                    la même époque, l'ELDO*. En décembre
de l'invariance de la vitesse de la lumière,        1972, face aux déboires de l'ELDO, fut déci-
quel que soit le mouvement de la source qui         dée la fusion de cet organisme avec l'ESRO
émet celle-ci ou celui de l'observateur. L'es-      en une nouvelle organisation, l'ESA, qui a
pace-temps permet à tous les observateurs           été créée en 1975.
présents dans l'Univers de décrire la réalité
indépendamment de leur mouvement rela-
tif. Selon la théorie de la relativité* générale,   ESRO (sigle de European Space Research Or-
la gravitation est une courbure de l'espace-        ganization). Nom donné aux premiers satelli-
temps.                                              tes mis au point par l'ESRO.
                                                    ENCYCL. Trois ont été placés sur orbite, par

espionnage par satellite(s). Utilisation            des fusées américaines Scout : ESRO-2B
de satellites à des fins militaires comme ins-      (80 kg), le 17 mai 1968 ; ESRO-1A (86 kg), le
truments d'observation (optique ou radar),          3 octobre 1968; et ESRO-1B (86 kg), le
de détection radar, d'écoute électronique, de       1er octobre 1969. Ils étaient destinés à des
détection d'explosions nucléaires ou d'alerte       recherches sur le géomagnétisme et l'iono-
et de détection de lancement de missiles            sphère.
adverses.     alerte avancée, écoute élec-
tronique, reconnaissance photographi-               ESSA (sigle de Environmental Science Servi-
que, surveillance par satellite                     ces Administration). Administration améri-
                                                    caine ayant précédé la NOAA* et sous la
Esrange (acronyme de European Space re-             responsabilité de laquelle furent lancés avec
search RANGE). Base de lancement de bal-            succès, entre 1966 et 1969, neuf satellites
lons et de fusées-sondes installée par              météorologiques constituant la première gé-
l'ESRO* et mise en service en 1996 à 40 km          nération de TIROS* opérationnels.
de Kiruna, en Suède du Nord, au-delà du             ENCYCL. Les satellites ESSA fournirent, pour
cercle arctique.                                    la première fois, de manière continue, des
ENCYCL. Propriété de l'ESRO jusqu'en juil-          données météorologiques à l'échelle de la
let 1972, elle est exploitée depuis par la          Terre entière. Ils fonctionnaient par paires,
Swedish Space Corporation (SSC), qui pro-           l'un fournissant des renseignements météo-
jette d'y construire une infrastructure pour        rologiques généraux, l'autre des images en
le lancement de petits satellites en orbite         temps réel. ESSA 8, lancé le 15 décembre
polaire.                                            1968, fonctionna jusqu'en mars 1976.
essaim                                                                                         158

essaim n.m. Ensemble groupé de météo-              1 800 W/m2 créé par dix-neuf lampes au xé-
rites qui décrivent autour du Soleil des           non de 25 kW chacune.
orbites très voisines, souvent associées à
celle d'une comète périodique, et dont la          é t a g e n.m. Partie autonome et séparable
rencontre avec la Terre peut donner lieu à         d'un véhicule spatial, généralement dotée
une averse météorique (pluie d'étoiles filan-      de moyens de propulsion et assurant certai-
tes).                                              nes fonctions pendant une phase donnée du
                                                   vol.
E s t e c (abréviation de European Space re-
search and TEchnology Centre, Centre euro-         Etamin. Etoile y du Dragon. Magnitude
péen de recherche et de technologie spatia-        apparente visuelle : 2,2. Type spectral : K5.
les). Principal établissement technique de         Distance : 150 années de lumière.
l'Agence spatiale européenne, situé à
Noordwijk (Pays-Bas).
                                                   é t a t stationnaire (théorie de I').
ENCYCL. En 1962, alors que l'Europe spatiale
fait ses premiers pas, le besoin se fait sentir    Théorie cosmologique proposée en 1948 par
d'un centre spécifiquement conçu pour les          les astrophysiciens Thomas Gold, Herman
aspects techniques de ce nouveau domaine           Bondi et Fred Hoyle, selon laquelle l'Univers
de la recherche. Le choix se porte sur les         conserverait globalement le même aspect
Pays-Bas et les pionniers s'installent dans        pour tous les observateurs, à toutes les épo-
des locaux de l'université de Delft. La cons-      ques. Rivale de la théorie du Big* Bang dans
truction d'un véritable centre technique est       les années 50, la thèse de l'état stationnaire
entreprise en 1965, à Noordwijk, à 20 km au        est contredite par diverses observations, et
nord de La Haye, sur le rivage de la mer du        la découverte, en 1965, du rayonnement
Nord. Il est inauguré le 3 avril 1968 : près de    thermique du fond du ciel lui a porté un
500 personnes y travaillent. C'est alors le        coup fatal.
plus important centre européen de techni-
que spatiale.                                      étoile de B e t h l é e m , des Mages ou de
Aujourd'hui, l'établissement s'étend sur en-       Noël -» Mages (étoile des)
viron 50 hectares et emploie un millier de
personnes dont les deux tiers appartiennent        étoile filante. Synonyme de météore.
à l'ESA. Il est doté d'une grande diversité de
laboratoires, d'appareils de mesure et de          étoile n.f. Sphère de gaz très chauds, au
moyens d'essais importants (pour des tests         cœur de laquelle se produisent des réactions
thermiques, mécaniques, acoustiques, etc.)         de fusion nucléaire qui en font une source
utilisés pour la conception, l'intégration et la   de lumière et de chaleur.
vérification des véhicules spatiaux, en colla-     ENCYCL. Les étoiles forment avec la matière
boration avec l'industrie et la communauté         interstellaire* le matériau constitutif des ga-
scientifique. Il est également chargé de tra-      laxies*. L'étoile la plus proche et la mieux
vaux de recherche appliquée en technologie         connue est le Soleil*. De la Terre, on peut
spatiale.                                          voir à l'œil nu quelque 6 000 étoiles sur
L'Estec a conçu la plupart des satellites euro-    l'ensemble du ciel ; toutes appartiennent à la
péens ainsi que des éléments du lanceur            Galaxie, dans laquelle est inclus le système
Ariane et du laboratoire Spacelab. Nombre          solaire. -* constellation, distance, magni-
de ses installations ont été modernisées et        tude, parallaxe, spectre
agrandies pour pouvoir accueillir les véhicu-      ÉVOLUTION STELLAIRE. Les étoiles naissent de la
les spatiaux actuels : Ariane 5, Columbus,         contraction de vastes nuages de matière in-
Envisat, etc.                                      terstellaire, les nébuleuses*. Cette contrac-
Un de ses équipements les plus spectacu-           tion s'accompagne d'une élévation de tem-
laires, le grand simulateur spatial, abrite le     pérature. Lorsque leur température devient
plus grand et le plus puissant « soleil artifi-    suffisante ( - 1 0 millions de degrés), des réac-
ciel » du monde : un faisceau lumineux de          tions thermonucléaires s'amorcent dans
6 m de diamètre et d'une intensité d'environ       leurs régions centrales et leur permettent de
159                                                                                        étoile

 rayonner. L'évolution des étoiles comporte          Ophiuchi* par une équipe franco-britanni-
 une succession de périodes durant lesquelles       que. Associée à la radio source VLA 1623,
 elles se contractent sous l'effet de la gravita-   elle aurait moins de 10 000 ans.
 tion : la matière qui les constitue subit ainsi    LUMINOSITÉ, DIMENSIONS. D'après leur lumino-
un échauffement de plus en plus intense,            sité, on distingue 3 grandes familles d'étoi-
 qui autorise le déclenchement de réactions         les :
nucléaires entre éléments de plus en plus           - les supergéantes (10 000 fois environ plus
lourds. Pendant la majeure partie de leur vie,      lumineuses que le Soleil) ;
les étoiles tirent leur énergie de la transfor-     - les géantes (100 fois environ plus lumineu-
mation d'hydrogène en hélium (cas du Soleil         ses que le Soleil) ;
actuel). Aussi observe-t-on de nombreuses           - les naines (de luminosité comparable ou
 étoiles à ce stade de leur évolution. Plus une     inférieure à celle du Soleil).
 étoile est massive, plus son hydrogène sera        A ces différences de luminosité correspon-
brûlé rapidement, cette phase pouvant durer         dent des différences de dimensions. Les
de quelques millions à plus de 10 milliards         étoiles les plus volumineuses sont les super-
d'années. En revanche, il existe des étoiles        géantes rouges (environ 1 000 fois le rayon
de faible masse, appelées naines* brunes, où        du Soleil) et les géantes rouges (environ
la combustion de l'hydrogène ne parvient            100 fois le rayon du Soleil). Les naines re-
jamais à s'amorcer faute d'une masse et,            groupent aussi bien les étoiles alimentées
donc, d'une température suffisantes.                en énergie par la fusion de leur hydrogène
Lorsque l'hydrogène s'épuise au cœur de             en hélium, comme le Soleil (environ
l'étoile, celui-ci se contracte, permettant         700 000 km de rayon), que des étoiles par-
ainsi à l'hydrogène de brûler sur des cou-          venues au terme de leur évolution, comme
ches moins profondes pendant que l'enve-            les naines blanches (environ 5 000 km de
loppe stellaire se dilate : c'est la phase dite     rayon) et les étoiles à neutrons (environ
de géante rouge. Le Soleil atteindra ce stade       10 km de rayon). La plus grosse étoile
dans quelque 5 milliards d'années. Son              connue est (du Cocher, dont le diamètre
rayon aura alors centuplé, et la Terre sera         atteint 2 700 fois celui du Soleil : si elle se
devenue une fournaise. Après la combus-             trouvait au centre du système solaire, elle
tion de l'hélium en couches, de nouvelles           engloberait toutes les planètes jusqu'à Sa-
réactions nucléaires se déclenchent au cœur         turne.
de l'étoile. Celle-ci connaît une phase d'ins-      L'éclat d'une étoile s'exprime par une gran-
tabilité, puis un destin lié à sa masse.            deur appelée magnitude*. Cet éclat, tel qu'on
Si l'étoile est peu massive (de masse infé-         le perçoit de la Terre, dépend à la fois de la
rieure à 1,4 fois celle du Soleil), elle subit      luminosité intrinsèque de l'étoile et de sa
une ultime contraction qui la transforme en         distance (voir tableau des étoiles les plus
ce qu'on appelle une naine* blanche. Celle-ci       brillantes).
s'éteint ensuite lentement. Si l'étoile est
                                                    MASSE. Il existe dans l'espace un très grand.
massive, elle explose complètement et de-
                                                    nombre d'étoiles multiples, et plus spéciale
vient 10 à 100 millions de fois plus brillante
                                                    ment d'étoiles doubles dont les composan-
(supernova*) avant de décliner inexorable-
                                                    tes gravitent l'une et l'autre autour de leur
ment. Seul subsiste son cœur très dense, qui
                                                    centre de gravité commun, selon la loi de
se contracte ensuite pour donner une étoile
                                                    l'attraction universelle, comme le fait une
à neutrons* (si la masse est comprise entre
                                                    planète autour du Soleil. En interprétant à
1,4 et 3 fois environ celle du Soleil) ou un
                                                    l'aide des lois de la mécanique les paramè-
trou* noir (si la masse est supérieure à 3 fois
                                                    tres observés des mouvements de chacune
celle du Soleil). La matière de l'étoile éjectée
                                                    des composantes, on arrive à déterminer les
lors de l'explosion forme une nébuleuse en
                                                    masses de chacune des étoiles du couple.
expansion (reste de supemova) qui se dis-
perse progressivement dans l'espace.                11 existe aussi un moyen indirect d'accéder à
La plus jeune protoétoile connue serait une         la connaissance des masses stellaires. En
source de rayonnement millimétrique iden-           1924, I'astrophysicien britannique A.S. Ed-
tifiée en 1993 dans le nuage moléculaire Rho        dington a montré que la luminosité d'une
                                                    étoile varie en fonction de sa masse, les étoi-
étoile                                                                                              160


LES 25 ÉTOILES LES PLUS BRILLANTES À L'ŒIL NU
Nom              Nom          Constellation        Magnitude Magnitude         Type Distance en
usuel            inter-                             visuelle  visuelle        spectral années de
                 national                          apparente  absolue                  lumière®
Sirius           a CMa        le Grand Chien         - M       + 1,41            Al          8,6
Canopus          a Car        la Carène               -0,7         + 0,16        F0          300
Arcturus         a Boo        le Bouvier             -0,06         -0,2          K2          37
Rigil Kentarus a Cen          le Centaure            + 0,01        + 4,3         G2          4,4
Véga           aLyr           la Lyre                + 0,04        + 0,5         A0         25,3
Capella          a Aur        le Cocher               + 0,1        -0,6          G8          42
Rigel            POri         Orion                   + 0,2        -7,0          B8          800
Procyon          a CMi        le Petit Chien          + 0,4        + 2,65        F5          11,4
Achenar          a Eri        l'Éridan                + 0,5        -2,2          B5          140
Bételgeuse       a Ori        Orion                  + 0,5*        -6,0          M2          400
Agena            P Cen        le Centaure             + 0,6        -5,0          B1          500
Altaïr           a Aql        l'Aigle                 + 0,7        + 2,3         Kl           17
Acrux            a Cru        la Croix du Sud         + 0,8        -3,5          B2          400
Aldébaran        a Tau        le Taureau              + 0,8        -0,7          K5           65
l'Épi            a Vir        la Vierge               + 0,9        -3,4          B1          270
Antarès          a Sco        le Scorpion                          -4,7         Ml           700
Pollux           P Gem        les Gémeaux             + 1,1        + 0,95        A0          34
Fomalhaut        aPsA         le Poisson austral      + 1,2        -0,08         A3          25
Deneb            aCyg         le Cygne                + 1,3        -7,3          A2         3 000
Mimosa           P Cru        la Croix du Sud         + 1,3        -4,7          B0          400
Régulus          a Léo        le Lion                 + 1,4         -0,7         B8          78
Adhara           e CMa        le Grand Chien          + 1,5        -5,1          B1          400
Castor           a Gem        les Gémeaux             + 1,6                      A0           52
Schaula          X Sco        le Scorpion             + 1,6        -3,3          B2          700
BeEatrix         X Ori        Orion                   + 1,6        -4,2          B2          250
*en moyenne (variable entre 0,0 et 1,3>) ** en moyenne (variable entre 0,9 et 1,8)
(1) déduites des mesures du satellite Hipparcos


les les moins lumineuses étant les moins             étoile les réactions nucléaires qui permet-
massives, et les plus lumineuses, les plus           tront à cette étoile de briller, il faut que
massives. Il existe en fait des relations diffé      l'étoile ne soit pas trop petite : sa masse, à la
rentes selon le type spectral de l'étoile : pour     naissance, doit représenter au minimum
les étoiles dont la masse est comprise entre         6 % de celle du Soleil.
0,3 et 20 fois celle du Soleil, la luminosité        Mais, pour vivre, une étoile ne doit pas non
varie approximativement comme la puis-               plus être trop lourde. Sinon, eEe est instable
sance quatrième de la masse. Cette relation          et explose. Les astronomes ont longtemps
masse-luminosité permet de calculer la               admis qu'il ne pouvait exister d'étoiles ayant
masse d'une étoile en fonction de sa magni-          une masse dépassant 60 fois celle du Soleil.
tude absolue. Seules les naines blanches             Cependant, grâce à des observations faites
n'obéissent pas à cette loi.                         par des satellites, on a découvert que toutes
Pour que puissent s'allumer au cœur d'une            les étoiles massives laissent échapper en per-
161                                                                                   Eumetsat

manence de la matière dans l'espace                qu'il estima à 365 jours 1/4, valeur adoptée
(-• vent* stellaire). Par exemple, une étoile      plus tard dans le calendrier julien. La plus
dont la masse vaut 30 fois celle du Soleil         célèbre de ses hypothèses astronomiques
maigrit de 20 % de cette façon au cours de         est celle dite des sphères homocentriques, qui
sa vie. De ce fait, l'existence d'étoiles extrê-   tente d'expliquer les mouvements apparents
mement massives n'est plus impossible : il         des astres, la Terre étant présumée immo-
suffit qu'elles perdent suffisamment de ma-        bile. Eudoxe supposa que chaque planète
tière pour ne pas être instables.                  était attachée à des sphères homocentri-
On a identifié dans la Galaxie et dans certai-     ques, c'est-à-dire ayant toutes un centre
nes de ses plus proches voisines, comme les        commun, celui de la Terre, et dont les mou-
Nuages de Magellan, quelques étoiles très          vements se combinaient pour former celui
lumineuses dont la masse semble dépasser           de l'astre considéré. Cette hypothèse fut re-
100 fois celle du Soleil.                          prise par Aristote et Callippos, mais, comme
STRUCTURE INTERNE. Pour déterminer la struc-       elle ne rendait pas compte des variations de
ture interne d'une étoile, on combine les          distance entre la Terre et les planètes, elle
relations entre les paramètres physiques qui       fut assez vite abandonnée.
expriment : l'équilibre d'une sphère de gaz
sous les actions opposées de sa propre gravi-      E u m e t s a t (acronyme de EUropean organi-
tation et de la variation de pression ; la pro-    sation for the exploitation ofMETeorological SA-
duction d'énergie thermonucléaire dans les         Tellites, organisation européenne pour l'ex-
régions centrales ; le transport de cette éner-    ploitation de satellites météorologiques).
gie jusqu'à la surface de l'étoile. On démon-      Organisme intergouvernemental officielle-
tre que, pour une masse totale fixée et une        ment constitué le 19 juin 1986 par seize
composition chimique fixée, l'ensemble des         Etats européens et leurs services météorolo-
équations mathématiques qui traduisent les         giques, dont le siège se trouve à Darmstadt,
relations physiques décrites précédemment          près de Francfort, en Allemagne, et qui a
admet une solution unique.                         pour objectif principal la mise en place, le
C'est-à-dire que toutes les autres caractéris-     maintien et l'exploitation des systèmes
tiques de l'étoile et la distribution interne de   européens de satellites météorologiques
ses paramètres sont déterminées ; en parti-        opérationnels, en tenant compte dans la me-
culier, ces modèles fournissent les valeurs        sure du possible des recommandations de
de la température, de la densité et de la          l'Organisation météorologique mondiale
pression au centre de l'étoile. Ces modèles        (OMM).
permettent aussi d'expliquer pourquoi les          ENCYCL. En 1999, Eumetsat exploite deux sa-
étoiles se répartissent au début de leur vie       tellites géostationnaires, Météosat* 6 et 7,
le long de la série principale du diagramme        lancés en 1993 et 1997. Plus de 30 pays
de Hertzsprung-Russell, les étoiles étant          utilisent leurs données.
d'autant plus lumineuses et chaudes qu'elles       Tandis qu'Eumetsat finance et administre ce
sont massives.                                     programme, l'ESA continue d'en assurer
                                                   l'exécution en supervisant la construction
euclidien, enne adj. Se dit d'un espace            des satellites. Depuis décembre 1995, l'ex-
plan, d'un modèle d'univers à courbure             ploitation de tous les satellites géostation-
nulle, dont la géométrie est celle qui a été       naires d'Eumetsat, le traitement, la distribu-
étudiée par Euclide (me siècle av. J.-C.) : par    tion et l'archivage des données sont réalisés
un point donné, on ne peut tracer qu'une           à partir du siège de l'organisation à Darm-
parallèle à une droite, et la somme des an-        stadt (Allemagne).
gles d'un triangle est égale à 180°.               Eumetsat exploite son système sur des bases
                                                   non commerciales. Son financement est
Eudoxe de Cnide, astronome, mathéma-               presque entièrement couvert par les contri-
ticien et philosophe grec (Cnide v. 406 - v.       butions de ses 17 États membres en fonction
355 av. J.-C.).,                                   d'une clé de répartition arrêtée d'un com-
Il rapporta d'Egypte en Grèce une connais-         mun accord. Sur la période 1997-1999, les
sance plus exacte de la durée de l'année,          contributions les plus importantes ont été
Euphrosyne                                                                               162

versées par l'Allemagne (25,5 %), la France     et la technologie, la charge utile européenne
(16,6 %), l'Italie (13,6 %) et le Royaume-      étant cette fois de l'ordre de 200 kg.
Uni (12,9 %).
Trois satellites de seconde génération, MSG,    Europa. Programme européen de lanceur
seront lancés à partir de 2000 et exploités     spatial lourd.
jusqu'en 2012. Par ailleurs, Eumetsat a dé-     ENCYCL. A U cours d'une conférence tenue à
cidé de se doter d'un système constitué par     Strasbourg, en février 1961, le Royaume-
trois satellites polaires Metop* dont le pre-   Uni et la France proposent aux nations in-
mier sera lancé en 2003.                        dustrielles de l'Europe de s'associer en vue
                                                de construire un lance-satellite de trois éta-
Euphrosyne. Astéroïde 31, découvert en          ges capable de placer une charge utile de
1854 par le Britannique}. Ferguson.             une tonne sur une orbite circulaire de
ENCYCL. Distance moyenne au Soleil : 562,5      500 km d'altitude.
millions de km. Période de révolution sidé-     L'organisme mis en place à cette fin, le
rale : 5,61 ans. Diamètre : 370 km. C'est le    CECLES, tient sa première réunion le 5 mai
cinquième astéroïde par ordre décroissant       1964. Le lanceur envisagé, Europa I, com-
de taille.                                      prendra un premier étage britannique (Blue
                                                Streak), un deuxième français (Coralie) et un
E u r e c a (abrév. de EUropean REtrievabîe     troisième allemand (Astris). Il sera lancé de
CArrier, plate-forme européenne récupéra-       Woomera (Australie),
ble). Plate-forme autonome, récupérable de      En 1966, il est décidé de réorienter le pro-
l'Agence spatiale européenne, conçue pour       gramme vers la construction d'un lanceur
servir de support à des instruments destinés    plus puissant, Europa II, susceptible d'em-
à des expériences de recherche et de techno-    porter, depuis la Guyane, des satellites géo-
logie en micropesanteur.                        stationnaires d'environ 200 kg, mieux adap-
D'une masse totale de 4,5 t, elle pouvait       tés aux besoins futurs. Mais les dix premiers
emporter jusqu'à 11 de charge utile. Mise en    essais en vol des éléments d'Europa I, réali-
orbite en juillet 1992 et récupérée en juin     sés à partir de 1964, à Woomera, dans des
1994 par la navette américaine, elle est        configurations évoluant progressivement
aujourd'hui inutilisée.                         vers le lanceur complet, sont décevants. Et,
                                                le 5 novembre 1971, le premier exemplaire
EuroMir. Programme de coopération entre         d'Europa II explose en vol peu après avoir
l'Agence spatiale européenne et l'Agence        décollé de Kourou.
spatiale russe qui a permis à des astronautes   La crise qui secoue alors les organisations
européens d'effectuer des vols spatiaux de      spatiales européennes se dénoue le 20 dé-
longue durée à bord de la station orbitale      cembre 1972, lors de la Conférence spatiale
russe Mir.                                      européenne de Bruxelles, qui décide, notam-
ENCYCL. Deux missions ont eu lieu. La pre-      ment, de fusionner en une seule entité (la
mière, EuroMir 94, s'est déroulée du 3 octo-    future ESA) le CERS et le CECLES, d'aban-
bre au 4 novembre 1994, avec la participa-      donner le projet Europa III (à l'étude depuis
tion de U. Merbold ; elle a permis              deux ou trois ans), lanceur comportant un
d'emporter à bord de la station Mir une         deuxième étage cryotechnique, et d'exami-
trentaine d'expérimentations représentant       ner le nouveau projet LIII-S (lanceur de 3e
une charge utile de 150 kg et concernant        génération de substitution), dont le dévelop-
essentiellement la physiologie humaine, la      pement est décidé le 31 juillet 1973, date de
science des matériaux et la technologie. La     naissance du programme Ariane. Le pro-
seconde, EuroMir 95, s'est déroulée du          gramme Europa II, quant à lui, avait été
3 septembre 1995 au 29 février 1996, avec la    arrêté le 1er mai 1973.
participation de T. Reiter ; elle a comporté
deux sorties dans l'espace, les premières       Europe. Satellite de Jupiter (n° II), décou-
d'un astronaute de l'ESA, et permis une nou-    vert par Galilée le 7 janvier 1610. Demi-
velle série d'expériences intéressant les       grand axe de son orbite : 671 000 km. Pé-
sciences de la vie, la science des matériaux    riode de révolution sidérale : 3,551 j.
163                                                                                   Eutelsat

Diamètre : 3 130 km. Densité moyenne :            sage de poursuivre l'étude détaillée de cet
2,97. Nom international : Europa.                 astre à l'aide d'un orbiteur dont le lance-
ENCYCL. Sa surface a été révélée par les photo-   ment pourrait intervenir à la fin de 2003 en
graphies des sondes américaines Voyager en        vue d'une arrivée à proximité de Jupiter en
1979 et, depuis 1996, par celles de la sonde      2006.
Galileo. Largement recouvert de glace, ainsi
que le laissaient prévoir son albédo élevé        European Astronomical Society. So-
(0,64) et son spectre infrarouge, il apparaît     ciété fondée en 1990 à Davos (Suisse) et
très lisse, mais on y remarque un réseau de       regroupant des astronomes professionnels,
lignes sombres enchevêtrées, s'étendant           qui a pour objet de favoriser les contacts
parfois sur des centaines de kilomètres, qui      entre les astronomes européens et de pro-
correspondent à des fractures. Sa densité         mouvoir la coopération entre les différents
suggère qu'il est composé d'un mélange de         pays d'Europe dans le domaine de l'astrono-
glace et de roches denses. Cela est confir-       mie.
mée par des mesures de spectroscopie infra-
rouge : d'une part, celles-ci indiquent que la    European Southern O b s e r v a t o r y
surface d'Europe est essentiellement com-         ( E S O ) . Organisation européenne pour des
posée de glace d'eau ; d'autre part, combi-       recherches astronomiques dans l'hémis-
nées avec des données gravifiques, ces ob-        phère Sud.
servations révèlent la présence d'une couche      ENCYCL. Fondée en 1962, cette organisation
de glace superficielle de 150 km d'épaisseur      compte 8 Etats membres : l'Allemagne, la
et, au centre de l'astre, la présence d'un        Belgique, le Danemark, la France, l'Italie, les
noyau de sulfure de fer. Quelques indices         Pays-Bas, la Suède et la Suisse. Son siège est
suggèrent l'existence d'un champ magnéti-         à Garching, près de Munich, en Allemagne.
que créé par le noyau, mais ce point reste        Elle dispose d'un observatoire implanté au
encore incertain. Une faible atmosphère           Chili, à La Silla, dans la partie sud du désert
d'oxygène a, par ailleurs, été décelée autour     Atacama, à 600 km environ au nord de San-
du satellite.                                     tiago du Chili, à 2 400 m d'altitude. Sur ce
Les vues du satellite prises par les sondes       site fonctionnent 15 télescopes, parmi les-
Voyager et Galileo montrent que sa surface        quels un télescope de 3,60 m de diamètre,
est très lisse : elle ne présente pas de relief   un télescope de nouvelle technologie
de plus d'un kilomètre d'altitude. Elle est       (-• NTT) de 3,50 m et un télescope de 15 m
aussi très brillante. Cette croûte de glace est   réalisé en coopération avec la Suède pour
traversée par de nombreuses rides et des          l'étude des sources célestes de rayonnement
bandes noires, longues parfois de plus de         submillimétrique (SEST, Swedish ESO Sub-
1 000 km. Elle est pratiquement dépourvue         millimetre Telescope).
de cratères d'impact, ce qui indique qu'elle      Depuis 1991, un nouvel observatoire est en
est sensiblement plus jeune que celle de Cal-     cours d'aménagement plus au nord, sur le
listo ou de Ganymède, et suggère qu'Europe        Cerro Paranal, pour accueillir quatre télesco-
est encore aujourd'hui géologiquement ac-         pes de 8,20 m d'ouverture chacun, dont l'en-
tif. La croûte de glace pourrait être séparée     semble formera un très grand instrument, le
du noyau par un océan d'eau maintenu à            VLT* (Very Large Telescope).
l'état liquide par des forces de marée. Cer-
taines images en gros plan de la surface          Eutelsat (acronyme de EUropean TELecom-
montrent que celle-ci est fracturée en pla-       munications SATellite organization, organisa-
ques de glace évoquant l'aspect de la ban-        tion européenne de télécommunications par
quise ; elles suggèrent que de l'eau à l'état     satellite). Organisation européenne de télé-
liquide a existé dans un passé très récent à      communications par satellite créée, sous
très faible profondeur. Ainsi, avec l'apport      une forme provisoire, le 30 juin 1977, par
de matières organiques par des comètes ou         dix-sept membres de la Conférence euro-
des météorites, Europe pourrait posséder          péenne des administrations des postes et
tous les ingrédients nécessaires à l'appari-      télécommunications (CEPT), afin d'amélio-
tion de la vie. C'est pourquoi la NASA envi-      rer les communications et de distribuer des
EUVE                                                                                       164




programmes télévisés en Europe et mise en        aux réseaux câblés et aux récepteurs indivi-
place, en tant qu'organisation intergouver-      duels.
nementale, le 14 mai 1982, et dont le siège      En 1998, le transport de programmes de
est à Paris.                                     télévision représentait 70 % du trafic d'Eu-
ENCYCL. Eutelsat est chargée de mettre en œu-    telsat. À cette époque, le système Eutelsat se
vre, d'exploiter et d'entretenir la compo-       composait d'une douzaine de satellites en
sante spatiale d'un système de télécommu-        orbite. Plus de 60 millions de foyers euro-
nications, fixes et mobiles, nationales et       péens captaient leurs programmes, par câble
internationales, publiques et privées, sur le    ou par antenne.
continent européen.
La participation financière de ses membres       EUVE. Abréviation de l'angl. Extreme* VI-
(au nombre de 47 le 31 décembre 1998) est        traViolet Explorer, explorateur de l'extrême
proportionnelle à leur utilisation du système    ultraviolet.
(21,6 % pour le Royaume-Uni, 15,3 % pour         EVA (sigle de Extra-Vehicular Activity, acti-
la France...).                                   vité extravéhiculaire). Expression améri-
Après avoir utilisé les satellites ECS de        caine désignant l'activité d'un spationaute à
l'ESA, Eutelsat a commandé ses propres sa-       l'extérieur d'un vaisseau spatial, que ce soit
tellites (dits « de deuxième génération », do-   en orbite ou à la surface d'un astre. Le terme
tés de seize répéteurs de 50 W), dont les        contraire, IVA (Intm-Vehicular Activity), est
quatre premiers exemplaires ont été lancés       d'un emploi moins fréquent. -• sortie dans
en août 1990, en janvier 1991, en décembre       l'espace
1991 et en juillet 1992.
W2, le premier des trois satellites de troi-     évection n.f. L'une des inégalités périodi-
sième génération, dotés de 24 répéteurs, a       ques du mouvement de la Lune. Elle a une
été lancé par une fusée Ariane en octobre        période de 31,81 jours et une demi-ampli-
1998. D'autres satellites, nommés Hot* Bird,     tude de 1° 16'. Elle était déjà connue de
dédiés à la télévision directe, sont lancés      Ptolémée, au if siècle.
depuis 1995. Début 1999, la flotte exploitée
par Eutelsat comprenait 19 satellites, totali-   excentricité n.f. L'un des éléments d'une
sant près de 200 répéteurs.                      orbite* (symbole : e), égal au rapport de la
Les satellites Eutelsat offrent une gamme        distance des foyers à la longueur du grand
complète de services de télécommunica-           axe.
tions comprenant les reportages d'actualités
par satellite, la téléphonie, les communica-     exobiologie n.f. Science qui étudie les
tions d'entreprise, les services multimédias,    possibilités d'existence de la vie dans l'Uni-
les services mobiles terrestres, les échanges    vers. -» bioastronomie
de programmes dans le cadre de l'Union
européenne de radiodiffusion et la distribu-     exoplanète n.f. Synonyme de planète* ex-
tion de programmes de télévision et de radio     trasolaire.
165                                                                                     Explorer

Exosat. Satellite européen d'astronomie            portionnalité entre l'importance du décalage
X*, lancé le 26 mai 1983, et qui a fonctionné      et la distance de la galaxie considérée.
jusqu'au 9 avril 1986.
ENCYCL. Il emportait deux télescopes ima-          Explorer. Famille de satellites scientifi-
geurs couvrant la gamme des rayons X de            ques américains.
basse énergie jusqu'à 2 keV environ, un            ENCYCL. Explorer 1 fut le premier satellite
compteur proportionnel à réseau de grande          lancé par les Etats-Unis, le 31 janvier 1958. Il
surface et un spectromètre à scintillation à       s'agissait d'un engin de 14 kg seulement, y
gaz couvrant les rayons X d'énergie supé-          compris la masse du dernier étage de la
rieure à 2 keV. Placé sur une orbite caractéri-    fusée porteuse, beaucoup plus léger donc
sée par sa grande inclinaison sur l'équateur       que les deux Spoutnik* mis sur orbite l'an-
(72,5°) et sa forte excentricité (350 km de        née précédente par l'URSS, qui pesaient res-
périgée et 191 700 km d'apogée, initiale-          pectivement 83,6 kg et 508,3 kg. On lui doit,
ment), qu'il décrivait en 4 jours, il a permis     en particulier, la découverte des ceintures de
pour la première fois d'observer sans inter-       rayonnement entourant la Terre, dites
ruption pendant de longues périodes l'inten-       « ceintures de Van Allen ». La série inaugu-
sité des émissions de rayons X provenant de        rée par Explorer 1 s'est poursuivie jusqu'en
diverses sources.                                  1975, totalisant 55 engins, relativement lé-
Il a effectué au total plus de 2 000 observa-      gers et peu coûteux, voués à la recherche
tions. On lui doit notamment la mise en            géodésique, géophysique ou astronomique.
évidence, dans la constellation du Sagittaire,     Explorer 8, 20,22 et 27 furent des Ionosphere
à quelque 20 000 années de lumière de dis-         Explorer, chargés de mesurer la densité
tance, d'un système de deux étoiles qui gra-       d'électrons de l'ionosphère dans le cadre
vitent l'une autour de l'autre en 11 minutes       d'un programme international mené de
seulement, ce qui représente la plus courte        1960 à 1964. Explorer 9,19, 24, 25, 39 et 40
période de révolution jamais observée en           furent des Air Density Explorer : il s'agissait
astronomie. Ce système binaire tiendrait fa-       de sphères gonflables de près de 4 m de
cilement entre la Terre et la Lune, bien que       diamètre placées sur une orbite d'environ
sa masse totale représente une fois et demie       300 km de périgée et 2 500 km d'apogée ;
celle du Soleil.                                   l'étude de la modification de cette orbite au
                                                   cours du temps renseignait sur les fluctua-
                                                   tions saisonnières de la densité de la haute
e x o s p h è r e n.f. Région la plus élevée de    atmosphère. Dix Explorer lancés de 1963 à
l'atmosphère d'une planète, dans laquelle          1973 (Explorer 18, 21, 28, 33, 34, 35, 41, 43,
certains atomes peuvent échapper à l'attrac-       47 et 50) furent des Interplanetary Monitoring
tion gravitationnelle de la planète et s'éva-      Platforms (IMP), placés sur des orbites éloi-
der dans le milieu interplanétaire. L'exos-        gnées de la Terre et même, dans un cas, sur
phère terrestre commence à une altitude de         orbite lunaire, pour étudier les relations en-
400 à 500 km.                                      tre les phénomènes solaires et la magnéto-
                                                   sphère terrestre sur un cycle d'activité so-
expansion (de l'Univers). Phénomène                laire de 11 ans. Explorer 29 et Explorer 36
envisagé à partir de la théorie de la relativité   furent des satellites de géodésie (GEOS 1 et
générale, par W. De Sitter*, en 1917, puis         2) et Explorer 38, 39 et 49 des satellites de
par A. Friedmann* en 1922 et G. Lemaître*          radioastronomie chargés d'étudier des ra-
en 1927, et d'après lequel les différentes         diosources galactiques. La mission d'Explo-
galaxies* de l'Univers s'écarteraient les unes     rer 38 ayant été contrariée par des interfé-
des autres avec une vitesse proportionnelle        rences avec des émissions radioélectriques
à leur distance mutuelle.                          d'origine terrestre, Explorer 49 fut satellisé
ENCYCL. La conception théorique d'un Uni-
                                                   autour de la Lune. Explorer 42, 43 et 53
vers en expansion rend bien compte de l'ob-        formèrent la série des Small Astronomy Satel-
servation du décalage* vers le rouge des           lite (SAS), consacrés à l'astrophysique des
raies des spectres des galaxies et de la décou-    hautes énergies : Explorer 42, appelé aussi
verte faite par Hubble*, en 1929, de la pro-       SAS 1 ou Uhuru, lancé en 1970, ouvrit la
explosion primordiale                                                                                   166

voie à l'étude spatiale des sources célestes        dont les longueurs d'onde sontles plus cour-
de rayons X, dont il dressa la première carte.      tes, et contribue donc à faire paraître les
À la fin des années 70, le programme Explo-         astres plus rouges qu'ils ne sont réellement.
rer s'est internationalisé avec les trois satel-
lites ISEE* {International Sun-Earth Explorer),     extragalactique adj. Situé hors de notre
dédiés à l'étude des relations Soleil-Terre, et     Galaxie.
le satellite IUE* (International Ultraviolet Ex-
plorer), destiné à l'étude des sources célestes     extrasolaire adj. Extérieur au système
de rayonnement ultraviolet.                         solaire.
En 1992 a été lancé le satellite EUVE* (Ex-
treme Ultra Violet Explorer), 67e engin de la       e x t r a t e r r e s t r e . 1. adj. Situé à l'extérieur
famille Explorer, pour l'étude du ciel dans         de la Terre. 2. n.m. Habitant supposé d'une
l'ultraviolet extrême.                              planète autre que la Terre.

explosion      primordiale.       Expression        extravéhiculaire adj. Qualifie l'activité
française désignant le Big* Bang.                   d'un spationaute qui évolue à l'extérieur de
                                                    son vaisseau spatial.
extinction n.f. Diminution que subit, par
absorption ou diffusion, l'intensité du
rayonnement émis par un astre, lorsque ce           Extreme            Ultraviolet       Explorer
rayonnement traverse un milieu donné.               ( E U V E ) . Satellite américain d'astronomie,
ENCYCL. La matière interstellaire provoque
                                                    lancé en 1992, qui étudie l'Univers dans l'ul-
une forte extinction de la lumière visible des      traviolet extrême, à des longueurs d'onde
étoiles lointaines : c'est ce qu'on appelle         comprises entre 6 et 80 nanomètres, grâce à
l'extinction interstellaire. Celle-ci augmente      quatre télescopes (trois dédiés à la cartogra-
fortement lorsque la longueur d'onde dimi-          phie des sources célestes de rayonnement
nue : elle est plus marquée vers le bleu que        UV, le quatrième à la spectroscopie à faible
vers le rouge, ce qui explique le phénomène         résolution). Fin 1998, il avait déjà catalogué
de rougissement* interstellaire. Pour une           quelque 1 100 sources galactiques, dont
longueur d'onde de 550 nanomètres (jaune),          30 % restaient encore non identifiées.
elle est d'environ 1,5 magnitude par kilo-
parsec. Dans l'ultraviolet, l'extinction inters-    Eyharts (Léopold), officier de l'armée de
tellaire est très importante. En revanche,          l'air et spationaute français (Biarritz 1957).
l'infrarouge et les ondes radio ne sont pas         Sélectionné comme spationaute par le
affectées par le phénomène.                         CNES en décembre 1990, il participe au pro-
L'atmosphère terrestre contribue aussi à ré-        jet Hermes. En 1992, il réussit les épreuves
duire l'intensité de la lumière qui nous par-       de sélection des astronautes de l'ESA. En
vient des astres : c'est l'extinction atmosphéri-   juillet 1994, le CNES le désigne comme dou-
que. Celle-ci affecte davantage les astres les      blure de Claudie André-Deshays pour la
plus proches de l'horizon, parce que leur           mission Cassiopée* de 1996. En tant que
lumière nous arrive après avoir traversé une        cosmonaute expérimentateur, il participe à
plus grande épaisseur d'atmosphère. Par             la mission franco-russe Pégase*, du 29 jan-
ailleurs, comme l'extinction interstellaire,        vier au 19 février. Il est le huitième Français
elle est plus marquée pour les radiations           à partir dans l'espace.
fication de Harvard, les étoiles dont la tem-
pérature superficielle est comprise entre
6 000 et 7 500 K : des étoiles blanches ou
bleutées, dont le spectre est dominé par les
nombreuses raies de métaux neutres ou io-
nisés une fois. Exemples : Canopus, Pro-
                                             f
F. Type spectral caractérisant, dans la classi-    Faraday (rotation). Rotation du plan de
                                                   polarisation du rayonnement radio synchro-
                                                   tron*, provoquée par la présence d'électrons
                                                   libres et d'un champ magnétique dans la
                                                   région que traverse le rayonnement.

                                                   Farnborough. Ville de Grande-Bretagne,
cyon.                                              dans le Hampshire, au S.-O. de Londres.
                                                   ENCYCL. Sa base aérienne abrite tous les deux
F / D (rapport). Rapport de la distance fo-        ans (années paires) un Salon international de
cale F au diamètre D de l'objectif d'un téles-     l'aéronautique (en alternance avec celui du
cope ou d'une lunette astronomique. Appelé         Bourget).
aussi rapport d'ouverture, c'est une caractéris-
tique importante de l'instrument.                  Farrhani (Muhammad ou Ahmad ibn Ka-
                                                   thir al-), astronome arabe du ixe siècle.
Fabricius (David), astronome et théolo-            Il a composé un Livre de la science des étoiles et
gien hollandais (Esens 1564 - Osteel 1617).        des mouvements célestes, traduit en latin au
Il est connu pour avoir découvert, en 1596,        xne s. Il est connu également sous le nom
la première étoile variable Mira* Ceti ; il fut    latinisé à'Alfraganus.
aussi l'un des premiers à observer les taches
solaires à la lunette (1610).                      fausse couleur. Couleur artificielle d'une
                                                   image, obtenue en redistribuant dans la par-
faculaire adj. Relatif à une facule. Plage         tie visible du spectre électromagnétique le
faculaire : région de l'atmosphère du Soleil       résultat d'une observation comportant géné-
située au-dessus d'une facule. Elle apparaît       ralement une ou plusieurs composantes si-
formée de structures appelées naguère floc-         tuées en dehors de cette partie.
culi.                                               ENCYCL. Pour permettre aux instruments de
                                                    télédétection d'accéder au proche infra-
facule n.f. (du latin facula, dimin. de fax,        rouge, portion du spectre électromagnéti-
facis, torche). Région d'activité solaire qui       que non perçue par l'œil humain mais dans
apparaît brillante dans les raies photosphé-        laquelle la végétation est très active, des
riques.                                             émulsions spéciales, sensibilisées par des
ENCYCL. Les facules sont visibles en lumière        pigments particuliers, ont été mises au
blanche, par raison de contraste, près du           point. Photographiée avec une émulsion in-
bord du Soleil. Ce sont des régions de ren-         frarouge couleur (dite, à l'origine, « fausse
forcement du champ magnétique qui entou-            couleur »), une scène est rendue par des
rent les taches quand les régions actives sont      couleurs différentes de celles que verrait
jeunes. Elles se dispersent ensuite lentement       l'œil humain, qui résultent d'un décalage
après la disparition des taches.                    spectral : l'infrarouge apparaît en rouge, le
fauteuil spatial                                                                           168

rouge en jaune, le jaune-vert en bleu et le      rayonnement solaire n'est pas absorbé par
bleu en noir. Aujourd'hui, d'une façon très      l'atmosphère terrestre.
générale, on dit qu'un document de télédé-       ENCYCL. L'atmosphère terrestre absorbe ou
tection est en fausse couleur dès lors que ses   réfléchit, totalement ou partiellement, la
couleurs ne sont pas les couleurs naturelles,    plupart des rayonnements électromagnéti-
celles que percevrait l'œil humain s'il obser-   ques provenant du cosmos. Depuis l'avène-
vait le paysage étudié.                          ment des satellites artificiels, l'accès à la
                                                 gamme complète de ces rayonnements est
fauteuil spatial (ou volant). Appella-           devenu possible. Mais, au sol, on ne dispose
tion familière de l'appareil de propulsion       que de deux « fenêtres » d'observation assez
autonome utilisé par un spationaute pour         étroites ; l'une couvre les longueurs d'onde
évoluer librement dans l'espace à proximité      comprises entre 0,3 jim et quelques dizaines
de son vaisseau spatial. Un tel dispositif a     de micromètres : c'est la « fenêtre optique »,
été mis en service par les États-Unis sous le    qui comprend la lumière visible (de 0,4 à 0,8
nom de MMU et par l'ex-URSS sous celui de        pm) ainsi que les radiations ultraviolettes et
Ikarus.                                          infrarouges qui en sont les plus voisines ;
                                                 l'autre couvre les longueurs d'onde compri-
Favier Qean-Jacques), ingénieur et spatio-       ses entre 1 mm et 20 m environ : c'est la
naute français (Kehl, Allemagne, 1949).          « fenêtre radio », qui comprend les ondes
Sélectionné comme spationaute par le             hertziennes millimétriques, centimétriques,
CNES en 1985, il participe - en tant que         décimétriques, métriques et décamétriques.
spécialiste de charge utile - à la mission STS
78 de la navette américaine, du 20 juin au       fenêtre de lancement. Intervalle de
7 juillet 1996, devenant le premier scientifi-   temps pendant lequel un lancement spatial
que et sixième Français à partir dans l'es-      permettant de réaliser une mission donnée
pace.                                            peut être effectué à tout instant. A distin-
A bord de Columbia, il a mis en œuvre un         guer de créneau* de lancement.
programme scientifique d'une quarantaine
d'expériences concernant les sciences de la      fermé, e adj. Univers fermé : modèle d'uni-
vie et de la matière.                            vers évolutif qui contient une quantité de
                                                 matière suffisante pour stopper son expan-
Fédération internationale d'astro-               sion et provoquer sa contraction à une épo-
nautique (IAF). Organisation scienti-            que déterminée, dans le futur.
fique non gouvernementale, à but non
lucratif, fondée en 1950 par les représen-       fibrille n.f. Elément de la structure fine de
tants des sociétés d'astronautique de huit       la chromosphère solaire.
pays (Allemagne fédérale, Argentine, Autri-      ENCYCL. Les fibrilles forment un réseau or-
che, Danemark, Espagne, France, Grande-          donné de filaments dans les régions actives
Bretagne et Suède) pour favoriser le déve-       ou autour de ces régions ; elles sont orien-
loppement de l'astronautique dans des buts       tées en direction du champ magnétique lo-
pacifiques.                                      cal. Leur largeur est de 725 à 2 200 km, leur
ENCYCL. En 1960, elle a créé l'Académie inter-   longueur de 11 000 km en moyenne. Elles
nationale d'astronautique et l'Institut inter-   sont visibles en lumière monochromatique
national de droit spatial. Son congrès annuel    de certaines raies fortes de Fraunhofer (Ha).
est une manifestation de haut niveau qui         Le réseau de fibrilles reste stable durant plu-
réunit l'élite de l'astronautique mondiale. En   sieurs heures, bien qu'une fibrille n'ait qu'un
1994, elle regroupe 129 sociétés issues de       temps de vie de 10 à 20 minutes.
45 pays.
ADRESSE : 10-12, rue du Capitaine-Ménard,        filament n.m. Protubérance* solaire vue
75015 Paris.                                     en projection sur le disque du Soleil.

fenêtre atmosphérique. Intervalle du             filigree n.m. (mot anglais signifiant fili-
spectre électromagnétique dans lequel le         grane). Structure fine de la haute photo-
169                                                                                     Flamsteed

sphère solaire visible sur les images prises à        FK (abréviation de l'allemand Fundamental
très haute résolution.                                Katalog, catalogue fondamental). Désigna-
ENCYCL. Les Eligrees, localisés généralement          tion abrégée de plusieurs catalogues fonda-
dans les espaces intergranulaires, sont des           mentaux d'étoiles publiés par l'observatoire
points brillants qui s'allument et s'éteignent        de Heidelberg, en Allemagne, depuis 1907.
en deux à trois minutes de temps. Ils appa-           La version actuelle, dite FK 5, renferme des
raissent souvent en alignement dont la du-            données sur 1 535 étoiles d'éclat supérieur
rée de vie est de l'ordre de la demi-heure.           ou égal à la magnitude 7.

filtre n.m. Objet ou dispositif servant à             Flagstaff. Ville des États-Unis, dans le cen-
modifier, par transmission, le flux, la répar-        tre de l'Arizona, à 2 100 m d'altitude, où est
tition spectrale, ou l'un et l'autre, du rayon-       implanté l'observatoire Lowell*.
nement qui le traverse. On distingue les fil-
tres non sélectifs (neutres) et les filtres           Flammarion (Camille), astronome fran-
sélectifs (colorés). Filtre interférentiel : ensem-   çais (Montigny-le-Roi, Haute-Marne, 1842 -
ble de couches minces déposées sur du                 Juvisy-sur-Orge 1925). Il fut un vulgarisa-
verre, et qui ont la propriété de ne laisser          teur enthousiaste et talentueux des connais-
passer que certaines radiations. Les filtres          sances astronomiques de son époque. Son
simples sont constitués par une pellicule dié-        Astronomie populaire (1879) recueillit un im-
lectrique (MgF2, par ex.) emprisonnée entre           mense succès et suscita de nombreuses vo-
deux couches métalliques (Ag, Al), et le prin-        cations d'astronomes. En 1887, il créa la
cipe de leur fonctionnement est fondé sur             Société astronomique de France. Établi à Ju-
les interférences entre les diverses vibrations       visy, au sud de Paris, il y fonda en 1883 un
réfléchies par les couches métalliques.               observatoire où il se livra jusqu'à sa mort à
                                                      des recherches très diverses (astronomie,
FIRST (sigle de l'angl. Far Infra Red and             météorologie, climatologie), effectuant no-
Submillimetre space Telescope, télescope spa-         tamment de nombreuses observations des
tial pour l'infrarouge lointain et le domaine         planètes.
submillimétrique). Projet de télescope spa-
tial européen dédié à l'observation de l'Uni-         Flamsteed (John), astronome anglais
vers dans l'infrarouge lointain et aux lon-           (Denby, Derbyshire, 1646 - Greenwich
gueurs d'onde submillimétriques (entre 80             1719).
et 670 pm).                                           Premier Astronome Royal, nommé par le
ENCYCL. Cette mission constitue la 4 e pierre         souverain Charles II l'année même de la
angulaire du programme scientifique Hori-             fondation de l'observatoire de Greenwich
zon 2000 de l'Agence spatiale européenne.             (1675), il équipa et aménagea cet observa-
Le télescope aura un diamètre de 3,5 m ; ses          toire en vue d'accomplir la mission que lui
instruments focaux seront refroidis à très            assignait le roi : rectifier les tables des mou-
basse température à l'aide d'hélium super-            vements célestes et les positions des étoiles
fluide. Son lancement est prévu en 2007 par           de façon à permettre une meilleure détermi-
une fusée Ariane 5 ; il formera une charge            nation des longitudes en mer et, par suite,
utile commune avec la mission Planck*. Le             améliorer la navigation. De 1676 à 1705,
satellite doit être placé au voisinage du point       il accumula les observations. Celles-ci abou-
de Lagrange* L2 du système Terre-Soleil, à            tirent à la publication, en 1712, d'un cata-
1,5 million de kilomètres environ de la               logue d'étoiles intitulé Historia cœlestis
Terre.                                                britannica. Mais, mécontent de cette publi-
                                                      cation, effectuée sans son autorisation,
fixe adj. Se disait autrefois des étoiles, qui        Flamsteed se querella avec ses collègues,
paraissent conserver des positions invaria-           dont Newton, et brûla de ses propres mains
bles les unes par rapport aux autres, par             300 des 400 exemplaires imprimés. Son
opposition aux planètes (astres errants), qui         catalogue, révisé, fut finalement republié
se déplacent parmi les constellations. Sphère         par ses assistants après sa mort, en 1725 : il
des fixes : -> sphère* céleste                        renferme les coordonnées de 2 866 étoiles.
flare                                                                                            170

En 1729 fut aussi publié l'atlas céleste cor-         cipal d'un système centré au plan principal
respondant.                                           du système. Dans un système mince (miroir,
                                                      lentille mince), c'est la distance de la surface
flare n.m. (mot anglais signifiant flamboie-          du système au foyer. Plan focal : plan normal
ment). Synonyme de sursaut.                           à l'axe d'un système optique et contenant le
                                                      foyer.
flash de l'hélium. Événement explosif
qui marque, à l'intérieur des étoiles peu             f o c o g r a m m e n.m. Photographie permet-
massives (dont la masse est inférieure à              tant de visualiser les défauts de courbure de
2 fois environ celle du Soleil), le début de la       la surface d'un miroir de télescope révélés
combustion thermonucléaire de l'hélium,               par la méthode de Foucault.
après l'épuisement des réserves d'hydro-
gène. -• étoile                                       Fomalhaut (de/arabe fom al-hut, la bou-
                                                      che du poisson). Étoile a du Poisson austral.
Flèche (en latin Sagitta, -ae). Petite constel-       Magnitude apparente visuelle : 1,2. Type
lation boréale.                                       spectral : A3. Distance : 25,1 années de lu-
Aucune de ses étoiles n'a une magnitude               mière. Rayon : 1,5 fois celui du Soleil. En
inférieure à 3,5. Les plus brillantes dessinent       1983, le satellite IRAS a découvert autour de
approximativement une flèche orientée sud-            cette étoile, par son émission de rayonne-
ouest/nord-est, au nord de l'Aigle. La princi-        ment infrarouge, un nuage de particules so-
pale curiosité de la constellation est l'amas         lides qui pourrait être un système planétaire
globulaire M71, à mi-distance entre y et S            en formation.
Sge, qui est situé à 18 000 années de lumière.
                                                      fond du ciel. Ensemble des sources de
F l e e t s a t c o m . Satellites géostationnaires   rayonnement contribuant au signal reçu par
américains de télécommunications militai-             un instrument astronomique, sur lequel se
res lancés depuis 1978.                               détachent les astres observés. Pour un obser-
ENCYCL. Pesant environ 2 t, ils sont équipés          vateur terrestre, il comprend la lumière zo-
chacun de 23 canaux UHF de télécommuni-               diacale, les émissions atmosphériques, les
cations et peuvent relayer plus de 1 300              étoiles et les astres invisibles et, le jour, la
communications téléphoniques simultanées              lumière solaire diffusée par l'atmosphère.
et assurer des transmissions télégraphiques
ou de données.                                        fondamental, e adj. 1. Qualifie un catalo-
                                                      gue stellaire donnant des positions d'étoiles
flint n.m. (mot anglais, abréviation de flint-        qui ont été déterminées de façon absolue et
glass). Verre à base de plomb, fortement dis-         avec la plus haute précision possible en
persif, utilisé dans les instruments d'opti-          compilant de nombreuses observations.
que, en association avec des lentilles en             ENCYCL. On détermine les positions absolues
crown, pour obtenir la correction des aberra-         des étoiles en observant les instants de leurs
tions chromatiques.                                   passages au méridien. La combinaison des
                                                      résultats obtenus dans plusieurs observatoi-
flocculi n.m.pl. (mot latin). Structures fines        res permet d'accroître la précision. Une série
d'apparence floconneuse, que l'on distingue           de catalogues fondamentaux a été publiée
sur les images monochromatiques de la                 par l'observatoire de Heidelberg. FK
chromosphère solaire.                                 2. Qualifie l'époque choisie comme origine
                                                      d'une échelle de mesure du temps. 3. Quali-
fluorite n.f. Bifluorure de calcium utilisé           fie le plan de référence d'un système parti-
pour la fabrication de doublets achromati-            culier de coordonnées. Par exemple, l'équa-
ques*.                                                teur est le plan fondamental du système de
                                                      coordonnées équatoriales.
focal, e adj. Relatif au foyer d'une lentille,
d'un miroir, d'un système optique. Distance           For. Abréviation de Fornax, désignant la
focale ou focale (n.f.) : distance du foyer prin-     constellation du Fourneau.
171                                                                                       Fowler

F o r n a x (-acis) Nom latin de la constella-      puisqu'ils n'y passent pas. La figure obtenue
tion du Fourneau (abrév. For).                      (qui peut être aisément photographiée) re-
                                                    présente, très exagérés, les creux et les bos-
fossa (mot latin ; pl. fossae). n i . Vallée lon-   ses de la surface par des ombres plus ou
gue, étroite et peu profonde, dans la nomen-        moins marquées ; les défauts mis en évi-
clature internationale du relief des surfaces       dence sont, en général, d'une dimension in-
planétaires.                                        férieure au micron. On peut ainsi procéder
                                                    aux retouches de polissage nécessaires.
Foucault (Léon), physicien français (Paris
1819 - id. 1868).                                   Foucault (pendule de). Pendule conçu
Collaborateur de Fizeau*, puis d'Arago*, il         en 1851 par L. Foucault pour démontrer la
détermina, en 1850, la vitesse de la lumière        rotation de la Terre.
dans l'air, dans l'eau et dans divers milieux       ENCYCL. Il est constitué par une lourde masse
transparents ; les résultats qu'il obtint           suspendue par un long fil attaché de telle
confortèrent la théorie ondulatoire de la lu-       sorte que la masse puisse se balancer dans
mière et contribuèrent à ruiner la théorie de       n'importe quel plan. Mis en oscillation dans
l'émission. A la même époque, il montra             un plan vertical, le pendule continue son
l'existence, dans les masses métalliques, de        mouvement de balancement dans un plan
courants induits, nommés depuis courants de         qui, pour un observateur lié à la Terre,
Foucault. En 1851, il mit en évidence le mou-       tourne dans le sens des aiguilles d'une mon-
vement de rotation de la Terre grâce à une          tre, faisant un tour complet en 24 h/sin cp,
expérience, restée célèbre, qui consistait à        <p étant la latitude du lieu. Cette expérience
observer la rotation du plan d'oscillation          met en évidence le mouvement de rotation
d'un pendule suspendu sous la coupole du            de la Terre.
Panthéon. L'année suivante, il inventa le gy-
roscope et établit la théorie des phénomènes        foucaultage n.m. Opération de contrôle
gyroscopiques. En 1857, il eut l'idée de subs-      de la surface optique d'un miroir de téle-
tituer, dans les télescopes, des miroirs de         scope par la méthode de Foucault.
verre argenté aux miroirs métalliques. Enfin,
en 1858, il inventa une méthode de retou-           Fourneau (en latin Fornax, -acis). Constel-
ches locales pour la fabrication des miroirs        lation australe, au sud de la Baleine et à
paraboliques, dont l'emploi est devenu clas-        l'ouest de l'Eridan, introduite par La Caille
sique dans la réalisation des télescopes.           en 1752 sous la dénomination de « Fourneau
                                                    du chimiste ».
Foucault ( m é t h o d e de). Méthode de            ENCYCL. Son étoile la plus brillante est de ma-
contrôle de la surface optique d'un miroir de       gnitude apparente voisine de 4. Située à
télescope due à L. Foucault.                        proximité du pôle galactique sud, c'est-à-
ENCYCL. Le principe de cette méthode                dire dans une direction où l'on peut obser-
consiste à déterminer le rayon de courbure          ver plus facilement l'espace extérieur à notre
des zones concentriques du miroir. On ap-           galaxie, cette constellation recèle, notam-
proche une lame de couteau, dans le plan            ment dans sa partie sud-est, de nombreuses
focal du miroir, du foyer lui-même, tout en         galaxies, dont les plus brillantes sont obser-
observant le miroir, éclairé en lumière paral-      vables avec un télescope de 100 à 150 mm
lèle dans la direction de l'axe optique. Le         d'ouverture. Elle renferme aussi une galaxie
miroir parfait doit donner une image ponc-          naine, membre du Groupe* local, située à
tuelle au foyer. On voit donc, si la lame se        600 000 années de lumière, mais celle-ci est
déplace bien dans le plan focal, le miroir          inaccessible aux instruments d'amateur.
éclairé uniformément s'éteindre d'un coup
sur toute sa surface au moment où la lame           Fowler (William Alfred), astrophysicien
passe au foyer. S'il subsiste des défauts de        américain (Pittsburgh, Pennsylvanie, 1911 -
courbure, certains rayons seront occultés           Pasadena, Californie, 1995).
avant que la lame n'atteigne le foyer,              Entré en 1933 au California Institute of
d'autres continueront à être visibles après,        Technology, il y a enseigné la physique à
foyer                                                                                          172

partir de 1939. Physicien nucléaire de for-        par la chromosphère de cette étoile des ra-
mation, il s'est orienté ensuite vers l'astro-     diations émises par sa photosphère.
physique, au développement de laquelle il a        ENCYCL. Découvertes en 1814 par Fraunhofer
apporté une contribution majeure dans le           dans le spectre du Soleil, ces raies ont été
domaine de la nucléosynthèse* stellaire. Il a      détectées depuis dans certains spectres stel-
partagé le prix Nobel de physique 1983 avec        laires, et l'on a pu en identifier au total envi-
S. Chandrasekhar.                                  ron 25 000. Les raies les plus fortes sont
                                                   dues à la présence de calcium ionisé, d'hy-
foyer n.m. 1. Point où convergent les              drogène neutre, de sodium et de magné-
rayons lumineux (ou les ondes radio) émis          sium ; les plus faibles, à la présence de fer.
par un astre après avoir été collectés par un      Leur étude permet de déterminer non seule-
miroir ou un objectif (ou une antenne). 2.         ment la composition chimique, mais aussi
Point fixe qui, associé à une droite donnée        les conditions physiques dans les couches
(directrice), permet met de définir une coni-      extérieures du Soleil et des étoiles.
que (ellipse, parabole ou hyperbole).
                                                   freinage ( r a y o n n e m e n t de). Rayonne-
FR1 (abréviation de France). Nom du pre-           ment émis lors du ralentissement subi par
mier satellite scientifique français, placé sur    des particules chargées électriquement de
orbite le 6 décembre 1965 par un lanceur           grande énergie lorsqu'elles traversent la ma-
américain Scout depuis la base de Vanden-          tière.
berg (Californie). Il était chargé d'étudier les
                                                   ENCYCL. Une particule chargée qui passe assez
couches ionisées de l'atmosphère par obser-
                                                   près d'un noyau est déviée par le champ
vation de la propagation d'ondes radioélec-
                                                   électrostatique que crée celui-ci. Ce change-
triques de très basse fréquence. Conçu pour
                                                   ment de direction est accompagné de l'émis-
une durée de vie de trois mois, il fonctionna
                                                   sion d'un photon gamma. L'énergie perdue
parfaitement jusqu'au 26 août 1968, accom-
                                                   par la particule, du fait de son ralentisse-
plissant plus de 14 000 révolutions terres-
                                                   ment, se retrouve dans celle du photon. Ce
tres.
                                                   phénomène est d'autant plus important que
                                                   la particule est plus rapide et que le noyau
F r a Mauro. Cratère lunaire, au nord-ouest
                                                   est plus lourd, SYN. : Bremsstrahlung.
de la mer des Nuées. Coordonnées : 6° S.,
17° N. Diamètre : 95 km. La mission Apollo
14 a atterri au nord de ce cratère.                freinage atmosphérique. 1. Diminu-
                                                   tion de la vitesse d'un satellite provoquée
Fraunhofer (Joseph von), opticien et phy-          par l'atmosphère résiduelle qu'il traverse. 2.
sicien allemand (Straubing, Bavière, 1787 -        Utilisation de la traînée aérodynamique
Munich 1826).                                      pour diminuer la vitesse d'un engin spatial
D'abord apprenti chez un fabricant de gla-         pénétrant dans une atmosphère ; résultat de
ces, devenu très jeune orphelin, il reçut un       cette opération.
don de l'Électeur de Bavière et entra comme        ENCYCL. Pour une orbite elliptique, le freinage
élève à la fabrique d'instruments d'optique        se produit pour l'essentiel au voisinage du
de Munich. Il inventa le spectroscope et put,      périgée, où la densité atmosphérique est la
grâce à son emploi, repérer les raies du spec-     plus forte. La diminution de vitesse du satel-
tre solaire (1814), auxquelles on a donné son      lite qui en résulte provoque un abaissement
nom. Il se spécialisa ensuite dans la réalisa-     de l'altitude de l'apogée, l'orbite tend à de-
tion de lentilles achromatiques. Par la suite,     venir circulaire et le processus s'accélère
vers 1822, il imagina d'utiliser des réseaux,      jusqu'à la rentrée du satellite dans les cou-
commença l'analyse de la lumière prove-            ches denses de l'atmosphère. En général, le
nant des principales sources naturelles ou         freinage atmosphérique peut être considéré
artificielles et dressa une première classifica-   comme une simple perturbation du mouve-
tion spectrale des étoiles.                        ment orbital du satellite, mais, lorsque l'alti-
                                                   tude est inférieure à 200 km, la densité at-
Fraunhofer (raies de). Raies sombres               mosphérique devient trop élevée et il faut
du spectre d'une étoile dues à l'absorption        appliquer les lois de l'aérodynamique hyper-
173                                                                                        fusée

sonique qui régissent les conditions de ren-      si l'on franchit la ligne de changement de
trée dans l'atmosphère.                           date de l'ouest vers l'est (inversement, si
On utilise le freinage atmosphérique pour la      l'on franchit cette ligne de l'est vers l'ouest,
récupération de capsules spatiales sur la         on doit ajouter 1 au quantième). La ligne de
Terre ou pour l'atterrissage de sondes à la       changement de date ne coïncide pas rigou-
surface d'autres planètes, durant la première     reusement avec le méridien 180° (antiméri-
phase de leur descente dans l'atmosphère,         dien de Greenwich) sur toute sa longueur,
avant l'ouverture de parachutes.        aéro-     de manière à éviter certaines îles, notam-
capture                                           ment dans la région du détroit de Béring et
                                                  du groupe des îles Aléoutiennes.
Friedmann (Aleksandr), astronome et               En principe, chaque pays, ou chaque pro-
mathématicien russe (Saint-Pétersbourg            vince pour les pays étendus, devrait adop-
1888-1925).                                       ter comme heure légale l'heure du fuseau
En se fondant sur la théorie de la relativité*    qui contient la majeure partie de son terri-
d'Einstein*, il a développé, en 1922, des mo-     toire. Mais il existe en fait de nombreuses
dèles d'univers isotrope, dont la densité         dérogations, notamment par suite de l'usage
moyenne et le rayon varient au cours du           de l'heure d'été. Toutefois, la règle essen-
temps, et qui sont à la base de la cosmolo-       tielle selon laquelle l'heure légale doit diffé-
gie* moderne.                                     rer du temps universel d'un nombre entier
                                                  d'heures est presque universellement res-
Frimout (Dirk), ingénieur, chercheur et           pectée.
spationaute belge (Poperinge 1941).
Sélectionné comme astronaute par la NASA          F U S E (sigle de l'angl. Far Ultraviolet Spec-
en 1985, il devient, en 1992, le premier ci-      troscopie Explorer). Satellite d'astronomie
toyen belge à accomplir un vol spatial, en        dans l'ultraviolet, fruit d'une collaboration
participant, du 24 mars au 2 avril, en tant       entre les agences spatiales des Etats-Unis, de
que spécialiste de charge utile, à la 46 e mis-   la France et du Canada.
sion de la navette américaine et au pro-          ENCYCL. Lancé le 24 juin 1999, il a été placé en
gramme Adas 1 d'étude de l'atmosphère.            orbite à 768 km d'altitude. Il emporte un
                                                  spectrographe à haute résolution et ses ob-
Fucino. Ville d'Italie, à 120 km de Rome.         servations s'effectuent dans la bande de lon-
ENCYCL.  Un centre de télécommunications          gueurs d'onde comprise entre 90,5 et 118,5
spatiales (32 antennes), géré par Telespazio,     nm, où se trouvent les principales raies spec-
assure l'exploitation des systèmes euro-          trales de l'hydrogène. Les principaux objec-
péens et internationaux (ESA, Intelsat, In-       tifs scientifiques de sa mission sont la déter-
marsat, etc.).                                    mination de l'abondance du deutérium
                                                  (pour une meilleure compréhension de l'his-
fuseau horaire. Chacun des vingt-quatre           toire de l'Univers), l'étude du milieu inter-
fuseaux     géométriques      conventionnels,     stellaire et une meilleure compréhension de
d'une amplitude de 15°, entre lesquels est        l'évolution chimique des galaxies.
partagée la surface de la Terre, et dont tous
les points ont en principe la même heure          fusée (du latin fusus, fuseau, en raison de
légale.                                           l'analogie de forme) n.f. 1. Projectile qui
ENCYCL. Les fuseaux horaires sont numérotés       assure lui-même sa propulsion. 2. Véhicule
de 0 à 23 à partir du méridien* origine, en       mû par un moteur à réaction (dit « moteur-
allant vers l'est. Par convention, l'heure cor-   fusée ») et capable d'évoluer hors de l'at-
respondant à chacun d'eux est le temps*           mosphère.
universel coordonné augmenté d'un nom-            ENCYCL. Inventeurs de la poudre noire (mé-
bre d'heures égal au numéro du fuseau.            lange savamment dosé de salpêtre, de sou-
Lorsque ce numéro dépasse 12, il faut, en         fre et de charbon de bois), les Chinois ont
outre, retrancher 1 au quantième. Dans la         construit et lancé les premières fusées, vrai-
zone du globe correspondant au douzième           semblablement vers le XIe ou le xne siècle. La
fuseau, on ne retranche 1 au quantième que        période précise de cette invention demeure
fusée-sonde                                                                                 174

incertaine tant il est difficile de déterminer    (qui plafonnent vers 40 km) ni les satellites
si les « flèches à feu », souvent citées dans     (qui gravitent au-delà de 200 km).
les textes anciens, étaient porteuses de feu      Les premières connaissances sur l'environ-
ou propulsées par fusée.                          nement terrestre (ionosphère, magnétos-
Par contre, les armes incendiaires utilisées      phère...) ont été acquises de cette façon par
par les guerriers de l'Antiquité et du Moyen      les États-Unis et l'ex-URSS vers le milieu du
Age, par exemple le feu grégeois, ne peu-         siècle. Depuis cette époque, des milliers de
vent être assimilées à des fusées puisqu'il       fusées-sondes ont été lancées de par le
s'agissait simplement de mélanges incen-          monde à des fins scientifiques (géophysique
diaires projetés par baliste ou catapulte.        externe, aéronomie, météorologie, astrono-
L'emploi de flèches à feu propulsées par la       mie, physique solaire et même biologie au
combustion de poudre est attesté en Chine         moyen de cobayes : chats, singes, rats, etc.).
au xiie siècle. L'invention gagne l'Occident,     Pour sa part, la France a mené pendant une
qui l'utilise largement au cours des siècles      quinzaine d'années (approximativement en-
suivants, principalement pour le divertisse-      tre 1960 et 1975) un important programme
ment (feux d'artifice) et la guerre.              de recherches scientifiques et technologi-
L'idée d'employer la fusée comme moteur           ques avec des centaines de fusées-sondes
de gigantesques machines aptes au voyage          (Centaure, Véronique, Dragon, Eridan...)
dans l'espace semble être émise, pour la pre-     lancées en France (île du Levant, Kourou), en
mière fois, par le Russe Tsiolkovski à la fin     Algérie (Hammaguir, Colomb-Béchar, Reg-
du xixe siècle.                                   gane) et au cours de campagnes à l'étranger
Après lui, trois chercheurs isolés, qui ne se     (Brésil, Norvège, Islande, îles Kerguelen,
sont pas connus, travaillent à la théorie et à    terre Adélie, etc.).
la construction des fusées : l'Américain R.H.     Le second type d'applications concerne les
Goddard, l'Allemand H. Oberth et le Fran-         recherches en micropesanteur. Dans ce cas,
çais R. Esnault-Pelterie. Leurs travaux abou-     on met à profit la très faible pesanteur rési-
tissent à la mise au point des grosses fusées,    duelle observée dans la partie supérieure de
capables de placer sur orbite des satellites      la trajectoire de la pointe lorsque la propul-
artificiels, auxquelles on réserve générale-      sion a cessé et que le frottement aérodyna-
ment le nom de lanceur*.                          mique est encore réduit. Selon les vols, on
                                                  peut obtenir une micropesanteur de 10"4 g
                                                  pendant cinq à quinze minutes. C'est là une
fusée-sonde n.f. Fusée décrivant une tra-         application, plus récente que la précédente,
jectoire suborbitale qui permet d'effectuer       qui permet aux scientifiques de préparer des
des mesures et des expériences.                   expériences appelées à voler sur un véhicule
ENCYCL. Lancée verticalement, une fusée-          spatial du type navette ou satellite. Les ap-
sonde peut emporter des centaines de kilo-        plications concernent surtout la science des
grammes d'instruments ou d'expériences            matériaux (expériences de fusion et de soli-
scientifiques à une altitude très élevée, entre   dification) et intéressent notamment les
une centaine et un millier de kilomètres se-      États-Unis, le Japon et l'Europe, qui a décidé,
lon les modèles. Sa charge utile, abritée dans    en 1982, un programme de ce type avec les
la pointe de l'engin, est récupérée avec un       fusées-sondes Texus et, depuis 1991,
parachute. Cette possibilité a donné lieu à       Maxus.
deux catégories d'applications. La première
est l'exploration (ou sondage) de la haute        fuséologie n.f. Science et technique des
atmosphère, que n'atteignent ni les ballons       fusées.
                                       g
G. Type spectral caractérisant, dans la clas-
sification de Harvard, les étoiles dont la tem-
pérature superficielle est comprise entre
5 000 et 6 000 K : des étoiles jaunes ou blan-
                                                  galactique adj. Relatif à la Galaxie ou à
                                                  une galaxie. Coordonnées galactiques : coor-
                                                  données sphériques (latitude et longitude
                                                  galactiques) dans un système direct dont le
ches, dont le spectre est dominé par les raies    plan fondamental est le plan galactique, le
de métaux neutres. Exemple : le Soleil, Ca-       pôle positif étant situé dans l'hémisphère
pella.                                            céleste boréal. L'origine des longitudes est la
                                                  direction du centre de la Galaxie. Plan galac-
G a c r u x (du latin gafmma] aux). Etoile y de   tique : plan de symétrie de la Galaxie. Pôles
la Croix du Sud. Magnitude apparente vi-          galactiques : points d'intersection de la
suelle : 1,6. Type spectral : M4. Distance :      sphère céleste avec une normale au plan
88 années de lumière.                             galactique. Les coordonnées équatoriales du
                                                  pôle galactique nord, rapportées à l'équi-
Gagarine (Iouri Alekseïevitch), pilote mili-      noxe 1950, sont : ascension droite = 12 h 49
taire et cosmonaute soviétique (Klouchino,        min, déclinaison = + 27° 24'. Rotation galacti-
district de Gjatsk, auj. Gagarine, région de      que : mouvement de rotation d'ensemble de
Smolensk, 1934 - région de Kirjatch 1968).        la Galaxie.
Sélectionné en 1960 dans la première équipe
de cosmonautes, il a été le premier homme         Galatea. Nom international du satellite
à accomplir un vol spatial, le 12 avril 1961, à   Galatée.
bord du vaisseau Vostok 1. Au cours de ce
vol, qui dura 108 minutes, il effectua une        Galatée. Satellite de Neptune n° IV, dé-
révolution autour de la Terre. Il a trouvé la     couvert en 1989 par la sonde américaine
mort le 27 mars 1968 dans un accident             Voyager 2. Nom international : Galatea. De-
d'avion d'entraînement militaire.                 mi-grand axe de son orbite : 62 000 km.
                                                  Période de révolution sidérale : 10,3 h. Dia-
GAIA. Projet de satellite d'astrométrie en-       mètre : 160 km.
visagé par l'Agence spatiale européenne
dans le cadre du programme scientifique           galaxie n.f. (du grec galaksias, Voie lactée,
Horizon 2000+.                                    de gala, -aktos, lait). Vaste ensemble d'étoi-
ENCYCL. Ses performances seraient très supé-      les et de matière interstellaire, isolé dans
rieures à celles, déjà remarquables, du satel-    l'espace, dont la cohésion est assurée par la
lite Hipparcos*. Placé en orbite au point de      gravitation.
Lagrange* L2 du système Terre-Soleil, il per-     ENCYCL. Le système solaire est inclus à l'inté-
mettrait de mesurer les distances et les vites-   rieur d'une galaxie que l'on désigne par une
ses de plus d'un milliard d'objets célestes,      majuscule.                   -—^
jusqu'à la magnitude 20 ou 21. La précision       LA GALAXIE. En première approximation, on
des mesures astrométriques effectuées at-         peut considérer la Galaxie comme consti-
teindrait 10 microsecondes d'arc.                 tuée par un disque très aplati dont le diamè-
galaxie                                                                                                     176

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tre est voisin de 30 000 parsecs (100 000 al),          voisinage des étoiles chaudes, et sous forme
et dont l'épaisseur est à peu près uniforme,            de gaz froid, décelable seulement dans le
avec une grosse boursouflure vers le centre             domaine des ondes radio, loin des étoiles
(5 000 pc), appelée le bulbe. Le centre est             chaudes. L'ensemble du gaz et des poussiè-
situé pour nous vers la constellation du Sa-            res constitue le milieu interstellaire* ; il re-
gittaire. La position du Soleil y est sensible-         présente environ 10 % de la masse de la
ment excentrée, aux deux tiers d'un rayon à             Galaxie.
partir du centre et légèrement au N. du plan            Le disque renferme environ 70 % de la
moyen, l'épaisseur du disque aux environs               masse totale ; il contient des étoiles d'âges
du Soleil étant d'environ 1 000 pc. La                  et de masses variés, et toute la matière in-
concentration de matière diminue du centre              terstellaire. Cette dernière et les étoiles les
vers les bords. Autour du disque se répartis-           plus jeunes sont réparties le long de bras
sent des amas* globulaires dans un système              spiraux dans un disque d'épaisseur très fai-
sphéroïdal appelé le halo.                              ble, de l'ordre de 200 al. Les étoiles plus
Différents constituants. La Galaxie est un en-          vieilles et les nébuleuses planétaires sont
semble d'étoiles, de gaz et de poussières. La           moins concentrées dans le disque galacti-
présence de gaz se manifeste sous forme de              que, avec une épaisseur moyenne de l'ordre
nébuleuses* brillantes, ou régions H II, au             de 700 à 1 000 al.
177                                                                                       galaxie

Le bulbe contient une très faible proportion      cela correspond à une durée de 240 millions
de gaz : il est pour l'essentiel constitué        d'années pour effectuer un tour complet. En
d'étoiles vieilles riches en métaux et d'étoi-    plus de ce mouvement d'ensemble, le Soleil
les de population* II. La répartition du gaz      a, par rapport aux étoiles de son voisinage,
interstellaire révélée par les observations ra-   un mouvement particulier. Celui-ci s'effec-
dioastronomiques de l'hydrogène neutre à          tue à une vitesse de 19,6 km-s"1, en direction
21 cm de longueur d'onde et du monoxyde           d'un point du ciel appelé apex*.
de carbone indique une structure complexe         Structure spirale. La structure spirale du dis-
et d'importants mouvements d'expansion            que de la Galaxie a été révélée en 1950-51
du gaz à partir du centre galactique, avec en     par les observations de la raie à 21 cm de
particulier une concentration en anneau à         l'hydrogène neutre émise par le gaz inter-
environ 10 000 al du centre. La région cen-       stellaire. Plus récemment, le tracé détaillé
trale, la plus dense, est appelée noyau.          des bras a été obtenu à partir de la réparti-
Le centre même de la Galaxie coïncide avec        tion des régions d'hydrogène ionisé et de
une radiosource compacte, Sagittarius* A,         leurs étoiles excitatrices, en utilisant à la fois
d'un diamètre inférieur à 20 fois la distance     les observations optiques et en ondes radio
Terre-Soleil. C'est aussi une source de           de ces régions.
rayons X et d'infrarouge, et il est entouré de    Le maintien d'une structure spirale malgré la
nuages d'hydrogène ionisé en mouvement.           rotation différentielle s'explique à partir du
On ne sait s'il s'agit d'un amas très dense       concept d'« ondes* de densité ». Dans cette
d'étoiles ou d'un trou* noir d'une masse de       théorie, la formation des bras spiraux est
plusieurs millions de fois celle du Soleil.       liée à la propagation d'une perturbation du
Le halo est essentiellement peuplé d'étoiles      potentiel gravitationnel qui se superpose à
âgées et de population II réparties dans les      la rotation galactique.
amas globulaires. Certaines observations ré-      LES GALAXIES. L'existence d'autres galaxies plus
centes donnent à penser qu'il y a également       ou moins semblables à la nôtre fut pressen-
une large couronne gazeuse autour du dis-         tie dès le xvnie siècle par des savants comme
que.                                              les Britanniques J. Wright et W. Herschel*
Mouvements et rotation différentielle. En         ou des philosophes comme l'Allemand E.
1926-27, B. Lindblad et J.H. Oort ont établi      Kant. Mais la preuve n'en a été apportée
que le système des étoiles constituant le dis-    qu'en 1924, lorsque E. Hubble* mit en évi-
que est animé d'une rotation d'ensemble           dence des étoiles dans la nébuleuse M31
autour d'un centre situé dans la direction du     d'Andromède et établit que cette nébuleuse
Sagittaire - la direction du centre de notre      était en fait une gigantesque concentration
Galaxie - et suivant un axe perpendiculaire       d'étoiles et de matière interstellaire, située à
au disque. Cette rotation d'ensemble ne           l'extérieur de la Galaxie. On connaît à pré-
s'effectue pas comme celle d'un corps so-         sent des dizaines de millions de galaxies et
lide, mais est une rotation différentielle qui    celles-ci apparaissent comme le constituant
peut être caractérisée par une courbe de ro-      fondamental de l'Univers.
tation donnant la vitesse de rotation en          Ce sont de vastes systèmes dont le diamètre
fonction de la distance au centre. Dans les       typique est de l'ordre de 100 000 al, qui
régions centrales, à moins de 2 000 al du         contiennent des étoiles (de l'ordre de
centre, cette vitesse reste proportionnelle à     100 milliards en moyenne), du gaz (de 0 à
la distance au centre, ce qui traduit une rota-   30 % de la masse totale) et des poussières.
tion identique à celle d'un corps solide. Plus    Classification. Hubble a proposé en 1926 de
loin du centre, la vitesse augmente, passe        classer les galaxies en trois grandes catégo-
par un maximum (voisin de 250 km/s), puis         ries : elliptiques, spirales (barrées ou non) et
diminue avant de croître à nouveau, ce qui        irrégulières. Cette classification essentielle-
indique la présence d'une couronne de ma-         ment morphologique comporte des subdivi-
tière invisible au-delà du bord visible du        sions plus fines, qui caractérisent ce que l'on
système. Le Soleil et le système solaire dé-      appelle le type morphologique de la galaxie.
crivent dans la Galaxie une trajectoire circu-    Des classifications plus détaillées ont été
laire avec une vitesse d'environ 250 km-s"1 ;     élaborées à partir des clichés modernes.
galaxie                                                                                     178

Les galaxies elliptiques (en réalité, ellipsoï-   bras, ne sont pas les étoiles des galaxies,
dales) constituent environ 15 % de l'ensem-       mais les nébuleuses brillantes (ou régions
ble des galaxies.                                 HII) entourant les étoiles chaudes.
Les galaxies lenticulaires et spirales (classi-   La distribution du gaz froid dans les galaxies
ques ou barrées) sont des systèmes plats et       se manifeste dans le domaine des ondes
constituent environ 80 % de l'ensemble. Les       radio, essentiellement par l'émission de la
galaxies lenticulaires n'ont pas de bras spi-     raie à 21 cm de l'hydrogène neutre (princi-
raux, alors que les galaxies spirales, comme      pal constituant du milieu interstellaire) et
notre Galaxie, ont leur gaz et leurs étoiles      des raies émises par certaines molécules (les
concentrés dans des bras spiraux. Les ga-         plus importantes sont OH à 18 cm et CO à
laxies spirales se distinguent en type Sa, S b,   2,6 mm). Les cartographies détaillées obte-
Sc suivant l'importance relative de leur          nues avec les radio-interféromètres mon-
noyau - qui décroît des Sa vers les Se - et le    trent clairement que le gaz froid (essentielle-
degré d'enroulement des bras autour du            ment l'hydrogène neutre) est lui aussi
noyau, ceux-ci étant très serrés pour les S a     réparti le long de la structure spirale visible
et s'ouvrant progressivement vers les Se.         en optique.
Les galaxies irrégulières n'ont pas de forme      Mouvements. La mesure des décalages des
géométrique bien définie et elles sont beau-      raies observées (en optique et en radio) en
coup moins fréquentes ; elles ne représen-        différents points sur une galaxie permet de
tent que 3 % environ de l'ensemble des ga-        déterminer les mouvements de cette ga-
laxies.                                           laxie, à la fois le mouvement d'ensemble du
Enfin, une très petite proportion de galaxies     système et les mouvements internes dans la
(2 %) n'entre pas dans cette classification ;     galaxie.
ces galaxies sont dites particulières. La plu-    La rotation interne de l'ensemble des consti-
part résultent vraisemblablement de l'inter-      tuants d'une galaxie est un phénomène gé-
action ou de la collision de deux ou de plu-      néral. Pour les galaxies spirales, elle se tra-
sieurs galaxies.                                  duit par une rotation différentielle du même
Propriétés physiques. L'analyse du contenu        type que celle observée pour notre Galaxie,
des galaxies (proportion relative des diffé-      mais dont l'amplitude maximale dépend de
rents types d'étoiles, nébuleuses brillantes,     la luminosité de la galaxie. Les galaxies irré-
gaz froid loin des étoiles chaudes) par les       gulières apparaissent également comme des
méthodes optiques et radioastronomiques           systèmes légèrement aplatis et animés d'une
(en particulier, à partir de la raie à 21 cm de   très faible rotation d'ensemble (de l'ordre de
l'hydrogène neutre) montre que la séquence        quelque 10 km-s"1). Les mouvements dans
des types morphologiques a une significa-         les galaxies elliptiques sont essentiellement
tion physique liée à la proportion d'étoiles      aléatoires ; les dispersions sont de quelques
jeunes (chaudes et bleues) et de gaz.             centaines de km-s"1, alors que les vitesses de
Les galaxies elliptiques ne possèdent ni étoi-    rotation ne semblent pas dépasser quelques
les jeunes ni poussières, et ont très peu de      dizaines de km-s"1.
gaz.                                              Distance et répartition. La détermination des
Les galaxies Sa ont peu d'étoiles jeunes et de    distances des galaxies repose sur des métho-
gaz, et cette proportion augmente régulière-      des indirectes. Elles appliquent des relations
ment quand on parcourt la séquence vers les       (ou critères de distance) établies et calibrées
irrégulières. Ces dernières sont très riches      avec des astres de distance connue, entre un
en étoiles jeunes et en région HII, et une        paramètre observationnel et la luminosité
part importante (environ 30 %) de leur            ou une dimension géométrique. On utilise,
masse est sous forme de gaz (essentielle-         par exemple, la période des céphéides* ou le
ment de l'hydrogène neutre).         /            diamètre des régions HII. On construit ainsi
La distribution des étoiles chaudes et des        une échelle de distance de proche en proche
régions HII en bras spiraux dans le disque        en partant des indications primaires que
des galaxies spirales est clairement visible      sont les critères fondés sur des relations et
sur les photographies ; les taches quasi cir-     calculs de calibre, dans notre Galaxie, et en
culaires très lumineuses, qui dessinent ces       établissant une succession d'autres critères
179                                                                                       Galilée

qui, eux, ne sont plus directement calibrés        est aussi lié à son environnement. En parti-
dans notre Galaxie. distance                       culier, les interactions gravitationnelles en-
La distance moyenne entre deux galaxies            tre galaxies proches induisent des déforma-
représente une trentaine de fois leur diamè-       tions de structure et peuvent stimuler le taux
tre. Mais la répartition des galaxies n'est pas    de formation des étoiles.
uniforme ; seulement 20 % des galaxies             Galaxies actives. Certaines galaxies (moins
sont isolées, les autres étant groupées en         de 5 % de l'ensemble) présentent des carac-
paires, triplets, groupes, amas* et supera-        téristiques anormales qui traduisent une ac-
mas*.                                              tivité importante localisée dans leur noyau ;
Décalage spectral vers le rouge. Les raies des     il s'agit des galaxies à noyau actif : radioga-
spectres des galaxies sont systématique-           laxies*, galaxies de Seyfert*, galaxies N*,
ment décalées vers le rouge, et le décalage        quasars*. D'autres galaxies particulières : ga-
est proportionnel à leur distance. Ce phéno-       laxies de Haro, galaxies de Markarian, ga-
mène s'interprète simplement dans le cadre         laxies à grumeaux, présentent un excès
de la théorie de la relativité générale comme      d'émission ultraviolette et bleue qui pour-
une conséquence de l'expansion de l'Uni-           rait traduire une production récente et in-
vers. Au début de 1999, le plus grand déca-        tense d'étoiles très bleues et lumineuses. Le
lage spectral observé est de 6,68 (raies spec-     satellite IRAS* a découvert en 1983 des ga-
trales décalées de 668 %), pour une galaxie        laxies qui émettent principalement du
de magnitude 28 découverte avec le téles-          rayonnement infrarouge. On pense que les
cope spatial Hubble dans la constellation de       galaxies de ce type, dites galaxies infrarouges,
la Grande Ourse.                                   ont un taux de formation d'étoiles anorma-
Évolution. Les grandes lignes de l'évolution       lement élevé, ce qui leur vaut d'être appe-
des galaxies sont réglées par les transforma-      lées aussi galaxies à flambées d'étoiles. Toutes
tions mutuelles subies par leurs constituants      ces anomalies pourraient correspondre à
fondamentaux, qui sont les étoiles et le gaz       certaines phases brèves d'activité d'une ga-
interstellaire. Les étoiles au cours de leur       laxie, au cours de son évolution.
évolution restituent une faible partie du gaz
initial au milieu interstellaire, mais cette pe-   Galilée (Galileo Galilei, dit), astronome et
tite fraction a une composition chimique           physicien italien (Pise 1564 - Arcetri 1642).
qui s'est enrichie en éléments lourds fabri-       Il est l'un des fondateurs de la mécanique
qués par les étoiles. Ainsi, l'évolution d'une     moderne. Ses vues sont encore assez dépen-
galaxie se traduit par un appauvrissement          dantes de l'aristotélisme dans le De motu
progressif de son contenu global en gaz au         (1590). Si, dès 1604, il s'intéresse à la loi de
profit des étoiles et par un enrichissement        la chute des corps dans le vide, il ne la déter-
en éléments lourds de la composition chimi-        minera exactement qu'après de nombreuses
que du milieu interstellaire résiduel.             années, ayant d'abord cru que c'était le
On admet généralement aujourd'hui que              temps, et non la vitesse, qui était propor-
toutes les galaxies se sont formées simul-         tionnel à la longueur. Et c'est surtout à partir
tanément, environ un ou deux milliards             de 1632, dans le Dialogo sopra i due massimi
d'années après le Big* Bang (selon un pro-         sistemi del mondo, qu'il démontre clairement
cessus encore mal élucidé), mais que les dif-      que cette loi est indépendante de la masse et
férents types morphologiques traduisent            de la densité du corps, deux corps de masse
des rythmes très différents du taux de for-        ou de densité différente lâchés de la même
mation des étoiles. Ainsi, les galaxies ellipti-   hauteur tombant au sol au même instant.
ques seraient celles qui ont transformé prati-     Ses expériences concernant la descente d'un
quement tout leur gaz en étoiles dès leur          corps le long d'un plan incliné vont le
formation. Les irrégulières, au contraire,         conduire, par la considération du cas limite
transformeraient très lentement leur gaz en        du plan horizontal, à la première formula-
étoiles. Les spirales auraient un rythme in-       tion du principe d'inertie, mais sous une
termédiaire de transformation du gaz en            forme n'ayant pas la généralité que lui don-
étoiles. Toutefois, des résultats récents indi-    nera Descartes. D'ailleurs, Galilée demeure
quent que le contenu gazeux d'une galaxie          attaché à l'idée aristotélicienne que le mou-
galiléen                                                                                            180

vement circulaire est un mouvement parfait          m, qui prend l'accélération y. On dit aussi
et naturel. En revanche, il a le grand mérite       référentiel d'inertie, référentiel inertiel. Transfor-
d'affirmer le premier, bien que sous une            mation galiléenne : loi de transformation des
forme un peu imparfaite, le principe de la          coordonnées d'espace-temps en cinémati-
relativité du mouvement de deux mobiles             que non relativiste. Satellite galiléen : chacun
en déplacement rectiligne et uniforme l'un          des quatre principaux satellites de Jupiter
par rapport à l'autre.                              que découvrit Galilée.
En astronomie, il a introduit l'usage de la
lunette, apportant ainsi une révolution dans        Galileo - GNSS
les techniques d'observation de l'Univers.
Grâce aux lunettes rudimentaires qu'il cons-        Galileo. Sonde automatique américaine
truisit à partir de 1609 et qu'il eut l'idée de     destinée à l'exploration de Jupiter.
braquer vers le ciel, il effectua les premières     ENCYCL. Lancée le 19 octobre 1989 par l'orbi-
observations du relief de la Lune, découvrit        teur Atlantis de la navette américaine, Gali-
les phases de Vénus et les quatre principaux        leo a suivi une trajectoire complexe qui lui
satellites de Jupiter, comprit que la Voie lac-     a permis de bénéficier de l'assistance gravi-
tée renferme un fourmillement d'étoiles, et         tationnelle de Vénus et de la Terre, et de
put distinguer dans les constellations des          survoler les astéroïdes Gaspra* et Ida*. Le
étoiles jusque-là insoupçonnées. Annoncées          12 juillet 1995, elle a largué un module
en 1610 dans le Sidereus nuncius (« le Messa-       de 337 kg (dont 28 kg d'instruments scien-
ger sidéral »), ces découvertes démontraient        tifiques), qui a plongé dans l'atmo-
clairement que l'Univers n'avait pas les ca-        sphère de Jupiter le 7 décembre pour en
ractéristiques que lui attribuait Aristote et       étudier les caractéristiques (profil vertical de
vinrent, à des titres divers, renforcer l'hypo-     la température et de la pression, altitude et
thèse de Copernic. Ainsi, la présence sur la        composition des nuages, etc.). Le vaisseau
Lune de montagnes (dont Galilée détermina           principal, de 1138 kg (dont 103 kg de maté-
la hauteur en mesurant leurs ombres por-            riel scientifique, analogue à celui des sondes
tées) et de vallées prouvait que celle-ci n'est     Voyager hormis un dispositif de prise de
pas fondamentalement différente de la               vues plus performant), a servi à relayer les
Terre, et, puisqu'elle se déplace dans le ciel,     données transmises par la sonde d'explora-
il n'était pas absurde d'envisager que la           tion de l'atmosphère ; resté en orbite autour
Terre aussi est en mouvement. L'apparence           de Jupiter, il étudie sa magnétosphère, ana-
des phases de Vénus, inexplicable dans le           lyse sa composition physico-chimique, pho-
système de Ptolémée, fournissait une                tographie la planète et ses principaux satelli-
preuve empirique indiscutable du système            tes dont il s'approche à faible distance. Pour
néliocentrique, dont la validité était attestée     les communications avec la Terre, la sonde
par l'existence de satellites autour de Jupiter,    est équipée de deux antennes, l'une à gain
formant avec la planète elle-même un véri-          élevé, l'autre à faible gain. Malgré de nom-
table système solaire en réduction. Enfin, la       breuses tentatives, l'antenne principale n'a
distinction entre étoiles et planètes qu'auto-      pu être déployée, ce qui limite considérable-
risait la lunette - les premières restant ponc-     ment le débit des transmissions.
tuelles lorsqu'on les observe à l'aide o,'un tel
instrument, tandis que les secondes mon-            Galle 0ohann Gottfried), astronome alle-
trent un diamètre apparent sensible - prou-         mand (Pabsthaus, Prusse, 1812 - Potsdam
vait que les étoiles sont considérablement          1910).
plus éloignées que les planètes et révélait         Le 23 septembre 1846, à l'observatoire de
l'immensité de l'Univers stellaire.                 Berlin, il découvrit la planète Neptune, sur
                                                    les indications de Le Verrier qui en avait
galiléen, enne adj. Relatif aux concep-             prévu l'existence et la position par le calcul.
tions de Galilée. Référentiel galiléen : référen-
tiel dans lequel la loi fondamentale de la          Gallex. Expérience de mesure du flux de
dynamique est valable sous la forme f = my,         neutrinos* solaires avec un détecteur au gal-
f étant la force appliquée au corps de masse        lium, effectuée en collaboration par l'Aile-
181                                                                                                                                                          gamma

T r a j e c t o i r e d e l a s o n d e spatiale G a l i l e o


                                              1 e r p a ssssa g e p r è s d e l a Terre : —
                                                    pa ag                                     1   — 2 e p a s s a g e p r è s d e l a Terre
                                              8 décembre 1 9 9 0                                      dé
                                                                                                    8 a é ic e m b r e 1 9 9 2

                                                                                                                     lancement : 1 9 o c t o b r e 1 9 8 9
ceinture d ' a s t é r o ï d e s




rencontre a v e c V e n u s
9 février 1 9 5




                                                                                                                                                la Terre



                                                                                                                                                  . 3nus




arrivée p r è s d e Jupiter                                      rencontre a v e c G a s p r a :
7 décembre 1 9 9 5                                               2 9 octobre 1 9 9 1




magne, la France et l'Italie dans un labora-                                                        moyen le plus direct, et parfois le seul, pour
toire souterrain, sous le Gran Sasso, dans le                                                       explorer les sites où s'effectuent les plus
massif des Abruzzes, près de L'Aquila (Ita-                                                         grands transferts d'énergie. Elle est particu-
lie).                                                                                               lièrement bien adaptée à l'étude des proces-
ENCYCL. Le principe de l'expérience repose sur                                                      sus violents intervenant dans la plupart des
la transformation de gallium 71 en germa-                                                           phénomènes qui déterminent la dynamique
nium 71 (avec dégagement d'électrons) sous                                                          et l'évolution des étoiles et des galaxies.
l'action des neutrinos. L'expérience met en                                                         Cependant, des difficultés expérimentales
œuvre un réservoir contenant 30 t de gal-                                                           sévères ont longtemps limité son essor. Elles
lium à l'état de solution concentrée de chlo-                                                       tiennent au fait que la longueur d'onde asso-
rure de gallium. Elle fonctionne depuis 1991.                                                       ciée aux photons (est toujours très inférieure
Les théoriciens sont perplexes devant les                                                           aux distances interatomiques dans les soli-
résultats obtenus, car ceux-ci montrent que                                                         des. Il est donc impossible de réfléchir le
le flux de neutrinos solaires observé est infé-                                                     rayonnement (et de le concentrer sur des
rieur (d'un bon tiers) à celui théoriquement                                                        détecteurs de petites dimensions par des dis-
prévu. Des physiciens français oni-çepen-                                                           positifs équivalant à des miroirs courbes,
dantpu démontrer en 1994 la fiabilité incon-                                                        comme on le fait dans les autres domaines
testable du détecteur.                                                                              de longueurs d'onde. De plus, les astres
                                                                                                    émetteurs de rayonnement y, même les plus
g a m m a (astronomie). Partie de l'astro-                                                          puissants, rayonnent peu de photons y, du
physique qui étudie les sources célestes de                                                         fait de la grande énergie qu'emporte chacun
rayonnement y. .                                                                                    d'eux. Enfin, l'atmosphère terrestre consti-
ENCYCL. L'astronomie gamma a pour but la                                                            tue un écran infranchissable aux rayonne-
découverte et l'étude des astres émettant                                                           ments de haute énergie, de sorte que l'astro-
dans la partie à plus haute énergie du spec-                                                        nomie gamma doit se pratiquer à bord de
tre électromagnétique. Conventionnelle-                                                             ballons stratosphériques, de fusées ou,
ment, on a fixé la limite de ce domaine à des                                                       mieux, de satellites artificiels, qui seuls per-
énergies de photon de l'ordre de 0,1 MeV,                                                           mettent les longues périodes d'observation
correspondant à un rayonnement d'environ                                                            imposées parla faiblesse des flux reçus.
10"11 m de longueur d'onde ou 10 19 Hz de                                                           Il a donc fallu attendre 1968 pour que soient
fréquence. L'astronomie gamma fournit le                                                            effectuées les premières observations astro-
gamma                                                                                       182

nomiques dans le domaine gamma, et ce             ENCYCL. D'une masse de 7,3 t, il a été lancé le
n'est qu'à la fin de la décennie suivante que     11 juillet 1990 de la base de Tiouratam par
l'astronomie gamma est passée véritable-          une fusée Soyouz et placé sur une orbite
ment de la phase exploratoire au stade des        circulaire à 400 km d'altitude, inclinée de
découvertes. Lés techniques d'observation         51,6° sur l'équateur.
les plus couramment utilisées correspon-          Réalisée avec une participation française, sa
dent aux différentes conditions d'interaction     charge utile, de 1,71, comprenait essentielle-
des photons (avec la matière. A basse éner-       ment le télescope Gamma ,1 destiné à l'étude
gie (inférieure à quelques MeV), les proces-      fine des sources célestes de rayonnement y
sus dominants sont l'effet photoélectrique -      de haute énergie (de 50 MeV à 5 GeV) ; elle
électron extrait du cortège électronique des      était complétée par deux détecteurs, l'un
atomes auquel le photon transfère l'essen-        pour l'étude des sources de rayons y de
tiel de son énergie -, ainsi que l'effet Comp-    20 keV à 5 MeV, l'autre pour celle des sour-
ton - diffusion au photon avec changement         ces de rayons X de 2 à 25 keV.
d'énergie et apparition d'un électron de re-      Les objectifs de la mission n'ont été que très
cul. Dans les deux cas, l'électron résultant      partiellement atteints, la chambre à étincel-
peut être mis en évidence par la scintillation    les constituant le télescope n'ayant pu être
qu'il provoque dans certains matériaux, par       connectée. Le satellite est retombé dans l'at-
exemple un cristal d'iodure de sodium ; on        mosphère le 28 février 1992.
réalise alors un télescope à rayons (en pla-
çant le cristal derrière un collimateur qui       G a m o w (George Anthony), physicien
définit le champ de vue de l'instrument. A        américain d'origine russe (Odessa 1904 -
plus haute énergie, le photon (passant au         Boulder, Colorado, 1968).
voisinage immédiat d'un noyau atomique            En cosmologie, il a repris et développé
se matérialise en un couple électron-posi-        (1948) l'hypothèse selon laquelle l'Univers,
tron (effet de paire). On reconstitue la direc-   actuellement en expansion, aurait connu
tion du photon en provoquant sa « matéria-        une explosion primordiale. Big Bang
lisation » dans un dispositif où l'on visualise
et mesure la trajectoire de la paire électron-    Ganymède. Satellite de Jupiter (n° III),
positron.                                         découvert par Galilée le 7 janvier 1610.
Dès le début des années 70, une couverture        ENCYCL. Demi-grand axe de son orbite :
systématique du ciel a été entreprise dans        1 070 000 km. Période de révolution sidé-
la gamme des hautes énergies (au-delà de          rale : 7,155 j. Diamètre : 5 260 km (c'est le
50 MeV), avec des instruments placés à bord       plus gros satellite planétaire du système so-
de satellites artificiels. Commencées en          laire). Densité moyenne : 1,93. Sa surface,
1972-73 avec le satellite américain SAS 2, les    révélée par les photographies des sondes
observations ont été poursuivies et complé-       américaines Voyager en 1979, juxtapose des
tées par le satellite européen COS-B, dont        terrains d'âges très différents, ce qui semble
l'exceptionnelle longévité a permis de dres-      refléter une histoire géologique complexe.
ser la première carte du ciel dans le domaine     Des zones sombres très anciennes criblées
des rayons (de haute énergie.                     de cratères d'impact voisinent avec des ré-
Depuis le début des années 90, de substan-        gions claires, apparemment beaucoup plus
tiels progrès ont été accomplis grâce au té-      jeunes (car la densité des cratères y est net-
lescope français Sigma* et au satellite améri-    tement plus faible), parcourues de longs
cain Compton*. Ils devraient se poursuivre        sillons parallèles, s'étendant sur plusieurs
au début au xxf siècle avec le lancement du       centaines de kilomètres, qui correspondent
satellite européen Intégral*.                     sans doute à des fractures. On estime que le
                                                  satellite renferme, en masse, environ 50 %
g a m m a (point). Synonyme de point ver-         d'eau et 50 % de silicates, avec une struc-
nal*                                              ture différenciée, comportant une croûte de
                                                  glace qui repose sur un large manteau de
G a m m a . Satellite russe d'astronomie X        glace et de roches entourant un noyau mé-
et y.                                             tallique. Comme Io*, Ganymède est enve-
183                                                                                     Gemini

loppée d'une atmosphère très ténue. La             G e m . Abréviation de Gemini, désignant la
sonde Galileo a découvert qu'il possède            constellation des Gémeaux.
aussi un champ magnétique propre, dont
Fintensité est environ un millième de celle        G é m e a u x (en latin Gemini, -orum) Cons-
du champ terrestre.                                tellation du zodiaque, située entre le Tau-
                                                   reau et le Cancer.
G a m e a u (Marc), astronaute canadien            ENCYCL. Caractérisée par deux étoiles brillan-
(Québec 1949).                                     tes, Castor et Pollux, disposées parallèle-
Membre de l'équipage de la treizième mis-          ment à la Voie lactée, elle renferme plusieurs
sion de la navette spatiale américaine, du 5       étoiles doubles, dont les composantes peu-
au 13 octobre 1984, en tant que spécialiste        vent être séparées à l'aide de petits instru-
de charge utile, il est le premier astronaute      ments d'observation, et un grand nombre
canadien à avoir effectué un vol spatial.          d'étoiles variables, souvent irrégulières.
                                                   L'étoile U Gem est le prototype d'une classe
Gassendi (Pierre Gassend, dit), philoso-           d'étoiles éruptives. La constellation abrite
phe, astronome, mathématicien et physi-            aussi, à l'ouest, un bel amas ouvert, M 35,
cien français (Champtercier, près de Digne,        accessible aux jumelles, qui est situé à
1592 - Paris 1655).                                2 200 années de lumière.
En astronomie, pionnier de l'observation à
la lunette, il a observé les satellites de Jupi-   Geminga (contraction de Gemini gamma et
ter, Saturne (sans distinguer ses anneaux),        mot signifiant il n'y a rien en dialecte mila-
plusieurs éclipses et Mercure, dont il a été le    nais). Source très intense de rayonnement
premier à observer un passage devant le            (découverte en 1972, dans la constellation
Soleil (1631). On lui doit aussi la première       des Gémeaux, par le satellite américain
description scientifique d'une aurore bo-          SAS 2.
réale (1621).                                      ENCYCL. Son identification est restée long-
                                                   temps douteuse. Grâce aux observations des
GDTA (sigle de Groupement pour le Déve-            satellites HEAO 2, Rosat et Compton et du
loppement de la Télédétection Aérospa-             télescope européen NTT, on sait désormais
tiale). Groupement d'intérêt économique            qu'il s'agit d'un pulsar situé à 140 années de
créé en 1973 par le Centre national d'études       lumière environ et qui tourne sur lui-même
spatiales et l'Institut géographique national      en 0,237 seconde. Sa contrepartie optique,
pour développer les méthodes de télédétec-         découverte en 1988, est une étoile très fai-
tion aérospatiale et promouvoir leur exploi-       blement lumineuse, de magnitude 25.
tation.
                                                   Gemini ( - o r u m ) . Nom latin de la cons-
g é a n t e n.f. Type d'étoile lumineuse et de     tellation des Gémeaux (abrév. Gem).
grand rayon, peu dense.
                                                   Gemini. Nom de deux télescopes jumeaux
gegenschein n.m. (mot allemand). Lueur             de 8,1 m de diamètre implantés l'un dans
très faible apparaissant dans le ciel dans la      l'hémisphère Nord, l'autre dans l'hémi-
direction opposée à celle du Soleil.               sphère Sud, dans le cadre d'un programme
ENCYCL. Découverte par Humboldt au début           international auquel participent les États-
du xixe siècle, cette lueur, en Europe, n'est      Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, le
guère visible qu'à l'automne dans la constel-      Brésil, le Chili et l'Argentine, et dont la
lation des Poissons. Elle a pendant long-          direction est assurée par un groupe d'univer-
temps été attribuée à un nuage de poussiè-         sités américaines, l'AURA*.
res lié à la Terre, mais les observations de       ENCYCL. Le premier télescope (Gemini Nord)
sondes spatiales ont prouvé que le phéno-          inauguré en 1999 sur le Mauna Kea, à
mène est en réalité lié aux propriétés de          Hawaii (latitude : 19°49' N.), à 4 100 m d'al-
rétrodiffusion des fines particules solides        titude, est muni d'un équipement optimisé
présentes dans l'espace interplanétaire, SYN.      pour l'infrarouge et de quelques instruments
lueur antisolaire.                                 spécifiquement dévolus au visible. Le se-
Gemini                                                                                         184

cond (Gemini Sud), destiné seulement à des          miers vols orbitaux américains habités, ceux
observations dans le visible, devrait entrer        du programme Mercury), et l'étage à oxy-
en service en 2001 sur le Cerro Pachon, au          gène et hydrogène liquides Centaur, qui,
Chili (latitude : 30°21' S.), à 2 725 m d'alti-     combiné à l'Atlas, a donné naissance à partir
tude. Les deux télescopes ont pour miroir           de 1963 à l'Atias-Centaur, devenu l'un des
primaire un ménisque mince en silice.               principaux lanceurs spatiaux non récupéra-
                                                    bles des États-Unis.
Gemini. Programme américain de vols
spatiaux pilotés réalisés en 1965 et 1966 à         g é n é r a t e u r solaire. Équipement assu-
l'aide de vaisseaux biplaces, dans le but           rant l'alimentation en énergie électrique de
d'étudier le comportement d'astronautes             la plupart des satellites artificiels. La pré-
dans l'espace lors de séjours allant jusqu'à        sence de batteries d'accumulateurs chimi-
deux semaines et de maîtriser la technique          ques reste toutefois nécessaire en tant que
des rendez-vous spatiaux.                           source secondaire, surtout pendant les pé-
ENCYCL. Il comporta deux vols d'essai sans          riodes d'éclipsé.
équipage, suivis de dijjxvols pilotés, tous         ENCYCL. C'est en 1954 que des chercheurs
réussis malgré divers incidents. Lors du vol        américains de la Bell Téléphoné mettent au
Gemini 4, en juin 1965, eut lieu la première        point la première cellule photovoltaïque à
sortie extravéhiculaire d'un astronaute amé-        haut rendement : elle transforme en électri-
ricain dans l'espace, Edward White. Le              cité 6 % de l'énergie lumineuse reçue. A la
15 décembre 1965, Gemini 6 et Gemini 7              même époque, l'industrie spatiale naissante
réalisèrent le premier rendez-vous spatial de       cherche des solutions nouvelles pour ali-
l'histoire de l'astronautique et, le 16 mars        menter ses satellites : dès 1958, les États-
1966, l'amarrage du vaisseau Gemini 8 avec          Unis lancent le premier satellite équipé de
un étage de fusée Agena choisi comme cible          cellules solaires, Vanguard 1.
constitua le premier amarrage de deux en-           Cette technique s'est largement généralisée
gins dans l'espace.                                 aujourd'hui, avec des rendements pouvant
                                                    atteindre jusqu'à 18 % avec des cellules à
Géminides. Essaim de météorites, ou mé-             l'arséniure de gallium (AsGa), épitaxiées sur
téores associés, observables autour du              un substrat de germanium, ce qui permet
13 décembre, dont le radiantse situe dans la        d'obtenir jusqu'à 160 W/m2 de cellules
constellation des Gémeaux.                          (contre seulement 110 W/m2 avec les cellu-
                                                    les au silicium utilisées auparavant). Les gé-
G e m m a . Nom latin de la Perle*, l'étoile a      nérateurs solaires sont de deux types, fixes
de la Couronne Boréale.                             ou orientables.
                                                    GÉNÉRATEURS FIXES. La solution la plus simple
General Dynamics Corporation. So-                   consiste à coller les cellules sur les parois du
ciété américaine de construction aérospa-           satellite, souvent de forme cylindrique. La
tiale issue de la fusion, intervenue en 1943,       moitié du générateur se trouvant toujours
de la Consolidated Aircraft Corporation,            dans l'ombre, la puissance disponible dé-
fondée en 1923, et de la Vultee Aircraft.           passe rarement un millier de watts, ce qui
ENCYCL. En 1954, la General Dynamics Cor-           suffit cependant pour certaines missions.
poration a absorbé une autre société de             On accroît la puissance en recouvrant de
construction aéronautique, la Convair Cor-          cellules des panneaux rigides extérieurs au
poration. En aéronautique, elle est à l'ori-        corps du satellite : ils sont repliés pour le
gine de la construction des ailes triangulai-       lancement et déployés en orbite.
res en delta, et c'est aussi à elle que l'on doit   GÉNÉRATEURS ORIENTABLES. Un progrès a consisté
le premier bombardier intercontinental              à rendre orientable le générateur par un sys-
« B-36 ».                                           tème d'entraînement qui le maintient sans
Dans le domaine de l'espace, elle a mis au          cesse face au Soleil.
point le missile intercontinental Atlas*, qui a     Aujourd'hui, les satellites géostationnaires
connu un grand développement comme lan-             de télécommunications possèdent deux
ceur spatial (il permit notamment les pre-          grandes « ailes » rigides couvertes de cellules
185                                                                            géodésie spatiale

solaires qui, une fois déployées, leur don-          sie un nouvel outil qui accroît ses possibili-
nent une envergure de 20 à 30 m. Elles leur          tés : les satellites artificiels. Il existe deux
assurent une puissance électrique de 7 à             façons de les utiliser :
8 kW en début de vie (et de 5 à 6 kW en fin          - soit en tant que repères élevés, donc visi-
de vie).                                             bles simultanément de régions très éloi-
Le télescope spatial Hubble* est porteur             gnées les unes des autres. Les réseaux de
du premier générateur solaire conçu pour             triangulation n'ont plus 30 km mais plu-
un remplacement en orbite : ses deux ailes           sieurs milliers de kilomètres de côté (géodé-
souples (de 29 m2 chacune), couvertes de             sie géométrique) ;
48 760 cellules solaires, ont été échangées          - soit en tant que projectiles évoluant dans
une première fois en décembre 1993.                  le champ de gravité de la Terre et soumis à
                                                     diverses perturbations (dues à la forme et à
G E O (sigle de Geostationary Earth Orbit).          la structure interne de la Terre, au frotte-
Sigle courammektutilisé pour désigner l'or-          ment atmosphérique, à la pression de radia-
bite des satellites géostationnaires.                tion solaire, aux effets lunisolaires...) qui se
                                                     répercutent sur leurs trajectoires. L'analyse
géocentrique adj. Relatif à un système de            des orbites et des perturbations permet de
coordonnées dont l'origine est le centre de          modéliser les forces (gravitationnelles et
la Terre.                                            autres) qui agissent sur les satellites et de
                                                     localiser les stations d'observation (géodésie
g é o c e n t r i s m e n.m. Système astronomi-      dynamique).
que d'après lequel on considérait la Terre           TECHNIQUES. Plusieurs techniques ont été utili-
comme le centre de l'Univers autour duquel           sées depuis les débuts de l'ère spatiale :
tournaient les autres astres. Ce fut le sys-         - la photographie sur fond d'étoiles (pour la
tème de Ptolémée (ne s. apr. J.-C.), qui fit         localisation des stations au sol) ;
autorité jusqu'au xvie siècle.                       - la télémétrie laser (pour la mesure de dis-
                                                     tances Terre-satellite ou Terre-Lune avec
g é o c o u r o n n e n.f. Enveloppe d'hydro-        une précision qui est passée de 2 m vers
gène atomique qui constitue la région la plus        1967 à quelques centimètres aujourd'hui) ;
élevée de l'atmosphère terrestre, appelée            - les mesures Doppler (pour la localisation
exosyhère. Elle commence vers 400 à 500 km           de repères fixes ou mobiles), dont la préci-
d'altitude et s'étend jusqu'à 15 rayons ter-         sion, en trente ans, est passée de 50 à 0,3
restres environ (près de 100 000 km) autour          mm/s ;
du globe.                                            - l'altimétrie spatiale (pour la mesure di-
                                                     recte, par radar, de l'altitude d'un satellite
géocroiseur n.m. Astéroïde dont l'orbite             au-dessus de la surface des océans).
autour du Soleil est suffisamment allongée           QUELQUES RÉSULTATS. Les résultats obtenus par
pour croiser celle de la Terre.                      la géodésie spatiale intéressent divers as-
Les astéroïdes de ce type constituent des            pects des sciences de la Terre :
dangers potentiels pour notre planète.               - la géodésie (réalisation de réseaux géodé-
                                                     siques, aide à la localisation, à la navigation
géodésie spatiale. Science utilisant les             et à la cartographie) ;
satellites artificiels afin d'étudier la forme de    - la géophysique interne (connaissance du
la Terre, sa structure interne, son mouve-           champ de gravité donnant des informations
ment de rotation, son champ de pesanteur             sur la structure de la lithosphère et du man-
(variations et anomalies).                           teau, et sur la convection, connaissance de la
b j c y c l . La mesure de notre planète (objet de   rotation terrestre, des marées, du champ
h géodésie) est une préoccupation très an-           magnétique...), l'océanographie dynamique
tienne. Pendant des siècles, les cartographes        (courants, marées, tourbillons, variations du
durent se contenter de méthodes d'arpen-             niveau de la mer, etc.). D'autres domaines,
tage pour localiser et raccorder des points          scientifiques ou techniques, exploitent éga-
remarquables (repères) de la surface du              lement ses données, par exemple la trajecto-
g)obe. Mais l'ère spatiale a donné à la géodé-       graphie des satellites, l'astrométrie et la mé-
géoïde                                                                                         186

canique céleste (évolution du système               magnétosphère terrestre à partir de l'orbite
Terre-Lune) et la planétologie.                     géostationnaire.
                                                    ENCYCL. GEOS 1 et GEOS 2 ont été lancés par

géoïde n.m. Surface théorique particulière          des fusées américaines Thor-Delta, respecti-
caractérisée par la constance du potentiel de       vement en 1977 et 1978. Le premier n'a pu
pesanteur terrestre en rotation.                    atteindre l'orbite prévue à cause d'une dé-
ENCYCL. Le géoïde coïncide avec le niveau
                                                    faillance du troisième étage de son lanceur,
moyen des océans supposés au repos (c'est-          mais il a néanmoins fourni des données
à-dire en faisant abstraction des marées, des       jusqu'en 1979. Le second a fonctionné
vents, des courants, etc.) et, en zone conti-       jusqu'en 1981. Ses observations faites à
nentale, avec son prolongement défini ma-           proximité de l'équateur géomagnétique se
thématiquement. Il s'écarte assez peu (d'une        sont révélées particulièrement intéressantes.
centaine de mètres au maximum) de l'ellip-          Il a joué aussi un rôle important dans l'iden-
soïde de révolution auquel on assimile géné-        tification de la composition et du mouve-
ralement la forme sphérique, légèrement             ment du plasma entourant la magnéto-
aplatie aux pôles, de la planète Terre. Le          sphère. GEOS 1 et GEOS 2 ont apporté une
géoïde est une surface très irrégulière, parse-     contribution importante au programme in-
mée de « trous » et de « bosses » qui reflè-        ternational d'étude de la magnétosphère qui
tent les variations locales et régionales de        s'est déroulé à la fin des années 70.
gravité. Il constitue l'équipotentielle de réfé-
rence (donc l'altitude zéro) pour la mesure         G E O S (sigle de Groupe Européen d'Obser-
des altitudes en géodésie. Par extension, on        vations Stellaires). Groupe d'observateurs
parle des géoïdes lunaire, martien, etc.            d'étoiles variables né en 1973 de la fusion de
                                                    plusieurs petits groupes européens (France,
                                                    Belgique, Espagne et Italie).
géophysique n.f. Étude de la Terre par les          ENCYCL. Il rassemble une centaine d'observa-
méthodes de la physique.                            teurs qui réalisent globalement environ
ENCYCL. On distingue la géophysique interne,        100 000 mesures chaque année.
qui s'intéresse à la surface et à l'intérieur de    ADRESSE : 12, rue Bezout, 75014 Paris.
la Terre, et la géophysique externe, qui étudie
les propriétés physiques de l'environnement         géostationnaire adj. Se dit d'un satellite
terrestre, depuis les basses couches de l'at-       géosynchrone qui décrit une orbite directe,
mosphère jusqu'au milieu interplanétaire :          équatoriale et circulaire.
cette dernière inclut en particulier l'aérono-      ENCYCL. Aux yeux d'un observateur terrestre,
mie terrestre et l'étude de l'ionosphère, de la     les sateËites géostationnaires apparaissent
magnétosphère ou des relations Soleil-Terre,        fixes dans le ciel parce qu'ils tournent à la
auxquelles l'instrumentation spatiale ap-           même vitesse angulaire (autour du même
porte désormais une contribution fonda-             axe et dans le même sens) que la Terre.
mentale.                                            L'orbite qu'ils décrivent, appelée orbite
                                                    géostationnaire, est unique ; son altitude est
G E O S (sigle de Geodynamic Expérimental           d'environ 35 800 km. C'est l'écrivain britan-
Océan Satellite). Satellites américains de géo-     nique Arthur C. Clarke qui, le premier, en
désie.                                              1945 (Extra-Terrestrial Relays, Wireless World)
ENCYCL. Trois satellites GEOS ont été lancés,       pressentit l'intérêt de ce type de satellites en
par des fusées Delta, respectivement en             tant que relais extraterrestres, en particulier
1965, 1968 et 1975. Ils ont fourni des mesu-        pour les radiocommunications à l'échelle
res précises de la forme de la Terre et de son      mondiale. Le lancement du satellite améri-
champ de gravité. GEOS 1 et GEOS 2 appar-           cain Syncom 1, le 14 février 1963, constitua
tenaient à la famille des satellites Explorer*.     la première tentative pour atteindre l'orbite
                                                    géostationnaire, mais ce n'est qu'avec Syn-
G E O S (sigle de Geostationary Earth Orbiting      com 3, en août 1964, que la réussite fut
Satellite). Satellites de l'Agence spatiale euro-   totale. Depuis, les lancements de satellites
péenne qui étaient destinés à l'étude de la         géostationnaires se sont multipliés.
187                                                                                       Giotto

géosynchrone adj. Se dit d'un satellite de        solaire dont la surface éclairée visible occupe
la Terre lorsque sa période de révolution est     plus de la moitié du disque. Pour un obser-
très proche de 24 heures, période de la rota-     vateur terrestre, la Lune apparaît en phase
tion terrestre.                                   gibbeuse entre le premier quartier et la
                                                  pleine lune, et entre la pleine lune et le der-
Geotail. Satellite japonais chargé d'étudier      nier quartier; la planète Mars se présente
la queue magnétique de la Terre. magné-           toujours sous un aspect gibbeux.
tosphère
ENCYCL. Lancé le 24 juillet 1992 de cap Cana-     GIFAS (sigle de Groupement des Indus-
veral, par une fusée américaine Delta, il a       tries Françaises Aéronautiques et Spatiales).
été placé sur une orbite ayant son apogée à       Syndicat professionnel regroupant plus de
341 000 km de la Terre.                           200 entreprises (100 500 salariés) de l'indus-
                                                  trie aérospatiale française.
GEPAN (sigle de Groupe d'Études des               ENCYCL. Issu d'une Chambre syndicale créée
Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés).          en 1908, il a pour missions essentielles
Groupe créé en 1977 par le Centre national        d'étudier et de défendre les intérêts de la
d'études spatiales en vue de recherches et        profession, de la représenter auprès des ins-
d'enquêtes sur les phénomènes célestes in-        tances gouvernementales, de coordonner
solites, notamment les objets volants non         l'activité industrielle et l'action économique
identifiés (OVNI). Il a été dissous en 1988       de ses membres, d'organiser des concours et
mais sa mission a été confiée à un nouveau        expositions, en particulier le Salon interna-
service du CNES, le SEPRA.                        tional de l'aéronautique et de l'espace du
                                                  Bourget.
Giacobinides. Essaim de météorites pro-           ADRESSE : 4, rue Galilée, 75782 Paris Cedex
venant de la comète Giacobini-Zinner, ou          16.
météores associés, observables le 9 octobre
avec une périodicité voisine de 6 ans, et         Gill (sir David), astronome et géodésien
dont le radiant se situe dans la constellation    écossais (Aberdeen 1843 - Londres 1914).
du Dragon. On les appelle aussi Draconides.       On lui doit une carte photographique du ciel
                                                  austral (1885-1891) et une détermination de
Giacobini-Zinner ( c o m è t e ) . Comète         la parallaxe du Soleil.
périodique découverte en 1900 par le Fran-
çais M. Giacobini et retrouvée en 1913 par        Ginga (mot japonais signifiant voie lactée ou
l'Allemand Zinner.                                galaxie). Satellite japonais d'astronomie X.
ENCYCL. Elle tourne autour du Soleil en 6,52      ENCYCL. Il a été lancé le 5 février 1987 (sous le
ans, dans le sens direct, sur une orbite incli-   nom d'ASTRO-C) et placé sur une orbite de
née de 32,9° par rapport à l'écliptique. Elle     528 km de périgée et 593 km d'apogée,
passe tous les 13 ans à proximité de la Terre     inclinée de 31,2° sur l'équateur et parcourue
et peut alors engendrer des pluies d'étoiles      en 96 minutes. D'une masse de 420 kg, il
filantes assez spectaculaires (Giacobini-         était équipé d'un ensemble de huit détec-
des*). C'est la première comète à avoir été       teurs de rayons X, le LAC (Large Area Coun-
survolée par une sonde spatiale : la sonde        ter), offrant une surface collectrice de
américaine ICE*, qui, le 11 septembre 1985,       0,45 m 2 . Il est retombé dans l'atmosphère le
a traversé sa queue et est passée à 8 000 km      1er novembre 1991.
environ de son noyau. Les mesures effec-
tuées alors ont révélé que la queue de gaz de     Giotto (en hommage au peintre italien
la comète était beaucoup plus large qu'on ne      Giotto, qui semble avoir représenté la co-
le prévoyait et qu'il n'existait pas d'onde de    mète de Halley sur son Adoration des mages,
choc dans la zone d'interaction entre le vent     peinte en 1303-1304 dans la chapelle des
solaire et la comète.                             Scrovegni, à Padoue). Sonde européenne
                                                  d'exploration de la comète de Halley, lancée
gibbeux, euse adj. (du latingibbus, bosse).       le 2 juillet 1985 par une fusée Ariane 1.
Se dit de l'aspect d'un astre du système          ENCYCL. D'une m