A mes parents pour le soutien inconditionnel qu�ils m�ont
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Analyse de la diversification de l'industrie tunisienne
A mes parents pour le soutien inconditionnel qu’ils m’ont toujours accordé
en toute circonstance, ainsi que leur amour et leur précieux conseils qui
m’ont guidé tout au long de ma vie.
A mes sœurs, en témoignage d’une grande affection.
A mon fidèle ami OMAR
A mes amis qu ont partagé avec moi les moments de ma vie et qui m’ont
aimablement soutenu quand j’en avais besoin.
A tous ceux que j’aime je dédie ce mémoire.
3
DEDICACES
A mes chers parents, EZZEDDINE et ZEINEB
A qui je tiens énormément et qui m'ont toujours entouré de tendresse,
d'amour et de soutien, je leur dédie ce travail en témoignage de mon
affection et de ma reconnaissance pour les sacrifices qu'ils n'ont cessé de
consentir pour faire de moi la femme que je suis. Je leur souhaite une
longue et heureuse vie et que Dieu les protège.
A mes sœurs, Khaoula, Salsabil et Sondes en témoignage de leur soutien et
de leur affection.
Je leur souhaite tant de réussite et de bonheur.
A toutes mes amies qui ont partagé avec moi les meilleurs moments de ma
vie et qui m'ont aimablement soutenu quand j'en avais besoin
A tous ceux que j'aime et qui ont souhaité ma réussite
J'espère que leurs efforts ont été ici couronnés et j'espère être à la hauteur
de la confiance qu'ils ont placée en moi.
HAJER
3
4
REMERCIEMENTS
A Messieurs ;
BEGI CHEDLI (ingénieur en statistique à l’INS),
BEN ROMDHAN MOHAMED (enseignant à l’ISG),
BEN SASSI MAHMOUD (directeur de l’IEQ),
JERBI SLIM (ingénieur en statistique à l’INS),
KOUBAA RAFIK (enseignant à l’ISG).
Nous adressons, en signe de reconnaissance, nos plus vifs remerciements
pour l’extrême gentillesse et sympathie qu’ils ont bien manifesté à notre
égard, nous prodiguons à tous, et à chacun à sa manière, les biens
vaillantes directives dont nous avions besoin pour mener ce projet que
nous avons effectué agréablement.
A Monsieur BJEOUI JILENI, notre encadreur, nous exprimons nos
sincères remerciements pour ses conseils judicieux, ainsi que notre
gratitude pour l’encadrement de qualité dont il nous a fait bénéficier
aimablement.
Que les uns et les autres trouvent ici l’expression de notre estime pour leur
personne et de notre profonde considération pour leur compétence
professionnelle.
A tous les enseignants de l'institut supérieur de gestion de Tunis qui ont
contribué à notre formation.
Aux membres de Jury qui nous ont fait l'honneur d'en faire partie
4
5
ANALYSE DE LA DIVERSIFICATION DE L'INDUSTRIE TUNISIENNE
LE PLAN
INTRODUCTION GENERALE…………………………………
CHAPITRE 1 : APPROCHES THEORIQUES DE L’ECONOMIE
INDUSTRIELLE ………………………………………………………
INTRODUCTION………………………………………………………..
Section 1 : Approche ensembliste et rationalité substantive………………….
1. Le " paradigme structures/ comportements/ performances »..........
2. Jeux, microéconomie de la concurrence imparfaite et
économie industrielle……………………………………………
3. La théorie des marchés contestables……………………………
Section 2 : Approche systémique et rationalité procédurale…………
1. Economie industrielle et renouveau marshallien……………….
2. Economie industrielle et renouveau classique………………….
3. Evolutionnisme, néo-institutionnalisme et économie
industrielle…………………………………………………………
3.1. La théorie évolutionniste……………………………………
3.2. Economie néo- institutionnelle …………………………….
…….. CONCLUSION
CHAPITRE 2 : STRATEGIE DE DIVERSIFICATION DE L’ACTIVITE……..
INTRODUCTION........................................................................................................…
Section 1 : La stratégie de diversification……………………………………………
1. Définition……………………………………………………………………...
2. Typologie…………………………………………………………………….
2.1. Diversification concentrique et diversification conglomérale……………
5
6
2.1.1. Diversification concentrique…………………………………………..
2.1.2. Diversification conglomérale………………………………………….
* Diversification verticale ou intégration………………………….
* La diversification horizontale……………………………………
2.2. Autres classifications………………………………………………………
2.2.1. Le renforcement des activités existantes………………………………
2.2.2. Le redéploiement des activités existantes…………………………
2.2.3. La recherche d’une activité de survie ……………………………
2.2.4. Le placement de liquidité
3. Objectifs…………………………………………………………………..
3.1. Réduction des coûts……………………………………………………….
3.2. La répartition des risques…………………………………………………
3.3. Recherche de la survie ………………………………………………
4.Les avantages de la diversification……………………………………….
4.1. Sur le plan économique…………………………………………….
4.2. Sur le plan financier…………………………………………………
5. Les inconvénients de la diversification……………………………………..
Section 2 : Mesures de la diversification…………………………………………..
1. Les indicateurs classiques de la stratégie de diversification…………
2. Les coûts de synergie ou les limites des indicateurs classiques…………..
2.1. Coût administratif de coordination……………………………………
2.2. Coût de compromis…………………………………………………..
2.3. Coûts de rigidité………………………………………………………
2.4. Coût de perte de contrôle ………………………………………
3. Autres mesures de diversification……………………………………….
3.1. Taux de couverture……………………………………………………..
3.2. Taux de spécialisation………………………………………………….
3.3. Les indicateurs d’inégalité…………………………………………….
3.3.1. Indice de Linda……………………………………………………
3.3.2. Le rapport de concentration……………………………………….
3.3.3) L’indicateur d’Utton…………………………………………………..
3-4) La mesure d’entropie………………………………………….
3-5) L’indice de Herfindhal…………………………………………
CONCLUSION…………………………………………………………………………
CHAPITRE 3 : ETUDE EMPIRIQUE ……………………………………………
INTRODUCTION……………………………………………………………………..
1. choix de l’échantillon…………………………………………………………
2. Analyse statique de la diversification…………………………………………
3. Analyse dynamique de la diversification……………………………………..
3.1. Présentation du modèle « error components »………………………….
3.2. Mesure des variables et indicateurs…………………………………….
3.2.1. Produit national brut………………………………………………..
3.2.2. Produit intérieur brut………………………………………………..
3.2.3. Produit national…………………………………………………….
6
7
3.3. Les hypothèses………………………………………………………….
3.4. Résultats et interprétation………………………………………………
CONCLUSION………………………………………………………………………….
CONCLUSION GENERALE………………………………………………………...
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………...
ANNEXE………………………………………………………………………………
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INTRODUCTION GENERALE
Si l'existence d'une pensée industrielle proprement dite remonte au début du
19ième siècle, il faut bien convenir que c'est aux Etats-Unis dans les années trente que
l'économie industrielle s'est constituée comme champ de recherches autonomes. Plus
précisément, l'expression de "Industrial Organisation", la forme et l'impulsion
initiales vinrent de Harvard (E.Grether 1970).
L'université de Harvard offrait en effet un terrain favorable à l'émergence puis à
l'essor de l'économie industrielle. Avant même les années trente, ses économistes
étaient parmi ceux qui accordaient le plus d'attention aux réalités industrielles et au
phénomène de concentration économique et diversification de l'activité.
En effet, la diversification de la structure industrielle est particulièrement
importante pour les espaces économiques de petite taille. L'ouverture des petits pays
ou des économie régionales les rend plus vulnérables aux chocs exogènes.
Certes, les petites économies ont chacune des caractéristiques propres, mais
elles ont en général une structure industrielle peu diversifiée. Que l'on se situe dans un
espace national ou régional, cette constatation n'est plus nouvelle (Kuzents 1960).
Ce manque de diversité présente plusieurs handicaps. Le plus connu concerne la
vulnérabilité d'une petite économie face aux variations conjoncturelles spécifiques
aux secteurs dominants.
Une stratégie de diversification industrielle donne donc la possibilité de faire
face à ces handicaps. D'une part, la diversification industrielle permet à l'ensemble de
l'industrie d'être moins dépendante de l'état de la conjoncture d'un seul secteur
dominant. D'autre part, la diversification peut favoriser la compétitivité. En effet, en
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considérant que la compétitivité d'une entreprise ou d'un secteur se reflète dans sa
capacité à réagir face à l'évolution générale de la conjoncture, la diversification d'une
petite économie ouverte apparaît révélateur de sa flexibilité et de sa compétitivité.
Concernant cette stratégie, de nombreuses recherches se sont concentrées
davantage sur les mesures de diversification (Herfindal, Berry, Linda et Ut ton).
Conscients de l'importance de ces points, nous allons essayer dans notre
recherche d'étudier la stratégie de diversification dans le secteur industriel tout en
tentant de répondre à la question suivante :
Une augmentation de la diversification est-elle due uniquement à des effets
conjoncturels ?
Pour répondre à cette question, une analyse dynamique de la diversification est
menée dans la partie empirique.
Pour mettre en évidence notre problématique, nous faisons recours à un
échantillon de sept branches de l'industrie tunisienne. Ces branches renferment les
deux secteurs : industrie manufacturière et non manufacturière sur la période 1990-
2001.
Pour amener notre recherche à une bonne fin, nous la subdivisons suivant trois
chapitres, nous structurons la recherche comme suit :
Dans un premier chapitre, nous présenterons les approches théoriques de
l'économie industrielle. Dans un deuxième chapitre, nous nous intéressons à l'étude de
la stratégie de diversification. Dans le dernier chapitre, nous encadrerons le sujet de
point de vue empirique selon une analyse statique et dynamique de la diversification.
9
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CHAPITRE 1 : APPROCHES THEORIQUES DE L’ECONOMIE
INDUSTRIELLE
L’économie industrielle s’est efforcée de forger des outils d’analyse aussi
adaptés que possible à l’étude des problèmes économiques nouveaux que suscitaient
les secousses de la révolution industrielle.
Aujourd’hui, on trouve ceux qui affirment « qu’il n’y a pas de matière que l’on
puisse qualifier d’économie industrielle ». Il y a également ceux qui continuent
d’affiner en permanence l’analyse structure-comportement-performence, s’éloignant
plus ou moins des schémas académiques, sachant très bien les limites de l’empirisme
réaliste qui ne trouverait pas de théorie sur laquelle se reposer. En outre, il y a aussi
ceux qui s’efforcent d’aller au-delà des paradigmes régnants et qui ne désespèrent pas
de constituer un ensemble conceptuel différent,sachant que les ensembles
traditionnels ne peuvent pas résister à l’introduction d’hypothèses nouvelles et qu’il
importe donc de s’orienter dans des voies originales.
Dans ces circonstances il faut convenir qu’il reste bien difficile de définir
l’économie industrielle tout à cause du " flou "qui entoure son champ qu'à cause de la
diversité des ambitions théoriques de ses analystes et de la très grande hétérogénéité
des méthodes qu’ils utilisent.
Le succès rencontré par les études d’économie industrielle dans les sphères
industrielle, universitaire, administrative, politique ainsi que la très grande fécondité
de ses spécialistes ne doivent pas faire oublier l’instabilité de son statut et l’ambiguïté
de son objet.
Afin de saisir ce qui est l’économie industrielle on peut dire qu’elle développe
une approche réaliste et détaillée du fonctionnement des entreprises et des marchés
10
11
ainsi que leurs interactions, complétant ainsi un cours de microéconomie de base où
seuls les marchés idéaux sont étudiés.
.
Le champ d’analyse de l’économie industrielle est nécessairement très vaste. On
trouve l’industrie au sens strict (industrie des biens d’équipements, des biens
intermédiaires, des biens de consommation, d’énergie …), il comprend les activités
concourant plus ou moins directement à la production de biens et services, telles que
les activités de services directs aux entreprises, mais aussi et de plus en plus les
activités concourant indirectement à la compétition du système productif dans toutes
ses dimensions (telles que les activités de recherche, de formation initiale et
continue…)
Plusieurs théories et approches étaient à la base de l’étude de l’économie
industrielle. D’un coté, on distinguera d’abord le point de vue de ceux qui conçoivent
l’activité économique ou, le champ des phénomènes industrielles, comme la résultante
exclusive de l’interaction d’agents économiques posés à priori comme séparés et
individualisés. Le lien privilégié de cette interaction est l’échange ou le marché. D’un
autre coté, on caractérisera ensuite le point de vue de ceux qui ne réduisent pas
l’activité économique à la seule interaction d’agents autonomes mais insèrent ces
agents dans un système de structures ou d’institutions, soumis à des lois autonomes et
spécifiques. Les relations économiques entre agents sont alors médiatisées par ce
système qui les contraint mais qu’ils contribuent aussi à faire évoluer.
Cette opposition a souvent était décrite à travers les couples « individualisme
méthodologique » / « holisme méthodologique » ou « individualisme » /
« organicisme ».
Pour des raisons à la fois sémantiques et terminologiques, nous leur préférons la
distinction entre « approche ensembliste » et « approche systémique ».
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Section 1 : Approche ensembliste et rationalité substantive
Au sein de l’approche ensembliste, trois grands apports peuvent être mis en évidence.
Le premier est le plus familier aux économistes industriels. Nous nous référons à
ce que Hay et Morris (1984) ou Reid (1987) ont appelé « le paradigme structure-
comportement- performance »1.
Né avec Bon à la fin des années cinquante, ce paradigme a reçu progressivement
une forme canonique dans les années soixante et continue encore, à constituer la
référence théorique principale en économie industrielle.
Le deuxième apport est celui de la microéconomie moderne de la concurrence
imparfaite et, en particulier, de l’application de la théorie des jeux à ce domaine de
recherche.
Le dernier apport auquel nous ferons référence est celui de la théorie des
marchés contestables. Il est, sans conteste, le plus récent mais peut être le plus discuté.
1. Le paradigme structure- comportement –performance
Ce paradigme postule qu’il existe des relations causales entre les structures d’un
marché, les stratégies des firmes sur ce marché et leurs performances économiques.
Présenté à l’origine comme un instrument de politique industrielle, il suppose qu’il
suffit de modifier les structures d’organisation des marchés pour déterminer de
nouvelles performances.
Les structures des marchés sont généralement caractérisées par cinq points
majeurs : la différenciation des produits, l’importance des barrières à l’entrée,
1
D. Hay et D. Morris (1984), p. 5 et G.Reid (1987), chapitre 2
12
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l’intégration, la structure des coûts et surtout le degré de concentration des vendeurs.
Ce dernier point a fait l’objet de plus grand nombre de travaux, la concentration étant
mesurée la plupart du temps en termes purement statistiques, à partir des indices de
Gini ou d’Herfindhal.
Ces structures de marché sont étudiées avec l’espoir de vérifier que les
différences dans les structures observées peuvent effectivement expliquer les
différences de comportements par rapport à un certain nombre de variables : les
attitudes par rapport aux prix, à la production, à l’innovation, à la publicité.
Ainsi devront être quasiment expliquées les performances atteintes, estimées par
rapport à l’allocation des facteurs, l’emploi, la rentabilité, le développement du
progrès…Théoriquement, dans un monde où les goûts sont fixés, les consommateurs
et les producteurs sont parfaitement informés et où la concurrence est parfaite, ce sont
les conditions de " welfare " qui sont données comme objectif. Elles seront atteintes
dés lors que les conditions marginales parétiennes seront satisfaites. Le modèle
néoclassique nous procure ainsi une combinaison de prix et de production qui est
efficiente.
Par définition, il n’est plus possible d’améliorer le sort des uns sans préjudice à
la situation des autres, de la sorte, si (x1, x2,…xm) est le secteur de tous les biens et
facteurs dans l’économie. L’efficacité parétienne optimale requiert que les taux
marginaux de transformation, en ce qui concerne la production et les taux marginaux
de substitution, en ce qui concerne la consommation soient identiques dans toute
l’économie.
Cette séquence structures-comportements-performances était à l'origine des
divergences entre les différents auteurs. Tout d'abord certains auteurs soutiennent que
la relation structures-comportements-performances doit être enrichie par des
phénomènes de "bouclages". Cela signifie, par exemple que les performances
auxquelles les comportements des firmes permettent d'aboutir vont inciter les acteurs
à modifier les structures. De la même façon, le type d'attitudes des acteurs, telle une
attitude de collusion, par exemple, va les conduire à modifier les structures ; dans le
sens d'une réduction du nombre effectif de centres de décision par exemple; et ainsi
13
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de suite. Contrairement à l'enchaînement séquentiel de base, il est progressivement
admis que se développent des effets de "feed-back", la réalité industrielle,
fonctionnant de plus en plus comme un système où se développent des interactions
entre les composantes de ce système.
Par ailleurs, bon nombre d'auteurs refusent de définir la concurrence par des
caractéristiques précises. Ainsi en développant le concept de "concurrence praticable"
Clark (1982) estime que la concurrence existe dès lors que les conditions d'une saine
émulation existent, indépendamment du fait de savoir si telle ou telle donnée
structurelle existe. Les apports de Andrews, de Robertson ou de certains auteurs de
l'école autrichienne, définissant la concurrence plutôt comme un processus que
comme un état, vont tout à fait dans le même sens : elles contribuent à redonner leur
pleine signification aux approches marshalliennes par rapport aux approches dérivées
plutôt de type néoclassique.
2. Jeux, microéconomie de la concurrence imparfaite et économie
industrielle
La théorie des jeux (Von Neuman et Morgenstern, 1944) permet de formaliser
les processus du conflit et de coopération entre individus et entreprises. La
concurrence des entreprises est considérée comme un jeu de stratégies qui décrivent le
comportement de chaque entreprise.
La stratégie d'une entreprise consiste par exemple à déterminer sa production, le
prix et le niveau des dépenses publicitaires. Pour les entreprises, le but du jeu est par
exemple le profit. La théorie des jeux décrit comment les entreprises forment leurs
stratégies et comment ces stratégies déterminent les profits.
De nombreux domaines de l'économie industrielle théorique ont pu bénéficier,
des apports que les applications de la théorie des jeux à la microéconomie de la
concurrence imparfaite ont pu permettre de réaliser.
Beaucoup d'entre elles devraient être évoquées, parmi lesquelles l'intégration
verticale des entreprises, la différentiation des produits et son influence sur les
modèles d'oligopoles à produits hétérogènes, la politique de la concurrence ou encore
14
15
la création de barrières stratégiques à l'entrée ou à la sortie. Pour faire bref, nous
limiterons cependant notre propos à un seul point d'application, essentiel il est vrai,
pour l'économie industrielle : les modèles oligopolistiques à produits homogènes. A la
suite de Waterson (1984) et de Jacquemin (1985), il est possible de classer ces
modèles en deux catégories.
Les modèles d'oligopole de concurrence en quantités constituent la première de
ces catégories. Ces modèles diffèrent entre eux en fonction de l'hypothèse formulée
quant à la réaction en quantité des firmes par rapport aux autres.
Une deuxième grande catégorie de modèles correspond aux modèles
d'oligopoles de concurrence en prix. Ainsi, le modèle de Bertrand retient le prix et
non plus le niveau de production comme variable de décision.
3. La théorie des marchés contestables
Certains auteurs ont montré que des marchés composés de quelques entreprises
(voir une seule) peuvent être très concurrentiels pourvu que la menace de l'entrée
d'autres entreprises pèse sur ces marchés.
Ainsi, lorsqu'il y a peu d'entreprises sur un marché et que l'entrée et la sortie
sont difficiles, le marché n'est pas contestable. Ce type de marché est caractérisé par
la présence de comportements stratégiques qui sont analysés au moyen de la théorie
des jeux.
Par contre, s'il y a peu d'entreprises et que l'entrée et la sortie sont faciles, le
marché est dit contestable et peut avoir les propriétés d'un marché concurrentiel. Dans
ce cas les comportements stratégiques n'ont pas d'importance.
La théorie des marchés contestables s'inscrit donc dans la lignée des
développements sur les "barrières à l'entrée". Elle insiste sur le rôle de la concurrence
potentielle comme nouvelle forme de contraintes pesant sur le pouvoir des marchés
des firmes. Elle prétend renouveler les analyses de la concurrence et proposer une
nouvelle théorie de structures de marché. Désormais pour définir une configuration
15
16
économique efficace, on ne met pas l'accent sur le rôle des économies d'échelle
comme déterminants essentiels de la concentration; en même temps, on n'affirme plus
que la forme optimale d'une structure de marché est celle qui correspond à la
concurrence pure et parfaite.
En revanche, on démontre que les configurations d'équilibre les plus efficaces
sont déterminées de façon endogène. Ce sont celles où le nombre de firmes et
l'allocation de vecteur de production entre les diverses firmes minimisent le coût total
de production de l'industrie. Par voie de conséquence on peut affirmer que ces
configurations sont susceptibles de comporter un nombre très variable de firmes.
Simultanément, la théorie des "marchés contestables" ne lie plus uniquement les
comportements des acteurs d'un marché à l'état des structures existantes, comme au
sein de la séquence structure-comportement-performance traditionnelle. En
renouvelant le débat sur l'adéquation des comportements et des structures, elle les lie
aussi à la pression de la concurrence possible d'acteurs opérant sur d'autres marchés.
La théorie des "marchés contestables" a été élaborée avec une ambition
majeure afin de fournir une théorie générale des structures industrielles, sur base d'une
idée simple : la menace d'entrée de nouveaux concurrents peut être assez forte pour
modifier les comportements des firmes en place.
Plusieurs séries de critiques ont pu être adressées à cette théorie notamment pour
essayer de démontrer qu'elle ne constituait pas une démarche réellement novatrice. En
effet, en supposant l'identité des fonctions de coûts et l'adoption de la technique de
production identique, la théorie des marchés contestables réintroduit le concept de
"firme représentative". Ce concept n'est pas très réaliste, les firmes ayant des
contraintes différentes- ne serait- ce que parce qu'elles sont obligées de tenir compte
des contraintes d'environnement, elles-mêmes différentes d'une firme à l'autre.
Une deuxième critique de la théorie des marchés contestables concerne le problème
des limites de marché. Si les analyses préconisent la déréglementation des marchés,
elles ne précisent pas les bornes de ces marchés; en même temps elles n'indiquent pas
dans quelle mesure chaque marché ne constitue souvent qu'un sous marché d'un
marché plus large. On peut critiquer également l’hypothèse de l'asymétrie des
16
17
comportements sur laquelle se base la théorie. La théorie des marchés contestables
traite de façon différente la firme installée et les entrants potentiels : si la première est
contrainte de satisfaire la demande totale qui s'adresse à elle au prix qu'elle propose,
les seconds peuvent ne satisfaire qu'une partie de la demande au prix auquel ils
s'engagent. Dans la situation de libre fonctionnement dans laquelle se place la théorie
en question, cette asymétrie de traitement n'est plus justifiée. En se restreignant au cas
simple d'une activité monoproductrice, Encaoua et Moreaux ont représenté l'issu
d'une situation de concurrence avec libre entrée, comme l'équilibre d'un jeu séquentiel
où les stratégies s'expriment en termes de prix dans une première phase, et de
décisions d'offre dans une seconde.
Section 2 : Approche systemique et rationalité procédurale
Cette approche n'occupe pas la place prédominante de l'approche ensembliste et
ne présente pas le même degré d'achèvement. Trois apports essentiels peuvent être
distingués en son sein. Le premier correspond au renouveau de l'analyse
marshallienne et consiste à construire des développements fondés non sur la
présentation réductionniste de Marshall proposée par Pigou et Viner, mais sur une
relecture originale et approfondie des différents ouvrages de Marshall. Le deuxième
apport est celui de renouveau classique. La théorie classique a en effet largement
contribué, par le passé, à l'émergence d'une représentation économique cohérente des
phénomènes concurrentiels. Il convient aujourd'hui d'apprécier en quoi elle peut
continuer à demeurer une source d'inspiration pour les économistes industriels
modernes. Le troisième apport que nous évoquerons est celui des approches
évolutionniste et néo-institutionnaliste qui ont contribué à mettre en lumière la
nécessité de recueillir les héritages des antécédents historiens institutionnalistes de
l'économie industrielle1.
17
18
2. Economie industrielle et renouveau marshallien
Bien qu’il n’existe pas de théorie néo-marshallienne constituée, il paraît
important de recenser les contributions de deux auteurs Pigou et Viner qui ont
contribué à une réinterprétation de l’héritage que Marshall a légué à l’économie
industrielle1.
Les premiers travaux auxquels nous nous référerons sont ceux de Andrews
(1950). Ce dernier élabora une analyse originale des phénomènes de concurrence
imparfaite ou monopolistique et de la formation des prix dans ce contexte, susceptible
de remplir trois objectifs. Le premier est de minimiser la place occupée par les outils
de l'analyse marginaliste chez Marshall. Le deuxième vise à remédier à un certain
nombre de limites que Andrews (1950) avait tenté de mettre en lumière dans la
théorie de la concurrence imparfaite ou monopolistique. Enfin, construire un modèle
compatible avec les faits observés.
Parmi ces faits observés, Brunner (1967) inclut l’existence d’une procédure
pratique de fixation de prix à partir des coûts moyens. L’idée sous-jacente est fondée
sur une critique de la représentation du comportement des firmes proposée par la
théorie de la concurrence imparfaite. En effet, ce comportement correspond à un
mode de détermination du prix et de la quantité d’équilibres à partir d’un point
d’égalisation entre recette et coût marginaux. Or, en ce point, les firmes ne proposent
pas aux consommateurs des prix aussi bas que les économies d’échelle réalisées
l’auraient permis. En d’autres termes, les firmes obtiennent des surprofits en
diminuant le niveau de production et en accroissant les prix au dessus du niveau qui
serait suffisant pour leur permettre de continuer leur activité.
Pour Andrews (1951), un tel comportement ne serait plausible que dans le cas
d’entreprises myopes ou fortement protégées de toute entrée potentielle sur le marché.
En effet, en dehors de ces cas, un tel comportement serait immédiatement sanctionné
par un accroissement de l’offre et une baisse du prix pratiqué par des firmes
concurrentes.
1
Sur ce point, cf. la section 1.3 du traité de l’économie industrielle
18
19
Par ailleurs, Andrews (1951) retient l’idée marshallienne selon laquelle "la
possibilité d’entrée d’autres producteurs assurait que le prix de longue période est égal
au coût de production normal moyen2". Cette conception conduit à penser que la
concurrence interindustrielle est plus vive qu’on pourrait le croire.
Pour Andrews (1951), les entrants potentiels sont fréquemment de grandes
firmes existantes, disposant des mêmes ressources technologiques que les firmes
installées. Dés lors, les principales barrières à l’entrée consistent en l’établissement
d’un prix aussi bas que possible par les firmes installées. Cette stratégie et dans le fait
de rendre les entrants dans l’incapacité de trouver un substitut du produit existant à un
prix qui gênerait les producteurs déjà présents dans la branche.
Enfin, comme le note Brunner (1967), les branches sont confrontées à une
« différenciation des produits et des préférences des acheteurs ».
Dans cette optique, afin de garder leurs clients en longue période, les firmes ne
mènent pas seulement une politique du prix. Elles doivent aussi être attentives à la
qualité, à la commercialisation ou à la présentation du produit.
On comprend dès lors alors pourquoi Brunner (1967) inclut des "entreprises à
produits multiples, même à l’intérieur de catégories relativement restreintes de
produit "et des " marchés caractérisés par des courbes de demande de produits
relativement inélastique, par les relations oligopolistiques entre les entreprises et aussi
par une stabilité des prix à court terme3 ".
D’autres travaux pourraient être mentionnés concernant le renouveau de
l’analyse marshallienne. Nous pensons, en particulier ; aux recherches menées par
Becattini .On connaît en effet les travaux originaux consacrés par cet auteur à la
pensée de Marshall. En revanche, on connaît peut-être moins la contribution que
1
Cf. également la section 1.2 du traité de l’économie industrielle
19
20
Becattini et d’autres auteurs ont récemment consacré au concept de "district
industriel"hérité de Marsall.
L’un des intérêts majeurs des contributions relatives à la notion de "district
industriel"est de montrer que la théorie de l’économie industrielle ne saurait avoir
pour seul objet l’étude des stratégies ou des comportements d’agents, mais qu’elle
doit aussi rendre compte des structures qui les contraignent et dans lesquelles ils
s’insèrent.
2. Economie industrielle et renouveau classique
Le renouveau de l’approche classique s’est manifesté dans le domaine des
fondements théoriques de l’économie industrielle, autour de deux directions
principales. L’une est relative à la théorie de l’oligopole. La seconde concerne les
découpages productifs.
Il peut sembler à priori étonnant d'inclure les travaux de Sylos-Labini (1957) au
sein d'une étude du renouveau de l'approche classique. Toutefois, un examen attentif
de l'approche et des thèses défendues par cet auteur ne laisse guère de doutes en la
matière.
D’une part, comme il l'a lui-même noté, "pour ce qui concerne les prix sur les
marchés concurrentiels, j'adhère au point de vue classique, ou plus précisément,
ricardien : en courte période les prix dépendent de l’offre et de la demande et, en
longue période, ils dépendent des coûts. Ceci implique des rendements constants
vrais, comme Sraffa l’a démontré dans son article de 1926, c’est la seule hypothèse
compatible avec la concurrence1".
L’analyse de Sylos.Labini permet de définir deux concepts de prix. Celui
d'exclusion qui est le niveau de prix immédiatement inférieur à celui qui permettrait
aux entrants d’obtenir le taux de profit minimum. Et le second est le prix
d’élimination qui est inférieur au coût variable moyen de l’entreprise que l’on
1
P.Sylos-Labini (1957), p. 123
20
21
souhaite éliminer. En longue période, le prix d’élimination et d’exclusion coïncident
forcément puisqu’un prix inférieur au niveau d’exclusion obligerait toutes les firmes à
abandonner le marché.
La problématique classique de Sylos Labini (1957) apparaît au niveau des
déterminants principaux des prix. Le premier déterminant suggère que le passage
d’une technique à l’autre (dans la production) ne se fait pas de manière continue et
suppose des sauts rendus nécessaires par l’existence de discontinuités technologiques.
La notion de substituabilité des facteurs de production est donc abandonnée. Le
deuxième de ces déterminants est " la répartition du volume des ventes entre
entreprises de types différents" qui permet d’éviter de poser le problème de la
répartition interfirmes de la demande industrielle. Le dernier déterminant du prix
correspond à l’ensemble des différents niveaux de coût des entreprises. Ces niveaux
sont liés aux effets différentiels des barrières à l’entrée1 c'est-à-dire à des facteurs dont
le contenu est objectif.
3. Evolutionnisme, néo-institutionnalisme et économie industrielle
3.1. La théorie évolutionniste
Né avec l’ouvrage de Nelson et Winter en 1982, le courant évolutionniste s’est
surtout concentré sur l’analyse du changement technique, bien que son ambition ait
été dès le départ de rendre compte des causes, mode de diffusion et effets des
changements économiques en général.
Ce n’est que dans une période récente que les questions « organisationnelles »
ont commencé à être abordées par les évolutionnistes. Plusieurs raisons l’expliquent :
Dans la lignée des travaux de Nelson et Winter (1982), on a cherché à affiner
les modèles de sélection en rendant compte de la manière dont les acteurs bénéficient
au cours d’un processus de sélection des leçons des étapes de sélection de passé.
1
P. Sylos-Labini (1957), p. 125.
21
22
La firme a été considérée comme un système d’apprentissage et on a étudié les
conséquences que cela avait tant au plan collectif qu’individuel.
L’analyse de l’innovation a conduit à considérer la firme comme le principal
acteur de l’innovation. Dans la lignée des intuitions de Richardson, on a considéré
que les principes de coordination à l’œuvre à l’intérieur des firmes étaient différents
de ceux qui s’expriment sur le marché. Cela a donné naissance à des travaux sur
l’organisation des activités de recherche et développement (Foray, 1991) et sur les
dispositifs organisationnels propres à l’innovation, comme les réseaux ou les alliances
(Gaffard, 1993; Cohendet, 1980).
Afin de mieux comprendre les modalités d’organisation de l’industrie et de
comportement stratégique des firmes, est apparue l’idée de gestion d’un portefeuille
de compétences. Cette idée développée par Dosi, Teece, Rumelt et Winter
(1990,1994) est très largement issue d’une re-lecture de la question des frontières de
l’entreprise, à partir de l’analyse stratégique contemporaine focalisée sur les processus
de réallocation des actifs (fusions et acquisitions, cessions d’actifs et alliances).
L’ensemble de ces apports débouche sur la « théorie de la firme évolutionniste »
décrite par Coriat et Weinstein (1995) ou Cohendet (1996). Cette théorie de la firme
s’inscrit dans le programme de recherche évolutionniste tel qu’il a été défini par
Nelson et Winter (1982) et précisé par Dosi (1988). Selon eux, il s’agit de
comprendre la dynamique de la structure et des performances d’un système
économique à partir de l’analyse des processus de sélection et des déterminants des
mutations des comportements individuels. Dans ce cadre, la vision réduisant la firme
à un ensemble de " compétences" inscrites dans des routines évoluant sous l’effet
d’apprentissages lié au processus de sélection permet de disposer d’un modèle
analytique intégrant les interactions, l’individuel et le collectif et débouchant sur une
dynamique dans laquelle le passé contraint l’avenir.
3.2. L’économie néo-institutionnelle
22
23
Au départ, l’ambition affichée par la théorie néo-institutionnelle est plus
modeste que celle qui fonde l’évolutionnisme. Les premiers travaux de Williamson
(1957) sont avant tout destinés à fonder une heuristique pour l’analyse d’une gamme
limitée de questions tournant autour de l’intégration et des frontières de l’entreprise.
Ce n’est que progressivement que les concepts clés ont été précisés et que le cadre
conceptuel a été mis au point.
Williamson (1993) a proposé d’analyser l’objet de l’économie industrielle. Pour
cet auteur la transaction est l’unité de base de l’analyse. Les agents économiques
dotés d’une rationalité limitée, créent des structures de "gouvernance" pour surmonter
les difficultés de coordination dues à l’incertitude qui environne la transaction et
l’opportunisme potentiel des agents. Le choix d’une structure de « gouvernance »
dépend de la recherche d’une minimisation des coûts de transaction. Elle découle de
l’existence d’un processus de sélection qui élimine les mécanismes de coordination
inefficaces.
Cette recherche se fait en fonction de deux éléments. D'une part, les
caractéristiques des transactions qui représentent la nature des difficultés de
coordination ; l’environnement institutionnel. D'autre part, un deuxième élément qui
désigne un ensemble de dispositifs collectifs qui constituant à la fois des contraintes et
des points d’appuis pour la construction des structures de gouvernance.
Le cadre institutionnel s’impose aux agents car ils n’ont pas la capacité de le
modifier. North (1990) étudie comment le cadre institutionnel interagit et évolue avec
les structures de «gouvernance ». L’évolution de l’environnement institutionnel n’est
pas le seul élément dynamique introduit dans l’analyse. En effet, tirant une partie des
conséquences de l’hypothèse de rationalité limitée, Williamson admet que les choix
des agents en matière de structure de gouvernance peuvent être erronés ou, du moins,
non optimaux. Dés lors, les agents économiques vont améliorer les structures de
gouvernance existantes, en fonction d’apprentissages sur leurs difficultés de
coordination et des propriétés effectives des solutions qu’ils utilisent. C’est en
définitive ces apprentissages qui expliquent la diversité des mécanismes de
coordination à l’œuvre dans une économie réelle.
23
24
CONCLUSION
L'économie industrielle développe une approche réaliste et détaillée du
fonctionnement des entreprises et des marchés ainsi que leurs interactions, complétant
ainsi un cours de microéconomie de base où seuls les marchés idéaux sont étudiés.
Un des fondements de l'économie industrielle est constitué par la célèbre trilogie
"Structure-Stratégie-Performance" ou encore "Stratégie- Comportement-
Performance" de Bain qui entend constituer un cadre d'analyse général pour les
problèmes de l'économie industrielle.
Plusieurs approches théoriques ont été évoquées pour mieux comprendre
l'économie industrielle. La théorie des jeux, qui, développée à partir du milieu des
années quarante à la suite de la parution de l'ouvrage de Von Neuman et
Morgenstern se révèle un instrument puissant pour l'analyse des stratégies.
Dans le cadre de la théorie des marchés contestables, une relation a été établie
entre la taille des marchés et la concurrence. En effet, s'il y a un nombre réduit
d'entreprises et que l'entrée et la sortie sur le marché sont faciles, le marché devient
concurrentiel.
En ce qui concerne la théorie néo-marshallienne, une analyse des phénomènes
de concurrence imparfaite et de formation de prix a été menée afin de comprendre le
comportement concurrentiel des firmes. Restant dans le cadre de la concurrence et la
formation des prix, la théorie de renouveau classique dans un contexte oligopolistique
traite la problématique qui apparaît au niveau des déterminants des prix.
Après avoir cité les principales théories de l'économie industrielle nous
abordons dans un deuxième chapitre la stratégie de diversification de l'activité.
24
25
CHAPITRE 2 : STRATEGIE DE DIVERSIFICATION DE
L’ACTIVITE
Il est rare qu’une unité économique limite ses activités à un seul type de
production. La concurrence oblige en permanence les entreprises à se trouver sur
plusieurs fronts à la fois et à diversifier leurs activités. Lorsque la diversification
ressort de la volonté de maîtriser des productions situées en amont ou en aval de la
base d’activité principale.
La stratégie de spécialisation des activités d’une unité économique consiste dans
le développement d’un seul produit ou d’un nombre très réduit de produits
semblables. La stratégie de diversification consiste en revanche, dans le
développement des plusieurs produits très différents. Cette première approche du
concept de diversification menée par opposition à celle de spécialisation, devient en
réalité ambiguë lorsqu’on tient de l’équivoque qui entoure l’objet de la diversification.
La diversification est depuis quelques années un terme fort à la mode chez les
économistes d’entreprises et une pratique fréquente dans la vie des firmes. On peut
estimer qu’elle est devenue parfois systématique, apportant plus de problèmes qu’elle
n’aide à en résoudre.
25
26
Section1 : La stratégie de diversification de l'activité
La diversification est définie comme étant l’entrée de nouvelles activités
correspondant à la fois à de nouveaux produits et à de nouveaux marchés. Cette
stratégie constitue généralement une phase avancée de développement de l’entreprise.
Rumelt définit la diversification dans sa thèse de1984 selon deux dimensions
principales. La première est relative au degré de spécialisation mesuré par le poids
de l’activité dominante dans le chiffre d’affaires. La deuxième se réfère au degré de
connexité de diverses activités apprécié par le poids du groupe d’activités liées le plus
important.
Mathason et Cassano entendent quant à eux la notion de diversification comme
une opération tendant à accroître la diversité des produits ou celle des marchés. La
diversification industrielle implique donc la multiplication des différentes lignes
d’activités (David, Denis, Denis et Yost, 2001 ; Bodnar et al, 1999). Selon Boissin
(2000), c’est le nombre de différents secteurs ou l’entreprise opère simultanément.
L’entreprise aborde des domaines d’activités différents de son activité principale et
qui s’appuient souvent sur des synergies et des complémentarités.
Pour caractériser le concept de la diversification, il existe plusieurs stratégies. A
titre d'exemple, les entreprises peuvent utiliser la diversification concentrique comme
aussi, elles peuvent se référer à la diversification conglomérale ou d’autres formes de
diversification. La diversification concentrique est celle où la production de nouveaux
biens s’effectue en gardant des liens très étroits avec les activités déjà menées par
l’entreprise ; soit avec sa base de production1 soit avec sa base commerciale2. Quant à
la diversification conglomérale, elle est celle où la diversification s’opère sans rapport
1
Cas du constructeur automobile fabriquant des tracteurs.
2
Cas du bic qui s’est servi des circuits commerciaux développés autour du stylo à bille pour vendre des
rasoirs jetables.
26
27
avec la base initiale d’activités. Ce type de diversification permet de se profiter
d’opportunités d’investissements intéressantes, d’ équilibrer des activités en
multipliant des domaines d’intervention et de se trouver sur des produits dont le cycle
économique est inversé par rapport à celui de son produit de base1. Au sein de la
diversification conglomérale on distingue la diversification verticale et la
diversification horizontale. La première se traduit par l’acquisition de nouvelles
compétences et par le renforcement potentiel concurrentiel de l’entreprise dans son
activité d’origine. Elle résulte de plusieurs phénomènes :
- Un avantage concurrentiel basé sur la sécurité des approvisionnements ou des
débouchés.
- Une diversification accrue par rapport aux concurrents notamment au niveau des
coûts de production ou de distribution ou par un service de plus grande qualité.
- La maîtrise de technologies complémentaires.
La réduction des coûts de production liée à la combinaison d’opérations
technologiquement distincts.
La deuxième suit la dimension activité, la plus connue et souvent la seule
développée.L’entreprise aborde des domaines d’activités différents de son activité
principale. Les nouvelles activités s’appuient sur des synergies et des
complémentarités
Nous pouvons analyser la diversification et en trouver de nouvelles
classifications en fonction du degré d’éloignement de l’activité initiale qu’il suppose .
On cite d’abord la diversification qui vise à renforcer les activités existantes de
l’entreprise tout en recherchant l’activité nouvelle qui va lui permettre de conforter sa
position sur le marché. Ce type de diversification correspond à celui d’une firme en
position moyenne par rapport à ses concurrents sur le marché. Il s’agit pour elle de
rechercher l’activité nouvelle qui val lui permettre de conforter sa position sur le
marché. Il y a aussi la diversification qui tend à rédéployer des activités existantes.
Celle ci s’applique à toutes les entreprises dont le métier actuellement en phase de
maturité croissante, risque de passer, à moyen ou à long terme, au stade de la maturité
stable. Elles doivent alors reconvertir une partie de leurs activités pour pouvoir
1
Ces du bis, entreprise de travail temporaire , entrant dans la banque, l’information économique et
27
28
conserver, sur la durée, un taux de croissance à l’ensemble de leurs productions. La
diversification à la recherche d’une activité de survie est également une autre
classification de diversification, qui est la plus simple à étudier ; l’entreprise doit se
convertir sous peine de disparaître en tant que telle. Le choix de la nouvelle activité
est ici particulièrement délicat. La firme ne dispose en effet que de faibles ressources
et il lui faut trouver un domaine à forte rentabilité immédiate. Ce qui fait que ce genre
de diversification n’est pas toujours évident à réaliser et la réussite n’est pas garantie.
Enfin, on cite la diversification pour le placement de liquidités. Elle s’applique aux
entreprises leaders d’une branche de production, c’est-à-dire à celles qui disposent
d’une forte position concurrentielle sur un ou plusieurs marchés et dont les
perspectives de croissance restent excellentes. Elles vont de ce fait générer un flux net
de liquidités, ce qui peut leur permettre d’investir dans leur champ d’activité et ou de
se diversifier.
Il est toutefois important de citer ce que ces stratégies visent à atteindre
comme objectifs à savoir la réduction des coûts, la répartition des risques et la
recherche de la survie. En effet, lors de leur processus de croissance, les firmes se
procurent en permanence des moyens nouveaux de production. Or , du fait que des
erreurs d’estimation se produisent inévitablement dans les achats, que les activités
saisonnières conduisent souvent les firmes à ne pas utiliser tous les facteurs , et
surtout, que les moyens couramment achetés par grande masse sont indivisibles, il
existe pratiquement toujours des capacités de production inutilisées. La diversification
en facilitant leur exploitation systématique, permet la réduction des stocks et une
meilleure utilisation des potentialités de production et de gestion. D’autre part, étant
donné les aléas attachés à la focalisation des activités sur un seul marché, nulle
entreprise ne peut se croire à l’abri des modifications d’environnement, de l’évolution
des goûts de sa clientèle, de l’apparition des produits concurrents…Morvan cite qu’
"un important degré de diversification se traduit plus par une forte stabilité des profits
que par un degré plus élevé de rentabilité. Dans ce contexte, Rochet distingue la
réduction du risque opérationnel définie comme " la volonté édictée au niveau de la
politique générale d’éliminer toute dépendance vis-à-vis des partenaires habituels" de
financière, le recrutement.
28
29
celle "d’éliminer les menaces stratégiques externes qui pèsent sur l’entreprise ".
Recherchant la survie, l’entreprise trouve dans la diversification un moyen pour la
mise en place continuelle de nouveaux produits afin d’assurer sa continuité.Comme la
longévité des firmes ne coïncide pas avec la durée de vie des produits et services
offerts, les entreprises doivent sans arrêt promouvoir les produits ou services qui
demain, relaieront ceux d’aujourd’hui.
Or, comme nous pouvons le constater, chaque stratégie a ses avantages et ses
inconvénients. Par exemple, les entreprises peuvent tirer de leur diversification des
avantages économiques et financiers. Sur le plan économique, la diversification est
tout d’abord un moyen de satisfaire des ambitions de croissance qui ne pourraient plus
être assouvies par la spécialisation initiale sur un seul domaine d’activité. En ce sens,
elle peut être considérée comme une étape logique dans le développement de
l’entreprise.
La diversification devrait aussi conduire à une meilleure rentabilité en raison de
différents types d’économies de coûts qu’elle autorise.
Economies d’intégration, tout d’abord, lorsque la maîtrise d’activités en
interdépendance séquentielle permet d’investir à moindre risque.
Economies de champs ensuite, en raison de l’utilisation partagée de ressources entre
plusieurs activités et phénomènes de synergie. Enfin, selon les recherches en
management, les conclusions suggèrent que la diversification prolonge le cycle de vie
de la firme. Sur le plan financier, la diversification peut améliorer d’abord la capacité
d’endettement, réduit la chance de faillite en adoptant des nouveaux couples de
(produit, marché) et améliore le déploiement des actifs et la rentabilité. Ensuite la
diversification crée un marché de capital interne, en ce sens qu’elle peut transférer des
fonds d’une unité à capacité d’autofinancement à une autre à déficit
d’autofinancement sans supporter des coûts de transaction ou de taxes
supplémentaires. Les firmes diversifiées groupent le risque non systématique et
réduisent la variabilité de l’excédent brut d’exploitation et prennent un avantage
comparatif dans l’embauche.
29
30
Parmi les inconvénients de la diversification, la difficulté de gérer simultanément
des activités aux logiques différentes (Le centre de gravité des activités est différent
entre eux) et le défi organisationnel correspondant qui constitue l’inconvénient
majeur.A cela s’ajoute le risque de dispersion des ressources et de non atteinte des
tailles critiques qui déterminent la variabilité d’une position sur les marchés.
D’autre part les inconvénients résident dans les risques relatifs à chaque type de
diversification.
Compte tenu des différentes sortes de diversification, nous pouvons mettre en
évidence un risque inhérent à chaque type de diversification.
Ainsi à court et moyen terme, seule la diversification de survie présente un risque
élevé pour l’entreprise. Celui-ci est d’ailleurs tel que certains dirigeants préfèrent
déposer le bilan plutôt que d’avoir à courir un tel risque.
Le risque pris n’est pas moins négligeable lors de la diversification de renforcement
de l’activité initiale.Par contre, à court et à moyen terme, le risque de deux autres
diversifications est plutôt faible. Il n’en va pas de même pour le classement des
risques à moyen et long terme. C’est alors la diversification de placement qui devient
la plus risquée : la recherche de la rentabilité la plus élevée peut en effet conduire
l’entreprise à effectuer des investissements audacieux générant parfois à terme des
pertes.Une erreur de même type peut être commise dans une diversification de
redéploiement mais les risques encourus sont moindres que dans le cas précédent,
parce que l’entreprise ne parut se tourner vers n’importe quelle activité nouvelle si
elle entend tirer de l’opération un avantage concurrentiel.
La diversification de renforcement n’entraîne pour sa part que des risques moyens car
la branche choisie présente généralement des synergies avec l’activité initiale.
Quant à la diversification de survie, elle ne présente que des risques négligeables liés
à l’évolution à long terme, du métier de remplacement.
Section 2 : Les mesures de la diversification
30
31
Définir une mesure idéale de la diversification n’est pas une tâche aisée. Elle
dépend, en effet, sur le plan théorique de la conception qu’on se fait du
phénomène.L’intérêt de disposer d’indicateurs de stratégie de diversification est
double: d’une part, permettre d’appréhender la trajectoire de croissance de
l’entreprise; d’autre part, disposer d’une variable Proxy de la stratégie de
diversification afin d’en examiner l’impact sur la rentabilité économique et financière.
Les mesures de la diversification sont analogues à celles de la concentration. De
même qu’un indicateur de concentration tient compte du nombre et de la taille relative
des entreprises qui composent une industrie, un indicateur de diversification tient
compte du nombre et de la place relative des industries dans l’activité d’une même
entreprise.
Le degré de diversification des activités d’une firme ou d’une industrie dépend
directement de la façon dont les produits sont définis. En effet, plus la classification
industrielle employée est étroite, plus le degré de diversification observé sera élevé.
Selon Morvan, la mesure de la diversification est largement fonction du nombre
d’éléments pris en compte, et la distinction ne devrait porter selon cet auteur que sur
des éléments réellement différenciateurs de l’activité des firmes. Ainsi, plusieurs
mesures de la diversification sont présentées au niveau de la
1) Les indicateurs classiques de la stratégie de diversification
Des synergies opérationnelles peuvent résulter d’un partage d’actifs ou d’un
transfert de compétences. Or ceci suppose une certaine proximité du point de vue des
caractéristiques du produit, du marché et de la technologie. Pour cette raison les
indicateurs classiques de la diversification l’appréhendent par la diversité du
positionnement sectoriel.
31
32
La littérature empirique utilise deux méthodologies distinctes pour caractériser
la stratégie de diversification. Toutes ces deux se basent sur l’intensité des liens
présumés entre les métiers ou les activités.
L’une, énoncée par Rumelt qui définit des critères quantitatifs distinguant les
types de diversification. Ils sont basés sur le calcul du poids, dans le portefeuille de
l’activité sur laquelle l’entreprise est la plus présente (indicateur de spécialisation) et
de celui des activités liées.L’appréciation des connexités existant entre les activités,
nécessaire à la définition des groupes d’activités liées, se fonde toutefois sur le
jugement porté par l’initiateur de l’étude. Elle ne peut donc être que subjective. Les
indicateurs correspondant sont d’ailleurs qualifiés de « mesures subjectives ».
De plus, les critères utilisés pour réduire la présence de connexités entre les activités
ne sont, à aucun moment, décrits. Ces nombreux travaux ne présentent en effet que la
classification finalement obtenue des entreprises par catégorie de diversification.
Une seconde mesure, plus mécaniste, s’appuie sur la nomenclature des branches
productives pour cerner la proximité des activités. Il s’agit du système dénommé ‘Sic’
selon l’appellation « standard industriel classification ». Elaborée dans le but
d’appréhender la structure de l’industrie, cette classification intègre à la fois
« L’utilisation des produits, la structure du marché, la nature des matières premières ».
Plus l’extension du code d’activité est large, moins l’on s’élève dans la nomenclature
et plus les délimitations qui lui sont assignées sont fines.L’utilisation de cette
classification amène, par conséquent, à délimiter les frontières de la branche afin
d’apporter une mesure de la diversité inter et intra branche. Elle permet ainsi
d’élaborer des indicateurs tantôt discrets tantôt continus.
Une telle démarche génère un gain de temps considérable pour le traitement
d’échantillons de taille importante. Elle ne requière en effet qu’une information sur la
ventilation du chiffre d’affaires entre les activités du portefeuille.
Une fois les entreprises classées par le profil de diversification, conformément à l’une
ou l’autre méthode, des indicateurs quantitatifs ou qualitatifs peuvent être établis pour
évaluer la diversité du positionnement.
32
33
Ce mode de saisie présente toutefois une limite majeure : il n’appréhende que
les synergies inter métiers potentielles. Or l’exploitation des liens interdivisionnels
génère des coûts susceptibles d’en excéder des gains, ce qui peut amener l’entreprise à
y renoncer.
3) Autres mesures de diversification
Pour mesurer la diversification d’un ensemble économique, tel qu’un secteur, il
est courant de calculer le taux de couverture d’un secteur i en rapportant la part de la
production du produit i par les firmes dont la production principale est ce bien i à
l’ensemble de la production du produit i.
Il est également possible de calculer le taux de spécialisation du secteur i en
rapportant la part des productions du produit i réalisé par les firmes dont l’activité
principale est ce bien i à l’ensemble des productions qu’elles réalisent.
Les indicateurs classiques d’inégalité peuvent également être utilisés ; ils ont
généralement l’inconvénient de ne pas tenir compte de l’influence du nombre N de
firmes ou d’établissements ; mais ils peuvent être combinés avec des indicateurs de
concentration.
Parmi ces indicateurs classiques, on cite d’abord l’indice de Linda. Cet indice est
popularisé par les travaux de la communauté européenne, s’appuie sur le rapport de
concentration : D=Σpi
Mais tient compte de l’inégalité entre les n plus grandes firmes retenues. Pour ces n
firmes, l’indice est :
Ln=1/n (n-1)*Σn-i/i*pi/pn-pi.
Si toutes n plus grandes firmes sont de même taille, on a alors :
Ln=1/n.
Ensuite, le rapport de concentration est un indicateur fréquemment utilisé en raison
de sa simplicité ; c’est le rapport de l’effectif principal de la firme à son effectif total.
Autrement dit, si on classe les activités de la firme par ordre d’importance
33
34
décroissante en prenant pour critère le nombre de travailleurs affectés à chacune de
ses activités, ce rapport est mesuré par :p1=x1/x ;
Où x1est l’effectif employé dans l’activité principale. Le complément de l’unité de p1
est le rapport de diversification :
d=1-p1=Σxj/x.
Le rapport de diversification est analogue au complément du rapport de concentration
et présent les mêmes inconvénients que lui puisqu’il ne tient pas compte du nombre et
de l’importance relative des activités secondaires de la firme. Enfin, on évoque
l’indicateur d’Utton proposé, toujours par référence à la mesure de la concentration,
et défini par :
W=2 *Σjpj-1.
Cet indice varie de 1 en cas de spécialisation complète ,à k pour une firme dont les
activités sont également réparties entre les k industries, il a la propriété d’être son
propre nombre équivalent.
3-4) la mesure d’entropie
Les mesures du nombre d’unités d’exploitation à usines multiples ne saisissent
qu’imparfaitement la diversification industrielle.
On emploie une mesure entropique de la diversification (Jacquemin et Berry 1979)
lorsqu’on examine le degré de diversification d’une entreprise entre plusieurs
industries, on estime le degré de concentration de chiffre d’affaires de l’entreprise au
niveau industriel. L’indice de l’entropie revêt la forme suivante :
E (p)=Σpi *Log (1/pi).
L’avantage de cette mesure est de permettre de ventiler une mesure globale de la
diversification d’une entreprise entre plusieurs industries.
3-5) L’indice de Herfindhal
C’est la somme des proportions au carré des ventes réalisées par chaque
segment stratégique. Les segments stratégiques sont des domaines d’activités
stratégiques obtenus en découpant le métier de l’entreprise en sous ensembles
homogènes sur lesquels la réflexion stratégique est fondée, soit :
34
35
D=1-Σpi2.
Cet indice prend la valeur 0 quand l’entreprise est complètement spécialisée (un
seul segment) c’est l’indice de Berry, et tend vers 1 lorsque la firme est très
diversifiée.
Cet indicateur est peu sensible aux activités de faible poids relatif, ce qui en fait une
mesure appropriée pour une étude sectorielle.
Ainsi, il a l’inconvénient de sure présenter les firmes (ou les branches) dont les parts
de marché sont importants.
35
36
CONCLUSION
A l'heure de la mondialisation, la diversification de l'activité de l'économie est-
elle encore un choix stratégique ou un impératif de survie et une règle de bonne
gestion ?
Ainsi, la diversification des activités modifie les conditions de la concurrence
sur chaque marché où se présentent des entreprises multi produits.
Malgré l'intérêt général vis-à-vis de la diversification des entreprises et des usines, il
se fait peu d'études empiriques sur la diversification, parce qu'il est difficile d'obtenir
des données complètes sur les opérations des entreprises d'une industrie à une autre ou
sur le degré de spécialisation des usines. Les résultats de peu d'études qui se font
souffrent du fait que les chercheurs ne disposent pas de bases de données très
complètes ou sont incapables d'examiner les changements qui se produisent au fil du
temps.
Même si, les études antérieures au niveau des mesures de la diversification ne
sont pas assez développées, il ne faut pas négliger l'importance grandissante de cette
stratégie en raison des objectifs qu'elle vise et des avantages qu'elle offre au sein de
l'entreprise et plus généralement au sein de l'industrie. Ainsi, cette caractéristique
structurelle peut fournir une explication non négligeable de la croissance de certaines
firmes; et elle indique l"étendue" d'une firme et son degré de rayonnement sur
diverses activités.
Vu la nécessité de cette stratégie dans la croissance de l’industrie, nous
l’encadrons de point de vu empirique dans un troisième chapitre.
36
37
CHAPITRE 3 : PARTIE EMPIRIQUE
Dans ce chapitre, on s’intéresse à analyser la diversification. Pour le faire, on va
d'abord présenter l'échantillon de l'étude, ensuite on propose une analyse statique de la
diversification où on présente deux indicateurs basés sur la répartition de la valeur
ajoutée totale à travers les différentes branches industrielles. Dans une dernière partie,
une analyse dynamique décompose les taux de croissance de chaque branche en
composantes conjoncturelles et tendancielles. Ce-ci permet de d’écarter l’influence
des phénomènes conjoncturels pouvant biaiser l’indicateur de diversification. Cette
décomposition permet également d’examiner les perturbations conjoncturelles
spécifiques à chaque branche, et fournit ainsi une méthode supplémentaire pour
analyser la diversification. Afin de mener cette analyse, un modèle "error
components" est appliqué tout en présentant les variables utilisées.
1) Choix de l’échantillon
Afin d’analyser la diversification de l’industrie tunisienne, nous avons choisi un
échantillon composé de branches de l’industrie tunisienne. Notre analyse porte sur
sept branches, sur une période allant de 1990 à 2001.Chaque branche est présentée
dans le tableau ci-après avec ses sous branches.
1- Industries agricoles et alimentaires 11- ABATTAGE
12-IND.LAITIERES
13-TRANSFORMATION DES
GRAINS
14-FABRICATION D'HUILE ET
D'AUTRES CORPS GRAS
15-CONSERVERIES
16-IND.SUCRE,CONFISERIE
ET CHOCOLATERIE
37
38
17-IND.AGRICOLES ET
ALIMENTAIRES DIVERSES
18-FABRICATION DE
BOISSONS
19-INDUSTRIE DU TABAC
2- Matériaux de construction céramique, 21-EXTRACTION ET
verre FACONNAGE DE PRODUITS DE
CARRIERES
22-FABRICATION DE CIMENT
ET D'OUVRAGES EN CIMENT
23-INDUSTRIE CERAMIQUE
24-INDUSTRIE DU VERRE
3- Industries mécanique et électrique 31-SIDERURGIE,
METALLURGIE DES NON
FERREUX, FONDERIE
32- TRAVAIL DES METAUX
33-FABRICATION DE
MACHINES ET EQUIPEMENTS
AGRICOLES ET INDUSTRIELS
34-
FABRICATIOD'AUTOMOBILES
ET DE CYCLES
35-CONSTRUCTION ET
REPARATION D'AUTRES
MATERIELS DE TRANSPORT
36-FABRICATION DE
MATERIEL ELECTRIQUE
37-FABRICATION DE
MATERIEL ELECTRONIQUE
38-FABRICATION
D'EQUIPEMENTS MENAGERS
4- Industries chimiques 41-FABRICATION D'ENGRAIS
42-AUTRESINDUSTRIES
CHIMIQUES DE BASE
43-PARACHIMIE
44-INDUSTRIE
PHARMACEUTIQUE
45-INDUSTRIE DU
CAOUTCHOUC ET DES
PNEUMATIQUES
5- Textile, habillement, cuir 51-FILATURE TISSAGE ET
FINISSAGE
52-FABRICATION DE TAPIS
53-BONNETERIE
38
39
54-FABRICATION DE
VETEMENTS
55-INDUSTRIE DU CUIR ET
DE LA CHAUSSURE
6- Industries diverses 61-INDUSTRIE DU BOIS
62-INDUSTRIE DU PAPIER,
DE L'IMPRIMERIE ET DE
L'EDITION
63-FABRICATION DE
PRODUITS EN MATIERES
PLASTIQUES
64-INDUSTRIES DIVERSES
65-MINES
7- Industries non manufacturières 71-MINES
72-EXTRACTION ET
RAFFINAGE DE PETROLE,
PRODUCTION DE GAZ
73-PRODUCTIONDISTRIBUTION
D'ELECTRICITE
74-PRODUCTION ET
DISTRIBUTION D'EAU
75-BATIMENT ET TRAVAUX
PUBLIQUES
1) Analyse statique de diversification 1
Le degré de diversification peut se définir par référence au cas extrême où la
valeur ajoutée est concentrée dans une seule branche. L’autre cas extrême consiste en
une diversité parfaite telle que chaque branche représente la même part dans la valeur
ajoutée totale.
Considérons une industrie composée de plusieurs branches (notées i= 1…n).
Pour une période donnée, Yi représente la valeur ajoutée de la branche i. Notons la
valeur ajoutée de l’ensemble de l’industrie : Y= ∑i Yi (pour la somme de i= 1…n). La
part de la valeur ajoutée de chaque branche est : πi = Yi/Y.
1
Bourgain A, Guadra.P et Pieretti.P-« mesure de la diversification industrielle »-document de
recherche CREA.
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40
La variance σ2π des parts πi permet de mesurer la dispersion de la valeur ajoutée totale
à travers les branches :
Notons que, par définition, ∑iπi=1, et donc la part moyenne est la même pour
toute distribution des parts : (1 /n) ∑iπi= 1/n.
Selon la définition de variance,
σ2π= (1/n) ∑i [πi - (1/n)] 2 = (1/n) [∑i (πi) 2 – (2/n) ∑iπi + n (1/n2)].
σ2π= (1/n) [∑i (πi) 2 – (1/n)].
Dans le cas d’une structure monolithique, une seule branche représenterait
l’ensemble de l’industrie. Pour le secteur k on alors πk = 1, et pour tous les autres
secteurs πi = 0 (pour tout i = k) .
Sous ces conditions la variance des parts atteint sa valeur maximale σ2π = (1/n) [1-
(1/n)] = (n-1)/ n2.
Inversement, dans le cas d'une diversité extrême de la structure industrielle, chaque
secteur à la même part dans la valeur ajoutée totale. Donc toutes les πi ont la même
valeur πi = (1/n) pour tout i.
La variance des parts atteint son minimum σ2π =0 puisque ∑ (πi) 2 = n (1/n2) = 1/n
Proposons alors l'indicateur " D" de diversification industrielle.
D= 1- [σ2π/ (n-1)/n2].
La variance est normalisée par sa valeur maximale qui correspond au cas de
monolithisme industriel. Ainsi elle varie entre 0 et 1. En prenant la différence vis-à-
vis de l'unité, l'indicateur augmente avec le degré de diversification.
Dans notre étude statique, on va appliquer deux mesures pour analyser la
diversification dans l'industrie tunisienne qui sont : l'indice de Hirschman-Herfindahl
et l'indice d'entropie déjà évoqués dans le chapitre 2.
Les données annuelles de la valeur ajoutée au coût des facteurs et aux prix
constants sont fournies par l'institut national de statistiques (INS) pour la période
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41
1990-2001. Ces données sont découpées en sept branches et trente neuf sous
branches.
L'évolution de 1-Ht (indice de Hirschman-Herfindahl) et Et/ln(N) (indice d’entropie)
apparaissent dans le graphique 1.
Graphique 1
Diversification de l'industrie tunisienne
(1992-2001)
0.9
0.85
0.8
0.75
0.7
0.65
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
année
1-h E/ln N
Les deux indicateurs ont une évolution semblable. Une augmentation de l'indice
de diversification est constatée dans la période 1992-1995 suivie d'une quasi
stagnation (une légère augmentation) dans la période 1996-2001.
On peut décomposer chaque courbe selon leurs allures en deux sous périodes
(19921995; 19962001).
41
42
La période allant de 1992 à 19951 a connu la progression de la diversification dans
l'industrie ; les deux indices "1-H" et E/ln (N) ont évolué respectivement de 0.75 à
0.756 et de 0.85 à 0.857.
Certes, cette diversification est fonction positive de la part de la valeur ajoutée
de la branche par rapport à la valeur ajoutée de l'industrie totale. Et l'augmentation de
l'indice de diversification est due à l'évolution positive de la valeur ajoutée d'une ou
plusieurs branches à un taux plus élevé que celle de toute l'industrie.
Analysons cette évolution économiquement :
On note que l'industrie des matériaux de construction, céramique et verre a
enregistré un taux de croissance assez élevé de 16,64% dans cette période, cela est dû
à la relance de la demande intérieure et à la consolidation du courant des exportations.
D'autre part, les industries chimiques ont connu un taux de croissance appréciable de
25,5%. En dépit d'une conjoncture internationale qui continue à affecter le courant des
exportations de phosphate et dérivés; les industries chimiques et du caoutchouc ont
maintenu le cap avec progression de leur valeur ajoutée. Cette situation est liée
principalement à l'évolution positive des industries pharmaceutiques en 1993. Ainsi
grâce à l'évolution favorable de la demande extérieure des dérivés de phosphate
l'expansion des industries chimiques s'est poursuivie en 1995.
Par ailleurs, les industries du textile, cuir et chaussures ont enregistré un taux de
croissance dans cette période de 27,11% malgré certaines difficultés d'ordre
conjoncturel rencontrées par ce secteur en 1993. En outre, ce secteur continue à
occuper la première place dans les industries manufacturières en égard à l'importance
des investissements.
On remarque, en plus, une meilleure progression du taux de croissance de la
valeur ajoutée des industries diverses atteignant 19,57%, grâce à la réalisation des
nouveaux projets dans l'industrie plastique et à la progression de production de bois,
liège et ameublement, en outre les industries du papier et cartons ont continué à
évoluer de manière favorable.
1
Rapport de la Banque Centrale de Tunisie (19922001)-l’activité industrielle.
42
43
En effet, l'industrie diverse couvrant une gamme diversifiée de d'activité, elle a
enregistré une légère décélération de son rythme de croissance en 1994. Mais, avec
l'évolution soutenue de la demande intérieure en 1995 et l'affermissement du courant
des exportations. Ce secteur a repris sa croissance à un rythme assez rapide; l'industrie
du plastique en particulier a bénéficié d'une nette amélioration des ventes à l'étranger.
On conclut de ce qui précède que la période 1992-1995 a enregistré une
évolution de la valeur ajoutée et donc de la diversification dans la plupart des
industries manufacturières, même si l'industrie non manufacturière a connu une
décélération de son activité (taux de croissance de la valeur ajoutée 2,66%) sous
l'effet de la décélération de l'activité minière en premier lieu.
Deuxième période : de 1996 à 20011
D'après les courbes; on observe une quasi stagnation des deux indices de
diversification. L’indice d’entropie a évolué de 0,867 à 0,878 en 2001. Quant à
l’indice de Herfindall, il a évolué de 0,784 à 0,786.
En effet, les industries agroalimentaires ont connu une évolution appréciable de
la valeur ajoutée dans cette période d'un taux de 36.62% suite à l'augmentation de la
production agricole de la campagne en 1996, en plus une bonne production oléicole et
d'huile d'olive en 1999.
Par ailleurs, les industries de matériaux de constructions céramiques et verre
voient une progression de la valeur ajoutée en cette période atteignant un taux de
24,33%. Vu que cette activité est stimulée par la demande intérieure, ce secteur s'est
consolidé d'une augmentation de la production dans toutes les branches.
D'autre part, l'industrie mécanique et électrique a enregistré un regain d'activité
avec un taux de croissance de 50,19%. Cette expansion est obtenue grâce aux progrès
11
Rapport de la Banque Centrale de Tunisie (19922001)-l’activité industrielle.
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réalisés par les industries électriques, électroniques et de l'élelectro-ménager surtout
en 1998.
Ainsi, les industries chimiques connaissent une évolution de la valeur ajoutée à
rythme ralenti en raison de la demande émanant de certains clients étrangers et aux
difficultés conjoncturelles que connaît le marché mondial des engrais phosphatés.
Pour les autres branches chimiques diversifiées d'activité (chimie de base et
industrie pharmaceutique), des progrès soutenus ont continué à être enregistrés tant
sur le plan des volumes produits que sur celui de l'amélioration de la qualité.
Pour les industries cuir, textile et chaussures, on note un affermissement de la
demande extérieure suite au regain d'activité dans les pays partenaires de l'union
européenne, ce qui favorise une évolution de taux de croissance de la valeur ajoutée
(35,73%). En outre, le secteur a consolidé sa croissance bénéficiant d'une
amélioration du niveau d'investissement et du rythme de progression des exportations.
Les industries diverses, composées d'une gamme diversifiée d'activités, ont
connu un taux de croissance de 32,18% et continue à évoluer favorablement en 2000.
A propos des industries non manufacturières, on note que la valeur ajoutée du
secteur énergétique a augmenté à un taux de 23% de 1996 à 2001. Sous l'effet de
l'accroissement de production de phosphate de chaux qui a été stimulé par la hausse
des prix à l'exportation. Ainsi, on enregistre en 1998 une amélioration de l'excédent
énergétique suite à l'accroissement des ressources nationales d'énergie et poursuite des
investissements dans les bâtiments génie civil.
On note en outre la dynamique que connaissait le secteur de l'habitat et la relance de
l'investissement traduites en 2000.
A ce stade d'analyse, les données ne permettent pas de déterminer si la tendance
observée à une plus grande diversification est de nature structurelle, issue de la
croissance tendancielle spécifique à chaque branche ou si elle est influencée par des
phénomènes conjoncturels. Et cette question se pose de manière cruciale aux
économies de petite taille qui sont davantage soumises aux fluctuations de la
conjoncture. Pour tenter de répondre à ce souci, une analyse dynamique s'efforce de
44
45
faire la distinction entre la composante structurelle du taux de croissance, et les
composantes conjoncturelles.
3) Analyse dynamique de la diversification1
L’objet de la méthode proposée est d’isoler le taux de croissance de long terme
par branche. Ceci permet de « purger » le taux de croissance des fluctuations
conjoncturelles et de mieux analyser la différenciation sectorielle des fluctuations au
sein d’un même espace économique. Une telle méthode s’inspire en partie des travaux
économétriques qui analysent l’asymétrie des chocs en séparant la croissance de la
production qui peut être attribuée à un choc spécifique à l’industrie de celle attribuée à
un choc spécifique au pays ou à la région (Stockman 1988, Karras, Abraham et Van
Rompuy 1998). Ces travaux sont eux-mêmes des applications des « théories du cycle
réel ».
Ainsi les analyses des données en panel en économétrie sont transmises dans le
modèle de régression « error component model » ayant pour origine la littérature
statistique (Hsiao en 1986, Baltagi en 1995 et Sevestre en 1996). La majeure partie de
cette littérature économique est centrée sur des panels complets ou balancés.
Cependant les applications empiriques sont en face d’observations ou de panels
incomplets.
Ce modèle tient compte du nombre des firmes dans chaque industrie aussi bien
que les différentes observations pendant une période à travers plusieurs industries.
Le modèle « error component » est proposé pour la première fois par Chamberlain
(1984) et utilisé pour isoler le taux de croissance tendanciel spécifique à chaque
branche afin de le séparer des chocs conjoncturels communs à toutes les branches et
des chocs spécifiques. Stockman (1988) a utilisé ce modèle pour séparer la croissance
par branche en composantes spécifiques au pays et à la branche.
1
Bourgain A, Guadra.P et Pieretti.P-« mesure de la diversification industrielle »-document de
recherche CREA.
45
46
Il a démontré qu’une telle approche statistique est compatible avec plusieurs
modèles économiques. En particulier, dans le contexte de la théorie du cycle réel les
chocs spécifiques aux branches peuvent être identifiés à des chocs exogènes dus à la
politique économique.
3-1) Présentation du modèle "error components" 2
Soit yit le Logarithme de Yit=yit-yit-1 son taux de croissance.
Nous supposons que le taux de croissance dans chaque branche i suit un processus
autorégressif de premier ordre,
Δyit=ρiΔyit-1+εit
L’erreur contient deux composantes systématiques μit et νt correspondant aux
deux dimensions du panel (i=1….N et t=0….T).
εit = μi +νt +μit ;
Où μit →IID (0, σi2) ;
μi : le taux de croissance tendanciel spécifique à chaque branche.
νt : les chocs conjoncturels communs à toutes les branches.
μit : les chocs conjoncturels communs à toutes les branches.
Les composantes μi et νt peuvent être considérées comme des effets fixes
estimés à l’aide de variables « dummy ». Alternativement, elles peuvent être traitées
comme des « effets aléatoires » avec les distributions μi →IID (0, σμ2) et νt → IID (0,
σν2), à condition qu’elles avec qu’elles soient indépendantes de la variable explicative
(Δyit-1).
3-2) Variables et indicateurs
La croissance économique est un terme financier désignant l’augmentation en
pourcentage de la production de biens et services au cours d’une période donnée. La
croissance nominale est l’augmentation mesurée en incluant les variations de prix
46
47
tandis que la croissance réelle est l’augmentation mesurée après l’élimination des
variations de prix.1
Elle représente l’évolution d’ordre qualitatif et restructuration de l’économie
d’un pays en rapport avec le progrès technologique et social. Selon François Perroux
(1987) « la croissance économique est l’augmentation soutenue pendant une ou
plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension économique, souvent le PIB
par habitat ».
Selon Raymond Aron (1983) « la croissance économique est une transformation
qualitative dont les résultats sont mesurables ».
Simon Kuznets (1985) quant à lui présente la croissance économique comme
étant l’augmentation à long terme de la capacité d’offrir une diversité croissante de
biens, cette capacité croissante étant fondée sur le progrès de la technologie et les
ajustements institutionnels et idéologiques qu’elle demande.
La croissance économique revêt deux formes : une économie peut croître de
manière « extensive » en utilisant davantage de ressources (telles que le capital
physique, humain ou naturel) ou de manière « intensive » en utilisant la même
quantité de ressources plus efficacement (de façon plus productive). Lorsque la
croissance économique est accomplie avec plus de main d’œuvre cela n’entraîne pas
d’augmentation de revenu par habitant. Mais lorsqu’elle résulte d’une utilisation plus
productive de toutes les ressources, y compris la main d’œuvre, elle entraîne une
augmentation de revenu par habitant et une amélioration de niveau de vie moyen de la
population.
Une croissance économique intensive nécessite un développement économique.
Ainsi, notons que la croissance se réfère à la performance de la sphère économique
évaluée indépendamment de sa relation avec les sphères humaine et naturelle.
C’est un concept quantitatif et unidimensionnel.
1
Aron. R et Kuznets .S-« dix huit leçons sur la société industrielle », Gallimard 1962.
47
48
La croissance économique est devenue un objet de débat à cause de sa
généralisation et son accélération dans le dernier quart de siècle, et à cause d’une
meilleure prise de conscience de son existence comme de ses implications. De telles
affirmations supposent qu’il y ait des instruments de mesure de la croissance.
La mesure de la croissance économique pose de nombreux problèmes puisqu’il
faut comparer des indicateurs calculés à des dates différents.
On estimait jusqu’à présent que les méthodes classiques de comptabilité
nationale permettraient de mesurer la croissance, mais elles sont de plus en plus
contestées.
Ces méthodes sont centrées sur un certain nombre de termes techniques qui expriment
des grandeurs. Celles-ci sont supposées donner une représentation synthétique des
principales opérations économiques : opérations de production, de distribution de
revenus, de consommation, d’épargne et d’investissement…
3-2-1) Le produit national brut
C’est une notion reconnue sur le plan international, c’est la valeur monétaire de
l’ensemble des biens et des services produits dans un pays, pendant une année ou
d’une autre manière la somme des prix des résultats de l’activité économique. Ce
produit est dit brut parce qu’on n’en déduit pas les amortissements économiques
(renouvellement des machines qui s’usent).
3-2-2 Le produit intérieur brut
Plusieurs économistes considèrent que le premier indicateur de l’économie est le
PIB ; c’est une grandeur exprimant la valeur monétaire de la masse de la production
pendant une année. Mais elle diffère du PNB, sur quelques points, principalement par
le fait qu’elle ne compte pas la valeur des services rendus par les fonctionnaires et
employés de diverses administrations ou institutions publiques et privées.
De ce fait, la somme correspondante est plus faible que la valeur du PNB.
48
49
3-2-3 Le revenu national
Il correspond à la somme totale des revenus perçus par l’ensemble des habitants
et institutions du pays en raison de leur participation à la production des différents
biens et services : salaires et cotisations sociales, profit, intérêts, dividendes, loyers,
fermages…On comprend que la somme correspondante au revenu national, terme
utilisé internationalement comme le produit national brut, soit en définitive égale à ce
PNB moins les amortissements et les impôts indirects mais plus les subventions.
Pour notre analyse empirique, on choisit comme variable expliquée le taux de
croissance de la valeur ajoutée (Δyit), rappelons que la valeur ajoutée présente le coût
total de la production (PIB) moins la valeur des dépenses de consommation
intermédiaire. Ainsi la variable explicative du modèle est le taux de croissance de la
valeur ajoutée décalé d’une année (Δyit-1).
3-3) Les hypothèses
L'analyse dynamique consiste à vérifier l'hypothèse suivante :
H1 : On prévoit qu'une augmentation apparente de la diversification n'est pas due
uniquement à des effets conjoncturels; ce qui implique qu'il y a un mouvement de
diversification et que la part de chaque branche dans la production totale n'est pas
alors stable.
Pour vérifier cette hypothèse, d'autres sont à tester :
H2 : On attend à ce que les taux de croissance tendanciels au sein des branches ne
soient égaux.
H3 : On essai de vérifier si les chocs conjoncturels ont des effets persistants dans le
temps.
H4 : On va tester l'uniformité du degré de persistance des chocs conjoncturels dans les
sept branches.
49
50
H5 : On prévoit que le choc spécifique à la branche est positivement corrélé avec le
choc commun.
H6 : On attend à ce que la corrélation entre les chocs spécifiques dans deux branches
considérées soit positive.
3-4) Résultats
Les résultats de l'estimation apparaissent au tableau 1. La régression linéaire se
base sur 10 observations pour chaque sous branche (de 1992 à 2001).
♦ Le R2 ajusté est de 0,0064 ce qui implique que la variable (Δyit-1) n’explique que
0,64% du modèle.
♦ Le test de Durbin Watson est de 1,989 ce qui confirme l’hypothèse de non
corrélation des résidus.
Les résultats de la régression linéaire sont indiqués dans le tableau suivant :
Tableau 1 : Résultats de la régression simple de Δyit = piΔyit-1+ μi + vt + μit
branche μi σ (μi) ρi σ (ρi) σ (μit) σ2 (μit)/ r (μit, vt)
σ2(vt)
1- iaa 0.054 0.039 0.417 0.098 0.2073 0.863 0.942
2- mccv 0.0372 0.0175 0.3253 0.1438 0.0764 0.5424 0.9078
3- ime 0.0495 0.0409 0.0493 0.1131 0.2534 1.0010 0.9990
4- ic 0.0387 0.0240 0.4392 0.0875 0.0890 0.8570 0.7048
5- itcc 0.0195 0.0116 0.6409 0.1158 0.0485 0.9668 0.7184
6- id 0.0271 0.0192 0.5788 0.1306 0.0690 1.0682 0.7803
7- inm 0.0266 0.0211 0.3269 0.1382 0.0665 0.9958 0.9115
50
51
● La colonne (2) du tableau présente les estimations du paramètre μi,
correspondant aux taux de croissance tendanciels spécifiques à chaque branche.
● La colonne (3) présente l'écart type de l'estimateur de ce paramètre. Pour
deux cas sur sept l'estimation est suffisamment précise pour rejeter l'hypothèse μi = 0
au niveau de probabilité 5%. Le taux de croissance tendanciel le plus élevé
(0.05447705) est celui de l'industrie agroalimentaire, il dépasse 5%, le plus faible des
deux n'atteint pas les 2%.
Par ailleurs, la branche 5 (Textile, habillement, cuir) présente le taux de
croissance tendanciel μi le plus faible (moins de 2%) et n'est pas statistiquement
significatif.
La valeur médiane du paramètre μi est de 3,72% et pour quatre branches le μi
estimé est compris dans la fourchette de 3,72% et 5,44%. Il y a donc une certaine
concentration ; mais l'estimation est assez précise pour rejeter l'hypothèse que la
croissance tendancielle est la même à travers toutes les branches. En effet, l'hypothèse
nulle (μ1= μ2= μ3=…. μ7) est rejetée par le test de Wald X2(7)= aux niveau de
probabilité 5%.
Pour chaque branche, le degré de persistance des chocs conjoncturels est mesuré
par le paramètre ρi, dont les valeurs estimées apparaissent dans la colonne (4) et leur
écart type dans la colonne (5). L'hypothèse ρi =0 est rejetée au niveau de probabilité
5% seulement pour deux branches sur sept. Dans l'un de ces deux cas (la branche
d'industries diverses), le paramètre est assez élevé (0.5787875), suggérant des effets
prolongés dans le temps. Pour la branche d'industrie agroalimentaire le paramètre ρi
est significativement négatif (-0.417824), ce qui impliquerait une surcompensation ou
un ajustement cyclique aux chocs conjoncturels. Même si les écarts types μi sont
généralement cinq fois plus grands que ceux de μi l'estimation est assez précise pour
rejeter l'hypothèse d'uniformité du degré de persistance.
Ainsi, l'hypothèse nulle (ρ1=ρ2=ρ3…..ρ7) est aussi rejetée par le test Wald
2
X (7)= au niveau de probabilité 5%.
51
52
● La colonne (6) présente l'écart type à travers le temps du choc spécifique μit à
la branche i. Il apparaît que certaines branches sont sujettes à des chocs spécifiques
assez variables. En effet, vu que les chocs μit ont une moyenne nulle par construction,
ils seront compris avec 95% de probabilité entre les limites ±2 σ (μit). Ainsi, pour la
branche la plus stable (branche 5, textile, habillement, cuir), celle qui possède le σ
(μitt) le plus faible), les chocs sont généralement compris dans la fourchette ± 17.8%.
Par contre, pour la branche la plus instable (branche 3, industries mécaniques et
électriques), la fourchette est de ±50,67%. A des fins de comparaison, le choc
commun νt a un écart type de 0.0665902 avec une fourchette de ±13,31%.
● La colonne (7) du tableau fournit le ratio de la variance du choc spécifique à
la branche, μit, à la variance du choc commun, vt. Une variance élevée de μit par
rapport à celle de vt indique une spécificité de la branche concernée par rapport à
l'ensemble de l'industrie, ce qui n'est pas le cas pour notre échantillon ( les ratios des
variances s'approchent de 1.
Il reste à établir si le choc spécifique à la branche (μit), est positivement corrélé
(pro-cyclique) avec le choc commun (colonne 8). Par exemple, si le choc commun vt
est de 1%, le choc μit spécifique à la branche 3 (industries mécaniques et électriques)
serait de 0.999%. . Ainsi, les coefficients de corrélation sont tous positifs. Dans quatre
cas, la corrélation est proche de 1 ce qui implique que le choc spécifique à la branche
μit est pro-cyclique avec le choc commun vt.
52
53
Graphique 2
choc commun et croissance totale(évolution aux
prix constants)
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
année
choc commun vt croissance totale
Le graphique 2 présente l'évolution du choc commun aux branches vt, et la
croissance de l'industrie dans son ensemble. D'après le graphique, on observe deux
pics importants qui se manifestent en 1993 et 1997 qui peuvent résulter d’événements
majeurs. Notamment, en 1993, le secteur industriel a bénéficié d'une enveloppe
d'investissement de 1.079,5 millions de dinars en accroissement de 183 millions de
dinars ou 20.4% par rapport à 1992. D'autre part, depuis l'année 1996, il a eu
aménagement et développement des zones industrielles et l'application d'un
programme de modernisation et de mise à niveau de tissu industriel qui traduit le choc
commun en 1997.
On observe que le choc commun n'a pas toujours la même évolution que celle de
la croissance observée. En outre, le choc commun peut expliquer seulement une part
de l'évolution de la croissance totale vu que l'écart type de vt n'est que 6,659% tandis
53
54
que celui de la croissance totale est 1.7278%. La différence est due aux chocs
spécifiques aux branches..
Graphique 3
impact des chocs spécifiques (uit) sur la
diversification
0.89
0.88
0.87
0.86
0.85
0.84
0.83
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
année
avec chocs sans chocs
Le graphique 3 montre l'indicateur de diversification E/ln (N) recalculé avec les
nouvelles parts si obtenues en appliquant les taux de croissance uit à la place de la
croissance observée Δyit. La différence entre les deux courbes représente l'effet des
chocs spécifiques uit sur l'indicateur initial de diversification. L'indicateur "corrigé"
est donc épuré de ces effets conjoncturels, et représente ainsi la diversification issue
de la croissance structurelle spécifique à chaque branche sur l'ensemble de la période.
Même si l'indicateur original suit la tendance de l'indicateur purgé d'effets
conjoncturels, un écart apparaît pour la période 1992-1998. Pour cette période,
l'indicateur originel augmente plus rapidement que l'indicateur purgé d'effets
conjoncturels. L'indicateur originel surestime le niveau de diversification à cause des
phénomènes conjoncturels. Le fait que les déviations des deux courbes sont
prolongées sur une période de sept ans semble indiquer des effets persistants des
chocs conjoncturels, même si la plupart des coefficients pi estimés n'étaient pas
significativement différents de zéro (pour cinq branches sur sept).
54
55
Une corrélation élevée entre les chocs spécifiques à ces branches signifie que la
diversification est factice même quand les branches sont de tailles identiques. Donc,
les corrélations entre chocs spécifiques servent à évaluer l'hétérogénéité des branches
qui caractérise la véritable diversification (lorsque ces corrélations sont négatives et
faibles)
Tableau 2 : Matrice des corrélations (rij) entre chocs spécifiques aux branches
(μit)
1 2 3 4 5 6 7
1 1
2 0.2633 1
3 0.5562 0.2575 1
4 0.0384 -0.2961 -0.2911 1
5 0.2508 0.6263 0.4155 -0.20882 1
6 -0.211 -0.447 -0.7567 0.3942 -0.1799 1
7 -0.049 0.2168 -0.4704 -0.2152 0.0392 0.4780 1
Le tableau 2 représente la matrice des corrélations entre les chocs spécifiques à
chaque branche. Des coefficients de corrélation positifs indiquent une simultanéité
des chocs spécifiques dans les deux branches considérées. Plus les chocs sont corrélés
(rij 1), moins les deux branches seront effectivement différentes. Par contre,
l'alternative (c'est-à-dire rij -1) indique que les chocs spécifiques dans les branches
en question s'annulent parfaitement entre eux. Dans ce cas, il y a une asymétrie des
chocs spécifiques aux branches. Dans une situation où les coefficients de corrélation
sont faibles (rij 0), les chocs spécifiques sont indépendants. En fait, les chocs
peuvent se renforcer ou s'annuler avec la même probabilité.
Les résultats pour l'industrie tunisienne font apparaître neuf coefficients de
corrélation significativement positifs (au niveau de 5%). Neuf coefficients négatifs se
révèlent négatifs (au niveau de 5%). Pour 18 cas sur 21, l’hypothèse rij=0 est rejetée
au niveau de probabilité de 5%, ce qui suggère une diversification non efficace.
55
56
Enfin, la matrice des covariances ∑ peut servir à évaluer la volatilité de
l'ensemble de l'industrie par analogie à la matrice des covariances des actifs d'un
portefeuille. Cette "variance de portefeuille" s'écrit :
PVt =∑i sit 2 σ2i+ ∑i∑jsit sjt σ2ij
Où sit est la part de la branche i dans la valeur ajoutée totale à la période t, σ2i est la
variance du choc conjoncturel dans la branche i et σ2ij est la covariance avec le choc
conjoncturel dans la branche j.
Les variances et covariances qui proviennent directement de la matrice ∑ sont
calculées sur l'ensemble des périodes de l'échantillon, mais les parts sit de chaque
branche dans la valeur ajoutée totale varient à chaque observation, permettant de
calculer la variance de portefeuille PVt pour chaque année.
La matrice des covariances σ2ij est représentée ainsi :
1 2 3 4 5 6 7
1 0.006705
2 0.000225 0.000705
3 0.002846 0.000537 0.007542
4 -0.0003 -0.00034 -0.00146 0.001708
5 -0.00075 0.000337 1.35E-05 -7.3E-05 0.000508
6 -0.00047 -0.00023 -0.00126 0.000619 2.69E-05 0.000409
7 8.9E-05 7.87E-05 -0.00064 -0.00027 -2.6E-05 -3E-05 0.000447
L'évolution de l'indicateur PVt apparaît dans ce graphique.
Graphique 4 : "volatilité du portefeuille" et changements de composition
56
57
0.0021
0.00205
0.002
0.00195
0.0019
0.00185
0.0018
0.00175
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
volatilité du portefeuille
Le graphique indique une nette évolution à la baisse de 1992 à 1996.Ceci
implique que les changements de composition du portefeuille (c'est-à-dire les
changements dans les parts relatives des différentes branches dans la valeur ajoutée
totale de l'industrie) ont contribué à faire baisser substantiellement la volatilité dans
cette période. En effet, cette évolution correspond à une tendance à la diversification
(observée dans le graphique 1).
D'autre part, si on évalue la volatilité de l'ensemble (toute la période d'étude
1992-2001), on remarque une diminution de cette volatilité (de 0.204% à 0.2%).
Notons que cette variance correspond au risque systématique du portefeuille qui
est lié à sa composition. Le risque total du portefeuille reprend aussi le risque résiduel,
du aux mouvements du marché, représenté ici par la variance de vt.
Conclusion
57
58
Cette contribution s'attache à évaluer la diversification de la structure de
production macro-économique. L'estimation d'un modèle "error components"
permet de décomposer la croissance de chaque branche en un choc conjoncturel
commun à toutes les branches, un choc conjoncturel spécifique à la branche et une
composante tendancielle spécifique à la branche.
58
59
REFERANCE BIBLIOGRAPHIQUE
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