PREPARATION D�UN COURS

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					                              PREPARATION D’UN COURS

                                      B0 – Introduction

Série de documents rédigés par Ignace Rak le 6 novembre 2009, modifié le 4 janvier 2010
pour l’association PAGESTEC www.pagestec.org

Mots clés dans l’index http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm Préparation
du cours : compétences à enseigner, compétences à évaluer, évaluation, l’évaluation,
références.

Pour élaborer cette série de documents-outils, je me suis appuyé sur mon expérience
personnelle vécue dans les activités d’enseignement auprès de mes élèves et de formation des
professeurs. Je n’ai retenu que ce qui est important et utile suite à cette expérience acquise
entre 1963 à 2005. Cette série de documents me semble être utile pour les nouveaux
professeurs de technologie qui préparent le concours dans les universités et les centres de
formation publics et privés, ceux qui sont recrutés par concours interne sans recevoir de
formation fondamentale, ceux qui sont recrutés comme contractuels sans formation, les
professeurs en poste conseillers pédagogiques de stagiaires et bien sûr les professeurs
formateurs en université à confronter avec leur contenus de formation didactique et
pédagogique de préparation d’un cours.

    Préparation et réalisation de l’activité pédagogique et didactique en technologie

Les savoirs et compétences d’un professeur découlent directement des activités qu’il a à
conduire auprès des élèves qui lui sont confiés. Ce sont les activités professionnelles
demandées aux élèves qui doivent être prises en référence pour les déterminer. Il n’est pas
inutile de rappeler que quelque soit le champ disciplinaire (1) dans lequel les élèves sont
engagés, deux « macro-activités » sont conduites par ces derniers vis-à-vis du produit au sens
des normes (un matériel, un service, un processus, un système) (2) (3), remplacé en 2008 par
« objet technique » sans référence normée :
- une mise en œuvre des tâches de préparation du produit ou de l’objet technique ;
- une mise en œuvre des tâches de réalisation du produit ou de l’objet technique.
Les compétences et savoirs d’un professeur peuvent être eux-mêmes observés autour de trois
catégories d’activités professionnelles lors de l’exercice de son métier d’enseignant :
- maîtriser un savoir savant et des pratiques sociales d’une profession technique dans un
champ disciplinaire donné (4) ;
- cerner avec précision les activités des élèves du champ disciplinaire dans lequel l’enseignant
s’est engagé ;
- préparer et réaliser son action didactique dans le champ disciplinaire considéré.
C’est à cette troisième catégorie de savoirs et de compétences que nous intéresseront.

                        La fonction d’enseignement et ses exigences

Les activités d’un professeur ne sont pas seulement circonscrites à l’enseignement dans un
laboratoire de technologie. Le professeur participe à des actions de formations académiques
organisées par les IA IPR et/ou directement dans son établissement. Il s’implique aussi dans le
projet d’établissement et conduit éventuellement des recherches aboutissant à des innovations
pédagogiques.



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Cependant ce qui marque le plus, parce qu’elle occupe la quasi-totalité de présence dans
l’établissement, c’est l’activité d’enseignement dans le laboratoire où son action s’exerce de
façon solitaire à l’intérieur des murs d’une classe face à une division complète ou à un groupe
restreint d’élèves. C’est là, selon moi, que se révèle la qualité personnelle d’un professeur à
faire construire et s’approprier des savoirs et des savoirs faire chez les élèves. On peut
considérer qu’au sein du système éducatif français, c’est cette activité dans la classe qui doit
faire l’objet d’une attention particulière. Il ne s’agit donc pas de minimiser cette rencontre de
type impersonnelle entre le professeur et les élèves.
J’ai tenté de cerner ce qui constitue des indications observables et indiscutables dans la
prestation d’un professeur devant des élèves. Les situations et les éléments d’observation,
portent sur sa préparation pédagogique et s’appuyant sur ses compétences désormais
construites maintenant dans l’université après la disparition des IUFM et dans des stages
académiques pilotés par le corps d’inspection, les IA IPR STI à partir de 2008, ainsi que sur
l’exploitation de l’expérience acquise éventuellement dans le milieu socioprofessionnel
d’enseignant ou d’entreprise.

Les références pédagogiques
Je m’appuie personnellement sur le concept de triangle didactique en l’adaptant à la discipline
technologie (voir le schéma fig. 1) (5). Il s’agit en premier lieu pour l’enseignant de maîtriser
le savoir de sa discipline. Ce savoir se manifeste lors de son expression orale et/ou lors de la
conduite d’un savoir appliqué à un problème. Ceci constitue l’un des champs de compétences
du professeur. Puis il agit par la construction d’une référence pour mettre le savoir
disciplinaire au niveau de la classe où il enseigne.
Ainsi, l’enseignant doit être capable de maîtriser les concepts attachés :
- aux tâches relatives à la discipline ;
- à l’enseignant ;
- à l’élève. (5) (6)
Aussi de façon plus directe que d’autres disciplines, il importe maîtriser, et pas seulement
d’observer, les références sociales et les pratiques professionnelles (4) que les professeurs
utilisent soit directement, soit indirectement dans leurs activités d’enseignement. Ici nous
entendons par pratiques professionnelles non pas celles de l’enseignement, mais celles
exercées ou observées préalablement dans une entreprise en qualité de professionnel,
technicien ou ingénieur.
Recensées, puis exploitées, ces pratiques constituent la référence construisant la synthèse du
contenu de la séance ou de séquence d’enseignement.
C’est donc à cette série d’activités de préparation du professeur parmi les trois principales
(fig. 1), que nous intéresserons plus particulièrement. Cette compétence professionnelle à
réfléchir et synthétiser peut être concrètement observée au travers d’une série de documents,
et/ou de « produits » (depuis 2008 remplacé par « objet technique »), élaborée par le
professeur. Cette activité de préparation se différencie et précède celle de la réalisation de
l’acte d’enseignement. Elle précède donc l’acte pédagogique et physique du déroulement de
l’action d’enseignement dans la salle de classe.
Les dix compétences de la formation en IUFM parues en 2007 avaient tracé l’orientation
générale que devaient adopter les formateurs vis-à-vis des professeurs nouvellement recrutés
(7) (8). Est-ce que cette orientation sera maintenue en 2010 avec les nouvelles mesures
annoncées de recrutement à partir d’un master ? Sinon il faudra examiner les compétences
nouvelles retenues.
Pour l’éducation technologique au collège qu’assure la discipline technologie, il semble bien
que l’abandon du fondement des programmes 1985 et 1996, celui des savoirs sélectionnés à
partir des pratiques sociales et techniques du monde du travail, soit remplacé par des savoirs


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Fig. 1 -    FORMATION AU METIER D’ENSEIGNANT ET GROUPEMENT D’ACTIVITES DE REFERENCES DANS
            L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
            (à partir du triangle pédagogique selon J. HOUSSAYE)




                                ACTIVITES de maîtrise par le professeur :
                                ·   D’un savoir savant
                                ·   Des pratiques sociales de référence d’une profession dans un ou
                                    plusieurs champs disciplinaires


                                                        Formation professionnelle :
                                                        considérer un savoir
                                                        fondamental, donner un
                                                        complément de pratique en
                                                        entreprise




                                                              TACHES




                                      Construction de
                                        références                                    Représentation




                                    PROFESSEUR                                        APPRENANT


                                                          Contrat technique



                        Formation professionnelle :                             Formation professionnelle :
                        S’approprier des connaissances                          Transposer les compétences
                        didactiques et pédagogiques,                            techniques du professeur à celles
                        puis les mettre en œuvre.                               exigées dans un diplôme.




                    ACTIVITES du professeur :                                ACTIVITES de l’élève pour préparer et
                    ·   Préparation de ses actions                           réaliser son action vis-à-vis du produit
                    ·   Réalisation didactique et                            (au sens de la norme) :
                        pédagogique, dans un champ                           ·    Matériel, service, système ou
                        disciplinaire                                             ouvrage, processus ;
                                                                             ·    Vivants



Commentaires du schéma

Les trois éléments de la formation professionnelle initiale et continue d’un enseignant de technologie, sont issus de la relation qui
existe entre :
·   Les tâches caractéristiques et les savoirs associés de la discipline de la technologie et les activités maîtrisées par le
    professeur relatives au savoir savant et aux pratiques sociales de référence
·   Le professeur et ses activités de préparation et de conduite de ses actions
·   L’apprenant et les activités de celui-ci pour préparer et réaliser son action sur les produits




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savants. Les études universitaires existantes récentes, peu nombreuses, parfois contradictoires
mais complémentaires et fondamentales, ont marqué-analysé-critiqué les programmes de
technologie dans les réformes de 1985, 1995, 2005 et 2008.

Les références didactiques françaises
Selon les chercheurs universitaires en didactique de l’enseignement en éducation
technologique, il y a plusieurs façons de lire ou de construire les curriculums français et
étrangers.
Pour ma part je retiens trois auteurs majeurs. Selon Jacques Ginestié les trois éléments à
considérer seraient l’objet, l’activité et le langage (9). Pour Joël Lebeaume trois éléments
seraient aussi à considérer : les visées, les références et les tâches (10). Quant à J.L.
Martinand je retiens de l’un de ses derniers articles, la liste exhaustive des figures possibles et
différentes de l’éducation technologique qui pourraient être adoptées par les décideurs
politiques. Je reproduis la totalité de cette liste des figures possibles pour décrire la matrice
curriculaire possible autre que celle adoptée en 1995 et 2006 selon les pratiques sociales de
références et bien connue des professeurs. Voici les extraits complets, parce que cela me
semble bien expliciter les choix possibles de quatre autres alternatives possibles que celles de
1985 et 1996 selon J.L.Martinand (11) :
- …« éducation technologique par les disciplines existantes (français, mathématiques,
géographie, etc.) dont les missions et les finalités seraient en partie réorientées. En
particulier on pourrait mettre l’accent sur les applications des sciences, sur leurs techniques
associées ou dérivées, sur les techno-sciences. On voit immédiatement des possibilités, non
exploitables par la technologie actuelle, mais aussi les impossibilités et les carences (par
exemple pour la mission d’appui à l’orientation des élèves) qui ferait apparaître un tel choix ;
- éducation par les « sciences appliquées », non au sens de la recherche appliquée, mais
comme approche privilégiant l’étude d’objets et de procédés techniques, selon les méthodes
habituelles de l’éducation scientifique (investigation et présentation), privilégiant aussi les
techno-sciences (chimie, électronique, informatique, etc.) ;
- éducation technologique hors disciplines, par exemple par des ateliers de réalisations, des
clubs techniques, des actions éducatives sur projet social, animées par des enseignants ou des
personnes et associations extérieures compétentes ;
- éducation technologique coordonnée avec l’éducation scientifique (dans le premier cas ci-
dessus il y a subordination), dans un ensemble intégré, équilibré, construit sur des
complémentarités entre caractéristiques des objets d’études, des démarches, des savoirs, des
rôles, par exemple selon une orientation « science/technologie/société ». Il n’est pas sûr que
cela conduise à un dispositif très stable, même lorsque chaque composante initiale a été
suffisamment déstabilisée par l’obligation de prendre en charge des missions inhabituelles et
que la reconception d’ensemble pour une nouvelle matrice curriculaire a été effectuée en
affermissant une nouvelle cohérence »… ».
A la date de rédaction de ce document et en comparaison avec le contenu du nouveau
programme de 2008, la solution adoptée par les experts ayant rédigé ce programme se trouve
selon moi assez proche de la quatrième description, même si la seconde description est aussi
assez proche des contenus 2008. Alors il n’est inutile de rappeler les quatre missions
politiques que met en avant dans le même article J.L. Martinand (11) et que je présente
personnellement en deux groupes.
Deux missions à visée d’éducation technologique :
« - une mission d’approche du monde technicisé, ce milieu humain artificiel (matières,
instruments, ressources, lieux et rythmes) que certains ont pu présenter comme un « règne
machinal » tendant à se substituer aux règnes naturels (minéral, végétal, animal). La
connaissance de ce monde comprend deux registres, celui de la familiarisation technique, et


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celui du savoir technologique. Alors que la technique des industries, des services, mais aussi
de l’artisanat et même de certains loisirs et activités domestiques est de plus en plus cachée,
la visée de constitution par l’école d’une base commune à tous de familiarité pratique avec
les processus et les procédés apparaît indispensable et au sens propre fondamentale. En
même temps, la visée de maîtrise intellectuelle de ce monde, et donc d’élaboration de
connaissances technologiques est tout aussi importante… ;
- une mission d’appropriation des techniques d’information, de communication et de
contrôle, avec pour priorité l’apprentissage des usages communs de l’ordinateur, couplé à
une première compréhension du fonctionnement et de l’impact de ces machines et systèmes de
traitement et de transfert de l’information. Il ne s’agit donc pas seulement de compétences
purement procédurales, et il ne s’agit pas non plus de la discipline « informatique » mais de
premières approches des « techniques de l’information » et de la « technologie de
l’information ».
Deux missions à visée d’orientation et de socialisation :
« - une mission d’appui aux procédures et aux démarches d’orientation scolaire et
professionnelle, non pas dans ses composantes psychologiques (« éducation au choix »,
« éducation à l’orientation »), mais dans la contribution à la construction de
représentations plus riches et plus objectives des contenus et des contextes techniques du
travail et des métiers aujourd’hui. Alors qu’aucun adolescent ne peut échapper au « système
scolaire » avant 16 ans, l’orientation est cruciale : l’école ne peut délaisser cette fonction
majeure pour elle du point de vue de son rôle dans la société, comme du point de vue de son
propre fonctionnement. Personne ne peut aujourd’hui dédaigner cette mission au collège :
d’autre part, la vie quotidienne de chacun est affectée ; d’autre part, les techniques de
traitement de l’information pénètrent toutes les techniques spécifiques, conférant à la
technologie de l’information une fonction de fondement à une technologie générale. La
question a pu être discutée de savoir si ces apprentissages devaient être conduits par les
enseignants des mathématiques, de documentation ou de technologie. De fait, seuls les
enseignants de technologie assurent et structurent les compétences visées ;
- une mission de promotion d’une pédagogie de l’action, par et pour la réalisation
collective, comme valeur en soi, dans une perspective de développement personnel d’abord,
de développement économique et social ensuite, mais aussi comme moyen de compensation
des tendances contemplatives et intellectualistes propres à l’enseignement secondaire
général, voire comme tentative de remédiation aux syndromes d’échec générées par les autres
disciplines. C’était une des propositions clés du rapport de L. Legrand en 1983. ».
A mon avis personnel aucune de ces quatre missions ne figure de façon privilégiée ou
équilibrée dans les orientations du nouveau programme de technologie 2008. Il me semble
qu’une cinquième mission apparaît prioritairement, celle d’une technologie
préprofessionnalisante (pour pré orienter demain vers les formations technologiques de lycées
axées essentiellement sur la modélisation logicielle et la seule réalisation de maquettes ?) dans
une approche que J.L. Martinand avait déjà qualifiée dans une étude pour l’UNESCO par la
participation à différentes fonctions sociales, dont la mission permettant de « …construire la
base de compétences préprofessionnelles qui seront reprises en formation professionnelle,
... » (12). Le programme d’éducation technologique 2008 qu’assume la discipline technologie
semble revenir vers un simple cumul de savoirs techniques à transmettre au travers de
« leçons de choses » au sens que donne J. Lebeaume à cette forme d’enseignement
comparativement, par exemple, à l’approche par projets (13).




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 Mon approche personnelle quant aux références pour aujourd’hui et demain dans une
                              préparation de cours

Ce détour par quelques références didactiques et pédagogiques françaises qu’il me paraissait
utile de rappeler, même si d’autres références auraient pu être citées au niveau international
(voir par exemple différents communications sur le site de l’association AEET depuis 1995)
(14), me font dire qu’une préparation de cours ne doit jamais se faire sans avoir à l’esprit
quelques repères clairs pour décider des contenus à retenir et de l’organisation à mettre en
place pour le déroulement. A chacun de déterminer ses repères.

Mes repères personnels
Pour ma part lorsque je prends connaissance d’un curriculum, ou d’un programme
d’éducation technologique, ou d’un document élève ou d’une préparation de cours d’un
professeur, etc., j’essaie de distinguer trois éléments au sein d’une approche globale de la vie
des produits dans le monde technique : le(s) produit(s) au sens de la norme (15), l’(les)
activité (s) au sens de la tâche prescrite ou de l’activité (16) et la (les) technicité(s) des acteurs
le caractère « technique » d’un projet est entendu dans le sens qu’en donne M.
COMBARNOUS : « le caractère technique, la technicité, résulte d’une manière permanente
de la réunion de trois composants : la rationalité dans sa forme particulière de réflexion
technique, l’emploi d’engins comme intermédiaires entre une pensée et une action, la
spécialisation des individus et des groupes dans l’exécution de tâches partielles coordonnées
permettant des réalisations de grande envergure qui ne sont pas à l’échelle d’un individu
isolé » (17). Pour cela je m’aide d’un schéma personnel construit après quelques années de
réflexion que j’utilise maintenant comme grille de lecture (fig. 2).

                                       Produits en état non    Produits en état
                                        commercialisable      commercialisable
                     CONCEPTION                                                    REALISATION
                                                                 Production
                     PREPARATION                              commercialisation
                                                                                   ARTISANALE
                        artisanale                               en nombre            Utilisation
                                                                                    consommation
                                                                  Production         par un client
               Besoin                                          commercialisation                     Destruction
                                                                    unique                           disparition
               et idée
                                                                                                    du produit
                                                                   Production
             de produit
                                                                   commercialisation
                                                                    de série :
                                                                   - petite            Utilisation
                                                                   - moyenne         consommation
                                                                   - grande           par un client
                     CONCEPTION
                     PREPARATION Industrialisation                                  REALISATION
                       industrielle Produits en état non       Produits en état    INDUSTRIELLE
                                        commercialisable      commercialisable




Figure 2 – Schéma d’une approche systémique des produits matériels, immatériels et activités
associées selon les pratiques sociales et techniques du monde de la technique.

Il faut lire ce schéma (figure 2) comme présentant quatre situations, comme un quatre-quarts,
nettement différentes quant aux états du produit matériel ou immatériel durant sa vie :
- la première, celle en haut à gauche, concerne la conception-préparation par des pratiques
artisanales de produits qui ne sont pas dans un état commercialisable (objets techniques :


                                                                                                                   6
maquette, prototypes artisanaux, maquette virtuelle, maquette matérielle, objets techniques de
présérie artisanale) et les activités humaines correspondantes ;
- la seconde, celle en haut à droite, concerne la réalisation toujours artisanale de produits qui
sont dans un état commercialisable (produit unique, produit en nombre) et les activités
humaines correspondantes ;
- la troisième, celle en bas à gauche, concerne la conception-préparation-industrialisation par
des pratiques industrielles de produits qui ne sont pas dans un état commercialisable (objets
techniques : maquette, prototype, maquette virtuelle, maquette matérielle, objets techniques
de présérie industrielle) et les activités humaines correspondantes ;
- la quatrième, celle en bas à droite, concerne la réalisation industrielle par des pratiques
toujours industrielles de produits qui sont dans un état commercialisable (produit unique,
produit industriel en petite, moyenne et grande série) et les activités humaines
correspondantes.
Pour illustrer une recherche à partir d’un questionnement sur l’état de l’objet technique étudié
ou créé, ainsi que le type d’activités mobilisé, voici deux schémas illustrant l’évolution des
deux programmes.

Mes trois questionnements de référence
Les trois questionnements analysent les produits confectionnés par les élèves :
- première question : l’objet, les objets, le produit, les produits ;
- deuxième question : l’activité, les activités ;
- troisième question : les technicités requises par les professeurs et les élèves ;
Le résultat de ces questionnements pour les élèves dans les deux précédents programmes de
1985 (18) et de 1996 (19) est illustré par la figure n° 3. Le programme de 1996 révèle un
positionnement du programme étant nettement centré sur les deux quarts inférieurs du
schéma :
- des activités de conception-préparation ;
- de réalisation industrielle et pour des produits non commercialisables et commercialisables ;
- peu d’activités et de produits sont réalisés de façon artisanale.
Le résultat de ce même questionnement pour les élèves dans le nouveau programme de 2008
(20) est illustré par la figure n° 4. Ce programme révèle un positionnement du programme
nettement centré et réduit à un seul quart du schéma :
- les seules activités de conception-préparation artisanales ;
- et aucune réalisation artisanale de produits commercialisables.
Par ailleurs aucune activité et aucun produit matériel commercialisable de façon industrielle
ne sont demandés dans ce programme 2008, sauf dans le domaine immatériel des activités et
produits de la communication et gestion de l’information.
Quant aux technicités, objet du troisième questionnement, elles évoluent d’un ensemble initial
inter techniques (économie et gestion, électronique, mécanique, informatique de bureau et
industrielle), vers des champs techniques très spécialisés comme les transports, le génie civil
et l’habitat, la domotique qui semblent s’ajouter aux domaines techniques initiaux de la
professionnalité des professeurs, donc des élèves.
En résumé, il est donc clair, selon les figures n° 3 et 4, que les programmes de technologie de
1996 ont nettement évolué d’activités et produits élèves à dominantes industrielles en
conception, et aussi en réalisation, vers les seules productions artisanales de conception et
strictement internes au monde scolaire pour le programme 2008. Les champs techniques étant
par ailleurs de plus nombreux avec le risque d’incompétence faute d’une formation
obligatoire et longue des professeurs en poste, incompétence qui peut ne pas être le cas pour
les nouveaux professeurs recrutés par concours en raison d’une formation technique
complémentaire dans ces différents champs par rapport au profil initial du candidat.


                                                                                               7
                                                             Produits en état non    Produits en état
                                                              commercialisable      commercialisable
             CONCEPTION                                                                                                          REALISATION
             PREPARATION                                                                                                         ARTISANALE
               artisanale
 Besoin          5/4e –    Production d’un service
                                                                                                                                         Destruction
                 3e –      Communication assistée par ordinateur
                                                                                                                                         disparition
 et idée
                                                                                    6e – Mise en forme des matériaux                      du produit
                                                                                    6 – Construction électronique
                                                                                      e

de produit       5/4 – Etude et réalisation d’un prototype
                      e
                                                                                    6e – Approche de la commercialisation d’un produit

                 5/4e – Extension d’une gamme de produits                           6e – Traitement de l’information textuelle

                 5/4e – Pilotage d’automatismes par ordinateur                      5/4e – Production sérielle à partir d’un prototype

                 5/4e –    Montage et emballage d’un produit

                 5/4e –    Essai et amélioration d’un produit

                 5/4 –e
                           Utilisation du tableur grapheur

                 5/4 –e
                           Conception et fabrication assistée par ordinateur

                 3 – Etude préalable – Recherche et détermination des solutions
                  e
                                                                                    – Production – Diffusion

                 3 –
                  e
                           Fabrication assistée par ordinateur

                 3e –      Histoire des solutions à un problème technique

                 3 – Automatismes pilotés par ordinateur
                  e




              CONCEPTION                                                                                                      REALISATION
              PREPARATION                                       Industrialisation
                                                                                                                             INDUSTRIELLE
                industrielle                                 Produits en état non    Produits en état
                                                              commercialisable      commercialisable
     Fig 3 Technologie collège programme 1996 : cartographie des activités par rapport aux différents états des produits matériels et immatériels
          pendant leur vie et par rapport aux pratiques artisanales et industrielles (I. RAK 2009)

                                                                                                                                                       8
                                              Produits en état non              Produits en état
                                               commercialisable                commercialisable
             CONCEPTION                                                                                      REALISATION
             PREPARATION                                                                                     ARTISANALE
               artisanale

               6e – 1 – L’analyse du fonctionnement d’un objet technique
               5/4/3e – 1 – L’analyse et conception de l’objet technique
               6/5/4/3e – 2 – Les matériaux utilisés
               6/5/4/3e – 3 – Les énergies
               6/5/4/3e – 4 - L’évolution de l’objet technique
 Besoin                                                                                                                             Destruction
               6/5/4/3e – 6 – Les processus de réalisation d’un objet                                                               disparition
               technique
 et idée
                                                                                                                                     du produit
              6/5/4/3e – 5 – La communication et la gestion de l’information
de produit
             CONCEPTION
             PREPARATION                       Industrialisation                                            REALISATION
               industrielle                   Produits en état non              Produits en état
                                                                                                           INDUSTRIELLE
                                               commercialisable                commercialisable
    Fig. 4 Technologie collège programme 2008 : cartographie des activités par rapport aux différents états des produits matériels et immatériels
          pendant leur vie et par rapport aux pratiques artisanales et industrielles (I. RAK 2009)


                                                                                                                                                    9
Prendre en compte l’approche historique et didactique de l’éducation technologique au
                                      collège

Pour un professeur de technologie débutant dans la carrière d’enseignant ayant pour objectif
la construction d’une éducation technologique générale au collège, il est indispensable de
savoir :
- situer l’importance respective de chacune des quatre missions qui lui sont confiées ;
- agir pour que chacune des missions soit respectée et sinon, pourquoi certaines d’entre-elles
sont majorées, minorées, voire exclues ;
- connaitre clairement les choix des objectifs de son enseignement selon une vision
systémique des activités et des produits du monde du travail contenus dans les programmes
d’hier (1996) et d’aujourd’hui (2005-2008).
On peut alors débuter la formation à la préparation concrète d’un cours, ou d’un ensemble de
cours, en sachant déjà comment peuvent se faire les évaluations et quels sont les outils
disponibles pour cela (21).
La prévision des documents à paraître est la suivante :
. B1 Distinguer entre l’essentiel et l’accessoire, aller à l’essentiel ;
. B2 Intégrer les évaluations lors de la préparation d’un cours ;
. B3 Etablir et utiliser des fiches qualités ;
. B4 Etablir et utiliser des carnets de connaissances-capacités-attitudes en 6/5/4/3e (déjà
publié) ;
. B5 Rédiger des appréciations sur une production matérielle ou écrite ou orale (intégré dans
B4 le 4 janvier 2010)

                                 Bibliographie, sitographie

(1) DEVELAY, M. (1993). De l’apprentissage à l’enseignement. Paris : ESF.
(2) AFNOR NF X50 150 (1990). Analyse de la valeur. Analyse fonctionnelle. Paris : AFNOR.
(3) AFNOR NF 50 12 (1994). Vision 2000 ; Mise en œuvre des normes internationales dans
le domaine de la qualité ; une stratégie pour les années 1990. Paris : AFNOR.
(4) MARTINAND, J.L. (1991). Pratiques de référence, transposition didactique et savoirs
professionnels en sciences et techniques. Actes du séminaire de didactique des disciplines
technologiques. Cachan, LIREST, CFPET, INRP, 1990-91, pp 57-64.
(5) HOUSSAYE, J. et al. (1993). La pédagogie : une encyclopédie pour aujourd’hui. Paris :
ESF.
(6) GIORDAN, A. (1994). Les origines du savoir. Neufchatel, Paris : Delachaux et Niestlé.
(7) MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE (2007).
http://www.education.gouv.fr/bo/2007/1/MENS0603181A.htm
(8) BONNICHON, G., MARTINA, D. (2008). Métier d’enseignant : 10 compétences
professionnelles. Paris : Vuibert.
(9) (1) GINESTIE, J. (2000). Contribution à la constitution de faits didactiques en éducation
technologique. Habilitation à diriger des recherches, in Skholé, n°11, 2000, pp 167-184.
Marseille : IUFM.
(10) LEBEAUME, J. (1999). L’éducation technologique. Paris : ESF.
(11) MARTINAND, J.L. (2002). L’éducation technologique à l’école moyenne en France,
problèmes de didactique curriculaire. In L’enseignement des sciences, des mathématiques et
des technologies (revue canadienne), Volume 3, n° 1 janvier 2003. pp. 101-116.
(12) MARTINAND, J.L. (1994). La technologie dans l’enseignement général : les enjeux de
la conception et de la mise en œuvre. Paris : UNESCO, p 5.



                                                                                           10
(13) LEBEAUME, J. (2008). L’enseignement des sciences à l’école. Des leçons de choses à
la technologie. Paris : Delagrave, pp 84-86.
(14) http://www.aeet.fr/
(15) AFNOR NF-EN 1325-1 « Produit : ce qui est le résultat d’activités ou de processus ».
(16) – LEPLAT, J., HOC J.M. (1983). Tâche et activité dans l’analyse psychologique des
situations. Cahiers de psychologie cognitive, 3, 1, p. 49-64.
(17) COMBARNOUS, M. (1984). Comprendre les techniques et la technicité. Paris : éditions
sociales.
(18) MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE (1985). Technologie classes de
collège 6e, 5e, 4e, 3e. Paris : CNDP.
(19) MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE (1998) (1999). Technologie,
programmes et accompagnement. Paris CNDP.
(20) http://www.education.gouv.fr/pid20484/special-n-6-du-28-aout-2008.html
(21) RAK, I. (2009) - A) - REDIGER DES TEXTES D’EVALUATION. http://pagesperso-
orange.fr/techno-hadf/index.html




                                                                                      11


				
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