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No 84
Négociations collectives
2003/2004
Un aperçu concernant les syndicats de l’USS
Ewald Ackermann mars 2004
C:\Docstoc\Working\pdf\0b93fae7-f47f-44b0-b370-16da6981f088.doc
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3
Sommaire
1. Négociations conventionnelles 5
1.1 Nouvelles (= premières) conventions 5
1.2 Conventions renouvelées 5
1.3 Conventions prorogées 7
1.4 Négociations en cours 7
1.5 Autres questions de politique conventionnelle : retraite anticipée 8
1.6 Négociations conventionnelles d’un point de vue thématique 8
1.7 Bref commentaire d’un point de vue thématique 10
2. Négociations salariales de 2003/04 10
2.1 Les revendications 10
2.2 Les résultats 11
2.3 Commentaires 14
2.3.1 Commentaire général 14
2.3.2 Commentaire relatif aux accords particuliers 15
2.3.3 Climat 16
3. Abréviations utilisées 16
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5
Ce document présente les principaux résultats des négociations collectives et salariales de
l’an passé. Il repose sur une enquête réalisée par l’USS auprès de ses fédérations et ne cou-
vre que les branches dans lesquelles celles-ci ont conclu des conventions collectives de
travail. Il tient compte des résultats disponibles au 15 février 2004.
1. Négociations conventionnelles
1.1 Nouvelles (= premières) conventions
Le SIB, unia et la FCTA ont conclu dans le canton de Saint-Gall une CCT pour les échop-
pes des stations-service. Caractéristiques principales :
salaire minimal le plus bas (salarié(e)s non qualifiés) : 3300 fr. x 13 ;
semaine de 42 h ;
temps-partiels également assujettis ;
indemnité journalière en cas de maladie ;
surveillance exercée par une commission paritaire.
La CCT doit être dotée de la force obligatoire par les autorités cantonales.
Le SEV a lui aussi conclu de nouvelles CCT. Il s’agit en l’occurrence d’entreprises des
transports en commun, relevant naguère du droit public. Ainsi, une « convention
d’entreprise » a été conclue avec les Chemins de fer rhétiques. Ses caractéristiques princi-
pales sont les suivantes :
durée de validité de 3 ans,
semaine de 41,5 h,
participation réglementée (commission du personnel),
négociations salariales annuelles.
Une nouvelle convention d’entreprise a également été signée avec les Transports régionaux
du Mittelland. Ses caractéristiques principales sont les suivantes :
5 semaines de vacances dès 40 ans (auparavant dès 50 ans) ; 6 semaines de vacan-
ces dès 58 ans (auparavant dès 60 ans).
Le Syndicat de la Communication tente d’étendre à d’autres entreprises de la branche une
CCT devant être renouvelée actuellement avec 2 centres d’appels.
1.2 Conventions renouvelées
Secteur du SIB :
En Suisse romande, la CCT des plâtriers-peintres a été renouvelée. Sa caractéristique prin-
cipale est que
la retraite anticipée à partir de 62 ans sera introduite dès juillet 2004.
6
L’industrie de la terre cuite a introduit l’obligation de prévoir un plan social en présence de
licenciements collectifs. Cette mesure s’applique aux entreprises de moins de 100 em-
ployé(e)s en cas de licenciement d’au moins 10 salarié(e)s, et aux entreprises de plus de
100 employés en cas de licenciement d’au moins 10 % des salarié(e)s.
L’industrie du ciment a prorogé la CCT jusqu’à la fin de 2005. Seule modification : un jour
de vacances supplémentaire dès le 1er janvier 2004 et un jour dès le 1er janvier 2005.
Secteur de la FTMH :
Nouvelles CCT « techniques de l’habitat » et « toitures et façades »
Les caractéristiques principales de ces deux CCT sont les suivantes :
durée de validité : du 1er janvier 2004 à fin 2007,
limitation des heures supplémentaires, compensations plus rapprochées,
augmentation des contributions aux frais d’exécution des CCT,
réduction du temps de travail de 43,25 à 42 h (uniquement toitures et façades),
3 jours de vacances de plus jusqu’à 49 ans (uniquement techniques de l’habitat),
amélioration du dispositif de contrôles et sanctions (idem).
Secteur du ssp
Le ssp a renouvelé nombre de CCT dans les secteurs formation, social, énergie, santé et
transports régionaux, en l’absence de toute modification notable.
Secteur du Syndicat de la Communication
La CCT IT-Télécom (CCT Swisscom) a été renouvelée. Ses caractéristiques principa-
les sont les suivantes :
améliorations concernant l’assurance-maternité, les salaires minimaux, les indemni-
tés pour travail de nuit et du dimanche et le champ d’application. Le climat a été
très conflictuel dans la première phase des négociations.
Secteur du SEV
La CCT de la filiale Elvetino (restauration ferroviaire) a été renouvelée. Ses caractéristi-
ques principales sont les suivantes :
il n’a pas été possible d’obtenir un salaire minimal garanti de 3000 fr. par mois
comme ordre du grandeur garanti, étant donné que le salaire reste lié au chiffre
d’affaires. En revanche, certaines allocations ont été majorées.
Secteur de la FCTA
Dans le secteur de la FCTA, quelques CCT d’entreprise ont été renouvelées, en l’absence
de modifications notables.
Secteur de comedia
La CCT des librairies a été renouvelée. Ses caractéristiques principales sont les suivantes :
la durée du travail est ramenée de 41 à 40 h,
7
le travail supplémentaire des personnes employées à temps partiel est fixé en fonc-
tion de la durée hebdomadaire du travail convenue, et non plus d’après la durée du
travail usuelle dans l’exploitation.
Secteur de l’ASEB
La Convention relative aux conditions de travail du personnel bancaire (CPB) a été renou-
velée. Sa caractéristique principale est la suivante :
on passe de 4 à 3 catégories de fonctions et une nouvelle réglementation en consé-
quence des salaires minimaux est introduite.
Secteur du SSM
La CCT de la SSR a été renouvelée. Sa principale caractéristique est la suivante :
améliorations dans le domaine de la garde des enfants hors de la famille et dans ce-
lui de l’égalité.
1.3 Conventions prorogées
Les CCT suivantes ont été prorogées, en l’absence de toute modification matérielle :
CCT de l’industrie des machines (FTMH)
La convention arrivait à échéance au 1er juillet 2003. Elle a été prolongée jusqu’à fin 2005.
Employeurs et syndicats ont adopté la présente solution, car elle apparaît sûre. Ils ont invo-
qué à l’appui de cette appréciation le marasme conjoncturel, le cours élevé du franc et la
pression et la concurrence sur les prix.
Menuisiers de Suisse alémanique et du Tessin : prorogation de six mois jusqu’au 30
juin 2004. Brandon de discorde dans ce cas : l’introduction de la retraite anticipée.
Hôtellerie et restauration : les négociations salariales et conventionnelles ont lieu
chaque année. Elles ont été menées, la dernière fois, sans unia et la FCTA.
1.4 Négociations en cours
Peintres et plâtriers de Suisse alémanique
La CCT en vigueur échoit au printemps 2004. L’enjeu porte essentiellement sur la régle-
mentation de la retraite anticipée (dès 62 ans). Il s’agit là sans conteste d’une revendication
prioritaire du SIB. Ses premières actions de protestation, visant à briser le « niet » patronal,
ont déjà eu lieu. Le 21 février 2004, les peintres et plâtriers ont décidé de dénoncer la CCT
actuelle d’ici à la fin de mars 2004 et de préparer des mesures de luttes au cas où les em-
ployeurs n’accepteraient pas de négocier concrètement au sujet de l’introduction de la re-
traite anticipée.
8
Presse et imprimerie
Dans ces deux branches, les premières séances de négociations préliminaires ont eu lieu,
les discussions portant au premier chef sur la paix absolue du travail. Ce qui montre inci-
demment que la capacité de grève du syndicat comedia a laissé des traces auprès des entre-
prises médiatiques.
1.5 Autres questions de politique conventionnelle : retraite anticipée
La Convention nationale du secteur principal de la construction a été étendue à tout le sec-
teur depuis le 1er octobre 2003, la CCT pour la retraite anticipée dans la construction depuis
le 1er juillet de la même année. Le SIB avait défendu avec succès le dispositif en question –
arraché de haute (et longue) lutte (cf. Documentation de l’USS N° 83) – à plusieurs reprises
au cours de l’année écoulée contre les entreprises récalcitrantes. Entre-temps, le SIB a ob-
tenu la retraite anticipée à partir de 62 ans pour les peintres et plâtriers de Suisse romande
également. La présente revendication apparaît comme étant la plus importante pour
l’ensemble du second œuvre.
1.6 Négociations conventionnelles d’un point de vue thématique
L’énumération ci-après enregistre des progrès thématiques ayant été négociés durant
l’année écoulée – pour la plupart dans la foulée de négociations conventionnelles et pour
un petit nombre à la faveur des négociations salariales, ces derniers ne se limitant pas à
l’aspect pécuniaire.
1.6.1 Égalité
La CCT de la SSR (SSM) enjoint les unités d’entreprise de créer un service de l’égalité
entre la femme et l’homme. Elle fixe en même temps pour l’année 2004 une obligation de
négocier un soutien à la garde des enfants hors de la famille, par la mise en œuvre de mesu-
res adéquates.
1.6.2 Vacances/jours fériés
Plusieurs CCT renouvelées prévoient des améliorations concernant les vacances et les jours
fériés :
convention d’entreprise des Transports régionaux du Mittelland (SEV): abaisse-
ment de la limite d’âge pour l’octroi des 5e et 6e semaines de vacances (cf. 1.1) ;
techniques de l’habitat (FTMH) : 3 jours de plus jusqu’à 49 ans ;
industrie du ciment (SIB) : pour tous + 1 jour dès début 2004 ; + 1 jour dès début
2005 ;
second œuvre de Genève (SIB) : + 1 jour pour tous ;
produits en béton (SIB) : + 1 jour pour tous ;
Feldschlösschen (FCTA): désormais 1er mai payé en tant que jour férié pour toutes
et tous ;
Heineken (FCTA): + 1 jour pour toutes et tous.
Dans tous les cas, la pleine compensation salariale est garantie. Les deux derniers résultats
ont été atteints à la faveur des négociations salariales. En outre, 1 à 2 jours de vacances
supplémentaires ont été convenus avec quelques entreprises de transports concessionnaires.
9
1.6.3 Congé de formation
Désormais, 5 jours payés dans le second œuvre de Genève.
1.6.4 Réduction de la durée du travail
toitures et façades (FTMH) : de 43,25 à 42 h ;
librairies (comedia) : de 41 à 40 h ;
second œuvre de Genève (SIB) : 41 h pour toutes les professions (= 1 h de moins
pour certains métiers) ;
construction métallique (FTMH) : de 40,5 à 40 h ;
paysagistes (FCTA) : abaissement de 17 h de la durée annuelle du travail.
Dans tous les cas, la pleine compensation salariale est garantie. Le dernier résultat a été
atteint à la faveur des négociations salariales.
1.6.5 Horaires irréguliers
Dans le domaine des librairies (comedia), les heures supplémentaires pour les personnes
travaillant à temps partiel commenceront dorénavant à partir du moment où la durée heb-
domadaire du travail contractuelle est dépassée. Auparavant, le critère était la durée du
travail usuelle dans l’exploitation, ce qui revenait à exclure de fait les temps partiels du
droit aux majorations pour heures supplémentaires. La formule adoptée en l’occurrence
peut servir de modèle pour les syndicats. Elle garantit le droit à l’indemnisation des heures
supplémentaires lorsqu’ est dépassé le seuil au-delà duquel on a vendu contractuellement
sa force de travail à l’entreprise.
Côté techniques de l’habitat (FTMH), le nombre admis d’heures supplémentaires et les
délais relatifs à la prise des jours de compensation ont été réduits.
S’agissant de Swisscom (Communication), les indemnités pour le travail de nuit et du di-
manche ont été augmentées de 1 fr. l’heure, passant respectivement de 7 à 8 fr. et de 10 à
11 francs.
1.6.6 Retraite anticipée
Dans la foulée du gros oeuvre, les négociations commencent à présent dans le second œu-
vre. On enregistre de manière accrue des progrès en Suisse romande.
1.6.7 Congé de maternité payé
Swisscom (Communication) applique désormais une réglementation prévoyant l’octroi
d’un congé de 16 semaines au plus tard dès 2005 (dans tous les cas) ou à partir de l’entrée
en vigueur du nouveau régime de l’allocation pour perte de gain (APG) au cas où celui-ci
passerait la rampe du scrutin populaire. Les anciennes dispositions ne concédaient que 8
semaines aux mères ayant moins de deux ans d’engagement.
Les librairies (comedia) accordent sans condition, désormais, les 10 semaines. Auparavant,
la femme n’y avait droit que si elle retravaillait dans la même entreprise après la naissance.
Protectas (FCTA) : le congé passe de 10 à 14 semaines. Ce dernier résultat a été atteint au
stade des négociations salariales.
10
1.6.8 Autres améliorations
Les modalités du versement du salaire en cas de maladie ont été améliorées dans le do-
maine des librairies. Les nouvelles dispositions prévoient dorénavant le paiement du sa-
laire à raison de 100 % pour le premier mois et de 80 % à partir du deuxième mois jusqu’à
un total de 720 jours. Précédemment, le minimum légal échelonné en fonction des années
d’engagement était appliqué.
L’industrie de la terre cuite a introduit l’obligation de prévoir un plan social (cf. 1.2).
Avec Swisscom, Communication n’a pas seulement renouvelé la CCT, mais il a encore,
vers la fin de février, mené avec succès des négociations relatives à l’introduction d’« une
réduction solidaire de la durée du travail ». En voici très brièvement les contours : tous les
employé(e)s subordonnés à la CCT peuvent réduire volontairement leur temps de travail de
10 % ou de 20 %. Swisscom participe à la réduction du temps de travail en reprenant 50 %
de la réduction du salaire la première année et 45 % la deuxième année. En outre, les per-
sonnes participant à ce modèle renoncent à 1 % d’augmentation de salaire lors des prochai-
nes négociations salariales. La présente formule permet de réduire d’autant les suppressions
d’emplois.
1.7 Bref commentaire d’un point de vue thématique
Considérés séparément, aucun des résultats mentionnés plus haut n’est comparable au suc-
cès qu’aura été, il y a deux ans, l’accord relatif à la retraite anticipée dans la construction. Il
n’y a pas eu non plus dans les négociations de l’année dernière de progrès concentrés dans
une CCT donnée. Au contraire, les syndicats ont négocié ou arraché un ou deux légers pro-
grès par convention. On le voit, il s’agit d’avancées minimes. Mais il convient aussi de
considérer qu’eu égard à la morosité économique, aucun revers notable n’a été essuyé.
Même si les résultats positifs de cet exercice de négociation sont très dispersés, ils sont là ;
leur addition indique un progrès et la CCT reste un outil valable à ce titre.
2. Négociations salariales de 2003/04
2.1 Les revendications
La morosité des conditions générales a amené les syndicats de l’USS à modérer le ton, en
comparaison avec les années précédentes, au moment d’entamer les négociations. La majo-
rité d’entre eux ont revendiqué une augmentation de salaire de 2 % à 3 % au total. Comme
ce fut le cas les trois dernières années, quatre revendications prioritaires ont tenu la ve-
dette :
compensation du renchérissement : un postulat normal ;
augmentations de salaire en termes réels : de 1 % à 2 % suivant les branches ;
augmentations de salaire : l’accent est mis sur des mesures générales (plutôt
qu’individuelles) ;
11
salaires inférieurs à 3000 fr. : à supprimer.
2.2 Les résultats
Ci-dessous les résultats des accords qui nous ont été communiqués selon les syndicats – à
fin février, toutes les procédures n’étaient pas arrivées à leur terme – ;
GBI
- Secteurs principal et secondaire de la construction, industrie
Secteur Résultats en francs ou en % Remarques
Secteur principal Augmentation unitaire de 20 fr.
par mois
Second œuvre de suisse ro- Échec des négociations Dernière offre patro-
mande nale : 36 à 45 fr. ; der-
nière demande du SIB :
entre 80 et 85 fr.
Produits en béton Pas encore d’accord
Industrie de la terre cuite + 50 fr. par mois pour tous ; Obligation de prévoir
+ 25 fr. sur les salaires minimaux un plan social
Articles de bois, Augmentation générale de
tournage 20 ct./h (= 36 fr. par mois)
Holcim 25 fr. pour tous et 0,4 % pour les Amélioration des
hausses individuelles vacances
Peintres et plâtriers Pas encore d’accord Retraite anticipée
Couvreurs et décoration 0,6 % pour tous ;
d’intérieur 0,6 % individuellement ; aug-
mentation des salaires moyens
selon CCT de 2 %
Industrie du bois + 0,8 % ; nouveau tour de négo-
ciations pour le 1.7.2004
Marbre et granit 50 fr. pour tous (= 0,5 % de com-
pensation du renchérissement
+ 0,5 % de hausse salariale)
Menuisiers de Suisse aléma- Augmentation salariale de 1,2 à
nique et du Tessin 1,7 % ; ajustement des salaires
minima des monteurs de 3,5 %
Industrie du verre + 1 % (0,5 % pour tous ;
0,5 % individuellement)
Industrie textile Salaires minimaux : + 120 fr. Salaire minimal le plus
(dont 100 fr. déjà négociés anté- bas désormais supérieur
rieurement) ; à 3'000 fr. par mois
salaires effectifs : + 0,5 %
d’augmentation générale
Habillement Salaires minimaux : + 30 ct./h. Idem
(= 2,1 %)
12
- Chimie
Entreprise Résultat en fr. ou % Remarques
Roche 2 % d’augmentation indivi-
duelle.
Novartis Échec des négociations Novartis déclare vouloir accorder 1,3 %
d’augmentation individuelle; plus 0,4% de
hausse spéciale pour les femmes et des bonus
dont le montant n’est pas connu.
Ciba SC Échec des négociations Octroi unilatéral d’une hausse individuelle de
0,7 %.
Novartis Nyon 2 %, dont au moins 500.- pour Majoration de 10.- de l’allocation familiale,
tous (= 0,7 %); hausses indivi- qui passe à 155 francs.
duelles pour le 1,3 % restant.
Les autres accords salariaux conclus dans les entreprises de la chimie se situent dans une fourchette allant de
0,5 % à 1,5 %. Nous observons une prédominance des accords individualisés, lesquels sont toutefois sou-
vent assortis de planchers garantis favorisant les revenus inférieurs.
FTMH
Secteur Résultats Remarques
Industrie des machines Accords allant de 0 bis 2 %, Solutions exclusivement générales
concentrés entre 0,8 et 1,5 %. ou individuelles, le plus souvent
combinaison des deux
Horlogerie 0,5 % d’augmentation générale
Isolation Pas de compensation du renché- Salaires minimaux :
rissement + 125 fr. par mois
Artisanat du métal et Pas de compensation du renché- Augmentation des salaires mini-
installations électriques rissement maux de 50 à 400 fr. par mois
Carrosserie Augmentation unitaire de 50 fr. Augmentation du salaire minimal de
par mois 50 fr. par mois
Toitures et façades 23 fr. par mois pour toutes et tous Salaires minimaux: +100 fr. par
mois pour tous
13
Accords salariaux importants 2003/04 conclus par les autres syndicats
Secteur Résultats/remarques
(syndicat)
Personnel de la Confédération 0,8 % d’augmentation générale
(ssp)
Swisscom 2,2 % au total, dont 1,6 % d’augmentation générale
(Communication)
Poste Versement unique de 850 fr. pour toutes et tous et
(Communication) augmentation individuelle de 0,3 %
CFF 500 fr. pour toutes et tous et 0,9 % individuellement
(SEV)
Personnel des cantons 10 cantons : 0
(ssp) 9 cantons : jusqu’à 0,5%
6 cantons : jusqu’à 1,3%
Villes/communes Dans la fourchette 0 à 1 %
(ssp)
Coop 1,5 % d’augmentation individuelle
(FCTA)
Migros De 1,25 % à 1,75 % selon l’entreprise, dont en règle
(FCTA) générale 0,5 % d’augmentation générale
Banques Crédit Suisse : 1 % individuellement
(ASEB) UBS : 1 % individuellement
Hôtellerie/restauration (Hotel 0,7 % sur les salaires minimaux
& Gastro Union) (décision du tribunal arbitral)
Industrie alimentaire Résultats concentrés entre 1 % et à 1,3 %. La plupart
(FCTA) du temps, solutions assorties de planchers garantis
SSR Total des augmentations de salaire : 1,4 % ;
(SSM) dont 0,5 % d’augmentation générale
Autres accords salariaux
Secteur Résultats/remarques
(Syndicat)
Swisscom Systems 1,5 % de la masse salariale, dont 1,4 % d’augmentation
(Communication) générale
Skyguide 2 % d’augmentation générale
(Communication)
Novonet 0,5 % d’augmentation générale
(Communication)
Extratel 0,5 % de la masse salariale ; au moins 20 fr. par mois pour
(Communication) toutes et tous
14
Entreprises de transport Les accords se concentrent entre 0,8 et 1,2%. Souvent :
concessionnaires augmentation supplémentaire des bas salaires. Très
souvent : augmentations des prélèvements afin d’assainir
les caisses de pension. Parfois : 1 à 2 jours plus de
vacances.
Paysagistes Réduction de la durée annuelle du travail de 17 heures sans
(FCTA) diminution de salaire
Transport Augmentation des salaires minimaux de 0 à 50 fr. selon les
(FCTA) régions ; salaires nets inférieurs à 3000 fr. quasi éliminés
Industrie du Cigare – Suisse 0,8 % d’augmentation générale ; relèvement progressif des
centrale salaires minimaux, de manière que, dès le 1er janvier 2005,
(FCTA) tous les salaires nets dépassent 3000 fr. (sauf dans une
entreprise )
Presse 1,2 % d’augmentation des salaires minimaux (décision du
(comedia) tribunal arbitral ; les éditeurs voulaient une baisse de salaire
de 3 %)
Librairies Echec des négociations ; d’où compensation du
(comedia) renchérissement automatique de 0,5 % sur les salaires
minimaux ; recommandation de l’association patronale en
faveur d’une augmentation individuelle supplémentaire de
0,5 %
2.3 Commentaires
2.3.1 Commentaire général
Les augmentations de salaire de 2 % à 3 % revendiquées par la plupart des syndicats n’ont,
le plus souvent, pas été accordées. Premier responsable de cela : le creux du cycle
conjoncturel. La majorité des instituts spécialisés présument dans leurs premières estima-
tions que les négociations salariales 2003/04 conviendront d’une progression salariale
moyenne de 0,9 %. La majeure partie des accords assumés par les syndicats affiliés à l’USS
tournent autour de ce chiffre, quelques-uns le dépassent nettement. Reste que
l’accroissement de salaire réel en termes nominaux obtenu dans nombre de cas est un
trompe-l’œil, dans la mesure où les primes des caisses-maladie (qui prennent de nouveau
l’ascenseur) et les cotisations payées au titre de la prévoyance professionnelle (cotisations
supplémentaires destinées au redressement de caisses de pensions fragilisées) ne sont pas
comprises dans le renchérissement annuel moyen de 0,6 %.
L’exercice des négociations de 2000/01 a permis de donner un net coup d’arrêt à la pro-
gression de l’individualisation des salaires. Cette position a été tenue au cours des deux
années suivantes. Et durant l’exercice 2002/2003 encore, un correctif de cette nature a été
apporté s’agissant de Novartis. Si aucun succès dans ce domaine n’a été enregistré en
2003/04, il n’y a pas eu non plus de revers notable, à l’exception du géant bâlois où les
négociations salariales ont échoué. Au demeurant, la proportion d’augmentations indivi-
dualisées semble être de nouveau plutôt en légère hausse par rapport aux années précéden-
15
tes, dans le cas des entreprises ayant adopté des solutions combinées.
« Un postulat normal » – comme revendiqué au départ – la compensation du renchérisse-
ment ne l’est pas encore. Font barrage en premier lieu sur ce point les employeurs qui oc-
troient leurs augmentations de salaire exclusivement sur le mode individuel.
Bas salaires : des progrès ont été réalisés en la matière dans l’industrie du cigare et dans
les transports routiers, de sorte que la plus grande partie des salaires minimaux nets appli-
qués dans les branches incriminées se situent aussi, dans l’intervalle, au-dessus de la barre
des 3000 francs par mois. L’industrie textile ne connaît plus de salaires minimaux infé-
rieurs à 3'000 francs.
2.3.2 Commentaire relatif aux accords particuliers
Secteur de la construction : les différends ont porté sans conteste sur la retraite anticipée,
source probable de futures empoignades. La priorité conférée à ce postulat explique aussi
une certaine modération observée au cours des négociations salariales.
Chimie : le léger recul des accords réalisés en comparaison avec ceux de l’année précé-
dente s’explique par la conjoncture.
La conjoncture a également pesé sur les résultats obtenus dans l’industrie des machines.
Quelques négociations peu nombreuses, n’ayant pas permis de quitter la case départ, sont à
mettre en regard avec maints accords acceptables et quelques-uns excellents. Dans nombres
de cas, les accords ont été remis à des temps meilleurs.
Les branches de la métallurgie ont convenu des augmentations – parfois considérables –
des salaires minimaux, mais pas de compensation du renchérissement. La raison en est que
dans les branches en question, la CCT ne prévoit des négociations sur des augmentations
générales des salaires qu’à partir d’un taux d’inflation de 1,5 %. À la demande de la
FTMH, la clause correspondante à été de nouveau supprimée dans la convention renouve-
lée des techniques de l’habitat.
Poste : l’affrontement décisif s’est joué dans ce cas moins autour de la question des aug-
mentations de salaire que sur le projet de réorganisation draconien connu sous le sigle
REMA, dont la réalisation (dans un premier temps) a été empêchée par la combativité ani-
mant le personnel et le syndicat impliqué.
Swisscom: le résultat est comparativement un des meilleurs engrangés par les syndicats.
Dans un climat conflictuel au départ ont été négociés simultanément le renouvellement de
la convention collective et un modèle de « réduction solidaire de la durée du travail » (cf.
1er chapitre).
Personnel des cantons : il peut être qualifié de perdant, sans compter que de nombreux
cantons ont prévu des suppressions de postes à grande échelle, avec à la clé des réductions
de prestations. Ces programmes d’austérité vont toucher au premier chef les professions de
la santé et de l’enseignement. Avec une telle toile de fond, on ne sera guère surpris de voir
la grogne du personnel, depuis des années répandue en Suisse romande, se manifester de
manière accrue outre-Sarine. En 2003, le mouvement de protestation a revêtu la forme de
grèves ou débrayages contre ce démantèlement programmé notamment dans les localités ou
cantons suivants :
16
Berne (11 novembre, une heure, 25'000 participant(e)s) ;
Fribourg (11 juin, une demi-heure, personnel des homes et hôpitaux) ;
La Chaux-de-Fonds (11 novembre, 3 heures, 600 employé(e)s communaux) ;
Wil (SG) (deux brefs arrêts durant l’hiver, employés de l’hôpital psychiatrique) ;
Tessin: (12 novembre, une demi-journée, personnel enseignant) ;
Vaud (diverses grèves d’avertissement) ;
Zurich (20 juin, toute une journée, enseignant(e)s).
Viennent s’ajouter, dans l’ensemble du pays ou peut s’en faut, des manifestations de pro-
testation. Dans la foulée des présentes mobilisations, c’est le Tessin qui a connu la plus
importante manif.
2.3.3 Climat
Il a été relaté, côté syndical, de manière très contrastée. Le large spectre des appréciations
va de « très tendu » – pour cause d’« autisme idéologique » ou en raison de « difficultés
objectives d’ordre économique » – à « bon, correct, respectueux ».
3. Abréviations utilisées
SIB : Syndicat Industrie & Bâtiment
FTMH : Syndicat de l’industrie, de la construction et des services
SEV : Syndicat du personnel des transports
ssp : Syndicat suisse des services publics
Communication : Syndicat de la Communication
FCTA : Fédération suisse des travailleurs du commerce, des transports et de
l’alimentation
Comedia : Le syndicat des médias
ASEB : Association suisse des employés de banque
Unia Le syndicat des services
SSM Syndicat suisse des mass media
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