PLAN INDIVIDUEL DE FORMATION

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					   PLAN INDIVIDUEL DE

             FORMATION
             Alexis Tiouka
   Forum des élus autochtones de Guyane




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                                   - INTRODUCTION-



Informations générales



Nom : Alexis Tiouka

Organisation : Forum des élus autochtones

Pays : France

Groupe : n°8



                                        TITRE

   Place de l’éducation aux droits de l’homme dans le système français : le cas de la

                                  Guyane française




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                                  - ARGUMENTAIRE -



    1. Raison d’être du plan



La question de l’éducation aux droits de l’homme se pose de manière prégnante en

Guyane française, compte tenu de la particularité de ce département, à savoir la

présence de peuples autochtones. En effet, cette présence a pour conséquence une

nécessaire réflexion sur la reconnaissance de leurs droits et sur l’éducation des

acteurs sociaux et des décideurs du département sur ce point.

Par ailleurs, le Forum des élus autochtones de Guyane intervient sur trois

thématiques liées aux droits de l’homme : la reconnaissance des droits des peuples

autochtones dans le cadre du droit national français, la question du droit à la

propriété intellectuelle et la reconnaissance des droits territoriaux des peuples

autochtones.



    2. But et objectifs



Ce plan s’inscrit dans le but de la formation qui est d’accroître la capacité de mon

organisation à réaliser des activités d’éducation aux droits humains. Mais d’une

manière plus générale, il s’inscrit pleinement dans les objectifs des Nations Unies sur

l’éducation aux droits de l’homme. En effet les Nations Unies insistent sur le fait que

l’éducation en matière de droits de l’homme et la diffusion d’une information

appropriée, à la fois théorique et pratique, jouent un rôle essentiel dans la promotion

et en faveur du respect des droits de tous les individus.

Plus spécifiquement, ces activités viseront trois types de public : les peuples

autochtones eux-mêmes (représentants d’organisations notamment), les décideurs

guyanais (hommes politiques, représentants d’institutions, etc.) et enfin, la

population guyanaise en général. Elles auront pour objectif, d’accroître les

connaissances de ces publics sur les droits de l’homme en général et sur les droits des


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peuples autochtones en particulier, de changer les attitudes vis-à-vis de ces droits, à

la fois des décideurs et de la population guyanaise, de permettre plus d’engagement

de la part des peuples autochtones dans la reconnaissance de leurs droits et enfin,

d’améliorer le comportement professionnel des représentants autochtones amenés à

intervenir dans des rencontres internationales ou à négocier dans le cadre de conflits

locaux et nationaux en s’appuyant sur le droit international.



    3. Forces et faiblesses internes, opportunités et menaces extérieures


Si certains membres de l’organisation ont une expérience dans la formation, celle-ci reste

limitée et il convient de les y préparer d’une manière plus professionnelle. Par ailleurs, au-

delà de la pratique même de la formation, ils ont un défaut de connaissance dans le domaine

des droits de l’homme qui nuit à la transmission de ces connaissances auprès de la

population autochtone et de la population guyanaise en général. Il conviendra donc, au-delà

des aspects pratiques, de développer des aspects théoriques liés aux droits de l’homme.

Des formations ont certes été mises en place par l’organisation, cependant celle-ci ont

souvent échoué au sens de l’adaptation au public pour diverses raisons; par exemple, pour le

public autochtone : absence d’investissement dans la question des droits autochtones de ce

public, le fait que ce public a dû mal à concevoir que cette question puisse être centrale pour

lui, le fait que ce public a parfois été peu ou pas scolarisé ce qui rend difficile pour lui l’accès

à la compréhension de ces problématiques au travers d’outils écrits, etc.

Du point de vue de l’Etat, si on ne peut nier les efforts fournis par la France en matière de

droits de l’homme, ceux-ci sont cependant beaucoup plus restreints dès que l’on aborde la

question des droits des peuples autochtones. Pourtant, la Conférence mondiale sur les droits

de l’homme (Vienne, juin 1993) a réaffirmé que les Etats sont tenus, comme le stipulent la

Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits

économiques, sociaux et culturels et d’autres instruments internationaux en la matière, de

veiller à ce que l’éducation vise au renforcement du respect de tous les droits de l’homme et

des libertés fondamentales.




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Il ne s’agira donc pas dans le cadre des activités mises en place de se substituer à la tâche de

l’Etat, notamment en matière d’éducation aux droits de l’homme en milieu scolaire, mais

bien de lui suppléer là où elle ne fournit pas les efforts nécessaires, à savoir dans le domaine

qui concerne plus particulièrement mon organisation, les droits des peuples autochtones.



    4. Groupe(s) cible(s)



Différents groupes seront visés, pour diverses raisons :

    1. les autochtones du département : afin de leur permettre de s’engager plus

        dans la reconnaissance de leurs droits, de les amener à comprendre

        l’importance des droits de l’homme et des droits des peuples autochtones. La

        formation portera ici autant sur des savoirs que sur des savoir-être. Ces

        objectifs s’appliquent aussi à la population guyanaise dans son ensemble, plus

        en terme de savoir-être, nécessaires pour qu’ils soient plus ouverts à la

        discussion sur ce sujet dans le contexte guyanais.

    2. les représentants d’organisations autochtones : ceux-ci sont en effet amenés à

        effectuer des déclarations dans des rencontres internationales ou encore à

        négocier en utilisant des outils juridiques issus des droits de l’homme. A ce

        titre, leur formation visera des savoir-faire et des savoirs. Il conviendra tout

        autant de les informer sur les différents outils juridiques à leur disposition,

        mais aussi sur les principes de négociation ou encore de présentation de leurs

        déclarations.

    3. les décideurs guyanais : le contexte guyanais actuel est celui d’un changement

        institutionnel important qui doit accorder une large place à la question des

        droits des peuples autochtones. Il est donc nécessaire d’apporter aux

        décideurs politiques, économiques et sociaux, des informations sur la question

        des droits de l’homme et des droits des peuples autochtones afin qu’ils

        l’incluent dans les projets mis en place.




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Cependant ne sera développée ici que la formation des représentants autochtones qui

visera en partie à leur donner les moyens de diffuser l’information et de former les

autres groupes cibles.




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                           - Description du plan individuel -



    1. Objectifs et contenus de la formation pour les représentants autochtones



Du point de vue des savoirs :

    -   connaissance des mécanismes et des institutions liés aux droits de l’homme

    -   connaissance des instruments internationaux liés aux droits de l’homme

    -   connaissance des instruments internationaux liés aux droits des peuples

        autochtones

Du point de vue des savoir-faire (être capable de) :

    -   négocier avec des décideurs politiques, économiques et sociaux

    -   rédiger   des   déclarations,   des     comptes   rendus   sur   des   rencontres

        internationales en les adaptant en fonction des lecteurs visés

    -   utiliser à bon escient les instruments juridiques internationaux dans les

        négociations ou dans les déclarations et comptes rendus

    -   donner des informations sur les questions de droits de l’homme et de droits

        des peuples autochtones en les adaptant aux différents publics visés

Du point de vue des savoir-être (attitudes) :

    -   sortir du niveau local, s’ouvrir à la question des droits de l’homme au niveau

        international et des droits des peuples autochtones au niveau mondial

    -   accepter que les instruments juridiques internationaux peuvent être des outils

        qui seront à terme utiles pour les droits des peuples autochtones au niveau

        local

    -   prendre en compte les opinions des non autochtones pour, en s’appuyant

        dessus, les faire changer, évoluer



Activités :

    -   découverte sur internet des instruments internationaux existants




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    -   cours magistraux (histoire des droits de l’homme, des droits des peuples

        autochtones)

    -   analyse de cas de conflits juridiques impliquant des peuples autochtones et

        recherche de solution au travers des instruments internationaux

    -   jeux de rôle : simulations de négociations

    -   débats

    -   écriture de déclarations, comptes rendus



    2. Résultats



A court terme : Meilleure compréhension de l’intérêt de l’utilisation des outils

internationaux et utilisation de ces outils dans les activités.

Indicateurs : Recherches personnelles

Utilisation des documents dans les négociations et déclarations



A moyen terme :

- Meilleure capacité à diffuser l’information sur la question des droits des peuples

autochtones auprès des publics visés.

- Amélioration de la capacité de négociation dans les conflits locaux.

Indicateurs :

- Mise en place de formations.

- Mise en place de réunions d’information.

- Élaboration de document d’informations à visée locale ou nationale.

- Réussite des négociations dans les conflits locaux (liés à l’orpaillage ou aux droits à

la terre)



A long terme : changement d’attitudes vis-à-vis de ces questions de la part des

décideurs locaux et nationaux.




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Indicateurs : prise en compte des droits des peuples autochtones dans l’évolution

institutionnelle du département ou dans tout projet les visant directement ou

indirectement.



    3. Méthode d’évaluation et de suivi



    -   exposés

    -   comptes rendus

    -   document final

    -   proposition de formations ou de plan d’information à l’échelle locale ou

        nationale




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                                      - Ressources -



    1. Ressources humaines



Nous avons à notre disposition, sur le terrain quelques responsables d’organisations

autochtones ayant une bonne connaissance des droits de l’homme. Cependant, il

conviendra malgré tout de faire appel à d’autres personnes qui font partie de notre

réseau de relation :

    -   juristes autochtones (Canada);

    -   juristes français travaillant sur les questions autochtones en France.

Nous avons enfin la possibilité, grâce aux différents contacts pris depuis une dizaine

d’année environ de faire appel à des membres d’ONG spécialisés (experts) dans les

questions autochtones.



    2. Ressources matérielles



Dans certaines zones du département nous avons à notre disposition des locaux et

du matériel (notamment informatique). Cependant cela n’est pas vrai partout et il

s’agit là d’un critère à prendre en compte dans la mise en place des formations. Ainsi

dans le cas où nous souhaiterions mettre en place des formations sur site, il

conviendra peut-être d’envisager un financement extérieur en terme de matériel.



    3. Ressources financières



La question des ressources financières est toujours problématique dans la mise en

place d’une formation. Cependant, certaines possibilités s’offrent à nous dans ce

domaine en faisant appel à des pourvoyeur de fonds, tels que le FSE (Fonds Social

Européen), la Région ou encore des ONG extérieures. Par ailleurs, le Haut

Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, en partenariat avec le


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Programme des Nations Unies pour le Développement a établi un projet d’aide aux

communautés qui vise à soutenir les initiatives locales pour la promotion et la

protection des droits de l’homme. Si l’aide financière accordée est modeste, elle

constitue néanmoins un des supports possibles pour les activités dans le domaine

des droits de l’homme.




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                              - Contraintes éventuelles -



Diverses contraintes pourraient avoir des effets négatifs sur ce plan de formation.

Celles-ci se situent à différents niveaux, notamment matériels, financiers et parfois

individuels.

On peut envisager, au niveau financier, un refus des institutions locales et nationales

de financer ce type de formations du fait d’un refus de prendre en compte la question

autochtone. Cependant ceci peut-être contré par la politique européenne et par le fait

de faire appel aux fonds qu’elle propose.

Au niveau matériel, divers critères peuvent aller à l’encontre de la mise en place

d’une telle formation, par exemple les difficultés de déplacement et de

communication propres à certaines zones du département guyanais, notamment

celles habitées par des autochtones ; mais aussi l’absence de matériel (informatique)

ou d’électricité pour les formations dans ces mêmes zones.

Au niveau individuel, la contrainte du manque de ressources humaines n’est pas à

négliger, mais comme nous l’avons évoqué ci-dessus il est possible de faire appel à

des ressources extérieures.

Enfin, et cela est toujours quantité non négligeable dans toute formation, la question

des attitudes et représentations des stagiaires vis-à-vis des thèmes abordés lors de la

formation, plus spécifiquement l’utilisation du droit international pour la résolution

des conflits locaux.




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