MUSEE JENISCH VEVEY by JcI076ti

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									             MUSEE JENISCH VEVEY




     FRANÇOIS BOCION
AU SEUIL DE L’IMPRESSIONNISME



       6 octobre 2006 – 11 février 2007




              Dossier de presse
            Communiqué de presse
                    L’exposition
              Extraits du catalogue
                  Vie de l’artiste
                 Fiche technique
                   Evénements
            Images téléchargeables
                                      François Bocion
                                Au seuil de l’impressionnisme
                   Musée Jenisch Vevey, du 6 octobre 2006 au 11 février 2007


Développant en Suisse le goût de la peinture en plein air, François Bocion (1828-1890) donne
une sorte d’équivalence lémanique au maître des côtes normandes Eugène Boudin, son
contemporain. Après une enfance entre Lausanne, Montreux et Vevey, Bocion fréquente
l’Académie de Charles Gleyre à Paris. De retour en 1848 à Lausanne, il est nommé professeur
de dessin à l’École industrielle cantonale où il enseignera jusqu’à sa mort.

Rare peintre vaudois du XIXe siècle à avoir accompli une carrière à Lausanne, Bocion explore
les charmes du lac, ses travaux et ses jours, il en observe les variations d’humeur, l’ensemble
de ses métamorphoses atmosphériques et chromatiques qu’il consigne dans des œuvres
parfois très libres, jusqu’à devenir pour la postérité « le peintre du Léman ». Le lac sera son
domaine, un sujet idéal dont il multiplie les portraits pour ne le délaisser qu’à l’heure des
vacances quand, périodiquement, il s’évade dans la lagune de Venise ou sur la Riviera
ligure.

S’il reste au seuil de l’impressionnisme, plusieurs éléments le rapprochent clairement de
Claude Monet, de douze ans son cadet, qui a, comme lui, suivi l’enseignement de Gleyre et
sait tirer parti des reflets aquatiques et des effets de la lumière à différentes heures du jour.

À côté d’une anthologie de chefs-d’œuvre retraçant l’évolution picturale et graphique de
Bocion, sont établies ici des mises en parallèle avec les maîtres qui ont nourri son art (Camille
Corot, Barthélemy Menn, Charles Gleyre), éclairent sa démarche (Eugène Boudin, Claude
Monet) ou perpétuent sa leçon (Eugène Grasset, Félix Vallotton). Sans oublier Gustave
Courbet (en exil à La Tour-de-Peilz de 1873 jusqu’à sa mort en 1877), avec qui il se lie – les
deux amis auraient planté le chevalet côte à côte sur le motif – et dont il sera désigné pour
expertiser l’atelier en 1877.

Conçue par le Musée Jenisch et présentée exclusivement à Vevey, cette rétrospective qui
renouvelle fondamentalement la compréhension de Bocion réunit quelque 160 œuvres (90
peintures, 70 dessins) provenant de grandes collections publiques et privées.



Images haute résolution à télécharger sur le site du musée
(pour la presse uniquement) : www.museejenisch.ch/presse/bocion
L’exposition
Quinze ans après la dernière exposition consacrée à Bocion (1990-91, Fondation de
l’Hermitage, Lausanne), le musée Jenisch propose une réflexion inédite sur le « peintre du
Léman » en mettant l’accent sur son style.

Après un bref détour par les années de jeunesse, forgées au contact de Gleyre et l’évocation
de ses « pères » védutistes (Ducros, Steinlen), l’exposition propose dans l’une des grandes
salles du musée des rapprochements significatifs entre l’artiste vaudois et ses contemporains :
Menn, Corot, Boudin. Ces confrontations inscrivent clairement Bocion dans le courant du
pleinairisme qui se généralise en Europe dès le milieu du XIX e siècle et situent le peintre dans
la lignée de l’école de Barbizon. Dans une autre salle, la liberté du geste, les variations
atmosphériques et l’importance de la lumière sont à l’honneur. Des œuvres de Bocion
entrent en résonance avec celles de Courbet et de Monet, montrant que la démarche du
Vaudois rejoint tantôt la fougue réaliste du premier, tantôt l’impressionnisme du second.
Fidèle à son orientation, le musée consacre encore deux espaces à Bocion dessinateur.
Carnets de croquis, esquisses ou projets plus achevés, le visiteur est introduit dans l’intimité du
processus créatif de l’artiste. La visite se conclut avec la présentation d’œuvres de Grasset et
Vallotton, qui trahissent l’héritage de Bocion.




Une barque s’échoue au musée…
Dans l’espace d’accueil du musée Jensich un canot évoque les embarcations de plaisance
que l’on voit voguer sur le Léman vers la fin du XIX e siècle. A partir des années 1870, ce type
de navigation se développe d’une façon significative, sous l’impulsion des sociétés nautiques
qui se multiplient. Ces cercles d’amateurs créent une émulation par les parades et régates
qu’ils organisent.
Presque identique au canot que Bocion possédait et qu’il a représenté dans son fameux
Bocion et sa famille à la pêche (cf. dossier d’images ci-après), l’embarcation est une
reconstitution d’un bateau de 1881 dessiné par le baron Jules de Catus (1838-1910). Elle a été
construite en 1992 par le chantier de Jean-Philippe Mayerat à Rolle.
Extraits du catalogue
Bocion et la peinture sur le motif
Fixer promptement le sillage d’une barque, croquer avec précision le geste du rameur ou
arrêter la silhouette d’un baigneur sortant de l’eau, saisir le mouvement de l’onde, noter en
touches vibrantes le frémissement de la lumière, à l’huile et directement sur le papier ou sur la
toile, c’est cela, peindre sur le motif, pour nous qui observons les pochades de Bocion.
Qu’elles aient été réalisées sur le motif, et même au cours de séances espacées de quelques
mois, ou élaborées en atelier importe peu finalement : la dialectique des pratiques aboutit à
une maîtrise égale du rendu atmosphérique et de la composition.
                                                               Béatrice Aubert-Lecoultre


Bocion et Boudin : peintres de l’eau et du ciel
Comme Boudin, Bocion veut transcrire sur le vif une lumière, des effets atmosphériques
fugaces, mais s’inscrit toutefois dans une veine réaliste dont l’artiste français s’écartera au
profit d’une forme plus libre, qui conserve à l’œuvre achevée la fraîcheur de l’esquisse. Chez
l’un comme chez l’autre, le paysage est rarement dépourvu de présence humaines :
s’intéressant à toutes les activités, tous les métiers du lac, le Vaudois exploite à l’instar du
Normand une thématique originale, entre la scène de genre et le paysage, en incorporant à
ses marines lémaniques le spectacle des loisirs de la bourgeoisie.
                                                                 Sylvie Wuhrmann
La formation de Bocion
Bocion n’as pas suivi la voie de Gleyre, qui l’initiait à la peinture d’histoire. Mis à part quelques
tentatives isolées (La Dispute religieuse dans la cathédrale de Lausanne, 1857), le jeune
peintre rompt bientôt avec le « grand genre » pour ne plus se consacrer qu’au paysage.
Artiste sédentaire, Bocion figure ainsi parmi les premiers peintres vaudois à opter pour une
carrière locale. Un choix qui se justifie pleinement à la lumière de son art, fondé sur
l’observation directe de la nature environnante, plutôt que sur une vision romantique des
vestiges de l’Histoire, recherchée par la plupart de ses confrères exilés à Rome ou à Paris.
                                                               Julie Enckell Julliard

Bocion et Vallotton

En dépit de liens en apparence plus ténus et surtout plus difficiles à assumer pour la critique
moderne, Félix Vallotton est, à bien des égards, le seul vrai disciple : de la jeunesse à la première
formation, les années lausannoises de Vallotton baignent dans la peinture de Bocion. Cette
peinture est celle qu’il a sous les yeux et que des expositions toujours plus fréquentes et nombreuses
à Lausanne ne lui permettent pas d’ignorer.
Déjà Le port de Pully de 1891 montrait une barque fendant les eaux tranquilles. Et il n’est pas
jusqu’aux paysages décoratifs de 1900-1901 et jusqu’aux fameux Couchers de soleil de la
maturité, qui ne conservent un souvenir de Bocion.

                                                               Dominique Radrizzani
Bocion et le Léman
Bocion est le peintre préféré de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la navigation sur le
Léman. Son lac appartenait alors à ceux qui en vivaient et exerçaient des métiers oubliés :
lavandières courbées sur les grèves, radeleurs transportant passagers et bagages, chargeurs
employés à charger ou décharger les cargaisons des barques. Ce lac était celui d’une
société qui ne se préoccupait guère de tourisme ou de sports nautiques et qui tentait d’en
tirer une subsistance. C’était un lac de labeur et non de plaisir. Cependant, le peintre s’est
attaché à peindre des rives exemptes de tout empierrement ou de quais, naturelles et
bucoliques à souhait. Ses grèves, longues et désertes, ne sont pas envahies de baigneurs ou
fréquentées par des hordes de promeneurs.
                                                             Carinne Bertola
Bocion et Grasset
« Toi, il faudra que tu sois peintre. » C’est par ces paroles, citées dans la presse de l’époque,
que François Bocion eut le don de stimuler l’épanouissement artistique de son jeune élève
Eugène Grasset. Nous sommes dans les années 1858-1861 au cours desquelles Grasset, alors
adolescent, fréquente l’Ecole Moyenne de Lausanne. Bocion y enseigne le dessin artistique.
Quelque dix ans plus tard, en octobre 1871, à l’âge de vingt-six ans, Grasset arrive à Paris,
muni d’un passeport valable une année. Il y demeurera jusqu’à sa mort en 1917.
                                                                Anne Murray-Robertson


Bocion et Courbet
On comprend qu’il ait agacé Courbet, ce chambardeur qu’une ironie avait exilé à la Tour-
de-Peilz. Voyez ses études de lac ; c’est toujours au fort de la vaudaire, des lames à engloutir
la flotte vaudoise. Il l’excite comme le régisseur ses figurants dans les scènes
d’émeute : “Allons, hurle, tonne, fracasse!” Bocion, lui, attend sous un toit de pêcheur que le
gros soit passé. Car si la mer forme des héros, des chefs et des Légendes des siècles, le lac
forme les patients, les rêveurs et les romances.
                                                               Paul Budry, cité dans le catalogue
Vie de l’artiste

François-Louis-David Bocion naît le 30 mars 1828 à Lausanne. Il est le fils d’Henri-Louis Bocion,
maître menuisier, et de Suzanne-Catherine, née Matthey-Doret.

1835 Mort de son père.

1838-1840 Est placé à Vevey chez ses grands-parents, les Doret, marbriers veveysans. Habite
dans une maison à l’Arabie, sur la rive droite de la Veveyse. Collège de Vevey où, de dix à
douze ans, il reçoit les leçons de dessin de Christian Gottlieb Steinlen.

1840 Mort de son grand-père. Retour à Lausanne. École moyenne (enseignement du dessin
par François Bonnet).

1845-1848 Paris. Fréquente l’atelier de Louis-Aimé Grosclaude, puis celui de Charles Gleyre.

1848 Première participation à l’exposition fédérale (Turnus) de Berne.

1849-1850 Est nommé professeur de dessin à l’École moyenne et industrielle de Lausanne,
poste qu’il occupe jusqu’à sa mort.

1850 Participation (ainsi qu’en 1853 et 1855) à l’Exposition de tableaux de la Société artistique
et littéraire de Lausanne. Gleyre est à Lausanne.

1851 Collabore avec Bonnet aux décors et costumes de la fête des Vignerons. Fournit des
dessins au journal satirique La Guêpe.

1852-1853 Découvre Corot, Rousseau, Daubigny réunis par Barthélemy Menn à Genève.
Rome, où il reçoit de l’État de Vaud la commande d’un tableau de sujet libre (Dispute
religieuse de Lausanne, 1857). De retour à Lausanne en mai 1853.

1855 Séjour à Paris pour visiter l’Exposition universelle et le Pavillon du Réalisme de Courbet.
Passage de Gleyre à Lausanne.

1857-1861 Eugène Grasset est, de 12 à 16 ans, son élève.

1858 Gleyre envoie Les Romains passant sous le joug à Lausanne et charge Bocion de
l’accrochage.

1859 Corot, Daubigny, Diaz exposés par Menn à Genève. Bocion remporte le premier prix de
paysage historique suisse (La bataille de Morgarten). Mariage le 23 juin à Zurich avec Anna-
Barbara Furrer. Le couple aura neuf enfants dont quatre parviendront à l’âge adulte.

1861 S’installe à Ouchy (port de Lausanne). Exposé avec Corot, Courbet, Delacroix par Menn
à Genève.

1865 De cette date, envois réguliers au Salon, jusqu’en 1882.

1867 Participe à l’Exposition universelle de Paris (Gleyre préside le jury pour la sélection suisse).
Courbet ouvre de nouveau un Pavillon du Réalisme.

1870-1871 Jeux Nautiques sur le lac Léman au Salon. Gleyre est à Lausanne (guerre franco-
prussienne). Bocion se fait construire une maison à Ouchy où il s’installe en 1872.

1873 Courbet se fixe en octobre à La Tour-de-Peilz. Bocion donne une série de conférences
sur l’enseignement du dessin.
1874 Mort de Gleyre à Paris (Bocion chargé du rapatriement de son corps). Réalise avec
Émile David l’exposition Gleyre au Musée Arlaud. Juillet-août à Venise.

1876-1877 Exposition fédérale de Lausanne en juillet 1876 (Turnus), où Bocion figure aux côtés
de Gleyre et Courbet. Mort de Courbet le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz. Bocion
désigné pour établir l’inventaire après décès de l’atelier du peintre.

1878 Première exposition personnelle de Bocion, dans la salle de dessin de l’École moyenne
de Lausanne en janvier. Envoi à l’Exposition universelle de Paris.

1881-1883 Séjours à Venise (1881), San Remo (1882,1883). Exposition personnelle dans la Salle
de l’Arc à Lausanne (11-15 décembre 1881)

1887 Rétrospective de 435 œuvres à l’Exposition lausannoise de peinture, à l’Ancien Casino
(14 novembre-7 décembre).

1889 Exposition universelle de Paris (médaille de bronze).

1890 En mars, quitte l’enseignement. Meurt le 12 décembre à Lausanne.
Fiche technique

Titre de l’exposition          François Bocion. Au seuil de l’impressionnisme


Dates                          6 octobre 2006 – 11 février 2007


Commissariat de l’exposition   Dominique Radrizzani, Directeur du Musée Jenisch, assisté de
                               Laurence Rippstein, Conservatrice
Coordination                   Laurence Rippstein, assistée de Diane Baccigalupi

Provenance des œuvres          Collections publiques et privées


Catalogue                      François Bocion : Au seuil de l’impressionnisme, 224 pages,
                               215 illustrations en couleur
                               Format 24 x 28 cm
                               Editeurs : Musée Jenisch, Vevey et 5 Continents Editions,
                               Milan
                               Prix : Fr. 56.- / 35 €


Public                         Tous publics, amoureux du lac, amateurs de la peinture de
                               paysage, du XIXe siècle, de l’impressionnisme et de l’art
                               suisse.


Admission                      Adultes                            Fr. 15.- (~ 10 € )
                               Retraités                          Fr. 12.- (~ 8 € )
                               Etudiants, apprentis, chômeurs     Fr. 7.- (~ 4,70 € )
                               Gratuit jusqu’à 18 ans
                               Mardi à dimanche 11h-17h30
                               Fermé les 25 décembre et 1er janvier
                               Gratuit le week-end du 4-5 novembre
Evénements

Conférences
En bateau avec Bocion…
par Béatrice Aubert-Lecoultre, historienne de l’art
Jeudi 2 novembre 2006 à 19h

Eugène Grasset : de Bocion à l'art nouveau
par Anne Murray-Robertson-Bovard, historienne de l’art
Jeudi 7 décembre 2006 à 19h

Bocion et les bateaux du Léman
par Carinne Bertola, sociologue, conservateur au Musée du Léman, Nyon
Jeudi 25 janvier 2007 à 19h

Prix : Frs. 5.- (en plus du billet d’entrée)



Animations
Visites commentées
Mercredi 25 octobre 2006 à 19h
Mercredi 22 novembre 2006 à 19h
Mercredi 17 janvier 2007 à 19h
et sur demande


Visite réservée aux Amis du Musée Jenisch
Mardi 31 octobre 2006 à 19h


Pour petits et grands
A l’occasion du week-end des Musées de la Riviera En famille aux musées
Atelier « Sur le lac avec François Bocion »
Samedi 4 et dimanche 5 novembre 2006
Sur inscription (Montreux-Vevey Tourisme +41 (0)21 962 84 74/75 dès le 30 octobre 2006)




Au Cabinet cantonal des estampes
Ambroise Vollard éditeur : Cézanne, Bonnard, Picasso…
Jusqu’au 5 novembre 2006
Images à télécharger sur notre site internet
www.museejenisch.ch/presse/bocion




François Bocion
Coucher de soleil à Yvoire, étude, sans date
Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne (inv. 273)           François Bocion
                                                             Bocion et sa famille à la pêche, 1877
                                                             Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne (inv. 250)




                                                             François Bocion
                                                             La promenade au coucher du soleil, 1873
                                                             Collection particulière

François Bocion
Jeux nautiques (La fête de la Navigation), 1870
Musée du Vieil Ouchy, Lausanne,
dépôt de la Société vaudoise de la Navigation




François Bocion                                              August Bauernheinz, François Bocion
Le petit pêcheur. Étude pour ‘L’embouchure de la Veveyse’,   Collection particulière
1884
Collection particulière, Genève
François Bocion                              François Bocion
Pêcheur à la ligne, 1886                     Célestine, 1884
Vevey, Musée Jenisch (inv. P186)             Kunstmuseum Solothurn, Soleure




                                             François Bocion
                                             Jeune fille de Tourronde, 1886
Gustave Courbet                              Collection particulière
Les Dents du Midi (depuis Le Bosset), 1874
Collection particulière




Claude Monet
Bateaux à Honfleur.
Étude pour ‘Le port d’Honfleur’, 1866
Collection particulière, Suisse

								
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