lors des Jeux Olympiques de Berlin

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					PRESENTATION DU JEU

Le Kabaddi est le sport le plus ancien de l’histoire de l’Inde. Il y a des traces de Kabaddi il y a
environ 4 000 ans selon certains et a l’epoque vedique selon d’autres (vers 1500 av JC). la
legende dit que Lord Krishna se plaisait a pratiquer ce sport.

Cette activite a ete tout d’abord developpee comme technique d’autodefense et de reponse aux
attaques d’individus ou groupes d’individus et donc de survie. Les histoires indiennes, les
Mahabharat, decrivent un combat entre le guerrier Abhimanayu du Pandavas avec les 7
Cauravas, dans le camp de l’ennemi. Il a reussi a penetrer dans le camp ennemi et a vaincu les 7
adversaires, mais il est mort ne pouvant revenir dans son camp.

Ce sport etait pratique partout dans le pays sous differentes formes. Dans l’ouest de l’Inde le
Kabaddi etait appele Hu-Tu-Tu, dans l’est et au Bangladesh Ha-Do-Do et Chedugugu dans le
sud de l’Inde, ou encore Kaunbada dans le nord… Le Kabaddi serait issu du mot « KAUNBADA »
qui signifie combattre l’adversaire. Mr Kesavadas, expert en Kho-Kho et Kabaddi et enseignant a
l’universite de Calicut pense que Kabaddi est un mot sanscrit signifiant en anglais « come and
catch ».

Trois principales formes de Kabaddi se sont developpees : Amara, Gemini et Sanjeevin. les
regles etaient flexibles. Toutes ces formes de Kabaddi se sont harmonisees pour devenir ce
qu’est aujourd’hui le KABADDi. La Federation a en fait adopte le systeme Sanjeeveni avec
quelques modifications dans les regles.

Aujourd’hui, ce sport est pratique un peu partout en Inde, particulierement en milieu rural.
Presque toutes les ecoles ont dans leurs cours d’EPS une seance hebdomadaire de Kabaddi,
non seulement car ce sport ne necessite aucun moyen si ce n’est un terrain vierge, mais aussi
parce qu’il developpe chez les eleves des qualites physiques et psychiques, comme le sens des
responsabilites individuelles (lors des raids) et l’esprit collectif (en defense). Tous les indiens
connaissent donc ce sport et l’ont pratique a un moment ou a un autre.

Il est a noter que les femmes pratiquent egalement ce sport. Certaines meme, avec l’autorisation
de leurs familles denudent partiellement leurs jambes et portent un short pour pouvoir pratiquer
confortablement. Comme le dit une jeune athlete « le sport va au-dela des religions, et pour moi
le Kabaddi est une religion en soi-meme. Tout le monde, quelle que soit sa caste, peut
participer ».



Photo : I_0911_pulpally_kabaddijeu8_s
PRINCIPE DU JEU

Le Kabaddi oppose deux equipes de 12 joueurs. 7 sont sur le terrain en meme temps et les 5
autres sont des remplacants.

Un match dure 2 x 20 minutes pour les hommes et 2 x 15 minutes pour les femmes, avec pour
chacun 5 minutes de mi-temps.

Chaque equipe passe a son tour en attaque en envoyant un « raider » dans le camp adverse qui
pendant toute la duree de son assaut, soit 30 secondes maximum, doit dire Kabaddi de maniere
continue en principe sans reprendre sa respiration mais cela n’est pas applique.

Le Raider a pour mission de toucher un ou plusieurs adversaires et de revenir dans son camp (y
poser sa main suffit) sans etre immobilise auparavant. Ainsi la mission des defenseurs est de ne
pas se faire toucher et de plaquer le raider dans son camp pour qu’il ne puisse revenir. Un raider
qui ne revient pas dans son camp est out et ne pourra revenir en jeu que lorsqu’un raider de son
equipe eliminera a son tour un joueur adverse.

Meme plaque, si le raider arrive a toucher son camp alors tous les defenseurs qui l’ont touche (y
compris lors du plaquage) sont out. Chaque personne out est un point pour une equipe. Par
ailleurs, il est possible de marquer des bonus si le raider touche un adversaire au-dela d’une
ligne proche de la ligne de fond et arrive a revenir dans son camp.

A la fin du temps reglementaire, le total des points est effectue. L’equipe qui a le plus de points
est designee vainqueur.

Ce jeu necessite vitesse, tactique (surtout pour la defense), reactivite et reflexes pour repondre
aux mouvements des adversaires, mais aussi force pour plaquer et resister aux plaquages. Le
kabaddi est un melange a la fois de rugby et de lutte, avec une dimension collective pour les
defenses et une dimension individuelle pour les raiders qui se retrouvent seuls face aux
defenseurs.

Pour plus d’infos et mieux comprendre ce sport, nous vous invitons a lire les regles du jeu (en
anglais). Lire


Photo : I_0911_pulpally_kabaddijeu7



LE TERRAIN DE JEU

Le terrain doit etre plat et pas trop dur. La plupart du temps, le Kabaddi est joue sur des terrains
en terre car il suffit de trouver un espace vierge. De plus, les joueurs jouent pied nu pour favoriser
de bons appuits (l’herbe fait glisser) et pour respecter la tradition de ce sport rural. Ce sport peut
bien sur se jouer sur d’autres surfaces, notamment sur le sable.

Photo : I_0911_pulpally_kabaddishematerrain
UN PEU D’HISTOIRE

Des 1918, les professeurs d’education physique ont voulu developper les jeux nationaux pour
participer aux mouvements de liberation de l’Inde. Les regles ont ete redigees et imprimees pour
la premiere fois en 1923 par Hind Vijay Zymkhana Club Baroda and la meme annee, les jeux de
l’Inde a ete organise a Baroda selon ces regles.

En 1936, lors des Jeux Olympiques de Berlin, le Kabaddi etait en demonstration et connu un vif
succes, pas suffisant cependant pour devenir une discipline officielle.

En 1952, le Kabaddi a ete introduit lors des Jeux Olympiques Indiens a Calcutta. Cette meme
annee a vu la naissance de la « ALL INDIA KABADDI FEDERATION » sous la presidence de
Shri l.K. Godbole.

En 1953, les regles ont ete modifiees et pour la premiere fois lors de la competition nationale,
une demonstration d’un match de femmes a ete organisee et a toujours ete de paire avec les
competitions des hommes depuis 1955 et les « NATIONAL KABADDI CHAMPIONSHIP OF
WOMEN ».

En 1957, ce sport devait egalement etre en demonstration au « WORLD YOUTH FESTIVAL » qui
s’est tenu a Moscou, mais pour diverses raisons, cela n’a pu se faire.

En 1972 a ete cree « THE AMATEUR KABADDI FEDERATION OF INDIA » dont l’objectif
principal etait d’organiser les competitions nationales et de populariser ce sport dans les pays
voisins.

Aujourd’hui, de nombreux pays pratiquent ce sport comme le Japon, la Chine, la Malaisie, le
Pakistan, le Bangladesh, le Sri Lanka, le Nepal, le Boutan et la Coree du Sud et organisent des
competitions dans leurs pays.

Le sport Kabaddi fut vraiment reconnu au niveau international depuis les 9eme Jeux d’Asie
organises a New dehli ou il etait discline officielle. En 1984, un tournoi international a ete
organise a Bombay et en 1985, le jeu etait une epreuve pour la premiere fois lors des « SOUTH
ASIAN FEDERATION GAMES » a Decca. En 1988 a ete organise le 2eme Asian Kabaddi
Championship a Jaipur. En 1990 et 1994, l’inde a recu les medailles d’or aux Jeux d’Asie de
Beijing et Hiroshima, un grand succes !

Pour la premiere fois en novembre 2003 ont eu lieu les 1ers Jeux Nationaux de Beach Kabaddi,
un veritable succes populaire.
NOTRE EXPERIENCE DU KABADDI



UNE MATINEE DE KABADDI AVEC LES ECOLIERS DE GANAVATI AU KARNATAKA

Installes sur un banc de pierre sous un toit de feuilles de palmier tresses, nous siroptons un Tchai
servi dans une timbale en metal. Ici dans ce petit cafe de bord de route, on ne sert rien d’autre
que cette boisson preparee avec les epices locaux qui lui donnent ce gout tout particulier. Les
hommes assis sur le banc oppose nous observent fixement. Ils ne nous lachent pas du regard
trempant mecaniquement les levres dans leur boisson chaude. Ils s’interrogent. Les occidentaux
ici ne sont pas souvent de passage surtout a cette heure de la journee. Il y a bien Hampi a
quelques kilometres, dont la beaute des temples fait deplacer des milliers de touristes toute
l’annee, mais ici ?

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Il est 9h30, nous assistons au reveil du village de Ganavati. Un buffle tire une carriole pleine de
branchages et d’herbes pour ne former plus qu’une grosse boule. Des femmes assises a meme
le sol vendent des Sitafals, ces fruits qui ressemblent a nos artichauds. Une autre porte un pot et
va chercher de l’eau au puit. Un homme enfourche son velo, des outils sous le bras et s’eloigne
vers les plantations de Paddy. Le barbier est a l’œuvre, il entame son enieme massage cranien
apres avoir aiguisees les belles moustaches de ses clients. Le tailleur repasse une chemise avec
un fer rempli de braises. Les petits commercants qui vendent tous la meme chose, du
shampooing au gateau sec en passant par le cahier d’ecole et les incontournables bananes sont
acoudes derriere leur comptoir et attendent le client. Un troupeau de chevres passent en belant.

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Et puis, bientot le grand bus bleu arrive. Deja au loin, il fait entendre son puissant klaxon pour
annoncer son arrivee dans le village. Il est 9h40, il stoppe juste devant nous et deverse un flot
d’ecoliers dans un nuage de poussiere. Tires a quatre epingles, le cartable bien en cale dans le
dos, ils passent le portail de la petite ecole sur lequel est peint « Education For All » en langue
locale. Elle est la, situee au coin de la rue juste en face du café minuscule dans lequel nous
avons pris place. Ses murs sont decores de dessins naifs aux couleurs vives. C’est l‘ecole du
village. Une ecole comme il y en a tant en Inde. Toute petite et debordante de vie.

Le principal et le professeur de sport nous accueillent dans une cacophonie digne des plus
grandes cours de recreation. Des petites filles jouent a la marelle indienne en sautillant d’un carre
a l’autre tout en poussant du pied un gros caillou. Dans un coin de la cour, des hommes torses
nus le ruban dans les cheveux creusent un trou pour les futures latrines. Les enfants arrivent
maintenant par dizaines, deposent leurs sacs a l’entree de leur classe et reviennent vers nous
intrigues. Ils nous tirent par la manche, nous interpellent, crient, rient, et s’agitent dans tous les
sens. Ils veulent toucher nos appareils photos et cameras et se disputent la premiere place
devant l’objectif. Ils savent que cette journee ne sera pas une journee comme les autres.

Photo : I_2910_hampi_profarno2

« Dong, Ding » - Un petit garcon a attrape une barre de fer et sur la pointe des pieds frappe une
plaque de metal accrochee a la poutre du preau. Il renouvelle l’operation plusieurs fois. C’est le
fameux son de cloche qui marque le rassemblement des eleves dans la cours de recreation. Les
garcons d’un cote et les filles de l’autre se placent en file indienne, les plus petits devant. Tres
vite, sous les coups de sifflets autoritaires du professeur de sport, les enfants prennent position et
ne bronchent plus. “Disciples!’ s’ecrit-il. ‘Yes !’ repondent d’une seule voix les 240 enfants. Figes,
droits comme des I, les jambes serrees et les bras le long du corps, les ecoliers sont fin prets.
Le professeur de sport, maitre de ceremonie, balance les bras pour lancer la fanfarre qui entame
les premieres notes de musique. Tous les enfants se mettent alors a chanter en cœur l’hymne
nationale indien. La petite troupe de musiciens postee face a l‘assemblee s’appliquent a sortir les
meilleurs sons. Un garcon jouflu s’essouffle dans sa trompette, le plus nerveux bourine dans son
tambour, quand deux autres font claquer les simballes et cliqueter le triangle.

La musique s’arrete. Quelques eleves sont appeles a sortir du rang. Un a un, ils viennent face
aux autres pour enoncer un proverbe indien. “Education is power”, “Be slow to promise and quick
to perform” … sont ainsi prononces a haute voix et repris par tous.

La seance se termine par un « cri » de rassemblement venant du profresseur, qui trouve echo
aupres des eleves par un « Yes ! » toujours unanime accompagne d’un salut de la main portee
au front. Sous les roulements de tambour et les ‘Pouets’ de la trompette, les enfants rejoignent
leur classe en rang saisissant leur cartable au passage. Ce rituel de rentree des classes se
renouvelle tous les matins. On est loin des sonneries mecaniques des cours de recreation qui ont
berce notre enfance… Cette energie qui marque le debut des cours est vraiment etonnante et
touchante. Quelle gaiete !

Dans les classes, les eleves sont assis en tailleur sur le beton. Ils repetent en cœur les mots lus
par la maitresse et les ecrivent a la craie blanche sur leur ardoise bordee de bois clair. Les plus
ages sont en examen installes eux aussi a meme le sol. A notre arrivee, certains se laissent
deconcentrer, d’autres s’appliquent plies en deux sur leur copie.

Photo : I_2610_hampi_enfants2_S

Dans la salle des professeurs qui fait a la fois office de salle de sciences, le pricipal nous ouvre
son armoire grise metallique. Ici reposent tous les instruments d’observatoin et d’etudes des
sciences, pipettes, microscopes, squelettes en polystyrene, …. Cette armoire fait toute sa fierete.
Il a recupere et fabrique la plupart de ces outils avec l’aide de ses eleves. Chaque objet est
delicatement pose sur une planche derriere une petite carte indiquant son nom et son utilisation.
Au-dessus, pendues au plafond, des dizaines de vieilles cartes de geographie enroulees
prennent la poussiere. Un cadre affiche des echantillons de couture. Les murs peints a la chaux
affichent de formules de mathematiques, des regles de grammaires, des notions de chimie. Un
petit garcon interrompt notre visite en nous apportant un Tchai venant directement de notre cafe
de ce matin. Nous le buvons avec le corps professoral de l’ecole avant de rejoindre le terrain de
sport.

« Le terrain de sport est a cinq minutes a pied », nous precise M. Shyamasundar, notre
professeur de sport. « Nous n’avons pas d’installation specifique – pour jouer au Kabaddi et faire
de la gym un simple terrain suffit ». Nous sortons de l’ecole et prenons l’artere principale du
village sur 800 metres. Les meres de famille sont sur le pas de leurs portes avec leurs petits
derniers pas encore en age d’aller a l’ecole. Les hommes du cafe sont toujours assis sur leur
banc de pierre et nous regardent passer. En contre-bas dans la riviere, une femme lave son linge
en le frappant sur le beton. Nous prenons a droite et en haut d’une petite butte, nous apercevons
une trentaine d’enfants reunis sur un espace de terre d’environ 100 metres carres entre des
plantations de riz et des habitations.

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Le professeur joue de son sifflet pour ranger les eleves en files separant les filles et les garcons.
La troupe de musiciens est elle aussi au rendez-vous. Deux fauteuils sont installes sur le bord du
terrain a l’ombre d’un grand arbre. Ils nous attendent. Nous prenons place.
Le cours de Gym commence. Un eleve poste devant les autres enchaine les mouvements de
flexion de bras et de jambes au rythme des coups de sifflets secs du professeur et du son des
tambours et trompettes.
Le directeur de l’ecole a rejoint la demonstration et passe dans les rangs avec un baton. Il
n’hesite pas a tapoter l’eleve qui ne suit pas ou fait un mouvement de travers. Un enfant sort du
rang, rentre dans une petite maison et revient avec un gros sac de jute blac. Il le deverse a nos
pieds. Des dizaines de petites alteres en bois sont prises d’assaut par les enfants. Une piece
dans chaque main, ils reprennent les mouvements d’etirements.

Apres ce cours de gymnastique en musique, vient enfin le moment du Kabaddi. Avant de
commencer, le professeur pas peu fier nous confie que le mois dernier l’ecole a gagne le tournoi
de Kabaddi organise avec les ecoles des villages voisins.
Tandis que les enfants tracent le terrain a l’aide d’une branche de bois, il ajoute « ce sport est
excellent pour les enfants, il agit sur la puissance, l’habilete et la vitesse de reaction. Et il peut
etre pratique par les garcons et par les filles ». Tres vite deux grands rectangles de 8m par 5
environ sont dessines. Ce sont d’abord les garcons qui jouent. Deux equipes de 6 se font face.
L’equipe qui part en chasse est designee par le tirage au sort. Un des equipiers s’avance alors
dans le terrain adverse en disant « Kabadi, Kabadi, kabaddi… » a haute voix et d’un seul souffle.
Il ne doit pas s’arreter avant le retour dans son camp sinon il est elimine. Son objectif est de
toucher un joueur de l’equipe adverse pour marquer des points. Mais il doit savoir regagner
ensuite son camp sans se faire prisonnier. Les defenseurs quant a eux doivent esquiver
l’approche du chasseur et tenter de le saisir par la cheville et le plaquer pour le faire tomber et
l’empecher ainsi de revenir dans son camp. S’ils y parviennent, ils marquent des points, le
chasseur est alors elimine. Il pourra rejouer des qu’un chasseur de l’equipe adverse sera a son
tour capture.

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Puis, vient le tour des filles. Elles ont un jeu plus doux que les garcons. Leurs robes qui tombent
jusqu’aux chevilles ne les empechent pas d’etre habiles et vives. Nous sommes invites tour a tour
a jouer avec eux. des le premier coup, nous tombons dans leurs griffes. Puis nous beneficions
d’un traitement de faveur : les enfants feignent de se faire prendre pour nous faire plaisir. Ils
s’amusent beaucoup de notre maladresse.

Apres quelques belles photos et un dernier Tchai, nous saluons ces petits experts du Kabaddi qui
nous aurons fait decouvrir un sport ludique, intelligent et accessible par tous quelque soit les
conditions de vie. Nous repartons avec un souvenir magnifique de joie et de gaiete, et avec ces
quelques mots naifs dits avec tant de certitude par l’un d’entre eux « Les francais vont pouvoir
jouer au Kabaddi maintenant que vous etes venus nous voir !».

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LE CHAMPIONNAT DU KERALA

A Pulpally, dans le nord est du Kerala, nous avons eu la chance d’assister au Championnat de
l’Etat du Kerala les 8 et 9 novembre opposant les equipes des 14 districts qui composent cet etat,
hommes et femmes : Wynard, Kanur, Kasaragod, Calicut, Malappuram, Palakhad, Trichur,
Ernakulum, Alapuzha, Kottayam, Idukki, Quilon, Pathanamthitta, Trivandrum.

Cette petite ville de montagne en bordure du Karnataka n’a pas l’habitude d’organiser des
evenements sportifs. C’est la premiere fois qu’elle recoit le tournois inter-disctricts de kabaddi.
Malgre son interet certain, le petit temple a l’entree de la ville n’attire pas de touristes. Les blancs
sont en effet rarement de passage ici. Lorsque les organisateurs nous ont vu arriver pour faire un
reportage sur le kabaddi, ils ont d’abord ete surpris puis tres honores de notre presence. Ils nous
ont accueillis avec beaucoup d’hospitalite, nous offrant un hebergement a cote du terrain. Nous
avions acces aux terrains. Une chance pour filmer et photographier nos joueurs de kabaddi !
Ce tournoi se deroulait en poules puis demi-finales et finales, sur 4 terrains de terre battue, le tout
delimite par des barrieres en bambous. Les projecteurs et les baffles tenaient par miracle a
quelques metres du sol sur des bambous disposes pour l’occasion. Pas de tribunes mais des
immeubles pris d’assaut par les spectateurs, qui prenaient ainsi de la hauteur. Quelques chaises
etaient installees sous une tente pour accueillir les membres de l’organisation et les invites. La
toile s’averera etre assez permeable lors des grosses averses. Un homme tient un parapluie au-
dessus de cette femme derriere sa machine a ecrire tapant les diplomes qui seront remis aux
participants. Pas une marque de sponsor. Nous avions dans l’ensemble l’impression d’assister a
une superbe fete de village plutot qu’a un gros evenement.

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Partant de l’ecole situe au bout de la principale artere de la ville, les equipes defilerent en cortege
a traers la ville sous le regard meduse des petits commercants et des passants. Leur arrivee sur
le terrain fut precedee d’une fanfare sur le terrain et applaudit par des centaines de spectateurs
venus supporter leurs equipes favorites. Les speach des organisateurs n’en finissaient plus. Plus
d’une heure de discours ! Une manie indienne paraît-il… qui a valu a certains de quasiment
s’endormir.

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La ceremonie enfin terminee, le tournoi put commencer vers 18h apres que les terraines aient
etaient redessines a la peinture.

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Les equipes s’affronterent jusqu'à 1 heure du matin pour reprendre le matin a 7h, avec demi-
finales et finales dans l’apres-midi. Un programme bien dense qui a ete menace par des averses
tropicales necessitant la protectoin des terrains avec des baches. Nous n’etons pas tres loin
d’une ambiance pluvieuve a Roland Garros.

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La finale connaîtra la victoire de Trishur sur Ernakulum chez les femmes. Une belle revanche sur
l’annee precedente. C’est la grande et performante equipe de Kasaragod face a Alapuzha chez
les hommes, qui remporta la victoire pour la 8me annee consecutive.

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Photo : I_0911_pulpally_kabaddicoupefille2_s

Ces deux equipes possedent des joueurs de talent. Chez les femmes, l’equipe de Trishur a la
chance d’avoir pour joueuse Shyja (20 ans), meilleure joueuse de l’Etat du Kerala, ainsi que
Aswathi Ragunath, qui a represente l’Inde aux derniers jeux d’Asie juniors en « power lifting ».
Ces deux jeunes femmes sont etudiantes a l’universite de Calicut.

Chez les hommes et Kasagarod, tous ou presques ont ou representent encore l’Etat du Kerala
aux « All India Games » et d’eux d’entre eux ont joue pour l’equipe d’Inde : Kumas et Shredavan
ages de 30 ans. Lorsqu’ils etaient sortis du terrain par des placages virulents, c’est tout le stade
qui s’enflammait, esperant que le sort s’inverse pour que le match dure.
Ce tournoi connaitra un grand succes avec plus de 5000 specateurs sur les 2 jours autour des 4
terrains et un engouement incroyable d’un public connaisseur n’hesitant pas a se manifester a la
maniere des spectateurs de corridas, effectuant un « ole » lors des esquives de plaquages,
applaudissant et hurlant apres des plaquages spectaculaires… Les policiers presents pour
assurer la securite ont souvent du manier leur massue de bambou pour eviter que les barrieres
ne s’effondrent totalement.

Le kabaddi est vraiment tres spectaculaire par ses plaquages et l’engagement physique des
joueurs. Il est aussi esthetique dans les mouvements en « chaines » des defenseurs, se
deplacant deux par deux. Et biensur, tres interessant de part les techniques developpees… Un
vrai regal de decouvrir ce sport a la fois proche de la lutte et du rugby, mais aussi original.

Photo : I_0911_pulpally_kabaddiequipepulpallymeche_s

Pour les amateurs de rugby, nous serions curieux de voir jouer un 7 francais contre un 7 indien
au Kabaddi. Les joueurs de rugby auraient a apprendre a plaquer differemment : un joueur
attrappe la cheville et si possible la jambe, les autres se placent devant le buste du plaque pour
le soulever et le faire reculer : tres spectaculaire. Pour faire sortir l’attaquant du terrain, un
defenseur donne un bon coup de belier, a la maniere d’une charge de premiere ligne.
A ne pas manquer, surtout a l’occasion d’un grand tournoi, ambiance garantie !

Les media locaux tout comme les spectateurs s’interesseront beaucoup a nous, ce qui nous a
valu des articles en presse locale… c’etait assez drole, les gens nous interpellaient dans la rue
pour nous montrer les photos dans le journal.

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Interviews


INTERVIEW SECRETAIRE GENERAL DE LA FEDERATION NATIONALE DE KABADDI


Q- Combien y a-t-il de pratiquants de Kabaddi en Inde?
R- Environ 7 à 8 millions de personnes qui jouent au Kabaddi en Inde. Pour le nombre de clubs,
c’est un peu diffcile car ca se compte en miliers. Dans l’Etat du Kerala dans lequle nous nous
trouvons, il y a déjá plus de 2000 clubs.

Q- Si vous aviez un message à donner aux francais…
R- Depuis des décennies, les indiens et les francais ont de très bonnes relations et s’apprécient
beaucoup. Je demande aux Francais de populariser cet excellent sport. Et si vous les Francais
pouviez nous donner des opportunités de venir jouer en France, nous serions trés heureux.


INTERVIEW PRESIDENT DU COMITE D’ORGANISATION DU TOURNOIS INTER-DISTRICTS
DU KERALA
KL POLUS

Q- Pouvez-vous présenter ce tournoi ?
R- Pour la premiére fois la petite ville de Pulpali accueille le tournois inter-districts du Kerala. Il
s’agit pour 28 équipes, dont 14 de femmes et 14 d’hommes de concourrir pendant deux jours
pour gagner ce tournois. La premiére etape pour chaque équipe consiste à passer le premier tour
pour acceder en quarts, puis en demi et enfin pour les meilleurs en finale. A l’issue du tournois,
des joueurs et joueuses seront sélectionnés pour faire partie de l’équipe de l’Etat du Kerala.
Q- Quel est votre sentiment sur le déroulement du tournoi ?
R- C’est un success. Les gens sont contents et le disent au comité. Plus de 5000 personnes sont
venues y assister.

Q- Comment se finance une telle organisation ?
R- C’est le comité d’organisation qui finance tout. Nous ne demandons pas d’argent aux
participants et aux spectateurs. C’est nous qui prenons tout en charge.
(nous n’avons observe aucun sponsor, hormis ceux des equipes presents sur leurs maillots)



INTERVIEW JOUEUSE DE ASWATHY RAGUNATH

Aswathy a 20 ans, etudie a l’universite de Calicut et a un gros palmares sportif avec notamment
une selection pour les Jeux d’Asie en altherophilie. En Kabaddi, elle fait partie des meilleures
joueuses du Kerala.

Q- Bravo vous avez gagné ce tournois ! Peux-tu expliquer comment vous avez abordé les deux
derniers matchs?
R- En finale nous avons recontré l’équipe de Ernakulam qui est une bonne equipe et qui nous a
battu l’annee derniere alors que nous etions championnes en titre. Il y avait eu des discussions
sur les points et finalement nous avions été declarée perdante. On avait trouvé ca injuste.
Nous avions une revanche a prendre et nous avons été meilleures. Cette fois c’est nous qui
avons la coupe.

Q- Quelle fut la tactique de l’équipe pour gagner la finale ?
R- Il y a beaucoup de tactiques. Le back kick et le full Kick en attaque… mais on préfère souvent
le back kick car on peut plus facilement eviter les plaquages apres le mouvement. En defense, il
s’agit d’etre tres vigilante pour eviter d’etre touchee et essayer de plaquer des qu’il y a une
opportunite pour mettre l’attaquant out. Il faut donc etre tres solidaire.

Q- Ton coach nous a dit que tu es championne d’altérophilie – considères-tu que c’est un atout
pour jouer au Kabaddi ?
R- Oui car l’altérophilie aide à etre musclée et permet d’avoir de la puissance. Dans le Kabaddi,
nous avons besoin de cette puissance pour etre bon en attaque car lors du plaquage, sa
puissance peut permettre de revenir en arriere toucher son camp et ainsi marquer des points.

Q- Quelles sont selon toi les qualités d’un bon joueur de Kabaddi ?
R- Le kabaddi developpe puissance, force, vitesse et astuce. C’est un jeu dans lequel on
porgresse vite. On se sent porte par l’ambition de toute une equipe. Tout le monde peut jouer
quelque soit sa caste et sa religion. Le kabaddi est un sport traditionnel indien qui appartient a
tous les indiens et qui est tres ludique.

Q- Est-ce que les hommes et les femmes jouent ensemble ?
R- Non. Notre culture n’est pas comme celle des occidentaux et en plus il s’agit d’un sport de
contact. Notre culture nous ne le permet pas. Nos parent s’y opposeraient. Vous savez, nous
sommes libres mais selon les lois de notre culture, ce ne serait pas possible, ce serait quelque
chose de “criminel” avant le marriage.

Q- Que pensez-vous du jeu des garcons ?
R- Nous essayons d’apprendre du jeu masculin, des tactiques utilisees. Et bien sur nous les
supportons aussi. De meme, ils nous supportent et nous aident en nous donnant des conseils. Ils
sont comme des freres pour nous.
Q- Cela fait quelques semqines que nous sommes en Inde et c’est la premiere fois que nous
voyons des femmes en short…
R- En effet, les parents ont leur mots a dire. S’ils soutiennent leur fille pour qu’elle joue au
kabaddi en short alors c’est possible. Mes parents me supportent donc je peux mettre un short.
(elle se met a rire).

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