vizaiv italie grande guerre by eEDv5N0

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									Disciplines : Histoire et Littérature italienne
Auteurs : Aurélien Fayet et Eros Grossi, professeurs au Convitto nazionale Vittorio
Emanuele II, Roma
Niveau : 2ème année du Triennio


Thème du programme ESABAC : La Première Guerre mondiale et ses conséquences
Titre de l’unité didactique : Rhétorique et culture de guerre
Problématique de l’unité didactique : Comment se met en place une culture de guerre en
France et en Italie?


Ressources documentaires :


   -   Roman d’Emilio Lussu, Un anno sull’altipiano, 1938
   -   Powerpoint commun Littérature italienne/Histoire




Matériel nécessaire à la séquence : photocopies, vidéoprojecteur


Objectifs disciplinaires :


- connaître l’expérience des combattants français et italien dans la Première guerre mondiale
- connaître le débat italien entre interventionnistes et neutralistes
- connaître et manier le concept historiographique de « culture de guerre »


Objectifs interdisciplinaires pour le professeur de littérature italienne :


In occasione del 150° anniversario dell’Unità d’Italia, ho scelto di celebrare questa ricorrenza
attraverso un libro la cui cifra stilistica è sicuramente la scarsa propensione alle celebrazioni.
Nato come libro di memorie, almeno nelle intenzioni dell’autore, Un anno sull’altipiano di
Emilio Lussu è un’opera che consente allo studente di capire non solo le atrocità del primo
conflitto mondiale, ma anche di comprendere perché nel dibattito storiografico italiano ha da
tempo preso piede quella vulgata che vuole le trincee della Grande Guerra come una delle
principali palestre di formazione della coscienza nazionale italiana (al pari della funzione
che hanno rivestito i banchi scolastici).

La necessità poi di integrare questo lavoro con un approccio interdisciplinare, che mettesse
a confronto il contesto di guerra francese e italiano, è nata da due esigenze strettamente
correlate. La prima rimanda alla peculiare natura del tipo di scuola in cui quest’anno mi sono
ritrovato ad insegnare: il Liceo Classico Europeo. Infatti, almeno stando alle intenzioni del
progetto ministeriale che ne sancì la sperimentazione a partire dall’anno scolastico 1993-
1994, il Liceo Classico Europeo “esige la formazione di una coscienza europea”mediante
l’individuazione delle radici comuni della cosiddetta “cultura europea”. La seconda ragione
nasce, invece, dall’esigenza di venire incontro ad un bisogno che nel sistema scolastico
italiano stenta ancora ad affermarsi: ovvero, ridurre l’isolamento disciplinare in cui di norma
lavora l’insegnante italiano, il quale se ne sta chiuso nel fortino della sua disciplina e diffonde
soltanto un sapere di stampo nozionistico, al fine di favorire una crescita della dimensione
metodologica e interdisciplinare.

Notions et noms à expliquer :
Culture de guerre, tranchée, Front, Arrière, Interventionnisme, neutralisme, futurisme.


Savoir-faire :


   -      Etude historique d’une œuvre littéraire
   -      Initiation à la méthode de composition
   -      Organiser une argumentation en français et en italien
   -      Méthode du commentaire d’un ensemble documentaire
   -      Faire le lien entre cours de littérature et cours d’histoire


Objectifs linguistiques :
Passer du français à l’italien de manière fluide dans la compréhension orale et écrite et dans
l’expression écrite


Français                                            Italien
Arrière                                             Retrovie
Bourrage de crâne                                   Propaganda
Consentement                                        Consenso
Culture de guerre                                   Cultura di guerra
Front                                               Fronte
Guerre totale                                       Guerra totale
Journal de tranchée                                 Giornale di trincea
Mobilisation                                        Mobilitazione
Mutinerie                                           Ammutinamento
Patriotisme                                         Patriottismo
Tranchée                                            Trincea
Liens utiles :

Les soldats italiens dans la Grande Guerre : http://www.cimeetrincee.it/

DÉROULEMENT DES ACTIVITÉS :


Organisation de l’activité : cette activité est le fruit d’un travail mené en interdisciplinarité


avec le professeur de littérature italienne. L’activité est partie de l’étude du livre d’Emilio


Lussu, un anno sull’altipiano, étudié en cours d’italien. Outre l’étude du livre de Lussu, les


élèves ont lu Addio alle Armi d’E. Hemingway et le documentaire de RAI-Trade "La Grande


Guerra" (réalisé par Giovanni Minoli). Les élèves ont ensuite présenté des exposés oraux en


italien sur différents thèmes liés à la Grande guerre. Dans un deuxième temps, une synthèse


du cours sur la Grande guerre a été distribuée sous forme de composition (voir document ci-


joint) en français. Les élèves devaient donner un titre aux différentes parties et dégager le


vocabulaire spécifique au sujet. Dans un troisième temps, une leçon dialoguée a été menée


par les professeurs de littérature italienne et d’histoire en français avec un support


powerpoint (ci-joint) sur la « Rhétorique et la culture de guerre en France et en Italie ». Le


cours se faisant en alternance en français et en italien. Enfin, une épreuve commune de


deux heures a été organisée sur le modèle de l’étude d’un ensemble documentaire composé


d’un document en français et de trois documents en italien. L’épreuve a été rédigée en


italien mais devait suivre la méthode EsaBac (réponse organisée). Le professeur d’histoire a
évalué les connaissances historiques et l’application de la méthode tandis que le professeur


d’italien a évalué la qualité de l’expression et de l’argumentation.
Fiche professeur : Cours sous forme de composition (les élèves n’avaient pas le titre des
parties)
                                 Français et Italiens dans la Grande Guerre

La Grande Guerre ouvre le bal des grands conflits du XXe siècle, siècle le plus meurtrier de l’histoire des
hommes. Le conflit débute le 3 août 1914 pour les Français, le 23 mai 1915 pour les Italiens et se prolonge
jusqu’à la capitulation des empires centraux en novembre 1918. Français et Italiens expérimentent une
nouvelle forme de guerre, caractérisée par une mobilisation généralisée des sociétés tant sur le plan militaire
qu’économique, social et culturel : c’est une guerre totale. Peut-on pour autant considérer les expériences
française et italienne de la guerre comme similaires ? Quelles sont les ressemblances ? Quelles sont les
différences ? Pour répondre à ces questions nous étudierons dans un premier temps les causes de l’entrée en
guerre des deux pays puis l’expérience des combattants sur le front avant de voir enfin l’implication des civils
dans la guerre.


I / Les causes de la guerre

    A. La mise en place d’une « culture de guerre » ?

De nombreux spécialistes de la Grande Guerre expliquent l’adhésion des populations européennes à l’ordre de
mobilisation militaire par la mise en place d’une culture de guerre, c’est-à-dire un ensemble de valeurs et
d’idées légitimant la guerre. Les idées de patrie et de nation sont sans doute les valeurs centrales de cette
culture de guerre. Que ce soit en France ou dans le jeune royaume d’Italie, le nationalisme connaît une forte
vitalité au début du XXe siècle. Cependant, il est plus répandu en France où le processus de construction
nationale est ancien. Ainsi, la ligue de la patrie française comptait 300 000 adhérents en 1900 alors que la
société italienne Dante Alighieri ne comptait que 30 000 adhérents en 1905. On peut toutefois remarquer que
la sociologie du recrutement est comparable : étudiants, enseignants, fonctionnaires, militaires, c'est-à-dire les
élites du pays, portent et diffusent le patriotisme.

    B. Les buts de guerre

Les buts de guerre pour les Français et les Italiens sont comparables dans le sens où il s’agit de revendications
territoriales à même d’achever le processus d’unification nationale. Dans le cas français, il s’agit de reprendre à
l’Allemagne les provinces perdues en 1871, l’Alsace et la Moselle. La défaite avait donné naissance à un
« esprit revanchard ». Face à l’Allemagne, la France a donc constitué un système d’alliance qualifié de « Triple
entente » avec la Russie et le Royaume-Uni. En Italie, le nationalisme italien considère l’unité du pays
inachevée et revendique les terres irrédentes comme le Trentin, l’Istrie ou la Dalmatie possessions austro-
hongroises. Paradoxalement, les Italiens faisaient partie de la « Triple Alliance » aux côtés de l’Allemagne et
de l’Autriche-Hongrie en raison des rivalités franco-italiennes à propos de la Tunisie. Cependant, les
négociations du pacte de Londres en avril 1915 poussent l’Italie dans le camp de l’Entente qui lui promet des
concessions territoriales importantes au détriment de l’Autriche-Hongrie (Trentin, Istrie, Dalmatie) et de
l’Allemagne (colonies africaines).

    C. Les entrées en guerre

Ce sont ces systèmes d’alliance qui conditionnent le déclenchement de la guerre en 1914. En effet, suite à
l’assassinat du prince François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la
Serbie alliée de la Russie qui entre en guerre contre les Autrichiens. Par contrecoup, l’Allemagne déclare la
guerre à la Russie et la France mobilise à son tour pour soutenir son allié russe. L’Italie qui ne s’estime pas
tenue d’assister ses alliés, qui ne sont pas agressés mais ont fait le choix de déclarer la guerre, affirme sa
neutralité. Cependant, un parti interventionniste s’active pour entrer en guerre du côté de l’Entente et
rassemble des nationalistes mais aussi des socialistes en rupture de ban tels que B. Mussolini. Avec la
signature du Pacte de Londres, le gouvernement italien obtient la promesse de la part des Français et
Britanniques d’importantes concessions territoriales en cas de victoire finale. Le pays entre alors en guerre le
23 mai 1915 contre ses anciens alliés et contre l’avis du camp neutraliste composé de l’Eglise, des socialistes
et des syndicalistes. On remarque donc une différence fondamentale avec le cas français où après l’assassinat
de Jean Jaurès, principale figure du pacifisme internationaliste, le 31 juillet 1914, l’entrée en guerre fait l’objet
d’un large consensus dans la classe politique, y compris chez les socialistes et les syndicalistes, regroupée
autour du principe d’ « union sacrée ».

II. L’expérience du Front

    A. Une mobilisation sans précédent

Sur la totalité de la guerre, plus de 8 millions de Français et 5,6 millions d’Italiens ont été mobilisés, chiffres
sans précédents traduisant la radicalisation de la guerre. Les mobilisés ont entre 19, voire 18 ans après
Caporetto (« classe 1899 ») et 50 ans. On peut noter que de nombreux italiens immigrés en France ont
combattu sous l’uniforme français à l’instar de Lazarro Ponticelli (dernier « poilu » français disparu en 2008) ou
des petits-fils de Garibaldi engagés dans le premier régiment de la Légion étrangère avant de revenir dans leur
pays d’origine quand celui-ci entre à son tour dans le conflit. La Grande guerre constitue la première guerre de
masse : des hommes de toutes les origines sociales et géographiques se côtoient sur le champ de bataille de
bataille. On peut considérer que cette guerre parachève en France comme en Italie le processus d’unification
nationale en favorisant notamment l’acquisition de la langue nationale, langue de communication dans les
tranchées.

    B. Une guerre de tranchée

Contrairement aux plans militaires d’avant guerre, le conflit prend la forme d’une guerre d’usure, défensive,
fondée sur des bombardements à l’artillerie impliquant l’enterrement des soldats dans des tranchées afin de se
protéger. Les soldats français sont répartis sur un front de près de 800 km de la mer du Nord aux Vosges,
essentiellement en plaines ainsi que sur les théâtres d’opération secondaires (Balkans). Le front italien quant à
lui est situé en montagne dans les Alpes sur près de 700 km. La guerre de tranchées conduit au
développement de nouvelles armes : grenades, lance-flamme, gaz toxiques, chars d’assaut, bombardements
aériens. Le nombre des victimes croit en conséquence. Pendant la bataille de Verdun de février à décembre
1916, 160 000 soldats français et 140 000 soldats allemands perdent la vie. L’omniprésence de la mort, le
stress des bombardements, la difficulté du ravitaillement, transforment la perception des combattants qui
développent d’importants troubles psychologiques (« shell-shock ») dans ce qu’on appelle « l’enfer des
tranchées ». Cela pousse les soldats à développer une solidarité entre soldats autour des « groupes
primaires », les groupes de combattants soudés par la camaraderie (« Di che reggimento siete Fratelli ? »
poème Fratelli de Giuseppe Ungaretti). Toute une culture de tranchée se met en place avec son vocabulaire
(« poilus » pour les soldats, « boches » pour les Allemands), ses journaux (La Ghirba, Sempre Avanti en Italie,
l’écho des Gourbis en France par exemples), ses chansons (La chanson de Craonne, Addio padre e madre,
addio).

    C. Des signes de lassitude

Suite à de désastreuses opérations militaires comme le Chemin des Dames ou Caporetto en 1917, les armées
française et italienne présentent des signes de faiblesse liée au découragement des soldats. Ainsi à Caporetto
en novembre 1917, environ 300 000 combattants fuirent le champ de bataille transformant cette bataille en
déroute pour l’armée italienne (30 000 morts, 260 000 prisonniers). Après l’échec de l’offensive du Chemin des
Dames en avril 1917, une vague de mutineries traverse l’armée française. Les soldats expriment un ras-le-bol
à l’égard des offensives inutiles très coûteuses en vies humaines (près de 190 000 tués ou blessés lors de
cette dernière offensive). Les mutineries conduisent à plus de 500 condamnations à morts dont 54 furent
effectivement exécutées. Cependant, l’état-major répondit aux aspirations des soldats en améliorant le
quotidien des soldats et en mettant fin aux offensives inutiles. Sur la totalité de la guerre, 600 soldats français
et 750 italiens furent exécutés pour actes d’indiscipline, ce qui comparativement au nombre total de soldats
mobilisés, constitue un chiffre assez faible.

A cette forte mobilisation des soldats s’ajoute une mobilisation sans précédent des civils dans la guerre, ce qui
en fait la première guerre totale.

III. L’arrière entre en guerre

    A. La mobilisation économique et industrielle

La Grande guerre constitue la première guerre industrielle. Les besoins matériels sont énormes puisqu’il s’agit
d’équiper et de nourrir des millions de soldats, d’alimenter l’artillerie en canons et munitions. Le premier jour de
la bataille de Verdun par exemple, 1 million d’obus s’abattent sur le champ de bataille ! En 1914, le général
Joffre (chef d’Etat major français au début du conflit) réclamait 50 000 obus par jour alors que la réponse
industrielle était limitée à 14 000. En 1917, cette capacité de production est portée à 170 000 alors que les
besoins sont passés à 190 000. En France comme en Italie, c’est l’Etat qui est chargé de la planification
industrielle afin de répondre aux besoins de l’armée. La guerre contribue à la modernisation industrielle,
notamment en Italie qui rattrape son retard dans ce domaine (les investissements industriels passent de 78
millions de Lires en 1915 à 3 milliards en 1918). Renault et Citroën en France, Fiat en Italie fournissent
camions, chars d’assaut, avions. La firme de Turin qui employait 4000 ouvriers en 1914 en compte dix fois plus
en 1918. Le taylorisme est alors introduit en Europe afin d’améliorer la productivité des usines. Par voie de
conséquence, les Etats s’endettent en levant des emprunts nationaux et mènent des politiques inflationnistes.

    B. La mobilisation des civils

L’originalité de la guerre et l’implication nouvelle des civils dans la guerre. Les femmes notamment sont
intégrées à la mobilisation afin de remplacer les hommes partis au front. Elles occupent des emplois jusque-là
réservés aux hommes : « cheminottes », « traminottes » ou « munitionnettes ». En Italie, dans les usines de
guerre, la main d’œuvre féminine passe de 23 000 à 200 000. Les femmes qui doivent seules subvenir aux
besoins de la famille vont être souvent au cœur des mouvements sociaux de la période comme en Italie à Turin
en août 1915 puis à Milan et Novare à l’automne 1915 ou en France lors des vagues de grèves en 1917 liées à
la baisse du pouvoir d’achat. Les femmes sont aussi présentes sur le front comme infirmières, souvent au
risque de leur vie, et apportent un soin médical mais aussi moral aux soldats.

    C. La mobilisation culturelle

La mobilisation du pays passe par un intense travail de propagande qui sert la diffusion et le maintien de la
culture de guerre. En France comme en Italie, la propagande est diffusée par de multiples médias : affiches,
cartes postales, journaux, films d’actualité et s’appuie sur les mêmes thèmes : héroïsation du soldat, menace
étrangère, patriotisme,… Les intellectuels jouent un rôle actif dans la justification de la guerre. En Italie, de
nombreux intellectuels à l’instar de Gabriele d’Annunzio ont milité dans le camp interventionniste. En France,
des savants comme le sociologue Emile Durkheim sont chargés de légitimer juridiquement la guerre. Les
artistes inspirés par le mouvement cubiste sont également enrôlés par l’armée française afin d’utiliser leur
travail sur les formes pour améliorer les techniques de camouflage (les peintres Léger, Braque, Duchamp firent
partie de cette unité novatrice). L’association de l’art à la guerre témoigne de cet effacement de la distinction
entre Front et Arrière dans le cadre d’une guerre totale.




L’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 fait basculer le rapport de force en faveur des démocraties. En
novembre 1918, l’empire autrichien puis l’empire allemand signent l’armistice. Français et Italiens sortent donc
vainqueurs du conflit mais la victoire est coûteuse : 1,4 millions de Français et 600 000 Italiens ont péri aux
côtés de 7 millions de soldats européens et des colonies africaines, américaines, asiatiques et océaniennes.
Malgré une victoire commune, les conséquences de la Grande Guerre vont différer en France et en Italie. En
effet, dans cette dernière se diffuse le thème de la « victoire mutilée », l’irrédentisme est insatisfait et les
pratiques violentes développées au front vont s’insérer dans la société italienne d’après-guerre, le tout
contribuant à l’émergence du fascisme. Bientôt, Français et Italiens vont expérimenter une nouvelle guerre
mondiale, en tant qu’ennemis cette fois.
                                Prova comune d’italiano e
                                       di Histoire




                   Studio di un insieme di documenti (durata : 2 ore)

“Vivere la guerra : l’esperienza del fronte dei soldati italiani e francesi nella Prima
Guerra mondiale”

Documento 1 :




Documento 2 :

“Io ho voluto la guerra, per quel pochissimo che stava in me di volerla. Ho partecipato con
sincero animo alle dimostrazioni del ’15, ho urlato Viva D’Annunzio, Morte a Giolitti. […]
Certo le mie capacità militari sono poche: ma appena sento il rumore della battaglia, appena
i cannoni urlano nelle foreste, una specie di commozione sovrumana mi pervade l’anima:
appena la fucileria tambureggiante si fonde in un solo boato, l’ardore della lotta mi prende,
sotto forma d’un moltiplicarsi delle energie della volontà, del vigore fisico, della
spensieratezza e dell’entusiasmo. Chi fosse a leggere queste note non creda a una goffa
vanteria quando si troverà alla affermazione del mio dolore per la mancata partenza verso
Cima Dodici: è così: sotto il fuoco, presente, immediato, provo il tormento che prova ogni
animale nel pericolo: ma prima vi è solo il desiderio di fare, di fare qualcosa per questa porca
patria, di elevarmi nella azione, di nobillitare in qualche maniera quel sacco di cencio che il
destino vorrebbe fare di me. La mia vita è tutto un deviamento, uno sciupìo di meravigliose
facoltà”.
                                                     (Carlo Emilio Gadda, Giornale di guerra e di
                                                                                 prigionia, 1955)

Documento 3 :

“Il tenente colonello parlava lentamente, e beveva lentamente. Beveva a sorsi, come si
centellina una tazza di caffè.
   - Io mi difendo bevendo. Altrimenti, sarei già al manicomio. Contro le scelleratezze del
mondo, un uomo onesto si difende bevendo. È da oltre un anno che io faccio la guerra, un
po’ su tutti i fronti, e finora non ho visto in faccia un solo austriaco. Eppure ci uccidiamo a
vicenda, tutti i giorni. Uccidersi senza conoscersi, senza neppure vedersi! È orribile! È per
questo che ci ubriachiamo tutti, da una parte e dall’altra.”
                                                      (Emilio Lussu, Un anno sull’altipiano, 1938)

Documento 4 :

Nella guerra di trincea il combattente non rimane nudo e solo. Egli infatti trova
“inquadramento nell’istituzione militare, così come (in condizioni meno drammatiche) accade
alla recluta che entrando in caserma lascia alle spalle il mondo civile. Valga l’esempio della
depersonalizzazione del soldato, che l’istituzione persegue con l’azzeramento delle sue
qualifiche e condizioni civili e con un’egualizzazione coatta (dalla divisa all’imposizione di
regole e ritmi rigidi e talora privi di senso), per non lasciragli altra identità che quella militare
e altra collocazione che quella all’interno dell’istituzione. In condizioni più drammatiche, lo
stesso processo si riproduce in trincea, il soldato non ha alternativa all’identificazione con
l’istituzione e all’accettazione delle sue regole e gerarchie, a cui lo spingono anche
l’educazione all’obbedienza ricevuta e i sentimenti di dovere e patriottismo che può nutrire.
L’ufficiale diventa un punto di riferimento obbligato, la disciplina un elemento di
organizzazione necessario nella società chiusa della trincea, che non ha rapporti con
l’esterno, anzi guarda con rancore e distacco tutto quanto sta alle sue spalle. Il battaglione è
certamente una società provvisoria, nata dalla violenza che la guerra esercita sui soldati a
tutti i livelli, ma è pure una società concreta, che garantisce al soldato un inquadramento
adeguato alla realtà della guerra e gli fornisce valori e regole di vita sostitutive di quelle civili
che ha perso”.
                    (M.Isnenghi-G.Rochat, La Grande Guerra 1914-1918, Il Mulino 2008, p.288)

Prima parte: domande
1 – A partire dai documenti 1, 2 e 3, illustra quali sono le forme possibili di partecipazione e/o
consenso al primo conflitto mondiale.
2 – A partire dal documento 4, illustra in che modo il soldato viene spogliato della sua
identità civile per aderire alla realtà della guerra. Sfumare questa idea con esempi che
mostrano che il soldato conserva anche sul fronte la sua identità civile.

Seconda parte: risposta argomentata (metodo della réponse organisée francese)

Con l’aiuto dei documenti e delle tue conoscenze letterare e storicche, costruisci
un’argomentazione sul seguente soggetto: «Qual è la condizione dei soldati francesi e
italiani nella realtà delle trincee della prima guerra mondiale».

								
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