Focalisation interne by 5t45R1

VIEWS: 225 PAGES: 11

									UE4 TD de méthodologie du travail universitaire

TD - Mardi de 14h30 à 16h30 - M. Heyvaert - A4.301

Notes préliminaires :

         M. Alain Heyvaert est notre professeur référent. C'est lui qui gère les problèmes des étudiants au sujet de
l'organisation des cours et du rapport entre les étudiants et les divers corps enseignants de l'université. Il s'occupe
de transmettre les informations aux autres professeurs si besoin.
         Son bureau se trouve dans le bâtiment A au dessus de l'UFR de lettres moder'nes.
On peut le contacter par e-mail : alain.heyvart@univ-lille.fr

Bibliographie :

Précis de littérature française, Armand Collin 2009
La versification appliquée au texte, Michelle Aquien, Nathan 1993
L'analyse littéraire de l'oeuvre dramatique, Armand Collin 1998 (bibliothèque uniquement)
Littérature : textes théoriques et critiques, Nadine Toursel, Nathan 1994
Introduction à l'analyse du roman, Yves Reuter


Méthodologie du travail universitaire, ou méthodologie appliquée à la littérature.

Nous allons étudier des notions et une approche des textes en prose :

Dans le roman
Portrait : Le colonel Chabert, de Balzac
Description : La curée, de Zola

Dans le théâtre
Exposition : Cinna, Corneille - Tartuffe, Molière - Fin de partie, Beckett
Monologue : Lorenzaccio, Musset
Dialogue : Don juan, Molière

Dans la poésie
Les aveugles, sonnet de Baudelaire
Les obsèques de la Lionne, fable de La Fontaine

Dans le paratexet
Préface des Contemplations, Hugo

Dans l'autobiographie
Les réveries du promeneur solitaire, Rousseau

Il faudra faire pour chaque auteur, une petite fiche, ainsi qu'une analyse et un résumé des oeuvres étudiées (et/ou
lues à titre personnel). Lire des analogies françaises et repérer des auteurs que l'on a envie de lire, pour enrichir
notre culture littéraire. Par exemple (sur 3 ans de licence) :

Pour le 17ème siècle :
Corneille, Racine, Molière, LaFontaine
Les pensées de Pascal
La princesse de Clève, de Mme. Lafayette
Pour le 18ème siècle :
Voltaire, Rousseau, Marivaux, Diderot (Jacques le fataliste).

Pour le 19ème siècle :
Roman : Flaubert, Zola, Balzac, Stendhal, Maupassant
Poésie : Baudelaire, Hugo, Rimbaud, Verlaine, Malarmet
Théâtre : Hugo, Musset

Pour le 20ème siècle :
Roman : Proust
André Gide, L'immoraliste - Les caves du Vatican
Albert Camus, La peste - L'étranger
Jean-Paul Sartre, La nausée

Poésie : Luis Aragon, Le roman inachevé
Apolinaire, Alcool
René Char, Fureur et Mystères

Théâtre : Becket, Fin de partie
Girodeau
Sartre


Etude du texte 1 : Portrait du colonel Chabert, Honoré de Balzac

Le romancier à travers le portrait veut plaire au lecteur, se démarquer, être original. Quand le lecteur connait
l'auteur et son style, il peut s'attendre à une façon spécifique de procéder, l'auteur cherche donc à surprendre et
éblouir le lecteur.

Le commentaire de texte est un exercice superficiel, dans le sens où l'auteur n'a pas écrit son texte pour qu'il
puisse être décortiqué et analysé.

Résumé de la partie du roman précédent cet extrait :
Passé pour mort en 1807, le colonel Chabert resurgit en 1820, retrouve sa femme légalement remariée, celle-ci
refuse de le revoir et de lui restituer sa fortune.
Le colonel Chabert veut s'entretenir de ces choses avec Derville. Les clercs, après une première visite (Derville
n'étant pas disponible avant le soir), se moquent de l'allure étrange du personnage. C'est lors de la seconde visite
(notre extrait) qu'il est décrit.

Le portrait est une description, une pause dans le récit, dans l'action.
Il faut distinguer le temps du récit (TR) et le temps de l'histoire (TH).
TR : temps que l'auteur met à raconter (en nombre de lignes, de pages)
TH : temps du déroulement de l'action (en minutes, jours, mois...etc. dans l'histoire)

Dans une decription, un portrait, le TR est long alors qu'il n'y a aucune action.
C'est une pause.
C'est à dire que ce qui est raconté équivaut à 0 (en terme de temps dans l'histoire) mais peut tout de même
prendre plusieurs pages.

L'inverse existe, le résumé de plusieurs années en quelques lignes.
C'est un sommaire.
Un sommaire est différent d'une élypse, car dans une élypse on ne raconte rien du tout (il y a un mystère, un saut
dans le temps sans aucune explication explicite).
Ces deux termes (pause/sommaire) sont dûs à Paul Genette.

Lorsque TR et TH coïncident (par exemple dans un dialogue), c'est une scène.

Dans ce texte, il y a une pause dans les deux premiers paragraphe ; dans le troisième, c'est une scène.

A quoi sert le portrait ?

C'est bien sûr une description qui permet au lecteur de visualiser le personnage, mais au delà de ça, les auteurs
s'arrangent pour que le portrait du personnage soit signifiant. Le colonel Chabert n'a jamais existé, c'est un roman
d'immagination, tout est inventé par l'auteur, ainsi tout foncionne vers un système qui nous renseigne
volontairement sur le personnage (physiquement) et sur l'histoire (en général, et l'histoire du personnage).

ll est important de comprendre ce que signifie le portrait. On peut interpréter ce que l'auteur a voulu exprimer
dans son portrait.

Méthode :

Lire, et relire l'extrait. Observer le découpage (soit celui de l'auteur, soit celui du professeur dans l'optique de
l'étude de l'extrait), chercher ce qu'il y a avant et après.

Ici, il y a une circularité entre le début et la fin de l'extrait, par les expressions "dépourvue d'intelligence" au début
et "par ici s'est enfuie l'intelligence" à la fin, qui nous permet de comprendre cet aspect d'idiotisme dont il est
question tout au long du portrait.

Le mot bizarre est relayé par les termes suivants du portrait et définit l'allure générale du colonel. C'est un portrait
explicatif qui nous en apprend sur le personnage et son histoire.


27/09/2011 - Le Colonel Chabert, étude de l'extrait (2)

Quand l'auteur fait une pause dans le récit, il faut se demander pourquoi à ce moment.

Focalisation zéro : Point de vue de l'auteur omniscient, le narrateur en sait plus que les personnages

Focalisation interne : On voit la scène du point de vue d'un des personnages

Focalisation externe : Un personnage externe (narrateur) décrit la scène

Il est possible, 19ème siècle,   qu'on alterne entre les focalisations au sein d'une même oeuvre.

Point de départ du texte : constatation
Conclusion : Expliquation

Le texte est construit selon un système qui mène à l'explication : "Par là s'est enfuie l'intelligence"

Méthode : Il faut quand on aborde un texte aussi voir comment il se construit, quelle est sa structure (=
mouvement, plan..etc.). Ce n'est pas un texte d'idée, il n'est pas construit comme une dissertation.
Dès la deuxième lecture, il faudrait être capable de voir où se situe la progression, l'enchainement, le rapport d'un
paragraphe à un autre.

- 1er paragraphe : découverte, étonnement, mystère, stupéfaction
- 2ème paragraphe : qualification du spectacle, sentiments provoqués par la description, ici : funeste, homme
foudroyé, douleur profonde, sublime horreur, drame
- 3ème paragraphe : dévoilement, explication, on comprend une partie de ce qui est arrivé au personnage

On passe du non savoir (simple spectacle) au savoir, on part de la stupéfaction du spectacle, on appuie sur son
caractère extraordinaire, on conclut en l'expliquant, le justifiant.

Le portrait est d'abord un art pictural, l'auteur entre en concurrence avec celui ci.
Ce texte confirme cet aspect, il y a 3 références évidentes : "quelque silhouette due au hasard", "où pour un
portrait de Rambrandt sans cadre", "Que les peintres s'amusent à dessiner au bas de leurs pierres lithographiques
en causant avec leurs amis".
Balzac annonce clairement "je fais un portrait à la Rambrandt", le portrait renvoie à la peinture. Utile pour enrichir
le commentaire => Il faut avoir vu des peintures.
=> Tableaux de Rembrandt.

Détail du texte :

Il faut définir des ensembles de termes que l'on va expliquer.

Comme c'est un portrait, l'absence de parole, de discours, nous sommes dans le silence, cela rend la description
dramatique.

Le mutisme du personnage pendant tout le texte est une première indiquation sur son retrait de la vie normale,
dans un monde à part

Bizarre : insiste sur le côté singulier, extraordinaire, qui échappe à toute explication et semble défier la raison.
Le personnage est décrit comme "dépourvu d'intelligence"
idiotisme => éthymologiquement, singulier. Il faut toujours penser à l'éthymologie des mots.

Dico éthymologique de Rey.

Système d'opposition : entre l'avoué/clerc et le colonel, l'avoué jeune et le vieillard, opposition entre le social et
celui qui est à l'écart de la société (costume de bal de Derville, vieux carrick du colonel), clerc occupé et Chabert
immobile et silencieux
Focalisation interne : nous voyons Chabert à travers le regard que l'avoué porte sur lui
"Stupéfait" caractérise le premier regard : le portrait devra justifier la stupéfaction.
L'extraordinaire est donné par :
- le client est singulier
- le clair-obscur : terme qui n'est pas neutre (pièce mal éclairée mais aussi terme de peinture qui caractérise
Georges de la Tour par exemple, et Rambrandt. Il sert à créer des effets dramatiques dans un tableau)

- Godeshal (on ne le connait pas dans cet extrait), c'est l'avoué
- Curtius (fait appel à la culture du lecteur, ce qu'il est sensé savoir, cependant il y a un écart entre le lecteur
contemporain et Balzac). C'est l'inventeur des figures de cire de musées.
- Figure en cire (référence à la sculpture) => marbre, on passe en deux paragraphe de la cire au marbre.

Figure en cire => parfaitement immobile (implicite : mort).

Description d'une sorte de mort...vivant.
Silence, immobilité, pâleur (+ passé du colonel)

Onomastique : étude des noms propres
Dans une oeuvre littéraire, aucun nom n'est pris au hasard.
Méthode : nom propre, Chabert, c'est le nom propre du titre, héros éponyme
Il faut toujours faire attention aux noms propres dans une oeuvre car ils sont choisis exprès.
Deux pistes : soit on choisit pour que le nom n'aie pas de signification, on fait tout pour qu'il soit ordinaire, ou bien
on choisit soigneusement le nom dont on va tirer quelque chose.

Texte annexe : Z Marcas (Balzac), oeuvre d'une quarantaine de pages, extrait issu du début.
Son nom le signifie, ici Balzac dit qu'il y a une harmonie entre le nom et la personne parce qu'il l'a inventée.
Fatal => dernière lettre de l'alphabet
Marcas => sinistre signifiance ? => Marcas = marque, stigmate, cicatrice, trâce.
Le nom peut aussi influencer sur la vie de l'individu, l'influence joue dans les deux sens (concordance : j'ai la
destinée dont est issu mon nom ou, par opposition : je suis le contraire de mon nom). Facilité pour le romancier, il
créée le nom selon ce qu'il envisage.

Tout se tient => dans un livre (totalement artificiel, fiction, invention), on établit des liens entre les choses. Le nom
est un des exemples de ces correspondances

Chabert

Prénom : Hyacinthe, prénom intéressant, personnage mythologique, favoris d'Apolon qui l'a blessé sans faire
exprès a la tête. => Chabert y a reçu un coup de sabre.
Apolon désolé a essayé de le ramener à la vie et n'a pas réussi, il va le changer en fleur (bleu/violet). Chabert a les
yeux bleus. La fleur symbolise la mort.

Chabert : parait être un nom tout à fait ordinaire. Cela fait penser au chablis (arbres abattus par l'orage et la
tempette). Il y a quelque chose de foudroyé chez Chabert.

Le nom propre sert à identifier le personnage, mais également de le classer (nobles vs pauvres par ex. ou nom
étranger) mais a surtout une signification.

On insiste sur l'immobilité.
Progression, d'une scène réaliste vers au delà du réalisme : surnaturel, on échappe au cadre du "normal", de
l'ordinaire, au delà du naturel (mort => vie)
Hyperbole : figure d'exagération
C'est ici un portrait réaliste.

Chabert porte une péruque, or à cette époque elle n'est plus à la mode => volontairement caché par. On suppose
déjà qu'il y a quelque chose à cacher.
Cela entraine une problématique du voilement, du mystère, du mystérieux dans le personnage. Volontairement
caché, on essaye de dévoiler au long du texte ce qui est caché.
Approximation : "quelque chose de" => "vous eussiez dit"
Bleuâtre => péjoratif, bleu volontairement dévalorisé, lien avec le froid. A mettre en rapport avec nacre sale,
enfermement du personnage, on n'a pas l'impression qu'il voit.
Livide : plombé, grisatre voire bleuâtre, teintes cadavériques => bleus (à l'époque)
Peu à peu la description du personnage vire à ce qui ressemble à la description d'un mort.

Les descriptions "sec et maigre" sont réalistes, mais peuvent aussi servir implicitement à aller au delà (se
rapportent à la mort).

Quand on décrit un personnage, on décrit le personnage en général, le portrait c'est la figure surtout. Ici c'est
réellement un portrait. Le visage joue sur l'expressivité de l'inexpression de Chabert. Il est inexpressif, n'exprime
rien, et expressif par l'aspect de son visage.
Mauvaise cravate de soie noire : sociologique, indication sur le statut du personnage (sale, effilochée => pas
luxueuse, on a probablement affaire à un pauvre).
Couleur : noir => mort. La cravate isole la figure, procédé pictural pour souligner la figure => l'ombre cachait si bien
le corps...etc.
La description de l'étude (éclairage) est faite exprès pour le portrait (alors que Derville est un jeune avoué actif, il
pourrait avoir une lampe à pétrole au lieu de bougies).

On arrive à la comparaison avec un Rambrandt.

Un homme d'immagination : qui ne se contente pas que de ce qu'il voit, qui va au delà de ce qu'il voit
=> silhouette dûe au hasard (jeu d'ombres sans signification)
=> portrait de rambrandt
Il y a une opposition entre les deux notions.

Les peintres ont pris l'habitude d'exposer leurs oeuvres dans un salon, chaque année à Paris.
Des critiques rendent compte des tableau, écrivent un portrait des oeuvres vues. Baudelaire, dans une de ces
critiques, dit : "un portrait (de peinture) c'est une biographie dramatisée" dans le salon de 1859

=> Un portrait met en scène (alors qu'il n'y a pas d'action), fait comprendre la vie du personnage, simplement
grâce à l'apparence du personnage
Le portrait ne se contente pas de montrer le personnage.

C'est ce que fait un bon auteur lorsqu'il fait un portrait. La vie du personnage doit pouvoir se lire sur les traits
décrits.
L'expliquation doit déployer, faire ressortir des traits.

Bord du chapeau => cravate noire/clair obscur, il y a toujours un phénomène de clair obscur, ainsi qu'une isolation
de la tête.

sillon => ride, figure ridée, creusée, défigurée par le temps => symbolise aussi la cicatrice, le stigmate => On est
dans une biographie dramatisée.
Chabert est "félé" au sens propre (tête) et au figuré (traumatisme).

Physionomie cadavéreuse => on sort de l'implicite, c'est dit clairement

Le texte dans sa progression nous mène vers un effet particulier, description du corps => description de l'âme
(démence triste, idiotisme, je ne sais quoi de funeste)
Symptomes = terme médical, signes qui permettent de lire quelque chose, regard quasi médical (idiot au sens
médical du terme)
Démence et idiotisme sont des termes médicaux

Triste => le terme est intéressant, suppose une sorte de catastrophe dans la vie de Chabert, il y a l'idée qu'on peut
s'appitoyer sur le personnage, d'une mélancolie incurable.

Funestre => qui porte le deuil, un rapport avec la mort ET : qui annonce une catastrophe

Balzac met en valeur cette phrase par le rythme ternaire et le "enfin". Il utilise la même expression que Bossuet qui
dans l'un de ses sermons en parlant de la mort parle d'un "je ne sais quoi qui n'a de nom dans aucune langue"
Le portrait comme la mort échappent à la description, on ne peut plus qu'imaginer l'effet produit par Chabert car il
est indescriptible.


04/10/2011 - Le Colonel Chabert, étude de l'extrait (3)
Le rôle de la conjonction dans "mais un observateur et surtout un avoué" va introduire une sorte de retournement
qu'on est sensés entendre en tant que lecteurs.
Observateurs : Médecin, auteur, avoué, magistrat. Quatre professions dans lesquelles on a affaire à l'humain, on
l'observe, on l'examine, on le juge, on lit des signes, on cherche la vérité. (selon la conception de Balzac, en ce qui
concerne l'auteur)
Comparaison avec le beau marbre défiguré : il y a quelque chose de caché, de perdu : le travail de l'auteur est de
mettre à jour, de donner figure à ce qui a été défiguré.
=> Qui est Chabert.
Sublime horreur : oxymore (juxtaposition de deux termes opposés). Ici il y a une conception différente du "beau",
c'est une manière de dire que le spectacle auquel nous avons affaire n'est pas QUE repoussant, il peut aussi
susciter en nous une forme d'admiration.
Il y a une forme de suspens dans ce portrait. C'est un personnage qui est surprenant, extraordinaire, qui
n'appartient pas au quotidien, qui est de l'ordre de l'imaginaire. Cela explique l'oxymore.

1. L'observateur et ce qu'il décrit
2. L'esthétique, le beau marbre, la sublime horreur, le caractère fantaisiste du personnage
3. La douleur profonde de l'homme foudroyé

Le dernier paragraphe est plus une scène qu'un portrait. Il y a un geste, quelque chose se passe.
Repli en lui même de Chabert => il sursaute. D'où son air absent, son immobilité.
Ici le vieillard (que l'on respecte normalement à cette époque) est en situation d'infériorité devant un jeune
homme.
On découvre Chabert à ce moment là, à l'arrivée de l'avoué. L'énigme est découverte (avec un jeu de mot). C'est
très significatif ici, la péruque est ce qui recouvre, qui cache, qui travestit.
"voir à nu", "se découvrir", "l'elèvement" => Moment du dévoilement.

horreur <=> horriblement

Balzac insiste sur l'impossibilité du comique.


Extrait de La Curée (Zola), description d'un lieu

Merveille : ce qui est étonnant
La description doit nous étonner.
Le cabinet de toilette est l'endroit le plus intime, pourtant "tout Paris" le connait.
M. Saccard est liée à l'or, à la chair : thème de la prostitution. C'est une violation de l'intime, donc une forme de
prostitution.
Disproportion : Comparaison d'un petit cabinet de toilette (lieu intime) avec les immenses galeries des Glaces (lieu
public, où l'on passe)
On trouve le "on" du tout Paris.
On situe le cabinet au dessus d'un autre lieu intime, le petit salon bouton d'or (pour les intimes, plus petit que les
autres). On introduit déjà dès le départ la notion d'intimité ET la notion d'or.


Mardi 18 octobre 2011

Quel genre de commentaire de texte peut-on faire à partir de la page descriptive de la Curée.
Comment la description peut mettre en valeur l'or, la chair, une sorte de prostitution...etc.
Combien de parties ? Pas de limites, ça dépend du texte. Plus de plan s'il n'y a pas de parties. Généralement, on
fait un commentaire composé en 3 parties.
Quels éléments valent la peine d'être relevés ?
Répartir les idées, les regrouper, sur plusieurs feuilles de brouillon.
1. Le côté intime et public
2. Le luxe
3. Réalisme de la description, localisation
4. Or et chair
5. Sensualité et féminité (forme, couleur, matière)
6. Dynamique du haut vers le bas

Hyperbate : Moyen de mettre en valeur un terme, une expression, un morceau de phrase, en le rejetant à la fin de
la phrase lorsqu'on croit que la phrase elle-même est terminée.
Elément de description réaliste : [Le gris rose de la chambre à coucher s'éclairait ici, devenait un blanc rose], une
chair nue.
Cet appartement est défini par celle qui l'habite, de la façon dont on la considère (la nudité...).
Languir = attente / Langueur = maladie, languir (sens premier) = dépérir

Construction du plan :
Finir par ce que l'on veut montrer.

L'intimité est offerte et montrée à tous, prostitution de la chair. On peut terminer par la sensualité, la chair.

Donner une partie sur le luxe (pas seulement relever, surtout interpréter).

Et puis, une partie sur la description réaliste d'un lieu intime ?

I. Le discours réaliste
II. L'émerveillement, le luxe
III. La sensualité, l'accord entre le personnage de Renée et l'endroit où elle habite

PARFOIS on peut utiliser trois questions pour trouver trois parties :
Comment ? Quoi et Pourquoi ? (trois parties du plan)

Comment : Comment est organisé le texte (ici c'est une description réaliste, comment fonctionne-t-elle ?)
Quoi : Ce dont on parle (ici la merveille qu'est cet appartement)
Pourquoi : La signification profonde du texte (ici la sensualité qui traverse l'appartement, selon laquelle il est
construit).

Plan :

I. L'intime / une page réaliste
a) Organisation de l'espace
Les deux "mais" comme surenchère dans une entrée dans l'intimité, prolongement de la chambre, situé très
précisément dans l'hotel (au dessus du petit salon jaune d'or), axe descendant de la description, vers le lieu le plus
intime, la baignoire dans laquelle on descend. Il y a une forme circulaire, puis un enfermement, un rapprochement
(tente => drageoir => boite à bijoux) où l'on va vers l'intime. Cet espace est un espace purement féminin.
b) un univers féminin
Enumération des objets de toilette, impossibilité de cerner ce monde de la femme, Zola abandonne la description
des outils avant la fin. Choix des tissus, soie, satin, mousseline, des couleurs, rose, blanc, délicatesse des
comparants (drageoir, boite à bijoux). La description se termine par un élément de narcissisme féminin, le miroir.
c) Ce lieu de l'intime est un lieu paradoxal.
Ce lieu intime est un lieu ouvert (utilisation du on), public au lieu d'être intime comme il le devrait, il est connu,
célèbre. Il sert à montrer toute la richesse de Sacard, c'est le deuxième aspect qu'on peut dégager de ce texte.

II. Le luxe de Sacard dévoilé à travers le cabinet de toilette
a) Le luxe
Choix des matières, comparaison hyperbolique avec la galerie des glaces, l'argent, les objets luxueux. Le luxe est
redoublé dans le texte par le luxe de l'écriture Zolienne.
b) la profusion
Profusion des détails, énumération, reprise anaphorique, multiplication des comparaisons (tente, drageoir, boîte,
coquille)
c) un morceau de bravoure
Le cabinet de toilette est une sorte d'oeuvre d'art, ce serait une ekphrasiste, ne décrit pas uniquement d'un point
de vue réaliste mais aussi pour être elle-même une oeuvre d'art.
Reprise du texte, manière dont Zola amène peu à peu la nudité de Renée, multiplicité des comparaisons,
contrastes créés (fadeur/violence), construction sur l'intimité de plus en plus grande mais observer par tout le
monde, l'oeuvre est à la fois quelque chose de secret mais qui est rendue publique.
Ce texte qui veut émerveiller le lecteur est en réalité guidée par la volonté de faire sens, de mettre en valeur la
sensualité du personnage et l'omniprésence de la chair dans le roman.

III. La sensualité
a) De l'ameublement à la chair
Choix des tissus qui renvoient aux robes, au corps, aux vêtements, c'est la tonalité des couleurs qui est la plus
importante, le rose et le blanc qui sont commentées par le narateur, travail sur la rondeur, dévoilement, on
dénude Renée, elle se traduit aussi à travers les odeurs et l'humidité de la pièce.
b) Vénus et Cupidon
le motiv de l'amour, la coquille de la baignoire, Vénus est la déesse qui régit l'amour. Mais aussi, Maxime et Renée
ont vu une pièce de Racine, Phèdre, dans laquelle Vénus maudit la lignée de Phèdre et l'oblige à aimer
incestueusement.
c) Prostitution
Ce qui apparait ici d'est la réification (transformer en autre chose) du personnage qui est l'équivalent de
l'appartement, le décor célèbre" la nudité de Renée qui devient une femme publique (sa nudité est vue de tous), le
thème de la prostitution apparaît dans le roman.p

Ekphrasis : Mot de réthorique ancienne qui signifiait que l'orateur mettait sous les yeux de ses auditeurs ce qu'il
était en train de décrire, on peut l'utiliser pour donner un effet particulier dans une description.


25 octobre 2011 : Le discours

Présence en parallèle du langage du narrateur d'un autre langage.
- Soit on les traite par mimésis (immitation) et on rapporte directement les paroles, soit le narrateur les rapproche
de son propre discours jusqu'à les absorber dans la narration même.
- La limite extrème serait de montrer qu'il y a eu un discours sans en rapporter le contenu. Exemple : Paul a
demandé des nouvelles à Pierre.

I. Le discours rapporté direct

Il consiste à reproduire sans changement le discours cité. Le problème est que ce discours cité est un corps
étranger dans le discours. D'une narration au passé on passe au présent. On introduit le discours par une
proposition antécédante : "Le Colonel Chabert a dit ; Je veux voir ma femme tout de suite" ou une incise "Je veux
voir ma femme, dit-il, immédiatement" ou une proposition qui suit le propos direct "Je veux voir ma femme tout
de suiet, dit-il." Dans le récit ça peut être noté par des guillemets, ou par un tiret dans le cas d'un dialogue entre
plusieurs personnages.
Le discours direct autentifie la citation.
Il y a cependant une certaine hétérogénéité, entre le registre, le temps...etc.

II. Le discours indirect
Il enlève toute autonomie à la citation. Il y a une proposition introductive (toujours avant) : les temps verbaux sont
ceux de la proposition qui introduit la citation.
Exemple : Le Colonel Chabert déclara qu'il voulait voir sa femme tout de suite.
=> Concordance des temps dans le récit.
Ce système peut introduire une ambiguité.
Ex.1 : Mon voisin m'a dit hier : Je viens de voir votre chien s'enfuir sur la route.
=> Mon voisin m'a dit hier qu'il venait de voir mon chien s'enfuir sur la route. (aucune ambiguité)
Ex 2 : Pierre dit qu'il aime sa mère. (ambiguité : à qui renvoie "il" ? à qui renvoie "sa" ?).

Le discours indirect permet une mise à distance, un décalage, entre le narrateur et le sujet du discours.

III. Le discours indirect libre

Quasi exclusivement dans la langue écrite.
Il n'est pas introduit gramaticalement. Les pronoms sont alignés sur le discours indirect mais il va conserver
certaines marques du discours direct (ponctuation, points d'exclamation par ex.)

Ex. :
Direct. Il se disait : "je suis en retard !"
Indirect : Il se disait qu'il était en retard.
Indirect libre : Il était en retard !

Direct. Il se disait : "J'ai été en retard !"
Indirect : Il se disait qu'il avait été en retard.
Indirect libre : Il avait été en retard !

Direct. Il se disait : "Je serai en retard !"
Indirect : Il se disait qu'il serait en retard.
Indirect libre : Il sera en retard :

C'est ambigü, on ne peut pas différencier le narrateur du personnage.
Ca allège le discours, ça amène une certaine fusion entre le point de vue du narrateur et les pensées du
personnage.

IV. La citation libre

Citation rapportée qui se passe de guillements et tirets.

V. Le discours narrativisé

Lorsque le texte traite le récit de parole comme un évènement. On condense, on résume, le contenu du discours.
"Mais monsieur Vedel était bon : il répéta sa définition avec la patience des vrais maîtres, proposa de nouveau le
meme exemple."
Exemple : "Il lui expliqua comment ça marchait".

- Le discours intérieur

Il est informel, chaotique (plusieurs pensées simultanées, difficile à l'écrit). Très souvent les narrateurs n'y
parviennent pas, ils organisent les pensées. Ce discours fait une grande place au lexique psychollogique. Le
narrateur qui parle du personnage commente et généralise.
Monologue intégré dans la narration.
Ex. : Mme. Moreau nourrissait une haute ambition pour son fils (narrateur omniscient). Elle n'aimait pas entendre
blâmer le Gouvernement par une sorte de prudence anticipée. Il aurait besoin de protection d'abord.

Ex. : Et il n'avaitpas encore pris le papier pour lequel il avait tué cet homme. Les vètements étaient couchés au pied
du lit sous la moustiquaire. Il chercha dans les poches. Mouchoirs, cigarettes... pas de porte-feuilles. La chambre
restait la même : moustiquaire, murs blancs, rectangles nets de lumière ; le meurtre ne change donc rien.

Idiolecte (exemple extrème) : Le langage propre à quelqu'un., accents..etc.

Au delà de ça beaucoup d'écrivains cherchent à se rapprocher d'un discours direct, sans exagérer ni caricaturer.

L'education sentimentale :

C'est aussi une histoire d'amour.
Le texte est encadré par deux mouvements. Il voyagea => Et ce fut tout. Des déplacements, des vides, des fuites.
C'est l'avant dernier chapitre, il se construit en parallèle du premier chapitre.

Premier mouvement : résumé d'une série de faits. Pas de discours rapportés.

								
To top