cours petite enfance
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PETITE ENFANCE
STRUCTURES D'ACCUEIL ET D'EVEIL
Sommaire
Pages
I - LA PETITE ENFANCE : ENJEU DE SOCIETE
1) La divulgation des savoirs psychologiques ............................................. 58
2) Une politique nationale et locale pour la petite enfance ............................ 58
II - LE SUIVI MEDICAL ET SOCIAL DES JEUNES ENFANTS
1) Les services de maternité et de pédiatrie de l’hôpital ............................... 59
2) Les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) ............................ 59
III - LES DIFFERENTS MODES D’ACCUEIL ET DE GARDE
1) L’assistante maternelle .................................................... 60
2) les crèches .................................................... 61
3) Les haltes-garderies .................................................... 62
IV - LES OBJECTIFS ACTUELS DE LA POLITIQUE PETITE ENFANCE :
RECONCILIER LA VIE FAMILIALE ET LA VIE PROFESSIONNELLE
1) Un effort pour l’accueil de la petite enfance ……………………………. 63
2) L’aménagement du retour à l’exercice d’une activité professionnelle ….. 65
V - PARMI LES METIERS DE LA PETITE ENFANCE :
L’EDUCATEUR DE JEUNES ENFANTS
1) L’activité au quotidien …………………………………. 66
2) Des employeurs diversifiés …………………………………. 67
3) La formation des éducateurs de jeunes enfants …………………………. 67
Aujourd'hui, le petit enfant est l'objet de beaucoup d'attentions : sa santé, son éveil culturel,
ses problèmes, son développement, ses apprentissages, ses modes de garde et ses premiers pas
dans l'univers des adultes, sont encadrés par un monde de spécialistes.
La diffusion des connaissances sur le développement psychologique du petit enfant a mis à
jour que la période d'éveil et de découverte qui se situe des premiers mois à l'âge de 6 ans, est
capitale.
En plus des parents, pédiatres, puéricultrices, instituteurs de maternelles, éducateurs de jeunes
enfants participent à son développement. Dès son premier cri à la naissance et jusqu'à l'entrée
en classe primaire, le petit enfant traverse toute une série de dispositifs créés pour lui : service
de pédiatrie, centre de protection maternelle et infantile, crèche ou halte-garderie, centre de
loisirs, école maternelle.
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I - LA PETITE ENFANCE : ENJEU DE SOCIETE
1) La divulgation des savoirs psychologiques
Aujourd’hui, le petit enfant est considéré comme un être avec lequel on peut réellement
dialoguer. La vulgarisation de connaissances issues de la psychanalyse, les études de
Françoise Dolto, psychiatre de renom, ont permis aux parents d'assimiler des savoirs
psychologiques concernant le développement de leurs enfants.
L'idée que "tout se joue avant l'âge de 6 ans" a fait du chemin. Affectivité, créativité sont
devenues le maître-mot de la pédagogie. Les multiples émissions de télévision, la recherche
médicale nous font part des incessantes découvertes des spécialistes. De plus, comme le petit
enfant est devenu rare et précieux avec la baisse de la natalité, il est l'objet de toutes les
attentions.
2) Une politique nationale et locale pour la petite enfance
Depuis plusieurs années, la natalité est considérée comme une priorité par tous les
gouvernements successifs. Aussi, les prestations familiales n'ont-elles pas cessé de s'étendre et
de se diversifier.
Le principe clef est que le désir d'avoir un enfant ne doit pas être découragé par les problèmes
de garde ou par des considérations financières. L'objectif des gouvernants est d'élargir les
capacités d'accueil de la petite enfance et d'en faire de véritables lieux de rencontre et d'éveil.
Il est à regretter que cette capacité d’accueil soit encore insuffisante, malgré les annonces
faites à ce sujet.
QUELQUES UNES DES PRESTATIONS FAMILIALES
EN FAVEUR DES NAISSANCES ET DE LA PETITE ENFANCE :
Gratuité des visites médicales obligatoires pendant la grossesse. De 4, ces visites sont passées à 7 en 1991
Congé maternité d'une durée de trois mois, de six mois à partir du troisième enfant.
Depuis 2001, congé de quinze jours pour le père à la naissance de son enfant.
Allocation jeune enfant à partir du troisième mois de la grossesse jusqu'à l'âge de trois mois; elle peut se pro-
longer, selon les revenus, jusqu'à l'âge de trois ans. Cette allocation correspond à environ 1/6è du SMIC.
Allocations familiales versées à partir du deuxième enfant et qui progressent selon le nombre d'enfants.
Possibilité d'obtenir un congé parental non rémunéré, d'une durée de six mois à trois ans, et comportant la ga-
rantie de retrouver son emploi après ce congé parental.
Prise en compte des frais de garde dans la déclaration des revenus.
Cependant, à l'exception de l'école maternelle, le secteur de la petite enfance n'est pas du
ressort de l'Etat. L'initiative appartient aux Collectivités locales qui construisent, administrent,
recrutent ... Les municipalités en gérant 64% des crèches et 45% des haltes-garderies, ont un
rôle prépondérant dans le développement des équipements de la petite enfance. Les moyens
financiers ne suivent pas toujours.
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Pour encourager les investissements nouveaux, le gouvernement a créé un label "petite
enfance" : les villes qui s'engagent à dépenser de 1.000 F (152 €) à 5.000 F (762 €)
supplémentaires par enfant pour améliorer les structures d'accueil des enfants de 0 à 6 ans,
reçoivent en contrepartie une aide importante des caisses d'allocations familiales.Ces contrats-
enfance ont permis de créer en quelques années plus de 15 000 places de crèche.
II - LE SUIVI MEDICAL ET SOCIAL DES JEUNES ENFANTS
1) Les services de maternité et de pédiatrie de l'hôpital
Outre la mise au monde des nouveau-nés, les maternités prennent en charge les soins des tout-
petits jusqu'à 21 jours après la naissance. Les services de pédiatrie sont responsables de
l'accueil des enfants malades jusqu'à l'âge de quinze ans.
En province, tous les grands hôpitaux possèdent un service de pédiatrie pour assurer les
urgences et, à Paris, deux hôpitaux spécialisés -Les Enfants Malades et Robert Debré-
n'accueillent que les enfants.
Les services de pédiatrie comprennent toutes les spécialités. L'enfant peut y être amené pour
une simple consultation ou pour une hospitalisation de plusieurs mois.
Ces services emploient un grand nombre de professionnels de la petite enfance (notamment
45% des puéricultrices).
2) Les centres de Protection maternelle et infantile (PMI) : une assistance prévue
par la loi
La protection de la santé de la mère et de l'enfant est un droit régi par des textes de lois qui
prévoient notamment la surveillance médicale obligatoire et gratuite de la future mère et du
jeune enfant jusqu'à l'âge de six ans.
Créée en 1945 pour endiguer la mortalité infantile et veiller à la santé des femmes enceintes,
la Protection maternelle et infantile est un service public géré par chaque département. Ces
centres ont permis dès les premières années de leur création, une chute spectaculaire de la
mortalité infantile en France.
Actuellement, les parents doivent présenter leur enfant pour une visite médicale chaque mois
jusqu'à l'âge de six mois, puis aux 9è, 12è, 16è et 24è mois ; et ensuite deux fois par an jusqu'à
l'âge de six ans.
Aujourd'hui, la PMI joue aussi un rôle de prévention.
Selon les textes officiels : "La prévention est un ensemble de mesures ou d'actions
susceptibles d'empêcher l'apparition d'un état pathologique ultérieur, ou d'en réduire
l'intensité".
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LES MISSIONS DE LA PMI
Il s'agit de missions de prévention, d'action et de contrôle qui se concrétisent par :
des mesures de prévention médicales, psychologiques, sociales et d'éducation pour la
santé, en faveur des futurs parents et enfants ;
des actions de prévention et de dépistage des handicaps des enfants de moins de 6 ans,
ainsi que des conseils aux familles pour la prise en charge de ces handicaps ;
la surveillance et le contrôle des établissements des services d'accueil pour enfants de
moins de 6 ans ;
la surveillance, le suivi, l'agrément et la formation des assistantes maternelles.
L'ORGANISATION DE LA PMI
Ce service est un véritable service de santé publique de la future mère, de la mère et du jeune
enfant.
Les lois de décentralisation, notamment celle du 22 juillet 1983, ont confié aux départements
la responsabilité et le financement des services d'Action Sociale et de Santé en faveur des
jeunes enfants. Ainsi, les présidents des conseils généraux des départements doivent-ils
organiser, coordonner et promouvoir l'ensemble des actions PMI.
Environ 10 000 médecins, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, éducateurs de jeunes
enfants et psychologues interviennent dans le cadre de la PMI.
III - LES DIFFERENTS MODES D’ACCUEIL ET DE GARDE
Il est souvent difficile pour les femmes de concilier vie familiale et vie professionnelle. Dans
la plupart des cas, la garde de l'enfant est devenue un problème de société, car plus d'une
femme sur deux exerce une activité professionnelle.
Les statistiques sont éclairantes : on dénombre actuellement près de 2 300 000 enfants de
moins de trois ans et autant de trois à cinq ans. Ceci explique qu'il soit si difficile de trouver
de la place dans les crèches.
Les équipements pourtant se multiplient. Concentrés, il y a encore dix ans, dans les grandes
agglomérations, ils se développent aujourd'hui dans les villes moyennes et même dans les
communes rurales.
Comparée à nos voisins européens, la France se distingue par une grande variété de formules
offertes aux parents : crèche collective, crèche familiale, crèche parentale, assistante
maternelle ou garde au domicile familial.
1) L'assistante maternelle
Selon une étude du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des
conditions de vie), confier la garde d'un enfant à une assistante maternelle qui l'accueille chez
elle reste la solution la plus fréquente.
61
Elle offre deux avantages : le service est plus souple et l'enfant peut être gardé pendant
plusieurs années par la même personne.
Selon le Ministère de l’Emploi et de la Solidarité, on compte 220 000 assistantes maternelles
agréées par les Directions Départementales de l'Action Sanitaire et Sociale (DDASS). Au
total, elles prennent en charge plus de 300 000 enfants.
En 1991, le gouvernement a décidé de mettre l'accent sur ce mode de garde, peu encouragé
pendant longtemps, mais de plus en plus réglementé aujourd'hui : depuis le 1er janvier 1991,
une aide est versée aux familles employant une assistante maternelle agréée pour la garde d'un
enfant de moins de six ans. Cette allocation permet notamment d'acquitter une partie des
cotisations sociales de l'assistante maternelle.
2) Les crèches
Collectives, familiales ou parentales : on compte, au total près de 3 500 crèches. Un nombre
nettement insuffisant à en juger par les demandes d'inscription qui restent insatisfaites. Le
nombre de places, pourtant, augmente rapidement.
Conçues au moment de la révolution industrielle pour assurer la garde des enfants pendant
que les mères étaient à l'usine, les crèches restèrent longtemps rudimentaires. La mortalité
infantile y touchait de nombreux enfants issus de familles démunies.
Après la Seconde Guerre mondiale, la PMI introduisit des règles d'hygiène et d'encadrement
très strictes. La priorité a été pendant longtemps de protéger le jeune enfant contre les risques
de maladie et de le surveiller.
Avec l'influence des psychologues, désormais, le très jeune enfant est considéré comme un
être en devenir dont il faut préserver la santé, mais aussi développer les capacités. Il s'agit de
l’éveiller, d'accompagner sa croissance et de l’aider à acquérir son autonomie. La mission
éducative est désormais primordiale.
a - Les crèches collectives
Ce sont les plus nombreuses (environ 2 000 crèches pour 130 000 places). Elles reçoivent les
enfants de deux mois à trois ans pendant la journée, à plein temps. Leur capacité moyenne se
situe entre 40 et 60 places mais peut varier de 15 à 100 places. Sauf dérogation
exceptionnelle, seuls les enfants dont les deux parents travaillent y ont accès. Le plus souvent
gérées par des municipalités ou par des associations, les crèches peuvent aussi dépendre d'une
entreprise publique ou privée.
Les règles de fonctionnement sont partout assez strictes : il faut au moins une personne pour
cinq enfants qui ne marchent pas, et une personne pour huit enfant qui marchent.
Le diplôme d'auxiliaire de puéricultrice est obligatoire pour au moins la moitié du personnel.
Les locaux doivent répondre à des normes d'hygiène et de sécurité officielles. La direction de
la crèche est assurée par une puéricultrice ayant au moins cinq ans d'ancienneté. Un
éducateur de jeunes enfants l'assiste lorsque l'effectif est supérieur à quarante enfants. Un
pédiatre assure la surveillance médicale et, bien sûr, la crèche pourvoit aux soins élémentaires
(repas, change, toilette).
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b - Les crèches familiales
Compromis entre la crèche et la nourrice, ce service contrôle et rémunère un certain nombre
d'assistantes maternelles qui accueillent des enfants de moins de trois ans à leur domicile.
Chaque assistante maternelle peut recevoir de un à trois enfants ; elle est placée sous l'autorité
de la directrice de la crèche qui l'a recrutée. Elle peut aussi utiliser les salles de jeu de la
crèche familiale et bénéficier de son secrétariat administratif.
Généralement gérées et animées par les municipalités, les crèches familiales sont dirigées,
comme les crèches collectives, par une puéricultrice. Le personnel d'encadrement et le
médecin passent régulièrement visiter les enfants et conseiller les assistantes maternelles dans
leur tâche éducative. Cette formule associe la souplesse de l'accueil familial à une
organisation collective.
c - Les crèches parentales
Ce sont des crèches collectives gérées par une association de parents participant eux-mêmes à
la garde des enfants avec le soutien d'un personnel qualifié.
Issues des mouvements alternatifs des années soixante-dix, elles ont été mises en place en
1981. Ces structures d'accueil ont, pour la plupart, une capacité volontairement réduite (12 à
20 enfants) : le groupe est limité pour que l'enfant s'épanouisse pleinement.
Une personne qualifiée, généralement une éducatrice de jeunes enfants, en assure la
responsabilité technique.
Le principe clé de la formule est un projet éducatif élaboré par les parents en collaboration
avec les professionnels. L'objectif est d'accueillir et d'éveiller les enfants dans une atmosphère
familiale.
3) Les haltes-garderies
Nées dans les années soixante-dix, les haltes-garderies sont de petites structures destinées aux
femmes au foyer qui veulent faire garder leur enfant de façon occasionnelle.
Elles accueillent en moyenne une vingtaine de jeunes enfants âgés de deux mois à six ans,
pour une durée maximale de dix jours environ par mois. Cette formule très souple permet aux
parents de se libérer momentanément et favorise les besoins de communication et d'éveil de
l'enfant. Elle contribue ainsi à la préparation de son entrée à l'école maternelle.
La halte-garderie -associative, municipale ou dépendante d'une caisse d'allocations familiales-
doit être agréée et dirigée par une personne diplômée (puéricultrice, éducateur de jeunes
enfants, sage-femme, infirmier ou assistant social).
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IV – LES OBJECTIFS ACTUELS DE LA POLITIQUE PETITE ENFANCE :
RECONCILIER LA VIE FAMILIALE ET LA VIE PROFESSIONNELLE
1) Un effort pour l'accueil de la petite enfance
Les besoins et les attentes des familles en matière d’accueil des petits enfants restent
importants. Peu après la naissance, souvent avant même celle-ci, la question de la garde de
l’enfant va se poser aux jeunes couples.
Aujourd’hui 80 % des femmes exercent une activité professionnelle. Or, l’obstacle majeur au
maintien d’une activité après le premier enfant est bien souvent de trouver un mode d’accueil.
Un effort en ce domaine est donc particulièrement important si l’on veut accompagner la
reprise de l’activité économique pour que les femmes y aient leur part.
a) Les besoins des familles
En 1999, l'accueil des 2 200 000 enfants de moins de trois ans se répartissait de la façon
suivante :
- par un parent au foyer (50 %) sachant que pour la moitié d'entre eux l'un des parents
bénéficie de l'APE ;
- hors du domicile sans aide publique : (24 %)
- par une assistante maternelle agréée (15 %)
- en crèche : (9 %)
- au domicile des parents (AGED) : (2 %)
Il faut préciser que 250 000 enfants, soit un tiers des enfants de 2 à 3 ans, sont scolarisés à
l'école maternelle. La question des conditions de leur accueil en maternelle, auquel les parents
recourent en raison de la gratuité de celui-ci n'est pas négligeable. Tant en termes
d'équipements que d'encadrement leur accueil nécessite en effet des moyens spécifiques.
La réponse à apporter n'est donc pas seulement quantitative mais aussi qualitative pour
parvenir à mettre en place des dispositifs répondant à des besoins, comme par exemple
l'accueil à temps partiel ou des horaires d'ouverture plus souples. C'est pourquoi des moyens
importants visant à encourager une offre diversifiée et innovante sont prévus dans la loi.
b) Les structures collectives et leur financement
Les modes d'accueil individuels, chez une assistante maternelle ou au domicile des parents ont
connu un fort développement. Par contre, après la croissance importante du nombre de place
d'accueil collectif pendant les années 70, celle-ci s'est fortement ralentie pendant les années 80
et 90 (surtout au cours des cinq dernières années) en partie en raison du soutien aux modes de
garde individuels.
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Capacités d'accueil des enfants de moins de 6 ans
dans les structures collectives au 1er janvier 1999
Âge des enfants Structures Capacités
collectives d’accueil
Enfants de moins de trois ans crèches collectives 138 400
traditionnelles 123 200
mini-crèches 6 700
crèches parentales 8 500
crèches familiales 60 900
Enfants de trois à six ans jardins d'enfant 10 400
Enfants de moins de six ans haltes garderies 68 100
traditionnelles 62 200
parentales 5 900
Source : DREES
Au total, ce sont près de 200 000 enfants de moins de trois ans qui sont accueillis de façon
permanente et 330 000 enfants de manière occasionnelle. Mais les crèches n'offrent une
capacité d'accueil que pour 17 % des enfants de moins de trois ans dont les deux parents
travaillent. De plus elles sont surtout implantées dans des régions très urbanisées (région
parisienne, vallée du Rhône...) et surtout dans les grandes agglomérations. Elles sont, au
contraire, très peu nombreuses en milieu rural.
En effet, leur développement, bien que soutenu par les caisses d'allocation familiales (CAF)
au travers des contrats enfance, reste très dépendant de la volonté et des moyens des
communes. Les CAF financent en moyenne 30 % du budget des équipements collectifs
d'accueil des jeunes enfants, ce qui représente annuellement environ 5 milliards de francs
(environ 762 millions d’euros). Le reste est à la charge des collectivités locales et des parents.
c) Le développement de la garde collective
Un dispositif rénové, doté de moyens importants, est mis en place pour soutenir la création et
le fonctionnement des structures d'accueil de la petite enfance et pour mieux les adapter aux
besoins des parents :
Création d'un fonds d'investissement de 1,5 milliard (env. 230 millions d’€) pour développer
les lieux d'accueil de la petite enfance :
Ce fonds exceptionnel est destiné à financer des projets de création ou d'aménagement des
structures accueillant les enfants de moins de six ans, pour encourager leur développement.
Le dispositif est fortement incitatif, puisque la création ou l'aménagement de place pourra être
subventionné à hauteur de 40.000 F (6.098 €) à 70.000 F (10.671 €) par place. Il permet aussi
d'encourager l'innovation puisque les subventions majorées iront aux structures multi-accueils
ou qui répondent à des objectifs prioritaires : souplesse de fonctionnement, accueil d'enfants
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handicapés, classes passerelles pour les 2-3 ans. L'objectif est de doubler l'aide publique à
l'investissement et de parvenir à accueillir 30 à 40.000 enfants supplémentaires.
Réforme du financement des crèches pour encourager les implantations dans les zones les
moins favorisées :
La réforme de la prestation de service crèche a été adoptée par le conseil d'administration de
la CNAF en décembre 1999. Son mode de calcul a été modifié afin de favoriser le
développement des équipements collectifs dans les territoires où résident essentiellement des
familles modestes et d'encourager l'accueil par ces équipements collectifs des enfants de
familles ayant de bas niveaux de revenus.
Aménagement des modes de fonctionnement des structures d'accueil
Le décret n° 2000-762 du 1er août 2000 relatif aux établissements et aux services d'accueil
des enfants de moins de six ans rénove et assouplit les modes de gestion de ces structures.
Visant à mieux adapter le service aux besoins des parents, ces mesures devraient également
permettre aux collectivités locales « d'optimiser » les financements.
Tout d'abord, le décret reconnaît explicitement les différents types d'établissements d'accueil
collectifs, que ce soit les crèches collectives, les crèches parentales, les structures multi-
accueils, les haltes-garderies, les classes passerelles ou les jardins d'enfant en fixant un cadre
juridique qui s'applique à l'ensemble. La diversité de l'offre est une condition de l'adaptation
aux besoins des familles et des enfants.
Ensuite, il modifie le calcul du taux d'occupation qui dépend désormais du nombre d'enfants
présents et non plus de celui des inscrits. Ceci permet à un moindre coût l'élargissement de
l'amplitude horaire.
Enfin, les équipements pourront accueillir des enfants en surnombre (jusqu'à 10 % de la
capacité d'accueil) afin d'autoriser une souplesse de fonctionnement et l'adaptation aux
variations imprévisibles de la demande.
2) L'aménagement du retour à l'exercice d'une activité professionnelle
a) L'allocation parentale d’éducation (APE)
La possibilité de bénéficier de l'APE dès la naissance du deuxième enfant, décidée par la loi
famille de 1994, a connu un vif succès. Le nombre d'allocataires de l'APE est passé de
175.000 fin 1994 à plus de 500 000 fin 1997.
Cette mesure a eu un impact fort sur l'activité des mères de famille. Depuis cette date, alors
que les taux d'activité des mères d'un et de trois enfants ont poursuivi leur progression, ceux
des mères de deux enfants chutaient de 10 points. Si l'on essaie de faire la part de l'effet
incitatif et de l'effet d'aubaine, il apparaît que l'APE a incité entre 40 et 60 % des bénéficiaires
à suspendre leur activité professionnelle.
66
La prise d'un congé parental d'éducation, dont la durée s'étend sur plusieurs années, trois ans,
six ans voire plus, pose inévitablement la question du retour à l'activité professionnelle après
un éloignement durable du marché du travail, particulièrement pour les femmes qui au
moment de ce congé étaient en situation de travail précaire ou de chômage indemnisé.
b) Le cumul avec un revenu d'activité et l'aide versée par l'ANPE
Il est donc apparu indispensable d'encourager la reprise d'activité des femmes l'ayant
interrompue à la naissance de leur deuxième ou de leur troisième enfant. Comme cela existe
pour la plupart des minima sociaux, le cumul temporaire de l'allocation avec une activité sera
possible.
Cette mesure est assortie d'un nouveau dispositif d'aide à la reprise d'activité des femmes
(ARAF) dont la mise en œuvre a été confiée à l'ANPE et qui est en vigueur depuis le mois de
juillet 2001. Il vise à faciliter le retour à l'emploi en permettant à des femmes en difficulté
d'organiser la garde de leurs enfants en faisant face aux frais générés. Une aide est versée lors
de la reprise de l'activité aux femmes demandeurs d'emploi non indemnisées, dont les
bénéficiaires des minima sociaux, ayant au moins un enfant de moins de six ans dont elles
assuraient elles-mêmes la garde. Son montant est, selon l'âge de l'enfant, de 2.000 F (305 €)
ou de 3.000 F (457 €).
V - Parmi les métiers de la petite enfance : L’EDUCATEUR DE JEUNES ENFANTS
Il accompagne les petits enfants de trois mois à six ans. Ce spécialiste a pour mission de
stimuler leur développement intellectuel et leur épanouissement, et de faciliter les différentes
étapes de leur croissance : acquisition du langage, autonomie, propreté, repérage dans
l'espace, notion de temps.
Son action s'organise à partir de trois fonctions : éducation, animation, prévention, dont il doit
maîtriser les techniques et les outils.
Son champ d'exercice professionnel est extrêmement diversifié.
On compte aujourd'hui entre 12 000 et 15 000 EJE et les offres d'emplois restent supérieures
aux demandes. L'obligation faite aux crèches d'employer au moins un éducateur à temps plein
pour quarante enfants assure des ouvertures pour les nouveaux diplômés, venus sur le marché
de l'emploi.
L'activité au quotidien
1)
Dans chacun de ces lieux, il bénéficie de plages horaires pour venir jouer ou discuter avec
l'enfant, lui raconter des histoires ou lui expliquer ce qu'il ne comprend pas, lui apprendre à
s'exprimer avec son corps, l'accompagner au cinéma, à la bibliothèque ... La relation est très
directe et proche. Sa formation lui permet d'utiliser avec efficacité toutes les techniques
pédagogiques mais, cependant, il n'a pas de programme d'activités fixé préalablement.
67
Un contact étroit avec les familles pour comprendre les attentes de l'enfant et connaître son
environnement est privilégié.
Les EJE sont parfois amenés à monter des projets collectifs, à les négocier avec les
employeurs et/ou les élus en essayant d'articuler les prestations et aides qui existent et qui sont
souvent éparpillées entre plusieurs structures.
Ils peuvent exercer aussi des fonctions d'encadrement et de direction de petites structures.
Le métier exige beaucoup de patience, mais aussi de l'esprit d'observation, de la disponibilité,
une intelligence pratique, de l'imagination et de la créativité. L'habileté manuelle et un certain
sens artistique ou musical, sont aussi des qualités importantes pour l'éducation sensorielle et
motrice des enfants.
2) Des employeurs diversifiés
Les municipalités sont le premier employeur des EJE dont plus de la moitié des effectifs
travaille dans des structures de garde (crèche, halte-garderie, jardin d'enfants).
Viennent ensuite les établissements et services pour enfants handicapés ou inadaptés (maison
d'enfants à caractère social, institut spécialisé pour enfants handicapés, service d'aide sociale,
pouponnière, maison maternelle, foyer de l'enfance). Les établissements hospitaliers
emploient pour leur part près de 16% des EJE. Le reste se répartit entre les bibliothèques, les
ludothèques, les centres de loisirs sans hébergement, les ateliers d'enfants, etc.
Les EJE peuvent devenir directeurs de halte-garderie ou de jardin d'enfants ; ils souhaitent
aujourd'hui l'accès à la direction des crèches, réservée jusqu'à présent aux seules puéricultrices
en raison de leurs compétences médicales.
3) La formation des Educateurs de Jeunes Enfants
Les conditions d'entrée dans les formations sont les mêmes que celles prévues pour les
éducateurs spécialisés ou les assistants sociaux : le baccalauréat ou son équivalent - ou le
passage de l'examen de niveau organisé par les Directions Régionales des Affaires Sanitaires
et Sociales.
Puis, chaque centre de formation prévoit les modalités des épreuves de sélection des candidats.
Depuis 1993, la formation préparatoire au Diplôme d'Etat d'EJE comprend 1 200 heures
d'enseignement théorique et technique et 9 mois de stage. La durée de la formation est
aménagée dans une limite de trois ans.
La formation comprend 7 unités :
- pédagogie, relations humaines - santé, éducation sanitaire, protection
- pédagogie de l'expression et techniques éducatives médico-sociale
- connaissance du jeune enfant de 0 à 7 ans - droit, économie, société
- vie collective (l'institution, le groupe, l'équipe) - culture professionnelle, méthodologie et
technique
*
Réf. PETITE ENFANCE
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