College Van Der Meesch Juin 2010 by 6UK6c77

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									                                    Projet 6e compétences
                                     ACADEMIE DE LILLE/SEPIA


      Collège Van der Meersch
      1, avenue Maxence Van der Meersch
      Boîte postale 97
      59052 Roubaix Cedex

      Tél. : 03.20.89.43.30
      Fax : 03.20.75.72.99

      Adresse : ce.0595168x@ac-lille.fr
      Site Internet : www2.ac-lille.fr/vdm-rx


Le collège Van der Meersch appartient à un Réseau Ambition Réussite.



Résumé rapide de l’action :

     Tous les professeurs de la classe 6e NEPAL évaluent les élèves avec des grilles de compétences et ne
mettent pas de note.


Mots-clés :    compétences, suppression des notes, ceintures, transversal, grille, php, Internet

Pilote du projet :    Xavier MATHIEU

Tous les professeurs enseignant dans cette classe participent au projet. Ils sont volontaires et ont participé
à son élaboration.

Les matières concernées sont donc

               l’EPS : Rachel COUMBA, professeur principale de la classe
               les Mathématiques : Brahim BOUDARN
               l’Anglais : Céline BAILLEUX
               la Technologie : André DEMONCHEAUX
               l’Histoire-Géographie : Juliette DOOGHE
               l’Education Musicale : Guillaume PASQUINET
               les SVT : Gaële BEAURAIN
               le Français : Xavier MATHIEU
               les Arts plastiques : Sarah COQUELLE

      Dans le contexte difficile du public d’un collège Ambition-Réussite nous sommes confrontés au
quotidien à des élèves qui, accablés par la multiplication de mauvaises notes qui leur renvoient une image
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négative d’eux-mêmes, ont perdu toute motivation pour le travail et adoptent des comportements qui
nuisent à leurs apprentissages et à ceux de leurs camarades.

      Nous avons voulu voir ce que la disparition de la note pouvait apporter dans la préservation de la
motivation qui est généralement encore constatée chez les élèves de 6e en début d’année. En valorisant les
réussites des élèves nous espérons augmenter leur motivation pour le travail scolaire. Les échecs ne sont
plus sanctionnés par de mauvaises notes et les réussites conduisent à la validation de compétences ou à
l’obtention de briques.

      L’ambition est de changer la représentation que les élèves ont du travail scolaire afin qu’ils profitent
mieux du temps passé au collège, que ce temps augmente leur estime d’eux-mêmes et les aide à devenir
meilleurs.
      Nous attendions que les élèves les plus faibles aient encore la motivation de travailler et que les
élèves qui auraient continué à travailler se connaissent mieux et progressent davantage.
      L’évaluation par compétences avait aussi pour but de permettre une évaluation plus fine des élèves
afin d’agir mieux avec eux sur leurs difficultés. Les difficultés et les lacunes des élèves ne peuvent pas
être cachées par des notes moyennes dont ils savent très bien se satisfaire mais chaque compétence est
évaluée en elle-même et les élèves ne peuvent en ignorer certaines sans s’en apercevoir.
      Le projet 6e compétences prend bien sûr toute sa place dans la réflexion qui accompagne la mise en
place du socle commun. Il avait pour but de concevoir les nouvelles modalités d’évaluation qui pourraient
permettre une validation fine des sept compétences du socle commun.

      Le projet concerne la classe de 6e NEPAL. Cette classe de 18 élèves a été choisie au hasard. Elle
regroupe 10 filles et 8 garçons. Les élèves sont représentatifs de la population de l’établissement.
      Les élèves se sont montrés au départ assez indifférents à l’absence de notes. La classe a commencé
par être assez passive et peu motivée dans sa globalité par le travail scolaire, quelle que soit la modalité
d’évaluation.
      Un questionnaire complété au mois d’octobre apporte les réponses suivantes :
      Seuls sept d’entre eux étaient évalués par des notes l’année antérieure.
      Certains disaient préférer les notes car ils savent mieux le niveau qu’ils ont, ils peuvent se comparer
aux autres. D’autres disaient préférer l’évaluation par compétences car c’est plus facile, il n’y a pas de
moquerie, il n’est pas possible d’avoir une mauvaise note.
      Dix d’entre eux affirmaient que les grilles de compétences les aidaient à mieux repérer leurs
difficultés.
      Quatorze affirmaient que la grille des compétences du collégien les aidait à mieux respecter les
règles.
      Sept d’entre eux consultaient le site et y trouvaient une aide.
      Quelques phrases d’élèves :
      « Je regrette un petit peu les notes car j’aime bien. »
      « Je préfère les notes parce qu’on ne peut pas savoir si on a eu un bon bulletin avec les
compétences. »
      « Etre évalué à l’aide des compétences à mon avis, ça ne change rien. »
      « Je ne regrette pas les notes parce qu’avec les notes on est parfois dégoûté. »
      « Avec la grille de compétences je comprends ce qui va bien ou pas bien. »

      Certains élèves se sont mis à regretter ouvertement de ne pas avoir de notes.
      Deux élèves travailleurs mais en difficulté se sont distingués par leur compréhension fine de
l’évaluation par compétences et par l’affirmation publique et argumentée de leur préférence.

      Les parents conviés lors d’une réunion d’information en octobre se sont montrés globalement
indifférents. Seuls deux d’entre eux ont affirmé leur préférence pour ce système qui ne découragerait pas
leur enfant.

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       Aucun créneau de concertation n’ayant été prévu lors de la conception des emplois du temps, il était
impossible à l’équipe de se réunir régulièrement. Le travail a été essentiellement fait par mail entre le
pilote (qui a envoyé au total 35 mails circulaires à l’ensemble de l’équipe au cours de l’année) et les
membres de l’équipe qui ont envoyé au pilote leur grille disciplinaire et ont parfois répondu à ses
sollicitations.
       Pour rendre possible le travail avec cette classe plusieurs outils ont été mis en place : la grille des
compétences du collégien, les grilles d’évaluation disciplinaire, la grille d’évaluation des compétences
transversales et un site Internet accessible par mot de passe qui présente les diverses évaluations et peut
être actualisé régulièrement par les enseignants et consulté par les élèves et leurs parents.




                                 La grille des compétences du collégien
                                             (voir annexe 1)


      Sept compétences dont les critères d’acquisition sont précisés sont évaluées pendant une semaine ou
deux semaines de cours selon la matière. L’évaluation est faite heure par heure. Si tous les critères ont été
respectés pendant toute la période d’évaluation pour la même compétence, l’élève obtient des lauriers
pour cette compétence. Un tampon conçu pour le projet permet de mettre les lauriers sur la fiche d’auto-
évaluation et ils apparaissent sur le site Internet de la classe.

      Les 7 compétences et leurs critères sont :
                                                       3
    Je sais me préparer à travailler. (1.1 – se ranger à la sonnerie 1.2 – se déplacer groupé dans le
     calme 1.3 – se ranger en silence devant la classe 1.4 – entrer en classe en silence 1.5 – enlever son
     manteau 1.6 – sortir ses affaires, carnet en évidence 1.7 – attendre debout en relisant le cours 1.8 –
     s’asseoir à la demande du professeur)
    Je sais m’occuper de mes affaires. (2.1 – avoir le matériel nécessaire 2.2 – avoir des cahiers à
     jour 2.3 – tenir soigneusement son cahier 2.4 – prendre soin de ses affaires 2.5 – prendre soin des
     affaires prêtées)
    Je sais travailler en classe. (3.1 – noter son cours 3.2 – faire les exercices demandés 3.3 – lire les
     documents en silence 3.4 – se concentrer sur une tâche 3.5 – essayer de comprendre les consignes
     seul 3.6 – respecter les consignes de travail 3.7 – se relire)
    Je sais participer au cours. (4.1 – écouter le professeur 4.2 – écouter les camarades interrogés
     4.3 – lever la main et attendre d’être interrogé 4.4 – participer une fois par heure 4.5 – s’exprimer
     en rapport avec le cours)
    Je sais travailler hors de la classe. (5.1 – avoir un agenda à jour 5.2 – savoir où en est le cours
     5.3 – avoir appris sa leçon le mieux possible 5.4 – avoir ses devoirs du jour 5.5 – organiser son
     travail pour le faire à temps)
    Je sais respecter autrui. (6.1 – respecter ses camarades 6.2 – respecter les adultes 6.3 – être
     agréable avec les autres 6.4 – être poli et serviable 6.5 – accepter les remarques 6.6 – contribuer à
     l’ambiance positive de la classe 6.7 – rester à sa place)
    Je sais quitter la classe. (7.1 – attendre l’autorisation du professeur pour ranger ses affaires 7.2 –
     jeter les papiers à la poubelle 7.3 – ranger sa chaise)


      La fiche d’auto-évaluation est distribuée en début d’heure et les élèves s’évaluent à la fin de l’heure.
Les professeurs ont leur propre grille pour toute la classe. Les critères sont numérotés pour que le
professeur puisse rapidement noter le non-respect d’un critère par un élève sur sa grille en utilisant la
couleur qu’il a choisie pour la séance (ainsi il est possible de retrouver quand les problèmes ont été
constatés).

       A la fin de la semaine pour les matières au volume horaire important (Anglais, Mathématiques,
Français) et après deux semaines pour les autres matières le professeur fait le bilan et à l’aide de sa grille
attribue aux élèves des lauriers qu’il appose à l’aide de son tampon sur la fiche d’auto-évaluation qui est
rendue à l’élève.

      Ensuite le professeur entre le résultat de son évaluation sur le site de la classe.


      Ce système aide vraiment les élèves à respecter les règles nécessaires à de bonnes conditions de
travail quand il est bien suivi. Cependant il est lourd, trop lourd pour certains enseignants qui n’arrivent
pas à le suivre avec rigueur. Lors du premier trimestre il a été constaté des différences importantes entre
les matières qui faussaient le bilan trimestriel en donnant une importance disproportionnée aux matières
dont les professeurs avaient été les plus rigoureux. L’équilibre a été un peu rétabli pour les trimestres
suivants.
      La conclusion semble qu’un tel système peut convenir à certains professeurs mais qu’il ne peut
raisonnablement pas être généralisé à tous les enseignants d’une même classe à cause des différences de
pratique mais aussi à cause des différences de volume horaire.




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                                Les grilles de compétences disciplinaires


     Les grilles de compétences disciplinaires sont de trois types :
             Les compétences classées par domaine sont validées (acquis, non acquis, parfois en cours
         d’acquisition). C’est le cas en Anglais, Mathématiques, Histoire-Géographie, SVT et
         Technologie.

      Exemple :

      Extrait de la grille d’Anglais

1) Compréhension orale : être capable de comprendre une intervention brève si elle est claire et simple.
    a) Méthode
Je sais repérer les informations essentielles d’un document audio/oral, d’une intervention.
Je sais repérer les informations précises d’un document audio/oral, d’une intervention.
Je sais m’appuyer sur la situation d’énonciation.
    b) Communication
Je sais écrire un mot que l’on m’épelle.
                                                       5
Je suis capable de comprendre les instructions et consignes de classe.
Je suis capable de comprendre les expressions familières de la vie quotidienne :
       Salutations - Prendre congé - Remerciements - Excuses - Félicitations - Le temps qu’il fait
Je suis capable de comprendre des présentations : Identité - Goûts
Je suis capable de comprendre des questions sur ma vie, ma famille.
Je suis capable de comprendre des indications chiffrées : Nombres, date, heure - Age - Prix

             Les compétences classées par domaine sont évaluées avec un système inspiré des ceintures
          de compétences : le mur de la réussite. L’élève a un an pour construire un mur en décrochant
          des briques qui correspondent à autant d’objectifs d’apprentissage. C’est le cas en Français et
          en Arts plastiques.

           Exemple :
       Le mur de la réussite en Français : 30 compétences sont évaluées à diverses reprises au cours de
l’année et permettent d’obtenir jusqu’à six briques. Une évaluation ne permet d’obtenir qu’une brique. La
difficulté s’accroît pour la brique supérieure.
Exemple de compétence : Reconnaître les mots.
      Brique bleue : Reconnaître le nom et le déterminant.
      Brique verte : Reconnaître le nom et le déterminant y compris les possessifs et les démonstratifs
      Brique jaune : Reconnaître le nom, le déterminant y compris les possessifs et les démonstratifs et le
      verbe.
      Brique orange : Reconnaître le nom, le déterminant y compris les possessifs et les démonstratifs, le
      verbe et le pronom personnel.
      Brique rose : Reconnaître le nom, le déterminant y compris les possessifs et les démonstratifs, le
      verbe, le pronom personnel et l’adjectif qualificatif.
      Brique rouge : Reconnaître le nom, le déterminant y compris les possessifs et les démonstratifs, le
      verbe, le pronom personnel, l’adjectif qualificatif et la préposition.


Pour chaque nouvelle brique l’élève doit à nouveau prouver qu’il maîtrise ce qui lui a permis d’obtenir la
brique précédente.
      La progression des briques est plus difficile à définir pour une compétence comme « Rédiger un
texte long. ». Les critères de réussite peuvent être définis avec les élèves mais l’obtention de la brique ne
peut se faire que d’une façon plus personnalisée.
      Peu d’élèves ont accepté le principe, ont cherché à construire leur mur et ont montré leur motivation
à franchir les étapes suivantes. L’idée inspirée des jeux vidéo a peu agi sur leur motivation même s’ils
étaient en général contents quand ils obtenaient une nouvelle brique.

              Certains professeurs ont choisi de mélanger les deux systèmes. C’est le cas en EPS et en
          Education musicale. Les compétences sont validées mais chaque domaine dans son ensemble
          correspond à un pan du mur à construire.




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                             La grille des compétences transversales

      Deux journées de FIL ont permis à l’équipe de déterminer les compétences transversales sur
lesquelles la plupart des matières peuvent intervenir.
      Lors de la première journée un travail sur le socle commun a permis d’arrêter une liste de 35
compétences :




                                                 7
La maîtrise de la langue française                            La culture humaniste
LIRE                                                          21 Se situer dans l'espace.
1 Comprendre une consigne.                                    22 Se situer dans le temps.
2 Dégager l'idée essentielle d'un texte lu ou entendu.        23 Avoir des repères historiques.
ECRIRE                                                        24 Avoir des repères en Histoire des Arts.
3 Copier un texte.                                            L'autonomie et l'initiative
4 Écrire lisiblement.                                         25 Être autonome.
5 Rédiger une phrase grammaticalement correcte.               26 Avoir envie d'acquérir de nouvelles
6 Rédiger un paragraphe cohérent.                             connaissances.
7 Respecter les règles d'orthographe.                         27 S'impliquer dans les activités proposées.
S'EXPRIMER A L'ORAL                                           28 Mémoriser des connaissances.
8 Formuler une question.                                      29 Mobiliser les outils nécessaires.
9 Participer à l'oral de façon réfléchie.                     30 Travailler en groupe.
10 Participer de façon intelligible.                          31 S'auto-évaluer.
11 Prendre part à un dialogue.                                32 Se documenter.
12 Adapter le propos au destinataire.                         33 Enrichir son vocabulaire.
13 Lire à haute voix.                                         34 Utiliser un dictionnaire, un manuel...
14 Rendre compte d'un travail individuel ou                   35 Manifester de la créativité.
collectif.
La culture scientifique
15 Respecter une démarche.
16 Justifier en apportant des preuves.
La maîtrise des techniques de l'information et de
la communication
17 S'approprier un environnement informatique de
travail.
18 Adopter une attitude responsable.
19 Utiliser un traitement de texte.
20 Faire une recherche.




     Lors de la deuxième journée l’équipe a travaillé pour déterminer quelles capacités l’élève devait
pouvoir mettre en œuvre pour valider chacune des compétences. Le travail a été fait sous forme de
marguerites.




Exemple :

Compétence « Formuler une question. » : capacités nécessaires pour y arriver : S'exprimer de manière
intelligible (corporellement et vocalement) - Ecouter - S'adapter à une situation - Connaître la phrase
interrogative (intention, caractéristiques) - Repérer les attentes. - Etre précis (donner tous les éléments
nécessaires à la compréhension de la question).
                                                        8
       Le travail ayant été fait au cours de l’année la grille n’a été distribuée aux élèves qu’au début du
troisième trimestre et ne sera intégrée qu’au bulletin du troisième trimestre.




                                              Le site Internet

      Le site Internet a été conçu sur mesure en php pour le projet par Xavier MATHIEU.
      Tous les professeurs et tous les élèves ont un mot de passe personnel qui leur permet d’accéder à
leur page d’accueil personnelle. (annexe 2 )

     Une première partie permet de gérer l’acquisition des lauriers. Les professeurs peuvent entrer leurs
évaluations au fur et à mesure. Le site totalise les lauriers obtenus et permet de connaître les critères qui
                                                       9
n’ont pas été respectés. Les élèves peuvent voir leur dernière évaluation dans chaque matière et savoir
combien ils ont obtenu de lauriers compétence par compétence depuis le début du trimestre.

     Une deuxième partie permet de gérer la validation des compétences transversales. Chaque
compétence transversale doit être validée par cinq professeurs différents. A chaque validation une plante
pousse un peu plus pour permettre à l’élève de visualiser l’avancée de ses apprentissages. L’élève peut
consulter sa grille d’évaluation des compétences transversales.

      Une troisième partie permet aux professeurs de gérer leur propre grille disciplinaire. Chaque
professeur accède à un formulaire (annexe 3) qui lui permet de valider les compétences et d’entrer des
appréciations. Il peut accéder à son formulaire autant qu’il le souhaite et modifier l’état des grilles
d’évaluation des élèves autant qu’il le veut. L’élève peut consulter toutes les grilles disciplinaires.

      Le site permet de créer le bulletin spécifique de la classe (annexe 4). Sur la première page apparaît
le bilan trimestriel des lauriers avec un jeu de couleurs qui fait apparaître en rouge et orange les
compétences qui sont les moins respectées. Sous ce bilan se trouve l’appréciation trimestrielle du conseil
de classe que le professeur principal de la classe peut remplir à partir de sa page d’accueil personnelle qui
lui donne aussi accès à une synthèse des compétences les moins respectées par les élèves. Ensuite deux
pages présentent une synthèse des grilles disciplinaires et une page présente l’évaluation des compétences
transversales.

       Un compteur a permis de savoir le nombre de consultations par élève.
       Consultation du bilan des lauriers : un élève ne l’a jamais consulté, un élève l’a fait une fois, deux
deux fois, un trois fois, quatre quatre fois, deux cinq fois, un six fois, un sept fois, un huit fois, un dix
fois, un onze fois, un treize fois et un quinze fois.
       Consultation de la grille de Français : un élève ne l’a jamais consultée, deux élèves l’ont fait une
fois, un deux fois, trois trois fois, quatre quatre fois, un six fois, un sept fois, deux huit fois, un dix fois,
un onze fois et un dix huit fois.

      La plupart des connexions se sont faites à partir du collège. Ce sont donc les élèves qui s’y sont
parfois intéressé mais les parents pour la plupart ne s’en sont pas préoccupé.




                                      Les différentes étapes du projet


Réunion de travail de l’équipe le vendredi 26 juin 2009 : choix des compétences du collégien et de ses
critères de réussite
Réunion de travail de l’équipe le mardi 30 juin 2009 : approbation de la forme prise par la grille d’auto-
évaluation des élèves – réflexion autour de l’idée des ceintures de compétences et de l’idée du mur de la
réussite – l’état d’esprit du socle commun et de l’évaluation par compétences

Deux semaines complètes de travail pour la réalisation du site Internet par Xavier MATHIEU au cours du
mois d’août.

Réunion de travail de l’équipe le lundi 31 août 2009 : le fonctionnement du site – les diverses possibilités
pour concevoir les grilles d’évaluation sur mesure – l’idée des lauriers, le tampon – échanges

Réalisation au cours du premier trimestre des grilles disciplinaires et de leur version informatique

Réunion d’information pour les parents le lundi 28 septembre
                                                     10
Première rencontre avec Mme RIVIERE, inspectrice chargée du Réseau du collège le mercredi 7 octobre.
Seuls étaient présents les professeurs de Français et de Mathématiques.

Réunion de travail de l’équipe le jeudi 12 novembre : choix pour le bulletin – préparation d’une heure de
vie de classe commune

Heure de vie de classe du mardi 17 novembre : questionnaire sur le projet – échange avec les élèves

Deuxième rencontre avec Mme RIVIERE le vendredi 27 novembre 2009. Tous les professeurs de la
classe étaient présents.

Visite de Mme RIVIERE en cours de Français et Mathématiques le jeudi 10 décembre. Entretien

Première journée de la FIL le mardi 19 janvier 2010 : le travail est animé par Xavier MATHIEU à l’aide
du dossier téléchargeable des Cahiers pédagogiques consacré au Socle commun et à l’évaluation par
compétences.
Présence de Mme RIVIERE et de M. CARTON, Principal-adjoint, l’après-midi

Première rencontre avec Annie COLARD du SEPIA le jeudi 14 janvier
Visite d’Annie COLARD dans le cours de Français le jeudi 25 février
Deuxième journée de la FIL le vendredi 5 mars 2010 : le travail est animé par Xavier MATHIEU à l’aide
d’exemples obtenus lors d’un stage sur la lecture cursive.
Entretiens avec Annie COLARD le 22 avril, le 10 Juin et le 17 Juin.



Les différents points de vue sur cette année d’expérimentation


M. Guillaume PASQUINET, Education musicale :

      Une expérimentation qui à mon sens demanderait à être reconduite pour parfaire à la fois les outils
pédagogiques (grilles d'évaluations) mais aussi la manière d'amener les savoirs par le prisme des
compétences.
      Il me semble que la grille du collégien a trouvé ses limites au bout du premier trimestre dans
l'ensemble de la classe, entre les élèves qui ne la remplissaient plus, certains qui ne s'amélioraient pas et
ne cherchaient pas à fournir des efforts pour améliorer la compétence visée pour le cours suivant, ceux
qui n'y voyaient pas d'intérêt et surtout pour moi-même qui devait en quelques minutes distribuer et
ramasser les fiches. En fin d'année, j'ai pris le parti d'évaluer moi même les élèves au fil de l'heure, chose
qui est plus simple. Je trouve la grille très intéressante pour permettre une évaluation individuelle de la
participation de travail en classe, suivant des objectifs clairs et précis.
      En ce qui concerne ma pratique propre en classe, j'ai mené les mêmes travaux que mes autres
sixièmes pour pouvoir comparer. Il n'y a pas en effet de différence majeure concernant la grille du
collégien, peut-être que les élèves sont plus sensibles à leur image et leur travail quand ils doivent à
chaque heure remplir une grille d'évaluation, qui,à la longue, va s'émousser.
      J'ai trouvé très positif pour ma part de pouvoir valider les savoirs par compétences. Pouvoir avoir
une "photographie" en temps réel de chaque élève sur son niveau, sur ses acquis en fonction de ma
progression annuelle. Je peux mieux repérer les élèves en difficulté et pointer leur(s) difficulté(s) :
vocabulaire, analyse, création, repère...
      De manière plus générale, je reste tout de même assez satisfait d'avoir pu expérimenter ce dispositif,
d’avoir remis en question surtout la manière d'évaluer et d'amener cette évaluation. Car autant j'ai gardé le
contenu intact entre toutes mes sixièmes, autant l'évaluation a été considérablement changée.
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       Je reste aussi convaincu que cette expérimentation ne pouvait pas être le fruit d'une seule année
scolaire, pouvait bien sûr favoriser la mise en place de l'évaluation du socle commun. Mais je crois
surtout que cette expérimentation peut fonctionner réellement si toutes les classes fonctionnent sur le
même principe, permettant ainsi un meilleur suivi des élèves, des outils adaptables et fonctionnels, une
facilité dans l'orientation des élèves, un procédé simple et clair pour l'évaluation du socle commun et une
meilleure prise en compte des capacités et besoins des élèves.

Mme Rachel COUMBA, EPS

      Je ne suis pas certaine que ce projet ait contribué au fait que les élèves travaillent plus ou même
mieux. Je pense qu'il y a plein de raisons à cela, mais pour moi la plus importante est le contexte du
collège. J'ai l'impression que les élèves n'ont jamais vraiment adhéré puisque dans tout le reste du collège,
les autres élèves avaient des notes et ils ne rêvaient que d'une chose c'est d'avoir aussi des notes pour
pouvoir se comparer entre eux ou aux élèves des autres classes de manière plus visible.
       Ce qui est exactement le contraire de ce que l'on recherchait, puisqu’on aurait voulu que les élèves
travaillent pour eux, par rapport à ce qu'ils étaient capables de faire.... Je me dis parfois qu'il aurait peut-
être fallu qu'on change nos pratiques de cours de manière plus profonde pour induire un changement.
Moi, je travaillais finalement comme avec les autres classes, mais en utilisant le terme de compétence au
lieu de note. Bref, en résumé, je ne suis pas sûre que les élèves de 6ème Népal aient fait leur maximum
pour progresser et améliorer les évaluations des compétences. Mais y a-t-il un dispositif capable de faire
travailler plus ces élèves dans le contexte difficile dans lequel ils gravitent ?
          Il y a quand même une chose que j'ai trouvé très intéressante et qui selon moi a quand même
fonctionné, c'est l'évaluation des compétences du collégien. Je pense que le fait que les élèves remplissent
régulièrement la fiche ou du moins en entendent parler, a fait qu'ils ont intégré rapidement les critères
d'évaluation et ils ne pouvaient plus faire comme s'ils ne savaient pas. Les règles étaient parfaitement
connues et cela facilitait le dialogue lorsque l'un des élèves ne les respectait pas.
         Je suis globalement plutôt contente d'avoir participé à ce projet, il a été très intéressant. Et il n'est
pas dit que,dans un autre contexte, (avec peut-être plus de classes concernées, plus de temps de
concertation entre nous, prévu dans notre emploi du temps, et non pas en plus, de manière bénévole, et
pour plein d'autres raisons sûrement...) les choses n'auraient pas été différentes.

M. Xavier MATHIEU, Français

      L’utilisation du mur de la réussite m’a conduit à travailler de façon cyclique. L’évaluation des
compétences retenues revenait de façon régulière et selon des modalités similaires dans le but de créer des
habitudes chez les élèves. Je voulais qu’ils comprennent ce qu’on leur demande en cours de Français et
qu’ils intègrent petit à petit les critères de réussite. Je ne sais pas si cette façon de faire a porté ses fruits
malgré eux. J’espère qu’ils ont intégré certaines priorités et qu’au cours de leurs années de collège ce
qu’ils auront vu avec moi les aidera à mieux s’en sortir. Globalement ils ont donné l’impression de ne pas
intégrer au fur et à mesure ce qui était vu comme c’est souvent le cas pour les élèves du collège. J’ai
constaté certains progrès tout de même mais sans pouvoir dire s’ils avaient vraiment un lien avec ma
façon de travailler.
      J’avais retenu 30 compétences, toutes justifiées par les programmes de Français. Cependant
certaines étaient beaucoup plus importantes que d’autres et devaient être évaluées de façon plus régulière.
En début d’année j’ai essayé d’évaluer toutes les compétences mais je me suis rendu compte que cela
demandait trop de temps au détriment de l’intérêt du cours. Avec des élèves qui travaillent lentement et
qui mettent peu d’ardeur dans leur travail il me semble plus judicieux de limiter le nombre de
compétences mises en avant et de ne travailler les autres que de façon ponctuelle et plus discrètement.
      J’ai trouvé très intéressant d’évaluer avec l’aide de l’informatique. Je corrigeais mes copies devant
mon ordinateur. Je pouvais noter au fur et à mesure des appréciations pour chaque élève et je les
retrouvais lors de l’évaluation suivante. Je pouvais ainsi constater des progrès ou au contraire repérer
certaines lacunes persistantes.

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       La gestion du mur de la réussite m’a demandé trop de temps. J’ai tenu en début d’année et puis ça
n’a plus été possible. Je ne faisais pas confiance aux élèves pour coller les gommettes et donc je
ramassais les cahiers et je les collais moi-même. Ce fut certainement une perte de temps. En même temps
il fallait qu’elles aient de la valeur. Comme je n’arrivais pas à suivre, j’ai dû nuire à la motivation des
élèves.

Mme Sarah COQUELLE, Arts plastiques

      En tant qu'enseignante, ce projet de «classe compétence» a été pour moi l'occasion d'observer
différemment mes élèves, ce qui m'a beaucoup apporté sur le plan pédagogique. Malheureusement,
n'ayant reçu aucune formation avant ce projet je me suis sentie très souvent démunie quant à la mise en
application de ce dispositif en arts plastiques. Je me sentais beaucoup moins à l'aise pour enseigner que
dans mes autres classes. La déstabilisation de ses pratiques peut avoir du bon mais je me suis sentie
souvent seule et un peu perdue face à ma manière d'évaluer les compétences dans ma matière. J'ai
certainement passé plus de temps à observer les compétences que je voulais évaluer plutôt que d'aider les
élèves et leur expliquer le travail, ce qui à force a été nuisible à l'ambiance de classe.
       J'ai en fin d'année des difficultés à connaître le niveau des élèves moyens de la classe certainement
par manque de repère et d'expérience.
      Pour ce qui est de la manière de travailler en arts plastiques, je trouve que les élèves se sont plutôt
concentrés sur l'acquisition de briques que sur les projets en eux-mêmes.
      Cela a néanmoins été pour moi une aventure enrichissante. L'équipe des enseignants était soudée et
très motivée ce qui me semble primordial.
      Si j'avais à la renouveler, j'aimerais bénéficier d'une formation disciplinaire et trouver un système
d'évaluation moins lourd et plus souple.

M. Brahim BOUDARN, Mathématiques

       Je tiens à dire que je suis content d'avoir participé à ce projet qui était à la base très intéressant, mais
qui s'est révélé être très contraignant pour ma part (notamment pour la grille d'auto-évaluation de début
d'heure).
       Les évaluations pour cette classe n'ont pas changé par rapport à mon autre classe de sixième, mais
le traitement des résultats était différent : en effet, les résultats pointaient directement les faiblesses ou les
forces de chacun d'entre eux. Il m'a été difficile de stimuler les élèves les plus en difficultés.
       Par contre, même si l'idée d'abandonner les notes se défendait, je me demande si compétences et
notes étaient incompatibles. Cela leur aurait peut-être permis de se comparer avec d'autres élèves du
collège ; à cet âge, on est encore intéressé voire stimulé par les notes.

                                                  Conclusion
Les critères d’évaluation retenus en début de projet étaient les suivants :

       Ambiance de travail dans la classe
       Evolution des grilles de compétences
       Réussite aux épreuves communes
       Consultation du site Internet par les élèves et les familles

      Le bilan n’est pas à la hauteur de nos attentes.
      L’ambiance de travail s’est dégradée et la perte de motivation a été constatée au cours du deuxième
trimestre comme ça arrive souvent pour les classes de 6e au collège. Le manque de travail à la maison a
été constaté dès le début de l’année mais il s’est accentué et la grille d’auto-évaluation n’y a rien changé.
Pour prendre un exemple concret, en Français seuls trois ou quatre élèves arrivent en ayant appris leur
poème pour une séance de récitation. L’aversion pour le travail scolaire, voire pour la lecture, est affiché
assez rapidement par un nombre non négligeable d’élèves instaurant dans la classe une ambiance peu
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motivante. Les élèves se chamaillent beaucoup et se tournent rarement vers l’objectif d’apprentissage
proposé par le professeur. Il a été possible de les faire travailler mais plutôt moins que les élèves des
autres classes.
       Les élèves ont eu tendance à devenir moins compétents au cours de l’année à cause d’un manque de
rigueur. Le souci de bien faire n’est apparu ou resté que chez peu d’entre eux. Face à la difficulté, ils
baissaient facilement les bras, devenaient passifs, ne cherchaient pas à réfléchir, solliciter de l’aide. Seuls
trois élèves ont fait l’effort d’apprendre leurs conjugaisons, les autres ne s’en sont pas donné la peine et il
semble que l’absence de note en est une cause aggravante.
       Les résultats à l’épreuve commune montrent qu’il s’agit d’une classe très hétérogène plutôt
moyenne. Les meilleurs élèves semblent avoir mieux travaillé dans le cadre de l’épreuve qu’ils ne le font
au quotidien.
       Le site est peu consulté et n’est un outil que pour les enseignants.
       Il est donc évident que les élèves de la 6e NEPAL doivent se retrouver avec les autres élèves en 5e
et qu’il ne faut pas chercher à poursuivre l’expérimentation avec eux. Ils le souhaitent et majoritairement
regrettent de ne pas voir eu de notes au cours de leur année de 6e.

      La disparition de la note ne semble donc pas être une solution pour agir sur la motivation d’élèves
d’un collège «Ambition-Réussite». Les comportements constatés habituellement dans les autres classes
sont apparus de la même façon et d’une façon peut-être plus accentuée car il n’y avait pas la peur ou la
motivation de la note.
       La conclusion est désolante mais il semble que la contrainte assortie sans nul doute de valorisation
verbale reste le meilleur moyen de faire travailler des élèves dont le contexte social pousse à la passivité
et n’éveille pas en eux le désir de s’élever.
      Ces conclusions obtenues à partir d’une seule année d’expérimentation sur une seule classe ne
devraient pas empêcher la poursuite d’un projet qui a demandé un investissement considérable. Porté par
une équipe motivée et accompagnée il pourrait certainement être riche en enseignements. Les pratiques
de cours et le travail transdisciplinaire n’ont pas été assez développés faute de temps et d’une organisation
propice.
      Ce n’est donc pas à cause de ces conclusions que le projet ne sera pas reconduit l’année prochaine
mais parce que son pilote l’abandonne pour des raisons personnelles et que personne ne s’est proposé
pour prendre sa place.

      Il est à noter que le projet n’a été possible sous cette forme que grâce aux connaissances en php du
concepteur du site et qu’aucun membre de l’équipe n’est apte à gérer le site faute de connaissances
suffisantes à ce jour.

      Si le projet était repris un jour, il faudrait recommencer avec une sixième en allégeant le travail de
l’équipe, ce qui est permis d’emblée par le travail déjà accompli.

      Peut-être qu’en étant plus rigoureux et plus innovant dans les pratiques de classe grâce notamment
à un créneau hebdomadaire de concertation qui permettrait le travail interdisciplinaire et permettrait de
donner plus d’importance aux compétences transversales, peut-être que dans ces conditions, les élèves
adhéreraient davantage et que la motivation pour le travail serait préservée pour un plus grand nombre.

      La suppression de la note n’est pas un moyen suffisant mais dans un dispositif plus vaste elle
pourrait sans doute être un levier supplémentaire.




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