L homme se réveille Janvier et Février 2006.rtf by tongxiamy

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									                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

                             L’ homme se réveille : Janvier et Février 2006.

   Premier jour de l’année…
   3 heures 06, le premier…

   Mais pourquoi est-ce que je faisais voter des enfants pour un projet scolaire alors que je n’avais
pas les compétences ou le niveau de formation requis la nuit dernière ?
   Comment se fait-il qu’en me baladant dans la cathédrale de Bourges avec Cyril j’ai eu l’impression
que j’étais la glace alors qu’il était le feu…
   Et surtout est-ce que le rituel du début d’année a toujours cette valeur magique ?
   Ce que tu fais le jour de la nouvelle année est un écho de l’année avenir…
   Au programme des heures de la première année et de ce qui a précédé :
   - Un coup de fil de mon père…
   - Initier des novices à certains jeux de plateau et au jeu de rôle…
   - Ne pas dépasser des limites en matière d’alcool ou quoi que ce soit…
   - Tenter de faire une séance de spiritisme
   - Essayer d’explorer plus profondément les rêves…

    Hum…
    Bref…
    Mon père m’a annoncé qu’il avait une pneumonie qu’il avait du mal à traiter. Ca dure depuis un
mois. Dans l’état de santé dans lequel il se trouve, je me demande comment il peut encore être sur
pieds. Tant mieux pour lui.
    Je sais qu’il s’inquiète un peu pour ma sœur et ma mère parce que c’est lui qui m’a demandé des
nouvelles d’elle. Pitin… Si seulement cette année une trêve pouvait être signée…
    Et Kat qui a gagné 6 euros en prenant un jeu.
    Et Jean Claude qui a une moule de cocu aux dés…
    Bon sang…
    Je ne suis pas capable de bien analyser ce début d’année. Il n’y a pas assez d’heures écoulées et
je n’ai pas l’œil assez frais.
    Frais…
    J’espère que j’aurais moins mal cette année…
    Et que je pourrai me permettre d’y voir un peu mieux…


   Journée du premier janvier…
   1 heure 15, le 2…

    Couché vers cinq heures, réveillé vers huit heures par des gueules saoules avec la sensation
diffuse d’avoir à me créer dans le rêve et aussi de toucher un peu karma.
    Des tas de jeux de plateau, une initiation au jeu de rôle pour Cyril, l’occasion de tester quelques
cocktails de mon crû, une longue partie de Risk le soir, Cyril malade, Emilie un peu patraque et pas de
séance de spiritisme ce soir.
    Déception. Forte déception. Mais résignation. Ce n’est pas le genre de chose dans laquelle on doit
se jeter fatigué.
    Tant pis. Ca fait deux mois que j’attends une occasion, la concrétisation n’en sera que meilleure.
    Et la pensée magique ?
    Ce qu’on fait dans la journée est un écho du reste de l’année…
    Bon, ben… Il suffira de savoir qu’il faut se créer les occasions et les moyens et saisir les
opportunités au bon moment.
    En plus, je ne suis vraiment pas déçu de mon week-end. Ca a été très bien que Jean-Claude, Cyril
et Emilie viennent. Ca nous a permis de vraiment nous amuser Kat et moi.
    Petite déception cela dit, j’ai oublié de procéder à mon rituel annuel : aller dans une église le
premier jour de l’an.
    Mais ce n’est pas comme si je n’avais pas eu l’occasion d’aller à la cathédrale la veille…
    Alors quoi ?
    Est-ce qu’une petite fille aurait pu nous contacter Cyril et moi et est-ce que nous aurions pu deviser
avec elle autour d’un verre qui chante…
    Peut-être, peut-être pas.




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

    Moi je sens que cet appartement est habité et j’ai envie que la manière dont il soit habité puisse
refléter le visage d’une jeune fille.
    Cette semaine, on essaiera de tirer la chose au clair ma femme et moi.
    J’en toucherai deux mots à Cyril demain matin… Histoire d’avoir ses impressions sur l’endroit.
    Sinon ?
    Hé ben je n’ai eu un coup de fil que de ma sœur (24 minutes de temps de parole pour Kat et 3
pour moi) et je me suis juste contenté d’appeler ma mère (qui allait manger chez mon cousin) et mon
père (qui n’était pas chez lui).
    Ca ne fait pas beaucoup de monde, hein…
    Ouais…
    Je voudrais bien connaître à fond une cinquantaine de personnes et pouvoir traiter en copain
quatre ou cinq cent individus.
    Mais hum… J’ai visiblement pas le talent encore, ni la motivation, ni l’aisance financière.
    Alors bon… Se concentrer sur la famille pendant que Kat envoyait les SMS, je crois que c’était
suffisant.
    Et puis je suis fatigué… Et il est peut-être temps que je rêve d’une petite fille qui habiterait ma
maison.
    Ou de Toutankhamon. Pitin… Toutankhamon. J’ai vu un reportage hier soir sur la momie la plus
célèbre du monde… C’est étonnant d’apprendre enfin comment le Pharaon est mort et quelles
pourraient être les origines de la « malédiction du Pharaon »
    Ca m’a même servi pour créer le personnage de cette après-midi pour la partie d’initiation avec
Cyril. Un délire sur un type très imbu de lui-même et de son image qui pense être la réincarnation de
Toutankhamon et que son frère jumeau fut la femme de Pharaon.
    On verra si on donne une suite aux aventures de la famille Mac Mahon…
    En attendant, douche, une image dans la glace et dodo…
    Trois heures de sommeil dans les pattes, je ne voudrais pas passer l’année fatigué.
    Je ne vais pas revoir comme ce matin les vidéos de Karma, celles que j’ai faites le jour de sa mort.
Ca brasse encore un peu et ça retourne les tripes de ma femme…
    Je ne vais pas non plus jeter mon chat contre le mur parce qu’il pète au moins autant que le chien
de Cyril.
    Je ne vais pas avoir des regrets parce que je n’ai pas assez de volonté ou que je ne reflète pas
encore ce que j’aimerais être.
    Les regrets, j’ai déjà dit que c’était de la merde.
    Je ne vais souhaiter que trois ou quatre choses de plus que mon « je veux plus de volonté » pour
cette année…
    - Que mon père se la joue plus tranquille que dans son dernier mois (avec pneumonie)…
    - Que les portes de mon esprit soient plus ouvertes…
    - Qu’un projet prenne enfin cours en matière artistique ou spirituelle.
    - Que l’année soit riche en rencontre en tout genres.
    - Que je gagne l’euromillions (ha ha ha).
    Allez, une grosse bise à 2006 et un voile sur 2005…
    Une page est tournée…


   Ecrire dans la matinée…
   2 heures 25, le 3

    Tiens, je me demande si je ne vais pas utiliser cette technique.
    En ce moment, je me sens vidé le soir.
    Et ça me permettrait peut-être de pouvoir poser à plat mes rêves.
    Ouais. Pas con.
    Les autres nouvelles pas intéressantes ?
    Je devrais avoir l’ADSL d’ici une dizaine de jours (yahou).
    Jean-Claude, sa nièce et Cyril sont bien rentrés sur Angoulême.
    J’ai eu pour la première fois d’puis un moment mon père pendant près d’une demi-heure au
téléphone.
    C’était un jour sans.
    J’ai passé ma journée à réfléchir à un système plus simple et plus fun pour un jeu qui est déjà
pourtant hyper simple.




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   J’ai visité le musée Estève et étonnamment je préfère les œuvres plus figuratives à celles qui sont
trop du brouillard pour moi.
   Je suis allé à la Préfecture pour rien afin de chercher un papier pour changer l’immatriculation de
mon véhicule. Apparemment, les fonctionnaires de cette administration tranquille avaient décidé de ne
pas bosser aujourd’hui.
   Je reprends ma gymnastique demain. La rediffusion intégrale de JAG sur la 2 va m’offrir l’occasion
de faire des exercices devant un truc intéressant à la télé…
   Rastaquouère et boule de gomme. Je m’arrête là…




   Eric Tabarly
   1 heure 53

    Bon… Ben c’est que j’étais une sorte de novice sur le bateau de mon père, moi, hier soir… Et je
vous raconte pas ma gueule lorsque je vois sortir d’un bain d’eau de mer (par un système de
circulation intérieure) le père Eric Tabarly, à poils et en plus gras.
    C’était lui le capitaine du bateau. Pas mon vieux.
    Je ne saurais pas raconter le reste du rêve, tellement l’image du mec un peu gras sortant de l’eau,
censé être une légende vivante, et se présentant un peu comme un sumo m’est restée gravée.
    Je pense que j’ai dû rêver de mon chat aussi.
    Les rêves, je m’en souviens mieux quand je me couche tard ou que je ne dors pas assez.
    Ca n’a pas arrangé ma matinée. La tête carrément dans le cul… Impossible de me décider à aller
faire les courses avant près de midi.
    C’est long ces conneries.
    Et j’ai pas été foutu de trouver les serviettes hygiéniques pour ma femme. Ouais. Apparemment,
de mon point de vue de mec, je ne fais pas la différence entre protège-slips et serviettes. Pitin, j’en ai
déjà acheté des trucs pour ma femme ou mon ex, pourtant.
    Mais bon, je sais pas. J’ai peut-être perdu la main.
    Eric Tabarly, bon sang. En philosophe marin… Je rêve de ce jour aussi où on pourra
« enregistrer » les rêves et se les repasser.
    C’te pure folie que ça serait.
    Il y a peu de romanciers du genre cyberpunk ou science-fiction qui ont pensé à ce mode de loisir
introspectif du futur.
    Ouais, j’ai bien conscience que tout le monde n’aurait pas forcément envie de revivre ses
fantaisies et de tenter de faire un peu de psychonautisme.
    Mais je ne sais pas… Je me dis que ça serait quand même parmi les films qu’on aurait le plus
envie de voir.
    Tant qu’à faire, moi en tout cas, je préfère mater un truc que j’ai créé et dans lequel je suis la
vedette. Même si j’ai affaire à Eric Tabarly à poil.
    Hu ?
    Quoi ?
    Non, je ne suis pas médium à ce point là. Je n’ai pas parlé au défunt Eric Tabarly hier soir.
    Et c’est pas plus mal. C’était mon film.


   Dans le pâté…
   1 heure 08, le 5…

    Ayé, si j’ai pas prévenu toutes les administrations, pour le truc le plus voyant quand je sors, je suis
berruyer. Ma plaque d’immatriculation a été changée aujourd’hui par le gars qui s’est établi juste en
face de la préfecture.
    Marrant comme gars, il mange des sandwichs végétariens parce qu’il se méfie de l’origine des
produits alimentaires carnés et il avait un mec un peu racaille, un de ses potes, qui a pas arrêté de lui
taper le carton toute la matinée.
    Marrant aussi l’administration de Bourges. Les mecs se sont décidés à envoyer des amendes
vieilles de deux ans et demi. Oui. Des tas d’amendes qui traînaient.



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    Vu comment je suis long pour des tas de trucs, c’est vraiment un pays pour moi… Le pays des
gens tranquilles qui prennent bien leur temps sans être pressés.
    Je ne me rappelle pas de mes pitins de rêves, sinon… Hé oué. C’est que je ne dors pas assez le
week-end. Lever trop tôt pour du coucher trop tard. Ca explose la gueule et ça empêche l’optimisation
des performances en journée.
    Je n’ai pas pu faire plus que la voiture, la chasse à une clé pour un local technique et des
nouvelles courses.
    En rajoutant les près de deux heures pour faire ma page du jour (à cause des retouches photos) et
la soirée télé, c’est sûr que la journée passe vite.
    A ce sujet, je ne suis pas mécontent d’avoir vu ce reportage sur l’industrie du luxe. C’est un truc qui
me fait vraiment tripper en jeu de rôle. J’aime bien faire jouer des mecs farcis de pognon et le
reportage m’a quand même filé quelques idées.
    Je jouerais bien, du coup, un mec qui est dans le diamant.
    Ouais, un acheteur pour une grande maison de la bijouterie.
    Ca claque un peu sa mère la manière de mener des affaires.
    Maintenant est-ce qu’en vrai, j’aimerais avoir autant de pognon ?
    Heu…
    Comme tout le monde, je suppose que oui. Mais je vivrais pas pareil que ces gens là. Comme tout
le monde aussi.
    C’est pas pareil, je suppose, de devenir nouveau riche que d’avoir été élevé là-dedans. Le rapport
au pognon ou à la possession n’est pas le même. La culture aussi.
    Je continue à être fasciné par ce scénario que j’ai en tête sur des gagnants du loto.
    Il va falloir que je creuse ça très fort.
    Imaginez le mec qui a la chance de gagner deux ou trois fois un gros lot en quelques mois à peine.
    Ca ferait pas un héros auquel on aurait envie de s’identifier, ça ? Hu ?
    Un pouvoir que nombre de personnes aimeraient avoir.
    Je détiens peut-être les clés d’un Harry Potter pour adulte si ça se trouve… Hu hu hu…
    Peut-être seulement, hein.
    J’ai suivi hier à la télé le décryptage du succès de Rowling. Ca donne envie d’être pareil, c’est sûr.
Sauf que je crois que la nana est un peu tapée du bourrichon. Elle a toujours refusé qu’Harry Potter
puisse connaître une adaptation en jeu de rôle. Alors que ça serait un univers parfait pour ramener un
jeune public vers mon loisir favori.
    Pourquoi est-ce que lorsqu’on réussit tout doit être forcément lié au fric énorme que coûte une
licence (et que des micro-marchés comme le jeu de rôle n’ont pas les moyens de s’offrir) ?
    J’ai vu que Bill Gates avait été nommé homme de l’année pour son action en faveur de la
vaccination dans certains pays. Excellent.
    Mais c’est sûr que la cause du jeu de rôle n’est rien comparée à la vaccination et que Rowling
pourra toujours continuer à dire merde à une adaptation de son univers.
    Hum…
    Je vais retourner rêver, tiens. Ca, au moins, ça coûte rien.


   Envie de chier…
   2 heures, le 6…

    Ouais… Je voulais appeler l’écrit du jour galette des rois. Mais bon… J’ai fait trois gags dessus
aujourd’hui et j’ai comme une sale envie de chier qui monte là.
    Dommage que mes chiottes ne soient pas chauffés… J’aurais bien passé un moment dedans.
    J’aime bien, parfois, rester un bon moment à bouquiner un truc.
    Les chiottes, c’est peut-être même l’endroit que je préfère pour lire avec mon lit.
    Enfin bref…
    Pour parler de trucs aussi cons, je me demande bien si c’est la peine que je prenne la plume.
    Je me demande pas longtemps, remarque.
    Tant qu’à pas raconter grand-chose ces temps ci, autant aller au bout…
    Les nouvelles du front sinon ?
    J’ai enfin obtenu mes quittances de loyer de l’agence, j’ai aussi pu attraper la clé du local
technique (ce qui sera plus pratique pour le technicien de Canal Sat qui doit normalement passer tout
à l’heure).




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   J’ai envie d’acheter un PC portable à 800 euros. C’est vraiment une affaire vu les performances
mais si je le fais, je me ruine hé hé hé. Et surtout, j’ai pas forcément besoin d’un autre PC pour du jeu
ou quoi que ce soit. J’ai surtout besoin que mon portable ne déconne pas.
   Faudrait que je me renseigne sur les upgrade possibles de matériel.
   Mais bon… Frisson. Mon portable a toujours merdé.
   Kat a arrêté quelques lieux pour partir un week-end prolongé en avril ou mai… On hésite entre
Vienne, Strasbourg, Paris (pour le Louvres) et le Mont St Michel. Je rajouterais bien d’autres villes
d’Europe de l’Est, mais le transport n’est pas évident.
   A priori, quand même comme ça, je dois avouer que Vienne me le ferait bien sur le plan culturel et
tout.
   Hum…
   Faut vraiment que je les attrape ces sous qui nous manquent…


   Le rêve étrange et pénétrant…
   2 heures 55, le 7…

    Là, ce soir, j’ai pas le temps.
    Mais ce fut vraiment une journée étrange.
    Tout d’abord ce rêve de quatrième couche avec Dieu qui était dans une boîte et la découverte de
ce qui faisait mon pouvoir réel. Je ne marche pas sur le même chemin que les autres, personne ne le
fait, mais disons qu’il y a des chemins plus tortueux quoi…
    Je résumerai tout ce que j’ai écrit demain, ou lundi. Ca risque d’être particulièrement étrange et
pénétrant. On peut carrément parler du signe que j’attendais.
    Ensuite, ben, j’ai déplacé quelques cartons, joué (pensée magique sur quelques chiffres au loto),
vu arriver le technicien de Canal Sat et su que ma connexion ADSL était activée…
    Problème, je n’ai pas mes nouveaux paramètres de connexion. Il va falloir que le neuf m’envoie ça
assez vite. C’est trop con d’avoir l’ADSL mais pas quelques chiffres pourris pour y accéder.
    Le retour de la télé du coup ?
    Ha bien. C’est quand même autre chose de pouvoir profiter de l’anglais.
    C’est un peu notre cadeau du mois ou de l’année. Comme c’est moi qui ai payé le technicien, c’est
aussi un peu le cadeau que je devrais faire à ma femme le 12 janvier.
    La partie de jeu de rôle de cette aprem sinon ? Oh ben je crois qu’un certain rythme est trouvé
avec Jérome et Céline.
    Je ne leur ai pas demandé encore comment ils appréciaient mon style de maîtrise, mais disons
qu’ils ont quand même l’air d’être intéressé par l’histoire et qu’ils rigolent aux airs ou attitudes de
certains pnjs.
    Je me retrouve donc avec une équipe constituée d’une shaman adepte du totem du koala, d’une
chimiste ours-garou et d’un ex-militaire passé flic…Ca devrait pouvoir donner quelques moments
sérieux au niveau du punch.
    Ce qui me manque, c’est une autre partie le samedi parce que jouer le vendredi après-midi, ça me
fait un peu bizarre par rapport au week-end. Tout à l’heure, j’appelle les responsables de club dont je
retrouverai le numéro. Olé.
    Pitin… Je repense à ce rêve…
    Des boucles qui se bouclaient con, des réponses qui se donnaient, des signes qui étaient avancés,
comme si j’étais à la fête. Plus à la fête que les rois…
    Sacrés rois, faut que je rachète une galette demain, tiens…


   Le week-end prochain…
   Minuit 56, le 7…

    Bon sang, il faudra que j’en fasse plus. Résolument, j’aime bien mes deux parties par semaine,
moi. C’est en ne retrouvant pas les potes pour jouer que je ressens vivement cette sensation
d’isolement.
    C’est sûr que l’installation de Canal Sat permet de remédier à la manière dont plusieurs heures
peuvent être occupées.
    J’ai pu tomber pile juste à temps pour voir la quatrième saison d’Enterprise ou voir les premiers
épisodes d’une série produit par HBO Amérique du Sud.
    Problème sur cette série appelée policière appelée Epitaphios, je sais déjà qui est l’assassin.



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   C’est pas dur de deviner remarque, quand tu as l’habitude de créer chaque semaine.
   Je crois vraiment que ma maîtrise du jeu de rôle a servi de tremplin pour ma capacité d’analyse
des scénarios et de décryptage des informations.
   Bon sang, j’aurais aimé, aussi, en dire plus sur mes rêves, celui de la nuit dernière et d’il y a trois
nuits mais il y en a un que je n’ai pas noté et l’autre dont les notes sont égarées dans le salon.
   Planning de la semaine, tiens en passant.
   Deux choses seulement…
   S’occuper de trouver au moins un club, reprendre la gym.
   Basta.
   On verra comment je serai en forme le week-end prochain alors.
   La chute est consommée.
   Faut saisir cette échelle, crédiou.
   En croisant aussi les doigts pour que ma sœur ait de bons résultats d’examen médical.
   Quoi ? Je n’ai pas parlé des ennuis éventuels de santé de ma sœur ?
   Ha… J’aime pas parler de ça.
   Enfin, j’aime pas trop.
   Une manière de conjurer le sort alors qu’il y a peu de chances pour que les nouvelles soient
mauvaises.
   Le week-end prochain ça ira mieux je vous dis.
   Nettement mieux.


   Toutes ces choses infimes…
   Minuit 7, le 10…

    Ma femme a rêvé que notre ancien appartement était redécoré de façon moche avec un papier
peint rose à fleur qui laissait sur le cul notre brave ami Jean-Claude.
    J’ai vu un truc sur Paris Première appelé Super Volcan. Une sorte de docu fiction de la BBC sur ce
qui se passerait si le super volcan du Yellow Stone pétait. Hum. Ca mériterait que je fasse une partie
de jeu de rôle là-dessus, tiens… Ou que je situe le futur de mon monde favori en tenant compte d’une
hypothèse de ce genre.
    J’ai recommencé ma gymnastique aujourd’hui. Ouille. Mais ça suffisait aussi. On arrive au bout du
corps qui se laisse aller.
    Je commence à ouvrir les yeux pour faire une séance de spiritisme dans pas longtemps. Il y a trop
de signes qui apparaissent pour me pousser à en faire une. Et j’ai vraiment la sensation que cet
appartement est habité (que ce soit juste par un résidus d’impressions psychiques, un réel fantôme,
un écho de mon inconscient, peu m’importe, je dois faire quelque chose)
    J’ai finalement monté les trois étagères offertes par les parents de Kat. Après les avoir disposées
ailleurs qu’à l’endroit où la mère de Kat les avait prévues, j’ai opté pour les laisser là où elles avaient
été initialement prévues. Ce qui est con, c’est que ça bloque le déménagement de mon bureau, mais
on verra cet été. Et puis je veux pouvoir me connecter en wifi et prendre un portable cette année…
    J’ai allumé la télévision ce matin et aux premières images je me suis dit : tiens, un film qui se
passe à Ouessant. C’était un truc appelé « L’équipier » avec Sandrine Bonnaire. Je me suis goinfré
une heure dix de film suivi par un autre truc avec Judith Godrèche. Dans les deux cas, force est de
constater qu’on peut faire des films français regardables. A condition de les matter à la télé. Jamais je
n’aurais envie de payer pour les voir au cinéma. Mais je n’ai vraiment pas été déçu par le personnage
de Godrèche ou le jeu des acteurs dans « L’équipier ». Et puis voir des lieux que tu connais mis en
film, ça fait bizarre. Tu vois les acteurs prendre un chemin pour arriver quelque part et tu sais que ce
n’est pas par là que c’est possible d’aller là-bas. C’est assez marrant.
    J’ai appelé ma mère pour qu’elle regarde la série en espagnole que j’ai vue hier. Elle m’a confirmé
que pas mal de sud-américains parlent moins vite que les espagnols de souche. D’où plus de facilité à
suivre un truc argentin. Ma mère m’a aussi dit que les résultats d’examen de ma sœur étaient nickel.
Tant mieux. Deux mois à attendre pour savoir si t’as ou non des cellules pré-cancéreuses, ça a de
quoi te filer un max de bourdon.
    Pauvre petite sœur. Il y a quelques jours je vois sur la trois un vieux chinois de 76 ans qui s’est
défendu lors d’une agression. On lui a tiré deux fois dessus mais il ne s’est pas laissé démonter. Eh
ben pitin, le chinois, il est voisin de ma sœur. Juste le bloc à côté qu’il habite. Ma sœur a entendu les
coups de feu. C’est encore l’enfer dans certaines parties du monde visiblement.
    Je sais qu’avant la fin de la semaine j’ai un boulot ou une rentrée d’argent. Hum. Bizarre, hein ?




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

     Mais c’est comme ça. C’est un fantasme qui m’a traversé vaguement aujourd’hui mais qui sonne
avec des accents de vérité.
     Je me demande aussi pourquoi mon portable qui ne cesse de tourner en boucle à l’allumage se
met à démarrer enfin lorsque j’impose les mains dessus. Enfin, je n’ai vérifié le phénomène que trois
fois. Au bout de dix, si ça se produit, je lance ma carrière de magnétiseur, hu hu hu…
     Je sais déjà quels numéros je vais jouer au super loto de vendredi 13.
     Est-ce que je vais gagner ? A des tas de millions de chances, non.
     Mais ça me fait repenser à ce que j’ai écrit à Céline hier dans un mail. Ce que je ferais si je
gagnais le gros lot. En premier.
     Eh ben y a pas photo : d’abord ma gueule et celle de ma femme, je me casse pendant plusieurs
mois autour du monde. Je visite en premier l’Australie, je passe à la Nouvelle Zélande, Nouvelle
Calédonie et puis des pays de l’Asie du Sud-est pour me payer une grosse tranche d’USA ensuite.
     Ca, ça serait le premier voyage.
     Pourquoi l’Australie en premier ?
     Sans doute parce que je n’oublie pas que les aborigènes ont tout compris au temps du rêve et que
j’ai soif des paysages réels ou imaginaires de là-bas.
     Et que ma femme aurait enfin la possibilité de tenir un koala.
     Pitin, tant que je me tiens, j’aimerais bien savoir où j’ai foutu mes deux pierres fétiches, tiens…
     Tu sais pas ducon ?
     He ben non, je sais pas.
     Merde.
     Fais chier.
     Bah, j’ai rien jeté. Je finirai bien par remettre la main dessus.


   ADSL
   2 heures 31, le 11…

    Alléluia.
    Tu es revenu mon doux et beau…
    Dois-je mouiller mon slip ?
    Oh oui mon doux et beau. Oui.
    C’est une partie de ma vie qui recommence. Je me sens moins isolé.
    Et en plus mon mail sur ma messagerie principale sera mon prénom sans faute d’orthographe.
    Du coup, j’avais la pêche pour faire deux ou trois pages du jour en avance ce qui m’a niqué la
possibilité d’écrire un truc plus long, de répondre àThomas Gregory ou de rédiger mes rêves.
    Tant pis.
    De plus en plus je me rends compte que les pages du jour sont plus essentiels que l’écrit. On dit
plus par certains regards parfois.
    Demain, le programme sera de faire une belle lettre à Thomas Gregory. Après avoir lu un courrier
vieux d’un mois et demi et un autre d’une semaine.
    Il faudrait peut-être aussi que je fasse les soldes parce que ma femme a besoin de certaines
affaires. Mais je crois que je ne serai pas doué pour lui choisir des pantalons ou les essayer à sa
place…
    Nan. Je vais plutôt m’occuper de contacter des clubs.


   C’est loin là-bas
   1 heure 1, le 12…

   Bon ben, je voulais écrire à Thomas, mais j’ai toujours pas lu sa lettre.
   Je devrais donc répondre à Eric qui m’a narré dans le détail ses vacances en Australie et le fait
qu’il ait du se taper 6000 km en trois semaines… Mais voilà…
   Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma femme.
   Pas le vrai.
   Celui que je lui ai inventé.
   Et franchement, je peux pas trop parler d’autre chose du coup.
   Ho, si je pourrais dire que j’ai tué le diable dans mon rêve de la nuit dernière ou retrouver ce foutu
rêve d’il y a une semaine pour le retranscrire ou commencer à m’atteler à la rédaction du journal de




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

voyage aux states ou trouver un concours de nouvelles ou me réjouir parce que je pense que ma
présence sur la mailing list des rôlistes de Bourges va un peu activer les choses.
    Y a toujours plein de trucs à raconter.
    Par exemple, cette après-midi, j’étais parti pour acheter plusieurs bouquins à ma femme et puis je
me suis rendu compte que je les prenais presque plus pour moi : Iliade et Odyssée (version pas
raccourcie), Hamlet, Histoire de l’Egypte ou des conflits au moyen-orient. J’ai même pris un truc sur
les légendes de la Bible.
    Moué. Je me dis que tout ça servira un jour et que de toutes les manières le format des livres
(poche) et leur prix (deux euros pièces) n’est pas ce qu’il y a de plus ruineux.
    Mais je n’arrive pas bien à lire les livres.
    Je suis résolument plus enclin à lire sur PC ou à faire du forum. Cette après-midi, par exemple, j’ai
récupéré le fichier béta d’un jeu qui va sortir en format électronique. Je me suis bouffé 70 pages sur
les 80 en moins de deux heures. C’est pas un rythme rapide, mais bon, d’un seul œil je m’en
contente…
    Il faut que je finisse les dix dernières pages d’ailleurs. Je ne sais pas si je ferai une page du jour ce
soir du coup.
    Et voilà que je m’égare, je ne parle plus de ma femme, je ne réponds plus à personne, ce sont les
pensées qui défilent…

    - Si je te donne une cigarette, petit, est-ce que tu pourras transmettre un message pour moi ?
    - Bien sûr… Fit le petit lapin. Qu’est-ce que tu veux que je lui raconte à ta drôle ?
    - Que je m’en vais. Que je me barre de ce merdier, le lapin… Il est temps pour moi d’entendre
chanter les sirènes et de voir la lune se refléter sur la mer d’ivoire…
    - Wow… Et tu crois qu’elle ne sera pas triste ?
    L’homme au long manteau plissa légèrement le front, les rides semblèrent se figer pour toujours au
dessus de ses sourcils.
    - Les larmes finissent toujours par rejoindre la mer d’ivoire, elle sera toujours un peu avec moi…
    - Mais t’es sûr ? C’est pas égoïste de se barrer comme ça tu crois ?
    - J’ai pas envie de crever, le lapin, si je reste dans ce merdier, si je continue à faire comme
d’habitude, je vais pas m’en sortir. Mon chemin, c’est la mer d’ivoire et le chant des sirènes. Ca fait
des années que je repousse le moment mon vieux. Des années.
    - Et qu’est-ce qui t’a décidé ?
    L’homme au long manteau tendit légèrement son index vers son front…
    - Les rides, mon vieux, je me fais vieux et j’ai pas encore dansé, j’ai pas encore chanté, j’ai pas
encore vu les lumières. Toutes ces choses que tu devrais avoir faites avant que la première marque
de la sénescence ne reste indélébile sur ton visage.
    - Tu pars demain ?
    - Non après-demain seulement… Demain je règle mes dernières affaires. Je vends mes avoirs, je
liquide mes vieux stocks, je me débarrasse de mes livres mangeurs de poussière.
    - Et t’es sûr que tu n’aurais pas envie qu’elle soit là avec toi ?
    - Non, lapin, prends ta cigarette et tire toi. Va. Va je te dis. Laisse lui juste le message : le chant
des sirènes et la mer d’ivoire…
    « Bon sang… » Pensa le lapin en regardant l’homme au long manteau s’éloigner… « Il fumait
vraiment de la merde çui là… »
    Et le lapin n’avait pas tort…

   Enfin bref…
   Bon anniversaire petit chat 


   Comment ça va…
   Minuit 6, le 13…

   Comme ça serait encore une fois compliqué de répondre à l’un puis à l’autre, voici une petite lettre
pour Fabrice, Philippe, Françoise, Thomas, Eric, Céline, Marie et Maud.
   Ha tiens, on est vendredi 13…
   J’ai joué pour 7 euros 50 au loto…
   J’ai aussi joué la journée du 12 à deux ou trois jeux à gratter. Mais évidemment je n’ai rien gagné.
   J’ai gagné autre chose cela dit aujourd’hui.
   J’ai eu un mot de mon père dans la boîte aux lettres.



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    Je me suis fait des contacts avec des gens qui ont les mêmes loisirs que moi sur internet.
    Je me suis rendu à la boutique d’ésotérisme du crû histoire de faire bonne impression et de mener
ma première approche du monde occulte de Bourges. J’espère que cela aura quelques
conséquences. Je tiens à trouver des personnes assez connectées pour me permettre d’évoluer. En
ce sens, le projet est d’abord d’être visiteur d’hôpital. Mais il me faut connaître quelqu’un à l’hôpital.
Ca tombe bien, la femme qui tient la boutique d’ésotérisme a une cliente infirmière. Et elle va toucher
deux mots à cette cliente à mon sujet.
    Je t’ai déjà raconté que j’ai une faculté assez pratique… Une sorte de don d’empathie. Les gens,
ils causent facilement à votre serviteur, ils se livrent sans peine. Même si je porte les lunettes. Peut-
être plus depuis que je les porte. Le côté mystère sans doute.
    J’aimerais croire que je me suis fait un bon contact en ville avec la vendeuse de la boutique
d’ésotérisme. Elle détient une partie des clés de mon avenir spirituel.
    Financier, c’est autre chose.
    Je ne tiens pas précisément à gagner de l’argent en pratiquant ce que je sais faire en matière de
communication et (si l’on y croit) de magnétisme ou de chamanisme.
    C’est juste que ça fait partie de ma résolution de cette année : m’y mettre.
    Il faut bien passer le cap.
    Et celui de la maturité est plus que largement atteint. Il y a un véritable plaisir à aider les gens. Une
sorte de griserie de l’âme. Non pas parce que vous avez le pouvoir sur eux, mais plus parce que vous
découvrez que vous l’avez sur vous et que vous suivez un chemin qui semble juste.
    Mais foin de ces considérations un peu ésotériques, tout le monde n’est pas forcément friand de la
chose.
    Les autres nouvelles que je voulais énoncer sont de nature diverses. Ca va paraître un peu
brouillon, mais il faut bien les poser non ?

    Ma sœur, qui se morfond en Guyane française va rentrer en Août avant son mari. Elle en a marre.
A deux pas de chez elle, quelqu’un s’est fait tiré dessus. Elle a attendu deux mois des résultats
d’examen pour savoir si elle n’avait pas des cellules précancéreuses. Elle n’en peut plus de la chaleur
et de la manière que le gens possèdent là-bas. C’est que la Guyane vit dans une sorte de passé, avec
des règles et des coutumes qui nous apparaissent moins civilisées. Nous apparaissent seulement.
Quand on pense aux ravages que fait la société de consommation sur un pays comme l’Amérique, on
es-t bien peiné de parler de civilisation n’est-ce pas ?
    Ne fais pas réparer, achète un truc neuf, ça coûtera moins cher.
    Achète le dernier DVD.
    Achète le dernier cri de la high tech.
    Ne laisse pas ton voisin avoir une plus belle voiture que toi.
    Tu as absolument besoin de ce robot ménager mon enfant.
    Que serait ta vie sans ce formidable appareil de gymnastique, hein ?
    Tout est dans la manière de poser son regard sur la société je suppose et de définir ce qui est ou
non supportable.

   Ma mère va comme elle peut. Elle est toujours patraque depuis son cancer. Sa fille lui manque,
ses petits enfants lui manquent. Etre seule doit lui peser parfois. Et je comprends que ce n’est pas
facile. Maintenant que j’ai récupéré avec mon opérateur le téléphone illimité, il faudrait que je fasse
plus d’effort pour l’appeler plus souvent. C’est dommage que je déteste le téléphone. C’est pourtant
un moyen pratique pour rester en contact, hein.

    Mon père ne tient pas la forme. Il attend des résultats d’analyse pour lundi. Ca m’emmerde grave
qu’il ne tienne pas la forme. C’est sans doute lié à une pneumonie. Je suis à deux heures et demie de
route de chez lui. Il m’a demandé de ne pas passer en janvier parce qu’il était vraiment crevé. Je
tenterai de faire ça en février. Sauf s’il a de mauvais résultats d’analyse. Moi qui veut tenter de faire
visiteur dans les hôpitaux… Il va falloir aussi que j’apprenne à gérer la souffrance ou la douleur des
proches.

    Ma femme se fait à son nouveau travail. Petit à petit. Ses collègues sont des gros fainéants. Il faut
dire que les choses ne bougent pas vite dans le département dans lequel j’habite maintenant. C’est
une ambiance qui doit ressembler à la lenteur des tropiques. J’ai rarement vu ça. Il ne faut vraiment
pas être pressé la plupart du temps par ici.




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

    Je lui ai fêté aujourd’hui un deuxième anniversaire. Je pense résolument que mon idée de se créer
un deuxième anniversaire n’est pas si con. Ca permet de fêter un truc de manière plus intime et ça
incite à trouver d’autres idées pour des cadeaux.
    Je lui ai offert des bouquins idiots. sur des trucs à avoir dans sa cuisine. Comment bien cuire les
herbes, comment nettoyer un parquet untel avec un produit x. Je lui ai également offert un livre sur le
spiritisme afin qu’elle puisse s’en servir lorsqu’elle sera maître de jeu en jeu de rôle. Dans le jeu
qu’elle sera censée faire jouer, c’est la pleine époque Victorienne. Les tables tournantes sont légion
dans les cercles mondains. J’ai aussi pris ce bouquin pour qu’elle n’ait pas peur de la chose lorsqu’on
fera une séance de spiritisme pour de vrai dans cet appartement. Et puis je lui ai aussi filé un bouquin
sur les sushi avec la vaisselle qui va avec. Elle adore les sushis. Autant aussi savoir les faire. Le truc
embêtant, c’est pour trouver l’espèce d’algue dont ils entourent le riz. Enfin, je suppose que c’est
possible de trouver ça sur Paris.

   Et moi ? Le travail ? Oh ben, c’est pas demain la veille, hein. Pour l’instant, je me pose en relecteur
et donneur d’idées pour deux ou trois jeux (c’est du bénévole), je compte m’investir dans le milieu du
jeu de rôle du Cher et dans le milieu de l’Esotérisme sans compter le fait qu’il va falloir que je
reprenne le train de l’écriture. Mais pour l’écriture, je crois que je vais attendre Février.
   Le temps de bien me remettre en forme et d’avoir tout mis en place dans la maison.
   C’est vrai qu’on est toujours totalement dans les cartons du déménagement et que presque rien
(au niveau des livres, bibelots) n’est rangé.
   Il faut arriver à creuser son nid pour s’envoler.
   Enfin, c’est comme ça que je suis.

   Je te souhaite une bonne année. La bonne santé aussi. Une bise à toute la famille…

   La bible…
   3 heures 15…

   Eh ben pitin.
   Je viens de me taper le dernier volet sur Arte du comment du pourquoi tout ceci avait été écrit et
surtout du « dans quelles conditions ».
   Rho.
   Tu supprimes un personnage historique et tu zappes plein de conneries qui ont été commises au
nom d’un foutu Dieu unique de mes roustons.
   Qu’est-ce que je suis remonté, pitin.
   Toujours.
   J’arrête pas de revenir là-dessus. Mais je le vis de plus en plus comme une plaie de l’Histoire.
Quels travers, bon sang. Quels maux. Que de cultures effacées…
   Mais c’est le propre même de l’Histoire après tout : d’écrire les paroles des vainqueurs.
   Ca m’a donné furieusement envie de jouer un scénario historique avec des personnages qui
remontent dans le temps et manipulent certains évènements vers le septième ou sixième siècle avant
JC.
   Le seul truc qui m’attriste un peu, c’est qu’on n’a pas parlé du petit Jésus.
   J’attends avec impatience qu’un documentaire sur des archéologues sérieux déboîte le mythe.
   Evidemment, il y a lobbies et groupes de pression pour que cela ne se fasse pas.
   Mais d’un point de vue « chrétien », ce n’est pas très charitable de laisser des gens dans l’erreur
ou de ne pas leur donner toutes les cartes en main.
   Parce que tant qu’à croire, autant y aller à fond, hein…
   Raël, salaud, t’as tout compris.
   ‘Culé. C’est ça qu’il faudrait que je fasse, tiens.
   Tout comprendre.
   Allez, j’ai un scénario à pondre pour faire jouer ma femme. Bon week-end.


   Zombie factory
   4 heures 33, le 15…

   Roa, yargl.
   J’ai réussi à poser mes marques, je vois à peu près comment je vais pouvoir gérer les week-end
où on sera sans joueurs ma femme et moi.



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   Il y a un ou deux jeux de rôles qui se prêtent relativement au solo. Ca devrait pouvoir fonctionner.
   J’ai lancé une partie qui repose sur la mise en abîme et sans doute le questionnement sur la
Réalité. Est-ce qu’on est dans le vrai ou dans un jeu télé futur de l’extrême ?
   Un scénario qui doit tenir en partie de Lost, je suppose. Même si je n’ai pas vu Lost.
   Et il n’y a que huit protagonistes principaux. Plus facile à gérer.
   Tout à l’heure, je devrais voir ma p’tite Françoise. D’puis l’temps qu’elle me tanne pour que j’aille
voir son groupe vocal.
   Enfin, on verra bien. J’espère qu’ils auront du monde.
   Il parait que la salle où elle va jouer est un peu dans une zone craint craint.
   Mais bon. Il faut voir comment les braves gens du Centre peuvent avoir peur de choses étrangères
aussi. Hein. C’est qu’il n’y a pas trop de couleurs en ville quand même.
   Allez, je reste pas. Il est déjà tard et je dois me lever demain, mayrde.
   J’ai été un zombie tout le début de soirée, c’est sans doute pour ça que je suis encore nickel.
   Pitin.
   J’arrive pas à trouver un horaire idéal. Ou en tout cas, je suis toujours indécrottablement plus
fonctionnel la nuit.
   Ce qui est un peu con ici. Parce qu’on a vraiment trop peu de lumière dans l’appart.
   Faut que je synthétise ma vitamine D, moi, mayrde…
   


   Initiation
   10 heures 40, le 15…

    Entre ce rêve de la semaine dernière (qu’il faut que je retrouve) et les sensations ressenties cette
nuit au cours d’un rituel d’initiation et de purification (avec épreuve de vie personnelle) auprès d’une
vieille shaman, je commence à me poser des questions…
    Bon d’accord, c’est sur le plan psychologique juste une volonté de guérison, enfin du moins pour
les rationnels et cartésiens.
    Mais chacun son paradigme… Au niveau du feeling et du ressenti, j’ai déjà dit que je préférais la
voie (ou la voix ) du shaman. Il y a plus, pour moi, dans les rêves que le simple cri de l’inconscient. Il
y a celui de plusieurs inconscients, il y a la mer des âmes ou cet espace de rencontre…
    Et là quid, hein… Quid…
    Je serais un shaman, à priori, le rêve (il ne m’en reste que des sensations) de cette nuit
correspondrait à une étape de plus dans un processus d’initiation.
    La tradition voulait que le shaman emporte avec lui un objet pour savoir qu’il rêvait et revenir au
monde réel.
    Je n’emporte pas encore d’objet.
    Après avoir tué le diable il y a quelques jours (hé hé hé, et là, on restera plus dans le domaine de
l’auto-thérapie et de ma volonté qui se réaffirme), je pense que j’arriverais au moment j’acquiers ma
dimension d’homme médecine dans une société traditionnel.
    En tout cas, ces rêves de soins et de guérison (qui passent par la purification et le soin de soi en
premier) seraient sans doute un signe de l’éveil à la réceptivité avec le monde des esprits ou des
totems.
    On peut en rire.
    Mais il ne faudrait pas plus en rire que si le mec d’à côté vous disait : pitin, je ressens Dieu, j’ai
ressenti la présence de Dieu…
    Dieu n’est absolument pas dans mon paradigme. Le Tao, lui le pourrait. Mais cette affaire de
connexion avec la création par le biais de la sagesse ou de la foi la plus pure en un système de
pensées ou de lois, je ne sais pas, c’est pas pour moi non plus.
    A vrai dire, je serais dans une société traditionnelle, la principale question que je me poserais
serait : quel est mon guide ou mon totem ?
    Et si j’avais à répondre au conseil, je dirais : Chat a accéléré mon processus de transformation,
Ours guidera mes pas, l’homme sage et la vieille vont m’assister.
    Hum.
    On se pose toujours vaguement la question hein…
    Est-ce qu’on ne va pas passer pour un dingue en étalant tout ça ?
    Moi je répondrais assez facilement… Est-ce qu’on ne reste pas un peu dingue en restant
totalement coupé de la vie spirituelle et uniquement plongé dans les problèmes liés à la société de
consommation ou au désir de possession matérielle ?



                                                    11
                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   N’y a-t-il pas un moment où des fonctions de l’âme se flétrissent ?
   Ha bien sûr, on pourra répondre que l’âme ça n’existe pas.
   Mais on ne pourra pas le prouver.
   Tic, tac, toc…
   Il faut que je me trouve mon objet de lien, tiens… Une pendule en cristal, peut-être. Ouais, c’est
pas con si je veux me le taper new-age.
   Mais je laisserai l’objet fétiche se révéler à moi.
   A moins que ça ne soit ma fichue pierre fétiche que j’ai retrouvée hier. Possible.
   On verra bien… 

   Extrait de forum
   2 heures 42, le 16


Cédric Ferrand a écrit:

Moi, si j'ai autant pris de plaisir à Pendragon, c'est que la magie y était étrangère aux PJ et pourtant,
ils y étaient confrontés quelques fois. C'était la même magie qu'utilise Brussolo dans "Le chateau des
poisons", "L'armure de vengeance" et autres "Hurlemort" : du vrai fantastique où tu ne sais pas ce qui
est vrai de ce qui est faux car tu ne contrôles pas cette magie là, elle t'est étrangère.

    C'est MA manière.
    Je n'ai pas lu Brussolo.
    Mais c'est MA méthode un.
    Dans une situation donnée, que chacun puisse faire son chemin et se dire ceci et cela.
    Et surtout que ça ne soit pas régi par des règles mais par l'imagination ou mon idée de base.
    Mon dernier scénar en cours semble purement tordu de manière cyberpunk, pourtant il reste une
forte possibilité que l'élément fantastique (qui n'est pas encore apparu au pj) arrive dans le sens où
c'est le pj qui manifeste et projette toutes ses angoisse au cours d'un horrible huis clos.

   Dans tout jeu, je me permets de me débarrasser des règles qui m'encombrent quand le scénario
que j'ai me semble être une idée assez bonne pour transgresser les dites règles. Quand les joueurs
n'ont plus aucun repère, c'est bon.

   Je réitère mon explication sur le fantastique... J'aime qu'il y en ait dans l'univers (attention, y en a
pas dans chacune de mes parties, l'essentiel de mes parties tournerait plus vers les conflits
personnels, les drames psychologiques et les quêtes personnelles) parce que le jdr c'est synonyme
de rêver pour moi.
   Et j'aime pas faire des rêves réalistes.
   J'aime pas du tout.
   J'aime que ça soit un peu fumé...

   Maintenant quel que soit le jeu, si c'est pour jouer sur la durée (en one shot c'est différent), il n'y a
qu'une catégorie de personnage qui m'intéresse : le médium et ses dérivés (mage ou prêtre, psi ou je
sais pas quoi) Mais surtout le médium. La clairvoyance, la psychométrie, le soin des âmes...
   Un truc que je propose à mes joueurs de jouer s'ils veulent et dont j'interprète les règles selon mon
bon vouloir. Je distille du fantastique au feeling. Si c'est intéressant d'être projeté dans le rêve d'une
personne ou dans son passé dans un scénario grâce à un pouvoir, je prends...

   Je dois avouer par contre que la magie très rationalisée par des règles très précises ne m'excite
pas particulièrement le frifri.
   Ce n'est plus qu'une sorte de science avec des effets bien quantifiés.

   Il y a carrément un truc intéressant à faire dans la gestion de son simple feeling.
   Je cherche un mj feeling, qui aurait la même longueur d'onde que moi pour la gestion du
fantastique... Mais c'est pas évident à trouver. Pas que je suis particulièrement bon là-dedans, non.
Je parle juste d'une qualité dans l'état de rêver.

   Pourquoi joue t'on au jdr en définitive ? Moi c'est pour rêver plus que la vie.




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   Voyager dans l'histoire, oui, bon, j'ai rien contre. Mais voire les chaînes du câble me suffit.
Pareil pour la géographie.

   Bref. C'est tout quoi.
   Si mon rêve ne peut pas ouvrir des portes étranges à certains moments, c'est pas un rêve que j'ai
envie de continuer. Le mystère sera toujours moins grand.

   Ensuite en ce qui concerne le fait d'incarner des personnages, ben oui... hein.
   J'ai plus de fantasmes sur des personnages avec du pouvoir mental, social ou financier qu'incarner
des gros bourrins en armure, des as du combat ou des rois de l'espionnage. Et rien ne
m'insupporterait plus que d'arriver à une table de jeu et de m'entendre refuser de jouer un mage / psy
/ médium / voyant / mutant / adepte de cthulhu (ha ha ha) si le maître de jeu est déjà satisfait avec les
deux autres joueurs mages. Non.
   J'ai connu les scénarios les plus riches que j'ai jamais pondus en faisant jouer des groupes avec
des pouvoirs étranges (et une éventuelle destinée). Je sais que je serais capable de beaucoup moins
dans un simple Cops (de toutes les manières, à part NY 911 et the shield, les séries purement
policières me gavent sur la durée si elles ne sont pas centrées plus sur les personnages que sur les
énièmes enquêtes dont j'ai à peu près toujours rien à foutre...)
   Il faut cependant avouer une chose.
   Plus que le genre, ce sont les personnages les plus importants dans un jeu. Les personnages.
Et un autre élément à rajouter en faveur de la cause du fantastique, c'est qu'il permet d'avoir plus de
trouble dans la vie psychologique des dits personnages. En particuliers ceux qui concernent un autre
domaine que je suis incapable de ne pas mettre : la folie.

  J'adore les fous ou les gens qui ne sont plus dans le moule. Ceux qui ont passé la frontière.
Car je ne crois pas du tout à la normalité.


   A cassé le jouet
   1 heure 53, le 17…

   Dimanche (le 15), on a été contents. Françoise est passée à la maison. J’ai pu avoir les nouvelles
d’Angoulême au sujet de la vie d’une des personnes qui compte le plus pour moi-même si je suis loin
depuis quelques années.
   Je lui avais promis d’aller voir son spectacle depuis un moment.
   La dernière fois que j’ai dû voir son groupe jouer remonte à notre rupture ou un peu avant je crois.
   Bon spectacle.
   J’ai bien aimé le côté cabaret.
   Zig Zag que ça s’appelle, je vous conseille de faire une recherche sur google pour trouver leur site.
   Mais voilà, un peu avant d’aller à la salle, on prend la voiture qui était garée depuis cinq jours au
même endroit. Et là, ô surprise… Aile droite rayé et défoncée, rétroviseur explosé.
   Sans doute une gueule saoule en sortie de boîte de nuit.
   J’ai passé ma matinée (du 16) en ville le temps de porter plainte et de m’occuper de l’assurance.
   220 euros de franchise.
   Et une merde similaire en début d’année dernière.
   Je suppose que les mois de janvier sont légèrement hostiles à notre pauvre 306…
   J’ai cru que je prenais bien la chose dimanche. Avec un peu d’humour ou de philosophie.
   Mais l’après-midi et le midi lamentables que j’ai passés, me laissent penser le contraire.
   Je ne supporte pas le fait d’être agressé. Je ne sais pas passer outre, à l’intérieur. Ca me place
dans une position que j’ai trop assumée : celle de victime.
   Alors bien sûr, je vais pouvoir lutter contre tout cela.
   Mais il n’empêche… Pitin.
   Enfin, bref… J’ai donc appris aujourd’hui que les berruyers conduisaient comme des cons (de
source policière quand même, vu que Ginette, qui s’est occupée de ma plainte, a eu le temps de me
prendre en pitié et de m’exposer la manière dont la ville marchait).
   Avec ça, j’ai claqué comme un con six euros au numéro fétiche parce que bon… Je tenais sans
doute à contrebalancer le coup de pas de bol.
   Je me tâte à me rendre sur Angoulême, du coup.
   C’est que ce n’était pas prévu dans le budget cette grosse merde, quand même.
   Grmf…



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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

  Je vais répondre à une petite annonce d’emploi, tiens… Kat a trouvé un truc très intéressant. Si ça
marche, hé hé hé. C’est juste pendant un an, et de quoi se payer l’Australie.
  Des dioux.

   Le pourquoi du comment…
   1 heure 37, le 18 janvier 2006…

   Objet : réponse à une annonce ANPE au sujet de la possibilité d’être enquêteur mystère.
   Vous trouverez ci-joint en fichiers attachés :
   - Un CV (hum) au format word…
   - Un lien utile qui explique (sous un jour peu habituel, j’en conviens) ma motivation :
   http://www.lapagedujour.net/janvier2006/dixhuitjanvier2006.htm

    Hum…
    Je regarde la page du jour que je viens de faire. A mon avis, il n’y a rien de plus clair à exprimer.
Enfin, du moins, ça exprime parfaitement ce que je suis (surtout si vous lisez aussi les commentaires
sur les photos)…
    Le système marche comme ça. L’employeur a besoin d’un job et la plupart des gens font des trucs
qui restent dans le moule parce que ça fait bien. Ouais, mais où est la place, là dedans, pour montrer
qui on est vraiment ?
    Alors, quoi ? Je dois être hypocrite et ne pas dire :
    - Je veux ce travail pour gagner de l’argent, parce que j’ai besoin d’argent pour emmener ma
femme en Australie, pays où elle pourra réaliser son rêve de caresser un jour un koala ?
    Ben non (quoique… je doute d’arriver à gagner assez avec une ou quelques heures par semaine,
mais ça sera toujours du beurre sur l’eucalyptus).
    Ma page du jour exprime ce que je suis.
    Je peux juste rajouter qu’au vu de mon habitude dans l’animation (soit dans le travail, soit dans les
loisirs), j’ai les qualités sociales nécessaires pour le travail demandé.
    Et l’envie que j’ai de le faire tient du besoin que je ressens d’aller vers des gens…
    Il y a trois ans et demi, je me suis payé un handicap visuel : une cornée bousillée. Le truc qui
n’aide pas a priori. Mais bon… La pente est remontée. Je suis installé dans une nouvelle vie depuis
deux mois pour cause de déménagement. J’ai du temps libre à revendre. Et je me dis que c’est le
genre d’activité qui correspond parfaitement à mon profil.
    Est-ce que je suis capable d’être organisé ?
    Hé, ce n’est pas un travail de quarante heures par semaine quand même. Ca laisse du temps pour
être organisé.
    Ca fait deux ans et demi que chaque jour, je prends une heure à deux heures pour faire une page
sur le site que vous venez de voir. Oui. Je pense que je peux…
    D’autres choses à rajouter ?
    Oui… Les gens ont l’habitude de se confier à moi. Facilement. Dans le cadre d’un de mes loisirs, je
développe l’empathie. Je pense que ça devrait donner un coup de pouce…
    Est-ce que je fais cette lettre de motivation de manière différente pour être remarqué ?
    Non… Je fais les choses comme je le sens. On vit mieux comme ça. Nettement.
    A vrai dire, c’est le nom de votre société qui m’a « titillé » et m’a poussé à écrire le plus
naturellement possible.
    Bien à vous…


   Franz Bardon…
   2 heures 17, le 19 janvier…

   Tiens, j’ai vu un joueur aujourd’hui. Toute la matinée. Il a créé un personnage pour un jeu que je
maîtrise pour l’instant à ma seule petite femme et il m’a proposé de rejoindre sa table de l’appel de
Cthulhu, un jeu situé dans les années 20 et dont l’action est sise dans le cadre des romans d’HP
Lovecraft.
   Les années 20 ou 30…
   Pour moi, ça sonne ésotérisme, spiritisme, mysticisme et croyances qui n’ont pas encore toutes
été déboîtées par la science…
   J’ai eu envie d’un personnage un peu métis et bien barré.




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

    A la recherche de la terre creuse, de l’Atlantide et des preuves qu’il a existé un jour une sorte de
Babylone mythique où tout le monde parlait la même langue.
    Du coup, j’ai replongé vaguement ce soir dans quelques liens.
    Et Franz Bardon est revenu.
    Lui, c’est un sacré morceau de l’époque (années 20, 30, 40)… Un sacré. Le mec qui a reçu une
incarnation pas piquée des vers pour lutter contre des forces noires.
    On est en plein dans une logique à la Lovecraft.
    Pour les initiés, Franz Bardon est le plus grand ou un des plus grands sorciers du siècle dernier.
    Mouais.
    Moi, je peux pas m’empêcher de lire les trucs sur lui avec un œil en retrait (ha ha ha) et de me
dire : paradigme, système de croyance et de pensée, pas de vérité universelle.
    Finalement, religion et sorcellerie, c’est pareil. Croyance à des dogmes.
    Rien de plus étouffant surtout si c’est noyé dans un flot de considérations sur les milliers d’entités
éthérées qui veillent sur nous ou je ne sais quoi.
    Il n’y a pas à dire. C’est sympa à écouter, c’est intéressant de confronter des expériences. Mais
expérimenter la chose en y croyant dur comme fer. Faut quand même que ça vibre profond au fond de
ton être, hein ?
    Bref… J’ai envie d’exorciser cet intérêt pour quelque chose qui apparaît comme folklorique à
travers un personnage qui y croit à fond, à fond, à fond…
    La Foi, c’est une chose que j’aime bien expérimenter quand je joue.
    J’en ai pas assez au quotidien… Parce que je l’appelle intuition, tout simplement.


   L’amour du risque…
   2 heures 06, le 20…

   Il va falloir qu’il revienne celui là. Et en grand.
   Il n’y a rien de meilleur parfois pour se sentir vivant.
   Et gagner au loto.
   Mais ça, j’ai toujours beaucoup de mal pitin de sa mère…
   Beaucoup.
   Bon, je reste pas.
   J’ai trop glandé sur les forums aujourd’hui. Bon, j’ai aussi relu un fichier et l’ai commenté pour un
auteur. C’est pas comme si j’avais rien foutu.
   Les journées sont longues en ce moment. Je dors peu et je passe des heures incroyables sur des
forums. Je suis vraiment un net addict, pitin.
   Un projet, un bon projet. Que je me défonce la vie ou la vue 
   Olé.
   En février seulement. Je sais. En février seulement.
   Quoi ?
   A qui je parle ?
   Ben à moi, tiens…
   Le démon, l’ange, le guerrier ou le magicien ?
   Tous dans une glace que j’ai pas sortie des cartons.
   Enfin quoique… Le démon est déjà sorti je crois. Et le magicien.


   Londres, 1888…
   3 heures 58, le 21…

   Roa, plus d’un an après avoir créé des fichiers, j’ai pu me replonger dedans.
   Me redécouvrir en ayant l’impression de lire un étranger.
   C’est que je l’aime bien le contexte que j’ai pété pour cette ville à cette période plus que trouble
niveau pollution ou pression sociale.
   C’était vraiment bizarre d’essayer de se souvenir de trucs joués il y a deux ans.
   Le début d’une carrière un peu étrange pour les personnages de mes joueurs.
   Je pense que j’aurais préféré continuer ma partie d’aujourd’hui demain après-midi et me laisser
plus de temps pour relire des règles d’un autre jeu que je vais faire jouer tout à l’heure.
   Mais tant pis.
   C’est pas le week-end où je serai le plus malheureux question jeu de rôle 



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    Sinon, il parait que j’ai lancé une série de 18 en dormant.
    Les chiffres me préoccupent pas mal en ce moment. Je suis persuadé qu’il est possible de s’en
servir dans des techniques de synchronicité.
    Enfin bref…
    Je sens que mes prochaines semaines vont être chargées en lecture si j’arrive à sucrer du temps
d’internet.
    Ah si…
    J’ai fait un gâteau aujourd’hui, une sorte de far breton. Et la pâte s’est comportée bizarrement. Le
fait que j’utilise de la farine Sarazin plutôt que de blé classique, a provoqué une étrange réaction de
l’appareil lors de la cuisson. La pâte s’est séparée en deux. Une couche au-dessous, plus forte, plus
racée, et une couche plus légère à la texture se rapprochant du flan.
    Je me suis pris un instant à penser que nombre de grands plats avaient été créés à la suite
d’incidents ou d’improvisation sur le pouce.
    Hum.
    Bien sûr que j’ai rien révolutionné avec ce plat étrange.
    Mais c’est comme ça que je ferai le far breton à partir de maintenant. Uniquement avec de la farine
de Sarazin.
    Ouais. J’ai trouvé un truc presque aussi bon que le fait de pouvoir replonger à Londres
aujourd’hui…
    Olé.


   Rhoa…
   4 heures 29, le 22…

     Bon, j’ai recommencé cette recette qui donne un truc original.
     Il va falloir que j’écrive ça quelque part sur le net. Le coup de la farine de Sarazin pour ce genre de
recette, c’est proprement terrible. La double texture est vraiment quelque chose qui me chatouille.
     Bilan du week-end sinon…
     Hum.
     Double partie, toutes les deux pour lancer des intrigues dans des univers remplis de conspiration.
     Il faudra que je maîtrise aussi un truc frais. Plus simple. Sans vaseline, ni possibilité pour les
personnages joueurs de se prendre la tête sur qui est machin ou truc.
     Bien identifier qui est le méchant et qui sont les gentils.
     Ce qui m’a amusé, remarque, entre les deux parties c’est que l’une va partir vers un projet
utopique alors que l’autre raconte l’histoire de gens différents mais qui voudront certainement un jour
imposer cette différence à une humanité très craintive…
     Nous sommes aussi allés faire coucou au club de jdr et de jeux de plateau…
     Je crois que c’est ici que je vais pouvoir enfin découvrir certains jeux.
     Il y a quelques après-midi que je vais pouvoir passer à tester sans m’prendre la tête des trucs que
j’ai envie d’essayer d’puis un moment.
     Hum.
     A part pour quelques petites choses et quelques copains, je sens que je vais de moins en moins
regretter Angoulême. Bourges est une ville qui m’offre plus de potentiel.
     J’ai même reçu ce mail de la boîte qui fait des enquêtes mystères.
     J’ai un truc d’essai à faire pour eux. Dans mes pages du jour, je raconte que le truc n’a pas marché
parce que c’est plus rigolo de parler d’un échec et que je n’ai eu la réponse que hier.
     Mais bon… De toutes les manières, ça ne m’occupera pas plus d’une ou deux heures par
semaine.
     Dans trois ans, l’Australie, pitin.
     Olé.

   Authority
   3 heures 10, le 23…

   Hou… Je viens de découvrir assez en long, en large et en travers le comics « The Authority ».
   Ben y a pas hein… Ca représente exactement et parfaitement la thématique de ce que je voudrais
jouer depuis des années en jdr. Les mecs qui ont le pouvoir et qui se placent au-dessus des
gouvernements.




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    Je reste fasciné, aussi, par la somme de travail que représente le boulot de dessinateur de bande
dessinée et je me persuade de plus en plus que si j’avais à replonger dedans un jour, ça ne serait
vraiment pas sous cet aspect là : trop de boulot, trop de temps passé dessus…
    Bon sang, et pas l’œil.
    Rien qu’aller au musée d’Histoire Naturelle m’a bousillé aujourd’hui. J’ai eu du mal avec la gestion
de la lumière, ne sachant jamais trop quelles lunettes mettre.
    Saloperie.
    Et puis il y avait un panneau avec des lettres écrites en points. Quatre panneaux. Dans chacun, il y
avait un chiffre. Les daltoniens étaient censés lire le chiffre du dernier et du premier panneau et un
des deux chiffres dans le panneau 2 et 3. Hu. J’ai rien lu dans les panneaux 2, 3 et 4. Mais rien.
    Pourtant, j’ai bien l’impression que mon monde n’est pas gris. Des couleurs, j’en ai des tas dans
mon champ visuel. C’est juste que je m’autorise à changer des oranges ou des marrons en vert, des
verts en jaune ou d’autres joyeusetés pas évidente pour harmoniser les couleurs quand on s’habille
pour sortir en société.
    Bah, en échange, j’ai encore fait l’expérience d’un étrange sens que j’ai.
    Ma femme m’a confirmé qu’elle n’avait jamais cette sensation. Alors que moi, bon, c’est vraiment
très étrange : il suffit que je touche des objets pour avoir le goût de ceux-ci dans la bouche. Ca
marche bien mieux avec du métal. La pyrite, cette après-midi m’a laissé un goût très fort alors que j’ai
moins de sensations avec du bois…
    Mais je peux aussi, en me concentrant un peu, ressentir au toucher d’autres goûts.
    Chié, cette histoire. J’aimerais bien savoir s’il y en a d’autres qui ont le cerveau qui fait un pataquès
un peu bizarre au niveau des perceptions.
    J’demanderai à ma mère ou à ma sœur, tiens. Dans un premier temps.
    C’est vrai qu’on a toujours l’impression d’passer pour un con à ressentir des trucs qu’on ne devrait
normalement pas ressentir. Goût devrait être assez peu associé au toucher, à part si j’étais un
serpent.


   Super-héros…
   2 heures 37, le 24…

    Tiens… Je n’ai rien préparé. En bédé, je n’ai fait que lire aujourd’hui. Je me suis lu tout Authority.
Pas toujours heureux niveau dessin quand on a été habitué au premier dessinateur mais ça a un côté
jubilatoire. Des mecs qui s’en laissent pas compter, hésitent pas à flinguer et obligent des nations à
revoir leur politique… Hu…
    Vous auriez un pouvoir immense, vous feriez quoi, vous ?
    Certainement autre chose que chasser le bandit du coin dans la rue.
    Les médias sont une arme à contrôler, des têtes du gouvernement des personnes à contrôler.
    Tout dépend du pouvoir qu’on possède ensuite, bien sûr.
    Alors bon, moi ça m’amuser ce genre de conneries à traiter en jeu de rôle.
    Peut-être même que je devrais écrire une nouvelle là-dessus. Que faire lorsqu’on a les pouvoirs
d’un dieu.
    Une sorte de journal intime d’un super héros.
    Enfin super héros. D’un être supérieur.
    Et blam, aujourd’hui j’ai expliqué à Georges Bush qu’il fallait être sérieux un peu. Je lui ai demandé
de retirer ses troupes d’Irak.
    Et zou, aujourd’hui, j’ai eu une rencontre avec les dirigeants chinois. Je les ai menacé simplement :
vous libérez le Tibet ou je massacre tous vos dirigeants et je transforme vos forces armées en pâtée
pour chien.
    Et vlan, aujourd’hui j’ai créé un virus mortel. Il va tuer 80 % de la population mondiale. Mais bon,
d’après mes calculs, c’est le seul moyen d’assurer la survie de l’homme et de cette planète.
    Hum… Aujourd’hui j’ai convoqué les grands patrons de chaîne. Je leur ai expliqué qu’il fallait qu’ils
changent certains programmes. Les masses ne doivent plus s’abrutir.
    Ce matin, je suis allé voir le pape. Je lui ai demandé de reconnaître TOUTES les erreurs de
l’Eglise. TOUTES les manipulations. Il a fait un arrêt cardiaque. J’espère que le prochain sera une
femme. Ils ont accepté qu’il y ait des femmes. Non mais…
    Ca pourrait aussi marcher en bédé si j’avais un dessinateur derrière. Ca ne serait pas calqué sur le
côté super héros en collant.
    Il y aurait peut-être d’autres personnes avec des pouvoirs, mais tout l’intérêt de l’histoire est dans
le personnage principal, invincible, indestructible (sauf si l’on massacre des centaines de milliers de



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

civils, et encore, il a un clone, il n’envoie jamais l’original au charbon) et capable de téléportation et de
changer des choses sur une grande échelle au niveau du climat, de la pollution, de la transformation
de la matière ou de la santé.
    Rha, ce que ça serait jouissif à incarner aussi en jdr…
    Et bien sûr, dans la nouvelle, on ne saurait pas trop si on a affaire avec un fou mythomane ou un
type qui pourrait vraiment être un Dieu…
    Eventuellement, il pourrait quand même y avoir un groupe adverse… Les autres… Les mecs qui
sont encore dans une logique de bisounours et à se la palucher avec à grands pouvoirs viennent de
grandes responsabilités et surtout un grand devoir moral.
    Ha ha ha. Morale de qui ? Dieu n’a qu’une morale. La sienne.


   Profit…
   2 heures 37, le 25…


    Voilà… Je viens de voir le dernier épisode d’une série qui n’aura connu que huit numéros.
    Et qui aurait été une des cinq plus grandes séries télé de l’histoire de la télévision. Cinq années
trop en avance sur son temps, bon sang. Cinq années.
    « Profit » que ça s’appelle.
    Elle rejoint à mon humble avis ce que je qualifierai le top 10 de tout ce qui a jamais été créé en
série télé.
    Dedans, j’inclus Profit (pour le genre), Oz (pour tout), Six Feet under (pour le ton), la caravane de
l’Etrange (pour la lumière et la réa), les Sopranos et Northern Exposure…
    Il faut que je réfléchisse pour les quatre autres. Je suppose que chacun pourra y mettre ses
préférées.
    Oui.
    Aussi bien un Angel qu’un code Quantum ou qu’un Twin Peaks ou qu’un Rescue Me ou un Lost ou
un Dead like me…
    Je ne saurais dire… A mon avis, les quatre autres sur le top 10 devraient être aussi des séries
HBO.
    Ca donne furieusement envie d’écrire une série télé ces conneries. Le plus grand espace de
création pour un auteur à ce jour. Et de vraie création depuis que le câble est capable de fournir des
programmes qui le font vraiment.
    C’est dommage qu’il y ait si peu de séries fantastiques au top. Mais je leur pardonne leurs
quelques erreurs. Et puis on peut dire quand même qu’il y a quelques bijoux dans le genre que je
préfère… Quelques. Seulement. Merde…
    Pourquoi le fantastique fait peur ?
    On ne pourrait pas raconter un truc à la Profit en rajoutant une petite composante surnaturelle ?
Non ? On ne pourrait pas ?
    Si je pense qu’on pourrait largement.
    Enfin bref… Voilà, je suis revenu plusieurs fois dessus mais il est indispensable de se procurer les
DVDs de Profit si on est un serievore.
    Indispensable.
    On peut comprendre comment quelque chose a permis de marquer un tournant culturel dans le
plus gros des médias. Profit a ouvert la voie à tout ce qu’a fait HBO ensuite.
    Pitin, je serais un fan boy, je chercherai un moyen de remercier les deux auteurs.
    Mais je suis un fan fatigué. Au dodo. Zoup.

   Festival de la bédé…
   2 heures 13, le 26…

    Allez les enfants… Quatre jours off dans l’écriture du journal…
    Qu’est-ce que ça m’fait la bédé cette année, au fait ?
    Ca m’tord l’ventre…
    J’repense sur l’année dernière j’ai pas eu mon badge et que j’ai boycotté la chose…
    J’repense que je n’y vais en n’ayant qu’à présenter la page du jour. Bon d’accord, c’est pas rien
finalement 820 pages… Mais quand même…
    J’repense au fait que le dessin ça ne sera jamais vraiment plus ça pour moi.




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    J’replonge dans beaucoup d’années qui sont maintenant des ombres. C’est le premier festival de
la bédé que je vais faire en tant que non résidant depuis près de 19 ans.
    Huuuu.
    J’repense au fait que si je m’étais bougé l’cul, j’serais p’t’être quelqu’un d’autre, hein…
    Sans doute même…
    Je fantasme un peu aussi. Que ça plaise à des gens qui l’fassent un peu ces pitins d’pages du
jour.
    Un jour, faudra vraiment que j’en fasse de la pub… Hu…
    Un jour ?
    Ha ben tiens, c’est maintenant…
    Volez flyers, volez…
    C’est gratuit ce site à la con. C’est con. Et y a des nains dedans 


   Ben merde alors…
   2 heures 35, le 31…

    Angoulême sous la neige. La neige drue… La dernière fois que c’était à ce point là, c’était en 91…
Ouais, en février même. Le mois de la naissance de Camille.
    Je n’avais jamais, jamais, vu de neige pour un festival de la bédé.
    Il y a eu cafouillage avec Manu au sujet des flyers et finalement, ben, j’en ai eu que samedi après-
midi bien trop tard pour que j’aie le courage d’aller en salle de presse déposer des publicités.
    Bien m’en a pris.
    Mon site a été bloqué les deux jours du week-end pour une obscure raison de carte bleue qui
refuse d’être utilisée en ligne dans le dernier mois de son activité. La salope. Toutes les cartes bleues
sont des salopes.
    La mienne est maintenant verte d’ailleurs. Histoire de se corriger un peu.
    Bref, je n’ai pas eu plus de visite sur mon site, je n’ai pas pu faire ma pub et j’ai été deux jours sans
connexion. Pas de quoi être à priori enchanté… Mais bon…
    Je dirais que ça m’a donné un petit coup de fouet.
    Enfin fouet… Je devrais être naze. J’ai dormi une moyenne de 4 ou 5 heures par nuit depuis
plusieurs jours, je me suis tapé l’aller et retour Bourges Angoulême, j’ai marché sous la neige un bon
moment mais tant pis : j’ai passé ma journée à brasser des cartons. Il est temps que certaines choses
commencent à être rangées.
    Combien de cartons j’ai ouverts aujourd’hui ? Hu ? Je sais pas. Plus de dix. Sans doute quinze.
Tous très lourds. J’ai le dos niqué mais tous mes jeux de rôle et mes jeux de plateau sont rangés. Ha
ha ha ha, ça donne un sens pour mes priorités.
    Je vais attendre quelques semaines ou mois pour ranger les bandes dessinées (enfin du moins la
plupart d’entre elles). Il me faut des étagères en plus mais je ne les ai pas.
    Et la paperasse et les bibelots, eux, ils auront le droit à toute mon attention demain et mercredi.
    Quoi ? C’est chiant ?
    Vous voulez du croustillant ?
    Ben j’en ai pas vraiment, hein…
    Si, je pourrais dire que je suis déçu de ne pas avoir pu aider Cyrille pour son déménagement, que
je remercie Françoise de m’avoir invité vendredi matin, que je suis content d’avoir vu phiphi et gégé
sous la neige, que ça m’a fait bizarre de prendre la route vers mon ancien appartement, que ça m’a
bien plus d’être joueur ce week-end, que je ne saurais remercier assez Christophe B pour le temps
qu’il m’a accordé pendant le salon et pour le coffret de trois de ses bédés qu’il m’a offert.
    Bon sang… Fichu salon. J’ai pas croisé beaucoup de connaissance.
    Par hasard, je n’ai pu apercevoir que Christophe B, Anne Laure, un ex d’un club de jeu de rôle de
Charente (dont j’oublie le nom), , deux gars du club, une fille qui me dit bonjour avec mon prénom et
que je ne reconnais absolument pas. J’aurais aimé voir plus de monde, mais bon, hein… L’heure
passée avec Philippe, l’heure et demie passée avec Françoise et les plus de deux heures avec
Christophe B compensent en qualité la quantité.
    Il ne faudrait pas oublier Jean Claude, Matthieu et sa mère qui étaient très présents du week-end.
Ouais… Merci Jean Jean et Matthieu, tiens, pour avoir été là pour jouer.
    Et voilà…
    Ca fait remerciements de remise des oscars les conneries que je viens d’écrire. Hin hin hin. Et
pourtant, il n’y a pas lieu. A moins qu’on ne tienne chaque jour à célébrer la vie.
    Hu…



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   Je devrais, tiens. Un peu plus.
   Je me coucherais peut-être plus con aux yeux des autres mais vachement plus tranquille au
niveau du dedans de mon intérieur.
   Allez la vie, un bécot et si t’es sage, un p’tit coup dans ton cul…
   Ouais. Ton cul.
   Cochonne, t’aimes ça, hein ?


   Pitin, j’ai froid…
   2 heures 09, le premier février…

   Pitin… Pourtant j’ai brassé quelques cartons encore aujourd’hui, j’ai fait ma gym, j’ai fait les
courses. Mais rien à faire. Je suis congelé. Ca ne m’incite pas à faire quelques pages du jour
d’avance c’te connerie, tiens.
   Rha… En plus j’ai des tas de courriers en retard et j’ai toujours pas répondu. Chié de crotte de
bique.
   Et j’ai tous les projets que je devrais lancer en février qui voudront pas v’nir tant que je ne serai pas
venu au bout d’ma semaine de rangement de l’appartement. Il est temps qu’il soit fonctionnel, bon
sang. Il va rester des tas de cartons (à peu près quarante) mais au moins le salon et la salle à manger
seront clean.
   Je crois résolument qu’il va me falloir un peu d’ordre extérieur pour finaliser une sorte de catharsis.
   Hu.
   On en reparler dans d’autres numéros ok ?
   Sinon ?
   Ah ben je me suis rendu compte que les Gervita façon Carrefour contenaient de la gélatine de
porc. Mon dessert préféré pitin (ou un de mes desserts dans tout ce qui est crème ou yaourt)…
   Le porc est partout.
   Niqués les musulmans pratiquants et les végétariens.
   La prochaine fois, au restau asiatique, je commande des nems au porc, tiens. Ca lui apprendra à
cet enculé.
   Et puis de toutes les manières, si je ne devais manger qu’un seul animal , ça s’rait bien c’te pauvre
cochon. On fait avec lui ce que je préfère… Et on mange pareil tous les deux.
   Hum…
   Bref… Je ne vais pas en crever. Mais ça fait quand même un peu chier.


   Salon presque nickel…
   3 heures 38, le premier…

    Bon, ben, ça n’a pas été la forme aujourd’hui. J’ai dû correspondre avec monsieur paracétamol. Il
s’est montré assez effervescent. Mais je ne sais pas si ses bulles ont tout nettoyé d’ma fatigue et de
mon mal de crâne.
    Peu importe, je suis venu plus ou moins à bout d’mon salon. Il sera vide comme je le voulais. Avec
très peu d’affaires dedans. Juste le matériel télé, les K7 et éventuellement tout ce qui concerne
l’ésotérisme. C’est qu’il me faut une pièce un peu mystique dans cette maison. Et un peu nue. Je sais
déjà que mon bureau va être rempli ras la gueule. Comme la chambre et la salle à manger.
    Respiration… Respiration.
    Le plus dur dans le rangement, c’est pas de déplacer des tas de cartons, c’est de devoir faire mille
allers et retours pour poser chaque affaire que tu trouves dans des cartons.
    Je dois avouer qu’en dehors des livres, je déteste ranger. Oui. Certains y trouvent du plaisir. Moi
ça me dépasse.
    Je sais bien que le plaisir est dans le moment où tout sera fini. Mais j’aime le plaisir au présent.
Penser à comme ça sera bon, c’est pas mon truc.
    Chose étrange, aujourd’hui (ou hier, je sais plus), j’ai lu la lettre de Thomas Gregory assez vite. Je
suis bien content de voir comment il vit sa vie en tentant de maintenir un regard optimiste sur le
monde. Après le reportage que j’ai vu hier sur l’impérialisme américain et leur manière de s’engager
dans des conflits, je dois avouer que j’aurais tendance à vouloir être pessimiste.
    Pouvoir rime avec connard.
    Mais bon. Je vais me la jouer égoïste. J’ai pas envie de regarder le monde et de me demander : où
on va bordel de merde ?



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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   J’ai assez de quoi faire des prospectives dans mon jeu de rôle fétiche…
   Et c’est pas bien beau ce néo-féodalisme corporatiste qui se dessine.
   Bon maintenant, si t’es bien vu par ta corpo ou si t’as la gnaque, c’est pas une plaie non plus,
hein…
   Faut que je songe à trouver une corpo, tiens… Ou me tripler ma dose de gnaque. Mais le vendeur
semble être parti d’puis un moment, le salaud.
   Et je sais pas quand il y a marché…


   Abandon de poste…
   2 heures 05, le 3

    Allez, je ne suis pas vraiment sûr de pouvoir écrire ce week-end. J’ai du jdr à la foulée de prévu sur
vendredi et samedi (et peut-être aussi dimanche).
    Ce n’est pas pour me faire de la peine, hein.
    Mais je dois vraiment, vraiment, vraiment, me mettre à lire des trucs. Ca ne me fera pas de mal,
c’est en anglais et il est bon que je maintienne mon fichu niveau.
    J’espère que Kat tiendra le coup : elle a choppé la crève.
    Et que moi je chopperai pas son truc : j’attrape tout.
    Bref… Tout ça pour dire que j’ai de fortes chances de ne reprendre l’antenne que dimanche soir.
    C’est beau, aussi, une antenne un dimanche soir. Ca sera l’anniversaire de Françoise, tiens. Je lui
ai concocté un p’tit gag droit dans le fil de ma semaine de fumier dans les pages du jour.
    Je sais pas pourquoi j’ai envie de me la jouer méchant ces temps ci.
    Je ne vois pas forcément les pages du jour comme une catharsis pour régler certains des
problèmes que je pourrais avoir. Peut-être que ça l’est finalement. Hein. Peut-être.
    Mais je ne crois pas qu’il faille analyser profondément la manière qu’on a de vouloir poser son
humour. C’est juste une vague. Plus ou moins colorée. En ce moment, j’ai besoin d’humour noir. Ou
d’être cynique. Parce que bon… C’est ce qui me va le plus.
    D’ici quelques jours, je serais peut-être un con de bisounours…
    Peut-être.
    Ca m’étonnerait quand même.
    Je suis sûr que sous leurs dehors tout meugnons, les bisounours, ce sont tous des fils de bâtards
de leur slip.
    Oh pitin…
    Je commence aussi à raconter un sacré paquet de conneries dans mon journal.
    Tant mieux. Ca prouve que j’harmonise différentes parties du moi.
    Olé.


   Mort de rire…
   3 heures 50, le 4 février…

   Y a deux ou trois rigolos qui ont alimenté ce thread là :
   http://www.pandapirate.net/casus/viewtopic.php?t=5401&start=0
   Bon, je me doute que d’ici quelques mois il n’existera plus. A moins que je ne demande sa
conservation dans un hall of fames. Mais qu’est-ce que ça a été bon de s’imaginer président.
   Je ne rajouter rien à l’écrit du jour.
   Je pense que la lecture du thread se suffit à elle-même.
   Avec un peu de courage, j’essaierais de le retranscrire en fichier word.
   Arriba.


   Ola olé ola
   3 heures 06, le 5 février…

   Alors je ne sais pas si tu me lis petite mère, mais bon anniversaire Françoise. Hé oué. 95 ans
déjà…
   Non, je déconne.
   Mais je te dédie ma page du jour. Vraiment. Ca fait un moment que j’aurais dû le faire… Il faut
reconnaître un crédit aux personnes qui ont compté pour vous, hein, je suppose.



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                                    Ebatbuok : L’homme se réveille

    Sinon ?
    Hum, journée de rôliste. Deux jeux testés et approuvés. Deux parmi mes préférés. Même si je ne
suis pas fan absolu de la gestion old school des règles dans la partie où je fus joueur, c’est toujours
intéressant de rencontrer du monde pour jouer à une campagne intéressante qui plus est. Très
intéressante, même.
    Je remercie aussi encore les quelques andouilles qui ont fait des retouches photos de moi dans le
thread présenté dans le message du haut.
    C’est pas tant que ça flatte l’ego que ça fasse un peu bizarre.
    Ca résonne un peu toujours comme de la reconnaissance alors que tu te dis : mais de quoi ?
    De quoi, justement.
    De rien. C’est ça qui est le plus étonnant.
    Mais ainsi coulent étrangement parfois les choses. Dans les riens.
    Et ainsi se crée aussi parfois la vie. Une étrange vie, certes. Mais qui te fait dire : tiens ? Je ne suis
pas mort…


   On s’ankul…
   3 heures 52, le 6…

    Plusieurs fois sur le métier, remet ton ouvrage… Oui, oui, oui…
    Et je ne sais pas combien de fois j’ai traité dans ce journal de cette formule de politesse que j’ai
créée mais bon…
    On s’ankul devrait vraiment être instauré en formule de politesse nationale…
    Confronté à la possibilité de tout régler par une grosse partouze anale, les esprits cessent de
vagabonder sur les flots de la colère, la stupidité ou du ressentiment. On se dit : « mais hé, c’est quoi
cette connerie ? ». Et on a tendance à se marrer.
    Surtout quand on en découvre l’orthographe…
    Alors bref…
    Aujourd’hui j’ai rien fait d’autre que matter la télé, bouquiner et rédiger des trucs pour un jeu auquel
je veux me mettre et me demander pourquoi je me suis sorti autant de choses du corps dans mon
rêve de la veille. Oui, j’avais des aiguilles et des bouts de poteries enfoncées dans mes chairs. Ca ne
faisait pas trop mal quand je les enlevais. C’était même étrangement agréable de pouvoir extirper de
soi cette matière.
    Hum…
    Dans une autre vie, j’assumerai plus mon côté sado-maso, tiens…


   Gueule d’acier…
   Minuit 6, le 7…

   Pitin, j’étais pas fier devant le docteur. Il m’expliquait que le seul choix pour moi était l’implantation
de ces fichus morceaux en acier dans ma mâchoire… Le seul problème auquel je pouvais m’attendre
ensuite était que ça décroche, il faudrait donc que je remette ma gueule en place chaque matin.
   Il pouvait me prendre dans l’après-midi, là. En même temps avec mes parents ou mes beaux-
parents qui arrivaient, les risques inhérents à l’opération et à la petite chance de ne pas se réveiller, je
ne sais pas… Je n’étais pas trop chaud.
   Et puis l’opération de la mâchoire et de l’épaule gauche n’étaient nécessaires que pour m’aider à
supporter la douleur.
   Deux choix… Se retrouver avec près d’un demi kilo de métal dans le corps, la gueule cassée
chaque matin et le risque de perdre en partie mes capacités de magnétiseur (tant de métal, ça ne fait
pas bon ménage, je suppose) ou supporter la douleur.
   Quand je me suis réveillé, je crois que j’étais bien en train de faire le choix de la douleur.
   Ouais, je dois de plus en plus constater que j’ai cette tendance masochiste et qu’expérimenter sa
douleur te fait tout de même savoir que tu es vivant et plus apprécier les moments où tu devrais être
heureux.
   Sacré doc… Il y tenait, bon sang, pourtant, à ce que j’ai ces gros implants dans la gueule.
   Sinon je suis malade.
   Ha ben oui, hein.
   Mon côté sado-maso devrait aussi s’en satisfaire. Mais si je n’ai rien contre certaines douleurs
physiques, je ne supporte vraiment pas ce qui nique mes yeux ou ma gorge.



                                                     22
                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   Et en l’occurrence, je fais un doublon ces temps ci parce que j’ai l’air également de manquer de
magnésium.
   Triplon si on rajoute l’étau qui m’serre c’qui m’reste de crâne.
   Wow.
   Cette nuit, il faut que je retourne voir le docteur. Je sens qu’il va bien s’amuser en me
diagnostiquant.
   Il va aussi falloir que je me couche plus tôt et que je tente de ne pas réveiller ma femme à cause
de ma toux.
   La toux, c’est le pire, pitin, avec cet œil qui couine.
   Mais bon… Ca fait toujours les abdominaux.
   Abdominaux, abdominaux. Tiens, j’ai remarqué comme un con ce matin que j’ai un peu de poils qui
ont l’air d’avoir poussé en d’ssous mon nombril. Des poils sous l’ego. Ca f’rait un bon titre de roman
pas vrai ?


   Fièvre…
   Minuit 1, le 8…

    Oh pitin, je dois compter sur les doigts d’une main les fois où j’ai eu de la fièvre dans ma vie. J’en
fais jamais.
    Bon, ben faut croire que la journée est exceptionnelle.
    Je ne sais pas si la trachéite est carabinée ou si j’ai la grippe mais je peux affirmer sans peine que
je suis bien dessoudé.
    Une nuit d’enfer et je sais pas combien d’heures dans le coltar aujourd’hui.
    Alors à quoi je pourrais être bon, hein, maintenant ?
    Ben à rien…
    Remarque, ça m’a permis, dans quelques creux, de pouvoir lire des choses que je dois lire d’puis
un sacré bon moment.
    Bon sang…
    Récemment je n’ai fait que flasher sur des jeux de rôle morts. C’est toujours une économie
remarque. Je n’aurais pas à acheter des suppléments ad vitam.
    Sinon je ne rappelle pas avoir vu de docteur hier soir. Je suis resté bloqué à tourner en boucle sur
des règles de création pour une idée que j’aie.
    Stupide et pas constructif.
    Mais c’est impossible de faire plus quand on est malade, hein…


   Bwa
   1 heure 44, le 9

    Pitin, j’ai encore passé la journée allongé. Je n’ai rien fait d’autre que dormir ou lire. Lire m’a
explosé la gueule et le manque de magnésium s’est fait sentir lourdement. La paupière qui bat en
permanence a quelque chose de vraiment agaçant. Seul avantage, ce coup ci ça bat du côté de l’œil
flingué. Je peux toujours le fermer quand j’en ai marre.
    Deuxième avantage, l’état lamentable dans lequel je suis me remet en train pour disons, une
hygiène alimentaire plus stable.
    Cela dit, en m’installant devant le PC, je me rends compte que je suis toujours fébrile et je constate
également que je suis parvenu à contaminer salement ma pauvre femme.
    Ben oui.
    Je partage, moi, quand je suis malade, hein…
    Troisième avantage, même si ça me coûte au niveau de la vue (et ça me coûte vraiment pitin), je
mets à profit ce temps de répit pour combler l’incroyable retard de lecture que j’avais dans ce qui
devrait être mon jeu fétiche…
    Hum…
    Il me manque quelques mots dans le vocabulaire pour être tout à fait à même de prendre
complètement la mesure de la qualité de ce que je lis. Mais bon… Je ne m’arrête pas à ça quand je
me lance dans la lecture de livres en anglais.
    Le sens est plus important que le détail.
    Hum.




                                                   23
                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   Sinon, j’espérais pouvoir préparer une page du jour aujourd’hui, afin d’en conserver toujours une
d’avance. Mais je crois que c’est râpé.
   Plus que la fébrilité, c’est ce foutu manque de magnésium qui me gave…
   Je ne suis pas certain d’être d’équerre pour faire quoi que ce soit de comique…
   Allez, bécot quand même amigo.
   Même si je suis noyé au fond d’un tonneau rempli d’vomi et d’bile.


   Grippe
   2 heures 35…

    La grippe… La vilaine coquine…
    Ma femme, contaminée par elle, a dû se rendre chez le médecin pour bien se voir confirmer qu’il
s’agissait d’elle. Oui, oui. Rien d’autre à faire que le paracétamol, un sirop et un vague spray nasal ou
pour la gorge.
    J’ai négligé de prendre certaines choses moi aujourd’hui, du coup. Sans doute parce que je me
suis cru plus fort qu’elle.
    Mais non. C’est une vicieuse… Elle me rattrape, là, en fin de soirée. Elle me rappelle bien que je
n’ai pas assez pris de repos aujourd’hui.
    Ou alors elle fait combo avec mon cerveau qui me gueule : assez… Trois jours de lecture, c’est ta
limite bonhomme.
    Enfin bref… Nous voilà tous les deux cloués à l’appartement avec différents orifices ne
fonctionnant pas comme il faut.
    Hum.
    Ca pourrait être tout un programme avec un tant soit peu d’imagination et moins de vertu.
    Mais bon, je passe.
    La grippe est mariée avec monsieur Zombi.
    Et en ce moment, il m’habite le triple salaud.
    Bonne nuit les petits.


   Week-end fadasse…
   2 heures 05, le 11…

    Rha… Je déteste quand c’est comme ça. J’aime pas qu’on ne puisse pas jouer. Mais bon… Là,
c’est la grippe qui nous retient en otage et ça ne serait pas elle, les parents de Kat seraient là et donc
on ne pourrait de toutes les manières pas jouer.
    Hum.
    J’aurais espéré être plus en forme aujourd’hui. Encore une fois.
    Mais au moins mes rêves y ont gagné.
    Parce que hier soir, c’était carrément du délire. Un truc pur jus comme je les aime. Parce que je
flottais au-dessus du sol, que j’avais des pouvoirs cools et que je parvenais à repousser une attaque
spirituelle en appelant des esprits qui se matérialisaient en un tapis capable d’engluer la substance
spirituelle menaçante sous forme d’abeilles figées. Ouais, j’étais un truc entre une sorte de super
mage et un quelconque mutant.
    Wow. Ca m’apprendra à lire un jeu de rôle sur des mutants tout au long de la semaine, tiens.
    Il y avait aussi ce chat qui pouvait changer de forme et être une sérieuse menace dans le
pensionnat où le « film » se passait. Ouais, le film.
    Il y a des fois où on a l’impression plus de regarder les rêves que de les vivre.
    Ouais, sans déconner.
    Et le gros avantage, c’est que c’est gratuit.
    Ou parfois au prix d’une petite maladie.
    Rha…
    Cette nuit je retourne au cinéma dans ma tête. Je veux fabriquer d’autres tapis spirituels, pitin. Et
savoir ce qu’il advient des chats pouvant se transformer en monstres.


   Toi connasse, je vais te niquer…
   1 heure 19, le 12…




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

    Et c’est à peu près le cas. Je crois que c’est le jour où j’ai enfin niqué la grippe.
    Je dis pas que je tiens la grande forme, hein… Mais je suppose que c’est entre cinq et sept jours
qu’il faut pour retrouver à peu près son potentiel avec la grippe de cette année.
    Et en même temps, je regarde ces cygnes malades, venus mourir en Italie.
    Et je regarde les informations sur le Nigéria.
    Hum… Voilà une autre forme de grippe qui menace fort de pointer le bout de son nez. Ha ils
seraient beau les médias avec un truc qui fait quelques millions de morts tiens. Parce qu’il te butte à
près de cinquante pour cent. Enfin cinquante pour cent, j’en sais rien. Peut-être que c’est moins.
    Il vaudrait mieux d’ailleurs.
    Mais je sais pas si c’est ce que veut Gaïa pour nous.
    Hé hé hé, c’est qu’elle est toujours là pour nous rappeler que nous ne sommes pas les maîtres de
l’univers et que rien ne devrait être tenu pour acquis.
    Rien.
    Moi par exemple, je tenais pour acquis ce matin le fait de me souvenir de mon rêve. Et là, à cet
instant précis. Ben… Queud. Queud de chez queud. Pas le brin d’un fagot.
    Pourtant j’aurais bien aimé continuer ma séance de la veille.
    Enfin, tant pis… Ne rien tenir pour acquis. C’est la putain de bonne leçon du jour.
    Ca dompte les futurs regrets. Et ce sont des bien sales bêtes les regrets. Autant apprendre au plus
vite à les maîtriser.


   Dans les ombres.
   1 heure le 13…

    Il n’y a pas assez des rêves dans les ombres ces temps ci.
    Vraiment pas assez. Je ne prends pas le temps de me préparer à les embrasser. Je ne prends pas
le temps. Tout ce que je prends, c’est le temps de regarder que je tousse encore, que j’ai mal au
coccyx à chaque fois que je touche et de me demander si ma femme sera assez en forme demain
pour reprendre le boulot.
    Parce que je ne sais pas si j’aurais pu reprendre parfaitement un boulot samedi dernier.
    Et quel boulot d’ailleurs ?
    Ca fait des mois que je n’écris pas.
    Mais c’est comme ça dans les ombres.
    Il y a des longues périodes de foutu froid. Foutu froid. Des périodes où on se dit parfois qu’on n’est
vraiment rien.
    Heureusement qu’il y a parfois des moments où on peut apercevoir la lumière de la lune se refléter
sur le goudron.
    Je sais quelle est la lumière de ma lune depuis plusieurs mois.
    Je croise les doigts pour arriver un jour à la faire briller un peu plus. Ca pourrait servir de tremplin
pour écrire plus. Peut-être que tout ce que je veux c’est briller finalement.
    Même un peu. Le contraste est si grand quand tu as habité les ombres si longtemps.
    Un bécot à tous les représentants de ma famille (ou de mes amis) qui me lisent ou ne me lisent
pas.
    Et un petit plus pour ma femme que je n’ai pas forcément bien traitée ces derniers jours par
manque de patience. Mais qu’est-ce que vous voulez, dans les ombres et malade, je suis un chien.


   Retour de bâton…
   Minuit 35, le 14…

   Je le lance. Il ne revient pas.
   Salaud. Reviens.
   Hum.
   Non, il ne revient pas.
   Mais en même temps, est-ce que je devrais me plaindre.
   Un bâton, ça n’est pas censé revenir.
   Et un chien, ça n’est pas censé savoir lancer un bâton.
   Quoi ?
   Oui. Je suis un chien. Et alors ? Ca vous défrise ?
   Ben vous ne devriez pas. Y en a qui pensent que je suis un être humain. Les sots.



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   Enfin les sots. Les chimpanzés plutôt. Il n’y a que les chimpanzés pour penser comme ça…


   La lame entre les dents…
   Minuit 29, le 15…

    Toujours elle tourne, l’horloge. Toujours. Trop vite les secondes s’égrainent. Trop vite.
    Trop vite on devient vieux et on perd ses illusions.
    Avec les funérailles des illusions suivent celles de la magie ou de l’espoir.
    Et lorsque eux aussi sont partis, il ne reste plus qu’une sorte de coquille vide que vous n’habitez
plus que par habitude parce que vous avez peur de la faucheuse.
    Bon sang, il vous arrive parfois encore de rêver que vous avez la lame entre les dents, que vous
avez les ressources pour vivre mille aventures. Mais les rêves se font de moins en moins nombreux.
Ils poussent mal sur le cimetière des illusions, de la magie et de l’espoir.
    Alors, parfois, vous songez à en finir. Peu importe le moyen. Des moyens, il en a des tas. Mais
vous réalisez alors que « hé con, il n’y a peut-être pas de Paradis, ni de seconde chance dans une
autre vie ». Il n’y a qu’une vie qui vaille la peine d’être vécue. Vous réalisez aussi que quelle que soit
la profondeur dans laquelle vous avez enterré les illusions, l’espoir et la magie, vous n’avez fait que
les recouvrir de terre. Vous ne les avez pas tués. On ne peut pas les tuer avant d’assister pour de
bons à ses propres funérailles.
    Putain de vie qui cache tant de morts. Spirituelles ou pas.
    Alors quoi ?
    Ben, vous vous reversez un verre, et vous vous dites que le monde pourra être refait demain, hein.
Vous vous dites aussi que ce n’est pas demain que vous allez partir. Vous sentez ces choses là, pas
vrai ? Vous n’êtes pas sûr de bien grand-chose. Mais quand même, vos funérailles, vous les sentiriez
après la manière dont vous avez parfois enterré tout le reste.
    Et vous vous reversez encore un verre.
    Bon sang. Cette fois ci il a du goût. Un goût de lame entre les dents…


   Se retourner
   1 heure 22, le 16 / 02.

    Il ne faut pas. Il ne faut jamais. Jamais. Jamais. Jamais.
    Se retourner, c’est perdre, se dissoudre, vivre dans les regrets.
    On ne doit pas. On ne devrait presque pas avoir de mémoire autre que celle qu’on a acquise pour
mieux supporter ou traverser le présent.
    Ce n’est pas la mémoire qui est importante. Ce sont les leçons qui en ont été tirées.
    « La mémoire représente pourtant la somme d’un individu » Lança le petit indien.
    Non. Une partie de cette somme. Tout n’est pas acquis. Le chemin de l’inné est en grande partie
responsable de l’Etat dans lequel tu vis ton présent.
    « Et la dette karmique ? » Fit le petit panda.
    Elle n’est que paradigme. Elle est illusion. Tu crois un seul instant, qu’à un stade supérieur de
conscience, il existe des notions aussi futiles que le passé, le présent ou l’avenir ? Tu le crois ? Hein ?
En ce sens tu te leurres dans les labyrinthes des illusions. Des illusions du temps. Tout existe en
même temps, au même moment, à travers toutes les dimensions et tous les temps. Où veux-tu qu’il y
ait une dette ? Il n’y a que l’expérience du moment, de l’instant. De ces instants trop fragiles où tu n’es
pas capable de voir l’univers. Il y a aussi parfois ces moments où tu comprends tout l’Univers et où tu
retrouves le pur sens de l’harmonie. Dommage qu’ils soient trop rares, prisonniers que nous sommes
de l’Entropie apparente de l’Univers.
    « Et Dieu ? Ca veut dire que nous sommes tous une part de Dieu ? Hein ç’est ça ? » Couina
Jésus.
    Il y a des moments où il vaut mieux simplement se taire, rester humble et se dire que nous n’avons
pas les réponses parce que nous sommes prisonniers des sens et des illusions.
    « Mais Dieu ? » Risqua encore Jésus.
    « Ta gueule, bordel et écoute le prophète… » Lâchèrent le petit panda et le petit indien.
    Crétin de Jésus. Il ne comprendra jamais rien.


   Pourquoi les abrutis sont-ils toujours des cons ?



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   2 heures 41, le 17…

    Parce que s’ils étaient intelligents, ils ne seraient plus des abrutis. Tiens. Pardi.
    Et vous savez quels sont les abrutis qui m’énervent le plus ?
    Ceux qui se moquent tout de suite dès qu’on leur propose un autre système de croyance ou une
façon de pratiquer un loisir qu’ils jugent infantile.
    Je n’aime pas l’étroitesse d’esprit. Je n’aime pas qu’on juge sans avoir essayer.
    Et en même temps, j’ai envie d’être étroit d’esprit. Etroit d’esprit avec tous ceux qui ont la culture,
les moyens de s’informer et qui continuent à croire en un paquet sans nom de conneries crasses.
    Je n’ai plus envie de respecter les gars qui croient à la lettre en la parole de la Bible.
    Ces gens là ont les moyens d’avoir une ouverture d’esprit et ils restent enfermés dans un système
de croyances erronées.
    Trop con pour eux. Ils cherchent l’élévation dans la stagnation autour d’un dogme sclérosé.
    De même avec tous ces petits trucs du bon sens populaire ou de la pub.
    Mange du yaourt, c’est bon pour tes os.
    Ne te baigne pas après un repas.
    Fais toi couper les cheveux à la pleine lune.
    Les scorpions sont autodestructeurs.
    Actimel, c’est bon pour ton organisme.
    Oh pitin.
    Mais comment on peut en arriver à croire à des conneries ? Comment ?
    En même temps, faut pas se leurrer. Des millions de connards sont alcooliques, d’autres millions
sont assez stupides pour s’acheter de la cigarette et nous sommes tous drogués, avilis ou affadis par
la société de consommation.
    Ouais.
    Peut-être que tous les abrutis ne sont pas tous des cons. Peut-être que certains sont moins cons
parce que de temps en temps ils ouvrent les yeux.
    Mais je ne saurais pas me fier aux mesures d’un conomètre.
    Les données de l’appareil seraient trop difficiles à régler.


   C’est quoi mon cadeau ?
   3 heures 10, le 18…

   Ma femme, elle veut savoir ce qu’elle a eu comme cadeau.
   Ouais. Elle veut savoir. Mais moi je suis un gardien de la tradition en ce qui concerne les
anniversaires. Je ne le lui donnerai, son fichu cadeau, qu’à trois heures du matin demain.
   Hé oué. C’est comme ça.
   Mais bon sang, si elle me lit déjà, je sais aussi qu’elle a été drôlement gâtée ce coup ci. Drôlement.
   Quand elle saura qui a acheté quoi, elle va être un peu verte.
   Et c’est dans ces moments là qu’on se dit : pitin, avoir des sous c’est bien pour pouvoir faire des
cadeaux. C’est vrai qu’il y a plaisir à en faire. Parfois même plus qu’à en recevoir.
   Hum.
   Sauf si c’est Bill Gates qui offre.
   Rha… Bill. Pourquoi tu n’es pas mon tonton mon cochon ?


   Forum
   Le 17 janvier…
   Trickster répond aux doutes de l’invité sur les trucs fumeux que j’ai postés.

   Trickster a écrit:
   >L'invité a écrit:
   >Houla ! ... il y a vraiment besoin d'une explication ?


   Ben oui...
   J'aimerais que tu m'expliques en quoi les fondements de la pensée d'Ange c'est du n'importe quoi.




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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

  Va falloir s'accrocher.
  Parce que CONTRAIREMENT à la plupart de ceux qui prétendent avoir la foi, j'ai de l'humour sur
ma propre foi.
  Et d'ailleurs, pire, j'aime pas le mot foi.

    Ce qui m'ENERVE au dernier degré, c'est le regard de suspicion du mec à qui tu dis : tu sais moi,
j'aurais tendance à penser que la réincarnation c'est possible...
    Alors que le même mec n'est pas Halluciné quand il voit machin qui lui dit mes cheveux repoussent
plus vite si on les coupe à la pleine lune, Jésus est né un 25 décembre, Un scorpion c'est
autodestructeur...
    Ca me dépasse.
    Autant on peut déboîter TOTALEMENT les dernières assertions. Autant, va falloir se lever un max
tôt pour réfuter totalement le fait qu'il puisse être possible que la réincarnation existe.
    Puisse être possible que.
    Même chose pour l'existence de Dieu.
    Je ne peux pas te prouver qu'il existe ou n'existe pas.
    Mon intuition personnelle ne me permet que de supposer : nan, il n'existe pas. En tout cas pas
dans le sens judeo chrétien du terme.
    Mais ça n'est pas infirmable ou confirmable.

   Ma foi s'arrête là.
   Elle s'arrête aux limites de ce en quoi il est prouvé par A + B qu'on ne peut pas croire à moins
d'avoir des Oeillères grosses comme ça ou d'être un inculte fini.

    En gros, tu peux croire en Dieu, je m'en fous puisque je ne peux pas prouver que Dieu n'existe pas
Mais que tu crois à la lettre tout ce que dit la bible ou le coran, ça me fait hieche grave. Ouais. Parce
qu'il est possible de te prouver que c'est bourré d'erreurs. Bourré.
    La capacité des gens à croire à du total non sens m'effraie.
    La capacité de ne pas avoir d'humour sur sa propre foi ou de capacité à la remettre en question,
surtout si on peut te prouver par A + B que c'est de la pure connerie, là, ce passage, m'effraie et
m'agace.

    En vrai, de vrai, de vrai, de vrai...
    Je doute de tout.
    De tout.
    Surtout de moi
    Et comme j'ai fait ma propre religion (au fil de mes recherches) et foi, je doute aussi de cette
religion. Et combien de fois, je me moque de moi... Ou j'accepte qu'on en rigole....
    Ne plus douter, c'est pas très sain(t) de mon point de vue.


   En réponse à quelques accusations.
   Moi je répondrais bien à Cédric après la clôture du thread de : ce qu'on a trouvé...
   Mais je suis fatigué...

   :)
   Oui, je regarde beaucoup de séries, mais beaucoup ne sont pas de la merde TF1isée (c'est à dire
censurées, doublées en français et pourries).
   VA trouver The shield, Six Feet Under ou des trucs du genre sur TF1...

     Oui je ne lis que du jeu de rôle.
     Parce lire du jeu de rôle, c'est possible bout par bout.
     Lire des romans, avec mon handicap visuel, je ne peux pas d'un coup.
     Et je ne SUPPORTE pas de ne pas lire un roman d'un coup ou en moins de deux jours (je perds le
fil systématiquement si ma lecture n'est pas continue) Ma fatigue visuelle a entraîné contre mon gré
l'arrêt de la lecture des pavés.
     Le jdr avec ses tas de chapitres coupés sur lesquels tu n'as pas besoin de revenir constitue donc
la lecture idéale pour quelqu'un qui a besoin de faire une pause toutes les heures de lecture en
continu.




                                                   28
                                    Ebatbuok : L’homme se réveille

   Non, je ne vois pas pourquoi on doit respecter ce qu'on estime être de la connerie.
   On peut être tolérant. Certes. Mais je ne respecte pas les opinions des vrais gros cons.
   Je n’ai pas envie.

   Tout à l'heure (à trois heures du matin et sous la pluie), j'ai ramassé une DIZAINE de poubelles qui
avaient été renversées en plein milieu de la rue par des connards bourrés. Des poubelles qui auraient
pu provoquer des accidents.
   Je pense avoir assez de sens civique pour ne pas dire connasse ce que tu es conne à quelqu'un
qui me dit : c'est normal que vous réagissiez comme ça vous êtes scorpion ou La bible dit qu'il ne faut
pas pratiquer la sodomie...
   Mais en mon for intérieur, je me dis : pitin, j'ai affaire à un sacré gland.
   Et tout me pousse à vouloir réagir pour que l'interlocuteur cesse d'avoir des oeillères et ouvre son
horizon à un autre champ de perception...
C'est aussi chez moi une sorte de sens civique. Refuser de laisser quelqu'un dans la merde mentale.
   Je ne vois aucune raison de respecter la Foi sans conscience. AUCUNE.
   Et tant pis si ça fait d'moi un facho.
   Ce n'était résolument pas de l'humour...
   Je pense sincèrement qu'on ne doit pas laisser les gens croire à des conneries sans essayer
d'entamer un débat et de montrer qu'il est possible (ou certain) par A + B que leur voie est fausse.
   C'est peut-être pas bien. Mais je m'en fous, je sens les choses comme ça, moi…

   Jamais je ne réfuterais, par contre, la Foi avec conscience.
   En l'essence, dans le débat, on doit toujours chercher à savoir quel est le chemin plutôt que le but.
   L'Etat de la personne n'est pas le même selon le chemin qu'elle a emprunté.
   Je suis certain qu'il y a des gens qui croient en la bible pour des bonnes raisons et d'autres pour
des mauvaises. Les mauvaises raisons m'agacent.
   Parce qu'elles corrodent tout le reste et la perception qu'on pourrait avoir des bonnes raisons.

    Il y a trois semaines, à la bande dessinée, pour donner un autre exemple de ce que je suis, une
vendeuse (sous le sceau apparent de l’humour) me dit alors que je cherche un porte clé : vous savez,
vous trouveriez mieux sans vos lunettes…
    Je la regarde derrière mes verres fumés et je lui lance posément (mais non sans une légère
satisfaction) :
    Vous savez, je n’y peux rien, j’ai un handicap visuel, je suis forcé de porter ces lunettes.
Gueule décomposée de la personne.
    Si sa réflexion était sous le sceau du « j’aime pas les mecs qui se la pètent en lunettes », elle a
été cassée bien profond. Si sa réflexion n’était que de l’humour, je n’ai pratiqué qu’une autre forme
d’humour (un peu plus sarcastique, certes).
    Je passe beaucoup de temps à m’excuser lorsque je sors pour l’impolitesse qui est de regarder les
gens avec des lunettes de soleil.
    Je dois avouer qu’en contrepartie j’ai de plus en plus de mal à supporter que les gens aient des
œillères sur les sujets qui me passionnent le plus : le rapport à la foi et le fait de croire en quoi que ce
soit.

   Concernant une réflexion sur le fait que les affres de la Foi soient difficiles à traiter.

   Oui.
   Mais je sens parfois en moi l'âme d'un croisé.
   Je vote écolo, je suis sensible aux pauvres clodos qui crèvent de froid dans la rue.
   Mais le vrai sujet qui déchaîne mon tourment est le rapport à la Foi ou aux croyances erronées ou
non.
   Le viol de l'âme pratiquée par la Religion depuis des éons ou par des pensées qui sclérosent ta
perception de l'univers à un champ trop étroit m'agace de plus en plus.
   On me dira : pas grave, laisse les gens être cons.
   Ou croire en ce qu'ils veulent.
   Mais je ne crois pas, en mon for intérieur, qu'il faille ne pas réagir tout comme un écolo militant ira
réagir par des actions.




                                                     29
                                    Ebatbuok : L’homme se réveille

   A mon moindre niveau, je ne peux rien faire pour lutter contre la connerie (voire même parfois ma
propre connerie) à part essayer d'être en accord avec ce petit côté chevalier (ou ange gardien) en
moi.

    Bazar.
    Encore une fois, je n'ai rien contre le fait qu'on croit en Allah, Rael ou la Banane Cosmique si le
chemin par lequel tu arrives à ça est autre chose que du "j'ai bâfré ce truc comme un con sans
réfléchir et je signe pour".


   Sur le nihilisme

   Je ne suis pas un nihiliste, moi.
   Je refuse de l'être.
   C'est un chemin trop facile.
   La lutte au quotidien contre tes propres erreurs ou incohérences ou contre celles que tu perçois
dans le petit quotidien des autres me semble plus salvatrice que le nihilisme.

   Je pense que tout le monde (sauf le sociopathe / psychopathe de première) possède la graine qui
peut germer.
   Je pense que tout le monde est sublimé un jour par ses passions.
   C'est pour ça que la première question que je pose à des gens que je rencontre, c'est quelles sont
vos passions.
   Il y a toujours une lumière qui s'éveille. Cette lumière me fait toujours dire qu'il y a un espoir.

   L’anniversaire de ma femme…
   Bon, ben…
   Je lui en souhaite un bon, alors.
   En espérant que je pourrai être meilleur pour ta prochaine année.
   C’était une très bonne idée de choisir la crêperie comme repas d’anniversaire tout à l’heure. Les
crêpes, c’est résolument un des trucs que je préfère manger.
   Les gênes du breton sans doute 


   Lettre à un ami…
   Minuit, le 20 février…

    Voilà, l’anniversaire de ma femme vient juste de s’achever.
    Elle a fêté ses vingt-sept ans aujourd’hui.
    Les derniers jours n’ont pas forcément été faciles parce qu’on a eu :
    - La grippe (et on est restés couchés tous les deux une semaine)
    - La réparation de notre voiture qui avait été accidentée – je suppose - par des gars bien finis à
l’alcool.
    - Absolument aucun gain au loto (ha ha ha).
    - Quelqu’un de plus vieux dans notre couple (ha ha ha ha).
    - La décision d’aller faire castrer notre chat et dieu sait si je n’ai pas envie qu’il se fasse couper les
trucs le matou. Mais bon. Il parait que les mâles pas castrés pissent partout et ont trop de chances de
s’enfuir de ta maison.

   Bon sang…
   On nous proposerait le choix en tant qu’êtres humains, ça ne serait pas facile hein ?
   - Soit tu vis de manière longue et tranquille, mais sans tes couilles.
   - Soit tu connais une jeunesse flamboyante et très festive mais tu pars ad patres avant l’âge de tes
30 ans.
   Faut voir.
   Difficile de choisir hein.
   On ferait peser dans la balance la célébrité et la fortune pour le deuxième choix, ça serait encore
plus tentant.
   Mais bon…
   Petites nouvelles de l’intérieur maintenant.



                                                     30
                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

    - Là, pile au moment où j’écris, je sens bien que ma vésicule biliaire fait des siennes et me
provoque un grave mal de crâne. Peut-être que je supporte mal le vin que j’ai bu au repas
d’anniversaire de Kat.
    - Non, je n’ai toujours pas de travail. Hé. Mais je n’ai pas cherché aussi faut dire. Il va cependant
au moins falloir que je m’inscrive en tant que demandeur d’emploi sur la bonne ville de Bourges.
    - Nous avons deux semaines de vacances prévues entre fin juin et début juillet et on hésite encore
entre la Suède, l’Irlande ou l’Ecosse ou quelques pays d’Europe centrale. A priori, on a des chances
de retourner en Suède. C’est vrai que c’est bien la Suède. J’ai beaucoup aimé il y a deux ans.
    - Nous avons découvert enfin le nom du seul zoo de France où il est possible de voir des koalas.
Hu. Et ma femme qui rêve d’en caresser un, un jour. Je sais que ça n’est possible normalement qu’en
Australie. Mais l’Australie, bon sang, ce n’est vraiment pas la destination évidente à prendre si on n’a
pas trois ou quatre semaines devant soi et l’aisance financière pour supporter le voyage.
    - Nous sommes parvenus à nous faire un couple d’amis sur Bourges. On les a invités à
l’anniversaire de Kat. Je pense que les liens ont été assez tissés pour qu’ils deviennent un jour
quelque chose comme des amis. Et ce, d’autant plus que nous avons des affinités très fortes dans
certains loisirs. Je ne désespère pas de rencontrer aussi des personnes dans le milieu de l’ésotérisme
une fois que je serai mieux installé chez moi et plus en accord avec cette partie de ma nature.
    - Kat a eu beaucoup de chance à son anniversaire. Ses parents étaient là et bon sang, il y a eu
quelques cadeaux bien sympathiques. D’une nature que je n’aurais pas pu offrir à mon moindre
niveau. C’est bien. Il y a des anniversaires, comme ça, qui marquent plus que d’autres. Et je suis
content que pour une fois l’anniversaire de Kat ne se fasse pas que entre elle et moi.

    Sinon quoi d’autre ?
    Je ne suis pas assez satisfait de ma vie spirituelle en ce moment. Mais il ne tient qu’à moi de
prendre le taureau par les cornes.
    Je ne me trouve pas au mieux de ma santé physique ou mentale (hé hé hé). Mais encore une fois,
il ne tient qu’à moi de lutter contre mes démons.
    Je suis un peu déçu par internet en ce moment. J’ai perdu le lien avec certains de mes vieux
contacts. Je trouve que ça n’est pas bien. C’est dommage de sentir ces liens qui s’effilochent sans
qu’on puisse rien y faire. J’ai aussi perdu des liens avec des personnes du monde réel en
abandonnant Angoulême ou ce qui faisait à l’origine ma passion pour la bande dessinée.
    Mais je sais que la vie n’est que peaux que l’on doit jeter.
    Rares sont celles que l’on peut garder.
    C’est dommage. Mais il semble que le fil de ma vie s’est toujours dessiné comme ça.

   Le meilleur pour toi et ta femme, Eric. En espérant que le futur te soit encore plus radieux.


   Mon vieux Shiva.
   2 heures 23, le 21…

    Ah pitin… Dans quelques heures mon pauvre con de chat se fait opérer. Je suis obligé de céder en
face de la détermination des filles.
    Mais je n’aime pas ça.
    Je n’aime tellement pas ça que j’ai mis les choses au point. Ce n’est pas moi qui l’emmène se faire
charcuter.
    Non, je ne peux pas me résoudre à accepter ça.
    En plus, c’est con, mais j’aime bien toucher les couilles de mon chat pour déconner.
    Gillit, gillit, gillit que je lui fais. Le chat, lui, il s’en fout.
    Je trouve que les couilles de chat, ce sont les moins disgracieuses du monde animal.
    Brrr.
    Ca ne sera plus mon chat demain soir. Ca sera un peu comme une fille lorsqu’on le regardera de
dos. Et je ne sais pas… Je n’aime pas cette idée.
    Sinon quoi ?
    Oh rien. J’ai accumulé quelques maladresses au niveau des dernières heures. Des maladresses
assez en conséquences, le sommet étant d’arriver à m’entailler bien le doigt avec un couteau à pain.
J’ai mis du sang sur l’oreiller pendant la nuit.
    Le sang ne me choque pas. Le sang ne me fascine pas. Bizarre. C’est juste un truc que mon corps
produit et pour lequel je n’éprouve pas de fascination.
    Bizarre.



                                                   31
                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   Peut-être que le rouge que je vois n’est pas le même que celui des autres.


   Savoyard.
   Minuit 55, le 22…

    Rha pitin. Ce midi je suis allé manger au restaurant avec le père de Kat. Il n’y avait que neuf
couverts. On a eu le temps de parler avec le patron et d’apprendre qu’il possédait les deux restaurants
savoyards de la ville ainsi que « La Truche », un restaurant spécialisé dans la pomme de terre.
    J’ai pu également goûter au vin corsé de la région. Hum. Ca ne vaut pas le Cahors. Mais je dois
avouer que la spécialité appelée le Matafan m’a tuée. C’est un peu comme une tartiflette mais avec
plus de crème et une crêpe à la place des patates. Je VEUX retourner là-bas. C’est vraiment
dommage que Kat n’aime pas le fromage parce qu’à même pas cinq minutes à pied de chez moi, j’ai
trouvé ce midi mon restaurant fétiche.
    En plus c’était sympa d’apprendre que le patron est un ex comptable qui a tout appris auprès d’un
savoyard d’une cinquantaine d’années et de l’entendre parler avec un collègue de l’achat de sa
nouvelle maison.
    Je suis particulièrement satisfait d’avoir payé le restaurant. Les parents de Kat nous ont trop, trop,
trop offert. Je ne suis pas capable de rendre la pareille. Je dois donc ravaler mon ego. Mais le
restaurant m’a permis de retrouver un peu de moi-même. Ca faisait plaisir de parler aussi seul à seul
avec André. Je reste particulièrement fasciné par le fait qu’il ait quand même fait plus de deux cent
heures de vol.
    J’ai bien aimé croiser la propriétaire de la boutique ésotérique en sortant du restaurant et le fait
qu’on se dise bonjour.
    J’ai moins aimé récupérer mon chat sans ses couilles. Mais la vétérinaire était sympa et elle a une
cour intérieure ce qui permet de garer la voiture sans difficulté.
    Je n’ai pas encore dit merci aux parents de Kat pour les étagères. Rha. Trois étagères de plus. Je
ne sais pas exactement où je vais les mettre, mais ça va faire un foutu rangement. On va enfin
pouvoir se débarrasser d’une grosse partie de la bonne quarantaine de cartons qui n’ont pas été
défaits.
    Crac crac les cartons. Demain, d’une manière qui n’a rien de glorieuse, je dois m’occuper de petits
trucs domestiques divers. On va tenter de se la jouer « je finis de mettre mon appart au propre » sur
la fin de la semaine. Olé.


   Petit exercice de style…
   1 heure 17, le 23.

   Tiens, sur un des fils de discussion de mon forum fétiche, on demande de poster des personnages
joués ou pas qui pourraient être utilisés par d’autres maîtres de jeu.
   Je sens que je vais en faire quelques-uns des personnages. Oui.
   L’idée me plaît.
   J’adore inventer des gens. Peut-être qu’ils existent en partie quelque part, qui sait ?

   Le type qui voulait être chevalier.

Ha ben oui. Votre rêve depuis l’enfance, ça, hein, ces histoires de chevaliers. Vous les voyez depuis
la petite ruelle dans laquelle vous jouiez. Ils sortaient clinquants du palais pour aller bouter monstres
et infidèles. Paladins, Chantres de la vertu, Preux…
Ah ce qu’ils étaient beaux. Et purs.
Votre mère vous le disait, elle qui tapinait dans les rues basses pour vous payer de quoi à manger.
Les chevaliers, petit, ce n’est pas ma clientèle. Ils s’offrent des filles qui peuvent péter dans la soie.
Mais qu’importe, hein. Ca les chevaliers, il n’y a pas un jour qui passait sans que vous alliez les voir.
Et qui sait ? Peut-être qu’un jour l’un d’entre eux aurait besoin de vous comme palefrenier. Hé, c’est
pas pour rien que vous passiez la moitié de vos journées à vous occuper des chevaux dans l’auberge
tenue par le « parrain » de maman, le type à qui elle donnait des sous pour éviter de se faire égorger.
Et puis vous savez ce que sont les rêves ?
Juste des caresses sur un animal appelé désillusion ou misère.




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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

Vous ne vous rappelez plus bien de l’incident. Mais il est clair que c’est bien un chevalier avec son
gros bourrin qui vous est passé dessus ce jour là. La main droite écrasée. La bonne main. Tout ça
pour apporter un mot à une demi-mondaine qui était la maîtresse du roi ou du régent.
La bonne main, bon sang. Il ne vous restait plus que la mauvaise. Celle avec laquelle les gens se
torchent, celle qu’ils ne mettent pas à la bouche, celle qui porte la marque du malin.
Votre mère a essayé de porter plainte auprès des autorités. Mais le « parrain » lui a expliqué que ce
n’était pas bon pour les affaires. Et votre mère, qui avait la rage, s’est retrouvée toute cassée. Un
accident dans un escalier avait dit « le parrain ». Une vilaine infection, la gangrène. Et votre mère qui
mange les pissenlits.
Vous auriez aimé qu’elle vous confie un secret du genre : « tu sais chéri, ton père est l’un de ces
chevaliers, tu as une marque de naissance qui pourra prouver que tu es le fils de l’un d’eux ».
Mais non. Pensez… Vous croyez qu’un type qui est presque manchot va avoir de la chance ?
Ha ha ha ha. Il n’existe pas de Dieu des presque manchots.
Vous auriez pu avoir la rage. Vous auriez pu tuer le « parrain » et tenter d’occire les chevaliers en
devenant un bandit de grand chemin. Vous auriez pu avoir un don qui vous aurait fait remarquer par
un magicien ou un érudit… Mais non.
Les seuls dons que vous aviez, c’était de savoir causer. Bien causer. Très bien causer.
Et de savoir canaliser votre colère, l’enfermer, l’enfouir au plus profond de vous.
Vous avez donc imaginé qu’un seul chevalier serait le prix à payer pour la mort de votre mère. Un
seul. Mais vous le voulez sous votre contrôle.
C’est pour ça que vous êtes restés sous la houlette du « parrain » et que vous avez appris quelques
vagues rudiments sur cette drogue qui annihile en partie la volonté.
C’est pour ça que vous avez copiné avec une fille qui pète dans la soie. Vous vous êtes arrangé pour
la sauver après qu’elle ait manqué de se faire agresser. Vous vous êtes arrangé pour que le
protecteur de la fille soit bourré ce soir là. Vous êtes devenu son sauveur. Oh oui. Elle vous en doit
une. Et il se trouve qu’elle a un chevalier dans ses clients. Un jeune pédant avec des dents blanches.
Peu à peu, elle le droguera. Peu à peu, il sera en votre pouvoir. Et il vous présentera d’autres
chevaliers, et vous leur présenterez d’autres facettes du monde : la drogue, le sexe facile, les jeux
d’argent. Et s’ils se laissent faire, c’est qu’ils ne sont plus vraiment des chevaliers, pas vrai ?
Si vous ne pouvez pas être chevalier, personne ne pourra. Personne. Le vice doit trouver son chemin
dans leur vertu.

Physique : plutôt bien mis de votre personne, encore vert (à peine dans les 25 ans), une main
enfermée dans un gant de cuir et de métal, la bonne main, vous faites tout pour présenter bien. Une
lubie, vous changez souvent de couleur de cheveux ou de coupe de barbe. Vous pouvez avoir l’air
intimidant s’il le faut. Mais vous savez que ça n’est que du flan. Vos seules armes pour vous sortir de
situations dangereuses sont votre grande capacité à l’improvisation et votre bagou.


   La fille qui voulait être inspectrice…
   Meredith Billongo.

Vous êtes noire. Comme la moitié des femmes noires américaines, vous avez une surcharge
pondérale. Comme plus de vingt pour cent des gens qui ont une surcharge, vous êtes classée dans la
catégorie obèse. Depuis l’enfance.
Vous ne savez pas comment ça a commencé. Vous pensez que c’est la génétique qui vous a joué un
tour le plus souvent. Mais qu’est-ce que vous voulez… Vous n’avez jamais appris à manger autre
chose que du fast ou de la junk food. Et vous ne considérez pas que les grignotages de quelques
barres de chocolat constituent vraiment un apport calorique conséquent.
En plus, bon, ce n’est pas comme si vous viviez mal la chose. Vous acceptez de crever plus vite, hein.
Vous acceptez. Et la nourriture est votre seul vice.
Vous ne fumez pas, vous ne mentez pas (sauf un peu à vous-même), vous ne buvez pas d’alcool,
vous ne consommez pas de drogues, vous ne pratiquez pas d’activités illégales, vous ne détournez
pas le câble, vous payez toutes vos factures, vous allez à l’Eglise tous les dimanches, vous faites du
volontariat dans un orphelinat une fois par semaine et dans un centre d’accueil et d’écoute pour gens
qui ont le cancer deux fois par semaine.
Votre seul luxe, c’est le coiffeur. Hé, vous prenez soin de votre principal atout. Vous avez des cheveux
incroyables qui cascadent sans défaut sur votre visage rond.
Mais ce qui vous caractérise le plus, au-delà de tout, c’est que vous êtes déterminée. Ouais, petite,
vous jouiez avec les garçons et vous faisiez systématiquement le flic. Plus grande, vous avez



                                                   33
                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

commencé à collectionner tout ce qui pouvait se faire en bandes dessinées avec des héros qui font
une justice au niveau urbain. Et vous vous êtes goinfré toutes les séries possibles et imaginables dans
le genre policier.
Vous avez vu vos camarades prendre d’autres chemins, mais vous, vous aviez un rêve. Devenir
inspectrice, faire régner la justice, faire la différence.
Vous aviez tous les espoirs de votre jeunesse lorsque vous êtes rentrée à l’académie de police voici
une quinzaine d’années. Et ben vous savez quoi ? Vous les avez gardé. Vous avez pourtant vu tous
vos collègues devenir cynique ou désabusé. Vous en avez même vu accepter quelques enveloppes.
Pas vous. Pas de concession avec vous-même. Vous n’avez pas eu envie pour autant de dénoncer
tous vos collègues qui en avaient un peu gratté. La vie est dure, vous le savez bien. La paye est
moche. Et après tout, on pourrait accepter le fait que plusieurs restaurateurs du quartier vous fassent
presque jamais payer l’addition comme de la corruption, hein ?
Non, ce que vous avez plutôt, c’est un compas moral. Il y a juste des limites à ne pas dépasser. Qu’un
de vos collègues la franchisse en touchant au deal de drogues ou en en volant. Et là, vous ferez appel
à votre seul ami. Et ce n’est pas n’importe qui. Il travaille à la police des polices. Il sait qu’il peut
compter sur vous pour les cas les plus désespérés.
Vous avez encore échoué aux tests pour monter en grade. La surcharge pondérale. Et peut-être aussi
votre envie de rester plus sur le terrain, au contact des gens. Malgré le fait que vous vouliez être
inspectrice.
Qu’est-ce qu’on peut rajouter de plus ?
Ha si, le week-end vous avez une activité dont vous parlez peu à vos collègues. Vous faites partie
d’une petite communauté appelée les vigilants. Vous aidez à organiser les patrouilles. Vous aidez à
faire régner un peu d’ordre dans le quartier.
Vous n’êtes peut-être pas rapide, mais vous restez tout de même assez forte et surtout vous avez un
sens assez aigu de l’organisation et de la manière dont il faut s’adresser aux gens. Combien de fois
avez-vous déverrouillé des bagarres naissantes avec deux ou trois mots bien placés.
La plume est plus forte que l’épée. Ouais. Peut-être pas plus forte que votre arme de service mais
c’est vrai que jusqu’à présent ça vous a bien aidé.
Demain, bon sang, vous avez un autre examen et un test de qualification.
Vous avez beaucoup travaillé, beaucoup répété. Vous croisez les doigts…


   Encore du forum…
   1 heure 48, le 24

[quote="Dantès"]Message perso à El Presidente : il était pas marrant mon mail à la présidente
?[/quote]

   Euuuuh.
   La présidente, elle est peu sur le net.
   Elle m'a demandé : c'est quoi ces mails que j'ai reçus pour mon anniversaire. Il y en a un qui a écrit
un pavé.
   Je lui ai répondu : ah mon dieu, c'est que des fous doivent s'emmerder à lire des commentaires.
   Ma femme vous répondra à tous ce dimanche.
   En ce moment elle est attachée. Et je sais pas où sont les clés des menottes.
   Et je sais pas comment enlever mon costume cuir et latex.

   Le trou de la sécu, je sais à quoi il peut servir.
   A jeter tous les canards contaminés par la grippe aviaire.
   Le trou est tellement gros qu'on devrait pouvoir supprimer tout risque de contamination.
   Non mais.

   Sinon quoi ?
   Je devrais sans doute parler un peu du dedans de moi.
   Mais je ne sais pas. C’est ce mail, hier, de Céline, qui m’a fait prendre vivement conscience de ce
besoin sourd qui ne cesse de grandir en moi.
   J’ai besoin de réaliser quelque chose ou de ressentir l’accomplissement ou au moins une
gratification pour quelque chose que j’ai fait.
   Je suis trop en retrait. Et je ne veux pas recevoir une gratification pour quelque chose de simple ou
de mécanique. Non.



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                                  Ebatbuok : L’homme se réveille

   Je veux une gratification pour quelque chose qui provient de mon essence.
   C’est déjà plus compliqué, hein.
   L’ego est une sale bête. Mais nous devons tous faire face un jour à son petit côté rebelle…


   Samedi de fou
   3 heures 34…

    Si j’arrive à tout faire (hum), je me rends à une convention, je joue dans l’après midi et je joue la
soirée.
    Roa.
    Ca devient pas trop humain.
    Mais enfin, en même temps, ce n’est pas comme si j’arrivais à faire du jeu de rôle comme lorsque
j’étais à Angoulême. Ouais. Y a clairement des différences.

   Je poste le nouveau personnage que j’ai introduit dans ma partie de ce soir.
   Pas de bol…

   Le chien…

     Vous ne savez pas s’il existe un créateur quelque part là-haut ou en bas. Vous ne savez pas.
     Vous pensez qu’il doit quand même exister quelque chose pour vous avoir fait une telle farce.
Vous avez la mémoire de votre précédente incarnation. Oui, oui. Peu importe que cela existe ou non
pour les autres, pour vous, c’est bien le cas.
     Avant, vous étiez un petit expert comptable. Petit. Sans ambition. Sans passion. Sans désir de
prendre une femme ou d’avoir des enfants. Non, vous vous contentiez juste de suivre les ordres.
Presque tous les ordres. Sans vous poser de questions. Oh, vous aviez bien quelques loisirs, certes,
mais pas de ceux dont on aime à se vanter : le foot, une bière de temps en temps au bar avec des
copains, des petits rapports anonymes expédiés à votre patron au sujet de vos collègues.
     Ah ça, vous n’aimiez pas qu’on ne respecte pas les règles. Oh non. Hé, il vous fallait bien une
ancre, hein. Sans quoi vous auriez été quoi ? Une machine ? Votre ancre, c’était ça : suivre les
ordres, respecter les règles, dénoncer toute activité illicite. Sans état d’âme. Quoique. Vous éprouviez
sans doute un plaisir pervers à chaque fois qu’une de vos accusations portait ses fruits.
     Et puis vous voilà rendu à quarante ans. Chauve, un peu aigri, avec deux ou trois collègues qui
commencent à vous soupçonner d’être la taupe qui raconte tout au patron. Vous vous faites casser la
gueule un soir en rentrant chez vous. Vous recevez des tas de lettres de menace, des coups de fils
injurieux. Il n’y a même plus le bar avec les copains et quelqu’un arrive à faire pression pour que vous
vous fassiez virer lorsqu’un nouveau patron est nommé dans votre boîte.
     Vous faites donc une dépression. Et visiblement cela déclenche chez vous un cancer du colon.
Vous savez ce qu’on dit hein ? Quand le mental ne va pas…
     Bref. Vous mourrez seul et abandonné de tous en vous jurant que s’il y avait possibilité de
recommencer votre vie ou d’être réincarné, vous feriez tout pour être exceptionnel.
     Exceptionnel.
     Vous vous souvenez d’étranges sons ou de sensations qui dépassent l’entendement dans
l’intervalle où vous étiez mort. Vous vous souvenez que vous vouliez être incarné dans quelqu’un de
beau et si possible de riche et de puissant.
     Vous vous souvenez être décomposé à un moment. La sensation de chute et l’incorporation. Vous
vous souvenez de tout.
     Le seul problème, c’est que vous êtes revenu sous la forme d’un chien de concours. Oui. Un
magnifique setter irlandais.
     Vous avez vécu l’enfer les deux premiers mois. Ensuite vous vous êtes habitué. Vous vous êtes dit
que vous étiez au purgatoire et que quelqu’un là-haut ou en bas avait une mission pour vous ou
attendait que vous fassiez quelque chose.
     Vous attendez de voir la gueule qu’aura votre maître. Et vous communiquerez avec lui. Vous ne
pouvez peut-être pas parler. Mais vous commencez à avoir assez de coordination pour écrire quelque
chose dans un sol humide. Et vous avez gardé toutes vos connaissances. Peut-être que vous pourriez
apprendre le morse pour communiquer. Peut-être.


   Blog…



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                                   Ebatbuok : L’homme se réveille

   1 heure 52, le 28…

    Hier, j’ai maté la cinq entre midi et deux et je me suis encore dit : tiens, si j’envoyais l’url de mon
site au journal du blog. Pas que j’ai des énormes chances d’être remarqué comme un sale et de faire
l’objet d’une petite brève. Mais sait-on jamais ?
    Quand je vois que certains rédacteurs de blog arrivent à avoir 20000 connexions par jour, hu. Ca
fait rêver.
    Est-ce que tu deviens une star si 20000 personnes par jour se connectent chez toi ?
    Hu ?
    Sans doute.
    Je crois que c’est bien un truc comme ça qui me plairait finalement. Mais en même temps, hein,
quel mal y a-t-il à se la jouer petit fonctionnaire tranquille dans son coin ?
    Je suppose que je me dis que je ne veux pas faire ce site que pour avoir des milliers de visites
mais aussi pour me faire plaisir, mais aussi pour me tenir à une contrainte quotidienne.
    Enfin contrainte… C’est pas une grosse douleur, hein…
    Pas une douleur comme hier. Pitin, hier soir, j’étais dans les pâquerettes. Un truc qui se digérait
pas je suppose. Coucher avant une heure du matin et réveillé à neuf par le plombier qui a pu réparer
cette fichue baignoire qui fuyait et coulait mal.
    Joie.
    J’ai appris deux ou trois trucs sur ce brave plombier et j’aurais bien aimé voir la gueule d’un de ses
chiens : bâtard de labrador et d’husky. Ca doit bien donner, bon sang.
    Et aujourd’hui ? Que j’aurais dû installer mes étagères ?
    Ben non.
    Hé, je fais toujours ça quand je dois récupérer d’un coup de patraque. J’ai entamé la lecture d’un
livre que j’aurais dû lire depuis plusieurs mois. Et bon… Pas mal jusqu’à présent. Je cherchais un
système de jeu pour faire jouer à un autre jeu, un jeu fantastique mais dont je ne supporte pas les
règles… Et ma foi… Pas mal du tout. Surtout que c’est écrit par des copains professionnels de la
profession.
    Ca m’amuse de plonger un peu dans un jeu de rôle axé sur la Chine.
    Ce n’est à priori pas du tout ma tasse de thé. Mais bon… Plus ça va, plus j’apprends à percevoir
cette culture. Et plus j’aime ça.
    Hum.
    Peut-être que je devrais faire mes pages du jour en chinois 
    Bazar, ça en ferait des milliers de connexions, hein ?




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