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					ATTAC 12 INFO N°28 du 19/07/2008

Sommaire:
    I .Infos locales
            Infos spécifiques d’Attac 12 voir le site local

            Evolution du Service d’Attac12Info

    II.Communications d’Attac France
    A - L’Agenda Militant d’Attac France.

    B – Autres communiqués
           1. Mobilisations du deuxième semestre 2008
           2. Suite des «10 principes pour un nouveau traité démocratique » signés par 17 attac d'Europe
           3. Appel collectif pour l'abandon du fichier Edvige
           4. participation des sourds à l'université d'Attac à Toulouse


    III. O.G.M.
            Maïs OGM Mon 810 de Lafrançaise(82) :Les parcelles broyées avant le résultat des analyses demandées par
                                                  la justice.

    IV. Uranium "suspect" au Tricastin
           1. Pollution de la nappe phréatique à l'uranium...? récente ou ancienne...de plus en plus grave
           2 Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à M. Borloo des prélèvements indépendants près de tous les sites
                    et centrales nucléaires
           3. Une nouvelle fuite d'uranium signalée dans la Drôme

    V. Quelle securité dans une gouvernance de la suspicion et de la répression ?
           1. Récit d'une expulsion en Israel
           2. Guantanamo : Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne
           3. Deux manifestants poursuivis pour avoir réagi à une interpellation musclée à Bordeaux.
           4 Motion 78Nord pour AG nov Attac France

    VI. Crise Financière.
           Le système financier américain au bord de la panique


    VII. DIVERS
           1. Sommet citoyen sur les migrations : contre la politique de migration de l'Union européenne et de Sarkozy
           2. Tout est à vendre : même les barrages hydrauliques
           3. Pakistan : la ligne rouge à ne pas franchir, par Eric Margolis
           4. Afghanistan : Lu sur le site ContreInfo.com
           5. Les chiffres qui tuent
           6. Infos alter tour
           7. Marché de l'énergie, Ça commence mal - article Que Choisir
           8. « Comprendre les inégalités »
           8. Main basse sur l'eau : à voir en VOD 7 jours avant la diffusion
           9. la Fondation Copernic a signé la pétition pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE
           10 Evènements de l’été 'hors attac'
           11. Fichier "cristina", demi-soeur cachée d'Edvige

                   ========================================================

                    I - INFOS LOCALES

                           A - Infos spécifiques d’Attac 12 voir le site local:
                                            www.local.attac.org/attac12/



                           B - AUTRES INFOS

                           Evolution du Service d’Attac12Info
Suite à la validation par le C.A d’Attac 12 de la proposition de consolider le service d’Attac12Info, Jacques Gilly est désormais
destinataire de la messagerie diffusée par Attac France à tous les Correspondants Electroniques Locaux.

Outre l’assurance de la pérennisation du service, le partage du traitement et de l’envoi de l’Info établit une concertation dont le
fruit ne pourra qu’améliorer la qualité de la diffusion hebdomadaire d’un aperçu du vécu de l’association.

Jacques fera son premier envoi d’Attac12Info courant août.



                             II.COMMUNICATION d’ATTAC France.

                                       A - L’Agenda Militant d’Attac France.
         Toutes les actions, campagnes et mobilisations altermondialistes d’Attac,au jour le jour
         dans:
                               http://www.france.attac.org/spip.php?page=agenda


                                                                                  Où ?
Type d'actions                                                                    > LocaNational
> Organisées par Attac                                                            > International
> Auxquelles Attac participe                                                      > Vie interne
> Des fondateurs et Amis
> Evénements divers
> Dans les comités locaux
Nota: Les rubriques ci-dessus sont accessibles par CTRL+clic

                                       B – AUTRES COMMUNIQUES

                             1. Mobilisations du deuxième semestre 2008

La présente note a pour objet de présenter, à partir des priorités de la Présidence française de l’Union européenne, les mobilisations nationales
actuellement prévues avec l’implication d’Attac, et l’objectif que nous proposons à cette occasion aux groupes locaux et à l’ensemble de l’association
(pour une analyse plus détaillée des enjeux de la Présidence française, voir le 4 pages : http://www.france.attac.org/spip.php ?article8665).


Dans ce calendrier chargé, nous devons tenir compte de ce qui sera effectivement à l’ordre du jour et mobilise déjà de nombreuses associations et
organisations, et de ce que nous souhaitons mettre en débat, en particulier l’Europe que nous voulons construire face à celle qui continue d’avancer,
en dépit du rejet à nouveau exprimé par le référendum irlandais. L’objectif est de peser sur les décisions prises, par ces différentes mobilisations
pendant la présidence française, mais au-delà aussi avec les élections européennes de 2009.

La note se décompose donc en trois parties :
  La Présidence française : rappel des objectifs affichés
  Les principales initiatives durant la Présidence française
• Annecy les 20 et 21 septembre : « une agriculture pour vivre »
• Paris les 17 et 18 octobre : « des ponts pas des murs »
• Paris les 29 et 30 novembre : « climat, énergie, justice sociale et environnementale »
• Paris les 6 et 7 décembre : « initiative sur les questions sociales »
  L’implication d’Attac et des comités locaux

 La présidence française : rappel des objectifs affichés
La présidence française de l’Union européenne a débuté le 1 er juillet dans un contexte institutionnel compliqué. En effet, le « non » irlandais bloque
la mise en application du traité de Lisbonne. La Présidence française sera amenée à traiter la question institutionnelle.
Le président de la République avait fixé quatre priorités. Il s’agit de la défense, de l’immigration, de la politique agricole et enfin de l’énergie et de
l’environnement. À ces quatre priorités s’est ajouté le projet d’Union pour la Méditerranée, lancé officiellement le 13 juillet, lors d’un sommet à Paris.

La défense
Le gouvernement français souhaite conclure le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN avant la fin de l’année 2008, tout en
faisant progresser la politique européenne de la défense.

L’immigration
Il s’agit de gérer les flux migratoires par l’adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile. Le vote par le Parlement européen, le 18 juin 2008,
de la directive « retour » a été un premier pas vers un renforcement de la politique commune dans ce domaine.

La Politique agricole commune (PAC)
Il s’agit d’amorcer la réorientation de cette politique en établissant le bilan de celle-ci dans l’optique des débats qui devront s’ouvrir sur son avenir
après 2013.
L’énergie et l’environnement
La France veut que l’Union européenne joue un rôle de moteur dans les négociations internationales sur le changement climatique. La Présidence
française a donc inscrit parmi ses priorités l’adoption, par les vingt-sept États membres de l’Union, du paquet énergie-climat. Cet ensemble de
mesures, adopté par le Conseil européen de mars 2007, a été présenté par la Commission européenne en janvier dernier. Il devrait être la position
commune à l’Union lors des négociations internationales sur le changement climatique qui auront lieu en janvier 2009 à Copenhague. Cette position
commune ne sera pas facile à obtenir, certains États membres, notamment les nouveaux entrants, estimant ne pas avoir les ressources
économiques suffisantes pour atteindre les objectifs fixés par le paquet « énergie climat » (http://www.france.attac.org/spip.php ?article8736).

Les principales initiatives durant la Présidence française
Chaque semaine, plusieurs événements se tiendront à l’initiative de la Présidence française : conférences, séminaires, réunions informelles des
ministres, conseils des ministres,… Le site officiel de la Présidence française est accessible à http://www.ue2008.fr/PFUE/lang/fr et rend compte de
ces événements. Chacun ne donnera pas lieu à mobilisation. Mais d’ores et déjà plusieurs rendez-vous concernant les priorités de la Présidence
française et les questions sociales sont en préparation et donneront lieu à campagnes préparatoires et mobilisations importantes.

Annecy les 20 et 21 septembre 2008 : Une agriculture pour vivre : l’alimentation est un droit, changeons de cap, changeons la PAC
(Texte d’appel : http://www.france.attac.org/spip.php ?article8737)
Une réunion informelle des ministres de l’agriculture est prévue les 22 et 23 septembre en Savoie, région d’origine du ministre de l’agriculture Michel
Barnier. Cette réunion devrait permettre de rendre public un bilan intermédiaire de la PAC et des premières orientations pour sa réforme en 2013.
Un collectif à Annecy organise la mobilisation sur les deux jours durant lesquels se tiendront des tables rondes et débats, durant la journée du
samedi, un concert le samedi soir, et une manifestation se concluant par un meeting et une déclaration finale. La pétition « L’agriculture est malade,
soignons la PAC » sera remise aux ministres avec le texye de la déclaration finale.
Les mots d’ordre mis en avant sont les suivants :
  Redonner à l’agriculture sa vocation première d’alimentation
  Promouvoir les agricultures paysannes, familiales et créatrices d’emploi
  Re-localiser les productions et les adapter aux territoires
  Préserver les ressources naturelles et les équilibres écologiques
  Garantir le droit à la souveraineté alimentaire des pays du sud et du nord
  Un collectif national relaie le collectif local. De multiples organisations soutiennent le rassemblement : la Confédération paysanne, ATTAC, les
Amis de la Terre, Greenpeace, Artisans du Monde, le CCFD, Peuples solidaires, le CRID, Action consommation, Minga, Cohérence, le RAC, la
FNAB, FNCIVAM, Terre de liens, la FSU, Solidaires ; d’autres devraient s’y joindre.
Le comité local Attac d’Annecy est très actif dans la préparation. Le comité local d’Annemasse s’implique également. Cette manifestation est
nationale ; sont donc à organiser avec les organisations parties prenantes des réunions locales de préparation et débat et des voyages organisés
pour se rendre à Annecy.

Pour tout contact :
 sur Annecy : Michel Quinet - m.quinet@wanadoo.fr
 Sur Paris : Gilles Lemaire - lemairegi@wanadoo.fr

Paris les 17 et 18 octobre : des ponts, pas des murs
(Texte d’appel : http://www.france.attac.org/spip.php ?article8738)

Les 13 et 14 octobre, devrait se tenir à Paris un conseil des ministres européens pour adopter le pacte européen sur l’immigration et l’asile. Les 20 et
21 octobre se tient la deuxième conférence interministérielle euro-africaine « migration et développement » à Paris.
Nombre d’organisations françaises et européennes mais aussi africaines ou latino-américaines de la solidarité internationale, de défense des droits
de l’homme et des migrants, de l’immigration, écologistes et syndicales (CGT, CFDT, FSU et Solidaires) ont décidé d’organiser la deuxième
conférence non gouvernementale euro-africaine le vendredi 13 octobre et le samedi 14 octobre une grande manifestation pour une autre politique
européenne et un concert géant. Cette mobilisation internationale se fera sous le slogan « des ponts pas des murs ».
Attac France et Attac Maroc sont directement impliquées dans les collectifs de préparation de ces évènements, qui donneront lieu à une campagne
nationale, européenne et africaine. Des réunions dans les semaines précédentes se tiendront sur les questions de politique migratoire : politique
d’accueil des immigrés, statut des femmes immigrées, droit de vote et d’éligibilité, régularisation des sans papiers, défense du droit d’asile, fermeture
des centres de rétention…, et sur les questions de solidarité Nord/Sud, de lutte contre la domination des pays du nord et instances contrôlées par
ceux-ci (FMI, Banque mondiale, OMC…). L’objectif est de réunir le samedi 14 octobre plusieurs dizaines de milliers de personnes pour réclamer une
autre politique de l’immigration et de la solidarité internationale.

Pour tout contact :
 Avec Attac Maroc : Lucile Daumas - lusido2002@yahoo.fr
 Sur Paris : Gilles Lemaire - lemairegi@wanadoo.fr

Paris les 29 et 30 novembre : l’initiative énergie-climat

La succession rapprochée du conseil européen des ministres de l’environnement à Paris, de la Conférence des Nations unies sur le changement
climatique, et de la journée mondiale annuelle de mobilisation du 6 décembre sur le climat ont amené plusieurs organisations : Attac, Confédération
Paysanne, IPAM, FSU, Solidaires, Amis de la Terre, Réseau Sortir du nucléaire, CADTM, Survie, à appeler à une initiative« Climat-énergie-justice
sociale et environnementale » le week-end des 29-30 novembre à Paris. Les formes de cette initiative sont en discussion actuellement ;
l’élargissement en direction d’autres syndicats de salariés et d’autres associations écologistes est en cours.
Attac est au cœur de la mobilisation.
Le thème de cette initiative est le nécessaire changement de politique en matière d’énergie et d’émission des gaz à effet de serre dans la
construction de la justice sociale.
Pour tout contact :
   Geneviève Azam - genevieve.azam@wanadoo.fr
   Marc Delepouve - marc.delepouve@free.fr

Paris les 6 et 7 décembre, initiative sur les questions sociales
(Texte d’appel : http://www.france.attac.org/spip.php ?article8740)

Attac a pris l’initiative de constituer un collectif pour une autre Europe.
Les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union se réuniront lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre 2008 en France. Un contre sommet
est prévu le 6 décembre avec pour objectif principal de les interpeller sur les questions économiques et sociales.
La forme de l’initiative et les participants sont en cours de définition actuellement. Une conférence de presse du collectif pour une autre Europe à
l’appel des organisations suivantes : Alter Ekolo, Attac, CGT-Finances, Confédération paysanne, Coordination des collectifs unitaires, Fondation
Copernic, Forces Militantes, FSU, La Gauche Cactus, LCR , Les Alternatifs, Les Marches européennes contre le chômage, MARS-Gauche
Républicaine, Mémoire des luttes, MRAP, PCOF, Pour la République Sociale, Réseau Féministe « Ruptures », UFAL, Union générale des
fédérations de fonctionnaires CGT, Union syndicale Solidaires, s’est tenue le 8 juillet sur les questions suivantes :
  Pourquoi il faut arrêter le processus de ratification en cours.
  Nos réponses aux priorités de Nicolas Sarkozy pour la présidence française.
  Document « Une autre Europe est possible » : analyses, propositions alternatives et prochaines campagnes.

Pour tout contact :
 Maël Theulière - mael.theuliere@gmail.com
 Aurélie Trouvé - aurelietrouve@yahoo.fr

 L’implication d’Attac et des comités locaux
Nous poursuivrons durant le semestre à venir trois objectifs complémentaires :
   utiliser l’effet de loupe de la présidence française pour mettre en débat des questions essentielles sur la crise alimentaire, la crise démocratique, la
crise écologique et la crise sociale et réussir des mobilisations avec nos partenaires permettant des avancées partielles ;
   au travers de ces mobilisations, renforcer les coopérations entre Attac, les organisations syndicales, les associations écologistes, de solidarité
internationale et de défense des droits de l’homme, et construire des cadres pérennes de débat et mobilisation ;
   donner de la lisibilité à notre analyse de la globalité de la crise, en jouant pleinement notre rôle d’association d’éducation populaire tournée vers
l’action.

L’implication des comités locaux
En fonction du contexte régional, des forces mobilisables et des partenaires possibles, il appartiendra à chaque comité local de choisir ses
investissements en privilégiant telle ou telle mobilisation. Il est par contre essentiel de mettre en avant la nécessaire cohérence de ces mobilisations,
qui sera l’objet du matériel spécifique d’Attac :
  la crise alimentaire est en rapport étroit avec la politique agricole productiviste et exportatrice des pays du Nord, et notamment de la PAC, mais
aussi avec les politiques de réaménagement structurel imposé aux pays du Sud par le FMI, la Banque mondiale, l’OMC et les APE (accords de
partenariat économique voulus par l’Union européenne). La crise alimentaire est aggravée par le report de capitaux spéculatifs vers les matières
premières et produits alimentaires, dû à la crise des subprimes notamment.
  Avec les APE, avec le sommet « migration et développement », avec le Pacte européen sur l’immigration et l’asile, l’Europe tente d’imposer aux
pays du Sud un contrôle de l’immigration « choisie » qu’elle souhaite. Une des causes de l’immigration réside bien dans le non développement et la
crise alimentaire au sein des pays du Sud.
  Les conséquences sur le climat de la crise écologique renforcent la crise alimentaire. Il sera impossible de prendre les tournants nécessaires en
terme de changement des modes de production, de consommation, de vie, sans modifier radicalement la répartition des revenus.
  La toute-puissance de la finance dans l’économie du monde et en Europe empêche la réalisation d’objectifs écologiques, de justice sociale et de
suffisance alimentaire.

Parmi les partenaires à contacter se trouvent notamment les structures locales des signataires des appels nationaux. La question de la participation
des organisations politiques est une question sensible. Les organisations politiques, en accord avec les objectifs des mobilisations bien entendu,
peuvent par leur soutien élargir l’écho des mobilisations, alimenter le débat et s’en nourrir, et donner un écho sur le plan politique et institutionnel.
Mais, en même temps, plusieurs de nos partenaires associatifs sont réservés à l’égard d’une implication directe des organisations politiques. Nous
préconisons donc, en tenant compte des situations locales, de trouver des formes souples d’association en soutien aux initiatives.

Les outils à disposition
   Les différentes mobilisations vont se doter d’un site internet et de matériel (affiches et tracts notamment). Sur le site d’Attac nous nous ferons
l’écho de leur mise à disposition. Y sera en outre ouverte une rubrique présentant les actions des comités locaux, cela afin de donner la meilleure
visibilité possible à la mobilisation d’Attac. A cette fin, chaque comité local est invité à transmettre ses informations à l’adresse pot-
mutualisation@attac.org.

  Un observatoire de la présidence française de l’Union européenne est en cours de mise en place par IPAM avec notre collaboration. Ce site,
http://www.presidence-francaise.eu/, donnera les informations sur les événements officiels, des documents d’analyse et les liens avec les sites de
mobilisation.
  Attac proposera des « 4 pages » (en sus de ceux déjà disponibles), dont en septembre un sur l’immigration) et des tracts reproductibles. Nous
vous tiendrons informés régulièrement des réunions nationales de préparation des événements et de l’avancement de ces préparations sur le site
d’Attac et par la liste local@attac.org.

Attac France,
Montreuil, le 15 juillet 2008



                                2. Suite des «10 principes pour un nouveau traité démocratique »
                                           signés par 17 attac d'Europe

                                                                         Bonjour,

                                       Ci-dessous vous trouverez une proposition de brochure sur la critique de
                                          l'UE et les alternatives pour une autre Europe, faisant suite aux "10
                                          principes pour un nouveau traité démocratique" signés par 17 Attac
                                        d'Europe. Cette nouvelle version, qui n'engage aucun Attac national ou
                                           local, doit servir de base de discussion dans les comités locaux et
                                       Attacs nationaux, ainsi qu'à l'université d'été européenne. Ce document
                                        a été discuté dans un groupe de travail au sein des Attac d'Europe et a
                                        été finalisé par Christian Felber (Attac Autriche) et Samuel Schweikert
                                       (Attac France), mandatés pour cela. Il tient compte de réactions qui ont
                                        été reçus de comités locaux européens à propos des 10 principes. Il a
                                             été traduit en français par Henri Paraton (groupe "construction
                                                                européenne" d'Attac Rhône).
                                                        Le calendrier est le suivant :
                                     De Juillet au 15 octobre : réactions des groupes locaux et attacs
                                      nationaux (envoi en anglais ou en français à Christian Felber -
                               Christian.Felber@attac.at -, Samuel Schweikert - sam_choueque@yahoo.fr-
                                    et Aurélie Trouvé - aurelietrouve@yahoo.fr - qui rassembleront les
                                                                  réactions).
                                  Université d'été européenne début août : séminaire de discussion de
                                                            cette nouvelle version
                                 Du 15 octobre au 15 novembre : rédaction d'une nouvelle version par le
                                 groupe de travail au sein des attac d'Europe, avec prise en compte des
                                                              réactions reçues
                                          Jusqu'au 5 décembre : Signatures des Attacs nationaux
                                Ainsi, cette brochure serait terminée juste avant le sommet européen de
                                 décembre 2008, et pourrait être utilisée pour nos mobilisations en mars
                                 2009 sur l'Europe sociale puis comme base d'interpellation à l'occasion
                                                  des élections européennes de juin 2009.

                                    Ce processus est important : Attac est une des rares organisations
                                   capable de produire des propositions d'alternatives communes à une
                                  échelle européenne. Mais pour aboutir à ce résultat, le processus sera
                                   forcément long et difficile et demande une certaine ouverture d'esprit
                                  et une capacité à construire des compromis avec nos amis européens.

                                      Dans la partie sur les alternatives en matière de démocratie, deux
                                 positions fortes ont été volontairement distinguées dans le document de
                                    travail afin de permettre le débat, mais d'autres peuvent exister. Au
                                  séminaire des Attac d'Europe le week-end dernier, les participants ont
                                   précisé qu'il était important de respecter les compromis atteints dans
                                        les 10 principes et qu'il fallait tenter d'aboutir, dans le document
                                   final qui sera destiné au grand public, à des points qui puissent faire
                                      consensus entre les différents Attac d'Europe. Les Attac d'Europe
                                      présents au séminaire ont jugé que le texte n'était pas signable en
                                     l'état et qu'il nécessitait des changements importants, en particulier
                                        dans la troisième partie sur les alternatives et le paragraphe sur
                                 l'Europe démocratique. En ce qui concerne Attac France, une première
                                   discussion en bureau hier soir a d'ores et déjà fait ressortir plusieurs
                                 points qui posent problème : les alternatives sur l'Europe démocratique,
                                  mais aussi sur l'Europe écologique (propositions jugées insuffisantes),
                                          et dans une moindre mesure sur l'Europe sociale. Le Conseil
                                   d'administration devrait en discuter lors de sa réunion en septembre
                                                                  et/ou en octobre.

                                              Aurélie Trouvé, pour le bureau d'Attac France.

   Version de travail en vue d'une brochure du réseau des ATTAC d’Europe sur les alternatives pour une
                                               autre Europe

Version réaliséé par un groupe de travail au sein des Attac d'Europe et finalisée par Christian Felber (Attac Autriche) et
Samuel Schweikert (Attac France)
Traduction par Henri Paraton


I Critiques d’ATTAC sur le Traité Constitutionnel / Traité de Lisbonne

La procédure est non démocratique, car elle exclut les citoyens souverains.

Depuis le tout début, la procédure pour écrire un nouveau fondement légal pour l’Union Européenne, a tourné en dérision les
principes démocratiques. Les citoyens et les Parlements nationaux ont été marginalisés. Ils n’ont eu aucune possibilité de faire
des propositions ou des amendements. La Convention qui a élaboré le projet de TCE n’a pas été directement élue et ses
membres étaient, à 86%, des hommes. Ses membres ordinaires avaient très peu de droits, le pouvoir était concentré entre les
mains de la Présidence. La convention fut un instrument des gouvernements. Comme son objet était d’établir des
modifications constitutionnelles, la procédure a été marquée par une totale confusion entre pouvoirs constituants et pouvoirs
constitués, faisant apparaître la volonté de ces derniers de priver les citoyens européens de leur souveraineté.
Le résultat : une combinaison de Constitution et de Traité qui fut appelée « Traité établissant une Constitution pour l’Europe »,
et fut présentée à l’opinion publique, comme « la Constitution Européenne ». Son volume, de 500 pages, en tout, la rend
illisible.
Cette « Constitution » a été rejetée par deux référendums sur quatre en 2005. Les Français et les Néerlandais ont dit :
« Non ».
Au Luxembourg, où 100% des membres du Parlement ont dit : « Oui », plus de 40% du peuple a dit : « Non ».
En France, 98% des parlementaires l’avaient approuvée ; aux Pays-Bas, 85%. Le fossé entre les représentants du peuple et
les citoyens souverains n’a jamais été aussi large.
La réaction des chefs de gouvernement fut de retirer le texte de son contexte « constitutionnel » et de placer 96% de celui-ci
dans une enveloppe « Traité », afin d’éviter d’éventuels référendums. Le nouveau traité de Lisbonne a été rédigé en secret par
des eurocrates et approuvé, après seulement deux réunions, par la CIG, à laquelle étaient associés seulement 3 membres (!)
du Parlement européen, mais aucun citoyen.
Le nouveau texte est encore plus difficile à déchiffrer ; il est composé de 6 éléments: Traité de l’UE ; Traité sur les
Communautés Européennes (rebaptisé : Traité pour le fonctionnement de l’UE ; deux séries d’amendements, concernant ces
deux traités ; 37 protocoles et 65 déclarations.
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté le Traité de Lisbonne le 13 décembre 2007.
En date du 8 mai 2008, alors que toute une série d’États membres avaient déjà ratifié le traité, aucune version consolidée du
texte n’avait été publiée.
En juin, « l’ancien nouveau texte » était rejeté par référendum, par le seul peuple européen à pouvoir voter : le peuple
souverain d’Irlande.

En dépit de toute leur rhétorique, les gouvernements ne rapprochent pas l’UE des citoyens, mais au contraire les éloignent de
toute codétermination et de tout débat public. En Autriche, le gouvernement a modifié la Constitution nationale pour accélérer
la ratification et éviter un débat public.
De plus, le Parlement européen a rejeté une motion qui proposait de respecter le choix du peuple irlandais sur le Traité de
Lisbonne.
Le Président de la Commission, José Manuel Barroso, a annoncé son désir de voir se poursuivre le processus de ratification,
malgré le « Non » irlandais. Tous les « souverains » qui veulent voter, y compris les Irlandais, se font dire : « si vous dites
« non », vous détruisez l’Europe ». Ce sont les menaces offertes aux citoyens en lieu et place d’un débat démocratique.

Afin de faire passer le traité, les gouvernements, de façon délibérée, désinforment leurs citoyens sur le contenu et la nécessité
du Traité de Lisbonne. Par exemple, l’UE n’a pas été bloquée par l’élargissement. Au contraire, elle a pris plus de décisions
que précédemment : groupes de bataille, Agence européenne de Défense, accroissement très important du budget de
Frontex… et même un « mégaprojet », la directive sur les services a été mise en place, dans le cadre du traité de Nice. Ce qui
rend quelque peu absurde l’argument de l’urgence.
Si le traité de Lisbonne n’est pas adopté, le traité de Nice servira de base légale pour l’UE, pour quelques années encore.
Les gouvernements ont aussi utilisé une autre astuce : la primauté du droit de l’UE sur le droit des États, même sur le droit
constitutionnel, éliminé du corps du texte, a été réintroduite, subrepticement, par la Déclaration numéro 17.

La même procédure a été utilisée pour l’objectif d’un « marché ouvert avec une concurrence libre et non faussée » qui ne
figure plus dans les objectifs, mais qui reste dans toutes les politiques et a été réintroduite par le protocole numéro 6. La
déclaration hautement médiatisée du Président Sarkozy d’une « victoire sur le néolibéralisme » n’était même pas symbolique,
elle n’était qu’un simple mensonge.


Trop peu de démocratisation / pas de pouvoirs séparés :

Le Traité de Lisbonne n’introduit pas la séparation des pouvoirs, ce qui devrait être le minimum, même pour une démocratie
approximative. Les exécutifs nationaux demeurent, dans le cadre du Conseil de l’UE, le principal législateur, au niveau
européen. La seule institution, directement élue, le Parlement européen, demeure le « maillon faible ». Le Traité de Lisbonne
élargit son rôle de codécideur, mais pas pour les domaines importants : politique étrangère et de sécurité, politique monétaire
et contrôle de la monnaie, restriction des mouvements de capitaux, droits de douane, Euratom et, pour partie, le marché
intérieur et la politique agricole. Dans les domaines de codécision (69 sur 90), le Parlement européen peut amender et même
décider en dernier ressort, mais la Commission et le Conseil peuvent modifier ou rejeter ses amendements : il n’a qu’un droit
de veto mais pas la possibilité de faire appliquer ses choix comme peuvent le faire les parlements nationaux.
La Commission garde le monopole de l’initiative des lois. Le Parlement, qui devrait être le principal
législateur, peut seulement faire des propositions à la Commission, mais en aucun cas n’a l’initiative des
lois (à titre d’exemple, six propositions du Parlement européen pour une directive sur les services publics
ont été rejetées par la Commission).
Le Parlement européen ne peut ni proposer ni élire les membres de la Commission. Il ne peut que confirmer la proposition du
Conseil européen. Il ne peut rejeter un commissaire européen seul, Il peut seulement censurer la totalité de la Commission, à
la majorité des 2/3. A titre d’exemple, le commissaire pour l’industrie, Verheugen, a conçu une politique industrielle non
soutenable et pro-allemande (niveau trop élevé d’émission de CO2 des voitures). Le Parlement européen ne peut pas le
censurer pour cela.
La Cour de justice est élue par les gouvernements en dépit du principe d’indépendance des juges par rapport au pouvoir
politique, ce qui est un aspect essentiel de la séparation des pouvoirs.
Le référendum d’initiative populaire ne nécessite que 0,2% de la population de l’UE, mais il ne lie pas les instances
européennes : c’est une plaisanterie de mauvais goût. En général, la démocratie “participative” marche mieux pour les
groupes de pression que pour les citoyens. Le traité de Lisbonne ne traite même pas de cet énorme problème.
Dans les domaines de compétences partagées, les États membres ne peuvent intervenir que si l’UE ne fait rien : c’est une
priorité forte de l’UE, qui est contraire à l’idée même de subsidiarité. De plus, avec la “clause de flexibilité” et la “procédure
simplifiée de modification”, l’UE peut étendre ses compétences légales toute seule. Le principe de subsidiarité qui dit que les
compétences légales doivent être déléguées au cas par cas, par les États membres, n’est pas respecté.
Si l’UE abuse de son nouveau pouvoir central, les moyens à la disposition des parlements nationaux (contrôle de subsidiarité)
sont ridicules : dans un délai de six semaines, ce qui est trop court, un tiers des parlements nationaux doivent exprimer leurs
craintes concernant le respect du principe de subsidiarité et demander à la Commission de « revoir » sa proposition. C’est se
moquer du principe de subsidiarité !


Extension du projet néolibéral :
Le Traité de Lisbonne enracinera l’agenda néolibéral de l’UE – en dépit de l’opposition d’un grand nombre. « Marché ouvert »
et « concurrence libre et non faussée » demeurent la base idéologique et légale de l’UE. Tandis que les droits sociaux
demeurent subordonnés et limités, des droits économiques sont fondamentaux, comme les mouvements de marchandises et
de capitaux, jouissent, entre les états-membres et les autres pays, de la priorité et d’une absence de restriction. De ce fait, le
dumping salarial, social et des droits du travail se développera, au lieu d’être éliminé par le Traité de Lisbonne. Le principe
d’unanimité est maintenu dans les domaines suivants : politique sociale, politique de relations industrielles, impôts directs,
impôts sur les sociétés, lutte contre la fraude fiscale. Dans ces matières, plus l’UE comprendra de membres (et plus les
inégalités seront grandes entre eux), plus il sera difficile d’aboutir à un consensus. Ceci ajouté à la concurrence acharnée sur
les taxes, le –nouvel – objectif de surplus budgétaires (Déclaration 30) accroîtra, en temps utile, la pression sur les prestations
sociales et favorisera les privatisations. Malgré le nouvel article sur les services “économiques” d’intérêt général, les services
publics ne seront pas protégés des lois sur la concurrence (articles 86 et 87 TEC) et des libéralisations et privatisations qui en
découleront. Les États membres peuvent seulement exempter les services d’intérêt général à caractère non économique,
mais comme aucune définition pour ces services n’existe, contrairement aux services “économiques” d’intérêt général, dès
qu’il y a concurrence et un flux financier, ils sont soumis à la loi sur la concurrence. Ce qui signifie que c’est le marché qui
décide ce qui est ou n’est pas un service public. Subventionner “librement” une entreprise est interdit et des services publics
ne peuvent être ni créés, ni maintenus, une fois que le secteur commercial a investi leur domaine.
La BCE reste en-dehors de tout contrôle démocratique. Les États membres et l’UE ne peuvent faire financer leurs
investissements publics par la BCE (article 123 TFUE). L’UE est dépourvue d’un des instruments centraux de conduite de la
politique économique. Par ailleurs la « stabilité des prix » devient maintenant un objectif de l’UE. C’est pourquoi des taux
d’intérêt trop élevés signifieront moins d’emplois (car les crédits et les investissements seront trop coûteux) et une
redistribution des emprunteurs au profit des préteurs : ce qui engendrera des inégalités croissantes.
La politique commerciale est massivement étendue : non seulement les droits de douane seront abolis, mais aussi les autres
« entraves au commerce » : par exemple la protection de l’environnement et de la santé, l’étiquetage d’information des
consommateurs). En outre, la politique commerciale de l’UE s’étendra aux investissements directs étrangers (IDE) ; l’UE a
reçu mandat « d’abolir les restrictions » aussi dans ce domaine.
Ces interdictions faites aux autorités, même si non fondées sur le principe de protection des droits fondamentaux des
individus, ce qui est la seule base (constitutionnelle) acceptable (pour un traité international), limitent l’espace de décision
politique des législateurs nationaux et locaux.
L’UE signera des accords commerciaux, désormais, en tant que personne morale ; en conséquence, aucun parlement national
ne pourra plus rejeter un éventuel accord « MAI » ou « GATS ». Le Parlement européen pourrait aussi être exclu lors de
modifications de traités, dans le cadre de la « procédure simplifiée » ou par une autorité implicite (218-7 TFUE).
Les moyens de la politique sociale demeurent excessivement faibles. Littéralement, au chapitre de la politique sociale, au lieu
de créer des instruments ou de fixer des objectifs impératifs, le traité croit au « fonctionnement du marché commun » (article
151 TUE).
Globalement ce traité ne crée aucun moyen de réduire les inégalités et d’éliminer la pauvreté au sein de l’UE, bien au
contraire.
Ce traité ne nous permet pas d’espérer la construction d’une Europe sociale.

La Charte des droits fondamentaux:

Quoiqu’une Charte des droits fondamentaux doive être un élément central de tout texte constitutionnel, les droits définis par le
Traité de Lisbonne sont très insuffisants par rapport à ceux figurant dans la Constitution de la plupart des États membres. En
outre l’étendue et la valeur légale de ces « droits fondamentaux » sont excessivement réduites :

    -   1/ la Charte se contente de « réaffirmer seulement les droits, libertés et principes » des États membres, mais (sous
        prétexte de subsidiarité) elle « ne crée aucun nouveau droit ou principe ». Ce qui signifie que si les droits
        fondamentaux n’existent pas dans un État membre, la Charte ne les crée pas.
    -   2/ la Charte -qui formellement est une annexe- n’a que « la valeur légale des traités » (article 6 TUE). Ce qui signifie
        que, par exemple, la loi sur la concurrence a la même valeur que les droits fondamentaux. Pourquoi donc sont-ils
        appelés fondamentaux ?
    -   3/ La plupart des droits sont ordinaires. La liberté d’entreprendre pourrait même être dangereuse en cas de conflit
        avec les droits sociaux. Ce n’est pas typiquement un droit fondamental.
    -   4/    La Charte des droits fondamentaux ne s’applique pas au Royaume-Uni, ni à la Pologne. Les lois sur la
        concurrence s’appliquent obligatoirement aux 27 membres, tandis que les droits fondamentaux sont optionnels.
        Bravo ! Comment l’UE peut-elle être globalement crédible comme défenseur des droits fondamentaux, si le libre-
        échange est obligatoire, quand les droits fondamentaux ne le sont pas ?

Militarisation

A l’origine, l’UE devait être un projet de paix. On pouvait en espérer le désarmement comme objectif central, avec
l’établissement d’une « agence paix » et la construction d’une expertise pour la prévention des conflits et la médiation.
Néanmoins le Traité de Lisbonne entraîne l’obligation pour tous les États membres d’améliorer leurs capacités militaires, il
stipule la création d’une « agence de Défense » qui coordonne et réalise les commandes d’armement (son premier directeur,
Alexander Weiss, a déjà annoncé : « 2008 sera l’année du réarmement »). De plus un groupe restreint construira des
capacités militaires plus élevée que celle des autres : il ne s’agit pas d’un projet de paix.
Le Traité de Lisbonne renforce l’OTAN et affaiblit l’ONU. Il autorise des interventions sans le mandat de l’ONU et se propose
de lutter contre le terrorisme même dans des pays tiers et sur le territoire de pays membres en cas de demande. Mais qu’est-
ce que le terrorisme ? Les combattants de la liberté en Tchétchénie ? Les critiques de la globalisation ? C’est le Conseil qui
décide, Le Parlement européen n’a aucun droit en ce domaine. Grâce au Traité de Lisbonne, si la sécurité
d’approvisionnement en ressources stratégiques est mise en danger ou si les résultats de la zone de libre-échange ne sont
pas bons, il sera plus facile pour l’UE de mettre en route la machine de guerre pour revitaliser les investissements et les profits
(les dégâts collatéraux sont, comme d’habitude, compris et gratuits).


Ecologie / Energie

Le Traité de Lisbonne ne mentionne même pas le besoin urgent d’une politique écologique forte pour l’avenir de l’humanité : la
population de l’UE qui représente 8% de la population mondiale, consomme environ 20% des ressources de la planète –alors
que les ressources consommées par l’humanité dépassent de 20% déjà leur capacité à se régénérer. Cela signifie que le
mode de vie des Européens et leur modèle de production sont non seulement complètement insoutenables, mais qu’ils vont
bientôt violer le droit de vivre fondamental des habitants des autres parties du globe et des générations à venir.
Le principe de soutenabilité, en conséquence, continue à être un mot creux ou même un élément de l’objectif de compétitivité
globale de l’UE.
Dans le Traité de Lisbonne il y a un nouveau chapitre sur la politique énergétique, dont les objectifs sont :
         1/ fonctionnement du marché intérieur (les profits des entreprises privées dont le but est de maximaliser la
consommation, donc les ventes) ;
         2/ sécurité des approvisionnements (en provenance du monde entier – donc dépendance de l’étranger et danger de
conflits pour les ressources) ;
         3/ l’environnement est seulement envisagé.
Le traité Euratom continue, bien que l’énergie nucléaire ne soit pas soutenable.
Sous le chapitre de la politique agricole, le principe de soutenabilité n’est même pas mentionné, bien au contraire,
« l’accroissement de la productivité » demeure le but principal.
Au lieu de demander une mobilité durable, le Traité de Lisbonne impose davantage de routes et autoroutes.
En résumé, le Traité de Lisbonne n’est pas la base sur laquelle construire une Europe écologique durable et qui pourrait servir
de modèle pour un bien-être durable.

Migrations

Le Traité de Lisbonne ne s’attaque pas sous l’angle des droits de l’homme au phénomène de l’immigration, mais uniquement
sous l’aspect de la protection et de la fermeture des frontières de la « forteresse Europe ». Pour atteindre les objectifs de
“paix”, “liberté” et “bien-être des peuples” (article 3), l’UE veut prendre des mesures appropriées pour « faire respecter le
contrôle des frontières, le droit d’asile, l’immigration ainsi que la prévention et la lutte contre le crime”. Manifestement englober
dans une même phrase les criminels et les immigrants est un « instrument » de la “paix”, de la “liberté” et du “bien-être”.
Déclarer que l’UE est un espace de liberté est en complète contradiction avec les mesures et provisions des articles 67 et 77,
concernant les politiques de contrôle aux frontières de l’immigration. Le principe de non refoulement n’est considéré que dans
la politique d’asile (article 78).
Tandis que les mesures pour combattre l’immigration « illégale », y compris l’expulsion et le rapatriement des personnes sans
papier, sont développées (article 79).
Aucune mention n’est faite concernant l’établissement de centres de détention inhumains pour les immigrés, à travers toute
l’UE, pas plus que l’obligation de respecter les droits de l’homme et les conditions de vie des immigrants.
Le Traité ne vise pas à l’harmonisation des lois et règlements des États membres concernant l’intégration de citoyens de pays
tiers. Cette situation de non coopération met en lumière la concurrence du marché du travail entre les pays, avec les
conséquences négatives qui en résultent pour tous les travailleurs.

II. Critiques d’ATTAC au sujet des récents développements au sein de l’UE

Contraires à l’Europe sociale

Les récentes orientations, au sein de l’UE, indiquent clairement son orientation : le système de protection sociale est
démantelé, le projet néolibéral est mis en place. Quelques exemples :
   - la concurrence fiscale devient de plus en plus rude. Pratiquement tous les États membres ont réduit récemment
       leur imposition sur les profits des sociétés. Rien n’a été fait pour engager l’harmonisation de la fiscalité. Lorsque Nokia
       détruit 4 000 emplois à Bochum, l’UE est impuissante. Quand un fonds d’investissements privé fait disparaître une
       entreprise comme Grohe, l’UE est impuissante.
   - La libéralisation dans le secteur des services publics continue : énergie (2008), chemins de fer (2010), services
       postaux (2011). Conséquences : les prix ne baissent pas, la qualité et la sécurité d’approvisionnement ne s’améliorent
       pas, les consommateurs (et notablement les plus démunis) en souffrent et, chaque fois, des milliers de travailleurs
       perdent leur emploi. Les principaux gagnants sont les actionnaires. La Commission a déjà annoncé qu’elle allait
       continuer jusqu’à achèvement du “Marché Commun”, sur la base du traité de Lisbonne. Prochaine étape: le secteur de
       la santé.
   - La Directive services encourage le dumping social et salarial au sein de l’UE.
   - La même politique de démantèlement des droits sociaux est poursuivie dans les négociations sur les services
       de l’Organisation Mondiale du Commerce (GATS). L’UE est un des pivots de ces négociations et considère que la
       libéralisation globale des services est un facteur clef de sa propre croissance, à l’avenir (et pour rendre les salariés
       plus « souples »).
   - Poussant à l’extrême la stratégie de Lisbonne, le « Livre vert sur les droits des travailleurs » les démantèle.
       Cela accroîtra la précarité, allongera la durée légale du travail et fera la promotion du concept néolibéral de
       « fléxicurité »: davantage de flexibilité, mais avec moins de sécurité.
   - Les récentes décisions de la Cour de justice démantèlent le “modèle social européen” au profit de la “zone
       européenne de libre-échange” et non une zone basée sur le droit et la justice. Les arrêts Viking et Laval réduisent le
        droit de grève et l’arrêt Rüffert réduit le droit de négociations collectives et ouvre la porte au dumping salarial.
    -   La durée du travail s’allonge et la pression (stress) s’accroît. Selon certaines études, dans 90% des entreprises
        européennes, la pression au travail (stress) s’est accrue ces dernières années : la qualité de vie décline. Le Conseil
        des ministres a décidé d’autoriser les États membres à mettre en place la semaine de travail de 65 heures.
    -   L’UE n’a aucune réponse appropriée pour le contrôle de la crise financière actuelle à facettes multiples. Son
        unique réponse est : « ouvrir les marchés à une concurrence libre non faussée », ce qui est un concept désastreux qui
        reproduira, régulièrement, de l’instabilité et des crises financières.


Contraires à l’Europe « écologique »

Quelques directives européennes sont plus ambitieuses que les lois nationales, mais cela ne compense pas le modèle de
production non durable de l’UE et ses exportations mondiales. Quelques exemples :
    - Les principes et stratégie de soutenabilité (2006) sont systématiquement et constamment abandonnés par
        toutes les lois et politiques de l’UE, en particulier par la politique énergétique, la politique des transports, la politique
        agricole, la politique du marché intérieur et la politique commerciale extérieure. Son modèle de production et de
        consommation est, radicalement, insoutenable.
    - La population de l’UE représente environ 8% de la population mondiale, mais elle consomme environ 20% des
        ressources mondiales. Rien n’est fait pour réduire ce “hold-up”, bien au contraire, l’UE cherche à s’assurer des flux
        de ressources de toute la planète (Livre sur la Défense européenne, voir ci-dessous).
    - La plupart des objectifs de la politique environnementale sont, par conséquent trop faibles, quelques
        exemples:
             o 20 pour cent de consommation d’énergie en moins d’ici 2020 “comparé aux projections” c’est trop peu! L’UE
                 a une surconsommation d’environ 200%! Nous devons la réduire de 75 à 90% d’ici 2050!
             o 20 pour cent en moins de CO2 d’ici 2020, c’est également trop peu: L’IPCC a calculé qu’il faudrait une baisse
                 d’au moins 30 pour cent pour limiter le réchauffement climatique à 2°C.
             o Emissions des voitures : au lieu de réduire tout de suite la moyenne d’émissions des nouvelles voitures à
                 120 g/km, dans l’UE, cet objectif a été reporté à moyen terme.
             o Agriculture biologique: 0,9% d’OGM sont autorisés dans les produits biologiques ;
    - Droits à polluer au lieu de taxes sur les pollueurs, ce qui en fait un produit financier ;
    - Politique des transports axée sur l’automobile et les transports routiers et non sur les transports publics ;
             o La directive sur l’euro-vignette ne permet pas d’intégrer les coûts externes écologiques dans le prix des
                 transports ;
    - La promotion par l’UE des « biocarburants » est stupide : les “ biocarburants ” ne sont pas bio! Ce sont des
        agrocarburants industriels et ils concurrencent directement les cultures vivrières, pour les zones fertiles, dans un
        contexte de crise alimentaire. Cela va accroître cette crise ! Ils ne sauraient se substituer aux carburants fossiles dans
        leur forme actuelle ;
                                                                                                                ème
    - Le budget de l’UE pour Euratom est passé de 1.200 à 4.100 millions d’euros pour le 7                          programme de
        Recherche et Développement technologique (2007-2013) quand bien même l’énergie nucléaire est radicalement
        non durable.
    - La Directive sur la protection légale des « inventions » biotechnologiques (Directive sur les brevets concernant
        les organismes vivants) autorise la privatisation des organismes vivants : ils peuvent être brevetés.
    - Dilution de la directive REACH sur les substances chimiques, mise en œuvre en 2007, sous l’influence des
        groupes de pression. Quand bien même il s’agit là d’un premier pas vers une réglementation mondiale des
        substances chimiques.
    - Au travers de sa politique de commerce extérieur, l’UE met en place des règles anti-écologiques pour le
        commerce global et les investissements ; par l’intermédiaire de la Banque Mondiale, elle finance la destruction de
        l’environnement dans le Monde entier ;

Contraires à l’Europe « solidaire »

Le « partenariat » est le mot favori de la rhétorique de l’UE…, mais son principal objectif est la compétitivité. Plus compétitive
que les autres signifie être meilleure que les autres et que les autres soient moins bons que l’UE : c’est de l’impérialisme, pas
de la « fraternité » !
    - La stratégie du commerce extérieur de l’UE, c’est “l’Europe globale : en concurrence dans le monde” (2006) :
         mise en œuvre globale du libre-échange et de la protection des investissements ;
    - La protection des droits de la propriété intellectuelle au sommet de l’agenda du G8 (et de l’UE) : ce que nous
         avons fait historiquement (copier les autres) sera maintenant interdit aux pays pauvres par le droit international ;
    - Il est exigé des pays moins développés d’ouvrir leurs marchés comme l’UE, zone plus développée et plus
         concurrentielle : accords bilatéraux de libre-échange et accords économiques de partenariat (AEPs). Cela
         rompt le principe des “relations asymétriques” entre l’UE et les pays pauvres. Bien que les pays africains aient dit
         “non, merci”, l’UE insiste sur le « libre-échange », faisant semblant de ne pas entendre ;
    - Responsabilité-clef des principaux États membres de l’UE à la Banque Mondiale et au FMI qui, avec leurs
         stratégies de libéralisation aveugle, ont provoqué la crise financière et maintenant la crise alimentaire ;
     Durcissement des politiques d’“immigration” : l’UE ne fait aucun effort sérieux pour intégrer légalement les
         personnes immigrées. Elle refuse de reconnaître sa responsabilité dans la constitution de refugiés économiques et
         environnementaux, par exemple à cause de ses subventions à l’exportation des produits agricoles.
         Bien au contraire, l’UE considère l’immigration surtout comme un danger pour sa sécurité intérieure et elle renforce
         les solutions militaires. C’est ainsi que le budget pour le Frontex a été multiplié par 4 au cours des deux dernières
         années. L’UE établit des « centres de détention » et apporte un appui policier et militaire aux pays voisins
        d’Afrique du Nord, qui violent fréquemment les droits de l’homme. L’UE est coresponsable de la mort de milliers
        d’immigrants.
       La directive sur le rapatriement n’apporte aucune garantie sur la sécurité et la dignité du retour des immigrés,
        malgré les promesses. Bien au contraire, une période de détention qui peut aller jusqu’à un an et demi ainsi qu’une
        interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE pour ceux qui ont été renvoyés de force chez eux, risquent d’abaisser
        les standards existant dans les États membres et donnent un exemple extrêmement mauvais aux autres régions du
        monde.
       La « règle de Dublin » empêche le regroupement familial.

Contraires à une Europe « pacifique »

Dans une série récente de documents, comme le Rapport de Javier Solana (2003) et le Papier sur la Défense européenne
(2004), l’UE affirme sa volonté de renforcer ses capacités militaires et de promouvoir ses intérêts économiques et son
approvisionnement par des moyens militaires.
    - L’UE a créé une “Agence pour la Défense” et des “groupes de combat”. Elle a constamment amélioré son
        armement.
    - Des États membres éminents ont participé à une guerre préventive en dépit des lois internationales (Irak) sans
        pour autant être sanctionnés par les autres. De toute évidence le “projet de paix” n’est pas sérieux.
    - Le Parlement européen ne peut pas contrôler le Conseil au niveau européen: Il n’a aucun pouvoir en matière de
        politique étrangère et de défense.


Remarques concernant « l’Europe démocratique »

Nous avons eu, à l’occasion du débat sur les dix principes, des discussions très approfondies, pour savoir si nous devrions
demander une nouvelle « constitution » ou, seulement, un « traité ». Comme il s’agit d’un sujet très complexe, avec d’énormes
conséquences (et pas seulement de type académique), nous nous proposons d’être ici aussi clairs que possible. Comme les
options sont nombreuses, nous pourrions rendre transparente notre réflexion, mais sans pour autant choisir. Il est possible,
aussi, de se mettre d’accord sur un modèle. Ce sera sûrement le sujet qui fera le plus débat lors du FSE. Peut-être pourrions-
nous préparer un plan « B » au cas où la discussion deviendrait trop difficile. Mais, en tout état de cause, nous vous
engageons au moins à réfléchir et à discuter en profondeur les options en jeu, quoique le résultat final puisse être très simple.

NOUS ENVISAGEONS PRINCIPALEMENT DEUX OPTIONS POUR LA FORME POLITIQUE DE L’EUROPE :

A/ UN ETAT FEDERAL = CONVENTION + CONSTITUTION.

L’UE DEVIENDRAIT UN ETAT FEDERAL QUI SERAIT FONDE SUR UNE CONSTITUTION QUI AURAIT LA PRIMAUTE SUR LES LOIS DES
ÉTATS MEMBRES, Y COMPRIS LEURS CONSTITUTIONS.
   - Pour la rédaction de la constitution, nous avons besoin d’une « convention » = assemblée constituante ;
   - Un État fédéral a un « souverain » qui peut décider par des référendums au niveau de l’UE et dont les décisions
       l’emportent sur celles des souverains nationaux ;
   - Une séparation des pouvoirs forte et claire est indispensable. Le Conseil devrait disparaître si nous prenons
       sérieusement en compte le principe de séparation des pouvoirs.

B/ une Union d’états = assemblée + traité

L’UE resterait une simple union d’États membres dont les constitutions seraient intouchées.
   - DANS CE CAS, LES LOIS DE L’UE NE PEUVENT PAS L’EMPORTER SUR LES CONSTITUTIONS NATIONALES ;
   - IL N’EXISTE PAS DE « SOUVERAIN » EUROPEEN : UN REFERENDUM EUROPEEN DEVRAIT OBTENIR L’UNANIMITE, CAR AUCUN
        SOUVERAIN NATIONAL NE PEUT ETRE MIS EN MINORITE ;
   - IL SERAIT BEAUCOUP PLUS DIFFICILE DE DEMANDER LA DISPARITION DU CONSEIL, PUISQUE DANS UNE UNION SIMPLE LES
        GOUVERNEMENTS NATIONAUX SONT LES PREMIERS REPRESENTANTS DES ETATS SOUVERAINS.

C’EST POUR CELA QUE NOUS PROPOSONS DE CHOISIR UN ETAT FEDERAL AVEC UNE CONSTITUTION, UNE CLAIRE SEPARATION DES
POUVOIRS ET DES REFERENDUMS AU NIVEAU DE L’UE.

NEANMOINS LA SECONDE QUESTION LA PLUS IMPORTANTE EST CELLE DES DOMAINES DE COMPETENCES DE L’UE ET DES DOMAINES DONT
ELLE EST EXCLUE.
PEUT-ETRE QUE CEUX QUI RECLAMENT DES ÉTATS MEMBRES SOUVERAINS, DANS UNE SIMPLE UNION SERONT-ILS PLUS MECONTENTS, SI
CETTE UNION A DE NOMBREUX DOMAINES DE COMPETENCE (ET QUE LES DECISIONS SE PRENNENT A LA MAJORITE SIMPLE) QUE DANS LE
CAS D’UN ÉTAT FEDERAL QUI AURAIT UN NOMBRE DE DOMAINES DE COMPETENCE LIMITE.

La réponse pourrait être de réclamer un État fédéral avec un nombre de domaines de compétence plus limité qu’aujourd’hui
ou que prévu dans le Traité de Lisbonne. Selon le principe de subsidiarité, nous ne déléguerions au niveau de l’UE que les
domaines de compétence où nous sommes en mesure d’espérer des décisions démocratiques plus rationnelles et plus
effectives qu’au niveau des États membres. Ceci pourrait signifier que nous enlevions des compétences, comme par exemple
la politique de commerce extérieur, au niveau de l’UE, pour la rendre au niveau des États membres. Le principe de
subsidiarité pourrait être un guide utile dans le cadre de cette discussion. L’UE n’est pas une fin en soi. C’est un projet de paix
qui pourrait aussi être bon pour d’autres raisons et pour d’autres politiques, mais certainement pas pour toutes.
Une « Convention », composée de tous les secteurs de la société, cela pose problème à ATTAC Wallonie : risque de
« corporatisme ».
Samuel : je ne suis pas d’accord. Je pense qu’ils font, ici, une confusion entre deux moments dans la « période de décisions» :
l’accusation de corporatisme serait justifiée si nous étions en train de parler de la composition du Parlement, et non de celle
d’une assemblée constituante ou de son équivalent.

ATTAC Wallonie veut « faire cesser » le travail des groupes de pression lieu de seulement le « limiter » : nous devrions
discuter pour savoir comment le faire.
Samuel : je partage ce désir, mais pratiquement, et en matières constitutionnelles, « faire cesser » signifie justement
« limiter »- du moins nous devrions essayer et ne montrer aucune acceptation des groupes de pressions dans les principes.

                             3. Appel collectif pour l'abandon du fichier Edvige
Bonjour,

L'appel collectif (signé par Attac-France) contre le fichier Edvige
est en ligne à l'adresse suivante :

http://nonaedvige.ras.eu.org/


Merci de le signer individuellement et de transmettre l'info dans les
comités locaux et parmi nos membres fondateurs.

Amicalement
Jean Tosti



                             4. participation des sourds à l'université d'Attac à Toulouse
Bonjour,
>
>Pour la première fois, l'Université d'été d'Attac accueillera des sourds
>plusieurs d'entre eux ont décidé de se rencontrer à cette occasion
>une séance de la filière 4 (contre les inégalités des espaces de résistance)
>traitera de la discrimination vis à vis des sourds
>elle sera animée en langue des signes par Belkacem Saifi (avec interprète)
>des possibilités d'interprétation permettront
>aux sourds de suivre d'autres filières
>
>vous trouverez, ci-dessous,
>l'invitation envoyée pour les sourds
>ce message est pour vous demander de relayer ce message
>auprès des sourds que vous connaîtriez
>et de ceux qui seraient en relation avec des comités locaux
>pour leur préciser qu'ils seront les bienvenus à notre université
>
>merci beaucoup
>amicalement
>gustave massiah

>
>
>Bonjour à tous,
>
>
>L'université d'été de l'association ATTAC va se
>dérouler à Toulouse du 22 au 26 Août 2008.
>Pendant ces cinq jours de nombreuses conférences
>et animations auront lieu sur le thème de
>l'altermondialisme.
>
>>ATTAC est une association altermondialiste créée
>en 1998. Elle souhaite encourager des politiques
>économiques qui respecte les aspects sociaux et
>environnementaux. Ainsi, d'abord engagée sur des
>questions économiques, ATTAC s'est aussi
>intéressée aux inégalités sociales (santé,
>éducation populaire, inégalité hommes / femmes,
>protection de l'environnement, banlieues etcŠ).
>
>(Pour en savoir plus, voici le site de ATTAC
>France :
><http://www.france.attac.org/>www.france.attac.org
>)
>>A cette occasion, nous sommes plusieurs sourds à
>avoir sollicité ATTAC pour que ces conférences
>soient accessibles avec des interprètes de
>langue des signes/français.
>
>En effet, on a pensé que les réflexions et
>actions d'ATTAC pourraient nous donner des
>outils pour mener à bien nos revendications de
>sourds. Cette université d'été est un moment de
>partage d'informations, de réflexions, de
>savoirs. C'est l'occasion pour nous les sourds
>de prendre du recul sur comment fonctionne la
>société pour mieux la changer.
>
>Dans ce but, nous avons également proposé deux
>ou trois interventions de personnes sourdes, sur
>le thème des inégalités rencontrées par les
>sourds. Cela permettrait de sensibiliser le
>public sur les principales difficultés
>rencontrées par les sourds et d'engager des
>échanges avec les militants d'Attac.
>
>Cette rencontre entre sourds et ATTAC pourrait
>être l'occasion de réfléchir sur un possible
>partenariat, de voir s'il y a des valeurs
>communes avec lesquelles nous pourrions avancer
>ensemble.
>
>>L'association ATTAC a répondu favorablement à
>notre demande : des interprètes seront prévus
>pour que les personnes sourdes puissent assister
>aux nombreuses conférences. Elle est également
>très intéressée pour programmer des
>interventions par des personnes sourdes.
>>
>Cette université d'été va proposer environ 10
>thèmes principaux, chaque thème (filière)
>organisant plusieurs conférences par jour. Voici
>les thèmes qui seront abordés :
>>
>Filière 1 : l'altermondialisme, héritier des mouvements sociaux
>
>Filière 2 : Les biens publics mondiaux
>
>Filière 3 : pensées critiques et enjeux altermondialistes
>
>Filière 4 : contre les inégalités, des espaces de résistance
>
>Filière 5 : nouvelles phases du capitalisme
>
>Filière 6 : Ecologie et société
>
>Filière 7 : Europe
>
>Filière 8 : Démocratie
>
>Filière 9 : Enjeux internationaux
>
>Filière 10 : Fondements et approfondissements
>>
>Pour information, les interventions concernant
>les sourds seront inscrites dans la filière 4 :
>contre les inégalités, des espaces des
>résistances.
>
>Nous espérons que cette initiative vous
>intéresse, et que cette université d'ATTAC
>permettra de riches échanges entre sourds et
>militants d'ATTAC.
>
>Alors, si tout cela vous intéresse
>inscrivez-vous ! Le programme et le bulletin
>d'inscription se trouvent sur le lien
><http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1065>http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1065
>. Le montant de l'inscription varie de 8 euros à
>90 euros en fonction de votre revenu.
>
>Attention, l'inscription ne comprend pas l'hébergement ni les repas.
>
>POUR L'HEBERGEMENT
>
>Nous proposons de se retrouver dans un camping,
>à côté de l'université d'été. Cette idée
>permettra de poursuivre les échanges et
>réflexions dans un cadre convivial ! Si cela
>vous convient, vous pouvez réservez dès
>maintenant en contactant le camping au
>
>Camping La Bouriette
>
>201 chemin de Tournefeuille - SAINT MARTIN DU TOUCH
>
>31300 TOULOUSE
>
>Tél : 05 61 49 64 46 - Fax : 05 61 49 64 46
>
>
>Si vous pensez aller à cette université d'été,
>merci de nous prévenir pour organiser les
>interprètes.
>
>N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.
>
>Notre adresse mail : <mailto:sourd.attac@yahoo.fr>sourd.attac@yahoo.fr
>
>Merci de diffuser cette information à tous vos
>contacts, plus on est nombreux mieux ce sera !
>
>Groupe sourds / attac
>.



                                            III. O.G.M.
                                                    1. Maïs OGM Mon 810 de Lafrançaise(82) :
                       Les parcelles broyées avant le résultat des analyses demandées par la justice.

Les Syndicats, associations et collectifs prennent acte du broyage effectué dans la soirée du 15 juillet sur les parcelles
semées en maïs OGM Mon 810 interdit et peut-être d’autres par des engins agricoles de forte puissance. Les services du
SRPV Midi Pyrénées, prévenus par la gendarmerie, ont diligenté 2 fonctionnaires sur les lieux cet après-midi pour établir un
constat.

Plusieurs questions méritent d’être posées :

Pourquoi tant d’empressement à détruire ces éléments de preuve ? A qui profite le crime ou la provocation ? Au-delà de
l’implication de l’agriculteur concerné qui devient petit à petit le lampiste de l’affaire, ces actes montrent la volonté délibérée
des lobbies locaux d’agir en coulisse.

Les Syndicats, associations et collectifs sont surprises de constater que des responsables agricoles départementaux faisant
partie de ceux qui ont le plus défendu les OGM et protesté contre le moratoire sur le maïs OGM Mon 810 aient pu participer à
la destruction des parcelles avant que la preuve définitive de leur caractère illégal ait été apportée. Elles interpelleront
fermement le Procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur ces destructions.

Aujourd’hui ou demain viendront les résultats des deux séries de prélèvements effectués et les associations, syndicats et
collectifs sont impatients des suites qui doivent être données à cette affaire par les services de l’Etat et le justice.

Ils réaffirment leur détermination à continuer la biovigilance citoyenne car passée la période de floraison et des
contaminations, la question reste entière de la traçabilité des récoltes.

Pour eux, l’Etat doit être le garant de la mise en œuvre des moyens réellement suffisants au service des SRPV pour
permettre de pouvoir produire et consommer sans OGM.

Confédération paysanne nationale et 82 – FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) – Nature et Progrès – Les
Amis de la Terre – Greenpeace – Collectifs anti- OGM 31 & 82 – Collectif des Faucheurs Volontaires –

Contacts :
Collectifs anti-OGM : Jacques Dandelot (06     30 50 56 63)
Confédération paysanne : Régis Hochart 06      08 75 00 73) –
                               Michel Dupont (06 70 04 91 14)
Greenpeace : Marina Maruéjouls, groupe local Toulouse (06 24 66 86 00)
Nature et Progrès : Guy Kastler (06 03 94 57 21)
Les Amis de la Terre : Hélène Gassie (06 63 30 99 27)
Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique : Henri Thépaut (06 71 28 84 52)


                                   IV. Uranium "suspect" au Tricastin
                             1. Pollution de la nappe phréatique à l'uranium...? récente ou ancienne...de
plus en plus grave
Le Monde - 15.07.08 - Hervé Morin

De l'uranium suspect décelé dans la nappe phréatique au Tricastin
[PHOTO : Un technicien de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) effectue
des mesures sur les eaux de La Gaffière, près du site nucléaire du Tricastin, le 9 juillet.]

La crise engendrée par la fuite d'uranium survenue le 7 juillet dans une unité de traitement de la société Socatri, au Tricastin (Vaucluse), pourrait
rebondir. Certes, la préfecture du Vaucluse a levé en partie les interdictions d'usage de l'eau, le long des cours d'eau où une partie des effluents
radioactifs s'étaient déversés : les mesures faites par la filiale d'Areva ne relèvent plus, dans les eaux de surface, de dépassements de la norme de
potabilité fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à 15 microgrammes d'uranium par litre (µg/l).

Certes, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui avait ordonné la fermeture de l'unité de traitement défaillante après une première inspection, jeudi 10
juillet, a constaté lors d'une deuxième visite, samedi, que ses prescriptions avaient été respectées : la Socatri a achevé la vidange du bac de
rétention "fuyard" ; elle a mis la terre contaminée en lieu sûr et a nettoyé le réseau d'eaux pluviales souillé, avant qu'un orage ne vienne s'en charger.
Elle estime que la teneur d'uranium dans l'effluent était de 8 g/l et non de 12 g/l.

POLLUTION ANTÉRIEURE ? Mais il reste plusieurs zones d'ombre. La plus préoccupante concerne la présence, encore inexpliquée, de teneurs en
uranium plus élevées que la normale dans divers points de la nappe phréatique. Compte tenu de la vitesse de diffusion de l'uranium, ces
concentrations n'auraient pas dû être relevées. Sur un point de prélèvement, nommé AEP4, situé à deux kilomètres au sud de la Socatri, la teneur
est montée jusqu'à 64 µg/l le 8 juillet, et restait à 36,6 µg/l le 13 juillet.

Dans une ferme avoisinante, elle se situait autour de la limite fixée par l'OMS - soit presque dix fois au-dessus du "bruit de fond" enregistré
habituellement dans la nappe. "Ces valeurs ne peuvent être expliquées par le rejet accidentel", estime l'Institut de radioprotection et de sûreté
nucléaire (IRSN). Le point AEP4, situé chez un particulier, déconcerte les autorités : la teneur en uranium fluctue, l'eau prélevée au puits présentant
des concentrations moins élevées que celles mesurées au robinet qu'il alimente.

Cette découverte renvoie à une étude récemment conduite par l'IRSN, la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale et Areva sur la
nappe phréatique du Tricastin. "Elle avait mis en évidence des marquages à l'uranium en certains points, entre 10 et 15 µg/l, sans que l'on puisse
préciser leur source, indique Didier Champion, directeur de l'environnement à l'IRSN. On ne peut exclure qu'il y ait eu des rejets antérieurs, à
l'origine d'une pollution à l'uranium." Soucieuse d'éclaircir ce point, la préfecture du Vaucluse ne prévoit pas de modifier ses prescriptions sur l'usage
de l'eau avant plusieurs jours. Le temps aussi de collecter les résultats des analyses de sédiment, de plantes et de poisson issus des cours et plans
d'eau souillés.

Reste également aux autorités à analyser le respect ou non des procédures l'alerte des différents services de l'Etat, des élus et des populations. La
défaillance de la Socatri semble patente : une alarme signalant un niveau élevé d'effluent dans la cuve s'est déclenchée à 19 heures lundi 7 juillet.
Le débordement a été constaté à 23 heures, mais ce n'est qu'à 4 heures le lendemain que la fuite en dehors de la cuve de rétention,
accidentellement fendue lors de travaux récents, a été détectée.

Le plan d'urgence interne a été déclenché à 6 h 15, l'ASN et la préfecture de la Drôme étant prévenues une heure plus tard. Que s'est-il passé pour
que certains maires ne soient pas avertis avant 13 h 30 ? Et pour que l'IRSN ne soit alerté qu'à 11 h 30 ? "Pourquoi l'exploitant n'a-t-il pas déclenché
l'alerte nationale ?, s'interroge Didier Champion. Nous avons perdu une demi-journée pour conduire nos analyses sur place." Diverses enquêtes,
administratives et judiciaires, devront le déterminer.

                 2 Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à M. Borloo des prélèvements
indépendants près de tous les sites et centrales nucléaires

La découverte d'uranium "suspect" autour du site du Tricastin laisse à penser que des rejets radioactifs
dans l'environnement ont eu lieu et ont été maintenus secrets, mettant ainsi en danger les citoyens.

Cela confirmerait hélas les soupçons souvent exprimés par le Réseau "Sortir du nucléaire" : il est légitime
de penser que des rejets radioactifs sont occasionnés par différents sites ou centrales nucléaires, et sont
cachés dans le but de ne pas nuire à l'image du nucléaire, énergie officiellement présentée comme
"propre".
Rappelons qu'une étude scientifique menée par l'Université de Mayence a récemment montré un excès
de cancers détectable jusqu'à 50 km autour des centrales nucléaires allemandes. Ces cancers
s'expliquent certainement par le rejets radioactifs continuels des centrales dans l'environnement.
Tout laisse à penser qu'il en est de même en France.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" écrit aujourd'hui à M. Borloo, Ministre de l'Écologie, de l'Energie, du
Développement durable et de l'Aménagement du territoire (MEEDDAT), pour lui demander que soient
mis en œuvre au plus vite des prélèvements près de tous les sites et centrales nucléaires.

Pour que les résultats ne puissent souffrir d'aucun soupçon, ces prélèvements doivent être faits par des
organismes indépendants comme la Criirad ou des organismes étrangers n'ayant aucun lien avec les
industriels du nucléaire ni avec l'Etat français.

Concernant l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l'actualité de ces dernières années
a montré que des chercheurs de cet Institut, qui souhaitaient juste faire correctement leur travail, on été
réduits au silence (*). L'IRSN; qui est sous la tutelle de l'Etat (ministères chargés de l'Environnement, de
la Santé, de l'Industrie, de la Recherche et de la Défense) ne peut donc être considéré comme un
organisme indépendant.

Concernant le fuite d'uranium sur le site du Tricastin, le Réseau "Sortir du nucléaire" prépare une plainte
contre l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui, après avoir été informée par Socatri-Areva de la fuite
d'uranium, a attendu plusieurs heures avant d'alerter les autorités, mettant ainsi délibérément en danger
les citoyens.

(*) cf en particulier l'affaire des centrales nucléaires françaises inadaptées au risque sismique. Informations sur cette affaire
auprès du Réseau "Sortir du nucléaire"


                            3. Une nouvelle fuite d'uranium signalée dans la Drôme

Affaire de la fuite d'uranium à la Socatri-Areva
Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande
la démission de Mme Lauvergeon (Areva)
La Présidente d'Areva, qui depuis des années s'évertue à dissimuler
la vérité sur l'industrie nucléaire comme le démontre sa gestion des
rejets de la SOCATRI, doit assumer ses responsabilités.


L'entreprise SOCATRI, responsable des récents rejets d'uranium dans l'environnement au Tricastin qui font l'actualité depuis
10 jours, est une filiale d'Areva. Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, se rend aujourd'hui, vendredi 18 juillet après-midi, à l'usine
de la SOCATRI sur le site du Tricastin. Areva vient d'annoncer par communiqué de presse (17 juillet) qu'un nouveau directeur
de la SOCATRI va être nommé... ce qui revient à dire que l'actuel directeur "saute" pour sa gestion de la situation,
désastreuse en terme d'image pour Areva. Le ministre de l'écologie Borloo a déclaré ce jeudi 17 juillet au journal de 13h de
France 2 qu'il souhaite "exiger une fermeté totale, des sanctions si il le faut".

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande donc à ce que ce soit Anne Lauvergeon elle-même qui démissionne. Les
sanctions qu'évoque le ministre doivent être prises au plus haut niveau et non à l'encontre de cadres subalternes d'Areva, qui
serviraient de boucs émissaires bien pratiques. Anne Lauvergeon doit tirer toutes les conséquences de son incurie et de celle
de sa filiale SOCATRI.

Depuis qu'elle est à la tête d'Areva, Mme Lauvergeon n'a cessé de cacher la vérité sur l'industrie nucléaire au profit de
campagnes publicitaires permanentes sur tous les supports. La (sur)communication est la pire ennemie de la véritable
information. Il est nécessaire que l'opinion publique découvre enfin la réalité des graves contaminations occasionnées dans
l'environnement par les activités d'Areva :

- très graves contaminations du Niger par les mines d'uranium exploitées par Areva
- contaminations en France aussi par les mines d'uranium aujourd'hui fermées
- plusieurs graves rejets de matières radioactives à l'extérieur du site Comurhex-Areva (Aude) :
    20 mars 2004, 28-29 janvier 2006, 5 mars 2006, 18 juillet 2006
- importants rejets continus dans l'environnement depuis l'usine Areva-La Hague (Manche)
- bien sûr, fuite(s) d'uranium depuis l'usine Socatri-Areva (Vaucluse)
- très certainement de nombreux autres rejets jamais révélés...

Il est bien évident que Mme Lauvergeon ne doit pas laisser la place à un autre PDG aux méthodes comparables ou mêmes
identiques. Areva devrait être placée sous la tutelle d'une administration provisoire dont la mission principale serait de faire la
vérité sur toutes les contaminations occasionnées par les installations d'Areva. Plus généralement, il faut envisager le
démantèlement de la multinationale Areva dans le cadre d'un plan de sortie du nucléaire, en espérant que le pire - un second
Tchernobyl - ne surviendra pas entre temps.
Presse :
Stéphane Lhomme : 06 64 100 333
Lionel Cavicchioli : 01 47 00 51 60

                                                                                                                    Mardi 15 juillet 2008
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 820 associations
9 rue Dumenge 69004 Lyon cedex

                                                                                                  A M. Borloo, Ministre de l'Écologie, de
                                                                                                                      l'Energie, du Développement durable
                                                                                                                          et de l'Aménagement du territoire

Objet : Demande de prélèvements indépendants près de tous les sites et centrales nucléaires

Monsieur le Ministre,

La découverte d'uranium "suspect" autour du site du Tricastin laisse à penser que des rejets radioactifs dans l'environnement ont eu lieu et ont été
maintenus secrets, mettant ainsi en danger les citoyens.

Cela confirmerait hélas les soupçons souvent exprimés par le Réseau "Sortir du nucléaire" : il est légitime de penser que des rejets radioactifs sont
occasionnés par différents sites ou centrales nucléaires, et sont cachés dans le but de ne pas nuire à l'image du nucléaire, énergie officiellement
présentée comme "propre".

Nous vous demandons donc solennellement que soient mis en œuvre au plus vite des prélèvements près de tous les sites et centrales nucléaires.

Pour que les résultats ne puissent souffrir d'aucun soupçon, ces prélèvements doivent être faits par des organismes indépendants comme la Criirad
ou des organismes étrangers n'ayant aucun lien avec les industriels du nucléaire ni avec l'Etat français.

Concernant l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l'actualité de ces dernières années a montré que des chercheurs de cet
Institut, qui souhaitaient juste faire correctement leur travail, on été réduits au silence (*). L'IRSN; qui est sous la tutelle de l'Etat (ministères chargés
de l'Environnement, de la Santé, de l'Industrie, de la Recherche et de la Défense) ne peut donc être considéré comme un organisme indépendant.

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à notre attachement à la protection de l'environnement et à la
démocratie.

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire"
Stéphane Lhomme, Porte-parole


(*) cf en particulier l'affaire des centrales nucléaires françaises inadaptées au risque sismique. Informations sur cette affaire auprès du Réseau "Sortir
du nucléaire"



                             V. Quelle sécurité dans une gouvernance de la suspicion et de
                                  la répression ?
                             1. Récit d'une expulsion en Israel
De: patrick Feldstein <patrickfeld@gmail.com>

Voici le récit de l'une des abonnées de ma liste. Elle m'a demandé de
diffuser cet écrit
Noelle fait partie de ces gens qui inlassablement continue envers et
contre tout le maintien de la solidarité concrète avec le peuple
palestinien.
Elle en a payé le prix par une expulsion
Vous trouvez son texte ci-dessous.

Patrick

En Israel, le Ministre de l'Intérieur est toujours le Ministre des Expulsions...

9 juillet 2008, nouveau voyage vers les Territoires Occupés de Palestine...
Je ne pense même pas aux formalités douanières lorsque j'arrive vers 14h à l'aéroport Ben Gurion. Le contrôle de mon
passeport et l'apposition du visa d'entrée n'ont jamais pris plus de quelques minutes...

Etrangement, alors que je n'ai pas encore mon passeport français à la main, une agente de police m'oriente vers un
guichet réservé aux passeports israéliens. A ma remarque ''Je ne suis pas israélienne'', elle répond ''I know, Je sais'' !
Ah bon, cela se voit donc à ma tête ?

La seconde policière, chargée du contrôle et du visa d'entrée, me pose les questions rituelles : le but de ma visite en
Israel, la durée prévue du séjour. Je réponds tout aussi rituellement : tourisme pour plusieurs semaines. Mais ma
réponse n'entraîne pas les questions habituelles suivantes : où allez-vous séjourner, connaissez-vous des personnes en
Israel, avez-vous une invitation, etc ? Non, cette fois, la réaction du masque blond platine qui me fait face est d'une autre
nature : ''vous ne venez pas en vacances ici plusieurs fois par an, je ne suis pas stupide !'' Et elle appelle quelqu'un
depuis son poste téléphonique, puis me demande de la suivre vers un bureau situé à proximité.

Là, un homme en chemise blanche avec galons, et kippa posée devant lui, se présente comme officier du Ministère de
l'Intérieur. Il me repose les mêmes questions, auxquelles je fournis les mêmes réponses : ce que je viens faire en Israel
(du tourisme), dans quelles villes je prévois de me rendre (Jérusalem et Bethlehem), dans quels hôtels (je donne des
noms), qui je connais (personne en particulier)...
Mes réponses laconiques ne le satisfont évidemment pas : il écrit 13 sur un papier et soutient que je suis venue 13 fois
en 2005 ! Ce n'est pas pour du tourisme !
Je suis venue plusieurs fois par an, c'est vrai, les visas l'attestent, mais 13 fois, ce n'est tout simplement pas possible. Je
travaille en France, et je ne peux voyager que pendant des vacances. Il doit y avoir une erreur dans le décompte des
tampons qui figurent sur mon passeport...

Vous ne nous dites pas la vérité, on ne peut pas vous laisser entrer... et il m'envoie dans la salle d'attente, où se
trouvent déjà plusieurs personnes d'origine occidentale ou arabe.

J'attends un long moment, que je mets à profit pour prévenir quelques amis de mon probable retard lorsque j'arriverai à
Jérusalem. J'allège aussi mon téléphone portable de tout ce qu'il a mémorisé ces derniers temps et je vide
complètement la carte-mémoire de mon appareil-photo...

Plus tard, un homme en tenue décontractée, cheveux ras et teint bronzé, vient me chercher et, sur un ton badin, me dit
qu'il souhaite me voir répondre à quelques questions... Je le suis dans une alvéole minuscule, où deux jeunes femmes
sont tassées derrière un bureau et suivent des écrans d'ordinateurs. Il m'ordonne de m'asseoir en face d'elles, pendant
que lui reste debout à côté de moi, appuyé à la cloison.
Lorsque je dis que je voudrais récupérer mes bagages, il me répond qu'ils sont plus en sécurité que lui-même dans cet
aéroport...
Les autres, ceux qui m'ont interrogée avant lui, c'étaient la Sécurité d'abord et l'Intérieur ensuite, lui, c'est le Ministère de
la Défense et ça n'a rien à voir. On va tout recommencer depuis le début...
 Qui vous paie vos voyages ?
 Moi-même.
 Pas possible, je gagne 2 fois votre salaire, et je ne pourrais pas me le permettre !
Et il reprend la thèse des 13 voyages en Israel en une année.

Le ton se fait plus dur : il veut savoir ce que je visite dans le pays, les noms des lieux à Jérusalem, à Bethlehem, les
hôtels où j'ai mes habitudes, le nom des gens qui m'y accueillent, je dois savoir comment ils s'appellent et ils doivent me
connaître familièrement... Il me fait donner une feuille pour que j'écrive...
Je réponds que je ne veux pas donner de noms de personnes...
Il coupe alors net l'interrogatoire et m'ordonne de retourner en salle d'attente, il y a beaucoup de gens, on a tout le
temps, ajoute-t-il...

Entre-temps, des jeunes sont arrivés, occidentaux manifestement. D'autres familles arabes, aussi. La salle s'est remplie.
Par téléphone, je lance mes premiers appels à l'aide. Une amie me donne le numéro des urgences du Consulat de
France (celui que j'avais était périmé !), et tout de suite, une Consul-adjointe me recontacte pour me dire que,
renseignements pris auprès des services de sécurité de l'aéroport, je n'aurai pas de visa d'entrée et je serai expulsée
très rapidement. C'est une décision irrévocable ! Elle me conseille de faire appel à la presse française lorsque je serai
rentrée à Paris. Je fais valoir que je préférerais me battre d'abord sur place pour obtenir le droit d'entrer... Contacter la
presse israélienne alors, cela peut être efficace ... En dernier ressort, elle me donne le téléphone d'un avocat.
Des amis palestiniens cherchent de leur côté à obtenir aussi le concours d'un avocat...

Dans la salle d'attente, j'interroge mes voisins occidentaux : ils ont dit qu'ils venaient comme bénévoles donner des
cours dans un camp de Réfugiés, par l'intermédiaire de l'UNRWA (Office de l'ONU pour les Réfugiés Palestiniens). Le
ballet des interrogatoires continue...

Une policière en chemise blanche et uniforme marine vient à nouveau me chercher et me laisse entendre que, comme
je n'ai pas voulu coopérer...
Le 1er officier, celui de l'Intérieur, est toujours à son bureau, sa kippa posée devant lui. Il me dit que je n'ai pas dit la
vérité sur mes activités, que j'ai menti, et que pour cette raison, le ministère qu'il représente ne m'autorisera pas à
entrer... Je lui explique alors que je suis syndicaliste en France et que, après que mon union syndicale a invité une
représentante du syndicat des Femmes Arabes de Beit Sahour à participer à son congrès en juin dernier, je viens à mon
tour rendre visite à ce syndicat avec lequel nous travaillons.
 Pourquoi nous avez-vous menti ?
- Je n'ai pas menti, je viens aussi faire du tourisme, découvrir le pays, et je profite de mon voyage pour effectuer cette
     visite à des syndicalistes amis...
- Pourquoi ne l'avoir pas dit plus tôt ?
- Parce que je sais que si j'avais parlé de ces liens avec une structure sociale palestinienne, cela serait devenu
     immédiatement un problème pour vous...
- Quelles sont les activités de ce syndicat des femmes arabes ?
- Des activités sociales : aide à l'enfance, atelier de travail pour handicapés, aide aux femmes en difficultés...
- Est-ce que cette structure participe à des manifestations contre l'armée ?
- Elles font un travail social, pour les femmes, les enfants, les handicapés...

Mais il est trop tard, la décision est prise, ''j'aurais dû demander un visa auprès des autorités consulaires israéliennes en
France''...
Ceux-là doivent pourtant bien savoir que les Français n'ont pas à demander de visa d'entrée en Israel...
Retour en salle d'attente où une policière est venue s'asseoir aussi, un portable rivé à l'oreille et à la bouche. Au début,
je crois qu'elle est venue faire une pause bavardage avec une autre pipelette. Mais quand je me lève pour téléphoner et
que je franchis la porte, elle me signifie que je ne peux sortir de la pièce... Je lui demande de l'eau, ''il n'y a que la
fontaine à côté des toilettes'', et elle doit m'y accompagner... Je comprends que désormais, ils ne vont plus me lâcher
d'une semelle !

On me demande de me rendre au contrôle des bagages. Escorte : 4 pour 1 ! Je récupère ma valise qui traînait (en
''toute sécurité'' !) au milieu des tapis roulants depuis le début d'après-midi, et nous voilà partis pour un centre de
scannage ultra-verrouillé. Ils sont au moins 15 à défiler là-dedans, chargeant des valises énormes, et passant leurs
engins magnétiques sur tout ce qui pourrait contenir ... quoi ?
Après le scanner, je dois ouvrir mes sacs que des jeunes gens en gants blancs vont déballer complètement. Ils ne
trouvent rien qui puisse intéresser les services secrets, évidemment, mais même mon téléphone français a été passé au
détecteur de mensonges. Il a pris une telle dose de gégène que pendant un temps, il écrit tout seul des messages
sibyllins remplis de 7...
Fouille au corps pour terminer, sous les propos gênés de la jeune femme qui doit me palper ... jusque sous les pieds
(nus !). Je lui dis que ça me fait sourire parce que je n'ai rien à cacher !

Ultime retour à la salle d'attente, qui s'est presque vidée. Il est tard. Une autre jeune femme en débardeur poussin
moulant sa grossesse m'annonce qu'elle va m'emmener là où je pourrai me rafraîchir, manger, boire, me reposer... Je
proteste, j'attends des nouvelles du Consulat, d'un avocat, on ne m'a rien signifié officiellement, pas expliqué ce qui allait
se passer maintenant, alors que j'ai obtenu plus d'une dizaine de visas d'entrée sans problème jusque-là !
Mais elle a des ordres, je dois la suivre, elle et sa collègue en tenue plus ''bleu marine'', qui me jette des regards noirs...
Je dis à celle qui me parle avec le sourire que je la trouve charmante dans son débardeur jaune et ses tongues dorées,
mais que je ne sais pas qui elle est, que je n'ai aucune raison de lui faire confiance, que je voudrais une explication face
à face avec l'autorité qui décide !
Elle éclate de rire en s'excusant de sa tenue ... de femme enceinte et me montre sa carte professionnelle. Mais pour
moi, c'est de l'hébreu !

Dans un fourgon banalisé, où j'ai dû monter tout à l'arrière, elles me conduisent vers une destination inconnue. Je
reconnais seulement les panneaux aéroportuaires qu'on voit partout aux abords des tarmacs : Terminal 2, Terminal 3.

Un Consul de France m'appelle sur mon portable. Gros yeux de celle qui ne sait que donner des ordres: ''Vous n'avez
pas le droit de téléphoner'' ! Je continue à parler en français à mon interlocuteur, qui me confirme qu'il n'a rien pu faire
pour moi auprès des autorités israéliennes.
Nouveau rappel à l'ordre : je dis C'est le Consul de France, vous ne pouvez pas m'empêcher de communiquer avec lui,
vous pouvez vérifier.
Bref échange, la voix rude se radoucit et me repasse mon portable. Le Consul, qui a une légère intonation de la
Caraïbe, me dit que, dans mon cas, ses services n'insistent pas trop, car autrement, ils n'auraient plus de monnaie
d'échange et se décrédibiliseraient complètement (sic !).

Le fourgon s'arrête, on me fait descendre, passer des grilles où d'autres policiers nous attendent. Je dois laisser ma
valise dans un rez-de-chaussée étroit et monter à l'étage : endroit glauque composé d'un petit hall avec quelques
chaises de molesquine fatiguée, une table basse, et, derrière, un bureau vitré avec des hommes en uniforme.

On me dit de m'asseoir. Pour passer le temps et oublier un peu l'endroit, je sors un livre. Je ne sais pas où je suis. En
dehors des flics, je ne vois personne. Il y a juste un couloir face à moi, avec des portes kaki percées d'une petite fenêtre
vitrée. Un policier fait entrer dans ce couloir plusieurs hommes de type asiatique, tout sourire lorsqu'ils me voient, et les
entraîne plus loin.
Un homme noir d'un certain âge arrive alors avec un bracelet de plastique au bras droit et peut-être un pansement au
creux du coude... Il s'assoit à côté de moi et se met à téléphoner dans une langue inconnue. Lorsqu'il raccroche, je le
salue. Il se touche la tête en disant qu'il a mal. Il a l'air mal en point. Je lui demande s'il a des médicaments pour la
douleur, oui, on lui en a donné. Il ne tient pas debout. Soudain, je repense au détenu tunisien qui est mort au CRA de
Vincennes, faute de soins, alors qu'il avait demandé de l'aide. Je suggère au policier d'emmener cet homme dans une
pièce tranquille où il pourrait s'allonger...

J'ai soif et la jeune femme enceinte, qui est toujours dans le bureau, me conduit à la cuisine, en me proposant aussi un
sandwich qu'elle sort du frigo. Je n'ai pas vraiment envie de manger cellophane, mais j'accepte en pensant à la nuit qui
m'attend... Nous discutons des droits des femmes enceintes en Israel. Pas grand-chose, comparativement aux congés
maternité en France : elle travaillera jusqu'à son accouchement ! Ses mots ne sont pas tendres pour le travail qu'elle
fait...

Je demande encore un thé et la possibilité de téléphoner à un ami qui connaît un avocat et ne peut plus me joindre sur
mon téléphone, qui m'a été retiré. Les policiers acceptent aussi de me laisser voir ce qui est écrit dans mon passeport. A
ma grande surprise, il n'y a pas le moindre tampon attestant de mon passage par l'aéroport, la police des frontières, la
douane, les services ''spéciaux''. Aucune trace du ''Denied'' de refoulement tant de fois répété dans l'après-midi ! Je
songe que cette absence de trace écrite du refus de visa ne va pas me faciliter la tâche en France, si je veux contester
la décision...
Les policiers présents ce soir-là n'en reviennent pas qu'on ait pu prendre la décision de me renvoyer après m'avoir
accordé X visas pendant des années...

Je retourne m'asseoir.
Un policier me fait signe de prendre mes affaires et de le suivre. Il me conduit vers le fond du couloir, dans cette partie
qui était jusque-là cachée à ma vue, celle des cellules de détention. Derrière les portes kaki, en effet, il y a des hommes
et des femmes enfermés. Plusieurs cellules d'hommes, une de femmes, la dernière. Le policier actionne la serrure de la
porte et me fait entrer. 2 châlits superposés de chaque côté de la pièce, au milieu, une table encombrée de gobelets et
de restes de repas. Une seule chaise.
Sur les paillasses enveloppées de plastique kaki, 3 femmes allongées. Les yeux de la première, qui se lève, frappent
mon regard : son visage est bouffi de fatigue et de larmes. Elle est si jeune, si blonde. Elle sort. La porte est
reverrouillée.

La seconde, en face, allongée sur le lit supérieur, se redresse et me sourit. Elle a un beau visage noir et clair. Je ne sais
plus les mots qu'on échange, mais on se parle tout de suite.
La troisième ne sort pas de sa prostration. Je ne verrai même pas ses traits. Plus tard, j'apprendrai qu'elle attendait son
expulsion d'un instant à l'autre...

Mais on vient me rechercher : Madame la Consul de France m'appelle à son tour (combien y a-t-il de Consuls de France
dans ce pays ?) pour me faire part de son soutien dans cette épreuve : je suis maintenant au centre de rétention de
l'aéroport, est-ce que les conditions ne sont pas trop précaires et inconfortables ?
Ses démarches auprès des autorités sont restées sans succès. Dans la période récente, il y a eu des refus de visa tous
les jours. Depuis la mort de plusieurs Israéliens à Jérusalem-Ouest suite à l'attaque d'un Palestinien qui conduisait un
bulldozer, la situation s'est beaucoup durcie. Même le Directeur d'un grand musée parisien a été refoulé !
Elle ajoute que dans un cas comme le mien, elle conseille d'avertir à l'avance le Consulat de sa venue et du but de son
séjour, car cela facilite la tâche du Consulat auprès des autorités israéliennes en cas de difficultés dans la délivrance du
visa.
Sans garantie de résultat positif, évidemment.
Je suis bien d'accord avec elle sur cette dernière phrase, car cela m'étonnerait que les activités syndicales déclarées
avec des Palestiniens donnent droit facilement au feu vert des autorités israéliennes !

Notre conversation s'arrête là, et pour qu'une autre soit possible, il faudra que le Ministère de l'Intérieur l'autorise...

C'est à nouveau l'heure pour moi de rejoindre mes quartiers de nuit : on me ramène en cellule. Des sourires
m'accueillent, et des mots de bienvenue. On échange nos prénoms. Pourquoi es-tu là ? Et toi ?
Je découvre l'intérieur du système carcéral pour étrangers indésirables. Histoires personnelles tant de fois entendues,
lues, répétées, dans tous les pays d'Europe aujourd'hui. Et pourtant histoires uniques : Milana est étrangère, mais
mariée à un ressortissant du pays avec qui elle a un enfant. Sortie seule pendant quelques semaines pour rendre visite
à ses parents malades, elle se voit interdite de retour auprès de son conjoint et de son fils. Elle devra rester enfermée en
cellule jusqu'à ce que la Cour de justice israélienne ait statué sur son sort. Cela peut prendre plusieurs mois. Mais c'est
cela ou l'expulsion immédiate !
C'est une histoire à devenir folle : elle ne peut communiquer avec personne, recevoir aucune visite, jamais prendre l'air.
L'avocat sollicité par son mari s'occupe de la défendre, mais uniquement depuis l'extérieur.
Nous parlons de son fils, qui attend son retour. Elle n'a pas pu lui parler. Il a été accidenté à la naissance, et doit encore
subir des opérations. Elle ne sait pas si elle tiendra longtemps dans ces conditions...

Fleur, elle, était venue d'un autre continent il y a des années pour travailler et permettre à son grand fils de faire des
études au pays. Elle était sans-papiers. La police est venue la cueillir directement pour l'expulser, mais cela fait
maintenant des semaines qu'elle attend, démunie de tout, qu'on veuille bien la mettre dans l'avion du retour. Ce sera
pour dimanche prochain, lui dit-on. Mais les dimanches passent, et rien ne vient. Elle attend toujours. Je lui demande ce
qui va se passer pour elle à l'arrivée. Elle ne sait pas...

A mon tour, je raconte qui je suis et ce que je fais en France dans le RESF. Les aléas de la vie ont voulu que cette nuit,
je partage le sort de celles qu'habituellement, je m'efforce de sortir de la situation où elles se trouvent ! Milana et Fleur
auraient pu en effet être arrêtées en France pour défaut de papiers ou non-reconnaissance des droits qu'ouvrent le
mariage ou la maternité. Elles pourraient être détenues dans une de ces prisons françaises pour étrangers qui ont nom
Mesnils-Amelot, Geispolsheim ou Lyon Saint-Exupéry.

Et si elles n'avaient pas été là pour m'accueillir et me donner leur confiance, j'aurais passé une sale nuit de solitude et
d'angoisse. Qu'elles soient remerciées d'avoir encore trouvé en elles cette faculté de se raconter, d'écouter, de me faire
une petite place dans cet espace clos qu'elles seules humanisaient !

Un visage souriant apparaît derrière la vitre, c'est celui de l'un des hommes d'une cellule voisine qui fument dans le
couloir. Ca les amuse beaucoup de venir regarder à l'intérieur de la cellule des femmes... Ils sont thaïlandais, chinois,
roumains, africains...
Un policier vient ouvrir la porte pour me demander si je sais ce qui va se passer le lendemain... Non, on ne m'a rien dit
de précis. Je serai mise dans l'avion de 6h pour Prague, direction Paris... Est-ce qu'il va m'accompagner lui-même ?
Non, il voudrait bien, mais son rôle s'arrêtera à la porte de l'avion... Rendez-vous à 5h. Nous échangeons un sourire
cordial et il reverrouille la porte.

Je tambourine un peu plus tard pour avoir quelque chose à mettre sur le plastique de ma paillasse et une serviette de
toilette. Un jeune policier s'exécute. Mais la serviette est sale et le ''drap'' une housse en nylon de type hôpital, trop
petite pour couvrir le matelas...

Ca ne fait rien, comme c'est justement l'extinction des lumières allumées toute la journée au-dessus des lits, je vais
quand même prendre une douche pour profiter du confort de la civilisation (Milana me prête sa savonnette) et
m'arranger un couchage évitant le contact avec les couvertures malodorantes...

Dans un savant jeu de permutation des lumières, douche et toilettes resteront allumés toute la nuit, pour que nos
geôliers puissent voir à tout moment ce qui se passe dans nos lits...

Mes compagnes se sont enfermées en elles-mêmes comme les oiseaux qui se taisent lorsqu'on couvre leur cage. Elles
ne diront plus un mot. Je me hisse sur mon châlit (comment vais-je faire pour en redescendre sans aide, avec une
échelle aussi minuscule ?) et je rallume mon téléphone français, gardé secrètement. Comme il m'est précieux dans la
solitude nocturne ! Grâce à lui, je vais pouvoir communiquer avec les amis de partout qui attendent des nouvelles et
n'ont pas cessé de me soutenir. Les plus couche-tard me répondent. Avec Françoise s'engage une véritable
conversation par SMS, c'est formidable, le lien avec le monde ne tient qu'à une légère vibration entre mes doigts et c'est
comme si la prison s'ouvrait, comme si je faisais la nique aux puissants qui m'ont jetée là.

J'envoie aussi des messages aux amis enfermés de l'autre côté du Mur, qui veillent impuissants au fond de leur maison
et ne peuvent me répondre... Je sais ce qu'ils ressentent, pour avoir déjà vécu auprès d'eux leur propre interdiction de
quitter les Territoires, ou l'interdiction d'entrer d'autres amis français. Je sais la rage et la tristesse, qu'il leur faudra
encore une fois surmonter.

Lorsque la nuit s'avance, je m'assoupis. A 3h, un homme de ronde entre et me fait signe de rester calme. Les heures
s'égrennent dans le silence des avions qui vont et viennent. J'attends 4h30 pour me lever et tenter une descente de mon
perchoir sans dommages. Heureusement, Fleur veille, a vu et vient à mon secours !
Je lui demande un téléphone où la joindre plus tard et lui écris mes coordonnées. Avant de partir, je lui fais cadeau de
mon dentifrice et d'une crème hydratante, pour qu'elle puisse prendre un peu soin de son si doux visage. Je lui dis tout
le plaisir que j'ai eu à la connaître et que j'aurai à la savoir hors d'ici, près des siens. Je la questionne encore sur sa
famille, un mari, une fille. Nous avons presque le même âge...
Comment fait-elle pour ne pas sombrer dans cet univers dépourvu de tout repère ? Elle est forte, Fleur, je le lui dis, il
faut qu'elle le reste, pour elle et pour les autres.

Je réveille Milana pour la saluer et lui souhaiter que son cauchemar s'arrête enfin. Mais elle ne parvient pas à sortir de
son engourdissement. Sans doute ne veut-elle pas revenir à l'insoutenable réalité des jours sans fin qui succèdent aux
jours...
Je lui demande de trouver la force de continuer à se battre, de réfléchir à ce qui est le mieux pour elle (rester là ou
demander à repartir), de ne pas attendre d'être trop démoralisée pour prendre une décision...

C'est pour moi l'heure de partir. 2 hommes et un enfant sont déjà dans le couloir, je reconnais le jeune aperçu la veille
lorsqu'on lui faisait signer sa ''demande'' pour rentrer chez lui. Visage complètement fermé de la défaite.
L'autre est plus volubile, il vit en Finlande et était venu voir un ami. Il lance un Sabah Al Her à la cantonade. Quel plaisir
d'entendre parler arabe !
Les deux policiers de service, avec douceur, nous emmènent récupérer nos bagages et nous font sortir du centre de
rétention. On monte dans le fourgon qui nous conduit vers nos avions respectifs. Pas de sirène, pas de cris. Je serai la
dernière ''débarquée''. Pendant que le premier policier est parti porter mes bagages dans la soute, je demande à celui
qui me garde d'où il vient, s'il vit en Israel depuis longtemps et s'il pense que la vie est facile ici. Il est Ethiopien, ne peut
en dire plus, mais non, la vie n'est pas facile...
Son collègue revient, il faut attendre avant de me faire embarquer. Lui, il est Druze...

Ils m'escortent jusqu'en haut de l'escalier d'accès à l'appareil. Mon passeport est remis au commandant de bord. Je
serre la main de mes chaperons, en saluant la correction de leur attitude, et j'entre dans l'avion. Tous les passagers sont
assis. Je cherche mon siège, ce sera au dernier rang. On me regarde traverser l'allée. En mon for intérieur, je me
demande ce que ces gens-là peuvent bien penser d'une femme amenée par deux flics... Je ressens l'humiliation que
peuvent vivre tous ceux qui sont embarqués de force dans des avions de ligne pour être expulsés, au milieu des
touristes...

Pas de voisins immédiats, ma place est tout au fond, là où j'ai déjà remarqué lors de précédents voyages que les sièges
sont toujours vides, et ''réservés à la sécurité'' comme disent les hôtesses lorsque quelqu'un veut s'y asseoir pour être
tranquille.
Pendant le vol, j'écris. Je note tout ce qui me reste de l'expérience vécue. J'essaie de reconstituer fidèlement la
chronologie des faits.

Je ne suis pas traitée différemment des autres passagers, mais peu avant l'atterrissage à Prague, une hôtesse vient me
signifier que la police tchèque m'attendra peut-être à l'arrivée pour assurer mon transfert vers la France. Je sortirai donc
la dernière et j'attendrai qu'on me dise ce que je dois faire...

Mais visiblement, mes expulseurs n'avaient que faire de cette précaution et n'ont pas cru bon de faire appel à leurs
homologues pragois. Je sors libre !

Il m'en coûtera 8 euros pour boire le café du retour à ce curieux statut de citoyenne libre, mais interdite...

A Paris non plus, il n'y aura pas d'uniformes pour m'accueillir...
C'est fini, je n'ai plus qu'à retrouver mes amis et à chercher comment faire pour continuer.

                                     ----------------------------------------------


L'un des derniers signes que j'ai pu lire sur une plaque métallique en quittant l'aéroport de Tel Aviv indiquait quelque
chose comme LAO GAI.
Le nom des camps de concentration dans la Chine maoïste, pour rééduquer par le travail forcé les différentes catégories
de ''nuisibles''.

Parmi les ''nuisibles'', il y a ceux à qui, comme à moi, Israel interdit l'entrée pour des raisons non-formulées.
Il y a aussi ceux à qui Israel, comme nombre d'Etats de par le monde, dont la France, impose la prison avant de les
expulser parce qu'ils sont étrangers sans visa, sans titre de séjour, ou simplement jugés arbitrairement indésirables par
des institutions qui bafouent les droits les plus élémentaires de la personne humaine. Fleur et Milana sont de ces
''nuisibles'' là !

Et enfin, il y a ces ''nuisibles'', les plus nombreux, qu'Israel confine dans une prison à ciel ouvert, dans des ''camps'' de
plus en plus fermés, et qui sont traités comme des criminels : les Palestiniens, étrangers sur leur propre terre.

Ceux qui leur rendent visite ne doivent jamais oublier que la puissance occupante, qui se donne en toute impunité droit
de vie et de mort sur ses ''prisonniers'', est seule à décider qui entre et qui n'entre pas sur ''son'' territoire.

          Noelle Ledeur
          à partir des notes prises entre Tel Aviv et Paris le 10 juillet 2008.


                            2. Guantanamo : Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne

                                    Otage de Bush pendant six ans et demi à Guantanamo
par Silvia Cattori

Le 10 juillet 2008
Le site de Silvia Cattori

Droit, impressionnant, dégageant le sentiment d’une intense intériorité, Sami El Haj, s’avance en claudiquant, appuyé sur une canne. Ni rires ni
sourires n’animent plus le fin visage de cet homme, usé avant l’âge. Une profonde tristesse l’habite. Il avait 32 ans quand, en décembre 2001, sa vie,
comme celle de dizaines de milliers d’autres personnes de confession musulmane, a basculé dans l’horreur.
Sami El Haj

Il a énormément souffert. Affaibli par une grève de la faim qui a duré 438 jours, libéré le 1er mai 2008, il vous accueille avec attention, avec douceur.
Il vous parle, sans insister, d’un univers dont l’horreur vous dépasse, vous tétanise, vous suffoque.

C’est le premier rescapé des camps, construits par l’administration Bush sur la base navale de Guantánamo Bay, à être autorisé à voyager.

« Je suis venu à Genève, dans la ville de l’ONU et des libertés, [1] pour demander que l’on fasse respecter le droit, exiger la fermeture du camp de
Guantanamo et des prisons secrètes, et en finir avec cette situation illégale » dit-il calmement. Le mot est lâché. Tout est « illégal » ; tout est faux,
manipulé, absurde, kafkaïen, dans cette guerre, dirigée essentiellement contre des gens de religion musulmane.

Nous savons, aujourd’hui, bien des choses ; notamment, que nombre d’attentats que l’on a attribués aux musulmans depuis 1996, ont été financés
et manipulés par les agents secrets du MI 6, de la CIA, du Mossad. Ce sont des témoins courageux, comme l’ancien ministre allemand Andreas Von
Bülow [2], qui ont notamment découvert et dénoncé ce genre d’activités criminelles, pratiquées par les grandes puissances. Hormis dans les
nouveaux médias, quel journaliste nous a jamais parlé des révélations faites par ce grand monsieur qu’est Andreas Von Bülow ?

À Guantanamo, soutenu par sa passion de la justice, par sa conviction que tout journaliste a pour mission de témoigner de ce qu’il voit, Sami El Haj
a eu la force psychique de tenir, de résister aux pires abus, mettant ses propres souffrances de côté. Il a connu des sentiments de grande douleur
mais il a su, aux pires moments, garder l’espoir qu’il sortirait de là vivant. Et, de se dire qu’il devait tout observer, qu’il pourrait demain témoigner,
cela l’a aidé à supporter l’indicible.

C’est, du reste, par le regard du journaliste observant avec recul cet univers effrayant, voulu par M. Bush, et qui aurait pu être sa tombe, que Sami El
Haj a pu survivre et garder sa raison. D’autres, qui ont eu moins de chance que lui, sont morts ou sont devenus déments ; donc incapables de
transmettre leur témoignage.

Sans crayon ni papier, Sami El Haj s’est efforcé de tout mémoriser pour continuer, même en cage, son travail de « journaliste d’Al-Jazira en
reportage », comme il dit.

Il est, aujourd’hui, habité par l’idée d’attirer l’attention du monde sur ces dizaines de milliers de prisonniers qui continuent, dans les geôles de
Guantanamo, Bagram, Kandahar, à subir un traitement inhumain. Il répond inlassablement, et avec gentillesse, à tous les journalistes qui
l’interrogent, en espérant que sa parole pourra faire entendre la voix de ceux qui n’en ont plus.

Son compte rendu est essentiel. A l’instar de tous les autres captifs, abusivement qualifiés, comme lui de « terroristes », Sami El Haj n’a jamais été
jugé et il n’a jamais su de quoi on l’accusait. Ce qui démontre que, les « terroristes islamistes », M. Bush, et les journalistes qui ont appuyé sa thèse,
ont dû les fabriquer. Des êtres comme Sami El Haj n’auraient jamais pu se faire arrêter, ni rester si longtemps otages de cette barbarie, parce que
musulmans, sans la complicité des gouvernements européens et de ces propagandistes islamophobes asservis à Tel Aviv et Washington qui, depuis
des décennies, désinforment l’opinion et influencent les élites, sur la base de mensonges.

Silvia Cattori : Comment vous sentez-vous, quelques semaines à peine après votre libération ?

Sami El Haj : Je me sens bien, merci. Quand je vois que des gens s’engagent pour sauver des êtres humains et luttent pour la défense de leurs
droits, cela me conforte. Bien sûr, à ma sortie de Guantanamo, il y a deux mois, je n’allais pas bien du tout. Mais, maintenant, je me sens mieux, en
découvrant que les gens, au-dehors, luttent, et n’oublient pas l’objectif principal : obtenir la paix et la liberté pour tout le monde.

Silvia Cattori : Après ces années douloureuses, passées dans des camps, quels sont vos sentiments et vos vœux les plus chers ?

Sami El Haj : Bien évidemment, je me sens heureux d’avoir retrouvé ma liberté. J’ai retrouvé ma famille, mon épouse et mon fils. Durant six années
et demie, il ne m’a pas vu, il a dû aller à l’école sans moi. Il m’a attendu et m’a dit : « Papa, tu m’as manqué si longtemps ! J’ai souffert, surtout
quand je voyais mes camarades à l’école, accompagnés par leur père, qui me demandaient : Où est ton père ? Je n’avais pas de réponse à leur
donner. C’est pourquoi j’ai demandé à maman de me conduire à l’école en voiture, parce que je ne voulais pas qu’ils me posent toujours cette
question ».

J’ai dit à mon fils : « Maintenant, je suis en mesure de t’amener à l’école, mais tu dois comprendre que j’ai un message à apporter, une cause juste à
défendre. Je veux lutter pour la cause des droits de l’homme, pour les gens que l’on a privés de leur liberté. Je ne vais pas lutter seul. Il y a des
milliers de gens qui s’engagent partout où l’on porte atteinte à la dignité des humains. N’oublie pas que nous luttons pour la paix, pour défendre les
droits là où ils sont bafoués, pour un meilleur avenir pour toi. Peut-être que nous y arriverons un jour et, alors, je vais pouvoir rester à tes côtés et
t’amener à l’école ».
Je ne sais pas s’il a compris, parce qu’il est encore petit, mais il m’a souri. Mon épouse, elle non plus, ne souhaitait pas que je reparte. Mais, quand
je lui ai rappelé dans quelle situation douloureuse se trouvent les gens enfermés à Guantanamo, qui ont eux aussi une famille, des fils, des filles, une
épouse, qui leur manquent, et que, si je restais sans lutter, ces gens allaient rester enfermés plus longtemps, elle a compris que je devais continuer
de voyager, d’ajouter ma voix à toutes les autres voix, pour que les détenus puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible. Elle m’a accordé
son plein soutien. En m’accompagnant à l’aéroport, elle m’a dit : Je vais prier pour toi.

Silvia Cattori : Ainsi, en allant en Afghanistan pour filmer les massacres de civils, victimes de la guerre de M. Bush, vous êtes devenu, vous-même,
une de ses victimes ? N’avez-vous pas peur de ce qui peut encore vous arriver ?

Sami El Haj : Pour moi, il n’y a aucun doute, je vais continuer mon travail de journaliste. Je dois continuer de porter un message de paix, quoi qu’il
en soit. En ce qui me concerne, j’ai passé six années et six mois en prison, loin de ma famille ; mais, pour d’autres, cela a été bien plus terrible. J’ai
perdu un ami très cher, journaliste à Al-Jazira : il est mort à Bagdad, tué lors du bombardement de l’hôtel où il se trouvait. J’ai également perdu une
collègue qui travaillait avec moi à Al-Jazira, que je considère comme une sœur : morte, elle aussi, à Bagdad.

Beaucoup de gens ont perdu leur vie à cause de cette guerre. Vous devez savoir que l’administration Bush a voulu empêcher la couverture des
médias libres, comme Al-Jazira, au Moyen-Orient. Les bureaux d’Al-Jazira, à Kaboul et Bagdad, ont été bombardés.

En 2001, quand j’ai laissé mon fils et mon épouse pour aller filmer la guerre déclenchée par les Etats-Unis contre l’Afghanistan, je pouvais
m’attendre à trouver la mort dans un bombardement. J’y allais, conscient des risques. Tout journaliste sait qu’il accomplit une mission et doit être
prêt à se sacrifier pour témoigner de ce qu’il se passe, par ses films et ses écrits. Et pour aider les gens à comprendre que la guerre n’apporte rien
d’autre que la mort d’innocents, destruction et souffrances. C’est sur la base de cette conviction que mes collègues et moi sommes allés dans des
pays en guerre.

Maintenant, après toutes ces années de captivité, je peux à nouveau faire quelque chose en faveur de la paix. Je vais m’engager dans ce sens, pour
la paix du monde, jusqu’à ce qu’on y arrive. Je suis sûr qu’un jour, même si ce n’est pas moi qui en récolterai les fruits, nous finirons par obtenir la
paix et le respect des droits humains, ainsi que la protection des journalistes partout dans le monde. Je suis sûr que nous parviendrons à ce que les
journalistes ne soient plus torturés ou blessés en faisant leur travail, en défendant les droits des gens à l’information et en montrant les abus contre
les humains.

Silvia Cattori : Vous avez dit, d’entrée, que vous vous sentiez bien. Mais, après une si horrible expérience, et alors que vous avez été relâché sans
la moindre excuse de la part de vos tortionnaires, comment pouvez-vous évoquer ce passé sans ressentiment ni rancune ?

Sami El Haj : Bien sûr, ce passé est extrêmement dur et ma situation personnelle est difficile. Mais quand je pense à ceux qui sont encore à
Guantanamo, à qui leur famille, dont ils n’ont aucune nouvelle, manque, je me dis que ma situation, aussi difficile soit-elle, est meilleure que la leur.

Je ne puis oublier que j’ai laissé à Guantanamo des frères qui sont détruits, qui sont devenus fous. Je pense en particulier à ce médecin yéménite
qui vit aujourd’hui tout nu dans sa cellule car il a perdu la raison.

Silvia Cattori : Quel genre de tortures vous faisaient-ils subir ?

Sami El Haj : Toutes sortes de tortures physiques et psychiques. Comme les détenus étaient tous musulmans, l’administration du camp les
soumettait à beaucoup de vexations et d’humiliations touchant la religion. J’ai vu de mes propres yeux des soldats déchirer le Coran et le jeter dans
les toilettes. Je les ai vus, durant les interrogatoires, s’asseoir sur le Coran aussi longtemps que l’on ne répondait pas aux questions posées. Ils
insultaient nos familles, notre religion. Ils faisaient semblant de téléphoner à notre Dieu pour lui demander, en se moquant de nous, de venir nous
sauver. L’unique Imam du camp a été accusé de connivence avec les détenus et a été renvoyé, en 2005, pour avoir refusé de dire aux visiteurs que
le camp respectait la liberté religieuse.

Ils nous rouaient de coups. Ils nous couvraient d’insultes racistes. Ils nous enfermaient dans des pièces froides, au-dessous de zéro, avec un seul
repas froid par jour. Ils nous suspendaient par les mains. Ils nous empêchaient de dormir et, quand on s’assoupissait, ils nous frappaient sur la tête.
Ils nous montraient des films illustrant des séances de tortures atroces. Ils nous montraient la photo de torturés décédés, tuméfiés, sanguinolents. Ils
nous maintenaient sous la menace de nous transférer ailleurs pour nous torturer encore plus. Ils nous arrosaient d’eau froide. Ils nous forçaient à
faire le salut militaire en écoutant l’hymne des Etats-Unis. Ils nous forçaient à porter des vêtements de femmes. Ils nous forçaient à regarder des
photos érotiques. Ils nous menaçaient de viol. Ils nous mettaient nus, nous faisaient marcher comme des ânes, en nous demandant d’aller ici et là.
Ils nous demandaient de nous asseoir et de nous mettre debout 500 fois de suite. Ils humiliaient les détenus en les enveloppant du drapeau états-
unien et israélien ; ce qui était une manière de dire que nous étions enfermés dans le cadre d’une guerre de religion.

Quand, couvert de poux, sale, le détenu est tiré de sa cellule pour être soumis à de nouvelles séances de tortures, pour le conduire à collaborer, il
finit par dire n’importe quoi et ne plus savoir qui il est.

J’ai subi plus de 200 interrogatoires sous la torture. 95 % des questions concernaient Al-Jazira. Ils voulaient me faire accepter de travailler comme
espion au sein d’Al-Jazira. En échange, ils m’offraient la nationalité états-unienne, pour moi et ma famille, et un salaire en fonction de mes résultats.
J’ai refusé. Je leur répétais que mon métier est celui de journaliste, pas celui d’espion, et que j’avais le devoir de faire connaitre la vérité et d’œuvrer
pour que les droits de l’homme soient respectés.

Silvia Cattori : Aujourd’hui, êtes-vous à même de pardonner à vos tortionnaires ?

Sami El Haj : Bien sûr que je vais leur pardonner s’ils ferment Guantanamo. Mais s’ils continuent à faire du mal, je vais m’adresser à un tribunal,
engager une action contre eux.

Bien que je sache que l’administration de Bush a fait tant de mal, je continue de penser qu’il n’est pas trop tard pour ces gens de corriger leurs
erreurs.

Il faut savoir faire la différence entre l’administration et le peuple. Les détenus de Guantanamo savent qu’ils ont des amis aux Etats-Unis, comme cet
avocat qui est venu à Guantanamo et qui s’est battu pour mon cas.

Silvia Cattori : On a le sentiment qu’ils n’ont pas réussi à vous briser ?

Sami El Haj : Parce que je ne suis pas seul. Il y a des gens derrière moi ; ce sentiment me donne de la force. En prison, j’ai puisé ma force dans la
conviction que tout homme libre ne peut accepter d’être mis dans cette situation d’infériorité et de déshumanisation. On éprouve des sentiments de
douleur, de chagrin, mais on s’efforce de garder l’espoir qu’il y aura une sortie ; et l’idée que, même en prison, on peut continuer son travail de
journaliste, cela limite la souffrance.

Silvia Cattori : Alors que vous étiez à Guantanamo, saviez-vous qu’il y avait, à l’extérieur, des gens qui se battaient pour vous faire libérer ?

Sami El Haj : En fait, je ne les connaissais pas, parce que, à l’intérieur de la prison, les nouvelles sont très difficiles à obtenir, même si vous avez un
avocat parce qu’il lui est interdit de vous informer. Les gens qui travaillent pour les droits de l’homme, et ceux qui n’aiment pas l’administration Bush,
aujourd’hui je les connais. Je crois que leur voix est chaque jour plus forte.

Silvia Cattori : Votre frère a dit, en vous revoyant, que vous aviez l’air d’un vieil homme. Est-ce votre sentiment ?

Sami El Haj : En ce qui me concerne, je vis par mon cœur, et non par mon visage ou par mon corps. Je sens mon cœur toujours aussi jeune, et plus
fort qu’avant.

Silvia Cattori : Donc, c’était une expérience très douloureuse mais, en fait, vous en ressortez riche d’un potentiel insoupçonné ?

Sami El Haj : C’est exact. Du temps passé à Guantanamo, j’ai su tirer quelque bénéfice. Avant d’aller à Guantanamo, je n’avais qu’une petite
famille ; maintenant, j’ai une grande famille, j’ai gagné des centaines d’amis dans le monde entier. Cela est très positif ; j’ai perdu six ans et six mois
mais, maintenant, j’ai davantage d’amis.

Silvia Cattori : Etes-vous encore considéré comme un « ennemi combattant » [3] ?

Sami El Haj : Je ne sais pas mais, lorsqu’ils m’ont relâché, ils m’ont dit : Maintenant vous n’êtes plus dangereux pour les Etats-Unis.

Silvia Cattori : Et votre nom ne figure plus sur la « liste terroriste » ?

Sami El Haj : Je ne sais pas. Je pense que, dans leur mentalité, tous ceux qu’ils ont qualifiés de « terroristes » vont rester des « terroristes ». Et
que, maintenant, ils ont peur de nous parce qu’ils nous ont fait du mal sans aucune raison.

Silvia Cattori : Pensez-vous que les agents de la CIA vont continuer de vous faire espionner ?

Sami El Haj : Oui. En réalité, je n’ai rien contre ce pays et son peuple. Si l’administration Bush corrige ses fautes, je ne vais me plaindre de rien.

Silvia Cattori : Avez-vous été surpris quand, à votre sortie, un officier du Pentagone, vous voyant avec une canne, vous a accusé d’être un
manipulateur ?

Sami El Haj : Les gens du Pentagone prétendent que les prisonniers de Guantanamo sont des malfaiteurs mais, en réalité, 500 d’entre eux sont
maintenant rentrés chez eux. Comment aurait-on pu les laisser sortir s’ils étaient réellement des malfaiteurs ? Ils mentent toujours.

Silvia Cattori : Deux autres Soudanais ont été relâchées en même temps que vous, Amir Yacoub Mohamed al Amin et Walid Mohamed. Comment
vont-ils maintenant ?

Sami El Haj : Le Gouvernement et l’administration du Soudan les ont très bien traités. Ils nous ont accueillis tous les trois, directement à l’aéroport.
Bien que les Etats-Unis m’aient pris mon passeport, ils m’ont donné un nouveau passeport dans les deux heures, et on n’a fait aucune objection à ce
que je voyage hors du Soudan.

Silvia Cattori : À Guantanamo, les militaires vous appelaient-ils par votre nom ou par votre matricule de prisonnier : « numéro 345 » ?

Sami El Haj : Ils ne m’appelaient jamais par mon nom, mais « three, four, five », mon numéro matricule. Les derniers temps ils m’appelaient « Al-
Jazira ». Seuls les délégués de la Croix-Rouge m’appelaient par mon nom.

Silvia Cattori : Ces délégués vous ont-ils rendu visite souvent ?

Sami El Haj : Lorsqu’ils étaient autorisés à venir nous visiter, tous les deux ou trois mois ; je leur parlais, ils m’apportaient des lettres de ma famille.

Silvia Cattori : L’administration Bush et les officiers chargés de vous torturer savaient que vous étiez un honnête homme, un simple journaliste
désireux de faire connaître les brutalités qu’ils commettaient contre le peuple afghan, pas un « terroriste ». Savez-vous pour quelle raison ils vous
ont fait tant de mal ?

Sami El Haj : La majorité des soldats, là bas, suivaient les ordres de leurs officiers. Ils torturaient sans aucun état d’âme. Mais je dois à la vérité de
dire que certains d’entre eux étaient bons. Certains soldats faisaient usage de leur cervelle.

Silvia Cattori : Les agents de la CIA ont rédigé un rapport sur les tortures à Guantanamo. Quand ils vous torturaient, aviez-vous l’impression qu’ils
vous observaient, qu’ils faisaient des expériences sur vous ?

Sami El Haj : Nous étions sous la surveillance constante de médecins psychiatres en uniforme militaire. Ils n’étaient pas là pour soigner, mais pour
participer aux interrogatoires, pour observer les torturés de façon à ce qu’aucun détail dans le comportement du prisonnier ne leur échappe. C’est
sous la responsabilité du colonel Morgan, médecin spécialisé en psychiatrie, que se faisaient les interrogatoires. Ce colonel a été placé, dès mars
2002, à Guantanamo. Il avait servi dans la prison afghane de Bagram dès novembre 2001. Il donnait des consignes aux officiers qui nous
interrogeaient, étudiait nos réactions, notait chaque détail pour, ensuite, adapter les tortures à la personnalité de chaque détenu, ce qui a laissé des
traces profondes sur leur psychisme.

J’ai parlé avec eux. Je leur ai dit que la mission de médecin était noble, d’aider les gens, pas de les torturer. Ils m’ont répondu : « Nous sommes des
militaires, nous devons suivre les règles ; lorsqu’un officier me donne un ordre, je suis censé l’exécuter, sinon, on me mettra en prison comme vous ;
lorsque j’ai signé le contrat avec l’armée, à ce moment-là j’ai compris que je devais obéir à tout ».

Silvia Cattori : Parmi les tortures pratiquées à Guantanamo, je vois des similitudes avec des tortures pratiquées en Israël sur les prisonniers
politiques palestiniens. La « torture » du sommeil par exemple, c’est leur spécialité.

Sami El Haj : Je crois que la majorité des Services de renseignements du monde entier sont venus à Guantanamo. J’ai vu des Britanniques, j’ai vu
des Canadiens. Ils sont venus là pour s’intéresser aux interrogatoires, et aussi pour fournir aux officiers de la CIA et du FBI des conseils sur
comment torturer, comment interroger, sur la base de leurs expériences.
Silvia Cattori : Arrivez-vous à dormir tranquillement ?

Sami El Haj : Ce n’est plus comme avant Guantanamo. Je ne dors plus que 3 à 4 heures. Aujourd’hui, quand j’ai rencontré des gens à de la Croix-
Rouge, je leur ai demandé de m’aider à surmonter mes difficultés, de me conseiller un docteur qui puisse m’examiner. Sept ans, ce n’est pas une
courte période.

Silvia Cattori : La grève de la faim, n’était-ce pas un peu comme une torture dirigée contre vous-mêmes ? Pourquoi l’avoir faite durant de si longues
périodes, alors que vos geôliers s’en servaient pour vous infliger encore plus d’humiliations et de souffrances ?

Sami El Haj : Parce que nous pensions que nous ne pouvions pas rester silencieux, que nous devions faire quelque chose. Nous n’avions que ce
moyen-là de nous faire entendre. La grève de la faim est un moyen d’action très pénible, bien sûr, très difficile à supporter. Mais quand vous êtes
privé de liberté, vous devez lutter pour l’obtenir. C’était la seule chose qui nous restait pour dire à l’administration Bush qu’un détenu a sa dignité,
qu’il ne vit pas que de pain, que la liberté est plus importante.

Silvia Cattori : Comment cela se passait-il quand ils vous alimentaient de force ?

Sami El Haj : Quand il y avait plus de quarante détenus qui faisaient la grève de la faim, l’administration du camp tentait de briser leur résistance en
nous faisant subir davantage de tortures. On nous isolait dans des pièces froides, on nous dénudait, on nous empêchait de dor mir pendant de
longues périodes. Deux fois par jour, les soldats nous attachaient sur une chaise spéciale. Ils nous appliquaient un masque sur la bouche ; ils nous
introduisaient un gros tuyau dans le nez, pas dans l’estomac. Alors que la ration d’aliment normale était de 2 canettes, ils nous punissaient en
injectant 24 canettes et 6 bouteilles d’eau. L’estomac, rétréci par les longues grèves de la faim, ne pouvait pas contenir ces quantités. Ils ajoutaient
des produits qui provoquaient la diarrhée. Le détenu, maintenu attaché sur cette chaise plus de 3 heures, vomissait, vomissait. Ils nous laissaient
dans le vomi et les excréments. La séance terminée ils arrachaient le tuyau avec violence ; quand ils voyaient le sang couler ils riaient de nous.
Comme ils font usage de tuyaux infectés, jamais nettoyés, les détenus souffrent de maladies laissées sans soins.

Silvia Cattori : C’est grâce à cette longue grève de la faim que vous avez été libéré ?

Sami El Haj : Pas seulement à cause d’elle, mais c’était une des raisons qui a poussé l’administration à me relâcher.

Silvia Cattori : Que penser des aveux de Khaled Sheik Mohamed [4], qui s’accuse d’avoir organisé plus de 30 attentats dans 17 pays ?

Sami El Haj : Peut-être qu’ils l’ont torturé à un point où l’on n’est plus soi-même. Je ne l’ai jamais rencontré parce qu’ils l’ont mis dans un camp
spécial. Un officier m’a dit qu’ils l’ont durement atteint ; vous pouvez vous en douter : ils l’ont terriblement torturé.

Silvia Cattori : Quand les Etats-Unis affirment qu’il est le « terroriste No 3 d’Al-Qaïda », cela a-t-il un quelconque rapport avec la réalité ?

Sami El Haj : Vraiment, je ne crois rien de ce qui vient de l’administration Bush. Parce que, moi aussi, ils m’ont accusé d’être un « terroriste ». Et je
sais mieux que personne ce qu’il en est. Ces gens mentent trop. Je ne crois jamais rien de ce qu’affirme cette administration. Je connais un
prisonnier qui a été tellement torturé, qu’à la fin il a dit : Je suis Oussama Ben Laden. Il disait ce qu’ils voulaient pour faire cesser les tortures.

Silvia Cattori : Alors, Al-Qaïda, est-elle une création des services de renseignements occidentaux ?

Sami El Haj : Pour ce que je sais, dans ma vie, je n’ai jamais rencontré personne qui m’ait dit : J’appartiens à Al-Qaïda.

À Guantanamo, j’ai rencontré la majorité des détenus parce que la politique de nos gardiens était de ne pas laisser les prisonniers vivre longtemps
ensemble dans la même cellule. Ils nous transféraient chaque semaine ; ainsi, on faisait la connaissance de nouvelles personnes. Les gens que j’ai
rencontrés à Guantanamo sont tous des gens pacifiques.

Depuis que je suis sorti, j’ai parlé avec plus de 100 d’entre eux. Ceux qui étaient mariés ont recommencé leur vie, les célibataires se sont mariés.

Silvia Cattori : Ceux qui puisent des forces dans la prière ont-ils plus de chance d’échapper à la folie ?

Sami El Haj : Bien sûr ! Si vous sentez que quelqu’un vous accompagne, surtout si c’est Dieu, vous allez être patient et, à tout moment, vous allez
vous rappeler que Dieu a plus de pouvoir que les êtres humains. Je dois prier Dieu et le remercier. Je dois aussi remercier tous les gens qui m’ont
soutenu. Je pense que, même si je passais ma vie à dire merci, je ne parviendrais pas à les remercier tous. Maintenant, par mon travail en faveur
des droits de l’homme, peut-être que je pourrai contribuer à rendre plus heureusela vie d’autres personnes .

Silvia Cattori : Je crois que les médias et les ONG, chez nous, n’ont pas accordé l’importance qu’il eût fallu à la défense des droits de ces
prisonniers musulmans [5]. Durant longtemps, dénoncer les abus commis contre eux, c’était vu comme un signe de sympathie avec les
« terroristes ». Savez-vous que les responsables de « Reporters sans frontières », par exemple, dont la mission est de protéger les journalistes, ont
été critiqués pour avoir attendu cinq ans, avant de parler de votre cas [6] ?

Sami El Haj : Les gens, malheureusement, ont cru ce que leur disait l’administration des Etats-Unis. Maintenant qu’ils ont compris que cela n’était
pas vrai, ils corrigeront. Comme je vous l’ai dit, si quelqu’un fait une erreur, ce n’est pas un problème ; le problème, c’est de persévérer dans l’erreur.

Si les journalistes ne se sentent pas concernés quand des journalistes sont emprisonnés dans le cadre de leur métier, un jour peut-être, ces mêmes
journalistes vont se trouver en prison et ils ne trouveront personne pour les défendre. Nous devons travailler ensemble, nos devons nous occuper de
chaque cas. Si l’on apprend qu’un journaliste est emprisonné, on est censé le soutenir, par delà sa couleur ou sa religion.

Comme journaliste, je veux m’engager à soutenir les journalistes qui travaillent pour la défense des droits et des libertés. Il y a un immense travail
devant nous. Nous devons nous engager pleinement pour faire libérer les gens qui sont enfermés à Guantanamo et dans ces nombreuses prisons
secrètes où l’administration Bush prive de leurs droits des dizaines de milliers d’autres.

Cette expérience à Guantanamo nous a profondément marqués. Ce que je veux retenir est la nécessité et l’importance de la défense des droits de
l’homme. Après tout le mal qui a été fait, tout le monde se sent aujourd’hui davantage concerné, je crois. Il n’est pas acceptable d’abandonner des
gens qui souffrent. Nous avons l’obligation impérieuse de nous solidariser avec eux.

Al-Jazira compte s’associer avec les médias libres pour collecter les informations qui ont trait aux droits de l’homme et aux libertés. Je demande à
tous les journalistes de coopérer avec nous en ce sens. Il y avait plus de 50 nationalités à Guantanamo ; c’est une affaire mondiale, et non pas la
question de tel ou tel détenu.
Il est honteux que, dans notre société, des innocents que l’on a vendus se trouvent enfermés dans des cages, et que cette violation des droits
fondamentaux soit le fait d’un pays qui prétend être le garant des droits et des libertés.

Je n’ai aucune haine. Nous respectons les citoyens des Etats-Unis. C’est leur gouvernement actuel qui doit assumer les conséquences de ces actes.

Les droits de l’homme et la sécurité ne sont pas séparables, on ne peut pas avoir la sécurité sans le respect des droits fondamentaux.

Silvia Cattori : Vous avez raison d’appeler les honnêtes gens et les journalistes à ne pas accepter que l’on viole les lois internationales et que l’on
inflige des traitements cruels et dégradants à des êtres humains. Mais cette politique n’aurait pas pu durer si elle n’avait pas le soutien tacite des
gouvernements des grandes puissances ; c’est avec leur assentiment que les gens désignés comme « ennemis combattants » ont été torturés [7].
Le « Patriot Act, » par exemple, promulgué après le 11 septembre aux Etats-Unis, tous les pays européens ont souscrit à son contenu. C’est dans le
cadre de ces Accords secrets que les agents de la CIA et du FBI ont pu enlever et torturer, en Europe, des milliers d’innocents comme vous.

Sami El Haj : Je veux vous dire ceci : je ne crois pas en l’action des gouvernements. Parce que tout gouvernement, de n’importe quel pays, préfère
gouverner sans se confronter aux problèmes réels des gens. Peut-être que, parfois, il intervient pour dire qu’il soutient telle cause mais, au fond, il ne
la soutient pas. Ce n’est que pour des raisons politiques opportunistes qu’il se prononce. Et peut-être même qu’il affirme soutenir, par calcul
politique, une chose en laquelle il ne croit pas. Oubliez les gouvernements, parce qu’ils mènent leur politique. Oui, nous devons continuer à travailler
dur pour défendre les droits et les libertés de chacun.

Silvia Cattori : Peut-on conclure en disant que les « terroristes » tels que présentés par l’administration Bush et nos médias n’existent pas ?

Sami El Haj : Je puis vous assurer que les détenus de Guantanamo que j’ai rencontrés ne sont pas des « terroristes ». J’ai eu l’occasion de parler
avec eux, de les connaître : ce sont des gens pacifiques.

Silvia Cattori : Alors on vous a arrêtés, comme ça, parce qu’il fallait faire du chiffre pour faire croire aux autres pays européens qu’il y avait bel et
bien des « terroristes » musulmans ?

Sami El Haj : Nous avons été arrêtés à la suite de l’attentat du 11 septembre, dont personne à ce jour ne peut dire qui en est l’auteur. Bush ne
voulait pas dire : J’ai fait des erreurs, je n’ai pas assuré correctement la sécurité. Il a dit : Nous allons commencer une guerre contre ces
« terroristes ». Résultat : il n’a pas apporté la sécurité à qui que ce soit.

Il a fait bombarder l’Afghanistan, il a envoyé ses soldats faire la guerre à des peuples entiers, mais il n’a pas arrêté les personnes qu’il s’était fixé
d’arrêter. Il a versé des sommes d’argent aux Pakistanais pour qu’en contrepartie ils commencent à arrêter des gens et les remettent à son
administration.

89% des gens, à Guantanamo, ont été achetés, contre espèces sonnantes, aux autorités Pakistanaises. Où les ont-ils trouvés ? Ils les ont trouvés
au Pakistan, pas en Afghanistan.

Silvia Cattori : Ces prisonniers ont ensuite été torturés avec la promesse de cesser, s’ils acceptaient de devenir espions au service de la CIA !?
C’est un système terrifiant ?!

Sami El Haj : Oui. Attendons que M. Bush ait quitté l’administration. Lorsqu’il aura quitté son fauteuil, je suis sûr que beaucoup de gens vont
s’exprimer sur ses méfaits.

Silvia Cattori : Votre témoignage est très important. On a massacré votre jeunesse. Et vous avez la magnanimité de transformer ce désastre en
quelque chose de constructif. Vous refusez de vous considérer comme victime. Vous êtes vraiment magnifique ! Tant de gens en prison doivent
attendre l’aide de gens de votre qualité.

Sami El Haj : Nous devons travailler dur, afin que ceux qui continuent de soutenir l’administration Bush finissent pas se sentir honteux de leurs
actes. A ce moment-là, personne ne va plus les aider. Et quand plus personne ne les aidera, ils arrêteront.

Toute l’histoire de Guantanamo est une tache noire. L’administration Bush a voulu duper l’opinion en disant que nous étions des terroristes. Or ces
hommes que l’on a enfermés en leur grande majorité, sont comme moi, innocents.

Silvia Cattori : Merci de nous avoir accordé cet entretien.

***


[1] Sami El Haj été invité à Genève par la Fondation « Alkarama for Human Rights » . Voir : « Sami El Haj achève une intense visite à Genève »,
Alkarama for Human Rights, 2 juillet2008.

[2] Voir : « Andreas von Bülow : Nous devons d’abord lutter contre la manipulation », Réseau Voltaire, 6 janvier 2006.

[3] Selon M. Dick Marty, rapporteur de la Commission des Affaires juridiques et des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe chargé d’enquêter sur
l’existence de prisons secrètes de la CIA en Europe, un « accord secret, conclu en octobre 2001 entre les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, a
posé le cadre qui a permis à la CIA d’incarcérer des « détenus de grande importance » en Europe. C’est cet accord qui autorise les graves violations
des droits, y compris la torture ».

[4] Khalid Cheikh Mohammed a été arrêté au Pakistan en 2003. Accusé d’être le numéro 3 d’Al-Qaïda, il a été interné dans diverses prisons secrètes
avant d’être placé à l’isolement dès 2006 à Guantanamo, et sauvagement torturé. Son procès-mascarade devant le tribunal militaire, en même
temps que 14 autres responsables d’Al Qaïda, a eu lieu, en juin 2008.

[5] La « Commission Arabe des Droits Humains » s’est, elle, battue dès le départ, pour exiger la fermeture de Guantanamo. Voir : www.achr.nu

[6] Voir : « Reporters Sans Frontières se souvient (tardivement) de Sami Al Haj », Réseau Voltaire, 17 février 2006.

[7] Le statut de « combattant ennemi » et « combattant illégal », permettant au gouvernement des États-Unis de détenir sans limite, sans passer par
une juridiction civile, les prisonniers ainsi désignés, découle de la loi « Patriot Act », une loi d’Exception destinée à « unir et renforcer l’Amérique en
fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme » votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush, le 26
octobre 2001.

[8] Le quotidien « 24 Heures » a écrit, le 27 juin 2008 : « Sami Elhaj est de passage à Genève pour dénoncer le dérapage insensé de la grande
machine antiterroriste américaine ».

[9] Voir : « Why did they treat me like that ? », par Gideon Levy, Haaretz, 6 juillet 2008.

Voir également : « Full account of Muhammed Omer’s hair-raising encounter with the Shin Beth », par Khalid Amayreh, 1er juillet 2008.

[10] Sur son site internet, M.Youssef Nada montre le rôle que certains journalistes ont joué dans sa destruction sur la base de mensonges. Voir :
http://www.youssefnada.ch/




                  Silvia Cattori est journaliste indépendante en Suisse




                   2. Guantanamo : Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne
                   3. Deux manifestants poursuivis pour avoir réagi à une interpellation musclée à Bordeaux.


                         3. . Deux manifestants poursuivis pour avoir réagi à une
                   interpellation musclée à Bordeaux.

13 juillet 2008
OUTRAGE - 48 heures en garde-à-vue, pour deux militants anti-OGM qui se sont interposés jeudi lors de l’interpellation jugée «brutale», d’un
automobiliste, sous leurs yeux. Les deux manifestants, Magalie Christophe et Dominique Bimboire, ont été relâchés ce matin, après un rendez-vous
avec le procureur. Mais pour elle, l’affaire n’est pas encore finie. Poursuivie pour «outrage à agent», «coups et blessures volontaires», et «rébellion»,
elle comparaîtra mardi devant le tribunal correctionnel.

Tous deux participaient jeudi à la manifestation de faucheurs volontaires, qui accompagnaient, dans la matinée, l’arrivée de José Bové au tribunal de
Bordeaux. «J’étais en train de replier le matériel, raconte Dominique Bimboire, lorsque j’ai entendu des cris au loin». L’homme s’approche, et
constate qu’un individu, manifestement gitan, est en train d’être embarqué pour défaut de permis de conduire. «J’ai été extrêmement effrayé par ce
que j’ai vu, poursuit le manifestant. La personne retenue dans le véhicule de police criait pour appeler un enfant en bas âge resté sur le trottoir. Et
c’est alors qu’un policier a attrapé cet enfant, et l’a littéralement jeté dans une autre voiture. Nous étions stupéfaits devant ce petit garçon pleurant
derrière la vitre, et appelant son père».

Ils sont une cinquantaine de militants à assister à la scène, et interpellent les policiers, pour savoir ce qu’il se passe. Dominique Bimboire estime
alors n’avoir eu pour toute réponse «que bousculade et répression». «J’étais profondément ému, et bouleversé, sur le plan humain. Nous voulions
tous comprendre. Mais il n’y a eu aucun dialogue, et nous avons été repoussés brutalement».

Considérant avoir été gênés dans leur travail, les policiers reviennent peu après, pour interpeller le manifestant. Sa camarade, refusant qu’il soit seul
à trinquer, lui saisi le bras, pour l’accompagner. Et c’est ce qui provoque une nouvelle bousculade. L’une aurait été projetée au sol. L’autre aurait eu
sa chemise arrachée. Et finalement tous les deux se retrouvent emmenés au poste.

Ensemble, ils nient fermement les brutalités et les propos orduriers qui leur sont reprochés. «Ca ne tient pas la route, appuie leur avocat Pierre
Hurmic. Ce sont avant tout des militants pacifistes, habitués à assumer et à revendiquer leurs actes. On les voit mal se jeter sur la maréchaussée».
Désormais, c’est au tribunal qu’il reviendra de trancher.

Laure Espieu



16 juillet 2008-07-16
Magalie Christophe a été relaxée, alors que le procureur demandait 2 à 4 mois avec sursis et les policiers plusieurs
centaines d'euros d'amende.
C'est une victoire de l'action solidaire citoyenne !
V.V

Dominique Bimboire fait un bref compte-rendu des faits (désolé pour les doublons). Magalie doit comparaître mardi 15 juillet pour violences
physiques et verbale (cf. article de Libé) .On demeure mobilisé. A ceux et celles qui ne sont pas loin de Bordeaux, il est important d'être présents
mardi pour la soutenir.
A diffuser
Véronique Vilmont

= = = = = = message transmis par CAAMLG= = = = = = =
 Expéditeur original: dominique
 Adresse expéditeur original:

 libres tous les deux!

 apres 48h de garde à vue enfin la lumière du jour et les amis militants, fidéles et dans un soutien sans faille

 j insiste sur le fait que lorsque les conditions de détention sont pénibles, savoir que les copains sont dehors permet
 de puiser une grande énergie au fond de soi

 en ce qui me concerne les charges de violence à agent ne sont plus retenues mais pour Magalie elle est assignée à
 comparaitre Mardi à 13h30

 nous sommes bien en pleine dérive sécuritaire et des propos mensongers pour condamner des militants ne posent
 aucun problème éthique

 c est bien un procès politique dont il s agit ici et de la criminalisation de toute forme de contestation

 dominique

 les faits :

 Ce jeudi, suite au report du procès des affaires de Lugos, la manifestation de soutien prévue place de la République a
 suivi son cours jusque vers 14h, c'est alors que plusieurs véhicules de police sont arrivés en trombe, poursuivant un
 automobiliste . Devant la violence de l'interpellation et en particulier la façon dont un jeune enfant a été malmené,
 nous sommes intervenus pour manifester verbalement notre désapprobation face à de telles méthodes dignes d'un
 commando anti terroristes.
 Une jeune maman avec son bébé de quelques mois dans les bras a été violemment repoussée quand elle a voulu
 s'interposer entre les policiers et l'enfant, pour toute réponse les personnes présentes n ont eu que véhémence et
 agressivité policière avec menace de leurs armes...

 Les policiers sont alors partis, emmenant le conducteur menotté.

 Une demi heure plus tard environ une voiture de police est revenue sur le site et 4 policiers en tenue sont venus m'
 interpeller sans aucune résistance je les ai suivis

 les copains militants se sont mobilisés autour de la voiture de police et Magalie s' est retenue à moi pour ne pas que
 je sois embarqué elle a été projetée au sol avec une grande violence et embarquée elle aussi

 je remercie vivement toute les personnes qui se sont mobilisées et face à ces politiques déshumanisantes et
 autoritaires on voit toute la force de la solidarité



                         4 Motion 78Nord pour AG nov Attac France

 bonjour
  merci d'enregistrer le dépot de cette motion présentée par le Ca du Comité Local Attac78 Nord pir la
 prochaien Assemblée générale Attac France
 Altermondialistement
  Fabienne Lauret
 (Présidente Attac78 Nord)
 Motion proposée pour l'AG 2008 d'Attac France

A PROPOS DE LA DEMOCRATIE, DES LIBERTES, ET DE LA DEONTOLOGIE DE LA POLICE.

Avec Nicolas Sarkozy et sa clique au pouvoir, ce n'est plus le terme de déficit de démocratie qui est approprié.
Mais il s'agit plutôt d'une crise gravissime qui tend vers un pouvoir policier et dictatorial.

En conséquence, et compte tenu que sans un minimum de démocratie Attac est condamnée à un activisme stérile et
aux déclamations ridicules, car aucune campagne ne peut aboutir.
Il est primordial qu'Attac recentre son activité sur ce problème qui surplombe tous les autres.

Toutes affaires cessantes, une vigoureuse campagne permanente doit être lancée sur six points :

   -    pédagogie sur la nécessité de la démocratie

  - critique de la droite et des prolongements du Patriot Act US qui détruisent la démocratie frontalement
  - clarifier l'échiquier politique en localisant le PS et ses satellites à droite afin que cesse la confusion et le
sabotage de la démocratie et étudier la fonction des partis socio-démocrates européens, notamment à partir de la
guerre froide

  - mener réflexion et information sur la fragilité et la manipulation des personnes, des appareils, et des institutions
par les lobbies

  - comme déja proposé et voté lors des AG de 2005 et 2007 (motion n°9), amplifier la critique à l'égard des medias
dominants.
  Et surtout doit-on continuer de se mettre en porte-à-faux en utilisant leurs "services"?

  - mener une vaste réflexion psychologique et philosophique sur la manipulation de l'imaginaire et sur la finalité de
cette société

Devant cette situation historique il y va de l'honneur et de la cohérence des membres d'Attac comme detoute
organisation qui se veut progressiste ou humaniste.

Le CA du comité local Attac 78 nord

                                       VI. Crise Financière.

                              Le système financier américain au bord de la panique

 Amicalement
 CEL %Attac Isère
 Jean-Luc Neyroud

 Cet article est susceptible de vous intéresser.

 Un an après l'explosion de la crise des subprimes, la crainte d'une « crise systémique » touchant l'ensemble
 de la finance américaine est plus que jamais d'actualité. Et ce malgré les interventions de plus en plus
 fortes des autorités US pour restaurer la confiance.
 http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/le-systeme-financier-americain-au-bord-de-la-panique_158448.html


                                                   VII DIVERS

            1. Sommet citoyen sur les migrations : contre la politique de migration de
 l'Union européenne et de Sarkozy


  Communiqué de presse - Mardi 15 juillet 2008
Plus de soixante-dix organisations de la société civile appellent à une mobilisation de grande ampleur à
Paris, les 17 et 18 octobre, pour une autre conception de l’immigration et un autre rapport entre l’Union
européenne, l‘Afrique et le reste du monde.


À l’heure où les pays de l’UE semblent s’accorder sur le pacte européen sur l’immigration et l’asile, qui devrait être
adopté les 13 et 14 octobre, et avant la deuxième conférence interministérielle euro-africaine en matière de
migration et développement des 20 et 21 octobre, les organisations de la société civile dénoncent les bases de cet
accord et appellent à la mobilisation contre son adoption.


Préoccupés par le caractère essentiellement sécuritaire des politiques migratoires entraînant des milliers de morts
(12 489 immigrés sont morts aux frontières de l'Europe depuis 1988, d’après les estimations de Fortress Europe),
et par les choix économiques mis en œuvre qui maintiennent le continent africain en marge du développement,
nous organisons un sommet citoyen sur les migrations pour exiger un dialogue équitable qui assure le respect des
droits des migrants.


La France entend proposer à ses homologues européens les accords de « gestion concertée des flux migratoires
et de développement solidaire » comme modèle de négociation. Ces accords font la promotion d’une « immigration
choisie », et visent à contraindre les pays du Sud à réadmettre leurs ressortissants expulsés, y compris ceux qui
n’ont fait que transiter par ces pays. L’aide au développement devient un levier de négociation.


Il est grand temps que la question des migrations et du développement soit réellement pensée sous l’angle des
intérêts mutuels : ceux des pays d’origine, des pays de transit, des pays d’accueil et surtout ceux des migrants
eux-mêmes. Nous voulons une autre Europe que celle qui se transforme en forteresse : des ponts pas des murs.


                                         Nous vous donnons rendez-vous :
                                                 Vendredi 17 octobre :
                Deuxième conférence non gouvernementale euro-africaine sur les migrations,
                                                  Samedi 18 octobre :
                             Grande marche et concert « Des ponts, pas des murs ».
http://www.despontspasdesmurs.org


Contact presse pour le collectif : Cathy Mounier 06 17 35 97 47 cmounier@lafaceb.com


76 organisations signataires de l’appel au 15 juillet 2008 :


Allemagne : FLUECHTLINGSRAT HAMBURG,
Belgique : Abraço-asbl, CNCD (Centre National de Coopération et Développement), DECEMBER 18, MOUVEMENT
CITOYEN PALESTINE, SOS-MIGRANTS,
Bénin : AIPDRDA (Association Interafricaine pour la Promotion et la Défense des Droits des Réfugiés et Demandeurs d'Asile),
Cameroun : AFVMC Cameroun (Aide aux Familles et Victimes des Migrations Clandestines), ARSF (Association des
Réfugiés Sans Frontières),
France : ACCUEIL PAYSAN, ACER (Association pour une Citoyenneté Européenne de Résidence), ACORT (Assemblée
Citoyenne des Originaires de Turquie), Les AMIS DE LA TERRE, ANAFE (Association Nationale d'Assistance aux Frontières
pour les Etrangers), ANAMORPHOSE, ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc), ASSOCIATION
EDITIONS CULTURES CROISEES, ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ATTAC France (Association
pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyennes et citoyens), AUTREMONDE, CASPER 34 (Collectif
d’Aide aux Sans-Papiers Etudiant dans la Région), CIMADE, CEDETIM, CFDT (Confédération Française Démocratique du
Travail), CIEMI (Centre d'Information et d'Etudes sur les Migrations), CGT (Confédération Générale du Travail), CLARA
(Comité National de Coordination des Associations d’Accompagnement des Migrants), CONFEDERATION PAYSANNE, CRID
(Centre de Recherche et d'Information pour le Développement), DROITS DEVANT !!, EMDH (Enfants du Monde-Droits de
l'Homme), EMMAUS EUROPE, EMMAUS INTERNATIONAL, ETHICOMUNDO, FAL (France Amérique Latine), FASTI
(Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés), FEDERATION D’ASSOCIATIONS FRANCO-
HAITIENNES DE GUADELOUPE, FLUX, FTCR (Fédération des Tunisien-ne-s pour une Citoyenneté des deux Rives),
FEMMES SOLIDAIRES, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), GISTI (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés),
GREF (Groupement des Retraités Educateurs sans Frontière), IDD (Immigration Développement Démocratie), IPAM
(Initiatives Pour un Autre Monde), LDH (Ligue des Droits de l'Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié
entre les Peuples), OBSERV.I.X (Observatoire de l'Institutionnalisation de la Xénophobie), PEUPLES SOLIDAIRES,
PSYCHANALYSE ACTUELLE, RACORT (Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires de Turquie),
RESEAU FOI ET JUSTICE, RESF (Réseau Education Sans Frontières), RESOCI (Réseau Solidaire et Citoyen), SECOURS
CATHOLIQUE, SURVIE, TERRE DES HOMMES France, UCIJ (Uni-e-s Contre une Immigration Jetable), UNION
SYNDICALE SOLIDAIRES,
Grèce : INSTITUTE OF EQUALITY,
Italie : LABAHS (Laboratorio Habitat e Sviluppo),
Luxembourg : CLAE (Comité de Liaison des Associations d’Etrangers),
Mali : AME (Association Malienne des Expulsés),
Maroc : ADESCAM (Association de Sensibilisation et de développement des Camerounais migrants au Maghreb), AMDH
(Association Marocaine des Droits de l’Homme), ATTAC Maroc (Association pour la Taxation des Transactions financières
pour l'Aide aux Citoyennes et citoyens), CMSM (Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc), GADEM (Groupe Antiraciste
d’Accompagnement et de Défense des Etrangers et Migrants), RSF MAROC (Réfugiés Sans Frontières),
Mauritanie : AMDH Mauritanie (Association Mauritanienne des Droits de l'Homme),
Pays-Bas : CFMW (Commission for Filipino Migrant Workers), EMCEMO (Euro-Mediterraan Centrum Migratie &
Ontwikkeling), PLATFORM OF FILIPINO MIGRANT ORGANISATIONS IN EUROPE,
Réseau : REMDH (Réseau Euro-Méditérranéen pour les Droits de l'Homme), MIGREUROP.
1[1]
       12 489 immigrés sont morts aux frontières de l'Europe depuis 1988, d’après les estimations de Fortress Europe


                             2. Tout est à vendre : même les barrages hydrauliques
Le Monde - 15 juillet 2008

La grande braderie de la houille blanche
Dans le feuilleton de l'ouverture à la concurrence de notre marché électrique, et des rentes qu'elle génère pour les actionnaires, l'on oublie souvent
d'évoquer le cas des barrages et divers ouvrages hydrauliques qui structurent nos montagnes et nos vallées. Pourtant, ces aménagements vont
bientôt, au détour de la parution d'un décret fixant les conditions de renouvellement des concessions hydroélectriques, faire eux aussi le bonheur de
quelques heureux investisseurs. Et à quel prix ! Car il s'agit là d'un véritable trésor. Un tas d'or d'autant plus inestimable que la ressource génératrice
- l'eau - est stockable, renouvelable et inaliénable, et que le process, relativement simple par rapport aux autres moyens de production, permet
d'obtenir un kWh bon marché avec un taux d'émission de CO2 proche de zéro.

Qui plus est, cette houille blanche est, avec le nucléaire, l'autre grande spécificité de notre parc énergétique : les 400 ouvrages concessibles d'une
puissance de plus de 4,5 MW produisent près de 80 % de notre énergie d'origine renouvelable et constituent un apport d'énergie tout à fait
déterminant. Avec un potentiel moyen de 14 % de la production, la France se positionne au huitième rang mondial et au deuxième rang européen
derrière la Norvège. L'énergie hydraulique constitue un capital et assure une rentabilité considérable issus du secteur public... Depuis une loi de
1919, l'exploitation de cette énergie renouvelable se fait dans le cadre de concessions, dont les premières ont été octroyées pour une durée
moyenne de 75 ans, en contrepartie de l'investissement initial et de contraintes d'aménagement du territoire.

Les conditions économiques de la production d'électricité par transformation de la force hydraulique font que l'investissement de départ est important
et le retour économique long. Mais une fois l'investissement amorti, les coûts d'exploitation sont faibles et une situation de rente est créée. C'est un
exemple très concret d'économie de développement durable où le risque du long terme a été assumé par l'Etat avec des entreprises alors 100 %
publiques, dont la principale est EDF. Aujourd'hui, l'essentiel du parc de production français est amorti et génère une richesse considérable appelée
à croître, étant communément admis que le prix de vente de l'électricité ne peut qu'augmenter alors que le coût de revient de ce type de production
restera stable. Il est aujourd'hui, pour les aménagements conséquents, de l'ordre de 30 % à 40 % du prix de vente du kW, hors redevance.

Cela se vérifie déjà avec la concession du Rhône, confiée à la Compagnie nationale du Rhône. Cette entreprise verse une redevance égale à 25 %
de son chiffre d'affaires et affiche des résultats - et des profits - mirifiques, y compris lorsque la pluviométrie est faible. Ainsi, pour 2006, l'actionnaire
s'est octroyé un dividende égal à 15 % du chiffre d'affaires. Après l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence, le changement du statut
d'EDF en société anonyme en 2004 et la suppression en 2006 du droit de préférence dont elle jouissait sur le renouvellement des concessions
hydroélectriques, ce renouvellement est désormais soumis à une mise en concurrence au moyen d'une procédure d'appel d'offres. Le législateur, au
détour de la loi de finances pour 2006, a d'ores et déjà prévu que la redevance due par le concessionnaire à l'Etat et aux collectivités locales ne
pourra excéder 25 % des recettes résultant des ventes d'électricité.

Il résulte de ce choix que l'essentiel de la rente hydraulique bénéficiera aux nouveaux concessionnaires. Pour les concessions importantes, ce prix
maximal permettra aux exploitants choisis de dégager une marge brute d'exploitation de l'ordre de 30 % à 50 % aux conditions actuelles du marché.
Pour les meilleures années, celles où la pluviométrie est importante, cette marge peut exploser car, hors redevance, les coûts sont fixes et les kWh
supplémentaires produits dégagent une marge proche de 75 % du prix de vente. De plus, plafonner la redevance publique est contre-productif
puisque le choix portera finalement sur d'autres critères, au risque d'écarter les exploitants les plus compétitifs ou de faire passer au second plan les
impératifs en matière de sûreté. Tout cela équivaut à brader un bien public très précieux au détriment de sa valorisation au service de l'intérêt
général.

Nous disposons d'une ressource qui a longtemps contribué à un prix de vente de l'électricité au client final plutôt favorable comparé à celui des
autres pays européens. Mais tout a changé avec l'ouverture du marché de l'électricité : le prix de marché calé sur le prix moyen de production lui-
même indexé sur le cours du baril de pétrole, accompagné de l'ouverture du capital des entreprises jusque-là 100 % publiques (EDF, CNR, Société
hydroélectrique du midi, SHEM), fait que le consommateur français ne pourra plus bénéficier de cet avantage.

Dans ce contexte, l'hydroélectricité doit plus que jamais être valorisée à son juste prix. L'intérêt de la collectivité est de pouvoir disposer d'exploitants
performants aptes à valoriser ce capital public, et rétribués en fonction de leur résultat. A la collectivité de définir dans quelles conditions elle entend
mettre sur le marché ses concessions hydrauliques (partage des usages, variation des débits, débits réservés, sûreté...), aux prétendants d'offrir le
meilleur prix pour l'exploitation de ce bien.
A l'inverse, il est prévu de transformer ce formidable potentiel de ressources publiques en dividendes pour les actionnaires des nouveaux
concessionnaires. Le manque à gagner sera très important pour la collectivité, alors que le bénéfice tiré de l'investissement public dans
l'hydroélectricité pourrait utilement financer les politiques de développement durable.

A l'heure où les besoins de financements sont considérables pour répondre aux objectifs de développement de nos énergies renouvelables et de
réduction significative de nos émissions de gaz à effet de serre, cette répartition de la rente hydraulique jouera à contre-courant de l'intérêt général.
Espérons, à l'occasion des débats sur les lois du Grenelle de l'environnement, que le gouvernement acceptera de renoncer à cette grande braderie
de notre parc hydroélectrique. Le futur bénéficiaire de la rente de la "houille blanche" doit être le citoyen, grâce à des recettes publiques
conséquentes, affectées prioritairement aux politiques décentralisées de développement durable.

François Brottes, député (PS) de l'Isère, coprésident du groupe Energies de l'Assemblée nationale et Bernard Revil, salarié chez EDF


                              3. Pakistan : la ligne rouge à ne pas franchir, par Eric Margolis

Lu sur le site ContreInfo.com
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2070

                              4. Afghanistan : Lu sur le site ContreInfo.com

les survivants témoignent du bombardement d’une cérémonie de mariage
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=21 40

Les bombardements de L’OTAN ont tué 64 civils (VO)
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2138


                              5. Les chiffres qui tuent

Bon à savoir

1) Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont
augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires
représentent 60 à 90% des budgets des ménages…

2) La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche
(débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.

3) En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par
jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population
mondiale.

4) Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à 250 kg de maïs, de
quoi nourrir une personne pendant une année.

5) Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute
l'Afrique.
6) L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et
Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

7) Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) représente
160.000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial.

8) Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des
millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une
zone grande comme 6 fois la France.

9) Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles
sont nécessaires pour assainir les besoin en eau de 80% des Africains.

Source : http://ploutopia.over-blog.com/article-20670554.html



                             6. Infos alter tour
Bonjour,
de retour des premiers jours de l'Altertour, et impatiente d'y retourner au plus vite, je vous incite à aller voir sur le site de l'Altertour les
premières photos que Guillaume y a mis! Pour le moment, la réalisation du projet dépasse toutes nos attentes, dans tous les sens: formidables
rencontres, formidables paysages, formidables emmerdements, formidables solutions. Un formidable événement ou tout est Alter!
Bref, ne manquez pas le passage dans votre région de cette insolite et formidable alter-caravane!
Amicalement,
Bénédicte

Joli petit article dans la Nouvelle République du Centre-Ouest :

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=41&num=871915

Amicalement
Jean Tosti

échos de l'altertour en Loire Atlantique
hier et aujourd'hui (15 et 16/07), en Loire Atlantique
Si j'écoutais le 'vrai' tour de France, si j'avais le talent requis...
je pourrais vous faire un compte-rendu plus vrai que le vrai... Mais ce
n'est pas le cas...

Enfin, sérieusement :
Ils-Elles vont bien. Leurs mollets, à défaut des chevilles, enflent
opiniâtrement.
Nous (c'est-à-dire des militants bien identifiés quand même -
écologistes, opposants au projet d'aéroport de ND des Landes, membres de
la Confédération Paysanne et de attac- très présents-, peu de têtes non
connues...) les avons attendu-e-s jusqu'à presque 21h30 (au lieu des 19h
prévus...) dans la bonne humeur, les chansons... avec vaillantes
mojettes-saucisses et bon pinard, dans un site superbe, mais trop isolé
pour que puissent s'y trouver par hasard des vacanciers de passage,
auprès du lac du Gruellau. Les participants de l'alter-tour sont si bien
accueillis partout (ils avouent y prendre goût...) qu'ils accumulent
régulièrement du retard sur leur horaire théorique... Et puis quand même
130 kms pour une étape, çà demande plus d'un tour de pédalier... Mais
l'attente est aussi une occasion d'échanges...
A mon grand regret, je n'ai pas pu assister à la conférence débat...

Alors... Surveillez les étapes de l'altertour... Et ne ratez pas leur
passage près de chez vous, une occasion de vous joindre à eux ppour une
soirée, un pique-nique... Vous y passerez un excellent moment...
A bientôt
Geneviève

Témoignages de l'AlterTour de la biodiversité sur la Loire Atlantique
Salut !

AlterTour. Deux journées à bloc, superbes géniales, comme on les voudrait toutes.

Des remerciements de la part des organisateurs de l'AlterTour, avec un hip hip youra le mercredi matin au petit déjeuner pour Karine et moi.
Une attac locale bien présente... i) au niveau de la préparation avec Margareth, Jacques et moi ; ii) au niveau du déroulement de la soirée avec les
personnes sus-citées et Augustin, Geneviève, Christian, Alain M, Patrice, etc. ; iii) au niveau du démontage ce mercredi matin à Treffieux avant de
filer au Loroux-Bottereau pour l'étape du midi où nous tenions le même stand que la veille.

Des rencontres rigolotes, intéressantes, avec les AlterCyclistes et leurs accompagnateurs/trices.
Bien sympa comme truc, et partant pour en faire un truc plus grand l'année prochaine !!

Nous faisons notre soirée "debrieffing" lundi soir prochain, 19h00, au lac de Gruellau ; avec entre autres un point financier.

Nikolaz
(merci également à Ingalan bro Naoned pour son implication sur le terrain sans laquelle on n'aurait très certainement pas réussi cela)
Deux jours formidables avec beaucoup de rencontres de copains et de copines militants, des adresses e-mail à rajouter à mon carnet d'adresses et
des projets alternatifs proposés par de jeunes militants/tes très dynamiques... ça regonfle!
Bon, sur la conférence/débat "Stratégies de recherche en génétique végétale et agronomie" avec "Isabelle Goldringer,
chercheuse à l’Institut national de recherche agronomique (INRA), syndiquée SUD-Recherche-EPST et membre du Conseil d’administration de la
Fondation sciences citoyennes.", moi ça m'a vraiment plu , c'était complet et simplement dit!
Je ne suis pas capable d'en faire un compte-rendu, alors je fais suivre ce que j'ai trouvé sur internet qui se rapproche le plus de ce quoi il fût
question lors de cette soirée.
-Document audio d'attac 93: Quelles stratégies de recherche en génétique végétale et agronomie, pourquoi les OGM ?
http://www.attac93sud.fr/spip.php?article419#partie1...le plus proche de l'intervention sur l'AlterTour!
Mettez cette adresse de côté "http://sciencescitoyennes.org/" ce sont des chercheurs engagés, lanceurs d'alertes et proposant des alternatives
durables...

Alain CEL Attac 44


Et un débat:
Forum de la recherche pour une agriculture durable Groupe de travail « quelle génétique végétale pour quelles semences ? »
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article299&var_recherche=semences%20avec%20Isabelle%20Goldringer




                             7. Marché de l'énergie, Ça commence mal - article Que Choisir

http://www.quechoisir.org/Article.jsp?id=Ressources:Articles:E40AA98E51594781C1257482004AAB96&catcss=ENE301

11/07/08
Marché de l'énergie
Ça commence mal

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a reconnu que près de 1000 ménages avaient changé de fournisseur d'énergie sans l'avoir
demandé. Le phénomène était prévisible et n'est pas terminé.



Alors que la libéralisation du marché de l'énergie fête tout juste son premier anniversaire (le secteur a été ouvert à la concurrence le 1er juillet 2007),
les premiers cas de ventes forcées ont déjà été recensés. C'est la directrice des marchés et du service public de la Commission de régulation de
l'énergie (CRE), Patricia de Suzzoni, qui l'a elle-même annoncé lors d'une conférence de presse. « On a constaté certains cas de ventes sans
commande préalable », a-t-elle indiqué en langage diplomatique avant de préciser que ces cas « sont peu nombreux, près d'un millier ». Certes ces
foyers ont bénéficié d'une procédure de « retour en arrière » qui leur a permis de revenir chez leur ancien fournisseur. Il n'empêche, la situation est
inquiétante.

D'une part parce que, comparé aux 221 000 foyers utilisateurs d'électricité et aux 175 000 clients du gaz qui, fin mai, avaient changé de fournisseur,
le chiffre de 1 000 ventes forcées n'est pas négligeable. D'autre part parce que seuls sont recensés les cas repérés par la CRE et que d'autres
foyers ont pu être victimes de tels agissements. Enfin et surtout parce que le phénomène des ventes forcées a tendance à prendre de l'ampleur et
n'est pas près de s'arrêter. Selon Bruno Lèchevin, le délégué général du médiateur de l'énergie, « le rythme des réclamations a triplé au cours des
premiers mois de 2008 ».

« Slamming »

Depuis la libéralisation du marché, les différents fournisseurs d'énergie ont mis la pression sur leurs vendeurs ou se sont appuyés sur des
prestataires extérieurs pour recruter un maximum de clients. Sauf que, rémunérés à la commission, certains vendeurs peu scrupuleux n'hésitent pas
à utiliser des méthodes abusives pour faire signer le particulier qu'ils ont en face d'eux ou au téléphone. « Le problème, c'est que les clients ne sont
pas toujours bien informés sur les conséquences de leur signature, souligne Bruno Lèchevin. Certains d'entre eux ne se rendent même pas compte
qu'ils quittent EDF ! »

Le phénomène était pourtant prévisible. Il était déjà apparu en force lors de la libéralisation du secteur des télécommunications. Des dizaines de
milliers de victimes avaient en effet changé d'opérateur contre leur gré (écrasement de ligne ou slamming). Visiblement, cette mauvaise expérience
pour les consommateurs n'a pas servi de leçon aux opérateurs de l'énergie.



Cyril Brosset


                             8. « Comprendre les inégalités »
Journée de formation de l’Observatoire des inégalités

  Quel diagnostic porter sur l’état des inégalités et des
  discriminations en France ? Comment s’articulent les différentes
  problématiques ?

  Quelles réponses y apporter ? Fort de ses cinq années d’expérience
  de recherche dans le domaine des inégalités et des discriminations,
  le département formation* de l’Observatoire des inégalités propose
  son module :

  « Comprendre les inégalités » le 14 octobre 2008 à Tours.
   Cette formation, dispensée par les membres de l’Observatoire,
   s’adresse à tous les acteurs de l’entreprise, des associations ou
   des collectivités locales qui cherchent à mieux comprendre les
   transformations du monde contemporain et définir des pistes pour
   réduire les écarts qui séparent les citoyens.

   L’Observatoire des inégalités s’appuie sur un réseau d’experts
   reconnus dans leurs différents domaines de compétence. La formation
   reposera sur les éléments quantitatifs et les analyses collectés par
   l’organisme sur notre site www.inegalites.fr
   <http://www.inegalites.fr>.

   *Les axes de travail qui seront abordés :*
   - Etat des lieux des inégalités, interprétation des données, leur
   compréhension et les sources.
   - Portée et limites du débat sur les inégalités.
   - Perspectives historiques et philosophiques des inégalités.
   - Les inégalités de revenus.
   - Comment les inégalités forment un système.

   Voir le programme détaillé
   <http://www.inegalites.fr/spip.php?article917>
   Voir les modalités d’inscription
   <http://www.inegalites.fr/spip.php?article916>

   *Renseignements et contacts : *
   35 rue du Canal
   37000 Tours
   Tél. : 02 47 44 63 08
   info-formation@inegalites.fr <mailto:info-formation@inegalites.fr


                               9. la Fondation Copernic a signé la pétition pour obtenir l'abandon
                         du fichier EDVIGE.

  Aux côtés de 200 associations, partis, syndicats, la Fondation Copernic
a signé la pétition pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE. Vous
trouverez ci-joint le premier communiqué du Collectif Non à EDVIGE dont
la Fondation Copernic est membre.
/
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Communiqué du Collectif Non à EDVIGE

Paris le 17 juillet 2008

Hier 33 organisations du Collectif Non à EDVIGE se sont réunies pour
dénoncer le décret du 27 juin 2008 créant le fichier EDVIGE
(Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information Genérale) et
ses attaques contre les droits et les libertés publiques (fichage des
militants) et individuelles, contre les droits des enfants (fichage des
mineurs), contre le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de
santé, comportements...), et pour organiser la riposte.

À ce jour, près de 20.000 personnes et près de 200 organisations ont
signé l'Appel en ligne « Pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE »
(http://www.nonaedvige.ras.eu.org), manifestant une inquiétude évidente
des citoyens face aux atteintes à la vie de notre démocratie contenues
dans ce fichier.

Les organisations réunies dans ce collectif vont poursuivre et étendre
les actions déjà en cours, qu'il s'agisse notamment de la signature de
la pétition en ligne ou du recours contre le décret.

Elles donnent rendez-vous à la presse début septembre pour dévoiler les
actions qui seront proposées à l'ensemble des citoyens dans le but de
porter le coup de grâce à ce fichier scélérat.

Contacts Presse Collectif Non à EDVIGE :
- Philippe CASTEL - 06.25.76.81.92 - philippe.castel@fsu.fr
- Loïc DAGUZAN - 01.42.92.96.03 - loic.daguzan@gmail.com
- François SAUTEREY - 06.89.12.62.71 - Francois@Sauterey.org
- contact@nonaedvige.ras.eu.org


                                     10 Evènements de l’été 'hors attac'.

...
Les occasions de contacts et d'échanges ne sont jamais si nombreuses que
pendant la période d'été...
Liste non limitative d'évènements passés, en cours ou à venir ! (vous
pouvez compléter !)
N'hésitez pas à passer, à prendre contact pour les groupes locaux des
villes concernées, à proposer de tenir une table de presse attac une ou
plusieurs demi journées...

troisième Printemps de Universités Populaires à St-Brieuc les 20, 21 et
22 juin, centre équinoxe
http://printempsup-fds-2008.over-blog.com/

3ième forum mondial des droits de l'homme
à Nantes (44) : 30 juin au 3 juillet :
participation de Aurélie (le premier, matin, PAC) et Frederic Viale (le
2 matin APE)
http://www.spidh.org/fr/le-forum-2008/index.html

Université d’été de la solidarité internationale A Nantes(44) du 2 au
5 juillet 2008 A Nantes (44)
http://universite2008.crid.asso.fr.

***AlterTour de la Biodiversité Cultivée pour une Planète Non-dopée
*3-28 juillet 2008
http://www.altertour.net/

2ème Université d’été de Recit (réseau des écoles de citoyens)*
près de Nantes(44), à St Gildas des Bois, du 8 au 14 juillet*
http://club.recit.net/spip.php?rubrique192

Journées d’été des Amis de la Confédération paysanne du 18 au 20 juil
2008 - Mortagne sur Gironde (17) sur La souveraineté alimentaire :
http://www.confederationpaysanne.fr/accueil_1.php&corp=affiche_agenda

Rencontre des objecteurs de croissance 2008 à Rochejean (Doubs). du 12
au 15 juillet à la Ferme "La Batailleuse"
http://www.decroissance.info/Rencontres-des-O-C-du-12-au-15

Festival La Belle Rouge ! 25-26-27- juillet
à Saint-Amant-Roche-Savine (63)
http://cie-joliemome.org/spip.php?article126#outil_sommaire_0

Rencontres d'été du Réseau Sortir du Nucléaire, près de Granville, en
sud-Manche, Normandie. 2 - 9 août 2008 :
Un stage (de désobéissance) se déroulera dans la semaine, sans doute les
5 et 6 août. Inscriptions directement auprès du Réseau SDN :
andre.lariviere[at]sortirdunucleaire.fr ou, à partir de juillet,
Jocelyn.peyret[at]sortirdunucleaire.fr
http://www.desobeir.net/

Universite d'ete 'sauvons le climat' 26 et 27 septembre à Cabourg près
de Caen
http://www.discip.ac-caen.fr/phch/actualites/sauvons_climat2008.pdf


Journées d’été des Amis de la Confédération paysanne du 18 au 20 juil
2008 - Mortagne sur Gironde (17) sur La souveraineté alimentaire :
http://www.confederationpaysanne.fr/accueil_1.php&corp=affiche_agenda


Rencontre des objecteurs de croissance 2008 à Rochejean (Doubs). du 12
au 15 juillet à la Ferme "La Batailleuse"
http://www.decroissance.info/Rencontres-des-O-C-du-12-au-15


Festival La Belle Rouge ! 25-26-27- juillet
à Saint-Amant-Roche-Savine (63)
http://cie-joliemome.org/spip.php?article126#outil_sommaire_0


N'oubliez pas non plus l'Université Européenne des attac d'Europe,
l'altervillage, l'université citoyenne... tout tout tout sur le site
d'attac France...

Geneviève Coiffard-Grosdoy" g.coiffard-grosdoy@orange.fr



                            11. Fichier "cristina", demi-soeur cachée d'Edvige
C’est en lisant la délibération de la Cnil consacrée au projet de décret créant le fichier Edvige [1] que l’on apprend la création d’un autre fichier. Mais
aucune information n’est donnée sur Cristina (centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux), en
dehors du fait que cet outil sera mis à la disposition du tout nouveau “FBI à la française”.
La réforme des services de renseignement a conduit à la création, le 1er juillet 2008, d’un service de renseignement intérieur unique, la direction
centrale du renseignement intérieur (DCRI), obtenu par “fusion” de la DST (direction de la surveillance du territoire) et des RG (Renseignements
généraux). Mais alors que les effectifs de la DST tournaient autour de 2000 personnes, la DCRI disposera du double ! Le décret portant création de
la DCRI [2] précise qu’“elle contribue à la surveillance des communications électroniques et radioélectriques susceptibles de porter atteinte à la
sûreté de l’Etat” ; Cristina pourra garder traces des données provenant des écoutes (téléphoniques et internet) de ceux que les autorités voudront
surveiller.

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2788
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Les deux balances de la République
par D. H., Le Canard enchaîné du 9 juillet 2008
On les disait définitivement sortis par la petite porte des commissariats. Promis-juré, c’en était fait de la « police politique ». Patatras ! les
Renseignements généraux (RG) reviennent par le grand portail de la place Beauvau. Depuis le 1" juillet, les RG n’existent plus, fondus dans la
Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, notre CIA à nous). Mais, le 27 juin dernier, Michèle Alliot-Marie a signé un décret pour la
création d’un fichier dénommé « Edvige » (« Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale »).

Derrière ce charmant vocable se dissimule le fichage systématique des élus, syndicalistes et religieux de tout poil, à l’usage de la DCRI. Sous la
seule « condition que les informations (répertoriées) soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs
responsabilités ». Difficile d’être plus précis !

Décidément très coquine, Edvige fait mieux que les RG. Alors que le décret de 1991 n’autorisait les chaussures à clous qu’à répertorier les individus
« qui peuvent porter atteinte à la sûreté de l’Etat ou à la sécurité publique », celui de 2008 permet aux flics de cibler les « personnes susceptibles de
porter atteinte à l’ordre public ». En se mouchant bruyamment ?

Ça la fiche mal

A sa naissance, Edvige promettait d’être plus vicieuse encore. D’abord parce que le ministère de l’Intérieur n’avait pas prévu de dévoiler son
existence. C’est la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) qui l’a souhaité. Et cette même Commission a obtenu que le décret ne
prévoie plus l’enregistrement systématique de données relatives au « comportement » ou aux « déplacements » des personnalités politiques et
administratives.

Contrairement à Edvige, sa copine Cristina restera dans l’ombre. Cet autre fichier reprend et étend des données qui existent depuis 1997 à la
Direction de surveillance du territoire (DST) et sont classifiées « secret-défense ». Elles concernent de présumés terroristes, leurs amis et les amis
de leurs amis.

Consultée, comme la loi l’exige, la Cnil s’est contentée d’émettre un « avis favorable avec réserves » sur le projet de décret portant création au profit
de la direction centrale du renseignement intérieur d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « CRISTINA » [3]. Sans
qu’on sache en quoi elle y est « favorable ». Ni sur quoi portent ses « réserves ». Nous voilà pleinement rassurés.

D. H.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2788
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La direction centrale du renseignement intérieur fait ses premiers pas
[LEMONDE.FR avec AFP, le 1er juillet 2008]
La direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui absorbe la DST (direction de la surveillance du territoire, contre-espionnage) et la
DCRG (direction centrale des renseignements généraux), est effective depuis mardi 1er juillet à minuit.

La DCRI, qui voit le jour après l’adoption en conseil des ministres le 25 juin du décret de sa création [2], sera animée par le préfet Bernard Squarcini,
qui devrait en être nommé directeur mercredi, lors du prochain conseil. Sa naissance marque la disparition des mythiques DST et RG. Cet outil se
veut un " FBI à la française" en matière de renseignement.

Imaginée par le candidat Nicolas Sarkozy, elle a été imposée par le nouveau président, qui en avait confié la mise en œuvre à la ministre de
l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, dès son arrivée à l’Elysée.

Installée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans des locaux ultra-sécurisés et forte de 4 000 fonctionnaires, dont 3 000 policiers dits "actifs", la
DCRI traitera de ce qui "relève de l’intérêt de la nation" : terrorisme, grands mouvements de contestation, intelligence économique. C’est ce que les
policiers nomment, dans leur jargon, le "milieu fermé", auparavant du ressort quasi exclusif de la DST.

Les policiers de la DCRI, dotés de l’habilitation "secret défense", seront implantés par zone dans chaque département. 175 commissaires, soit 10 %
de l’effectif total, y seront affectés, dont une centaine à Levallois.

"RÉPARTITION DES TÂCHES INUTILES"

Pour le "milieu ouvert", plus traditionnel – comptage des manifestants, violences urbaines, conflits sociaux –, une sous-direction de l’information
générale (SDIG) de 1 000 policiers est créée à la direction de la sécurité publique (DCSP).

Les 4 000 policiers des RG et les 2 000 de la DST ont été répartis dans ces deux structures "sans trop de dommages", selon leurs syndicats. La
base a pourtant exprimé ses craintes face à une réforme inédite supprimant de facto deux services de police aux succès retentissants dans la lutte
contre le terrorisme, mais parfois qualifiés de "barbouzes" à la suite de scandales.[...]
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2788

Appel public à signatures 1 Fichier PDF
pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants
hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

Signer la pétition http://nonaedvige.ras.eu.org/

Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org

SIGNER L’APPEL http://nonaedvige.ras.eu.org/

FAIRE SUIVRE A VOTRE CARNET D'ADRESSES
MERCI

				
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