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PRENDRE SES RESPONSABILITÉS,
CONCRÉTISER LE CHANGEMENT :
GUIDE DES POLITIQUES VISANT LES AFRO-
CANADIENS
African Canadian Legal Clinic
Toronto, Ontario
1
Table des matières
Introduction
État des connaissances
1) Pourquoi est-il nécessaire de renforcer la participation des Afro-Canadiens à
l’élaboration des politiques publiques?
2) Qu’est-ce que la politique publique?
3) Le processus d’élaboration des politiques au Canada
4) Développement communautaire et renforcement des capacités : tenants et
aboutissants
Renforcer la capacité des Afro-Canadiens en matière de participation à l’élaboration
des politiques publiques
1) Composantes fondamentales du renforcement des capacités
2) Encourager l’organisme à participer à l’élaboration des politiques publiques
3) Établir des structures de prise de décision
4) Créer des programmes d’élaboration des politiques
5) Favoriser les relations avec les organismes et les décideurs gouvernementaux
6) Évaluer régulièrement les progrès
7) Transmettre des compétences en communication et en relations avec les médias
8) Offrir du mentorat aux membres du groupe
9) Recueillir des données désagrégées et mener des recherches axées sur la
communauté
10) Favoriser le leadership communautaire chez les membres du groupe
Guides pratiques en matière de participation à l’élaboration des politiques publiques
1) Comment tenir une conférence de presse
2) Comment préparer un mémoire efficace
3) Comment faire une présentation orale devant un comité législatif
4) Comment organiser des activités de défense des intérêts sur Internet
5) Comment former une coalition et y participer
Glossaire
2
INTRODUCTION
Le présent Guide des politiques expose des stratégies pratiques et efficaces visant à
promouvoir la participation des Afro-Canadiens à l’élaboration des politiques publiques. En
tant qu’Afro-Canadiens, il est essentiel que nous apportions nos points de vue et nos
expériences dans le cadre du processus d'élaboration des politiques, de façon à ce que
celles-ci reflètent nos besoins et nos préoccupations.
Ce Guide des politiques est un guide de ressources destiné aux particuliers, aux
communautés, aux organismes et aux institutions qui souhaitent le renforcement de la
représentation des Afro-Canadiens dans le domaine de la politique publique et qui cherchent
à améliorer le dialogue avec les décideurs gouvernementaux. Ce Guide des politiques entend
miser sur les atouts actuels de la communauté afro-canadienne en les mobilisant. Il s’agit
également de proposer des stratégies et de faire des suggestions qui favoriseront les
initiatives de défense des intérêts communautaires afin que nous puissions lutter ensemble
contre les inégalités systémiques, les désavantages historiques et la marginalisation qui
touchent aujourd’hui nos communautés diverses et dynamiques.
a) Contenu du présent guide des politiques
Ensemble des Réponses aux questions suivantes : Qu’est-ce que la
connaissances politique publique et comment est-elle élaborée au
Canada? Pourquoi est-il nécessaire de renforcer la
participation des Afro-Canadiens à l’élaboration des
politiques? Qu’est-ce que le renforcement des capacités
communautaires?
Renforcement de la Stratégies visant à : acquérir une expertise personnelle
capacité de participation au et créer une structure organisationnelle ayant une utilité
processus d’élaboration dans le cadre de la participation à l'élaboration des
des politiques publiques politiques publiques; établir des réseaux entre les
groupes afro-canadiens; et renforcer l'éducation aux
médias.
Élaborer et modifier les Guides pratiques pour : tenir une conférence de presse;
3
politiques préparer un mémoire; faire une présentation orale;
organiser des activités de défense des intérêts sur
Internet; et créer et gérer une coalition.
4
ÉTAT DES CONNAISSANCES
Cette partie, qui constitue le fondement des principales idées énoncées dans le Guide
des politiques, vise à répondre aux questions suivantes :
1) Pourquoi est-il nécessaire que les Afro-Canadiens participent à l’élaboration des
politiques publiques?
2) Quels sont les principes fondateurs du présent Guide des politiques?
3) Qu’est-ce que la politique publique et comment influence-t-elle nos vies?
4) Comment la politique publique est-elle élaborée au Canada?
5) Qu’est-ce que le développement communautaire et le renforcement des capacités?
À la fin de chaque partie figurent plusieurs questions de réflexion, qui donnent aux
lecteurs l'occasion de confronter les renseignements contenus dans le Guide des politiques à
leurs propres expériences et à leur expertise en matière de développement communautaire.
1) Pourquoi est-il nécessaire de renforcer la participation des Afro-Canadiens à
l’élaboration des politiques publiques?
Les politiques publiques influencent tous les aspects de notre vie quotidienne.
Lorsqu’elles sont élaborées sans consultation des communautés racialisées, ces politiques
risquent de n’être que le reflet de perspectives eurocentriques excluant les expériences et les
valeurs des membres desdites communautés.
Au Canada, le processus d’élaboration des politiques et le processus décisionnel
public ne bénéficient pour ainsi dire d’aucune influence afro-canadienne. Seuls trois des 308
sièges de la Chambre des communes sont actuellement occupés par des députés afro-
canadiens, qui sont tous des femmes.1 De même, on ne dénombre à ce jour que deux
sénateurs afro-canadiens sur les 105 sièges que compte le Sénat.2 En dehors des
1
Marlene Jennings (députée de NDG-Lachine, Québec), Vivian Barbot (Papineau, Québec) et Hedy Fry
(Vancouver-Centre, Colombie-Britannique).
2
Anne Cools (Ontario) et Donald Oliver (Nouvelle-Écosse).
5
parlementaires, rares sont les personnes qui déploient des efforts coordonnés au sein des
divers organismes afro-canadiens en vue de se regrouper et d’influencer les décideurs
gouvernementaux sur les nombreuses questions relatives au progrès, à la sécurité et au
bien-être de notre communauté.
Comme les Afro-Canadiens ne s’expriment pas d’une seule voix en matière
d’élaboration des politiques, celles-ci souffrent souvent d’un manque d’information qui
entraîne ou aggrave les désavantages socio-économiques de notre communauté. Des
politiques incluant des stratégies de lutte contre le racisme et une perspective afro-
canadienne permettraient en outre de contribuer à élaborer des réponses proactives visant à
atténuer le désavantage dont nous souffrons actuellement.
Le présent Guide des politiques est fondé sur la conviction que les communautés afro-
canadiennes ont les moyens de prendre en compte et de résoudre leurs préoccupations et
que le rôle nouveau des pouvoirs publics nécessite d’accroître la participation des différents
intervenants et des citoyens. Ce Guide des politiques entend ainsi accroître la sensibilisation
à l’égard du processus décisionnel public et présenter des stratégies et des idées pouvant
contribuer d’une part à renforcer l’expérience afro-canadienne en matière d’élaboration des
politiques, et d’autre part à favoriser un dialogue permanent et constructif entre les Afro-
Canadiens et les décideurs publics.
Questions de réflexion
a) Des Afro-Canadiens assument-ils une charge élective dans votre collectivité?
Quels sont les facteurs pouvant contribuer au faible nombre de représentants
élus de descendance africaine?
b) Existe-t-il une politique ou une loi dont vous estimez qu'elle a ou qu'elle a eu un
impact positif ou négatif disproportionné sur les Afro-Canadiens?
c) Comment les organismes communautaires afro-canadiens dans votre province
ou dans votre ville peuvent-ils collaborer ou établir des partenariats en vue de
s’attaquer à un problème commun?
6
2) Qu’est-ce que la politique publique?
La politique publique se définit comme :
i) un principe directeur, un plan d’action ou un défaut d’agir qui s’applique à des
communautés particulières; et
ii) un accord entre un groupe de représentants du gouvernement habilités à adopter et à
appliquer ladite politique au sein de ces communautés.3
Dans le cadre de la politique publique, le concept de communauté est généralement
fondé sur la situation géographique (municipale/locale, provinciale ou fédérale; on parle alors
de « collectivité »), mais il peut également se définir en fonction de caractéristiques
démographiques de ladite communauté, telles que le sexe, l’âge ou le statut de citoyen.
La politique publique constitue la feuille de route du gouvernement. Les particuliers
adoptent parfois des politiques personnelles, p. ex. : « Je fais mes courses dans ma localité
pour soutenir les commerçants locaux ». Les organismes ou les entreprises proposent
également leurs propres politiques, p. ex. : « Nos employés peuvent commencer à travailler
plus tôt les jours de semaine afin de pouvoir partir tôt le vendredi après-midi pour profiter
d'une fin de semaine plus longue ». De même, les pouvoirs publics élaborent des politiques
qui visent à régir le fonctionnement des collectivités. Ces politiques publiques incluent par
exemple la décision d'annoncer chaque arrêt dans les transports publics afin d'aider les
usagers ayant une déficience visuelle, ou bien la mise en œuvre de directives de recrutement
pour favoriser l’embauche d’un plus grand nombre de personnes issues des minorités visibles
dans la fonction publique. La constitution nationale confère au gouvernement du Canada le
pouvoir légal de réglementer les nombreuses activités de ses résidents à l’intérieur de ses
frontières, si bien que ses politiques publiques ont souvent des répercussions notables sur la
quasi-totalité des aspects de notre vie quotidienne.
La politique publique peut être de nature réactive (quand elle répond à des questions
7
ou à des situations existantes qui nécessitent l'attention du gouvernement) ou préactive
(quand elle anticipe une situation qui se profile et qu’elle conçoit un plan pour se préparer aux
répercussions futures de ladite situation, ou pour la prévenir).
Les questions de politique peuvent être subdivisées en deux catégories : celles qui
figurent déjà au programme des politiques publiques et celles qui n’y figurent pas. Si une
question figure déjà au programme des politiques publiques, cela signifie qu’elle est
suffisamment importante et qu’un processus officiel est vraisemblablement déjà en place. Si
une question ne figure pas au programme des politiques publiques, les intervenants et les
communautés concernées doivent s’efforcer d’organiser des campagnes, de fournir des
renseignements pertinents et d’éduquer à la fois le public et les décideurs pour accroître la
sensibilisation en vue de faire inscrire ladite question au programme des politiques publiques.
Les pouvoirs publics mettent en œuvre la politique publique par le biais d’outils et de
moyens appropriés, dont voici la liste :
Lois
Règlements
Décrets
Lignes directrices, normes et procédures ministérielles
Programmes financés par le gouvernement
Subventions publiques
Campagnes d’éducation publique
Questions de réflexion
a) Quel enjeu ayant un impact sur la communauté afro-canadienne nécessite
l’attention du gouvernement?
3
Santé Canada : Bureau régional de l’Atlantique, « Politiques publiques et participation publique : Engagement des
citoyens et des collectivités dans l’élaboration des politiques publiques », disponible en ligne à : http://www.phac-
aspc.gc.ca/canada/les-regions/atlantique/Publications/Politiques_publiques/publiques_2003_f.pdf.
8
b) À quelles stratégies pouvez-vous recourir pour mieux sensibiliser le
gouvernement aux questions et aux préoccupations touchant la communauté
afro-canadienne?
c) Pouvez-vous citer une question ou une situation qui, selon vous, bénéficierait
d'une politique publique préactive?
9
3) Le processus d'élaboration des politiques au Canada
En théorie, l’élaboration des politiques
publiques au Canada est un processus
démocratique auquel participent les politiciens
élus, les représentants du gouvernement et les
membres du public. Il est notamment essentiel
de connaître les méthodes d'élaboration des
politiques pour savoir comment participer au
processus décisionnel officiel du gouvernement,
en son sein comme depuis l’extérieur.
(reproduit avec la permission de Ginsler & Associates Inc.4)
Les tâches techniques consistant à ébaucher ou à établir une politique fédérale
reviennent principalement aux organes législatifs et exécutifs du gouvernement. Par leur
contribution communautaire, les comités contribuent à façonner le contenu et l’impact de
chaque politique. Le graphique ci-dessus illustre les interactions entre les différents organes
des pouvoirs législatif et exécutif du gouvernement fédéral dans le cadre du processus
d’élaboration des politiques.
[Legislative Branch] = Pouvoir législatif
[Parliament] = Parlement
[Committees] = Comités
[Senate] = Sénat
[Committees] = Comités
[Executive Branch] = Pouvoir exécutif
[Prime Minister] = Premier ministre
[Cabinet] = Cabinet
[Public Service] = Fonction publique
a) Élaboration des politiques par le pouvoir exécutif (le Cabinet)
4
Ginsler & Associates Inc., « Voluntary Sector Public Policy Toolbox », disponible en ligne à :
10
En tant que chef élu du gouvernement canadien, le Premier ministre nomme les
ministres du Cabinet parmi les membres élus de son parti. Chaque ministre du Cabinet est
responsable des programmes et des politiques de son ministère respectif, par exemple,
Santé Canada. Les ministres présentent un mémoire au Cabinet (qui consiste
fondamentalement en des recommandations et des propositions écrites sur des questions
touchant leur ministère) et aux comités du Cabinet pour assurer la confidentialité des
discussions. Ces mémoires sont généralement préparés par des fonctionnaires du ministère
concerné, qui sollicitent parfois la contribution préalable du public par le biais d’un processus
de consultation. Si le comité du Cabinet approuve les recommandations formulées, une
nouvelle politique est élaborée et communiquée au ministère expéditeur du mémoire afin
qu’une décision soit prise concernant sa mise en œuvre. Le comité du Cabinet envoie un avis
sur la politique approuvée au Cabinet plénier, qui normalement accepte la décision du comité
sans discussion.
Contrairement à ces comités, le Cabinet plénier réserve son temps à des enjeux
prioritaires dont l’importance se mesure à l’échelle du gouvernement et du pays tout entiers.
b) Élaboration des politiques par le pouvoir législatif (Chambre des communes et
Sénat)
À l’inverse des discussions qui se tiennent au sein du Cabinet, dont les archives sont
gardées confidentielles pendant 30 ans, les procédures parlementaires des organes
législatifs sont ouvertes au public. La Chambre des communes et le Sénat, qui représentent
le pouvoir législatif, sont chargés de présenter, d’étudier et d'adopter les nouvelles lois.
Dans le cadre de ce processus, l’étape impliquant les comités est généralement celle
au cours de laquelle l’ébauche d’une loi (présentée comme projet de loi) fait l’objet des
discussions les plus approfondies entre les décideurs et les intervenants publics tels que les
organismes à but non lucratif et les groupes de lobbying communautaire. Ces intervenants
peuvent présenter des observations écrites pour examen par un comité, ou témoigner en
personne devant ledit comité. Il arrive parfois que le comité se déplace dans le pays pour
tenir des audiences publiques ou recueillir des expériences pratiques sur les questions
http://www.ginsler.com/html/partl.htp.
11
abordées dans le projet de loi.
c) Élaboration des politiques au niveau municipal
Les politiques municipales/de la ville concernent des populations limitées au sein de
zones géographiques réduites, si bien qu’elles se fondent moins sur les processus exécutif et
législatif que les politiques fédérales ou provinciales. Par conséquent, dans la mesure où la
défense des intérêts communautaires au niveau municipal se focalise généralement plus sur
les représentants élus que sur les structures formelles telles que la fonction publique, toute
initiative en la matière doit, pour être efficace, cibler directement et cultiver les relations avec
les élus municipaux.
L’ordinogramme figurant ci-après schématise le processus législatif d’élaboration des
politiques au niveau fédéral.5
5
Extraits de : Eugene Forsey, « Les Canadiens et leur système de gouvernement », disponible en ligne à :
http://www.parl.gc.ca/information/library/idb/forsey/toc-f.asp?Language=F; et Inba Kehoe et gouvernement du
Canada, « Comment les projets de loi du gouvernement deviennent des lois », disponible en ligne à : http://dsp-
psd.pwgsc.gc.ca/Reference/queens-f.html.
12
Comment un projet de loi du gouvernement devient une loi
Les projets de loi peuvent émaner soit de la Chambre des communes soit du Sénat. Tous
les membres de la législature sont habilités à présenter un projet de loi, même si, en
pratique, la plupart des projets de loi sont présentés par le parti au pouvoir.
Si le projet de loi émane du parti au pouvoir, le Cabinet débat
généralement en privé des orientations proposées par les
ministres.
Un comité du Cabinet étudie la ou les orientation(s) proposée(s) et
présente ses recommandations au Cabinet plénier.
Si le Cabinet approuve, la Section de la législation du ministère de
la Justice rédige un projet de loi en français et en anglais.
L’avant-projet de loi est approuvé par le ministre responsable avant
d’être soumis à l’approbation du Cabinet.
Si le Cabinet approuve, l’avant-projet de loi est présenté à la
Chambre des communes.
PREMIÈRE LECTURE
La première lecture est une étape purement formelle. Le projet de loi
est imprimé et présenté à la Chambre des communes ou au Sénat,
selon l’organe dont il émane.
DEUXIÈME LECTURE
Lors de la deuxième lecture, les députés débattent et votent pour
décider si l’étude du projet de loi doit être poursuivie, ce qui est
généralement le cas. Le projet de loi est ensuite envoyé soit à un
comité permanent, soit à un comité législatif constitué à cet effet, soit à
un comité plénier de la Chambre. Il peut arriver, en de rares
occasions, que le projet de loi soit envoyé pour examen à un comité
spécial ad hoc créé pour examiner une question particulière.
13
ÉTUDE EN COMITÉ
Le comité étudie chaque disposition du projet de loi. Il peut également
consulter des témoins, des ministres et des spécialistes avant de
débattre du projet de loi et d’y apporter des modifications. Les membres
du public appelés à témoigner se voient rembourser leurs dépenses par
le comité.
ÉTAPE DU RAPPORT
Le comité fait rapport du projet de loi à la Chambre en lui
recommandant soit de l’accepter tel que présenté lors de la première
lecture, soit d’y apporter des amendements, soit de ne pas poursuivre
le processus d’adoption.
Les débats qui ont lieu pendant l’étape du rapport permettent aux
députés de proposer d’autres amendements au projet de loi, qui font
alors l’objet d’un vote.
TROISIÈME LECTURE
La version finale du projet de loi, y compris tous les amendements
apportés aux étapes de l’étude en comité et du rapport, est étudiée par
la Chambre, puis imprimé.
ÉTUDE À LA DEUXIÈME CHAMBRE
Une fois passée l’étape de la troisième lecture à la Chambre des
communes ou au Sénat, le projet de loi est envoyé à l’autre Chambre,
où les trois étapes de lecture s'appliquent également.
En qualité de deuxième chambre, le Sénat peut amender, retarder ou
rejeter un projet de loi, même s’il adopte traditionnellement la plupart
des projets de loi qui lui sont envoyés.
Tout amendement apporté par la deuxième Chambre (habituellement le
Sénat) doit être accepté par la première Chambre (habituellement la
Chambre des communes). Si les deux chambres ne parviennent pas à
résoudre leurs différends, le projet de loi est abandonné. Si les deux
chambres parviennent à s’entendre, le projet de loi doit encore recevoir
la sanction royale.
14
SANCTION ROYALE
Le projet de loi est présenté au gouverneur général, qui représente la
monarchie britannique au Parlement du Canada.
Le gouverneur général peut soit sanctionner le projet de loi au nom de
la reine, soit refuser la sanction royale, soit la différer. En pratique,
toutefois, la sanction royale est toujours accordée.
Le projet de loi devient loi quand la sanction royale est accordée.
Voici quelques exemples de comités permanents du Sénat et de la Chambre des
communes actuellement en place pour étudier les avant-projets de loi et tenir des
audiences publiques à leur sujet :
Comités permanents du Sénat Comités permanents de la Chambre
des communes
Banques et commerce Accès à l’information, protection des
Énergie, environnement et ressources renseignements personnels et éthique
naturelles Patrimoine canadien
Affaires étrangères et commerce Citoyenneté et immigration
international Sous-comité des droits internationaux de
Droits de la personne la personne
Affaires juridiques et constitutionnelles Santé
Finances nationales Ressources humaines, développement
Sécurité nationale et défense social et la condition des personnes
Langues officielles handicapées
Affaires sociales, sciences et technologie Industrie, sciences et technologie
Sous-comité sur les villes Justice et droits de la personne
Sous-comité sur la santé des Comptes publics
populations Sécurité publique et nationale
Transports et communications Condition féminine
Transports, infrastructure et collectivités
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les comités permanents mentionnés ci-
dessus ou sur d’autres comités parlementaires, consultez le site Web du gouvernement du
Canada à : http://www.parl.gc.ca/common/committee.asp?Language=F.
15
Questions de réflexion
a) Comment vous-même et/où les organismes dont vous êtes membre ou que
vous connaissez avez-vous exprimé votre opinion concernant un avant-projet de
loi du gouvernement ou une loi déjà existante?
b) Sur la base de l’aperçu figurant plus haut et de votre propre connaissance du
processus, comment pouvez-vous engager la responsabilité des décideurs
gouvernementaux?
c) Quel comité du Sénat ou de la Chambre des communes élabore des politiques
ou des lois ayant des répercussions importantes sur les Afro-Canadiens?
d) Comment vous ou votre organisme pouvez-vous contrôler les réunions et les
activités des comités permanents visant la communauté afro-canadienne dans
votre province ou région, et y participer?
16
4) Développement communautaire et renforcement des capacités : tenants et
aboutissants
Si les consultations publiques font partie intégrante du processus d’élaboration des
politiques publiques, comment la communauté afro-canadienne peut-elle mobiliser ses
connaissances collectives et engager ses membres à participer audit processus? Le
développement communautaire grâce au renforcement des capacités est une méthode
efficace.
Qu’est-ce que le renforcement des capacités?
Les capacités, qui font simplement référence aux moyens nécessaires pour faire ce qui
doit être fait, vont bien au-delà des compétences, des personnes et des plans. Le
renforcement des capacités suppose par ailleurs un engagement, des ressources, un
leadership efficace, du temps et des efforts permettant d’obtenir des résultats et de les
promouvoir.
Les particuliers et les collectivités ont tous un certain niveau de capacité. Personne ne
manque de capacités et d’atouts, toutefois ceux-ci ont souvent besoin d’être renforcés. Le
renforcement des capacités met l’accent sur les aptitudes et les points forts existants, plutôt
que sur le manque de ressources et le sentiment d'impuissance. Les personnes sont au cœur
du processus de renforcement des capacités.
Voici une liste de certaines compétences utiles que les particuliers et les organismes
peuvent utiliser ou acquérir pour contribuer au renforcement de leurs capacités, et qui ont une
influence sur l’élaboration des politiques publiques. Il est possible d’évaluer les aptitudes
actuelles6 de ces particuliers et de ces organismes en déterminant combien de compétences
ils possèdent déjà parmi celles qui figurent sur cette liste :
Connaissance de l’environnement Compétences en gestion, p. ex.,
politique planification et coordination des personnes
Capacité de résolution constructive Compétences en recherche analytique et
des conflits capacités de rédaction
Capacité de communiquer de façon Capacités de réseautage
6
The W. K. Kellogg Foundation, « Developing Community Capacity », disponible en ligne à :
http://www.wkkf.org/pubs/Health/Pub656.pdf.
17
claire, ouverte et honnête Connaissance des médias et capacité de
Capacité de faciliter les interactions de travailler avec eux
groupe
Solides capacités de collaboration et
d’établissement de partenariats, et
engagement communautaire
Qu’est-ce que le développement communautaire?
Le développement communautaire est un processus dans le cadre duquel les
membres d’une communauté se regroupent en vue de prendre des mesures collectives et de
trouver des solutions à leurs préoccupations communes. Ces actions communautaires
peuvent prendre la forme de petits gestes ou de grandes initiatives. Le développement
communautaire est un processus populaire établi par les personnes les plus directement
concernées par les préoccupations identifiées, qui vise à améliorer la qualité de vie de
l’ensemble des membres de la communauté.
Il n’existe pas de stratégie unique ou « correcte » en matière de développement
communautaire. Souvent, le processus est enclenché lorsque des membres de la
communauté identifient un enjeu dont ils estiment qu'il nécessite un changement de politique
publique ou l'intervention d’un ordre de gouvernement. L'enjeu en question peut être le fruit
d’un conflit entre la réalité et l’opinion que se sont forgée lesdits membres quant à la définition
d'une communauté heureuse, ou bien de considérations nouvelles relatives à la signification
du concept de communauté et à la possibilité que certains citoyens soient injustement
touchés par un programme ou une politique problématique. Quelle que soit la nature du
processus, il est essentiel de prendre en compte les capacités existantes de la communauté
et d'étudier la façon dont elles peuvent être renforcées si l'on veut s'attaquer efficacement au
problème identifié.
18
Questions de réflexion
a) Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients liés au fait que les
projets de développement communautaire sont lancés et/ou gérés par les
personnes les plus concernées par les préoccupations identifiées?
b) Pouvez-vous citer des exemples de projets de développement communautaire
visant les Afro-Canadiens?
c) Quelles sont selon vous certaines des capacités existantes de la communauté
afro-canadienne?
Ressources supplémentaires
1) Outils d’évaluation d’une collectivité (Rotary International)
http://www.rotary.org/RIdocuments/fr_pdf/605c_fr.pdf
2) Guide de développement des collectivités : Un outil de renforcement des
capacités communautaires (Développement des ressources humaines
Canada)
http://www1.servicecanada.gc.ca/fra/dgpe/dis/cia/deve_coll/cdhbookf.pdf
19
Ordinogramme schématisant un processus de planification en matière de
développement communautaire7
Définir une vision Déterminer les
Identifier des enjeux communautaire capacités existantes
ou des défis communs
Quels sont les espoirs et les Identifier les atouts, les
Quelles sont certaines des valeurs de la communauté? lacunes, les possibilités
Le processus de définition et les impératifs des
préoccupations touchant
doit inclure les membres de personnes, des groupes
la communauté afro-
la communauté quels que et des autres
canadienne auxquelles
soient leur âge et leurs organismes. S’appuyer
ses membres capacités en vue de susciter sur les efforts fournis et
souhaiteraient répondre et de soutenir l’intérêt sur les succès obtenus
collectivement? continu des différents dans le passé.
secteurs de la communauté
afro-canadienne.
Établir des objectifs Fixer des buts
Élaborer des plans Les objectifs sont les Élaborer des orientations
d’action résultats spécifiques et générales afin de combler
mesurables des actions l’écart entre la situation actuelle
Décrire quels objectifs requises pour atteindre et la situation visée. Les buts
doivent être réalisés, et les buts fixés. Il faut donnent un aperçu des moyens
par qui, quand, où, généralement réaliser employés pour réaliser cette
pourquoi et comment? plusieurs objectifs pour vision. Ils doivent être clairs et
Les plans d’action sont faciles à comprendre.
atteindre un but.
les étapes concrètes et
spécifiques nécessaires
pour réaliser chaque
objectif. Ils précisent les
personnes responsables
de chaque initiative, le Mettre en œuvre les Évaluer les progrès
calendrier spécifique et plans d’action et les résultats
les ressources requises.
Établir un processus
La mise en œuvre consiste à d’évaluation pour
prendre les engagements et s’assurer d’être à même
à lancer les activités évoqués d’atteindre les buts et les
dans les plans d’action. Un objectifs définis. Ce
plan communautaire devient processus est nécessaire
partie intégrante du pour évaluer les progrès
7
processus de développement et les résultats, ainsi que
[See next page]
pour déterminer si la mise
communautaire une fois qu’il
en œuvre nécessite des
est mis en œuvre.
modifications en vue de
réaliser les objectifs, les
buts et la vision.
20
[Footnote 7] :
7
Sources : PolicyLink, « Advocating for Change », disponible en ligne à :
http://www.policylink.org/AdvocatingForChange/default.html; Développement des ressources humaines Canada,
« Guide de développement des collectivités : Un outil de renforcement des capacités communautaires », disponible en
ligne à : http://www1.servicecanada.gc.ca/fra/dgpe/dis/cia/deve_coll/cdhbookf.pdf; et Centraide Canada, « Trousse
d’information : Bâtisseur communautaire », disponible en ligne à :
http://www2.unitedway.ca/UWCanada/uploadedFiles/CommunityBuilding_2004-04_OnlineToolkit_FR.pdf.
21
RENFORCER LA CAPACITÉ DES AFRO-CANADIENS EN MATIÈRE DE
PARTICIPATION À L’ÉLABORATION DES POLITIQUES
Cette partie détaille neuf mesures, ou composantes fondamentales, qui peuvent être
utilisées en totalité ou en partie pour renforcer les capacités dans le cadre de votre processus
de développement communautaire. Il n’y a pas d’ordre correct à respecter, ni de classement
des composantes selon leur importance.
Leur utilisation peut dépendre des capacités actuelles de votre organisme. Si un
nouveau groupe ou un groupe commençant tout juste à participer à l’élaboration des
politiques publiques utilisera probablement l’ensemble de ces neuf composantes, un groupe
plus ancien ou dont les membres ont une certaine expérience en matière de politiques
publiques pourra n’avoir besoin de se focaliser que sur une ou plusieurs composantes, par
exemple, le mentorat et le recueil des données.
22
Composantes fondamentales du renforcement des capacités8
Encourager l’organisme à Favoriser les relations Recueillir des données
participer à l’élaboration avec les organismes et les désagrégées et mener des
des politiques publiques décideurs recherches axées sur la
gouvernementaux communauté
Au sein de votre organisme
Les données obtenues permettent de
communautaire/collectif, Faites-vous connaître des cadrer les débats politiques et d’identifier
prenez l’engagement à long organismes et des décideurs les lacunes dans les services, surtout
terme de participer à qui partagent la vision quand elles sont ventilées par race. En
outre, l’utilisation de ces données apporte
l'élaboration des politiques communautaire de votre de la crédibilité et une orientation
publiques et d'en faire une groupe, et consolidez votre stratégique au processus de défense des
intérêts de votre organisme.
priorité stratégique. réputation.
Établir des structures de Transmettre des Favoriser le leadership
8 prise de décision compétences en communautaire chez les
communication et en membres du groupe
Créez et maintenez des relations avec les médias
structures qui encouragent la Organisez des ateliers de
collaboration et la discussion Apprenez aux membres de votre formation sur des sujets tels que
entre les différents intervenants groupe à communiquer de façon les relations avec les médias,
communautaires. Il peut être positive avec les décideurs et l'interaction avec les organes
efficace de constituer des avec les médias. Mettez en place gouvernementaux, l’art oratoire,
comités et de nommer ou d'élire un mécanisme de communication l’éducation par les pairs, la
des dirigeants chargés de régulière au sein du groupe et collecte de fonds et l’analyse des
prendre les principales décisions. avec les décideurs. politiques.
Créer des programmes Offrir du mentorat aux Évaluer les progrès de
d’élaboration des politiques membres du groupe façon continue
Créez des programmes d’élaboration Offrez du mentorat aux membres du Faites un point régulier,
des politiques clairement définis afin groupe quels que soient leur niveau consciencieux et honnête sur les
de contribuer à structurer les activités de spécialité et leur différence d'âge, progrès de votre organisme en
d’élaboration des politiques afin de fournir à tous des termes de réalisation des objectifs de
publiques. Ces programmes doivent renseignements et une orientation sa politique. Assurez-vous que
être suffisamment souples pour dans le cadre des actions de l'action de votre organisme demeure
pouvoir changer d’orientation et l’organisme pour mener à bien son ancrée dans une optique de
s’attaquer aux problèmes pressants programme d’élaboration des participation de tous les intervenants
ou aux changements imprévus, le cas politiques publiques. au processus d’évaluation.
échéant.
23
[Footnote 8] :
8
Sources : National Council of Nonprofit Associations, « Building Capacity for Public Policy », disponible en ligne à :
http://www.kintera.org/atf/cf/%7BD1346449-D8DF-4837-AB13-
EFE03ED4C250%7D/Building_Public_Policy_Capacity.pdf; et PolicyLink, « Leadership for Policy Change:
Strengthening Communities of Color Through Leadership Development », disponible en ligne à :
http://www.policylink.org/pdfs/LeadershipForPolicyChange.pdf.
24
Encourager l’organisme à participer à l’élaboration des politiques publiques
Pratique Pour participer efficacement à l’élaboration des politiques
exemplaire : publiques, un organisme communautaire ou collectif afro-canadien
doit prendre un engagement à long terme en la matière – et en
faire une priorité stratégique.
Stratégies Un engagement à long terme est nécessaire car la plupart des
probantes : politiques publiques relèvent d'un long processus d'élaboration.
L’adoption d’une politique ou d’une loi peut en effet prendre des
mois voire des années, que ce soit en raison du niveau de soutien
public, de résultats électoraux ayant entraîné un changement de
gouvernement, ou d’un manque de volonté politique de s’attaquer
à une question spécifique. Le fait d'avoir une vision à long terme
aide à maintenir l'intérêt et le soutien apportés aux buts de
l’organisme en matière de développement communautaire. Il est
également très constructif d'attirer des membres résolus à réaliser
les objectifs de la politique de l’organisme, non pour le compte de
leur avancement personnel ou de leur réputation, mais dans
l’optique affirmée de mettre en avant les besoins communautaires
et de contribuer au renforcement des capacités.
a) Activités visant à renforcer la capacité de participation de l’organisme
Voici une liste de mesures permettant à un organisme de renforcer sa capacité :
Adoptez une résolution sur la participation de votre organisme à l’élaboration des
politiques publiques, afin d’en faire une priorité.
Complétez l'énoncé de mission de votre organisme ou vos buts en matière
d’élaboration des politiques publiques en y ajoutant un rôle de défense des intérêts.
Nommez une équipe ou un comité chargé(e) de se consacrer à l’élaboration des
politiques publiques au sein de l’organisme communautaire.
Ajoutez une rubrique consacrée aux politiques publiques sur votre site Web.
Ajoutez des nouvelles concernant les politiques publiques dans votre lettre
d’information ou dans les documents envoyés à votre groupe de discussion (listserv).
Soyez conscient des signes d’engagement chancelant/d’épuisement d’une politique au
sein du groupe, par exemple en cas d’examen de questions ayant déjà fait l'objet d'une
décision, de changements de stratégie perpétuels, de difficultés de concrétisation des
objectifs en plans d’action, ou encore d'éviction de membres ayant des points de vue
différents.
25
Efforcez-vous de surveiller les programmes législatif et d’élaboration des politiques à
tous les niveaux de gouvernement.
Ressources supplémentaires
1) « Measuring Community Capacity Resource Kit » (Horizons Community
Development Associates Inc.)
http://www.horizonscda.ca/capdocs/flowchart.pdf
2) Énoncé de mission du Forum des politiques publiques (Le Forum des politiques
publiques)
http://www.ppforum.ca/fr/aboutus/
3) Rubrique « Campaign » du site « No One is Illegal – Vancouver » (No One is
Illegal – Vancouver)
http://noii-van.resist.ca/?page_id=2
26
Établir des structures de prise de décision
Pratique Créer et maintenir des structures qui encouragent la collaboration
exemplaire : et la discussion entre les différents intervenants communautaires.
Mettre en place des comités chargés de mener les programmes
d’élaboration des principales politiques publiques de l'organisme,
ainsi que de conduire ses stratégies.
Stratégies Une structure de prise de décision se compose de postes de
probantes : direction, de comités, de sous-comités et d’organismes
consultatifs. L’engagement à modifier une politique publique
implique la prise de nombreuses décisions, par exemple en
matière de défense des intérêts (dans quel domaine?) et de choix
des personnes/organismes à qui s’adresser ou du comité
parlementaire auquel participer. Il est très rentable d’établir des
structures de prise de décision stables, de façon à informer
chaque membre de l’organisme des méthodes de prise de
décision au sein du groupe et de ses propres possibilités de
contribution au débat. Des structures de prise de décision claires
contribuent également à réduire les risques de confusion quant
aux implications d’une tâche particulière et aux fonctions de telle
ou telle personne, ainsi que les risques de chevauchement des
responsabilités des membres du groupe.
L’organisation d’une structure coopérative de prise de décision
devrait permettre à une personne ayant une plus grande
expérience en matière d’élaboration des politiques et d’activisme
d'occuper le poste de responsable du groupe ou de diriger un
comité dans le cadre duquel elle pourrait alors former et guider les
membres moins expérimentés de l'organisme ou du sous-comité.
En outre, il peut s'avérer utile de créer des comités
communautaires afin de donner aux membres de la communauté
qui se sentent concernés la possibilité d’apporter leur contribution
ou d’exprimer leur point de vue quand bien même ils n’auraient
pas le temps de participer plus pleinement aux projets de
l'organisme en matière d'élaboration des politiques.
a) Activités visant à renforcer la capacité d’établissement de structures de prise de
décision :
Créer des comités, des sous-comités, des postes de direction et/ou un organisme consultatif
communautaire permet à un organisme de renforcer sa capacité d’établissement de
27
structures de prise de décision. Voici une liste de certaines décisions clés à prendre pour
mettre en place lesdites structures :
Déterminez comment le comité (etc.) s’accorde avec les buts de la politique établie par
l’organisme et décrivez le ou les rôle(s) du comité dans vos documents de
communication (p. ex., courriels de groupe, lettres d'information, site Web, etc.).
Faites une description détaillée des responsabilités du comité, en précisant notamment
le niveau attendu de participation des membres (p. ex., présence aux réunions
mensuelles, etc.).
Déterminez la taille que doit faire le comité (etc.)? L’adhésion est-elle ouverte à tous ou
inclut-elle un processus d'entrevue/de demande?
Indiquez de façon claire et immédiate si le comité (etc.) nécessite la participation de
personnes ayant des connaissances et une expérience en matière d’élaboration des
politiques et de défense des intérêts ou bien si toute personne moins expérimentée
mais manifestant un intérêt et un engagement pour l’élaboration des politiques est en
mesure d’y siéger.
Indiquez clairement la façon dont le comité (etc.) est censé faire rapport de ses
résultats à l’ensemble du groupe.
Définissez le mode de désignation des dirigeants : implique-t-il un processus de
nomination ouvert et un vote des membres, les candidats se portent-ils volontaires, ou
bien les personnes intéressées doivent-elles faire une brève présentation de leurs
titres de compétences pour que l’organisme les examine?
Décidez si vous souhaitez que les mandats des dirigeants comme le président du
comité ou les membres exécutifs aient une durée déterminée, et si oui, laquelle?
Établissez un calendrier ferme des réunions de l’organisme, p. ex., le premier lundi de
chaque mois.
Ressources supplémentaires
1) « Collective Structure » (Sylvia Rivera Law Project)
http://www.srlp.org/about/collective
28
2) « Board Development Toolkit » (DAWN Ontario – Réseau des femmes
handicapées de l’Ontario)
http://dawn.thot.net/board_development_kit.html
3) « How To Use a Consensus Process To Make Decisions » (Community Arts
Network)
http://www.communityarts.net/readingroom/archivefiles/2004/09/how_to_use_a_co.php
29
Créer des programmes d’élaboration des politiques
Pratique Créer des programmes d’élaboration des politiques clairement
exemplaire : définis afin de contribuer à structurer les activités d’élaboration
des politiques publiques. Ces programmes doivent être
suffisamment souples pour s’attaquer aux problèmes pressants ou
aux changements imprévus, le cas échéant.
Stratégies Pour participer à l’élaboration des politiques publiques, un
probantes : organisme ou une coalition doit faire valoir son point de vue de
façon efficace. Un programme d’élaboration des politiques aide
l'organisme à résumer ses opinions et le guide aux fins de
modifier, d'adopter ou de révoquer une politique publique
spécifique. Il est essentiel d’avoir une vision claire de ce que
souhaitent les membres de la communauté pour créer des
programmes d'élaboration des politiques clairement définis. Plus
les buts de la politique établie par un organisme sont proactifs –
prestation de nouveaux services et programmes, examen des
politiques gouvernementales – plus il est important d’avoir l’appui
de la communauté que représente ledit organisme ou avec
laquelle il travaille.
a) Activités visant à renforcer la capacité de création de programmes d’élaboration des
politiques :
Voici une série de mesures qui peuvent être prises pour renforcer la capacité de création de
programmes d’élaboration des politiques :
Sondez les membres du groupe et de la communauté pour obtenir leur point de vue
sur des questions ou des préoccupations précises.
Quels que soient les désaccords au sein du groupe, veillez à ce qu’aux yeux du public,
tous vos membres s’accordent sur les mêmes buts politiques.
Trouvez un équilibre entre les objectifs visés par une politique réactive et les activités
et les buts définis par une politique proactive.
Définissez des buts et des objectifs à long et à court terme dans le cadre de votre
politique.
Assurez-vous que le programme d’élaboration des politiques est lié à la mission de
votre organisme.
Rassemblez des données et des résultats de recherche appuyant votre programme
d’élaboration des politiques. Utilisez des exemples spécifiques empruntés à la vie
30
réelle qui montrent l’absence de la politique actuelle ou son échec au sein de la
communauté pour « donner corps » aux préoccupations visées par ladite politique aux
yeux des politiciens et des autres dirigeants en matière de politiques publiques.
Élaborez des messages et de courtes interventions autour de votre programme
d’élaboration des politiques. Testez-en la clarté en exprimant vos buts en trois phrases
ou moins. Soyez aussi précis que possible.
Promouvez vos programmes d’élaboration des politiques auprès des autres groupes
revendiquant l'égalité et des organismes apparentés.
Ressources supplémentaires
1) « ANFS General Policy Agenda » (America-Nepal Friendship Society, Inc.)
http://www.anfsusa.org/wp-content/uploads/ANFS_General_Policy_Agenda1.pdf
2) Ça marche! Porter les questions d'intérêt communautaire au programme
politique. 2004. (Direction générale de la santé de la population et de la santé
publique, région de l'Atlantique de Santé Canada)
http://www.phac-aspc.gc.ca/canada/les-
regions/atlantique/Publications/Ca_marche/index-fra.php
3) « Public Policy Agenda for NC’s Nonprofit Sector » (North Carolina Center for
Nonprofits)
www.ncnonprofits.org/advocacy/PublicPolicyAgenda.pdf
31
Favoriser les relations avec les organismes et les décideurs gouvernementaux
Pratique Faites-vous connaître des organismes et des décideurs qui
exemplaire : partagent la vision communautaire de votre groupe, et consolidez
votre réputation.
Stratégies Favoriser les relations avec les décideurs et les organismes
probantes : gouvernementaux peut s’avérer extrêmement utile pour asseoir la
crédibilité de votre organisme et établir des relations positives à
long terme. Comme les décideurs ont affaire à de nombreux
organismes qui sollicitent leur attention et leur intervention, un
groupe homogène reconnu et partageant des engagements
communautaires similaires aura bien plus de chances de
communiquer avec eux.
En participant à des activités telles que la surveillance du
processus législatif ou l’intervention devant un comité permanent
sur des questions de politique précises, les organismes à but non
lucratif ont réussi à établir des relations de travail productives avec
des représentants clés du gouvernement au sein des ministères
ou des organismes publics tels que les conseils scolaires
régionaux. Une relation solide peut aller dans les deux sens :
certains décideurs vont chercher à consulter les groupes
communautaires pour obtenir des conseils et leurs points du vue
sur les projets de loi à l'étude ayant un lien avec leur mission.
a) Activités visant à renforcer la capacité d’établissement de relations avec les
organismes et les décideurs gouvernementaux :
Voici une série de mesures permettant à un organisme d’établir des relations avec les
décideurs gouvernementaux :
Envoyez une lettre de félicitations à un représentant élu après son élection et joignez-y
des renseignements sur votre organisme et sur les enjeux qui touchent la communauté
afro-canadienne.
Demandez à rencontrer officiellement les principaux ministres et hauts fonctionnaires,
en vue de leur présenter votre organisme et sa mission, ou un sujet de préoccupation
pertinent ou urgent.
Faites une visite de courtoisie, si possible juste après l’assermentation du représentant
élu. Les visites de courtoisie sont courtes – pas plus de 10 à 15 minutes – et visent
32
d’une part à renseigner le représentant élu sur votre organisme et sur les enjeux qui
touchent la communauté, et d’autre part à aider votre organisme à en apprendre
davantage sur ledit représentant.
Déterminez si le représentant élu est directement concerné par votre organisme ou par
les enjeux touchant la communauté. Si cet élu est un immigrant venu du même pays
ou d’un pays proche de celui des membres de votre groupe, il a par exemple pu
rencontrer des difficultés pour faire reconnaître ses titres de compétences étrangers et
serait de fait plus enclin à éviter à d'autres de se retrouver dans cette situation.
Invitez un représentant élu ou l’un de ses auxiliaires à s’exprimer devant votre
organisme ou à participer à un événement médiatique ou communautaire. La
participation de représentants élus permet une meilleure exposition de votre groupe.
Participez à une réunion municipale ou à une session parlementaire. En général, un
représentant élu apprécie que ses électeurs viennent observer les débats politiques.
Incluez les représentants élus dans la liste de courrier électronique de votre
organisme. Si vous publiez une lettre d’information, assurez-vous que les
représentants élus dans vos collectivités en reçoivent un exemplaire. Ceci est un
moyen simple et direct de les tenir informés et d’accroître leur sensibilisation à l’action
de votre organisme.
Ressources supplémentaires
1) « “Tell It to Ottawa” Legislative Workshop – The Advocacy Tool Kit » (DAWN
Ontario – Réseau des femmes handicapées de l’Ontario)
http://dawn.thot.net/advocacy_toolkit.html
2) Communiquer avec votre député : Guide pratique à l'intention des organismes
bénévoles (« Communicating with Your MP: A How To Kit for Voluntary
Organizations » – en anglais seulement) (L'Alliance canadienne pour la paix)
http://www.acp-cpa.ca/en/lobby_guide.pdf
33
Évaluer les progrès de façon continue
Pratique Faites un point régulier, consciencieux et honnête sur les progrès
exemplaire : de votre organisme en termes de réalisation des objectifs de sa
politique. Assurez-vous que l'action de votre organisme demeure
ancrée dans sa vision communautaire, en incluant l’ensemble des
membres de votre groupe et des intervenants communautaires
dans le cadre de votre processus d’évaluation.
Stratégies La vision communautaire cherchant à encourager la participation
probantes : au processus d’élaboration des politiques publiques et à renforcer
la capacité dans ce domaine constitue un projet de longue haleine
qui comporte de multiples volets. Quand les objectifs visés par la
politique peuvent prendre des mois voire des années à atteindre, il
est particulièrement essentiel que l’organisme réévalue son
programme d’élaboration des politiques de façon permanente et
qu’il vérifie si ses plans en matière d’atteinte desdits objectifs sont
toujours réalisables.
Le processus d'évaluation s'intéresse à l’impact de l’action menée
par l’organisme sur les particuliers (à savoir, les membres du
groupe et la communauté au sens large), sur le développement
des ressources, et sur les forces organisationnelles. Le
développement des ressources inclut, par exemple, les
subventions demandées et effectivement obtenues, ainsi que la
formation au leadership visant à renforcer les capacités des
membres du groupe. Les forces organisationnelles se mesurent
en fonction des progrès réalisés par le groupe pour asseoir sa
crédibilité, de l’existence de structures de prise de décision
stables, et de réseaux établis avec d’autres groupes revendiquant
l'égalité.
a) Activités visant à renforcer la capacité d’évaluation des progrès :
Voici une série de mesures permettant d’évaluer les progrès réalisés par un organisme pour
atteindre ses buts :
Efforcez-vous de répondre à certaines questions centrales, telles que :
Qu’est-ce qui a fonctionné et pourquoi?
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi?
Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment?
Quels ajustements et quelles modifications convient-il maintenant d’apporter à nos
buts et à nos méthodes?
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Organisez régulièrement des réunions d’évaluation des progrès dans le cadre de votre
organisme (comité de leadership, sous-comités, groupe consultatif communautaire)
et/ou des réunions générales avec l’ensemble des intervenants qui participent à votre
processus d’élaboration des politiques.
Élaborez des enquêtes rapides et faciles d’utilisation pour demander aux intervenants
communautaires d’indiquer leur évaluation, leurs préoccupations et toute idée visant à
faire progresser l'action de votre organisme.
Créez et diffusez du matériel de communication de façon régulière, comme par
exemple des lettres d’information ou des rapports annuels à l’intention de la
communauté et des décideurs. Ce type de matériel incite fortement les lecteurs à
s’intéresser à l’organisme, tout en veillant à assurer la responsabilité de l’organisme
envers sa communauté.
Ressources supplémentaires
1) Exemple d’enquête d’évaluation communautaire (Université de l’Illinois à Urbana-
Champaign)
http://www.communitydevelopment.uiuc.edu/capy/
2) « Progress Assessment Report » (Weymouth and Portland Borough Council)
http://www.weymouth.gov.uk/docstore/corpdev/cpa/Rep_20050630_CPAinsp.pdf
3) « Checklist of Nonprofit Organizational Indicators » (United Way of Minneapolis
Area – Free Management Library)
http://www.managementhelp.org/org_eval/uw_list.htm
35
Transmettre des compétences en communication et en relations avec les médias
Pratique Apprenez aux membres de votre groupe à communiquer avec les
exemplaire : décideurs et avec les médias. Mettez en place un système de
communication régulière au sein du groupe et avec les décideurs.
Stratégies Il est souvent utile de désigner une personne (p. ex., un
probantes : « responsable des relations avec les médias » ou un
« responsable des communications ») ou un comité chargé
exclusivement d’informer le public sur les activités du groupe en
matière de politiques publiques, et ce, afin de permettre à
l’organisme non seulement d’améliorer son profil public et sa
réputation, mais aussi de contrôler le type de renseignements
diffusés sur le groupe et son action. Nouer des relations avec la
presse écrite, les chaînes de télévision, les stations de radio et les
médias sur Internet constitue en outre une stratégie extrêmement
efficace pour diffuser votre message à l’échelle de la province ou
du pays. L’établissement de telles relations nécessite notamment
de savoir quels types d'histoires sont susceptibles d’intéresser les
médias et de s’informer des dates limites de présentation visant
leurs différents communiqués.
a) Activités visant à renforcer la capacité de communication et de relations avec les
médias
Voici une série de mesures permettant d’aider un organisme à communiquer plus
efficacement et à établir des relations avec les médias :
i) Stratégies de communication
Assurez une communication régulière et en temps opportun avec les membres
du groupe et de la communauté, par le biais de courriers électroniques, de
lettres d’information, de réunions municipales, de panneaux d’affichage, etc.
Informez régulièrement les membres du groupe et de la communauté en leur
envoyant des nouvelles (et des recommandations formulées par l’organisme)
sur des questions de politique intéressantes ou pertinentes.
Créez un site Web et affichez-y des renseignements sur les politiques.
Créez un mode de communication facile entre les membres de votre groupe,
comme par exemple un groupe de discussion (listserv).
Apprenez à vos membres à faire preuve de concision pour décrire les objectifs
et les activités visés par la politique de votre organisme.
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Mettez en place une rubrique consacrée aux politiques dans votre lettre
d’information.
Utilisez les outils électroniques de communication/défense des intérêts pour
toucher un public plus large, p. ex., en créant un groupe Facebook et/ou des
blogues sur Internet, en utilisant les flux Web ou RSS, en ajoutant une fonction
de suivi sur le site Web de l’organisme, et en obtenant que des liens vers les
activités ou le site Web de votre organisme figurent sur d'autres sites.
ii) Stratégies médiatiques
Dressez une liste des médias communautaires, locaux ou nationaux (chaînes
de télévision, stations de radio ou journaux) en y incluant le nom, le numéro de
téléphone et l’adresse des personnes-ressources.
Préparez une trousse d'information à l'intention des médias décrivant
brièvement votre organisme, vos dirigeants, vos comités, votre énoncé de
mission et votre vision communautaire, ainsi que vos buts en matière de
politiques publiques et vos plans d’action pour les atteindre.
Quand vous communiquez avec des journalistes, assurez-vous de bien leur
expliquer en quoi votre histoire se rattache à leur travail ou à leur média.
Une des façons d'établir des relations avec les médias est d’échanger
régulièrement vos idées avec les journalistes au sujet des histoires qu'ils ont
publiées sur les enjeux traités par votre organisme. Vous pouvez également leur
suggérer des approches ou des points de vue différents qu’ils auraient pu
adopter, de façon à consolider votre statut de spécialiste dans les domaines de
compétence spécifiques de votre organisme.
Préparez des communiqués à publier une fois que votre organisme aura atteint
un but important, p. ex., intervenir devant un comité parlementaire, contribuer à
définir le contenu d’une politique ou d’une loi spécifique, etc.
Incluez les journalistes dans votre liste de courrier électronique pour qu’ils
reçoivent vos lettres d’information, vos rapports annuels et vos invitations à des
événements spéciaux.
37
Ressources supplémentaires
1) La diversité dans les médias – Trousse d'outils (Ville du grand Sudbury – Vive la
diversité chez nous!)
http://www.sudburydiversity.ca/fcontent/media_toolkit/indexf.asp
2) « DAWN Ontario Media Kit » (DAWN Ontario – Réseau des femmes handicapées
de l’Ontario)
http://dawn.thot.net/media.html
3) « Working with the Media – Nonprofit Toolkit » (Colorado Nonprofit Association)
http://www.coloradononprofits.org/media%20toolkit.pdf
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Offrir du mentorat aux membres du groupe
Pratique Offrir du mentorat aux membres du groupe quels que soient leur
exemplaire : niveau de spécialité et leur âge, afin de fournir à tous un accès et
une orientation dans le cadre des actions de l’organisme pour
mener à bien son programme d’élaboration des politiques
publiques.
Stratégies Voici une proposition de stratégie comportant trois volets pour
probantes : guider et former des leaders communautaires à l'intérieur et à
l'extérieur de votre organisme :
1) Cultivez votre propre jardin en décelant le potentiel des
(jeunes) membres de votre organisme et en le développant.
2) Formez vos propres leaders en veillant à ce que tous vos
membres acquièrent de nombreuses compétences et
expériences pratiques dans le domaine du leadership, à la
fois formelles et informelles.
3) Remplacez vos leaders en interne en planifiant la relève.
Cette stratégie s’articule autour du potentiel humain déjà existant
au sein de l'organisme ou de la communauté. Les personnes qui
ont plus de compétences ou d'expertise dans un secteur de
politique donné peuvent guider celles qui ont moins d’expérience.
La présence de plusieurs mentors reflétant la diversité
communautaire et apportant un éventail d'expériences variées est
notamment essentielle. Dans l’idéal, le résultat souhaité est
d'établir un réseau de personnes qui soient à la fois des mentors
et des apprenants au sein de l’organisme, en vue de promouvoir
une culture organisationnelle de collaboration bénéficiant
réellement de la contribution de tous les membres. Les mentors
peuvent fournir une motivation, une orientation, une perspective,
des connaissances techniques, un lien avec des organismes
apparentés, des compétences professionnelles et une sagesse de
vie globale. Le mentorat peut également s’avérer vital pour éviter
l'apparition du sentiment d'épuisement chez les membres qui sont
continuellement amenés à prendre des initiatives, et du sentiment
d’isolement chez ceux qui se sentent exclus et ignorés. Le
mentorat assure la viabilité et la pérennité de l’organisme.
a) Activités visant à renforcer la capacité de mentorat :
Voici une série de mesures contribuant à établir et à promouvoir le mentorat au sein de
l’organisme :
Constituez des sous-groupes comprenant 3 ou 4 membres de votre organisme ayant
39
des niveaux d’expérience différents en matière d’élaboration des politiques. Chaque
sous-groupe est chargé, à titre provisoire, d'accomplir collectivement une tâche
précise, p. ex., établir une liste des politiciens qui manifestent un intérêt dans le
domaine de la justice pénale pour adolescents. Lesdits sous-groupes sont ensuite
modifiés pour réaliser une nouvelle tâche.
Favorisez le réseautage, par exemple en créant une base de données interne
regroupant notamment les anciens projets de développement communautaire menés
par l’organisme, les compétences utilisées, etc. Cette base de données peut
également être utilisée par l’organisme pour décider quelles tâches doivent être
déléguées à quelles personnes.
Encouragez la participation des membres du groupe à des activités sociales et/ou sans
lien avec les politiques, de façon à permettre des interactions entre différents groupes.
Ressources supplémentaires
1) « Mentoring: An Overview of the Concept and Practice » (The Community
Leadership Alliance of Peel – CLAP)
http://www.spcpeel.com/Mentoring_June_03.doc
2) « How to Be an Effective Mentor » (Building Church Leaders)
http://www.buildingchurchleaders.com/articles/2000/le-2000-002-5.36.html
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Recueillir des données désagrégées et mener des recherches axées sur la
communauté
Pratique Les renseignements obtenus permettent de cadrer les débats
exemplaire : politiques et d’identifier les lacunes dans les services, surtout
quand ils sont ventilés par race. En outre, l’utilisation de données
communautaires (notamment des données désagrégées ventilées
par sexe et par groupe racialisé) apporte de la crédibilité et une
orientation stratégique aux efforts de défense des intérêts axés
sur les Afro-Canadiens.
Stratégies Malheureusement, les données et les résultats de la recherche
probantes : axée sur la communauté sont largement sous-utilisés par les
organismes communautaires comme outils de défense des
intérêts. La collecte des données désagrégées, qui peut permettre
d’identifier certaines tendances, offre un système de dépistage
précoce des problèmes émergents. À titre d’exemple, la police de
Kingston a utilisé des données désagrégées incluant des
renseignements sur la race dans le cadre d’une étude menée en
2005, qui a révélé que les Afro-Canadiens, et en particulier les
hommes, sont plus susceptibles que les personnes ayant des
origines raciales différentes d’être appréhendés et interrogés par
la police de Kingston. Ce type de renseignements permet aux
organismes afro-canadiens de militer efficacement en faveur de la
modification du système de prestation des services et de cibler
des programmes précis nécessitant un examen ou une mise en
œuvre. De plus, la recherche axée sur la communauté permet de
réorienter l’action de l’organisme en renforçant le pouvoir des
personnes directement confrontées aux réalités et aux défis
qu'elle cherche à étayer et à étudier, et en réduisant celui des
« spécialistes » désignés.
a) Activités visant à renforcer la capacité de collecte de données et de conduite de
recherches axées sur la communauté :
Voici une série de mesures qui peuvent être prises par l’organisme pour recueillir des
données communautaires :
Nouez des relations avec les chercheurs universitaires et/ou communautaires qui
partagent la vision communautaire du groupe, qui ont une expertise dans le domaine
de la collecte et de l’analyse des données, et qui sont susceptibles d'offrir des ateliers
de formation aux membres du groupe.
Collaborez avec d’autres organismes afro-canadiens, groupes revendiquant l'égalité et
41
associations de lutte contre le racisme afin de mettre en commun vos activités de
collecte et d’analyse des données et votre expertise en la matière.
Consultez les membres de la communauté au sujet des méthodes de collecte et
d'utilisation des données.
Interrogez les membres de la communauté sur leurs expériences et leurs opinions
concernant la politique publique que votre groupe souhaiterait faire
modifier/adopter/révoquer. Ces expériences concrètes doivent devenir partie
intégrante de la stratégie politique et des documents de communication de
l’organisme.
Élaborez des questionnaires à l'intention des membres de la communauté.
Ressources supplémentaires
1) « Participatory Action Research: Getting the Job Done » (Université de Sydney –
Action and Research Open Web)
http://www2.fhs.usyd.edu.au/arow/arer/004.htm
2) « Youth Engaged in Leadership and Learning (YELL) » (Université de Stanford)
http://gardnercenter.stanford.edu/docs/YELL.0712.Intro.final.pdf
3) « Community-Based Research Workshops » (The Wellesley Institute)
http://wellesleyinstitute.com/events/community-based-research-workshops
42
Favoriser le leadership communautaire chez les membres du groupe
Pratique Créer des possibilités de formation permanentes pour permettre
exemplaire : aux membres du groupe d’acquérir des aptitudes d’apprentissage
et des compétences de leadership afrocentriques.
Stratégies Quel que soit le niveau de connaissance ou le degré d’expérience
probantes : des membres du groupe, il existe un besoin permanent de
renforcement de l’apprentissage et de perfectionnement des
compétences. Une philosophie visant à offrir une formation
permanente au leadership peut contribuer à maintenir l'intérêt
suscité par les projets de l'organisme et à favoriser un
environnement où l’expertise reste une notion toute relative et
dans lequel les membres du groupe sont constamment
encouragés à faire preuve à la fois de leadership et de
collaboration. Les efforts de perfectionnement du leadership qui
s’articulent autour des trois « axes » que sont la personne,
l'organisme et la communauté, constituent également un moyen
efficace de renforcer la capacité de leadership au sein des
organismes communautaires afro-canadiens. Voici une liste des
éléments susceptibles de figurer dans un programme de
perfectionnement du leadership :
Lutte contre le racisme et l’oppression (théorie et pratique)
Histoire des Afro-Canadiens et leaders communautaires
Sensibilisation aux structures gouvernementales de prise
de décision
Analyse des politiques
Art oratoire
Styles de leadership
Pratiques exemplaires et expériences probantes issues
d’autres projets et exemples d’activisme communautaire
couronnés de succès
Sensibilisation aux médias, à l’établissement de relations et
au bon sens
Stratégies de collecte de fonds
a) Activités visant à renforcer la capacité d'établissement d’un leadership
communautaire chez les membres du groupe :
Voici une série de mesures qui peuvent être prises par l’organisme pour permettre à ses
membres de gagner de l’expérience et de suivre une formation :
Associez-vous à des universitaires afro-canadiens et à des leaders communautaires
actuels pour offrir des ateliers de formation aux membres du groupe.
43
Favorisez les initiatives de coprésidence en désignant deux personnes ayant des
niveaux d’expertise différents.
Encouragez le suivi, en permettant à des membres du groupe de suivre d’autres
membres plus expérimentés ou des politiciens locaux pendant leur travail pour
observer le déroulement du processus d'élaboration des politiques.
Ressources supplémentaires
1) « Leadership for Policy Change » (PolicyLink)
http://www.policylink.org/pdfs/LeadershipForPolicyChange.pdf
2) « Youth Leadership Development Toolkit » (The Faith and Service Technical
Education Network – FASTEN)
http://www.urbanministry.org/wiki/youth-leadership-development-toolkit
44
GUIDES PRATIQUES EN MATIÈRE DE PARTICIPATION À L’ÉLABORATION
DES POLITIQUES PUBLIQUES
Cette partie fournit des guides détaillés et des conseils sur les modalités de
participation des organismes communautaires à l'élaboration des politiques publiques. Voici la
liste des cinq guides pratiques proposés :
1) Comment tenir une conférence de presse
2) Comment préparer un mémoire efficace
3) Comment faire une présentation orale devant un comité législatif
4) Comment organiser des activités de défense des intérêts sur Internet
5) Comment former une coalition et y participer
Il existe beaucoup d’autres possibilités de participation des organismes à l’élaboration
des politiques publiques. Le présent Guide des politiques se focalise sur les cinq méthodes
susmentionnées en raison de leur potentiel pour toucher un large public et de leur efficacité
avérée pour influer sur les débats de politique publique.
1) Comment tenir une conférence de presse9
Une conférence de presse est la présentation volontaire de renseignements aux
médias par un organisme. Dans le cadre d’une conférence de presse, un organisme choisit
les renseignements qu’il souhaite présenter, la façon dont il souhaite les présenter et la ou les
personne(s) chargée(s) de les présenter. Une conférence de presse peut constituer un outil
efficace de défense des intérêts et de publicité pour n’importe quel organisme.
a) Décidez quand tenir votre conférence de presse
Une conférence de presse ou un événement médiatique peut s’avérer très efficace
pour diffuser des renseignements importants sur votre organisme et son action auprès d’un
9
Extraits de : It All Adds up to Cleaner Air, « Tips on Planning and Holding a Press Conference », disponible en ligne
à : www.italladdsup.gov/pdfs/fact.pdf.
45
large public, mais le degré de cette efficacité dépend beaucoup du moment choisi. Convier
des journalistes à une conférence de presse pour leur faire une annonce dénuée d'intérêt
risque d’affaiblir la crédibilité et les rapports que votre organisme a noués avec les médias.
Posez-vous donc les questions suivantes :
Votre histoire vaut-elle la peine d'être racontée, arrive-t-elle en temps opportun et est-
elle digne d‘intérêt pour les médias d’information invités?
Existe-t-il des solutions de rechange qui seraient aussi ou plus efficaces pour diffuser
votre message?
Votre conférence de presse comporte-t-elle des particularités intéressantes pour les
journalistes, telles que des éléments visuels pertinents et des interventions directes de
spécialistes, de personnes concernées et de leaders communautaires?
Votre organisme dispose-t-il à ce jour des ressources humaines nécessaires pour
établir des relations et des réseaux avec les journalistes, et pour en assurer le suivi?
Lorsque vous choisissez le jour et l'heure de votre conférence de presse, évitez en
général les lundis, les vendredis et les fins de semaine. Peu de journalistes sont prêts à
participer à un événement organisé un lundi. Le vendredi est habituellement une journée de
synthèse où les journalistes et les rédacteurs en chef sont occupés à terminer leurs projets
du jour et de la semaine dans les délais.
Il est préférable de tenir votre conférence de presse le matin, car cela lui donne les
meilleures chances d’être traitée par les médias pendant la journée entière. Une conférence
de presse devrait commencer entre 9 h 30 et 11 h et ne devrait pas durer plus d’une heure.
Respectez les délais des médias et commencez à l’heure, même si les participants sont peu
nombreux.
b) Décidez où tenir votre conférence de presse
Voici une liste de lieux appropriés pour tenir une conférence de presse :
Le siège social de l’organisme ou les locaux de l'un de ses programmes partenaires.
Un site externe situé au centre-ville et facile d’accès pour les médias, comme par
exemple un hôtel, un établissement comprenant des salles de réunion extraordinaire,
46
ou bien un cercle des journalistes local.
Un site directement lié au sujet de la conférence et qui a été le théâtre d’un incident,
comme par exemple un arrêt d’autobus, une école ou un lieu de travail. Il est
particulièrement efficace d’y organiser des événements médiatiques ayant pour thème
des crimes haineux.
Le lieu choisi doit pouvoir accueillir les représentants des médias et les invités
attendus. Si une couverture télévisuelle est prévue, veillez à ce que les journalistes aient
suffisamment de place pour installer leurs caméras et un accès facile à plusieurs prises de
courant. Il doit également être possible d'installer du matériel audiovisuel tel que des écrans,
des rétroprojecteurs et des microphones. Réservez le lieu à l’avance pour éviter toute
mauvaise surprise ou tout problème de calendrier.
c) Décidez qui inviter à votre conférence de presse
La sphère médiatique de votre organisme dépend de la taille de votre ville. À chaque
conférence de presse, vous pouvez décider d’inviter l'ensemble des médias ou vous focaliser
uniquement sur certains d’entre eux en fonction de leur domaine d’intérêt, de leur tendance
politique, de leur lectorat ou de leur tirage. Vous pouvez également décider d’inviter des
personnalités communautaires qui manifestent un intérêt pour l'action politique de votre
organisme ou qui y participent, surtout dans la mesure où leur présence peut contribuer à
renforcer la crédibilité de votre organisme et à attirer plus de journalistes. Ces personnalités
peuvent inclure des élus locaux, des chefs d'entreprise et d’autres leaders communautaires
bien connus de la population locale.
d) Comment inviter les médias à votre conférence de presse – Envoyez un avis aux
médias
La meilleure façon de convier des journalistes à une conférence de presse est
d’envoyer un avis aux médias (voir le modèle figurant à la fin de cette partie) qui leur fournit
suffisamment de renseignements pour décider de leur participation à la conférence, sans
toutefois leur donner l‘impression de déjà tout savoir. Si certains de vos intervenants seront
disponibles pour des entrevues, précisez-le dans l’avis aux médias.
47
Votre organisme devrait envoyer votre avis aux médias par télécopieur, par courriel ou
par courrier postal une semaine avant l’événement pour donner aux rédacteurs en chef le
temps d'évaluer l’intérêt de votre histoire et de prendre une décision quant à leur participation.
Vous pouvez décider d’inviter plusieurs personnes travaillant pour un même média, comme
par exemple un journaliste politique et un journaliste culturel, car chacune d’entre elles peut
être intéressée par votre histoire sous un angle différent.
Appelez les journalistes un jour ou deux avant l'événement pour vous enquérir de leur
décision. Les télécopies ont une tendance bien connue à « se perdre » et nécessitent parfois
d'être renvoyées. En outre, un appel téléphonique vous donne l’occasion de « vendre » la
conférence de presse au journaliste et de lui demander s’il souhaite organiser une entrevue
avec votre ou vos intervenant(s) à l'issue de l'événement. L’objectif est de susciter l’intérêt
des journalistes pour votre action. Ces appels pourront également vous donner une idée du
nombre de personnes susceptibles d’assister à votre conférence.
La plupart des journalistes de télévision ne découvrent habituellement que la veille –
voire plus souvent encore le jour même – les événements qu’ils vont couvrir. Par ailleurs, une
autre nouvelle de dernière heure est toujours susceptible d’accaparer leur attention. Si tel est
le cas, il peut être utile d’appeler un journaliste de télévision après la tenue de l’événement
pour lui proposer de couvrir votre histoire par le biais d’un entretien téléphonique ou d’une
entrevue en plateau avec un participant clé à votre conférence.
e) Choisissez les documents que vous souhaitez communiquer aux médias
Vous devriez systématiquement organiser la distribution d’une trousse d'information à
l’intention des médias lors de votre conférence de presse ou de votre événement médiatique.
Voici une liste de certains des éléments clés pouvant figurer dans cette trousse :
Communiqué de presse contenant les renseignements clés présentés lors de votre
conférence (voir le modèle figurant à la fin de cette partie).
Feuilles de renseignements ou documentation visant à élargir le contenu de votre
conférence de presse et à fournir un contexte et des renseignements concrets de base
utiles à la compréhension de la question traitée et permettant d’en tirer un sujet
d’article ou de reportage.
Copies de tous les exposés, graphiques et diagrammes préparés, ou des autres
48
renseignements de fond présentés lors de votre conférence.
Biographie des conférenciers principaux, ou renseignements généraux à leur sujet.
Photographies des conférenciers principaux (si disponibles) ou autres éléments
graphiques que les journalistes seraient susceptibles d’utiliser pour illustrer leur article
ou leur reportage.
Après la conférence, il est recommandé d'envoyer par service de messagerie des
exemplaires de la trousse d'information à certains journalistes qui n’ont pas pu assister à
l’événement, de façon à ce qu’ils puissent respecter leurs délais.
Documents sous embargo
Il peut arriver qu’un journaliste vous demande de lui remettre la trousse d'information
avant la tenue de la conférence de presse. Il est possible qu'il soit intéressé par votre histoire
mais qu'un autre projet l'empêche d'assister à l'événement. Votre organisme peut dans ce
cas lui fournir un exemplaire « sous embargo » du rapport ou de la trousse d'information, ce
qui signifie simplement que l’histoire ou la question traitée ne pourra pas faire l’objet d’un
article ou d’un reportage avant la date de votre choix. Les documents sous embargo doivent
être clairement identifiés, par exemple : « Sous embargo jusqu’à 10 h, le lundi 11 août
2009 ».
f) Comment préparer votre conférencier à l’événement
Votre organisme doit choisir un conférencier principal qui devra bien se préparer à
l’événement de façon à pouvoir répondre aux questions des journalistes. Pour aider votre
conférencier :
Préparez une brève déclaration – d’une durée inférieure à 10 minutes dans l’idéal – et
une série d’« allocutions » axées sur vos messages clés.
Pensez à utiliser des matériels visuels comme des graphiques sous forme d'affiche ou
des transparents, qui doivent être clairs, faciles à comprendre et visibles depuis
chaque endroit de la salle de presse.
Anticipez des questions spécifiques et préparez des réponses claires et concises.
Prévoyez une répétition. Pensez à y convier plusieurs personnes pour reproduire les
49
conditions réelles de l'événement, voire à enregistrer la présentation sur bande vidéo
pour l’évaluer et suggérer des améliorations au(x) conférencier(s).
Déterminez les modalités de traitement des questions. Si plusieurs personnes
participent à la présentation, il est recommandé de prévoir la présence d'un animateur
bien renseigné sur les participants et capable de désigner la personne la mieux à
même de répondre à chaque question.
Veillez également à remettre les textes de la déclaration principale, des « allocutions »
et des questions-réponses à tout autre membre de l’organisme susceptible de participer à
l’événement et/ou d’avoir à répondre à des questions à son sujet.
g) Étapes visant à planifier en détail votre conférence de presse
i) Établissez un budget.
Voici une liste des coûts éventuels :
Location de salle, y compris les meubles (chaises, estrade, etc.).
Photographe et frais connexes.
Documents de la trousse d'information à l'intention des médias – production,
impression, copie.
Besoins et matériel audiovisuels (p. ex., matériel vidéo, banderoles, graphiques,
diapositives, vidéos, liaison téléphonique pour les stations de radio, etc.).
Café ou autres boissons, carafes, tasses, etc. Ne proposez pas de nourriture
car elle distrait l’attention du public.
ii) Configurez les lieux et planifiez les déplacements des personnes dans la salle
Travaillez en amont avec la personne chargée de configurer les lieux, afin de
connaître l'emplacement du matériel et les personnes qui l’installeront et à quel
moment, et de savoir à qui s'adresser en cas d'urgence de dernière minute.
Installez des panneaux pour guider les participants jusqu’au lieu de la
conférence de presse.
Assurez-vous que le parc de stationnement est suffisamment grand et qu'il
comprend des emplacements réservés aux personnalités.
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Veillez à ce que les lieux soient facilement accessibles aux personnes
handicapées.
Choisissez vos intervenants et déterminez leur ordre de passage (le cas
échéant) et la durée de leurs interventions respectives. Choisissez les
personnes qui seront chargées de présenter les conférenciers et d’accueillir les
dignitaires. Chaque conférencier doit se limiter à 10 minutes d’intervention et la
durée totale de la conférence doit être comprise entre 20 et 30 minutes.
Installez une table d'inscription à l’extérieur du lieu de la conférence de presse.
Demandez à une personne informée d’être présente à cette table pour répondre
aux questions générales et distribuer les documents.
Demandez aux participants de signer la feuille de présence à la table
d’inscription. Prévoyez deux feuilles de présence – une pour les membres de la
presse et une pour les invités.
iii) Le jour de la conférence de presse
Arrivez au moins une heure avant le début de la conférence pour vous donner
le temps de résoudre les éventuels problèmes de dernière minute. Les
conférenciers doivent arriver au moins une demi-heure avant le début de
l’événement et en profiter pour se familiariser avec les installations, régler les
éventuels détails organisationnels de dernière minute et se détendre pendant
quelques minutes avant que la conférence ne commence.
Désignez un « préposé à l'accueil » chargé d’accueillir les invités dès leur
arrivée, de les orienter vers la table d'inscription et de les guider jusqu’au lieu de
la conférence. Votre préposé à l’accueil doit être en mesure de répondre à toute
question générale posée par les invités.
Commencez la conférence de presse à l’heure, même si le public est clairsemé.
À l’issue de la ou des présentation(s), l'animateur peut résumer sommairement
les messages clés avant d’ouvrir la séance des questions-réponses, dont la
durée ne doit pas dépasser 15 à 20 minutes. L’animateur doit donner la parole à
chaque journaliste qui souhaite poser une question et lui demander de préciser
son nom et celui du média qu'il représente. Il est souvent recommandé à
51
l'animateur de répéter chaque question de façon à ce que tout le monde puisse
l'entendre. Après l'énoncé de la question, l'animateur désigne la personne la
mieux à même d'y répondre.
h) Faites un suivi après la conférence de presse
Si votre budget, votre emploi du temps et vos ressources humaines le permettent, il est
recommandé d’envoyer un mot de remerciement à chacune des personnalités qui ont
participé à la conférence. Vous devriez également envoyer une trousse d'information aux
médias qui n'ont pas pu assister à l'événement. Veillez surtout à surveiller la presse pour voir
la couverture qui y est faite de votre conférence ou de votre action. Un suivi précis aidera
votre organisme à évaluer l’efficacité de la conférence de presse et à déterminer les
modifications à apporter ou les ajouts à faire lors d’un prochain événement médiatique.
52
i) Modèle d’avis aux médias10
(Imprimer sur du papier à en-tête de l’organisme)
Nom de l’organisme
Pour diffusion immédiate : jour, mois, année Nom de la personne-ressource
Numéro de téléphone de la
personne-ressource
Adresse électronique de la
personne-ressource
AVIS AUX MÉDIAS
Qui : Nom de l’organisme
Quoi : (Par exemple : Le leader communautaire X et <Nom de l’organisme>
participeront à un forum de discussion sur les avant-projets de loi C et D
présentés par le gouvernement fédéral)
Court paragraphe décrivant le thème ou l’événement faisant l’objet dudit forum
et expliquant l'intérêt et l’importance qu’il revêt pour les médias.
Préciser si une « séance de photos » est prévue.
Faire la liste des conférenciers invités et expliquer brièvement les sujets traités
par chacun d’entre eux.
Quand : Date et heure
Où : Lieu
________________________________________________________
Paragraphe standard : Court paragraphe comprenant des renseignements sur l’organisme
(date de fondation, mandat, heures d’ouverture, coordonnées de la
personne-ressource, adresse du site Web). Ce paragraphe devrait
figurer sur tous les documents publicitaires de l’organisme.
###
10
Extraits de : Colorado Nonprofit Association, « Working with the Media », pages 13 et 14, disponible en ligne
à : www.coloradononprofits.org/media%20toolkit.pdf.
53
ii) Modèle de communiqué de presse11
(Imprimer sur du papier à en-tête de l’organisme)
Nom de l’organisme
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE : jour, mois, année PERSONNE-RESSOURCE :
ou COMMUNIQUÉ DE PRESSE (en l'absence de date) Nom, titre
Numéro de téléphone
Adresse électronique
Titre – Une ou deux ligne(s) accrocheuse(s) résumant l’essence du
communiqué
Sous-titre – Une ligne visant à fournir plus de détails ou à susciter l’intérêt
Ville, province (date) – Une (voire deux) phrase(s) résumant l'essentiel du communiqué. Le
lecteur doit savoir de quoi il retourne même s'il ne lit que ce paragraphe. Il est généralement
recommandé de citer les propos d'une personne concernant un événement : « Telle ou telle
chose s’est produite », déclare Sally Jones, leader communautaire de <nom de l’organisme>.
Ce premier paragraphe peut reprendre le contenu du titre du communiqué.
« Continuer dès que possible avec une citation », explique Mme Jones. Si la citation est
attribuée à la personne déjà présentée dans le premier paragraphe, utiliser uniquement son
nom de famille sans répéter son titre.
Étayer les informations contenues dans les premiers paragraphes en précisant l'intérêt que
revêt l'article et en apportant d'autres faits pour appuyer et renforcer le point de vue exprimé.
Utiliser la mention ci-dessous pour signaler si le communiqué comporte une deuxième page :
SUITE
Rappel du titre (résumé)
Date
Page 2
À ce stade du communiqué, les renseignements complémentaires peuvent être présentés
sous forme de liste à puces facilitant la lecture en diagonale.
Un communiqué de presse ne devrait jamais comporter plus de deux pages. Si tel est
pourtant le cas, il convient :
11
Idem, pages 9 et 10.
54
de vérifier que toutes les informations contenues dans le communiqué sont pertinentes
et importantes, et de faire des coupes le cas échéant;
de supprimer certains des renseignements complémentaires jugés importants et de les
inclure dans un second document, comme une feuille de renseignements ou un
rapport statistique (« ... en chiffres »).
Séance de photos
Préciser si une séance de photos est prévue.
Paragraphe standard – Court paragraphe comprenant des renseignements sur l’organisme
(date de fondation, mandat, heures d’ouverture, coordonnées de la personne-ressource,
adresse du site Web). Ce paragraphe devrait figurer sur tous les documents publicitaires et
médiatiques de l’organisme.
Au sujet de l'organisme
La mission de l’organisme est de… Les principaux projets de l'organisme incluent... Le siège
social de l'organisme est situé au 1111, rue Main, ville, province, code postal. Le numéro de
téléphone est le 555 555-5555. L’adresse du site Web est www.-----.ca.
Utiliser la mention ci-dessous pour indiquer au lecteur que le communiqué est terminé :
### FIN ###
55
2) Comment préparer un mémoire efficace12
Un mémoire est un document qui donne un aperçu des raisons justifiant le choix d'une
politique de rechange spécifique ou d’un plan d’action dans le cadre d’un débat politique en
cours. Il est habituellement préparé en réponse à une demande directe émanant d’un
décideur ou d’un organisme qui défend les questions qui y sont précisées. Un mémoire
préparé à l’intention d’un comité législatif peut revêtir de nombreuses formes, mais il est
généralement recommandé de le présenter officiellement par écrit à un comité parlementaire
ou à un comité législatif provincial. Toute personne ou tout organisme peut présenter un
mémoire à un comité.
L’objectif du mémoire est de convaincre le public cible – habituellement des
représentants élus, mais aussi parfois des journalistes, des administrateurs, des leaders
communautaires et des chercheurs – de l’urgence du problème soulevé et donc du besoin
d’adopter la politique de rechange ou le plan d’action proposé dans ledit mémoire.
Même si chaque comité peut établir ses propres critères de présentation des
mémoires, voici quelques lignes directrices générales pour vous aider à déposer un mémoire
efficace auprès d’un comité législatif :13
Les opinions exprimées et les arguments exposés dans le mémoire doivent avoir un
lien avec les sujets de préoccupation actuels du comité et se focaliser sur des
questions précises. Étayez vos arguments rationnels en apportant des preuves et des
données concrètes, et analysez les conséquences de l’adoption du ou des plan(s)
d’action proposé(s) dans votre mémoire.
Les recommandations au comité doivent être précises, pratiques, réalistes et
réalisables.
Le contenu du mémoire et le langage utilisé doivent être de nature professionnelle et
non universitaire. N’y incluez pas le détail des méthodes de recherche qui ont été
utilisées pour obtenir des données probantes et n’employez pas de termes ou de
12
Source : Brian Tissot, « The Policy Brief », disponible en ligne à :
http://www.vancouver.wsu.edu/fac/tissot/cl/esrp444/Writing%20Policy%20Briefs.pdf.
13
DAWN Ontario – Réseau des femmes handicapées de l’Ontario, « Government of Canada - Parliament & Committees
FAQs », disponible en ligne à : http://dawn.thot.net/gov-faqs.html#brief.
56
concepts empruntés au jargon technique. Structurez votre mémoire et guidez le lecteur
tout au long de votre analyse en utilisant des titres clairs et descriptifs.
Tout mémoire présenté uniquement en français ou en anglais doit parvenir le plus tôt
possible au greffier du comité (un fonctionnaire ou un employé d’un bureau des
services au public chargé d’organiser la logistique du comité) afin de lui permettre de
prendre des dispositions pour le faire traduire dans l’autre langue officielle.
Le nom, l'adresse et le numéro de téléphone de votre organisme, ainsi que les
coordonnées de la personne qui présente le mémoire, doivent figurer clairement sur la
page titre.
Les mémoires doivent être brefs et comprennent habituellement de six à huit pages à
double interligne, sans jamais dépasser dix pages (c.-à-d., 3 000 mots au maximum).
Les notes de fin de document sont préférables aux notes de bas de page. Il est
recommandé de faire relier le document ou d’en agrafer les pages. Les mémoires de
plus de 3 000 mots doivent être précédés d'un résumé d'une page, et une copie
électronique doit si possible être envoyée au greffier.
a) Rédiger un mémoire efficace
Avant de commencer à rédiger votre mémoire, vous devriez faire des recherches sur le
comité qui se chargera de le lire. Vous devriez identifier les représentants (élus) qui siègent à
ce comité et leurs expériences ou leur expertise dans le cadre de la préoccupation ou de
l’enjeu visé. Vous aurez également besoin de savoir si le comité a établi des règles ou des
procédures spécifiques pour la présentation des mémoires. Tâchez de savoir si le comité a
déjà reçu des mémoires faisant valoir des positions et des recommandations similaires à
celles de votre organisme, et si oui, comment ces mémoires ont été traités.
Parties du mémoire
1) Page titre
2) Résumé
3) Introduction à votre organisme
4) Contexte et importance de l’enjeu considéré
5) Critique de la ou des politique(s) menée(s)
6) Recommandations politiques
7) Annexes
8) Sources consultées ou recommandées
57
Prévoyez toujours une table des matières pour permettre aux lecteurs d’accéder
rapidement à chaque partie. Ces huit parties font l’objet d’une brève description ci-dessous :
1. Page titre
Le titre du mémoire doit être descriptif, accrocheur et pertinent pour attirer l'attention du
lecteur. Sur la page titre, précisez le nom de votre organisme, ses coordonnées, le nom de la
personne-ressource et/ou celui de la personne chargée de faire les présentations orales
fondées sur le mémoire, la date, et le nom au complet du comité destinataire.
2. Résumé
L’objectif du résumé est de résumer les arguments du mémoire et de montrer leur
pertinence pour le comité. Il doit convaincre rapidement le lecteur qu'une lecture exhaustive
et approfondie du mémoire se justifie et donner au comité un motif convaincant pour qu'il
examine au moins les points de vue et les recommandations qui y figurent. Le résumé doit
tenir sur une page et inclure :
une description de l’enjeu ou du sujet abordé
une déclaration claire et précise expliquant pourquoi la politique ou le plan d’action en
cours devrait être modifié(e)
un résumé de la ou des recommandation(s) de votre organisme précisant en quoi la ou
les solution(s) de rechange proposée(s) est (ou sont) plus efficace(s) pour atteindre un
objectif ou un résultat politique souhaité.
3. Introduction à votre organisme
Dans cette partie, décrivez très brièvement votre organisme – sa mission, la
communauté qui en est à l’origine, et les raisons de son intérêt pour les enjeux soulevés dans
le cadre des débats ou des stratégies politiques en question.
4. Contexte et importance de l’enjeu considéré
58
Cette partie vise à convaincre le comité qu’un problème actuel et urgent, qu’il est en
son pouvoir d’aborder et de résoudre, requiert son attention. Elle comprend habituellement
les sous-parties suivantes :
une description claire du problème ou de l’enjeu en question
un bref aperçu du contexte et de l'historique du problème, selon le point de vue de
votre organisme
une description claire des répercussions du problème sur les politiques, de façon à en
démontrer l’importance actuelle
5. Critique de la ou des politique(s) menée(s)
La critique vise à détailler les lacunes de la stratégie politique actuelle ou des solutions
de rechange en cours de mise en œuvre. Elle souligne à la fois le besoin de changement et
les aspects sur lesquels il doit se focaliser. Commencez votre critique en donnant un bref
aperçu des différentes politiques de rechange, et ce, dans la mesure où la reconnaissance
des opinions divergentes sur la question permet de renforcer la crédibilité de votre mémoire.
Poursuivez en présentant des arguments rationnels expliquant les raisons et les modalités de
l’échec du plan d’action politique actuel ou proposé pour ce qui est d’atteindre ses objectifs.
6. Recommandations politiques
Après cette analyse de la politique gouvernementale actuelle ou envisagée, un
mémoire efficace doit fournir une proposition détaillée et convaincante expliquant comment
les défauts et les lacunes de la stratégie politique en cours peuvent être comblés.
Recommandez des mesures ou des stratégies précises et pratiques relevant de la
compétence du gouvernement et pouvant être mises en œuvre de façon réaliste.
7. Annexes
Comme le mémoire se veut un document concis et ciblé, certains organismes peuvent
décider d'y inclure une annexe précisant les données actuelles et les preuves utilisées pour
appuyer leur analyse. Étant donné que les annexes constituent des pages supplémentaires, il
convient de les inclure uniquement si les renseignements qui y figurent sont rapidement
compréhensibles et absolument nécessaires.
59
8. Sources consultées ou recommandées
Une courte bibliographie des sources consultées ou recommandées peut fournir au
comité d’autres données et points de vue pertinents dont il n’aurait peut-être pas eu
connaissance autrement, ou auxquels il ne se serait pas intéressé. La décision d'inclure une
bibliographie est laissée à la discrétion de votre organisme.
Exemples de mémoires
1) Fondation canadienne des relations raciales : « Towards a government
policy to fight against racism and discrimination - For the full
participation of Quebecers from cultural communities » (« Vers une
politique gouvernementale de lutte contre le racisme et la discrimination
– Pour la pleine participation des Québécoises et des Québécois des
communautés culturelles », en anglais seulement)
http://www.crr.ca/divers-files/en/publications/briefs/CRRF%20BRIEF%20-
%20QUEBEC%20CONSUL-%20Final.pdf
2) « Submissions to the Standing Committee on Justice Policy by The
Ontario Council of Agencies Serving Immigrants (OCASI) » (soumissions
au Comité permanent de la justice par l’Ontario Council of Agencies
Serving Immigrants) – document visant le projet de loi 103, Loi visant à
créer le poste de directeur indépendant d’examen de la police
http://www.ocasi.org/downloads/OCASI_Submissions_Bill_103.pdf
3) Association canadienne d'éducation : « Dossier de politique – La
promesse et le problème de la littératie au Canada : plan d’action »
http://www.cea-ace.ca/media/fr/Lit_PBrief_Fr.pdf
4) « Policy Brief: Processing Fees for Refugees »
http://dropthefee.com/pdf/maytree
60
3) Comment faire une présentation orale devant un comité législatif
L’intervention devant un comité législatif pour faire une présentation orale officielle (on
parle aussi de « présentation ») constitue une autre méthode efficace de participation directe
au processus d’élaboration des politiques publiques.
Par comparaison à la Chambre des communes, où les débats ont lieu entre tous les
députés élus, les comités parlementaires consacrent habituellement beaucoup plus de temps
et d’attention aux avant-projets de loi ou aux questions préoccupantes. Une étude a montré
que la Chambre des communes consacre moins de huit heures en moyenne à chaque projet
de loi.14 À l’inverse, les comités permanents passent souvent des dizaines d’heures à étudier
des projets de loi et à écouter les témoignages des citoyens canadiens et des organismes de
tout le pays concernant les répercussions des modifications politiques proposées sur les
expériences concrètes et les besoins communautaires.
La possibilité d’une exposition médiatique constitue un autre avantage des
présentations. Le témoignage de votre organisme peut en effet susciter l’intérêt de certains
ministres et fonctionnaires, si bien que les questions abordées devant le comité peuvent
ensuite être soulevées pendant la période des questions à la Chambre des communes, et y
faire l’objet de débats. La Chaîne d'affaires publiques par câble (CPAC) diffuse habituellement
la période des questions, voire parfois certaines audiences publiques des comités, si bien
qu’une présentation est susceptible d’être vue à la télévision partout dans le pays. Ainsi, une
intervention devant un comité peut servir de catalyseur pour accroître la sensibilisation et
l'intérêt à l’égard des points de vue défendus par votre organisme et de son action en matière
d’élaboration des politiques publiques. Par conséquent, de nombreux organismes profitent
des présentations devant un comité pour présenter des résultats de recherche récents ou
pour annoncer de nouvelles initiatives.
Les présentations individuelles durent généralement de dix à quinze minutes et sont
14
Source : David McInnes, « Témoigner devant un comité parlementaire », disponible en ligne à :
http://www.parl.gc.ca/InfoParl/francais/issue.htm?param=68&art=105 [McInnes].
61
suivies par une séance de questions posées par les membres du comité. Le président du
comité indique l’ordre chronologique des présentations et présente les témoins au comité au
début de chaque audience publique. Les présentations peuvent être effectuées en français
ou en anglais. Les frais d’hébergement, d'alimentation et de déplacement relatifs à une
présentation devant un comité peuvent être remboursés par le gouvernement.
a) Lignes directrices générales pour faire des présentations efficaces
Pour être efficace, une présentation nécessite une planification et une préparation
consciencieuses. Vous trouverez ci-dessous quelques conseils pour vous aider à présenter
efficacement vos points de vue et vos préoccupations politiques devant un comité législatif
(qui, quoi, comment?) :
i) Qui doit faire la présentation?
La personne chargée de faire la présentation doit être à l’aise pour s’exprimer dans un
cadre formel devant un public nombreux, et bien maîtriser les enjeux et les recommandations
politiques défendus par l’organisme. Si cette personne ne doit pas nécessairement être le
président de votre organisme ou l’auteur du mémoire, et même si la présentation peut être
effectuée par plusieurs personnes, il est recommandé de désigner une personne-ressource à
qui les membres du comité pourront envoyer leurs questions, et qui sollicitera l’avis des
autres membres du groupe pour y répondre.
S’il s’agit de votre première présentation, il est recommandé d’assister au préalable à
l’intervention d’un autre organisme pour étudier la configuration des lieux, l’organisation de
l’audience publique et le type de questions posées par les membres du comité.
ii) Que doit contenir la présentation?
La présentation s’apparente à une version abrégée du mémoire de votre organisme.
Dans la mesure où chaque organisme dispose d’un temps limité pour présenter ses
arguments politiques, il est essentiel que les points clés de votre présentation soient compris
rapidement. Il est inutile de répéter tous les éléments figurant dans votre mémoire.
62
Commencez votre présentation par deux ou trois phrases concises résumant la
mission de votre organisme et les raisons de ses réserves importantes sur la politique qu’il
critique. Poursuivez en décrivant clairement les problèmes ou les enjeux politiques identifiés
par votre organisme. Exposez et répétez les solutions de rechange et les recommandations
politiques dont votre organisme estime qu’elles permettront d’atteindre plus efficacement
l’objectif du gouvernement ou qu'elles auront une influence plus positive sur les personnes
actuellement concernées et marginalisées. Il est vivement recommandé de faire souvent
référence tout au long de la présentation aux preuves et aux données que vous avez
rassemblées, de façon à étayer vos opinions et à en asseoir la crédibilité.
Les aides visuelles comme les diapositives et les diagrammes peuvent également
constituer des moyens efficaces pour diffuser rapidement et clairement un maximum de
renseignements. Si vous utilisez des documents visuels, faites-en des photocopies pour les
distribuer aux membres du comité et à tout représentant des médias.
Comme pour l’introduction, préparez à l’avance une brève conclusion résumant votre
présentation. Cette stratégie vous permet d’exposer vos recommandations rapidement, dans
la mesure où les questions du comité risquent de vous empêcher de détailler les remarques
que vous avez préparées. Mettez l’accent sur les recommandations de votre organisme en
montrant qu’elles sont clairement préférables pour atteindre les buts politiques du
gouvernement de façon efficace et plus exhaustive.
iii) Comment faire une présentation convaincante?
L’efficacité d’une présentation nécessite plus qu’un contenu solide – à savoir une
bonne prestation et une excellente préparation.
Une prestation incisive permet de renforcer le contenu de la présentation. Parlez
clairement et à une vitesse raisonnable, notamment pour lire des citations et des passages du
mémoire et d’autres documents. Ceci est particulièrement important si l’audience est
télévisée et donc probablement sous-titrée pour les téléspectateurs ayant une déficience
auditive. Ne vous contentez pas de lire votre mémoire. Vous pouvez vous référer à des notes,
63
mais gardez à l’esprit qu’une présentation est plus un débat qu'un exposé. L’utilisation de la
deuxième langue officielle pendant une partie de votre présentation peut également laisser
une impression positive.
Pendant votre préparation, identifiez deux ou trois points de discussion que vous
devrez peut-être expliquer au comité, par exemple en raison de leur caractère plus technique
ou de la tendance politique des membres du comité. Préparez des réponses aux questions
anticipées et tâchez de trouver des citations, des statistiques ou des résultats de recherche
intéressants permettant d’étayer votre argumentation en la matière. Dans tous les cas,
apportez des réponses concises et axées sur les questions des membres du comité – qui ne
manqueront pas de vous interrompre si vous vous montrez trop bavard.
L’efficacité d’une présentation dépend par ailleurs de l’état des relations de l'organisme
communautaire avec les membres du comité et les autres fonctionnaires. Certains éléments
faisant l'objet d'une critique dans une présentation sont parfois si avérés et problématiques
qu’ils ont déjà été soulevés par un organisme communautaire devant des représentants du
gouvernement. En faisant des présentations politiques sur des thèmes similaires auprès de
fonctionnaires locaux, non content de renforcer votre capacité de participation au processus
d'élaboration des politiques publiques, vous confirmerez la réputation de votre organisme et
son engagement pour répondre aux préoccupations communautaires identifiées.
Proposez au comité de lui fournir une réponse écrite lorsqu’une question nécessite une
réflexion plus poussée ou plus détaillée ou que vous n’avez pas le temps d’y répondre dans
le délai qui vous est imparti. Assurez-vous de bien envoyer cette réponse.
b) Aide-mémoire pour faire une présentation devant un comité parlementaire15
Avant de faire une présentation, consultez la liste suivante pour récapituler les tâches à
effectuer la veille ou le matin même de l'audience de votre organisme.
Détails pratiques
15
McInnes, voir plus haut la note 14.
64
o Téléphonez au greffier du comité (la veille) pour confirmer les détails de la rencontre
(p. ex., lieu et heure).
o Vérifiez combien de temps vous aurez pour faire votre présentation et la durée de la
période de questions et réponses qui suivra.
o Demandez si certains membres du comité ont été remplacés.
o Demandez si l’audience sera diffusée sur la CPAC.
o Étudiez la configuration de la salle et la disposition des sièges des membres pour en
faire part à vos collègues qui n’ont jamais témoigné auparavant.
o Quand vous vous rendrez à l’audience, prévoyez assez de temps pour passer la
sécurité, trouver la salle et vous installer.
o Désignez les personnes qui participeront aux entrevues avec les médias en cas de
sollicitation à l'issue de la présentation. Distribuez des copies de votre mémoire aux
médias, qu'ils soient présents ou non dans la salle d'audience publique. Après la
présentation, servez-vous du résumé de votre mémoire pour rédiger un communiqué
de presse que vous leur ferez parvenir avec le mémoire.
Période de questions et réponses
En guise de préparation à la séance de questions et de réponses, veuillez consulter la
liste suivante de sujets auxquels vous devriez réfléchir quelques jours avant la comparution
de votre organisme.
o Évaluez le nombre de questions que l’on pourrait vous poser dans le temps qui vous
est consacré.
o Prenez en compte les préoccupations essentielles de chaque membre du comité.
Quelle pourrait être la première question de l’opposition officielle, qui posera cette
première question? Quelles questions soulevées lors de témoignages antérieurs sont
susceptibles de vous être également posées?
o Les médias nationaux se sont-ils récemment fait l’écho d’une nouvelle qui pourrait
susciter des questions importantes? Consultez les journaux nationaux de la semaine.
Par ailleurs, informez-vous des nouvelles locales récentes dans les circonscriptions
des membres du comité qui pourraient être soulevées à l'audience.
65
o Si vous faites votre présentation en équipe, entendez-vous au préalable sur la
répartition des questions. Déterminez qui se chargera, le cas échéant, de compléter
les réponses manquant de précision.
o Simulez une séance de questions et réponses avec d’autres membres de votre
organisme. Demandez à vos collègues de vous poser des questions difficiles.
Exemples de présentations (consignées par écrit) devant des comités
législatifs
1) Ontario Council of Agencies Serving Immigrants : « OCASI deputation on
changes to IRPA under Bill C-50 »
http://www.ocasi.org/index.php?qid=967
2) YWCA Toronto : Deputation to City of Toronto’s Community Development
and Recreation Committee (présentation devant le comité de
développement communautaire et des loisirs de la ville de Toronto)
http://www.ywcatoronto.org/assets/pdf/advocate_change/policy_papers_deputa
tions/2008/080123_user_fees_cityhall.pdf
3) Action Cancer Ontario : « Submission to the Standing Committee on
Finance and Economic Development » (présentation devant le comité
permanent des finances et du développement économique) – document
visant le projet de loi 164, Loi favorisant un Ontario sans fumée
http://www.cancercare.on.ca/documents/Bill164Submission.pdf
66
4) Comment organiser des activités de défense des intérêts sur Internet16
À une époque où les courriels, les réseaux sociaux en ligne et la navigation sur
Internet occupent une place de plus en plus importante (voire peut-être nécessaire) dans
notre vie quotidienne, les possibilités de défense des politiques publiques et d’engagement
communautaire par voie électronique augmentent également. En complément des stratégies
traditionnelles comme les mémoires et les présentations, cette approche de défense des
intérêts axée sur Internet (« e-advocacy » en anglais) élargit considérablement le champ des
possibilités qui s’offrent à un organisme communautaire pour mobiliser des appuis et exercer
une influence sur le processus d'élaboration des politiques publiques.
a) Avantages des activités de défense des intérêts sur Internet en matière de
participation à l’élaboration des politiques publiques
Voici quelques-uns des avantages de la défense des intérêts sur Internet dans la société
moderne.
i) Réduction des coûts et amélioration de la rapidité et de l’efficacité
Les organismes communautaires, en particulier ceux qui commencent tout juste leur
activité, doivent souvent faire face à des obstacles financiers pour participer au processus de
défense des politiques. Si elle est bien gérée, une campagne publicitaire par courriel peut par
exemple permettre à un organisme d’économiser les frais d’envoi (papier, enveloppes et
affranchissement) et les coûts de main-d’œuvre et en temps liés à la préparation des trousses
publicitaires à l'intention des décideurs et des autres intervenants communautaires.
ii) Toucher un public plus large
Divers outils technologiques, comme les sites Web ou les listes d'adresses
électroniques pour des envois en vrac, permettent aux organismes de maintenir des liens et
de communiquer rapidement avec leurs membres et leurs sympathisants. Ces derniers
16
Sources : PolicyLink, « Click Here for Change: Your Guide to the E-Advocacy Revolution » , disponible en ligne à :
http://www.policylink.org/Projects/eAdvocacy/documents/final_report.pdf [PolicyLink E-Advocacy]; et Colin Delaney,
« The Tools and Tactics of Online Political Advocacy », disponible en ligne à :
http://www.epolitics.com/onlinepolitics101.pdf [Tools of Online Advocacy].
67
peuvent à leur tour recourir aux mêmes moyens électroniques pour envoyer en toute facilité
des renseignements sur l’action desdits organismes à leurs propres relations et à leurs
collaborateurs au sein de la communauté.
Un organisme peut utiliser ces réseaux en croissance constante pour créer des liens
avec une communauté de personnes engagées dotées d’une expertise et ayant des relations
interpersonnelles très recherchées, mais dont la diversité géographique ferait qu’il serait peu
probable qu’on puisse les joindre par le biais de méthodes de communication traditionnelles.
Les personnes ainsi touchées peuvent en outre débattre dans le cadre de babillards
électroniques ou de groupes de discussion en ligne des enjeux et des défis auxquels doit
faire face la communauté afro-canadienne, ce qui peut favoriser et accroître les possibilités
de dialogue constructif.
iii) Mise à disposition de renseignements sur les organismes et leur action politique 24 heures
sur 24
En vous dotant d’un site Web officiel, vous permettez à la fois aux internautes en
général et à vos sympathisants en particulier d'approfondir leurs connaissances sur votre
organisme et d'obtenir des réponses à leurs questions quand bon leur semble. Entre autres
avantages, les outils technologiques permettent également aux personnes intéressées de
s’abonner aux comptes rendus sur les progrès, de remplir des pétitions en ligne, d’envoyer
des courriels directement aux décideurs ou aux dirigeants de l’organisme, de faire un don, et
d’en apprendre plus sur les possibilités de bénévolat ou d’embauche dans le cadre des
initiatives politiques de votre organisme.
iv) Contrôler et cibler efficacement les communications avec les intervenants et les
sympathisants
En surveillant le nombre de visites sur son site Web, les pages visitées et les actions
menées par ses utilisateurs, votre organisme est en mesure d’assurer un suivi efficient de
l’efficacité de ses messages et de son contenu en ligne. Il est tout aussi facile, en lisant leurs
réponses, de vérifier les réactions des destinataires des courriels d’ « appel à l’action »
envoyés par votre organisme, de façon à évaluer leur niveau et leur type d’intérêt pour votre
action politique. Grâce à ces renseignements, votre organisme peut adapter ses documents
68
promotionnels, son action politique et ses campagnes de levée de fonds à ses publics cibles
en fonction des intérêts et des compétences de chacun.
b) Trois stratégies de défense des intérêts sur Internet17
Chaque organisme devrait s’efforcer de connaître et de mettre en œuvre les stratégies
disponibles de défense des intérêts sur Internet.
i) Créez un site Web.
ii) Envoyez des appels à l’action et des lettres d'information électroniques.
iii) Utilisez des outils de réseautage social comme Facebook.
17
Pour obtenir davantage de stratégies et de suggestions concernant les outils technologiques efficaces, voir plus haut la
note 16, « PolicyLink E-Advocacy », page 27.
69
i) Créez un site Web.
Les sites Web comprennent plusieurs sections de contenu. Songez à ajouter un
blogue et un forum sur Internet au site Web de votre organisme et à en faire la publicité aux
fins de la défense des intérêts en ligne. Vous trouverez ci-dessous des suggestions de
rubriques pour le site Web d’un organisme de défense des intérêts.
Page d’accueil Fournit des aides à la navigation et des liens vers les sous-
rubriques du site Web. Servez-vous de la page d’accueil pour
mettre en évidence les dernières réalisations de votre organisme
en matière de politique et les nouvelles évolutions aux plans de la
loi et de la défense des intérêts qui touchent la communauté afro-
canadienne.
À notre sujet Décrit la mission, l’action et les objectifs de l’organisme. Les
pages « À notre sujet » fournissent généralement un bref
historique et un aperçu des réalisations de l'organisme et de ses
projets. Elles peuvent également inclure une courte biographie
des membres clés de l'organisme.
Projets politiques Détaille les initiatives actuelles, passées et futures de l’organisme
en matière de politiques publiques. Chaque description de projet
doit inclure le ou les but(s) politique(s), la façon dont l'organisme a
mobilisé des appuis pour atteindre ce ou ces but(s), et toute
réalisation ou tout progrès effectué dans cette optique.
Salle des nouvelles Contient des communiqués de presse et des trousses complètes
d'information à l'intention des médias publiés par l'organisme.
Cette rubrique devrait également proposer des liens vers les
articles ou reportages sur l’organisme et son action politique, ou
une version numérisée de ces documents.
Comment participer Inclut des détails sur les possibilités de bénévolat/d’emploi pour
travailler avec l’organisme, ainsi que les heures et les lieux de
rendez-vous pour les nouveaux membres intéressés. Elle peut
également proposer des outils permettant aux sympathisants de
mener des actions, comme par exemple des programmes
informatiques pour signer des pétitions en ligne ou des groupes
de discussion sur Internet accessibles à tous pour débattre des
enjeux pertinents traités par votre organisme.
Faire un don En utilisant des programmes comme PayPal ou en expliquant
comment et où envoyer une contribution financière, cette rubrique
fournit des renseignements aux donateurs sur les possibilités qui
s’offrent à eux pour contribuer financièrement, de façon
70
sécuritaire, à l’action politique de l’organisme. Elle peut également
servir à remercier les bailleurs de fonds, les particuliers ou les
organisations subventionnaires.
Calendrier des Fournit un calendrier des événements organisés par l’organisme
événements ou ses partenaires, ou auxquels ils ont participé. Pensez à inclure
dans cette rubrique un formulaire électronique pouvant être rempli
par les internautes qui le souhaitent pour confirmer leur présence.
Contactez-nous Comprend l'adresse de voirie de l'organisme, un ou plusieurs
numéro(s) de téléphone et des adresses électroniques.
Voici quelques suggestions permettant de concevoir et de créer un contenu pour le site Web.
Utilisez du contenu existant Une stratégie efficace de création de contenu pour un site
publié par votre groupe ou Web consiste à mettre en ligne des travaux publiés par
d’autres organismes l’organisme, tels que des mémoires, des feuilles de
renseignements, des transcriptions de présentations, des
trousses d'information à l'intention des médias et des
communiqués de presse. Le site Web peut également fournir
du contenu disponible ailleurs sur Internet, par exemple en
offrant des liens vers des rapports pertinents, des articles de
presse et des organismes apparentés. Ces liens doivent être
précédés d'un bref commentaire indiquant en quoi
l'information visée soutient les buts politiques de l’organisme
et en assoit la crédibilité.
Blogues (abréviation de Les blogues sont des sites Web qui rencontrent un immense
« weblogues ») succès populaire et qui diffèrent non seulement sur le plan du
contenu, mais aussi sur celui du mode de communication ou
de rédaction dudit contenu. Les blogues sont d’habitude des
billets rédigés par des particuliers ou des organismes
cherchant à publier fréquemment du contenu sur Internet. Ils
sont écrits dans un style plutôt vivant et les lecteurs peuvent
réagir immédiatement en entrant leurs propres commentaires
sous chaque billet récemment affiché.
Les billets de blogue réfléchis, provocateurs et concis sont
les plus efficaces. Les blogues sont par leur nature opportuns
et ils permettent souvent de traiter les enjeux et les derniers
développements plus rapidement que ne le feraient les
médias traditionnels.
La syndication des billets par flux RSS (« Really Simple
71
Syndication », ou « syndication vraiment simple ») est une
méthode efficace pour augmenter la fréquentation d’un
blogue. Ces flux permettent aux lecteurs réguliers d’un
blogue d’utiliser un outil logiciel, appelé « lecteur de
nouvelles », pour surveiller automatiquement un site Web
particulier et envoyer chaque nouveau billet directement à
l’adresse électronique du lecteur ou à un appareil portatif.
Vidéos en ligne Les vidéos en ligne permettent aux gens de visionner les
événements organisés par votre organisme et les reportages
à leur sujet quand ils ne sont pas en mesure d’y assister en
personne. Ces vidéos (conférences de presse, allocutions,
actions communautaires, réunions avec des fonctionnaires,
etc.) peuvent permettre de « mettre un visage » sur votre
organisme et d'améliorer le profil public de ses principaux
leaders.
Les utilisateurs de ces vidéos sont susceptibles de les
envoyer à d’autres personnes intéressées ou d’en mettre en
ligne le contenu sur leurs propres sites Web. Les sites
comme YouTube et VeohMC autorisent la mise en ligne
gratuite et en toute simplicité des vidéos pouvant être
visionnées dans le monde entier.
En définitive, même s’il est bien conçu et riche en contenu, un site Web n’est efficace
que si les internautes le visitent. Vous devez faire la promotion de votre site Web. Annoncez
le lancement de votre site Web en envoyant un courriel à vos sympathisants et aux
intervenants communautaires et en leur suggérant de communiquer votre adresse Web aux
personnes/organismes manifestant le même intérêt qu’eux. Promouvez votre site Web aussi
souvent que possible en indiquant son adresse sur toutes vos communications : papier à en-
tête, brochures, lettres d’information, appels à l’action, communiqués de presse, dépliants et
papillons publicitaires, publications, cartes de visite, et signature des courriels de votre
organisme. En outre, demandez aux autres organismes œuvrant sur des sujets similaires
d'inclure un lien vers votre site Web sur leur propre site, en leur proposant de faire de même.
72
Exemples de sites Web de défense des intérêts
1) African Canadian Legal Clinic
http://www.aclc.net
2) Conseil national des Canadiens chinois
http://www.ccnc.ca/
3) National Association for the Advancement of Colored People
http://www.naacp.org/home/index.htm
4) Slow Food Toronto
http://toronto.slowfood.ca/
5) Rainbow Health Network
http://www.rainbowhealthnetwork.ca/
73
ii) Envoyez des appels à l’action et des lettres d'information électroniques.
Utilisation des appels à l’action
Les appels à l’action sont des courriels exhortant vos sympathisants à mener une
action précise et immédiate en réponse à un sujet urgent de préoccupation. Il s’agit en
général d’écrire une lettre, de passer un appel téléphonique ou d’envoyer un courriel ou une
télécopie à un fonctionnaire. Un appel à l’action pourrait par exemple inviter les gens à
envoyer des lettres à des représentants élus en faveur de la présentation d’un avant-projet de
loi visant à reconnaître les crimes haineux comme une infraction distincte aux termes du
Code criminel du Canada.
Voici quelques conseils pour rédiger un appel à l’action efficace :
L’objet du courriel doit être clair et convaincant. L'objet de l'appel doit sauter aux yeux
de ses destinataires afin qu'ils puissent décider rapidement si l'action proposée mérite
qu'ils s'y intéressent et qu'ils y consacrent du temps.
Incluez une adresse-réponse sur laquelle figure le nom de votre organisme. Ceci
rendra votre courriel crédible et lui permettra de passer à travers le filtre antipourriel.
Soyez concis et allez à l’essentiel. Structurez le texte de l’appel sous forme de liste à
puces de façon à en faciliter la lecture en diagonale. Utilisez un langage clair. Donnez
tous les renseignements nécessaires. Incluez un bref sommaire sur votre organisme et
un lien vers votre site Web pour les personnes souhaitant obtenir de plus amples
renseignements.
Mettez en évidence le caractère urgent de l’appel et l’objectif visé. Mettez en évidence
le caractère urgent de l'action proposée et la nécessité de la mener dans un délai
précis. Par ailleurs, expliquez en quoi l'action proposée s'inscrit dans le cadre global
des buts politiques de votre organisme.
Fournissez une liste de sujets de discussion aux personnes à qui vous demandez
d’appeler des représentants élus. Facilitez-leur la tâche. Incluez des modèles de lettre,
de courriel ou de télécopie. Précisez-leur les coordonnées des décideurs qu'elles
doivent joindre. Indiquez-leur une date limite pour mener leur action.
Invitez systématiquement les destinataires de l’appel à faire suivre votre courriel, et ce,
qu'ils décident ou non de mener l'action proposée.
Veillez à envoyer rapidement un courriel aux personnes qui mènent l’action proposée,
afin de les remercier de leurs efforts. Vous pouvez utiliser des programmes de suivi
des courriels et des sites Web pour savoir qui a fait quoi.
74
À l’issue de chaque campagne d’appel à l’action par courriel, assurez-vous de
communiquer avec toutes les personnes figurant sur votre liste de courrier
électronique pour leur faire part des résultats des efforts menés (p. ex., nombre de
courriels envoyés, liste des fonctionnaires contactés, comptes rendus des succès
obtenus, anecdotes). Expliquez le rôle joué par la campagne dans le cadre plus
général de la stratégie de défense des intérêts à long terme de votre organisme.
Envoyez des lettres d’information électroniques
Les courriels constituent un moyen rapide et économique de toucher un grand nombre
de personnes en une seule fois. Le processus de mise en œuvre des communications par
courriel et de création d’une base de données électronique comporte toutefois un
inconvénient, dans la mesure où il nécessite une main-d’œuvre intensive chargée de saisir
les données ainsi que d’établir et de maintenir des relations avec vos sympathisants.
Voici quelques conseils pour maximiser l’utilité de vos lettres d’information électroniques :
Saisissez chaque occasion de recueillir des adresses électroniques. Ajoutez un bouton
« S’abonner à la lettre d’information » sur chaque page Web de votre site, proposez
des formulaires électroniques et donnez à vos sympathisants la possibilité d'envoyer
un courriel à votre organisme depuis le site Web. Quand vous organisez des
événements, prévoyez une feuille de présence ou un formulaire d’abonnement
permettant de recueillir des adresses électroniques.
Il convient de mener des tests préliminaires avant de diffuser un courriel à tous les
membres d’une liste de courrier électronique.
Faites preuve de discrétion quand vous envoyez un courriel de groupe. Indiquez les
adresses électroniques des destinataires dans le champ « Cci » afin de protéger leur
vie privée. Si vous utilisez les champs « À » ou « Cc », les adresses seront
accessibles par toutes les personnes figurant sur la liste et pourront être utilisées à
d’autres fins.
Proposez des liens vers votre site Web. Les stratégies électroniques les plus efficaces
sont celles qui font référence aux contenus disponibles sur le site Web de l'organisme
et qui y ont recours, en particulier les contenus riches en termes de couverture
médiatique comme les vidéos. Mettez en ligne sur le site Web votre lettre d’information
la plus récente et les archives de celles qui ont précédé.
Les lettres d’information électroniques doivent être concises. Tâchez généralement de
ne pas y inclure plus de trois à cinq éléments d’information de deux à quatre lignes
chacun au maximum. Les annonces ou les informations nécessitant plus de précisions
doivent renvoyer vers le site Web. Les titres facilitent la lecture en diagonale rapide.
75
Envoyez vos lettres d’information de façon régulière (c.-à-d., chaque trimestre, chaque
mois ou chaque semaine) en fonction de la capacité de votre organisme et de la phase
de votre campagne de défense des intérêts.
76
iii) Utilisez des outils de réseautage social18
Les outils de réseautage social sont des sites Web sur lesquels des particuliers et des
organismes créent une « page profil » personnelle comprenant des renseignements à leur
sujet, et qui permettent de proposer des liens vers les pages d’autres utilisateurs connus. Les
internautes peuvent parcourir les différents profils en faisant une recherche par nom, par
situation géographique, par établissement d’enseignement fréquenté et par centre d’intérêt.
Chaque fois qu’un utilisateur ajoute à sa liste un nouveau contact (ou « ami » dans le jargon
du réseautage social), il peut ensuite voir les propres amis de celui-ci et même communiquer
avec eux s'il le souhaite (en fonction du niveau de sécurité établi par l’usager). La liste d'amis
de chaque utilisateur peut donc augmenter de façon exponentielle jusqu’à inclure des
centaines d’amis habitant aux quatre coins du monde et ayant des centres d’intérêt variés.
Les outils de réseautage social comme Facebook et MySpace rencontrent un immense
succès populaire partout dans le monde, en particulier dans la tranche d’âge des 13 à 40 ans
qui maîtrisent Internet mais dont la participation est souvent difficile à obtenir. Comme les
personnes possédant un profil sur ces sites se comptent par millions, et dans la mesure où ils
permettent de créer des groupes en ligne fondés sur des intérêts communs, les outils de
réseautage social constituent un moyen efficace de diffuser le message politique de votre
organisme et de susciter le soutien d’un plus large public.
Il suffit de quelques minutes pour créer un profil ou un groupe d’intérêt sur Facebook,
et toutes les modifications apportées sont protégées par un mot de passe. Facebook offre
des « applications » que les utilisateurs peuvent télécharger et utiliser sur leur propre profil,
comme par exemple des « causes », qui précisent les domaines de préoccupation et les
centres d’intérêt de l’utilisateur, et une rubrique indiquant les représentants élus ou les
candidats soutenus par l’utilisateur. Certains groupes de défense des intérêts ont créé leurs
propres applications, tandis que d'autres préfèrent utiliser celles déjà existantes qui ont été
conçues par des programmeurs informatiques.
Voici quelques conseils pour utiliser les outils de réseautage social dans le cadre de
vos activités de défense des intérêts sur Internet :
Les listes d’amis ont tendance à croître de façon exponentielle : plus votre profil est
visité, plus les autres utilisateurs vous ajouteront comme ami ou proposeront un lien
vers votre page sur leur propre profil. Tâchez donc de constituer une liste saine dès le
18
Voir plus haut la note 16, « Tools of Online Advocacy », page 21.
77
départ. Commencez par y inclure les personnes dont les profils sont les plus visités sur
ces sites et/ou des amis ayant un intérêt potentiel pour l’action et les buts politiques de
votre organisme.
Dans votre lettre d’information ou dans les messages envoyés aux membres de votre
liste de courrier électronique, mentionnez le groupe Facebook dédié à votre organisme
et invitez vos lecteurs à le rejoindre. Par ailleurs, recherchez les organismes œuvrant
sur des sujets similaires et tâchez de devenir leur ami pour figurer sur leur site, car
cela vous vaudra immédiatement d'être vu par un public réceptif.
Utilisez les sites de réseautage social pour promouvoir vos appels à l’action. Envoyez
un message général à tous les amis de votre réseau et faites-y également référence
sur votre site Web. Encouragez vos amis à passer le mot en envoyant des messages
instantanés à leurs propres amis, en modifiant leur statut Facebook, en changeant les
photos figurant sur leur profil, etc.
Comme pour tous les sites Web, veillez à proposer un contenu actualisé et opportun.
Assurez-vous que ce contenu concorde avec vos stratégies globales en matière de
communication et de politique publique.
Exemples de groupes de défense des intérêts sur Facebook
1) Barack Obama Global
(650 503 membres à ce jour19)
2) Pivot Legal Society
(761 membres à ce jour)
3) Canadian Coalition To Expose and End Anti-Black Racism
(239 membres à ce jour)
4) Make Poverty History
(718 membres à ce jour)
5) People Supportive of the Toronto District School Board Black-Focused School
(284 membres à ce jour)
19
Au 2 septembre 2008.
78
5) Comment former une coalition et y participer20
Beaucoup d’organismes traitent des mêmes enjeux de politique publique. Pour des
questions financières, politiques, de ressources et de renforcement des capacités, il est
logique de former une coalition regroupant plusieurs organismes pour chercher à réaliser des
visions communautaires et des objectifs politiques communs. Les coalitions, qui sont
particulièrement indiquées en matière de participation à l'élaboration des politiques publiques,
traduisent un engagement envers la planification de stratégies, la créativité et l’obtention de
résultats politiques viables dans l’intérêt des diverses communautés qui en ont besoin.
a) Mon organisme devrait-il former une coalition ou y participer?
Voici quelques-uns des avantages des coalitions :
Mise en commun des ressources
Possibilité de mise en place durable d’un organe de délibération sur les questions de
politique
Diminution de la concurrence visant le financement et les subventions disponibles
Augmentation du temps et des efforts consacrés au bénévolat
Partage des connaissances : les organismes ayant plus d’expérience politique peuvent
offrir leur aide et leur expertise aux groupes plus petits
Les coalitions permettent de renforcer les capacités des organismes. Le fait de réunir
un grand nombre de personnes autour d’une même table permet au groupe ainsi constitué
d’exercer une influence beaucoup plus considérable que celle de chaque organisme pris
individuellement, d'une part en alertant les décideurs publics sur les conséquences politiques
de leurs actes, et d'autre part en rappelant aux représentants élus que ce sont les électeurs
qui déterminent la durée de leur mandat. Les médias sont eux aussi bien plus susceptibles
d’accorder leur attention à une coalition influente de par son vaste effectif.
De plus, les coalitions confèrent une certaine stabilité. La mise en œuvre et le maintien
des réformes exigent un effort prolongé. Peu d’organismes communautaires ont la main-
d’œuvre et les ressources nécessaires pour mener cet effort en solitaire. La mise en place de
20
Sources : Bénévoles Canada, « L’action sociale à l’ordre du jour : Préparer les membres des conseils d’administration
bénévoles à participer à l’établissement des politiques publiques », disponible en ligne à :
http://www.volunteer.ca/volunteer/francais/pdf/boardadvocacymanualFre.pdf; et PolicyLink, « Organizing and Coalition
Building: Increasing your Strength », disponible en ligne à : http://www.policylink.org/AdvocatingForChange/Organizing/.
79
coalitions contribue à former des leaders, à perfectionner les compétences des employés et à
développer les ressources nécessaires pour poursuivre les progrès sur le long terme. Par
conséquent, les efforts des coalitions comme leur processus de mise en place constituent des
possibilités immensément précieuses de renforcer la capacité communautaire en matière de
participation à l’élaboration des politiques publiques.
Enfin, les coalitions peuvent véritablement améliorer la vie des gens. Un effort conjoint
est plus susceptible d'entraîner un changement réel. La mise en place de coalitions, qui
favorise l’épanouissement des communautés grâce à la résolution collective des problèmes,
insuffle en outre aux intervenants communautaires un sentiment de pouvoir en matière de
concrétisation du changement. Si, à ce titre, les avantages des coalitions sont considérables,
elles comportent toutefois certains inconvénients dont voici une liste non exhaustive :
La logistique devient plus compliquée, par exemple en termes d'organisation des
réunions et de partage des frais engagés.
L’établissement d’un consensus peut prendre plus de temps. Les décisions doivent
généralement être prises en groupe, or les règles procédurales ou la structure du
conseil d’administration de certains organismes peuvent venir compliquer le
processus.
Il peut arriver que certains organismes ne bénéficient pas du degré de visibilité
souhaité. Dans d’autres cas, le comportement négatif d’un organisme peut ternir la
réputation des autres membres de la coalition.
Malgré ces défis, les avantages des coalitions en termes d'efficacité et de profitabilité
justifient en général que l’on opte pour leur mise en place. Voici quelques suggestions de
mesures efficaces pour répondre aux défis susmentionnés :
Faites en sorte que chaque organisme assume à tour de rôle la responsabilité du
soutien logistique
Constituez des listes de personnes-ressources clés de façon à identifier, au sein de
chaque organisme, les décideurs susceptibles de s’exprimer au nom de leurs
membres dans un bref délai et de diffuser rapidement des renseignements à travers
leurs réseaux
Organisez une campagne politique limitée dans le temps et visant un enjeu unique
plutôt qu’une coalition permanente traitant plusieurs questions
b) Ingrédients permettant de former une coalition efficace
80
Certains des conseils pour former une coalition efficace sont similaires aux
suggestions formulées en matière de renforcement des capacités. Cela est tout à fait
logique : former une coalition efficace dans le domaine des politiques publiques constitue un
projet durable visant à mettre en commun les atouts et à créer des programmes d’élaboration
des politiques en vue de concrétiser le changement pour et dans nos communautés.
Désignez des leaders doués pour l’organisation
Dans l’idéal, le leader d’une coalition doit être discipliné et polyvalent. Ce genre de
personne connaît ses propres forces et faiblesses, et est capable de tisser des liens
authentiques pour gagner la confiance et le respect des gens, pour garantir leur engagement,
et pour les inciter à participer à l'effort de la coalition et à y assumer un rôle de leadership.
Établissez des programmes de mentorat et de formation visant à développer les
compétences de leadership
Pour prospérer, un organisme efficace doit déceler et développer les compétences de
leadership de ses membres. Tout changement social positif repose sur un travail difficile et de
longue haleine qui nécessite un leadership constant. Il est par conséquent essentiel d’établir
un plan systématique d’identification et de développement de compétences de leadership
nouvelles et permanentes pour assurer le succès continu d’une coalition.
Soyez à l’écoute des communautés que votre coalition entend servir
La participation au processus d’élaboration des politiques publiques implique parfois
de travailler avec des populations vulnérables, telles que les jeunes, les immigrants sans
papiers et les personnes qui pourraient se sentir blessées si leur identité était révélée (p. ex.,
patients ayant un problème de santé, employés devenant des « dénonciateurs », et
personnes jugées en audience publique, qui ont un casier judiciaire ou qui sont en probation).
Pour obtenir des résultats positifs concrets, une coalition doit adapter son action
politique aux vulnérabilités et aux besoins particuliers des communautés qu'elle entend aider,
et leur rendre des comptes. À titre d’exemple, si une coalition diffuse un appel à l’action pour
une manifestation pacifique visant à dénoncer les insuffisances d’une loi, elle doit préciser si
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les participants risquent une arrestation, des amendes, un licenciement, un retrait de leurs
avantages sociaux, de leur permis d’exercice ou de leur licence, ou bien une autre sanction
punitive. Comment la coalition avise-t-elle les gens des risques liés à la participation à l'action
politique du groupe et quelles précautions appropriées prend-elle pour les protéger?
Pour prendre un autre exemple, il arrive parfois que la cible des critiques politiques
formulées par une coalition soit une personne elle-même issue de la communauté afro-
canadienne ou racialisée. Le fait de mobiliser une communauté racialisée pour contester
certains de ses leaders communautaires eux-mêmes racialisés peut entraîner des débats
internes sur le degré et la philosophie de la critique formulée par la coalition. Les leaders
communautaires de la coalition peuvent se refuser à risquer de perdre les réseaux qu’ils ont
eu tant de mal à établir entre des communautés racialisées diverses, ou bien estimer que la
situation actuelle est préférable à la solution de rechange proposée. Dans ce genre de
situation, la coalition peut soit songer à envisager d'autres tactiques, soit simplement décider
de poursuivre sa stratégie tout en sachant que certaines des personnes dont elle espérait
avoir le soutien ne le lui accorderont pas.
Mettez en œuvre dès le départ un processus de planification clair, systématique et
stratégique
Voici une liste de certaines questions utiles qu’une coalition doit songer à se poser dans le
cadre de son processus de planification :
Quel est l'enjeu ou la préoccupation dont traite la coalition?
Quelles sont les visions à court et à long terme pour l’ensemble des communautés
dont s’occupe la coalition?
Certains au moins des buts politiques de la coalition sont-ils tangibles, concrets et
réalisables à court terme?
Comment la coalition définira-t-elle ses succès intermédiaires et sa réussite finale?
Qui planifiera les réunions de façon à ce qu’elles aillent droit au but et qu’elles
permettent des avancées?
Qui jouera le rôle de facilitateur des discussions pendant les réunions de la coalition
afin de veiller à ce qu’elles commencent et se terminent à l’heure, que l’objet de la
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réunion soit respecté, que chacun puisse y participer, que des décisions soient prises
sur certaines possibilités d’action, et que les prochaines étapes soient concrètement
définies? Qui prendra des notes et attribuera les différentes tâches et responsabilités?
Choisissez des actions politiques dont la coalition estime qu’elles sont susceptibles de
favoriser des avancées raisonnables dans le cadre des buts politiques établis
La nature des actions appropriées pouvant être menées par une coalition dépend de
son niveau actuel d'expertise politique, de la réactivité du public cible, des intérêts de ses
partenaires et collaborateurs, des ressources financières disponibles, et de la capacité de la
main-d’œuvre totale de la coalition de mener simultanément différentes activités. Les actions
couronnées de succès – qu’il s’agisse d’un mémoire, d’une présentation devant un comité,
d’une campagne de pétition en ligne ou d’une rencontre face-à-face avec des décideurs
gouvernementaux – contribuent à susciter un intérêt et une volonté pour continuer à travailler
dans le domaine politique.
Voici une liste de questions qu’il convient de se poser pour évaluer de façon réaliste le
niveau d’efficacité potentiel d'une action politique :
Comment les membres de la coalition, les intervenants communautaires et les
organismes apparentés réagiront-ils à l'action politique? Permettra-t-elle de dramatiser
l'enjeu et d'accroître la sensibilisation à son égard?
L’action facilitera-t-elle l'organisation de débats constructifs avec des fonctionnaires et
d’autres intervenants pour atteindre votre but? Vous donnera-t-elle accès à la table de
négociation?
Quel ensemble d’actions la coalition doit-elle choisir pour maximiser la participation de
ses membres et utiliser efficacement leurs diverses connaissances et compétences?
Testez différents scénarios hypothétiques visant les buts politiques de la coalition
auprès d’intervenants communautaires clés, par exemple dans le cadre d’une séance
de remue-méninges. Ceci vous aidera à déterminer rapidement si l’intérêt suscité par
l’enjeu suffit à justifier les efforts de la coalition.
c) Étude de cas sur la mise en place d’une coalition : « The Colour of Poverty
83
Campaign » (campagne sur la couleur de la pauvreté)
« The Colour of Poverty Campaign » (COPC) est une initiative communautaire de
renforcement des capacités et d’habilitation axée sur l’éradication de la pauvreté racialisée en
Ontario. Alors que le taux de pauvreté chez les Canadiennes et Canadiens d’origine
européenne a fortement diminué lors des deux dernières décennies, le nombre de minorités
racialisées vivant sous le seuil de pauvreté a presque quadruplé.21 La Metro Toronto Chinese
and South East Asian Legal Clinic (MTCSEALC) a fondé la COPC en 2007, en collaboration
avec un certain nombre d’autres organismes de justice sociale et cliniques d'aide juridique
communautaires,22 parmi lesquels la South Asian Legal Clinic of Ontario, l’African Canadian
Legal Clinic et l’Ontario Council of Agencies Serving Immigrants.
La COPC organise activement des rencontres avec des membres de la communauté,
des représentants élus, des décideurs, des présidents de fondations à but non lucratif et
d’autres intervenants communautaires pour tenter d'influencer le débat politique sur la
racialisation de la pauvreté. Son objectif est d'accroître la sensibilisation à l'égard des défis
intersectoriels et qui se renforcent mutuellement auxquels les personnes pauvres et
appartenant à une minorité visible doivent faire face, comme par exemple des taux de
décrochage scolaire plus élevés, un risque accru de mauvaise santé, une exposition accrue
au profilage racial, et un accès insuffisant à la justice, au logement et à l'alimentation.
Buts de la campagne
La campagne vise à influencer le débat politique en Ontario dans les domaines suivants :
Équité en matière d'emploi
Action du Secrétariat ontarien à l'antiracisme, un nouvel organisme gouvernemental
créé à la suite des modifications législatives de 2008 apportées à la Loi sur les droits
de la personne de l’Ontario
Normes d’emploi et défis liés à la reconnaissance des expériences professionnelles et
des titres de compétences étrangers par les employeurs canadiens
Mise en place d’un programme d’études global pour contribuer à la lutte contre les
taux élevés de décrochage scolaire
Initiatives spéciales en matière d'habitation
Mise en œuvre de services d’aide à l’enfance accessibles et abordables
21
Colour of Poverty, « Fact sheet #6 - Income », page 1, disponible en ligne à : http://www.colourofpoverty.ca/.
22
Voici la liste des autres partenaires communautaires : Fédération canado-arabe, Chinese Canadian National Council
Toronto Chapter, Hispanic Development Council, Karuna Community Services et Midaynta Community Services.
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Structure décisionnelle de la campagne
Le comité directeur de la COPC se compose de représentants du MTCSEALC, de la
South Asian Legal Clinic of Ontario, de l‘African Canadian Legal Clinic et de l’Ontario Council
of Agencies Serving Immigrants. La COPC compte également un comité des
communications, un comité des politiques et des groupes de travail axés sur le financement
et la gouvernance de la coalition. La COPC communique principalement par courriel et tient
ses réunions dans les locaux du MTCSEALC. Les membres du comité directeur utilisent un
groupe Google pour communiquer entre eux.
Réalisations de la campagne à ce jour
Malgré ses débuts relativement récents, la COPC a déjà accompli un travail de
défense des intérêts important dans le cadre du processus d’élaboration des politiques
publiques. Les médias grand public ont couvert le lancement du projet en 2007 : depuis cette
date, les journaux ont publié différents éditoriaux rédigés par des membres de la coalition sur
la pauvreté racialisée. La coalition a conçu dix feuilles de renseignements concises qui
détaillent le phénomène de la pauvreté racialisée en Ontario au moyen de statistiques et de
récits personnels. Ces feuilles de renseignements font partie des documents de recherche
sur la participation à l'élaboration des politiques publiques qui sont utilisés par la campagne et
par d'autres organismes communautaires. La COPC a organisé des rencontres avec des
représentants du gouvernement dans des cadres privés et publics. En avril 2008, la COPC a
organisé un forum provincial comprenant des exposés présentés par des universitaires, des
membres de la Commission du droit de l'Ontario, des représentants du monde du travail, un
chef des Premières nations et des représentants du gouvernement (membres élus et
analystes des politiques). Ainsi réuni, ce groupe constitué d’intervenants et de décideurs
publics variés s’est vu présenter des rapports de consultation solidement étayés sur l’étendue
de la pauvreté racialisée en Ontario. Le succès de ce forum a permis de mettre en lumière ce
que la collaboration entre une coalition communautaire et des représentants du
gouvernement est en mesure d’accomplir pour arrêter le cycle dévastateur de la pauvreté
racialisée. Le prochain grand projet de la COPC est de se doter d'un site Web pleinement
fonctionnel d’ici à l’automne 2008.
85
La COPC est une initiative en cours, mais elle est parvenue en moins d’un an à mener
des actions politiques claires qui ont permis d’améliorer son profil public et de contribuer à
asseoir sa crédibilité organisationnelle. La réussite de ses actions a donné un nouvel élan à
l’initiative en entretenant l’intérêt suscité. Si la campagne se focalise sur six grands buts
politiques, ses activités à ce jour ont cherché à attirer l’attention du gouvernement sur la
nature intersectorielle des défis posés et à démontrer que les objectifs politiques propres à un
domaine doivent nécessairement influencer et être influencés par les cinq autres. Grâce à la
polyvalence de ses membres et de son rayon d’action politique, la COPC est un exemple
encourageant d’une coalition efficace et bien gérée qui rend des comptes aux communautés
qu'elle entend aider et qui s’efforce d’agir en leur sein pour renforcer les capacités.
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GLOSSAIRE
Afro-Canadien Citoyen canadien de descendance africaine et/ou dont les
ancêtres viennent d’Afrique. Dans la perspective afrocentrique,
les personnes de descendance africaine du monde entier
partagent un même héritage historique et culturel originaire
d’Afrique dont elles sont fières.
Afrocentrique Adjectif du nom afrocentrisme, une perspective qui souligne et
qui célèbre les réalisations des personnes de descendance
africaine dans les domaines de la politique, des arts, de la
culture, de l’histoire, des sciences et des affaires, et dans
d’autres secteurs de l’activité humaine. Ce terme est parfois
utilisé en parallèle avec eurocentrique ou eurocentrisme, une
perspective qui met l’accent sur les réalisations des personnes
d’origine européenne, le plus souvent en excluant celles des
populations non occidentales.
Antiracisme/lutte contre Reconnaissance des dynamiques de pouvoir et des relations
le racisme historiques de domination entre des groupes définis selon le
construit social de race. Ces dynamiques de pouvoir peuvent
également s’étendre aux classes, aux rapports hommes-femmes
et à la sexualité. La lutte contre le racisme (antiracisme)
encourage la remise en question et la suppression de ces
dynamiques axées sur le concept de race.
Communauté Souvent délimitée par des frontières géographiques (on parle
alors de « collectivité »), une communauté peut également se
définir en fonction d’un patrimoine culturel commun, d'une
langue, de croyances ou d'un intérêt partagé. Dans le présent
Guide des politiques le terme communauté afro-canadienne
englobe l’ensemble des Canadiennes et Canadiens de
descendance africaine, quel que soit leur pays d’origine.
Désavantage Concept qui s’applique à toute caractéristique personnelle
systémique particulière telle que la race, le handicap ou le sexe, lorsqu’elle
est corrélée à un désavantage global touchant plusieurs aspects
importants du bien-être, comme par exemple le revenu, le
logement, l’emploi, les soins de santé, l’influence politique et le
traitement au sein du système de justice pénale. Dans cette
perspective comparative, les personnes ayant une
caractéristique personnelle particulière (souvent immuable par
nature) subissent un désavantage permanent, à l'inverse de
87
celles qui n'ont pas cette caractéristique.
Développement Collaboration des membres de la communauté en vue de
communautaire prendre des mesures collectives et de trouver des solutions à
leurs préoccupations communes, qui permet de réaliser des
progrès et d'obtenir des résultats positifs. Ces actions peuvent
prendre la forme de petits gestes ou de grandes initiatives. Le
développement communautaire est un processus populaire et
ascendant visant à améliorer la qualité de vie de l’ensemble des
membres de la communauté.
Égalité véritable Notion selon laquelle la société est caractérisée par des
désavantages et une oppression dont les législateurs et les
responsables gouvernementaux doivent tenir compte lorsqu’ils
agissent. Elle examine l’impact de la loi sur le contexte social
ambiant pour veiller à ce que les lois et les politiques favorisent
la participation de tous les citoyens à la vie de la société, quels
que soient le contexte social particulier, le désavantage
historique ou les capacités différentes propres à une personne
ou à une communauté. L’égalité véritable impose de remettre en
question les stéréotypes courants au sujet des caractéristiques
de groupe susceptibles de sous-tendre la loi ou l'action du
gouvernement, et de s’assurer que les divergences significatives
concernant le vécu, telles qu’envisagées par la personne en
quête d’égalité, soient prises en considération. Pour obtenir des
résultats positifs dans une optique égalitaire, cette notion peut
également nécessiter d’élaborer et de mettre en œuvre des
programmes et des mesures particulières à l’intention des
groupes historiquement défavorisés. Les politiques d’équité qui
ont permis l’embauche et la promotion d’un plus grand nombre
de femmes dans le monde du travail, de même que le
programme d’études de droit pour les Noirs et les Mi'kmaq
(« Indigenous Blacks & Mi'kmaq Initiative ») offert par la faculté
de droit de l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse,
constituent des exemples de programmes en la matière.
Intervenant Particulier, organisme ou groupe qui est ou qui pourrait être
concerné par un enjeu ou qui s’y intéresse, ou bien qui pourrait
avoir la capacité d’influer sur une décision ou un résultat.
Politique publique Principe directeur, plan d’action ou défaut d’agir accepté par un
groupe de représentants du gouvernement habilités à le modifier
et à l’exécuter. Une politique publique peut être élaborée à
l’intention d’une communauté particulière, en fonction de sa
situation géographique (locale, provinciale, fédérale), du sexe,
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de l'âge, de la culture, etc.
Racialisation Processus par lequel les personnes et les groupes sont
catégorisés en fonction de leur race et d’une perspective
culturelle inventée de toutes pièces. À travers ce prisme, chaque
personne se voit attribuer un groupe racial spécifique sur la base
de caractéristiques physiques arbitraires tels que (entre autres)
la couleur de la peau, la religion, la forme du visage ou la texture
des cheveux. Toute personne faisant l'objet de cette
catégorisation raciale est dite racialisée.
Renforcement des Perfectionnement des capacités et des atouts existants des
capacités personnes ou des communautés, ainsi que des organismes dont
ils sont ou deviennent membres, en vue de susciter le
changement et d'obtenir de meilleurs résultats.
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