ETUDE � APPRENTISSAGE DES ADOLESCENTS �

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ETUDE � APPRENTISSAGE DES ADOLESCENTS � Powered By Docstoc
					                ETUDE REALISEE PAR
           LE PROGRAMME MADA CENTRE


 LA VILLE, LES ADOLESCENTS ET LEURS
           APPRENTISSAGES
      Enquête d’opportunité pour un projet de formation des jeunes
 déscolarisés dans 10 Fokontany à Antananarivo, Tuléar et Antsiranana




                                   Un jeune soudeur à Tuléar


Florence Miauton, avec la collaboration de
Andry Rasolofodimby à Tuléar, Dominique Ndanona à Antsiranana

Antananarivo, septembre 2002
                                                                                                                                                           2


SOMMAIRE

INTRODUCTION ............................................................ 4

PRESENTATION DE L’ENQUETE .......................................... 5
   -     Rappel des objectifs
   -     Méthodologie utilisée
   -     Déroulement de l’enquête


   1. REGARDS SUR L’APPRENTISSAGE ................................. 8
   1.1. Le secteur informel ................................................................................................................... 8
   1.2. L’apprentissage en Afrique francophone ............................................................................. 9
   1.3. Des expériences ...................................................................................................................... 10


   2. LE CONTEXTE: COUP DE PROJECTEUR SUR 3 VILLES ,
      Antananarivo, Tuléar, Antsiranana ................................ 12
   -     2.1. Les Fokontany ................................................................................................................... 12
   -     2.2. Peut-on évaluer le nombre d’adolescents déscolarisés ? ........................................ 12
   -     2.3. Le secteur informel : quelques tendances .................................................................. 13
   -     2.3.1. Antananarivo .................................................................................................................. 13
   -     2.3.2. Tuléar .............................................................................................................................. 15
   -     2.3.3. Antsiranana .................................................................................................................... 16


   3. L’OFFRE : LES RESSOURCES EN ARTISANS FORMATEURS ... 19
   3.1. Les métiers exercés ............................................................................................................... 19
   3.2. Le profil des artisans ............................................................................................................. 21
   3.3. Le profil des entreprises : nombre d’employés et locaux ..............................................24
   3.4. Les métiers conseillés aux jeunes .......................................................................................24
   3.5. Les expériences de formateur ............................................................................................26
   3.6. Les artisans formateurs potentiels ....................................................................................28
   3.7. L’offre en apprentissages .....................................................................................................29
   3.8. Les conditions posées aux apprentis ..................................................................................30
   3.9. Les demandes d’appuis ...........................................................................................................30
   3.10. Les attentes en formation .................................................................................................. 31


   4. LA DEMANDE DES ADOLESCENTS................................ 33
   4.1. Age et sexe ...............................................................................................................................33
   4.2. Le passé scolaire .....................................................................................................................33
   4.3. La vie familiale .........................................................................................................................35
   4.4. La vie après l’école ..................................................................................................................35
   4.5. Quel métier choisir ? .............................................................................................................37
   4.6. Les adolescents et l’apprentissage .....................................................................................39
   4.7. La position des parents ......................................................................................................... 41




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5. LE POINT DE VUE DES AUTORITES LOCALES :
   LES FOKONTANY ...................................................... 42

6. CONCLUSIONS ET CADRAGE POUR UN PROJET
   D’APPRENTISSAGE ..................................................... 46
6.1.Principaux constats et conclusions de l’enquête .......................................................................46
6.2. Eléments de cadrage pour un projet d'appui ...........................................................................50
6.6.1. Principe général de l’apprentissage .........................................................................................50
6.6.2. Processus de mise en place ....................................................................................................... 51


ANNEXES

Annexe I : Outils d'enquête

                 - Liste des personnes-ressources consultées
                 - Questionnaire pour les artisans
                 - Qusetionnaire pour les adolescents
                 - Questionnaire pour les Fokontany


Annexe II : Ressources documentaires

Annexe III : Documentation de l'UNICEF

                 - Bref descriptif du mécanisme de formation pour les jeunes déscolarisés
                 - Rapport de l'atelier d'évaluation mécanisme de formation des jeunes déscolarisés, les
                   23 et 24 juillet 2002, Antananarivo
                 - Schéma du mécanisme de suivi

                 * D'autres documents UNICEF sont disponibles auprès du programme Mada-Centre :
                 - Le rapport de l'atelier d'élaboration du document cadre des programmes de formation
                   pour les jeunes déscolarisés à Benassandratra du 16 au 19 juillet 2001
                 - Le rapportde formation des éducateurs du tronc commun, 8-11 septembre 2002,
                   Antananarivo


  Annexe IV : Outils de travail sur le terrain

                 - Récapitulatif des artisans formateurs par métier et par Fokontany
                 - Récapitulatif de la demande des adolescents par métier et par Fokontany
                 - Synthèse de l'offre et de la demande par Fokontany
                 - Liste nominative et descriptif des artisans formateurs potentiels par Fokontany
                 - Liste nominative et descriptif des apprentis potentiels par Fokontany




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INTRODUCTION

Dès son démarrage, le programme Mada-Centre a constaté l'importance de la demande de formation
des adolescents déscolarisés dans les quartiers. On sait qu'à Madagascar, le cycle primaire prépare
maigrement l'enfant à une activité professionnelle. Il est orienté plutôt sur la poursuite des études
en secondaire. On sait également que la proportion des enfants des EPP poursuivant des études
secondaires est faible, de l'ordre de 30% à Antananarivo.
La mise à l'étude d'un projet de formation pour les jeunes déscolarisés dans les quartiers
d'intervention était donc envisagé depuis le démarrage du programme. L'opportunité de mener une
enquête plus ciblée sur la faisabilité d'un projet d'apprentissage a été fournie par le lancement d'un
projet-pilote mené par l'UNICEF dans 6 Fokontany d'Antananarivo en 2001. Il a donc été décidé de
s'appuyer sur cette expérience, et de mener une étude comparable.
L'enquête suivante a une visée essentiellement opérationnelle : son objectif principal est de repérer
dans chaque quartier l'offre potentielle en artisans formateurs et la demande des adolescents, afin
de voir si les conditions initiales de réalisation d'un projet d'apprentissage sont remplies. Elle teste
l'acceptation spontanée de différentes conditions et recueille les demandes d'appuis ou formations
complémentaires. Cette enquête fournit donc des premiers outils de travail aux équipes de terrain,
pour aller à la rencontre des artisans, adolescents et équipes Fokontany concernés par le projet. Elle
n'approfondit pas les modalités de formation existantes, ni les attitudes, comportements et
attentes des uns et des autres. Cela pourra être fait ultérieurement, sur la base d'expériences
concrètes.
Enfin, compte-tenu de la demande constatée également à Antsiranana et à Tuléar, où Ecoliers du
Monde intervient depuis plusieurs années, il a été décidé d'étendre l'enquête à ces 2 villes. 3
Fokontany ont été ciblés dans chacune de ces villes à partir du dynamisme et de la motivation de leur
président, de l'existence d'un tissu artisanal et d'une population significative de jeunes
déscolarisés.

Nous avons pris le parti de considérer dans ce rapport les 3 villes en parallèle : il est en effet
intéressant de faire apparaître dès le démarrage les spécificités des différents contextes, pour
alimenter la réflexion globale et favoriser par la suite les échanges entre les programmes Ecoliers
du Monde sur ce thème. Par ailleurs, cela permet d'obtenir des échantillons suffisamment
représentatifs (respectivement 766 adolescents et 351 artisans) pour observer des tendances qui
pourraient concerner toutes les villes de Madagascar. Par contre, les outils de travail spécifiques à
chacune des villes figurent dans des annexes distinctes.




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PRESENTATION DE L'ENQUETE

Rappel des objectifs

   -   Se positionner par rapport à l’opportunité d’intervenir dans le domaine de la formation des
       jeunes déscolarisés pour les 3 Programmes de Madagascar Centre, Sud et Nord, compte tenu
       de la compréhension de la problématique qui sera apportée : importance quantitative de la
       demande, ressources locales en formateurs, capacités de mobilisation des adolescents, des
       artisans et des autorités locales.

   -   Poser le cas échéant les bases d'un projet de formation professionnelle des adolescents, à
       partir d’un premier diagnostic / « état des lieux » d’où pourront être issus des pistes d’appui
       aux adolescents et aux artisans formateurs.

   -   Avoir une visibilité sur les démarches et résultats de projets d’appui dans ce domaine menés
       par d’autres programmes/organismes à Madagascar et dans des contextes comparables.


Méthodologie utilisée

           OBJET                          METHODE                    SOURCE D’INFORMATION /
1. Recherche documentaire       Bibliographie                        - BIT / IPEC
                                Sites Web                            - UNICEF
                                                                     - IUED
2. Base de données sur les      Contacts avec des organismes         Programmes EdM
projets d’appui existants       d’appui                              Autres ONG et organismes
                                Recueil de documentations
                                existantes
3. Evaluation quantitative du   Données statistiques                 Service de la programmation
phénomène « adolescents         existantes                           du MINESEB
travailleurs/apprentis »                                             Unités d'évaluation des
                                                                     programmes EDM
4. Pré-sélection des            Antananarivo : quartiers ciblés      Antananarivo :
quartiers d’enquête             par le Programme                     - Ambohimitsinjo, VI
                                Tuléar et Antsiranana :              - Antsahasoa / Ankaroabato
                                - sélection de quartiers à           - Miadana / Alasora
                                  partir de leur tissu               - Miadana / Ambohitrimanjaka
                                  économique (présence               Antsiranana :
                                  d’ateliers, artisans, …) et d’un   - Ambalavola
                                  nombre significatif                - Morafano
                                  d’adolescents déscolarisés         - Tanambao V
                                                                     Tuléar :
                                                                     - Antaninarenina
                                                                     - Betania Tanambao
                                                                     - Betania Centre



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5. Evaluation sommaire des             Entretiens auprès de             Antananarivo :
principales demandes et                personnes-ressources             - CDA1, Centre Energie, Espace
opportunités de débouchés              (liste en annexe I)              métiers, ONG MANDA,
professionnels                                                          CEFOR2
                                                                        Antsiranana :
                                                                        Professeur université, PAIQ 3,
                                                                        fonctionnaires administration,
                                                                        service du commerce,
                                                                        opérateurs économiques, lycée
                                                                        technique, association
                                                                        étudiants
                                                                        Tuléar :
                                                               - PAIQ, Groupement
                                                               d'artisans, FPQ4 - Lycée
                                                               technique, Entreprendre à
                                                               Madagascar, PNUD -
                                                               composante urbaine
6. Evaluation de l’offre      - Repérage exhaustif des lieux Tous les artisans, ateliers,
existante : inventaire des      d’apprentissages potentiels    entreprises des quartiers
artisans – formateurs         - Questionnaire : profil, offre ciblés
potentiels dans chaque          et conditions
quartier ciblé                  d'apprentissage, attentes
                                d'appui (questionnaire en
                                annexe I)
7. Evaluation de la demande   - Repérage des adolescents       Au moins 75% des adolescents
en apprentissage des            déscolarisés du quartier :     repérés.
adolescents déscolarisés        informations du Fokontany et Critères : âgés de 13 à 18 ans
                                porte à porte                  et n'ayant pas dépassé le stade
                              - Questionnaire : profil intérêt de la 5ème année.
                                pour un apprentissage, type
                                de formation souhaitée,
                                engagements possible           Les parents des adolescents
                              - Questionnaire auprès des       consultéss
                                parents : attitudes vis-à-vis
                                d’un apprentissage de leur
                                enfant
                              (questionnaires en annexe I)
8. Evaluation de la capacité  - Motivations et freins vis-à-
de mobilisation des Fokontany   vis d’un projet                Les CLS des 10 les Fokontany
ciblés                          d’apprentissage                concernés par l’enquête
                              - Capacité organisationnelle et
                                financière

1
  Conseil de Développement d'Andohatapenaka
2
  Crédit Epargne Formation, projet appuyé par Inter-Aide
3
  Projet d'Appui aux Initiatives de Quartier
4
   Formation Professionnelle Qualifiante



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Déroulement de l'enquête

Dans les quartiers d'Antananarivo, l'enquête a été réalisée sur le terrain par les "comités éducation"
des Fokontany partenaires d'Ecoliers du Monde. Ce sont eux qui coordonnent les projets éducatifs
de leur quartier depuis le démarrage du Programme. La réalisation de l'enquête est une démarche,
parmi d'autres, d'appropriation du projet : prise en charge de l'organisation, contacts directs avec
les artisans et les familles, imprégnation de la problématique.
L'expérience des enquêteurs de quartiers a été différente d'un quartier à l'autre, révélant assez
fidèlement le degré d'organisation des différents Fokontany. Ainsi, l'équipe d'Ambohimitsinjo a
travaillé de façon quasi professionnelle, celle de Miadana/Ambohitrimanjaka a montré également
beaucoup d'efficacité. La réalisation a été plus difficile à Miadana/Alasora et Antsahasoa
Ankaroabato, dénotant une moindre habitude d'organiser ce type d'activité. Dans ce dernier
quartier, les difficultés ont été les plus nombreuses et elles ont une incidence sur la qualité de
l'enquête : la proportion des adolescents consultés semble en effet insuffisante en regard de la
population et de la situation sociale du quartier. Ce déficit n'a pas d'incidence directe sur les
résultats de l'enquête dans la mesure où il ne s'agissait pas ici d'effectuer un recensement
exhaustif des adolescents déscolarisés, mais de vérifier l'existence d'un "réservoir" de demande
suffisant.

A Tuléar et Antsiranana, les programmes Ecoliers du Monde n'ont pas structuré de comités
éducation de quartier. Le terrain a donc été confié à des enquêteurs sous la supervision du
coordinateur de zone du programme à Antsiranana et d'un consultant externe à Tuléar. Les enquêtes
se sont déroulées normalement… et nettement plus rapidement qu'à Antananarivo. Le thème
rencontre l'intérêt de la majorité, et les difficultés rencontrées sont classiques des enquêtes en
général :
- manque de disponibilité, méfiance
- niveau d'expression faible des adolescents déscolarisés

La crise a eu un impact lourd sur le planning initial, dans la mesure où les personnes-ressources, tout
particulièrement à Ansiranana n'étaient pas disponibles en mai /juin pour répondre à des entretiens.
De nouveaux présidents de Fokontany ont été ensuite nommés à l'issue de la crise (Antsiranana),
nécessitant de recommencer les entretiens. Les nouvelles équipes Fokontany sont encore inconnues
d'Ecoliers du Monde, et leur capacité d'implication impossible à cerner à ce stade. Enfin,
l'acheminement des enquêtes d'Antsiranana a été bloqué pendant plusieurs semaines. Par contre,
dans les quartiers, les événements n'ont pas réellement perturbé les enquêtes auprès des
adolescente et artisans, généralement disposés à répondre.




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                 8




1. REGARDS SUR L'APPRENTISSAGE

Les recherches documentaires ont été effectuées essentiellement sur Internet, à l'IPEC/BIT à
Genève et à IUED. Il faut admettre que dans l'ensemble, la pêche est maigre…Si l'on s'en tient à
Madagascar, hormis l'expérience-pilote lancée par l'UNICEF, nous n'avons recensé aucune
expérience de projet d'appui aux apprentissages. Il faut dire que le dispositif d'apprentissage
professionnel n'y est pas structuré, contrairement à ce qui existe en Afrique francophone. A ce
stade, nous ne sommes donc pas en mesure de mettre à disposition des programmes une véritable
base de données sur les projets d'appui existants.

Les documents recensés concernant l'Afrique francophone consistent essentiellement en analyses du
secteur informel et du système d'apprentissage. Ils sont présentés en annexe II du rapport.

Il est intéressant tout de même de fournir des repères sommaires pour élargir notre vision de la
problématique des apprentissages.


1.1. Le secteur informel

- Il représente une fraction importante de l'emploi urbain (à Antananarivo, le premier pourvoyeur
  d'emploi : 241 200 en 1998 selon l'étude Madio 5).
- Il est en expansion constante (+33,7% d'unités de production informelles en 1998 à Antananarivo)
- Sa contribution au PIB est significative (presque 30% en 1998 à Madagascar).
- Ses activités sont constituées presque à proportions égales (Antananarivo) d'activités industrielles
  (37,7%), commerciales (37,4%) et de services (28,9%).
- La grande majorité des unités ne comporte qu'un seul employé (71%) et ne dispose pas d'un local
  spécifique (84%).
- Les difficultés rencontrées sont principalement des débouchés insuffisants.

Ses atouts

- Souplesse, capacité d'adaptation rapide aux évolutions du marché.
- Facilité d'entrée : modicité du capital, ouverture à de nombreuses catégories de population.
- Originalité et faible coût du mode d'acquisition de la qualification technique.

Ses faiblesses

- La vulnérabilité :
    - Faible dotation en facteurs de production et faible productivité du travail.
    - Position défavorable pour accéder aux compétences, financements, marchés, information, …
    - Exclusion des structures institutionnelles (caractère semi-légal).
    - Isolement et manque d'organisation des petits producteurs : faible capacité de négociation.
- Faibles innovations, faibles acquisition de compétences en organisation et gestion.


5
 Projet Madio, Le secteur informel dans l'agglomération d'Antananarivo, performances, insertion, perspectives,
Antananarivo, 1998



                         D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
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En termes de formation :



 l'apprentissage (formalisé ou non) est la source principale d'acquisition des compétences. Il
  représente une filière importante pour les déscolarisés. Il est peu coûteux, souple, accessible,
      "considéré comme l'un des maillons de l'éducation et de la socialisation des jeunes en périodes
      de fortes tensions sur le marché du travail et sur le système scolaire 6".
 elle est un des leviers stratégiques des appuis à mettre en place au niveau des unités
  économiques : amélioration des capacités techniques, des compétences transversales (gestion,
  négociation…).



1.2. L'apprentissage en Afrique francophone

Il est négocié entre parents et artisan et fait l'objet d'un contrat, parfois écrit, le plus souvent
oral. Il est payant ou, s'il est gratuit, implique une obligation pour l'apprenti de travailler ensuite
gratuitement ou presque chez le patron. Le rôle du patron ne se limite pas à la formation
professionnelle : il assure une éducation au sens large à l'apprenti qui, souvent, loge chez lui.
L'entrée en apprentissage est marquée par une cérémonie d'entrée et la sortie par un examen ou
une cérémonie de sortie. Sa durée moyenne est de 5 ans environ (2-6 ans). Les apprentis sont âgés
en majorité de 16 à 20 ans et leur niveau scolaire est inférieur à la moyenne (l'entrée en
apprentissage suit souvent un échec scolaire).

L'apprentissage comporte généralement les étapes suivantes : d'abord, des petits travaux, pas
nécessairement en lien avec le travail (courses….). Ensuite, l'apprenti apprend le nom des outils, puis
leur utilité. Il s'initie à leur utilisation par observation et imitation et assure des travaux de plus en
plus complexes. L'apprentissage ne contient généralement pas d'apports théoriques : "les apprentis
cherchent à l'aveuglette ce qui ne va pas dans un moteur et de tâtonnements en tâtonnements
(parfois non sans dommages pour la voiture !), ils finissent par apprendre à bien faire un certain
nombre de choses7"

Annick Huyghe Mauro8 relève deux modèles d'apprentissage : le système côtier, fortement
structuré et normalisé : rituels d'entrée et sortie, apprentissage payant, certifié, règles précises
fixant les rapports avec le patron et les tâches respectives à accomplir; le système sahélien, plus
souple : entrée en apprentissage indéterminée, sortie non-conditionnée à des acquis précis.

Les forces des apprentissages :

- formation plus complète : l'apprentissage touche tous les aspects du métier,
- plus de chances de se placer sur le marché du travail,
- contacts avec la clientèle et la gestion,
- coût modéré.

6
  Les apprentissages en milieu urbain, formation professionnelle dans le secteur informel en Afrique (Mali, Sénégal, Bénin et
Mauritanie), Etude coordonnée par Annick Huyghe Mauro
7
  BACHELARD P. ODUNLAMI A, Apprentissage et développement en Afrique noire, L'Harmattan, 1998
8
    Voir référence ci-dessous



                          D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                     10



Les limites de l'apprentissage

- apprenti méprisé, dévalorisé socialement,
- fortes contraintes financières,
- encadrement parfois insuffisant, exploitation,
- installation professionnelle difficile.

Les différentes études sur les apprentissages mettent en évidence les recommandations suivantes9



- Concevoir des actions de formation comme des moyens à des fins de développement économique et
  non plus d'éducation ou de promotion sociale.
- Accorder l'importance nécessaire à l'alphabétisation : pas indispensable pour accéder aux métiers,
  mais indispensable pour permettre la diversification et l'innovation professionnelles.
- Développer des compétences techniques aussi bien que transversales (esprit d'entreprise,
  organisation et gestion).
- S'appuyer sur une bonne connaissance des caractéristiques des publics cibles, de leur
  environnement et de leurs besoins de qualification et proposer des formations de façon souple,
  diversifiée et au plus près des besoins et des demandes ("à la carte"). A priori, les ONG et les
  organismes privés sont les plus à même de les concevoir.
- Initier les formations dans des relations partenariales Etat - secteur privé.
- valoriser l'alternance et les systèmes emploi - formation en prenant appui sur l'apprentissage
  interne et en favorisant son évolution vers des systèmes plus performants.
- Reconnaître l'importance de la structuration des milieux professionnels pour faire évoluer les
  systèmes d'apprentissage (définition de règles, contenus, certification, …).
- Continuer à développer la formation des apprentis par l'intermédiaire de celle des artisans.
- Soutenir la formation des apprentis par l'intermédiaire du conseil aux ateliers.
- Expérimenter et organiser au cas par cas l'échange d'apprentis entre ateliers.
- Accompagner l'élaboration et la mise en œuvre de projets collectifs pris en main par les apprentis
- Renforcer et favoriser tout ce qui contribue à faire du projet un "milieu éducatif".
- Les projets d'appui devraient conduire des études systématiques sur les besoins du marché,
  fournir des informations sur l'orientation professionnelle, les activités productives, les plans de
  crédit…pour favoriser l'insertion des jeunes dans le marché du travail.
- Veiller à la problématique des genres et à la création de formations spécifiques pour les filles.




9
    Issues de l'étude d'Annick HUYGUES MAURO, Les apprentissages en milieu urbain, de G.LE BOTERF L'apprentissage et les
    apprentis dans les petits métiers urbains et P. BACHELARD et A.ODUNLAMI, Apprentissage et développement en Afrique
    noire, Alternatives to child labour, ILO. Références citées ci-dessous



                          D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                        11


1.3. Des expériences

A ce stade, les recherches documentaires ont fourni peu de descriptions et évaluation de projet
d'appui aux apprentissages. Nous en retiendrons deux : un projet d'apprentissage par alternance
monté par la DED10 au Niger et le projet de formations de proximité de l'UNICEF à Antananarivo.

L'expérience du DED au Niger, 1987 : application du système Dual 11

L'objectif est de former des apprentis en 3 ans, suivant la méthode duale dans les métiers de la
menuiserie métallique, bois et mécanique automobile. La formation dans le centre est de 2 jours et
demi par semaine. Pendant ces 16 heures, les apprentis reçoivent 7 à 9 heures de formation générale
et autant de formation professionnelle (technologie et travaux pratiques). Chaque spécialité dispose
d'une salle de classe et d'un atelier bien équipé. Durant 3 jours et demi, l'apprenti travaille dans une
entreprise avec un contrat d'apprentissage. Il est suivi par les formateurs du centre. L'entreprise
paie chaque année 50 000 CFA (environ 1/3 du coût de la formation).
Bilan : les difficultés rencontrées :
- difficultés de compréhension des jeunes engendrant des abandons
- faible équipement des entreprises et personnel sous-formé
- manque de motivation des patrons, refus de verser leur quote-part à la formation
 la transposition d'un modèle allemand coûteux, dissocié de la réalité du monde des
  entreprises locales et n'offrant pas de solution généralisable

L'expérience de l'UNICEF à Antananarivo

Le projet est décrit dans une note technique figurant en annexe III du rapport. Il ne s’agit pas d’un
projet d’apprentissage au sens classique du terme : il ne vise pas nécessairement à fournir une
formation professionnelle complète à l’adolescent. L’UNICEF l’a d’ailleurs nommé « mécanisme
alternatif de formation des jeunes déscolarisés ». Son objectif est plutôt de tirer parti au mieux
des ressources existantes, sachant que l’ apprentissage structuré n’existe pas à Madagascar, et de
mettre en place un processus simple et donc pérennisable. Il s’agit donc de repérer des artisans
formateurs potentiels dans les quartiers et de les mettre en relation avec des jeunes déscolarisés.
Le projet est géré au niveau des autorités du quartier. Les formations sont cadrées par un comité de
pilotage inter ministériel, qui en fixe les objectifs, les contenus et délivre une certification. Elles
durent environ 6 mois. Les adolescents participent en parallèle à des cours de remise à niveau
scolaire et de compétences transversales, durant 3 mois (« life skills »). Par différence avec le
modèle dual d’apprentissage, les adolescents ne reçoivent donc pas de formation théorique
structurée dans leur métier et, selon les métiers, une initiation plutôt qu'une formation complète.

Une première vague d’apprentissages a été réalisée au cours du premier semestre 2002. Sans que
l’on puisse avoir déjà le recul suffisant pour évaluer les impacts de ces formations, on constate que
le mécanisme mis en place répond à une forte demande et qu’il est apte à fonctionner de façon
satisfaisante. Son succès tient avant tout à la responsabilisation et au dynamisme des acteurs du
Fokontany.


10
     Service des volontaires allemands
11
     Décrite dans Apprentissage et développement en Afrique noire, cf ressources documentaires



                           D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      12




2. LE CONTEXTE: COUP DE PROJECTEUR SUR 3 VILLES , Antananarivo,
Tuléar, Antsiranana

2.1. Les Fokontany


                                                           Estimation du nb         Estimation de la
                                                             d'habitants          population 13-18 ans*

   Antananarivo     Ambohimitsinjo/AntananarivoVI 1914                                    258
                    Antsahasoa/Ankaroabato              3030                              409
                    Miadana/Alasora                     1100                              149
                    Miadana/Ambohitrimanjaka            400                                54
   Antsiranana      Ambalavola                          3857                              521
                    Morafeno                            3440                              464
                    Tanambao V                          6135                              828
   Tuléar           Antaninarenina                      4250                              574
                    Betania Centre                      6000                              810
                    Betania Tanambao                    5300                              716
* Extrapolée à partir de données démographiques fournies par l'INSTAT, soit 13,5% de la population
totale

2. 2. Peut-on évaluer le nombre d’adolescents déscolarisés ?

Dans les Fokontany d'Antananarivo, l'enquête a été menée simultanément à un recensement des
jeunes déscolarisés. Nous pouvons donc avoir des données fiables sur la descolarisation des plus de
14 ans :

                                          NB          % de la population         Nb de jeunes
                                     d'adolescents     des 13-18 ans           identifiés lors de
                                      déscolarisés        estimée                  l'enquête
Ambohimitsinjo                            37                 14%                       40
Antsahasoa/Ankaroabato                                                                 19
Miadana / Alasora                         24                   16%                     22
Miadana / Ambohitrimanjaka                11                   20%                     13

Dans les villes d'Antsiranana et Tuléar, l'estimation est plus difficile, voire impossible à partir des
données ministérielles. En effet, les données scolaires de ces deux villes indiquent des taux
d'abandon négatifs, dus probablement aux fortes migrations (non-maîtrise des transferts). La seule
voie pour évaluer, de façon très sommaire, la déscolarisation, serait donc la comparaison de la
population scolarisable et des effectifs scolaires par âge. Or, à ce jour, des données fiables de ce
types ne sont pas ou très difficilement accessibles.



                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                             13



Nous nous contenterons donc, à ce stade, de rapporter les enquêtes effectuées à la population
estimée des 13-18 ans12. Nous constatons une proportion de l'ordre de 30% dans les Fokontany
d'Antsiranana (sachant que les enquêtes effectuées à Tanambao V ont été proportionnellement
moins nombreuses, vu la grande taille du Fokontany) et de l'ordre de 10% dans les Fokontany de
Tuléar. Ces indications diffèrent des données scolaires du MINESEB qui indiquent des taux globaux
de scolarisation supérieurs à Antsiranana qu'à Tuléar… sans que nous ayons les moyens de vérifier ou
d'expliquer de façon fiable ces tendances.

                                                    Nb
                                                                Population        Nb enqêtes        % des 13-
                                                 habitants
                                                                13-18 ans         effectuées         18 ans
                                                  estimé
       Antsiranana       Ambalavola                3857              521               154             29,6%
                         Morafeno                   3440             464               169             36,4%
                         TanambaoV                  6135             828               176             21,3%
       Tuléar            Antaninarenina             4250             574               45               7,8%
                         Betania Centre             6000             810               63               7,8%
                         Betania                    5300             716               73              10,2%
                         Tanambao



2.3. Le secteur informel : quelques tendances

Il est indispensable de s'intéresser dès le démarrage au contexte économique et de se poser la
question des filières porteuses. Inutile en effet de former des adolescents dans des métiers
saturés ou qui risquent de le devenir rapidement. Cela dit, on ne possède actuellement aucune étude
sur le secteur informel à Antsiranana et Tuléar. Il existe à Antananarivo un observatoire des
évolutions du secteur informel, mais il ne s'intéresse pas à la question des filières porteuses. On
s'est donc limité dans un premier temps, pour amorcer la réflexion, à rencontrer des personnes-
ressources compétentes dans ce secteur et de les interroger sur :
  - leur perception du secteur informel dans ces 3 villes : changements, atouts, points faibles,
  - les filières en hausse et en baisse.



2.3.1 Antananarivo

Le secteur informel

L'économie de la ville est fortement influencée par l'émergence des entreprises de zones franches,
qui absorbent une partie de la main d'œuvre de l'informel : gardiens, ouvriers, nettoyeurs, et, à
l'entour, gargotiers et petits commerçants. Mais il semble (selon le centre Energie) que les zones
franches n'ont pas stimulé des activités nouvelles dans le secteur informel.


12
     Tout en rappelant qu'il ne s'agissait pas d'un recensement exhaustif et que les adolescents consultés n'avaient pas dépassé
     le stade de la 5ème année.



                            D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                    14



Le CDA observe "tout le monde se précipite sur Antananarivo, le marché est saturé". De plus, le
marché n'est pas net : "il y a beaucoup d'intermédiaires, de gens louches, mal formés…" . Il semble
que les perspectives soient plus intéressantes en périphérie, qui échappe à ce phénomène de
concentration.
Pour le CDA, l'évolution la plus marquante est l'explosion du petit commerce et de la spéculation. Le
CEFOR confirme que plus de 90% de leurs demandes de micro-crédit concernent des activités de
petit commerce. Le problème est bien évidemment la saturation des activités commerciales au point
que le CDA par exemple ne les finance plus, au profit exclusif des activités artisanales et/ou
productives.

Un atout important des jeunes déscolarisés est leur grande habileté. Les expériences du centre
Energie montrent que les jeunes apprennent vite et bien, en observant les aînés. Ils sont en général
de bonnes dispositions vis-à-vis de leurs formateurs, ouverts et disciplinés.

Les filières en hausse

- On constate un gros boom de la construction et donc une forte demande en maçons, menuisiers,
  ouvriers du métal, du bois, plombiers etc... Les jeunes formés à ces métiers (centres Manda, CDA,
  Energie) n'ont jamais eu de difficultés à trouver du travail, partout dans le pays. Les contraintes
  proviennent du niveau scolaire nécessaire à l'apprentissage des métiers du bâtiment : au minimum
  le CEPE pour maîtriser les mesures et calculs nécessaires.
- Les métiers de la mécanique semblent stables. Les difficultés proviennent d'un coût assez élevé du
  matériel nécessaire à la formation (outillage, éventuellement, un profil de moteur, …)
- Les métiers de l'hôtellerie sont en hausse : (aide)-cuisinier, plongeur, serveur, femme de chambre,
  …
- La coiffure, uniquement en périphérie, où l'offre est moins abondante
- L'élevage : poulet de chair, gavage d'oies
- Dans le domaine de l'artisanat : la fabrication des objets en bambou profite d'un boom au niveau
  international; le tissage traditionnel de la soie (landy) est très demandé, remis à la mode depuis
  quelques années.

Les filières en baisse

Le CDA met en relief le fait que la qualité de la formation est plus cruciale que le choix de la
filière : un jeune bien formé, dans n'importe quel métier, pourra trouver des débouchés : "il y a
tellement de bricoleurs dans les quartiers que dès qu'une personne est vraiment compétente, elle
trouve facilement du travail".

Cela dit, certaines filières offrent peu de perspectives :

- Le commerce et la gargoterie sont saturées
- La tôlerie automobile est en baisse depuis que les importations massives de véhicules en mauvais
  état en provenance de la Réunion ont cessé (CDA).
- L'artisanat : les débouchés locaux sont faibles et les quantités produites insuffisantes pour
  absorber une main d'œuvre importante. L'enjeu numéro un des donc de travailler sur l'amélioration



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  des débouchés à l'exportation. Ceci implique davantage de créativité, d'excellentes finitions et
  une qualité de production constante.
- La broderie et la couture ne sont pas vraiment à considérer comme des activités professionnelles.
  Ce sont plutôt comme des savoir-faire de "bonne maîtresse de maison". La broderie peut
  permettre d'assurer un revenu significatif uniquement dans le haut de gamme et avec des
  débouchés directs sur l'extérieur.



2.3.2. Tuléar

Le contexte

L'activité économique de Tuléar est marquée par la disparition des grandes entreprises et usines
d'Etat (Toly, Sumatex…) et la quasi absence de nouvelles implantations. L'appareil productif de
Tuléar est donc très limité. Conséquence, on assiste à l'explosion du "commerce de trottoir", de
solution de facilité, signe de pauvreté et d'une "économie de survie".
Plusieurs personnes-ressources évoquent par ailleurs des attitudes de résistance au changement et
de jalousie, "mauvaise concurrence", qui freinent le développement économique de la ville.

Les changements perçus sont une montée en puissance des activités portuaires, des secteurs du
tourisme et du bâtiment (effet induit de la ruée sur le saphir). Mais l'essor touristique semble
fragile, avec une offre de qualité insuffisante. Quant au domaine artisanal, la notion de qualité
émerge (sous l'influence notamment des opportunités offertes par l'Africa Bill), et les artisans ont
accès à davantage de moyens de se former, tant techniquement qu'en gestion à Tuléar-même.

Le secteur informel

Il est fortement dominé par le petit commerce (Kinanga, Epi-Bar…), très saturé. Les métiers qui
rapportent traditionnellement, comme la coiffure, la réparation de vélo, les pousse-pousse… sont en
voie de saturation également. Le secteur informel innove peu et n'exploite pas toutes ses
potentialités. Par exemple : le travail du cuir (les peaux de l'abattoir sont écoulées brutes sur
Antananarivo), le travail de la corne de zébu (idem), le secteur maraîcher.
A noter enfin, une explosion de la prostitution depuis quelques années.

Les filières en hausse

- Tous les métiers liés au bâtiment
- Les métiers du tourisme ? (perceptions différentes selon les personnes-ressources)
- La mécanique




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Les filières en baisse

- Une difficulté spécifique à la menuiserie : une baisse de la qualité locale, liée à l'insuffisance des
  centres de formation
- Tout ce qui touche au commerce (saturation)
- La coiffure (saturation)
- Les métiers du fer (difficultés d'approvisionnement)
- et, comme partout, la couture et la broderie



2.3.3 Antsiranana

Le contexte

Il présente des analogies avec celui de Tuléar, et tous le décrivent comme un environnement
économique dégradé, "fragile, déclinant, instable", "comme un bateau, tantôt en haut tantôt en bas,
suivant le rythme des vagues" :

- Industries existantes en crise (la SIRAMA tout particulièrement). Pas ou peu de nouvelles
  implantations, d'investissements productifs
- Un marché du travail saturé et une forte augmentation du chômage
- Des réglementations instables, changeantes, mal connues et/ou appliquées

Il semble que l'une des origines de l'instabilité constatée à Antsiranana soit un exode rural
important, qui, dans certains quartiers, augmente rapidement la population des jeunes chômeurs. Ceci
expliquerait le nombre important d'adolescents déscolarisés enregistrés dans les Fokontany
d'Antsiranana lors de l'enquête.

Les changements observés sont tous perçus négativement :
- Explosion du commerce sauvage (friperie, épiceries, bars, …) . "Avant, tous les vendeurs du bazar
  étaient connus et patentés; aujourd'hui, les vendeurs ont triplé et le bazar est une habitation
  secondaire, un 24ème quartier dans la ville".
- Disparition de la limite entre le formel et l'informel / le semi-légal, qui se fait maintenant
  ouvertement :"affaire-affaire devient la clé de tout", "le marché noir se fait en pleine lumière"
- Baisse générale du niveau de vie
- Dégradation des mentalités : explosion des cellules familiales, prostitution (prolifération des
  "corrès") affairisme, "tout se monnaie, même une information minime", "vidéo, cinéma, bals, qat, à
  tous moments, en tous lieux et pour tout le monde sans exception"
- Dégradation des centres d'enseignement, notamment le lycée technique : baisse du nombre
  d'élèves, dégradation du matériel et des locaux, enseignants démotivés, …




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                                  Commerce de trottoir, Antsiranana

Atouts

Divers domaines sous-exploités :
  - Sols favorables à l'agriculture / élevage
  - Richesse des sous-sols (exploitations minières)
  - Ressources halieutiques
  - Zone portuaire favorable à l'extension du port et de ses activités commerciales
  - Fortes potentialités touristiques
  - Fabrication de brique pressée (proximité de matières premières, climat favorable)
- Possibilité d'implanter un aéroport international

Points faibles

- Main d'œuvre peu qualifiée et manque de centres de formation
- Enclavement
- Mauvaise circulation de l'information, rétention
- Coûts de la vie instables
- Croissance trop rapide de la ville, exode rural important

Le secteur informel

- Développement quantitatif, "tout le monde se crée un travail pour gagner de l'argent : les employés
 se font un deuxième travail, les jeunes ne vont plus à l'école et les sans-travail doivent vivre"
- Peu de diversification, de créativité, beaucoup de copie : les activités de survie, centrées sur les
  rentrées d'argent à court terme, les petites spéculations (commerce, notamment les marchands
  ambulants) :"toutes les activités étoile-filante"
- Augmentation des petits métiers de la rue (réparateur de montre-minute, cireurs de chaussure, …)
  et des dépanneurs de toute sorte



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- Augmentation du nombre de loueurs de matériels divers (pour les fêtes notamment), discos
  ambulantes, …
- Relâchement des règlements
- Baisse de la qualité en artisanat du bois "des artisans se permettent de monter un atelier après 2
  ou 3 mois d'apprentissage"

Les filières constantes et/ou en hausse

- Avant tout l'élevage (poules pondeuses, poulets de chair, lapins, porcs, vaches laitières, apiculture
- Agriculture
- Construction du bâtiment (boom constaté) : maçons, électricité, plomberie, …
- Tout ce qui touche à l'alimentation
- Coiffure, tresse gasy,
- Les métiers du tourisme
- Commerce ville-brousse
- Services du froid
- Mécanique machine : maintenant des matériels et outillages
- Artisanat lié à la pêche (filets, pirogues)
- Dépanneurs de toute sorte (électricité, électronique, vélos, …)

Les filières en baisse

- Saturation du commerce : friperie, PPN,
- Voitures
- Couture




                         Réparateur de vélo : une activité en voie de saturation




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3.L'OFFRE : LES RESSOURCES EN ARTISANS FORMATEURS

L'enquête a détecté 351 artisans :

         ANTANANARIVO                   Ambohimitsinjo / VIème                    55
                                        Antsahasoa/Ankaroabato                    38
                 152                    Miadana Alasora                           38
                                        Miadana Ambohitrimanjaka                  21
          ANTSIRANANA                   Ambalavola                                61
                                        Morafeno                                  40
                 121                    Tanambao V                                20
               TULEAR                   Antaninarenina                            25
                                        Betania Centre                            19
                  78                    Betania Tanambao                          34

Les Fokontany d'Antananarivo étant nettement moins peuplés que ceux des 2 autres villes, le
dynamisme artisanal de la capitale apparaît nettement à travers ces chiffres.


3.1. Les métiers exercés

Ils sont très variés, ce qui est le propre du secteur informel : 72 métiers différents pour 351
artisans, ce qui indique une richesse de savoir-faire et d'expérience importante. Cette variété se
confirme dans les 3 villes concernées par l'enquête. Les métiers les plus répandus sont de loin les
couturières, suivies des métiers du bâtiment, maçons, menuisiers. Les activités peuvent être
séparées en différents types :

- Ceux qui relèvent de l'artisanat à proprement parler
- Les activités à caractère commercial, que l'on peut considérer plutôt comme des activités "de
  survie", comme la fabrication de yaourts, sambos, pâtes, enveloppes, tresseuse… Nous les
  mentionnons dans notre échantillons même s'ils sont à la limite de notre champ d'étude, dans la
  mesure où ils pourraient éventuellement offrir des possibilités de formation.
- Les activités d'élevage : seuls 3 aviculteurs sont mentionnés, à Antananarivo. Il est certain qu'il en
  existe davantage dans les quartiers, mais ils n'ont pas toujours été pris en compte par les
  enquêteurs, ne s'agissant pas d'une activité artisanale au sens strict du terme. Mais il s'agit d'une
  activité porteuse qui à ce titre, mérite d'être prise en compte.

Activité principale                     TOUS         Antananarivo       Tuléar           Antsiranana
aviculteur                                3               3
bijoutier                                 6                                5                  1
boulanger(ère)                            1                1
boulanger(ère)-pâtissier(ère)             1                1
briquettier                               1                1
brodeuse                                 22               14               2                 6
capitonneur                               1                                                  1
carrossier                                1                                                  1



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Activité principale                             TOUS           Antananarivo           Tuléar    Antsiranana
charpentier                                      15                 10                  3            2
coiffeur(euse)                                    6                 3                   2            1

cordonnier                                         9                  4                 4            1
couturier(ère)                                    57                 33                 10          14
cuisinier(ère)                                     1                                     1
décortiqueur                                       1                                                 1
dessinateur                                        2                  1                  1
électricien                                        3                                     2           1
électronicien                                      7                  4                  2           1
fabricant de " grattoir "                          1                                                 1
fabricant de brosses                               1                                                 1
fabricant de charettes                             1                                     1
fabricant de yaourt, glace                         1                                                 1
fabricant de couveuses                             1                                                 1
fabricant de fatapera                              2                                     2
fabricant de fil à coudre                          1                  1
fabricant de filets de pêche                       7                                     1          6
fabricant de mortiers en pierre                    1                                                1
fabricant de pâtes                                 1                                                1
fabricant de pirogues                              1                                                1
fabricant de pousse-pousse                         1                                     1
fabricant de sacs                                  2                  2
fabricant de sacs et cartables                     1                  1
fabricant de sambos                                1                                     1
fabricant de tapis                                 2                                                2
fabricant d'enseignes                              1                  1
fabricant d'enveloppes                             2                  2
fabricant d'objets en cuir                         1                  1
ferblantier                                        3                  1                  1           1
ferrailleur                                        6                                     6
forgeron                                           2                                                 2
frigoriste                                         3                                     2           1
maçon                                             19                  8                  4           7
mécanicien                                        16                  3                  5           8
menuisier                                         31                  2                  7          22
menuisier ébéniste                                 6                  2                  3           1
menuisier-charpentier                              1                                                 1
métier artisanal (raphia,…)                        1                                     1
métiers du bâtiment                                4                 2                              2
ouvrages métalliques                               6                 2                   3          1
pâtissier                                          6                 4                   2
peintre                                            1                 1
photographe                                        1                 1
potier(ère)13                                     22                 21                              1
rebobineur électrique                              1                                                 1


13
     Rappelons que l'enquête est implantée à Alasora, fief des potiers d'Antananarivonanarivo



                           D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                              21


Activité principale                            TOUS           Antananarivo     Tuléar        Antsiranana
rechappeur de pneus                              1                                                1
relieuse                                         1                                                1
réparateur de batteries                          1                               1
réparateur de montres                            2                                               2
réparateur de parapluies                         1                                               1
réparateur de vélos                              2                                               2
sculpteur                                       11                   9           2
soudeur                                         11                   1           2               8
tailleur pierres précieuses                      1                   1
tôlier                                           6                                               6
tourneur - fraiseur                              1                                               1
traiteur                                         1                   1
tresseuse                                        4                   2                           2
tricoteuse                                       8                   5           1               2
vannier(ère)                                     4                   2                           2
zingueur                                         1                   1



3.2. Le profil des artisans

Niveau de formation

Le niveau moyen d'éducation scolaire est relativement élevé : 73.2% des artisans rencontrés ont
dépassé le stade de l'école primaire. Les profils de formation sont comparables à Antananarivo et
Antsiranana, alors que le niveau scolaire moyen est plus bas à Tuléar.



                      Niveau scolaire des artisans

    100%         4                1
     90%                                         11
                 42                                            université
     80%                          38
                                                 18            lycée
     70%
     60%                                                       collège
     50%         56                                            9è-7è
                                                 23
     40%                          52                           12-10è
     30%                                                       non-scol.
     20%         38                              16
     10%                          15              1
                 7                 4              7
      0%         1                 1
            Antananarivo      Antsiranana       Tuléar



                                        Tous             Antananarivo        Antsiranana             Tuléar
 Non-scolarisé                          2,7%                 0,7%               0,9%                  9,2%
 12ème-10ème                            3,6%                 4,7%               3,6%                  1,3%
 9ème-7ème                             20,6%                25,7%              13,5%                 21,1%
 Collège                               39,1%                37,8%              46,8%                 30,3%
 Lycée                                 29,3%                28,4%             34,2%%                 23,7%
 université                             4,8%                 2,7%              0,9%%                 14,5%


                           D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                               22



Formation professionnelle

Plus du tiers des artisans ont suivi une formation formelle, et deux tiers ont été formés de façon
informelle14. La proportion est supérieure à Antsiranana et inférieure à Tuléar, et suit en cela les
différences de niveau scolaire.



     100%                                                  Formation informelle
                                                           Formation formelle
      80%

      60%

      40%

      20%

       0%
               Antananarivo   Antsiranana      Tuléar




                                            Total           Antananarivo          Antsiranana       Tuléar
Formation formelle                              38,5%           37%                   45,5%              31%
Formation informelle                            61,5%           63%                   54,5%              69%

Les formations formelles

                                                                                  Total
En entreprise                                                                     29,3%
Etablissement de formation (plusieurs mois)                                       29,3%
Collège/lycée technique                                                           19,5%
Centre confessionnel                                                               7,5%
Stage court                                                                        6,8%
Ecole professionnelle                                                               3%
Foyer social                                                                       2,3%
Stage à l'étranger                                                                 2,3%
TOTAL des réponses                                                                 133

Les formations informelles

Il s'agit essentiellement d'un apprentissage sur le tas, souvent dans le cadre familial, selon le
schéma le plus classique observé à Madagascar : le jeune acquiert son savoir-faire en débutant



14
     Remarque : nous avons considéré comme formelles des formations dispensées en entreprise ou en atelier d'une certaine
     importance, ce qui est à la limite entre les deux champs. Si on les intégrait dans le non-formel, on aurait presque 8O%
     d'artisans formée dans le non-formel.



                              D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                     23


comme aide chez un artisan, qui progressivement lui confie des tâches de plus en plus compliquées 15.
A noter, une proportion significative d'artisans autodidactes ou s'estimant doté d'un don naturel :
signe d'une difficulté à "repérer" le temps, les modalités de son propre apprentissage ou don réel ?

                                                                                Total
Observation chez un artisan, transmission familiale                             71%
Formation mutuelle                                                              13%
Don naturel                                                                      9%
Autodidacte                                                                     7,1%
Total                                                                            210

Durée d'exercice du métier

Ce critère est décisif dans le choix des artisans formateurs : il apparaît indispensable de collaborer
avec des artisans dotés d'une expérience suffisamment solide pour transmettre un savoir-faire.
La grande majorité des artisans, 70-80%, sont installés depuis 5 ans et plus. L'implantation des
artisans est en moyenne légèrement plus ancienne à Antananarivo.



                       Durée d'exercice du métier

        100%
         90%                                                      > 20 ans
         80%
         70%                                                      16 - 20 ans
         60%                                                      11 - 15 ans
         50%
         40%                                                      6 - 10 ans
         30%                                                      5 ans
         20%
         10%                                                      < 5 ans
          0%
                   Total           Total       Total Tuléar
                Antananarivo    Antsiranana


                                                Tous          Antananarivo         Antsiranana            Tuléar
     Moins de 5 ans                            25,6%             21,3%                 30%                28,2%
     5 ans                                      9,7%              8,7%                11,7%                 9%
     6 à 10 ans                                21,4%             21,3%               20,8%                23,1%
     11 à 15 ans                               14,2%             14,7%               14,2%                14,1%
     16-20 ans                                  14%              20,7%                 10%                 7,7%
     Plus de 20 ans                            14,2%             13,3%               13,3%                17,9%




15
  Pour en savoir plus, l'ouvrage Apprentissage et développement en Afrique noire (réf cit) fournit une description
intéressante de la pédagogie de l'apprentissage par observation et imitation.



                         D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     24




3.3. Le profil des entreprises : nombre d'employés et locaux

L'écrasante majorité des artisans travaillent seuls et presque 90% des entreprises comportent
moins de 3 personnes. Cela correspond à l'environnement des petites entreprises informelles.
A noter : les entreprises de Tuléar ne comportant qu'une seule personne sont nettement moins
nombreuses (45%). L'artisanat est-il davantage structuré autour de la famille à Tuléar (aide issu de
la famille) ? Seule une étude plus approfondie pourrait le confirmer.

  Nb employés             Total              Antananarivo          Antsiranana           Tuléar
        0                 64,6%                 68,8%                72,5%                44,9%
        1                 13,2%                  8,3%                13,3%                21,8%
        2                  9,6%                 11,1%                  5%                 14,1%
        3                  4,1%                  4,2%                 2,5%                 6,4%
    Plus de 3              7,3%                  4,9%                 6,6%                12,8%
Total                  342 réponses          144 réponses         120 réponses         78 réponses

Quant aux locaux, les contrastes sont significatifs entre les quartiers d'Antananarivo et ceux des
autres villes : seul un quart des artisans des Fokontany tananariviens travaillent sans locaux (à
l'extérieur, dans la cour). Cette proportion s'élève à la moitié pour les villes de Tuléar et
d'Antsiranana. Raisons climatiques, certainement, mais également de niveau de structuration et de
moyens matériels.

          Lieu de travail               Total          Antananarivo      Antsiranana       Tuléar
1 salle                                 48,3%             61,5%            35,1%           45,1%
2 salles                                 5,9%             11,1%             2,6%            1,4%
3 salles                                 1,2%              0,7%             2,6%
Dans la cour, à l'extérieur             42.1%             25,2%            54,8%           53,5%
Dans l'habitation                        1,5%              1,5%             5.1%
Total                                323 réponses      135 réponses     117 réponses    71 réponses


3.4. Les métiers conseillés aux jeunes

Sur la base modeste de notre échantillon, on observe tout de même une convergence intéressante
entre les artisans qui conseillent leur métier aux jeunes et les perceptions des acteurs économiques.
Ainsi, si l'on ne prend en compte que les métiers pour lesquels au moins 6 artisans ont répondu, on
obtient :

Les métiers majoritairement conseillés :
  - menuisier (20/31)
  - maçon (11/19)
  - mécanicien (11/16)
  - charpentier (8/15)
  - soudeur (9/10)
  - cordonnier (5/8)



                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     25


  - électronicien (4/6)
  - ferrailleur / tôlier (4/6)
  - pâtissier (4/6)

A l'inverse, les métiers majoritairement déconseillés sont :
 - la couture (34/57)
 - la broderie (16/22)
 - la poterie (16/21)

Les autres métiers ne sont représentés que par 1-4 artisans dans notre échantillon et il n'est donc
pas pertinent d'en faire la synthèse. Le conseil individuel de chaque artisan sera cependant
mentionné sur le descriptif individuel des artisans formateurs potentiels figurant en annexe.

Les raisons de conseiller un métier sont peu spécifiques : pour la majorité des artisans (53%), il
s'agit "d'un métier intéressant", "il permet de gagner sa vie", "il est utile à la famille".

Les raisons de ne pas conseiller un métier sont plus diversifiées :

- Un métier qui nécessite trop de matériel ou d'argent pour s'installer (22%)
- Un métier difficile, qui nécessite un apprentissage long, de la force, de la minutie, de la
  persévérance… (7%)
- Un métier saturé, le manque de clients (12%)
- Un manque d'intérêt de la part des jeunes (13%)
Les autres réponses relèvent plutôt de circonstances ou dispositions personnelles vis-à-vis de la
formation d'un jeune.




                          Tôlier : un métier généralement conseillé aux jeunes




                      D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                  26


3.5. Les expériences de formateur

La moitié des artisans (48%) évoque une expérience dans la formation des jeunes. Cette proportion
varie significativement entre les différentes villes :




Le nombre de jeunes formés est le plus souvent inférieur à 5. La ville de Tuléar se distingue à
nouveau, par un nombre de formés supérieurs à la moyenne des autres villes. La durée est
généralement de moins de 6 mois (environ 2/3 des artisans). La durée moyenne des formations étant
la plus longue à Antananarivo et la plus courte à Tuléar.
                                           Total          Tuléar
 1-2                                       21,6%          21,7%
 3-5                                       31,5%           37%
 6-10                                      16,7%          23,9%
 plus de 10                                14,2%           13%
 "beaucoup" (ne se souviennent pas)        11,7%           4,3%
 ne sait pas                                4,3%
 Total des réponses                         162             46

La durée des formations est généralement courte, et pour la moitié des artisans comprise entre 2
et 6 mois. La durée moyenne est de 3 mois environ. Ceci est légèrement inférieur à ce qu'envisage le
projet d'apprentissage (environ 6 mois), mais pas incompatible. Les formations habituellement les
plus courtes sont celles des artisans de Tuléar.
                                      Tous       Antananarivo     Antsiranana        Tuléar
1 mois et moins                      17,6%           22,5%            14,3%          16,7%
2-6 mois                             49,6%           27,5%            51,0%          69,0%
7-12 mois                             3,1%            0,0%             6,1%           2,4%
1-2 ans                              13,0%           20,0%            16,3%           2,4%
plus de 2 ans                         6,9%           15,0%             6,1%
occasionnel                           0,8%            0,0%             2,0%
variable                              8,4%           12,5%             4,1%           9,5%
NSP                                   0,8%            2,5%             0,0%           0,0%
Total des réponses                    131              40               49             42



                    D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      27


Le type de formations n'est pas facile à décrire dans le cadre d'un questionnaire, etles réponses se
recoupent. Le tableau suivant nous fournit tout de même des indications :

- les formations sont exceptionnellement payantes, sauf à Antananarivo où elles représentent tout
   de même 8% des réponses.
- Les apprentissages sont rarement structurés autour de règles clairement énoncées (5% des
   réponses)
- La théorie est généralement absente des formations, évoquée seulement par 7% des artisans en
   moyenne
- La formation d'un aide est explicitement mentionnée par le quart des artisans. Il faut
   vraisemblablement y ajouter les 47,5% des artisans qui parlent d'une "formation pratique",
   d'"observation et de conseils".

                                               Tous      Antananarivo Antsiranana         Tuléar
Autre cadre : école, entreprise                2,3%          5,6%        1,9%
Formation payante                              3,9%          8,3%        1,9%              2,5%
Formation d'un aide                           16,4%         16,7%       17,3%             15,0%
Formation rémunérée d'un aide                 10,9%         11,1%        5,8%             17,5%
Apprentissage avec règles                      5,5%          2,8%        9,6%              2,5%
Pratique et théorie                            7,0%         11,1%        7,7%              2,5%
Pratique, sans précisions                     37,5%         27,8%       38,5%             45,0%
Observation, conseils                         10,2%         11,1%        9,6%             10,0%
Cours, voyage d'étude                          3,1%          2,8%        1,9%              5,0%
Divers (église, association…)                  3,1%          2,8%        5,8%               0%
Total des réponses                             128            36          52                40

Les raisons de ne pas former des jeunes relèvent majoritairement du manque de disponibilité.
Relevons à Antsiranana et Tuléar des freins plus spécifiques à la situation d'apprentissage :

- la peur des vols et des problèmes en général (21,6% à Antsiranana),
- le manque d'expérience de l'artisan (22,2% à Tuléar, qui est aussi la ville où le niveau scolaire ou de
   formation initiale des artisans est le plus faible),
- les difficultés matérielles (25,9% à Tuléar, où les conditions de vie sont les plus précaires).

                                                               Antananari Antsiranan
                                                      Tous         vo          a           Tuléar
Je n'y ai pas pensé, on ne m'a pas demandé            20,4%      24,7%       7,8%          11,1%
J'ai peur des vols, des problèmes                     13,2%       9,0%      21,6%          11,1%
Cela pose des problèmes matériels                     13,8%      16,8%      9,8%%          25,9%
Je ne suis pas capable, je manque d'expérience        11,4%       4,5%      17,6%          22,2%
Je suis pas disponible, vieux, malade                 28,7%      30,3%      31,4%          22,2%
Le métier est difficile, il y a trop à apprendre       6,0%       7,9%       3,9%           3,7%
Je manque de clients                                   5,4%       6,7%       5,9%            0%
C'est inutile                                          1,2%        0%        2,0%           3,7%
Total des réponses                                     167         89         52             27




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     28


3.6. Les artisans formateurs potentiels

Selon les villes, 70-80% des artisans sont ouverts à l'idée d'accueillir des jeunes en apprentissage.
Ceci dénote un niveau d'intérêt significatif pour cette démarche qui s'inscrit, même si ce n'est pas
de façon établie, structurée, dans la pratique de la majorité des artisans.

                                               Total       Antananarivo Antsiranana         Tuléar
Artisans identifiés                             351            151          121               78
Intéressés à prendre un apprenti                255            107          85                63
Intéressés à prendre un apprenti               72,5%          70,9%       70,2%             80,8%

L'UNICEF a retenu dans son projet pilote 2 critères supplémentaires pour cibler les artisans
formateurs :

- plus de 5 ans d'expérience
- un niveau d'éducation scolaire minimum de 6ème

Après concertation avec l'équipe Mada-Centre, nous proposons à titre d'hypothèse de départ de
maintenir le critère des 5 ans d'expérience, mais d'ouvrir celui de la formation professionnelle au
second cycle du primaire. Il semble en effet que le type d'activité, l'expérience puissent compenser
une scolarité courte, dans un secteur informel où les formations autodidactes tiennent une place
importante.
Nous avons par ailleurs retranché de notre échantillon les artisans qui exercent à côté d'une activité
salariée, estimant qu'ils n'ont pas la disponibilité nécessaire à assurer véritablement l'encadrement
d'un apprenti.

Il reste au total 175 artisans, soit 50% de l'échantillon de départ. Ils se répartissent comme suit :

                  Ambohimitsinjo, VIème                       21
                  Antsahasoa / Ankaroabato                    22
 Antananarivo     Miadana / Alasora                           26
                  Miadana / Ambohitrimanjaka                  12
                               Total Antananarivo             81
                  Ambalavola                                  24
                  Morafeno                                    21
  Antsiranana
                  Tanambao V                                   8
                                Total Antsiranana             53
                  Antaninarenina                              13
                  Betania Centre                               8
     Tuléar
                  Betania Tanambao                            20
                                     Total Tuléar             41




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                               29


On voit d'emblée que les artisans sont en nombre insuffisant dans 3 quartiers :
Miadana/Ambohitrimanjaka, Tanambao V et Betania Centre. Antaninanerina est à la limite, et il
faudra confirmer avec des contacts approfondis avec les artisans la faisabilité du projet dans ce
quartier.

Les deux tiers (64%) de ces artisans ont déjà formé des jeunes et parmi ceux-ci, les trois quarts
(73%) le considèrent comme une expérience positive. Sans que cela ne soit un critère de sélection a
priori, il sera utile de tenir compte de ces expériences dans la sélection des artisans formateurs.



3.7. L'offre en apprentissages

Les propositions des artisans sont disparates, pas toujours réalistes ou compatibles avec un projet
d'apprentissage. Ainsi, certains annoncent engager 10 ou 20 apprentis, d'autres proposent des
stages très courts (1 semaine) ou demandent une rémunération financières… Les données ci-dessous
ne constituent donc que des indicateurs de tendance :

                                                          Antananarivo          Antsiranana         Tuléar
Nombre de places proposées(*)                          380                     200              210
Nombre de filles                                       132                     46               13
Nombre de garçons                                      132                     127              134
Nombre de places "mixtes"                              116                     27               63
Durée moyenne des apprentissages proposés(**°          3 mois                  6 mois           3 mois
Nombre moyen de jours par semaine                      2,4                     3,9              4,4
proposé(***)
(*) Ces chiffres correspondent aux 90% des artisans qui avancent un chiffre. Par ailleurs 26% des artisans
proposent plus de 5 places d'apprentissage, ce qui n'est pas, a priori, réaliste.
(**) Pour la majorité des artisans, cette durée est "variable". Un quart d'entre eux envisagent spontanément
une durée d'apprentissage de 3 mois ou moins.
(***) De même, 20% des artisans ne savent pas, ou proposent des durées variables.


Ces indicateurs nous montrent que l'offre, même surestimée, est significative.
La donnée la plus intéressante est la comparaison des offres faites aux filles et aux garçons.
Equilibrée à Antananarivo, elle bascule fortement dans les 2 villes de province, et tout
particulièrement à Tuléar, où on propose 10 fois plus de places aux garçons qu'aux filles.
La durée moyenne proposée spontanément est un peu plus courte qu'imaginé dan le projet. Mais ce
n'est pas un facteur bloquant. Les artisans ne souvent pas arrêtés sur une durée fixe. Quant au
nombre de jours par semaine, il est intéressant de voir qu'il passe presque du simple au double entre
Antananarivo et Tuléar. On retrouve ici un indicateur d'un monde artisanal plus souple, ouvert, moins
formalisé.




                      D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                  30


3.8. Les conditions posées aux apprentis

85% des artisans posent de 1 à 3 conditions pour prendre un apprenti :

Un apprenti courageux, motivé, concentré, "prêt à tout"                          22%
Un apprenti respectueux / un respect mutuel entre l'artisan et l'apprenti        35%
Une aide matérielle (équipements, outillage, intrants, financement)              15%
Une participation financière ou matérielle de l'apprenti                          8%
Une rémunération, un "cadeau" de l'apprenti                                       4%
Que l'apprenti continue à travailler après l'apprentissage                        2%
Des débouchés suffisants                                                          1%
Un niveau scolaire suffisant                                                      1%
Divers (formalisation écrite, possibilité de renvoyer l'apprenti,                 3%
SR                                                                                2%
NSP                                                                               7%
Total des réponses (3 réponses possibles)                                        241



La majorité des conditions relève (57%) de l'attitude et du comportement de l'apprenti. Ces
conditions sont les plus fortement exprimées dans les quartiers d'Antananarivo (presque 70%) et le
moins à Tuléar (29%). Souci d'éviter les problèmes de cohabitation avec l'adolescent mais aussi
rappel de la fonction de socialisation importante de l'apprentissage : il n'est pas qu'une formation
mais aussi un mode de relation entre un jeune et un adulte.

Les conditions matérielles représentent 27% des réponses. Elles concernent le plus souvent des
équipements, mais aussi des apports financiers, de l'apprenti directement (4%) ou du projet d'appui.
A relever, parfois (2% des réponses), une demande de rentabilisation indirecte de l'apprentissage, à
savoir que l'apprenti continue ensuite son activité chez l'artisan. Là également, on observe une
nuance entre les villes : 20% Antananarivo, 42% à Tuléar.



3.9. Les demandes d'appui

Si l'on distingue dans le tableau suivant les demandes "modestes" (documentation, matériel,
outillage, mobilier), on observe que près des deux tiers (58,4%) des demandes d'appui sont
compatibles avec l'approche du projet. Les demandes financières ou matérielles lourdes (débouchés,
locaux, machines) concernent tout de même un tiers (33,8%) des artisans, avec lesquels il va falloir
négocier des appuis plus réalistes, plus proportionnés aux démarches et moyens du projet.

                                                    Tous      Antananarivo Antsiranana      Tuléar
aucun                                              0,6%%          0%           1,9%           0%
documentation                                       0,6%          0%           1,9%           0%
intrants                                            6,3%         9,9%           0%           7,3%
matériel                                           38,9%         48,1%       24,5%          39,0%
outillage                                           9,1%         4,9%         11,3%         14,6%



                    D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                            31


mobilier                                             2,9%           2,5%            5,7%              0%
locaux (seul ou avec d'autres appuis)                6,3%           3,7%           13,2%             2,4%
marche (seul ou avec d'autres appuis)                2,9%           1,2%            7,5%              0%
financement (seul ou avec d'autres appuis)          10,3%          12,3%            5,7%            12,2%
machines (seules ou avec d'autres appuis)           14,3%          12,3%           13,2%            19,5%
SR/NSP                                                8%            4,9%           15,1%             4,9%
Total                                                175             81              53               41




3.10. Les attentes en formation

Elles sont très rarement exprimées spontanément : par un seul artisan, parmi d'autres demandes
d'appui.
Sur relance, les attentes de formation sont exprimées par 107, soit 61% des artisans. Elles
concernent massivement le perfectionnement technique. Relevons, à Antsiranana, des demandes
importantes en ouverture à de nouveaux métiers et aux nouvelles technologies et, à Antananarivo,
des demandes importantes en gestion.

                                           Tous       Antananarivo     Antsiranana         Tuléar
vente, débouchés                           7,4%          11,0%                              4,5%
diversification                            9,6%           4,9%             28,1%
gestion                                   11,8%          17,1%              3,1%           4,5%
nouvelles technologies                     5,1%           3,7%              9,4%           4,5%
perfectionnement technique                64,7%          62,2%             59,4%           81,8%
SR                                         1,5%           1,2%                             4,5%
Total des réponses (*)                     136             82               32              22
(*) plusieurs réponses possibles




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                   32




 100,00%
  90,00%
  80,00%
  70,00%                                                SR
                                                        perfectionnement technique
  60,00%
                                                        nouvelles technologies
  50,00%
                                                        gestion
  40,00%
                                                        diversification
  30,00%
                                                        vente, débouchés
  20,00%
  10,00%
   0,00%
           tous   Antananarivo   Antsiranana   Tuléar




Les demandes de formation de formateur sont peu nombreuses, exprimées seulement par 40% des
artisans. De plus, si l'on ne retient des demandes que celles qui concernent la pédagogie, la
transmission du savoir, cette proportion tombe à 16% (les autres demandes concernant la gestion,
les langues étrangères… soit des formation à caractère plutôt technique).




      Les demandes en appuis matériels : souvent indispensables, dans le contexte de précarité
                     des petits ateliers non-formels. Ici, un soudeur à Tuléar




                       D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     33


4 LA DEMANDE : LES ADOLESCENTS DESCOLARISES

Sur un total de 845 adolescents consultés dans les 10 Fokontany concernés par l'enquête, 766 ont
été retenus, âgés de 18 ans et moins. Nombreux ont été les jeunes de plus de 18 ans à vouloir
répondre à l'enquête : le problème du chômage des jeunes, scolarisés ou non, est crucial dans les
quartiers. Les adolescents retenus se répartissent ainsi :

                                        Tous          Antananarivo      Antsiranana         Tuléar
Nb adolescents                          766               86               499               181

La population-cible est donc relativement faible dans les Fokontany tananariviens (rappelons qu'ils
sont de petite taille), mais énorme dans les Fokontany d'Antsiranana et très significative à Tuléar.


4.1. Age et sexe

Sexe : les différences régionales sont intéressantes : les filles déscolarisées sont un peu plus
nombreuses à Antananarivo. Les garçons dominent légèrement à Tuléar et très nettement à
Antsiranana. Cette enquête ne donne pas les clés pour interpréter ces différences.

                                 Tous           Antananarivo         Antsiranana           Tuléar
Filles                           45%               51,7%               41,5%               51,9%
Garçons                          55%               48,8%               58,5%               48,1%
Total des réponses               766                86                  499                 181

Age : la proportion nettement plus importante des 16-18 ans indique qu'il s'agira de la cible privégiée
du projet. La moyenne d'âge des déscolarisés est nettement plus jeune à Tuléar que dans les 2
autres villes.

                                 Tous           Antananarivo         Antsiranana           Tuléar
13-15 ans                        30%               27,9%               27,8%                37%
16-18 ans                        70%               72,1%               72,2%                63%
Total des réponses               766                86                  499                 181



4.2. Le passé scolaire

La proportion des adolescents non-scolarisés est étonnamment faible à Antsiranana et Tuléar. Nous
n'avons pas de données fiables sur la déscolarisation dans l'ensemble de la population, qui nous
permettrait de mettre ces chiffres en perspective. Rappelons donc simplement que l'enquête,
exception faite d'Antananarivo, n'est pas exhaustive. Par ailleurs, le nombre plus élevé de
déscolarisés à Antananarivo rappelle que dans cette ville, la non- ou dé-scolarisation est le plus
fortement lié à l'extrême pauvreté, la marginalisation, qui exclut totalement les enfants de l'école.




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                               34



                                              Tous        Antananarivo           Antsiranana          Tuléar
non-scolarisé                                2,3%            11,6%                  0,2%               3,9%
12ème – 10ème                                 14%            11,6%                 15,2%              15,5%
9ème – 7ème                                  42,7%           58,1%                 38,1%              48,1%
6ème – 5ème                                  40,1%           18,6%                 46,5%              32,6%
Total des réponses                            766              84                   499                181


  100,0%

   90,0%
   80,0%

   70,0%

   60,0%                                                     6è-5è
                                                             9è-7è
   50,0%
                                                             12è-10è
   40,0%                                                     non-scolarisé
   30,0%

   20,0%

   10,0%
    0,0%
           Antsiranana        Antananarivo       Tuléar




Les causes d'abandon scolaire sont pour la majorité la pauvreté des familles. Mais la situation de
Tuléar est intéressante : le "manque de courage" à étudier (« tsy mazoto »), dans une ville où le
système scolaire est fortement dégradé, vient en tête des causes d'abandon.

                                                                                  Antananar Antsira-
                                                                       Tous       ivo       nana     Tuléar
Problèmes financiers                                                     32,5%      50,6%     32,7%    24,3%
Manque de courage pour étudier (tsy mazoto)                              20,6%       10,1%    16,8%    36,8%
Difficultés familiales : décès ou séparation des parents,
garder un cadet, garder les bœufs, migrations temporaires,
affectation des parents, …                                               9,6%        3,8%       9,3%      13,0%
Raisons diverses ("personnelles")                                        7,5%       10,1%      10,3%       1,6%
Enceinte, naissance d'un enfant, mariage                                 6,9%        8.9%       7,5%       4,3%
Echec scolaire et/ou limite d'âge                                        9,8%       12,7%       9,8%       8,6%
Envie ou besoin de travailler                                            3,3%                   4,4%       1,6%
Problèmes de santé                                                       2,9%                   3,7%       1,6%
Querelles avec les enseignants                                           2,8%                   3,1%       2,7%
Ecole éloignée                                                           1,8%       10,1%       1,2%
Nécessité de partir en brousse (cultiver, garder les bœufs)              1,3%                   0,7%      4,3%
Manque d'acte de naissance                                               0,5%        2,5%                 1,1%
SR                                                                       0,5%                  0,5%       0,5%
Total des répones (2 réponses possibles)                                 872          99       574        199




                         D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     35



La durée de l'abandon scolaire est souvent déjà longue : plus des deux tiers (69%) des adolescents
ont quitté l'école depuis plus de 2 ans. Ces résultats ne diffèrent pas de façon très significative
entre les différentes villes.

                                           Tous       Antananarivo     Antsiranana      Tuléar
1 an et moins                             29,7%          21,4%           32,4%          27,3%
2 ans - 4 ans                             53,0%          61,9%           54,3%          46,9%
5 ans - 10 ans                            13,3%          11,9%            11,0%         23,1%
10 ans et plus                             2,4%          4,8%             1,2%           5,6%
NSP/SR                                     1,6%                           1,2%           4,2%
Total                                      747              84             510           153



4.3. La vie familiale

Les trois quarts des adolescents habitent avec leurs parents. Mais les disparités régionales sont
intéressantes à observer. A Tuléar, 95% des adolescents disent habiter chez leurs parents mais
aucun dans la parenté : cela renvoie vraisemblablement à une définition un peu différente des
"parents" à Tuléar. Quant à Antsiranana, plus de 10% des adolescents sont déjà en ménage, alors
qu'il n'y en a aucun dans notre échantillon à Antananarivo.

Habite avec…                               Tous       Antananarivo     Antsiranana      Tuléar
Ses parents                               75,6%          72,3%           70,1%          95,0%
Son conjoint                               8,4%                           11,5%          3,1%
Seul(e), locataire                         5,8%                           8,2%           1,3%
Dans la parenté                            7,5%           11,7%           9,0%
Chez un tuteur                             1,0%           8,5%
Chez son patron                            0,1%            1,1%
Dans une famille amie                      0,7%                            1,0%
Dans un orphelinat                         0,8%            6,4%
SR                                         0,3%                           0,2%           0,6%
Total des réponses                         766              86            499            181

De même, parmi les adolescents tananariviens, 1 seul à déjà 1 enfant. Ils sont par contre 95 à
Antsiranana (19%) et 31 à Tuléar (17%). Cette problématique particulière des jeunes mères sera
donc à approfondir et traiter de façon adaptée dans les villes de province.


4.4. La vie après l'école

Si l'on considère les adolescents qui ont eu une activité hors de la maison, on observe que plus de la
moitié d'entre eux (56%) ont eu une activité qui, potentiellement, peut préparer des compétences
professionnelles. Parmi ceux-ci, près de 1 sur 5 (17%) a déjà travaillé chez un artisan. 115
adolescents ont eu au moins 2 activités après l'école.




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                                                                                                                                                                                                                      36



                                                                                                                                                                                                                 Antananari Antsira-
                                                                                                                                                                          Tous                                                                                                               Tuléar
                                                                                                                                                                                                                     vo       nana
Aide à la famille, au ménage                                                                                                                                     27,5%                                             40,0%     25,4%                                                           26,4%
Aide auprès d'un artisan                                                                                                                                         17,0%                                             13,0%     18,8%                                                           13,7%
Commerce, petite vente, épicerie                                                                                                                                 12,6%                                              3,4%     12,4%                                                           19,2%
Agriculture, élevage, pêche                                                                                                                                       9,1%                                             10,4%      6,3%                                                           17,6%
Loisirs, "traîner"                                                                                                                                                6,5%                                              8,7%      5,4%                                                            8,8%
Petits travaux journaliers                                                                                                                                        4,7%                                                        6,8%                                                            1,1%
Femme au foyer (son propre foyer)                                                                                                                                 4,3%                                                        5,8%                                                            2,2%
Travaux physiques (docker, portage d'eau…)                                                                                                                        3,3%                                              1,7%      4,1%                                                            1,6%
Couture, broderie, crochet                                                                                                                                        3,2%                                              8,7%      2,4%                                                            2,2%
Domestique, femme de chambre, gardien                                                                                                                             2,9%                                              9,6%      2,4%                                                            0,5%
Emploi auprès d'une entreprise formelle                                                                                                                           1,4%                                                        1,9%                                                            0,5%
Suivi des cours                                                                                                                                                   0,1%                                                                                                                        0,5%
Divers (conduite, prostitution, recherche saphirs, …)                                                                                                             2,5%                                                    0,9%                                              2,5%              3,3%
Sans réponse                                                                                                                                                      4,8%                                                    3,5%                                              5,9%              2,2%
Total (2 réponses possibles)                                                                                                                                      881                                                     104                                               571               206

Les différences entre les sexes sont déjà bien marquées : les garçons ont des activités plus
productives et plus diversifiées. Les filles se cantonnent presque à 90% dans des travaux
traditionnels et/ou non productifs : ménage, enfants, petit commerce, couture/tricot.



  45,0%
  40,0%
  35,0%
  30,0%
  25,0%                                                                                                                                                                                                                                                                                    Filles
  20,0%                                                                                                                                                                                                                                                                                    Garçons
  15,0%
  10,0%
   5,0%
   0,0%
                                                                      Agriculture, élevage, pêche




                                                                                                                                                                                                                                         Emploi en entreprise formelle
                                                                                                                                                                                    Couture, broderie, crochet
                                Aide auprès d'un artisan
              Aide la famille




                                                                                                                                                                                                                   Domestique, gardien
                                                                                                                                               Femme au foyer
                                                                                                    Loisirs, "traîner"


                                                                                                                         Travaux journaliers




                                                                                                                                                                                                                                                                         Suivi des cours
                                                                                                                                                                Travaux physiques
                                                           Commerce




                                    D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      37


Les connaissances acquises après l'école ont été investiguées sommairement à partir de la question
"qu'as-tu appris après l'école ?". La moitié (382) des adolescents ne parvient pas y répondre et
n'éprouvent pas le sentiment d'avoir acquis des connaissances. Pour les autres, les connaissances
acquises se répartissent ainsi :

J'ai appris quelque chose …
En élevage/agriculture                                                  4% (du total des adolescents)
Dans le domaine de l'artisanat                                          25%
Dans le domaine des activités féminines (broderie, couture, …)          5%
Dans le domaine commercial                                              11%
Dans le domaine culinaire                                               5%
Divers, autres                                                          1%


4.5. Quel métier choisir ?

Les adolescents ont été questionnés sur les métiers qu'ils souhaiteraient exercer. Ils pouvaient en
citer 3, par ordre de préférence. Le tableau ci-dessous récapitule le métier cité en numéro 1.

       Le hit-parade des garçons                                Le hit-parade des filles
mécanicien(enne)               30,0%                       couturier(ère)              64,0%
mécanique auto                 10,1%                       brodeuse                      6,3%
menuisier(ère)                 10,1%                       cuisinier(ère)                6,3%
charpentier                     8,8%                       coiffeur(euse)                5,9%
soudeur                         8,0%                       pâtissier(ère)                5,0%
maçon                           6,4%                       commerçant(e)                 4,0%
électricien(ne)                 4,0%                       enseignant(e)                 1,0%
chauffeur                       2,7%                       artisan                       0,7%
électronicien(enne)             2,7%                       haute couture                 0,7%
couturier(ère)                  2,4%                       mécanique auto                0,7%
carrossier                      1,9%                       tricoteuse                    0,7%
commerçant(e)                   1,6%                       agriculteur(rice)             0,3%
sculpteur                       1,1%                       aviculteur(rice)              0,3%
tôlier                          1,1%                       bijoutier(ère)                0,3%
aviculteur(ice)                 0,8%                       boucher(ère)                  0,3%
cordonnier(ère)                 0,8%                       chanteuse                     0,3%
agriculteur(ice)                0,5%                       charcutier(ère)               0,3%
bijoutier(ère)                  0,5%                       couturière                    0,3%
fabricant brique                0,5%                       électricien auto              0,3%
fabricant objet en bambou       0,5%                       électronicien(enne)           0,3%
navigateur                      0,5%                       employé(e) d'hôtel            0,3%
photographe                     0,5%                       hôtelier(ère)                 0,3%
architecte                      0,3%                       lavandière                    0,3%
boulanger(ère)                  0,3%                       secrétaire                    0,3%
bouliste                        0,3%                       serveur(euse)                 0,3%
chauffeur - mécanicien          0,3%                       vannier(ère)                  0,3%


                    D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     38


coiffeur(euse)                  0,3%
cuisinier(ère)                  0,3%
électricien auto                0,3%
ferblantier(ère)                0,3%
machiniste                      0,3%
manœuvre                        0,3%
manœuvre (camion )              0,3%
mécanique camions               0,3%
médecin                         0,3%
militaire                       0,3%
ouvrage métallique              0,3%
pâtissier(ère)                  0,3%
plombier                        0,3%

Constats :

- La demande est beaucoup plus stéréotypée et moins diversifiée que l'offre existante en
  matière d'artisanat. 377 garçons évoquent 40 métiers (réduits à 34 si l'ont exclut ceux qui ne
  sont pas artisanaux et que l'on regroupe ceux qui se ressemblent (mécanique / mécanique auto par
  exemple); 303 filles évoquent 25 métiers. De plus, les demandes sont concentrées à 40% sur la
  mécanique pour les garçons et à 70% sur la couture pour les filles (!). Le phénomène est plus
  accentué à Antsiranana et Tuléar qu'à Antananarivo, où le milieu est plus ouvert.

- La couture et la broderie sont davantage des activités de promotion féminine que des formations
  professionnalisantes : il y a ici un aspect qui sera à creuser en phase de mise en place du projet.
  Les filles sont-elles prêtes à se lancer dans une véritable formation professionnelle ? A s'ouvrir à
  d'autres activités ? Ce sera une condition de réussite du projet qui ne peut pas, si l'on veut que les
  formations aboutissent à des activités réellement rémunératrices.

- La demande des garçons est mieux équilibrée avec l'offre existante et, surtout plus en phase avec
  les filières porteuses des métiers du bâtiment. Mais ici également, il s'agira d'ouvrir les garçons à
  d'autres activités, auxquelles ils ne peuvent pas spontanément, en rapport avec l'offre existante.




                             La mécanique : le rêve numéro 1 des garçons




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     39


   Ceci met en lumière l'un des enjeux importants du projet : travailler à la diversification de
    la demande, tout particulièrement des filles.

    Les tableaux de synthèse des offres et demandes en apprentissage dans chaque Fokontany
    montrent en effet que l'on est loin d'avoir une correspondance. Par contre, les possibilités
    d'apprentissage proposées sont plus diversifiées que les demandes et offrent des possibilités
    d'ouverture aux adolescents intéressantes.



4.6. Les adolescents et l'apprentissage

L'intérêt pour une proposition d'apprentissage est massif : 90% pour les filles et 91% pour les
garçons, soit, au total, 692 adolescents intéressés.

Lorsque les adolescents ne s'intéressent pas à un apprentissage, c'est le plus souvent parce qu'ils
travaillent déjà (22/59) : ils n'imaginent pas pouvoir se rendre disponibles pour consacrer du temps
à leur formation.

Si l'on ajoute à l'intérêt manifesté pour un apprentissage la nécessité d'avoir un minimum
d'expérience scolaire, on obtient un total de 680 apprentis potentiels :

                                                         Filles           Garçons            Total
Antananarivo     Ambohimitsinjo                            16                17               33
                 Antsahasoa / Ankaroabato                   9                 6                15
                 Miadana/Alasora                            9                 7                16
                 Miadana/Ambohitrimanjaka                   4                 5                 9
Antsiranana      Ambalavola                               66                72                138
                 Morafeno                                 57                75                132
                 Tanambao V                               59                114               173
Tuléar           Antaninarenina                            14               30                44
                 Betania Centre                           36                26                62
                 Betania Tanambao                         32                26                57
Total                                                     303               377               679

La demande est très restreinte dans 3 des 4 Fokontany sélectionnés à Antananarivo. Elle est
vraisemblablement plus importante que mentionné dans cette enquête à Ankaroabato (cf remarque
page 7). Par contre, si l'on maintient l'intérêt pour le projet à Miadana/Alasora et Miadana /
Ambohitrimanjaka, il sera nécessaire d'y associer des Fokontany voisins. Le problème est inverse à
Antsiranana, avec un nombre important d'adolescents, qu'il pourra être difficile de gérer.




                    D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                   40



Les conditions posées a priori pour faire un apprentissage sont acceptées facilement à ce stade…
elle restera naturellement à confirmer dans les faits :

                                                                         oui
Condition 1 : pas de salaire                                            97%
Condition 2 : respect des horaires quotidiens                           98%
Condition 3 : respect de la durée totale de la formation                98%

Les attentes de formation complémentaire à l'apprentissage ("tronc commun") sont importantes :
en moyenne, 1/5 adolescent (84,5%) estime en avoir besoin. Ces demandes sont les plus fortes à
Antsiranana (88%) et les plus faibles à Antananarivo (73%). Ces demandes ont souvent de la
difficulté à se préciser spontanément. Sur relance, les propositions suivantes sont jugées
intéressantes par ceux qui expriment le besoin de formation complémentaire :

                                             Oui
Hygiène/santé                                81%
Gestion                                      80%
Lecture / écriture                           74%
Calcul                                       76%
Droit                                        75%

La demande spécifique de chaque Fokontany est précisée en annexe IV

Les autres demandes sont exprimées par 91 adolescents, soit 13% des apprentis potentiels. Elles
concernent en priorité les langues (français, anglais et pour quelques uns l'espagnol), puis
l'informatique.

français                                                           34
informatique                                                       23
langues étrangères                                                 18
établissement devis                                                 3
auto-école                                                          2
comptabilité                                                        2
marketing                                                           2
élevage                                                             1
exportation                                                         1
gestion                                                             1
savoir-vivre                                                        1
secrétariat                                                         1
éducation familiale                                                 2
Total                                                              91




                      D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
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4.7. La position des parents

23 parents (3,4%) n'autorisent pas leur enfant à suivre un apprentissage. 21 sont à Antsiranana et 2
à Antananarivo.Parmi ceux qui, 9 estiment ne pas pouvoir se passer du travail de leur enfant : "qui va
attraper les crevettes pendant qu'on pêche" (Antsiranana) "L'enfant vent des brèdes, il gagne de
l'argent, il peut déjà nous aider" (Antananarivo).
Les autres ont des raisons diverses : certains relèvent d'une autorité parentale exacerbée…
"Personne ne donne des ordres à mon enfant à part nous", d'autres de situations particulières,
comme un handicap de l'enfant, un départ prochain.

A noter : 80 parents (75 à Antsiranana, 1 à Antananarivo, 4 à Tuléar) n'ont pas répondu à cette
question. Il s'agit, à une dizaine d'exceptions près, d'adolescents âgés de plus de 16 ans, qui
n'habitent plus chez leurs parents.

Bien que l'apprentissage soit conditionné à une autorisation parentale, nous conservons ces enfants
dans notre échantillon : une discussion avec les parents pourraient faire évoluer leur position.

Les conditions proposées à l'apprentissage sont acceptées à la quasi unanimité (97-98%).

Le détail de ces points : autorisation, acceptation des conditions figure sur la liste nominative des
apprentis en annexe. Elle permettra d'orienter la sélection des apprentis et d'anticiper si nécessaire
sur les discussions à mener avec ces parents.

Une quatrième condition a été introduite en guise de test auprès de certains parents : "accepteriez-
vous de financer l'achat de certains matériels pour l'apprentissage de votre enfant". Cette condition
est refusée par 1/5 parent en moyenne et indique une limite au projet : d'accord pour autoriser son
enfant, mais sans investir soi-même dans ce projet.

Les métiers souhaités par les parents

Un peu plus de 10% des parents d'apprentis potentiels refusent de se prononcer sur cette question,
estimant que le choix doit être fait par l'enfant. Les autres privilégient les mêmes métiers que leurs
enfants et l'on retrouve à peu de chose près un "hit-parade" de métiers à peu près identique entre
parents et adolescents. Ceci n'est pas surprenant, dans la mesure où le choix d'un métier est encore
très fortement imprégné des images féminines et masculines traditionnelles. Ainsi, la seule
différence significative remarquée concerne la mécanique : choisie par 16% des adolescents et 24%
des parents.
Il ne semble donc pas, a priori, qu'il existe de dissensions importantes entre parents et adolescents
au niveau du choix de la formation.




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5. LE POINT DE VUE DES AUTORITES LOCALES : LES FOKONTANY

Certains entretiens (les 3 Fokontany d'Antsiranana) ont dû être recommencés après la crise
politique, en septembre, les équipes Fokontany ayant changé.

Tous les présidents de Fokontany s'accordent sur le fait que les adolescents déscolarisés posent des
problèmes dans leur Fokontany et font rimer chômage avec délinquance. "On n'arrive pas à les
maîtriser. Ils sont libres. Ils répondent, ils sont mal polis. Même les gendarmes du poste avancé en
ont peur". (Ambohitrimanjaka)

- Insécurité : vols, "vols-rapines", viols
- Manque de confiance des adultes du quartiers envers les jeunes, instauration d'un état de tension
- Favorise l'alcoolisme, la drogue, les trafics en tous genres
- Favorise la prostitution

3 présidents relèvent par ailleurs le risque – régulièrement confirmé - de manipulations politiques :
milices, récupération de leur vote : "C'est facile de les payer et ils font n'importe quoi. En période
d'élections, n'importe qui peut acheter leur vote. Les anciens politiciens faisaient toujours ça. Ils
leur donnent à boire, ils leur donnent un peu d'argent et ils font ce qu'on leur dit". (Alasora)

Les déscolarisés représentent souvent à terme un alourdissement de la charge des parents :
chômeurs longue durée dans la famille, amendes, arrestations en cas de délinquance.

Les mesures prises par les différents Fokontany ainsi que les engagements qu'ils pourraient prendre
dans le cadre d'un projet d'apprentissage sont récapitulés dans le tableau ci-dessous :




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     43



        Fokontany                Dispositifs existants                  Engagements possibles
    Ambohimitsinjo/      - Formation en tricotage industriel     - Un local à disposition pour le
    Antananarivo VI      par un particulier                      tronc commun dans les bureaux du
                         - Engagement d'apprentis                Fokontany
                         sculpteurs par une entreprise           - Du petit matériel (brouettes,
                         familiale du Fokontany                  pelles…)
                         - Projet d'organiser une                - Un terrain pour des exercices
                         association de jeunes pour assurer      pratiques ou pour une construction
                         les travaux de voirie                   - La gestion et le suivi du projet :
                                                                 comité constitué et expérimenté
                                                                 - La possibilité de trouver des
                                                                 enseignants bénévoles

    Antsahasoa/          * Des difficultés                       - Mise à disposition du comité du
A
    Ankaroabato          organisationnelles, liées à une         Fokontany pour l'organisation
N
                         double tutelle du Fokontany
T
                         - Projet : organiser les jeunes en
A
                         association pour assurer la voirie du
N
                         Fokontany
A
    Miadana/             - Coopérative de potiers pour           - Possibilité de négocier un local
N
    Alasora              améliorer la filière (projet            avec la Mairie pour le tronc commun
A
                         inabouti)                               - Possibilité de négocier un budget
R
                         - Existence de clubs sportifs (foot,    avec la commune pour le
I
                         arts martiaux)                          fonctionnement du projet (env.
V
                         - Projet de formation en élevage        100'000 fmg/mois)
O
                         et agriculture en collaboration avec    - La gestion et le suivi du projet via
                         la Mairie                               le comité

    Miadana/             - Organisation de manifestations        - Possibilité de négocier un local
    Ambohitrimanjaka     sportives de quartier (arts             avec l'EPP pour le tronc commun
                         martiaux)                               - Possibilité de négocier un petit
                                                                 budget de fonctionnement avec la
                                                                 Mairie
                                                                 - Petit matériel de bureau
                                                                 - La gestion et le suivi du projet via
                                                                 le comité
                                                                 - Possibilité de trouver des
                                                                 enseignants bénévoles




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       Fokontany               Dispositifs existants                   Engagements possibles
    Ambalavola          Aucun, sans aide extérieure             - Faire connaître le projet
                                                                - Suivi du projet
                                                                - Responsabilités matérielles, mais
                                                                pas financières

    Morafeno                                                    - Un local ou un terrain à bâtir
                                                                - Suivi des apprentis et surveillance
                        Pas de projet :                         du règlement :
                        - action limitée à la sensibilisation   - réunions d'échange avec les
                        pour une association de jeunes          formateurs
                        - nouveaux responsables de Fkt          - sanctions pour les jeunes
                        - pas de budget                         récalcitrants (petits travaux)
A
                                                                Attentes :
N
                                                                - baisse du chômage dans le
T
                                                                quartier
S
                                                                - Augmentation de la main d'œuvre
I
                                                                gratuite disponible dans le quartier
R
                                                                pour TUP
A
N
    Tanambao V          - Sport collectif : hand ball (jeunes   - Sensibilisation des jeunes et des
A
                        formés en phase internationale)         parents
N
                        football (phase nationale)              - Actions pour présenter le projet
A
                        - Projet : formation de petites         auprès de bailleurs
                        cellules de jeunes dans les             - Suivi des jeunes et des
                        domaines de la menuiserie, la           formateurs; Sanctions auprès des
                        mécanique, la tôlerie, le petit         récalcitrants (petits travaux)
                        élevage et l'agriculture                - Faciliter l'acquisition d'un local /
                                                                un terrain
                                                                - Pas d'aides matérielles ou
                                                                financières (pas de budget)
                                                                Attentes :
                                                                - donner un nouveau visage au Fkt,
                                                                avec des jeunes ambitieux et
                                                                volontaires




                 D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                     45



        Fokontany              Dispositifs existants                   Engagements possibles
    Antaninarenina      - Cours d'instruction civique           - Réunion des parents des
                        - Cours de conduite pour les tireurs    déscolarisés, gestion des
                        de pousse-pousse                        inscriptions, sélection des jeunes
                        - Organisation d'une cotisation des     - Inscription des artisans
                        familles pour la participation aux      formateurs
                        équipements du FKT (marmites,           - Participation à la définition du
                        seaux, ustensiles divers…)              rôle de chacun dans le projet
                        - poste de police dans le quartier      - Suivi du projet conjointement
                                                                avec EdM

    Betania Centre      - Club de football bien structuré       - Organisation d'une AG pour
T                       - Chorale de l'église luthérienne       présenter le projet et les artisans
U                                                               volontaires
L                                                               - Contrôle et suivi du projet, avec
E                                                               implication des chefs de secteur
A                                                               Attentes :
R                                                               - création d'un atelier pour
                                                                augmenter les emplois dans le
                                                                quartier

    Betania Tanambao    - Loisirs sportifs pour les garçons     - Organisation du Fokontany pour le
                        (tournois de foot)                      contrôle du respect des conditions
                        - Association des jeunes du             par les adolescents
                        quartier (en partenariat avec le        - Organiser une cotisation du
                        PAIQ) :                                 fokonolona
                        - "Petits boulots" : docker au          - Local pour le tronc commun (mais
                        bazar,…                                 pas de tables-bancs ni de
                                                                consommables)




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                                                                                                    46




6. CONCLUSIONS ET CADRAGE POUR UN PROJET D'APPRENTISSAGE


6.1. Principaux constats et conclusions de l'enquête

    L'importance et les potentialités du secteur informel en matière de développement économique
    sont maintenant reconnues. Mais ses principales faiblesses sont des capacité d'innovation
    technique, de gestion et d'organisation insuffisantes. La formation est l'un des leviers
    stratégiques pour améliorer ses performances dans ces domaines et contribuer à son dynamisme.

    L'apprentissage représente la principale forme d'acquisition de connaissances et compétences
    dans le secteur informel. Il est souvent le seul type de formation accessible aux jeunes
    déscolarisés. Il est peu coûteux, adapté et mérite d'être soutenu. Son efficacité doit être
    renforcée par le biais d'appuis et de formations auprès des ateliers.

    L'appui aux apprentissage doit être conçu avant tout en fonction du marché du travail et doit
    inclure une aide à l'insertion professionnelle : conseil, orientation, accès au micro-crédit…

    Le contexte de l'économie informelle présente des similitudes et des différences entre les 3
    villes de l'enquête :

                 Des similitudes…                                   Des différences…
- Explosion et saturation des activités            - Antananarivo : contexte de développement du
  commerciales                                      tissu industriel (zone franches)
- Saturation de la couture et de la broderie       - Antsiranana et Tuléar : stagnation/régression
- Développement de tous les métiers liés au         de l'économie et développement d'une "économie
  bâtiment                                          de survie"
- Développement du petit élevage                      - Tuléar : situation plus stable, mais plus
                                                        fermée. Moins de potentialités.
- Problèmes prioritaires :                            - Antsiranana : instabilité, fort exode rural :
  - Renforcer la qualité des produits et services       course à l'argent facile, activités
  - Renforcer la créativité, innover, diversifier       spéculatives. Mais davanrate de
                                                        potentialités
                                                  - Antananarivo : tissu artisanal plus dense et
                                                    mieux équipé
                                                  - Tuléar : tissu artisanal moins dense, moins
                                                    équipé, niveau de formation inférieur
                                                  - Antsiranana : tissu artisanal inégal mais bon
                                                    niveau scolaire de base des artisans.



    La majorité des artisans consultés (72,5%) sont intéressés à accueillir et former des jeunes
    déscolarisés. La moitié d'entre eux ont déjà une expérience de formation des jeunes, mais selon
    des modalités très diverses.




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    L'offre en apprentissage est proportionnellement nettement plus importante à Antananarivo (où
    les déscolarisés sont les mois nombreux) qu'à Antsiranana et Tuléar. Les contrastes sont aussi
    importants d'un Fokontany à l'autre. Si l'on rapport le nombre d'artisans formateur potentiels
    aux apprentis potentiels, on obtient :

                           Fokontany                  Artisans           Apprentis      Nb d'apprentis
                                                    formateurs           potentiels     moyen / artisan
                                                     potentiels
                 Ambohimitsinjo VIème                    21                 33                 1,6
                 Antsahasoa / Ankaroabato               22                   15               0,7
Antananarivo
                 Alasora                                26                   16               0,6
                 Ambohitrimanjaka                        12                   9                1,3
                 Ambalavola                             24                  138               5,8
Antsiranana      Morafeno                                21                 132               6,3
                 Tanambao V                               8                 173               21,6
                 Antaninarenina                          13                 44                3,4
Tuléar           Betania Centre                           8                 62                7,8
                 Betania Tanambao                       20                  58                2,9

   3 Fokontany ne se prêtent pas à un projet d'apprentissages de proximité : Ambohitrimanjaka
    à Antananarivo, Tanambao V à Antsiranana et Betania Centre à Tuléar (à moins que les artisans
    n'y aient pas été recensés exhaustivement et/ou que l'on décide d'élargir les critères de
    sélection). Pour le cas d'Ambohitrimanjaka, cela provient d'une taille insuffisante du Fokontany
    (400 habitants). Il serait opportun de regrouper le Fokontany de Miadana avec les Fokontany
    voisins (à l'étude dans le cadre des extensions du programme Mada-Centre). Le problème est
    plus difficile à régler à à Tanambao V et Betania Centre : il s'agit de (très) grands Fokontany,
    très peuplés, mais leur tissu artisanal est insuffisant. Cela est d'autant plus épineux que la
    demande de formation y est très importante, notamment à Tanambao V.

    Les 7 autres Fokontany présentent des conditions a priori favorables - à confirmer à
    Antaninarenina / Tuléar après contacts approfondis avec les artisans du quartier et
    justifient le démarrage d'un projet-pilote.

    Les critères retenus par l'étude pour sélectionner les artisans formateurs potentiels sont : plus
    de 5 années d'expérience et un niveau scolaire correspondant à la 9 ème année. La sélection finale
    des artisans formateurs pourrait prendre également en compte les critères suivants :

    - facilité d'insertion professionnelle après la formation (filière porteuse et/ou possiblités
     d'emploi et/ou pas d'investissement trop lourd au démarrage)
    - expérience antérieure de formation, si possible positive
    - formation initiale la plus solide possible
    - intérêt pour une formation complémentaire (perfectionnement technique, transfert de
     compétences…)

   Les filières porteuses ont été identifiées à partir d'une enquête sommaire, qu'il s'agira de
    compléter et actualiser tout au long du projet :


                      D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      48



                                         maçon
                                         menuisier
                                         charpentier
Métiers du bâtiment                      soudeur
                                         plombier
                                         électricien
                                         …
                                         cuisinier
                                         pâtissier
Métiers de l'hôtellerie/restauration     boulanger
                                         serveur
                                         …
                                         frigos (Antsiranana)
                                         cordonnerie
Réparateurs
                                         électronique (radio, TV, …)
                                         …
                                         poules pondeuses
                                         poulets de chair
Elevage / agriculture                    gavage de canards /oies (Antananarivo)
                                         maraîchage
                                         …
                                         fabricant de filets
Métiers de la pêche (Antsiranana)        fabricant de pirogues
                                         …
                                         automobile
Mécanique                                machines (entretien et réparation des
                                         outillages)

   A Antananarivo, les artisans proposent autant de places d'apprentissage aux filles qu'aux
    garçons. Dans les deux villes de province, le décalage est considérable. A Tuléar, les artisans
    offrent 10 fois plus de places aux garçons qu'aux filles. Les stéréotypes masculins et
    féminins sont profondément ancrés et le projet devra travailler sur cette dimension, en
    amenant des artisans à ouvrir leur métier aux filles.

   60% environ des artisans demandent spontanément des appuis compatibles avec les moyens et
    démarches des programmes (matériel, intrants, outillage, mobilier, documentation). Le tiers
    restant est plus exigeant, attend du projet des débouchés, des locaux, des machines ou
    outillages lourds, voire des financements directs (10%). Il s'agira donc de bien détecter les
    motivations des formateurs potentiels, négocier clairement des conditions acceptables avec eux
    et de renoncer à collaborer avec ceux qui sont trop "gourmands".

   Les demandes en formation ne sont pas exprimées spontanément. Sur relance, 61% des artisans
    sont demandeurs, en majorité de perfectionnement technique. Il s'agira de renforcer cette
    demande et de savoir y répondre avec efficacité. Le renforcement des compétences des artisans
    (techniques et transversales) est l'une des clés du renforcement à long terme de la qualité des



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    apprentissages. Quant aux formations pédagogiques pour assurer le transfert des compétences
    auprès des apprentis, la demande est très faible (12%).

   Les adolescents déscolarisés sont très nombreux dans les Fokontany d'Antsiranana, très peu
    nombreux dans ceux d'Antananarivo. Ils s'intéressent à leur grande majorité (90%) à une
    proposition de formation auprès d'un artisan.

   La demande en métiers est stéréotypée, moins diversifiée que l'offre des artisans. En
    caricaturant à peine : couture pour les filles (64%°), mécanique (40%) ou construction (30%)
    pour les garçons. Pour les garçons, cela ne pose pas vraiment de problème : les métiers de la
    construction sont assez diversifiés (maçon, charpentier, menuisier, soudeur, électricien,
    plombier, etc…) et la filière bâtiment est porteuse. Les filles, par contre, sont largement
    déconnectées du marché du travail : elles sont dans leur majorité dans une logique de
    socialisation et d'initiation à leur rôle de maîtresse de maison, et non dans une logique de
    formation professionnelle.

   Le projet cible :

    - plutôt les 16-18 ans, qui représentent environ 70% des adolescents concernés
    - les filles et les garçons en proportions à peu près égales : le projet devra rééquilibrer l'offre
       des artisans (Antsiranana, Tuléar), pour éviter de basculer vers un projet "de garçons"
    - ceux qui ont un minimum d'expérience scolaire (niveau 11ème), pour faciliter l'apprentissage.

   L'identification des apprentis devrait tenir compte également :

       - des activités après l'école : privilégier ceux qui ont été actifs, ont déjà acquis des
         connaissances en dehors de leur foyer,
       - des filles qui ont (ou sont susceptibles d'avoir) un "projet professionnel" : motivation pour
         une activité productive, qui sort du champ des activités féminines traditionnelles (se baser
         sur le descriptif des adolescents et de leur demande en formation, en annexe IV),
       - de la compatibilité du niveau scolaire atteint avec le métier souhaité (le métier de
         menuisier par exemple implique un niveau scolaire de 7 ème pour être capable d'effectuer les
         mesures et calculs nécessaires).

   Les conditions proposées sont acceptées à la quasi unanimité : pas de salaire, respect des
    horaires, de la durée totale de la formation. Reste à veiller à leur respect dans la réalité.

   Les attentes vis-à-vis de formations complémentaires sont importantes et justifient
    entièrement la mise en place d'un "tronc commun".

   Les parents autorisent pratiquement tous leurs enfants à faire un apprentissage. 23 d'entre eux
    (3,4%) font exception, souvent parce qu'ils ne peuvent pas se passer de la contribution des
    enfants à la vie du ménage. Ces jeunes sont maintenus dans la liste des apprentis potentiels : des
    contacts directs pourraient faire évoluer l'attitude des parents.




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        Les parents n'ont pas de divergences importantes avec les jeunes quant au choix d'un métier. Ils
        sont dans les mêmes représentations traditionnelles des rôles et métiers. Leur ouverture à une
        formation pour leur fille qui ne soit pas typiquement féminine reste encore à vérifier sur le
        terrain.

       Les initiatives en faveur des déscolarisés dans les Fokontany sont rares. Elles consistent en
        animations sportives et, parfois, organisation de travaux collectifs (voirie). Tous sont sensibles
        aux problèmes posés par les déscolarisés et accueillent positivement le principe d'un projet
        d'apprentissage. Les Fokontany ont en commun de n'avoir aucun budget, ils ne peuvent pas
        contribuer financièrement au projet (2 exceptions : négociation d'un petit budget avec la
        mairie). Ils peuvent contribuer à la mise à disposition d'un local, de petit matériel et tous
        s'engagent à assurer l'organisation et le suivi des apprentissages dans leur quartier.



6.2. Eléments de cadrage pour un projet d'appui

Les éléments qui suivent sont largement repris des documents techniques décrivant le processus mis
en place par l'UNICEF. Ces documents figurent en annexe III.
Il est en effet prévu de travailler en concertation avec l'UNICEF et de se greffer sur la cellule de
pilotage déjà mise en place. Des séance de travail avec l'UNICEF et la prise de contact avec la
cellule de pilotage précèderont le lancement du projet par EdM
Aucun partenariat n'est à ce jour formalisé, mais la volonté de collaborer et de partager les
expériences est établie.



6.2.1. Principe général de l'apprentissage

       La formation pratique chez l'artisan

        - Une équipe de 5 artisans formateurs est sélectionnéd dans chaque Fokontany
        - La durée varie selon les métiers, fixée en concertation avec les différents partenaires (à titre
          indicatif, de l'ordre de 6 mois)
        - Les objectifs, programme, critères de recrutement, système d'évaluation sont fixés en
          concertation avec les différents partenaires pour chaque métier 16
        - Les horaires de la formation sont négociés entre jeunes et artisan, au cas par cas, selon la
          disponibilité des uns et des autres
        - Chaque artisan accueille 2 à 3 jeunes pour rentabiliser le coût de la formation (au total :
          environ 15 jeunes par Fokontany)
        - Il utilise un kit de matériel fourni par le projet 17 et reçoit un budget (100'000 fmg/apprenti)
          pour les consommables.




16
     Ce travail a été réalisé par le comité de pilotage pour les métiers suivants à Antananarivo: pâtisserie, dépannage radioTV,
     vannerie, entretien en bâtiment, menuiserie, couture.
17
     Dans le projet pilote de l'uNICEF : un budget de 800'000 fmg est consacré à chacun des kits. Il devient propriété de l'artisan après 2 ans de
     participation au projet.



                                D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
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      Le "tronc commun"

       La formation pratique est complété par un temps de cours hebdomadaires commun à tous les
       apprentis du Fokontany : remise à niveau scolaire, compétences utiles à la vie.

       - Le Fokontany met un local à disposition (ou négocier avec l'EPP)
       - Les horaires sont négociés entre éducateurs du tronc commun et jeunes
       - Le volume expérimenté à Antananarivo est de 1 jour par semaine pendant 3 mois 18
       - Les contenus et la méthode sont conçus de façon souple et adaptée aux différents contextes,
         en concertation entre les différents partenaires
       - Les éducateurs du tronc commun peuvent être des enseignants bénévoles identifiés par les
         Fokontany (remise à niveau scolaire) et des formateurs issus des différents ministères et/ou
         organismes d'appui pour les compétences utiles à la vie identifiés par la cellule de pilotage /
         l'organisme d'appui.


6.2.2. Processus de mise en place

1. Constitution d'une cellule de pilotage

La cellule de pilotage coordonne l'ensemble du projet.L'organisme d'appui lui apporte un
renforcement technique, organisationnel et financier. Elle se compose à Antananarivo :

- des autorités déconcentrées et décentralisées concernées : Directions interrégionales de
  l'Enseignement technique, l'Education de base, la Santé, la Population, l'Industrie et artisanat, la
  Fonction publique, la Jeunesse et les sports
- d'ONG et autres personnes-ressources éventuelles

A Antsiranana et Tuléar, cette cellule sera à mettre en place.

Ses attributions :

- Orientations, suivi, évaluation générales du projet
- Coordination de l'ensemble du projet
- Mise en place des conventions fixant les engagements des différents partenaires : artisans,
  jeunes, parents, Fokontany Mairie, Directions régionales de tutelle…
- Détermination de la liste des apprentissage possibles et des caractéristiques de chaque
  apprentissage => concertation avec tous les partenaires (atelier)
- Détermination des kits de matériel remis aux artisans
- Pilotage des formations aux artisans et aux éducateurs (identification des besoins, recherche de
  formateurs, suivi-évaluation)
- Pilotage du tronc commun : contenus, méthodes (atelier) et recherche d'intervenants
- Elaboration des critères de sélection des artisans et des jeunes
-…


18
     Il est prévu de porter la durée à 4 mois, suite à l'évaluation de la première vague de formations



                                 D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      52



2. Démarrage du projet

- Restitution des enquêtes aux comités de pilotage et à tous les Fokontany concernés, en présence
  de représentants des adolescents et des artisans
- Décision et validation de la décision de lancer le projet dans les Fokontany où il est faisable
- Visites d'échanges entre présidents de Fokontany expérimentés dans l'apprentissage (6 à
  Antananarivo) et "nouveaux"
- Identification des artisans dans chaque Fokontany

3. Convention de partenariat

Mobilisation des différents partenaires, notamment les Fokontany. Préparation d'une convention
définissant les rôles de chaque entité partenaire :

- Cellule de pilotage
- Equipes Fokontany
- Artisans
- Adolescents
- Parents
- Mairie
- Ministères concernés

4. Elaboration du dispositif d'apprentissage

Antananarivo peut se baser sur le dispositif UNICEF, déjà expérimenté et évalué. Le dispositif est
par contre à monter à Antsiranana et Tuléar.

      Organisation ateliers de travail entre la cellule de pilotage et des représentants de tous les
       partenaires concernés :
       - Descriptifs apprentissages
       - Programme et méthodes du tronc commun
       - Dispositif de suivi-évaluation : qui ? quelles méthodes ? quelles outils . quelle fréquence ? …

5. Formations des formateurs

Sur la base d'un plan de formation élaboré sous la responsabilité de la cellule de pilotage, en
concertation avec les partenaires (atelier) et avec la collaboration technique et financière des
organismes d'appui :

- Enseignants tronc commun (la remise à niveau scolaire) : formation pédagogique et préparation des
  supports pédagogiques
       Assurée à Antananarivo par la DIRESEB/CISCO. Autres pistes à explorer : Ministère de la
        population? ONG spécialisées en éducation non-formelle ?…




                     D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc
                                                                                                      53



- Educateurs en compétences utiles à la vie : idem
      Assurée à Antananarivo par les différents Ministères concernée. Autres pistes à explorer :
       ONG spécialisées.

- Artisans : formation en transfert de compétence et psychologie des adolescents
       Assurée à Antananarivo par des formateurs de l'INFOR 19 ou de la DIRFTP20.

- Artisans : perfectionnements techniques dans leur métiers, en gestion, en organisation (selon
  besoins identifiés) :
  Pistes à explorer : Direction Générale de l'Artisanat du Ministère de l'Industrie et de l'Artisanat,
  Centre national des Arts et Métiers, Espace Métiers (Antananarivo), organismes d'appui
  spécialisés.

     Remarque : Ces formation ne se déroulent pas nécessairement avant le démarrage du projet. Elles
     peuvent être réalisées en parallèle, ou à la suite d'une première expérience d'apprentissage. Leur
     objectif est le renforcement des compétences des artisans à moyen et long terme.

- Equipe Fokontany : formation en gestion et organisation

6. Réalisation des apprentissages

- Remise des kits de formation aux artisans, signature d'une convention
- Remise des différents budgets de fonctionnement du programme : au Fokontany pour l'organisation
  du tronc commun, à l'artisan pour l'achat des consommables
- Identification définitive et inscription des apprentis

Le suivi de proximité est assuré par le président ou le comité du Fokontany, qui veille à ce que les
différents dispositifs de suivi soient bien mis en oeuvre par les différents acteurs : jeunes, artisans,
éducateurs. Le suivi semble être l'aspect le plus épineux du projet, dans la mesure où fait intervenir
plusieurs dimensions : suivi de l'assiduité des apprentis, de l'artisan, vérification des acquis des
apprentis, conformité de la gestion du matériel et des budgets de fonctionnement. Le schéma
présenté en annexe III synthétise le dispositif prévu par l'UNICEF.

7. Evaluation

A étudier, en concertation organisme d'appui / cellule de pilotage.




19
     Organisme de formation interministériel
20
     Direction Interrégionale de la Formation Technique et Professionnelle



                            D:\Docstoc\Working\pdf\c1ab6538-0779-4c24-bd4e-60d0645ddf1f.doc

				
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