Le Portugal d�cide une hausse d'imp�ts g�n�ralis�e pour 2013 by abiss56

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									   Le Portugal décide une hausse
   d'impôts généralisée pour 2013
Le gouvernement portugais a dévoilé lundi 15 octobre son budget
pour 2013, d'une rigueur exceptionnelle, avec une hausse
d'impôts généralisée, alors que le mécontentement social n'a
jamais été aussi grand depuis que le Portugal est sous assistance
financière. "Cette proposition est la seule possible (...) nous
n'avons aucune marge de manœuvre", a déclaré le ministre des
finances, Vitor Gaspa, tout en reconnaissant que le budget 2013,
remis auparavant au Parlement, était "difficile pour les Portugais".
"La hausse de la charge fiscale est très significative."
M. Gaspar a confirmé que la hausse d'impôts, annoncée au début
du mois, s'effectuerait notamment par le biais d'une réduction de
huit à cinq du nombre des tranches d'imposition, l'introduction
d'une surtaxe de 4 %, une baisse des retraites et une réduction
des prestations sociales. Le taux moyen d'imposition des revenus
passera de 9,8 % cette année à 13,2 % en 2013, a précisé le
ministre. "La crédibilité sera perdue si nous rejetons ce projet (...)
Reculer n'est pas la bonne solution", a affirmé le ministre en
expliquant que le Portugal ne pouvait "remettre en cause" le plan
de sauvetage de 78 milliards d'euros, accordé en mai 2011 par
l'UE et le FMI.

RÉDUCTION DES DÉPENSES

Le budget d'Etat pour 2013 comprendra également une réduction
des dépenses d'un peu plus de un milliard d'euros, avec
notamment une baisse des prestations sociales et des retraites
supérieures à 1 350 euros, ainsi qu'une réduction de 2 % du
nombre de fonctionnaires. La hausse d'impôts risque toutefois
d'aggraver la récession l'année prochaine alors que, selon des
prévisions officielles, l'économie doit déjà reculer cette année de
3 % tandis que le taux de chômage devrait avoisiner les 16 %.

La rigueur du budget 2013, confirmée par le ministre des
finances, a déclenché un flot de commentaires acerbes. C'est
"une bombe atomique fiscale", a déclaré Antonio José Seguro, le
leader du Parti socialiste, la principale formation d'opposition, un
"massacre", a renchéri le Parti communiste, "un attentat à la
dignité du peuple", s'est exclamé le principal syndicat, la CGTP.
Plusieurs centaines de personnes se sont aussitôt rassemblées
devant le Parlement en réponse à un appel des Indignés
portugais d'"assiéger" l'Assemblée.

OPPOSITION DE PLUS EN PLUS VIVE

Manifestation sur la place d'Espagne, à Lisbonne, samedi 13
octobre. Manifestation sur la place d'Espagne, à Lisbonne,
samedi 13 octobre. | AFP/PATRICIA DE MELO MOREIRA

La "troïka" (UE-FMI-BCE) des bailleurs de fonds a accepté, en
échange d'un effort supplémentaire, d'alléger les objectifs du
gouvernement de réduction du déficit public, revu à 5% du PIB
pour cette année et à 4,5 % pour l'année prochaine. Mais même
le président portugais, Anibal Cavaco Silva, pourtant du même
parti social-démocrate que le premier ministre, Pedro Passos
Coelho, a fait part de son inquiétude. "Dans les circonstances
actuelles, il n'est pas correct d'exiger d'un pays soumis à un
processus d'ajustement budgétaire qu'il respecte coûte que coûte
un objectif de déficit public", a-t-il écrit sur sa page Facebook.

La situation est d'autant plus délicate que les Portugais, qui
jusqu'à présent semblaient résignés à l'austérité, ont nettement
changé d'attitude. Depuis un mois, manifestations et grèves se
sont multipliées et samedi dernier ils étaient encore plusieurs
dizaines de milliers à protester contre l'austérité à Lisbonne et
dans diverses villes du pays.

								
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