FANNY ARDANT by L28387u

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									                                 FANNY ARDANT




                              L’ETERNELLE REVEUSE




La fabuleuse Fanny Ardant l’avoue elle-même, à l’heure du grand bilan elle se rendra
enfin compte qu’elle aura passé sa vie à la rêver plutôt qu’à la vivre réellement…
Il me semble que lorsqu’on a compris cela, on a tout compris, car là est tout le mystère
de la merveilleuse Fanny…
Le 22 Mars 1949, Fanny Marguerite, Judith Ardant naît à Saumur dans le Maine et Loire.
Le père de Fanny étant officier dans l’armée française, Fanny connaîtra une jeunesse
voyageuse et vivra même un certain temps à Monaco.
Douée d’une fine intelligence doublée d’une insatiable curiosité, Fanny se lance dans de
très sérieuses études à l’institut d’études politiques d’Aix en Provence avant de faire un
joyeux volte-face et se diriger vers le théâtre, plus par amour des beaux textes que par
caprice ou désirs de gloire.




C’est le très sulfureux Joël Séria qui la fait débuter à l’écran en 1976 dans l’ombre
délicieuse de Jeanne Goupil en « Marie Poupée ».
Mais c’est à la télévision, dirigée par Nina Campaneez dans « Les Dames de la Côte »
que Fanny Ardant débute véritablement sa carrière.
Il est d’ailleurs amusant de souligner qu’Edwige Feuillère, la « dame » du cinéma
français fait partie de la distribution. Cette rencontre fait presque figure de télescopage
historique, ou tout du moins de passation de flambeau, car dans quelques années, c’est
Fanny qui sera considérée comme la grande dame un rien amidonnée du cinéma.




Si on revoit aujourd’hui ces fameuses « Dames de la Côte », on trouve une Fanny
Ardant un peu engoncée dans ses costumes belle époque, un peu trop mure pour le rôle
et s’agitant comme si le décor était trop petit pour elle, il y a quelque chose de chevalin
et d’un peu raide dans les déplacements de cette femme à qui la jeunesse va moins bien
que la maturité.
Mais peu importe les défauts qu’elle a ou les qualités qui lui manquent encore, le public
est sous le charme et avec lui, un certain François Truffaut que le destin a vissé devant
la télévision à l’heure des « Dames de la Côte ».
Truffaut l’illustre est tellement ébloui qu’il contacte la jeune actrice, et lui propose un rôle
écrit à son intention, un rôle à sa mesure, celui de la belle Mathilde ressurgie du passé
dans « la Femme d’à Côté ».
Il fait d’elle sa muse, son égérie, son actrice, sa gloire, sa femme.
Lorsque François rencontre la future madame Truffaut, elle est célibataire mais déjà
maman d’une petite Lumir née le 4 Avril 1975.


Le film de Truffaut lui vaudra d’emblée le respect du public et des « gens du métier » et
sa prestation dans le film une nomination aux Césars du Cinéma Français.
François Truffaut a 18 ans de plus que sa chère Fanny mais c’est plutôt l’allergie au
mariage de Fanny que cette différence d’âge qui empêche le nouveau couple numéro un
du cinéma Français de « convoler en justes noces ».
Le public aime à les imaginer regardant les images noir et blanc du ciné club de minuit,
François écrivant, Fanny dégustant du champagne habillée par Féraud, encourageant
parfois son François d’un mot d’amour soufflé de cette voix aux graves inimitables.
Le couple aura une fille, Joséphine qui viendra au monde le 28 Septembre 1983.
On peut supposer que Fanny Ardant nage alors en plein bonheur, François Truffaut l’a
mise en scène une seconde fois dans « Vivement Dimanche » et le film vaut une
seconde nomination à l’actrice.
Fanny Ardant, compagne, mère et actrice comblée sait pourtant ses heures de bonheur
comptées.
François Truffaut est atteint d’une tumeur au cerveau qui l’emporte le 21 Octobre 1984.


Fanny Ardant devient la veuve la plus célèbre de France, elle assiste digne et follement
belle aux multiples cérémonies d’hommage au cinéaste disparu, retenant difficilement ses
larmes lorsque la voix de François Truffaut ressuscite de documents d’archives exhumés
pour la cause.
L’imaginaire des autres cinéastes semble imprégné de ce deuil et ils confineront plusieurs
années durant l’actrice dans des rôles particulièrement sombres comme s’ils la
condamnaient à un deuil éternel et très photogénique.


On sait l’actrice casanière, aimant rester chez elle à lire ou crocheter des napperons dont
elle couvre ses meubles anciens ou les touches de son piano pour éviter le jaunissement
trop rapide de l’ivoire.
On sait moins que Fanny Ardant est une femme fantasque et drôle aimant rire et se
trouver joyeusement décalée : « J’adorerais prendre le métro en robe du soir ou débouler
dans une réception avec un vieux jeans troué »
Il faudra malgré tout plus de dix ans avant que l’on autorise l’actrice Fanny Ardant à
exploiter sa fantaisie au cinéma, même si dans la plupart de ses films, elle parvient à un
moment ou un autre à donner une petite touche d’humour qui lui est propre, même au
cœur du plus sombre des drames.
Fanny Ardant, parfois a l’œil qui frise !


J’en veux pour preuve son inoubliable et chicissime strip-tease dans « Le Paltoquet »


Fanny Ardant est pour toute une décennie vouée aux femmes sachant souffrir avec chic
et distance, elle larmoie dans le feutré, meurt dans la discrétion, à la limite si elle tire un
coup de feu, ça fait moins de bruit que d’habitude. Fanny Ardant se donne aussi, bien
sûr, mais pas par vice ou à cause d’une libido déchaînée, non, elle se soumet,
s’abandonne, un peu vaincue, un peu lasse, sans crier. Avec Fanny Ardant, on ne saute
pas une salope, on cueille un lys.




Depuis « La Femme d’à Côté » les médias et la presse féminine se sont emparés de la
créature Fanny Ardant, elle devient une référence de l’élégance française au même titre
que Catherine Deneuve, Fanny Ardant c’est le chic, la classe, la distinction, le glamour
français. Rares sont les mois privés d’un édito mode « Fanny Ardant » parfois d’ailleurs
ponctués d’un commentaire bien dans son style : « Il existe de nombreuses choses
intolérables, j’en suis consciente, mais ça ne diminue en rien la torture innommable des
escarpins neufs les soirs de première »




Il faudra attendre 1996 et le choc de « Pédale Douce » pour la découvrir mal coiffée
dans des dessous criards, vociférant et avalant des pilules de toutes les couleurs avec du
champagne tiède.




Cette année là, Fanny Ardant recevra le César de la stupéfaction !
Le monde semble découvrir une nouvelle facette de cette comédienne que l’on savait
déjà sublime : l’humour !
Secouant alors la stricte organisation de son impeccable coiffure, Fanny Ardant porte
désormais un rouge à lèvres plus « rouge baiser » qu’auparavant et se charge de nous
amuser au moins autant qu’elle nous a jadis apitoyés sur ses héroïnes aux destins
funestes.




Le Public aura mis un quart de siècle avant de considérer Fanny Ardant comme une
actrice aussi complète que génialissime.
En cela le public Italien aura montré plus de célérité que le public Français, Fanny Ardant
est une diva italienne au même titre que Sophia, Gina, Ornella ou Virna, c’est dire ! Le
couple qu’elle forma à plusieurs reprises avec Vittorio Gassman est entré dans la légende
du cinéma national.


En 1990, Fanny Ardant devenait maman pour la troisième fois, d’une petite Balandine
née le 24 Avril 1990 de Fabio Conversi.
                                      QUE VOIR ?




1976 : Marie Poupée : Les débuts de Fanny Ardant dans l’ombre d’André Dussolier et
Jeanne Goupil


1980 : Les Uns et les Autres : Fanny dans la distribution fleuve de Lelouch.


1981 : La Femme d’à Côté : Fanny est bouleversante en Mathilde, une histoire d’amour
et de mort qui na rien perdu de sa force et qui valut à Fanny sa première nomination aux
Césars.
1982 : La Vie est un Roman : Rencontre Alain Resnais-Fanny Ardant pour une
collaboration qui fera long feu.


Vivement Dimanche : Ultime film de François Truffaut qui rend un hommage tardif au
cinéma policier des années 50, genre qu’il s’était tant acharné à noircir dans les célèbres
« Cahiers du Cinéma »




1983 : Benvenuta : Fanny et Vittorio Gassman pour André Delvaux.
Un Amour de Swann : Fanny rencontre Alain Delon et précède Catherine Deneuve dans
le personnage de madame Odette de Crécy.


1985 : L’Eté Prochain : Fanny Ardant dirigée par Nadine Trintignant


1986 : Mélo : Fanny retrouve Alain Resnais


Conseil de Famille : Fanny chez Costa Gravas.


La Famille : Et chez Ettore Scola


Le Paltoquet : J’adore ce film très théâtralisé avec une Jeanne Moreau impayable et une
Fanny Ardant virevoltante.




1987 : Trois sœurs : pas vu


1988 : L’Altro Enigma : Fan inconditionnel de l’actrice, Vittorio Gassman la met en scène.


1989 : Aventures de Catherine C. Alias Catherine Crachat, alias Fanny Ardant.
Pleure pas My Love : Fanny Ardant joue une star de cinéma et ce n’est ni la première ni
la dernière fois.


Australia : Une coprod belge qui donne à Fanny Ardant Jeremy Irons comme partenaire
et qui sera son producteur dans « Callas Forever »


1991 : Rien que des Mensonges : Histoire de découvrir le regretté Bashung au cinéma.


Double Vue : Thrilleur où Fanny Ardant est une maman aveugle.


1992 : La Femme du Déserteur : pas vu


1993 : Amok : pas vu


1994 : Le Colonel Chabert : Yves Angelo était un chef opérateur de renom avant de
passer à la mise en scène. Dommage. Ses images sont toujours aussi belles mais n’ont
pas trouvé d’âme.


1995 : Désiré : Remake du film homonyme de Guitry où l’on compte sur Belmondo pour
nous étourdir en subtilités.


Les Cent et Une Nuits : Tout le monde est là, Fanny aussi of course !


1996 : Ridicule : Fanny chez Patrice Leconte au temps ou un bon mot pouvait faire une
fortune et un mot malheureux provoquer la disgrâce la plus humiliante.
Sabrina : Fanny dirigée par Sidney Pollack dans le remake bien inutile d’un triomphe
d’Audrey Hepburn.


Par Delà les Nuages : Pas vu


Pédale Douce : Le déclic populaire de la carrière de Fanny (et accessoirement son César
de la meilleure actrice.


1998 : Elizabeth : Fanny est Marie de Guise.


1999 : La Débandade : Claude Berri s’inquiète de sa virilité déficiente et on s’en fout.


Augustin, Roi du Kung-fu : Il y a dans ce film les vétérans que sont Darry Cowl et
Paulette Dubost !


Le Fils de Français : Fanny dans l’univers de Lauzier, j’avoue que j’ai bien aimé.


2000 : Le Libertin : Le film fit beaucoup rire, il m’ennuya prodigieusement.


Le Dîner : Fanny chez Ettore Scola, quel bonheur. On revoit une ultime fois Vittorio
Gassman, on retrouve Stéfania Sandrelli et on est ravi de croiser Marie Gillain en si
prestigieuse compagnie.


2001 : Change-moi ma Vie : Au rayon des rencontres improbables celle de Fanny
Ardant actrice has been et d’un algérien joggeur travesti prostitué…Si vous ne croyez pas
celle-là, on trouvera autre chose.
2002 : Callas Forever : Fanny Ardant fait un tel triomphe sur scène en Maria Callas
dans « Master Class » que Franco Zeffirelli porte le personnage à l’écran.




Huit Femmes : Sacrée Pierrette ! « AAAA Quoi sert de viiivre liiiibre quand on
n’aaaaa……….




2003 : Sans Nouvelles de Dieu : On pense inévitablement à Almodovar, ne fût-ce qu’à
cause de la bande son, mais surtout à cause de la présence de ses actrices fétiches
Victoria Abril et Pénélope Cruz.
2004 : Nathalie : Anne Fontaine réunit Emmanuelle Béart belle prostituée et Fanny
Ardant sa cliente pour tendre un piège de charme à Gérard Depardieu, mais à malin
malin et demi…




2006 : Paris je t’Aime.


2007 : Roman de Gare : Fanny revient chez Lelouch


Les Secrets : Pas vu


2008 : Il Divo : Je cite le film par politesse, car Fanny n’y fait que passer.


Hello Good bye : Une comédie pseudo-drôle qui réunit Fanny à Gérard Depardieu en
Israël.


2009 : Trésor : film posthume de Claude Berri, véritable show Mathilde Seigner et Alain
Chabat très en forme sur un scénario vu cent fois.
Visage : Allons bon ! Comme la bande annonce est absolument fabuleuse, on se
précipite voir le film et on en ressort pétrifié d’ennui sans avoir compris quoi que ce soit !
Quant à Laetitia Casta, l’actrice au nez plat que tant admirent, je préférais quand même
Rita Hayworth dans le rôle ! (Y’a pas photo…Dur pour un top)


Cendres et Sang : Fanny Ardant, sûre d’elle, réalise et met en scène Roni Elkabetz qui
lui ressemble parfois furieusement.

								
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