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Intoxications par les végétaux

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Intoxications par les végétaux Powered By Docstoc
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                                 Intoxications par les végétaux
                                 F. Flesch, E. Krencker

                                 Les végétaux sont en cause dans 5 % des intoxications recensées par les centres antipoison. Parmi
                                 l’ensemble des plantes réputées toxiques, certaines présentent un danger réel en cas d’ingestion alors que
                                 d’autres ne provoquent que des troubles mineurs, principalement digestifs. Dans ce travail, après une
                                 présentation des principaux symptômes pouvant être induits par l’ingestion de plantes ou de baies ainsi
                                 que d’une conduite à tenir générale vis-à-vis de ces intoxications, nous analyserons en détail une
                                 vingtaine de plantes, sélectionnées en raison de leur toxicité importante (exemple : digitale, colchique,
                                 belladone...) ou de la fréquence des appels reçus au centre antipoison (exemple : gui, coloquinte, laurier
                                 cerise...). Le but de ce travail n’est pas de réaliser un inventaire des plantes toxiques, mais de permettre à
                                 un médecin d’avoir une première approche du risque pouvant être lié à l’ingestion d’un végétal et d’avoir
                                 connaissance des principales plantes ayant une toxicité cardiaque ou neurologique.
                                 © 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.


                                 Mots clés : Plantes toxiques ; Intoxications végétales ; Centres antipoison




Plan                                                                                     ¶ Belladone (Atropa belladona L.). Famille des solanacées            5
                                                                                           Noms vernaculaires et synonymes                                    5
¶ Introduction                                                                       2     Botanique                                                          5
                                                                                           Principes toxiques                                                 5
¶ Symptômes pouvant être induits par l’ingestion de plantes
                                                                                           Circonstances d’intoxication                                       5
ou de baies                                                                          2     Symptômes                                                          5
  Signes généraux                                                                    2     Traitement                                                         5
  Troubles digestifs                                                                 3
                                                                                         ¶ Berce (Heracleum mantegazzianum L.). Famille des ombellifères      5
  Troubles cardiovasculaires                                                         3
                                                                                         ¶ Ciguë. Famille des ombellifères                                    5
  Troubles neurologiques                                                             3
                                                                                           Botanique                                                          5
  Troubles neuropsychiques                                                           3
                                                                                           Principes toxiques                                                 6
  Troubles hématologiques                                                            3
                                                                                           Circonstances d’intoxication                                       6
  Troubles hépatiques                                                                3
                                                                                           Symptomatologie                                                    6
  Troubles rénaux                                                                    3     Traitement                                                         6
  Syndrome atropinique                                                               3
                                                                                         ¶ Colchique (Colchicum autumnale L.). Famille des liliacées          6
¶ Conduite à tenir en présence d’une ingestion supposée                                    Synonymes et noms vernaculaires                                    6
de baies ou de plantes                                                               3     Botanique                                                          6
  Indications                                                                        3     Principes toxiques                                                 6
  En milieu hospitalier                                                              3     Circonstances d’intoxication                                       6
¶ Plantes et baies toxiques. Présentation par ordre alphabétique                           Symptômes                                                          6
du nom commun français                                           3                         Traitement                                                         7
  Aconit (Aconitum napellus L.) Famille des renonculacées        3                       ¶ Coloquinte (Citrullus colocynthis L.). Famille des cucurbitacées   7
¶ Amandes amères                                                                     4   ¶ Cytise (Laburnum anagyroides L.). Famille des fabacées             7
                                                                                           Noms vernaculaires et synonymes                                    7
  Botanique                                                                          4
                                                                                           Botanique                                                          7
  Principes toxiques                                                                 4
                                                                                           Principes toxiques                                                 7
  Circonstances d’intoxication                                                       4
                                                                                           Circonstances d’intoxication                                       7
  Symptomatologie                                                                    4
                                                                                           Symptomatologie                                                    7
  Traitement                                                                         4
                                                                                           Traitement                                                         7
¶ Arum (Arum maculatum L.). Famille des aracées                                      4   ¶ Datura (Datura stramonium L.). Famille des solanacées              7
  Noms vernaculaires et synonymes                                                    4     Noms vernaculaires et synonymes                                    7
  Botanique                                                                          4     Botanique                                                          7
  Principes toxiques                                                                 4     Principes toxiques                                                 7
  Circonstances d’intoxication                                                       4     Circonstances d’intoxication                                       7
  Symptômes                                                                          4     Symptômes                                                          7
  Traitement                                                                         5     Traitement                                                         7

Médecine d’urgence                                                                                                                                            1
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


¶ Dieffenbachia. Famille des aracées                              7        ¶ Redoul (Coriaria myrtifolia L.). Famille des coriariaceae           12
  Noms vernaculaires et synonymes                                 7          Synonymes                                                           12
  Botanique                                                       7          Botanique                                                           12
  Principes toxiques                                              7          Principes toxiques                                                  12
  Circonstances d’intoxication                                    8          Circonstances d’intoxication                                        12
  Symptômes                                                       8          Symptômes                                                           12
  Traitement                                                      8          Traitement                                                          12
¶ Digitale pourpre (Digitalis purpurea L.). Famille                        ¶ Ricin (Ricinus communis L.). Famille des euphorbiacées              12
des scrofulariacées                                               8          Noms vernaculaires et synonymes                                     12
  Synonymes et noms vernaculaires                                 8          Botanique                                                           12
  Botanique                                                       8          Principes toxiques                                                  12
  Principes toxiques                                              8          Circonstances d’intoxication                                        12
  Propriétés pharmacologiques                                     8          Symptomatologie                                                     12
  Circonstances d’intoxication                                    8          Traitement                                                          12
  Symptômes                                                       8        ¶ Vératre (Veratrum album L.). Famille des liliacées                  12
  Traitement                                                      9          Noms vernaculaires et synonymes                                     12
                                                                             Botanique                                                           12
¶ Gui (Viscum album L.). Famille des loranthacées                 9
                                                                             Principes toxiques                                                  12
  Noms vernaculaires et synonymes                                 9
                                                                             Circonstances d’intoxication                                        12
  Botanique                                                       9
                                                                             Symptômes                                                           13
  Principes toxiques                                              9
                                                                             Traitement                                                          13
  Circonstances d’intoxication                                    9
  Symptomatologie                                                 9
  Traitement                                                      9
¶ If (Taxus baccata l.)                                           9        ■ Introduction
  Botanique                                                       9
  Principes toxiques                                              9           Les végétaux sont à l’origine de 5 % des intoxications
  Circonstances d’intoxication                                    9        signalées aux centres antipoison. En effet, dans le rapport
  Symptômes                                                       9        annuel 2001 de l’Association américaine des centres antipoison
  Traitement                                                      9        (AAPCC) les végétaux sont en cause dans 4,7 % des intoxica-
                                                                           tions [1] ; 4 % des appels reçus en l’an 2000 par le centre
¶ Jusquiame noire (Hyoscyamus niger L.). Famille                           antipoison de Lille concernaient les plantes [2]; enfin, le centre
des solanacées                                                     9       antipoison de Strasbourg a été appelé 402 fois pour une
  Synonymes et noms vernaculaires                                  9       intoxication végétale en 2001, soit 5 % des appels.
  Botanique                                                       10          Ces intoxications concernent principalement l’enfant [3] avec
  Principes toxiques                                              10       une recrudescence saisonnière automnale (période de fructifica-
  Circonstances d’intoxication                                    10   .
                                                                           tion). Il s’agit d’intoxications souvent bénignes, soit en raison
  Symptômes et traitement                                         10       de la faible quantité ingérée, soit d’une toxicité peu importante
¶ Laurier cerise (Prunus laurocerasus L.). Famille des rosacées   10       du végétal consommé.
  Noms vernaculaires et synonymes                                 10          Chez l’adulte, les intoxications par plantes sont rares et sont,
  Botanique                                                       10       le plus souvent, en rapport avec un geste suicidaire ou une
  Principes toxiques                                              10       confusion avec une plante comestible au moment de la
  Circonstances d’intoxication                                    10
                                                                           cueillette. Ces intoxications sont souvent graves avec, parfois,
                                                                           un pronostic vital engagé.
  Symptomatologie. Traitement                                     10
                                                                              Du fait de la très grande diversité des plantes et des baies (la
¶ Laurier rose (Nerium oleander L.). Famille des apocynacées      10       flore européenne compte environ 12 000 espèces parmi lesquel-
  Noms vernaculaires et synonymes                                 10       les 200 sont réputées toxiques), il a été nécessaire de fixer des
  Botanique                                                       10       limites à ce travail. Nous ne présenterons donc ici qu’une
  Principes toxiques                                              10       vingtaine de plantes toxiques communes en France, choisies en
  Circonstances d’intoxication                                    10       fonction de leur toxicité et/ou de la fréquence des
  Symptômes                                                       10       intoxications [4-11]. Les plantes étudiées concernent donc toutes
  Traitement                                                      10       les espèces, tous les genres, toutes les familles, plantes sauvages,
¶ Muguet (Convallaria majalis L.). Famille des liliacées          10       plantes décoratives, plantes d’appartement.
  Noms vernaculaires et synonymes                                 10          La présentation par ordre alphabétique du nom commun
  Botanique                                                       10       français, comme l’avait fait Jouglard [12] nous a paru être la plus
  Principes toxiques                                              11
                                                                           adaptée en raison de sa facilité de consultation et a donc été
                                                                           retenue. Il convient par ailleurs de souligner qu’il existe, en
  Circonstances d’intoxication                                    11
                                                                           France, de nombreuses autres plantes toxiques en dehors de
  Symptomatologie                                                 11
                                                                           celles mentionnées dans notre article.
  Traitement                                                      11
¶ Muscade (Myristica fragrans)                                    11
  Noms vernaculaires et synonymes                                 11       ■ Symptômes pouvant être induits
  Botanique                                                       11
  Principe actif. Pharmacologie                                   11       par l’ingestion de plantes
  Circonstances d’intoxication                                    11       ou de baies           [2, 4, 6, 12]

  Symptomatologie                                                 11
  Traitement                                                      11          Les intoxications végétales peuvent occasionner de nombreux
                                                                           signes cliniques (détaillés dans le dernier chapitre pour toutes
¶ Narcisse (Narcissus pseudonarcissus L.). Famille
                                                                           les plantes figurant en gras dans le texte ci-dessous) et qui sont
des amaryllidacées                                                11
                                                                           les suivants.
  Botanique                                                       11
  Circonstances d’intoxication                                    11
  Principes toxiques                                              11       Signes généraux
  Symptomatologie                                                 12         Ils ne sont pas spécifiques d’une plante ; il peut s’agir
  Traitement                                                      12       de malaise, soif, hyperthermie.

2                                                                                                                                 Médecine d’urgence
                                                                                                      Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


Troubles digestifs                                                    potentielle et doit donc faire préconiser, selon la toxicité du
                                                                      végétal en cause, une surveillance hospitalière. C’est l’ensemble
   Pratiquement toutes les plantes peuvent occasionner des            de ces éléments qui permet, avec l’aide d’un centre antipoison,
troubles digestifs. Selon les plantes, certaines manifestations       de proposer la conduite à tenir.
sont prédominantes.

Irritation buccopharyngée                                             En milieu hospitalier
  Elle est induite par : anthurium, arum, daphné, phytolaque,            L’évacuation digestive peut être préconisée en cas d’ingestion
dieffenbachia, chélidoine, euphorbe.                                  d’une quantité importante d’une plante très toxique.
                                                                         L’administration de charbon activé peut être proposée en cas
Vomissements                                                          d’ingestion d’une quantité importante d’une plante toxique ou
  Ils sont induits par : actée en épi, bryone, chèvrefeuille,         très toxique ; les indications doivent être discutées au cas par
narcisse, jonquille, tulipe, sureau yèble, parisette, ricin.          cas selon le délai, la toxicité du végétal et les signes cliniques.
                                                                         Dans la majorité des cas, il convient d’assurer une sur-
Diarrhée                                                              veillance clinique, électrocardiographique et biologique en
  Elle est causée par le colchique.                                   fonction de la toxicité du végétal consommé. Le traitement est
                                                                      le plus souvent symptomatique : anticonvulsivants, réhydrata-
                                                                      tion, atropine en cas de bradycardie.
Troubles cardiovasculaires                                               Dans quelques rares cas peuvent être utilisés des antidotes à
   Il peut s’agir de bradycardie, tachycardie, arythmie ou de         savoir :
troubles conductifs et ils peuvent être induits par : aconit,         • les anticorps antidigitaliques dans les intoxications sévères
belladone, digitale, if, laurier rose, lupin, rhododendron, scille,      par digitale, laurier rose et éventuellement if ;
vératre.                                                              • le Cyanokit ® en cas d’intoxication sévère par amandes
                                                                         amères.
Troubles neurologiques                                                   Des méthodes analytiques telles que la chromatographie en
  Des convulsions peuvent être occasionnées par : actée en épi,       phase gazeuse ou liquide ou la chromatographie liquide couplée
belladone, ciguë, morelle, redoul, vératre. L’aconit peut induire     à la spectrométrie de masse simple permettent, dans certains
des paresthésies et la ciguë une paralysie musculaire.                cas, de détecter dans le sang du patient intoxiqué la (les)
                                                                      molécule(s) en cause [13].
Troubles neuropsychiques
  Belladone, datura et jusquiame peuvent être à l’origine d’un        ■ Plantes et baies toxiques.
délire et d’hallucinations.
                                                                      Présentation par ordre
Troubles hématologiques                                               alphabétique du nom commun
  Une aplasie médullaire apparaît après ingestion de colchique.
                                                                      français
Troubles hépatiques
                                                                      Aconit (Aconitum napellus L.)
  Aristoloche et séneçon peuvent en occasionner.
                                                                      Famille des renonculacées (Fig. 1)
Troubles rénaux                                                       Noms vernaculaires et synonymes
   Des néphropathies ont été rapportées après consommation de         • En français : napel, casque de Jupiter, tue-loup, aconit faux
tisanes à base de plantes chinoises renfermant de l’acide               navet, char de Vénus, casque bleu.
aristolochique, principal constituant de l’aristoloche.               • En anglais : Aconite, Monks hood, Wolsfsbane.

Syndrome atropinique
   Il est en rapport avec une ingestion de belladone, datura et
jusquiame.


■ Conduite à tenir en présence
d’une ingestion supposée de baies
ou de plantes
Indications
   Toute la difficulté repose sur l’identification du végétal. En
effet, une description téléphonique approximative ne peut, sauf
exception, permettre une identification précise de la plante. Il
convient donc, en cas d’ingestion d’une plante non connue, de
faire identifier le végétal par un fleuriste, horticulteur ou
botaniste. La deuxième difficulté est celle de l’appréciation de la
quantité susceptible d’avoir été ingérée. Seul un interrogatoire
précis des circonstances (combien de temps l’enfant est-il resté
seul, comment a-t-il été retrouvé par les parents : baies dans les
mains, les poches, la bouche, etc.) permet de faire une évalua-
tion approximative de la quantité.
   Enfin, la connaissance du délai entre l’ingestion supposée et
l’appel téléphonique ou la consultation médicale est également
un élément important à prendre en compte. En effet, l’absence
de symptôme 4 heures après une ingestion supposée de baies
toxiques peut faire mettre en doute la réalité de l’ingestion. Il
est encore à noter que la survenue de troubles digestifs au
décours d’une ingestion de végétaux signe une intoxication                Figure 1.   Aconit napel. Aconitum napellus L. Renonculacées.

Médecine d’urgence                                                                                                                              3
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


Botanique                                                             Traitement
  C’est une plante vivace herbacée de 50 à 180 cm de hauteur             En cas d’ingestion récente, une évacuation gastrique peut être
qui fleurit de juin à août (fleurs violacées).                        préconisée ; en effet, un lavage gastrique précoce peut éviter une
                                                                      évolution grave car la symptomatologie s’installe moins rapide-
Principes toxiques [5]                                                ment que dans les intoxications aux cyanures alcalins.
   Tous les organes de la plante, mais surtout les racines et les        Le traitement associe : oxygénothérapie, correction de
graines, renferment des alcaloïdes diterpéniques dont le princi-      l’acidose et traitement antidotique par hydroxocobolamine
pal est l’aconitine. L’aconitine a une action activatrice au niveau   (Cyanokit®) en cas d’intoxication grave.
des canaux sodiques voltage-dépendants. Elle agit sur les centres
nerveux du bulbe rachidien qu’elle excite puis paralyse et sur les
terminaisons nerveuses périphériques. Elle déprime les centres        ■ Arum (Arum maculatum L.).
thermorégulateurs, paralyse les terminaisons sensitives entraî-
nant des hyperesthésies, des engourdissements puis des anes-
                                                                      Famille des aracées (Fig. 2, 3)
thésies. Son action toxique principale se situe au niveau
cardiaque : bradycardie, tachycardie, dissociation auriculoven-
                                                                      Noms vernaculaires et synonymes
triculaire, fibrillation ventriculaire. Les troubles du rythme sont     L’arum tacheté est, parmi l’ensemble des arums, la variété la
surtout en rapport avec l’effet bathmotrope positif de l’aconi-       plus commune en France (sauf dans la région méditerranéenne).
tine. En moyenne : 1 mg d’aconitine ou 2 à 4 g de racines             • En français : gouet, pied de veau, pain de serpent.
fraîches peuvent engendrer une intoxication grave chez un             • En anglais : Lords and Ladies, Cuckoo-pint.
adulte.
                                                                      Botanique
Circonstances d’intoxication
                                                                        C’est une plante herbacée vivace de 20 à 50 cm de hauteur,
   Les intoxications sont le plus souvent suicidaires, parfois        produisant des baies de couleur rouge, groupées en épi.
consécutives à une consommation de préparations phytothéra-
piques et plus rarement par confusion avec des racines alimen-        Principes toxiques
taires (navet, raifort, céleri).
                                                                         Ils sont peu connus chimiquement. Il s’agit de l’aroïne, de
Symptômes [14-16]                                                     saponosides, de l’oxalate de calcium, de la conicine. L’aroïne
   Ils apparaissent rapidement après l’ingestion (entre 15 minu-      provoque une irritation locale importante au niveau de la peau
tes et 2 heures) et se caractérisent par des paresthésies de la       et des muqueuses et a une action stimulante puis paralysante au
bouche, des lèvres et du pharynx pouvant s’étendre progressi-         niveau du système nerveux central.
vement vers les extrémités, des nausées, des vomissements,
parfois des diarrhées, une hypersialorrhée, des vertiges, une         Circonstances d’intoxication
asthénie.                                                                Les intoxications concernent surtout les enfants qui sont
   Dans les cas graves surviennent des troubles cardiaques avec       attirés par les baies de couleur rouge et de saveur sucrée.
surtout tachycardie ventriculaire, fibrillation ventriculaire,
dysrythmies, ainsi qu’une dépression respiratoire.                    Symptômes
Traitement                                                               La mastication et l’ingestion de feuilles ou de baies provo-
   L’ingestion d’aconit nécessite une hospitalisation dans un         quent une forte irritation buccopharyngée avec douleurs
service de réanimation avec une surveillance électrocardiogra-        buccales lancinantes, hypersialorrhée, tuméfaction labiale et
phique (ECG) continue. L’évacuation du toxique par vomisse-           linguale, vomissements et diarrhées. En cas d’ingestion massive
ment provoqué ou lavage gastrique doit être préconisée en cas         (peu probable en raison de l’âcreté de la plante) on peut
de délai court (moins de 1 heure), sous surveillance ECG, et ne       observer : paresthésies, troubles du rythme cardiaque,
doit surtout pas retarder le traitement symptomatique. Il             somnolence.
n’existe pas de consensus concernant le meilleur traitement des
arythmies ventriculaires : amiodarone, flécaïnide, mexilétine [17],
brétylium ont été utilisés avec succès dans certains cas.

■ Amandes amères
Botanique
   L’amandier est un arbre à fleurs blanches et rosées apparte-
nant à la famille des Rosacées. La variété amara se distingue de
la variété dulcis par la présence d’un hétéroside cyanogène.

Principes toxiques
   Les amandes amères ainsi que les amandes des noyaux de
fruits d’autres rosacées (abricot, pêche, prune) contiennent un
glucoside cyanogène, l’amygdaloside, dont l’hydrolyse libère
dans l’organisme de l’acide cyanhydrique. Une amande amère
libère environ 1 mg d’acide cyanhydrique (HCN) ; la dose létale
pour l’enfant serait de six à dix amandes amères.

Circonstances d’intoxication
  L’intoxication se produit par ingestion d’amandes amères ou
par ingestion d’amandes de noyaux de fruits. Exceptionnelle-
ment, elle peut être volontaire.

Symptomatologie
   Les signes d’une intoxication avérée sont ceux de l’intoxica-
tion cyanhydrique avec malaise, dyspnée, sueurs, tachycardie et,
en cas d’intoxication grave, coma et convulsions.                         Figure 2.   Arum tacheté. Arum maculatum L. Aracées (fleur).

4                                                                                                                       Médecine d’urgence
                                                                                                    Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


                                                                     Botanique
                                                                        C’est une plante herbacée vivace, à tige dressée, fructifiant
                                                                     vers les mois d’août-septembre. Le fruit est une baie globuleuse,
                                                                     de la taille d’une cerise, enchâssée au centre d’un calice étoilé ;
                                                                     sa saveur est amère et désagréable.

                                                                     Principes toxiques
                                                                       Toute la plante est toxique ; elle renferme divers alcaloïdes
                                                                     dont les principaux sont l’atropine [18] et l’hyoscyamine,
                                                                     substances à action parasympatholytique inhibant de façon
                                                                     compétitive et réversible la fixation de l’acétylcholine au niveau
                                                                     des récepteurs muscariniques. Il en résulte au niveau des
                                                                     organes concernés des effets sympathomimétiques.

                                                                     Circonstances d’intoxication
                                                                       La belladone est le plus souvent consommée accidentellement
                                                                     par des enfants et plus rarement par des adultes dans un
                                                                     contexte suicidaire [19], toxicomaniaque ou de confusion avec
                                                                     des baies comestibles.

                                                                     Symptômes [20]
                                                                        Les symptômes apparaissent 30 minutes à 2 heures après
                                                                     l’ingestion de quelques baies (3-4 sont suffisantes) et compor-
                                                                     tent un ou plusieurs des signes cliniques suivants : troubles
                                                                     digestifs avec nausées et vomissements, sécheresse buccale,
                                                                     mydriase, tachycardie, hyperthermie, confusion mentale, délire,
     Figure 3.   Arum tacheté. Arum maculatum L. Aracées (fruit).    convulsions, coma.

                                                                     Traitement
                                                                       Il est symptomatique. La physostigmine a été utilisée avec
                                                                     succès par certains auteurs [19].


                                                                     ■ Berce (Heracleum
                                                                     mantegazzianum L.).
                                                                     Famille des ombellifères
                                                                        Le genre Berce regroupe environ 70 espèces parmi lesquelles
                                                                     Heracleum mantegazzianum (Giant hogweed) qui mérite une
                                                                     attention particulière [21].
                                                                        Toutes les parties de cette ombellifère (racines, feuilles, tiges
                                                                     et surtout les fruits) contiennent des furocoumarines dont
                                                                     certaines sont du type linéaire des psoralènes. La projection du
                                                                     suc de la plante sur une peau humide avec une exposition
                                                                     concomitante à la lumière solaire induit une réaction photo-
                                                                     toxique avec érythème, prurit, hyperpigmentation, lésions
                                                                     vésiculaires et parfois phlycténulaires [22].


                                                                     ■ Ciguë. Famille des ombellifères
                                                                       On trouve dans nos régions deux types de ciguës, éminem-
                                                                     ment toxiques toutes les deux. Il s’agit de :
                                                                     • la ciguë vireuse ou Cicuta virosa L. :
                                                                       C en français : ciguë vireuse, ciguë aquatique, persil des chats,
                                                                          persil des marais,
     Figure 4.   Belladone. Atropa belladona L. Solanacées (fleur).     C en anglais : Water hemlock, Brook tongue, Cowbane ;
                                                                     • la grande ciguë ou Conium maculatum L. :
                                                                       C en français : grande ciguë, ciguë officinale, ciguë de Socrate,
Traitement                                                             C en anglais : Hemlock, St Bennetth’s berb.
  Il est symptomatique. Les glaçons peuvent soulager les
douleurs buccales.                                                   Botanique
                                                                        La ciguë vireuse pousse dans les marais et les fossés. Ses tiges
■ Belladone (Atropa belladona L.).                                   cylindriques atteignent 60 cm à 1,5 m. Elles sont rougeâtres à
                                                                     la base et aux nœuds. Les fleurs, en ombelles, blanches,
Famille des solanacées (Fig. 4)                                      apparaissent en juillet-août. Sa racine cloisonnée contient un
                                                                     latex jaune, de saveur amère, qui brunit à la lumière.
                                                                        La grande ciguë est une herbe haute (1-2 m), bisannuelle, à
Noms vernaculaires et synonymes                                      tige creuse cannelée. Elle fleurit de juin à août ; les fleurs sont
• En français : belle dame, bouton noir, mandragore baccifère.       des ombelles blanches. La grande ciguë dégage une odeur fétide
• En anglais : Deadly nightshade, Belladona, Dwale, Banwort.         (d’urines de souris) quand on la froisse.

Médecine d’urgence                                                                                                                            5
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


Principes toxiques [23]
   Le rhizome de la ciguë vireuse est riche en dérivés acétyléni-
ques : cicutoxine, cicutol, falcarindiol et autres. La cicutoxine
est un poison violent pour l’homme comme pour l’animal. Son
action est irritante sur les muqueuses digestives, mais surtout
neurotoxique.
   La grande ciguë contient des alcaloïdes pipéridiniques dont le
plus important est la coniine qui prédomine dans les fruits
mûrs ; dans les parties végétatives on trouve surtout de la
conicéine. Toute la plante est toxique ; 5 à 8 g de feuilles
représenteraient une dose toxique pour l’homme. La coniine est
un alcaloïde neurotoxique qui bloque la transmission nerveuse
au niveau de la jonction neuromusculaire.

Circonstances d’intoxication
  Les intoxications peuvent être volontaires ou accidentelles,
par confusion avec des feuilles, des fruits ou des racines
d’apiacées comestibles : cerfeuil, persil, céleri, anis, fenouil,
angélique.

Symptomatologie [24, 25]
   L’ingestion de ciguë vireuse provoque : brûlures oropharyn-
gées, vomissements, douleurs abdominales, convulsions, acidose
métabolique, rhabdomyolyse et insuffisance rénale aiguë.
L’évolution peut être fatale en quelques heures [24].
   L’intoxication par la grande ciguë se traduit par une irritation
digestive associée à une paralysie ascendante avec sensation de
refroidissement des extrémités. Le décès est consécutif à une            Figure 5.    Colchique. Colchicum autumnale L. Liliacées (feuilles).
paralysie respiratoire. L’intoxication par la grande ciguë provo-
que elle aussi une rhabdomyolyse et une nécrose tubulaire
rénale. La description de la mort de Socrate nous en résume le
tableau.

Traitement
   Une évacuation digestive précoce est préconisée. Le traite-
ment sera par ailleurs symptomatique : ventilation en cas de
paralysie respiratoire, réhydratation, anticonvulsivants, sur-
veillance de la fonction rénale. Si le patient survit à l’intoxica-
tion, des paralysies peuvent persister.
   Nous citerons également ici une plante commune dans le
Sud-Ouest européen, l’oenanthe safranée ou Oenantha crocata
L., de la famille des apiacées (en anglais : Hemlock dropwort). Elle
contient un principe toxique, l’oenanthotoxine (polyénine)
concentrée dans ses racines et dont la toxicité est similaire à
celle de la cicutoxine (Cf. supra).


■ Colchique (Colchicum autumnale
L.). Famille des liliacées (Fig. 5, 6)
Synonymes et noms vernaculaires
• En français : safran des prés, tue-chien, oignon du loup.
• En anglais : Meadow saffron, Autumn crocus.

Botanique
  C’est une plante herbacée vivace, de 10 à 30 cm, fleurissant
d’août à novembre. Fruits et feuilles apparaissent au printemps           Figure 6.    Colchique. Colchicum autumnale L. Liliacées (fleur).
suivant. Le fruit est une grosse capsule verte, renflée, à trois
loges, renfermant chacune 60 à 80 graines.
                                                                       Symptômes [27, 28]
Principes toxiques
                                                                          Les intoxications par colchique sont graves et mettent en jeu
   Le principal composé est la colchicine qui inhibe la forma-         le pronostic vital. Les premiers signes sont digestifs et apparais-
tion des microtubules en se fixant sur la tubuline avec, pour          sent après un délai de quelques heures : vomissements très
conséquence, un blocage de la mitose au stade de la métaphase.         importants puis diarrhées profuses rapidement responsables
                                                                       d’une déshydratation.
Circonstances d’intoxication                                              À ce stade, dans les 24 premières heures peut apparaître, dans
  Il s’agit surtout d’intoxications survenant au printemps, par        les cas très sévères, une insuffisance circulatoire aiguë, même
confusion des feuilles avec celles de l’ail des ours [26] ou du        après rééquilibration hydroélectrolytique.
poireau sauvage et plus rarement d’intoxications chez l’enfant            Vers le 3e jour apparaît une aplasie médullaire qui va durer
par consommation de graines ou d’intoxications volontaires             de 2 à 6 jours et dont le risque est infectieux et hémorragique.
chez l’adulte [27].                                                    Vers le 10e jour apparaît une alopécie.

6                                                                                                                            Médecine d’urgence
                                                                                                      Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


Traitement                                                             • En français : stramoine, herbe du diable, pomme épineuse,
                                                                         herbe aux sorciers, herbe aux taupes.
   L’évacuation digestive est rarement réalisée en raison du délai     • En anglais : Jimson weed, Thorne apple (Angel’s trumpet corres-
généralement long entre l’ingestion et l’admission en milieu             pond au Datura suaveolens).
hospitalier. De plus, les vomissements ne permettent le plus
souvent pas l’administration de charbon activé qui adsorbe la
colchicine. Le traitement est donc principalement symptomati-          Botanique
que avec une surveillance quotidienne de l’ionogramme, de                 Plante herbacée de 40 à 100 cm de hauteur, fleurissant de
l’hémogramme et de la prothrombine.                                    juillet à octobre (grandes fleurs blanches en forme de trom-
                                                                       pette). Son fruit est une grosse capsule ovoïde épineuse qui
■ Coloquinte (Citrullus colocynthis                                    renferme de nombreuses graines noirâtres. Cette plante est
                                                                       largement cultivée pour son aspect décoratif.
L.). Famille des cucurbitacées
   Les fruits de la coloquinte sont utilisés à titre décoratif. Ils
                                                                       Principes toxiques
contiennent des cucurbitacines qui sont des triterpènes tétracy-          Toutes les parties de la plante sont toxiques et renferment des
cliques, amères et cytotoxiques. L’intoxication peut survenir lors     alcaloïdes qui sont : l’hyoscyamine (alcaloïde principal), la
d’une ingestion volontaire ou accidentelle de graines ou de            scopolamine, et l’atropine présente en faible quantité. Le datura
fruits.                                                                est, comme la belladone, un parasympatholytique mais dont
   La consommation de coloquinte provoque une gastroentérite           l’effet est plus intense.
sévère pouvant être à l’origine d’une déshydratation. Le traite-
ment est symptomatique.                                                Circonstances d’intoxication
                                                                          La consommation de cette plante dans un but addictif sous
■ Cytise (Laburnum anagyroides L.).                                    forme de décoction ou d’ingestion de graines est actuellement
                                                                       le mode d’intoxication le plus fréquent [31, 32]. Plus rarement
Famille des fabacées                                                   peuvent être observées des intoxications accidentelles chez
                                                                       l’enfant ou des intoxications par confusion alimentaire chez
Noms vernaculaires et synonymes                                        l’adulte [33].
• En français : faux ébénier, cytise, cytise à grappes, ébénier
  sauvage, bois de lièvre.                                             Symptômes [34]
• En anglais : Golden chain, Laburnum.
                                                                          L’intoxication se traduit par un syndrome anticholinergique
                                                                       à symptomatologie essentiellement neuropsychique avec
Botanique                                                              excitation psychomotrice, propos incohérents, hallucinations
   C’est un arbuste des collines calcaires cultivé à titre ornemen-    visuelles, angoisse, désorientation, agressivité. La présence d’une
tal. Il fleurit en avril-mai (belles grappes pendantes de fleurs       mydriase bilatérale aréactive est constante alors que les autres
jaune d’or). Le fruit apparaît en juillet-août et est constitué        signes anticholinergiques sont inconstants : sécheresse buccale,
d’une gousse brune, mesurant à maturité 5-6 cm de long et              tachycardie sinusale, hyperthermie, rétention urinaire, nausées,
contenant deux à sept graines brunes.                                  vomissements. Dans les cas graves, on peut observer : coma,
                                                                       convulsions et détresse respiratoire. Le diagnostic peut être
Principes toxiques                                                     confirmé par des dosages sanguins et urinaires des différents
   Toute la plante est toxique. Les alcaloïdes sont surtout            alcaloïdes.
présents dans la graine. La cytisine (1,5 % dans la graine) est un
alcaloïde quinolizidinique puissant dont l’action est similaire à      Traitement
celle de la nicotine.                                                     Il est avant tout symptomatique et comporte une surveillance
                                                                       clinique, l’administration de sédatifs et une réhydratation. Un
Circonstances d’intoxication                                           lavage gastrique peut être préconisé, en particulier en cas
   Il peut s’agir d’ingestion accidentelle de graines chez l’enfant,   d’ingestion de graines. Dans les intoxications sévères résistantes
de confusion avec les fleurs de robinier (faux acacia) utilisées       au traitement symptomatique, certains auteurs ont préconisé
pour confectionner des beignets [29] ou, exceptionnellement,           l’administration de physostigmine, anticholinergique qui n’est
d’intoxication volontaire.                                             actuellement plus disponible en France.

Symptomatologie [30]
   L’ingestion est suivie rapidement (15 à 60 minutes) de
                                                                       ■ Dieffenbachia.
troubles digestifs : hypersialorrhée et vomissements pouvant           Famille des aracées
persister quelques heures.
   En cas d’intoxication massive apparaissent des troubles             Noms vernaculaires et synonymes
neurologiques : céphalées, hallucinations, vertiges, fascicula-
tions, convulsions, coma et dépression respiratoire.                     En anglais : Dumb cane

Traitement                                                             Botanique
   Le traitement consiste en une évacuation digestive en cas              Plante ornementale originaire d’Amérique du Sud. L’espèce
d’ingestion récente, une surveillance hospitalière et un traite-       Dieffenbachia picta est la plus populaire. L’aspect décoratif de
ment symptomatique. En cas d’ingestion de fleurs (beignets), les       ses grandes feuilles panachées de blanc ou de jaune ainsi que sa
troubles sont surtout digestifs et l’effet émétisant de la cytisine    bonne résistance en font une plante très répandue dans les
permet d’évacuer « spontanément » une partie du toxique.               appartements et les lieux publics.


■ Datura (Datura stramonium L.).                                       Principes toxiques
                                                                          Branches et feuilles renferment des cristaux d’oxalate de
Famille des solanacées                                                 calcium contenus dans des cellules fusiformes (idioblastes)
                                                                       capables de les éjecter avec force et d’occasionner ainsi des
Noms vernaculaires et synonymes                                        lésions mécaniques au niveau de la peau et des muqueuses [35].
  Le genre Datura comprend une vingtaine d’espèces dont la             Cette effraction tissulaire va favoriser la pénétration intratissu-
plus répandue est Datura stramonium L.                                 laire d’enzymes protéolytiques.

Médecine d’urgence                                                                                                                              7
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


Circonstances d’intoxication
   L’intoxication est due le plus souvent au mâchonnement par
des adultes ou des enfants de l’extrémité d’une tige ou d’un
fragment de feuille.

Symptômes [36, 37]
   Après quelques minutes apparaît une sensation de brûlure
intense de la cavité buccale avec hypersalivation. Dans les cas
sévères apparaît un œdème buccal avec phlyctènes. Cet œdème
peut atteindre l’oropharynx et être responsable d’aphonie, de
troubles de la déglutition et de troubles respiratoires. Lorsque la
plante a été déglutie (ce qui est rare) on observe un syndrome
gastroentéritique avec lésions corrosives du tractus digestif. Le
contact oculaire avec la sève provoque une douleur immédiate
et intense avec larmoiement et œdème palpébral. Une atteinte
de l’épithélium cornéen est possible.

Traitement
  En cas de contact buccal, liquides frais et glaçons soulagent
douleur et œdème. En cas d’ingestion, il est nécessaire de
réaliser une surveillance en milieu hospitalier particulièrement
en raison du risque d’œdème pharyngé. Le traitement est
symptomatique avec administration éventuelle d’antalgiques,
d’antihistaminiques et/ou de corticoïdes.


■ Digitale pourpre (Digitalis
                                                                              Figure 8.   Digitale pourpre. Digitalis purpurea L. Scrofulariacées (fleur).
purpurea L.).
Famille des scrofulariacées (Fig. 7, 8)                                       Botanique
                                                                                 C’est une plante herbacée bisannuelle à tige haute de 50 cm
Synonymes et noms vernaculaires                                               à 1,60 m. Les fleurs se présentent, de mai à septembre, sous
• En français : digitale, doigtier de Notre-Dame, gantelet.                   forme d’une longue grappe unilatérale de fleurs pourpres en
• En anglais : Purple foxglove, Common foxglove, Lady glove,                  « doigt de gant ». Le fruit est une capsule ovoïde pubescente,
  Bloody finger.                                                              contenant les graines.
  En France, on trouve trois espèces spontanées : Digitalis
purpurea L. : digitale pourpre ; Digitalis lutea L. : digitale jaune ;        Principes toxiques
Digitalis grandiflora L. : digitale à grandes fleurs.                            Ils sont présents dans toute la plante, plus particulièrement
  La digitale laineuse, Digitalis lanata, est une espèce unique-              dans les feuilles et les graines. La feuille de digitale contient des
ment cultivée, la plus utilisée dans l’industrie pharmaceutique               flavonoïdes, des anthraquinones, des saponosides, mais surtout
pour l’extraction des hétérosides.                                            des hétérosides cardiotoniques ou cardénolides.
                                                                                 Les cardénolides comportent une génine combinée à une
                                                                              partie osidique constituée de quatre sucres. Une hydrolyse libère
                                                                              un hétéroside secondaire, dont la digitoxine (ou digitaline), la
                                                                              gitoxine et la gitaloxine. On admet que 40 g de feuilles fraîches
                                                                              représentent une dose mortelle chez l’homme.

                                                                              Propriétés pharmacologiques
                                                                                 Les cardénolides agissent en inhibant la Na K-adénosine
                                                                              triphosphatase (ATPase) membranaire. Ils ont un effet inotrope
                                                                              positif, chronotrope négatif, dromotrope négatif. Ils ont par
                                                                              ailleurs un effet vasoconstricteur, diurétique ainsi qu’un effet
                                                                              central (stimulation des centres visuels et du vomissement).

                                                                              Circonstances d’intoxication
                                                                                 Il peut s’agir d’ingestion accidentelle chez l’enfant de feuilles
                                                                              ou de fleurs, de confusion avec des feuilles de bourrache
                                                                              utilisées pour la préparation de salades ou de tisanes [38, 39] ou
                                                                              d’intoxication volontaire chez l’adulte.

                                                                              Symptômes [40]
                                                                                Ils associent les troubles suivants.

                                                                              Troubles digestifs
                                                                                Il s’agit de nausées, de vomissements dans les premières
                                                                              heures, avec douleurs abdominales et éventuellement diarrhée.

                                                                              Troubles neurosensoriels
                                                                                 Il s’agit de confusion, d’hallucinations, de troubles de la
Figure 7.    Digitale pourpre. Digitalis purpurea L. Scrofulariacées (hampe   vision avec dyschromatopsie (vision en jaune), ou de halos
florale).                                                                      colorés.

8                                                                                                                                     Médecine d’urgence
                                                                                                       Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


Troubles cardiaques                                                     Circonstances d’intoxication
   Il s’agit de bradycardie, de troubles de la conduction et de            Il s’agit d’une intoxication saisonnière par ingestion acciden-
l’automatisme cardiaque : bradycardie sinusale, pauses sinusales,       telle de baies chez l’enfant, le gui faisant partie du décor de nos
bloc auriculoventriculaire de degré 1, 2 ou 3 ; tachycardie             maisons pendant les fêtes de fin d’année.
sinusale ou jonctionnelle, extrasystoles, tachycardie ou fibrilla-         Plus rarement, il peut s’agir d’une ingestion volontaire de
tion ventriculaires. Ces troubles peuvent être associés à une           feuilles ou de baies dans un but suicidaire.
hyperkaliémie, facteur de gravité de cette intoxication.
                                                                        Symptomatologie [42]
Traitement                                                                 L’ingestion d’un faible nombre de baies ou de feuilles n’est en
   Si l’intoxiqué est vu rapidement après l’ingestion, un lavage        général suivie que de troubles digestifs mineurs. En quantité
gastrique ou des vomissements provoqués peuvent être indiqués           massive, on peut observer, en plus des troubles digestifs, des
(délai 1 à 2 heures). Le charbon activé est utile.                      troubles cardiovasculaires avec hypotension et bradycardie.
   Le traitement comporte la correction prudente de l’hypoka-              La toxicité du gui a surtout été notée lors de l’administration
liémie et de la bradycardie par atropine. Un traitement spécifi-        parentérale avec possibilité de réaction anaphylactique [43].
que par les anticorps antidigitaliques (Digidot®) représente le
traitement de choix d’une intoxication grave. Un dosage de la           Traitement
digoxine et de la digitoxine permet d’évaluer la gravité de
l’intoxication (éventuellement dosage des hétérosides spécifi-            Il est symptomatique.
ques si on dispose d’un laboratoire adéquat) [41].
                                                                        ■ If (Taxus baccata l.)
■ Gui (Viscum album L.).                                                  Nom anglais : Yew.
Famille des loranthacées (Fig. 9)
                                                                        Botanique
Noms vernaculaires et synonymes                                            Arbre de 4 à 15 mètres de hauteur à feuilles persistantes,
• En français : gui, blondeau, vert de pommier.                         fréquemment planté dans les parcs, jardins et cimetières. Le
• En anglais : Misteltoe, Masslin, All-heal, European misteltoe.        fruit, faussement appelé « baie » est formé d’un arille sacciforme
                                                                        rouge entourant une graine ellipsoïde.
Botanique
   Le gui est un sous-arbrisseau hémiparasite de 20-50 cm,
                                                                        Principes toxiques
glabre. Les fruits sont des baies blanches, translucides de la taille     Hormis l’arille, toutes les parties de la plante sont toxiques et
d’un petit pois.                                                        renferment des taxines, alcaloïdes de structure complexe : 1 g de
                                                                        feuilles d’if contiendrait environ 5 mg de taxines. Les taxines
Principes toxiques                                                      sont des antagonistes des canaux calciques et sodiques et ont
                                                                        des propriétés similaires à celles des antiarythmiques [44, 45].
   Les feuilles de gui renferment des viscotoxines et des lectines
glycoprotéiques (viscumine). La viscumine agit en inhibant la
synthèse protéique. La viscotoxine a un effet vasoconstricteur et
                                                                        Circonstances d’intoxication
cardiotoxique (effet inotrope négatif). Le gui a une action                Chez l’adulte, l’intoxication est en règle générale suicidaire ou
hypotensive quand il est administré par voie parentérale. Les           consécutive à une ingestion de baies ou de feuilles chez un sujet
baies provoquent une irritation digestive par ingestion. Les            mentalement déficient.
lectines présentes dans la plante ont des effets cytotoxiques et           Ces intoxications sont souvent graves et mettent en jeu le
immunostimulants.                                                       pronostic vital. Chez l’enfant, les intoxications accidentelles
                                                                        sont souvent bénignes en raison de l’ingestion de la partie
                                                                        charnue non toxique de la « baie » ou de l’ingestion d’une
                                                                        faible quantité de « baies » avec un noyau non mâché [46].

                                                                        Symptômes [47]
                                                                           L’if a une toxicité digestive, neurologique et cardiaque. Les
                                                                        signes cliniques apparaissent en moyenne 2 à 3 heures après
                                                                        l’ingestion et comprennent : des signes digestifs (nausées,
                                                                        vomissements, douleurs abdominales), des signes neurologiques
                                                                        (coma, convulsions), des signes cardiaques (troubles de la
                                                                        conduction ventriculaire, choc cardiogénique, tachycardie et
                                                                        fibrillation ventriculaire).

                                                                        Traitement
                                                                           L’évacuation digestive peut être préconisée en cas d’ingestion
                                                                        massive dans un contexte suicidaire par exemple. Le traitement
                                                                        des troubles cardiaques peut faire appel à l’entraînement
                                                                        électrosystolique, la perfusion de solutés alcalins, l’administra-
                                                                        tion de lidocaïne ou d’anticorps antidigitaliques [48].


                                                                        ■ Jusquiame noire (Hyoscyamus
                                                                        niger L.).
                                                                        Famille des solanacées (Fig. 10)
                                                                        Synonymes et noms vernaculaires
                                                                        • En français : fève à cochons.
            Figure 9.   Gui. Viscum album L. Loranthacées.              • En anglais : Henbane, Fetid night shade.

Médecine d’urgence                                                                                                                               9
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


                                                                     Principes toxiques
                                                                       Les feuilles renferment du prunasoside et la graine de l’amyg-
                                                                     daloside qui sont des hétérosides cyanogènes (Cf. supra Amande
                                                                     amère). La pulpe du fruit n’en renferme pratiquement pas.

                                                                     Circonstances d’intoxication
                                                                        Elle peut survenir par ingestion de fruits du laurier cerise chez
                                                                     l’enfant. La chair du fruit n’est pas toxique. Le noyau, recraché
                                                                     ou avalé sans être mâché ne provoque pas de symptômes.

                                                                     Symptomatologie. Traitement
                                                                       L’ingestion de baies ne sera suivie que de troubles digestifs
                                                                     mineurs. L’ingestion de feuilles se traduira par une intoxication
                                                                     de type cyanhydrique.

                                                                     ■ Laurier rose (Nerium oleander L.).
                                                                     Famille des apocynacées
                                                                     Noms vernaculaires et synonymes
                                                                     • En français : laurose, nérion, oléandre, rhododaphné, nérier à
                                                                       feuille de laurier.
                                                                     • En anglails : Oleander, Rose-bay.

                                                                     Botanique
                                                                       C’est un arbuste de 2-3 m de hauteur, spontané dans les pays
                                                                     méditerranéens, cultivé et ornemental en zone plus septentrio-
        Figure 10. Jusquiame. Hyoscyamus niger L. Solanacées.        nale. Les feuilles sont persistantes, ovales et allongées. Le laurier
                                                                     rose fleurit de juin à septembre ; les fleurs sont rouges, roses ou
                                                                     blanches ; les graines sont petites allongées et velues.
Botanique
   Plante herbacée à poils visqueux d’odeur nauséabonde. Les         Principes toxiques
fleurs sont jaune pâle et le fruit est une capsule s’ouvrant par       Toutes les parties de la plante sont toxiques. Les feuilles
un petit opercule et renfermant de nombreuses graines.               renferment 1,5 % d’hétérosides cardiotoniques, dont l’oléan-
                                                                     drine, composant majeur dont la structure est proche de celle
Principes toxiques                                                   des hétérosides digitaliques [51].
   La jusquiame renferme, comme la belladone et le datura, des
alcaloïdes tropaniques (hyoscyamine et scopolamine), mais en
                                                                     Circonstances d’intoxication
concentration plus faible, ce qui explique un effet parasympa-         Il peut s’agir d’intoxications accidentelles chez l’enfant par
tholytique moindre. Seules les graines sont riches en alcaloïdes     consommation de feuilles, fleurs ou graines, ou d’intoxications
et donc toxiques.                                                    volontaires chez l’adulte.

Circonstances d’intoxication                                         Symptômes
                                                                       Les symptômes de l’intoxication sont ceux de l’intoxication
   Les intoxications sont exceptionnelles. L’odeur nauséabonde       digitalique, regroupant :
repousse généralement les consommateurs accidentels. Quelques        • des troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs
cas d’intoxications volontaires dans un but toxicomanogène ont         abdominales ;
été rapportés chez des adolescents [49].                             • des troubles neurosensoriels : agitation, confusion, troubles de
                                                                       la vision des couleurs ;
Symptômes [50] et traitement                                         • des troubles cardiaques (Cf. supra Digitale pourpre).
   Le tableau clinique associe un ou plusieurs des signes anti-
cholinergiques suivants : mydriase, hallucinations et plus           Traitement
rarement : vomissements, tachycardie, convulsions, hyperther-           Si le patient est vu rapidement après l’ingestion (1-2 heures),
mie, coma. Le traitement est symptomatique.                          une évacuation digestive peut être préconisée. Le charbon activé
                                                                     peut ralentir l’absorption. En cas d’intoxication sévère avec
                                                                     troubles cardiaques les anticorps antidigitaliques ont été utilisés
■ Laurier cerise (Prunus                                             avec succès [52, 53]. Des dosages de digoxine et de digitoxine
                                                                     (éventuellement des hétérosides spécifiques) permettent de
laurocerasus L.).                                                    suivre cette intoxication.
Famille des rosacées
                                                                     ■ Muguet (Convallaria majalis L.).
Noms vernaculaires et synonymes                                      Famille des liliacées (Fig. 11, 12)
• En français : laurier-palme.
• En anglais : English laurel, Camellifolia, Cherry laurel.          Noms vernaculaires et synonymes
                                                                     • En français : muguet, lys des vallées, lys de mai, clochette des
Botanique                                                              bois.
  C’est un arbuste originaire d’Europe orientale, décoratif, à       • En anglais : Lily of the valley, May lilly, Mugget.
feuillage persistant. Les feuilles de couleur vert sombre dégagent
une odeur d’amande amère quand on les froisse. Les fruits            Botanique
apparaissent en septembre-octobre et forment des grappes de            C’est une plante herbacée vivace de 10 à 30 cm de hauteur.
baies ovales, noires, à noyau unique.                                Les fleurs sont blanches, en forme de clochettes. Les fruits

10                                                                                                                      Médecine d’urgence
                                                                                                      Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


                                                                        Circonstances d’intoxication
                                                                           L’intoxication est principalement accidentelle chez l’enfant
                                                                        par consommation des baies [54]. Dans ce cas, il s’agit le plus
                                                                        souvent d’une intoxication bénigne, généralement asymptoma-
                                                                        tique [46] . Chez l’adulte, elle peut être consécutive à une
                                                                        confusion avec les feuilles de l’ail d’ours ou volontaire dans un
                                                                        contexte suicidaire. L’ingestion de l’eau du vase ayant contenu
                                                                        un bouquet de muguet ne représente qu’un risque minime.

                                                                        Symptomatologie
                                                                           L’ingestion de muguet peut provoquer des troubles digestifs
                                                                        (nausées, vomissements, diarrhées). En quantité massive, des
                                                                        troubles cardiovasculaires peuvent apparaître, comme ceux
                                                                        observés dans les intoxications digitaliques [6] (Cf. supra).

                                                                        Traitement
                                                                          En cas d’ingestion récente d’une quantité importante, une
                                                                        évacuation gastrique peut être proposée. Une surveillance
                                                                        électrocardiographique est nécessaire en cas d’intoxication
                                                                        symptomatique.


                                                                        ■ Muscade (Myristica fragrans)
                                                                        Noms vernaculaires et synonymes
                                                                          En anglais : Nutmeg.
      Figure 11.     Muguet. Convallaria majalis L. Liliacées (fleur).
                                                                        Botanique
                                                                          Plante originaire d’Inde à feuillage persistant. Son fruit séché
                                                                        donne la noix de muscade, épice bien connue.

                                                                        Principe actif. Pharmacologie
                                                                         La muscade contient une huile essentielle ainsi que de la
                                                                        myristicine qui a un effet psychostimulant et hallucinogène.

                                                                        Circonstances d’intoxication
                                                                          L’intoxication est généralement volontaire dans un but
                                                                        toxicomanogène [55].

                                                                        Symptomatologie [56, 57]
                                                                           De 5 à 15 g peuvent provoquer des effets toxiques (trois noix
                                                                        de muscade entières ou deux cuillères à café sous forme de
                                                                        poudre). Les effets sont d’abord digestifs, avec nausées et
                                                                        vomissements. À doses importantes, on note : tachycardie,
                                                                        sécheresse de bouche, hyperthermie, anxiété, excitation,
                                                                        hallucinations. La symptomatologie régresse généralement dans
                                                                        les 24 heures.

                                                                        Traitement
                                                                          Il est symptomatique.


                                                                        ■ Narcisse (Narcissus
                                                                        pseudonarcissus L.).
      Figure 12.     Muguet. Convallaria majalis L. Liliacées (baie).
                                                                        Famille des amaryllidacées
                                                                        Botanique
apparaissent vers le mois d’octobre ; ce sont des baies arrondies,        C’est une plante cultivée dans les jardins. Les fleurs sont
rouges à maturité qui contiennent une graine ovoïde.                    blanches pour le narcisse et jaunes pour la jonquille.

Principes toxiques                                                      Circonstances d’intoxication
   Le muguet contient des hétérosides cardiotoniques dans les              Il s’agit pratiquement toujours d’une consommation acciden-
fleurs, les graines et les feuilles (convallatoxine, convallatoxol,     telle de bulbes, entreposés dans une cave pour l’hiver et
convalloside, convallatoxoside).                                        confondus avec des oignons. La toxicité des bulbes de jonquille
   Les autres constituants sont des saponosides, des flavonoïdes        et de tulipe est très proche de celle des bulbes de narcisse.
et des acides organiques.
   La convallatoxine est un hétéroside cardiotonique très actif,        Principes toxiques
mais qui semble très mal absorbé au niveau digestif. Les                  Il contient des alcaloïdes qui sont : homolycorine, harman-
saponosides ont un effet irritant au niveau du tube digestif.           thamine, galanthamine...

Médecine d’urgence                                                                                                                            11
25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


Symptomatologie                                                       Symptomatologie [59]
  L’ingestion provoque des troubles digestifs avec nausées,              Les signes digestifs peuvent apparaître après un délai variable
vomissements et diarrhées.                                            allant de 15 minutes à quelques heures. Le tableau est celui
                                                                      d’une gastroentérite sévère qui aboutit rapidement à une
Traitement                                                            déshydratation aiguë avec hypovolémie, choc et insuffisance
                                                                      rénale aiguë en l’absence de rééquilibration hydroélectrolytique.
   Il est symptomatique.                                              Exceptionnellement ont été rapportées : hémolyse, hypoglycé-
                                                                      mie, atteinte hépatique et rénale. Par ailleurs ont été signalées
■ Redoul (Coriaria myrtifolia L.).                                    des allergies de contact avec cette plante.

Famille des coriariaceae                                              Traitement
                                                                         Lavage gastrique ou vomissements provoqués seront mis en
Synonymes                                                             œuvre le plus rapidement possible. Il convient, par ailleurs, de
   Corroyère, sumac de Montpellier, sumac de Provence.                faire un traitement symptomatique des troubles digestifs avec
                                                                      réhydratation et correction des troubles électrolytiques.
Botanique
  Arbrisseau très commun dans les régions méditerranéennes et         ■ Vératre (Veratrum album L.).
dont les fruits ressemblent grossièrement à des mûres.                Famille des liliacées (Fig. 13)
Principes toxiques                                                    Noms vernaculaires et synonymes
   Toute les parties de la plante renferment une lactone sesqui-      • En français : vératre blanc, ellébore blanc.
terpénique : la coriamyrtine qui présente une analogie structu-       • En anglais : White hellebore, Long-wort, Poison lilly.
rale avec la picrotoxine issue du fruit de la coque du levant et
de l’anisatine contenue dans la badiane du Japon.                     Botanique
                                                                        C’est une plante herbacée vivace de 50 à 150 cm fleurissant
Circonstances d’intoxication                                          de juillet à août. Les fleurs sont groupées à l’extrémité de la tige
   La cause la plus fréquente d’intoxication est l’ingestion de       en une longue grappe blanchâtre. Les fruits sont formés par une
fruits, surtout chez les enfants.                                     capsule brune, ovoïde s’ouvrant par trois valves au sommet et
                                                                      renfermant des graines comprimées.
Symptômes
                                                                      Principes toxiques
   Les symptômes surviennent généralement entre 30 minutes
                                                                         Le vératre renferme une vingtaine d’alcaloïdes dont la plupart
et 2 heures après l’ingestion et associent : des signes généraux
                                                                      agissent en provoquant une augmentation rapide de l’ouverture
(pâleur, céphalées, vertiges), une sécheresse buccale avec parfois
                                                                      des canaux sodiques au niveau des membranes cellulaires.
paresthésies de la langue, des troubles digestifs avec vomisse-
                                                                      L’effet bradycardisant et hypotenseur serait dû à une stimula-
ments et douleurs abdominales, des signes neurologiques avec
                                                                      tion des fibres vagales alors que les autres troubles électrocar-
convulsions voire état de mal, trismus, opisthotonos, coma,
                                                                      diographiques seraient dus à une action toxique directe au
troubles respiratoires.
                                                                      niveau du myocarde.
Traitement                                                            Circonstances d’intoxication
   Il convient d’assurer une surveillance clinique et de faire un       Il s’agit le plus souvent d’intoxications accidentelles par
traitement symptomatique, en particulier des convulsions.             confusion avec la gentiane (Gentiana lutea L.) (Fig. 14) lors de
L’efficacité de l’épuration digestive n’a pas été démontrée.


■ Ricin (Ricinus communis L.).
Famille des euphorbiacées
Noms vernaculaires et synonymes
   En anglais : Castor bean.

Botanique
   Plante arborescente, cultivée à des fins ornementales et pour
la production d’huile. La tige porte des grandes feuilles palma-
tilobées. Le fruit est une capsule tricoque hérissée de pointes. La
graine est entourée d’un tégument lisse et brillant de couleur
grise, marbré de rouge, de noir ou de brun.

Principes toxiques
   L’huile de ricin est un purgatif drastique surtout constituée de
triacylglycérols. La graine renferme une lectine glycoprotéique,
la ricine, et un dérivé de la pyridone, la ricinine. La ricine est
un poison cytotoxique qui agit en inhibant la synthèse
protéique.

Circonstances d’intoxication
  L’intoxication peut être liée à une ingestion accidentelle de
graines chez l’enfant ou volontaire chez l’adulte. Elle a été
décrite chez l’animal par ingestion de tourteaux [58]. La graine
doit être mâchée pour libérer ses principes toxiques.                           Figure 13. Vératre. Veratrum album L. Liliacées.

12                                                                                                                       Médecine d’urgence
                                                                                                                         Intoxications par les végétaux ¶ 25-030-B-20


                                                                                   [8]    Fritzsch S. Les baies toxiques [thèse], Strasbourg: Université Louis
                                                                                          Pasteur, 1983. 221p.
                                                                                   [9]    Gaillard Y, Cheze M, Pepin G. Human main plant poisoning: revue of
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                                                                                          9p.
                                                                                   [13]   Cheze M, Gaillard Y, Pepin G. Réponses analytiques aux intoxications
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                                                                                   [14]   Imazio M, Belli R, Pomari F, Cecchi E, Chinaglia A, Gaschino G, et al.
                                                                                          Malignant Ventricular Arrhythmias due to Aconitum napellus Seeds.
                                                                                          Circulation 2000;102:2907-8.
                                                                                   [15]   Tai YT, Young K. Three fatal cases of herbal aconite poisoning. Vet
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                                                                                   [16]   Tai YT, But PP, Young K, Lau CP. Cardiotoxicity after accidental herb-
                                                                                          induced aconite poisoning. Lancet 1992;340:1254-6.
                                                                                   [17]   Poy JY, Racle JP, Benkhadra A, Colas A, Brenez M. Intoxication par
                                                                                          l’aconitine : troubles du rythme cardiaque traités avec succès par la
                                                                                          mexilétine. Cah Anesthesiol 1986;34:429-33.
                                                                                   [18]   Schneider F, Lutun P, Kintz P, Astruc D, Flesch F, Tempé JD. Plasma
                                                                                          and urine concentrations of atropine after the ingestion of cooked
                                                                                          deadly nightshade berries. J Toxicol Clin Toxicol 1996;34:113-7.
                                                                                   [19]   Heindel S, Binder C, Desel H, Matthies U, Lojewski I, Bandelow B,
                                                                                          et al. Etiology of initially unexplained confusion of excitability in
                                                                                          deadly nightshade poisoning with suicidal intent. Symptoms,
          Figure 14.     Gentiane jaune. Gentiana lutea L. Gentianacées.                  differential diagnosis, toxicology and physostigmine therapy of
                                                                                          anticholinergic syndrome. Dtsch Med Wochenschr 2000;125:1361-5.
                                                                                   [20]   Southgate HJ, Egerton M, Dauncey EA. Lessons to be learned: a case
    la fabrication artisanale de liqueur à partir des racines. En effet,                  study approach. Unseasonal severe poisoning of two adults by deadly
    gentiane et vératre poussent côte à côte et sont difficiles à                         nightside (Atropa belladonna). J R Soc Health 2000;120:127-30.
    différencier quand la plante n’est pas en fleur ; les feuilles de la           [21]   Delaveau P, Faugeras G. Dermites et Berce du Caucase. Concours Med
    gentiane sont opposées et celles du vératre alternées.                                1983;105:2635-7.
       Des cas d’intoxications ont été rapportés après inhalation de               [22]   Lagey K, Duinslaeger L, Vanderkelen A. Burns induced by plants.
    poudre à éternuer de fabrication allemande ayant contenu des                          Burns 1995;21:542-3.
    broyats de rhizome de vératre [60].                                            [23]   Lopez TA, Cid MS, Bianchini ML. Biochemistry of hemlock (Conium
                                                                                          maculatum L.) alkaloids and the chronic toxicity in livestock. Toxicon
    Symptômes [61]                                                                        1999;37:841-65.
                                                                                   [24]   Heath KB. A fatal case of apparent water hemlock poisoning. Vet Hum
       Ils apparaissent entre 30 minutes et 3 heures suivant l’inges-                     Toxicol 2001;43:35-6.
    tion et se caractérisent par : troubles digestifs (nausées, vomis-             [25]   Rizzi D, Basile C, Di Maggio A, Sebastio A, Introna Jr. F, Rizzi R, et al.
    sements, parfois diarrhées), bradycardie, hypotension et plus                         Clinical spectrum of accidental hemlock poisoning: neurotoxic mani-
    rarement troubles de la conscience, vertiges, paresthésies. Du                        festations, rhabdomyolysis and acute tubular necrosis. Nephrol Dial
    point de vue cardiaque, en dehors d’une bradycardie sinusale                          Transplant 1991;6:939-43.
    fréquente, il a été signalé : bloc auriculoventriculaire, troubles             [26]   Klintschar M, Beham-Schmidt C, Radner H, Henning G, Roll P.
    de la repolarisation, troubles rythmiques, allongement du QT.                         Colchicine poisoning by accidental ingestion of meadow saffron:
                                                                                          pathological and medicolegal aspects. Forensic Sci Int 1999;20:
    Traitement                                                                            191-200.
                                                                                   [27]   Danel V, Wiart JF, Hardy G, Vincent F, Houdret N. Self-poisoning with
       Le traitement est symptomatique. L’atropine est efficace sur                       colchicum autumnale L. flowers. J Toxicol Clin Toxicol 2001;39:
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                                                                                   [28]   Brncic N, Viskovic I, Peric R, Dirlic AA, Vitezic D, Cuculic D.
.

                                                                                          Accidental plant poisoning with colchicum autumnale: report of two
    > Photographies : Jean-Georges Barth, centre hospitalier de Montbéliard,              cases. Croatian Med J 2001;42:673-5.
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.                                                                                         lective aux fleurs de cytise. Presse Med 1986;15:1103-4.
                                                                                   [30]   Richards HG, Stephens A. A fatal case of laburnum seed poisoning.
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                                                                                          Birmes P, Chounet V, Mazerolles M, Cathala B, Schmitt L, Lauque D.
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25-030-B-20 ¶ Intoxications par les végétaux


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F. Flesch, Praticien hospitalier (flesch.francoise@chru-strasbourg.fr).
E. Krencker, Médecin attaché.
Centre antipoison, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, 1, place de l’Hôpital, 67091 Strasbourg cedex, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Flesch F., Krencker E. Intoxications par les végétaux. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Médecine
d’urgence, 25-030-B-20, 2007.




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