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Les jeux post traumatiques

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Les jeux post traumatiques Powered By Docstoc
					POSTERS NUMERIQUES Aux sources de la violence. De l’enfance à l’adolescence, 8, 9 & 10 Octobre 2009, Paris. FFPP LES JEUX POST-TRAUMATIQUES AUX SOURCES DE LA VIOLENCE Hélène Romano [helene.romano@hmn.aphp.fr]
Docteur en psychopathologie, psychothérapeute Coordonnatrice de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique du SAMU 94, Hôpital Henri Mondor, Créteil Les enfants victimes de violence peuvent présenter des troubles post-traumatiques en particulier des symptômes de reviviscence susceptibles d’être exprimés à travers leurs jeux. Les adultes sont souvent rassurés par la capacité des enfants à se projeter dans cette forme fondamentale de la vie qu’est le jeu pourtant, en étant plus attentif, on constate que très souvent ces jeux ne sont pas des jeux « ordinaires » mais remettent en scène ce à quoi ces enfants ont été confrontés. L’observation attentive de ce que l’enfant victime de violence exprime et la façon dont il met en scène ses productions nous renseignent sur le degré d’affection de l’enfant. Notre expérience nous amène à constater que les jeux d’enfants victimes d’événements traumatiques sont analogiques à ceux des autres enfants, c’est-àdire qu’ils comportent à la fois des ressemblances et des différences. La principale similitude est liée au fait que le jeu délimite un cadre qui signifie que les choses qui s’y inscrivent ne doivent pas être traitées comme celles qui sont à l’extérieur. Au-delà, d’importantes différences spécifient l’activité expressive qui se manifeste dans les jeux post-traumatiques : la première différence se trouve au niveau de la souffrance psychique ressenti par l’enfant traumatisé et par les conséquences traumatiques de cet événement qui ne fait pas sens, qu’il lui est impossible de se représenter. La seconde, dans les modalités d’expression car dans le jeu post-traumatique l’enfant n’exprime aucun plaisir. La troisième différence se trouve au niveau de la déliaison des interactions intersubjectives : l’enfant traumatisé est hors de la scène symbolique, hors du monde. Son activité ne permet aucune interaction avec ceux qui l’entoure, aucun partage, aucune règle : c’est un espace à sens unique, une impasse intersubjective. La pétrification émotionnelle de l’enfant traumatisé contamine d’ailleurs ceux qui sont témoins de l’expression de sa souffrance avec différentes réactions du rejet violent à la fascination. En fonction de l’intensité de l’impact traumatique, nous pouvons dégager trois degrés de manifestation, que nous proposons d’expliciter dans le cadre de cette communication : le jeu traumatique, le jeu abréactif et le re-enacment. Nous discuterons également de l’intérêt que représente l’observation du jeu pour le diagnostic et la compréhension psychodynamique des traces traumatiques pouvant se manifester chez l’enfant victime de violence.
• • • • • Bailly, L. (1996). Les catastrophes et leurs conséquences psychotraumatiques chez l'enfant. Paris : ESF. Romano, H. (2008). Le jeu chez l’enfant victime d’événements traumatiques. Annales Médico-Psychologiques, 166,702-710. Romano, H. (2006). Prise en charge des enfants et des adolescents victimes d’événements traumatiques. Stress et Trauma, 6, 4, 239-246. Terr, L. (1983). Chowchilla revisited: the effects of psychic trauma four years after a school bus kidnapping. Am J. Psychiatry, 140, 1543-1550. Zeanah, C. & Scheeringa, M. (2002). Evaluation of posttraumatic symptomatology in infants and young children exposed to violence. In: Osofsky, J.D. & Fenichel, E. Islands of safety.Assessing and treating young victims of violence. Washington: National Center for Infants, Toddlers and Families.


				
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posted:10/12/2009
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Description: Les posters du colloque de la FFPP Aux sources de la violence