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									                                               « Magique, sont ceux qui partent » Jacques ATTALI.




 Émigration clandestine vers l’Europe.

L’Europe peut-elle encore faire
  rêver les jeunes africains ?



                         Djibril DIOP




     Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
                                       PLAN

MAIS POURQUOI VEULENT-ILS TOUS PARTIR ?

      Bref historique des mouvements migratoires dans la région
      Les raisons du départ

CARACTERISTIQUES DES MIGRATIONS ACTUELLES ET MOYENS DE LUTTE

      L’émigration clandestine
      Le dispositif « Frontex »
      Plan REVA


L’EUROPE PEUT-ELLE ENCORE FAIRE REVER LES JEUNES AFRICAINS ?

      La « fuite des cerveaux »
      Le « mythe » américain

CONCLUSION

               Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
MAIS POURQUOI VEULENT-ILS TOUS PARTIR ?




   Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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BREF HISTORIQUE DES MOUVEMENTS
  MIGRATOIRES DANS LA RÉGION




 Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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LES RAISONS DE CE DÉPART MASSIF




  Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
1)-Une dynamique d’urbanisation qui accentue les
déséquilibres

En Afrique occidentale, la population urbaine représentera 65 % de la
population totale (270 sur 430 millions) en 2020 (40 % années 90).


Déséquilibres entre les besoins et ressources municipales

Les villes concentrent plus 1/3 de la population, 60 % du PIB des pays, alors
qu’elles collectent à peine 1 % du PIB urbain, (6 à 8 $US/ habitant).


Une situation qui accentue la pauvreté urbaine et multiplie la précarité et l’informel



                   Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
2)-Le chômage et l’extrême pauvreté

En Afrique…


En 2003, les jeunes (de 15 à 24 ans) représentaient 63 % des chômeurs en
Afrique subsaharienne, alors qu’ils ne sont que 33 % de la population active.


Le taux de chômage déclaré est en moyenne de 10 %, mais en réalité pour
certains pays ce taux est plus de 40 %.




                 Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Le Sénégal…


Pays pauvre avec un revenu national brut/habitant de 710 $US 2005.


La croissance du PIB (5 % depuis 2003) n’a pas suffit pas à fournir un emploi
à tous ces jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail.


Seuls 3,1 des 5,3 millions de Sénégalais en âge de travailler sont actifs.


À Dakar, plus de la moitié des travailleurs touchent moins que le salaire
minimum, soit moins de 80 $US (36.892 F Cfa) par mois.


Entre 1994-2004, 97 % des emplois proviennent du secteur informel.



                  Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Le chômage et le sous-emploi affectent plus d’un actif sur quatre (27,5%).


Si le taux de la population vivant dans la pauvreté est tombée de 67,9 % en
1994 (61,4 % de ménages) à 57,1 % en 2001 (48,5 % de ménages), 2/3
des ménages se considèrent comme pauvres.


Pour contrebalancer un taux annuel de croissance démographique (2,5 %),
il faudrait atteindre le chiffre de 8 % de croissance économique par an.


Le bout du tunnel semble encore loin pour les ménages sénégalais
confrontés à la pauvreté et au chômage.




                Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
3)- Le statut social de l’émigré


L'émigration est synonyme de réussite sociale.


L'émigration, loin d'être vécue comme un traumatisme, est considérée
comme une chance.


Les filles attendent le retour de ceux qui sont partis en Occident et qui se
font construire de belles maisons à Dakar.


Les émigrés sénégalais envoie au pays 800 millions $US (608 millions€)
chaque année, supérieur à l'aide publique au développement (APD).




                 Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
4)- Une transition démographique en cours


Taux d’accroissement annuel 2,46 %, la population sénégalaise se
caractérise par une forte proportion de jeunes.




54.9 % de la population est âgée de moins de 20 ans.




Population du pays (11 millions), taux d’urbanisation 41%, en 2002.




                Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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CARACTERISTIQUES DES MIGRATIONS ACTEUELLES ET
              MOYENS DE LUTTE




       Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
L’ÉMIGRATION CLANDESTINE

  Barca (Barcelone) ou Barsax (la mort)




Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Une véritable déferlante…

Avec 200 à 500 000 francs CFA (entre 400 et 1,000 dollars) on se paie le
voyage vers les îles Canaries.


En 2006, plus de 35.481 clandestins ont réussi à débarquer dans l’archipel
des Canaries, dont plus de 900 sont des mineurs.


901 embarcations, ont servi a transporté ces clandestins, un chiffre
supérieur au total des quatre années précédentes et un niveau annuel trois
fois supérieur au précédent record datant de 2002 (9.929).


Un phénomène qui touche touche l’Afrique…et les clandestins de « luxe »


Selon une Ong camerounaise «Solutions aux migrations clandestines»
(Smic) on note 200.000 départs clandestins chaque année du pays.

                  Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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MOYENS MIS EN PLACE POUR LUTTRE CONTRE
       L’ÉMIGRATION CLANDESTINE




    Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
           LE DISPOSITIF FRONTEX :
« un rideau de fer » contre l’émigration clandestine




     Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
                 Dispositif Frontex
(Surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne)




        Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Ce dispositif vise à contrôler l'émigration clandestine à partir d’Afrique.

Moyens logistiques : deux vedettes, un avion et un hélicoptère espagnol ;
un avion italien, 20 véhicules 4x4 et 50 motos de plage.

Commandement mixte structuré autour d’une cellule mixte mise en place
par le Sénégal (Gendarmerie, Marine, Police, Douane).

Avec ce dispositif on est passé de 35.000 en 2006 à 13.000 cette année.

Le "succès" du dispositif a fait qu’il a été prolongé jusqu'en juillet 2008.

Du 6 septembre 2006 au 19 juin 2007, 2.506 personnes ont été interpellées
au Sénégal (1.702 interpellations en mer, 756 à terre et 48 "convoyeurs").




                  Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Cloisonnement de Ceuta et Melilla

« Fortification » des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla.


Coopération avec les pays de départ et de transit

Gestion concertée des départs (Contrats de travail) avec le Sénégal et
interpellation des clandestins dans les pays de transit (Maghreb, Mauritanie).


Rapatriements des clandestins

Plus de 5.300 immigrants clandestins sénégalais ont été rapatriés d’Espagne

Mais aussi des pays de transit ( Mali, Maroc…).


                 Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Les morts


L’Association des victimes de l’émigration clandestine (Afvic), basée au
Maroc, évalue à 4 600 le nombre de clandestins morts et disparus en mer,
depuis 1997.


Le désert et la méditerranée en ont «avalé» plus de 2 500 personnes au
cours des 5 dernières années, selon l'ONG malienne Aide.


Morts de soif, de faim, de noyade, d'insolation, de froid, de maladie.




                Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
                   LE PLAN REVA
             (Retour vers l’Agriculture)




Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Conçu pour détourner les jeunes de l’immigration clandestine


Phase pilote (août 2006 à décembre 2008) pour un coût 31,437 milliards de
F Cfa, soit 60 millions $US.


Objectif créer 300 000 emplois directs et indirects.


Promesse de l'Espagne 1.500 millions d’euros pour financer le programme.


Un premier versement de 20 millions d’euros a été déjà faite.




                 Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
L’EUROPE PEUT-ELLE ENCORE FAIRE REVER LES
           JEUNES AFRICAINS ?




     Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
La « fuite des cerveaux »

Chercheurs, informaticiens, médecins, personnels hautement qualifiés,
l’Afrique se vide de sa matière grise et de ses compétences.


Entre 1960 et 1975, 27 000 Africains ont quitté le continent pour l’Occident.
De 1975 à 1984, ce chiffre a atteint 40 000.


Depuis 1990, au moins 23 000 universitaires s'expatrient chaque année.


50 000 cadres supérieurs et intermédiaires quittent chaque année le
continent, 40 000 Africains titulaires d’un doctorat vivent hors du continent.


Les 2/3 d’étudiants restent dans les pays d’accueil après une formation
faute de perspectives dans leurs pays d’origine.


                   Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Le phénomène le plus frappant de cet exil concerne le personnel médical.

Au moins 60 % des médecins formés au Ghana dans les années 80 ont
quitté le pays. A Nigéria, sur les 300 médecins formés par an, moins d’une
dizaine reste dans le pays.

Et la fuite tend à s’accélérer…


L'OMS estime que 50 % d'Africains diplômés en médecine sont susceptibles
de quitter leur pays. Ce chiffre atteint 68 % au Zimbabwe.

Alors que 2/3 des pays du continent ne disposent pas du taux minimal de 20
médecins pour 100 000 habitants.


Pour compenser le manque d'effectifs qualifiés, les pays africains consacrent
chaque année environ 4 milliards $US à l'emploi d'environ 100 000 expatriés
non africains.

                  Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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Le « mythe » américain


De plus en plus d’Africains qui quittent l’Europe pour venir en Amérique
du Nord


Le « rêve Américain » domine chez les jeunes, (habillement; musique,
parler …, l’Amérique est omni présente




               Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
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                CONCLUSION




Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
Tous ces jeunes dans les rues rêvent de quitter le pays.


Combien de temps encore sont-ils prêts à patienter ?


Existe-t-il une solution au chômage et au sous-emploi des jeunes ?

«Au Sénégal, tu travailles à mort pour rien réaliser de ta vie»


«Il faudrait être fou pour ne pas avoir envie de partir !»




                   Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca
L’approche du Plan REVA comme réponse exclusive à l’émigration
clandestine est assez réductrice, dévalorisante et a montré ces limites.

« Il n'y a que les jobs décents qui peuvent arranger la situation, pas les
déclarations intempestives de politiciens qui ne font qu'encourager l'immigration
clandestine. C'est parce qu'on arrête pas les discours que les jeunes partent, ils n'y
croient plus. Je ne vois pas la muraille qu'ils vont dresser en mer pour empêcher
les départs ».


 «la mondialisation n’a aucun sens quand elle consacre la liberté de circulation des biens et des services et ferme
          les frontières pour des considérations stratégiques et sécuritaires» ? Président Ben Ali, Tunisie




                         Chercheur postdoc au CERIUM/PRD – djibrildiop@umontreal.ca

								
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