1 ER CONCOURS INTERNE DE PROFESSEUR DES ECOLES

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                         EPREUVE ORALE D’ADMISSION




                                     Thème du dossier :

       En quoi l’apprentissage des gestes de premiers secours favorise-t-il le

                            « dire, lire, écrire » au cycle 3 ?




Ce travail est le récit succinct d’expériences et de pratiques pédagogiques menées lors de

l’apprentissage des gestes de premiers secours au cycle 3. Il me paraissait important de

montrer comment cet apprentissage particulier pouvait faciliter la maîtrise du langage et de la

langue française.




                                       SOMMAIRE




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1. INTRODUCTION.



2. LES ACTIVITES MENEES EN CLASSE.

  2.1 PREVENIR

     2.1.1   LECTURE D’ AFFICHE

     2.1.2   REGLEMENT DE LA COUR

  2.2 PROTEGER

     2.2.1   ACCIDENT ELECTRIQUE

  2.3 ALERTER

     2.3.1   DECOUVERTE DU MESSAGE

     2.3.2   ECRIRE LE MESSAGE

  2.4 INTERVENIR



3. EVALUATIONS



4. UN PROJET FINAL : LA VISITE DE LA CASERNE DES POMPIERS




5. CONCLUSION




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En quoi l’apprentissage des gestes de premiers secours favorise-t-il le « dire, lire, écrire » au

cycle 3 ?



1. INTRODUCTION

Dans la chaîne des secours en France, dont l’organisation est performante, le « maillon alerte et premiers

gestes de secours » est le plus fragile parce que le public n’est pas suffisamment éduqué.

Dans le cadre de l’éducation à la santé et à la citoyenneté, l’école peut susciter, dès le plus jeune âge,

l’acquisition de compétences et de comportements qui permettent le développement de la solidarité et de la

prévention des risques.

Tout citoyen doit pouvoir porter secours. L’école forme des citoyens, elle se devait donc d’apprendre à

porter secours.

L’apprentissage des gestes de premiers secours apparaît dans les Instructions Officielles dès 1995 puis en

1998, avec un livret nommé « Apprendre à Porter Secours » ( Toulemonde B. / Menard J. )

Dans les nouveaux programmes de février 2002, au cycle 3, les « principes simples de secourisme » font

partie du programme des sciences expérimentales et technologie.

D’autre part, le Bulletin Officiel n°46 du 11/12/03 oriente la formation des enseignants et des enfants. Il

engage à développer chez les élèves « des comportements citoyens et de solidarité », à faire acquérir

« des savoirs et savoir-faire dans la gestion des situations d’incidents ou d’accidents de santé, en prenant

appui sur les programmes d’enseignement ».

Ainsi, ils permettent aussi de développer des compétences dans d’autres disciplines comme l’étude du

langage et de la langue française. Cette partie doit être pour les enseignants du cycle 3 « la priorité des

priorités et une préoccupation de tous les instants ».

C’est pourquoi, je me suis demandé en quoi l’apprentissage des gestes qui sauvent pouvaient-ils favoriser et

améliorer la maîtrise du langage et de la langue française.




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Je suis sous-officier de Sapeur-pompier volontaire au Centre de Secours Principal de Vittel et Moniteur

National de Premiers Secours, c’est à dire que j’enseigne les gestes de secourisme aux Sapeurs-pompiers et

ceci à tous les niveaux requis.



J’ai mis à profit mes compétences de moniteur dès 1995 en formant les enseignants et les aides-éducateurs à

l’A.F.P.S. (Attestation de Formation aux Premiers Secours). Au début, hors temps scolaire et maintenant,

avec l’aval de mon Inspecteur de Circonscription, lors d’animations pédagogiques.

Depuis cette année, l’Inspection Académique des Vosges et le Service de Santé Scolaire ont fait appel à moi

pour former les enseignants au dispositif A.P.S. « Apprendre à porter secours » régit par le Bulletin

Officiel cité ci-dessus.

Pour moi, l’enseignement des gestes de premiers secours aux adultes et aux enfants est une véritable

passion et j’ai récemment réalisé mon propre site Internet (http://perso.wanadoo.fr/Vitelium/ ) qui permet

aux enseignants de mieux aborder cet apprentissage du cycle 1 au cycle 3.



J’ai commencé à enseigner les gestes de premiers secours au cycle 3 voilà maintenant 3 ans et je vais

aborder plusieurs exemples. A travers ceux-ci, on pourra observer des pratiques pédagogiques mises en

place lors de l’apprentissage des gestes et des comportements dans une classe de CE2.

J’apporterai à chaque fois une réflexion personnelle.




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2. LES ACTIVITES AU CE2

Les compétences à acquérir par les enfants à l’école primaire sont classées en 4 catégories qui sont :

        -   prévenir l’accident.

        -   protéger du suraccident.

        -   alerter les secours.

        -   intervenir auprès d’une victime.

2.1 PREVENIR

J’ai mené deux activités dans ce domaine : une lecture d’affiche et l’écriture d’un règlement de cour.

2.1.1 La lecture d’affiche.

Cette affiche avec un slogan porteur « pas de héros sans casque, pas de vélo sans casque » a suscité de

nombreuses réactions de la part des enfants. D’un coté, les enfants qui portent déjà un casque en faisant du

vélo et de l’autre, les enfants qui n’en porte pas. Après un travail de découverte et de lecture d’image, un

débat s’est installé et les enfants ont eu à argumenter, à critiquer et à expliquer leur pensée. La plupart

d’entre eux ont alors reconnu le nécessaire port du casque à vélo. Une trace écrite créée par les enfants a

suivi le débat.

2.1.2 Le règlement de la cour.

En partant d’un incident ayant eu lieu dans la cour, les enfants en petits groupes ont écrit des phrases sous la

forme de, « dans la cour, je dois….. », de façon à vivre la récréation en toute sécurité. Chaque groupe a

ensuite présenté ses phrases et un débat s’est ouvert pour retenir les propositions les plus intéressantes. Les

enfants ont alors proposé d’écrire un règlement de cour. Celui-ci a été élaboré en groupes puis présenté

sous formes d’affiches.



Dans ces 2 activités, on remarque bien que les enfants ont eu à s’exprimer pour évoquer leurs pensées et

leurs intentions. Mon rôle a été de gérer le débat en calmant les ardeurs de certains mais aussi en faisant

parler les plus effacés. Ecrire dans la seconde activité a été une demande des enfants, ils ont souhaité mettre

sur papier leur propre règlement. On voit bien ici que l’écrit a été ressenti comme un besoin et que ces 2

thèmes porteurs les concernaient personnellement.




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2.2 PROTEGER

Les activités que je propose pour les catégories qui vont suivre font appel à la mise en place de « faux

accidents » que l’on peut aussi appeler « cas concrets » ou « mises en situation ». Les enfants sont placés

devant un accident qui vient de se passer, ils doivent observer puis agir.



2.2.1 L’accident électrique

Une simulation d’électrisé est mise en place et les enfants, individuellement, vont observer puis écrire sur

une fiche ce qu’ils voient. Après une phase collective où ils vont lire leurs observations et argumenter, je

décris précisément la situation de façon à ce que chacun ait une vision commune de l’accident. Je demande

ensuite aux enfants d’écrire ce qu’ils feraient s’ils devaient agir. Après une lecture collective des écrits et un

débat, j’agis sur cette situation d’électrisé en tant que secouriste. Une discussion va alors suivre mon

intervention pour expliquer la priorité du PROTEGER dans les gestes de premiers secours ( pourquoi ?

quand ? qui ? comment ? …).

On note ici que cette activité mobilise les 3 compétences « dire, lire, écrire » et ainsi leur permet de mieux

appréhender cette situation inhabituelle et de commencer tout doucement à structurer leurs connaissances.



2.3 ALERTER

L’alerte est retrouvée dans tous les cycles et reste l’élément indispensable dans cet enseignement.

2.3.1 Découvrir le message d’alerte.

Un cas concret est mis en place devant les enfants. Ils sont invités à écrire sur leurs fiches ce qu’ils

observent. Après un débat collectif, je demande aux élèves d’écrire ce qu’ils diraient aux secours dans cette

situation. C’est un travail difficile car il nécessite de décrire une situation avec précision, de se présenter et

de donner beaucoup d’informations en peu de temps. La lecture des écrits faite par les enfants me permet de

découvrir leurs représentations et leurs manques. Je demande ensuite à la classe d’être attentive à tout ce

que je vais dire lorsque je vais agir en tant que secouriste.

Un questionnement-débat va alors s’enchaîner de façon à ce que les enfants retrouvent et reconstruisent

avec moi le message d’alerte. Une trace écrite suivra pour parler des divers numéros de secours disponibles

et du contenu du message.


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Alerter permet tout un travail d’oralisation (description et présentation), d’acquisition de vocabulaire

spécifique, de comportements. C’est une partie difficile qui est d’ailleurs travaillée depuis la maternelle et

qui nécessite une pratique régulière. Mais la théâtralisation de l’accident permet à l’élève de rentrer

rapidement « dans la peau du secouriste » et d’être efficace.



2.3.2 Ecrire à partir de coupures de journaux.

Je me suis aperçu que les messages d’alerte réalisés par certains enfants étaient très riches alors que

d’autres étaient trop succincts. C’est pourquoi j’ai mis en place un exercice à base de faits divers de

journaux. Chaque enfant reçoit un extrait de journal et après lecture, il va devoir dégager les éléments

nécessaires à la construction d’un message d’alerte. Puis chacun aura à le rédiger en respectant les 5 parties

du message. Ce travail va permettre aux enfants de rechercher des indices, de les trier, de les structurer,

d’écrire et permettra aussi à l’enseignant de vérifier certains acquis.



2.4 INTERVENIR AUPRES D’UNE VICTIME

Le programme du Bulletin Officiel fixe les compétences à acquérir par les enfants et nous demande, entre

autre, de traiter les saignements, les brûlures et les traumatismes. Ces 3 sujets demandent aux enfants

d’acquérir un savoir-faire rapide et efficace. Pour ma part, j’ai abordé ces notions dans le prolongement des

leçons de sciences. J’ai traité par exemple, les traumatismes en prolongement de la séquence sur les os. J’ai

demandé aux enfants de créer leur trace écrite sur le cahier d’expérience et de rajouter ce qu’ils devraient

faire en cas de traumatisme d’un membre. C’est une façon de générer de l’écrit personnel et de structurer

un savoir. La mise en pratique individuelle du geste à accomplir a été un moment fort où chaque enfant

s’est senti responsable de l’autre. Par exemple, chaque enfant devait appliquer la technique des 3A

(Appuyer / Allonger / Alerter ), pour un saignement important (travail par groupe de 2).




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3. EVALUATION

Chaque enfant va devoir être secouriste au sein d’un « faux accident ». Cette étape va me permettre de

vérifier l’acquisition des principes de Protéger, Alerter et Intervenir. Tous les élèves de la classe seront

évalués ainsi. La mise en place et le déroulement se font de la manière suivante :

        -       un enfant est victime, il a reçu des consignes précises de façon à jouer correctement son rôle et

                à rendre le cas concret plus vraisemblable (théâtralisation).

        -       Un ou deux enfants sont secouristes, un réalise les gestes appropriés et l’autre donne l’alerte.

        -       Deux enfants sont secrétaires, ils ont un tableau présentant les diverses actions que les

                secouristes doivent accomplir et vont lire puis vérifier qu’elles ont été réalisées.

        -       Le reste de la classe observe (spectateur) et va ensuite donner son opinion.

Avant le démarrage, j’amène les enfants à reformuler leurs consignes et je demande aux enfants spectateurs

ce qu’ils feraient dans cette situation.

Durant le déroulement du cas concret, chaque enfant est acteur soit en lisant, soit en observant, soit en

mobilisant les compétences prévues par l’objectif de la mise en situation. Seul l’enfant secouriste est évalué

et il en est informé.

A la fin de la séquence, les spectateurs et les secouristes vont donner leur avis sur ce qui s’est passé et les

secrétaires vont lire les gestes qui étaient prévus afin d’évaluer leurs camarades.

Un débat va alors s’installer pour savoir si les secouristes ont été efficaces. Ce débat permettra de critiquer,

de féliciter, d’argumenter sur ce qu’ils auront tous vécu. Dans le cas où un geste aura mal été fait, il est de

mon ressort de demander à l’enfant de rectifier son geste de façon à ne pas rester sur un constat négatif.

Dans ce type de travail, même les élèves les plus faibles ont la possibilité de s’exprimer.

La transversalité des activités de premiers secours permet l’acquisition de compétences propres à la

maîtrise de la langue. Le fait de « jouer » au secouriste et de donner un rôle à chacun facilite l’acquisition

de celles-ci.




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4. ETAPE FINALE : LA VISITE DE LA CASERNE DES POMPIERS

La finalité du projet des premiers secours à l’école peut se concevoir de multiples façons. Pour ma part avec

une classe de CM1, j’ai visité une caserne de Sapeurs-Pompiers.

Cette visite a vu la mise en place d’un travail préparatoire conçu pour préparer les questions qui pouvaient

émerger. L’après visite a été pour moi support à des situations de dire/lire/écrire.

Dans une programmation d’activités, on peut relier facilement les différentes disciplines de l’école primaire

avec les premiers secours. Je ne présente ici que les activités ayant eu lieu dans le cadre de la maîtrise du

langage et de la langue française :

    a. écrire la lettre de demande de visite de la caserne des pompiers.

    b. écrire la lettre de remerciements.

    c. Inventer une question sur le domaine des sapeurs-pompiers et la poser lors de la visite, écrire la

         réponse et la présenter au retour en classe à ses camarades.

    d. Ecrire un article qui paraîtra dans le journal scolaire.

    e. Légender les photos prises lors de la visite (B2i ) pour une exposition à la BCD.

    f.   Utiliser le vocabulaire spécifique des sapeurs-pompiers.

    g. Etude du livre de littérature jeunesse : « je serai pompier » ( Anne Marie Desplat)

    h. Ecriture de fiches - réflexe sur l’alerte en cas d’accident et élaboration de l’évacuation des locaux

         de l’école en cas d’incendie. ( en cas d’incendie, je dois …..).

Grâce à ce projet motivant les enfants, ceux-ci ont écrit, lu et parlé sans en sentir l’obligation. Ce ne sont

pas des exercices « à vide ».

Je souhaite préciser que la motivation et le plaisir qu’ont les enfants de découvrir le milieu des sapeurs-

pompiers ont beaucoup joué dans la réalisation des écrits.

D’autre part, je ne saurai terminer cette présentation sans parler de l’éducation civique qui reste un pôle

fondamental dans la formation aux gestes de premiers secours. Savoir porter secours est un acte citoyen. Il

s’agit de s’occuper des autres.




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5. CONCLUSION

L’apprentissage des gestes de premiers secours reste un moment fort de l’année et je peux dire qu’il a

enrichi ma pratique pédagogique. Avec la mise en place des diverses activités, je peux montrer que ce

thème du secourisme a motivé les enfants, les a fortement intéressés et a surtout mobilisé leurs compétences

d’expression orale, de lecture et d’écriture. Le plus souvent, les élèves n’ont pas eu l’impression de réaliser

des travaux scolaires car ceux-ci avaient une finalité concrète.

De plus, les enfants apprennent des gestes et des comportements à leurs yeux réservés à l’adulte, qui les

grandissent, les responsabilisent et les rendent encore un peu plus citoyens.

Ils jouent des situations d’adulte.

Il ressort de ma réflexion qu’apprendre les gestes de premiers secours facilite le « dire, lire et écrire » par la

motivation et la possibilité de chacun de pouvoir s’exprimer lors des activités mises en place.

Le possible prolongement, que nous ne traiterons pas ici, est l’éducation à la citoyenneté qui est aussi

largement facilitée par l’apprentissage des gestes de premiers secours.




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