art 18 32 du code civil by o9S16v4

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									          Problématiques des entreprises internationales face aux environnements culturels et cultuels différents


     Problématiques des entreprises internationales
     face aux environnements culturels et cultuels
                      différents
                                                                                                           M. Maâouia

Il existe un marché du religieux! Il y a une offre et une demande.

Faut-il dès lors le réguler? Aujourd'hui, il n'y a aucune règles, faut-il que l'État intervienne?

Difficile car nous sommes dans le champs des libertés de croyance.

Ex : Mc Donald en Arabie Saoudite (à la Mecque.) : ils savent faire du halal, du kasher, du
végétarien...




I.La Cacheroute
ouvrages généraux sur le judaïsme :

- le guide pratique du judaïsme.

- le judaïsme pour débutants (la découverte).

Toutes les religions ont des rites et un des rites caractéristique du judaïsme est un ensemble de
commandements : les mitsvot. (un mitsva)

En premier lieu, ceux relatifs à la cacheroute.

«mythes + rythmes = rites»

Le mot cacher signifie ce qui est propre à la consommation, mais le sens du mot a évolué :

à   l'origine, cela voulait dire convenable. Cette notion s'appliquait à l'ensemble des produits, des
     biens et des concepts. Ce sens très large est confirmé dans la Bible Hébraïque. Il conduit à la
     sagesse et au bien (in l'écclésiaste).

Ensuite,    cacher a désigné tout ce qui est objet de culte et propre à l'utilisation rituelle. C'est le cas
     par exemple des sefer torah (les rouleaux) qui ne doivent comporter ni fautes ni altérations.

Aujourd'hui      le terme désigne les produits alimentaires propres à la consommation (depuis le
     moyen-âge).

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I.1)Les règles
La lecture de la Torah nécessite une expertise très grande. On ne fera ici qu'une lecture
pédagogique.


1.a)Les aliments et mélanges interdits

a.i)Le pain
Il a une coutume de confection que l'on appelle Hallal, en particulier à l'occasion du shabat. Il est
alors désigné par le terme Halot. En raison d'une mitsva, on doit ôter un bout du pétris (si le pain
fait plus d'un kilo 200). Cette soustraction sacralise et rend licite le pain. Sinon il est interdit à la
consommation. On peut se servir du petit bout pour le pain suivant (raison pratique aussi à cause la
levure). Il y a aussi le pain azyme que l'on utilise pour Pessah.


a.ii)Les produits agricoles
Tous ces produits sont propres à la consommation. Mais ce n'est pas si simple, puisqu'il faut tenir
compte de la présence des insectes qui sont eux impropres. D'où une attention très rigoureuse portée
sur la salade...

Par ailleurs les fruits ont une réglementation, puisqu'il est interdit de consommer le fruit d'un arbre
pendant les 3 premières récoltes : c'est la loi orlah. Idem pour les vers.

Même chose pour les oeufs qui ne doivent pas être fécondés.


a.iii)Les animaux :
3 types : air / terre / eau + le feu

Terre   : Sont autorisés les mammifères qui ruminent et qui ont des sabots fendus. Boeufs, veaux,
   moutons, agneaux... Ce sont les animaux sacrificiels. S'il manque une des 2 caractéristiques, c'est
   interdit : le cheval, le porc.

Air   : Il n'existe pas de règles précises qui distinguent le licite de l'illicite. Mais la Bible cite 24
   espèces d'oiseaux interdites : aigle, autruche, rapaces. Les oiseaux domestiques sont par contre
   cachers : poules, oies... D'une façon générale, les oiseaux sauvages et de proie sont interdits.

Eau   : Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Du coup tous les poissons autres ne
   doivent pas êtres consommés : crustacés, coquillages, fruits de mer.



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a.iv)Les mélanges interdits
Viande + lait sont interdits ensembles.

EX 23:19 et 34,26 : Tu apporteras à la maison de l`Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers
fruits de la terre. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère.

DEUT 14:21 : Vous ne mangerez d`aucune bête morte; tu la donneras à l`étranger qui sera dans
tes portes, afin qu`il la mange, ou tu la vendras à un étranger; car tu es un peuple saint pour
l`Éternel, ton Dieu. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère.

Cette triple répétition découle d'une triple interdiction de cuire / consommer / profiter.

Ce mélange témoigne que pourrait avoir l'enfant devant l'égorgement de sa mère.

6 heures doivent s'écouler entre la consommation de viande carnée et de produits lactés. Cette
interdiction impose plusieurs vaisselles séparées. Il faut 4 vaisselles séparées : Une pour les plats
carnés, une pour les lactés, une neutre (parvé en hébreu, on peut y servir les poissons et végétaux),
et enfin la vaisselle de pâques. Une vaisselle neuve doit être purifiée par une immersion dans une
eau vive ou un bain rituel. De plus, si une vaisselle a été polluée par un mélange interdit, elle doit
être cachérisée.


1.b)La préparation des aliments autorisés
Les mammifères et les oiseaux doivent passer par toute une procédure avant d'être consommés,
pour être déclarés cachers.


b.i)La bête doit être en bonne santé. Elle ne doit pas être "tréfa" (contraire de cacher).
les 8 imperfections qui en découlent.

1) Griffé par un fauve.

2) La perforation de vaisseaux ou de parois.

3) Pas de mutilations.

4) Pas d'organes arrachés.

5) Pas de déchirures.

6) Une blessure provoquée par une chute.

7) Une fêlure.


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8) Une fracture.

S'il a eu une des 8, il est tréfa!


b.ii)L'abattage ou la shehita :
Au moyen d'un couteau parfaitement aiguisé, il faut trancher le plus rapidement et sans faire
souffrir la bête : la trachée artère, l'oesophage, la veine jugulaire et la carotide.

L'abatteur, le shohet, possède une lame au fil parfait. Pour cela il passe la lame sur le bout du doigt
et sur l'ongle, 2 fois avant et après la shéhita. Il ne doit pas commettre 5 erreurs :

1) l'interruption.

2) pression sur le couteau au lieu d'un va et vient.

3) l'enfoncement quand le couteau est coincé.

4) la déviation.

5) l'arrachement des tissus.

Ensuite     le shohet doit vérifier que l'animal est en bonne santé en inspectant les poumons. Le
     shohet doit avoir 3 qualités : instruit, habile et vertueux. Il doit connaître tous les éléments
     théoriques de l'abattage et il passe un examen. Il doit avoir une main sûre, et enfin, il doit être un
     religieux pour des raisons de confiance.

3    éléments doivent être ôtés : la graisse (le suif), le nerf sciatique, et le sang pour la
     consommation. La graisse est interdite car elle faisait partie des sacrifices au temple de
     Jérusalem. Le nerf en souvenir du combat de Jacob contre l'ange. Comme cette extraction est
     délicate, on renonce à consommer le quartier arrière de la bête. Le sang doit s'écouler au
     maximum. LÉV 17:14 Car l`âme de toute chair, c`est son sang, qui est en elle. C`est pourquoi
     j`ai dit aux enfants d`Israël: Vous ne mangerez le sang d`aucune chair; car l`âme de toute chair,
     c`est son sang: quiconque en mangera sera retranché.

On     doit saler la viande. (Mel, le sel veut dire aussi bonifier). La viande est trempée dans l'eau
     pendant une demi-heure (blanchir). On doit la saupoudrer de sel pendant une heure, et ensuite on
     la rince.

Dernière        étape : la cuisson qui est une purification par le feu.




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1.c)Les boissons
Les jus de fruits et de légume sont propres à la consommation. Seuls le vin et le lait nécessitent des
précautions. Le lait des animaux cachers est autorisé, et pas celui des non cachers (ex : l'âne). Le
consommateur doit veiller à ne pas consommer le lait qui résulterait d'un mélange.

Le vin doit être cacher, cela consiste à faire surveiller par un religieux tout le processus de
fabrication jusqu'à l'embouteillage. Le but est d'éviter de consommer tout vin qui serait dédié aux
idolatres. Ainsi qu'aux alcools contenant du vin.


I.2)Sources et interprétations

2.a)les origines
Le point de départ se situe lors de la révélation au mont Sinaï. En se révélant à Moïse, Dieu
renouvelle Son alliance, il passe cette fois-ci par le don de la Torah et le voeu que le peuple
applique les mitsvot. Il y a 613 commandements transmis par Dieu à Moïse, 365 négatifs et 248
positifs (le nombre des membres dans le corps). La première source de la cacheroute est la Torah.

La deuxième source est le Talmud. Ce sont des explications puisque la Torah est difficile d'accès. Il
y a 3 traités qui explicitent les règles de la cacheroute.

Shabat et Pessahim / Ovada Zara (vin) / Houlime (12 chapitres relatifs à la nourriture)

Il est devenu le livre d'étude pour tous ceux qui veulent connaître le judaïsme. C'est plus
compréhensible que la Torah, mais pas encore assez synthétique.

Les codes (3ème source), ils ont un aspect pratique. Celui qui a eu le plus de succès est le
Choulram Arouh, la table dressée. Il a été écrit par un certain Caro en 1488, il expose les pratiques
séfarades. Pour les ashkénazes c'est Ishurlés (1530).

Enfin beaucoup plus accessible, il y a les publications. Ils s'agit d'une présentation moderne à l'aide
de dessins ou de photos. Le plus célèbre est celui publié au tribunal rabbinique de Londres par
Ahrend (1900).


2.b)Les interprétations
6 types.




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b.i)L'obéissance à Dieu :
L'idée centrale de toutes les interprétations juives des ordonnances est la sainteté. L'observance des
mitsvot doit permettre à l'homme d'atteindre la sainteté. La cacheroute permet aux êtres de s'élever.
La multiplication des commandements n'est pas un choix arbitraire de Dieu, mais augmente le
mérite du peuple élu. Le consommateur juif doit obéir aux mitsvot à la fois Mishpat (les lois
naturelles) que le simple sens moral rend compréhensible, et les Hok (celles qui n'ont pas
d'explications logiques).

Les cacheroutes sont des mitsvot négatifs et Hok.

Donc il ne faut pas chercher des explications logiques aux règles alimentaires. Au contraire, il faut
chercher à les respecter et à les appliquer puisqu'elles ont été données par Dieu!

Cette idée est confirmée par les principes du Talmud qui énoncent que seule la Loi rend libre. D'où
obéissance ET liberté. L'observance de la cacheroute devient un comportement délibéré de
l'homme.

Dans la pratique, la quête de la sainteté s'accompagne d'une sacralité accordée aux repas. Un repas
pour qu'il soit cacher nécessite un certain nombre de prières. Avant, il faut l'ablution des mains, et le
père de famille doit dire une bénédiction. On prend ensuite un morceau de pain que l'on trempe
dans du sel et on prononce une autre bénédiction. A la fin du repas, il y a 4 remerciements :
mosaïque, Josué, David et Salomon, une rédigée après la destruction des romains.

Celui qui ne fait pas la prière est appelé voleur... La prière est une nourriture.


b.ii)Corps et Ame :
Depuis la période biblique. L'idée est que le corps et l'âme sont deux entités non séparées, mais
liées. Dans Ezechiel, on fait le lien entre la consommation de sang, l'idolâtrie et l'assassinat, le tout
conduisant à l'exil d'Israël. Lien entre la nourriture et le caractère même de l'homme.

Débat houleux du temps de Moïse sur la consommation de viande qui rendrait agressif. L'homme
doit controller ce qu'il mange et maîtriser ses instincts. On ne consomme aussi que des ruminants
herbivores.


b.iii)Hygiène :
Certains conçoivent la cacheroute comme un guide pour une vie hygiénique. C'est ainsi que
Maïmonide explique que les animaux interdits sont en fait mauvais pour la santé. Le porc est sale,


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et le mélange de viande et de lait est trop lourd. L'explication par l'hygiène a 2 aspects.

Apologétique : elle fait l'apologie de la loi. Non pas par le recours à la volonté divine, mais par la
science. Démarche scientiste.

Historiciste : Idée que c'est lié au contexte de l'époque. On ne pouvait conserver la viande de porc.
C'est une démarche risquée qui peut alors se retourner contre la cacheroute.


b.iv)Héraldique :
Explication de la différence. La cacheroute permet le maintien d'une séparation entre les juifs et les
non-juifs. Instants de convivialité et de vie en commun. Au XVe, Sformo établissait un lien entre
l'alimentation et l'assimilation des juifs dans la cité d'accueil.

Manger du porc, premier signe d'abandon de la religion. (pour les musulmans aussi)

Cette position est d'autant plus valable sur le plan religieux , car elle se retrouve dans la Genèse
avec Joseph et Jacob. Idem, les juifs ne se sont pas assimilés en Égypte.

Aujourd'hui, on assiste en France au double phénomène de rupture de la cacheroute et la
dérégulation du cacher.


b.v)Végétarisme :
Les multiples règles sur la consommation des animaux, ont pour but d'encourager le végétarisme.
Les tenants de cette explication nous rappellent que Adam l'était. Caïn l'éleveur a tué Abel
l'agriculture. Noé ne mangeait que des animaux morts. La manne est un produit végétal.


b.vi)L'animal totémique:
Une analyse dit que ce qui est déclaré licite sont les animaux sacrificiels qui rappellent le bélier et
l'épisode d'Abraham.

==> Extrême maintient des règles millénaires dans les 6 cas.


II.Cacheroute / Environnement / Société de consommation /
Mondialisation
Démarche nouvelle dans une approche désormais systémique. L'entreprise fait partie d'un système.
Elle épuise des forces dans sa transformation des menaces en opportunités.

Ex : les aérosols sans gaz nocifs.


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L'entreprise cherche à s'adapter aux contraintes que l'environnement exerce sur elle.


II.1)Environnement :
Il comprend tout ce qui est en dehors de l'entreprise. Ce sont traditionnellement 8 composantes :

1.Économique : tout ce qui est en rapport avec l'évolution des structures productives et ou de
   distribution. La conjoncture économique : la croissance. Elle se calcule par le PIB. Actuellement
   en France, il a été revu à la baisse et est de 1,5%. Evolution de la consommation aussi.

2.Culturel et cultuel : référents religieux et civilisationnels, qui ne sont pas figés, qui ne sont pas
   fixés, puisque les normes ne le sont pas non plus (style de vie, éducation). Quand on s'enrichit,
   on consomme plus de viande, mais au-delà, on revient au poisson puis aux légumes. La position
   des minorités intervient aussi. En France, ce sont les juifs et les musulmans. De plus, le cacher
   n'est pas consommé que par des juifs (aliments bio...).

3.Écologie : les externalités négatives... et leur prise en charge. La tendance est aujourd'hui à
   l'internalisation. Ex : le problème des nourritures carnées données aux herbivores.

4.Démographie : évolution des populations par âge, sexe, CSP, niveau de formation et habitat
   (urbanisation). Lorsque les règles de cacheroute étaient locales, ce n'est pas la même chose qu'en
   ville. Il y a aussi le vieillissement de la population, le taux de natalité etc...

5.Environnement social : Il s'agit du taux de syndicalisation, et de la manière dont s'expriment les
   revendications. Les entreprises vont vers le moins disant social.

6.Réglementation et aspect juridique : le droit du travail par exemple, celui de la concurrence.

7.Environnement international : import / export. Ex : 90% de la viande cacher d'Israël vient
   d'Argentine.

8.Technologique : l'introduction de certains conservateurs demandent aux Rabbins d'êtres chimistes
   aussi...

==> L'environnement est aujourd'hui : complexe, instable, hostile et diversifié.

Il perturbe énormément les entreprises puisque ce dernier est en perpétuelle évolution.

Quelles sont les évolutions majeures?

Mondialisation     / Globalisation : les années 90 ont été marquées par un renforcement de la
   globalisation, c-à-d par la multiplication des échanges. Ils progressent à un rythme de 13% alors


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   que la production plafonne à 2,5%. On cherche à tirer la croissance non pas par la production,
   mais par les exportations. Exports led growth. Résultat, ce n'est plus une priorité de faire
   consommer les smicards du pays, mais plutôt les chinois... Donc dérégulation du droit du travail
   possible. De plus, les pays à économie de marché doivent faire face aux NPI. Gestion tripolaire
   Japon / USA / Europe avec chacun une zone d'influence économique et aussi monétaire ($/€/¥),
   au sein d'une intégration.

Données      économique : puisque le modèle de développement est fortement teinté de libéralisme.
   La tendance aujourd'hui est au désengagement de l'État et à la régulation par le marché. Le
   marché de la cacheroute est en face de ce dilemme.

Les   lobbies : montée de ceux-ci ainsi que leur structuration. Ex pour les juifs : le CRIF et le
   consistoire et pour les musulmans : le CMF (conseil des musulmans de France). Mais la France
   intègre des individus et non des communautés jusqu'alors. Que va t'elle faire? Les musulmans
   auront désormais des exigences. cf. Etzioni. Est-ce que les certifications de la cacheroute seront
   locales ou internationales? On demande à l'islam de s'organiser alors qu'il 'y a pas de fonction
   sacerdotale précise.


II.2)La gestion de la cacheroute :
Elle est aussi un phénomène d'actualité, partout où vivent des juifs structurés. Il connaît des
bouleversements, en raison de la société de consommation et de la production de masse. Suivre la
cacheroute est une décision individuelle, mais dont la gestion se fait dans un cadre collectif. Cela
suppose donc des organismes.

La cacheroute et la Shehita sont passées d'une approche locale, artisanale, immédiate à une
organisation centralisée et urbaine. Cette évolution est due à l'apparition de l'agro-alimentaire.
L'agriculture n'est qu'un maillon en amont de la production. Elle rentre dans le secteur secondaire de
l'économie.

Ces évolutions posent de nouvelles questions aux autorités en charge de la cacheroute, écartelées
entre protectionnisme interventionniste et les pressions libérales où le marché est l'autorité de
régulation.


2.a)D'une gestion décentralisée vers une gestion centralisée
Jusqu'à l'émancipation, les juifs vivaient en communautés relativement closes. Cf. Tarascon,


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Cavaillon, Ile-sur-Sorgue. Du coup, l'application de la cacheroute était simple, locale et
décentralisée. Chaque communauté avait un abatteur, un shohet, il assurait la disponibilité en
viande cacher.

A Valence où il n'y avait pas assez de juifs, tous les mardis, un shohet venait de Lyon. La gestion
est ancrée sur le territoire local. Le Rabbin local veillait au respect des règles. Dans les localités,
juifs et non-juifs établissaient entre-eux des règles du jeu. Ils échangeaient librement les céréales,
farines, les fruits et légumes mais prenaient des distances pour la viande, le lait, le vin et le pain.

On est passé aujourd'hui à une gestion centralisée. Un certain nombre de facteurs sont à l'origine de
la centralisation des contrôles.


a.i)Urbanisation :
Elle a rendu les échanges anonymes. Cela signifie que le consommateur ne voyait plus, ni l'animal
ni son processus d'abattage. Il a eu donc besoin d'autorités de contrôle en qui il pouvait avoir
confiance, capables de certifier la licéité des aliments.


a.ii)Nouvelles techniques de production :
Sont apparus des produits ayant subis des traitements, voire mêmes ceux qui ne posaient jusqu'alors
aucun problèmes comme les fruits et les légumes.

Ex : la pomme est enduite de cire animale pour le brillant.

Ex : la boîte de conserve et les produits additifs. Certains annulent la cacheroute, les colorants, les
stabilisateurs, les gélifiants.

Les règles de la cacheroute deviennent de plus en plus complexes. Une autorité isolée, locale,
décentralisée, ne peut plus assurer la certification. D'où la nécessité de recourir à une autorité
centrale.


a.iii)Problèmes nouveaux :
garantir   un nombre croissant de produits (des milliers).

ingrédients   qu'aucun Rabbin ne peut garantir, et où il faut des chimistes.

produits   fabriqués à l'étranger.

les   producteurs sont souvent des multinationales dont le pouvoir dépasse celui d'un rabbinat
   national.

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II.3)Les produits et les firmes multinationales

3.a)les pays
La mondialisation du marché cacher peut se résumer en 2 idées forces :

1.une tendance protectionniste pour la viande.

2.une volonté de libre-échange pour le reste.

USA    : pays leader en matière de production de produits cacher. Il existe plusieurs certifications,
   dont les plus connues sont Ou (orthodox union), OK (orthodox Kasher), Kof K. "Ou" domine le
   marché et offre des milliers de produits avec certification (Hercher). Les USA ont un système
   hybride où co-existent des petites certifications locales et d'autres d'envergure fédérale. Le
   mouvement a démarré lorsque les orthodoxes ont fait leur apparition aux Etats-Unis (XIXe),
   venant de Russie au rite Ashkénaze et Hassidim. Ils ont réclamé des autorités de certification très
   strictes car à l'époque, le meilleur côtoyait le pire... "Ou" a tout de suite voulu se mondialiser, et
   cela s'est fait par étapes. Premièrement, il a fallu faire reconnaître le certificateur. Ensuite Ou
   envoie des enquêteurs de par le monde, pour vérifier la compatibilité des ingrédients avec les
   règles de la cacheroute. Troisième étape, proposition du logo aux entreprises qui veulent exporter
   aux USA.

La   France : elle offre peu de possibilité d'achat en grandes surfaces sauf Casino et Carrefour. Un
   consommateur français soucieux de cacheroute doit consulter une brochure pour faire de la VPC.
   Il existe peu de certifications nationales avec une grande notoriétés. Mais en 1993 est née une
   certification française : K-cert. L'idée est de lancer une marque équivalente à Ou, grâce à une
   entente entre le ministère de l'agriculture et le Beth Din de Paris. Cette organisme ne s'occupera
   ni de viande ni de vin, mais en priorité d'agro-alimentaire. Le contrôle se fera en 2 temps, le
   respect des normes ISO9001 et d'un cahier des charges très strict. Elle aura ainsi en plus une
   certification religieuse.

Grande-Bretagne      : Le Beth-Din de Londres cherche à mettre en place un système équivalent à la
   France.


3.b)les produits

b.i)la viande :
la norme est que la viande cacher soit abattue dans le pays où elle est consommée. Mais il existe des

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exceptions dues à la place de l'Argentine. Israël importe presque tout d'Argentine, elle y envoie des
abatteurs, des shohatim, pour assurer la cacheroute. Parmi les exceptions, la Norvège et la Suisse
interdisent strictement l'abattage selon les rites juifs et musulmans. Donc toute la viande est
importée. La viande blanche est plus facile à transporter, on assiste donc à des conflits et des
tensions entre des entreprises de certification locale et d'autres nationales. L'enjeu est financier
puisque la certification est de 0,75 à 1,5€ par kilo. Prix qui dépasse parfois celui du produit. En
1970, Yarden, une entreprise Israélienne a commencé à vendre de la charcuterie produite en Israël.
Le beth-din de Paris s'est senti agressé et a traîné Yarden devant les tribunaux français pour
concurrence déloyale. Pas de problème d'un point de vue commercial selon le tribunal. Du coup, le
rabbinat de Paris a menacé de rendre non cacher tous les produits Yarden. Et Yarden s'est plié.


b.ii)Le lait :
il doit être surveillé et on l'appelle comme cela d'ailleurs : Halav Israël. Il doit être de vache et sans
mélange. Il doit être en plus conservé dans des sauts qui n'ont pas eu de contact avec du boudin et
du saindoux. Pour éviter cela la présence d'un rabbin était nécessaire... Le prix du lait est de 30 à
40% plus cher. Avec l'évolution technologique, on a assisté à la disparition totale de la production
de lait d'ânesse. Cela s'est traduit par une baisse des prix du lait surveillé. Et aujourd'hui aux USA, il
est le même pour les deux.


b.iii)Le pain :
Au Canada, il existait 2 chaînes de boulangeries : Cantor et FBI, qui répondaient aux besoins de
pain cacher. Il se trouve qu'à la fin des années 50, avec l'arrivée des Orthodoxes, ce pain cacher ne
semblait plus répondre aux exigences. Du coup, ces 2 boulangeries ont disparu au profit d'une seule
boulangerie orthodoxe : Ou.


3.c)Les activités

c.i)la restauration :
En France, elle demeure un phénomène marginal. Elle s'adresse essentiellement aux touristes de
confession juive, qui y vont plus par nécessité que par plaisir. 5 à Paris dans les années 50, il n'y en
a aujourd'hui que 150. Développement des restaurants asiatiques cacher dans le 13ème. Il existe de
nombreux restaurants de nourriture juive d'Afrique du nord non cacher par exemple Bichi Bebert.

Les grandes surfaces : de nombreuses enseignes commerciales ont développé des rayons de produits


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cachers dans les quartiers à forte présence juive : pain, poulet, viande. Ils nécessitent la présence
d'un surveillant : le machguiar ou le chomer. La cacheroute est donc source d'emplois, de religieux,
de shohatim, de surveillants.


c.ii)Hôtellerie :
Elle s'est surtout développée avec la contrainte de la Pâques juive. Pendant les 8 jours de Pessah,
tout levain (hamet) est interdit, ni consommé, ni présent dans le logement. Du coup, la maîtresse de
maison doit faire disparaître toute trace de levain... EX 12:15 Pendant sept jours, vous mangerez
des pains sans levain. Dès le premier jour, il n`y aura plus de levain dans vos maisons; car toute
personne qui mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, sera retranchée d`Israël.
Résultat c'est tellement compliqué qu'on va à l'hôtel. Développement d'une hôtellerie à l'occasion de
Pâques, en Suisse, en Grande-Bretagne, aux USA et en Israël. Les USA sont les pionniers puisqu'ils
ont lancé une chaîne hôtelière cacher dans les catskill (NY). Il évite aux familles le grand nettoyage
de Pâques. Ils font aussi de la restauration. Cela créée aussi des tensions. Ex : l'hôtel Hilton à
Strasbourg (deuxième ville par densité d'habitant après NY).

==> La société de consommation a déplacé les produits cacher de la marginalité à une forme de
normalité. Ils s'adressent à un public bien plus large que les juifs. ex : les adventistes du 7ème jour,
aux hindous, et enfin certaines personnes y recherchent des produits de qualité sans additifs.


III.Le Coran

III.1)Le livre :
Il signifie parole incréée de Dieu. On peut aussi y reconnaître la racine lire.

NB : Jésus est aussi lui même incréé. Il est lui même le livre, l'incarnation de celui-ci.

Le livre des Araméens s'appelle Sifr, l'évangile (les 4 seulement plus Timothée (?)) est appelé Injil,
la Torah est nommée Tawrah, Abraham : çuhruf. Ce sont les autres livres saints de l'islam.


1.a)On appelle aussi le Coran :
Tanzil   : ce qui descend.

Dhikr    : celui que l'on rappelle.

Bushra    : la bonne nouvelle.



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Furqân     : celui qui sépare le bien du mal.

Kitab    : livre.


1.b)Quelques chiffres :
Il y a 114 sourates, que l'on peut appeler chapitres en français, classées de la plus longue à la plus
courte.

Il y 6236 ayats ou versets.

On peut le lire en 30 jours (pour le ramadan), il y a des signes distinctifs sur les pages qui
permettent de s'y retrouver. Il est aussi divisé en 7 (pour les pros).

Il y a 29 sourates qui commencent par des lettres liminaires, mystérieuses. On les appelle les Huruf,
il y en a 14 soit la moitié de l'alphabet, du cycle lunaire, des règles. On ne sait pas ce qu'elles
veulent dire.

Alif : serait la première lettre de Allah.

Lam : serait la descente de l'archange Gabriel.

Mim : parole qui remonte vers Mohamed.


1.c)Contenu :
Seul 1/40ème est normatif. On trouve aussi du narratif, de l'incantatoire, du parabolique, de
l'emphatique et du récit.


III.2)Les (a)Hadiths :
Il y en a 6 recueils,

Bokhari / Muslim (Irak) / Abu Daoud / Tirmidhi / Nasaï / Ibn Majah


III.3)Différentes récitations :
Il y en a 7 variétés. De récitation et de lecture.

Les plus connues sont celles de Warsh et Hafs


III.4)Vocabulaire coranique :
On trouve de l'arabe, de l'araméen, de l'éthiopien, de l'hébreu, du perse, du grec, plus une langue qui


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n'existe pas.


III.5)Compréhension :
Elle se fait par le Tafsir qui est le commentaire.

Il y a aussi le Ta'wil qui veut dire Interpretation.

Ex : 3:7 --> Il y a du commentaire pour ce qui est clair et de l'interprétation pour ce qui est plus
douteux.

Ex : 12:6 , "Il t'enseignera l'interprétation des récits".

Pour compliquer le tout, il y a des versets abrogés ou Naskh (abrogeant) et Wa Mansukh (abrogé).

ex 2:106

Il y a 300 versets abrogés.

autres ex : 3:3 et 3:129

Coran : celui de Hamidullah, le "Saint Coran".

Les châtiments, les hudud sont des limites à ne passer. On est pas obligé de couper la main de tout
voleur (d'ailleurs sous le prophète c'était le cas).

Meurtre 5:32 6:151


5.a)Pourquoi le Jihad ?
L'attentat a été réalisé dans l'orthodoxie du Jihad.

1.Il faut une intention pour Dieu, une Niya. Et pour provoquer aux ennemis une perte qui renforce
   la position stratégique des musulmans.

2.L'acte doit être bâti sur une étude, une planification. Il ne doit être en aucun cas spontané.

3.On doit être sur de provoquer une perte chez l'ennemi qui le terrorise et qui atteigne son
   psychisme.


5.b)Les 3 maisons :
Dar   Islam : la paix (territoires musulmans)

Dar   Solh : le compromis (cohabitation, ex : la France)



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Dar   Harb : la guerre (les ennemis)


5.c)Quelques versets :
Paradis   : 56:86

limbes:   7

Egalité   des religions :2 : 136

Annonce       de Mohamed, Jean chap XIV verset 15.

Livres   saints : les musulmans croient en eux. 5:46

Marie    66:12


IV.Le Système Financier en Islam :
Les 3 monothéismes ont prohibé le taux à intérêt, mais avec le temps, elles ont accepté quelques
aménagements.

Il faut chercher ce qui interdit l'usure et autorise le bénéfice dans les sources. 2 aspects qui semblent
au premier abord contradictoires.

En Islam, l'interdiction est basée sur un double principe.

- Interdiction du "Riba" (le taux d'intérêt).

- Acceptation d'une rémunération du capital.

--> Il y a réellement une contradiction à lever. Riba veut dire étymologiquement "augmenter".

3:130 interdiction du Riba.

Mais il y a une autre sourate qui favorise le commerce 2:275

--> C'est le commerce de l'argent qui est interdit en fait !!! (intérêt et usure)

C'est la rémunération du temps, or ce dernier appartient à Dieu.


IV.1)Aspects sémantiques et historiques

1.a)Aspects sémantiques :
La science-eco islamique est régie par la charia.

Concernant le Riba :

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C'est un revenu qui provient de l'attente et non pas de la prise du risque. Car il ouvre la porte à la
paresse, à la monopolisation et à l'exploitation des pauvres par les riches. (cf. les commentaires de
Quchairi ou «Islam et Économie»)

Thésaurisation, monopole (source de domination) et inégalités (corrigées par la Zakat), voilà les
préoccupations de l'Islam.

Riba est diff. d'usure (dégradation) alors qu'il veut dire augmenter.


1.b)Aspects historique :
Si on essaye de définir l'économie islamique, il faut partir de la propriété terrienne. Le nomade
arabe ne connaissait ni la propriété terrienne, ni la propriété privée avant l'Islam. Il se contentait du
désert pour y chercher les sources et les pâturages.

La terre était considérée comme une Hima, c'est à dire une protection, car les nomades qui
s'installaient sur une terre devaient verser au chef de la tribu, une partie de la récolte. En échange, le
chef leur garantissait la protection. Avec l'Islam, le concept de propriété terrienne se développe. Il
est dit dans Coran que la terre appartient à Dieu, et il en fait héritier qui il veut. Parce qu'avec les
conquêtes musulmanes, ils se sont attribués des terres que le prophète à donné à chacun de ses
compagnons. Le prophète demande seulement1/5ème, pour lui, les orphelins et les gens du voyage.
Le prophète a fait don des terres à ses compagnons pour qu'ils les bonifient (Iqta, qui veut dire aussi
parcelle de terrain). En échange, le croyant qui recevait une terre, devait payer une Sadaqa, une
aumône (capitation). Afin de pérenniser le système, un titre est apparu : Malik, l'acte de propriété ou
encore Tamlik.

La bonification d'une terre inculte, permet à son titulaire d'en devenir le propriétaire. Il y a donc eu
des débats sur ce qu'est une terre cultivée. Hanifa définit une terre labourée, clôturée et cultivée
depuis 3 ans.

Ce détour par la terre nous permet de comprendre que le système économique islamique, est basé
sur le travail. Est licite, tout ce qui est le fruit de l'effort. Ainsi le gain (Ribh) est licite lorsqu'il
relève de la transaction ou de la fructification (au sens premier).


IV.2)Aspects théologiques :
L'Islam est pour certains (Ibn Taymiya, XVe) : Din / Dunya / Dawla (religion/ civilisation /
société). Ghazali s'oppose complètement à cette vision.


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2.a)Les sources (pour l'intérêt) :
2:275 / 2:276 (concernant la différence entre Riba et Zakat) / 2:278

3:130 / 4:161 / 30:39

Ces versets ont été révélés à différents moments de la vie prophète. La toute première est de l'an 7
de l'Hégire, lors de la bataille de Khaibar, où il a été révélé "vendez or contre or à poids égal". Elle
est confirmée à nouveau en l'an 10 à Arafat la 2:275. Et juste avant la mort du prophète, il aurait eu
la révélation de la 2:279. La fonction de la Zakat est de purifier les avoirs matériels.

L'interdiction de la Riba est associée à la Zakat. Cette dernière purifie ce que l'on garde.

La plupart des sourates interdisant l'intérêt ont été révélées à la Mecque(grand centre commercial).
Selon le Coran, le Riba faisait partie intégrante de leurs activités. Cet interdit renvoie à la Bible
aussi ce que le prophète rappela aux juifs de la Mecque. DEUT 23:19 Tu n`exigeras de ton frère
aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt.

Comme la plupart des interdits, elle s'est faite progressivement, en 4 étapes.

1.Exhortation passive mais claire (30:39).

2.Blâme.

3.Condamnation explicite.

4.Interdiction totale (4:161 et 3:130).


2.b)Zakat :
La Zakat provient des marchandises échangées et des revenus professionnels et immobiliers. Ne la
payent, que ceux qui travaillent et qui possèdent (maisons, meubles et bijoux non portés). La Zakat
a une fourchette de 2,5 à 10% suivant la nature des biens.

La Zakat est individuelle (ou un ménage), elle doit être en argent.


2.c)Le Jihad :
C'est un Fard Kifaya (obligation collective) par opposition à Fard 'Aïn (individuelle). C'est aussi
l'effort intellectuel de spéculation pour comprendre les exigences du Coran.

Appliqué à l'économie, il s'est traduit par d'abord le débat sur le Riba et par la création des banques
islamiques (conférence de Karachi en 1975). Le but était de créer l'indépendance économique des


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pays musulmans.

Autre ex : Bourghiba a autorisé la rupture du jeune de Ramadan pour des raisons économiques, ce
qu'il a appelé un Jihad. Bourghiba est un Moujtahid (celui qui fait un Jihad).


2.d)Le Fiqh :
Le Fiqh, la jurisprudence. Ceux qui le pratiquent sont des Fuqaha (Faqih au singulier). Au départ les
Fuqaha ont également fait le détour de la propriété privée. Ils se sont posés la question : s'agit il du
droit de bénéficier d'une terre ou d'en disposer?

Est-ce de l'usus, du fructus ou de l'abusus? La théorie économique islamique est basée sur la notion
de possession (abusus) qui implique bénéfice (fructus) et exploitation (usus). Ou alors, indivision
Waqf, Hbs.


2.e)Ces notions appliquées aux obligations financières :
La réglementation du bénéfice est fondée sur 2 éléments : l'acquisition et la fructification. En
d'autres termes, le capital et le travail sont à la base de toutes transactions de toutes possessions.
Ainsi, le prêt d'argent est interdit, mais les personnes peuvent s'associer dans un projet et en tirer
des bénéfices.

2 types d'association sont possibles :

en   terme de travail.

en   terme de capital.

--> art 18-32 du code civil : l'Entreprise sociétaire. Avec 3 types d'apport : en capital, en nature, en
industrie.

En somme toute transaction à base d'intérêt est interdite, puisqu'il est fixe et prédéterminé. Par
contre, le prêt avec participation aux gains et aux pertes est licite.


IV.3)Les types de contrats financiers :
Il y a 3 contrats financiers en Islam.


3.a)Mudaraba :
Commandite simple. C'est une convention qui correspond à un partenariat passif (dans l'ordre
financier). La banque apporte des fonds et laisse au propriétaire la possibilité de gestion. Mais dans

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les faits, c'est le porteur de projet qui est passif. L'entrepreneur est maître de l'affaire, alors que le
porteur de capital est le gestionnaire. Le partenariat est inégal, puisque c'est la banque qui prend le
risque. La banque se rembourse en calculant sa part de bénéfice dans le projet, selon des accords
définis à l'avance (taux identiques pour les gains et les pertes). La banque est extrêmement engagée
dans le projet, qu'elle suit de façon très attentive.


3.b)Musharaka :
Association. Elle est utilisée lorsqu'une personne déjà détentrice d'un capital sollicite un bailleur de
fond pour assurer le complément financier, un co-financeur. La banque finance sans intérêts
l'association et se rembourse par le prélèvement sur les bénéfices à concurrence de la somme prêtée.
Ce type de financement autorise le retrait progressif du bailleur (la banque) à chaque fois qu'elle
récupère son capital investi. Ainsi l'achat de la totalité des droits met fin à la copropriété et au
partenariat. En somme c'est une sorte de leasing... Sauf qu'ici ce type de contrat est destiné à
financer les projets d'achat d'immeubles ou de propriétés.


3.c)Murabaha :
Financement. Cette opération est menée par la banque qui se porte acquéreur de marchandise pour
le compte de ses clients. C'est une sorte de crédit bail où le client a le droit de revendre la
marchandise avec une marge bénéficiaire. La propriété des marchandises n'est transférée par la
banque à son client, qu'au moment du paiement de la totalité de la marchandise. On partage la
marge bénéficiaire avec la banque.

Cette opération est risquée pour les banques qui peuvent se retrouver avec des stocks de
marchandise non écoulées.

En somme les 3 contrats ne sont pas des apports simples d'argent, mais une participation au risque.
C'est ainsi que le prêt devient licite!!!


IV.4)Les Banques Islamiques :
Elles sont nées dans les années 70 (choc pétrolier) et elles trouvent un nouvel essor avec la
globalisation financière d'aujourd'hui.

Quelques dates :

Croisement de la montée du pan-islamisme et du choc pétrolier, à la base de leurs créations. Ceci
accompagnant l'échec du pan-arabisme, à la suite de la guerre des 6 jours.

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Cela a ouvert une voie à l'hégémonie régionale des pays pétroliers (Arabie Saoudite, Iran, Libye.)
sous la bannière du pan-islamisme.

1970   : Création de l'OCI (Organisation de la conférence Islamique). Cette organisation a remis les
   préceptes économiques de l'Islam au goût du jour (après l'échec des Baaths laïcs).

1974    : Sommet de Lahore (capitale du Pendjab) où est prise l'initiative de créer la banque
   islamique de développement, basée à Djeda (capitale de l'Arabie Saoudite).

1975   : 1ère Banque islamique privée : Doubaï Islamic Bank.

1979    : Le Pakistan devient le premier pays à décréter l'islamisation de l'ensemble du secteur
   bancaire et de la société.

1983   : Le Soudan et l'Iran suivent.

A partir de cette date jusque dans les années 2000, le bilan des banques islamiques était
catastrophique. C'est avec la globalisation du système de la finance internationale qu'il prend un
nouvel essor.

Le renouveau s'est fait par de l'ijtihad, car s'est posée la question de la légitimité du taux d'intérêt
classique occidental.

3 éléments ont assoupli la première version de l'interdiction de l'intérêt.

'Urf   : acceptation des coutumes locales. On accepte le taux d'intérêt comme pratique des pays
   dans lesquels on vit (ex : la France).

Darura      : la nécessité qui fait loi.

Maslaha      : l'intérêt général qui doit primer.

Depuis la fin des 90's, la logique du système bancaire international a évoluée, avec le
développement des investissements de portefeuille (type SICAV, FCP, Matif). En d'autres termes,
la finance internationale génère désormais l'essentiel de ses profits à partir de commissions et de
tarifications de services. Du coup, les banques islamiques trouvent une place dans ce système.

NB : dans les 70's, les gains financiers des banques occidentales provenaient du différentiel des taux
d'intérêt.

La vague d'innovations financières consécutive à la déréglementation a rendu possible la conception
de produits financiers islamiques. Inclus les assurances (Takaful), les obligations (dès lors que l'on


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sépare le titre et sa rémunération).

==> Les banques islamiques connaissent une nouvelle jeunesse avec l'essor de la mondialisation
financière. Un pari pas encore gagné?


V.Prescriptions alimentaires en Islam :

V.1)Introduction :
L'islam contient des prescriptions alimentaires.

Aliment : Ta'am (ou bien le gout) ou bien AKL. Les prescriptions coraniques sont soit positives soit
négatives.

+ Halal. Cf. 16:114. En règle générale, la nourriture licite, l'est pour tous les aliments avec toutefois
des conditions particulières pour la viande. Pour qu'une viande soit halal, un certain nombre de
conditions doivent être réunies:

animal     (autorisé)

abattage     (rituellique)

le   nom de Dieu (prononcé) : Bismillah ou Allah waqbar. (6:119)

tourner      l'animal vers la Mecque sur le côté gauche au moment de l'égorger(inverse de
   l'enterrement des hommes à droite).

Question du gibier : il faut prononcer le nom de Dieu au moment de tirer. Au moment de lâcher le
chien, ou au moment où le chien ramène la proie et la lache. --> Importance de l'intention en Islam.
Les actes valent par leurs intentions.

-- : 5:3

Il existe 3 interdits mentionnés par le Coran :

1.la bête morte naturellement (sans que l'homme ait eu l'intention de la tuer)

2.Étouffement, choc, chute, coup de corne ou dévorée par une bête féroce. NB : la bête morte est
   interdite. Le croyant ne peut la consommer, mais il est licite de profiter de ses cornes, de ses os,
   de sa peau, de ses poils.

3.le sang et le porc. Interdictions dans la lignée du judaïsme (ruminant et sabot fendu).

On doit y ajouter les dérivés du sang (boudin), l'urine, la graisse de porc...

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Les   animaux nécrophages autre que le porc.

Les   ânes domestiques, le mulet, l'aigle, l'éléphant, le singe et les oiseaux carnassiers. Nb : pas
   dans le Coran mais par déduction (quiyès).

Pour saisir la portée des prescriptions alimentaires, il faut garder à l'idée une opposition entre le
corps physiques, siège des appétits et des passions, et l'esprit subtil et d'origine céleste. Humanité /
Animalité. Ego / Esprit (Nafs / Ruh).


V.2)Symbolisme des interdits

2.a)Le corps :
Les interdits alimentaires sont l'autre face de la gestion musulmane du corps.

Haut du corps / positif / Terre (Barr)

Bas du corps / négatif / Mer (Bahr)

Gauche / négatif / sauvage (wahsh) / Mauvais

Droite / positif / domestique (ins) / Bon

Nb : main droite et gauche ont des symboliques différentes, car l'homme est bidextre. On fait ses
ablutions avec la droite, on mange. Aux toilettes, on utilise la gauche. Le lavage du mort se fait avec
la main droite sur la partie droite d'abord.

--> Expression de la croyance en Dieu, dans ses actes quotidiens.


2.b)Ascétisme :
Perspective plus large, celle d'ascétisme, car le musulman va jusqu'à se priver de nourriture lors du
jeune du ramadan (et les surrérogatoires chez les soufis).

Les interdits sont à comprendre en référence à l'homme, puisque l'animal licite est celui qui fournit
à l'homme la nourriture, le cuir, le lait, la laine (Verbe à l'impératif Kulu, qui veut dire mange et qui
apparaît 108 fois ex : 2:57). Les aliments sont qualifiés de délices (Tayibat) ou de biens (Rizq). En
fait c'est la diététique sacrée.




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V.3)Les règles

3.a)les 4 éléments : air / terre / eau / feu

a.i)eau : froid / aquatique (bahri).
3 catégories :

écailles   : licite.

sol   (coquillages) : variable selon les lieux.

amphibiens      : canard, oie, tortue, grenouille : interdit.


a.ii)Terre (chaud) : quadrupèdes
sauvages : wahsh et sec : interdit.

domestique :insi et humide : 4 catégories :

le bétail (An'am) : licite

équidés (Dawabb) : interdit

carnassiers : interdit

coprophages : interdit

NB : chaud + humide : la symbolique du sang.


a.iii)Air : subtil
Oiseaux (Tayr) : on en mange pas. (sauf le pigeon culturellement)

Feu : Bon, il permet la cuisson. Tayibat (délice, cuit).


a.iv)Le vin (Khamr) :
boire se dit chrab (euphémisme). La consommation est considérée comme un péché (Ithm) 2:219.
L'interdiction concerne le vin et toutes les boissons alcoolisées.

L'interdiction est venue en 3 étapes (pour des raisons pédagogiques) :

Mise en garde 2:219 / Interdiction au moment de la prière 4:43 (Ivresse se dit Sukara, doux, sucré) /
Interdiction absolue 5:90.

Les Alaouites considèrent que le vin est licite (ils se réfèrent à 16:67). Certainement en rapport avec


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Jésus-Christ. Ils parlent d'ivresse mystique. Le vin n'est d'aucun des 4 éléments, plus pur que l'eau,
plus subtil que l'air, lumière et non feu, esprit et non matière. Cela conduit à l'amour de Dieu, la
quintessence, l'éther chez les mystiques soufis.

Le vin est interdit en ce monde, mais autorisé dans une vie future en tant que boisson promise, aux
croyants et vertueux cf. 47:15.

Le vin est un breuvage limpide 83:25.

Vin se dit aussi Dam (sang) voir Adam.


V.4)La situation de contrainte

4.a)le motar : celui qui est contraint :
Dans la pratique, la consommation de nourriture prohibée est possible. Si des individus n'ont pas
d'autres choix pour survivre. La nécessité rend les choses licites. 2:173 et 16:115.

Quand est on en situation de contrainte, en état de nécessité?

La faim, même intense n'est pas nécessité. C'est lorsqu'il y a menace sur la vie seulement (survie).
Par exemple lorsque quelqu'un voyage et qu'il ne parvient plus à marcher ou à monter, ou bien que
cela le conduirait à se perdre. Là, on peut consommer des produits illicites.

On peut faire des provisions de produits illicites à l'occasion d'un voyage, si l'on pense ne pas
trouver de nourriture. Il faut manger pour reprendre des forces, et pas pour faire un repas (notion de
plaisir).


4.b)Les médicaments : (avec produits illicites)
3 conditions doivent êtres retenues :

réel   danger.

pas    d'autres médicaments licites, pouvant efficacement le remplacer.

le   médecin doit être musulman.

L'alcool pur est autorisé comme remède. Le vin mélangé à d'autres produits : autorisé tant que
l'ivresse n'est pas recherchée.

Pour les remèdes avec les drogues : interdit parce que cela ramollit le corps et l'esprit, sauf pour
soigner.

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transfusion: autorisée pour sauver la vie. On peut donner son sang, du moment qu'il n'est pas
consommé et qu'il ne fasse pas l'objet de commerce.

L'insémination artificielle est autorisée.

Enfin pour se soigner, la magie n'est pas autorisée. Sauf si c'est à base de phrases coraniques
(talisman) et en langue arabe.




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