le vivant 3

Shared by: 9Q1057zw
Categories
Tags
-
Stats
views:
1
posted:
3/24/2012
language:
pages:
11
Document Sample
scope of work template
							Qu'est-ce qu'être vivant ?

( grand cours comprenant trois leçons :
- Qu'est-ce qu'un être vivant ?
- Qu'est-ce qu'être malade ?
- Quel est l'objet de la biologie ? )

Introduction générale :

         Qu'est-ce qu'une catapulte ? c'est une machine de guerre où un système de poutres et
de cordes tordues, formant ressort, projette au loin de lourds projectiles. Qu'est-ce qu'une
machine ? C'est un corps physique composé de plusieurs parties solides (poutres, cordes) qui,
étant unies, s'accordent à produire quelques mouvements (la violente projection au loin) dont
elles ne seraient pas capables si elles étaient séparées. Et ces mouvements ressortissent à la
réalisation d'une fonction bien particulière (écraser l'ennemi sous une charge considérable ou
encore bombarder). Au principe du fonctionnement d'une machine, il y a donc un ingénieux
mécanisme, c'est-à-dire un assemblage de parties assemblées de l'extérieur par la main de
l'homme. Il y a d'ingénieuses machines qui ont l'apparence d'un homme, ce sont les
automates. Ainsi le mouvement de l'automate ne lui appartient pas en propre.
Opérationnellement, les "gestes" effectués ne renvoient à aucune intériorité qui présideraient à
la sélection de la fonction vitale à représenter. Sa gestuelle n'est que mouvement ; il ne peut
que mimer une préoccupation des intérêts vitaux. Sa mastication n'est pas nutrition ;
l'agitation de la cage thoracique n'est pas respiration. Cinétiquement, l'automate tient son
mouvement d'ailleurs (piles, etc…). Un mécanisme ne produit pas lui-même son mouvement ;
il le reçoit de l'extérieur (comme la meule du foin se meut par la communication du
mouvement du vent ou d'un flot). L'automate porte mal son nom car précisément, il n'est pas
autonome.
Etre vivant, c'est n'être pas un automate, une machine. C'est former un tout autonome et
réaliser des intérêts vitaux. C'est n'être pas indifférent au contexte dans lequel on pourvoit à sa
subsistance. Mais si être en relation avec un milieu, en interaction avec d'autres êtres vivants
caractérise le fait d'être vivant, l'automate, s'il n'est pas autonome, apparaît cependant plus
indépendant que l'être vivant. Mais persister à dire qu'être vivant, c'est former un tout
autonome, c'est ne pas dire grand chose…Il convient de préciser : Ce "tout", en quoi n'est-il
pas un simple agrégat d'éléments ? Quelles sont les propriétés inhérentes au tout ? En quoi
est-il plus que la somme de ses parties ? Ceci nous amène à poser la définition de l'être vivant.
Répondre à la question " Qu'est-ce qu'être vivant ?" exigera donc d'abord de se demander ce
qu'est un être vivant.
Naître, croître, périr, se conserver, se reproduire tout en étant promis à la mort, sont des
phénomènes vitaux qui donnent un contenu concret au fait d'être vivant. L'être vivant, défini
comme un tout, une organisation autonome, se distingue encore de la machine en ce qu'il peut
être malade. Une machine ne tombe pas malade mais en panne. La réparer, c'est restaurer le
rapport initial entre les différentes parties dont elle se compose. En revanche, être vivant, c'est
être susceptible d'autorégulation, de résolution par soi de ce problème de dysfonctionnement
interne. Mais la guérison est-elle simplement une autoréparation ? Etre vivant, ce peut-être
subsister dans un état pathologique. Tenter de spécifier ce qu'est qu'être malade ouvrira donc
une deuxième voie de réponse à la question "Qu'est-ce qu'être vivant ?" car les notions
d'altération et d'improvisation pourraient bien caractériser les phénomènes vitaux qui
s'effectuent coûte que coûte.
Mais en deça de la singularité de ces phénomènes vitaux, qui par leur souplesse, distinguent le
fait d'être vivant de celui d'être une machine vouée à réaliser une fonction dans des conditions


                                                                                                 1
bien précises, est-ce qu'il n'y aurait pas quelque chose de plus fondamental, quelque chose que
le substantif présent "vivant" manifesterait de façon dispersée, éclatée, dans la diversité des
êtres vivants ? S'il s'agit alors de répondre à la question "Qu'est-ce qu'être vivant ?" en
définissant le vivant par la vie, quel est l'objet de la biologie ?



               Qu'est-ce qu'un être vivant ?




    En posant cette question, on pose une question d'essence, c'est-à-dire une question portant
sur les caractéristiques immuables d'un objet. On appelle une définition, en l'occurrence, la
définition de ce qu'est un être vivant. Deux hypothèses s'offrent à nous :
A- L'adjectif "vivant" vient-il spécifier le terme d' "être" ? La question porterait alors sur une
    espèce d'être, un être qui serait, notamment "vivant", de même que, par exemple, il y a des
    tapis qui sont, notamment, bleus.
B- Ou bien "être" et "vivant" sont deux termes qui s'appellent réciproquement et être vivant
    serait à considérer comme un genre.
On est rapidement conduit à suivre cette deuxième voie si l'on considère ce que l'on qualifie
par être vivant. En effet, portent le nom d'êtres vivants, les végétaux, aussi bien que les
animaux et les êtres humains. Devant cette multiplicité d'êtres vivants, la question " Qu'est-ce
qu'un être vivant ?" interroge le genre commun à tous ces êtres.
L'élément commun évident est que ces différents êtres sont qualifiés de vivant parce qu'ils
sont en vie, parce qu'ils vivent. Or, en disant cela, on ne dit rien, puisque la question sous-
jacente à celle de la définition de l'être vivant est justement de savoir ce qu'il faudra entendre
par "vie".
Cette question peut se poser d'un point de vue scientifique. En effet, la seule discipline dont
l'objet spécifique est le vivant est la biologie. L'être vivant est en effet, l'objet propre de la
biologie, c'est-à-dire que l'être vivant est pris par le biologiste comme objet d'expérimentation
afin d'établir des lois, et des systèmes de lois, soit des théories. Ceci conduit à l'hypothèse
suivante : il suffirait sans doute de devenir biologiste pour être capable de définir ce qu'est un
être vivant.
Pourtant, dès que l'on s'en remet à la biologie, le problème se redouble. En effet, à la question
de la définition s'ajoute la question de la méthode d'investigation. Tenter de circonscrire ce
qu'il y a de commun à tous les êtres vivants du point de vue du biologiste est une voie de
recherche qui peut prendre deux directions distinctes, à savoir la question du comment, et la
question du pourquoi.
La question du comment s'attache à spécifier l'être vivant d'une façon que l'on peut qualifier
de mécanique car elle réduit le vivant à un processus de causes et d'effets physico-chimiques
et vise à en expliciter le fonctionnement. Or, cette optique suffit-elle à épuiser la question de
ce que pourrait-être l'essence, la caractéristique commune aux êtres vivants ? Cependant, si
l'on estime que le point de vue du fonctionnement est insuffisant pour répondre à la question
de ce qu'il faut entendre par "vie", en s'attachant au "pourquoi", à la raison d'être, à la finalité,
n'échappe-t-on pas au domaine de la recherche scientifique ?
L'alternative est donc la suivante : pour définir ce qu'est un être vivant, soit nous devenons
scientifiques, plus précisément biologiste, mais nous courrons le risque de ne jamais satisfaire



                                                                                                   2
notre projet. Soit nous échappons à la science en introduisant l'idée de finalité dans la
définition de l'être vivant.
Afin de dépasser ce problème, il conviendra tout d'abord de mettre au jour les caractéristiques
de l'être vivant, telles qu'elles sont communément reconnues et cela quel que soit l'axe de
recherche mentionné ci-dessus. Ensuite, nous nous attacherons plus particulièrement à
montrer la dimension limitative de la compréhension mécaniste de l'être vivant. Enfin, nous
dégagerons les concepts qui soulignent le paradoxe de la biologie.

I.     Quel que soit l'axe de recherche, n'y a-t-il pas des caractéristiques de l'être
       vivant communément reconnues ?

A- Si nous ne sommes pas en mesure de dire ce qu'est la vie, peut-être pouvons-nous établir
     ce que la vie n'est pas. Ainsi le terme qui semble immédiatement opposé à la vie est la
     mort. Or, qu'est-ce que la mort ?
Tout d'abord, il ne peut être de mort que pour un être qui a vécu. Il n'y a mort que s'il y a eu
naissance. Donc en caractérisant la mort, on caractérise déjà la vie. De la naissance à la mort,
l'être vivant naît, croît ou mûrit, dépérit et meurt. Pendant ce processus, l'être vivant se
nourrit. Il y est contraint pour vivre. Cela lui est nécessaire ; il ne peut en être autrement. A
l'exception de quelques êtres dont on dit qu'ils "vivent pour manger" (expression ironique
opposant désir et besoin), tous les êtres vivants doivent "manger" pour vivre. Certes, les
plantes ne "mangent" pas. Pour éviter cet anthropomorphisme, disons que tout être a besoin
pour vivre et croître de matière, soit recherchée, soit produite par lui-même. La plante procède
en effet à la photosynthèse et produit ce dont elle a besoin, tandis que les animaux et les
hommes doivent rechercher leur alimentation. Ainsi Bergson distingue-t-il le monde végétal
du monde animal dans L'évolution créatrice : " On sait que le végétal emprunte directement à
l'air, à l'eau et à la terre les éléments nécessaires à l'entretien de la vie, en particulier le
carbone et l'azote : il les prend sous leur forme minérale. Au contraire, l'animal ne peut que
s'emparer de ces éléments que s'ils sont déjà fixés pour lui dans des substances organiques
par les plantes ou par des animaux, de sorte qu'en définitive, c'est le végétal qui alimente
l'animal". Au-delà de la distinction faite ici par Bergson entre végétaux et animaux, il y a un
élément commun : "les éléments nécessaires à l'entretien de la vie". Le passage par la mort a
donc permis de dégager la vie comme processus. Entre les différents règnes, il n'y a qu'une
différence de degré.
L'idée de substance nutritive nécessaire à l'entretien de la vie nous met ainsi sur la voie d'un
dénominateur commun aux êtres vivants, mais l'adjectif "organique" n'est pas anodin et ne
semble pas devoir passer sous silence.

B- Le terme "organique" ouvre la voie d'une détermination positive de la vie. Le passage du
    texte de Bergson indique en filigrane qu'il n'y a de vie que là où il est question
    d'organique. nous sommes donc amenés à considérer la notion d'organisme. En effet, ici la
    "substance organique" se caractérise par son opposition au terme "minéral". La notion d'
    "organisation" serait-elle alors le maître mot de la vie, quelle que soit sa forme ?
Qu'est-ce alors qu'une "organisation" ? Par exemple, une organisation syndicale est une
structure hiérarchisée dans laquelle chaque membre syndiqué concourt à la même fin, en
interaction avec les autres syndiqués. En d'autres termes, toutes les parties concourent
simultanément au tout qui est l'organisation syndicale. Par analogie, un organisme se
caractérise comme ce dont chaque partie ne prend sens que par rapport aux autres parties de
l'organisme. A ce titre, l'organisme est un système. N' y a-t-il d'organisme que vivant ? Si l'on
compare une pierre et une fleur, la pierre, le caillou est un fragment de roche. La fleur n'est
pas un fragment ; elle est à elle toute seule un tout. La pierre n'est pas vivante, n'a ni


                                                                                               3
naissance, ni mort, tout au plus une transformation par l'érosion. Elle ne forme pas un tout
autonome. A contrario, ce qui forme un tout autonome est vivant.
Mais alors si l'on tire les conséquences de la notion d'organisme, de système, on pourrait
presque en venir à affirmer qu'il y a plus d'espèces d'êtres vivants que celles posées
précédemment (végétal, animal, humain). En effet, s'il suffit d'être un tout dans lequel chaque
partie est en interaction avec les autres, alors le monde lui-même est un être vivant, pour peu
que l'on soit leibnizien ! En effet, dans La Théodicée, Leibniz considère que notre monde est
bien un tout au sein duquel chaque partie, chaque événement, est déterminé par rapport aux
autres événement, conditionné par les autres événements qui ne sont pas contradictoires avec
lui, selon le plan de l'histoire du monde créé par un Dieu sage qui aurait choisi certains
événements et, du coup, banni d'autres événements incompatibles avec la suite logique des
premiers, et conservé la possibilité des événements compatibles entre eux. Le monde et son
histoire apparaît ainsi, à un regard divin qui perçoit l'enchevêtrement systématique des parties
d'un tout, comme un système où tout se tient, où tout fait sens. Pour Leibniz, le monde est un
système, une gigantesque combinaison organisée selon un savant calcul divin pour que ce
système comprenne le plus d'éléments bons possibles. C'est le "meilleur des mondes
possibles" ; c'est l'optimisme leibnizien. Une organisation faisant sens et en laquelle tout se
tient, tel est le monde pour Leibniz, conçu comme un système où tous les événements sont en
interaction pour produire, au final, un monde comprenant la plus grande somme de bien
possible.
La notion d'organisation permet ainsi de conceptualiser la notion de monde. Mais ce terme ne
doit pas nous égarer trop loin. Certes, la philosophie peut envisager le monde et l'histoire du
monde comme un système, un tout formé de parties en relation qui se conditionnent
mutuellement. Mais en ce qui concerne le vivant, une de ses caractéristiques est l'autonomie.
Or, un monde leibnizien peut-il être entendu comme autonome dans la mesure où il est sous la
dépendance de la sagesse divine qui l'élit parmi les autres mondes possibles ? La notion
d'autonomie, en revanche, appelle les notions d'autoconstruction, d'autorégulation… Elle nous
est fournie par les découvertes notamment génétiques qui font apparaître l'idée d'un
programme interne à chaque organisme vivant. En effet, l'organisme vivant réalise ce qu'il
est presque indépendamment des circonstances extérieures, en fonction de son programme
génétique. C'est ainsi que l'organisme peut être différencié d'une simple machine créée par
l'homme ou d'un monde où les événements, les faits singuliers, seraient tellement imbriqués
en vue d'une même fin, que cette conception organiciste de la création ferait appel à l'idée
d'un dieu architecte. Cette caractéristique du vivant en revanche, l'autonomie, on peut la
nommer avec Jacques Monod, ainsi qu'il le fait dans Le hasard et la nécessité, une
"morphogénèse autonome". C'est à dire, un développement de soi par soi, une autoproduction
de ses propres formes, ou encore une "autopoiesis", terme grec signifiant une capacité à être à
l'origine de sa propre production de formes.
Jusqu'à présent, nous nous sommes attachés à découvrir ce que pourrait être l'être vivant. Mais
à présent, la question de l'explicitation de ce qu'il est se pose, puisque le terme de programme
est ambigu, réunissant à la fois le mécanisme et l'idée de finalité. Alors même que le
programme génétique est une découverte scientifique qui fait surgir le "comment" de l'être
vivant, la question de son fonctionnement, la terminologie de l'expression "programme" fait
surgir la question du "pourquoi", l'idée d'un sens, d'une finalité. La question est donc de savoir
comment lire la notion de programme pour déterminer la caractéristique de l'être vivant. Quel
sens donner au programme ? C'est ici que la question se joue.

II.    La compréhension mécaniste de l'être vivant




                                                                                                4
         Il faut d'abord éclaircir la question car elle peut paraître absurde, relevant d'un contre-
sens fait sur ce qu'est un programme génétique.
En effet, qu'est-ce que la génétique pour le biologiste ? Plus précisément, qu'est-ce que le
programme génétique que la structure nucléïque de l'ADN permet de comprendre ? En
resserrant le propos de François Jacob dans La logique du vivant, on peut dire que ce qui
caractérise le vivant s'explique génétiquement et donc qu'il n'y a pas à chercher plus loin le
sens du programme. Le mécanisme de la reproduction, de même que celui de l'évolution
(comprise aujourd'hui comme une succession de mutations, mais cette définition sommaire
pour un biologiste est une définition provisoire pour notre interrogation philosophique)
s'expliquent par le fonctionnement génétique des êtres vivants : "C'est sur la nature même du
texte [génétique] que reposent ces deux propriétés, en apparence opposées, des êtres vivants,
la stabilité et la variabilité. Si l'on considère l'individu, la cellule bactérienne, on voit se
recopier avec une extrême rigueur, à la lettre, le programme où sont consignés, non
seulement les plans détaillés de chaque architecture moléculaire, mais les moyens de mettre
ces plans à exécution et de coordonner l'activité des structures. Si l'on considère, au
contraire, des populations de bactéries, ou même l'ensemble d'une espèce, le texte nucléïque
apparaît alors comme perpétuellement désorganisé par les erreurs de la copie, les
contrepétries de la recombinaison, les additions, les omissions. En fin de compte, le texte se
retrouve toujours remis en ordre. Mais ce n'est ni par le mystère d'une volonté cherchant à
imposer ses desseins, ni par un remaniement des séquences dirigé par le milieu : le message
nucléïque ne reçoit pas de leçon de l'expérience". Une telle lecture de l'être vivant fait surgir
un problème, voire un double problème : cela réduit l'être vivant à un simple mécanisme.
L'être vivant, un mécanisme vivant ? Cela fait écho à l'affirmation de jacques Monod, dans Le
hasard et la nécessité, selon laquelle "la cellule est bien une machine". Or, cette lecture de
l'être vivant est à la fois polémique et limitative :

A- Pourquoi polémique ?

En nous fondant sur le texte de François Jacob, nous avons accentué la notion de programme
génétique comme principe d'explication, comme mise en lumière du "comment" de
l'organisme, comme référence à toute question portant sur les réactions du vivant. Dans cette
optique, du reste, être vivant, c'est actualiser un potentiel génétique, un champ de possible. Il
s'agit maintenant de mettre en avant une analyse révélatrice de l'enjeu de la génétique, à savoir
- pour reprendre les termes même de François Jacob - "mais ce n'est ni par le mystère d'une
volonté cherchant à imposer ses desseins, ni par un remaniement des séquences dirigées par
le milieu" que le texte génétique se trouve remis en ordre dans une espèce. L'allusion au
mystère est primordiale. En effet, l'affirmation du mécanisme, la lecture physico-chimique de
l'être vivant, est établie contre le vitalisme, c'est-à-dire contre la théorie prenant en compte
une explication par les finalités et refusant de considérer les organismes vivants comme
réductibles à du physico-chimique. La conception "vitaliste" les considère au contraire
comme possédant une finalité dont le mécanisme seul ne peut rendre compte. Vitalisme et
finalisme vont donc de pair.
La lecture mécaniste de l'être vivant est donc polémique : elle tend à disqualifier l'idée que le
fonctionnement du vivant ait une fin, un sens, un but. Elle sacrifie résolument la question du
sens à celle du fonctionnement. Mais est-il tenable de réduire l'être vivant à une machine ? de
réduire l'animal, mais aussi la plante et l'homme, en tant qu'êtres vivants, à des mécanismes
physico-chimiques ?




                                                                                                  5
B - La lecture mécaniste du vivant se caractérise par sa dimension limitative. Le mécanisme
de l'être vivant ne semble pas suffire à le définir comme vivant. En effet, nous avons défini,
dans notre première partie, l'être vivant comme organisme autonome.

1- Or, une machine ne peut être entendue comme autonome par le seul fait qu'elle est produite
et ne peut se reproduire elle-même. Cette distinction entre la machine et l'organisme vivant est
établie par Emmanuel Kant au paragraphe 65 de La Critique de la faculté de juger : "dans une
montre, une partie est l'instrument du mouvement des autres, mais un rouage n'est pas la
cause efficiente de la production d'un autre rouage ; certes, une partie existe pour une autre,
mais ce n'est pas par cette autre partie qu'elle existe. C'est pourquoi la cause productrice de
celles-ci et de leur forme n'est pas contenue dans la nature (de cette matière), mais en dehors
d'elle dans un être qui, d'après des Idées, peut réaliser un tout possible par sa causalité
[sous-entendu, l'homme, le fabricant de montre]. C'est pourquoi aussi dans une montre, un
rouage ne peut en produire un autre et encore moins une montre d'autres montres en sorte
qu'à cet effet, elle utiliserait (organiserait) d'autres matières ; c'est pourquoi elle ne remplace
pas elle-même les partie qui lui sont ôtées, ni ne corrige leurs défauts dans la première
formation par l'intervention des autres parties ou se répare d'elle-même lorsqu'elle est
déréglée : or, tout cela, nous pouvons en revanche l'attendre de la nature organisée". Ce texte
permet de spécifier la notion de "partie". Tandis que dans une machine, les parties sont
juxtaposées, agencées de façon à être solidaires dans l'exécution du mouvement prévu par
l'homme ingénieux qui dans la construction de la machine vise à satisfaire un dessein, dans
l'organisme, les parties sont solidaires mais pas juxtaposées.
Les parties de l'organisme vivant sont donc des moyens pour le tout de l'organisme, rivées à
une fin qui leur assigne une certaine fonction. Donc la fonction ne dépend pas que de la
disposition des organes, comme le suppose une conception mécaniciste. C'est plutôt comme si
l'organisme s'organisait lui-même et disposait de ses parties pour lui-même, comme autant
d'instruments. de surcroît, le tout qu'est la machine ne peut se reproduire. Il n'y a pas de
montres à faire des montres. Elles ne peuvent qu'être produites par l'homme en fonction d'un
certain plan de construction qui l'alimente en force motrice (ressort à remonter, pile, etc...). Il
s'agit donc de spécifier le pouvoir reproducteur du vivant de la technique intentionnelle de
l'homme. Mais surtout, par le biais de l'exemple donné par Kant, il s'agit de distinguer la
machine de l'organisme en affirmant l'irréductibilité de l'organisme par rapport à la machine.
Dans la machine, le tout est la somme des parties ; dans l'organisme, les parties prennent sens
par rapport à tout ce qui les coordonne.

2- Le modèle mécaniste de la compréhension du vivant, loin de congédier l'idée de finalité, la
renforce. Georges Canguilhem, philosophe et médecin, recommande ainsi, dans La
connaissance de la vie, de prendre certaines machines capables d'autorégulation comme
modèle à partir desquels essayer de conceptualiser, de comprendre le vivant. L'attention se
porte sur des mécanismes dotés d'une finalité qui conditionne leur fonction, comme un
thermostat qui, automatiquement, régule la chaleur d'une pièce selon une donnée, une
température qui est le but du fonctionnement, le but de l'activation d'un mécanisme.
De plus, en ce qui concerne des machines ordinaires, incapables d'une régulation, Georges
Canguilhem considère que leurs parties sont totalement dépendantes de la finalité recherchée
par l'homme, par le technicien (comme le mouvement des aiguilles d'une montre) et qu'ainsi,
les parties et leur mise en mouvement n'ont de sens, de raison d'être, qu'en fonction de la
finalité de l'objet. Il appelle cela la "rigidité fonctionnelle" des pièces en fonction de leur
destination. Autrement dit, la machine n'existe et n'est le fruit d'une conception technicienne
que parce qu'elle doit se conformer à son usage, à la fin qu'on lui assigne. Mécanisme et
finalité sont donc indissociables.


                                                                                                 6
On ne peut donc pas opposer mécanisme et finalité, car si le fonctionnement d'une machine
s'explique par des relations de pure causalité, la construction d'une machine ne se comprend ni
sans la finalité, ni sans l'homme qui conçoit sa fin. Donc dans le projet d'expliquer
mécaniquement la vie et d'éliminer la finalité, survient en fait un anthropomorphisme
technologique qui inclut, réintroduit, l'idée de fin.
Tout mécanisme doit ainsi avoir un sens ; ce n'est pas une dépendance de mouvements
fortuite, quelconque. On pourrait même, comme le philosophe Bergson y invite, considérer
les outils et les machines comme des organes de l'espèce humaine… le rasoir électrique
comme une prolongation de la main, et la voiture comme une extension du corps de l'homme.
En effet, si l'on admet que les organes sont des outils, des mécanismes, des minimachines
(voir et décrire le cœur comme une pompe), une machine peut aussi être vue, en un certain
sens, comme une extension du corps de l'homme. Cette idée se retrouve aussi chez Michel
Tournier, dans Le roi des Aulnes, lorsqu'il écrit que la main de l'homme est capable de se
prolonger en couteau, cisaille, de se faire pince, crochet, etc…Ainsi il est difficile de voir où
se trouve l'opposition de la notion de mécanisme et de celle de finalité. En un sens, expliquer
les organes ou les organismes par des modèles mécanicistes, c'est expliquer l'organe par
l'organe. On arrive alors à une tautologie.
Avec le modèle mécaniciste du vivant, on peut tout expliquer si on se donne d'abord des
machines. Mais le mécanisme ne peut rendre compte de la construction des machines sans
faire intervenir l'idée d'une fin, d'un projet. Faut-il pour autant conclure à l'échec de
l'explication mécaniste de l'être vivant au prétexte qu'il est incapable de livrer ce qui est
essentiel en l'être vivant ?

III.   Le paradoxe de la biologie
        L'organe semble destiné à remplir une fonction particulière à l'organisme dont il
ressort. On n'expliquerait pas alors la fonction par l'organe, mais l'organe par la fonction ;
"fonction" serait le nouveau terme désignant en somme, comme chez Aristote dans Parties
des animaux, la fin qui explique l'organe et sa spécificité. Dans l'idée de fonction réapparaît
en effet l'idée de but, notion semblant caractéristique de l'être vivant. D'ailleurs Jacques
Monod, dans Le hasard et la nécessité, alors même qu'il affirme que la cellule est une
machine, nomme "téléonomie" le fait que chaque partie de l'organisme vivant est destiné à
remplir une fonction particulière de cet organisme. Dans "téléonomie", terme créé pour
désigner l'adaptation à une fin d'une partie d'un être vivant, il y a "télos", qui signifie but,
visée, en grec ancien.
Certes il est désormais question de téléonomie (concevoir l'orientation vers le futur comme
la mise en œuvre du programme génétique, c'est-à-dire concilier mécanisme et finalité)
et non pas de téléologie (étude de la nature en s'interrogeant sur sa finalité, en supposant une
volonté divine créatrice ayant conçu une fin, bref, envisager toute la nature comme le fruit
d'une décision répondant à un projet en vertu duquel la nature aurait ainsi un sens). Mais
Monod va tout de même jusqu'à dire que tous les êtres vivants ont, tous, pour
caractéristiques d'être "des objets doués d'un projet". Or, par le terme de projet, on retrouve,
de même que dans le terme de programme, la question initialement posée, à savoir la question
du pourquoi.
Pourquoi cette question, justement ? Parce qu'il semble tout naturel de dire qu'un oiseau a des
ailes pour voler. Alors même que le mécanisme s'est affirmé contre un recours aux causes
finales, c'est-à-dire aux explications par la finalité, il semble impossible de s'en défaire. La
question est claire : si le biologiste semble avoir de la peine à se détacher de l'idée de causes
finales, parlant de téléonomie plutôt que de téléologie, de projet plutôt que de dispositions,
faut-il conclure à l'insuffisance de la perspective mécaniste ? Nous sommes ici face au


                                                                                               7
paradoxe de la biologie que Monod lui-même thématise dans le N° 1 de Prospective et santé,
paru en 1977 : "Puisqu'enfin, si nous admettons qu'il n'y a pas de projet dans l'univers, et
que toute interprétation donnée en termes de projets ne peut être qualifiée de "scientifique",
comment interprétons-nous l'existence de ces êtres que le biologiste étudie, et qui, de toute
évidence, sont des êtres programmés, et qui deviennent sans aucun sens pour moi, et même
heuristiquement1 inanalysables si nous n'admettons pas que les yeux sont faits pour voir et
que les pattes sont faites pour marcher, par exemple. Donc le problème de fait et essentiel de
la biologie est de savoir s'il existe un paradoxe que l'on ne peut pas surmonter, celui des
propriétés téléonomiques des êtres vivants". Y aurait-il une spécificité de l'être vivant telle
qu'elle puisse mettre en péril l'objectivité scientifique du biologiste ? Comment sortir du
paradoxe énoncé par Monod ?

A- En invoquant des causes finales, le biologiste tend la main à ses adversaires : si l'on
   s'autorise la question "pourquoi les oiseaux ont-ils des ailes?", on peut glisser à la question
   "pourquoi y a-t-il des êtres vivants?". Le mécanisme refuse un tel glissement, c'est
   pourquoi il s'interdit de poser la question de savoir pourquoi la vie est. Surtout, il ne dit
   pas pourquoi une chose est telle qu'elle est, pourquoi un être vivant est tel qu'il est. Dans
   le domaine de la biologie, on peut donc dire que la recherche génétique dévoile, dans le
   programme, un processus mécanique, mais qu'elle n'explicite pas pourquoi l'être
   vivant est un être de projet, et pourquoi il y a de l'organique.

B- Mais alors, pour rendre compte pleinement de ce qu'est un être vivant, faut-il avoir recours
à une cause transcendante, c'est-à-dire invoquer un principe ultime qui se situerait sur un autre
plan que celui de l'expérience, sur un autre plan que le plan de l'observation scientifique, une
cause transcendante comme peut l'être l'hypothèse d'une volonté créatrice, un dessein divin ?
Mais cette question ruine tout ce que l'on a établi jusqu'ici. Si causer est synonyme de créer,
comme le pense le philosophe religieux Malebranche pour qui seul Dieu est réellement une
cause, on perd la caractéristique de l'être vivant comme être autonome.
Alors comment dépasser le paradoxe de la biologie sans recourir à une cause transcendante ?
Nous sommes ici face à une alternative (pour dépasser l'alternative initiale qui était d'atteindre
la définition de l'être vivant soit en étant biologiste et en perdant la spécificité de l'être vivant,
soit en n'étant pas biologiste mais en perdant toute objectivité, toute validité du point de vue
de la science). Il s'agit maintenant d'aborder les plans de l'alternative - la biologie comme
paradoxe ou la cause transcendante- pour résoudre un pan de l'alternative initiale.

C -Le biologiste, pour rendre compte du pourquoi de la vie a trouvé une résolution physico-
chimique, à savoir que par le jeu des mutations, par le jeu du hasard, on peut concevoir
l'apparition de la vie comme un accident. Ainsi le hasard devient-il un thème majeur dans la
définition de ce qu'est un être vivant. L'idée de finalité étant récusée, le hasard est constitutif
non seulement de l'apparition de la vie mais aussi de l'évolution des espèces puisque tout s'y
opère par mutations hasardeuses et que même la reproduction, sans mutation, voit son résultat
conditionné par le hasard du brassage chromosomique. L'être vivant est alors le résultat du
hasard.
Mais le hasard peut s'entendre en deux sens :
1- Une conception nominaliste du hasard, à la manière dont le philosophe Cournot le
    comprend, où le hasard n'est qu'un nom donné à la rencontre de séries causales
    indépendantes. La notion d'accident qui caractérise alors l'apparition de la vie s'exprime


1
 "heuristique" signifie qui aide à la découverte, au progrès de la connaissance. Une hypothèse heuristique est
une hypothèse de travail qui sert d'idée directrice dans la recherche.


                                                                                                            8
   dans une probabilité qui tient compte de différents paramètres, différents jeux de
   constantes.
2- Ou une conception substantialiste du hasard. Il n'est pas qu'un nom donné à des
   croisements de séries causales mais il renverrait à une indétermination pure, à une
   fondamentale absence de causalité et impliquerait une incapacité fondamentale
   d'expliquer l'apparition de la vie. Elle tiendrait à une sorte de coup de dé car si l'on postule
   un hasard fondamental, l'explication par les causes est illusoires. L'établissement des lois
   serait un revêtement superficiel d'un hasard fondamental caractérisant la réalité ultime des
   choses, un revêtement superficiel pour se dissimuler l'abîme au-dessus duquel nos
   explications sont suspendues. On parlerait alors de hasard non par ignorance partielle
   d'une série de causes et d'effets très complexe provoquant la survenue d'un événement
   "accidentel", mais par ce terme, on désignerait un état de fait réel, une indétermination
   constitutive de la réalité. L'émergence d'êtres vivants serait une des virtualités pensables
   de cette force aveugle. Ainsi, le hasard fondamental conçu comme à l'origine de la vie
   serait la figure inversée d'une volonté créatrice, d'un dynamisme vital ayant un but.

D-Si l'on opte malgré tout pour une compréhension de l'être vivant selon des causes finales
aussi bien dans son changement que dans son apparition, la seule façon pour le
questionnement de ne pas perdre toute valeur au point de vue scientifique, c'est de dire que
tout se passe comme si l'être vivant était finalisé. Il s'agit d'introduire une analogie avec ce
"comme si". Le "comme si " analogique permet en effet d'éviter toute accusation puisqu'en
suivant Kant, on mobilise un principe de recherche, un principe heuristique. On n'affirme pas
que l'être vivant est destiné à quoi que ce soit, ce qui est anti-scientifique et dogmatique. Le
"comme si" ne sert pas à déterminer la nature de l'être vivant, d'affirmer un principe qui le
constitue mais simplement de tracer une voie de recherche pour la connaissance. On ne dit pas
que l'être vivant est fait pour….ce qui reviendrait à faire de la finalité un principe qui
constituerait l'être vivant. C'est ce qu'expose Kant, au paragraphe 65 de La critique de la
faculté de juger. Le "comme si" analogique est bien plutôt un principe heuristique, il dirige les
recherches, les expérimentations. Il n'est pas un principe constitutif affirmant une qualité de
l'être vivant.
En effet, considérer l'organisation des êtres vivants, c'est admettre une finalité. Ainsi, nous
reconnaissons la spécificité des êtres vivants ; de même, nous les reconnaissons dans notre
expérience ordinaire. Nous ne confondons pas un animal et une pierre. Car nous ne nous
représentons pas seulement les êtres vivants comme des effets mais aussi comme des fins
de la nature. Nous jugeons qu'un organisme n'est pas un agrégat de matière inerte. Nous
admettons, outre notre capacité à être cause et à réaliser nos desseins, une finalité naturelle
dans les parties de la nature. Si l'idée de fin appliquée à l'être vivant doit guider la recherche,
il devient contradictoire qu'un être vivant ait un organe qui ne contribue pas à son
développement, à sa vie, qu'il ait des dispositions, des potentialités qui ne puissent se réaliser.
L'idée de finalité naturelle, comme règle pour l'esprit, interdit de penser une telle vanité de la
production de la nature. Admettre une finalité naturelle à l'œuvre dans les êtres vivants, c'est
avoir pour principe l'idée que si nous ne voyons pas encore dans l'expérience la fin de tel
organe, de tel agencement des parties d'un organisme, nous devons la chercher et nous
interdire d'affirmer que cet organe, cet agencement ne correspond à aucune finalité.
Ainsi si le vivant est compris comme un tout organisé selon un but, c'est que la nature n'est
pas comprise, quant à elle, comme une loterie. Les vivants ne seraient pas de simples
juxtapositions de matière, des agrégats de parties. ce qui donne aux vivants leur forme n'est
pas le résultat du hasard ou de tentatives avortées; une finalité naturelle donnerait a
fonctionnement de telle ou telle partie son sens, sa destination. Mais pour que l'approche reste
scientifique, le biologiste, pour étudier le vivant, devrait se contenter de penser cela à titre


                                                                                                 9
d'hypothèse guidant la recherche, et en aucun cas, l'affirmer comme étant une donnée, un fait,
pouvant être prouvé par l'expérience. Le "comme si", (comme si le vivant avait une fin) est
une manière de considérer l'être vivant pour rendre la recherche féconde ; il ne s'agit pas
d'affirmer une qualité propre au vivant. La pensée de Kant ouvre ainsi une voie qui n'est pas
sans évoquer pour le biologiste la nécessité de faire "comme si" les oiseaux avaient des ailes
pour voler.

Conclusion :
Ainsi dans la détermination de ce qu'est un être vivant, la notion fondamentale autour de
laquelle tout gravite est celle d'organisme.
Ses satellites sont les concepts d'organisation, de projet, de programme, mais ces derniers
mettent en péril la rigueur scientifique de la connaissance du vivant en faisant appel à une
finalité. Pourtant, ces concepts permettent aussi et surtout de mettre en avant ce qui guide la
recherche sur le vivant et ce qui distingue la biologie de la chimie et de la physique. La
condition de la recherche sur le vivant, irréductible à des particules chimiques et à des
micromécanismes, n'est-ce pas l'idée d'un sens, d'une destination de l'être vivant ?
Le point de vue scientifique, de Jacob à Monod, et le recours à la finalité, s'opposent. Mais
leur opposition même révèle ce qui fait la caractéristique de l'organisme, le propre de l'être
vivant. Les rapports polémiques du mécanisme et de la finalité révèlent l'être vivant comme
un mécanisme finalisé.




         Etre vivant, à la différence de la machine, c'est pouvoir se reproduire, mais aussi avoir
la capacité d'une autorégulation des perturbations internes. Une machine ne tombe pas malade
; elle tombe en panne. Elle ne guérit pas, ne résout pas son problème de fonctionnement par
elle-même ; seule l'intervention d'un technicien permet de renouer avec les conditions
antérieures d'un fonctionnement normal. Etre vivant, c'est donc pouvoir être malade. Subir
une perturbation interne telle que l'accomplissement des fonctions vitales, le rapport au milieu
et les échanges avec les semblables, dans le cas de l'homme, en soient altérés.
Mais la guérison qui caractérise la possibilité propre au vivant se réduit-elle à une réparation
per se, ou permet-elle de spécifier les rapports de l'organisme à son milieu ? L'altération que
constitue la maladie doit-elle être conçue comme passagère ? Dans ce cas, il faudra concevoir
l'organisme comme un tout caractérisé par sa permanence. Ou bien la spécification de
l'altération de l'être vivant dans la maladie ne permet-elle pas de dégager un mode d'être plus
fondamental de l'être vivant, dès lors caractérisable par le changement ?
Afin de répondre à cette alternative, nous allons forcer la distinction "être vivant / n'être qu'un
mécanisme" par le moyen de la question suivante :
         Qu'est-ce qu'être malade ?

       (leçon n°2)




                                                                                                10
11

						
Related docs
Other docs by 9Q1057zw
fizika-14 elektrostatika
Views: 77  |  Downloads: 0
Update on WHO Hypertension Guidelines
Views: 9  |  Downloads: 0
Postponement Charge
Views: 0  |  Downloads: 0
No Slide Title
Views: 2  |  Downloads: 0
40022MS 002
Views: 0  |  Downloads: 0
carbo questions bio87
Views: 5  |  Downloads: 0
COMUNICAZIONE ASSERTIVA
Views: 84  |  Downloads: 0
NUOVO CONDONO EDILIZIO
Views: 146  |  Downloads: 0