Rapport Final by xfpXVUwB

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									    GROUPE 9A


COMPTE-RENDU DE LA
   VISITE D’USINE
SOMMAIRE
Introduction

I. Présentation générale
I.1. Présentation de L’Oréal
I.2. Présentation de Fapagau

II. La chimie
II.1. Le département chimie
II.2. La chimie et les autres départements
II.3. La chimie à Fapagau

III. Qualité de Production
III.1. Historique de la Qualité de Production chez Fapagau
III.2. Comment assurer cette Qualité
III.3. Le fonctionnement sur la chaîne

IV. La politique industrielle
IV.1. Méthode « KANBAN »
IV.2. Méthode « SMED »

Conclusion
Introduction
   Nous avons effectué le vendredi 8 octobre 1999 une visite de l’usine Fapagau (FAbrication
de PArfums de GAuchy) à Gauchy, qui est l’usine de fabrication et de conditionnement des
parfums pour les marques du groupe L’Oréal, actionnaire à 79 % de l’usine.
   Aucune thématique n’ayant été fixée par L’Oréal, cette visite a permis d’aborder de
nombreux thèmes concernant l’entreprise, notamment l’organisation fonctionnelle de l’usine.
De plus, aucun ingénieur ne nous parraine dans le cadre de l’étude Fil Rouge. Nous
développerons donc, après une présentation générale de l’usine, plusieurs axes de réflexion
mis en évidence par les différents intervenants avec lesquels nous avons pu nous entretenir :
Monsieur le directeur Philippe Capoul, Monsieur Christophe Rauch, responsable qualité de
production, Madame Françoise Carissimo, responsable qualité chimie, Mademoiselle
Alexandra et Mademoiselle Nicoletta (ECP 96), responsable d’une unité de production.



I. Présentation générale
I.1. Présentation de L’Oréal
   D’un point de vue historique, le groupe L’Oréal fut fondé en 1907 par Eugène Schuller,
alors chimiste. Depuis lors se sont succédés à la tête de ce groupe 4 PDG seulement. Son
chiffre d’affaires, actuellement de 75 milliards de francs, repose à 85 % sur la vente de
produits cosmétiques. La progression du groupe, qui compte 42 usines et 102 centrales
d’expédition, est située entre 13 et 15 %. L’Oréal emploie ainsi 45000 personnes pour
produire 2,5 milliards d’unités par an.
   L’Oréal s’est positionné dans un secteur porteur et est actuellement leader mondial avec
une forte progression de son chiffre d’affaires depuis dix ans. C’est de plus un groupe qui
embauche beaucoup. Il se développe fortement à l’international et ses ventes se répartissent
ainsi :
     - 40 % en Europe
     - 27 % aux États-Unis
     - 15 % en Duty Free
     - 5 % en Amérique du Sud

   Pour cela, le groupe s’appuie sur une politique industrielle rigoureuse qui comporte
plusieurs objectifs :
    - maîtriser la capacité de production ;
    - réduire les coûts ;
    - accentuer la flexibilité en ce qui concerne le lancement des produits (pouvoir lancer un
      produit en 6 mois), la recherche (avoir dix ans d’avance), la recherche appliquée et le
      marketing ;
    - maîtriser les sources, c’est-à-dire les matières premières et les emballages ;
    - préserver l’environnement ;
    - assurer la sécurité des personnels et la qualité.
Cette politique est appliquée au sein d’une structure commune à tous les sites :



               E.T.N.S.E.                              logistique

sécurité environnement
                                            U.P                                         Achat
        Qualité
       emballage
                                                                          D.R.H.
contrôle chimie industrielle   C.I.U              D.A.F.       direction de l'administration et
                                                                   des finances



   Ceci permet de constater la diversité des métiers de l’ingénieur au sein du groupe L’Oréal,
allant de la conception à la commercialisation en passant par la production, tous les secteurs
s’interpénétrant mutuellement.
   La structure hiérarchique ne comporte que 4 à 5 niveaux ce qui permet d’évoluer
rapidement au sein du groupe (comme nous l’a montré l’exemple de Nicoletta, qui en 3 ans
est parvenue au poste de responsable d’unité de production).

   Quant aux principaux concurrents de L’Oréal, ils sont : Estée Lauder, Calvin Klein,
Chanel, Dior, mais L’Oréal a l’avantage d’être présent sur des marchés aussi nombreux que
variés.


I.2. Présentation de Fapagau
   Créée en 1986, l’usine Fapagau a pour spécificité la production de produits alcooliques
comme les parfums et les déodorants.
   À partir de 1990, L’Oréal a modifié sa politique de production à savoir que les sites
produisant auparavant tous les produits liés à une certaine marque se sont vus affecter la
production de produits spécifiques tels les shampooings ou les déodorants pour plusieurs
marques différentes. Cependant, Fapagau n’a pas été concernée par cette réorganisation car
elle est historiquement l’usine de fabrication des parfums.

   Fapagau emploie par ailleurs 217 personnes à l’usine et 37 à la centrale d’expédition afin
de produire 103 millions d’unités par an dont 59 millions d’échantillons.
   L’usine comporte 34 lignes de conditionnement avec l’enjeu de pouvoir changer le format
du produit sur une même chaîne. Ainsi, elle reçoit d’un côté les huiles essentielles que l’on
mélange avec l’alcool pour élaborer les parfums et d’un autre côté les emballages ; puis elle
conditionne les parfums élaborés avant de les envoyer à la centrale d’expédition. L’usine a
donc pour client cette centrale appartenant à L’Oréal et n’est donc pas soumise directement à
la concurrence. Son rôle est uniquement de produire un maximum d’unités au prix le plus bas
possible pour permettre à L’Oréal de dégager de meilleurs bénéfices après la phase de
commercialisation : elle constitue ce qu’on appelle une usine de coût. Le souci essentiel est de
réduire les coûts par différents moyens :
    - partenariats avec les fournisseurs pour améliorer les process (fidélisation des
      fournisseurs) sans intervenir au niveau de la qualité ;
    - gestion des stocks en flux tiré ;
    - réduction des frais de fonctionnement des divers services ;
    - optimisation de la chaîne de production pour augmenter les cadences.

   Le métier d’ingénieur peut donc se révéler à de nombreux stades de la production et de la
commercialisation d’un produit comme un parfum.
   Ainsi, dans la mesure où la commercialisation n’est pas intégrée dans l’usine Fapagau,
nous avons pu voir, grâce aux interventions des ingénieurs production et à la visite de l’usine
proprement dite, différents aspects de la production des parfums à Fapagau que nous allons
développer par la suite.



II. La chimie
II.1. Le département chimie
   Il contrôle les matières premières et la fabrication, à savoir ici vérifier que le jus mis dans
le contenant est conforme et qu’il est mis dans le bon flacon. De manière plus précise, il prend
en charge :
     - la réception, le contrôle et l’acceptation des matières premières grâce aux procédés
       suivants : IR (contrôle par infrarouge), UV (contrôle par ultraviolet), CPG
       (chromatographie en phase gazeuse) et HPLC ;
     - la mise au point du process et la rédaction des modes opératoires (le centre de recherche
       envoie les formules et les modes opératoires mais le process définitif reste à fixer) ;
     - le contrôle des fabrications : densité, teinte, aspect et odeur ;
     - le contrôle et la libération des produits finis selon les mêmes critères.


II.2. La chimie et les autres départements

                                                          Achats
                    R.A.D                                                   qualité
                      .

                                                                                  logistique

      D.G.T.                               C.I.U.
                                                                                      sous-traitance



                                                                            unités de production
                   D.G.A.

                                                      fabrication
II.3. La chimie chez Fapagau
   Les chimistes intégrés à l’équipe doivent faire preuve, outre d’un haut niveau de technicité,
de capacités olfactives développées. Les jus sont contrôlés à divers stades :
    - contrôle des parfumages : une dizaine de parfumeurs fournissent les essences de base,
      majoritairement synthétiques car l’exploitation d’essences naturelles est trop aléatoire
      (et chère aussi, certains d’entre nous ayant senti une essence de jasmin coûtant 30000
      francs le litre).
    - contrôle des jus : en plus des tests poussés comme les titrages, des prélèvements sont
      effectués et comparés du point de vue olfactif à des standards régulièrement renouvelés
      par des opérateurs. Nous pouvons affirmer qu’il faut avoir du nez pour sentir la
      différence puisque nous avons effectué quelques tests triangulaires sous la conduite de
      Françoise Carissimo.
    - Contrôles réalisés sur des appareils gérés et étalonnés par des personnels formés selon
      des méthodes écrites.
   Ceci a permis d’atteindre chez Fapagau un taux de BPC (bon du premier coup) de 98,5 %.



III. Qualité de Production
   Christophe Rauch, responsable pour la Qualité de Production dans l’usine, nous a présenté
son secteur qui constitue l’un des trois maillons principaux de la qualité chez Fapagau avec la
Qualité Commerciale (logistique) et la Qualité Fonctionnelle. Le rôle du département
« Qualité de Production » est de s’assurer de la conformité des produits aux spécifications
définies par L’Oréal.


III.1. Historique de la Qualité de Production chez Fapagau
   Fapagau possède depuis longtemps un Système Qualité interne sur lequel s’appuie la
production. Ce système s’agence notamment autour de manuels et des audits. Cependant
depuis 1994 Fapagau obéit à la certification ISO-9002 (Certification de l’Organisation
Internationale de Normalisation – modèle pour l’assurance de qualité en production,
installation et prestations associées). Fapagau dispose aussi de la certification AFAQ
(Association Française Assurance Qualité). Ce certificat est obtenu à l’issue de trois jours
d’audit effectués par deux auditeurs de l’AFAQ chaque année : vérification théorique mais
aussi pratique sur les chaînes et avec les employés. Si ces certifications garantissent d’abord
l’excellence des produits L’Oréal, elles permettent aussi à la firme d’accroître sa crédibilité
vis-à-vis de ses fournisseurs, auxquels elle demande de posséder les mêmes certifications.
III.2. Comment assurer cette Qualité
   L’objectif du Système Qualité est le zéro défaut qui n’est bien sûr pas toujours atteint, mais
reste toujours le but. Pour y arriver on suit le schéma suivant :
                 Formation                                    Formation
 Contrôle au     Assurance Qualité        Surveillance        La Maitrise de Qualité         Contat Qualité
 fil du lot                               Qualité                                            Certification ISO 9000




                                                                                                  Zero défaut
                                                                                                  Zero impasse
Le Système Qualité de Production s’organise de la façon suivante :


 Normalisation      Cahier des Charges (Articles de Conditionnement – Produits finis)
 de la Qualité      (procédure, methodes de contrôle)


                      Spécification       Référentiel de la conformité
                      de la Qualité       de productions en usine


                                            Réalisation          Qualité Articles de Conditionnement
                                            de la Qualité          Jus
                                                                   Assemblage

                                                                   Contrôle             Qualité
                                                                   de la Qualité



III.3. Le fonctionnement sur la chaîne
   Sur la chaîne de production du parfum « NOA » par exemple nous avons observé que :
    - des capteurs vérifient tout au long de la chaîne que le flacon est toujours présent, qu’il
      n’y a pas eu d’erreurs pendent des opérations de remplissage et de conditionnement ;
    - des rampes de sortie intermédiaires sont aménagées pour les produits défectueux ;
    - les opératrices pèsent certains flacons pour contrôler le remplissage.

   Résultat, le bilan qualité de Fapagau est excellent : Sur 50 millions de produits finis, seuls
cinquante ont été retournés pour vice de fabrication, dont la moitié pour un problème mineur
de pompe.
IV. La politique industrielle
   L’usine de Fapagau est dotée de 2 unités de production (UP) : l’UP Parfum et l’UP
Conditionnement. Elle comporte 33 lignes de conditionnement (dont 18 lignes automatiques,
4 micro-lignes…), dont la cadence va de 25 à 140 coups par minute.
On a pu observer la forme en U des lignes qui limite le déplacement des opérateurs (qui sont
jusqu’à 3 pour les lignes les plus importantes) et facilite la circulation des produits.


IV.1. Méthode « KANBAN »
   Comme de nombreuses entreprises, l’usine de Fapagau utilise le principe des « flux tirés ».
Cette méthode de production, appelée aussi « KANBAN », a pour but de produire en fonction
des ventes réelles et non en fonctions de prévisions. C’est une manière de s’adapter au marché
et de réduire la grosseur des stocks (car en plus dans le cas des parfums ceux-ci coûtent
chers). Ce principe implique une responsabilisation du personnel, qui est formé à cet égard.
En effet, ce fonctionnement est entièrement gérée par les conditionneuses qui, grâce à un
tableau, peuvent visionner l’état du stock et ainsi adapter la production. Un autre avantage du
« KANBAN » est l’apport d’une certaine flexibilité au niveau de la fabrication de nouveaux
produits. Concrètement le site de Fapagau, comme les autres usines de L’Oréal, a instauré une
chaîne entre les différents secteurs de l’entreprise (unité de production, logistique, centrale
d’achats, …), ce qui améliore encore l’efficacité de la méthode « KANBAN ».


IV.2. Méthode « SMED »
   À Fapagau, la méthode « SMED » a été mise en place : Celle-ci doit permettre de changer
les formats de production (de 10ml à 100ml, par exemple) le plus rapidement possible. Le
travail est délégué aux opératrices qui assistent donc à des formations. Là encore, des
responsabilités sont données au personnel. Un changement de format prend aujourd’hui 80
minutes et ce temps est en chute libre. Ainsi, le temps de production (nombre d’unités
produites par rapport au nombre théorique d’unités qui auraient été produites si la chaîne de
s’était jamais arrêtée) à Fapagau atteint les 70%, ce qui est important pour une usine de
parfums. En effet, la technicité du conditionnement occasionne de multiples arrêts de courte
durée. Le système « SMED » illustre bien la flexibilité d’une UP et permet à l’usine Fapagau
d’atteindre de bons résultats.



Conclusion
    Nous avons eu la chance de visiter une usine intégrant bien les diverses fonctions de
l’ingénieur. Et surtout, le point marquant est la recherche constante de flexibilité afin de
minimiser les coups de production et d’augmenter la productivité. Notons à ce sujet que
l’usine est socialement avancée puisque les opératrices travaillent 32 heures par semaine.
Finalement, la mise en œuvre des méthodes kanban et smed met en lumière le dynamisme de
l’unité de Fapagau.

								
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