Le port du Havre face � la mondialisation et aux d�fis

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Le port du Havre face � la mondialisation et aux d�fis Powered By Docstoc
					              Le port du Havre face à la mondialisation et aux défis environnementaux



Doc 1« Le Havre dans la mondialisation » Le Monde, 10.01.05

« Le Havre bénéficie à plein des effets de la mondialisation et notamment de la croissance des importations en provenance
d'Asie du Sud-Est. Les importations de pétrole brut, qui représentent encore près de la moitié du trafic total, se sont aussi
bien comportées avec une hausse de 5 %, à 37 millions de tonnes. De même, les échanges de produits pétroliers raffinés se
sont inscrits à la hausse (+ 27 %, à 9 millions de tonnes) tout comme les charbons destinés à la centrale thermique EDF (+
6,5 %, à 2,2 millions de tonnes). En revanche, les exportations de céréales (600 000 tonnes en 2003) ont été réduites à néant
en raison de la décision de l'union de coopératives agricoles de concentrer tous ses moyens sur le port voisin de Rouen.
L'année 2005 va être marquée pour Le Havre par la mise en service, en décembre, d'un nouveau port à conteneurs dans
l'estuaire de la Seine. Cette nouvelle infrastructure doit permettre de soulager les terminaux actuels, saturés. D'un coût
dépassant le milliard d'euros, cet équipement vise à tripler le trafic et à créer des milliers d'emplois dans la logistique. »



Doc 2 « La Chine s'est trouvé un Havre », Le Monde ,mercredi 6 décembre 2006

Le Havre est à l'heure des échanges entre l'Europe et la Chine. Près de 500 décideurs économiques et industriels de quelque
300 entreprises chinoises et européennes débarquent dès aujourd'hui aux docks. Aujourd'hui, deux navires par jour (en
moyenne) partent ou arrivent de Chine, avec à leur bord 310 000 conteneurs en 2005. Soit un volume en augmentation de 23
% par rapport à 2004. La Chine représente désormais 17 % du trafic total de conteneurs au Havre
Dans ces énormes boîtes, il y a des téléviseurs et des home-cinémas, des moteurs électriques, des articles en cuir, des
instruments de musique et des objets en plastique. Pour une valeur marchande de plus de 2 milliards d'euros. Il y a aussi des
jouets, du textile. Et des contrefaçons. Plus de 8 000 montres de marque ont été saisies en 2006, pour une valeur de 12
millions d'euros. Témoin du déséquilibre des échanges entre l'Europe et la Chine, le trafic à l'export est moins dynamique,
mais en croissance tout de même : des moteurs, des fibres textiles, des véhicules automobiles partent pour la Chine
Transitent aussi le cognac, le vin (plus de 865 000 bouteilles de beaujolais ont transité par le port en novembre) S'il fallait
plus d'un mois, il y a dix ans, pour relier Le Havre à Hongkong, 19 jours suffisent aujourd'hui ; 24 pour Shanghai. Car les
géants de la mer atteignent désormais des vitesses dignes des trimarans de course au large : 25 noeuds. «Avec la croissance
de la Chine, on vit un énorme changement d'échelle», constate le directeur commercial du port. Notamment parce que «c'est
sur la ligne Europe-Asie que l'on trouve les plus gros navires». Fin juillet, Le Havre accueillait son plus gros porte-
conteneurs, Xin Los Angeles, de l'armement China Shipping Container Lines




Doc 3 Au Havre, Port 2000 bouleverse l'estuaire, Libération, 12 juin 2006

Dans l'estuaire de la Seine, oiseaux, poissons et plantes sont placés sous haute surveillance. Surtout depuis Port 2000.
Inauguré le 30 mars, le nouveau port bâti dans l'estuaire, site classé en zone de protection spéciale (ZPS), a bouleversé
l'environnement : l'embouchure du fleuve a rétréci de près de 2 kilomètres, les fonds ont été remués, les courants modifiés.
De quoi faire perdre la tête aux hôtes habituels. Lesquels sont en déclin, selon les défenseurs de l'environnement et les
pêcheurs, qui s'interrogent sur les effets des mesures compensatoires et d'accompagnement mises en place.
Pourtant, le port du Havre, sous la pression de la Commission européenne, alertée par les associations, a mis le paquet : 46
millions d'euros. Qui ont notamment servi à créer, dans la réserve naturelle, un reposoir sur dune en remplacement du site
de 40 hectares fréquenté par les oiseaux en période de migrations et balayé par les nouvelles installations. Au milieu de
l'embouchure de la Seine, au large de Honfleur, un îlot artificiel de 5 hectares à marée basse a été fabriqué avec 260 000 m3
de sable et galets, entourés d'enrochements de protection. Avec baie et lagon, il doit résister aux tempêtes tout en offrant de
bonnes conditions de nidification. Coût : 9 millions d'euros.
Sous la surface, l'inquiétude touche à la disparition des vasières qui hébergent mollusques, vers et jeunes poissons. Sous
l'effet de la sédimentation due aux endiguements des rives de la Seine par le port de Rouen et aux remblais du pont de
Normandie, elles seraient passées de 1 600 hectares en 1970 à 370 en 1998. Du coup, un méandre d'environ 15 hectares a
été creusé pour améliorer la circulation de l'eau et créer de nouvelles vasières. Un épi transversal aux courants a aussi été
construit pour favoriser de nouvelles zones de sédimentation. Le tout coûtera plus de 23 millions d'euros. Les batraciens
figurant parmi les espèces menacées, tels le pélodyte ponctué et le crapaud calamite, ont aussi été déplacés vers des lieux
plus sûrs, tout comme le chou marin et l'orobanche du picris.
La réserve naturelle de l'estuaire, créée en 1997, a été augmentée en 2004 à 8 526 hectares, ainsi que la ZPS ; et l'estuaire,
désormais inscrit dans le réseau européen de Natura 2000, fait l'objet de nombreuses études scientifiques. Mais à la Maison
de l'estuaire qui gère la réserve naturelle, Christophe Bessineton s'inquiète : «Les financements liés à Port 2000 s'arrêtent en
2010. Et après ?» Il constate «le déclin des populations telles les avocettes qui n'ont plus de bonnes conditions d'accueil dans
les vasières : 400 individus ont été comptabilisés en 1998 contre 5 000 en 1970. Aucune mesure ne compense jamais les
dégâts.» Le GON (groupement ornithologique normand) estime que les oiseaux d'eau sont passés de 40 000 en 2000 à 25
000 en 2005. Sur la route de l'estuaire, pas encore fermée au trafic des poids lourds, les butors étoilés sont régulièrement
écrasés. «L'enjeu est celui d'un espace qui se restreint de plus en plus mais reste très convoité», déplore Christophe
Bessineton. Par les industriels et les écologistes, les pêcheurs, les agriculteurs, les chasseurs et les coupeurs de roseaux.

				
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