12 CANAL DU MIDI by 5QUUcj

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									I. LIVRES ANCIENS ET MODERNES

1       ADAM [BILLAUT] (Me). Les chevilles de Me Adam, menuisier de Nevers. Paris,
Toussainct-Quinet,1644. in-4. 1/2 veau blond, caisson dor., pce de titre bordeaux (Rel. du
XIXe s.).
édition originale rare, bien complète du portrait qui manque à beaucoup d’exemplaires. Bel
exemplaire. 600/800

2       ALMANACH IMPÉRIAL pour l’année MDCCCIX, présenté à S.M. l’Empereur et
Roi par Testu. Paris, Testu 1809. in-8. Maroquin rouge, encadr. de fil., pointillés et dent.
dorés sur les plats, dos lisse compart. de caissons à la grotesque et de fers impériaux, tr. dor.
(Rel. de l’époque). 400/500

3       ANDREOSSY (François). Histoire du Canal du Midi, connu précédemment sous le
nom de Canal du Languedoc. Paris, de l’imprimerie de F. Dufart An VIII (1800). in-8, 16 pp-
xl-414 pp. 1f. d’errata. 1/2 basane verte, dos long compart. de fleur. et fil. dorés (Rel. de
l’époque).
édition originale, illustrée d’une grande carte dépliante et de 2 tableaux repliés. En début
d’ouvrage a été ajoutée une notice sur Andréossy, extraite du Magasin Encyclopédique. Avec
un envoi de la part du général Andréossy. 300/400

4      BANVILLE (Théodore de). Le Baiser. Comédie. Musique de Paul Vidal. Paris,
Charpentier 1888. Plaquette in-12 carré, bradel percaline havane, pce de titre mar. brun. (Rel.
de l’époque).
Frontispice sur chine de Rochegrosse. édition originale avec un envoi a.s. à Henry Cazalis
(Jean Lahor). Exemplaire enrichi d’une photographie originale (portrait de Banville).
Rousseurs.      50/80

5       BATAILLE DE TOULOUSE. PLAN MANUSCRIT DE LA BATAILLE DE
TOULOUSE. 10 avril 1814. Dessin à la plume avec quelques rehauts aquarellés.
– Joint : Précis historique de la bataille livrée le 10 avril 1814 sous les murs de Toulouse entre
l’armée française et les armées combinées, anglaise, espagnole et portugaise par C. D.
Toulouse, Bénichet s.d. Première partie seule avec une figure et un plan. in-8, br. 30 pp.
Quelques restaurations aux plis du plan.        100/120

6       [Bible]. BROWN’S self-interpreting family Bible : containing the old and new
testaments to wich are annexed marginal references and illustrations by the late Rev. John
Brown. Newcastle-on-tyne, Adam & Co ca 1880. Fort volume in-4, maroquin brun sur ais de
bois, décor à froid et doré, tr. dor. (Rel. de l’époque).
Célèbre Bible d’un théologien écossais du XVIIIe siècle, illustrée d’un frontispice et de 23
figures h.-t. en chromolithographie. La dorure de la reliure est en partie effacée, les fermoirs
qui avaient été montés sur une bordure en laiton ouvragé manquent.           300/500

7       [Bible]. LA SAINTE BIBLE qui contient le Vieux et le Nouveau Testament c’est à
dire l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. Le tout revu et conféré sur les textes hébreux et grecs
par les pasteurs et les professeurs de l’Église de Genève. Genève, J.A. Cramer & P. Perachon
1712. in-folio, 9 ff. prel., 542-82-162ff ch., 66ff n.ch. 1/2 maroquin vert à long grain, dos
long, fil. dor., pce de titre fauve (Rel. postérieure).
Deuxième édition sortie des presses de Cramer et Perachon, la première est de 1693, à
laquelle ont été ajoutés les Psaumes de David en vers avec les musiques notées. Le frontispice
manque.         1200/1500

8       BIBLIA latinogallica. LA BIBLE française latine, qui est toute la Saincte Escriture,
contenant le Vieil et Nouveau Testament, ou Alliance. Lyon, Sebastien Honorat 1560. in-
folio, 6ff.n.ch.-394-98-126ff ch+table. Veau glacé, pts fleur. et fil à froid (Rel. de l’époque).
Qqs figures sur bois dans le texte et une pl. dépl. (Chambers, 266). Mors fendus mais solides,
pièce de titre renouvelée.    1000/1200

9       BREMOND (Alphonse). Nobiliaire toulousain. Toulouse, Bonnal et Gibrac 1863. 2
vol. in-8. Bradel 1/2 percaline bleue, couv. cons. 120/150

10     CANAL DU LANGUEDOC. Histoire du Canal de Languedoc rédigée par les
descendants de Pierre-Paul Riquet de Bonrepos. Paris, Deterville 1805. in-8, broché.
Frontispice et carte dépl.  50/100

11      CANAL DU LANGUEDOC. Recueil de 15 Arrêts, Édits et mémoires sur le canal du
Languedoc. : – Procez verbal de vérification et estimation des ouvrages du canal par M.
Daguesseau. 1684. – Édit du Roy pour la construction d’un canal de communication des deux
Mers, Océane et Méditerranée... 1685. – Arrest du Parlement de Toulouse pour Henry-
François Marquis de Grave contre les Consuls, Viguiers et Communauté de Montpellier.
1730. – Extrait des Registres de la cour des Comptes... 1740. – Arrest du Grand Conseil qui
casse la Procédure faite par le sieur Saint Marc, Lt en la Maréchaussée de Carcassonne...
1729. – Réponse au Mémoire du Syndic des Marchands de Toulouse... 1744. – Mémoire pour
Mrs de Riquet sur le droit exclusif qu’ils ont de fournir les barques pour le transport des
denrées... 1744 + 3 autres Mémoires sur le même sujet, le dernier illustré de 2 cartes dépl. : –
Mémoire pour les propriétaires du Canal de communication des deux mers, sur le projet du
canal de jonction depuis le Somail jusques au Gaillousti. Coignard s.d. – 3 Mémoires
instructifs contre M. de Pontmartin et contre le Syndic d’Agde... 1745 et 1746 avec une carte
dépl. coloriée. 1 vol. in-folio broché.       200/250

12     CANAL DU MIDI. Minutes de la correspondance entre Pierre-Paul RIQUET et
COLBERT de 1662 à 1669, transcrivant 147 lettres. 1 vol. in-4 broché, couverture cartonnée
en papier marbré d’époque.
Passionnant document sur l’histoire complexe de la construction du plus bel ouvrage
d’Architecture hydraulique du XVIIe siècle.       500/800

13      CANAL DU MIDI. PIÈCES ET MÉMOIRES tendant à prouver la nécessité de la
prolongation du Canal du Midi jusques au Tarn, et à démontrer les avantages qui résulteraient
de sa direction vers Montauban. Montauban, Fontanel An XI (1803). in-4, broché.
Recueil contenant les Délibérations de la ville de Montauban et une Réplique à un Mémoire
des maires et habitants de Montauban, illustré d’une grande carte dépliante du projet de
prolongation. 50/100

14      CLADEL (Léon). Les Martyrs ridicules, avec une préface de Charles Baudelaire.
Paris, Poulet-Malassis 1862. in-12. 1/2 basane fauve, couv. cons., non rogné (Rel.
postérieure).
édition originale du premier livre de Cladel, préfacé par Baudelaire qui l’aurait un peu
retouché.      150/200
15      CLADEL (Léon). Mes Paysans. Le Bouscassié. Paris, Lemerre 1869. in-8. 1/2 chagrin
vert, dos lisse, fil. et fleur. dor., couv. (Rel. postérieure).
édition originale. Envoi a.s. à Raoul Lafagette. Quelques rousseurs. 150/200

16     CORNEILLE (Pierre). L’Imitation de Jesus-Christ traduite et paraphrasée en vers
français. Paris, Ballard, De Luynes 1665. in-12, 3ff.-548pp. Vélin à recouvrement (Rel. de
l’époque).
Frontispice et 4 figures en taille douce. Quelques rousseurs éparses.     100/150

17      DAUDET (Alphonse). La lutte pour la vie. Pièce. Paris, Calmann Levy 1890. in-8, 1/2
chagr. violet, nerfs rehaussés de fil. dor., couv. cons. (Rel. de l’époque).
édition originale. 1/50 ex. sur Hollande (n°1), enrichi d’un envoi a.s.      60/100

18      DELILLE (Jacques). L’Imagination. Paris, Giguet et Michaud 1806. 2 tomes en 1 vol.
in-8. Maroquin rouge à long grain, dos compartimenté et orné de larges fleur. dor., cadre de
dent. doré sur les plats, grecque int., tr. dor. sur marbrure (Motet).
5 figures hors-texte. Bel exemplaire dans une jolie reliure signée. 200/300

19      DESCAVES (Lucien). Philemon vieux de la vieille. Paris, Ollendorff 1913. in-12,
bradel 1/2 toile mauve, pce de titre mar. noir, couv. et dos cons. (Atelier Laurenchet).
édition originale. 1/40 ex. sur Hollande. Portrait de l’auteur et 2 fac simile dont une page
manuscrite de Gustave Lefrançais reproduisant les signatures de divers membres de la
Commune, dont Lucien Descaves fut un constant défenseur.              300/400

20      DURET (Jean). Traicté des peines et amendes tant pour les matières criminelles que
civiles, diligemment extraict des anciennes loix des douze tables de Solon et Draco,
constitutions canoniques, loix civiles et impériales, acc. de la pratique française. Lyon,
Benoist Rigaud 1583. in-8, 12ff.-176 pp. + table.
Ouvrage qui aborde toutes sortes de sujets curieux : Bourdeaux tollerez, cantharides pour
l’amour, boutefeux brûleurs de maison, vignes et vins, Ivrognerie, etc. 200/300

21      ESCHOLIER (Raymond). Gascogne. Types et coutumes. Dessins originaux de
Clément SERVEAU. Paris, Éditions des Horizons de France 1929. in-4. Plein chagrin indigo,
double fil. dor. d’encadr. sur les plats, tête dor., couv. (Rel. postérieure).
Illustrations en 2 couleurs pleine page et hors-texte. Envois a.s. de l’auteur et de l’illustrateur,
aquarelle originale de Clément Serveau.         50/60

22      ESTIEU (Prosper). Bordons Pagans en lenga d’oc am traduction francesa. Carcassona,
Biblioteca de la « Revue Méridionale » 1899. in-8, broché.
édition originale. Bel envoi en occitan à Raoul Lafagette : « lo gran poete pirenean, enemig de
la Joanna d’Arc alemenda ! ». Petits manques à la couv. 30/50

23      ESTIEU (Prosper). Lou Terradou... Sounets lengodoucians. Traducciu francéso dret-à-
dret e prefacio per Antounin Perbosc. Carcassouno, Bibliouteco de la « Revue Méridionale »
1895. in-8. 1/2 maroquin bordeaux à coins, tête dor. (Rel. de l’époque).
Précieux exemplaire enrichi d’un envoi a.s., d’une étude de ce recueil publiée dans la Revue
Méridionale (14 pp.), d’une page aut. de Raoul Lafagette et d’une lettre a.s. de Prosper Estieu
(4 pp. in-12) répondant aux critiques de R. L. et promettant une réfutation en règle de son «
anti-fédéralisme ». 100/150
24      FARGUE (Léon-Paul). Charme de Paris. Cinquante lithographies en couleurs de
TOUCHAGUES. Paris, Denoël 1945. in-folio en ff. sous chemise cartonnée (charnières en
partie cassées).
Tirage limité à 370 ex. 1/350 vidalon. 40/60

25      FÉNELON. Méditations et Réflexions pieuses, préc. d’une introduction par le R. P.
Libercier. Paris, Gruel et Engelmann 1885. in-16 allongé. Maroquin janséniste bordeaux.
Chemise et étui (Gruel).
Étui fatigué. 20/40

26      FOURÈS (Auguste). Les Grilhs. Les Grillons. Poésies du Lauragais. Paris,
Maisonneuve et Leclerc 1888. in-12. 1/2 veau rouge, dos orné de pts fleur. dor. (Rel.
postérieure).
édition originale, tirée à 300 ex. Envoi a.s. à Raoul Lafagette. Rousseurs. 120/150

27     FRANÇOIS DE SALES. Les Epistres spirituelles divisées en VII Livres. IIIIe édition
augmentée, recueillies par Louys de Sales. Lyon, Vincent de Cœursillys 1634. in-8,
1052pp.-table et privilège n.ch. Vélin orné de 3 médailles collées sur les 2 plats et au dos (les
attachements des nerfs ont été refaits).     100/200

28      FRAUVILLE (M. de). Le fidelle historien des Affaires de France. Contenant ce qui
s’est passé de mois en mois, tant dedans que dehors le Royaume, à commencer depuis le mois
de décembre 1620 & finissant au retour & entrée du Roy à Paris en l’année 1623. Paris,
Toussainct du Bray 1623. in-8, 12ff-768pp. vélin souple de l’époque (une charnière en partie
fendue).
Feuillets un peu brunis, inversions dans l’ordre des ff. de table. 100/150

29       GALERIE CONTEMPORAINE DES ILLUSTRATIONS FRANÇAISES. Paris,
Lacroix (1876). 8 vol. in-folio, 1/2 chagrin rouge à coins, caissons ornés au dos (Magnier
fils).
Belle publication illustrée comprenant biographies, fac simile d’autographes et portraits
photographiques. Collection pratiquement complète comprenant 259 planches en photoglyptie
dont 131 portraits par Nadar, Carjat, Goupil, Bertall... de Baudelaire, Michelet, Sarah
Bernhardt, Georges Sand, Banville, Alph. Daudet, Zola... Rousseurs claires en marge de qqs
ff. de texte. 3000/ 4000

30     GILBERT (Marianne). Le Tiroir entr’ouvert, précédé d’une introduction de Marcel
Brion, avec 31 lettres inédites de R.-M. RILKE, traduites par Blaise Briod. Paris, Grasset
1956. in-4, broché.
8 dessins de l’auteur reproduits h.t. Tiré à 1000 ex. sur vélin de Rives num.     20/30

31       IBN AMÎR HÂJJ. KITÂB AL-TAQRÎR wa-l-tahbîr, sharh al-Tahrîr fî usûl al-fiqh li-
l-shaykh al-imâm al-’âlim al-’allamâ Kamâl al-dîn al-shahîr nasabu-hu bi-Ibn Humâm al-
dîn[...] li-l-shaykh al-imâm al-’âlim al-’allâma al-’umda Muhammad Shams al-dîn al-shahîr
bi-Ibn Amîr Hâjj. Le Livre du compte-rendu et du bel exposé, commentaire de la « Rédaction
sur les sources de la jurisprudence » du cheikh, l’imam, l’uléma très savant Kam_l al-dîn,
connu sous le patronyme d’Ibn Humâm al-dîn[...], par le cheikh, l’imam, l’uléma très savant,
le pilier de la science Muhammad Shams al-dîn, connu sous le nom de Ibn Amîr Hâjj.
manuscrit arabe du Kitâb al-taqrîr d’Ibn Amîr Hâjj (1422-1474), célèbre commentaire d’un
traité du juriste hanéfite Ibn Humâm al-dîn (1388-1457) sur les sources de la jurisprudence
(usûl al-fiqh). Premier volume seulement (sur 2). 351 ff. non chiffrés (réclames dans le coin
inférieur gauche) + pages de garde. Feuillets : 29x20,5 cm ; texte : 22x12 cm, 31 lignes par
page. Papier vergé de fabrication européenne de la deuxième moitié du XVIe s.
(contremarque au trèfle avec divers monogrammes), surface préparée pour l’écriture
(polissage). Encre noire, titres et mots-clefs en rouge. Belle écriture régulière de style naskhî,
main orientale.
Copie réalisée probablement en Syrie du XVIe ou le début du XVIIe siècle. Reliure
traditionnelle à rabats, plats estampés à froid d’une mandorle à décor végétal accompagnée de
fleurons. Travail de facture ancienne, probablement du XVIIIe siècle, comme semble
l’attester le papier des gardes (filigrane à la croix de malte, contremarque SA) ainsi que
quelques restaurations effectuées avant la reliure. Bel étui orné d’un papier dominoté sur les
plats et d’une étiquette manuscrite en graphie maghrebine portant le titre suivant, ne
correspondant pas à l’ouvrage, Deuxième tiers des Maqâmât harîriyya (c’est à dire des
Séances de Harîrî).
Ouvrage ayant appartenu au vizir du bey de Constantine Salah Bey (1771-1792), le juriste
Muhammad b. Kawjak ‘Alî, qui le constitua en habous (legs pieux) en 1793. Ce legs, dont le
certificat est inscrit sur la page de titre, porte spécifiquement sur le premier volume. La
bibliothèque juridique d’Ibn Kawjak ‘Alî passait pour une des plus riches du Maghreb central.
Cette provenance en fait un document intéressant sur l’histoire de l’Algérie précoloniale et en
particulier de la ville de Constantine. (Notice : François Clément, historien et arabisant,
université de Nantes).           3000/5000

32    L’ART MÉRIDIONAL. Noël 1898. Textes de Alfred du Pradeix, Laffite-Osmont,
Antonin Perbosc, Jean de La Hize... Musique de A. Moulinier. Lithographies couleurs de H.
FORTUNÉ. Toulouse, Cassan Aîné Imp. lithographe rue des couteliers 1898. in-folio en ff.
exemplaire unique enrichi de 7 dessins originaux au crayon bleu dans les marges, signés, de
H. FORTUNÉ, de 2 suites en noir et couleurs des lithographies et d’un envoi de l’artiste.
      300/500

33      L’EXPOSITION NATIONALE COLONIALE DE MARSEILLE, décrite par ses
auteurs. 1922. Marseille, Commissariat général de l’exposition 1922. in-4. Reliure éditeur
toile imprimée.
Exposition organisée sous le commissariat général de M. Adrien Artaud, comprenant 43
articles, 4 aquarelles, 811 illustrations en noir et douze plans. 50/60

34      LA FONTAINE. Fables causides en bers gascouns. Bayoune (Bayonne), Impr. de Paul
Fauvet 1776. in-8, 284pp.-iii. Reliure vélin moderne.
Titre gravé et frontispice allégorique de Moreau. Avec un dictionnaire gascon-français.
Exemplaire à toute marge. 200/300

35      LAPAUZE (Henry). INGRES. Sa vie et son œuvre (1780-1867). D’après des
documents inédits. Paris, Impr. Georges Petit 1911. in-4. 1/2 maroquin vert bronze à coins,
tête dor., couv. (Rel. de l’époque).
400 reproductions, dont 11 en héliogravure hors-texte. Piqûres éparses. 100/150

36     LE CONTE DE MERLIN. Manuscrit de Lucy BOUCHER imprimé sous forme
d’incunable gravé. Nice, Pardo, Le Chant des Shères 1970. in-4, maroquin vert, décor
estampé à froid doré et bleu, tête doré. Étui (Rel. de l’éditeur).
Enluminures et encadrements en couleurs et dorés. Tirage : 2500 ex. sur Lana.       150/200

37      LE RIRE. F. Juven, directeur. Partie artistique : Arsène Alexandre. – 4e année : 1897-
1898, n° 157 à 208. – 6e année : 1899-1900, n° 261 à 312 + un n° hors série. Paris, Juven. 2
vol. in-folio. 1/2 percaline verte à coins ornée d’une composition à froid (Rel. de l'éditeur).
Couverture générale et titre conservés.
 On y joint une cinquantaine de numéros des années 1895 à 1899 reliés en 1 volume 1/2
basane rouge ornée de fleur. dor.       100/150

38      LE TOUT-CINÉMA. Annuaire Général Illustré du Monde Cinématographique. Saison
1936-1937. 15e année. Paris, Publications Filma, Clément Guilhamou directeur. Fort vol. in-
8, 1076 pp. Percaline bleue imprimée (Rel. de l'éditeur).
Bel annuaire contenant plus de 100 portraits photographiques de réalisateurs, 232 portraits
d’artistes, adresses de producteurs, studios, salles de cinéma, matériel... Publicités, onglets et
signets.        80/120

39      LEFEBVRE. Histoire générale et particulière de la ville de Calais, et du Calaisis ou
Pays reconquis, précédée de l’Histoire des Morins, ses plus anciens habitants. Paris, De Bure
1766. 2 vol. in-4, veau marbré, dos orné (Rel. de l’époque).
6 cartes et plans dépl. Us. aux coiffes et aux coins. 300/500

40      LIVRE MIGNARD ou le livre des fabliaux. Paris, Janet,s.d. (ca 1820). in-12. Veau
rouge, joli décor romantique à froid et dor. (Rel. de l’époque).
Titre et 5 figures hors-texte dans le style troubadour coloriées. Qqs rousseurs. 80/100

41      MAGU. Poésies de Magu tisserand à Lizy-sur-Oucq. Avec une préface par George
Sand. Paris, Charpentier 1845. in-12. 1/2 percaline havane, pce de titre rouge (Rel.
postérieure).
édition originale de la préface de George Sand, une des premières à s’intéresser à la poésie du
peuple. L’exemplaire a été enrichi du fac simile d’un poème et du portrait de l’édition Delloye
(1842). Premiers ff. brunis. 50/60

42      MAILLARD (Léon). Les menus et programmes illustrés. Invitations, billets de faire-
part, cartes d’adresse, petites estampes du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Paris, Boudet et
Tallandier 1898. in-4. 1/2 basane verte, roulette et fleur. dor. (Rel. récente).
Plus de 450 reproductions dont 19 hors-texte de compositions de Robida, Caran d’Ache,
Toulouse-Lautrec, Rops, Boutet de Monvel, Chéret... Exemplaire incomplet de la page de
titre. 50/80

43     MANUSCRIT. Cérémonies du Mariage. 28 pp. 14x19 cm. Veau blond, décor dor. à la
Du Seuil, chiffre couronné au centre, tr. dor., dent. int., étui (Galland).
Joli manuscrit de présent calligraphié et enluminé par Bouasse-Lebel et Massin avec la
mention manuscrite « Souvenir du 15 mai 1902 Comtesse Eve de Ginisty ». Écriture
gothique, encadrements enluminés différents à chaque page.             100/200

44      MASSON (Frédéric). Cavaliers de Napoléon. Illustrations d’après les tableaux et
aquarelles de Édouard DETAILLE. Paris, Boussod, Valadon &Cie 1895. in-4. 1/2 chagrin
rouge à coins, compart. dor., tête dor., couv. cons. (Rel. de l’époque).
32 illustrations gravées en couleurs, la plupart hors-texte. Quelques rousseurs claires.
        150/200
45      MENDÈS (Catulle). Les Poésies. Première série : Le Soleil de Minuit – Soirs moroses
– Contes épiques – Intermède – Hespérus – Philomela – Sonnets – Pantéleïa – Pagode –
Sérénade. Paris, Sandoz et Fischbacher 1876. gd in-8, bradel 1/2 maroquin ardoise à coins,
dos lisse, fleur. dor., tête dor., couv. vélin cons. (Rel. de l’époque).
Portrait gravé. 1/25 exemplaire sur papier de Chine grandes marges. Des bibliothèques
Théodore de Banville (avec son ex-libris) et Raoul Lafagette enrichi d’un envoi a.s. à
Madame Elisabeth de Banville. Rousseurs, dos de la reliure un peu passé. 100/150

46     [MÈON, Dominique-Martin]. Blasons, poésies anciennes des XV et XVIe siècles...
Nouvelle édition augmentée d’un glossaire des mots hors d’usage. Paris, Guillemot, Nicolle
1809. in-8, viii-iv-370-4pp. Bradel 1/2 percaline rouge, pce de titre (Rel. postérieure). 60/80

47       MERCURE FRANÇOIS. L’unzième tome du Mercure françois, ou l’histoire de nostre
temps, sous le Règne du Très-Chrestien Roy de France et de Navarre Louis XIII. Contenant
ce qui s’est passé en l’année 1625 et le commencement de l’année 1626, jusques à l’Édict de
paix ... Paris, Richer 1626. pt in-8, 28ff.-1181-143pp. vélin souple (Rel. de l’époque).
         150/200

48      MICHEL (Louise). A travers la vie, avec des illustrations de l’auteur. Paris, A. Fayard,
Bibliothèque universelle de Poche 1894. in-16. 1/2 chagrin rouge, couv. cons. (Rel.
postérieure).
Couverture illustrée par P. Cousturier et illustrations h.-t. de l’auteur. 60/80

49     MILLEVILLE (Henry J.-G. de). Armorial historique de la Noblesse de France.
Recueilli et rédigé par un comité. Paris, Bureau de l’Armorial historique, Vaton 1845. in-4.
1/2 chagrin vert, caisson dor., tr. dor. (Rel. de l’époque). 50/100

50      MONTESQUIOU (Robert de). HELLEU, Peintre et Graveur. Paris, Floury 1913. in-4,
br.
100 planches de reproductions, noire et couleurs. Couverture illustrée rempliée. Couture
lâche, petites fentes à une charnière. 50/80

51      NORIAC (Jules). Le 101e régiment illustré par Armand-Dumaresq, G. Janet, Pelcocq,
Morin et deux Étoiles. Nouvelle édition. Paris, Michel Lévy 1870. pt in-8. 1/2 basane verte,
fleur. dor. (Rel. de l’époque).
Frontispice, pleine page et vignettes sur bois. Qqs rouss. claires. 30/50

52      PERBOSC (Antonin). Contes vièls e novèls. I. Fablels. II. Fablels calhols. Paris,
Edicions « occitania » 1936. 2 tomes en un volume in-16. 1/2 basane blonde, pces de titre
noires (Rel. de l’époque).
édition originale. Envoi a.s. à Raoul Lafagette.  60/100

53      PERBOSC (Antonin). Lo Got occitan. Tolosa, Bibliothèque occitana de « Mont-Segur
» 1903. in-8. 1/2 chagrin bordeaux, couv. cons. (Rel. postérieure).
édition originale rare, tirée à 300 ex. 1/7 premier ex. sur hollande, enrichi d’un bel envoi a.s.
en occitan, à Raoul Lafagette. Quelques notes aut. de ce dernier sur la jaquette. Texte français
et occitan.    200/250
54      PERBOSC (Antonin). Remenbrensa. (Toloza), Biblioteca Occitana de « Mont-Segur »
1902. Plaquette in-12, broché.
édition originale. Traduction française en regard. Envoi a.s. à Raoul Lafagette. Couverture
défraîchie.    30/50

55     PETIT (Victor). Souvenirs des Pyrénées. Vues prises aux environs des eaux thermales
de Bagnères de Bigorre, Bagnères de Luchon, Cauterets, Saint-Sauveur, Barèges, les Eaux
Bonnes, les Eaux chaudes et Pau, dessinées d’après nature et lithographiées. Pau, Auguste
Bassy s.d. (1852). in-folio, 1/2 basane havane, titre doré sur le plat sup. (Rel. de l’époque).
20 planches lithographiées sur chine appliqué, dont un panorama double de Biarritz.
       200/300

56      POILLERAT (Gilbert). Ferronnerie d’Aujourd’hui. Paris, Éditions Charles Moreau
s.d. (ca 1925). in-4 en ff.
48 planches en noir de Poillerat, Raymond Subes, Jean Royère... 40/50

57      POUVILLON (Ernest). Bernadette de Lourdes (Mystère). Paris, Plon 1894. in-12. 1/2
basane noire, fil. et fleur. dor., couv. et dos conservé (Rel. postérieure).
édition originale. Envoi a.s. « au poète des Pyrénées » Raoul Lafagette, qui l’a enrichi d’un
jugement aut. assassin.          50/80


58      RABELAIS. Gargantua et Pantagruel. Illustrations de DUBOUT. Paris, Gibert jeune
1954. 2 vol. in-4. Maroquin rouille, décor de feuilles de vigne mosaïqué au dos et aux angles
des plats. Étui bordé.
160 dessins de Dubout dans le texte et en pleine page coloriées au pochoir.      300/400

59     RABIER (Benjamin). Le Buffon choisi. Paris, librairie Garnier [1924]. in-4. 1/2
basane marbr., pces de titre bordeaux, composition aquarellée au centre (Gally Carcassonne).
Nombreuses illustrations dans le texte et 30 hors-texte en couleurs.     100/150

60      REBOUX (Paul). Une rude gaillarde. La Princesse Palatine. Paris, Flammarion 1934.
in-12. Maroquin bordeaux, 2 cadres en gigogne de fil dor., séparés par un listel de mar. gris,
large cadre int. rehaussé d’un listel gris et d’un fil. dor., doublure de tabis vieux rose, tête dor.,
couv. et dos cons. Étui bordé. (Marot-Rodde).
édition originale. 1/30 ex. sur pur fil Outhenin Chalandre. Bel exemplaire.            150/200

61      REVUE DES FOLIES BERGÈRES, La. Paris, Art Édition 1923-1931. in-4. Reliure
éditeur simili cuir marron.
Ensemble des 9 albums de photos des spectacles créés aux Folies Bergères de 1923 à 1931.
Superbes couvertures à découpes. 150/200

62      ROCHENOR (Marthe). Jésus et nos petits enfants. Préface de François Coppée. Paris,
Cami 1898. in-4. Percaline illustrée de l’éditeur.
18 illustrations h.-t. en couleurs, compositions polychromes dans les marges. 1/40 ex. sur
Japon, monté sur onglet.        60/80

63     ROMAINS (Jules). Knock ou le triomphe de la médecine. Illustré par Jacques
TOUCHET. Préface de Louis Jouvet. Angers, Éditions Jacques-Petit 1948. in-4. 1/2 chagr.
rouge à coins, tête dor., couv. et cons.
Illustrations coloriées au pochoir dans le texte. 1/1590 vélin pur chiffon. 100/120

64      ROUX-SERVINE. La Pierre écrite. Poèmes ornés de 54 dessins, 11 hors-texte et une
couverture en couleurs par Léo LELÉE. Paris, Félix Carbonnel 1911. pt in-4. 1/2 chagrin
brique à coins, dos long, fil. et fleur. dor., tête dor., couv. cons. (L. Pouillet).
Illustration gravée sur bois. Exemplaire nominatif (n°1) enrichi d’une aquarelle originale
signée en pleine page au faux-titre, de 2 vignettes originales à la plume signées par Léo Lelée
et d’un poème inédit manuscrit. Recueil de poèmes inspirés par la Provence. Léo Lelée, ami
de Mistral, dessinateur, peintre et illustrateur de la Provence est resté célèbre pour ses
“Arlésiennes”.         100/200

65      RUPIN (Ernest). L’œuvre de Limoges. Paris, Picard 1890. in-4, 4ff-617pp-1ff. 1/2
chagrin havane, dos lisse, fil. dor. sur les plats et en encadr. au dos, tête dor., couv. cons. (L.
Pouillet).
Livre de référence sur l’émaillerie limousine, orné de 500 illustrations dont 49 planches hors-
texte. Tirage limité à 200 ex. 150/200

66      SCHIELE (Egon). Zeichnungen. 12 blatter in original grösse. Wien, Richard Lanyi
1917. in-folio en ff., 1 f. de titre et justification, 1f. de texte, 12 planches de dessins. Sous
chemise à rabats illustrée.
Bel album de dessins réalisé sous la direction d’Egon Schiele dans l’atelier graphique de Max
Jaffé. Le tirage est numéroté (celui-ci n°40, tirage non précisé) et signé à la plume par
Schiele.        1000/1500

67      SCHLEGEL (Gustave). Histoire de l’association de Hung. [Les Sociétés secrètes en
Chine]. MANUSCRIT de 415 pp. in-4. Reliure bradel 1/2 percaline verte, pièce de titre fauve.
Version française apparemment inédite de la première étude complète consacrée à la societé
secrète de Hung, réalisée à partir de documents saisis dans les communautés chinoises de Java
et Sumatra : fonctionnement et rites, affiliations, lois et statuts, signes de reconnaissance
secrets. L’auteur, le sinologue Gustave Schlegel était l’interprète officiel du gouvernement
hollandais des Indes Orientales. Il a publié son livre en anglais sous le titre : Tian Ti Hwui :
The Hung-League, or Heaven-Earth-League à Batavia, 1866. Le présent manuscrit n’a pas de
page de titre. La préface est signée et datée Batavia, mars 1866. Manuscrit très lisible d’une
écriture régulière sur papier réglé. 800/1000

68      SCUDERY (Madeleine de). Les femmes illustres ou les harangues héroïques, avec les
véritables portraits de ces héroïnes, tirés des médailles antiques. Paris, Sommaville, Courbé
1644. in-4, 6ff.-442pp.-6ff. broché, sans couverture.
édition originale de la deuxième partie, ornée d’un frontispice et de 20 portraits gravés en
médaillon en taille-douce. Une première partie comprenant également 20 harangues est parue
en 1642. Le livre est paru sous le nom de son frère. Exemplaire à restaurer et à relier.
Quelques manques en marge du frontispice. 50/100

69      SOULIÉ DE MORANT (G.). La passion de Yang Kwé-Feï Favorite impériale d’après
les anciens textes chinois. Paris, Piazza 1924. in-12. Maroquin prune, encadr. de fil. gras
croisé aux angles, compositions florales mosaïquées sur les plats et au dos, cadre int. dor.
avec un fleur. mosaïqué aux angles, tête dor., étui (F. Mercié).
Bel exemplaire sur papier japon élégamment relié. 200/250
70      STENDHAL. Le Rouge et le Noir. Chronique du XIXe siècle. Orné de vignettes de
QUINT. Paris, Crès 1922. in-4. 1/2 maroquin bordeaux à coins, dos orné de caissons
mosaïqués et dorés (Trinckvel).
Vignettes gravées sur bois. 1/20 ex. sur vélin à la forme enrichi d’une aquarelle originale
inédite.      120/200

71     THÉOPHILE DE VIAU. Les œuvres de Théophile, divisées en trois parties. La
première contenant L’Immortalité de l’âme, avec plusieurs autres pièces, la seconde les
Tragédies et la troisième les pièces qu’il a faites pendant sa prison. Paris, jouxte la copie
imprimée à Rouen, chez Jean de la Mare 1627. pt in-8, 8ff-336-285-69pp.Vélin souple de
l’époque.      300/400

72     [Théophile de Viau]. ADAM (Antoine). Théophile de Viau et la libre pensée
française. Paris, Droz 1935. in-8, 473pp. 1/2 basane fauve, pce de titre rouge et verte (Rel. de
l’époque).     40/60

73      TOULOUSE-LAUTREC (Henri de). 70 reproductions de Léon Marotte avec une
notice et un catalogue par Maurice Joyant. Paris, Helleu et Sergent 1930. in-folio en ff.
Chemise à rabats toile grise.
Choix de dessins finement reproduits en noir et en couleurs et montés sur canson gris. 61
planches (2 pl. manquent). 1 des 65 premiers exemplaires, seuls à contenir une lithographie
originale Portrait de Polaire, tirée à 75 ex. numérotés.    300/500

74   UNION NATIONALE ET FÉDÉRATION DES SYNDICATS DES MAÎTRES
IMPRIMEURS DE FRANCE. Paris. BULLETIN OFFICIEL. Noël 1922. in-4, broché.
Nombreuses et belles planches en couleurs. 40/50

75      WEISS (René). La maison de Victor Hugo à Guernesey (Hauteville-House), propriété
de la ville de Paris. Paris, Imprimerie Nationale 1928. in-4. Maroquin bleu roi, 3 fil. d’encadr.
et caissons dor. au dos, Armes de la ville de Paris au plat sup., large guirlande int. dor.,
coupes fil., tête dor., étui.
30 planches en héliotypie de Paul Méjat et nombreux portraits et documents dans le texte. Bel
exemplaire. 150/200


II. ARCHIVES RAOUL LAFAGETTE

Première partie : correspondances, photographies, documents historiques.

LETTRES ADRESSÉES à Raoul LAFAGETTE, Poète des Pyrénées et poète révolutionnaire.
Né à Foix en 1842, mort en 1913. Farouche partisan de la République sociale, fréquentant
tous les clubs révolutionnaires de Paris et fervent disciple de Victor Hugo qui le tient en haute
estime, Raoul Lafagette publie son premier recueil Les chants d'un Montagnard chez Lacroix
et Verboeckoven en 1869 avec une préface de Gustave Flourens, future figure de proue de la
Commune de Paris. Il devient l'ami de Léon Cladel et de Maurice Rollinat et publie dès lors
notamment chez Lemerre de nombreux autres recueils Les Accalmies, Cent Sonnets, Pics et
Vallées... de poésies inspirées de ses Pyrénées natales et d'Idéal poétique hugolien ainsi que
des portraits d'écrivains qu'il nomme Silhouettes dans la presse. Il participe également au
mouvement de Renaissance occitane du Félibrige aux côtés d'Auguste Fourès, Antonin
Perbosc, Prosper Estieu et Mistral, tout en restant anti-fédéraliste et jacobin. L'ensemble de la
correspondance présentée ici donne un panorama complet de cette figure littéraire de l'Ariège
et du Midi "rouge". A la fin de sa vie, marquée par les deuils d'une fille et de sa femme, il
écrivait ceci : « Je n'ai jamais rien demandé à la République et elle ne m'a rien offert.
D'habiles acrobates ont décroché des timbales d'or. Moi simple idéaliste, je ne possède que
l'or des étoiles. »

76       BLANC (Louis). Copie manuscrite par Raoul Lafagette de la lettre ouverte de Louis
Blanc à Victor Hugo du 14 janvier 1871. 4 pp. in-8.
Belle lettre d’appel à la résistance face à l’envahisseur prussien qui commence ainsi: « J’ai
souvent senti mon esprit se réchauffer à la flamme du votre et dans les battements de votre
cœur, j’ai toujours reconnu les battements du mien. /.../ Je ne sais si tout le monde a été frappé
de cette idée, cependant très simple, que pour Paris l’héroïsme qui était il y a deux mois un
noble entraînement, est devenu désormais, de quelque point de vue qu’on se place, une
nécessité. /.../ Lorsque après le désastre de Sedan, si horriblement complété par la capitulation
du Maréchal Bazaine, la province... livrée au fatalisme du désespoir, et se cherchant pour
ainsi dire sans se trouver, on conçoit que l’idée de la paix ait pu s’associer dans des âmes sans
ressort à celle de Paris dompté. Paris dompté c’était si la province fût restée immobile. La
France en serait morte attendu que la honte qui ne fait que flétrir les individus tue les peuples.
/.../ Au lieu d’avoir autour de nous des ennemis, nous aurions devant nous des geoliers, au-
dessus de nous des maîtres. La barrière inhumaine, odieuse, mais quelquefois franchie, qui
aujourd’hui nous sépare des chers absents, serait devenue absolument infranchissable. Plus de
ballons, plus de pigeons ! Plus de lueurs passagères traversant l’ombre affreuse où nous
sommes en ce moment plongés. Ce serait la nuit, une nuit noire, une nuit d’enfer... ».
         100/150

77       BLANC (Louis). Portrait photographique par Nadar + 13 L. A. S. à Raoul Lafagette et
une carte de visite. Enveloppes.
– Paris, avril 1872. Portrait photographique de Louis Blanc par Nadar. Photographie originale
contrecollée sur bristol, 6x10 cm, avec un envoi a.s. de Louis Blanc à R. L.
– Brighton, 30 août 1872. 2 pp. 1/2 in-8. Louis Blanc transmet la réponse négative de son
frère pour un emploi dans un ministère qu’avait sollicité R. L. (Louis Blanc avait été contraint
à l’exil en Angleterre après juin 1848).
– Brighton, 22 septembre 1872. 2pp. in-8. « Votre article sur les Travailleurs de la Mer m’a
paru bien pensé, vigoureusement écrit. Seulement il renferme une appréciation que je trouve
un osée ».
– Paris, 15 avril 1874. 1/2 p. in-12. Billet de rendez-vous.
– Paris, 3 novembre 1874. 1 p. in-12. « Je vous rappelerai, comme vous le désirez, au
souvenir de Victor Hugo. Comment ! Vous ne retournez à Paris que cet hiver ! Je vous y
voudrais plus tôt ».
– Paris, 30 décembre 1874. 1 p. in-8. « Je me réjouis d’apprendre que vous êtes à la veille de
mettre votre livre sous les yeux de ceux qui aiment les nobles pensées noblement exprimées...
».
– Paris, 4 janvier 1876. Carte de visite avec un mot aut.
– Paris, 11 février 1876. 1p. 1/2 in-8. Lettre adressée au Comité Républicain du 5e
arrondissement, pour s’excuser de ne pouvoir assister à une réunion, pour raison de santé.
– Paris, 8 mars 1876. 1 p. 1/2 in-8. Il décline une proposition de collaboration : « Mes
souffrances physiques, quoique très cruelles, ne sont rien auprès des inquiétudes et des
souffrances morales qui m’assiègent... ».
– Paris, 21 août 1876. 1 p. in-12. Louis Blanc évoque des problèmes d’argent résolus et un
article sur les Accalmies.
– Paris, 2 mai 1881. Jolie lettre en réponse à une lettre affectueuse de R. L. sur son état de
santé : « Vous voulez me guérir, dites-vous. Ce serait déja fait, n’est-ce pas, s’il suffisait pour
cela de votre volonté. Mais hélas! La nature a quelquefois des entêtements féroces... ».
– Paris, s.d. 1 p. in-12. Nouvelle lettre affectueuse aux amis qui se préoccupent de sa santé : «
J’ai appris avec émotion qu’au sortir de la séance, de nombreux groupes d’ouvriers vous
avaient salué au passage de ce grand cri : Vive la République. ». 500/800

78       CARTAILHAC (Émile). 3 L. A. S. et un portrait photographique d’Émile Carthailhac
dédicacé à Raoul Lafagette. Photographie originale 16x10,5 cm, E. Delon, Toulouse.
– Lettre s.d. Toulouse, 22 octobre sur papier en-tête de la Revue L’Anthropologie. 3 pp. in-4.
Lettre en deux parties, la première consacrée à l’Alliance Franco-Russe : « J’ai vu les Russes
chez eux officiellement et dans l’intimité. Notre question Alsace-Lorraine n’existe pas pour
eux, pas plus que la question bulgare pour le peuple français. Ils sont Russes avant tout et par
ordre suprême l’enseignement a été russifié autant que possible. La langue française
permettant de lire quantité de “mauvais” ouvrages a cessé d’être obligatoire. /.../ Le tzar ne
poursuit qu’un but : la paix. Pour préparer la Russie aux destinées qu’il rêve pour elle, il lui
faut une longue période de paix et de l’argent. L'alliance avec la France procure l’un et
l’autre. Je trouve que l’accueil fait aux marins russes est exagéré ». La deuxième partie
évoque Montségur : « Les splendeurs sauvages de la nature, les souvenirs du grand drame
m’ont ému plus que je ne saurais le dire et le soir pour comble de bonne fortune j’ai trouvé
sous la main votre Renaissance romane... ». Il demande ensuite des articles littéraires pour la
Revue des Pyrénées.
– juillet 1896. 1 p. in-4. Lettre de condoléances suite au décès de son épouse.
– 29 avril 1908. Copie d’une lettre de Cartailhac à propos de la réorganisation de la collection
d’archéologie préhistorique du musée pyrénéen dont M. Lafagette est le conservateur + une
lettre aut. 1 p. in-12 de remerciements.      80/100

79     [Cartailhac]. MÂLE (Émile). Préface à l’Album archéologique du Midi de la France
(1914). MANUSCRIT ORIGINAL. 17 ff. recto.
Belle préface toute à la gloire des provinces méridionales : «... nous autres Barbares qui
habitons, de l’autre côté du plateau central, au fond des vieilles provinces de la Gaule
chevelue, nous n’aimons à vrai dire, que le midi... ». Qqqs ratures et corrections autographes.
       100/150

80     CLADEL (Léon). 64 L.A.S., un faire-part de décès et 7 l.a.s. de Julia CLADEL,
épouse de Léon CLADEL, adressées à Raoul Lafagette, de 1870 à 1891. Environ 130 pp. in-
12 ou in-4. La plupart des enveloppes sont conservées, datées et annotées au crayon rouge ou
bleu par Raoul Lafagette. Sauf exception, les lettres sont postées de Sèvres, où Cladel
demeurait.
Raoul Lafagette rencontra Léon Cladel très jeune, vers la fin du Second Empire. L'exaltation
romantique et révolutionnaire du jeune poète ne pouvait que séduire le vigoureux prosateur du
monde paysan, défenseur du prolétariat et de la Commune, que Barbey d'Aurevilly appelait
joliment « le rural écarlate ». L'intégralité de cette correspondance témoigne brillamment de
cette amitié et du soutien indéfectible qu'il lui accorda.
– 20 avril 1870. 1/2 p. Cladel invite Raoul Lafagette à passer vers 9h : « Nous causerons 1h...
et nous repartirons ensemble pour Paris ».
– Sainte-Pélagie, 16 juin 1870. 1 p. « On raye des noms sur ma liste et le vôtre est du
nombre. Je suis vraiment fâché de ce contre-temps. Il m'eut été agréable de parler à cœur
ouvert avec un vaillant tel que vous. Jai lu votre mâle livre et j'y ai trouvé les mêmes qualités
que dans votre précédent ouvrage... ».
– 7 janvier 79. 2 pp. Cladel à Bruxelles. Cladel a proposé l'avocat Worms pour l'aider dans un
conflit entre « feu votre ami » et l'éditeur parisien Lemerre. R. L. lui a fait une confidence
douloureuse, Cladel répond : « Sachez seulement qu'elle m'a remué jusqu'au tif /.../. Je suis
prêt à tout faire pour retenir dans votre cœur meurtri les fugitives espérances qui y palpitent
encore ».
– Montauban [9 juillet 89]. 2 pp. 1/2. « Parti en bonne santé pour la Belgique, je suis tombé
malade à Bruxelles /.../. Mais enfin je suis à peu près rapiécé. L'air du pays natal me rendra
peut-être la santé. Comme je l'avais parfaitement prévu, la Presse opportuniste fait silence sur
mon livre et ma franchise me force à vous dire qu'on vous en voudra peut-être beaucoup de
consacrer quelques lignes à ma dernière production [sans doute les Va-nu-pieds, dont une
nouvelle Une Maudite, valut à Cladel la révocation de l'Assistance Publique et un mois de
prison à Sainte-Pélagie]. Je serai très heureux de me voir juger par un artiste de votre
compétence, mais quel journal de la sacro-sainte alliance bourgeoise et philistine acceptera
votre étude. Le Voltaire ? Zola y règne et ne m'aime guère... /.../. Je ne vois que Paul Arène
capable d'y faire recevoir votre article ».
– Bruxelles, 13 août 79. 1 p. 1/2. « Je vous remercie, Monsieur et cher Collège, du très et
suggestif petit volume de critique que vous avez bien voulu m'envoyer /.../. Le Victor Hugo
principalement est un portrait en pied vivant et fouillé, avec de belles lumières... ».
– 23 septembre 79. 4 pp. « Je vous croyais à Munich /.../ et vous m'écrivez de Foix ». Cladel,
rentré épuisé de Belgique, est en butte aux exigences de Lemerre qui veut publier Crête
Rouge fin octobre : « Il faudra bien que je sois prêt à cette époque mais au prix de quelques
concessions... ah ! Je suis harassé ! Va, juif errant, va ! Je vais ». Cladel parle également de
ses rencontres avec les éditeurs Cinqualbre et Charpentier, annonce la parution prochaine du
recueil Les Aurores : « Je suis heureux, cher ami, d'avoir contribué quelque peu à l'apparition
de ce beau livre ; je me rappelle vos Izards ; si tout est dans ce ton vous aurez un beau
succès... ».
– (26 décembre 1879). 1 p. Un rendez-vous pour déjeuner : « Passez me prendre chez l'éditeur
Charpentier ».
– 28 décembre 1879. 2 pp. Cladel rend compte à son ami d'une entrevue avec Clemenceau «
futur directeur de la Justice ». « Je lui ai parlé de vous. [Il] m'a dit : Eh bien ! Je ne dis pas
non ! Je réfléchirai /.../. Si vous avez, cher ami, quelques personnes qui puissent parler de
vous à Clemenceau, m'appuyer un peu, l'affaire est, je crois, dans le sac... ».
– (5 janvier 1880). 1 p. Rendez-vous : « Il faut absolument que je vous parle avant votre
entrevue avec Clemenceau ».
– 20 janvier 80. 4 pp. Cladel, malade, n'a pu assister à une réunion éditoriale, et annonce un
retard pour la publication d'un recueil de R. L. et ajoute : « Votre livre paraîtra peut-être
quinze jours plus tard mais il paraîtra. Laissez-moi faire et surtout ne vous découragez
pas. Oui, certes Les Oiseaux m'ont plu ! Mais ce n'est pas une raison pour me les dédier ; je
serai heureux de voir mon nom sous le titre de ce poème, un des plus beaux que je sache,
toutefois je ne voudrai pas que vous vous sentiez obligé de me l'offrir. Entre nous le pacte est
signé : nous sommes soldats de la même cause et volontaires de l'idée. Quoiqu'il en soit
camarades nous resterons... ».
– 26 mars 80. 3 pp. Cladel, fatigué et malade, continue malgré tout de conseiller son ami : «
Vous n'avez pas l'Odéon, c'est dommage ! Si vous échouez à la Gaîté, poussez Chabrillat, le
directeur de l'Ambigu. C'est un ex républicain devenu réactionnaire, mais demeure un bon
garçon. Je le connais un peu. Parlez-lui de moi, si vous voulez. Insistez, il cèdera... ». Puis il
propose quelques corrections sur un texte de R. L. (non cité) : « Si je n'étais pas éreinté, je
vous chicanerai encore. Je préfère indifférence calculée à hostilité sourde /.../ loi évolutive est
précieux et unir l'examen à la rêverie paraît cocasse... ».
– Une enveloppe vide à l'adresse de Cladel avec une flèche et la mention « pressée ».
– 3 avril 1880. 2 pp. 2 enveloppes. Etonnante lettre attestant la franche et scrupuleuse amitié
de Cladel pour son corrrespondant, ainsi que quelques renseignements sur le service postal
d'alors ! « J'étais sorti vers 3 heures pour conférer avec des serruriers et des menuisiers. On
me remet votre lettre arrivée à 3h1/2. Pour que vous ne doutiez pas une seconde de moi, je
joins à ce mot l'enveloppe de votre lettre, et vous verrez sur le timbre postal de Sèvres
mention de la 3e distribution qui se fait à 3h précises. Quoi ! La gueuse vous fait défaut ? Oui,
catastrophe et grande catastrophe pour vous. Le volume en mourrait, car vous avez parlé trop
tôt et l'on croirait que vos vers n'ont pas été jugés dignes d'être lus par cette Rachel de
Carton... ».
– 20 avril 1880. 1 p. Cladel demande 2 places pour une conférence.
– 22 avril 80. 3 pp. 1/2. Cladel se réjouit que la conférence de R. L. ait finalement lieu : « Très
bien la représentation aura lieu. C'est ce qu'il fallait et je pense que le doute habilement
exprimé dans la note du journal poussera la foule curieuse comme vous le savez de toutes les
soirées où peut se produire un incident /.../. Ma femme et moi nous avons lu Les Aurores et
nous nous félicitons des bons moments que votre poésie toujours vibrante et parfois étrange,
ce qui ne gâte rien, nous a fait passer... ».
– 27 avril 1880. 2 pp. Cladel essaie de remonter le moral de son correspondant, déçu par le
faible écho de sa conférence. « Ne vous découragez pas /.../. Votre livre est très beau !
Quoiqu'il advienne, il sera, car il est ! Tout vôtre ».
– 10 mai 1880. 2 pp. Cladel recommande à R. L. l'envoi de son livre à Camille Lemonnier à
Bruxelles, et râle à propos d'un télégramme posté à onze heures, arrivé à 2h1/2. « On se
moque de nous en tout et pour tout ».
– 12 juin 1880. 4 pp. Belle lettre d'un ample lyrisme, où Cladel évoque, tour à tour, les affres
de l'écrivain dans l'ultime étape du bon à tirer dans les délais : « Je suis tué ! C'est en haletant
que je vous écris. Hier, hier enfin, j'ai donné l'avant-dernier bon à tirer /.../, et vous le savez
aussi, vous que j'ai vu suer et gémir d'ahan quand vous marteliez votre brillante préface des
Aurores... », le souvenir de sa mère : « Je l'ai perdue, cette vigilante et tendre gardienne que
vous avez encore et je ne connais de plus déchirant que cette suprême séparation. Homme
mûr ou vieillard, on tient toujours par des fibres invisibles à la matrice des martyres qui nous
mirent au monde », et les déboires amoureux de son correspondant : « Il faudra cet hiver
dénicher la colombe qui vous convient. Il y a quelques ailes blanches dans ce noir Paris
/.../. Mais dominez votre mélancolie, elle creuse, elle mine, je la connais cette mauvaise
citoyenne /.../. Contemplez vos montagnes, mais modérément. La contemplation de la nature
écrase l'âme de ce pygmée qu'on appelle l'homme et si l'on se dit qu'on est un nain, comment
entreprendre et parachever un travail de géant. Allons, courage, frère des Izards. Sursum
Corda ! ».
– dimanche 6 août (1880 ? ). 1 p. « Demain, j'arriverai chez vous vers onze heures, et nous
bavarderons à notre aise en tuant le ver... ». Cladel demande également l'adresse de Rollinat
(avec lequel Raoul Lafagette était très lié).
– Sèvres, 1er oct. 1880. 3 pp. Intéressante et amusante lettre dans laquelle Cladel parle de son
éditeur Charpentier, auprès duquel il intercède pour son ami : « Avant-hier, j'ai rencontré son
premier commis /.../. Il paraît qu'on ne s'occupe plus, chez l'éditeur, que de Nana, laquelle doit
être lancée le 10 février. Je suis prêt, si vous voulez, à me mettre en marche dès demain, mais
étant donné ce que je vous dis, l'homme, qui compte sur des monceaux d'or, m'écoutera d'une
oreille distraite et ne se souviendra de rien cinq minutes après. Du reste, écoutez, Madame
Charpentier vient de faire part à ma femme de la naissance de sa dernière, et ma femme ira lui
rendre visite, conformément aux usages, à la fin de la semaine. Madame Cladel est un bon
avocat et Madame Charpentier est l'âme de sa maison. Ne vous semble-t-il pas que nous
ferons bien de nous en remettre à elles ? /.../. Que voulez-vous, il faut bien louvoyer, quand on
ne peut aller de l'avant, à la française, ou plutôt à la gasconne ! ».
– 1er janvier 1881. Carte de visite. Vœux de nouvel an en occitan sur une carte de visite.
– 5 février 81. 2 pp. Cladel s'étonne de ne pas avoir trouvé dans L'express le bel article de
R. L. sur Victor Hugo, et réaffirme la nécessité que cet article paraisse : « Comptez sur moi,
tout ce qui dépendra de moi pour que votre talent soit mis en lumière, sera fait, mais la franc-
maçonnerie opportuniste nous donnera bien du fil à retordre ».
– février 81. 2 pp. Rendez-vous avec le trajet et les horaires de train pour la fête de « notre
Maître à tous » (Hugo ?) à l'Arc de Triomphe.
– 7 mars 81. 1/2 p. Enveloppe. Rendez-vous avec Lemerre.
– 17 mars 81. 1 p. Cladel annonce qu'il va dîner avec sa femme et sa fille chez Victor Hugo :
« Nos voix vous sont acquises et nous agirons s'il y a lieu ».
– 31 mars 81. 1 p. Nouveau rendez-vous pour causer. Cladel s'étonne que la note prévue sur
les Vas-nus-pieds et Le Bouscassié ne soit pas parue dans Le Rappel et demande des
nouvelles de Clovis Hugues.
– Sèvres, 3 avril 81. 2 pp. Rendez-vous manqué : « J'ai bien regretté de ne pas vous voir.
Nous aurions causé de vos travaux, des miens et quibusdam aliis ». Et, mentor toujours
attentif, il joint un mot pour « Robert Charlie, c'est un bon camarade, un homme de goût, une
plume alerte ».
– mai 81. 2 pp. Belle lettre rageuse : « N'oubliez pas avant de regagner Foix de passer par
Sèvres où nous nous dirons au revoir ! ou adieu ! Car j'en ai assez et trop de ce pays où tout
est exploitation et mensonge ! Ah ! Si j'avais assez de rente pour vivre au Sahara – j'irai non
pas demain mais aujourd'hui. Pour un artiste, au temps où nous sommes, il faut savoir mourir
douze fois par jour pour espérer de vivre une heure ! Oh ! là, là ! Je m'exprime en parisien ! ».
– 2 juillet 81. 3 pp. Lettre pleine d'émotion où Cladel narre l'accouchement difficile de sa
femme : « Trois semaines durant la mort a rodé sous mon toit et ce n'est que depuis 3 ou 4
jours que je respire /.../. Et sans un grand médecin de Paris qui a usé de toutes les ressources
de la science, j'étais veuf, j'étais tué ! Mes enfants à cette heure seraient orphelins de mère et
de père, car je n'aurai pas survécu à ma bien-aimée /.../. Clovis Hugues qui se trouva là
pendant le martyre de ma femme et le mien, nous a fraternellement secourus et je n'oublierai
jamais les mouvements de son cœur /.../. Elle vivra ma chérie, elle vivra ; donc je vivrais ».
Dans un post-scriptum, Cladel évoque Six belles mélodies que Rollinat lui a envoyées.
– 10 août 81. 4 pp. « Rien de nouveau, sinon que je suis repris par ma satanée maladie. Elle
me tuera la gueuse et je ne pourrai mener à bonne fin les dernières œuvres que je médite. C'est
dommage, on ne me connaîtra pas tout entier, et la justice qu'on me rendra tôt ou tard, sera
boiteuse ou louche, ce qui me contrarie vivement, mais je ne puis m'appesantir sur ces choses,
si graves soient-elles ». Cladel enchaîne sur un vibrant éloge de sa femme : « Vous connaissez
Madame Cladel, je suis presque consolé en pensant que cette excellente créature me
remplacerait avantageusement... Non seulement elle est l'épouse qu'il me fallait, mais encore
la mère qu'il faudrait à tous les enfants », et revient aussitôt à ses combats littéraires : « Avez-
vous appris là-bas qu'un nouveau journal littéraire, Le Victor Hugo, avait été fondé ? Le
directeur de cette feuille littéraire était venu me voir, et m'avait demandé une lettre
d'introduction. Je m'exécutais, non sans me payer le plaisir d'attaquer à fond Vacquerie,
Maurice et consorts. Le numéro parut le 14 juillet ; votre nom figurait parmi les
collaborateurs. Vous auriez du recevoir plusieurs exemplaires de ce papier. Mais hélas ! Il n'a
pas eu 2 numéros. J'ai eu affaire à des farceurs qui ne m'ont même plus donné signe de vie. Et
pourtant, je leur avais dit avant de travailler gratis pour eux : Pourrez-vous vivre quelques
temps ? ».
– 22 décembre 81. 4 pp. « Me voilà debout, enfin ! Il était temps que je me relève ! Trois mois
de souffrances horribles et quelles tortures morales ! Il fallait en dépit de tout veiller à ma
nichée... et, quoique invalide, ramer pour que ma barque n'allât pas à vau-l'eau. Voici plus de
trois mois que je n'ai pu me rendre à Paris. Les médecins veulent que je laisse passer le
premier de l'an. Oui, soit ! Mais le deux janvier, je reprendrai mes courses interrompues ».
Cladel récapitule ensuite la liste de ses livres en attente : Ompdrailles, La Fête votive, Ecrits
de jeunesse, l'Amour romantique... « Avez-vous lu mes nouvelles hebdomadaires du Réveil !
Elles ont été écrites par un homme qui se croyait à l'agonie, et, cependant, elles seraient
vigoureuses, à ce qu'on m'affirme de divers côtés ». Il s'inquiète ensuite de son correspondant
: « Et vous ? Je ne comprends pas trop ce que vous me dites de votre roman : Il est terminé, je
n'ai plus qu'à l'écrire. Est-ce à dire que vous n'avez plus qu'à le corriger, ou cela signifie-t-il
que toutes les scènes ont été méditées et que vous les écrirez à Paris ? S'il en était ainsi, le
roman, à mes yeux, ne serait pas commencé car l'exécution est tout, dans une œuvre de ce
genre... ».
– 25 janvier 82. 2 pp. Lettre énergique réclamant le retour urgent de son correspondant à Paris
et lui conseillant d'attendre avant de publier son poème : « Un peu de patience, rien ne presse.
Que nous importe Gambetta. S'il ne tombe pas aujourd'hui, il tombera demain, et la France
vous entendra quand l'heure sera venue. Arrivez vite, rentrez, vous n'avez pas le droit de vous
ensommeiller en Province... Il est temps, les luttes ne sont pas terminées, et vous êtes
nécessaire à la République, soit qu'il s'agisse du peuple ou des lettres /.../. Si vous voulez que
j'apporte vos vers à La justice, au Réveil, au Radical, je suis prêt à me mettre en route, mais à
L'intransigeant, non ! Il ne faut pas qu'on puisse nous soupçonner nous, qui sommes des
loyaux et des purs, d'avoir voulu supplanter nos frères d'armes ».
– 5 février 82. 3 pp. Cladel raconte dans le détail toutes les démarches qu'il a entreprises en
vain pour obtenir la publication du poème de R. L., Le Chant social : « Nous sommes des
naïfs en nous figurant que l'on se préoccupe de nous et de nos œuvres. On n'aime pas plus les
républicains réellement intransigeants avec la littérature vraiment radicale /.../. Clémenceau
déclare que c'est fort bien mais que ça ne convient point à La justice et qu'il ne saurait l'y
publier. Pourtant c'était bien là la feuille où vos vers auraient pu être appréciés par des
lecteurs lettrés et des républicains sérieux ».
– 14 février 82. 1 p. Nouvelles démarches de Cladel narrées dans le détail, pour la publication
du Chant social de R. L., cette fois dans le Réveil.
– 18 février 82. 1 p. « C'est entendu ! Leppelletier /.../ m'a dit /.../ que votre poème passerait
très prochainement ».
– Sèvres, 27 avril 82. 1 p. Billet de rendez-vous.
– 3 mai 82. 1 p. Lettre à propos d'une "citoyenne" qui a séduit R. L. : « ... avant de vous
déterminer, regardez attentivement la figure ascétique, résignée et vraiment toute haute de
Madame votre Mère... ».
– 17 juin 82. 2 pp. Cladel félicite R. L. pour son mariage : « Il suffit que vous vous soyez
prononcé dans la plénitude de votre intelligence et de votre liberté pour que chacun se taise
désormais », et aborde les questions matérielles : « Selon moi, cependant, deux journaux
démocratiques seuls peuvent vous assurer la sécurité du payement, L'intransigeant et Le
Rappel ; il est vrai que dans ce dernier, on n'aime guère que les écrits faciles et les caractères
pliants ».
– 6 août 82. 1 p. Cladel prévient R. L. qu'il y a chez Lemerre son exemplaire d'Ompdrailles,
ainsi que ceux de Rollinat, Crésy et Coquelin cadet.
– 26 octobre 82. 2 pp. Lettre un peu vive où Cladel reproche à R. L. son absence de Paris : «
Puisqu'il m'a été donné de dire des millions de mots à Charpentier pour vous être agréable et
même utile (utile Dulci), vous auriez dû penser que je ne me suis pas privé d'en prononcer un
seul afin de vous gagner Lalouette ou l'alouette, avec ou sans apostrophe, mais les éditeurs se
ressemblent tous ; ils veulent les auteurs sous la main. Ne vous en prenez donc qu'à vous si les
choses ont mal tourné ».
– 21 novembre 82. 1 p. 1/2. « Tout le Parnasse triomphe à Paris et vous êtes à Foix. Ah !
J'aurais voulu vous voir à l'Ambigu samedi dernier ; Rollinat, les hydropates, Coppée, les
Parnassiens, bref, tous ceux qui ont rimé depuis vingt ans, riment aujourd'hui et rimeront
demain, étaient là, applaudissant ferme une œuvre de poète, et je vous assure que jamais je
n'avais vu une plus belle soirée. On avait oublié toutes sortes de dissensions, et l'on
s'embrassait avec ferveur, car c'était la victoire de la lyre sur le mirliton. Il est vrai que vous
vous mariez ; c'est peut-être pour vous le moyen de triompher demain... ».
– 15 janvier 83. 2 pp. 1/2. » Je vous croyais en train de broyer du noir en Ariège et j'apprends
avec plaisir que vous fumez bleu en Lorraine. Mais je ne puis vous dire de quelle émotion j'ai
été saisi en voyant sur l'enveloppe de votre lettre l'inscription France accostée de deux timbres
carmin aux armes allemandes. Sans être un chauvin forcené, je suis patriote et mon
patriotisme vibre parfois en mon cœur déchiré ». Cladel donne ensuite la liste de ses écrits à
paraître, dont ses écrits de jeunesse : « Pierre Patient [roman révolutionnaire dirigé contre le
despotisme du Second Empire, publié en feuilleton en 1865] qui jadis eut l'honneur de faire
interdire l'entrée en France de l'Europe de Francfort [qui publiait ce roman] ; le Deuxième
Mystère de l'Incarnation, une folie qui sidéra le Boulevard de Carjat en 1862 et dont vous
vous gausserez à bon droit ».
– 21 mai 83. 4 pp. Dans la première partie de la lettre, Cladel s'étend largement sur ses
problèmes de santé et ceux de sa famille : « J'ai passé tout mon hiver sur un matelas, et
lorsque je me suis trouvé encore une fois réparé, ma femme est tombée malade à son tour,
heureuse, malgré ses horribles souffrances, de me donner un beau garçon, Jean Pierre Marius
/.../. J'ai lu vos deux vigoureux Pamiers-Foix où vous malmenez comme il convient les
héritiers de Gambetta. Quels paillasses ! ». Cladel poursuit en donnant quelques nouvelles de
ses livres : « Quant à ma Kyrielle de Chiens, Lalouette, que le Nouveau Monde de Villiers de
l'Isle-Adam a mis sur la paille, est déclaré en faillite et j'ignore ce que deviendra mon livre
/.../. Avez-vous reçu les Jours de Combat de Clovis Hugues ? Il y a de bonnes choses ! Quelle
verve... ».
– Cladel évoque une étude que R. L. vient de consacrer à son œuvre et regrette qu'il n'y ait pas
abordé l'ensemble de son œuvre littéraire. « Quant aux opinions émises, ce n'est pas à moi de
les discuter ; vous vous êtes exprimé en toute franchise sur mon compte et je vous en
remercie bien cordialement, mais sur bien des points nous ne sommes aucunement du même
avis ». Le post-scriptum évoque Rollinat : « Il paraît que Rollinat se trouve bien en Berry... Le
Névrosé renonce à Paris, à ses œuvres et à ses pompes. Attendons l'hiver et quand le froid
sera venu, nous verrons le rustique se précipiter de nouveau sur les bords de la Seine ».
– 14 janvier 84. 2 pp. Belle lettre où Cladel réaffime avec force son intransigeance et son
pessimisme. Il évoque son récent séjour en Belgique, avec sa femme et ses deux filles « ...
Nous avons passé quinze jours en fête. Ils vont bien les Flamands ou plutôt les Brabançons,
car ce sont ceux-là surtout qui nous ont accueillis avec des fanfares dont je suis encore
assourdi /.../. Vous travaillez beaucoup, tant mieux ! Il n'y a que le travail qui, selon la parole
d'un chansonnier des rues, embellisse la vie, qui souvent en effet est fort laide. Oui, vous avez
raison ; nous vivons dans un triste temps, où tous les intriguants font la loi. Qui nous en
débarrassera ? Le peuple est bien fatigué, bien dégoûté. Trahi si souvent par ses mandataires,
il n'ose plus croire à personne, et j'avoue que je comprends son amertume et son incrédulité ».
Cladel propose de soumettre les Sihouettes de R. L. à Pelletier : « Il est probable qu'il
m'écoutera d'une oreille distraite, car il sait que je ne navigue, ni ne naviguerait dans ses eaux,
et par le temps qui court et les gens qu'il fait, on ne se soucie de l'art et même de la politique
comme de l'an quarante... ». Et Cladel conclut sa lettre par une vigoureuse réprimande à R. L.
pour ne l'avoir pas encore visité avec Madame Lafagette : « On se voit, que diable, quand l'on
n'est séparé que par douze kilomètres qu'il est facile de faire en chemin de fer ».
– 22 avril 85. 1 p. « J'ai lu Pics et Vallées... Tachez de venir demain déjeuner ou dîner avec
nous et nous boirons à la Muse toujours jeune et fière qui vous inspire ».
– 30 avril 85. 1 p. Enveloppe. Rendez-vous à l'Hôtel de l'Europe où loge R. L.
– 18 oct. 85. 1 p. 1/2. Cladel et sa famille viennent de passer cinq semaines en Belgique : «
Ah ! Le beau voyage ! Nous avons vu Liège, Anvers, Namur, Bruxelles et tous les charmants
bords de la Meuse ».
– 31 ot. 85. 2 pp. « Cher ami, ne vous découragez pas, ce qui est différé n'est pas perdu /.../.
Moi, j'ai déjà repris la corne de l'araire et je laboure derechef avec toute l'opiniatreté qui, dit-
on, me caractérise. Vous recevrez Mi-Diable dont le Gil Blas termine aujourd'hui la
publication. Ce roman a fait beaucoup de bruit dans le grand Landerneau, les uns l'exaltant et
les autres le rabaissant avec fureur. Ils ont peut-être tort les uns et les autres /.../. L'hiver
arrive. Où le passerez-vous cette année ? En Lorraine ou bien dans vos Pyrénées ? Il serait
peut-être bien pour vous de séjourner quelques semaines, un mois, à Paris ».
– 15 sept. 86. 2 pp. Raoul Lafagette est en Lorraine (Schossberg par Forberg) ; et vient de
perdre sa fille : « ... laissez-moi vous dire que nous participons bien sincèrement ma femme et
moi au chagrin que vous devez éprouver, votre femme et vous. Naissances, mariages et morts
: telle est la triste vie que nous a donné je ne sais qui, comme nous la donnons nous-mêmes à
d'autres créatures qui peut-être se passeraient bien d'un semblable cadeau... ».
– 6 août 87. 6 pp. Cladel s'étend d'abord longuement sur les problèmes de santé de ses trois
enfants et des siens propres. Il parle ensuite de son roman sur la Commune, Inri, qui ne
paraîtra qu'en 1931 : « I.N.R.I. pourtant dont la gestation m'a tant fatigué depuis 71, époque à
laquelle je le conçus, I.N.R.I. ne me mourra pas dans le ventre. Il est né ; je pense que vous
entendrez parler de son apparition dans ce monde en novembre prochain. On n'en voulait
nulle part. Le Figaro... a littéralement eu la colique, après avoir fait la connaissance de mon
dernier mioche intellectuel. Et cependant il m'a cette année pris... plusieurs nouvelles assez
républicaines. Quant aux feuilles radicales elles sont en général anti-socialistes, anti-
communardes et mon petit est coiffé d'un phrygien et tient à la main le triangle égalitaire
». Cladel s'en prend ensuite violemment à Zola « qui pille à présent à tort et à travers ; ainsi
que vous, vingt lettres de Paris ou de la province m'ont parlé de ses derniers larçins... Sous
peu, dans un petit volume de la petite bibliothèque Lemerre, je lui dirai son fait à ce monsieur
/.../. Mais laissons cela – nous verrons plus tard... un jour avant ou peut-être après la mort de
la République actuelle. Au fait, on ne la pleurerait guère, et pour ma part, je me demande si
pour la reconquérir, en posséder une qui fut honnête et vraiment peuple, il n'est pas nécessaire
que celle-ci soit balayée par un boulanger quelconque. Voyez-vous, les classes bourgeoises
sont pourries, archi-pourries et feraient regretter la noblesse, dont elles ont tous les vices sans
en avoir la seule qualité : le courage ».
– Toulouse, 5 janvier 88. 2 pp. Cladel est de passage à Toulouse, après un séjour à Luchon
pour soigner ses bronches : « Je me proposais, mon cher Lafagette, d'aller serrer la patte de
l'Ours des Pyrénées comme il vous plaît de vous surnommer /.../ toutefois mes bronches
malades, et fort malades, m'empêchent de voyager /.../. Tachez de venir à moi, puisque je ne
peux aller à vous, et nous nous dirons l'un et l'autre bien des choses, qu'il est inutile et même
dangereux de confier au papier ».
– 23 janvier 88. 4 pp. Lettre très chaleureuse où Cladel évoque la journée passée ensemble à
Toulouse : « Elle [Mme Cladel ] vous envoie mille baisers que vous distribuerez à tous les
vôtres en en gardant quelques-uns pour vous, farouche Montagnard ».
– 8 mars 88. 4 pp. Cladel a reçu le roman de R. L. « J'ai compté, recompté minutieusement les
lignes et les lettres contenues dans les pages de votre futur roman... Ah ! mon cher, vous allez
faire deux volumes et je ne vois pas quel éditeur voudra bien se charger d'un ouvrage formant
plus d'un tome... ». Dans une note marginale, Cladel évoque à nouveau son roman I.N.R.I. : «
Ni les radicaux, ni les socialistes, à plus forte raison les opportunistes, tout le monde en a peur
et personne n'en veut tel qu'il est ».
– 10 avril 88. 4 pp. Cladel, bien que très souffrant, a lu le journal que lui a adressé R. L. «
Vous avez traduit votre pensée avec non moins d'énergie que de clarté. Je suis absolument de
votre avis /.../. On est fatigué d'avoir affaire à des louches et à des fainéants qui ne veulent que
jouir. Ils doivent disparaître /.../. Il y a longtemps vous le savez que je me suis condamné
malgré l'atroce Struggle for life à ne produire que des œuvres d'art et de combat
/.../ Autrefois... j'avais quelqu'amour de la gloriole ; aujourd'hui je me moque bien de ça ;
mourir après avoir rempli mon devoir d'artiste et de citoyen, je ne vois plus que cela... Tachez
de lancer votre volume l'hiver prochain, pour l'anniversaire de la grande époque : 89 ».
– 8 août 88. 4 pp. Cladel s'est rendu auprès de sa tante mourante et, forcé de s'occuper des
obsèques, en donne un récit assez cocasse : « Force me fut de m'occuper des choses funèbres
avec les commerçants en soutane et les autres ; enfin il fallait repousser presque à coups de
poing, à coups de pied, un tas de pillards, qui la nuit et le jour vidaient la maison de quelques
reliques auxquelles je tenais comme à la prunelle de mes yeux, entr'autres un vieux
confessionnal ayant été acheté sous Louis XV par mon bisaïeul, et que, de père en fils, on
s'est légué avec une pitié vraiment exemplaire. Il est évident que je ne me servirai pas de ce
meuble comme l'ont fait mes prédécesseurs... ».
– 15 janvier 89. 3 pp. Cladel s'excuse de n'avoir pas répondu « courrier par courrier »,
souffrant et occupé par les répétitions de son acte en vers l'Amie, qui doit être donné au
Théâtre Libre. « Trois fois merci de m'avoir envoyé votre vibrant sonnet : Quatre-Vingt-Neuf
! Il annonce comme un héraut le futur balayage ».
– 1er décembre 89. 3 pp. Cladel transmet un mot encourageant pour R. L. de l'éditeur
Charpentier : « J'ai lu douze de vos sonnets dans le journal régional... ils sont très satisfaisants
/.../. Quant à Rollinat, il ne nous a plus donné signe de vie ».
21 décembre 89. 3 pp. « Horriblement fatigué par de vaines courses à Paris, sous le froid,
dans la neige et par des abîmes de boue ; on n'y trouve personne pour le moment ; tout le
monde paye un tribut quelconque à l'Influenza. Forcément mes démarches pour vous sont
interrompues ». Cladel s'enquiert ensuite des nouvelles du fils de Raoul, Roger, et termine
ainsi sa lettre : « Oh ! Dieu, quand je songe à ceux que la mort m'a ravi ».
– 25 août 90. 2 pp. « Cette fois, cher ami, je ne vous écrirai pas bien long, car je n'y vois
goutte. Une ophtalmie cruelle me rend absolument impropre à l'écriture, ainsi qu'à la lecture
». Néanmoins Cladel s'excuse de ne pouvoir suppléer Lepelletier pour une critique des
sonnets de R. L. dans le journal L'Echo.
– 31 janvier 91. 3 pp. « Voici plus de deux mois que je ne quitte pas la chambre, et guère le
lit. Ah ! mon ami, j'ai bien cru qu'il me fallait me mettre en route pour le voyage sans retour
/.../. J'ai lu votre émouvant poème Pour les Pauvres. Ah ! si jadis quelques parnassiens vous
reprochaient de lâcher un peu trop vos rimes, ils ne sauraient en dire autant aujourd'hui, car
elles sont aussi riches que possible et peut-être même millionnaires pour les pauvres diables
pour qui vous les avez écrites ».
– Julia CLADEL et Léon CLADEL. 8 avril 92. 2 pp. 1/2. Lettre de condoléances de Madame
Cladel à Raoul Lafagette, qui vient de perdre sa fille, avec un mot de Léon Cladel, griffonné à
la hâte.
– Lettre sans date (1882). Carte de visite r°v° : « Ce que vous me dites d'Ompdrailles me
touche fort, car ce livre m'a coûté beaucoup de peine... Il n'est pas facile de sculpter avec une
plume ».
– Lettre sans date. 2 pp. Enveloppe. Léon Cladel se réjouit de la participation de Sarah
Bernhard et Worms à une conférence de Raoul Lafagette : « Voilà ce que c'est que d'être allé
voir Hugo, quand il n'est pas entouré de flagorneurs et de vipères. Ah ! J'espère que vous en
direz quelques-unes de bleues aux avocassiers qui voudraient que nous eussions autant
d'admiration pour leurs motions et leurs rapports que nous en avons pour L'Iliade et l'Odyssée
».
– Carte de visite avec un mot aut. et ses vœux en langue d'oc : « Te doneti pla bouno annado,
catet ». Sans date, ni enveloppe.
– faire-part du décès de Léon Alpinien CLADEL, le 20 juillet 1892. Joint une carte de visite
vierge La famille de Léon CLADEL.
– Lettre à l'en-tête du journal Le Gaulois, signée Henry Lapauze, et Invitation à Raoul
Lafagette à l'occasion de l'inauguration du monument en l'honneur de Cladel à Montauban.
Joint : – 7 lettres autographes de Julia CLADEL, épouse de Léon CLADEL, du 27 juin 1891
au 22 juin 1895. 21 pp. + 1 photographie originale (du fils de Léon Cladel ?). Belles lettres
sensibles : Julia Cladel parle essentiellement de la santé très fragile de son mari, et après son
décès, continue de donner des nouvelles de toute la maisonnée. Ces lettres, par-delà la
profonde camaraderie littéraire qui unit les deux écrivains, dont on trouve aussi quelques
échos ici, attestent des liens très étroits, renforcés par diverses épreuves douloureuses des
deux côtés, qui unirent les deux familles.
L'ensemble 5.000/6.000

Commune de Paris

81      ARNOULD (Arthur). 2 L. A. S. sur papier en-tête A.A. 3 bd des philosophes
[Genève].
– 9 avril 1880. 3pp. in-8. Arnould qui s’est réfugié en Suisse après l’entrée des Versaillais
dans Paris, s’adresse à Raoul Lafagette de la part de leur ami commun Cladel pour l’aider à
faire connaître et diffuser sur Paris L’Histoire populaire et parlementaire de la Commune de
Paris.
– 19 mai 1890. 3pp. in-8. R. L. lui ayant demandé en retour le même service auprès de
Rochefort pour son recueil Les Aurores, Arnould répond : « lui arracher une lettre est un
travail d’Hercule ». Intéressant témoignage des solidarités littéraires des anciens de la
Commune. 100/200

82      FERRÉ (Théophile). Un mot autographe sur une carte 5x8,5 cm. Enveloppe annotée,
postérieure.
« Th. Ferré 43 rue Ste Anne / viens dimanche 3 janvier entre 9h et 10 heures sans faute ».
        50/100

83      [FLOURENS]. La Démocratie. Hebdomadaire, n°47, sept. 1869. Un Poète
révolutionnaire, Chants d’un Montagnard par Raoul Lafagette. Chronique littéraire de
Gustave Flourens + une copie manuscrite du même article par R. Lafagette. 16 ff. recto in-12.
Le journal porte un petit mot aut. de Flourens. Flourens salue ainsi le souffle révolutionnaire
du jeune poète : « Il est né dans ce merveilleux pays de Foix, où la main des fées a parsemé
quelques villes. /.../ Il est venu, ce montagnard, à Paris. Il est venu ce fils des inflexibles, des
simples et courageux enfants du devoir et de la vieille égalité primitive du vieux monde, des
habitants de la montagne qui luttent depuis des siècles héroïquement et obscurément contre
les rochers, les vents et les orages, il est venu dans le pays des molles concessions et des
inégalités odieuses. /.../ La poésie égoïste et sensuelle des aristocraties en vaine d’agréables
jouissances est morte, bien morte. Le grand poème des Misérables du grand maître, tout ce
qu’il y a dans l’humanité de douleurs, d’agonies inconnues, voilà ce qu’il vous faut chanter, ô
Lafagette !... ».         150/200

84     FLOURENS (Gustave). 4 L.A.S. à Raoul Lafagette. 7 pp. in-12, enveloppes. –
Photographie originale de Gustave Flourens par Bacard fils (10x5 cm).
– Montgeron, 9 septembre 1869. Flourens annonce à son ami qu’il rendra compte dans le
journal La Démocratie des Chants d’un Montagnard, que vient de publier Lafagette et lui en
communique les grandes lignes : « Je le ferai avec sincérité, croyant que le premier devoir
d’un ami est de dire la vérité à ses amis. J’ai trouvé de belles et nobles inspirations dans votre
livre ; l’indignation vous donne souvent une toute puissante force et vous fait créateur de
beautés véritables. Quelques fois la force laisse à désirer. /.../ Talent, oui, talent très véritable
et que le temps développera heureusement. Vous avez de quoi faire un Juvenal français, vous
en avez la force, la noble et courageuse indignation devant le vice et la honteuse hypocrisie de
notre siècle. Vous n’avez pour frapper vraiment et dominer les esprits que de maîtriser
complètement votre génie poétique. /.../ Quant à votre bon dieu, oh ! oui, je le trouve affreux
et détestable. Votre préface m’avait prévenu de la manière dont je devais comprendre cette
expression. Je ne vous le pardonne qu’à titre de métaphore poétique comme à Victor Hugo.
On a fait trop de mal avec ce nom à l’humanité, pour qu’il ne faille pas entièrement l’abolir.
Vous trouverez le mot “âme” dans mon livre. Je ne l’ai employé qu’à cause de notre pauvreté
de langage pour désigner les faits cérébraux... ». Flourens, fils d'un physiologiste, était
professeur de sciences naturelles au Collège de France.
– 4 novembre 1869. Réaction enthousiaste à Satire II. La santé de son ami le préoccupe : «
Soignez vous bien cher ami ; nous avons tant à faire, il faut que notre génération renverse un
vieux monde pour en mettre un nouveau à la place. Toutes nos forces physiques et morales
suffiront à peine pour cette immense tache... ».
– Les 2 autres lettres, 3 oct. 1869 et 8 janvier 70, s’inquiètent de son prochain retour. La
photographie est un peu jaunie.         1200/1500

85       GAILLARD (fils du cordonnier Gaillard, directeur des barricades sous la Commune).
L. A. S. à Raoul Lafagette. Paris, 7 septembre 1870. 4 pp. in-8.
Lettre écrite dans l’urgence pendant l’occupation de l’Hôtel de ville, qui a suivi la
proclamation de la République. « A la nouvelle si inattendue de la proclamation si inattendue
de la République, j’ai senti tout de suite qu’il était de mon devoir d’arriver... Je suis en ce
moment sais-tu où ? Eh bien dans une des salles de l’Hôtel de ville, dans lequel j’ai pu
pénétrer avec mon père, comme délégué d’un comité de défense de Paris. /.../ L’ennemi,
d’après une circulaire de Gambetta, marche sur Paris. Le danger est pressant... le devoir l’est
encore plus, je suis décidé à le faire entièrement et à mourir pour la république et pour la
patrie... ». La suite de la lettre évoque ses déboires amoureux et son besoin urgent d’argent.
         50/60

86      GARIBALDI (Giuseppe). L.A.S. à Raoul Lafagette. 12 pp. in-8, enveloppe annotée.
« Si je suis sorti de ma prison je serai avec vous, Votre dévoué... ». Précieux document
historique, posté de l’île de Caprera où Garibaldi est une nouvelle fois assigné à résidence. Il
est daté du 20 septembre 1870 ; la proclamation de la IIIe République a eu lieu le 4
septembre de la même année. Garibaldi s'embarque pour Marseille le 7 octobre et rejoint les
forces républicaines. 1000/1200

GIFFAULT (Émile). Dessinateur-géographe, blanquiste, commissaire au bureau des Archives
de la préfecture de Police pendant la Commune. Condamné aux travaux forcé à perpétuité,
peine commuée en 10 ans d’exil en Nouvelle-Calédonie. De retour en France il devient
rédacteur à l’Intransigeant.

87      GIFFAULT (Émile). L.A.S. Paris, 12 octobre 1869. 4 pp. in-8.
Lettre d’espoir et de ferveur révolutionnaire. Elle commence par le récit d’une réunion
publique à Belleville, réprimée par la police : « Tout à coup, par les petites portes latérales
que tu connais, une centaine de sergents de ville font irruption dans la salle, épée à la main ;
ils envahissent le bureau en chassant les orateurs, une lutte s’engage à coup de bancs et de
fauteuils. Enfin les agents sont restés maîtres de la salle. Gaillard père a été très brutalisé mais
il ne lui est rien arrivé de fâcheux. /.../ Mon cher ami, ce qui se passe ici est très grave, l’on
sent qu’on approche d’une grande crise : Coup d’état ou Révolution, c’est ce que tout le
monde attend. /.../ L’Empereur est insulté partout. /.../ Tibaldi a été nommé président
d’honneur, Blanqui aussi. Tu vois d’ici la terreur des réactionnaires. /.../ Les Jules Simon,
Pelletan, etc. font bien voir leur lâcheté : de l’opposition oh ! tant que vous voudrez. Mais des
Révolutions ? Oh non, ça fait trop de mal au commerce et à l’industrie. /.../ Je pense que tu te
portes de mieux en mieux. Oh ! c’est maintenant qu’il va falloir de la santé. Car elle vient
cette sainte révolution. »       400/500

88     GIFFAULT (Émile). L. A. S. à Raoul Lafagette à son adresse à Gaillac. Paris, 15
décembre 1869. 2 pp. in-16. Enveloppe + un billet.
Giffault parle de courrier et de brochures qu’il doit envoyer à son ami. Le billet fait part de
ses inquiétude sur le sort de Guichard (?). 80/100

89      GIFFAULT (Émile). L.A.S. s.l., 19 août 1870. 3 pp. in-12.
Giffault est sur le front, attendant l’offensive militaire prussienne : « Rien de nouveau ici.
Tout est tranquille ici. Je ne sais pas quand je tirerai. Je ne crois pas cependant que ce soit tout
de suite, on parle des premiers jours de septembre. La loi sur les hommes de 25 à 31 ans ne
s’exécute pas plus vivement, les anciens militaires seuls sont partis... ». 200/300

90     GIFFAULT (Émile). L. A. S. Paris, 29 août 1870. 2 pp. in-12, enveloppe.
Giffault dénonce l’incapacité de l’administration à armer le peuple : « La Garde Nationale
jusqu’à présent est une bonne blague. Nous n’avons pas de nouvelles de notre tirage. Et vous.
Vous organise-t-on. Et les fils d’étrangers, etc. etc. Ils ne le veulent pas et ils ont plus peur du
peuple armé que des Prussiens. Tes idées sur l’organisation d’un corps franc républicain n’est
pas possible. Si nous commencions seulement à nous organiser, nous serions immédiatement
emballés et poursuivis pour société secrète ou pour attentat, complot etc. etc., voilà où nous
en sommes. Et nous aurons Bonaparte ou un gouvernement militaire comme en Espagne... ».
       200/300

91      GIFFAULT (Émile). L.A.S. Paris, 18 frimaire an 78. [1870]. 4 pp. in-8.
Raoul Lafagette réside alors à Gaillac. « Reviens mon cher car la Révolution monte, marche à
grands pas ». Giffault s’étend longuement sur la presse révolutionnaire, propose de la faire
parvenir à son ami, mentionne Le Rappel, Le père Duchène, dont il cite un extrait : « Tu ne
peux pas te figurer l’insolence de cette feuille... Le tirage était arrivé à ce chiffre énorme
20.000. Mais au cinquième numéro, saisi... Tu le vois c’est peu parlementaire. J’oubliai de te
dire, ce journal se vend 5 centimes », La Marseillaise : « Tu dois connaître les rédacteurs,
Rochefort, Raspail et malheureusement Lissagaray, malgré les conseils de Flourens, Rigault
et autres... ». Il transmet le bonjour d’autres amis : Ferré, Cariat, Hébert, Moreau, Pellerin...
et annonce que Gaillard vient d’être incarcéré à Pélagie. 400/500

92      GIFFAULT (Émile). L. A. S. Paris, 14 février 1871. 4 pp. in-12, enveloppe.
« D’après tes paroles et le résultat des élections, je vois que la situation est complètement
fichue. /.../ Gambetta, dont on a tant parlé et dont Rochefort s'est fait le défenseur acharné, n’a
pas fait ce qu’il aurait du faire et qu’il est resté un avocat. As-tu vu quelques-uns de nos amis.
Ranc ou Villeneuve, Clemenceau... et si tu as des nouvelles de Clemenceau écris-moi
immédiatement. /.../ Mais je t’en prie donne-moi quelques nouvelles de la Province, si oui ou
non on fait quelque chose ou l’on peut faire quelque chose, enfin tu sais ce que je veux dire...
». Joint: – 2 L. A. S., une d’Henry Giffault (Paris, 9 décembre 1871. 1 p. in-12) qui donne des
nouvelles de son père emprisonné, évoque Bouillon le cousin de Raoul Lafagette, et transmet
une lettre émouvante d’une jeune fille que Raoul aurait abandonnée. 2 pp.     200/300

93      GIFFAULT (Émile). L. A. S. Paris, 23 février 1871. 4 pp. in-12, enveloppe.
« Le travail que je fais augmente tous les jours car le peuple commence à voir que l’armistice
ne lui a pas apporté comme il le croyait des alouettes rôties et que le ravitaillement ne lui
profite guère. Car tout est horriblement cher. La misère augmente de jour en jour. /.../ Notre
pauvre République foutue. Enfin nous sommes dans de beaux draps, et bien malin qui peut
prévoir comment tout cela finira... Et les Prussiens on n’en parle plus et ils sont là cependant...
». La lettre se poursuit par l’évocation de manœuvres ayant abouti à la révocation du cousin
de Raoul Lafagette (Bouillon).         200/300

94       GIFFAULT (Émile). L. A.S. Paris, 24 mars 1871. 3 pp. in-8 sur papier à en-tête de la
Préfecture de Police, Cabinet du Secrétariat Général.
Lettre datée de la première semaine de la Commune : « Les évènements se sont succédés avec
une telle rapidité que je n’ai pas pu trouver un moment... Je suis avec Rigault à la Préfecture
de Police... Nous sommes surchargés de travail. Tous les employés étant partis à Versailles.
La situation est magnifique pour nous si nous avons un peu d’énergie et d’audace,
malheureusement il y a beaucoup d’indécision. C’est égal nous pouvons être vainqueurs.
Bouillon est avec nous. Il est commissaire spécial près l’état major général... Humbert à
l’intérieur. Je suis aux dossiers. J’ai vu le tien, qui n’est pas très important, quel monde que
cette Préfecture. C’est splendide. /.../ Donne-moi des nouvelles de la Provence, de Toulouse...
».       500/600

95       GIFFAULT (Émile) L.A.S. Lorient, 4 octobre 1871. 8 pp. pt in-12, enveloppe.
Belle lettre écrite du ponton de la Pénélope, où Giffault attend son jugement. « Je croyais bien
que la première lettre que je t’écrirais serait datée de Paris, hélas mon ami, c’est encore du
ponton que je t’écris. J’ai toujours tardé et tu sais pourquoi, la terreur régnait et j’aurais eu
peur qu’une lettre te compromette. /.../ On disait que les arrestations étaient nombreuses en
province et je pouvais avoir peur pour toi ». Giffault raconte ensuite l’interrogatoire qu’il a
subi, suite à une lettre de Bouillon, cousin de Lafagette exilé à Jersey, interceptée, et les
sarcasmes du lieutenant : « Ils s’appellent le Droit et la Justice et nous la force. Ils ont brûlé
Paris et ils se posent encore en martyrs et il frappait du poing sur la table... », parle de leurs
conditions de vie : « Le froid arrive et l’on n’est pas chauffé, la vermine nous ronge. /.../ Le
commandant a refusé l’entrée de tout livre... Chez nous, heureusement cela n’existe pas, moi
et un de mes amis avons imaginé d’acheter une dizaine de volumes... les Poésies de Hugo et
les Châtiments », cite un quatrain de Hugo: « Et les pontons, nefs abhorrés, / Qui flottent au
soleil, sombres comme le soir... ». 500/800

96      GIFFAULT (Émile). L.A.S. A bord de la Pénélope [Lorient], 14 octobre 1871. 6 pp. pt
in-12, enveloppe.
« J’attends avec calme mon jugement ou ma mise en liberté... ». Le géographe Giffault rêve
de nature, s’adonne à la contemplation de la mer, de la vie dans la rade : « J’ai lu beaucoup
depuis quatre mois, j’ai dessiné un peu et j’ai pensé. /.../ Heureux veinard. Que tu as du voir
de belles choses. Les Pyrénées ! Est-ce l’ascension du Pic du Midi que tu as fait. Es-tu allé
voir la vallée d’Ossau et les Basques. Quand je pense que depuis deux ans, je n’ai pas pu voir
le moindre petit coin de campagne... ».       200/300

97     GIFFAULT (Émile). 1 L. A. S. à Raoul [Lafagette]. 30 avril [1872]. 6 pp. in-8.
Longue et terrible lettre écrite du camp militaire de Satory à Versailles, où furent emprisonnés
les Communards. Giffault demande à son ami d’informer la presse des conditions terribles de
leur détention : « Tu nous rendrais un grand service en nous vengeant un peu des insultes et
des mauvais traitements de nos gardes-chiourmes (quel nom leur donner). /.../ Il ne suffit pas
à ses gens d’avoir brûlé, fusillé, assassiné, il ne leur suffit pas de condamner tous les jours au
bagne et à la déportation. Non cela ne leur suffit pas. Il faut qu’un misérable traineur de sabre
(choisi exprès) pour vous chicaner les heures de tranquillité que votre cellule pourrait vous
donner. Celui qui commande ici se nomme Chauvet. /.../ Qui donc nous défendra, nous les
vaincus, si les hommes de notre parti nous abandonnent, qui ? Sache donc mon ami qu’ici
nous sommes traités pis que des voleurs... qu’à la moindre parole... on répond par le cachot et
les fers. Est-il possible qu’en France au dix-neuvième siècle on se serve encore de ces engins
du moyen-âge ? ». La lettre se poursuit longuement ainsi, de plus en plus précise et
accusatrice : « Le plus infâme est ceci : on martyrise les condamnés à mort jusqu’au dernier
jour. Un est aux fers pour huit jours pour avoir écrit à sa femme : élève mon enfant qui me
vengera plus tard... Est-ce assez ignoble, voilà un homme aux fers, il n’a plus que quelques
jours à vivre et on les lui supprime. ». La dernière partie de la lettre évoque le courage et la
dignité des condamnés à mort (Genton, Lucipia, Henri...) : « La plus grande fraternité règne
parmi eux... La solidarité de la peine les unit pour que la calomnie n’ait pas de prise sur eux...
». Pour finir, Giffault demande à son ami de passer chez le photographe Eugène Appert,
célèbre pour ses clichés de la Commune de Paris. 1000/1200

98        GIFFAULT (Émile). L.A.S. s. d. [Satory, 30 avril 1872]. 1 p. in-8, sur papier pelure
bleu.
Longue lettre pleine d’émotion et de colère qui rapporte les circonstances de la mort de
GENTON. « Mon cher ami, Genton a été fusillé ce matin ! Ce n’était pas assez de sang, ils
ont trouvé que Satory n’avait pas encore son nombre de républicains et ils l’ont envoyé ce
matin au poteau. Ce matin au petit jour ils sont venus, je ne dormais pas, nous nous attendions
à quelque chose. Genton m’avait dit adieu hier, il attendait. Il est très bien mort, son dernier
cri a été vive la Commune, une balle lui est rentrée dans la bouche et il est tombé. Si les
journaux disent le contraire, ils mentiront, un témoin et un ennemi celui-là, nous a tout
raconté. /... / Demain ce sera peut-être le tour de Cerizier. /.../ Te dire la tristesse que me cause
la mort de Genton, tu le comprends. Je le voyais tous les jours avec sa blouse blanche de
prolétaire et sa vieille pipe de l’atelier, toujours gai et souriant. /.../ Ils n’ont pas voulu qu’il
leur échappe celui-là. Car c’est bien un prolétaire révolté qu’ils ont assassiné ce matin, Il les
avait combattus en 48, sous l’empire, en septembre il était prêt à les combattre encore, il leur
a dit. Douze balles a été leur réponse. Ils ne savent pas les idiots que le sang la produit... ». La
lettre s’achève ainsi : « Versailles, Versailles, ville maudite tu paieras un jour les souffrances
qu’endurent aujourd’hui tant de malheureux ». – On joint une copie de la main de Raoul
Lafagette d’une lettre, 1 p. in-4, signée Emile, adressée à Jules (?) , datée du 22 mars 1875,
où Giffault fait le récit de la mort de Maroteau, mort d’épuisement à l’âge de 26 ans,
condamné comme lui à l’exil et aux travaux forcés sur l’île Nou en Nouvelle-Calédonie : « Il
est de ceux qui ont été les plus salis par la réaction et les prêtres. /.../ Le prêtre est venu à son
lit, j’étais présent : « Retirez vous Monsieur, vous me blesseriez profondément en vous
approchant de moi ». /.../ Il repose dans un coin du cimetière des forçats. Nous ferons mettre
une lourde pierre afin de reconnaître sa place... Le cimetière est sur le haut d’une côte où la
vue est admirable et je pensais à lui qui aimait tant les belles choses. /.../ Ne l’oubiez pas non
plus, écrivez dans les journaux et protestez contre cet assassinat hypocrite. »            1000/1500

99     GIFFAULT (Émile). L.A.S. Ile Nou, 20 avril 1874. 2 pp. sur papier pelure.
Giffault, condamné à l’exil et aux travaux forcés, décrit les terribles souffrances que lui et ses
compagnons subissent et leurs tentatives de résistance : « Malgré le fouet qui nous menace,
nous avons fait entendre nos cris de détresse. Obtiendrons-nous un résultat. Ces messieurs
comprendront-ils que les forçats sont aussi des condamnés politiques. /.../ Je ne te le cache
pas. S’il nous faut rester ici encore un an beaucoup seront morts, le découragement s’est
emparé de nous ». Le très fin papier pelure écrit recto verso rend la lecture de cette lettre des
plus intéressantes assez difficile.    400/500

100 GIFFAULT (Émile). L.A.S. 30 octobre 1875. « pour Raoul ». 6 pp. in-8.
Lettre d’exil depuis la Calédonie où Giffault, comme beaucoup de communards, a été déporté,
empreinte d’une grande mélancolie : « Ces quatre années de misère et de déception ont peut-
être modifié ma pensée dans un sens exagéré, cependant je sens que le coup est porté et que
jamais je ne retournerai à mes illusions d’adolescent. Cette vie en commun m’aura fait
connaître l’homme et il est le même partout, aussi je crois que mon retour à la vie libre
modifiera peu ma pensée et que je resterai avec mes déceptions. /.../ Je me rappelle ton petit
logement, tes livres, je me rappelle nos soirées d’été, j’aspire encore à plein poumon l’air
embaumé du Luxembourg. /.../ Ah si je reviens à la vie, comme tout me semblera bon et beau,
ce que j’ai de désirs, de pensées serait impossible à décrire mais toutes sont simples et à ma
portée. Musique, peinture, arts, livres, toutes choses mortes pour moi depuis cinq ans. Comme
je prendrai plaisir à voir toutes ces galeries de peinture où je suis allé souvent avec toi ou bien
à entendre une belle symphonie de Beethoven ou de Mendelsohn... ». Pour finir il
recommande à l’attention de son ami un médecin qui « n’a pas craint d’afficher son amitié
pour des forçats et je t’assure que c’était un acte de courage en Calédonie... », et donne des
nouvelles de ses compagnons d’exil Humbert et Fortin.          500/800

101 GIFFAULT (Émile). 2 L. A. S. (ca 1885).
Giffault, très fatigué, est parti se reposer 3 semaines à Bobigny. Il rassure son ami sur le sort
de son livre, à l’impression chez Motteroz. 2 pp. 1/2 in-8. La deuxième lettre sur papier en-
tête de l’Intransigeant, trouvée au retour d’une excursion en forêt de Fontainebleau, dit ceci
entre autres : « Je suis un foutu sauvage comme tu le dis... Je n’ai pas lu les journaux depuis
huit jours, heureux de ne voir que des arbres, rien que des arbres... ».      50/100

102 GIFFAULT (Émile). 2 L. A. S. sur papier en-tête de la librairie Hachette.
– Paris, 3 mars 1898. 3 pp. in-8.
– Paris, 11 mars 1899. 1 p. 1/2, in-8. Enveloppes. + faire-part de décès d’Émile Giffault,
Géographe, Membre des Associations des Journalistes Parisiens et Républicains, le 12
décembre 1906.
Giffault, éminent géographe, donne à son ami qui travaille à la Grande Lorraine les références
bibliographiques sur la cartographie de Paris sous Charles VI. Il s’exprime ensuite
longuement sur l’affaire Dreyfus (qu’il appelle affaire Zola) : « Je suis mon cher Lafagette du
nombre, du petit nombre hélas ! qui sont restés attachés aux idées de leur jeunesse et de la
Révolution et qui ont conservé l’horreur de la raison d’état, des guerres de race et de religion
et qui n’ont pas la moindre confiance dans les jésuites galonnés de la rue Saint-Dominique. Je
suis donc pour la justice, pour la lumière, malgré l’avis de la foule lâche et imbécile qui n’a
pour argument que des cris de mort et les assommades à cinquante contre un... ». Dans la
deuxième lettre il recommande à son ami le livre de Wallon sur Jeanne d’Arc et lui promet
l’envoi d’un petit croquis des environs de Chinon. 100/200

103 LA MARSEILLAISE ÉGALITAIRE, Cri de guerre des travailleurs. Paris, juillet-août
1870. 1 p. 21x31 cm. Signature non identifiée [L. Sivanne ? ].
Envoi aut. « Au citoyen et ami poëte Lafagette, comme témoignage de sympathie littéraire et
civique Paris 13 octobre 1870 ». Premier couplet : « Allons ! amis de la Justice / Le cri du
droit vibre partout. / Travailleurs ! entrons dans la lice, / L’avenir honnête est au bout. / Il faut
qu’enfin le prolétaire / Produisant tout ait tout à lui / Et qu’il n’engraisse plus autrui / De son
sang et de sa misère. / Aux armes citoyens ! A bas jetons les fers ! / Marchons ! vivants ou
morts, délivrons l’univers ! ». Qqs taches de rousseurs.        500/800

104 MEGY (Edmond). L. A. S. sur papier en-tête de la Société des Réfugiés de la
Commune de Paris, Siège principal, New-York. New-York, 24 août 1880. 2 pp in-8,
enveloppe. Edmond Mégy, mécanicien-tourneur blanquiste et communard. Condamné à mort
par contumace, il se réfugie en Amérique où il meurt en 1884.
Témoignage intéressant sur le sort des exilés de la Commune. Mégy annonce à [son] « vieux
Lafagette » qu’il embarquera pour revoir son vieux Paris le 1er septembre : « Quelques
citoyens me préparent une réception au Havre. Je suis enchanté non seulement pour ma
mesquine personnalité, mais surtout (comme ce sont des ouvriers) pour l’idée Révolutionnaire
auquel nous avons été mêlés. Si tu es en rapport avec quelque journal... fais annoncer mon
arrivée à Paris. /.../ Si tu vois le vieux Blanqui, annonce-lui mon arrivée, je pense qu’il fera
son possible pour être un des premiers à venir me serrer la main à la gare... Ce sera un
véritable plaisir et une consolation de tout ce que j’ai souffert et qui me reste à souffrir, car je
ne me monte pas du tout le bourrichon. /.../ Tu me blagueras peut-être parce que j’ai des
cheveux gris. Seulement j’ai toujours eu bon tempérament. J’ai eu des jours sans pain. Mais
j’ai ri tous les jours... ».      500/600

105 PILHES (Victor). L. A. S. adressée à Raoul Lafagette au Ministère des Beaux-Arts à
Paris pour faire suivre. 2 pp. in-12 sur papier en-tête de la Présidence de la République.
Figure de l’Ariège “rouge”, né à Tarascon en 1817, ami de Proudhon et Blanqui, il participe
aux Révolutions de 1848 et 1870.
« J’ai bien reçu ton envoi de l’Émancipation. Dans la journée même la distribution a été faite
et une vingtaine de personnes d’Aulus ont lu. Généralement chacun a compris la théorie de
l’abstention. /.../ C’est à Labastide surtout qu’il y aurait eu à penser, car j’y connais entre
autres deux travailleurs socialistes révolutionnaires ».        60/80

106 ROSSEL (Louis-Nathaniel et Isabelle). 4 photographies originales montées sur carton
(6,3x10,5 cm), un faire-part de décès adressé à Marie Raichon (femme de Raoul Lafagette) et
2 lettres aut. d’Isabelle Rossel, sœur de Louis-Nathaniel Rossel. Nîmes, 8 janvier 1872, 4 pp.
in-8 et Nîmes, 9 août 1872, 6 pp. in-8.
Rares documents photographiques sur la Commune. –1. Le photomontage d’Eugène appert,
photographe de la Magistrature au service des Versaillais pendant la Commune, représentant
L’Exécution de rossel, bourgeois et ferré le 28 novembre 1871 à Satory. – 2. Deux portraits
de Louis-Nathaniel rossel. Polytechnicien, nommé colonel par Gambetta, il fait les campagnes
de la Loire, démissionne le 18 mars et devient membre de la Commune, chef d’état-major de
Cluseret, commandant le fort d’Issy puis délégué à la guerre. Il est arrêté par les Versaillais le
7 juin 1871 et condamné à mort. – 3. Un portrait d’Isabelle Rossel, sa sœur, par Malardot,
photographe à Metz. Sur le faire-part de décès de la famille Rossel, daté : Nîmes 10 janvier
1872, une main a ajouté « assassiné ». Cet ensemble de documents a été envoyé à la femme
de Raoul Lafagette par la sœur de Rossel, Isabelle, accompagné de 2 lettres, la première
particulièrement poignante. 2000/3000

–––––––––––––
107 DAUDET (Alphonse). 13 L. A. S. ou billets, petits formats ou cartes de visite,
enveloppes ; de 1883 à 1896 + 1 L. A. S. à Mme Lafagette.
Raoul Lafagette entretint avec Alphonse Daudet et toute sa famille une longue amitié. Ces
lettres, d’une belle et minuscule écriture, témoignent essentiellement du soutien sans faille
qu’apporta Alphonse Daudet au travail littéraire de son ami, notamment pour placer dans les
divers journaux où il pouvait avoir de l’influence, les divers portraits d’écrivains (Zola,
Renan, Cladel, Pelleport...) groupés sous le titre Silhouettes. Au passage quelques jugements
acerbes (« Brunetière est un goujat ») et cette précision : « D’abord je n’aime pas cet affreux
mot de protecteur, mon camarade... ».          300/500

108 DAUDET (Léon). L. A. S. s.d., sur un bristol r°v° + faire-part de mariage de Léon
Daudet avec Mlle Jeanne Hugo. Lettre adressée à Raoul Lafagette après la mort de sa femme.
Léon Daudet remercie pour les deux recueils de vers qu’il vient de recevoir : « L’un est
comme l’abrégé rythmique de toute une vie et s’enfonce peu à peu dans le noir... L’autre est
une œuvre admirable et âpre. /.../ Vous m’effrayez de m’appeler heureux. Personne ne l’est ou
ne peut l’être, puisqu’il y a la douleur et la mort... ». 50/100

109 DUCLOS (abbé Henri-Louis). L.A.S. Paris 17 juillet 1881. 4 pp. in-12.
L’abbé Duclos, historien des Ariégeois, natif de Saint-Girons, fin lettré fréquentant les cercles
littéraires parisiens, remercie Raoul Lafagette pour l’envoi des Accalmies et se réjouit ainsi :
« Je ne puis vous dire combien je suis heureux de rencontrer du talent, la flamme de l’art,
surtout dans quelques-uns de mes compatriotes /.../ et nos divergences d’idée et de doctrine ne
sauraient m’empêcher de reconnaître et de publier que vous pensez fortement, et que vous
avez une langue poétique, toute à vous, et fort originale. /.../ J’apprécie beaucoup, en ce qui
me concerne, la petite gâterie du hasard, qui m’a amené à parler dans mon livre du brillant
Poète des Aurores, et des Accalmies et des Chants d’un montagnard... ». On joint une copie
manuscrite 2 pp. in-12 de la notice qu’il lui a consacrée dans L’Histoire des Ariégeois,
reprenant in extenso la lettre de Victor Hugo à Sarah Bernhardt, les encouragements de
George Sand et ce jugement de son cru : « Je reste convaincu que la gloire doit
nécessairement venir à ce frère du pays natal, à ce compatriote. Tout en laissant de côté les
bizarres doctrines sceptiques auxquelles cet esprit pessimiste et chercheur s’est attardé, je
n’oublie pas que « ses yeux veulent le soleil et son intelligence la vérité »...»   150/200

110 DUCLOS (abbé Henri-Louis). L. A. S. 5 janvier 1892. 3 pp. 1/2 in-12.
Suite aux vœux de R. L., l’abbé Duclos répond par une lettre très élogieuse : « Dieu a
constitué votre personnalité avec deux qualités bien hautes, celles de penseur, et de poète. /.../
Sait-on bien dans l’Ariège ce que c’est que l’auteur de Pics et vallées ? L’apprécie-t’on à sa
mesure ? Sans doute vous avez dans ces contrées des admirateurs sincères ; mais il n’y a pas
assez de culture, dans notre département, pour comprendre quel rang élevé vous tenez dans la
littérature française. Toutefois, je ne doute pas que la masse d’indifférence intellectuelle qui
pèse sur notre pays, ne doive céder incessamment à l’évidence de la réalité, quelle que soit la
tyrannie de la centralisation littéraire, toute au profit de Paris et au détriment de la province...
».       80/100

111 DUCLOS (abbé Henri-Louis). 2 L. A. S. Enveloppes.
– Paris, 10 janvier 1895. 3 pp. in-12. Quelques exemples de l’esprit délié du curé ariégeois :
« Je ne puis oublier ces vers d’une pénétrante ironie, dans laVoix du Soir... : L’homme se
croit Dieu du grand temple / Triste Dieu, qui dure un instant. Je demande à Dieu que l’avenir
ne soit pas si opulent pour vous, en matière de peines et de douleurs. L’annonce de vos
derniers travaux littéraires réjouit mon âme d’ariégeois et j’attends que justice complète vous
soit rendue. »
– Paris, 5 mars 1895. De retour d’un séjour en Méditerranée, l’abbé vient de recevoir un
nouveau poème l’Avalanche, et y note à nouveau : « les vibrations exceptionnelles de la fibre
de la douleur », et passe à quelques considérations sur l’affreux hiver qui sévit partout : «
Nous ne sortons pas de la neige nous aussi à Paris et quelle affliction pour les Pyrénées
ariégeoises !! Dieu permet que nous soyons bien éprouvés !! Hélas sur cette terre bona mixta
malis ! »      150/200

112 DUCLOS (abbé Henri-François). 2 L. A. S. Enveloppes.
– Paris, 12 juillet 1896. 1 p. in-12. Lettre à l’en-tête de l’Église paroissiale de St-Eugène.
Raoul Lafagette vient de perdre sa femme : « Décidèment, il vous fallait boire, toutes, les
unes après les autres, les gouttes du calice... »
– [Passy], 28 octobre 1896. 2 pp. in-12. «... Hélas ! Le Ciel a permis que dans votre coupe il
tombât beaucoup d’amertume. /.../ Pour moi, malade depuis 15 mois, j’ai donné ma démission
de curé, et vis presque à la campagne, à Passy... » 100/200

113 ESTIEU (Prosper). lettre et poème autographe signés. 5 pp. in-8. Enveloppe.
– Ribouisse par Gaja-la-Salve, 12 août 1894. Prosper Estieu revient sur l'inauguration du
monument au « grand Quercynois » Cladel à Montauban, qui fut l'occasion de leur première
rencontre. « Quoiqu'il en soit vous êtes dans mon affection et vous n'en sortirez pas
finalement. Je vous tiens et je vous garde /.../ il ne faut pas accuser de Ricard, si mon nom n'a
pas figuré au nombre des orateurs à Montauban /.../. Je ne suis allé à Montauban que pour
contribuer à glorifier, dans la mesure de mes faibles moyens, la mémoire de Cladel, qui,
autant, m'avait honoré de son amitié solide. Je n'y suis pas allé pour cueillir de vains lauriers,
comme Mendès ou Silvestre, ces deux cabotins de la gloire. A propos de Mendès, je vous
raconterai quelque jour la longue conversation que j'ai eue avec lui au sujet de nos
revendications occitaniques. Si vous saviez comme ce produit de Boulevard et ses émules
nous connaissent peu et veulent peu nous connaître ! Mais quoiqu'ils fassent, leurs paradoxes
idiots n'arrêteront pas la marée montante du félibrige indépendant, ne couperont pas les ailes à
nos saints enthousiasmes ». Estieu envoie le n° de la Tribune de Montauban contenant son
Sirventes à Cladel et un n° de la Revue Méridionale et poursuit : « J'ignore absolument les
divergences politico-littéraires qui s'élevèrent jadis entre vous et Fourès, Mariéton et
Mistral. Quand vous aurez l'occasion de m'écrire, veuillez me les exposer en raccourci et je
vous donnerai mon sentiment en toute impartialité /.../. J'ai voulu continuer l'œuvre
philologique de Fourès. Maintenant, je suis effrayé. D'expurgation en expurgation, j'en suis
arrivé à me convaincre que toute l'œuvre félibréenne n'était qu'une œuvre de patoisants plus
ou moins lettrés et que la langue d'oc n'aura reconquis son ancienne splendeur que lorsque
nous nous serons décidés à l'écrire avec la grafique (sic) des Troubadours. »
– Fendeilhe, 15 août 94. Un sonnet en occitan avec sa traduction Al Pirenean Raoul Lafagette.
        100/150

114 ESTIEU (Prosper). 3 L.A.S. 11 pp. 1/2 in-12. Enveloppes.
– Fondeilhe, 9 septembre 1894. Prosper Estieu, désormais Secrétaire de Rédaction de la
Revue Méridionale, se propose d'y insérer des sonnets en langue d'oc de R. L., puis enchaîne
sur l'orthographe de la langue d'oc qu'il convient, à ses yeux, d'utiliser, transcrivant son sonnet
dédié à Raoul Lafagette dans cette orthographe. « Jusqu'ici personne n'est décidé à me suivre
dans cette voie, pas même Perbosc. Et pourtant c'est moi qui ai raison. Que m'importe si le
peuple parle autrement ? Que sait-il le peuple ? Tous les mistraliens hurleraient comme des
loups enragés si j'adoptais ce procédé ». Au passage, Goudelin est qualifié de « rimeur de la
décadence ». Il s'informe également sur la qualité des rimes de quelques poètes fuxéens.
– 17 et 24 janvier 1897. 4 beaux sonnets métaphysiques en langue d'Oc, avec pour titre un "?"
[Le grand Doute] et acc. d'un petit lexique.
– Rennes-le-Château, 30 janvier 1902. Longue et intéressante lettre. Prosper Estieu réagit au
poème de R. L., Lei Nizes, qu'il vient de recevoir. Il le trouve « trop long ou trop court », et
enchaîne sur les problèmes concrets d'impression qu'il rencontre, sur sa « vieille patraque de
presse antédiluvienne /.../ je compte acheter plus tard une presse dite à pédale ». La deuxième
partie de la lettre revient à nouveau sur les problèmes de la graphie occitane. Il est, à rebours
de « tous les irréductibles patoisants », pour la suppression de toutes les accentuations. « La
lettre ç avec cédille n'a jamais existé dans notre langue, quand c'était réellement une langue
logiquement et à peu près uniformément écrite comme dans les Leys d'Amor /.../. Tout félibre
réellement digne de ce nom a non seulement le droit mais le devoir d'exécuter sur ce vieux
thème la langue maternelle d'oc, toutes les variations que lui inspirent le sentiment de l'Art, le
respect de la tradition ancestrale et sa foi en l'avenir libérateur » .  300/350

115 ESTIEU (Prosper). 4 L.A.S. 18 pp. in-12 ou in-8. Enveloppes. Lettres essentiellement
consacrées au drame de Raoul Lafagette, La Grande Lorraine.
– Rennes-le-Château, 5 janvier 1903. Estieu se propose de réorganiser l'Escola de Mont-Segur
et poursuit : « J'ai lu attentivement votre Grande Lorraine et j'ai marqué d'une pierre blanche
les bonnes heures que j'y ai employées /.../. Il est charpenté de main de maître et
impeccablement écrit /.../. Bref, j'estime sincèrement que La Grande Lorraine est un chef-
d'œuvre dramatique et, à votre place, je serais bien tranquille... Il est certain que, tôt ou tard,
vous connaîtrez les ivresses du triomphe /.../. Nous verrons bien ce que Mistral pensera de vos
beaux vers... Demain sans faute je lui expédierai en colis postal... ».
– Rennes-le-Château, 18 janvier 1903. Estieu communique à R. L. la lettre (en provençal) de
Mistral en réaction à sa lecture de La Grande Lorraine, ainsi que la réponse qu'il lui a faite.
Mistral proteste d'abord contre les gens qui considèrent qu'il doit s'occuper de toutes et de
tous. « Je ne sais pourquoi, mais cette Jeanne d'Arc, tout sublime qu'elle soit, n'a jamais porté
bonheur aux poètes et aux Artistes qui l'ont prise pour sujet /.../ ». A l'exception du Prologue
qu'il a apprécié, Mistral trouve la pièce longue et ennuyeuse. Dans sa réponse, Estieu
s'accorde avec Mistral sur les longueurs notamment à partir de l'acte III, mais continue de
penser qu'avec quelques corrections, la pièce pourrait être jouée au théâtre d'Orange. Et à
l'adresse de R. L., ceci : « Donc je vous conseille de ne pas montrer de la mauvaise humeur
après la réponse de Mistral. Armez-vous de courage, et montrez que votre entrée dans le
Félibrige n'est pas due à un mobile intéressé ».
– Rennes-le-Château, 28 janvier 1909. Estieu se défend de « s'être courbé jusqu'à la servilité
devant les opinions de Mistral sur La Grande Lorraine. Mais il faut bien se pénétrer que la
véritable admiration ne doit pas être aveugle... je ne rétracte rien de ma lettre du 5 janvier
/.../. Votre sonnet sur Mistral est bienvenu. C'est l'indignation qui fait les poètes /.../. [Il] me
démontre qu'il ne tiendrait qu'à vous de faire une belle œuvre en oc, quand cela vous plaira
/.../. Tous les dialectes d'oc sont accueillis dans Mont-Ségur avec le plus grand plaisir /.../. Si
nous pouvons arriver à faire un dictionnaire portatif de nos dialectes pyrénéens, nous aurons
délivré la... Comtesse, comme dit Mistral. »
– Rennes-le-Château, 9 mars 1903. Estieu vient d'apprendre la mort inattendue de L. de
Sentenac. Il félicite par ailleurs Raoul Lafagette pour les coupures et retouches à sa pièce. «
Au fond il n'y a que ça, le Travail et la lutte ». Le post-scriptum salue le travail remarquable
de Paul sicre, auteur d'une grammaire sur le parler de Foix.           300/400
116 ESTIEU (Prosper). 8 lettres ou documents autographes adressés à Roger Lafagette, fils
de Raoul Lafagette, littérateur et poète, député de l'Ariège et Conseiller à la Cour d'Appel de
Toulouse.
– carte postale, 17 mai 1913. 4 pp. Condoléances suite au décès de son père : « Il est
incontestable que ses contemporains l'ont trop méconnu. Mais soyez tranquille. Une œuvre
comme la sienne n'est pas de celle qui disparaisse avec leur auteur ».
– 30/10/07. Traduction en langue d'oc de deux poèmes de Roger Lafagette.
– Lettre non datée. 5 pp. Traduction du sonnet de Roger Lafagette, La Blesadura (La
Blessure). Estieu profite de cet envoi pour solliciter une intervention de son correspondant
afin d'obtenir, à l'occasion de la Sainte Estelle, fête annuelle du Félibrige, qui doit se tenir à
Foix, l'annonce d'une représentation le même jour à Pamiers de sa trilogie occitane Ramon de
Perelha. Joint une carte de visite et un brouillon du programme de cette fête.
– 23 octobre 1937. 1 p. Estieu se félicite que sa traduction en occitan de La Blesadura ait été
publiée dans un n° de la Bouts dera Mountanhu.
– 27/10/37. Traduction en occitan de La Mort naturelle, sonnet de Roger Lafagette, acc. d'un
petit mot sur une carte de visite.
– 30 août 37. Billet de remerciement pour l'envoi de Souvenirs latins sur une carte de visite.
– 15 novembre 37. Suite aux remarques de Roger Lafargette, Estieu propose une correction à
3 vers en occitan de l'Art poétique. Enveloppe à l'en-tête du Colètge d'Occitania, illustrée de 3
beaux vers de Mistral : « ... Qu'un pople toumbe esclau : / Se tèn sa lengo, tèn la clau / Que di
cadeno lou deliéuro ».
– Faire-part de décès de Prosper Estieu « mórt piozament à Pamias, le 11 de decembre 1939
».      200/300

FOURÈS (Auguste). (1848-1891). Poète et prosateur du Lauragais, mort jeune d'une maladie
de la moëlle épinière (Tabes dorsalis). Il fut une des grandes figures de la Renaissance
méridionale et du Félibre languedocien. Tout à la fois imprégné de libre-pensée républicaine
et de fédéralisme, il se voulait descendant des faidits (proscrits) albigeois. Il a écrit en occitan
et en français. Dans Gueuserie, coureurs de grands chemins et batteurs de pavés, il a dressé
des portraits saisissants des types curieux de nomades parcourant les campagnes du pays
toulousain et de l'Aude. Ses amis du Félibrige l'avaient nommé « La Cigalo de la Libertat ».

117 FOURÈS (Auguste). 2 L. A. S. signées. Castelnaudary, 10 avril 1882. 1 p. in-12.
Enveloppe. — Castel-noù-d'arri, 12 de nouvembre 1884. 2 pp. in-12.
La première lettre propose à R. L. de collaborer à la Poésie moderne, et demande l'adresse de
Rollinat. La deuxième, en langue d'oc, commence ainsi : « Car e valent counfraire » (Cher et
vaillant confrère). Fourès, se référant au livre de A. Montel, dans la Revue des langues
romanes, aborde le problème de l'orthographe en usage chez les Félibres languedociens. « En
lengodoucian, toutos los letros se pronouncioun » (En languedocien, toutes les lettres se
prononcent), et donne des exemples puisés dans le recueil occitan de R. L., Estang e Millas. Il
informe R. L. de ses occupations du moment : « Lauri Toutjoun moun camp lauragues. Teni
de blat de mai d'uno recolto ; mais, me soum pas decidat encaro a le metre en vendo » et
affirme qu'il dispose au moins de la matière de cinq volumes de textes à publier, et finit sa
lettre par la belle formule occitane « A dessiats pla e siots loung-tems al. Soulelh ».
        200/250


118 FOURÈS (Auguste). 1 L.A.S. 1 p. in-12.
Luchon, 9 août 1886. Fourès est à Luchon pour soigner ses problèmes de « dyspepsie par
atonie stomachale » et livre ses impressions sur Luchon : « Je vis très loin de la bourgeoisaille
/.../. L'eau, les arbres, le ciel et les bêtes sont beaucoup plus intéressants pour moi que les
ridicules et stupides baigneurs ».         50/100

119 FOURÈS (Auguste). 1 L. A. S.. Toulouse, 4 février 1888. 4 pp. in-12. Enveloppe.
Fourès évoque Léon Cladel, avec lequel il est en correspondance : « Il reviendra à Toulouse
en août, et tu me reviendras avec lui. Et, cœur à cœur, nous échangerons de nouveau nos
brûlantes pensées. Je vis, comme toi, bien loin des ignominies de notre prétendue
civilisation. Je suis un pauvre rêveur, que la bêtise humaine a écœuré mais non aigri. Je garde
en mon âme les profondes convictions que me léguèrent les miens : faidits farouches de
l'Albigéisme, libres croyants, trobadors ardents et hardis. Sainte passion de la Justice et du
Droit et de la liberté ! Telle fut la devise des héros et des martyrs de la Crozada – telle est ma
devise ». Dans la deuxième partie de la lettre, R. L. lui ayant proposé un mariage, il répond : «
Mon cœur est libre » et donne le détail de sa "dot". Un poème Les Jouves Dieuses [Les Jeunes
Dieux], 12 quatrains, est joint à la lettre.    100/200

120 FOURÈS (Auguste). 5 L. A. S.. 7 pp. in-8 ou in-12. Enveloppes.
– Toulouse, rue de la Colombette 35, s.d. « Me voici tout isolé, depuis ton départ et aquel del
valentas Cladel ! ». Fourès travaille à la publication des Cants del Soulelh. « Il me tarde de le
voir se carner en pleine lumière pour la joie des miens : de tous ceux qui sont de ma race :
peau et âme, et pour l'embêtement des ténèbres : de toute la bande des pleutres et des
émasculés ».
– Toulouse, 15 février 1888. Fourès remercie R. L. de s'occuper du projet de son mariage, tout
en craignant la différence d'âge (la jeune fille a dix-sept ans, lui quarante) et il joint la
traduction française des Jouves Dieuses.
– Toulouse, 15 avril 1888. Fourès annonce la fin du journal littéraire Le Petit Toulousain
auquel il collaborait, et annonce un voyage à Barcelone pour l'ouverture de l'exposition. Il
travaille à un poème dramatique La Mort del bourrèu, qui doit être mis en musique par
Armand Raynaud, chef d'orchestre au Capitole.
– Castelnaudary, 7 sept. 88. « Le très mauvais état de ma santé m'empêche de partir pour
Foix. Je souffre assez cruellement de paralysies nerveuses ».
– Castelnaudary, 2 janvier 1889. « Je souffre toujours beaucoup de l'estomac et des reins. Il
me tarde de voir revenir le beau temps pour aller à Lamalou ». Fourès annonce la parution des
Cants del Soulelh et de son recueil de nouvelles : « En Lauraguais /.../ pour tes prochains
livres je me tiens à ta disposition pour les comptes-rendus dans les journaux de ma région ».
        200/250

121 FOURÈS (Auguste). 4 L. A. S.. 5 pp. in-8. Enveloppes.
– 23 septembre 1890. Fourès accuse réception des deux nouveaux livres de R. L. Les Cents
Sonnets et La Renaissance romane : « Tes vers sont parfumés comme tes montagnes et
tintinnabulants autant que les clarines des taureaux ariégeois ».
– 31 décembre 1890. « J'attaquerai prochainement le fond de la question qui nous divise, sans
affaiblir notre amitié /.../. Il doit publier dans la Revue Méridionale une étude très serrée sur
Rodolphe Bresdin dit Chien Caillou, avec fac-similé de dessins originaux ».
– 9 février 1891. « La délicieuse surprise ! J'ai savouré la "pitchouno gardairo de bîous"
comme un beau fruit sain. Tu manies la langue d'Oc aussi bien que notre belle langue
française ». Fourès se propose de l'envoyer pour publication à la Revue méridionale.
– Castelnaudary, 12 février 1891. « Tu auras des épreuves de ta charmante piécette de vers
ariégeois /.../. Je ne saurais trop t'engager à recueillir tous les vocables d'oc, francs de tare, qui
sonnent encore sur les lèvres de tes fuxéens. Il ne faut pas laisser perdre les mots si
pittoresques et si vibrants de nos parlers populaires. La philologie, la linguistique et l'histoire
de la poésie y trouveront leur compte ». Fourès joint à son courrier 2 de ses sonnets imprimés,
en occitan, Le cassoulet et Uno Parisianeto. 200/300

122 FOURÈS (Auguste). 4 L. A. S. 3 pp. 1/2. in-12 ou in-8. Enveloppes. 4 lettres
émouvantes. Fourès, définitivement paralysé, est dans les derniers mois de sa vie. Il meurt le
4 septembre 1891.
– Castelnaudary, 14 mars 1892 (pour 1891). Raoul Lafagette vient de perdre sa fille de 7
ans. Fourès lui envoie un mot d'encouragement et un poème : « [Elle] si bien chaussée,
habillée et coiffée / semblait parmi nos fleurs un petite fée » (13 vers).
– Castelnaudary, 24 mai 1891. « Soi courageux, ami ! Ne t'ensevelit pas dans l'escur (?) /.../ Je
suis bien malheureux avec ma terrible infirmité. Moi, l'infatiguable marcheur... ».
– 26 mai 1891. « Je suis tabétique en plein /.../ je suis soigné par M. Belugou, qui voit Charcot
pendant plusieurs mois chaque année, à Paris. Belugou est aussi le médecin d'Alphonse
Daudet, tabétique comme moi. Mais laissons là ce hideux tabes dorsalis ».
– 29 mai 1891. Lettre en langue d'oc. Fourès remercie R. L. pour son magnifique article sur
les Cants del Soulelh dans l'Avenir de Foix. Et finit sa lettre ainsi : « Ai, moun amic ! Le
troubaire... despouderat del Lauragués te mando sous milhounis poutous de fraire ».
        200/300


GARRIGOU (Adolphe). (1800-1897). Célèbre historien, homme politique et archéologue de
l’Ariège. On lui doit notamment l’exploration des grottes du Sabarthez. Républicain
convaincu, il est nommé maire de Tarascon, puis préfet de l’Ariège en février 1848. En 1870
il devient membre de la Commission Républicaine de la Commune.

123 GARRIGOU (Adolphe). 2 L.A.S. à Raoul Lafagette.
Belle écriture calligraphique.
– Tarascon, 6 septembre 1881. 1 p. in-8. Ad. Garrigou accepte avec joie un rendez-vous : « Je
serai toujours heureux de vous serrer la main et de renouveler une connaissance à laquelle
j’attache le plus grand prix... ». Puis il donne quelques nouvelles du communard ariégeois
Pilhes : « Je l’ai trouvé déclinant. Sa mémoire et sa langue m’ont parues embarrassées et mon
cœur s’est serré en le voyant et en l’entendant parler. »
– Tarascon, 6 septembre 1883. 3 pp. in-8. Garrigou met en garde R. L. contre la tentation de
créer un journal pour l’Ariège : « Nous aussi nous avions cru pouvoir trouver de l’écho en
consacrant à nos concitoyens le fruit de nos veilles et des études propres à jeter du jour sur un
milieu passablement obscur. En 1848 mon concours dans Le Travailleur que nous avions
fondé ne put empêcher le journal de sombrer. /.../ Connaissant combien est scabreux le
chemin que vous voulez prendre, nous serions de bien tièdes amis si ne nous ne vous disions
pas prenez une autre voie ; et surtout n’attendez rien de nos assemblées départementales.
Isolément, des membres vous promettront, qui une fois réunis, vous jetteront la pierre. /.../ Il
faut chercher auprès d’elle tout autre moyen que celui d’un journal... La république serait-elle
donc assez aveugle pour ne pas voir le parti qu’elle peut tirer de votre haute intelligence... ».
        100/150

124 GARRIGOU (Adolphe). L. A. S. Tarascon, 13 janvier 1884. 7 pp. in-8.
Longue et passionnante lettre qui commence ainsi (Ad. Garrigou a alors 83 ans) : « Étiez-vous
en Lorraine, à Paris ou en Chine, je n’en savais rien. Aussi ne pouvais-je vous remercier du
charmant article consacré à Daudet. /.../ Malgré mes ans et mes infirmités, le vieux se soutient
en sentant pourtant la machine s’user ; et en radotant à demi, je ne voudrais pas laisser se
propager quelques erreurs notables sur les faits anciens relatifs à notre obscure Ariège. Tant
de contes en l’air sont faits à propos des Celtes et des Ibères, que je consacre les derniers jours
qui me restent à broyer du noir avec les documents que j’ai en tête et en main, je crois qu’il
est possible de jeter un peu de jour sur une question que bien des phraseurs ont obscurcie.
Malheureusement le paysan pressant la plume, les rugosités de son style à demi barbare ne
pourront qu’effrayer un éditeur académique... ». S’ensuit un long développement réfutant
l’ancienne domination celte dans la zone pyrénéenne (thèse reprise notamment par Otto
Rahn) : « Si les Celtes aryens vinrent à bout de soumettre quelques parties de l’Espagne,
l’isthme ne resta pas moins ibérien. Ce que j’écris ici en courant est l’objet de mon étude du
moment ». Il évoque ensuite ses souvenirs de gosse en 1810, quand fut exhibée la sauvage des
Pyrénées.      100/150

125 GARRIGOU (Adolphe). 2 L. A. S.
– Tarascon, 13 septembre 1884. 1 p. 1/2 in-8.
– Tarascon, 11 janvier 1893. 2 pp. in-8. Ad. Garrigou remercie pour les « délicieux quarts
d’heures consacrés à vivre avec votre folle au sein de nos alpestres et sauvages vallées, poème
qui, la nuit, m’a fait rêver de vous et de votre magnétique inspiration, je vous ai fatigué de
mes monotones et historiques alexandrins ». La deuxième lettre, dictée, M. Garrigou étant «
privé de vue et bien souffrant », évoque son travail d’historien de l’Ariège : « J’ai beau
vouloir l’employer encore à ne pas laisser enlever à notre modeste Ariège ses titres, dont le
passé honorait (sic) quelqu’autre province, à 92 ans je suis au bout de mon latin. Deux
campagnes sous les Romains ont rendu célèbre notre petit pays. /.../ Cette dernière campagne
des Romains contre les Sotiales de notre pays, ordonnée par César, exécutée par Crassus, sous
votre plume donnerait un beau lustre à notre contrée... ». 150/200

126 GUIBAUD (J.). Historique du château de Montsegur. manuscrit autographe. s.d. 59
pp. in-4. Cartonnage 1/2 toile verte.
Le légendaire château de Montsegur fut l’ultime refuge des faidits (proscrits) cathares, tombé
en 1244 sous l’assaut des croisés français. « 200 martyrs de leur croyance » y périrent. Un
chapitre de ce manuscrit fait allusion à un livre chinois qui aurait été découvert, avec diverses
armes et médailles, dans les ruines du chateau, et s’achève sur de curieux vers patois d’un
certain R.P. Amilha (1759). Manuscrit inédit non daté (ca 1880). 100/150

127 [Hugo]. CARJAT (Émile). Portrait de Victor Hugo de face. Cliché pris en 1872,
monté en médaillon. 34x27 cm sur une f. 52x42 cm.
Photographie originale avec une dédicace aut. «A mon cher et vaillant poète Raoul Lafagette
».    5000/6000

128 [Hugo]. NADAR (dit Felix Tournachon). Portrait de Victor Hugo, front appuyé sur le
coude et une pile de livres. Photographie originale, 10,5x16 cm, montée sur carton avec
l’adresse de Nadar et la signature aut. de Hugo au dos.
Quelques petites piqûres, trace de scotch et épidermures au dos et sur le bord du carton.
        2000/3000

129 HUGO (François-Victor). L.A.S. Hauteville House, 12 sept. 1864. 1 p. in-12.
Victor Hugo, souffrant, charge son fils de répondre à un envoi de Raoul Lafagette, alors jeune
poète révolutionnaire : « Vos vers sont la révélation d’une âme fière et le cri d’un cœur
généreux, mais l’absence de signature leur ôterait beaucoup de leur force. /.../ Il vous remercie
et vous félicite. Gardez dans votre âme le saint enthousiasme de la liberté ; l’heure ne tardera
pas où la France et la Révolution se lèveront... ». 300/500
130 HUGO (Victor). L’Obéissance passive. Extrait des Châtiments. 1 cahier in-32 broché.
Enveloppe.
Le poème est enrichi d’un mot autographe : « Applaudissements à vos beaux et nobles vers...
» signé et daté « H.H. avril 1869 ». Le cahier a été plié verticalement en 2 et inséré dans une
minuscule enveloppe, 4 x12 cm, portant le cachet de Guernesey et le tampon Insufficiently
stamped, adressée à Raoul Lafagette 7 r. médicis Paris France via London. Le timbre a été
soigneusement enlevé. Beau document.         1000/1200

131 HUGO (Victor). L.A.S. 8 avril [1872 ? ]. 1 p. in-12, enveloppe.
« Votre cheval est tout un poëme hélas oui, cette bête est l’homme ; cet esclave est le peuple.
Courage, continuez poëte. Je vous donnerai comptez-y L’Année Terrible in-18... ». On y joint
une carte de visite de Raoul Lafagette avec un mot aut. signé de Victor Hugo au verso.
       1000/1200

132 HUGO (Victor). 3 Billets A. S. Paris, 24 avril [1872]. 1 p. in-12, enveloppe.
– 28 février. 1/2 p. in-12, enveloppe.
– 22 avril 1p. in-8. « Mon jeune confrère, vous me trouverez seul plutôt à deux heures qu’à
une heure... 24 avril ».
– « Je viens de lire vos beaux et nobles vers, si dignes de Louis Blanc... ».
– « Vous êtes une vraie âme de poëte. Quand vous le voudrez, mon serrement de main sera
heureux de renconter le vôtre ».       800 /1000

133 HUGO (Victor). L. A. S. 2 pp. in-12. Hauteville-House, 7 juillet 1873.
Belle lettre de Hugo à Raoul Lafagette : « Enfin j’ai été libre et je vous ai lu. Votre livre est
robuste et charmant ; un souffle de justice et de vérité le traverse d’un bout à l’autre ; vous
voyez la nature par le grand coté, la volupté ; c’est le droit de votre jeunesse. Nous autres dont
la vie et l’épreuve ont fait des philosophes, nous acceptons ce rayon de lumière qui vous
éblouit, mais nous voulons aussi l’autre rayon, le mystère. Le mystère est une lumière comme
la joie. Il est l’autre aspect de l’amour. L’amour est voluptueux, oui, mais il est mystérieux.
De là son immortalité.... ». 1200/1500

134 HUGO (Victor). L.A.S. 5 mars 1876 adressée à Mr Hetzel fils. 1 p. in-12, acc. d’un
billet A.S. à Raoul Lafagette.
Victor Hugo sollicite pour l’édition d’un recueil de poésies de Raoul Lafagette « un homme
d’un vrai et robuste talent » et, toujours lyrique, il informe R. L. « Je comprends votre
impatience, les jeunes aigles ont besoin de s’envoler... ». – On joint la réponse d’Hetzel fils,
qui décline et lui conseille de voir plutôt Michel Levy ou Pagnerre.         800/1000

135 HUGO (Victor). L.A.S. 24 mars 1878. 1 p. in-12, enveloppe.
Réponse à une lettre probablement politique : « Vous exposez éloquemment une idée juste et
féconde. /.../ Je m’empresse de vous envoyer mon adhésion complète... ».     400/500

136 HUGO (Victor). – L.A.S. à Mme Sarah Bernhardt, 22 mars 1880. 1 p in-8. – L.A.S. à
Raoul Lafagette s.d. 1/2 p in-12. – Une carte de visite de Sarah BERNHARDT avec un mot
aut. signé, enveloppe annotée.
Magnifique lettre de recommandation : « Vous ne vous attendez pas à recevoir une lettre de
moi, mais il s’agit d’un poëte, d’un poëte vaillant, d’un poëte charmant. C’est l’homme
charmant que je vous recommande. M. de Lafagette veut donner une conférence sur l’Art, il a
besoin des artistes, vous êtes la première, il va donc à vous, il me trouve sur le chemin, et
moi, je me joins à lui... », doublée d’un savoureux petit mot pour Raoul Lafagette : «Donnez
je vous prie une soirée de liberté à Mademoiselle Sarah Bernhardt. De cette façon vous serez
de moitié dans la bonne action qu’elle fera ». Sarah Bernhardt fixe un rendez-vous à cinq
heures : « Venez donc me serrer la main... Ce me sera un vrai plaisir ». – Joint le Carton
d’invitation à l’hôtel Continental pour la Soirée littéraire et musicale donnée par Raoul
Lafagette, sous le patronage de Victor Hugo. Pour la partie littéraire, Sarah Bernhardt et
Worms, pour la partie musicale Camille Saint-Saëns.            2000/2500

137 [HUGO] et Juliette DROUET. L.A.S. de Juliette Drouet, 1p. in-12, acc. d’un
télégramme du 23 avril 1880 + un faire-part de deuil.
«... Je m’empresse de vous envoyer les quelques mots que vous désirez. Nous sommes
certains de votre succès ». Dans le télégramme qui suit, Juliette Drouet s’excuse de ne
pouvoir assister à la conférence de R. L. et le prie de disposer des places réservées. – Joint
deux enveloppes annotées par Raoul Lafagette et un faire-part de deuil de la famille Victor
Hugo. 800/1200

138 HUGO (Victor). L. A. S. 1 p. 1/2 . s.d.
Hugo remercie R.L. pour son article. : « Vous faites bien de marquer une différence avec moi.
Personne pourtant ne serait plus digne que vous d’avoir et de confesser le sentiment de
l’infini. M. Proudhon appelait cela mysticisme, mais c’était une âme étroite, or vous êtes vous
un grand cœur ; c’était un rhéteur, et vous êtes un poëte. Je vous appuierai de tout mon coeur
auprès de Charles Blanc... ». Calligraphie comme “dessinée”, d’un bel effet visuel.
         1500/1800

139 HUGO (Victor). Un mot aut. signé V. H. au verso d’une carte de visite de Raoul
Lafagette, à l’adresse rue des Ursulines 14. s. d. 300/400

140 [Hugo]. BARBOU (Alfred). L. A. S., adressée à Raoul Lafagette, Commissaire de la
Fête de Victor Hugo. 1p. in-8 sur papier en-tête : Fête de Victor Hugo, 27 février 1881,
Comité d’organisation.
Barbou informe son correspondant que le comité d’organisation l’a spécialement désigné pour
la matinée du Trocadero : « Vous aurez spécialement à prendre des mesures pour la réception
des artistes... ».   50/80

HUGUES (Clovis). (1851-1907). Poète et romancier français et occitan, socialiste convaincu,
emprisonné après l’éphémère Commune insurrectionnelle de Marseille, élu député en 1881
dans les rangs du Parti ouvrier de France crée en 1879, il devient par la suite boulangiste.

141 HUGUES (Clovis). L. A. S. de Clovis Hugues et Ad. Royannez dans un même
courrier. Toulon, 14 août 1880. 4 pp. in-8.
Raoul Lafagette a communiqué à son ami la lettre que lui a adressé son beau-père Ad.
Royannez, ancien quarante-huitard, fondateur du journal La Voix du Peuple. Clovis Hugues y
a ajouté son commentaire. La lettre du beau-père est parfaitement désopilante. Royannez a lu
avec plaisir les vers de R. L. « Mais voila ! il y a un mais... et je vais recommencer avec vous
la guerre que je fais à mon gendre, cet intransigeant chevelu affublé de deux noms portés jadis
par des rois. /.../ Athée vous l’êtes, cela se sent en vous lisant – vous devez être aussi
matérialiste du moins la logique l’exige ainsi. Eh bien vous écrivez parfois comme un
spiritualiste et des mots dont se servent les croyants – dont ils devraient être seuls à se servir –
se trouvent sous votre plume. Pourquoi par exemple parlez-vous de l’âme, des anges, des
démons, des diablotins, des instants bénis ? Tout cela, c’est de la langue catholique. Pourquoi
la parler ? Pourquoi ne pas se servir uniquement du langage positif ? Pourquoi ne pas la
laisser aux jésuites ? /.../ Qu’est-ce que l’âme ? Vous seriez bien aimable de me dire où vous
en avez jamais vue et comment cela est fait. Qu’est-ce qu’un ange ? un démon ? Comment
vous représentez-vous cet animal ? L’un a-t-il des ailes ? L’autre a-t-il une queue ? Et le nez,
où l’ont-ils placé tous deux ?... ». Et Clovis Hugues d’ajouter : « Mon beau-père vous
tarabuste c’est bien fait ! Je ne serai plus le seul à subir les avanies de ce matérialiste endiablé.
Rassurez-vous je vais le traiter de philistin, et le spectre rose de vos rimes sera suffisamment
vengé... ».     100/150

142 HUGUES (Clovis). L. A. S. Paris, 7 octobre 1884. 4 pp. in-12. Enveloppe.
Longue lettre amicale où Clovis Hugues aborde avec sa verve habituelle divers sujets : « Je
suis un horrible gredin, le dernier des hommes, le premier des parnassiens ! Oui tapez sur
moi, cognez, ne me ménagez pas j’ai tout mérité. J’aurai dû vous écrire. /.../ Nous avons dû
partir pour Marseille à l’appel des microbes du choléra ; et nous n’avons pas eu deux minutes
à nous. /.../ J’ai eu un froid avec Cladel. Il se fâche, parce que je ne vais pas le voir aussi
souvent qu’il le voudrait et que je le voudrais... ». Il passe ensuite à sa vie parlementaire : «
Ne me félicitez pas trop je suis à bout de patience. La face humaine est laide... rien que des
appétits. Et quels appétits ! Être ministre et ouvrier : voilà un beau rêve n’est-ce pas ? Mille
tonnerres je préfère une belle strophe. /.../ Je viens de publier chez Charpentier un volume de
vers... Si j’étais l’amant de Sarah Bernhardt, ça ferait beaucoup de bruit ; mais je hais les
maigreurs. Marianne vous envoie un gros baiser qui vole... ».           80/100

143 HUGUES (Clovis). 5 L. A. S. Enveloppes.
– Paris, 14 février 1882. 3 pp. in-12. « Vous avez bien fait de me pardonner mon silence. Je
ne suis plus un homme : je suis en principe un état de service, perpétuellement. /.../ Nous
voyons souvent Cladel et nous parlons de vous, de vos saintes colères et de nos exaltations
communes. /.../ Venez donc, où je vous traite d’ours des pyrénées... en vous jetant des
sucreries comme au Jardin des Plantes... ».
– 19 mars 1882. 1 p. in-12. Clovis Hugues communique quelques adresses parisiennes.
– 30 octobre 1885. 4 pp. in-12. Il n’a pu obtenir le service demandé : « Nos ministres gardent
exclusivement aux chers opportunistes les bons petits coins où fleurissent les recettes
buralistes... ». Par ailleurs, profitant de vacances, il travaille à un drame sur Danton : « Ma
charpente a l’air de se tenir et je n’ai plus qu’à faire tonner la bête... ».
– 2 autres billets, dont un au maire de Vernajoul, concernent diverses démarches
administratives.         100/200

144 [LAFAGETTE]. dague républicaine avec, gravées sur la lame, l'inscription : « Égalité
» et les initiales R.[aoul] L.[afagette]. Lame triangulaire de 19 cm, poignet 12,5 cm.
         1000/1500

145 LAFAGETTE (Raoul). Adresse aux citoyens. Gaillac, Imprimerie de P. Dugourc,
libraire, Messodor an LXXIX (juin /juillet 1871). 1 f. 23x36 cm recto verso.
Appel à souscription pour le journal La Voix du Peuple, fondé à Marseille par Royannez, et
soumis au dépôt d’un cautionnement de 25.000 fr. « Hélas ! C’est toujours et partout le
privilège du capital. Un Villemesant pourra fienter à sa guise ; un républicain honnête, mais
pauvre, devra se taire. Dure, révoltante nécessité qui fit pousser à l’illustre Lamennais ce
soupir amer : Silence aux pauvres. » 50/80

146    LAFAGETTE (Raoul). lettre et brouillon de sonnet autographes. 4 pp. in-12.
 Estieu. Foix, 21 janvier 1897. « Amor memor (au félibre Prosper Estieu). Toujours du plus
profond de la détresse humaine / Le cantique divin de l'espoir s'éleva... ». Raoul Lafagette
vient de perdre sa femme. Le courrier n'a pas été envoyé. 80/100

147 LECONTE DE LISLE. 6 L. A. S. Du 29 avril 1880 au 2 septembre 1892. 6 pp. in-12.
5 enveloppes.
La première lettre est une lettre de remerciements pour le recueil Aurores. La deuxième
s’étonne de la publication d’une de ses lettres de remerciements : « Ces quelques lignes ne
méritent en aucune façon l’honneur que vous voulez bien leur faire... ». Les autres lettres ont
trait au prix littéraire Archon Desperouses. 200/300

148 LOTI (Pierre). (1850-1923). Rarahu [Le mariage de Loti]. manuscrit autographe. 383
feuillets petit in-4 (20,5 x 15,5 cm), montés sur onglets et reliés en un volume petit in-4
maroquin bleu janséniste, doublé de maroquin lavallière, gardes de soie brochée, doubles
gardes, non rogné, étui (Marius-Michel).
important et précieux manuscrit complet du roman Le mariage de Loti. Écrit en 1878-1879,
publié en 1880, Rarahu (qui deviendra Le Mariage de Loti) est le second roman de Julien
Viaud, après Aziyadé, publié sans nom d’auteur en 1879 (il n’adoptera son pseudonyme de
Pierre Loti que lors de la publication de son troisième roman, Le Roman d’un spahi, en 1881).
Rarahu, idylle polynésienne « par l’auteur d’Aziyadé » (c’est le titre de l’édition originale) est
imprimé par Calmann-Lévy à la fin de 1879, mais la mise en vente est retardée pour en
permettre la pré-publication dans La Nouvelle Revue de Juliette Adam, du 1er janvier au 15
février 1880, sous le titre trouvé par Juliette Adam : Le Mariage de Loti, « par l’auteur
d’Aziyadé ». C’est un énorme succès. Le livre est alors mis en vente le 15 mars 1880, avec
une couverture portant le nouveau titre : Le Mariage de Loti. Dans le luxuriant paysage de
Tahiti, fait escale un officier anglais, Harry Grant, qui reçoit le nom tahitien de Loti ; le roman
conte son idylle et son "mariage" avec la jeune et belle Rarahu, en même temps que la
recherche des traces de son frère Georges (Rouéri en tahitien) qui lui aussi était venu et s’était
"marié" à Tahiti. Mais l’officier doit repartir, et c’est en Europe qu’il apprendra la mort de
Rarahu, rongée par l’attente et le chagrin. Loti s’est inspiré de l’histoire de son frère aîné
Gustave Viaud, qui passa quatre ans à Tahiti (1859-1862), y vivant maritalement avec une
indigène, et il a utilisé ses propres souvenirs de voyage, lorsque la frégate La Flore relâcha à
Tahiti en janvier-mars puis à la fin de juin 1872, insérant presque textuellement des pages de
son Journal intime dans son roman. Au-delà de l’intrigue sentimentale et de l’exotisme, au fil
d’une construction à la fois très libre et complexe, à plusieurs voix, et où interviennent de
saisissantes séquences oniriques, Loti livre un témoignage fort intéressant sur les mœurs et les
croyances des Tahitiens, sur leur langue (certaines pages sont bilingues), et fait preuve d’un
art achevé de paysagiste. ce manuscrit de travail est d'un très grand intérêt. Écrit très
lisiblement à l’encre noire (et parfois violette) au recto des feuillets, ayant servi pour
l’impression, il présente des variantes et de nombreuses ratures et corrections. Il témoigne
surtout du travail de Loti sous la surveillance minutieuse de son ami Plumkett (Plumket est un
des narrateurs du roman), surnom de Lucien jousselin. Celui-ci a porté au crayon, en regard
d’un grand nombre de pages, de très nombreuses annotations, la plupart appelées par des
notes sur le manuscrit : incorrections, répétitions, remarques de style, mots et conjonctions
inutiles, améliorations, mauvaises constructions, corrections suggérées, etc. Loti a très
souvent, mais pas toujours, tenu compte de ces remarques et corrigé son texte (biffant et
corrigeant, parfois à l’aide d’un grattoir). Nous n’en donnons que quelques exemples : «
Bouche est répétée un peu trop », « tête : j’aimerais mieux figure », « l’officier : comme il n’a
pas été le seul officier qui y ait vécu 4 ans, je préfère un officier », « L’emploi des virgules est
bien souvent arbitraire. Trop nombreuses, elles hachent le style. Je crois que l’on en pourrait
supprimer quelques-unes », « Mauvaise construction. Les temps ne correspondent pas », «
exotique revient bien souvent », « adorable (??) qualificatif qu’emploie souvent mon dieu du
moment, Zola », « hiatus et dureté », « On pourrait remplacer et par une virgule », « On
pourrait peut-être supprimer tous ces le », « répétition du verbe être qui cacophonise », etc. Ce
sont parfois aussi des jugements sur le texte : Première partie, chap. XX : « Le meilleur de
tout jusqu’ici ! » et « Joli comme tout ! » ; XXI, à propos de Rarahu : « ce langage est gentil,
il est cocasse et l’on aurait tort d’y rien changer » ; XXIX : « très-joli, très-délicat ! » ; XXXII
: « Charmant ! », « Oh joli, joli, joli ! Il n’y a pas de ces jolies choses-là dans Aziyadé » ; en
tête de la Deuxième partie (Loti avait noté à l’encre rouge : « Cette seconde partie est la plus
faible des quatre, à mon avis ») : « Je l’aime autant, sinon mieux, que la première. Le voyage
dans l’intérieur avec Rarahu est parfait » ; II : « La lettre est très-remarquable. Est-il bien
nécessaire de conserver le texte taïtien ? [Loti répond oui] Bien peu de personnes en saisiront
le charme sensuel (musique des syllabes) et expressif (rapport mystérieux qui existe entre ces
sensations auditives et d’autres sensations de vue intérieure qui sont des espèces d’images
indistinctes » ; IX : « Dans Aziyadé, deux fois trop d’Orient. Ici, même proportion d’Océanie
» ; fin du X : « Très bien, très bien. Il y a dans ces réflexions des notes à la Chateaubriand » ;
XI : « Je doute que beaucoup de personnes aient compris aussi admirablement que vous le
caractère des peuples primitifs et s’en soient aussi bien imprégnés » ; XIV : « On a peine à se
figurer que la même personne a écrit Rarahu et Aziyadé. À qui faut-il s’en prendre ? » ; XIX :
« Vous écrivez joliment toutes les jolies choses, et n’écrivez mal que les choses insignifiantes
» ; etc. De longues annotations commentent avec admiration les dernières pages du roman ;
nous en citons les dernières : « Ne vous inquiétez pas de la très grande analogie avec Aziyadé,
de cette fin. Elle sera un très grand charme excepté pour la nombreuse catégorie des imbéciles
(cela vous est égal et à moi aussi). J’y vois (je m’exprime d’une manière un peu excentrique)
un effet de rythme moral entre les deux œuvres, analogue à ces retours de loin que l’on trouve
dans certaines musiques. […] C’est le morceau de l’île répété avec rage comme dans la
musique tsigane. Il était déjà sinistre, il se transforme en danse macabre. C’est terriblement
beau – je frémis et j’admire. […] Vous avez un bel avenir mon cher Loti – car le présent est
déjà beau – ne le gâtez pas ». Le manuscrit est paginé de 1 à 372, avec quelques feuillets bis
ou intercalés (notamment l’ajout de 3 chapitres XVI, XVII et XXIV dans la seconde partie),
d’autres comptant pour plusieurs pages et correspondant certainement à des suppressions. Il
est précédé d’un feuillet 1 avec la mention : « Une page blanche réservée pour la dédicace »
(c’est Sarah Bernhardt qui sera la dédicataire du livre), et d’un feuillet 2 avec le titre Rarahu
et l’épigraphe. Le manuscrit, comme le roman, est divisé en quatre parties (avec des
incohérences dans la numérotation des chapitres pour les deux premières) : I (p. 1-128, 51
chapitres), II (p. 129-250, 47 chap.), III (p. 251-336, 35 chap.), IV (p. 337-372, 12 chap.). En
tête, Loti a recopié les lettres reçues ou envoyées par son frère en tahitien (Tahiti et Rochefort
1857-1861, plus une lettre de Papeete de 1873). Ancienne collection Louis BARTHOU (n°
1067). Bibliographie : Raymonde LEFEVRE, Le Mariage de Loti (Les Grands Événements
littéraires, S.F.E.L.T. 1935) ; Pierre LOTI, Le Mariage de Loti, édition de Bruno Vercier (GF
Flammarion 1991). 20.000/25.000 €
Expert : Thierry Bodin. 45 rue de l'abbé Grégoire. 75006 Paris. 01 45 48 25 31.
lesautographes@wanadoo.fr

149 LOTI (Pierre). 3 L.A.S. et un mot aut. sur sa carte de visite, Julien Viaud Lieutenant
de vaisseau.
Loti remercie Raoul Lafagette pour l’envoi de ses livres. 100/150

150    MICHELET (Jules). L. A. S.. 1p. in-8, enveloppe annotée. oct. 1869.
Michelet accuse réception des Chants d’un Montagnard : « Votre profession de foi de l’art
pour l’art est aussi la mienne », et en post scriptum : « Votre pays vient de produire un très
grand livre, l’Histoire des Albigeois de Nap. Peyrat ».       60/100

151 MICHELET (Jules). L. A. S., postée à 2 adresses : Paris et Foix. 1 p. in-8, enveloppe
annotée. 5 oct. 69.
« Je trouve votre lettre et votre beau volume, plein de choses jeunes, chaudes et belles ». A la
suite, allusion probable aux débats dans l’Association Internationale des Travailleurs : « Marx
était fou – fou de l’humanité – mais fou. Il était espagnol-sarde-suisse, c’est ce qui explique –
il n’avait pas le talent la haute originalité de Châlier le héros du genre. /.../ Mad. Sand a raison
: la littérature n’est pas une carrière ». Maitron (V, 46) cite un Chalier, membre de l’A.I.T.,
signataire du Manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs. 100/120

152 MICHELET (Mme). L. A. S. 4 pp. pt in-12, enveloppe annotée. Paris, 28 janvier
1899.
Mme Michelet remercie pour la dédicace de R.L. : « Où vous nous tenez unis dans la mort
comme nous l’avons été dans la vie. Peut-être est-on plus l’un à l’autre après la séparation
matérielle. /.../ L’âme de celui qui reste, se met à la poursuite de l’âme qui va devant. Et qui
sait, si de tout son amour, elle ne l’aide pas à monter. L’immortalité ne peut être qu’une
éternelle gravitation dans le progrès ; dès lors nous pouvons la commencer dès cette vie et de
quel élan, lorsque nous sommes servis par nos regrets !!... ».         80/120

153 MISTRAL (Frédéric). 2 L. A. S. – Maillane, 11 juin 1886. 4 pp. in-12. – Maillane, 18
juin 1886. 1 p. 2 enveloppes.
Intéressante lettre de Mistral qui accueille avec un enthousiasme spontané le recueil Pics et
Vallées : « ... Vous chantez hardiment, vaillamment, triomphalement, toutes les
indépendances, toutes les fiertés et toutes les grâces de vos Pyrénées. Vos vers nerveux et
colorés ne sauraient être mieux frappés ni plus sonores », puis enchaîne sur une réserve à ses
yeux essentielle : « Ces pages éclatantes ne sont pas la poésie sincère de vos montagnes de
Foix. De tous les types que vous en faites surgir, aucun ne parle comme vous /.../. La nature
du midi ne chantera jamais, libre et naïve, que dans la langue qu'elle s'est faite. Une poésie
arabe, une poésie indienne m'en diront toujours plus sur l'Inde et l'Arabie que les plus purs
chefs-d'œuvre de Hugo ou de Leconte de Lisle. Et voilà pourquoi le Félibrige est né /.../ que
vient-on nous parler révolution, évolution et avatar, etc. ! Est-ce que ça nous regarde nous
paysans et pâtres qui éternellement remuons la même glèbe et pacageons les mêmes
troupeaux ! Parce qu'un cuistre, appelé l'abbé Grégoire, a fait mettre hors la loi par les
messieurs de la convention les dialectes populaires du libre pays de France, est-ce une raison
pour que nous subissions indéfiniment l'insanité de ce décret ! Vous parlez de Daudet, vous
parlez de Zola, mais Daudet nous applaudit, mais Zola, le grand apôtre du réalisme, pousse
inconsciemment la roue du Félibrige : car faire parler son monde comme dans la vie réelle,
c'est la visée du naturalisme et le Félibrige ne fait pas autre chose ».
Le courrier qui suit donne son accord pour la publication de cette lettre. 400/500

154 MISTRAL (Frédéric). 2 L. A. S. – Maillane, 20 juillet 1886. 4 pp. in-12. – Maillane,
26 juillet 1890. 4 pp. Enveloppe. in-12. LAFAGETTE (Raoul). Copie autographe de la
réponse à la lettre de Mistral du 20/7/86.
Lettres polémiques sur les divergences entre félibres provençaux et languedociens. Dans la
première lettre Frédéric Mistral s'insurge contre « ... les longues considérations [de R. L.] sur
les mérites de la langue de l'unité française qui ne furent jamais en cause et sur les démérites
de la pauvre langue d'Oc qu'il est urgent d'étouffer entre deux matelas unitaires, pour cette
raison majeure qu'elle donne des signes de vie /.../. Vous agrémentez vos conclusions de cette
scie dans le propre journal de notre ami Fourès (qui, pour la démontrer, a écrit des volumes)
[démontrant] une fois de plus que les provençaux sont de mauvais patriotes ». Dans la
seconde lettre, suite à « l'exposé loyal » par R. L. de leur querelle dans son livre La
Renaissance romane, Mistral précise et développe son point de vue. « Vos Cent sonnets sont
pour la plupart très hardiment troussés, mais j'y retrouve l'exaltation et l'intolérance jacobine
qui m'ont déjà mis en bisbille avec vous /.../. Qu'est-ce que ça peut bien vous faire que Louis
Fréchette, le poète du Canada français et catholique, laisse « dans sa mâle épopée rayonner
l'ostensoir et se dresser la croix »... et vous croyez que ce serait bien amusant si, à partir de 89
jusqu'à la consommation des temps, l'humanité devait se contenter à répéter le dithyrambe des
vainqueurs de la Bastille ! La Marseillaise est un admirable cri patriotique mais n'en abusons
pas, surtout après boire /.../. Et ce pauvre Musset et ce grand Lamartine que vous égorgez sur
l'autel de V. Hugo ! Mais si des génies de cette envergure sont noyés comme vous le dites,
dans l'irridiation des vers surhumains de l'autre, qu'en adviendra-t-il de nous, pécaïre, et de
toutes les fauvettes qui pépient dans l'arbre du bon Dieu ! Donc nous continuerons de chanter
en provençal... et même de chanter les noëls de Goudouli, de Saboly et de Roumanille ».
Dans sa réponse à Mistral, Raoul Lafagette proteste de ses intentions pacifiques : « Mais non !
Mais non ! Pas jacobin le moins du monde. J'ai délaissé tous ceux de mes amis qui le sont
restés ou devenus... /.../. En somme mon sonnet à Louis Fréchette prouve chez moi surtout
une grande courtoisie patriotique pour ce frère transplanté au loin /.../. Quant à Musset et à
Lamartine dont je ne goûte pas tout, mais dont j'adore les beautés, je ne songe guère à les
"égorger" ; et si j'avais cette intention, ils ne s'en porteraient pas plus mal /.../. Je ne veux
point persécuter les religions, je me contente de n'en pas user. L'ostensoir, la croix et autres
ustensiles ont fait leur temps /.../. Oui, ce qu'il y a d'éternel dans l'Art c'est l'intensité
passionnelle des sentiments et l'impeccable perfection de la forme. Le virus des dogmes
politiques et religieux y introduit seul un germe de caducité ».         400/500

155 MISTRAL (Frédéric). 4 cartes-lettres ou billets autographes, signés.
– 28 mars 1891. Mistral, président d'honneur du comité pour élever à Marseille un monument
à Lamartine, proposera un poème de R. L. 
– 12 mars 1892. Remerciements pour La Voix du Soir (recueil consacré à la mort de sa fille
France).
– 31 décembre 1893. Compliments pour « le pieux recueil de haute poésie De l'aube aux
ténèbres ».
– 8 juillet 1896. Condoléances pour la mort de la femme de R. L. « Sursum cordat ! ».
        150/200

156 MISTRAL (Frédéric). 3 L. A. S.. Enveloppes. 7 pp. in-12.
Lettres consacrées à la représentation au théâtre antique d'Orange du drame historique sur
Jeanne d'Arc, La Grande Lorraine, pour laquelle R. L. a sollicité l'appui de Mistral.
– 28 oct. 1902. Mistral répond qu'il est « absolument étranger à la direction et à l'organisation
du théâtre d'Orange /.../. Mariéton est convaincu que le théâtre antique d'Orange s'approprie
aux chefs-d'œuvre de la Grèce, mieux qu'aux productions modernes /.../. Quant à la Rèino
Jano, croyez bien que de longtemps il ne sera question de la jouer à Orange ou
ailleurs. D'ailleurs je n'y tiens pas du tout... ».
Un post-scriptum, posté séparément le même jour, pour « mettre les points sur les i », dresse
la liste des pièces qu'il a essayé en vain de soutenir : Prométhée et deux drames babyloniens
de Péladan, Cytharistes de Mouzin, Guillaume d'Orange de G. Gourdon, etc.
– 21 juin 1908. Après une nouvelle lecture de La Grande Lorraine, Mistral revient sur son
premier jugement réservé et se déclare « pleinement séduit /.../. J'estime à présent que vos
cinq actes sont supérieurs à tous les essais inspirés par ce merveilleux sujet tragique... ».
       200/300

157 MISTRAL (Frédéric). 2 cartes postales autographes signées.
– 10 février 1908. Arlésienne en cravate.
– 29 mai 1912. La Farandole en Provence, avec 2 vers aut. en provençal et une dédicace : «
Bravo amicus Estieu, magis amica majoris ».      100/150

Adolphe PELLEPORT
Intéressant témoignage d'une amitié parfois conflictuelle (chacun ses montagnes, le Cagire ou
les montagnes du pays de Foix) entre deux poètes originaires des Pyrénées. Engagé très jeune
dans les légions garibaldiennes, il fait la campagne du Tyrol puis devient le secrétaire de
Victor Hugo, les deux poètes communiant dans une admiration sans borne pour le Maître.
Personnalité méridionale fantasque et voyageur impénitent, il ne trouve le temps de publier
qu'un seul recueil de poésie Tous les Amours (1882), préfacé par Victor Hugo. Raoul
Lafagette lui a consacré une de ses Silhouettes, restée inédite.

158 PELLEPORT (Adolphe). 18 L. A. S. adressées à Raoul Lafagette, du 14 juillet 1873 à
janvier 1880 (Paris, Guernesey, Lyon, Grenade...) + 1 L. A. S. au Régisseur du Rappel. 77 pp.
in-8 ou in-12.
Dans diverses lettres, il donne des nouvelles de la famille Hugo, de l’estime du Maître pour
l’œuvre poétique de Raoul Lafagette, mais il se révèle aussi brillant chroniqueur dans la
tradition romantique du voyage pittoresque. Quelques extraits de ses lettres de voyage : –
Grenade et la danse flamenca, s.d. : « Bras langoureux se levant et s’abaissant comme des
vagues, jambes trépidantes traçant sous les jupons flottants des courbes lascives auxquelles
n’eut pas résisté Saint-Antoine ; mouvements callipigesques, ostentations lubriques des seins
et des ventres, coup de gosier lançant aux guitares les énergiques Holé ! Holé ! Mains
claquant, doigts sonnants, regards flambants, hélas, hélas, que te dirai-je ? Toute une foule
vertigineuse, sautant, rampant, pirouettant, s’est gonflée autour de nous, prodrôme
abracadabrant de cette grande marée de la danse flamenca : le Meringasso ». – Saint-Gaudens
(ca 1871). Récit commenté d’un voyage en Avignon (« J’ai vu le félibre Roumanille et
Aubanel, ils sont cléricaux et royalistes », Arles, Marseille ( « J’ai fait la connaissance de
Clovis Hugues... Il n’a que 24 ans – il sera un grand poëte – il a déja fait 4 ans de prison pour
avoir été porteur de drapeau (rouge) lors de l’insurrection de Marseille ... »), Lyon, Nîmes.
Les convictions républicaines ne perdant jamais leurs droits, citons aussi une belle lettre sur
papier en-tête, ornée d’une vue gravée de Guernesey, à propos du mariage religieux de son
ami : « Quae dementia te caepit ! Victor Hugo regrette beaucoup ta malheureuse
détermination mais il n’en est pas étonné me dit-il ; et il ajouta : – Parce qu’il a
mahométiquement rasé son crâne, il devait vouloir faire l’apprentissage de la couronne
dominicaine. Il sera certainement cardinal avant longtemps. mais le rouge de l’écrevisse aura
remplacé chez lui le rouge du drapeau. ». 400/500

159 PELLEPORT(Adolphe). L.A.S. [Albano], s.d. 4 pp. in-8.
Belle lettre à la gloire de l’Italie éternelle et de Garibaldi : « Nous sommes partis à peu près
en même temps de Paris, toi pour aller voir ta mère, moi pour aller voir la mienne aussi, mais
par le chemin de l’école... de Michel-Ange et de ... Garibaldi, qui ont sculpté la belle Italie,
chacun à sa façon, à coup de ciseaux et à coup de sabre ». Suit une longue description ville
par ville jusqu’à Albano : « Je suis passé devant les blancheurs gigantesques de Carrare, qui
ne perdent jamais leur virginité malgré l’assaut éternel du ciseau avide ; car il paraît que dans
ces gorges fécondes le marbre renaît, tout comme le foie de Prométhée et les amours mal
éteints. /.../ Et l’on sent flotter sur ces vapeurs invisibles de l’éternité. Qu’il est magnifique !
/.../ Garibaldi s’est écrié en m’offrant un verre de Marsala : Au grand Victor Hugo ! /.../
Souvent, il me dicte des vers qu’il composait jadis sur la lisière des forêts du Brésil, le soir de
quelque combat, pendant que son cheval paissait... ».            80/120

PERBOSC (Antonin). Poète et folkloriste montalbanais qui eut un rôle majeur dans la
Renaissance de la langue et de la culture d'Oc. Il a notamment recueilli les traditions orales et
publié un recueil de Contes licencieux de l'Aquitaine.

160 PERBOSC (Antonin). L. A. S.. 6 pp. in-12. Enveloppe.
Comberouger, 15 août 1894. Longue lettre consacrée à Léon Cladel, dont on vient d'inaugurer
la statue offerte par Bourdelle à la ville de Montauban. Et c'est à cette occasion que Perbosc
entre en contact avec R. L. « Je viens de lire votre beau discours de Montauban /.../. Je ne
crois pas me tromper en disant qu'ils n'étaient pas tous de sincères et dignes amis du Maître,
ceux qui étaient là /.../. Je n'ai vu Cladel qu'une fois, à Sèvres en 89 et il me parla justement de
ces proxénètes de Lettres que les éditeurs l'incitaient vainement à imiter. Quand son esprit
allait vers le Midi aimé, il songeait plus intimement à Fourès et à vous /.../. Je vous devine
véritablement frère d'âme de Cladel et de Fourès /.../. Pour moi Cladel n'est pas seulement
Cladel : c'est le poète de mon terroir – je suis né à une dizaine de kilomètres de son moulin de
La Lande. » Perbosc annonce qu'il prépare un recueil des poèmes de Cladel, dresse un
inventaire des journaux auxquels Cladel a collaboré, une liste de sonnets, et propose à
R. L. de se joindre à son travail de recherches.        100/150

161 PERBOSC (Antonin). L. A. S. 7 pp. 1/2. in-12. Enveloppe.
Comberouger, 29 janvier 1902. Long et passionnant plaidoyer en faveur de la langue d'Oc. «
Vous êtes un contradicteur dont les critiques me sont encore plus précieuses que les éloges
/.../. Croyez que j'ai la même horreur que vous pour les vocables bâtards. Mais ne vous
méprenez-vous pas quelquefois sur les signes de bâtardise ? Au XIIe siècle, les langues d'Oc
et d'Oïl avaient une foule de vocables en commun, différenciés seulement par les voyelles
finales /.../. Il y a un échange perpétuel de mots entre les deux langues /.../. Montaigne,
Rabelais, etc. ont fait passer dans leur français beaucoup de termes provinciaux, avant Cladel,
Daudet et beaucoup d'autres. Certes nous les vaincus, nous n'aimons pas à emprunter aux
vainqueurs /.../. Le peuple a infesté les plus belles langues de patois /.../ j'appelle patois, vous
le voyez, une langue mal faite ou corrompue... En général la langue d'Oc, qui, elle, a été faite
bien plus artistement, presque toujours en se conformant à sa loi - est restée fidèle à ses
origines, et il est possible de reconstituer son unité /.../. L'évolution, dont il faut forcément
tenir compte quand elle a lieu par le fait des écrivains, est remplacée chez nous par la
décomposition, œuvre du peuple : nous sommes en présence d'une lacune. C'est cette lacune
qu'il nous faut combler en résumant l'œuvre absente de six siècles de littérature supprimés de
l'histoire par la fatalité. Voilà l'immense difficulté. Si l'écrivain d'Oc s'en tient aux sujets
rustiques, il a son vocabulaire tout fait : là, le peuple a fait l'évolution /.../ mais si nous
passons dans le monde moral, dans le monde scientifique, le vocabulaire est nul : il faut le
créer. Quoi d'étonnant si, en faisant cette création nécessaire, nous paraissons parfois sortir de
notre langue ancestrale ! Si je veux employer les termes de la chimie, par exemple, je serai
obligé de traduire du grec, du latin ou simplement du français. Hé ! Si je ne m'abuse, toutes
les langues actuelles ont fait cela /.../. Si vous écrivez, comme je le souhaite ardemment, une
longue suite au beau sonnet que je viens de lire dans Mont-Ségur, je crois que vous arrriverez
fatalement à voir que nous sommes logiques, aussi folle que puisse paraître notre entreprise
au premier abord /.../. Vous devez au moins un chef-d'œuvre en Oc à vos montagnes, que
vous avez si magnifiquement chantées en belle langue française... ». La lettre s'achève sur un
sonnet en occitan et annonce la parution de son livre Lo Got Occitan.     150/200

162 PERBOSC (Antonin). L. A. S. 4 pp. in-12. Enveloppe.
Comberouger, 23 décembre 1904. Perbosc remercie R. L. pour sa lettre consacrée au Got
occitan : « Votre lettre contient certainement les meilleures pages qui ont été écrites sur mon
livre /.../. Vos remarques, vos critiques me sont aussi précieuses que vos éloges ». Et il
développe ensuite longuement ses visées poétiques : « ... je ne puis m'en tenir à la langue du
peuple lorsque j'ai besoin d'exprimer des idées pour lesquelles les mots lui manquent. Les
poètes dans toutes les langues – j'entends les hauts poètes – sont condamnés à être incompris
du peuple ; à plus forte raison, on est dans ce cas lorsqu'il s'agit de ressusciter à la vie littéraire
une langue déchue. Si je ne voulais traiter que des sujets rustiques, à la bonne heure ! Je me
contenterai du jargon semi-français, semi-occitan, qui a été jusqu'ici la langue de nos rimeurs
de clocher. Ce que j'ai entrepris est bien plus hasardeux aussi je ne compte guère sur un
succès populaire. Ni sur un autre d'ailleurs. Qu'importe ? Je prends la langue populaire – oui,
cette langue vivante et déchue – et je m'efforce de l'élever à la dignité de langue littéraire en la
restaurant, en la complétant. Cela en restant fidèle à ses traditions, à son génie. Forcément,
l'œuvre paraît – est peut-être – artificielle. Telle fut celle de Dante, plus encore celle de
Ronsard... ». 100/150

163 PERBOSC (Antonin). 2 L. A. S. 7 pp. 1/2. in-12. 1 enveloppe.
– Comberouger, 20 juillet 1905. Perbosc, après la lecture des Symphonies pyrénéennes, dit
toute son admiration pour l'œuvre poétique de R. L. : « Un jour en tout cas, j'en ai la
conviction ferme, on admirera l'œuvre magnifique d'ampleur, de sincérité, de fierté, de beauté,
d'unité, qui demeurera inséparable de ces sublimes Pyrénées, dont vous avez traduit
inlassablement l'appel héroïque. Ad alta ! ». Un curieux post-scriptum est consacré au chant
des couleuvres : « J'ai la maladive curiosité de tout ce qui reste inexpliqué... dans la nature
/.../. Pour en revenir aux couleuvres, ont-elles un chant ? Je n'en sais rien. Mais j'ai entendu,
dans l'Aude, un chant qui doit être celui dont vous parlez : il est étrangement prenant,
troublant, triste et doux ; il m'a fait songer aux sirènes, il a l'air de venir des mythologies et
des préhistoires. On m'a dit que c'était le chant des fiusolos, qui sont les lézards gris ou les
salamandres... ».
– Comberouger, 29 septembre 1905. Commentaire enthousiaste sur La Voix du Soir de R. L. :
« le plus beau de vos livres /.../ tout le livre est admirable, tel un jour tourmenté qu'ouvre une
claire aube déjà pourtant annonciatrice d'un midi tragique, d'un couchant empourpré d'éclairs
et de sang, d'une nuit de ténèbres où tour à tour brillent et se noient les étoiles, qui, malgré
tout, luttent pour ne pas mourir /.../ toute votre pensée est dans ce vers lapidaire : Chaque
espoir a dans l'aile un plomb d'incertitude ». Joint 4 pp. imprimées de récits légendaires sur le
loup. 200/300

164 PERBOSC (Antonin). 3 L. A. S. 14 pp. in-12.
– s.l., 16 juillet 1907. Lettre consacrée aux problèmes de vocabulaire et de graphie en langue
d'Oc, pour laquelle Perbosc a œuvré pour « sa réforme intégrale ». Il transcrit, traduit en
français et propose quelques modifications à un sonnet en langue d'Oc de R. L.
– La Villedieu du Temple, 23 août 1909. Perbosc a été très occupé par son déménagement et
son travail d'enseignant. Ensuite, il mêle éloges et regrets sur le sonnet en langue d'Oc de
R. L. L'Aujol : « Votre sonnet est magnifique ; mais je ne puis m'empêcher de regretter que
vous n'ayez pas écrit sur ce sujet un poème de 50 à 100 vers /.../. Vos grandes ailes sont un
peu gênées, me semble-t-il, par le cadre du sonnet d'Oc, oui, j'y reviens, déployez-les
largement dans le poème de la Forêt. Aurais-je la joie de lire cela ? ».
– La Villedieu, 13 septembre 1909. Longue lettre technique consacrée aux questions
phonétiques et graphiques propres à la littérature d'Oc. Perbosc expose de façon un peu
pédantesque son « système » qu'il considère désormais achevé. Raoul Lafagette a ajouté en
marge ce commentaire : « Après l'éloge excessif, voici que Perbosc répond à l'envoi de mon
poème (?) par cette longue lettre, plutôt aigre, et en tout cas pédante, où il ne reste du poète
qu'un instituteur grincheux ».        200/250

165 PERBOSC (Antonin). L. A. S. 4 pp. in-12. Enveloppe.
Comberouger, 30 octobre 1913. Après un préambule sur la langue d'Oc et les remarques
critiques de R. L. : « Vous avez compris que je n'ai pas fait œuvre de vanité, œuvre de
mandarin ; mais œuvre sincère et désintéressée de fils fervent de la langue d'Oc », Perbosc
consacre le reste de sa lettre à la pièce La Grande Lorraine. « Ici je voudrais vous donner mon
impression et avec franchise, comme vous me le demandez. Avec franchise, oui, mais avec
compétence ? Hélas ! Si vous saviez mon ignorance en fait de littérature dramatique ! /.../. Je
connais les ouvrages de Joseph Fabre sur Jeanne d'Arc. Je sais donc que votre pièce est
irréprochablement documentée /.../. Jeanne fut de son temps ; ceux qui vous reprochent de
n'en avoir pas fait une sorte de Théroigne sont des idiots ; voilà tout. L'Art n'a rien de
commun avec la politique (tout au moins avec celle de certains bonnets de La Dépêche), ni
avec la Diplomatie /.../. Je vois bien que vous avez visé à la simplicité, à la peinture fidèle de
la vie de l'époque, et vous avez réussi en grande partie... Je rêve quant à moi une pièce
profondément populaire, absolument accessible aux âmes populaires et cependante très
savante, de forme archaïque rajeunie. Jeanne ne savait rien de l'histoire de son temps : je
voudrais dégager la pièce de tout le fatras des choses que nous savons et qu'elle ne savait pas,
tout en laissant deviner ce qui germait en elle de pensée moderne, de rêve et de volonté
révolutionnaires et antithéocratiques /.../. J'aime surtout votre Prologue, non le prologue
châtré, que des connaisseurs vous ont conseillé je suppose, mais le splendide Prologue
intégral sans en retrancher un seul vers /.../ les jacobins d'Académie où des poètes causent ; ce
qu'on appelle des "critiques", d'autres critiques que ceux qui œuvrent eux-mêmes, inutiles –
ou mieux : nuisibles –comme tous les Arts poétiques. L'Anarchie est désirable et réalisable
tout au moins en art. D'après votre conception, très indépendante, vous avez réalisé une œuvre
belle, tout est là... ». 100/150

166 PERBOSC (Antonin). L. A. S. adressée à Roger Lafagette. Montauban, 3 XII 25. 2 pp.
in-8.
Lettre consacrée aux questions de la traduction en poésie : « Il est entendu que tous les
poèmes sont intraduisibles mais il reste que les tentatives peuvent être très intéressantes. /.../
Interprétations, transpositions d’un poète : exercices qui m’ont toujours séduit. /.../ Le
Corbeau d’Edgar Poe et de ses traductions en prose et en vers permettraient des observations
bien intéressantes... Je vous recommande les interprétations de Rollinat et de Mme Lucie
Delarue-Mardrus... ». 80/100

167 PERBOSC (Antonin). L. A. S., accompagnée d’une traduction occitane d’un poème de
Sapho au verso de 2 cartes de poésies occitanes adressées à Roger Lafagette. Montauban, 3
VI 38.
Perbosc décline l’invitation à présider le Félibre de Foix, comme il l’avait présidé il y aura
bientôt 43 ans : « Croyez que je serai de tout cœur avec vous, Estieu et le grand souvenir de
votre père... ». Puis il remercie à nouveau Roger Lafagette pour sa traduction des Auzels et
joint une traduction en langue d’oc d’un fragment de Sapho : « Ainsi la pomme douce rougit
sur une haute branche... Atal la poma dosa amont-naut dal cabel se mostina... ». 80/100
168 POUVILLON (Émile). 5 L.A.S. à Raoul Lafagette. 13 pp. in-12, enveloppes annotées.
Romancier montalbanais (1840-1906) qui s’est attaché à décrire le monde paysan du Quercy
au XIXe s.
– 13 août 1894. Pouvillon accueille avec enthousiasme Pics et vallées : « J’étais préparé à les
lire et à les aimer par le culte que j’ai voué de tout temps à vos adorables montagnes. /.../
J’étais donc un peu initié et pas trop indigne de communier avec vous dans cet amour de la
montagne. Mais quelle émotion ! quelles images ! ».
– mars 1895. Nouvelle lettre enthousiaste à propos des Symphonies pyrénéennes : « Vous
avez, avec la splendide aumône de vos vers, donné à vos frères de la montagne le bon
conseil... ».
– 25 avril 1895. A propos d’un article de R. L. sur Estieu : « Je suis peut-être plus félibrien
que vous parce que plus fédéraliste. Mais si la nécessité de réveiller et de reconstruire la vie
provinciale me fait accepter avec reconnaissance le concours des romanisants, ma sympathie
pour eux s’arrêterait si je les croyais capables de mettre en danger l’existence de notre belle
langue française... ».
– 13 mars 1896. Lettre fort intéressante où Pouvillon aborde la question du Félibrige : « Le
sujet est épineux et la mesure difficile. /.../ Songez qu’il s’agit presque de ressusciter une
morte, la province. /.../ La vérité est que la renaissance des dialectes n’est qu’un tout petit
accident... au milieu du torrent de l’évolution économique qui se fait toute dans le sens du
nivellement et de la disparition des particularismes.. Alors à quoi bon chicaner aux
générations présentes cette amusette charmante du félibrige... ».
- 13 mars 1905. Commentaire élogieux de La Grande Lorraine. 300/400

169      RECLUS (Élisée). L. A. S. Clarens, Suisse. 5 VII 83. 1p. in-12.
         Belle lettre cordiale après lecture de Pics et vallées : « Comme vous j’aime les monts
/.../ comme vous j’aime les bêtes /.../ et comme vous je travaille pour l’avenir. », citant à
chaque fois des vers de R. L. : « Que faut-il pour sauver le monde ? / Deux mots : Amour et
Liberté ».       80/100

170 ROCHEFORT (Henri). L. A. S. Genève, 22 mai 1880. 1 p. 1/2. Enveloppe.
A propos d’un livre de R. L. : « Je lui aurais bien volontiers consacré un article dans Le
Rappel, mais j’ai craint d’avoir l’air d’empiéter sur les droits de mon collaborateur Blémont
dont les articles sont d’ailleurs très appréciés. Je suis au Rappel pour y faire de la politique...
».      50/100


LIVRES EN LOT ET A L’UNITE EN FIN DE VENTE

171 DANTE . La divine comédie. Le Paradis. Le purgatoire. L’enfer. 100 compositions en
couleurs de Salvador DALI. Paris, Les heures Claires, Foret (1959-1963). 6 vol. in-4 en ff.
chemise et étui
    2000/3000


172 LE JOURNAL AMUSANT. Journal illustré. Rédacteur en chef : Pierre Véron. De
1886 à 1899. 14 volumes in-folio. Reliure ½ chagrin rouge. Joint : -LE JOURNAL
AMUSANT. Nouvelle série, année 1901. 1 volume pt in-folio ½ chagrin rouge
  300/500
173 LE SIEGE DE STRASBOURG -1870. Album photographique des ruines de
Strasbourg. 52 photographies originales 21.5 x 27.5 cm par Baudelaire, Saglio et Peter.
Album in-4 à l’italienne plein chagrin rouge orné
    200/300

174 L’ILLUSTRATION. Années 1892, 1894, 1896, 1900,1901,
1903,1904,1906,1909,1910,1912,1913 : 12 volumes in-folio, reliés par année, ½ chagrin
rouge, fleurons dorés
   200/300

175 NODIER (Charles). Journal de l’expédition des Portes de Fer. Paris, Imprimerie
Royale 1844. Gd in-8. Maroquin janséniste rouge, dent. Int. Dor., tr. Dor. (reliure de
l’époque)
       Journal rédigé d’après les notes du Duc d’Orléans à l’occasion de son Expédition en
Algérie. Nombreuses vignettes dans le texte et 40 planches hors-texte sur Chine appliqué et
une carte. RARE EXEMPLAIRE DE PRESENT, avec la mention donné par La Duchesse
d’Orléans dorée sur le premier plat et le feuillet d’envoi manuscrit à l’adresse du lieutenant de
Mas-Latrie, membre de l’expédition
    1000/2000

								
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