12263934071 conf rence ruz sparte

Document Sample
12263934071 conf rence ruz sparte Powered By Docstoc
					Economies et sociétés de 478 à 88 en Grèce ancienne.
Conférence Ruzé : Sparte.



                                           Sparte.

Introduction :

2/5 Péloponnèse = Sparte, avec la Laconie et la Messénie, territoire sous dépendance des
spartiates.
Le pouvoir politique appartient groupe restreint, les citoyens = les spartiates. Les autres
hommes libres = lacédémoniens
Ces citoyens « complets » à partir fin Ve, sont les homoioi, longtemps traduit par « Les
Egaux », ils sont en fait plus semblables qu’égaux, ce sont les maîtres de ce territoire. Tout
autour de la vallée de l’Eurotas, territoire correspondant à la Laconie avec les montagnes, les
spartiates sont jusqu’à la côte est, ¼ sud est de la Lacédémonie = territoire sparte. Cités
périèques, dans la vallée de l’Eurotas, bénéficient de l’autonomie mais soumises à la politique
étrangère de sparte, elles doivent fournir des soldats, elles font partie de la Lacédémonie,
statut ambigu, fait d’autonomie et de dépendance par rapport aux spartiates.


Les fondements économiques :

C’est la terre, excellente et souvent bien cultivée, la terre périèque appartient aux périèques et
quelques unes aux rois. Nous ne savons pas si les spartiates ont eu des terres périèques. Ces
terres sont cultivées par des hilotes (dépendants), grâce au travail desquels les citoyens
peuvent s’adonner à d’autres activités « aristocratique » (chasse, palabres, cheval…).
Fin IIIe, texte de Priène :
Nous ne savons pas si la redevance est fixe (Laconie) ou s’il s’agissait de la ½ récolte
(Messénie) = incitation à cultiver le mieux possible la terre pour récupérer le max de la
récolte. Ces hilotes jouissent dans leur travail de l’autonomie. Ils ne peuvent être vendus,
seulement s’ils ont commis un forfait et deviennent esclaves, ils circulent avec la terre, ils
s’organisent en communautés villageoises qui permettent une mise en valeur du territoire plus
ou moins collective. La tradition voudrait qu’il fût un temps où la terre était répartie entre les
citoyens, système abandonné avec la fin des droits de succession. Selon Plutarque, Sparte est
reconstruite par la tradition. On rapportait à Lycurgue, tout ce à quoi on voulait donner un
label ancien, quand on faisait une réforme à Sparte on disait que c’était pour revenir aux lois
de Lycurgue.

Les spartiates se seraient imposés de vivre à l’écart des courants économiques, fin Ve siècle,
vivaient isolés avec une austérité de vie fondées sur des valeurs aristocratiques : vie à Sparte
austère, rigide et au service de la cité, idée que l’on retrouve dans des ouvrages anciens. En
réalité, dès les années 40, Ollier déconstruisait l’image de Sparte dans sa thèse Le mirage
spartiate. Xénophon, (qui a trahi Athènes pour servir Agésilas), Polybe (qui fut l’adversaire
de Sparte au IIe siècle et grand admirateur de Sparte, otage chez les Romains, où il a rédigé
ses Histoires), Plutarque, source essentielle, victime de l’évolution de Sparte à l’époque
romaine, il a remodelé l’histoire de Sparte, il l’exalte puisqu’à son époque elle est une petite
cité de l’empire romain, la littérature qu’ il utilise, est marquée par les réformes du IIIe siècle,
qui se réclament d’être les retours aux lois de Lycurgue. Sources pas toujours très fiables.



                                                                                                  1
Economies et sociétés de 478 à 88 en Grèce ancienne.
Conférence Ruzé : Sparte.

Cadre chronologique :

Début période correspond aux guerres médiques.
Sparte est la plus importante cité de Grèce, a crée dans le Péloponnèse un réseau d’alliances,
c’est à elle que les Grecs ont confié le commandement de la ligue pour se protéger des Grecs.

478-432 : Sparte abandon toute prétention à une politique grecque, égéenne et conserve sa
propre ligue laissant le champ libre à l’expansion d’Athènes. Ils ne se sentent pas à l’aise avec
la mer et l’outre-mer, tendance au repli su le Péloponnèse. C’est surtout l’évènement rapporté
par Diodore de Sicile (qui dramatise toujours un peu) 464 : séisme (20 000 victimes
lacédémoniennes), dont les conséquences, c'est-à-dire la rébellion des hilotes et messéniens
bouleverse la société spartiate. Ceux-ci se tenaient tranquilles auparavant, mais méprisant les
survivants spartiates, ils entrent en guerre contre eux. Positionnés en défense, les spartiates
démontrent que la ville n’est pas libre pour les hilotes, ces derniers partent alors vers la
Messénie, sur le mont Ithome. De là la rébellion se maintient pendant 1 dizaine d’années, et
seule la famine vient à bout de la résistance. Ils préfèrent une convention, la majorité des
Messéniens a quitté le pays surtout vers la grande Grèce, Cyrénaïque et la Sicile, les autres
acceptent de s’installer à Lopacte (?) par Athènes, utilisés par ceux-ci dans la guerre contre
Sparte. Les spartiates imposent un régime beaucoup plus dur en Messénie, sur les plaines
fertiles, dont la population est réduite à l’état des hilotes.

432 : guerre du Péloponnèse, Sparte tentent de vaincre les Athéniens en attaquant leur empire
et leur approvisionnement, guerre qui dure jusqu’en 370. Pendant cette période beaucoup de
conflits, les Spartiates, parviennent à les supplanter en Asie Mineure, Nord de Thrace, aidés
financièrement par le roi perse.

386 : paix jurée sous la protection du roi perse, la première paix du roi (Antalkidas), les
Spartiates imposent la fin des Koinè (confédérations) partout = autonomie cités. Hostilité des
Eléens, Arcadiens, Mantinée, cité née d’un synœcisme, Sparte casse cette unité et redonne à
chacun des bourgs son indépendance. En Béotie, les Thébains refusent. En 371, battus à
Leuctres par des Thébains, la Laconie est envahie. La ville de Sparte échappe à l’invasion,
Epaminondas, délivre les Messéniens de la domination spartiate, il fonde la cité de Messène,
il encadre la Laconie. Mégalopolis = Réunion de petites cités, pour surveiller Sparte et la
bloque pour toute velléité d’expansion. Sparte dès lors ne cherche qu’à récupérer son
territoire. Elle refuse d’intégrer la ligue de Corinthe jusqu’en 331, Elle perd alors une partie
de ses territoires périèques (péréagide = Argos, Sparte conserve le cap Ténare et perd une
partie du littoral). Sparte veut retrouver à partir de là son redressement.

244-222 : tentative de réformes par les rois Agis et Cléomène, au nom des lois de Lycurgue,
redistribue les terres et attribue des noms, il veut reprendre la guerre mais est battu à Sellasie.


Une citoyenneté basée sur la propriété foncière :

On prétend (Plutarque) égale répartition des terres, ce que Polybe affirme lui aussi. Système
du kléros. Lycurgue, attribue des lots pour tous, suffisant pour nourrir chacun. Le spartiate ne
doit avoir que la recherche de la vertu pour occupation. Plutarque affirme que les terres sont
divisées entre chaque spartiate (dont lots attribués aux nouveaux nés) 82 médimnes de grains
= 61 hectolitres de grains par an, or, la FAO considère 6 hectolitres par an (moins encore s’il
s’agit de froment…) Problème : le Klèros pourrait nourrir 10 personnes (citoyen, famille,


                                                                                                 2
Economies et sociétés de 478 à 88 en Grèce ancienne.
Conférence Ruzé : Sparte.

hilotes qui travaillent la terre) mais il faudrait un terrain de 20 ha, avec l’assolement biennal,
et le territoire n’est assez grand = Plutarque raconte n‘importe quoi. Cette idée vient de la
réforme de Cléomène qui voulait redistribuer les terres, indissociable de la citoyenneté.

Les syssitia sont la base de la vie à Sparte, le repas du soir qui est pris en commun, chacun
apporte son repas, chaque citoyen amène sa contribution. Obligation d’après Plutarque, Agis
II de retour de la guerre désirant dîner seul en famille est sanctionné (413). En réalité les
choses se passent différemment, (texte 8), Hérodote, le syssitia est associé à la vie militaire
(Hérodote meurt entre 430 et 420), avec Xénophon, le syssitia est devenu obligatoire, avec le
pain de froment fourni par les riches, ce qui serait adopté en 464 dans le but de souder les
gens, les tenir en vigilance permanente face à un éventuel danger.

Etait-ce si austère que cela ? Ce repas se compose de deux étapes, la maza, bouillie de
froment et le brouet (viande de porc cuite dans son sang avec un certain nombre d’ingrédients,
très réputé à l’étranger = manger de la viande tous les soirs est exceptionnel). Le vin était bu
avec modération. Cf. texte de Critias, tyran sanguinaire d’Athènes et philosophe. L’orge = 9
hectolitres par an, vin = 1,5 l, fromage, figues… Dans l’ensemble, cela peut nourrir deux
personnes, exigence fiscale assez importante surtout si terres pas assez grandes. Beaucoup de
suppléments au syssition, pain de froment, viande, (cf. Molpis) : les plus riches en apportant
des suppléments s’attiraient les sympathies de personnes qui pourraient les soutenir lors
candidatures pour être géronte, par ailleurs en partageant le luxe, on diminue les tensions
sociales.

Pour être citoyen il faut des revenus permettant de nourrir sa famille, de participer entièrement
à la vie de la cité. Tous les textes appuient sur l’inégalité, et jamais sur l’égalité des terres
(sauf Polybe et Plutarque) sauf terres conquises et divisées (butin). Solidarité, prouvée par les
suppléments mais aussi par l’intégration d’enfants plus pauvres dont on finance l’éducation.
On prête en cas de besoin (serviteurs, chevaux, chiens de chasse). Les gens riches adoptent un
style de vie proche de celle de la masse. Il n’y a pas d’égalité au sens propre chez les
spartiates, mais dans le mode de vie et dans l’éducation reçue. Cette inégalité augmente avec
la diminution de citoyens. Les échecs connus par Sparte viennent de l’insuffisance de sa
population civique.


La population spartiate :

La population est connue grâce au nombre de soldats spartiates cités lors des opérations
militaires. Estimation = selon Hérodote (480) = 8000 citoyens mobilisables, 5000 à Platées
(mais certains gardent le Péloponnèse donc on considère 10 000 citoyens). Entre 120 000 et
180 000 hilotes.
425 : 120 spartiates fait prisonniers à Sphactérie, panique à Sparte. Opération Brasidas pour
obliger les Athéniens à négocier = problème démographique.
Aristote (cf. texte 1) : 1000 début IVe. 700 combattants à Leuctres, 400 morts, de 12 000 on
passe à 1000 citoyens. Aristote attribue cela aux femmes… Trop d’épiclères (= filles
héritières), avec des dots considérables = par appauvrissement, on ne peut participer au
syssition, et on perd son titre de citoyen. Pas de vente des terres, mais cession de terres par
don ou legs, ce qui permet de couvrir des emprunts = donation mortis causa.

Quel rapport avec les femmes ? La femme spartiate a un rôle très important dans les cités,
tenant la maison, en absence du mari, elle est celle qui inculque à ses fils le sens du devoir


                                                                                                3
Economies et sociétés de 478 à 88 en Grèce ancienne.
Conférence Ruzé : Sparte.

envers la cité, magistère moral que l’on retrouve dans beaucoup de textes, mais de là à
confisquer les terres… La fille patrocos (= héritière à Athènes, reçoit les biens de son père en
toute propriété, quant à Athènes, le mari gère la fortune. S’il y a des garçons, l’héritage se fait
à égalité avec les filles, terres comprises. A Sparte, le cumul des terres est possible, les unions
matrimoniales font circuler la terre. Mariage entre demi-sœurs et demi-frères, la polyandrie
était autorisée (1 femme/plusieurs hommes) = rééquilibrage des patrimoines. Mais la richesse
attire la richesse, une héritière pauvre n’avait que peu de chances d’épouser un homme riche.

Quelques législations, pressions, tentent de rééquilibrer les familles et favoriser les
naissances. Une jeune héritière mariée à un vieillard peut demander à un jeune homme de lui
faire des enfants, et une femme peut être prêtée. Si un véritable contrôle de l’Etat avait été
fait, on aurait pu rééquilibrer la population. Mais en réalité, l’état sparte était beaucoup moins
autoritaire qu’on ne le croit. L’oliganthropie est due au refus de réformer la base de la société,
pas de revenus autres que fonciers, pas de travail pour se consacrer entièrement à la cité… le
corps civique ne parvient pas à se renouveler, le développement de catégories intermédiaires
pose problème, la population civique seule diminue. Les autres hommes libres sont bons pour
l’exercice militaire mais pas pour la citoyenneté, c’est pour ça que l’on voit Sparte comme
une oligarchie voire comme une timocratie. Cf. texte (conspiration de Cinadon).

Tous les gens qui se sont battus pour la victoire s’attendent à devenir citoyens =
mécontentement. Les hilotes affranchis pour services militaires comme en 425 sont les
neodamodes (nouveaux membres du damos mais ne sont pas citoyens complets) ils
disparaissent après 369, mais leurs fils et petits-fils ont pu s’intégrer, ils sont devenus les
motas (hommes libres de familles pauvres entretenus par une famille riche), les inférieurs,
Cinadon est issu de la bonne société : spartiate déchu pour pauvreté, pas les moyens de
contribuer au syssition même s’il y participait. Hiérarchie sociale très mal vécue par ceux qui
en étaient les victimes. Les éphores ont réagi efficacement à la révolte, et tous n’étaient pas
prêts à se battre contre les spartiates = pas de mouvement de classe. Au cours du 4e siècle, on
a intégré quelque non - spartiates mais jamais suffisamment pour calmer le jeu.

Une cité comme Sparte n’a pu supporter cette oliganthropie alors qu’il ne s’agissait que d’une
ouverture à la citoyenneté, victime de sa propre richesse ? Terres riches et biens arrosées dans
l’Eurotas, élevage important (chevaux, bovins), chênes (glands) nourrissent les nombreux
porcs, figues, vignobles = région agricole riche, sur plaines fertiles, bassins fertiles, alimentés
par sources. Ressources minérales importantes. Les spartiates ont construit un très bon réseau
routier, ils peuvent vire en autarcie, ce qui ne favorise pas les échanges avec l’extérieur, nous
ne savons rien de l’artisanat ou du commerce ou presque à partir Ve siècle.
Des contacts avec l’extérieur ont lieu, Crète, Cyrène, avec l’ouest, Tarente (sud Italie) et
relations étroites avec Sicile, Méditerranée occidentale, en relation constante avec la Laconie.
Quelques ports importants : Zarax, Gytheion.


Les relations des spartiates avec l’argent monnayé :

Méfiance envers la monnaie source de tous les vices… Donc qui détériore les valeurs
traditionnelles. Dans une cité qui peut vivre en autarcie, où le service de l’état est assuré
gratuitement par les citoyens et les hilotes, sans faire appel au mercenariat, il n’est pas
nécessaire de frapper monnaie. Il existait une monnaie de fer, avec une effigie de cheval, sans
valeur à l’extérieur, mais utile aux échanges internes, possédant une valeur donnée par l’Etat.
Les Spartiates possédaient des dépôts d’argent à l’étranger, mais sans valeur s’il ne s’agit pas


                                                                                                 4
Economies et sociétés de 478 à 88 en Grèce ancienne.
Conférence Ruzé : Sparte.

de terres (c’est pourquoi Lysandre était considéré comme pauvre). Lysandre a confié le trésor
de guerre à Gylippe qui aurait volé une partie du trésor = sûrement impossible puisqu’un
texte assignait la somme. Mais en l’accusant on condamne la politique de Lysandre qui
demande de l’argent à Sparte.
Si les spartiates avaient frappé monnaie, ils auraient du avoir une politique étrangère
dynamique puisqu’ils ne possédaient pas de mines d’or et d’argent sur leur territoire.
Sparte a besoin d’une monnaie commune et de fournitures étrangères = accepte l’aide
financière perse.
Un débat s’ouvre alors à Sparte, on propose une monnaie pour l’extérieur et une autre pour les
échanges à l’intérieur, on n’aurait plus le droit de porter de l’argent (de l’extérieur) sur soi
sous peine de mort, on veut empêcher une politique impérialiste. Qui l’a emporté ? Ceux qui
ne veulent aucun changement, ils sont majoritaires à l’Assemblée, si argent monnayé refusé,
seule entrait en considération pour la citoyenneté la richesse foncière = la terre.

En 361, Agésilas s’engage comme chef de mercenaires au service du pharaon d’Egypte,
pourquoi partir de la sorte ? Parce que l’Etat spartiate est à cours d’argent, il meurt à son
retour mais rapporte un peu d’argent à Sparte. L’autarcie de la cité a provoqué un
appauvrissement des spartiates alors que le pays est riche mais il refuse certaines pratiques
économiques : en refusant les échanges, à cause de leur richesse, ils se sont enfermés dans une
économie ralentie.


Finalement n’y a-t-il pas plus de posture que de réalité ?

En réalité, les périèques et les hilotes près des frontières procédaient à des échanges.
Les spartiates prêtaient en nature, quel intérêt de garder tous ces surplus (mis à part pour se
constituer une clientèle en nourrissant des spartiates pauvres) ? = ils étaient vendus.
Xénélasie : expulsion d’étrangers soit en cas de guerre, soit en cas de famine, mais ce n’est
pas systématique, beaucoup d’étrangers dans la cité n’étaient pas là que pour des raisons
politiques = échanges.
Toutes ces études démontrent un problème d’information, la présentation de Sparte selon nos
sources est idéologique = il faut gratter derrière pour connaître la réalité.


Conclusion :

Sparte applique une économie primitiviste, évite le passage par la monnaie et la dépendance
vis à vis de l’étranger, qui est imposée par des choix idéologiques et politiques. La situation
n’a fait qu’empirer par la suite, la dégradation est évidente, déclin de la solidarité,
concentration de plus en plus évidente des territoires.
Société très oligarchique, qui sans la pression de l’extérieur aurait pu éviter les problèmes
militaires qui enclenchent des réformes du IIIe siècle. Des réformes qui ne firent que rétablir
une relative égalité des terres avec un corps civique plus important mais toujours fondé sur la
terre. Les guerres se poursuivant, les territoires se rétrécissant, elle est devenue une proie plus
facile pour les achaïens, les macédoniens et les Romains.




                                                                                                 5

				
DOCUMENT INFO
Shared By:
Categories:
Tags:
Stats:
views:11
posted:2/10/2012
language:French
pages:5