La justice de droit divin by k5PkIBR

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									        Marc Van Gyseghem.




LA JUSTICE DE DROIT
       DIVIN.




   Editeur responsable : Van Gyseghem,
  10/153, quai Van Beneden, 4020-Liège.
- Nous n’avons de comptes à rendre
  qu’à Dieu.

- Et le Parlement ?

- J’ai dit : à   Dieu.




          2
                Quatre sections.


 Tintin à la Cour de cassation.....................4


 Les rikikis.................................................29


 Les magistrats et les cérémonies :

   - La déclaration de naissance de la
     Princesse Elisabeth............................. .57
   - Le Te Deum...........................................60
   - L’installation solennelle du nouveau
     Procureur général du Jardin..................71
   - La soirée de Gala..................................81


 Le chariot de dessert...............................88




                             3
     Marc Van Gyseghem.




TINTIN A LA COUR DE
    CASSATION.


   A Maître Marc Levaux qui n’a pas
   droit à une instruction impartiale,


   A Monsieur le Bâtonnier Matray
   qui louche vers l’Esprit-Saint.




                4
Alors comme ça, on ziguouille en toute impunité
un avocat !
                       LES ZOZOS.

Micheline Rusinowski :

- Et alors, M. Van Gyseghem, vous faites toujours le
con ?

- Ben oui, Madame le Juge d’instruction ! Je m’aime tant
comme je suis.

-On me dit que vous avez déposé une requête en
récusation de Monsieur le Conseiller à la Cour d’appel
Jacques Van Brussel1. C’est ridicule. Votre requête sera
rejetée par la Cour de cassation puisque vous n’êtes pas
partie à la cause. C’est un coup d’épée dans l’eau.
Pourquoi faites-vous ça ?        Vous risquez d’encourir
l’infliction d’une amende en vertu de l’article 838 du Code
judiciaire.

- Ben oui, Madame le Juge d’instruction !

- Remarquez que, comme c’est la première fois, comme
vous n’êtes pas un « coutumier de la chose », la Cour
ne vous infligera certainement pas d’amende.

- Ce que vous êtes naïve, Madame le Juge d’instruction,
pour ne pas dire autre chose. Je parie que la Cour
m’infligera une amende.

1
    Affaire 2003-RG-1530.

                            5
- Mais non, mais non ! Monsieur le Conseiller Fischer est
un homme sage. Vous savez bien que la sagesse
caractérise, depuis bientôt deux siècles, notre Cour de
cassation.

- Monsieur Fischer était dans une rage, une rage. J’ai
cru que sa large ceinture rouge ponceau allait éclater.

- Une ceinture rouge ?     Ce n’est plus une ceinture
tricolore ?

- Non ! Laurette vient de lui décerner la dignité de
Camarade Suprême. Il peut même porter un rabat
rouge.

- Binamébondju ! On se croirait devant le Tribunal
révolutionnaire !      Pourquoi le Camarade Suprême
Fischer était-il en colère ? Qu’avez-vous fait ?

- D’abord, lorsque j’ai comparu le 17 décembre 2003, j’ai
déposé mes opuscules « Les Valeureux Liégeois » et
« Objection,    Votre     Honneur ».      Ensuite,  j’ai,
conformément à la loi, envoyé mes « observations » au
Greffe de la Cour Suprême.

- Montrez-les moi.

- Les voici :




                           6
             Marc Van Gyseghem.




              P.03.1632.F
du rôle général de la Cour de cassation.




            OBSERVATIONS.
Je présente mes observations sous une
forme qui tient, à la fois, de l’ellipse et de la
parabole. Il me semble que cette façon de
faire est de nature à mieux permettre à la
Cour de cerner la cause.


                        7
    A Monsieur le Conseiller – président Fischer,
    Messieurs les Conseillers de Codt, Close,
    Mathieu et Dejemeppe.




    Pour les éclairer.




« Il est une chose qui ne peut pas durer, c’est
l’irresponsabilité de l’intelligence. » A. Maurois.




                          8
         NOUS NE SAVIONS PAS.


Micheline Rusinowski :

- Ich, M. Van Gyseghem, vous avez l’air de bien
bonne humeur.

- Oh oui ! Madame le Juge d’instruction, parce
que...
  Monsieur le Président à la Cour de cassation Fischer,
  Monsieur le Conseiller à la Cour de cassation de Codt,
  Monsieur le Conseiller à la Cour de cassation Close,
  Monsieur le Conseiller à la Cour de cassation Mathieu,
  Monsieur le Conseiller à la Cour de cassation Dejemeppe
  et
Monsieur l’Avocat général près la Cour de cassation Spreutels
ont lu « Les Valeureux Liégeois » et « Objection,
Votre Honneur ». Je suis certain – CERTAIN –
qu’ils ont lu ces opuscules.

- Sur quoi repose donc cette certitude ?

- Lorsque j’ai comparu, le 17 décembre 2003,
devant ces honorables magistrats, j’ai déposé
ces « pièces ».


                              9
- Oh ! mais cela ne prouve pas qu’ils les ont
lues.

- Comment ! Vous osez laisser entendre que la
Cour de cassation bâcle les affaires, n’étudie pas
à fond les dossiers qui Lui sont soumis !

- Oh ! Ils ont peut-être lu quelques pages, mais
sans plus.

- Détrompez vous, Madame le Juge d’instruction.
Ces pièces intéressaient beaucoup la Cour.
Pendant l’audience, j’avais annoncé que je les
déposerais. Au moment où je rassemblais mes
affaires, en fin d’audience, Monsieur le Président
Fischer m’a dit : « N’oubliez pas de déposer
vos pièces. ».
Par ailleurs, il m’est revenu qu’au moins trois
d’entre ces magistrats en avaient parlé... entre
eux.

- Et alors, où voulez-vous en venir ?

- Lors de leur procès, la plupart des nazis se sont
défendus en disant : « Je ne savais pas ce qui se
passait. ». S’il est une phrase que la Cour de
cassation et le Parquet général ne pourront
jamais prononcer, c’est : « Nous ne savions
pas. ».
                        10
            ZERO VIRGULE ZERO
pour le président du Tribunal correctionnel
            de Nivelles Desmette.


Madame le Juge d’instruction Rusinowski,

Comme la vie est amusante ! Monsieur le
Président Desmette dit, dans son jugement du
11/12/02, que le Collège des experts psychiatres
a déclaré2 que Van Gyseghem « était atteint
d’une psychose paranoïaque de la classe des
réformes de la société et de ses instruments. ».

Or, Madame le Juge d’instruction, le Collège des
experts a justement dit le contraire.

Le Collège a dit : « Il est légitime de penser que
Van Gyseghem est atteint d’une psychose
paranoïaque de la classe des réformes de la
société et de ses instruments » MAIS, Madame
le Juge d’instruction, « mais un psychotique
réformateur perd le contact avec la réalité et

2
    Le 30 novembre 2000.

                           11
effectue une véritable escalade des moyens mis
en œuvre pour démontrer... ».

Or, Madame le Juge d’instruction, le Collège dit
encore :
« Dans le cas de Van Gyseghem, il faut admettre
qu’il a toujours su faire preuve de modération...
Toujours, il conserve le contrôle... ».

En d’autres termes, Madame le Juge
d’instruction, Van Gyseghem n’est pas un
psychotique car... un psychotique perd toujours
le contrôle...

Comprenez-vous ce que je veux dire, Madame le
Juge d’instruction ?

- Mais enfin, M. Van Gyseghem, je ne suis pas
une conne intégrale... quand même !

- En tout cas, si Monsieur le Président Desmette
ne le comprenait pas, je me chargerais de dire,
devant tout le monde, qu’il ne sait pas lire un
rapport d’expertise.




                       12
                   DANS LE VIF3.

« La paresse est à la magistrature ce que
la pédophilie est à l’Eglise. » (p 45).


Micheline Rusinowski, juge d’instruction :

- Si encore vous étiez un pédophile, mais vous êtes un
gros paresseux.

- La paresse, c’est si grave que ça ?




Chère Madame Castin,

Vous avez un teint de
lys, des cheveux d’or et
de l’esprit « comme une
rose ».

Certes, vous détestez la
police, mais vous posez
toujours la bonne
question.

3
    LE VIF / L’EXPRESS 5/12/2003.

                               13
               LE CATALYSEUR4.

C’est pas un magistrat, c’est un produit chimique.



                                Qu’importe que je
                               sois un pédophile...




        ...pourvu que je ne
              sois pas
           un paresseux.




« Le greffe, c’est Zola ! ». Et si, Monsieur le Premier
Président, vous installiez le greffe dans... vos
appartements princiers ?

4
    LE VIF / L’EXPRESS 5/12/2003 p 43.


                                14
                LE REPANDU.



Didier Reynders se
« répand » peu... (p13)




mais quand il se « répand », il se « répand » bien.
Lors du premier accouchement de sa femme, il s’est
même répandu par terre.



                            
« L’image dominante des libéraux... s’exprime à travers
Louis Michel et moi-même. ».

Les autres, c’est de la petite engeance. Tenez ! Un
Verhofstadt, par exemple... un Simonet, par exemple...
un Michel Foret... ils expriment une image très, très floue.

- Qu’aimez-vous mieux, Madame le Juge d’instruction, un
paresseux ou un vantard ?




                            15
CHRISTINE MATRAY, CONSEILLER
  A LA COUR DE CASSATION.

- C’est une mode, Madame le Conseiller, les
magistrats font des déclarations à la presse...
comme Adamo, comme Axelle Red, comme
Didier Reynders.

- Mais qu’ils se taisent !
    Qu’ils se taisent !

                     LE SALAUD.

Monsieur l’Avocat général Didier Maréchal5 :

- Avant, vous étiez un bouffon. Maintenant, je
vois que vous êtes un salaud.

- Votre jugement, Monsieur l’Avocat général,
n’est pas meilleur que votre vue.


5
    Le 22 décembre 2003 à 8h47, place St-Lambert à Liège.
                              16
            UN HOMME DE FOI.

- Figurez vous, Madame le Procureur général,
que j’ai cru pendant cinq ans que Van Gyseghem
était un bouffon.

- Mon pauvre petit Didier, ce que tu peux être
con.

                LA NATATION.

- Mais, M. Van Gyseghem, vous ridiculisez
Monsieur l’Avocat général Maréchal... un si
brave type, un merveilleux footballeur, un nageur
magnifique. Ca ne va pas, hein, ça !

- Dites, Madame le Juge d’instruction, vous ne
croyez tout de même pas que je vais me laisser
insulter sans rien dire ?

- Il est jeune ; il n’est que substitut.

- Certes, Madame le Juge d’instruction, mais il
est tout de même magistrat.



                           17
                   LA PUB.

Micheline Rusinowski :

- La prochaine fois que vous irez à la Cour de
cassation, recommandez bien à Monsieur le
Président Fischer, au cas où il se ferait opérer de
la prostate, de n’en rien dire à Claire Lovens...
sauf s’il voulait que ça se sache, évidemment.

- Je suppose, Madame le Juge d’instruction, que
si Monsieur le Président Fischer souhaitait faire
une telle confidence, il la ferait à son chef de
corps plutôt qu’au vôtre... et je verrais mal
Monsieur le Premier Président de la Cour de
cassation Marchal écrire, à qui que ce soit, pour
parler d’une chose aussi intime qui concerne un
de ses magistrats.

- Monsieur Fischer est peut-être aussi naïf que
moi... et Monsieur Marchal aussi peu discret que
Madame Lovens.

- Cela m’étonnerait beaucoup, Madame le Juge
d’instruction, mais, pour vous faire plaisir, je lui
ferai part de votre recommandation.

                         18
 LA LOI VUE PAR LES NOMBRES.

- Madame le Juge d’instruction, pourriez-vous
me prêter votre Code judiciaire ?

- Pour quoi faire ?

- Pour savoir ce que le greffe de la Cour de
cassation a voulu me dire, par sa lettre du 18
décembre 2003 : « Vous pouvez faire vos
observations quant à l’application de l’article 838,
alinéa 3 et 4 du Code judiciaire. ».
Nous autres, Madame le Juge d’instruction, les
humbles, nous n’avons pas de Larcier.

- Je refuse de vous prêter mon code en vertu de
l’article 107 quater.

- Soyez chou, Madame le Juge d’instruction,
dites-moi ce que cela veut dire.

- Il m’est interdit de prêter ou d’aliéner le matériel
mis à ma disposition par le ministère de la
Justice. Je n’ai pas envie d’avoir une remarque
de Laurette.



                         19
              LE SERVICE RENDU.

- L’arrêt 711 du 22-11-2000 est un très grand
arrêt. Il fait jurisprudence. On y trouve la plus
grande ambiguïté6 et la plus jolie pornographie.
Je voudrais faire un cadeau aux magistrats7 qui
l’ont pondu.
N’avez-vous pas une idée ?

- Un moulage du phallus de Christophe Beerten,
peut-être ? Ce serait un rappel délicat.

- Où me procurerais-je cet objet ?

- Voyons, Monsieur le Premier Président, en
vous adressant à Monsieur Beerten. C’est bien
la moindre des choses qu’il puisse faire... après
le service que la Cour lui a rendu.




6
    Selon Maître Franchimont.
7
    Marc Dewart, Véronique Ancia, Luc Lambrecht.
                              20
          GANDHI, LE MAHATMA8.

- M. Van Gyseghem, vous n’allez pas me dire
que le premier président Michel Joachim n’a pas
d’esprit ?

- Ce dont je suis sûr, Madame le Juge
d’instruction, c’est qu’il a une petite âme. Vous
n’allez pas le comparer à Gandhi ?

- Louis XIV a dit : « L’Etat, c’est moi ! » ; Michel
Joachim a dit : « Le greffe, c’est Zola ! ».

- Vous voyez bien !




8
    La grande âme
                        21
 ET LES VACHES SERONT BIEN GARDEES.

Le premier président de la Cour m’a dit :

- Moi, M. Van Gyseghem, je ne m’occupe pas de
thermodynamique ; ne vous occupez pas de
justice.

- Il a raison.

- Alors, Madame le Juge d’instruction, j’ai écrit à
Monsieur Russo : « Cher Monsieur Russo, le
premier président ne s’occupant pas du laminage
des tôles d’acier, il vous prie de ne pas vous
occuper de justice. ».

                 LA MAJORITE.
Le président Fischer :

- Votre style est primesautier, drôle, rigolo. On
dirait que vous êtes un jeune majeur. Au fait,
Monsieur l’Avocat général, rafraîchissez-moi la
mémoire : un jeune majeur, c’est... ?

- Les gens de 18 à 35 ans, Monsieur le
Président.


                         22
         LA DOCUMENTATION.
Le Président Fischer :

- Si j’ai bien lu vos « pièces », vous avez
l’intention d’écrire, M. Van Gyseghem, un
opuscule sur les magistrats Groseille et les
magistrats Le Quesnoy de la Cour de
cassation ?

- Oui, Monsieur le Président, mais comme je ne
connais, pour l’heure, que trois magistrats
Groseille, j’attends d’en connaître davantage
avant d’entreprendre mon opus.


 A FRANCIS FISCHER, CONSEILLER A
      LA COUR DE CASSATION.

- Monsieur le Président, Je ne veux rien vous
celer. Je suis un amoureux de la vérité. J’ai
rencontré hier (le 4-1-04), dans un Hot-Bar, une
fille – comment dire ? une putain – qui portait la
même jupe que celle qui vêtait Madame le
Conseiller à la Cour d’appel de Liège Lange le
1er septembre 2003.


                         23
Je sais que l’habit ne fait pas le moine, mais je
sais aussi que les belles plumes font les beaux
oiseaux.
Dites-moi, Monsieur le Président, vous qui êtes
un grand magistrat : Que dois-je en conclure ?




                LE POUVOIR.

Monsieur Spreutels :

- L’affaire se présente mal.

Monsieur Dejemeppe :

- Pas du tout. Il suffit tout simplement pour nous
de ne pas être lâches. Attendons de voir ce que
dira Van Gyseghem à l’audience du 14 janvier.

- La loi vous donne le droit d’exiger d’être plus
amplement informés... Vous pouvez ordonner
des comparutions.




                        24
- Ciel ! Vous avez osé dire à la Cour de cassation qu’elle
ne pourrait pas dire, comme les nazis : Nous ne savions
pas.

- Ben oui, Citoyenne Juge d’instruction.

- Il y a donc cinq magistrats de la Cour de cassation qui
savent officiellement que Madame Thily est une amie du
papy de Madame le Conseiller Malmendier, que le
premier président Joachim est un cynégéticien, que
Madame Ancia est une cucuche... c’est affreux,
AFFREUX !
Et... à l’audience du 14 janvier, qu’avez-vous dit pour
éviter l’infliction d’une amende ?

- Ben, j’ai fait comme d’habitude. J’ai fait le picador. J’ai
donné des coups de lance pour exciter la bête. J’ai fait
un exposé saupoudré de poivre de Cayenne et de pili-
pili... qui a été religieusement écouté pendant quinze
minutes. J’ai dit : « Vous voyez bien, Monsieur le
Président, que celui qui comparaît devant Votre Cour
n’est pas, comme le dit si bien Didier Reynders, un
con intégral... Je verrais mal un président de Cour de
cassation me dire, à l’instar de Madame Drèze :
RAUS. ». J’ai dit : « Monsieur le Président, je fais
partie de ceux que Madame le Ministre de la Justice
qualifie d’un mot qui lui va comme un gant : les
zozos. ».
J’ai dit : « La Cour pourrait peut-être interroger
certains magistrats de la Cour d’appel de Liège pour
vérifier la véracité de certaines de mes affirmations,
mais, pour ce faire, il faudrait un énorme courage à la
Cour et ça... ».


                             25
J’ai dit : « Je me suis senti encouragé à dénoncer les
mauvais fonctionnements de la Justice par les
propos tenus, à la page 307 de « la charte » par
Monsieur le Conseiller à la Cour de cassation
Londers        et Monsieur l’Avocat général          De
Riemacker. ».
J’ai dit : « La Cour peut me frapper, mais elle ne
pourra jamais m’abattre. ».
J’ai dit : « Que la Cour m’épargne d’avoir à proclamer,
à l’instar de Zola : cette vérité que vous avez réduite
en poussière, je vous la soufflerai dans les yeux. ».

- Mais, M. Van Gyseghem, il ne fallait pas dire ça, hein. Il
fallait les flatter ; leur dire qu’en recevant Monsieur
Dejemeppe, la Cour avait reçu le génie. Au lieu de cela,
vous les indisposez, vous leur donnez de l’humeur.

- A-t-on de l’humeur, Madame le Juge d’instruction,
quand on occupe le siège de César ?

- Vous allez ramasser une amende carabinée.

- Mais je le sais bien, Madame le Juge d’instruction.
Monsieur Fischer était dans une rage qui faisait peine à
voir ; Monsieur Dejemeppe n’en menait pas large ;
Monsieur de Codt souriait. Sans doute pensait-il que ses
collègues allaient tomber dans le piège.

- Quelle fut la fin de votre plaidoirie ?

- J’ai dit : « Monsieur le Président, bien que je ne
connaisse pas le papa et le papy de Monsieur
l’Avocat général Spreutels, je voudrais vous dire ce
que je pense de son réquisitoire. On dirait que

                              26
Monsieur Spreutels est un élève de Madame le
Premier substitut Wilwerth. ».

- Oulala ! Vous êtes cuit. Vous aurez une amende de
1000 euros.

- (bonasse) Vous savez, Madame le Juge d’instruction,
ce n’est pas le Pérou.

- C’est vrai. C’est le prix de mon dernier tailleur.

- Je me suis vraiment bien amusé. Quant à l’argent de
l’amende, il me reviendra. Je ferai une collecte sur la
place Saint-Lambert.

- Et maintenant, comment appelez-vous notre Cour de
cassation ?

- Je l’appelle la Cour de cassation. Mais vous savez, Madame
le Juge d’instruction, un gendarme qui avait entendu mon
exposé m’a dit : on se croirait dans une cour de
récréation.

- Pauvre Monsieur Dejemeppe qui n’a pas su conduire
son corps9 !   Pauvre Bernadette Prignon avec sa
cicatrice !

- Madame le Juge d’instruction, vous allez me faire
pleurer.

- Quand je pense à Anne Thily, Claude Lamberts, Léon
Giet, Michel Joachim... tous ces vieux serviteurs du droit.

9
    Conclusion de la Commission parlementaire Dutroux.

                                 27
- Vous oubliez le Camarade Suprême Fischer. Moi,
Madame le Juge d’instruction, je ne vais pas chercher
midi à quatorze heures. Je pense avec joie à la belle
jupe que vous avez achetée aujourd’hui10 en solde chez
Aprilo.

- Madame Reynders a acheté la même... en moins large.

- Waf ! Waf ! Waf !

- Qu’est-ce qui vous fait rire ?

- Dans six mois, cent mille avocats, policiers, journalistes,
députés, sénateurs, victimes de la Justice, curés,
militaires, étudiants... sauront que les Cassationnaires ne
font rien contre la choucroute judiciaire liégeoise alors
qu’ils savent.
Il paraît que le président Lahousse a dit à Monsieur
Fischer :

          - Mon petit Francis, voilà une amende qui va te
          coûter plus cher qu’à Van Gyseghem... et je crains
          fort que tu sois le seul à la payer.

et que Monsieur le Conseiller Van Brussel aurait dit :

          - Pour n’avoir pas voulu me mettre dehors, ils se
          sont mis dedans.




10
     le 15-01-04 à 11 h.

                              28
Marc Van Gyseghem.




Les rikikis.



  A ma Flamande, Danièle Reynders,
  le meilleur des juges d’instruction

  et à celui qui n’en a rien à foutre,
  Roger Fontaine, vice-président
  du Tribunal de première instance
  de Liège.




          29
                AFFAIRE COOLS11.
Cher Monsieur Maachia,

A partir du moment où vous avez déclaré que « dans
votre cassette audio », il était question de Madame Thily
et de Happart, vous comprendrez aisément que le
Parquet général ne vous l’achètera pas... votre cassette.

Fallait pas le dire !

Au contraire, on va vous faire enrager afin que vous vous
entêtiez à refuser de la donner... votre cassette.

Par contre, vous poseriez un beau geste en la donnant,
gratuitement s’entend, à Maître Marcel Cools.

On dirait, de vous comme de moi, voilà un loubard digne
du père Gilbert.


                                          Votre frère de peine.



Heureusement, Madame le Juge d’instruction, que je n’ai
pas fait de confidences dans la bibliothèque de Lantin !
Si vous saviez ce que j’ai dit de Bernadette Prignon,
Léon Giet, Anne Thily et tutti quanti...

11
     Voir « La Meuse » du 27 / 11 / 03.

                                    30
            AU RESTAURANT.

La dame, installée à la table voisine, s’adressant à son
cavalier :

- Carmelo, il me fait chier. Il ne sait rien dire gentiment.
Alors, moi, je lui reclape la gueule. C’est vrai, à la fin,
j’en ai rien à foutre de Carmelo. Inaqua me laisser
tranquie ! Qu’il crève !

- Ca vous a choqué ?

- Pas du tout, Madame le Juge d’instruction. Je suis un
réinséré... maintenant. Depuis que je connais Monsieur
le Président du Tribunal Fontaine, Madame le Conseiller
Lange et Monsieur le Premier Président de la Cour...

- Vous oubliez le Prince Philippe.




                     MOUCHÉ.

Le substitut Axel Theunissen, s’adressant à Maître
Frédéric Copine :

- Bonjour, cher vieux Copine !

- Bonjour, chère vieille copine !

                             31
            « CONTROVERSE ».

Pascal Vrebos :

- Et vous, Axelle Red, que pensez-vous de la maltraitance des
enfants ?

- Ben... je ne pense pas... enfin si, je pense... je pense que je
suis pour les enfants maltraités... enfin, je veux dire que je suis
contre. Parce que les enfants, c’est quand même des enfants.
Je pense que les enfants maltraités devraient être
immédiatement dénoncés à la police... enfin, je veux dire que
les parents devraient être dénoncés...            Les instituteurs
devraient immédiatement dénoncer les parents pour
maltraitance des enfants... parce que les instituteurs, c’est
horrible... je veux dire – Axelle Red relève ses mèches de
cheveux – que c’est horrible que des enfants soient maltraités.

- Cher Axelle Red, merci pour votre témoignage. J’espère que
vous reviendrez sur notre plateau de « controverse ».

Et vous, Madame le Juge d’instruction, qu’en pensez-vous ?

- Je pense – si j’ose ainsi m’exprimer – je pense comme
Axelle Red. Je pense que c’est horrible.

- Heureusement, Madame le Juge d’instruction, qu’il y a des
gens comme nous pour faire avancer le problème ! Je suis
convaincu que, grâce à nos parlottes, il y aura beaucoup
moins d’enfants maltraités. Au fait, quand fait-on le procès de
Marc Dutroux

- Oulala ! Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on fera son
procès avant le vôtre.


                                32
                LE DESAVEU.
Le premier président de la Cour :

- M. Van Gyseghem, si vous continuez à critiquer les
magistrats qui relâchent les violents qui ont cassé la tête
des policiers, je serai contraint de vous désavouer et
d’expliquer, officiellement, que les magistrats ont raison.

- Oh mais ! Monsieur le Premier Président, vous êtes
libre de vous déshonorer.



                   LA MANIE.

- M. Van Gyseghem, psychopathologiquement parlant,
qu’êtes-vous ?

- Un maniaco-dépressif qui n’a jamais de phase
dépressive, Madame le Juge d’instruction.

- Vous êtes donc tout simplement un maniaque ?

- Oui, Madame le Juge d’instruction.

- Quelle est votre manie ?

- Je collectionne les conneries. Lorsque Madame Didine,
de Libramont, écrit au « Soir Magazine » : « Je suis une
mamy de trois délicieuses petites filles. Dutroux, on ferait
mieux de le pendre. C’est lui faire trop d’honneur que de
                             33
lui faire son procès.», je n’ai aucune envie – alors là,
vraiment aucune – d’écrire que Madame Didine, de
Libramont, est une conne... d’expliquer que Marc Dutroux
a droit, comme tout le monde, à un procès équitable.
D’ailleurs, Dame Didine ne me comprendrait pas.
J’avoue que j’ai été tenté, un court instant, d’écrire au
rédacteur en chef du « Soir Magazine » pour lui dire qu’il
ne devrait pas publier une lettre aussi bête, mais... mais
très vite, j’ai renoncé.    S’il n’est pas capable de
comprendre, par lui-même et tout seul, que la lettre de
Madame Didine, de Libramont, est ridicule, ce n’est pas
un discours de ma part qui pourrait lui ouvrir... l’esprit.
Par contre, Madame le Juge d’instruction, lorsqu’un
ministre – on peut tout de même croire qu’un ministre a
un QI supérieur à celui de Dame Didine – révèle des
choses qui concernent l’intimité de sa femme, je ne le
rate pas.




Elle a réalisé son rêve d’enfant : être ministre de la
Justice. En somme, c’est Peau d’Ane.

                            34
          LES QUATRE SERMENTS.
- Savez-vous, Madame le Juge d’instruction, que
Madame Reynders a prêté quatre serments ?

- Quatre ! Etes-vous sûr ?

- Le serment d’avocat, le serment de juge au Tribunal, le
serment de vice-président au Tribunal et le serment de
président du Tribunal de première instance.

- Oh mais, M. Van Gyseghem, le quatrième ne compte
pas. Ca ne fait que trois.


                 L’EXISTENTIEL.
- Le premier président m’a dit : « Van Gyseghem, je ne le
regarde même plus. ».

- Vous savez, Madame le Juge d’instruction, ce n’est pas
parce qu’on ne regarde pas un chien qu’il n’existe pas...
ou qu’on l’empêche de mordre.


                 LA PRUPRUNE.

- Eric Néven, Madame le Juge d’instruction, a été libéré
sous conditions : Ne plus fréquenter les prostituées.

-Et vous, M. Van Gyseghem ?

- Ne plus fréquenter les magistrats.

                             35
   L’HUILE DE PREMIERE PRESSION.

Madame le Procureur du Roi Bourguignont :

- Véronique n’a pas dit à Monsieur Dulieu : barre tes
cacahuètes ; elle lui a dit : barre tes olives.

- Et... Monsieur Dulieu a eu de la peine ?

- Non ! Je lui ai expliqué que l’huile d’olive était plus
noble et plus saine que l’huile d’arachide.



                EN DIRE DU BIEN.
- Puisque je n’ai pas réussi à vous faire taire, le mieux
serait que vous disiez du bien de moi.

- Oh mais, Madame le Juge d’instruction, vous êtes un
ange. Maître Bovy me le disait encore tout à l’heure.

- Il n’empêche que vous continuez à dire que Madame
Reynders est le meilleur des juges d’instruction.

- Oh mais, Madame le Juge d’instruction, ce n’est pas
moi qui dis ça ; c’est Monsieur Bourseau, mais... mais je
ne suis pas de son avis. Madame Julémont me confiait
hier : « combien de fois, combien de fois ne demande-je
pas l’avis de Madame Rusinowski ! ».

- C’est un beau compliment. Continuez à la citer.


                            36
           A MIREILLE JULEMONT.

Madame le Juge d’instruction, j’aimerais bien de
comparaître devant un juge d’instruction qui ne soit, ni un
con, ni un tricheur.
Pourriez-vous dire aux policiers que, la prochaine fois, ils
doivent me conduire à votre cabinet.
Grand merci !



                   LE MECHANT.


- M. Van Gyseghem, vous êtes un méchant.

- Ne croyez pas cela, Madame le Juge d’instruction. Je
suis triste, profondément triste, lorsque je vois Madame
le Conseiller Prignon qui me dit, les yeux remplis de
larmes : Didier est un con, un con intégral. Il a étalé ma
vulve cisaillée au grand jour.

- Que lui avez-vous répondu ?

- Je lui ai dit : consolez-vous, Madame le Conseiller, il
sera puni. Il ne sera bientôt plus ministre.




                            37
   L’INDEPENDANCE DU MAGISTRAT.

- Madame le Juge d’instruction, y a Madame Wilwerth qui
réclame une pension alimentaire.

- Qu’elle choisisse un bon avocat !

- C’est fait. C’est Maître Swennen.

- Espérons qu’elle tombe sur un bon juge.

- C’est un bon. Elle le connaît très, très bien.

- Alors, ça va. Elle obtiendra « un peu plus » que si elle
était tombée sur un juge qui ne la connaît pas.

- Vous croyez ?

- Si Claire Lovens était chargée de fixer le montant d’une
pension alimentaire au profit de Danièle Reynders...

- Votre exemple est bien choisi. C’est justement Claire
Lovens qui a prononcé le divorce de Maître
Schuurwegen d’avec sa première femme. Ca a été
comme sur des roulettes.

- Je suppose qu’il avait un bon avocat.

- Ben, oui ! C’était Danièle Reynders.




                             38
                  LES CONCONS.

- M. Van Gyseghem, maintenant, vous vous présentez
en homme-sandwich devant le palais de justice : une
pancarte, par devant et par derrière, portant l’inscription :

                      DEFENDONS
                         NOS
                       POLICIERS

Ca ne va pas, hein, ça. Les policiers nous regardent en
souriant. Ils ont l’air de dire que nous sommes vraiment
des cons.

- Je vais, Madame le Juge d’instruction, vous donner la
recette pour que ça n’arrive plus : Ne relâchez plus les
violents qui cassent la tête des policiers... parce que, ça,
Madame le Juge d’instruction, c’est vraiment prendre les
policiers pour des cons.


       LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE.

Pour désigner les cochons, José Happart ne dit pas les
bi ongulés ; il dit : les bisongulés

Laurette Onkelinx :

- José, pourquoi parles-tu des bisons ? Il n’y en a pas
dans les Fourons.



                             39
                          EXIT.
Le premier président de la Cour Michel Joachim est un
rien du tout, un être cruel, un barbare. Il tire les sangliers
à la chevrotine. Le Prince Laurent, lui, Il soigne les
sangliers.
Vous voyez tout de suite la différence.
Et ça prétend diriger une Cour d’appel !




    Je crois que je vais
   prendre ma pension.




               J’applaudis
           des deux mains.




                             40
SAINTE SUSPICION LEGITIME.




            Madame le Juge
            d’instruction,
            je vénérais Madame
            Doutrewe ;
            j’exècre Monsieur Deliège,
            mais... n’avait-il pas droit à
            une instruction impartiale ?




            41
            QUESTION – REPONSE.

Madame le Procureur général,


Si Madame Reynders peut dire : Madame Raskin est une
conne, pourquoi ne puis-je pas dire : Madame le Premier
substitut Wilwerth est une conne ?




            Mais si, vous
           pouvez le dire.




                     LA GRAINE.

Michel Joachim :

- Les plus intelligents sont ceux qui se taisent.

- Prenez-en de la graine, Monsieur le Premier Président.


                             42
                  LA PREFERENCE.
Claire Lovens :

- M. Van Gyseghem, pourquoi préférez-vous le président
du Tribunal correctionnel Desmette au vice-président
Fontaine ?

- C’est que, Madame le Président, lorsque Monsieur
Fontaine dit foutre, Monsieur Desmette dit seulement :
diable.



                      LA BEAUTE.
- Etes-vous toujours un grand admirateur de Christine
Matray, conseiller à la Cour de cassation ?

- Oh ! Oui, Madame le Juge d’instruction.         C’est
l’intelligence faite femme.    C’est, si vous voulez,
l’antichoucroute. Et jolie avec ça ; ce que les vieilles
femmes ne lui pardonnent pas.

- Qu’a-t-elle écrit de si intelligent ?

- « L’impartialité des procureurs ».

- Vous devriez en envoyer un exemplaire à Christine
Wilwerth.

- C’est inutile ; elle ne le comprendrait pas.

                               43
                        L’AVEU.
- Marc de La Brassine a déclaré : « Si je pouvais
redevenir avocat général, je serais tout différent
d’avant. ».
Qu’en pensez-vous, Madame le Juge d’instruction ?

- Marc de La Brassine avoue que, avant, il ne remplissait
pas sa fonction convenablement.

- C’était donc un magistrat choucroute ?

- Ben... oui !


                 L’ANE DE VOLTAIRE.
Voltaire adorait mystifier ses visiteurs. Lorsqu’il ouvrait la
barrière de son pré, il faisait passer son âne avant lui :
« Je vous en prie, Monsieur le Premier Président, passez
devant. ».

                 LA BONNE DICTION.
Cécile Dumortier :

- Mais, Roger, laisse-moi tranquie, laisse-moi tranquie.

Roger Fontaine :

- Cujus regio ! Comme tu parles mal depuis que tu es à
la Cour d’appel !


                             44
                      LE MALIN.

- A vous entendre, tous les magistrats choucroute sont
des sots, voire des imbéciles.

- Oui et non, Madame le Juge d’instruction. J’en connais
un qui est très malin. Je sais qu’il triche, mais je n’arrive
pas à en avoir la preuve. Vous comprenez bien que je
ne vais pas écrire : « Monsieur X est un tricheur » alors
qu’il m’est impossible d’en apporter la preuve.
Naturellement, il n’intervient jamais dans une affaire qui
me concerne. Je ne désespère cependant pas de le
coincer.



                 LES OBSEQUES.


- On vous avait vu, M. Van Gyseghem, aux obsèques de
Madame le Juge d’instruction Doutrewe, le 2 mai 1999.
Vous portiez un costume bleu sombre et – vous qui avez
horreur des cravates – une cravate blanche.

- Je me souviens, Madame le Juge d’instruction. Je me
souviens surtout du discours de Madame Delnoy : « Ah !
Martine, nous nous amusions bien lorsque nous nous
réunissions pour boire moult bouteilles de champagne
dont les bulles... ». Un gendarme avait même donné un
coup de coude à son collègue.



                             45
- Pourquoi n’avez-vous pas assisté aux obsèques de
Monsieur le Procureur général – Président du Troca
Léon Giet ?

- Pour quoi faire ? Pour lui rendre hommage ? Je
préférais laisser ce soin à Monsieur le Premier Président
de la Cour. Il n’a d’ailleurs pas failli à sa tâche.

- Pauvre Léon !

- Vous ai-je dit, Madame le Juge d’instruction, que le
général de Gaulle avait été président d’honneur des
Folies-Bergères ?

- Non, mais on m’a dit que Madame Thily avait accepté la
présidence d’honneur du Théâtre Al Botroûle. On avait
proposé cet honneur à Monsieur le Président à la Cour
Caprasse, mais il a refusé. Je ne sais pas pourquoi.



                  A L’AUDIENCE.

Monsieur le Conseiller Van Brussel, présidant la
Chambre et s’adressant à Madame Reynders (affaire
Levaux) :

- Madame le Juge d’instruction, vous êtes accusée
d’avoir été partiale dans votre instruction. Avez-vous été
partiale ?

- Oh ! Non, Monsieur le Président.


                           46
- Vous voyez bien, Maître Pierre, que vous vous trompez.

- Monsieur le Président, j’ai amené, dans le couloir, un
témoin qui pourrait rapporter certains propos tenus par
Madame Reynders. Pourriez-vous l’entendre ?

- Ce n’est pas nécessaire, Maître Pierre. Madame
Reynders ayant répondu à toutes nos questions, la Cour
s’estime suffisamment éclairée. Les débats sont clos.
(un temps) Madame le Juge d’instruction, la prochaine
fois que vous comparaîtrez devant la Cour, ne portez pas
un pantalon aussi moulant ; on devine la coupe de votre
culotte.

- C’est impossible, Monsieur le Président, je porte un
string.



       LE BATONNIER BON ENFANT.

- Il me revient que Maître Nicolas Antoine se serait fait
faire un massage dorso-lombaire par votre petite-fille.
C’est indigne d’un avocat !

- Bah ! Monsieur le Bâtonnier, ce sont les mœurs du
temps.

- Où s’est-il fait faire ce « massage » ?

- Ben... vous venez de le dire vous-même : aux fesses.

- Je veux dire : en quels lieux ?

                             47
- Dans un château du Moyen Age.              Maître Antoine
participait à un grand jeu de rôles.

- Il y tenait au moins le rôle de l’amant de Mathilde de La
Môle ou de Marguerite de Navarre ?

- Je ne sais pas, Monsieur le Bâtonnier.

- Maître Antoine a donc profité de la naïveté de votre
petite-fille.

- Oh ! Non, Monsieur le Bâtonnier. Maître Antoine n’est
pas un profiteur. Il a payé ce service... 200 francs
(5 euros).

- Vous êtes sûr que ce ne sont que les fesses ; pas la
zigounette ?

- J’en suis certain, Monsieur le Bâtonnier. La modicité de
la somme prouve à suffisance qu’il ne s’agissait pas de la
zigounette.

- Tout fout le camp ! Je me demande ce que les avocats
enseignent à leurs stagiaires. Qui était le maître de
stage de Maître Antoine ?

- Maître Frédéric Bovy.

- Digne maître de l’élève ! L’un racole des clients, l’autre
racole des ados. Comme je n’ai pas puni l’un, je ne vais
pas punir l’autre.

- Je vous félicite, Monsieur le Bâtonnier.

                             48
               LA CELEBRATION.
- M. Van Gyseghem, le consul général du Botswana me
fait savoir qu’il veut célébrer l’anniversaire de votre
quatrième incarcération.

- Ah non ! Ah non, Madame le Juge d’instruction ! Le
consul général du Botswana n’a rien à voir là-dedans.
C’est vous qui devez présider la cérémonie.


                    LE NAEVUS.
- Vous affirmez que Madame le Juge d’instruction
Rusinowski a un grain de beauté en plein milieu de la
face interne de sa cuisse droite. Vous êtes sûr ? C’est
peut-être une crasse ?

- Mais enfin, Monsieur le Bâtonnier, si c’était une crasse,
je ne l’aurais pas vue des dizaines de fois... au même
endroit.

                   CAMBRONNE.
- Madame le Juge d’instruction, avez-vous déjà vu
Madame Reynders en tenue de cérémonie avec une
ceinture tricolore et des gants... blancs ?

- Evidemment !

- Que pensez-vous de ses gants blancs ?

- Ben... je... en fait... elle... Merde ! M. Van Gyseghem.

                            49
                   LE QUATRAIN.

              Quel est donc ce joli barbu
              Qui aurait toutes les chances ?
              C’est un premier substitut.
              Beine y soit qui mal y pense.



                 PATER NOSTER.

- Mon père Thaddeus s’est sauvé de Pologne. Il haïssait
la tyrannie, l’injustice.

- Comme je le comprends, Madame le Juge d’instruction.

- Il me disait toujours : Micheline, ne délivre jamais de
mandat d’arrêt choucroute.

- Vous auriez dû l’écouter, Madame le Juge d’instruction.

- Le père de Madame le Premier substitut Wilwerth disait
un jour à sa femme : Qu’allons-nous faire de Christine ?

- Ben... une bonne épouse, comme moi.

- Ah ! Si elle pouvait épouser un colonel d’aviation... qui,
à 52 ans, aurait une pension de général.
Enseigne-lui toujours le tricot.

- J’ai essayé, mais elle perd toujours la boule.


                             50
                VINGT ANS APRES.12

Milady de Wilwerth posa son tricot. Tel un mousquetaire
du Roi, Dartawaide fit irruption dans le salon.

- Monsieur, je vous ai tricoté un cache-col.

- Comment ! Une dame de votre qualité sait tricoter ?
Ne serait-ce point un subterfuge pour me faire oublier les
ferrets de diamants d’Anne d’Autriche ? Empêcher la
Reine de France de bénéficier d’un non-lieu ?

- Point, Monsieur, point. Ce tricot est facile à faire,
c’est : « tous les points à l’envers. ».

- Permettez-moi, Madame, de vous baiser le bout des
doigts13.

- C’est une privauté, mais qu’importe, je vous l’accorde.

Dartawaide était un homme qui prend un bras quand on
lui donne un doigt. Milady de Wilwerth se mit à hurler, à
la manière du président de la Chambre du conseil
Delwaide :

-Sortez, Monsieur, sortez.


12
   A la manière de Dumas : Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans
après, Le Vicomte de Bragelonne.
13
   A ses héros, Dumas faisait baiser les doigts des dames. Ce n’est
que bien plus tard que Madame le Conseiller Ancia fit éjaculer les
héros.

                                51
                 LA NOSTALGIE.

- M. Van Gyseghem, contez-moi vos plus beaux
moments de ces trois dernières années.

- C’était, Madame le Juge d’instruction, lorsque j’étais
étendu sur mon lit à la prison de Lantin et que je pensais
à vous.

- Receviez-vous la visite de l’aumônier Lambert ?

- Non ! C’était sœur Agnès-Paule. Une fois, elle nous
avait expliqué, à mon « duo » et à moi-même, que, la
veille, elle était allée acheter des scampis au GB et qu’en
décortiquant la chitine, elle avait éclaboussé sa robe
grise de liquide rouge. Elle nous avait montré les taches.
Mon duo et moi-même étions tout bouleversés.
C’est ça, Madame le Juge d’instruction, la vie carcérale.


                 LES EBURONS.
- Nous autres, Madame le Juge d’instruction, le Bâtonnier
nous appelle : les humbles. C’est vexant.

- Ne vous en faites pas pour ça. Nous autres, les
magistrats choucroute, il nous appelle : les Ménapiens.

- On dit que le procureur général près la Cour de
cassation va donner un grand coup de balai. Que ferez-
vous, Madame le Juge d’instruction ?

- Je tâcherai de me mettre du côté du manche.

                            52
               LES BLESSURES.

- Madame le Conseiller Prignon m’a dit qu’elle éprouvait
le plus grand mépris à votre égard.

- C’est, Madame le Juge d’instruction, le privilège d’une
femme marquée au fondement... par son mari.
Christophe Beerten éprouve le même mépris à l’égard de
Madame le Conseiller Ancia et Monsieur le Substitut
Vanderheyden. Les blessures d’amour-propre laissent
des cicatrices profondes.



                 PAS DE TITRE.

Gandhi : « C’est dans les prisons qu’il faut chercher la
liberté. Vous ne la trouverez pas dans les tribunaux. ».

- M. Van Gyseghem, je vais vous citer Spinoza.

- Ah non ! Madame le Juge d’instruction. Avec Spinoza,
vous pouvez justifier Pétain aussi bien que de Gaulle. Le
problème que nous vivons n’a rien de philosophique. Il
s’agit tout simplement de la tricherie de certains
magistrats.




                           53
                        LE DELIT.

Mais, M. Van Gyseghem, vous dites à tout le monde que
les magistrats ne sont pas des dieux. Ca ne va pas, hein,
ça ! Les gens vont finir par le croire.


                      LA RAISON.

- M. Van Gyseghem, pourquoi, sacré nom de Dieu,
voulez-vous, dans ce combat contre les magistrats
choucroute, gagner à tout prix ?

- Madame le Juge d’instruction, c’est comme si vous
demandiez à Justine Henin pourquoi elle veut gagner à
Roland-Garos.



                    LES GRACES.

Un jour que je me moquais du réquisitoire que Madame
Wilwerth venait de prononcer, je m’entendis répondre :

- La parole est libre et je dis ce qu’il me plaît.

Un avocat qui avait assisté à la scène :

- C’est ce qui lui permet de joindre l’esprit de la syntaxe
aux grâces du rudiment.

                              54
          LE GENERAL DE GAULLE.

Micheline Rusinowski :
- Vous qui connaissez bien le général de Gaulle,
qu’aurait-il fait si, Premier ministre de Belgique, il avait lu
« Les Valeureux Liégeois » ?

- Il aurait mis Didier Reynders à              la   porte du
Gouvernement.

- Et... Laurette Onkelinx ?

- Il n’aurait pas eu à la mettre à la porte ; elle n’y serait
jamais entrée.




            DANS L’ELECTROLYTE.

Il faut, Madame le Juge d’instruction, laisser tranquie le
premier président Joachim. Sinon, il ne saura plus être
le catalyseur d’énergie de la Cour (en clair : pousser les
magistrats au c...). Madame Ancia m’a dit :

- Monsieur Joachim a une fameuse cathode.




                              55
                   Marc Van Gyseghem.




LES MAGISTRATS ET LES
     CEREMONIES.



       A Monseigneur l’Evêque de Liège Aloïs Jousten
       qui refuse de dire la messe du 15 août
       à côté de « l’Envol de la Wallonie14 ».
       Pour le féliciter.




14
  Statue érigée près de l’amphithéâtre du Quai Van Beneden
représentant deux adolescentes de quinze ans, à poil, qui jouent à
saute-mouton. Elle fait la joie des pédophiles.

                                 56
 LA DECLARATION DE NAISSANCE DE
     LA PRINCESSE ELISABETH.

C’était une belle cérémonie, Madame le Juge
d’instruction.
Le Prince Philippe est arrivé à Anderlecht.           Le
Bourgmestre Simonet l’attendait sur le trottoir. Il a
conduit le Prince dans la salle des fêtes de l’Hôtel de
ville. Superbe ! Des dorures partout, du parquet, des
tapis de Téhéran, de Tébriz et même un de La
Savonnerie15.
Le journaliste de la télé disait : « Le Bourgmestre
Simonet ». Il ne disait pas, comme son confrère qui
commentait le mariage du Prince : le Bourguemestre.
C’était beaucoup plus chic.
Bref ! Le Prince Philippe s’est retrouvé devant les
témoins qui... l’attendaient : le premier président de la
Cour de cassation Paul Marchal et Son Excellence le
ministre des finances Didier Reynders. Le Prince a signé
l’acte de déclaration de naissance, puis... l’échevin de
l’état civil a tendu le porte-plume en direction des
témoins.
Monsieur le Premier Président Marchal s’est avancé vers
le porte-plume, mais Didier Reynders, plus rapide qu’un
lièvre, l’a pris de vitesse :

- Moi d’abord !


15
  Offert par Napoléon à la Ville d’Anderlecht à l’occasion de son
mariage avec l’Archiduchesse Marie-Louise (arrière-petite-cousine
du Prince Lorenz).

                                57
C’est vrai, hein, Madame le Juge d’instruction, un premier
président de Cour de cassation n’a pas à « prendre le
pas » sur un ministre des finances.
Le caméraman a pointé sa caméra sur l’acte de
naissance et tout le monde a pu voir que la signature de
Didier Reynders se trouvait au-dessus de celle de Paul
Marchal.
C’était la partie protocolaire de la séance. Après, ce fut
plus convivial.
Didier Reynders s’en fut trouver le Prince :

- Et alors, Monseigneur, l’accouchement s’est bien
passé ? Votre Altesse Royale n’est pas tombée dans les
pommes ? Moi, pour la naissance de mon premier,
oulala...

Mais, Madame le Juge d’instruction, le Prince a coupé
court :

- Si Votre Excellence le permet, je voudrais aller saluer le
premier président de la Cour de cassation.

Le Prince a planté là Didier Reynders qui dut se
contenter de siroter son champagne avec Monsieur
Simonet16.

- Et... le premier président Marchal a donné des conseils
au Prince ?

- Non, Madame le Juge d’instruction, Monsieur Marchal
ne donne jamais de conseils... sauf une fois. Fin 2002, il
a dit à Claude Lamberts : si j’étais toi, hein, Claude, je

16
  Il n’était pas encore secrétaire d’état dans le Gouvernement
Verhofstadt II.

                                 58
donnerais ma démission de premier président de la Cour
d’appel de Liège. Alors, Madame le Juge d’instruction,
Claude Lamberts a donné sa démission. Mais il est resté
directeur général des Codes Larcier.

- Vous connaissez bien Monsieur Marchal ?

- Non, pas vraiment, mais c’est lui qui a envoyé sur les
roses mon avocat qui avait déposé une requête en
dessaisissement d’un juge d’instruction, le 3 juillet 1999.

- Votre avocat ne connaissait pas la loi de mars 1998 qui
interdit de dessaisir un juge d’instruction ?

- Non.

- Faut-il être bête pour se lancer dans une procédure
pénale sans connaître le Code pénal ! Qui était-ce ?

- Maître Bovy.            Vous savez, Madame le Juge
d’instruction, Maître Bovy, ce n’est pas le droit qui
l’intéresse, c’est le tiroir-caisse.


                    LA JEREMIADE.
Didier Reynders :

- Madame le Procureur du Roi, Van Gyseghem se moque
atrocement de ma femme.

Anne Bourguignont, qui ne manque pas d’esprit :

- Il ne vous convient guère de lui reprocher une faute dont
vous lui avez vous-même donné l’exemple.

                            59
                      LE TE DEUM17.

I. Le Te Deum vu par « La Meuse »18




Michel Crahay ne l’a pas raté.          Il est bien fait, hein,
Madame le Juge d’instruction.




17
     Le 21 juillet 2003.
18
     « La Meuse » du 22/07/2003.

                                   60
61
II. Le Te Deum vu par Van Gyseghem.


Ah ! Madame le Juge d’instruction, comme c’est
dommage que vous n’ayez pas assisté au Te Deum
chanté à la cathédrale Saint-Paul ! C’était superbe.
D’abord, on nous a donné le programme. Le voici :




                        62
Monsieur le Gouverneur de la Province Paul Bolland,
toujours si convenable dans son costume strict bleu-
marine, ne portant pas d’autre garniture que sa rosette
de chevalier du taste-vin du Bordelais19, était... n’était
pas là, mais tout le monde s’en fichait parce que... parce
qu’il s’était fait remplacer par Maître ô Hamal.
Il aurait fallu le voir, Madame le Juge d’instruction. Il
portait le même costume que celui du Prince Philippe aux
Floralies de Gand. Je ne parle pas de la carrure, je parle
de la couleur. Il arborait, en bandoulière, un large ruban
en satin jaune et rouge... un large ruban, plus large
que celui qu’on met sur les couronnes mortuaires.
Partant de l’épaule droite de Maître ô Hamal, le ruban le
prenait par devant et par derrière pour aller se nouer sur
sa cuisse gauche. C’était très chic.
Maître ô Hamal circulait dans le transept et dans la nef
comme s’il était chez lui. Il serrait des mains et des
mains et des mains. On aurait dit le marquis de Dreux-
Brézé, Grand maître des cérémonies de France, qui
circulait dans la Galerie des glaces de Versailles un
quatorze juillet. Oh ! Pardon ! Je me trompe... un quinze
août.
Mais, Madame le Juge d’instruction, il s’est arrêté de
plastronner lorsque les trompettes de Rosario Macaluso
du Conservatoire royal de Liège sonnèrent pour
annoncer l’arrivée de la Cour d’appel. Tous les militaires
se sont mis au garde-à-vous, tous les drapeaux se sont
élevés et ont courbé la tête. Les médailles se mirent à
cliqueter.
Alors, Madame le Juge d’instruction, on a vu s’avancer
solennellement le premier président de la Cour Michel
Joachim. Il rayonnait de plaisir et pétait de fierté : c’était
19
   Il y achète, chaque année, des dizaines de bouteilles à 4800
francs pièce. A ce prix-là, pas besoin de le tâter.

                                 63
la première fois qu’il présidait un Te Deum. L’hermine
garnissant sa robe rouge – il y a finalement autant
d’hermine que de tissu – était d’une blancheur virginale.
Vous me direz : c’est normal, elle n’a pas encore
beaucoup servi. Et, Madame le Juge d’instruction, c’est
vrai ; c’est la quatrième fois qu’il la sort de sa penderie.
L’hermine – beaucoup moins large – de Monsieur le
Président Caprasse était, évidemment, immaculée, mais
elle était un peu moins blanche... un tout petit peu, mais
je l’ai remarqué. Vous me direz : c’est normal, il y a
quinze ans que Monsieur Caprasse est président.
Monsieur le Premier Président Joachim ne savait pas
très bien où il devait se placer, il hésitait, mais un maître
de cérémonie – pas ô Hamal – l’a placé au milieu de la
croisée du transept et de la nef. Il était là, tout seul...
tous les autres magistrats étant repoussés sur les côtés
de la nef... juste avant les « humbles » qui garnissaient
les derniers rangs.
Les militaires étaient, comme toujours, dans un des bras
du transept... juste devant la chorale de la Vierge des
pauvres de Banneux, sous la direction de Sœur Claire-
Marie.
Les anciens combattants – quarante ? on se demande
où l’on va les chercher étant donné que la guerre est finie
depuis 59 ans – étaient placés dans le chœur de la
cathédrale. Ils occupaient les stalles des chanoines de la
cathédrale.      Vous me direz : où avait-on mis les
chanoines ? Ben, Madame le Juge d’instruction, il n’y en
a plus que quatre et ils entouraient Monseigneur Jousten.
Monseigneur l’Evêque, c’est un nouveau... depuis deux
ans. Il succède à Mgr Houssiaux qui a pris sa pension et
qui est allé s’installer, avec Mgr van Zuijlen – celui
d’encore avant – juste à côté de chez le Père Camille qui
a été poursuivi pour pédophilie par la « croûte »

                             64
Fabienne Gillet, substitut de Madame Bourguignont. Le
nouveau, dis-je, c’est Mgr Jousten.
Mais, Madame le Juge d’instruction, Mgr Houssiaux –
l’ancien – vient, de temps en temps, donner un petit coup
de main à Mgr Jousten.           Pas pour un Te Deum
évidemment ! Il y a des gens qui, comme ça, ne savent
pas décrocher de leur fonction.
Mgr van Zuijlen, lui, quand il était sur le trône épiscopal, il
allait se faire coiffer au Passage Lemonnier. Le salon de
coiffure a disparu depuis longtemps. Lorsque Son
Excellence entrait dans le salon de coiffure, le patron
coiffeur criait : Bonjour, Monseigneur ! Alors, les
quatre garçons coiffeur et l’apprenti coiffeur couraient se
placer sur une ligne marquée au sol pour... pour faire une
haie d’honneur. Monseigneur tendait la main vers le
premier garçon coiffeur qui faisait une génuflexion et
baisait l’anneau pastoral. Et puis, c’était au tour du
deuxième garçon coiffeur et ainsi de suite jusqu’à
l’apprenti qui allait avoir l’honneur de shampoigner
Monseigneur.
Comme je vous connais, Madame le Juge d’instruction,
vous allez me demander :

- Recueillait-on les cheveux coupés sur une ramassette
en vermeil ?

Franchement, je dois vous dire que je ne me rappelle
plus. Alors, lorsque tout était dit ou plutôt, lorsque tout
était fait, Monseigneur s’en allait sans payer. Ce n’était
pas qu’il fût à ce point pauvre, mais, à cette hauteur
épiscopale, l’argent n’existe pas. Le patron coiffeur
envoyait sa note au palais épiscopal – que nous
appelons la Maison de la pauvreté évangélique – et le
secrétaire du prélat domestique réglait la note majorée

                              65
de dix pour cent... de pourboire. Il payait toujours rubis
sur l’ongle... le rubis ne quittant évidemment pas
l’anneau pastoral.
Mgr Jousten officiait avec dignité, certes, mais non sans
une certaine raideur. Il est originaire d’Eupen. Ces
gens-là sont un peu raides... comme les Aryens. Mgr
Jousten secouait la tête, par petites saccades, pour dire
bonjour. Mais c’était quand même bien.
Quand le chanoine-doyen – qu’on voit sur la photo de M.
Crahay – lui a enlevé sa mitre et l’a débarrassé de sa
crosse, Mgr Jousten n’a pas mis sa calotte mauve...
comme Mgr Houssiaux le faisait. Alors, je me suis dit :
ça, c’est bizarre. Mais ma voisine m’a dit :

- Savez-vous pourquoi il ne met pas sa calotte ? C’est
parce qu’il sait qu’il y a des juifs dans l’assemblée. Il ne
veut pas que les juifs en profitent pour mettre leur kippa.

Alors, Madame le Juge d’instruction, j’ai vite enlevé la
mienne.
Mgr Jousten a évidemment prononcé une homélie. Il a
dit que la Belgique était le cœur de l’Europe... qui allait
encore s’agrandir. Il n’est pas allé jusqu’à dire que la
Belgique était le nombril du monde, non ! Mais il a dit
qu’à Liège, il y avait la Meuse... magnifique fleuve avec
plusieurs affluents. L’Eglise a toujours aimé enseigner.
Il a dit qu’à Liège, il y a plein de monuments qui
rappellent notre histoire et notre grandeur. Tenez ! qu’il
a dit : regardez la place Saint-Lambert ! Je dois vous
avouer, Madame le Juge d’instruction, que j’ai été surpris
parce que, sur la place Saint-Lambert, il n’y a pas « plein
de monuments historiques » ; il n’y en a qu’un : le palais
des princes-évêques. Peut-être Mgr Jousten pensait-il
au temps – nostalgie ? – où l’évêque était en même

                            66
temps le prince ? Mais, Madame le Juge d’instruction,
c’est fini tout ça. Les despotes, éclairés ou obtus, nous
n’en voulons plus. Vous me direz : le premier président
et certains de ses acolytes ne sont pas toujours
« éclairés ». Ils disent souvent des sottises.
Bref ! Tout était très digne et l’homélie était pleine de
bon sens.
A un moment donné, j’ai eu peur.                Après les
« intentions » claironnées par le chanoine-doyen et le
premier chanoine, il y avait la « prière ». Je me suis dit :
comment le premier président Joachim va-t-il faire le
signe de la croix ? J’espère qu’il ne va pas se tromper...
esquisser un triangle ou faire un salamalec. Figurez
vous, Madame le Juge d’instruction, qu’il ne s’est pas
trompé du tout. Il a continué à faire tourner son mortier
dans ses mains gantées de blanc.
Pas une seule fausse note. Madame le Conseiller
Prignon n’était pas là. Elle n’aime pas tous ces trucs-là
où l’on ne peut pas mâcher un chewing-gum ou se curer
les ongles à son aise.
Le ministre n’était pas là non plus. Quand je dis « le
ministre », je parle de Didier. Il n’y en a pas trente-six.
Laurette Onkelinx était à Bruxelles ; Michel Foret n’est
pas plus catholique que Laurette.
Didier était au Sel – De Zout, mais je traduis parce que je
sais que vous n’aimez pas les Flamands – où il accordait
une audience à Tony Blair pour lui expliquer les bases
nécessaires pour comprendre la Constitution anglaise et
au professeur d’obstétrique de l’Université de Columbia
pour lui expliquer comment il avait « sorti » son
quatrième enfant, tout seul... comme un grand.
Madame Thily n’était pas à la cathédrale non plus. Je
crois qu’elle est un peu blasée des Te Deum. Le premier
avocat général Pierre Jacquemin n’était pas là non plus.

                            67
Il y avait sûrement un avocat général qui faisait fonction
de procureur général, mais je ne sais pas vous dire
lequel. Ils étaient tous ensemble... un peu mélangés...
ça faisait un peu désordre.
Madame le Procureur du Roi Bourguignont n’était pas là
non plus. C’est la première année qu’elle « rate » le Te
Deum. Une dame de Manhay m’a dit que Madame
Bourguignont séchait les larmes de Tony... qui pleure
parce qu’il n’a pas été reconduit dans la fonction de
ministre de l’intérieur.         Mais, Madame le Juge
d’instruction, c’est normal. Il a fait une grosse boulette.
Dans l’affaire Abbou Yahyah – la ligue arabe européenne
à Anvers – Antoine Duquesne a déclaré : « je ne vois pas
pourquoi des gens ne pourraient pas surveiller la
police. ». Alors, Louis Michel lui a dit : « Tony, tu n’aurais
pas dû dire une pareille ânerie. Ca va te coûter ton
portefeuille. ».
Madame le Président du Tribunal de première instance
Lovens n’était pas là non plus. Là, Madame le Juge
d’instruction, je crois que c’est une question d’opinion
philosophique.        En plus, François Perin – qui est
rattachiste – lui cherche des puces quand elle va dans
une cathédrale pour... remercier Dieu de nous avoir
donné un Roi... des Belges.
Bref ! Comme vous voyez, il n’y avait pas beaucoup de
monde, mais ce n’est pas la quantité qui compte.
J’ai quand même ri quand le chanoine-doyen nous a dit
qu’il fallait prier Dieu pour avoir une meilleure justice. Je
me suis dit : Comment voulez-vous que Dieu améliore
une chose qui est déjà parfaite ? Il ne sait tout de même
pas faire des miracles.
Ciel ! J’allais l’oublier. Philippe Monfils était présent...
discrètement présent, mais présent quand même. Je me
suis demandé ce que venait faire dans une cathédrale un

                             68
chaud partisan de la loi « pour » l’avortement... l’I.V.G.
Je me demande bien pourquoi, Madame le Juge
d’instruction. Il est célibataire. Peut-être a-t-il des amies
que cela intéresse ?
Madame le Conseiller à la Cour d’appel Ancia était
également présente, mais elle « marchait » derrière
Madame Dumortier puisqu’elle est entrée à la Cour après
Cécile.
Cécile dont le caractère taquin est bien connu lui a dit :
« Véronique, n’en profiterais-tu pas pour dire à l’évêque
que tu as écrit, dans l’arrêt 711, que Christophe Beerten
avait éjaculé comme un petit lapin ? ».
Mais, Madame le Juge d’instruction, Madame Ancia lui a
tiré la langue.
Monsieur le Conseiller Genicot n’était pas là. Lorsqu’il a
appris que Madame Ancia participerait au Te Deum, il n’a
pas voulu y aller. Il ne voulait pas se trouver dans une
cathédrale avec l’inventeur de l’arrêt porno. Vous savez,
Madame le Juge d’instruction, il n’était pas le seul : vingt-
deux magistrats de la Cour se sont désistés pour la
même raison.

Maître ô Hamal, Madame le Juge d’instruction, c’est un
député permanent qui « fait beaucoup » pour Liège. La
preuve ? Il a inauguré les « pipes Simenon » sur la place
Saint-Lambert en compagnie du directeur de la maison
d’édition Grasset qui, pour nous faire plaisir, à nous les
Liégeois, a fait entrer Simenon dans la collection « La
Pléiade ».
Le directeur-adjoint de Grasset m’a dit :

- Ca va nous faire gagner 2.500.000 euros.




                             69
- Et... quelles seront les retombées économiques pour
Liège ?

- Ben... John-John récoltera 225.000 euros de droits
d’auteur.

- Mais encore ?

- Ben... le Gouverneur de la province Paul Bolland va
dépenser, pour nous recevoir, 5000 euros de vin... du
Bordelais.

Georges Simenon, Madame le Juge d’instruction, il se
faisait faire des pipes par Monica la Polonaise. Elle
habitait rue Basse-Sauvenière. Elle faisait des pipes à
l’ancienne. Elle arrondissait le bout du tuyau avec ses
dents, mais on ne fait plus ça. C’est fini. Il n’y a plus de
pipières. C’est fini !
Alors, Madame le Juge d’instruction, le Te Deum s’est
terminé à 11 heures 40, par la Toccata de Charles-Marie
Widor (1844 – 1937)... opus 42.
Précédé du premier maître de cérémonie qui portait une
canne de deux mètres cinquante à pommeau d’argent, le
premier président est sorti majestueusement suivi de
toute la Cour20. Mais il n’est pas sorti par le portail de la
cathédrale. Il est sorti par ce qu’on appelle la bascule
qui donne sur la place Saint-Paul où les deux taxis
attendaient.
Furieux de constater que le premier président ne passait
pas sous leurs drapeaux, les anciens combattants ont
commencé à rouler leurs drapeaux. C’est ainsi que ça
s’est terminé. Voilà ! C’est fini.

20
     Toute, si l’on peut dire. Ils n’étaient que six.

                                      70
     L’INSTALLATION SOLENNELLE DU NOUVEAU
          PROCUREUR GENERAL du JARDIN.

Madame le Président à la Cour d’appel Margrève :

- Marc, vous déplorez que les audiences solennelles de
la Cour d’appel manquent de... solennité : le premier
président dit des sottises, le procureur général lui
emboîte le pas, le public rigole. Aimeriez-vous assister à
une audience solennelle de la Cour de cassation ? C’est
tout autre chose.

Madame Margrève, Madame le Juge d’instruction, voulait
manifestement rehausser l’estime que mérite la Justice.
Et voilà que nous arrivons, Madame Margrève et moi, le
2 mai 2000, devant l’immense, le majestueux palais de
justice de Bruxelles21. Et voilà qu’ensuite, nous arrivons
à l’entrée de la Grande Salle : la nef d’une cathédrale !
Madame Margrève, s’adressant à l’un des huissiers :

- Je suis Clotilde Margrève, président honoraire à la Cour
d’appel de Liège. Pourriez-vous me dire où je puis
prendre place ? Toutefois, je ne suis pas seule. Je suis
accompagnée de ce monsieur qui n’est pas magistrat.

Et voilà, Madame le Juge d’instruction, que l’huissier
nous désigne deux chaises parmi celles qui, plaquées au
mur, sont « réservées ».


21                           er
   On raconte que Léopold 1 avait dit à son architecte Poelaert :
« Je veux que ce soit grandiose, que cela invite au respect pour la
Justice. Je ne veux pas que dans vingt ans, il soit abandonné parce
que devenu trop petit. Faites-le dix fois trop grand. ». Jamais roi ne
fut si bien obéi.

                                  71
Les invités arrivaient en grand nombre. Il y avait déjà
plusieurs centaines de personnes dans la salle.
O surprise, voici qu’arrive Madame Thily... qui commence
à défiler devant les « chaises réservées ». Elle serre la
main de Madame Margrève. Elle me serre la main, puis,
réalisant qu’elle venait de saluer un « monstre » :

- Tiens ! Vous êtes là aussi, vous ?

- Ben... oui, Madame le Procureur général.         Je vous
présente mes respects.

Madame Thily gagne sa place (super réservée pour les
procureurs généraux) et fait signe à un huissier de
s’approcher. Elle lui murmure quelques mots. L’huissier
vient me trouver et, vous l’aurez deviné, me demande de
« dégager ». Il m’indique l’endroit où l’on peut assister à
l’audience... debout. Blessée par le procédé, Madame
Margrève me dit :

- Si l’on vous chasse, je vous accompagne.

Pour joindre le parterre, nous passons nécessairement
devant Madame Thily.

- Clotilde, toi, tu peux conserver ta place ; c’est
seulement M. Van Gyseghem qui doit quitter la sienne.

- Ma chère Anne, je suis venue avec M. Van Gyseghem
et je tiens à rester avec lui.

Nous joignons le parterre où se trouvaient déjà deux
cents à trois cents personnes... debout. Il fallait bien que
je me débrouille pour que Madame Margrève, qui n’est

                            72
pas très grande, puisse voir la cérémonie. D’autorité, je
bouscule quelques manants en disant :

- Voulez-vous bien laisser passer Madame le Président
Margrève.

Voilà que, Madame Margrève et moi, nous nous
retrouvons au premier rang.                Madame Thily,
confortablement assise sur une chaise en plastique
moulé, nous regardait en souriant.
C’est alors, Madame le Juge d’instruction, que j’eus une
idée qui allait s’avérer géniale. Je fais un signe d’appel à
un huissier :

- Monsieur l’Huissier, n’auriez-vous pas un siège pour
Madame le Président Margrève ?

- Bien sûr, Monsieur.

L’huissier s’en va et revient, portant à bout de bras, un
immense fauteuil gothique ; un vrai trône. Et voilà
Madame Margrève installée sur son trône :

- Marc, vous n’auriez pas dû... tout le monde me regarde.

La personne qui la regardait le plus – et le mieux – c’était
Madame Thily qui devait se contenter d’une chaise en
plastique.
Tel un chambellan, je prends position à côté et en retrait
du trône. Et... je joue mon rôle de chambellan.

- Monsieur, n’appuyez pas votre main sur le siège de
Madame le Président.


                            73
Un huissier en habit fait son entrée dans la salle et
prononce ces mots qui imposent le silence :
la Cour, de Hof.
Discours du premier président de la Cour Marchal ;
réponse du nouveau procureur général du Jardin.
Deux heures plus tard, la Cour se retire et... les deux
mille personnes présentes gagnent l’immense couloir qui
conduit au salon dans lequel recevait le nouveau
procureur général.     Sortis les derniers, Madame
Margrève et moi, nous nous trouvions à la queue... de la
file.

- Marc, nous n’allons pas attendre. Je vais seulement
échanger quelques mots avec Madame le Substitut
Monami.

Les quelques mots deviennent une longue conversation.
Des serveurs en habit, circulant dans le couloir,
présentaient du champagne et des jus de fruits.

- Voulez-vous bien présenter votre plateau à Madame le
Président Margrève qui se trouve là, derrière la colonne ?

Et puis, Madame le Juge d’instruction, nous nous
retrouvons place Poelaert. Je termine ici mon récit.


                             
Mercredi, le 3 mai : rien.


                             
Jeudi, le 4 mai : coup de téléphone.


                             74
- Marc, je viens de recevoir une lettre du premier
président de la Cour Claude Lamberts qui... qui m’a sciée
en deux. Je vous la lis :
             Madame le Président,

               j’apprends par Madame le Procureur
général que vous vous êtes présentée à l’audience
solennelle de la Cour de cassation en compagnie de Van
Gyseghem, ce bouffon, ce triste sire. Cela seul suffirait à
justifier ma réprobation. Toutefois, il y a pire. Madame le
Procureur général me dit que vous vous êtes
violemment opposée à l’éviction de Van
Gyseghem du salon dans lequel recevait le nouveau
procureur général du Jardin.
Votre comportement est absolument inadmissible. Vous
comprendrez aisément que j’adresse copie de la
présente lettre à TOUS les magistrats de la Cour d’appel.

Evidemment, Madame le Juge d’instruction, Madame
Margrève répondit (en synthèse) : Mais enfin, Monsieur
le Premier Président, c’est absolument faux ; ni M. Van
Gyseghem ni moi ne sommes entrés dans le salon dans
lequel recevait le nouveau procureur général. Comment
dès lors aurais-je pu m’opposer à l’éviction de M. Van
Gyseghem ? Vous avez été mal informé.
Vous voudrez bien faire tenir copie de ma réponse à
TOUS les magistrats de la Cour.

Réponse du premier président :

Je n’ai aucune raison de douter des paroles de Madame
Thily.

Réponse de Madame Margrève :

                            75
Puis-je vous demander quelles sont les raisons qui vous
amènent à douter de ma parole ?

C’est ainsi, Madame le Juge d’instruction, que Madame
Margrève fut frappée d’ostracisme.
Et c’est ainsi que je fus amené à proclamer, dans la cour
du palais de justice :

- Un premier président de Cour d’appel qui accuse un
magistrat sur la base d’un ragot, c’est rare. Eh bien, en
voilà un !

Mais, M. Van Gyseghem, il ne faut pas, hein, raconter
tout ça. Tout le monde va savoir que le premier
président a dû donner sa démission à cause de ça... et
non pas parce qu’il en avait marre de Verwilghen.


   INTERVIEW DU PROCUREUR GENERAL
              du JARDIN.

Le journaliste :

- Nos lecteurs voudraient savoir de quel bois se chauffe
leur nouveau procureur général. Comment avez-vous
connu votre femme ?

- Au tennis. J’étais son professeur de tennis. Elle courait
après mes balles. Elle avait 16 ans et j’en avais 24. A
cette époque, la majorité sexuelle n’était pas à 16 ans.
On devait faire très attention. Je n’allais pas fourrer mon
nez dans les vestiaires des filles. J’ai dû attendre qu’elle
ait 18 ans pour lui déclarer ma flamme.

                            76
- Que vous a-t-elle répondu ?

- Moi, c’est : « rien en dehors du mariage. ». Alors, je l’ai
épousée.

- Vous avez deux enfants. Pourriez-vous nous dire
comment se sont passés les deux accouchements ?

- Vous rigolez ou quoi ? Vous voulez peut-être que je
vous raconte ma nuit de noces ? Faut pas me prendre
pour le ministre des finances.

- A l’instar de Madame le Président Raskin, détestez-
vous la police ?

- Non ! J’ai d’ailleurs beaucoup d’estime pour les
policiers. Je déplore qu’ils soient si mal payés.

- Connaissez-vous le papy et la mamy de Madame le
Conseiller Matray ?

- Je ne vois pas l’intérêt de cette question. Faut pas me
prendre pour Madame Thily.

- Vous arrive-t-il de requérir un « demi non-lieu » ?

- Cette notion ne figure pas dans le Code pénal que
j’utilise. J’en ai cependant entendu parler au Collège des
procureurs généraux. A part Madame Thily, personne ne
connaît ce machin-là.

- Vous avez demandé à la Cour de casser l’arrêt rendu le
15 avril 2003 par la Chambre des mises en accusation


                             77
de la Cour d’appel de Liège. La Cour de cassation vous
a suivi22. Pourquoi ?

- Parce que nous n’aimons pas les juges d’instruction qui
s’amusent à soustraire des pièces d’un dossier.

- Quel juge d’instruction visez-vous ?

- Madame Reynders.

- Le ministre des finances va vous en vouloir.

- Je m’en fiche.

- Madame Matray, qui est très jolie, va-t-elle parfois se
pavaner sur l’escalier des stars au Festival de Cannes ?

- Madame le Conseiller Matray a le sens des
convenances. Il ne lui viendrait jamais à l’idée de faire
une pareille sottise.

- Pendant que vous rédigez vos réquisitoires, Madame
du Jardin pèle-t-elle les pommes de terre ?

- Non ! Elle lit la bible.

- Mangez-vous des croissants sur le compte de l’état ?

- Paix à Léon Giet et à ses cendres.

- Madame Matray fait-elle de l’aviation ?



22
     Arrêt P.03.0590.F/3 du 30 avril 2003.

                                   78
- Non ! Elle a fait de la trottinette, mais il y a longtemps.
Maintenant, elle s’occupe de ses dossiers. Comme elle
connaît bien les Liégeois, le premier président lui confie
les dossiers qui proviennent de Liège. J’aime autant
vous dire que Madame Matray a du pain sur la planche.

- Madame Matray connaît-elle l’allemand ?

- Elle connaît parfaitement l’allemand (sic), mais elle
s’abstient de dire « RAUS » quand elle est énervée. Elle
n’essaye pas non plus d’écraser les justiciables avec sa
voiture.

- Allez-vous à la messe ?

- Non, mais je prie pour que Madame Reynders ne fasse
plus des erreurs techniques dans ses instructions.
J’espère que Dieu m’entendra.

- Portez-vous parfois des chemises jaunes à pois bleus ?

- Non ! Madame Rusinowski ne me l’a jamais demandé.

- Madame Matray chique-t-elle des Stimorol lors des
audiences solennelles de la Cour de cassation ?

- Non ! Et elle ne gratte pas non plus dans ses ongles
avec un cure-dent.

- Connaissez-vous bien le procureur du Roi de Nivelles
Monsieur Elslander ?

- Oui ! Je n’ai jamais vu un magistrat aussi emmerdé que
lui. Il se demande sur quelles bases il va poursuivre Van

                             79
Gyseghem. Je lui ai conseillé de poursuivre plutôt Didier
Reynders pour outrage à Madame Prignon.

- Vous trouvez que c’est pas beau de dire que Madame
Prignon a eu la vulve sectionnée ?

- Si cela n’est pas un outrage, je me demande ce qui
peut en être un.

- Si vous aviez subi une prostatectomie, croyez-vous que
le premier président Marchal révèlerait la chose à un
justiciable ?

- Faut pas prendre Monsieur Marchal pour Madame
Lovens.

- Ben, Monsieur le Procureur général, il n’y a pas
beaucoup de choses rigolotes à la Cour de cassation.


           LETTRE A MONSIEUR du JARDIN.
Puf ! Monsieur le Procureur général. Nous aûtres, à
Liège, feu notre procureur général Léon Giet avait une
capacité d’écoute des humbles qui nous faisait bien
plaisir.  Cette qualité d’écoute confinait aux douze
principes de son credo philosophique. Puf, disait-il à
propos des autres procureurs généraux « qui se croient
sortis de la cuisse de Jupiter » ! Madame le Procureur
général Thily devint la disciple de Léon : « Il faut
expliquer, être pédagogique, humain. »23.
Puf ! Monsieur le Procureur général. Puf ! Puf ! Puf !

23    er
     1 septembre 1997. Audience solennelle de la Cour d’appel.

                                 80
                LA SOIREE DE GALA.

Han ! Madame le Juge d’instruction, comme c’était
beau ! Un gala, certes, mais pas n’importe quel gala. Je
m’étais dis : annoncée avec fracas par la presse, la
dernière représentation de « Simenon et Joséphine » va
nous amener le Tout-Liège : l’échevin de la culture
Jacques Marneffe24, Maître ô Hamal25 et, en mettant les
choses au mieux, Madame le Premier substitut Wilwerth.
Je suis naïf, moi, Madame le Juge d’instruction. Nous
eûmes le Tout-Principauté.
J’étais installé – c’était le 30 septembre 2003 à 20 heures
10 – à la terrasse de la « pizzeria ristorante », juste à
côté du Forum26.
Et voilà que je vois arriver Madame l’Avocat général
Lejeune : Ah ! Madame l’Avocat général, vous êtes
superbe. Et c’est vrai, Madame le Juge d’instruction,
Madame Lejeune était superbe. Superbe ! Elle portait
un tailleur beige clair, un sac à main Bayadère, des
chaussures Louis XV... même un peu plus que Louis
XV ; disons des talons de seize centimètres. Sa jupe
moulait un fessard qui aurait fait pâlir... Simenon.
Madame Lejeune prend la file – la queue, si vous voulez
– et attend pour recevoir son billet d’entrée. Dame !
Madame Lejeune prend son tour comme tout le monde.
Elle était accompagnée d’un jeune avocat – 30 ans ? –
qui était un superbe athlète27.
Sur le moment même, je me suis dit : Et dire que
Madame l’Avocat général déteste les queues. Au fur et à

24
   CdH qui va prendre sa pension.
25
   Qui est loin de la fin de sa carrière politique.
26
   Rue Pont d’Avroy à Liège.
27
   Il paraît que c’est son moniteur de body-building.

                                  81
mesure que les gens avançaient, la queue devenait plus
petite. Madame Lejeune était à deux mètres du guichet
de la caissière. Elle se trouvait juste à la hauteur de ma
table :

- Madame l’Avocat général, vous venez voir « Simenon
et Joséphine » ?

- Why not ?

- Savez-vous que Simenon était un grand baiseur ?
4000 femmes en 40 ans.

- Cela ne fait que 100 femmes par an. Cela n’a rien
d’extraordinaire.

Vous savez, Madame le Juge d’instruction, dans ces
circonstances, on échange souvent des propos
mondains qui... qui n’ont pas beaucoup d’importance.
Soudain, je vois arriver le Gouverneur de la province
Paul Bolland. Superbe ! Droit comme un i dans son
costume bleu de nuit. Je me dis : va-t-il lui aussi prendre
la queue ? Non ! Non, vous dis-je. Tel César, il entra au
Forum par l’entrée des artistes. Ca alors !
Ne faisant ni une ni deux, Madame l’Avocat général lui
emboîte le pas. Son bel éphèbe la suit.
Mon Dieu, me dis-je, Madame Lejeune a fait la queue
pendant un quart d’heure pour des prunes. Vous me
direz : Vous, M. Van Gyseghem, vous avez bien fait la
queue pendant trois ans pour obtenir votre non-lieu.
Que vois-je ? Monsieur le Commissaire divisionnaire de
« la Crim » Périlleux qui arrive. Il portait encore son
veston en tweed du matin. Il ne prit pas la queue ; il
calqua sa conduite sur celle de Monsieur le Gouverneur.

                            82
Vous me direz : pourquoi se priver d’un passe-droit
lorsqu’on y a droit ? Et c’est vrai, Madame le Juge
d’instruction. Monsieur Périlleux était « de service ». Il
était chargé de veiller à la sécurité de Madame Lejeune.
Provocante comme elle l’était, il y avait des risques.

- M. Van Gyseghem, les contours et alentours ne
m’intéressent pas. Parlez-moi du spectacle.

- Ben... Madame le Juge d’instruction, c’était en quelque
sorte l’éloge du plus grand baiseur liégeois. J’ai entendu
Monsieur le Gouverneur qui disait : merci à John
Simenon (c’est le fils de Georges). Alors, Madame le
Juge d’instruction, Madame Lejeune est sortie de la salle.
Le spectacle – le gala – était fini.

- Et quoi ! Madame l’Avocat général, ça vous a plu ?

- Superbe ! Superbe ! Jean-Louis Grinda – de l’Opéra
de Wallonie – est venu me baiser... la main. Mon copain
avocat n’était pas content. Le spectacle était un « délire
visuel ». Je voulais « chanter sous la pluie »* avec la
« danseuse illettrée »*.        Les chansons étaient
« introspectives »* ce qui est beaucoup mieux, Madame
le Juge d’instruction, que les chansons extraspectives.
Les sons étaient colorés et les couleurs sonores. Un
zeste d’esprit principautaire - vous connaissez l’esprit
principautaire, Madame le Juge d’instruction ? – Je me
suis sentie aussi bien qu’au palais de justice. J’ai
éprouvé « une certaine tendresse »*. Mon compagnon
« trépignait »* en voyant Joséphine en tutu.



    « La Meuse » du 30 septembre 2003.

    « La Meuse » du 30 septembre 2003.

                                83
- En tutu ? Voyons, Madame l’Avocat général, c’était une
ceinture de bananes.




Nous avons vraiment de la chance, nous Liégeois. Nos
autorités administratives et judiciaires encouragent les
lettres et les arts. L’année dernière, Madame le Juge
d’instruction, Monsieur le Premier Président Joachim et
Monsieur l’Avocat général Ghislain avaient assisté aux
« Noces de Figaro » dans la cour du palais de justice...
en plein air. A l’entracte, ils avaient partagé un hot-dog
avec leur dame... chacun. Le premier président portait
un veston beige clair, un pantalon brun et des
chaussures couleur mastic. Il était très chic. On aurait
dit le beau Brumel.

- Je le sais bien. Madame le Président Lovens y assistait
également.
                           84
- Vous vous trompez, Madame le Juge d’instruction,
Madame Lovens n’était pas là. C’était l’année d’avant
qu’elle était venue voir l’opéra au palais de justice. On
donnait « Don Juan ». Ce qui est drôle, Madame le Juge
d’instruction, c’est que celui qui faisait Don Juan
ressemblait à Bernard Perin. Même que le président du
Tribunal des référés, Monsieur Lamoureux, avait dit : « Il
n’y a que les cons qui encouragent le théâtre dans un
palais de justice. ». Mais, Madame le Juge d’instruction,
il avait dit ça parce qu’il était énervé. Et pour cause : le
lendemain de la représentation, il avait glissé sur une
flaque de Ketchup qui traînait sur le sol de la salle C. En
plus, il avait constaté que les sièges du Siège étaient
barbouillés de rimel et de fond de teint. Ah ! ces artistes.
Il avait quand même souri lorsqu’il avait vu l’huissier
d’audience qui avalait trois zakouski qui traînaient sur
« la barre ». Ah ! ces techniciens de surface.


  LES RETOMBEES SOCIO-CULTURELLES.
- Mais, M. Van Gyseghem, vous montrez les nichons de
« Joséphine » ; ça ne va pas, hein, ça. Vous êtes en
infraction sur les bonnes mœurs.

- Mais, Madame le Juge d’instruction, ce n’est pas moi
qui les montre ; c’est elle.

- Et... le Parquet ne la poursuit pas ?

- Comment voulez-vous qu’il la poursuive puisqu’un
avocat général va l’applaudir à tout rompre.



                             85
- Je pourrais donc montrer les miens28.

- Evidemment, Madame le Juge d’instruction, puisque
tout le monde a les mêmes droits. Moi, je n’aimerais pas
comparaître devant un juge d’instruction qui a applaudi à
l’éloge du plus grand baiseur.          Je ne pourrais
m’empêcher de me dire : je comparais devant une
conne. Mais, vous savez, si notre Parlement estime que
nous pouvons être jugés par des cons, je m’incline
devant la volonté populaire.
Devinez un peu ce que le Gouverneur de la province a le
mieux aimé.

- Les nichons de Joséphine, je suppose.

- Non ! C’est quand la « danseuse illettrée a mis
joyeusement ses pieds dans un bac de champagne ».
C’était une « danse d’anthologie »*. Faut le faire, hein,
Madame le Juge d’instruction.

- Et Simenon, que montrait-il ?

- Il ne montrait rien du tout ; il ne chantait même pas.
C’était « un choix délibéré de Jean-Louis Grinda qui ne
voulait pas d’un Simenon chantant »*. C’était en effet
difficile de le faire chanter avec une pipe à la bouche.
Ah ! Que je me suis bien amusé ! Comme disait Jules
César : du pain et des jeux.



28
  C’est dommage que Daniel Ducarme ne soit plus au pouvoir. Il aurait
accordé un subside comme aux danseurs de rock’n’roll.

  « La Meuse » du 30 septembre 2003.


                                   86
        LE CHARME DE LA JEUNESSE.

- Moi, Madame le Juge d’instruction, j’aime bien Madame
Lejeune. Elle est originale. Elle a dit, lors de l’affaire
Cools : Messieurs les Jurés, il ne faut pas me demander
de vous donner des preuves que je ne saurais pas vous
donner.

Maître Swennen, Madame le Juge d’instruction, m’avait
dit :

- Au fond, c’est vrai. Si les jurés désirent des preuves,
qu’ils aillent les chercher eux-mêmes... en dehors de la
Cour d’assises.

Madame Lejeune avait requis trente ans de prison pour
Contrino. La Cour lui en avait donné cinq. Même que
Monsieur l’Avocat général Ghislain m’avait dit :

- Madame Lejeune est vraiment à côté de ses pompes !

Madame Lejeune, elle ne fait pas la « grande madame
magistrat ». Elle est toute simple. Elle m’évoque
l’hôtesse d’accueil du bar « la fusée » à Ans.



                           
L’air respire aujourd’hui comme un doux parfum de
revanche.



                           87
 Marc Van Gyseghem.




LE CHARIOT DE
  DESSERT.




        A Maître Paul Delbouille
        pour célébrer son franc-parler.




         88
              LE DEJEUNER DE TILFF.

Le premier président de la Cour Claude Lamberts,
Madame le Juge d’instruction, il n’aimait pas que j’aille
assister à ses audiences solennelles. Alors, un jour, il
avait téléphoné à Christian Beaupère, qui est
commissaire de police en chef de la Ville de Liège, pour
lui demander s’il ne pourrait pas trouver un « truc » pour
m’empêcher d’assister à l’audience solennelle du 1 er
septembre 2001.
Alors, ce jour-là, j’arrive sur la place Saint-Lambert à 8
heures 30. Qui est-ce que je vois ? L’inspecteur
principal de police Monsieur Demarteau qui... qui me
dit :

- Quel heureux hasard de vous voir ici ! Figurez vous
que le commissaire de police en chef voudrait bien vous
voir d’urgence. Il m’a dit : allez un peu faire un tour sur la
place Saint-Lambert pour voir si, à tout hasard, M. Van
Gyseghem ne s’y trouverait pas.

- On peut dire, Monsieur l’Inspecteur principal, que vous
avez une chance folle.

- Voulez-vous bien me suivre ? Ma voiture est à deux
pas.

C’est ainsi, Madame le Juge d’instruction, que je me
retrouvai dans le bureau des « Renseignements
généraux » de l’Hôtel de police de la rue Natalis.



                             89
- Je vous présente mon collègue, Monsieur l’Inspecteur
principal Decharneux. Figurez vous que nous sommes
responsables des « Renseignements généraux ». Notre
mission consiste à recueillir des renseignements d’un
peu toutes sortes sur ce qui se passe à Liège. Voulez-
vous une tasse de café ? Le commissaire en chef n’est
pas encore arrivé, mais, si vous le voulez bien, nous
aimerions vous poser quelques questions... en attendant.
Nous avons lu « La choucroute judiciaire » et... Monsieur
Fontainet, c’est bien Monsieur Fontaine ? Madame
Coelet, c’est bien Madame le Juge d’instruction Coelst ?
Madame Lareine, c’est bien Madame Reynders ?
Madame Leprince, c’est bien Madame le Président
Margrève ? On peut dire que vous ne les ménagez pas
beaucoup. Le chapitre qui nous a le plus intéressé, c’est
« L’œil ». L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Et... c’est vrai tout ça ?
Le temps passait, le temps passait.
Bref, Madame le Juge d’instruction, 11 heures se mirent
à sonner et l’Inspecteur principal me dit, après avoir
donné un coup de téléphone aux abonnés absents :

- Monsieur le Commissaire en chef ne pourra pas vous
recevoir aujourd’hui. J’en suis désolé, mais je vais vous
reconduire chez vous.

- Si cela ne vous dérange pas, Monsieur l’Inspecteur
principal, j’aimerais bien que vous me déposiez à la gare
des Guillemins. Je dois prendre un train à 11 heures 30.

C’est ainsi, Madame le Juge d’instruction, que la police
me conduisit à la gare où je pris le train pour... Tilff.




                           90
J’allai m’installer à une terrasse de café sur la grand-
place de Tilff, en face du restaurant où devait avoir lieu le
banquet de la Cour.
Je n’avais plus qu’à attendre l’arrivée des magistrats. Je
lorgnais le parking pour voitures. Je sortis de « mon
trou » lorsque je vis arriver, sur la grand-place, le premier
président Lamberts entouré de nombreux magistrats. Je
montai sur la margelle d’une fausse fontaine et je
déclarai à haute et intelligible voix :

- Un premier président de Cour d’appel qui accuse un
magistrat29 sur la base d’un ragot, c’est rare. Eh bien !
En voilà un.

Descendu de mon perchoir, je fis un profond salut au
premier président. Il n’était ni rouge ni bleu. Il était vert.

- (faisant tournoyer son parapluie) Si je pouvais, je vous
le casserais sur le crâne.

- Oh ! Vous êtes bien trop poli pour faire une chose
pareille.

Madame le Conseiller Vieujean (elle n’était pas encore
président) :

- En tout cas, vous êtes bien renseigné sur nos activités.

Evidemment, les Tilffois – en très grand nombre –
rigolaient. Je répétai plusieurs fois ma « plaisanterie »
et, notamment, devant Madame Thily.


29
     Madame le Président Margrève.

                                     91
Toute la Cour (en fait la moitié) et son Parquet général
étaient entrés dans le restaurant ; je remontai sur ladite
margelle et je chantai « la Brabançonne ». On ferma les
fenêtres du restaurant. Naturellement, je vis arriver, dix
minutes plus tard, les policiers... d’Esneux.

- Que faites-vous là, Monsieur ?

- Je chante la Brabançonne en l’honneur de la Cour
d’appel de Liège qui déjeune dans ce beau restaurant.

- Vous voulez bien nous suivre ? (à Esneux).

Alors, Madame le Juge d’instruction, le policier dressa un
procès-verbal qui reprenait les « propos » que j’avais
publiquement tenus. A la fin de l’audition :

- Nous avons l’ordre de vous relâcher. Où allez-vous
aller ? Pas sur la grand-place de Tilff... quand même ?

- Oh non ! Monsieur l’Inspecteur, je vais rentrer chez
moi. Seulement, j’ai un titre de transport SNCB de Tilff à
Liège et non pas d’Esneux à Liège. Voulez-vous bien
me reconduire à Tilff ?

Alors, Madame le Juge d’instruction, le policier, craignant
que je ne « m’attarde » à Tilff :

- Savez-vous quoi ?     Nous allons vous reconduire à
Liège.

C’est ainsi, Madame le Juge d’instruction, qu’avec l’aide
de la police de Liège et de celle d’Esneux, je pus aller


                            92
faire enrager le premier président de la Cour à... Tilff et
rentrer chez moi aux frais de la princesse.
C’est ce qu’on appelle : se faire couillonner.


                           
Ubu du 04 / 03 / 04.




Noël ! Noël ! Christine n’a pas été élue au Conseil
supérieur de la Justice.




                            93
                          IL FAUT TUER
                          MARC-LEON LEVAUX.

« le Père Ubu » du 19/02/04




                              94
Tribunal de première
 instance de Liège.            Le Père Ubu.
                               Bruxelles.
   Le Président.




          Mon Père,



          Vous n’allez pas commencer à
nous   emmerder   à   la   manière   de   Van
Gyseghem ? S’il a quelques motifs de nous
en    vouloir    (nos     mensonges,    notre
déloyauté,      nos      mandats      d’arrêt
choucroute...), vous n’en avez aucun.
Nous ne vous avons rien fait.

          Vous critiquez Madame Reynders.
Elle est si gentille. Je la regarde comme
ma sœur.
Vous critiquez Monsieur Delwaide. Il est
si gentil. Je le regarde comme mon fils.
Vous allez même jusqu’à critiquer Madame
Wilwerth. C’est un comble. C’est la plus
gentille de nous toutes.    Si vous ne me
croyez pas, demandez à Monsieur Delwaide ;
il vous le confirmera.




                       95
          Dites, Mon Père, permettez-moi
une question : qui est chargé de rendre la
justice ? Vous ou nous ? Alors, laissez
nous faire notre popote comme on veut.

          Pourquoi  ne   faites-vous           pas
comme « La Meuse » ? Laudamus.

          D’accord, je sais bien que votre
journal   n’a    pas  de subsides    de   la
Communauté    française, mais   cela    peut
s’arranger.     Je peux demander à Daniel
Ducarme (merde ! il n’est plus au pouvoir)
de vous donner...
D’accord ? On fait comme ça ?
Vous ne nous emmerderez plus ?



                  Pour le Président,
                  le sous secrétaire adjoint.




      L’ARGENT FAIT LE BONHEUR.
Pascal Vrebos :

- Inviter Van Gyseghem à « Controverse » ?   Nenni,
valet ! Et nos subsides ?



                        96
                        EROTICA.

J’ai reçu un E-mail : Cher M . Van Gyseghem, pourriez-
vous m’envoyer la photo du con de Madame Prignon ?
J’ai évidemment envoyé la photo de Didier Reynders.
Mais, Madame le Juge d’instruction, ce n’était pas ça que
mon correspondant voulait ; ce n’était pas du tout ça.
Il insistait, il insistait. Je me suis dit que j’avais affaire à
un dingue.
Pour avoir la paix, j’ai acheté      Erotica
                                           et je lui ai
scanné la première vulve venue.
Trois semaines plus tard, nouvel E-mail : Cher M. Van
Gyseghem, je vous remercie pour la photo. Je l’ai
vendue pour 5000 € à     Erotica.


        L’APPEL A LA MODERATION.

- Vous dites que Madame Ancia est une cochonne.
N’exagérez-vous pas ? Je reconnais que Madame Ancia
est assez « femelle », mais son goût pour le sperme est-il
vraiment anormal ?

- Voyons, Madame le Juge d’instruction, elle va jusqu’à
en mettre dans un arrêt.




                              97
                                  Photo : « Soir magazine » du 07/01/04.




Axel Theunissen :

- Un patin de Didier Reynders, ça doit faire de l’effet !




                             98
   L’INOUBLIABLE DIETRICH GROSSFRITT
         DANS « MONEY BLUES ».




                                  Maintenant, je vois
                                  beaucoup plus clair.




               LE CHAUVINISME.


- Les deux plus grands cons du XXème siècle sont, à mon
avis, le Maréchal Pétain et Didier Reynders.

- Madame le Juge d’instruction, vous allez sans doute me
taxer de chauvinisme, mais je trouve que Didier
Reynders doit passer avant Pétain.




                          99
               COURRE LE CERF.

- Savez-vous, Madame le Juge d’instruction, que le
premier président de la Cour a été invité à une chasse à
courre dans le comté de Kohr-Mohr par le 6ème comte de
Percington ? Le comte est un très grand seigneur. Il a
épousé une Polignac-Penthièvre, il a des dizaines de
milliers de moutons, un gros paquet d’actions d’Elf-
Aquitaine et un château près d’Edimbourg. C’est un
socialiste ami personnel de Mitterrand. Il a eu vent des
qualités cynégétiques de notre premier président et,
alors, il l’a invité à courre le cerf avec José Happart.

- Tiens ! Je croyais que José Happart ne chassait qu’en
Pologne.

- Le premier président avait un habit rouge, une cravate
blanche et une bombe noire. Il était entouré de douze
valets de chiens.

- Des valets de chiens ! Pourquoi douze ?

- Parce que le comte de Percington sait que notre
premier président adore les humbles. Alors, il lui en a
fourni.
Après l’hallali, le comte a fait, à notre premier président,
les honneurs du pied. Il a rosi de plaisir.

- La chasse est un plaisir très sain.




                            100
                 LE CAFE LEQUET.

- Vous savez, M. Van Gyseghem, être plaquée, à 53 ans,
par son mari, c’est pénible. Claire Lovens en pleure à
tout venant.

- Ce n’est pas une raison, Madame le Juge d’instruction,
pour aller verser toutes les larmes de son corps dans un
café, en l’espèce le café Lequet30. La situation était
déplorable. D’autant que Maître Bernard Perin aurait dit
aux avocats qui l’entouraient : Ne vous en faites pas, elle
pleure comme elle pisse.

- Naturellement, il la connaît.

- Et vous, Madame le Juge d’instruction, vous ne la
connaissez pas ?

- Oh si ! Quand je pense qu’elle a révélé que j’avais subi
une opération à la mamelle...

- D’une pareille femme, un homme finit par se lasser.

- En tout cas, ce n’est pas de nature à renforcer l’image
de la Justice.

- Je me demande si Claire aura encore l’objectivité
suffisante pour traiter les dossiers « divorce ».




30
   le 12 février 2004, où se trouvaient de nombreux membres de
l’ordre judiciaire.

                               101
         VIVE NAMUR, POUR TOUT.

Aujourd’hui (27 / 02 / 04), Monsieur le Président du
Tribunal de première instance de Namur Christian Panier
nous a parlé du procès Dutroux. Han ! C’était bien. On
sent que Christian Panier, de Namur, connaît bien
l’affaire Dutroux. J’avais écrit à Pascal Vrebos de RTL-
TVI :

- Mais, sacré nom de Dieu, pourquoi ne demandez-vous
pas à Christian Panier, de Namur, de nous donner son
avis sur le procès qui va commencer à... Arlon ?

Heureusement, Madame le Juge d’instruction, qu’il y a eu
une réforme de la Justice !       Maintenant, tous les
magistrats s’occupent d’un peu tout.

Garde ta salade... Panier !


                              
L’avocat général Rapaille ( futur procureur général ) :

- Van Gyseghem n’est pas l’inventeur de la dynamo. Il
n’est pas non plus l’inventeur des magistrats choucroute,
mais il a au moins le mérite de leur avoir donné un nom.




                              102
103
              ENCORE UN GALA.
La saison prochaine, Madame l’Avocat général, nous
aurons, au Forum, « les Chippendales ». J’ai pensé que,
comme vous appréciez les « danses d’anthologie », vous
aimeriez jouir de deux places gratuites.
Ce serait tout de même plus convenable, pour « une »
magistrat du Parquet général, d’aller voir les fesses des
Chippendales plutôt que les nichons de Joséphine.
Non ?
Vous me direz : mon compagnon ne voudra pas
m’accompagner. Justement, ça tombe bien. Axel vous
tiendra compagnie. J’ai pris sur moi de lui en parler ; il
s’est déclaré ravi. Vous voyez, avec un peu d’attention,
on peut faire deux heureux : votre copain et Axel. Saint
Thomas d’Aquin ne disait pas autre chose.
Au lendemain de votre prestation de serment, je m’étais
rendu à Paris. J’éprouvais une certaine nostalgie. Je ne
sais pas pourquoi. Je m’en fus voir à l’Odéon : ô
Calcutta !
C’est drôle, Madame l’Avocat général, on lie parfois deux
concepts qui n’ont rien à voir ensemble.

                       KAFKA.
- Madame le Juge d’instruction, devenez « Tempo »...
avec Mobistar. Je suis sûr que, si vous deveniez Tempo,
tout pourrait s’arranger pour moi. Je vous en supplie,
devenez Tempo... avec Mobistar.

- M. Van Gyseghem, je voudrais vraiment bien vous
aider, mais c’est impossible. Je suis – nous sommes –
dans le système « Base ». C’est en quelque sorte le
système Kafka. Je ne puis en sortir. Comprenez-vous ?

                           104
                     DUTROUX.

A la Une de « La Meuse » du 02 / 03 / 04 :

- Dutroux, toujours ses sales petites manières : il refuse
de se laisser photographier pendant les audiences.

- Quel salopard !        Il fait même des crasses aux
journalistes. C’est révoltant. A Sabine Dardenne, passe
encore, mais aux journalistes... Vous vous rendez
compte, Madame le Juge d’instruction ? Crapule ! Basse
crapule ! Un photographe m’a dit : Il m’empêche de faire
mon travail, moi, Monsieur.
On ne le dira jamais assez : Crapule !
J’ai tout de suite écrit au président de la Cour d’assises
Stéphane Goux :

      - Pourriez-vous poser la question au jury : Marc
      Dutroux a-t-il empêché un photographe de faire
      son travail ?

Mais il y a pire, Madame le Juge d’instruction. J’ai appris
par « La Meuse » (05 / 03 / 04) que le président de la
Cour d’assises ne se comportait pas convenablement.
D’abord, il a relégué les journalistes dans une salle
d’écoute.

- La craa puu le !

Ensuite, il n’a pas exigé de Dutroux qu’il se laisse
photographier. Pourtant, un journaliste lui avait dit, bien
poliment : « Dutroux nous appartient ; c’est nous qui
l’avons rendu célèbre.       Je veux bien ne pas

                           105
photographier sa figure, mais je voudrais bien
photographier son cul. Cette photo me rapporterait 5000
euros. Voulez-vous bien ordonner à Dutroux de baisser
son pantalon ? ». Eh bien ! Monsieur Goux a refusé. Il
a privé le journaliste de son gagne-pain.

- La craa puu le !

Avant de devenir un réinséré, Madame le Juge
d’instruction, je n’aurais pas remarqué « tout ça », mais,
maintenant, je crie avec les journalistes : NOS DROITS,
NOS DROITS...
Mais Sabine Dardenne m’a téléphoné :

- Il faut que nous organisions d’urgence un « collectif
pour le gagne-pain des journalistes ».



         LE MAUVAIS DIRECTEUR.

Ca alors, Madame le Juge d’instruction, le directeur de la
prison d’Arlon a flanqué Dutroux dans une cellule
identique à celle de tous les autres détenus ! Il n’a
même pas eu l’initiative de mettre Dutroux dans une
cave... aux fers... au pain sec et à l’eau.
Quel mauvais directeur qui... respecte la loi !
Madame Didine m’a dit : Moi, à sa place, Dutroux, je
l’aurais laissé crever.
C’est dommage, hein, Madame le Juge d’instruction, que
Madame Didine ne soit pas directeur de la prison
d’Arlon... ou kapo dans un camp de concentration nazi.


                           106
Avec elle, on n’aurait même plus besoin de juges
d’instruction.

- M. Van Gyseghem, vous aimez bien Dutroux ?

- Non, Madame le Juge d’instruction, mais je hais ceux
qui veulent le pendre sans jugement. Je hais aussi les
magistrats choucroute qui m’envoient en prison au lieu
de me renvoyer devant le Tribunal correctionnel.

- Vous n’aimez pas les magistrats choucroute et
pourtant, vous avez un faible pour Madame le Conseiller
Prignon.

- C’est vrai, Madame le Juge d’instruction, mais elle a
une vulve en si piteux état que... qu’il faudrait avoir un
cœur de fer pour ne lui manifester aucune compassion.

- Il m’est difficile de comprendre puisque, n’ayant pas eu
d’enfant, je n’ai pas eu à subir d’épisiotomie. Je ne vous
cacherai pas que je plains surtout Didier Reynders.
Croyez-moi, cela ne doit pas être facile de vivre avec un
conjoint handicapé.


    VOUS AVEZ DIT CHOUCROUTE ?

Avez-vous regardé, Madame le Juge d’instruction,
l’émission de télé « Controverse » du dimanche 7 mars
2004 ? Pascal Vrebos :




                           107
- Maître Zède, vous venez d’utiliser l’expression
« magistrat choucroute ». Que voulez-vous dire par là :
un magistrat choucroute ?

- Voyons, Monsieur Vrebos, ne faites pas l’innocent.
Vous avez lu « les Valeureux Liégeois » de Van
Gyseghem31.


                                 
Le Député-Bourgmestre d’Andenne Claude Eerdekens
était l’invité du dimanche midi de Pascal Vrebos :

- Lors de la Commission parlementaire Dutroux, j’ai été
injuste vis-à-vis de Madame le Juge d’instruction
Doutrewe. Je le regrette profondément. Je tenais à le
dire publiquement.

- Sur votre tombe, vous voudriez qu’on écrive...

- Ci-gît l’homme qui a osé dire la vérité.

Jusqu’à présent, Madame le Juge d’instruction, nous
sommes au moins deux, Claude Eerdekens et moi, à avoir
publiquement défendu Madame Doutrewe32. Pensez-
vous que cela suffise à la réhabiliter ?




31
   Un magistrat choucroute, c’est un magistrat qui dit des bêtises, qui
écrit des bêtises ou qui fait des bêtises.
32
   Lire les pages 31 et 32 de l’opuscule « les Valeureux Liégeois ».

                                 108
                                IF.
                                        A la manière de Kipling.

- Si vous aviez dit : Madame le Président Reintjens est une putain,
Si vous aviez dit : Monsieur le Président Goux est un con,
Si vous aviez dit : Monsieur le Président Caprasse est un pédophile,
c’eut été tellement plus simple.     Vous auriez été
condamné pour outrages à magistrats et personne –
personne – n’aurait contesté la condamnation.
- Ben oui, Madame le Juge d’instruction.

- Pourquoi, sacré nom de Dieu, avez-vous choisi de dire
que Madame Reynders était une tricheuse ?

- Je ne sais pas, Madame le Juge d’instruction... une
lubie.

- Aujourd’hui, vous dites que
    - Madame Wilwerth est une idiote déloyale,
    - Madame le Président Delnoy est une sotte,
    - Madame le Conseiller Ancia est une cochonne,
    - Madame le Substitut Gillet est une croûte...
et personne – personne – n’ose plus vous poursuivre.

- Que voulez-vous, Madame le Juge d’instruction, c’est la
vie.

- Ce qui m’énerve – m’énerve – c’est que vous dites
que je suis une conne.

- Ben oui, Madame le Juge d’instruction.


                                109
        EN GUISE DE CONCLUSION.
Le professeur de psychologie de la Faculté de
psychologie et des sciences de l’éducation, qui a lu mes
opuscules :

- Mais... mais vous les punissez, les magistrats
choucroute. Vous les punissez d’une manière atroce.

- Vous croyez ?

- Evidemment !
Je suis convaincu que Madame Ancia, Prignon, Wilwerth,
M. Joachim... ne savent plus où se mettre lorsque votre
présence est signalée au palais de justice.

- Merci, Monsieur le Professeur !

- Ce qui est drôle – et c’est le fin du fin – c’est que vous
êtes devenu intouchable. Quel est le juge d’instruction
qui oserait encore vous envoyer en détention
préventive ?

- Ben... un choucroute.


                           Thémis - sur - Biroute,
                           Novembre 2003 - Mars 2004.


Les autres textes de Van Gyseghem sont disponibles sur
son site Internet à l’adresse suivante :

          http://choucroutejudiciaire.free.fr/
                            110

								
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