Journal of the American Medical Association

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							             Division de kinésiologie
              Faculté de médecine
Programme de réadaptation cardiaque et pulmonaire
               Cours : KIN-20760




    La maladie coronarienne athérosclérotique




              Travail présenté à
            Monsieur Thierry Gaudet




                  Réalisé par :
               MAHEUX, Valérie
               OLIVIER, Charles
          MOYSAN, Philippe Antoine




              Remis le 8 avril 2008
Définition sommaire des caractéristiques de l’angine de poitrine, ischémie et infarctus du
                                       myocarde


Physiopathologie brève


            La maladie cardiaque athérosclérotique (MCAS) apparaît lorsque certaines artères
sont obstruées par des plaques d’athérosclérose. Les artères bloquées qui ne livrent pas un
apport suffisant en sang et en oxygène au cœur peuvent résulter en une douleur
thoracique, appelée angine de poitrine (douleur serrative, rétro-sternale, qui augmente
lors d'un effort physique). C'est un signe que le tissu ou l'organe alimenté par une artère
rétrécie ne reçoit pas suffisamment de sang ou d'oxygène. La formation d’un caillot
sanguin, en supprimant soudainement le flux sanguin dans l’artère, peut entraîner une
crise cardiaque (infarctus du myocarde.) L’angioplastie et la pose d’endoprothèse
vasculaire sont souvent utilisées pour ouvrir les artères coronariennes bloquées. [CAR,
2004]1


            L’athérosclérose, principale cause de la maladie coronarienne, se manifeste par
des dépôts adipeux (appelés plaque) venant obstruer les artères. Les artères coronaires
perdent leur élasticité et rétrécissent; la circulation du sang se trouve alors ralentie ou
bloquée.


            La plaque est une substance collante et jaunâtre composée de corps gras tels que
le cholestérol, le calcium et les déchets des cellules. L’athérosclérose est un problème de
santé qui se forme lentement et progressivement, et qui peut débuter dès l’enfance. La
plaque peut se déposer partout dans l’organisme, mais elle affecte surtout les artères de
grande et moyenne dimensions. [Fondation des maladies du cœur, 2008] 2




1
    http://www.radiologyinfo.ca/default.aspx?page=62&lang=fr-ca
2
    http://ww2.fmcoeur.ca/Page.asp?PageID=1978&ArticleID=5088&Src=heart&From=SubCategory
                                                                         [NSFA, 2008]3




Facteur de risque de la maladie coronarienne


Traditionnel :
    -    Tabagisme
    -    Dyslipidémie (cholestérol total > 5.2 mmol/l, HDL < 1.3 (femme), HDL< 1 (homme)
         ou HDL > 1.6, LDL > 2, TRIGLYCÉRIDES ≥ 1.7, cholestérol total/HDL > 4.)
    -    Diabète (glycémie ≥ 5.6)
    -    Âge (> 60 ans)
    -    Sexe (masculin ou femmes ménopausées)
    -    Antécédents familiaux de maladies cardio-vasculaires (H < 55, F < 65)
    -    HTA (≥ 140 / 90)
    -    Sédentarité


Non-tradionnel :
    -    Stress
    -    Obésité (CT ≥ 80 cm (femme), CT ≥ 94 cm (homme) et IMC > 30)
    -    Oestrogènes
    -    Cardiomyopathie
    -    Spasmes artères coronaires [Doré et al., 2008]4




3
    http://www.nsfa.asso.fr/IMG/gif/arteres.gif
4
    Notes de cours de Jean Doré, md, B.Sc. (février 2008)
Manifestations cliniques


Les manifestations cliniques de la maladie coronarienne athérosclérotique sont :
       -     Insuffisance cardiaque généralement la conséquence d’une diminution de la
             fonction ventriculaire gauche (FE 30-40%)
       -     Condition chronique (problématique psychosociale importante)
       -     Déconditionnement important
       -     Capacité limitée (VO2max : 8-22 ml/kg/min)
       -     Caractéristiques cardiovasculaires (capacité fonctionnelle ↓ de 45%, débit
             cardiaque ↓ de 40%, VES ↓ de 50%, FC ↓ de 20%) [Desgagnés et al., 2008]5


       À l’effort :
       -     1) Angine (douleur rétro-sternale)
       -     2) Fatigue générale
       -     3) Claudication (signe d'insuffisance artérielle des membres inférieurs. Il traduit
             l'ischémie des masses musculaires à l'effort. La sensation de crampe se localise
             généralement au mollet, parfois elle siège plus haut, à la cuisse ou même à la
             fesse.) [CHRU, 2005]6
       -     4) Dyspnée (perception inconfortable de la respiration) [Faculté de médecine de
             l’Université de Lille, 1998]7


Traitements non-pharmacologiques


Au Pavillon de prévention des maladies cardiaques de l’hôpital Laval (centre hospitalier
affilié à l’Université Laval) le programme de réadaptation cardio-pulmonaire offre à la
population les traitements non-pharmacologiques suivant :
       -     Dépistage et évaluation des facteurs de risque
       -     Conditionnement physique
       -     Évaluation et suivi nutritionnel (perte de poids)
5
    Notes de cours de Pierre Desgagné, Ph.D. (mars 2008)
6
    http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/strat/SR016.html
7
    http://medecine.univ-lille2.fr/pedagogie/contenu/mod-transv/module11/item198/it198-dyspnee-chronique.pdf
       -    Interventions psychosociales
       -    Arrêt tabagique
       -    Enseignement sur la maladie, les symptômes associés, les mesures d’hygiène et
            de prévention, la médication, la nutrition. [Paul Poirier, md, Ph.D., Hopital Laval
            2005]8




Impact de la médication à l’exercice


PLAVIX : inhibiteur de l’agrégation plaquettaire
       -    troubles digestifs
       -    troubles du rythme
       -    douleurs
       -    fatigue
       -    céphalée
       -    toux

TAMOXIFÈNE : antiestrogène
  - traitement pour le cancer
       -    prise de poids
       -    risque d’ostéoporose

COVERSYL : inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine
  - diminution de la résistance artérielle
       -    on observe parfois une toux sèche, des vertiges, des céphalées (maux de tête), des
            étourdissements, de la fatigue, et de l'hypotension orthostatique.


CRESTOR : statine
       -    crampes musculaires, myalgies, faiblesse
       -    étourdissements



8
    http://www.casm-acms.org/documents/POIRIER.pdf
ASPIRINE : inhibiteur de la thromboxane A2
      -    douleurs abdominales
      -    vomissements sanglants
      -    asthme

MONOCOR (vasoprolol) : bloqueur des récepteurs béta-adrénergiques
      -    bradycardie, diminue la tachycardie à l’effort, diminue la force de contraction du
           myocarde, diminue la conduction du nœud AV, augmentation initiale des
           résistances périphériques, diminution du flot rénal et diminution du flot
           périphérique. [Jean Doré et al. 2008]9




9
    Notes de cours de Jean Doré, md, B.Sc. 2008
  Élaboration d’un plan d’intervention et d’une prescription d’exercice chez un patient
                                        angineux

       Au Québec, il est surprenant de constater combien sont nombreux les centres et
les programmes mis en place pour encadrer et éduquer les patients cardiaques, afin de
favoriser l'acquisition et le maintien de saines habitudes de vie chez cette clientèle. Ces
programmes visent généralement à améliorer la santé et la qualité de vie des personnes en
les aidant à récupérer et à prévenir de nouveaux problèmes cardiaques. Il a d’ailleurs été
démontré par méta-analyse que la chute de la mortalité est diminuée en moyenne de 25 à
30 % avec un programme de réadaptation. Les programmes ont pour objectifs d'aider les
participants à modifier certains comportements ou facteurs de risque pour la santé tels :
l'inactivité physique (sédentarité), l'alimentation riche en gras (dyslipidémie), le surplus
de poids, l'hypertension, le stress, le diabète et le tabagisme24. Ces programmes visent
aussi à améliorer la confiance en soi et l'autonomie à la pratique de l'activité physique.


       Dans le cas de Mme Simone Simard, nous avons établi des objectifs spécifiques à
sa situation, à court, moyen et long terme. Tous les jours, Mme Simard doit monter des
escaliers et celle-ci ressent de la douleur, au niveau de la poitrine qui irradie un peu vers
le cou. Nous avons convenu ensemble que le fait de monter ces escaliers sans ressentir
cette douleur pourrait constituer l’objectif à court terme à atteindre. En général, pour
l’objectif à court terme, on doit tenter d’améliorer la qualité de vie de la personne en la
rendant plus fonctionnelle, dans chacune des actions élémentaires de la vie quotidienne,
comme par exemple, monter des escaliers.
       Éventuellement, Mme Simard désire faire du vélo à l’extérieur, activité qu’elle
avait déjà pratiquée il y a de ça plusieurs années. On parle donc ici d’un objectif à moyen
terme, c’est-à-dire une activité qu’elle aimerait pratiquer dans quelques mois, soit à l’été.
L’objectif à moyen terme constitue ainsi une habitude de vie que l’on voudrait changer
prochainement, comme par exemple devenir plus actif.
       À long terme, il a été convenu que Mme Simard désirait perdre un peu de poids.
Avec l’activité physique, on veut donc diminuer son tour de taille et, par le fait même, sa
prise de médicaments, afin d’adhérer à une meilleure qualité de vie. C’est d’ailleurs
l’objectif ultime à long terme visé, que d’améliorer le bien-être de l’individu, par la
pratique régulière de l’activité physique.


          Le programme d'exercice pour le patient coronarien est basé sur la prescription
traditionnelle qui développe un effet d'entraînement chez les personnes en santé. Il est
cependant modifié tel qu'indiqué par l'état médical cardio-vasculaire et général du patient.
Il est, en effet, important de mentionner que chaque patient coronarien doit être considéré
individuellement, étant donné la variance en ce qui a trait à leur état clinique (comme le
degré d'atteinte des artères coronaires, le mauvais fonctionnement ventriculaire gauche, le
potentiel pour l'ischémie du myocarde et la présence d'arythmies cardiaque). Ainsi, dans
le cas de Mme Simard, nous pouvons résumer les d’objectifs visés par le programme
d’entraînement :


          Étant donné que les patients coronariens subissent généralement une réduction de
la consommation maximale d’oxygène et de la tolérance à l’exercice en comparaison
avec leurs congénères en santé, nous désirons d’abord augmenter graduellement son
endurance cardio-vasculaire, afin qu’elle puisse effectuer les activités de la vie
quotidienne, sans ressentir cette douleur au niveau de la poitrine. En effet, bien que
l’activité physique puisse déclencher l’angine, il est très important de demeurer actif
physiquement, afin de vivre plus confortablement et subir moins de crises angineuses en
maîtrisant les facteurs de risques. Physiologiquement, l’exercice physique permettra à
Mme Simard d’augmenter la différence artério-veineuse en oxygène, soit la différence de
pression partielle d’oxygène entre les artères et les veines, qui est proportionnelle à
l’activité. Par la suite, nous tenterons d’augmenter sa condition physique générale, à
l’aide de certains exercices de musculation et de flexibilité, ce qui lui permettra de faire
du vélo de façon sécuritaire cet été, et éventuellement on verra une diminution du tour de
taille.


          De façon plus spécifique, nous privilégierons l’exercice en continu24 qui implique
de grosses masses musculaires, comme la marche, le jogging, la bicyclette, la natation ou
même l’aérobie en groupe. Étant donné que Mme Simard est plus ou moins active
présentement (vélo 1 fois par semaine), nous allons commencer tranquillement
l’entraînement en aérobie, soit de 3 à 5 fois non-consécutives par semaine, pendant 20 à
30 minutes continues, idéalement. Nous voulons d’abord créer l’habitude de faire de
l’activité physique de façon régulière et lui prouver également que faire de l’activité
physique peut l’aider grandement dans la gestion de son stress et dans son estime de soi.
Souvent, les patients coronariens ont peur de débuter un programme d’entraînement.
C’est pourquoi les premières semaines, il est important de rassurer l’individu.
Éventuellement, lorsque nous changerons le programme d’entraînement, soit 2 à 3 mois
plus tard, nous augmenterons la fréquence et le durée d’entraînement, si les conditions le
permettent (pas d’incidents majeurs récents), afin d’améliorer l’endurance cardio-
respiratoire de Mme Simard. Nous viserons donc l’entraînement en aérobie de 5 à 7 fois
par semaine, et de 30 à 60 minutes. De plus, il est important pour Mme Simard de faire
un échauffement et un retour au calme adéquat avant et après chaque séance
d’entraînement d’environ 10 minutes. Quant à l’intensité recommandée, nous visons 50 à
70% de sa fréquence cardiaque de réserve, calculée à partir de la fréquence cardiaque au
repos et maximale du test à l’effort25. L'échelle de perception de l'effort (EPE) peut aussi
être utilisée pour suivre l'intensité de l'exercice, avec l'objectif de garder l'intensité à un
niveau moyen. En fait, l'intensité recommandée de l'entraînement varie avec le degré de
supervision disponible et le niveau de risque du patient. C’est pourquoi, il est important à
la première rencontre, comme nous l’avons fait, de vérifier avec la personne elle-même
l’intensité idéale et sécuritaire par quelques minutes d’aérobie, en observant directement
ses signes et symptômes à l’effort.


       Concernant la musculation, nous avons choisi 4 exercices impliquant de grosses
masses musculaires, comme mentionné précédemment. Le premier exercice se nomme le
squat et consiste à plier les genoux jusqu’à un maximum de 90º, en prenant soin de garder
le dos droit. Quant au deuxième exercice, il implique davantage le haut du dos, ainsi que
les biceps. C’est l’exercice du rameur; l’individu doit placer un élastique à la hauteur des
épaules, autour d’un objet, de manière à avoir une bonne résistance. L’individu tire vers
soi les mains, qui sont à mi-chemin entre la pronation et la supination, en gardant les
coudes près du corps. Le troisième exercice, les push-up au mur sollicite beaucoup les
pectoraux. En position debout, l’individu exerce un push-up, les mains sur le mur, à la
largeur des épaules. Finalement, le dernier exercice consiste à effectuer une flexion des
hanches, assis sur un ballon, pour travailler les abdominaux.
        Tous ces exercices doivent être fait 2 à 3 fois par semaine pour débuter, et chaque
exercice doit contenir de 12 à 15 répétitions25. Pendant l’exercice, il sera important de ne
pas bloquer la respiration (valsalva). Après 2-3 mois, nous modifierons ce programme
afin de réduire les risques de problèmes musculosquelettiques et d’augmenter la
persévérance, sans oublier que tout programme d'exercice pour les patients coronariens
devrait impliquer une progression initiale lente, graduelle de la durée et de l'intensité de
l'exercice.


        De plus, il sera important de suivre régulièrement Mme Simard, afin de voir si
elle effectue ses exercices de façon sécuritaire, mais aussi pour observer l’évolution de
son angine (signes et symptômes), étant donné que c’est une personne à plus haut risque
que la moyenne. Ainsi, la supervision du patient implique à la fois l'observation directe
du patient et un suivi de la fréquence et du rythme cardiaque24.



Critères de début et d’arrêt d’exercice

        Généralement, les gens n’ont pas à se demander s’ils peuvent débuter leur séance
d’exercices. Pourtant, une certaine partie de la population doit se prêter à une évaluation
afin de déterminer si leur état physique momentané leur permet de s’entraîner. La
décision de débuter une séance d’exercices dépend donc de certains facteurs.


        L’échauffement sur le vélo stationnaire constitue un exercice en soi. En lien avec
l’arthrose, des maux aux genoux sont à prévoir. Certes, l’échauffement pourra être
douloureux au début, mais au gré du temps, les douleurs s’estomperont. Avant de monter
sur la selle, il faut d’abord et avant tout recueillir l’information par rapport à la tension
artérielle. Si elle dépasse 200 mmHg, il vaut mieux ne pas s’aventurer sur le vélo ou toute
autre activité susceptible de l’augmenter. En fait, l’activité physique est simplement
l’augmentation de la perte énergétique au dessus du métabolisme basal. De cette
définition, il n’y a donc pas de contre-indication réelle pour l’activité physique puisque
nous en faisons naturellement à marcher dans la maison. Concernant la dernière phrase,
la littérature est davantage orientée vers les contre-indications aux tests d’effort. Nous
allons toutefois vous présenter le tableau de Zara et al. qui résume plutôt bien le point
abordé11.


Contre-indications absolues pour les tests à l’effort :
   Infarctus myocardique récent (<4 jours)
   Angor instable à haut risque
   Troubles du rythme malins non contrôlés
   Insuffisance cardiaque non contrôlée
   Sténose aortique sévère symptomatique
   Péricardite ou myocardite aiguës
   Dissection aortique
   Embolie pulmonaire récente


Contre-indications relatives pour les tests à l’effort :
   Sténose du tronc commun connue
   Hypertension artérielle sévère (TAS >200 mmHg ou TAD >110 mmHg)
   Sténose valvulaire modérée
   Cardiomyopathie hypertrophique obstructive
   Troubles électrolytiques
   BAV de haut degré


    Tout dépendant de l’endroit où nous pratiquons nos exercices ainsi que les
qualifications du personnel présent sur place, nous pouvons « jouer » avec les contre-
indications. Puisque les sensations corporelles sont souvent signes de danger, il n’est pas
conseillé d’en faire autant avec les critères d’arrêt de test ou d’exercices. C’est une des
raisons pour lesquelles il existe des critères relatifs. Encore une fois, la littérature nous
informe mal des critères d’arrêt d’activité physique, mais davantage sur les critères
d’arrêt de test à l’effort. Cette prochaine liste peut toutefois être utilisée lors de la
pratique d’exercices.

Critères d’arrêt de test absolus12 :

    Élévation du segment ST (< 1mm) sans onde Q
    Diminution de la pression systolique >10 mmHg, malgré une augmentation de
     l’intensité du travail, accompagnée par des signes d’ischémie
    Angine sévère à modérée (grade 3 à 4)
    Symptômes du système nerveux central (ataxie, syncope, étourdissements)
    Signes de mauvaise perfusion (cyanose ou pâleur)
    Tachycardie ventriculaire soutenue

Critères d’arrêt de test relatifs :

    Changement dans le segment ST ou QRS, de même qu’un déplacement excessif du
     ST (horizontal ou diminuant de >2 mm) ou un changement marqué de l’axe
    Diminution de la pression systolique >10 mmHg, malgré une augmentation de
     l’intensité du travail, en absence de signes d’ischémie
    Douleur de poitrine croissante
    Fatigue, souffle court, dyspnée, crampes dans les jambes ou claudications
    Arythmies autre que la tachycardie ventriculaire soutenue, incluant une multifocale
     ectopique, tachycardie supraventriculaire, un bloc ou une bradyarythmie
    Réponse hypertensive (pression systolique >250 mmHg et/ou pression diastolique
     >115 mmHg)


À cette dernière liste, nous pourrions ajouter les éléments suivants : aucune augmentation
de la FC malgré une augmentation de l’intensité, un quotient respiratoire plus grand que
1.15 ainsi qu’un effort coté à 4 sur échelle de BORG.



11
   Zara S., Rapp F., Sigwart U., Maladie coronarienne: avantages et désavantages des différents tests
fonctionnels, Schweiz Med Forum, 4:1237–1243, 2004.
12
   Fletcher GF et al., Exercise Standards for Testing and Training, Circulation, 104: 1694-1740, 2001.
Effets bénéfiques du programme d’exercices sur les facteurs de risque

       Si on affirme que 22% de l’entité des maladies coronaires est attribuable à un
mode de vie sédentaire, on peut rapidement conclure que l’activité physique est
bénéfique dans la prévention primaire ou secondaire de ce genre d’affection 23. Mais avant
de s’y engager trop rapidement, il vaut mieux s’attaquer aux facteurs de risque principaux
un à un, histoire de mieux s’y retrouver.


HTA
       Contrairement à la croyance populaire, l’activité physique est une excellente
thérapie pour les personnes souffrant d’hypertension artérielle. Certes, durant l’effort, la
tension peut augmenter autant à un effort maximal que sous-maximal. Certaines études
démontrent que la pratique d’activité physique régulière contribue à abaisser la tension de
repos, tant chez les hommes que chez les femmes. Dans une autre étude menée par
Paffenbarger RS Jr., il est démontré que le risque de développer de l’HTA était augmenté
de 1.30 chez ceux qui dépensent moins que 2000kcal par semaine que ceux qui en
dépensent plus que 2000kcal par semaine. Selon MacAuley13, une corrélation entre la
tension systolique et l’activité physique a été identifiée, quoi que cette dernière soit
grandement affectée par l’âge des sujets. De plus, une réduction de 6mmHg serait
considérable quand à la réduction des risques de développer une maladie
cardiovasculaire. Il faut cependant être prudent avec ses données puisque les bénéfices
semblent s’estomper au bout de 10 semaines d’inactivité14. Du moins, c’est ce que les
études de Grassi démontrent. Pour ce qui est des exercices musculaires, les techniques
concentriques et excentriques demeurent plus efficaces et moins « dangereuses » que les
isométriques. Puisque la tension artérielle augmente considérablement lors d’une
contraction sans mouvement, il vaut mieux les laisser tomber et se concentrer sur les
exercices avec mouvements. En somme, les références ne manquent pas lorsqu’il est
temps d’associer l’HTA à l’activité physique.
       Mais comment l’activité physique fait-elle pour amoindrir la tension artérielle?
Plusieurs hypothèses en banque pourraient nous aider à répondre à cette question.
Premièrement, il se pourrait que l’activité sympathique soit réduite, mais principalement
au niveau des catécholamines plasmatiques15. Deuxièmement, l’augmentation de la
synthèse des prostaglandines pourrait ajouter une nuance intéressante. Ce métabolite
secrété par les vésicules séminales est responsable de la diminution de la tension chez les
hommes. Dans un ordre un peu moins sexiste, l’activité physique réduirait aussi les
répercutions du système rénine-angiotensine au repos. Comme nous le savons déjà, ce
complexe hormonal est en grande partie responsable de la régulation de la pression
sanguine.


Prescription d’exercice pour l’hypertension selon Pescatello et al. 2004
Mode  Activité d’endurance complétée par des exercices de résistance
Intensité  Modérée (40à 60% du VO2R)
Durée  30 minutes ou plus, continues ou accumulées, par jour
Fréquence  Le plus possible, préférablement à tous les jours


Hypercholestérolémie et/ou Dyslipidémie
       Sans trop réitérer ce qui a été dit, une concentration sanguine élevée en HDL et
basse en LDL contribue à prévenir les maladies coronariennes.


       En général, nous pouvons dire que la pratique régulière d’activité physique,
spécialement aérobie, provoque des changements positifs quand au cholestérol sanguin
ainsi qu’au rapport cholestérol/HDL. De plus, les exercices en endurance diminuent les
TG ainsi que les LDL si une diète faible en gras ainsi qu’une perte de poids est notée16. À
cette dernière diminution s’ajouterait même une augmentation du taux des C-HDL
d’environ 7 à 10%17. Si l’entraînement augmente le radio de HDL, il est normal de voir
son profil lipidique s’améliorer avec le temps. Par contre, les effets seront grandement
associés à l’intensité, la durée ainsi que la fréquence de la pratique d’activité physique. Il
ne faut toutefois pas s’attendre à des changements en l’intérieur d’une semaine. Sans
avoir de référence temporelle, la même étude de Durstine et al. indique qu’une dépense
énergétique quotidienne équivalant à 1200-2200kcal réduit les TG de 5 à 38 mg/dl et
augmente les HDL-C de 2 à 8 mg/dl.
       Les mêmes phrases reviennent souvent dans un bon nombre d’articles. En somme,
le rapport lipidique peut être contrôlé, amélioré par l’activité physique, par une meilleure
alimentation, par une réduction dans la consommation d’alcool ainsi qu’une perte
pondérale18.


Diabète
       D’abord et avant tout, il est primordial de soulever que dans la plupart des articles
trouvés, les recherches ne déterminent pas si les effets de l’activité physique ont été
étudiés sur des sujets ayant le diabète de type 1 ou 2. Peut être, tout simplement, que
l’exercice provoque des répercutions semblables chez les deux types de patients, même si
les deux maux sont très différents.
       Ceci étant dit, tout le monde s’entend toutefois pour dire que l’activité a un rôle
majeur à jouer dans la prévention, primaire, secondaire ou tertiaire du diabète. Une bonne
nutrition ajoutée à un programme d’activité physique adapté pourrait diminuer jusqu’à
60% des risques chez les personnes jugées à risque19. De plus, il semble que les effets de
l’entraînement sont davantage importants que la fréquence des séances20. D’où
l’importance de focaliser sur l’assiduité du client face à son plan de match. Chez les
diabétique de type 2, les exercices pratiqués sur une base régulière résulteront en un
meilleur contrôle du glucose, du à une augmentation de la sensibilité à l’insuline.
Malheureusement, cet effet n’a pas été démontré chez les diabétiques de type 1. Comme
nous l’avons vu dans nos cours, l’activité physique peur diminuer les hausses de tension
artérielle, de glucose sanguin ainsi que les blessures musculosqueletiques21. Outre
l’amélioration du Vo2Max on peut aussi noter un meilleur profil lipidique ainsi qu’un
meilleur métabolisme du glucose.
       L’effet principal de l’activité physique assidue sur le contrôle du diabète est
évidement la sensibilité à l’insuline. Avec l’entraînement, les cellules qui captent le
glucose sanguin sont davantage sensibles à cette dernière hormone sécrétée par le
pancréas. De ce fait, cet organe est demandé à secréter moins de substance, prévenant
donc les crises ou autres affections désagréables22. De ce fait, un exercice modéré d’une
heure seulement suffit pour augmenter la captation du glucose au niveau des muscles et
cet effet persiste pendant au moins 48 heures.
13
   http://jech.bmj.com/cgi/content/abstract/50/3/258
14
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