Les catholiques et le vote des femmes (vers 1929)

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					                 Les catholiques et le vote des femmes (vers 1930)


Date : vers 1930
Auteur : Action populaire. L’Action populaire est une oeuvre de presse du catholicisme
social lancée par les deux jésuites, les pères Leroy et Desbuquois, à Lille en 1903, à Reims en
1904. Elle diffuse des brochures, des revues, des tracts…
Source : Fac-similé du tract dans G. Cholvy et Y.M. Hilaire, Histoire religieuse de la France
contemporaine, t. II : 1880-1930, Privat, 1986, p. 370.
Bibliographie : G. Cholvy et Y.M. Hilaire, Ibid.
P. Droulers, « L’Action populaire et les Semaines sociales de France, 1919-1936 », Revue
d’histoire de l’Église de France, 1981, p. 227-252.



L’actualité en tract
Action populaire
                                   Le Vote des femmes

I. - Les Faits
Nous allons au suffrage féminin à plus ou moins brève échéance, mais nous y
allons, c'est un fait.
1° PRESQUE TOUTES LES NATIONS L'ONT DÉJA, soit total (ou à peu près) :
Angleterre et ses Dominions, Allemagne, Hollande, Etats-Unis, Canada, Suède,
même la Chine ! etc. ; soit partiel: Belgique, E'pagne, Italie, Grèce, etc.
Seules, en Europe, les femmes françaises, suisses el bulgares ne votent pas.
Cent cinquante millions de femmes volent dans une trentaine de pays.
La Conférence de la Paix admet, en 1919, les femmes à tous les postes de la
Société des Nations et du Bureau International du Travail.
2° LA FRANCE, À SON TOUR, FINIRA PAR L’AVOIR.
En 1919, la Chambre, sur l'intervention de MM. Briand et Viviani, adopte, à une
énorme majorité, le projet L. Dumont et Jean Bon (un nom sympathique aux
ménagères), conférant l'électorat et l'éligibilité aux femmes comme aux hommes. En
1922, le Sénat renvoie, par 22 voix seulement de majorité, le projet à la Chambre. Un
homme d'esprit résume les arguments des radicaux opposants : François Albert,
Alex: Bérard, etc., par cette boutade : « Le vote des femmes aux femmes dévotes
serait un danger radical ; cheveux longs, idées courtes, ainsi se définit la
femme. ».La boutade elle-même est tuée parla mode...
En 1925, la Chambre du Cartel revient à la charge, se bornant pour l'instant, afin de
ménager le Sénat, à admettre les femmes aux conseils municipaux et
départementaux.
Les élections de février 1927 pour les Chambres d'Agriculture, appelèrent des
milliers de femmes aux urnes.
Malgré la loi, les Communistes présentent déjà leurs candidates, tandis que les
Socialistes, escomptant une prompte décision du Sénat, prescrivent à leurs
adhérentes de retirer leur carte d'identité.
Tous les partis de Gauche préparent leurs cadres, créent des Revues, multiplient
les Conférences en vue du vote des femmes.
En février 1927, le groupe parlementaire du Suffrage universel se déclare à nouveau
partisan du vote de femmes. - Mais le 21 mars 1929 le Sénat, de nouveau, écarte le
projet de la Chambre !
« Je vous assure, disait Mme Brunschwicg, en une séance du Comité national
d'Etudes, le 1er juillet 1929, que pour nous Françaises, il y a quelque humiliation à
nous trouver avec des femmes de la Chine, de la Jamaïque et de l'Inde pourvues
des droits qu'on nous refuse. » (Compte rendu, n° 403, p.5)
La campagne continue. On peut être sûr qu'elle aboutira.

II. L'attitude des Catholiques
1° Parfois divisés, au point de vue théorique, sur l'opportunité du vote des femmes,
les catholiques comprennent généralement l'urgente nécessité de se préparer pour
n'être pas surpris.
S.E. le cardinal 'Andrieu publie une Ordonnance « sur la préparation des femmes
françaises à l'exercice du droit de suffrage » (La Croix, 26-1-26).
La Semaine Sociale de NanCy (I927), L'Union d'Études des Catholiques Sociaux
mettent à leur programme la« Préparation des « femmes françaises à l'extension
probable du droit de suffrage».
Nos grandes LIGUES CATHOLIQUES FÉMININES : Ligue Patriotique des
Françaises, Ligue des Femmes Françaises, Union Féminine civique et sociale, Union
Nationale pour le Vote des femmes, se préoccupent toutes d'intensifier la formation
civique et sociale des femmes de France, les préparant à manier «cette arme
redoutable qu'est le bulletin de vote ».
2° D'AUTRES VONT PLUS LOIN, SALUANT DANS LE SUFFRAGE FÉMININ UNE
MESURE DE TARDIVE JUSTICE. Ils se rappellent que la femme opprimée par le
matérialisme païen, fut émancipée par le Christianisme ; que, dès le plus haut moyen
âge, jusqu'à la Révolution, le rôle civique de la femme française le bien plus ample
qu'il ne l'est aujourd'hui ; qu'un grand Canoniste du XIIIe siècle, LE PAPE
INNOCENT IV, reconnaît le droit électoral aux femmes, comme aux hommes, à partir
de 14 ans révolus.

				
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