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									                                  BTS BLANC. SUJET INÉDIT
L'adolescence
Vous ferez une synthèse concise, objective et ordonnée des documents suivants relatifs aux:
différents aspects de l'adolescence.
Puis, dans une conclusion personnelle, vous donnerez votre opinion sur ce sujet.
Documents joints:
Document 1 : Arthur Rimbaud, « Ma bohème », Poésies, 1870.
Document 2 : François Cérésa, « Quelle insolence! », Les nouveaux ados, hors-série du Nouvel
Observateur; n° 41.
Document 3 : Bachi Ahmed, « Apprendre à aimer dans l'action », Nouvelles Clés, n° 25,
printemps 2000.
Document 4 : Jean-Claude Mézières, dessin paru dans Nouvelles Clés, n° 25. printemps 2000.

Doc 1 : Ma bohème (fantaisie)

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal ;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.

-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
-Mes étoiles au ciel avaient un doux: frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
                                                       Arthur Rimbaud (1854-1891), Poésies, 1870.
 Doc 2 : « Quelle insolence! »
L'adolescence ne respecte rien. Surtout pas les adolescents que nous étions ni les vieux que nous
ne sommes pas encore. Elle s'invente une conduite, un langage, des idées qui doivent absolument
être marquées du sceau de l'originalité. Elle préfère la folie des passions à la sagesse de
l'indifférence. Quand on cherche à la raisonner, elle nous répond qu'il vaut mieux avoir de l'esprit
comme personne qu'être bête comme tout le monde. Moqueuse et rebelle, elle nous reproche
parfois de vivre sans illusions, car elle ignore que c'est le secret du bonheur, et se moque souvent
de notre apparente gaieté, car elle ne sait pas que c'est la forme la plus aimable du courage.
Quand elle nous accuse de ne rien désirer, c'est pour mieux: exiger. Elle brûle, elle s'enflamme,
elle admire ce qu'elle ne comprend pas toujours. Elle a le diable au cœur. Son intuition, qu'elle
juge assez forte, trouble notre déduction, qu'elle estime assez faible. L'adolescence a toutes les
insolences. On a envie de lui rétorquer qu'il vaut mieux parfois être dupe, car la vie nous enseigne
que jamais nous ne sommes assez heureux: qu'au prix de quelque ignorance.
Cette contorsion psychologique vous prend en traître dès l'âge de 12,13 ans. Elle peut se
prolonger jusqu'à 25. Et même au-delà. L'adolescence, d'une certaine façon, est le plus vieux:
désespoir du monde. On le comprend. Tout ce corps en mutation, quel terrible désarroi ! D'où la
fragilité de l'adolescence. Alors, elle s'indigne. Elle se passionne, se mobilise, se révolte contre
les grands. Elle apprend à dire non. Puis, nouveau paradoxe, son désir d'autonomie et de liberté
s'accommode mal de la dépendance matérielle à l'égard de la famille. Face à l'incertitude, elle
n'ose pas réveiller son chagrin qui dort. On essaie de la consoler. Elle boude. En regardant le
malheur dans le reflet de sa propre image, elle se demande ce que deviennent toutes les larmes
qu'elle ne verse pas. On a beau dire, sa douleur nous est chère.
L'adolescence est insolente et fragile parce qu'elle craint de fournir les cyniques que nous
affectons d'être. Elle est notre élixir de jeunesse, nous sommes son âme qui a pris du ventre. En
fait, pour commencer sa vie, il faudrait être vieux. On resterait alors d'éternels adolescents. Avec
le souci de mieux comprendre, de toujours aimer et de ne jamais se renier. Pour l'insolence. Pour
la fragilité.
 François Cérésa, « Quelle insolence », Les nouveaux ados, hors-série du Nouvel Observateur; n°
                                                                                                  41.
Doc 3 : « Quelle insolence! » « Apprendre à aimer dans l'action »
Parler de paix, c'est bien, encore faut-il savoir ce que c'est. La France est dans une phase de ras-
le-bol collectif. On a vraiment besoin de bouger vers un idéal de paix. Mais comment ? Chacun
connaît la situation : une augmentation de la violence sous toutes les formes, qui nuit à un
nombre croissant de gens. Or, nous vivons dans UNE société, une seule, pas deux ou trois comme
certains le prétendent, et il ne faut négliger personne. On montre souvent la banlieue du doigt,
comme un point noir. Est-ce pour se convaincre que l'on est normal que l'on pointe ainsi les
autres ? Tant que l'on fera cela, la spirale de la violence se perpétuera. Pour avoir la paix, il faut
savoir ce que sont la violence et la souffrance. La violence n'est pas un problème de classe, ni de
race, c'est un problème d'honneur et de dignité bafoués, d'humiliation et de frustration, de peur et
d'ignorance. La violence est un symptôme social. Elle touche beaucoup les jeunes, qui sont
sensibles à tout et sentent ce qui est vrai. Nous vivons, pour la plupart, une triple crise :
identitaire, existentielle, spirituelle.
La crise identitaire
Les jeunes vivent un déchirement, ils ne savent plus où est leur place. C'est dû à un manque de
repères. de références, de modèles, et à une amnésie culturelle. Mais s'il n'y a pas de modèle
« jeune », c'est qu'il n'y pas non plus de modèle « adulte »1. Dans une cité, en banlieue, il y a bien
une mixité, un mélange, mais c'est souvent limité à la même classe sociale. Les intellectuels, les
privilégiés. on ne les voit que très rarement dans nos quartiers. D'où la nécessité de créer des
ponts de part et d'autre. Pour qu'il y ait brassage des cultures ou des couches sociales, il faut
trouver des thèmes communs sur lesquels tout le monde puisse se retrouver et agir. La violence et
la paix font partie de ces thèmes.
Mais comment développer un brassage des cultures si l'on ne connaît pas la sienne propre ?
Toutes sortes d'ateliers de formation sont à mettre en place, sur les cultures, sur l'histoire, sur la
communication, sur l'éducation, sur la transmission.
La crise existentielle
Pour exister, tout individu a besoin d'autonomie, de liberté, de solitude et de finitude. Pour cela, il
est essentiel de redonner confiance à la fois aux parents et aux jeunes, donc d'aider à développer
l'autonomie de ces derniers, en leur permettant d'assumer leur existence et leur histoire. Éduquer,
c'est rendre autonome. Aider les jeunes à réaliser quelque chose, c'est les aider à se réaliser. Le
courage n'est pas à inventer, il faut juste le soutenir.
La crise spirituelle
Il y a chez les jeunes un besoin de beauté, de vérité, de bonté. Qu'est ce que la beauté ? Est-ce le
paysage urbain avec toutes ces lumières brutes ? Qu'est ce que la vérité ? Est-ce le modèle
télévisuel ou le modèle politique ? Qu'est-ce que la bonté ? Pensez-vous que ce soient nos rela-
tions humaines, notre individualisme ?
Les jeunes ont besoin d'un encadrement qui fait de plus en plus défaut, car les familles ont un mal
croissant à répondre aux exigences de chaleur, de protection et d’amour. Si l'on offre aux gens
des choses brutes, ils perdent leur sensibilité. L'enfant est sensible à tout ce qui est beau, à tout ce
qui est vrai. Il faut développer une éducation à la beauté, à la bonté, aider les gens à retrouver
confiance dans leurs sens.
Des ateliers d'arts, de musique, de peinture, de créativité ouvriraient nos horizons.
Dans cette société qui est de plus en plus matérialiste, il se manifeste une soif de spiritualité. Cet
appel de la spiritualité donne vie à l'homme et nourrit son cœur, cela développe en lui son rapport
à la nature, à l'homme, au monde...
On parle beaucoup d'amour -« Faites l'amour pas la guerre » Aimer est très important, mais il faut
apprendre à aimer dans l'action. On a trop tendance à n'aimer que dans la parole ou la pensée. La
prise de conscience ne peut se faire que dans l'action. Construire une action, c'est se construire
soi-même. Souvent, il faut faire un travail sur soi avant d'agir sur les gens ou la société. Se
remettre en question, reconnaître ses erreurs. Nous devons penser un projet de société où l'on
réfléchirait ensemble, jeunes, adultes, personnes âgées, pour vivre ensemble et trouver les raisons
de le faire.
       Bachi Ahmed, « Apprendre à aimer dans l'action », Nouvelles Clés, n° 25, printemps 2000.

Doc 4 : Le surfeur galactique




Jean-Claude Mézières, dessin paru dans Nouvelles Clés, n°25, printemps 2000.

								
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