Jeudi 11 d�cembre 2008 by HC120210085423

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									 Dispositif de Réussite Educative de la ville de Brest
              CCAS de la ville de Brest
                        IA 29

           Journées de formation
  « scolarisation des Enfants du Voyage »




  Synthèse finale des journées de formation
organisées à Brest les 11 et 12 décembre 2008

                  avec le concours du CLIVE




   Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 1 sur 37
          Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Contexte : Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet social 2007/2010 d’accueil
des gens du voyage piloté par le CCAS de Brest et du Dispositif de Réussite
Educative de la ville de Brest. Elle fait également partie du plan de formation de
l’éducation nationale pour 2008.

Déroulement :       le 11 décembre au centre social de Kerourien
                    le 12 décembre au collège de Keranroux.

Participants : personnes concernées par la scolarisation des enfants du voyage :
       - membres du réseau brestois « scolarisation des enfants du voyage »
       - autres personnes ressources repérées sur le territoire brestois

Objectifs :
- approfondir la connaissance juridique et culturelle de la question de la scolarisation
des enfants du voyage.
- établir un diagnostic partagé de la situation locale à partir d’échanges sur les
pratiques et les réalités rencontrées par les participants.
- co-construire des pistes d’actions et de réflexions communes pour soutenir la
scolarisation des enfants du voyage.
- renforcer le partenariat.

Déroulement : formation conduite avec le concours du CLIVE (association loi 1901,
Centre de Liaison et d’Information Voyage-Ecole ; site en construction :
www.clive.asso.fr ) qui a pour but de favoriser la réflexion, l'échange de savoirs, de
pratiques et d'outils, la mise en réseau d'enseignants, la connaissance des faits et
des dispositifs de scolarisation sur l’ensemble du territoire français, les actions en
vue d’une meilleure adéquation entre la réalité tsigane et l'institution scolaire.
Projet coordonné par le CCAS de Brest (Hélène Luguern et Mélanie Crépin) et
Bénédicte Raynaud, ( benedicte.raynaud@mairie-brest.fr ) responsable du Dispositif
de Réussite Educative de la Ville de Brest.

Intervenants :
        Hélène LUGUERN, (helene.luguern@brest-metropole-oceane.fr) CCAS Brest,
responsable du service d’accueil des Gens du Voyage à Brest.
        Michèle     LETANNEUX,      (michele.letanneux@ac-rennes.fr)    Inspection
Académique 29, Inspectrice de l’Education Nationale, IEN ASH chargée du dossier
« enfants du voyage », membre du CLIVE.
        William JUMELIN, (william.jumelin@neuf.fr) membre du CLIVE, référent
accompagnement social auprès des gens du voyage à l’ADSEA de Lorient,
chercheur en sciences sociales.
        Andrée (Doune) CHASTEL, (doune@clive.asso.fr)secrétaire du CLIVE,
directrice de l’école des Gens du Voyage d’Orléans, coordinatrice départementale
Enfants du Voyage pour le Loiret.
        Thierry CHEVROLET, (thierry@clive.asso.fr) président du CLIVE, enseignant
spécialisé à Rennes

       Avec la participation de mesdames Sabrina LETIEC et Patricia ACHARD
(film « j’va à l’école » et témoignages de parents d’élèves issus de la communauté
des Gens du Voyage à Brest).

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                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
                                   Liste des participants



ACHARD             Mère d’élève communauté des Gens
Patricia           du Voyage, Brest
ARGOUALC’H         Enseignante dispositif relais            dr.rive-droite@groupeamj.org
Monique            Rive Droite Brest
AUBREE             coordonnateur jeunesse                   loisirsjeunes.aubree@wanadoo.fr
Sylvain            Loisirs jeunes à Brest
BOURVEN            Retraitée bénévole collège               dbourven@hotmail.com
Denise             Keranroux Brest
CHASTEL            (secrétaire du CLIVE)                    doune@clive.asso.fr
Andrée (Doune)     Coordinatrice départementale 45
CHEVROLET          (président du CLIVE)                     thierry@clive.asso.fr
Thierry            Enseignant spécialisé à Rennes (35)
CHIRON             Directeur école élémentaire Jacques      christophe.chiron@laposte.net
Christophe         Prévert, Brest
COULOIGNER         Assistante sociale CCAS                  guylaine.couloigner@ccas-brest.fr
Guylaine           Service GdV Brest
DA CRUZ            Animatrice accueil soutien au CNED       Celine.da-cruz@ac-rennes.fr
Céline             (Maison Pour Tous, Brest)
DURAND             Enseignante classe EdV J. Prévert        v.durand318@laposte.net
Virginie           Brest
DURANDAL           Chargée de développement local           amandine.durandal@afev.org
Amandine           AFEV, Brest, 45 rue Albert Thomas
FLOC’H             Principal du collège Keranroux           patrick.floch@ac-rennes.fr
Patrick            Brest
GUEGAN             Gestionnaire de terrain                  daniel.guegan@brest-metropole-
Daniel                                                      oceane.fr
GUÉNEUGUÈS         Retraitée bénévole collège               gueneugues.franciane@wanadoo.fr
Franciane          Keranroux, Brest
HOFFMANN           Animatrice Maison Pour Tous              hoffmannj@neuf.fr
Fabienne           du Valy Hir, Brest
JUMELIN            Référent ADSEA Lorient (56)              william.jumelin@neuf.fr
William            Chercheur en sciences sociales
LAUVERGEAT         Coordinatrice Dispositif de Réussite     Laure.lauvergeat@mairie-brest.fr
Laure              Educative, Brest Rive droite
LE BRETON          Directrice école maternelle Jacques      em.jacques-prevert@ecoles-brest.fr
Luce               Prévert, Brest
LEGALL             Maison Pour Tous du Valy Hir Brest,      katell.legallmptvalyhir@laposte.net
Katell             Soutien CNED
LEROUX             Bénévole à l’AFEV                        lerouxs@hotmail.fr
Solène             Brest
LETANNEUX          IEN chargée du dossier EdV, IA 29        michele.letanneux@ac-rennes.fr
Michèle            Quimper
LETIEC             Mère d’élève communauté des Gens
Sabrina            du Voyage, Brest
L'HELGOUALC'H      Bénévole à l’AFEV,                       nadia.lhelgoualch@afev.org
Nadia              Brest
LHERBIER           Enseignante SEGPA Collège                Josette.Lherbier@ac-rennes.fr
Josette            Keranroux, Brest
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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
LUGUERN                Responsable Service Gens du             helene.luguern@brest-metropole-
Hélène                 voyage, CCAS Ville de Brest             oceane.fr
METERY                 Coordinatrice ZEP                       nadia.metery@ac-rennes.fr
Nadia                  Brest
PELLÉ                  Inspectrice de l’Education Nationale,   marie-christine.pelle@ac-rennes.fr
Marie Christine        Brest IV
PRIGENT                Directeur de SEGPA collège              philippe.prigent1@ac-rennes.fr
Philippe               Keranroux, Brest
QUEMENEUR              Animatrice Ville de Brest               Marie-France.Quemeneur@mairie-
Marie-France           (périscolaire)                          brest.fr
ROBERT POLARD          Bénévole à l’AFEV                       gwennaig.robert-polard@laposte.net
Gwennaïg               Brest
ROUVEL                 Chargée de développt quartier St        marine.rouvel@mairie-brest.fr
Marine                 Pierre, Brest

Absentes excusées ayant participé à l’élaboration de la formation :

CREPIN                 Coordinatrice projet social, CCAS       melanie.crepin@ccas-brest.fr
Mélanie                Brest
RAYNAUD                Responsable du Dispositif de            benedicte.raynaud@mairie-brest.fr
Bénédicte              Réussite educative, ville de Brest




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                     Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Première journée au centre social KEROURIEN, Brest
Accueil des participants.

Ouverture des deux journées par Hélène Luguern, CCAS Brest, responsable du
service d’accueil des Gens du Voyage à Brest.
► Historique de la démarche partenariale engagée pour l’organisation de ces deux journées
de formation.

►Tour de table rapide de présentation des participants.

► Présentation de l’organisation des deux journées :

Organisation premier jour :
       - Michèle Letanneux : présentation du cadre Education Nationale, « la scolarisation
des enfants du Voyage : le point sur la situation en France et dans le département »

        - Hélène Luguern : présentation du projet social « L’accueil des gens du voyage à
Brest : évolutions des conditions d’accueil et du projet social »

      - Paroles de Voyageurs : projection du petit film « j’va à l’école » suivi d’un
échange/débat avec Sabrina Letiec et Patricia Achard, mamans de jeunes Voyageurs.

       - William Jumelin : « la place de la scolarisation dans le processus de socialisation
des enfants du voyage ».

Organisation deuxième jour :
        - Hélène Luguern : diaporama de présentation du partenariat engagé dans le cadre du
projet social, déclinaison du projet autour de l’axe scolarisation.

       - Thierry Chevrolet : diaporama de présentation du CLIVE, et du projet européen
Dromesqere Euroskola concernant la formation télématique des enseignants et des personnels
éducatifs impliqués auprès des enfants Tsiganes, Rroms et Voyageurs en France.

       - Travail en ateliers :

Atelier 1 animé par Doune Chastel : la scolarisation en maternelle et en primaire.

Atelier 2 animé par Thierry Chevrolet : la scolarisation dans le second degré.

       - Synthèse des travaux en ateliers : restitution finale en grand groupe.




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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Intervention de Michèle Letanneux, IEN-ASH, chargée du dossier Enfants
du Voyage : « la scolarisation des enfants du Voyage, en France et dans le
département »
► Introduction : la scolarisation des enfants du Voyage ne constitue qu’un volet d’un
contexte plus global, à articuler dans le cadre du volet social (socialisation, habitat etc…)

► La scolarisation des enfants du voyage, présentation du contexte législatif.
      Historique (rappel des principaux textes…)

Arrêté du 8 août 1966 (Ministère de l’Éducation nationale, Affaires sociales)
(…) Les personnes sans domicile fixe ayant avec elles des enfants d’âge scolaire sont tenues
de les envoyer à une école de la commune sur le territoire de laquelle elles séjourneront (…)

Circulaire n°70-428 du 9 novembre 1970 (Ministère de l’Éducation nationale)
Tant à l’école maternelle qu’à l’école élémentaire, quelle que soit la durée du séjour et quel
que soit l’effectif de la classe correspondant à leur niveau, les enfants de familles itinérantes
doivent être accueillis (...)

Circulaire n° 78-6 du 5 janvier 1978 (Ministère de l’Intérieur)
(…) Il va de soi enfin, que ces enfants doivent pouvoir bénéficier, dans les conditions de droit
commun, des services complémentaires de l’école (ramassage scolaire, cantine, études (…)

B.O. n°3 Hors Série du 20 mai 1999 (Ministère de l’Éducation nationale)
(…) Il est à rappeler que le maire de la commune de séjour ne peut refuser d’inscrire les
enfants concernés, relevant de l’enseignement primaire (…)

B.O. n° 10 du 25 avril 2002, numéro spécial (Ministère de l’Éducation nationale)
Les enfants de parents non sédentaires sont, comme tous les autres enfants, soumis à
l’obligation scolaire entre six et seize ans. Ils ont droit à la scolarisation dans les mêmes
conditions que les autres enfants quelles que soient la durée et les modalités du
stationnement, et dans le respect des mêmes règles, d’assiduité notamment (…)

(…) Le droit commun s’applique en tous points aux enfants du voyage (…)

(…) L’intégration dans les classes ordinaires est à privilégier, avec mise en place, si
nécessaire, de soutiens pédagogiques


► Les enfants du voyage : des élèves à besoins particuliers
         Le concept d’élève à besoin particuliers vient de Grande Bretagne, ce concept prend
en compte le fait que si la prise en compte de l’élève doit s’appuyer le plus possible sur le
droit commun, certains élèves ont néanmoins parfois des besoins spécifiques auxquels
l’institution se doit de répondre.
         Concernant les Enfants du Voyage, quatre points essentiels à travailler :
                 - Accueillir l'enfant et sa famille
                 - Évaluer les besoins
                 - Construire un projet individualisé
                 - Collaborer avec les familles

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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
► La situation dans le Finistère
   Plus de 500 élèves (estimation)
   Une répartition des élèves différente entre Nord et Sud (dans le nord, des structures à
      profil, dans le sud accueil uniquement dans des classes ordinaires)
   Certains dispositifs mis en œuvre dans le cadre d’une politique de ville (ex : à Brest,
      un pôle d’accueil au collège de Kéranroux)
   Pas de CASNAV dans l’Académie

                                                                                                         PLOUVORN
                                                                                                        ND Lambader : 2           PLOUENAN
                                                                                                                                  ND Kerellon : 1

                                                                            LESNEVEN                                                            St MARTIN DES CHAMPS
                                                   PLABENNEC                Clg St Exupéry : 1
                                                                                                                                                           Binigou : 10
                          GUIPAVAS               Mat : 6 Elém : 12
                         CLAD:33 Mat :17
                          Sacré Cœur : 2                                                                                                                 PLOUIGNEAU 5
                                                                                                 LANDIVISIAU
                                                                                                 Elém. Kervignounen : 33
                            GUILERS                                                              Clg Kerzourat : 2                                             MORLAIX
                          Elém Chateaubriand : 4                                                                                                           Clg St Joseph : 1
                                                                                                                                                           école St Joseph : 2
                                                                                           LANDERNEAU                                                      ND Lourdes : 1
                              ST RENAN                                                     Ec du Tromeur : 11
                              El. Le Vizac: 10                                                                                                             CLAD : 32
                             El. Le Vizac: 10
                                                                                                                                                           Elém. Piaget : 4
                                                                                                                                                           Elém. Gambetta : 1
        LE RELECQ KERHUON Elem Grandeau : 5
                                                       BREST
                                                    CLAD : 37
                                                   Clg Keranroux : 2
                                                                                                                                                    CARHAIX
     Accueil des                            PLOUGASTEL D.                                                                                           CLAD : 32
                                             Elém Ker Avel : 6                                                                                      Mat. Kerven : 5
     enfants du                                                                                  GOUEZEC
                                                                                                                       LANDELEAU : 4
                                                                                                 Ec. Ste Anne : 2
       voyage
                                                                               DOUARNENEZ
                                                                               Elém. Laënnec : 5
                                                                               Mat. Laënnec : 2
                                                                               Clg JM Le Bris : 1
                                                                                                                                              SCAER : 3

                                                                                                                                                        ROSPORDEN
                                                     PLUGUFFAN                                                                                          Clg Pensivy : 2
                                                     Elém. St Exupéry : 6
                                                                                                                                                                      KERNEVEL : 4
                                                  QUIMPER
                                                  Mat. Le Quinquis : 1
                                                  Elém. Goraguer 8
                                                  Mat. Kergomard : 4
                                                                                                                                                              REDENE : 4
                                                           ERGUE-GABERIC                PONT-L’ABBE
                                                           Mat. Rouillen : 7            Mat. Ste Anne : 3
                                                           Elém. Rouillen : 9                                                      BAYE : 1          QUIMPERLE
                                                           Bourg : 11                                     CONCARNEAU
                                                                                                                                                     Elém. Brizeux : 9
                                                                                                          Prim. Keramporiel : 5
                                                                                                          Elém. Le Rouz : 1
                                                                                                          Clg Sables Blancs : 2




► La prise en charge des enfants du voyage

    Dans le Nord, 5 anciennes CLAD devenues des classes élémentaires à dominante EDV
    Hors de ces dispositifs spécifiques, l’accueil se fait dans les classes ordinaires
    L’absence de structures type CLAD tend à provoquer une répartition des élèves sur un
     territoire plus large (Sud Finistère)
    La poursuite de la scolarité au collège est problématique. Le relais est largement
     assuré par le CNED.




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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Intervention de Hélène LUGUERN, responsable du service d’accueil des Gens
du Voyage au CCAS de Brest

Présentation du contexte brestois

         Jusqu’aux années 90, la Ville de Brest accueillait les Gens du Voyage au terrain de
Ste Anne du Portzic (environ 25 places, avec présence de gestionnaires et d’une personne du
CCAS). A cette époque, l’équipe en place a su développer avec ses partenaires des actions
correspondant aux attentes des voyageurs sous la forme de permanences sur le terrain (PMI,
Mission Locale, Assistante sociale …) et d’activités pour les enfants qui plus tard se sont
déroulées dans le cadres d’un CLSH. Par la suite, la Ville de Brest a confirmé sa volonté
d’offrir des équipements adaptés aux voyageurs en ouvrant l’aire d’accueil de Kervallan (35
places) gérée par le CCAS et également de consolider et de développer son projet d’action
sociale en direction de ce public. C’est pourquoi dès 1996 le CCAS a sollicité et obtenu
auprès de la CAF un agrément de centre social.
        Parallèlement à cela, des aires nouvelles ont été créées dans le voisinage (mise en
conformité avec la loi Besson qui fait obligation à toute commune de plus de 5000 habitants,
de proposer une aire d’accueil pour les Gens du Voyage).
        Dans ce contexte de créations de nouvelles aires, et aussi de restructuration du terrain
de Kervallan (réaménagement du terrain, en particulier mise en place de sanitaires individuels
pour les familles), une réflexion globale et partenariale a été menée autour du projet social.

        L’accueil des Gens du Voyage à Brest s’inscrit à présent dans un schéma
communautaire d’habitat des gens du voyage qui s’est concrétisé par l’ouverture de 5
nouvelles aires sur les communes, ainsi que la restructuration de l’aire d’accueil de Kervallan,
finalisée en janvier 2005. Si la compétence de gestion de ces équipements a été déléguée à
Brest métropole océane, chaque commune garde ses compétences en matière d’action sociale.
Au sein de la CIL, un travail d’échange de pratiques a été engagé afin que chacun puisse
s’enrichir de l’expérience de l’autre.

     L’offre d’habitat est la clé de voûte de l’accueil des Gens du Voyage sur une
commune, mais elle ne peut être dissociée d’une volonté d’un accueil du public sur la Ville.

       Le projet social de Brest

        Cette volonté se concrétise à Brest par un projet d’action sociale partagé avec les
partenaires et des moyens afférents, notamment en personnel. Le CCAS s’est donné les
moyens d’assurer la coordination d’un tel projet, notamment grâce au soutien méthodologique
et financier de la CAF du Nord-Finistère et du Conseil Général. Ces derniers, par la
reconnaissance d’un fonctionnement atypique de centre social et par la mise à disposition
d’acteurs de terrain sur certains des projets développés, ont permis, au fil du temps,
l’émergence d’une évolution vers de nouvelles pratiques qui se veulent au plus près des
réalités sociales et économiques des Gens du Voyage.
        Objectifs de ce projet social : permettre aux Gens du Voyage d’accéder au droit
commun (accès à l’école, aux associations de quartier, à la sécurité sociale, à la mission locale
etc…) même si l’on sait qu’il est nécessaire à ce jour de mettre en place des actions
spécifiques d’accompagnement des personnes et des familles en vue du droit commun.
Nécessité de mettre en place des dispositifs et des accompagnements pour faire du lien…


           Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 8 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
        Permettre l’accès de Gens du Voyage au Droit Commun : la finalité du nouveau
projet du centre social de l’aire d’accueil de Kervallan. Fort d’un réseau de partenaires de plus
en plus conséquent et formé, le projet s’inscrit dans une véritable pratique de développement
social à l’échelle du territoire. Il s’appuie sur de nouvelles méthodologies et sur la
participation des Gens du Voyage, qui devient une priorité majeure.

        Le centre social de l’aire d’accueil de Kervallan se situe au carrefour de
plusieurs échelles de partenariat. Tout d’abord, il s’appuie sur un réseau local,
capable de se mobiliser transversalement selon un diagnostic partagé. De plus, les
bases d’un réseau communautaire se consolident progressivement grâce au travail
engagé depuis plusieurs années au sein de la Conférence Intercommunale du
logement. La participation du centre social aux diverses instances de travail du
Schéma d’accueil des Gens du Voyage du Finistère permet d’engager une réflexion
à l’échelle départementale, prenant en compte les axes de déplacement de la
population. Enfin, membre associé de la Fédération Nationale des Associations
Solidaires d’Actions avec les Tsiganes (FNASAT), le centre social de l’aire d’accueil
de Kervallan se donne les moyens d’être au cœur de l’information et, de ce fait,
d’accéder aux travaux développés dans les autres localités.

        Le service d’accueil des gens du voyage se compose de 11 personnes 1 chef
de service et 1 assistante, 7 agents chargés de la gestion des aires, l’unité sociale
du CCAS se compose de 2 professionnels : une éducatrice spécialisée (la mission
d’accompagnement social individuel des Gens du Voyage ayant été transférée au
CCAS dans le cadre du protocole d’accord avec le Conseil Général), une éducatrice
spécialisée coordonnant le projet social. L’organisation du service en 2 unités
coordonnées par la même responsable permet d’affirmer la distinction entre la
gestion de l’aire de Kervallan et l’action sociale en direction des Gens du Voyage,
tout en favorisant les échanges entre les deux secteurs, indispensables pour un
travail en cohérence.

        Le travail avec les Gens du Voyage, plus encore que d’autres pratiques de
développement social, implique de s’inscrire dans le temps pour permettre la
rencontre, gagner la confiance. Voilà pourquoi le nouveau projet se décline sur 4
ans : la méthodologie de travail doit permettre de se donner le temps et les moyens
pour induire de réels impacts et changements, évaluables par tous, et en premier
lieu, par les Gens du Voyage.




Projection du film « j’va à l’école » en présence de deux mamans qui ont
participé au projet de réalisation du film (Sabrina Letiec t Patricia Achard)
Débat à l’issue de la projection.

Importance de la confiance instaurée entre les Voyageurs et les sédentaires
Formation des enseignants : connaître les Voyageurs, savoir les accueillir…



           Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 9 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Problématique des classes spécifiques : « si les enfants sont dans des classes entre
eux c’est pas bien »… « quand ils sont dans les classes avec les sédentaires, ils
sont plus calmes et ils apprennent mieux »… mais « être avec les autres pour rester
au fond de la classe : non ! on veut apprendre »…

Peur du collège : pas peur des enseignants, mais peur des autres élèves, peur de ce
que les enfants du Voyage peuvent y apprendre (en particulier les filles, « on ne doit
pas leur parler de n’importe quoi »), peur du nombre d’élèves et de la taille de la
structure (collèges beaucoup trop grands…)
Les enfants ne doivent jamais rester seuls, il faut qu’il y ait avec eux quelqu’un de
confiance. « on a peur, on a tellement peur»… « je veux toujours savoir où elle est -
ma fille »… : à l’école, mais aussi sur le terrain, en journée, le soir, quand les jeunes
grandissent et qu’ils veulent acquérir de l’autonomie (sorties cinéma, boîte de nuit…)
« pour ma fille, j’ai tellement peur qu’on dirait qu’elle ressent que j’ai peur, et c’est
pour ça qu’elle ne veut pas aller au collège, pour pas que j’ai peur… pas parce
qu’elle n’aurait pas envie, mais parce qu’elle ne veut pas que je sois mal… »

Problématique des diplômes : inaccessible, et sans intérêt réellement perceptible.
« apprendre un métier c’est pas la vie des forains »…
« ce sont les enfants qui décident »
Mais nécessité d’apprendre pour savoir se débrouiller dans la vie : savoir lire écrire
compter, savoir se servir d’un ordinateur, être autonome plus tard pour faire les
papiers…
Et en même temps : « ma fille je voudrais qu’elle en soit pas comme moi, je voudrais
qu’elle sache »…

Evolution :
« je l’ai pas trop emmenée à l’école, j’avais peur… »
« ma fille, depuis qu’elle va aux cours, elle apprend plein de choses… »
« peut-être que la fille de ma fille, elle ira au collège ? »

Evolution des contraintes : avoir un CAP pour pouvoir s’inscrire au registre du
commerce : « c’est bien pour ceux-là qui peuvent le faire »
On ne peut pas aller contre la loi  problèmes de stationnement  « on ne bouge
plus »  sauf pendant les missions évangéliques (3 mois par an)
Autorisation de stationner : confort, eau / électricité  c’est bien
 « il n’y a plus de place sur les aires d’accueil : on ne peut plus voyager. »
« pourquoi ils veulent nous enlever notre culture ? »

Projection du film de la HALDE
(Haute Autorité de Lutte contre des Discriminations et pour l’Egalité)
« Discriminations des gens du voyage : quels droits, quels recours ? »
Film réalisé en partenariat avec la FNASAT-GV, et qui apporte des réponses à
travers des témoignages de victimes et d’associations soutenant les gens du voyage.
(Film téléchargeable sur le lien suivant : http://www.halde.fr/-Films-.html )




         Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 10 sur 37
                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Intervention de William JUMELIN, référent accompagnement social auprès
des gens du voyage à l’ADSEA de Lorient, chercheur en sciences sociales.

Objectif de l’intervention :
   - Inscrire la question scolaire dans le cadre de la relation inter ethnique pour la
   resituer dans un contexte plus général.
   - Faire émerger les points de convergences et de divergences dans les
   approches propres aux groupes
   - Reformuler la question de la scolarité des enfants du voyage de façon
   opératoire.

Plan de l’intervention :

I Les gens du voyage : Définition

    1. De la définition administrative à l’approche ethnologique
    2. Le cadre réglementaire français et la loi du 3 janvier 1969.
    3. Les limites de la catégorisation administrative

II. L’approche ethnologique : vers un habitus tsigane

    1. L’approche constructiviste : introduction de l’ethnicité
    2. L’identité ethnique au cœur de la relation
    3. Ethnicité et socialisation

III. Les modes d’affirmation identitaire

    1. La frontière ethnique
    2. Les champs d’affirmation identitaire
    3. Organisation communautaire et socialisation

IV. L’enfance « sur le voyage »

    1. Des différences sexuées
    2. De l’initiation à l’éducation
    3. Etapes et rites : historicité d’une construction et d’une appartenance.

V. La place de l’école : quel(s) savoir(s) pour quel(s) projet(s)
    1. Savoirs et culture
    2. De chez nous à l’école des gadjé
    3. Les éléments phénotypiques
    4. Les enfants « instituants »
    5. Perspectives




          Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 11 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Présentation de William, de son parcours, de son cursus : n’est pas voyageur mais
imprégné de cette culture de par son parcours personnel.
Adopte une posture d’observateur attentif.
N’est pas un expert (précise que son discours ne porte que de une partie de la
population : celle qu’il connaît… ), essaie de trouver et de donner des clés…
A fait une recherche sur l’identité des gens du voyage. (DHEPS)
S’inscrit dans le courant du constructivisme social.
L’identité est en mouvement permanent, il faut partir de la relation sociale.
Nous sommes tous des être ethniques confrontés à la différence.

Penser la question de la scolarisation des enfants du voyage nécessite de
s’interroger sur un certain nombre d’éléments essentiels :

1) Comment comprendre les particularismes ethniques qui caractérisent la
communauté dont ces enfants sont issus quand nous devons nous tenir, en terme
de définition, à celle produite par la loi de janvier 19691 ?
Le terme gens du voyage est issu de cette loi qui institue la commune de
rattachement, c’est une dénomination administrative non satisfaisante. Derrière cette
dénomination se cachent différentes dimensions ethnologiques.
Le contexte réglementaire français ne favorise pas ce questionnement dans la
mesure où il n’autorise pas le recours aux notions liées à l’ethnicité.

2) Peut-on ignorer les éléments qui construisent cette communauté, participent à
son maintien et à sa reproduction en tant que telle ?
Ne pas prendre en compte les éléments liés à l’identité ethnique revient à se priver
des éléments de compréhension nécessaires en termes de socialisation.

Qu’est ce que l’identité ethnique ?
Absence de théorie.
On se base sur :
   - sur l’origine géographique qui renvoie au mot étranger (Romane Tchave) :
        80 % des Gens du Voyage en France sont issus d’un même groupe de
        Rroms venus de différentes vagues migratoires)
   - sur des signes phénotypiques éventuellement.
   - sur des signes culturels différenciateurs : manière de parler, de s’habiller, de
       se tenir…
   (Attention ces signes isolés peuvent provoquer une représentation fausse.)
   - sur des éléments d’affirmation identitaires (réels ou supposés)

    Cela permet une dichotomisation et la construction d’une frontière ethnique.

Frontière ethnique : Identité commune mais facteurs différents.
Comment se construire, se vivre en temps que communauté ?

C’est un rapport au monde qui fait le voyageur.

1

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000317526&categorieLien=cid#LEGIA
RTI000019289829

          Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 12 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Rapport particulier au travail, à l’école.
Rapport au travail : On ne met pas la même chose derrière ce mot.
→ (pour les Voyageurs) : travail pour nourrir sa famille au quotidien
→ Pas obligatoire (signe extérieur de richesse pour celui qui peut s’en passer)
→ Stratégies sur le travail…
      exemple les dockers :
                 o ne voyagent pas, nom breton, insérer dans le tissu social
                 o revendiquent l’identité « voyageur » réelle ou supposée.
                     Champs de vecteur de l’affirmation identitaire :
                          Le temps qu’on vide un bateau
                          La manière de travailler
                          La cooptation
                          S’affirmer devant le groupe
                          Solidarité mise en place

A l’école :
Il se joue bien d’autres choses que les acquisitions.

Critères négociés
- Sédentaires qui vivent en caravane et veulent prendre la place sur les terrains
    désignés
- Les Yéniches ne sont pas des tsiganes (origine indienne : Roms, Manush, Calé),
    ils rejoignent les tsiganes, il y a assimilation.

On est voyageur parce qu’on a été « socialisé » voyageur.
Le groupe précède l’individu.
Habitus :
D’abord sexué
Ex : la place de la femme : elle est d’abord fille puis belle fille puis mère puis grand-
mère.
La différence sexuée surgit au moment de la scolarisation.

Quelles entrées pour éviter l’approche communautariste incompatible avec le
droit français ?
En amont de toute démarche éducative, il y a nécessité de prendre en compte des
éléments ethniques qui permettent de comprendre les processus de construction
identitaire construisant la relation sociale et éducative entre les individus et leurs
groupes d’appartenance respectifs.

Le sens de l’école pour ces enfants : quelle école, pour quel projet ?
Il s’agit de comprendre comment le système éducatif peut être ou non en
adéquation avec les identités individuelles et collectives qu’il réunit.

L’épanouissement de l’enfant, au sein de l’institution scolaire, passe par
l’épanouissement individuel.
Alors que concernant les Enfants du Voyage, l’épanouissement de l’enfant passe par
l’affirmation de l’appartenance au groupe.

Pas d’épanouissement individuel car cela va à l’encontre des intérêts du groupe,
même si on observe différents niveaux d’approches en fonction des familles.
        Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 13 sur 37
                Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Si on parle d’école il faut en analyser les enjeux :
    - Préserver sa place dans le groupe.
    - Prendre le pouvoir.
Une compétence acquise sert le groupe : la personne qui sait lire est en tête de
convoi. Ce qui fait le voyage c’est la stratégie.

Le rapport au monde est contenu dans les enjeux de la scolarisation.
Pour ce qui est du primaire les parents commencent à en mesure ces enjeux : lire,
écrire, compter.
On observe les mêmes résistances que chez les sédentaires il y a une centaine
d’années : il faut négocier et se référer au travail des enseignants du début du siècle
dernier.

Difficulté de la scolarisation au collège car cette période de scolarisation intervient
à un moment clé du processus d’affirmation identitaire des jeunes voyageurs.
(pas d’adolescence chez les voyageurs au sens où on l’entend chez les sédentaires,
fonctionnement initiatique, il n’y a pas de place pour les gadjé au moment de la
finalisation de la formation identitaire)

Les rapports au temps et à l’espace sont bien sûr à prendre en considération : la vie
sociale des voyageurs est à l’extérieur.
Espace : l’enfermement, les escaliers mettent en difficulté. (exemple : parfois prise
de vertige chez certains voyageurs à la fenêtre d’un étage…)
Le temps de scolarisation est lié au stationnement.


La vie quotidienne domine sur la fréquentation scolaire.
L’hygiène sur le voyage est lié à la pureté. « Un gadjo même passé à la javel ça
reste un gadjo »
L’observation a une place très importante.
La manière dont les gens s’expriment traduit l’intensité, l’acte est sans importance.

Réflexe de distanciation : ne pas construire des représentations, être sensible aux
messages envoyés.


A lire :

Dubet dans ses travaux sur l’école, entre autres ouvrages « à l’école, sociologie de
l’expérience scolaire (1996), co-écrit avec Danilo Martuccelli
http://www.unige.ch/fapse/life/livres/alpha/D/Dubet_Martucelli_1996_A.html

Christophe ROBERT « Eternels étrangers de l’intérieur » - - éd Desclee de Brouwer
http://www.alternatives-economiques.fr/eternels-etrangers-de-l-interieur-par-
christophe-robert_fr_art_690_35916.html




           Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 14 sur 37
                   Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
            Seconde journée au collège KERANROUX, Brest
Hélène Luguern : diaporama de présentation du partenariat engagé dans le
cadre du projet social, déclinaison du projet autour de l’axe scolarisation.

PROJET SOCIAL 2007-2010 DE L’AIRE D’ACCUEIL DE KERVALLAN
(Synthèse)

Finalité

Permettre aux Gens du voyage stationnant sur Brest l’accès aux structures et
instances de droit commun de la Ville.

   • En animant un réseau de partenaires
   • En s’inscrivant dans des réseaux plus larges (schéma communautaire,
     schéma départemental, FNASAT-GV)
   • En développant un projet selon 4 axes (2007/2010) :

                            1.      Education
                            2.      Santé
                            3.      Participation des Gens du Voyage
                            4.      Insertion

                                        + axes transversaux

Axe Santé (2 objectifs 2007 / 2010)

      1. Favoriser l’éducation à la santé et la prévention des risques
      2. Maintenir l’accès aux droits et aux soins

Axe Insertion (Objectifs 2007 / 2010)

      1. Coordonner les actions en matière de lutte contre l’illettrisme
      2. Favoriser l’insertion professionnelle par le développement d’activités
         indépendantes
      3. Favoriser l’insertion sociale et professionnelle
      4. Favoriser la mobilité

Axe Participation des gens du voyage (Objectifs 2007 / 2010)

Favoriser la participation des gens du voyage au projet du centre social de Kervallan.

Axe Education (Deux objectifs : 2007 / 2010)

       Permettre l’accès à la culture et aux loisirs
       Favoriser la scolarisation



           Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 15 sur 37
                   Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Objectifs opérationnels            Actions                                 Méthodologie
 Maintenir et développer          CLSH : maintenir l’accueil «             Suivi du CLSH et des actions
l’accès à la culture et aux        secteur enfance » de la MPT du          passerelles par des réunions bi-
loisirs des 3-12 ans.              Valy-Hir.                               mensuelles des équipes
                                                                           d’animation.
 Favoriser l’accès à la           Passerelles
culture et aux loisirs des         « secteur jeunes » : poursuite et        Présence hebdomadaire des
13-16 ans.                         développement.                          équipes sur l’aire d’accueil :
                                                                           information et échange avec les
 Développer l’intégration         Informer et accompagner                 familles.
dans les activités socio-          si nécessaire les jeunes
culturelles et sportives des       vers les associations et les clubs       Inscription des actions dans le
Associations du quartier.          du quartier.                            PEL en s’appuyant sur le dispositif
                                                                           de réussite éducative.

 Favoriser la scolarisation dès la Information pré scolarisation.          Associer l’école maternelle au
maternelle.                                                                réseau de partenaires.
                                    Soutien au CNED au sein du
 Soutenir la scolarité des plus    collège : le collège accueille et       Organiser une information en
de 12 ans : développer en           accompagne les enseignements           direction des parents, en individuel
cohérence le projet                 du CNED, l’AFEV complète               et/ou en collectif, sur l’importance
d’accompagnement à la scolarité l’action des personnels de                 de la pré-scolarité.
des plus de 12 ans autour de la l’Education Nationale, la MPT et le
convention CNED /Collège de         réseau des bénévoles jouent le          Organiser et coordonner le
Kéranroux.                          rôle d’interface entre le collège et   partenariat.
                                    les familles et accompagnent
                                    celles-ci vers le collège,              Inscrire les actions dans le PEL en
                                    l’ensemble des partenaires du          s’appuyant sur le DRE.
                                    projet informe les familles.
                                                                            Favoriser l’accueil en classe
                                                                           ordinaire au collège par la mise en
                                                                           place, si nécessaire, de parcours
                                                                           individualisés d’intégration.

                                                                            Permettre aux enfants scolarisés
                                                                           en primaire et à leur famille de
                                                                           découvrir le collège en les invitant
                                                                           et en les accompagnant aux
                                                                           journées portes ouvertes.

 Permettre la création de       Réseau Education Nationale                 Organiser des rencontres
pratiques d’accueil innovantes à                                           régulières avec l’ensemble des
l’école et au collège.           Formation enseignants                     acteurs du réseau (notamment avec
                                                                           les directeurs des écoles
                                                                           maternelles et primaires et le
                                                                           principal du collège).

                                                                            Organiser une journée de
                                                                           formation animée par le CLIVE
                                                                           (connaissance du public, exemples
                                                                           de « bonnes pratiques »)




            Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 16 sur 37
                    Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Thierry Chevrolet : diaporama de présentation du CLIVE, et du projet
européen Dromesqere Euroskola concernant la formation télématique des
enseignants et des personnels éducatifs impliqués auprès des enfants Tsiganes,
Rroms et Voyageurs en France.
Le CLIVE (Centre de Liaison et d’Information Voyage-Ecole), association loi 1901
Historique
   • En juillet 2003, en marge de l’Université Européenne d’été à Dijon, consacrée
      à la scolarisation des Enfants du Voyage, un certain nombre d’enseignants
      français ont décidé de réactiver une association nationale d’enseignants
      impliqués dans la scolarisation des voyageurs, le CLIVE (Centre de Liaison et
      d’Information Voyage-Ecole), créée en 1985 (association régie par la loi de
      1901) et qui était en sommeil depuis plus de dix ans…
   • Le 15 novembre 2003, ils se sont réunis à Paris au Centre de Recherche
      Tsigane, et ils ont constitué un nouveau bureau tout en procédant à quelques
      modifications de statuts, en particulier afin de permettre l’ouverture de
      l’association à d’autres personnes que des enseignants : chercheurs,
      étudiants, travailleurs sociaux, bénévoles…
   • Depuis, une AG annuelle se déroule chaque année dans des lieux différents
   • Les dernières « Journées du CLIVE », ont été organisées à St Aignan de
      Grand Lieu (44) les 04, 05 et 06 juillet 2008.

Buts de l’association
   • la réflexion, l'échange de savoirs, de pratiques et d'outils,
   • la mise en réseau des enseignants et des personnes impliquées dans la
      scolarisation,
   • la connaissance des faits et des dispositifs de scolarisation sur l’ensemble du
      territoire français,
   • les actions en vue d’une meilleure adéquation entre la réalité tsigane et
      l'institution scolaire.

Grâce au réseau du CLIVE, chacun participe à :
   • la circulation de l’information
   • une interconnaissance des différentes modalités d'accueil et de scolarisation
      des Voyageurs sur le plan national (camions écoles, structures spécifiques,
      intégration en classe ordinaire, etc...),
   • une réflexion sur les aspects positifs et/ou négatifs des différents
      fonctionnements,
   • des échanges entre collègues : échanges de pratiques, d'outils, échanges
      pédagogiques…
   • une mise en réseau,
   • l’accès à un espace réservé du site internet de l’association, permettant le
      téléchargement d’outils, les échanges d’infos, la possibilité d’un forum etc…
   • la création d’un pôle de ressources en matière de formation.

Le CLIVE au quotidien :
   • accès aux informations diverses relatives aux Tsiganes, Rroms et Voyageurs
      par courriels réguliers.
   • échanges entre adhérents sur des questions diverses.
        Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 17 sur 37
                Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
  • lutte contre l’isolement des personnes impliquées professionnellement.
mais aussi
  • Groupes de travail régionaux sur des thématiques choisies par les adhérents
      (regroupements régionaux)
  • Participation à des temps de formation (comme aujourd’hui à Brest)
  • Implication dans des projets à long terme comme Dromesqere Euroskola…

Projet Dromesqere Euroskola (« l’école du chemin »)
   • Projet européen 2004-2007, le CLIVE a intégré le projet en 2005
   • Élaboration, gestion et alimentation d’un site internet par les partenaires
       français, espagnols et roumains impliqués dans le projet
   • Elaboration d’une formation télématique à destination des personnels
       éducatifs (enseignants ou non) impliqués auprès des enfants Tsiganes,
       Rroms, Gitans, et Voyageurs

Le site internet : http://www.dromesqere.net constitue un espace-ressource
disponible en attendant l’ouverture imminente du site du CLIVE (www.clive.asso.fr )

La formation télématique est articulée autour de cinq modules :
         - Histoire du peuple tsigane
         - Culture
         - Exclusion et inégalité : lutte contre la discrimination
         - Pratiques pédagogiques
         - Médiation interculturelle

Le cours est désormais disponible, diffusion par le CLIVE
• Tutorat assuré par un membre du CLIVE
• Ordre des modules au choix du stagiaire
• Exigence de production finale visant à enrichir l’espace-ressource des adhérents
• Certification finale établie par le CLIVE
• Investissement temps nécessaire : environ 50 heures de travail, rythme au choix
   du stagiaire à déterminer avec le tuteur

Projets du CLIVE pour 2008-2009 et au-delà
   • élaboration et mise en service du site internet de l’association (espace ouvert
      à tous et espace réservé aux adhérents)
   • réflexion sur la mise en place d’une prochaine rencontre nationale ou
      internationale, forme à déterminer (colloque ? Université d’été ? Université
      européenne ?) pour faire suite à la dernière rencontre de Besançon les 1, 2 et
      3 décembre 2008 (« Rroms d’Europe, accueils, ruptures, scolarisations »).
   • Implication éventuelle dans un nouveau projet européen
   • Poursuite de la gestion du cours DROMESQERE

Prochaine assemblée générale du CLIVE à Paris le samedi 27 juin 2009
Adhésion à l’association : 10 euros/an par chèque libellé à l’ordre du CLIVE et
adressé à la trésorière :
Mélanie JOUANNEAU 48/50 place du Gal LECLERC, 45170 NEUVILLE AUX BOIS
contacts             Président : thierry@clive.asso.fr
                     Secrétaire : doune@clive.asso.fr

         Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 18 sur 37
                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Atelier 1 animé par Doune Chastel : la scolarisation en maternelle et en
primaire.
(participants Chistophe Chiron, Luce Lebreton, Laure Lauvergeat, Marine
Rouvel, Hélène Luguern, Michèle Letanneux, Marie France Quemeneur et
Virginie Durand)



A- Présentation de l’expérience d’Andrée (Doune) CHASTEL

B- Scolarisation des enfants qui stationnent sur l’aire d’accueil de Kervallan :
   historique, situation actuelle, perspectives



                                        A

Scolarisation des enfants du voyage en caravane dans le Puy de Dôme
1984 – 1988 : enseignante, directrice

   -   Partenariat Education Nationale / association APGVA.
   -   Projet d’école.
   -   Scolariser en camion école les enfants d’une famille élargie, n’ayant jamais
       été scolarisés, pendant une année scolaire.
   -   Préparer la fréquentation dans les écoles de secteur l’année suivante.
   -   La scolarisation commence à l’arrivée des premiers couples vers Toussaint et
       se termine au départ des derniers couples vers Pâques.
   -   Suivi des familles et accompagnement pédagogique dans les écoles l’année
       suivante.
   -   Scolarisation en camion école des jeunes d’âge collège pour les
       apprentissages de bases.
   -   Préscolarisation en camion école pour amener les enfants à la maternelle.

→ Je me trouve pour la première fois dans un groupe où je suis minoritaire :
expérience riche et importante qui me permet de changer mon rapport aux autres.

→ Je découvre une population.

→ J’apprends à comprendre une autre éducation, une autre démarche, une autre
logique, d’autres centres d’intérêts que les miens.

→ Je découvre qu’il faut penser en permanence à mettre un miroir devant les
comportements, les gadjé et voyageurs chacun dans sa culture familiale présentent
des attitudes similaires.

→ Je fais mes premiers pas vers la co-intervention dans une classe.

→ Je mets en pratique grâce au partenariat mes connaissances, mes formations
concernant la relation école-famille.
        Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 19 sur 37
                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
      -    Présentation du projet aux familles, clairement défini par l’Education
           Nationale.
      -    Aide à la compréhension et au sens des objectifs du projet.
      -    Contraintes immédiates du projet pour les familles
      -    Avantage à long terme pour les enfants.
      -    Echange quotidien avec les parents : enrichissement mutuel.

Scolarisation des enfants du voyage à l’école d’Orléans La Source
1989-1991 : enseignante
1991-2002 : directrice
2002-2008 : directrice et coordinatrice départementale

      1. Historique de l’école située au milieu des caravanes sur une aire
         d’accueil de 60 emplacements : http://school.chez-alice.fr/history.htm

               o 1980 : Création d’une école de quartier de trois classes

               o 1985 : transformation de l’école en école spécialisée2
                       Les enfants ne passent pas en commission.
                       Trois enseignants spécialisés qui travaillent en équipe et
                       élaborent un projet d’école qui sera le socle de l’évolution de la
                       scolarisation des enfants itinérants de l’aire d’accueil.

               o 1989 : Loi d’orientation qui insiste sur la nécessité d’intégrer des élèves
                 handicapés.
                 L’équipe pédagogique prend conscience que les enfants ne bénéficient
                 pas de la richesse de la mixité sociale. L’école est perçue comme une
                 école ethnique.
                 L’école spécialisée des enfants du voyage va se mettre en contact avec
                 les écoles de quartier pour mettre en place des activités communes.

               o 1991 : la demi-décharge de direction va permettre l’accompagnement
                 de l’intégration de certains enfants du terrain.
                 Les projets avec les autres écoles se développent d’années en années
                 jusqu’à une scolarisation à mi-temps dans les écoles de quartier.
                 L’équipe pédagogique espère que dans quelques années l’école sur le
                 terrain ne sera plus utile.

               o 1993 : le partenariat avec l’AgglO Orléans Val de Loire et l’ADAGV
                 Association Départementale Action pour les Gens du Voyage se
                 développe de manière significative avec des réunions partenariales
                 régulières et la mise en place de projets communs : création d’une
                 classe collège, semaines culturelles, intégration des équipes dans le
                 tissu social de la ville, accueil des stagiaires, productions diverses (la
                 fête au niglo, Trois poissons, trois vœux, trois amis, mon joli livre, le
2
    http://aisnet.free.fr/formation/capsais/histo_ais.htm
    http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1232



              Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 20 sur 37
                      Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
                   JTV, projet européen REFM3, carnaval, fête de la musique, fête de
                   terrain, la famille Kaltz)


               o 2003-2004 : L’école sur le terrain a atteint ses limites. L’équipe
                 pédagogique demande la fermeture des classes et la transformation
                 des postes d’enseignants en postes itinérants d’aide à l’intégration.
                 - Application de la circulaire d’avril 2002
                 - Evaluation de l’efficacité du dispositif :
                       ► La proximité du lieu de vie des enfants ne met pas la distance
                       nécessaire avec l’école et la vie de famille domine sur les règles
                       de l’école.
                       ► La posture de l’élève ne s’acquiert pas.
                       ► L’apprentissage de la langue de scolarisation ne se fait pas.
                       ► La culture de l’écrit ne s’installe pas.

               o 2007 : Fermeture des classes maternelle et élémentaire. Les enfants
                 sont scolarisés dans les écoles de quartier dans leur cycle d’âge. Les
                 postes d’enseignants sont transformés en BDIAGV.

               o 2008 : Fermeture de la classe collège. Les jeunes sont scolarisés dans
                 les 3 collèges du poly secteur.



      2. Les missions de l’équipe départementale

Coordinatrice départementale :
              - répartition des élèves dans les écoles du quartier de La Source, en
                 collaboration avec la mairie d’Orléans et les collèges de la source
                 en collaboration avec le principal coordonnateur de la ZEP
              - suivi de l’assiduité scolaire ;
              - organisation et mise en œuvre de la liaison avec les familles ;
              - mise à jour des statistiques départementales ;
              - aide à la scolarisation des élèves itinérants issus des groupes de
                 passage ou en stationnement sur des aires d’accueil ;
              - formation des enseignants et accompagnement des équipes pour la
                 mise en œuvre d’une pédagogie efficace ;
              - élaboration d’un projet scolaire pour les élèves de collège ;
              - coordination du réseau départemental à partir des besoins repérés
                 et organisation pédagogique.
              - Travail en collaboration avec le CASNAV

Brigade Départementale Inspection Académique Gens du Voyage
            - aide pédagogique en direction des écoles pour scolariser les élèves
               en nombre important lors d’un rassemblement ponctuel ;


3
    http://wwwphp.ac-orleans-tours.fr/casnav/rubrique.php3?id_rubrique=99

              Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 21 sur 37
                      Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
         -   aide pédagogique en direction des enseignants qui accueillent des
             élèves stationnant sur les aires d’accueil du département ou sur des
             terrains familiaux ;
         -   prise en charge de groupes d’élèves pour développer les
             compétences dans les domaines fondamentaux ;
         -   aide à la différenciation pédagogique dans la classe et à la mise en
             œuvre des PPRE ;
         -   évaluation des élèves qui arrivent pour la première fois sans livret
             de suivi ;
         -   mise en œuvre du livret de suivi des compétences ;
         -   lien privilégié avec les familles et les écoles ;
         -   scolarisation au collège ;
         -   accompagnement pédagogique des équipes ;
         -   participation à l’aide personnalisée au prorata de la quotité de
             service.




3. Co-intervention

      ► Les enfants itinérants doivent s’adapter à plusieurs écoles, plusieurs
  classes, plusieurs maîtres.

     ► Ces enfants apprennent dans leur milieu familial par observation et
  mimétisme.

      ► Beaucoup de ces enfants ont besoin d’acquérir la culture de l’école
  éloignée de celle de leur milieu familial.

  L’importance est grande de laisser ces enfants au maximum dans leur nouvel
  environnement de classe.
  L’enseignant itinérant par sa présence en classe va l’aider à s’approprier le
  fonctionnement de la classe et à comprendre les règles et le langage, la
  posture de l’enseignant et des autres élèves.
  Il va également soulager la tâche de l’enseignant en travaillant avec tous les
  enfants et en équipe. De nouvelles pratiques pédagogiques peuvent être
  expérimentées, osées.
  Il va proposer la mise en place d’un tutorat élève qui va permettre aux autres
  élèves de la classe d’exercer leur citoyenneté.

  Lorsqu’un décloisonnement est mis en place, les groupes d’élèves sont
  mixtes.
  L’enseignant itinérant est un partenaire de travail, il respecte les pratiques
  pédagogiques des enseignants.
  Les projets mis en place sont écrits. Les organisations pédagogiques sont
  pensées pour permettre à l’enseignant de la classe de fonctionner seul à plus
  ou moins long terme.


     Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 22 sur 37
             Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
      4. Elèves en difficulté d’apprentissage
      Ils sont pris en charge comme les autres élèves.

      5. Film « les Kaltz en famille »
      Ce film a été tourné en 2005 sur l’aire d’accueil d’Orléans.
      L’association d’éducation à l’image Régie Môme a travaillé avec toutes les
      équipes du terrain : gestionnaire (AgglO Orléans Val de Loire), actions sociales et
      éducatives (Association Départementale Action pour les Gens du Voyage),
      scolarité (Ecole des enfants du Voyage)
      Contrainte du financeur (ADAGV) : présenter la vie sur l’aire d’accueil d’Orléans
      La Source
      Forme : Documentaire fiction

      Les enfants ont participé activement et ont appris toutes les étapes de la
      construction d’un film (création d’un scénario, manipulation du matériel,
      tournage). Ils n’ont pas participé au montage, Régie Môme n’ayant pas encore
      leur studio itinérant4.




                                                      B
Christophe CHIRON : directeur de l’école élémentaire J. PREVERT, BREST

          1970 : L’école Jacques Prévert est l’école de référence pour tous les enfants
          de l’aire d’accueil de Kervalan (35 emplacements).
                   C’est une école à petit effectif qui se situe à proximité du terrain. Les
          autres écoles du quartier ont des effectifs plus lourds et un public plus difficile.
                   Une classe enfants du voyage est créée en élémentaire. Gestion
          difficile de cette classe qui inscrit une trentaine d’enfants.

          De 1985 à 1998 :         L’école élémentaire passe de 5 classes à 9 classes.
                                   L’école est repérée comme une école de gitans et
                                   certaines familles du quartier la quittent.
                                   La classe gens du voyage est transformée en CLAD qui
                                   accueille aussi des plus de 12 ans qui seront bientôt
                                   orientés en SES.
          De 1998 à 2008 :         La CLAD ne cesse d’évoluer vers la scolarisation dans le
                                   droit commun. Les enfants du voyage sont pris en charge
                                   à leur arrivée pour une évaluation diagnostique puis
                                   intégrés dans leur classe d’âge. Très peu d’enfants restent
                                   dans la classe à l’année et tous bénéficient de l’intégration
                                   dans quelques domaines d’apprentissage en grand
                                   groupe classe.
          2008-2009 :              Fermeture d’une classe. L’école élémentaire fonctionne à
                                   8 classes à effectif lourd (moyenne de 27 élèves) et d’une
4
    http://www.centreimages.fr/education_gefiche.php?ref=68

              Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 23 sur 37
                      Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
                         CLAD qui ne peut plus intégrer. Les enfants du voyage
                         étant peu nombreux à la rentrée la répartition s’est faite
                         sur 8 classes sans eux. Ils sont actuellement 24 élèves
                         voyageurs de 6 à 12 ans à fréquenter la CLAD. Cette
                         classe est difficile à gérer malgré un travail d’équipe
                         important qui permet des décloisonnements.

     La fermeture de la neuvième classe est vécue comme :
     1. un recul pour la scolarisation des enfants,
     2. une non reconnaissance du travail accompli.

     L’équipe pédagogique souhaite avant tout que tous les enfants et
     particulièrement les enfants du voyage soient bien scolarisés dans de bonnes
     conditions. Elle aurait souhaité la continuité des actions du projet d’école et
     transformer la CLAD en classe d’adaptation ouverte pour les 6-9 ans non
     lecteurs.
     La scolarisation dans les autres écoles du quartier a été expérimentée il y a
     quelques années et a abouti à la déscolarisation des enfants. Les autres
     écoles ne sont pas prêtes à accueillir les enfants itinérants.
     La rupture brutale qu’impose la fermeture de classe décourage les
     enseignants qui souhaitent un travail avec leur administration et les
     partenaires pour trouver une issue au profit des enfants.



Luce LE BRETON : directrice de l’école maternelle Jacques PREVERT BREST

     1991 : nommée à l’école Jacques Prévert maternelle seule école de référence
     pour les itinérants.
            Les partenaires sociaux sont présents et font découvrir le terrain.
            Ce partenariat permet une bonne scolarisation des enfants de
            maternelle.

     L’école est composée de 5 classes. Actuellement 3 enfants du voyage sont
     scolarisés.
     Les enfants du terrain ont toujours été scolarisés dans leur classe d’âge dans
     la mixité sociale.
     Le passage au CP est délicat pour certains enfants. Non déficients, ils ne
     peuvent être maintenus en GS. La CLAD était bénéfique pour eux. Elle
     permettait une entrée dans la lecture plus lente avec une attention particulière
     de l’enseignante.
     Nous avons commencé à réfléchir avec la maîtresse de la CLAD à une aide
     dès la maternelle pour que les enfants arrivent mieux armés au CP mais la
     fermeture de la classe élémentaire ne permettra pas de mettre en œuvre ce
     projet.

     Formation des enseignants et des partenaires nécessaires.
     L’équipe s’interroge :
     Que veut l’IEN ? Avec quels moyens ?

       Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 24 sur 37
               Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Laure LAUVERGEAT: coordinatrice de l’Equipe de Réussite Educative Rive
Droite. Haut Rive Droite : Equipe des 3 KERS (KEROURIEN / KERANROUX /
KERVALLAN)

        Les actions prévues dans le cadre du dispositif de réussite éducative
cherchent à s'appuyer sur les atouts de l'enfant en se référant aux axes de la
réussite éducative définis mutuellement entre la Ville (mission PEL/CUCS), l’EN, le
CG, la CAF, et la DDJS. L’ERE des 3 kers essaie de construire ou reconstruire des
parcours éducatifs individualisés de l’enfant en recherchant les ressources existantes
sur des quartiers et en soutenant le réseau d’acteurs pour permettre la réalisation
de l’offre éducative. L’enfant et la famille sont au cœur de la dynamique du DRE.

       L’ERE des 3 Kers est impliquée directement dans la scolarisation des jeunes
du voyage en lien avec le CCAS (la coordonnatrice sur le projet social fait partie de
l’équipe) et permet la réalisation du projet sur l’accueil des jeunes au collège en lien
avec l’ensemble des acteurs concernés. Elle s’attache à suivre l’évolution des
réseaux et de la qualité de la mise en place des conditions d’accueil et de
scolarisation des jeunes dans le cadre d’un travail plus individualisé pour certains.

      Ce projet de formation des acteurs est au centre du travail du DRE pour
permettre une évolution des pratiques et engager la pérennisation d’un travail
construit depuis déjà plusieurs années.

       Il s’agit aussi d’apporter un soutien aux actions innovantes et de prévention.
L’ERE des 3 kers est vigilante et est en étroite relation avec les acteurs de quartiers
et les instances du PEL. Les actions ainsi mises en place constitueront notamment
une ressource pour impulser des projets nouveaux : la scolarisation des enfants et
des jeunes du voyage constitue une action à suivre de très près par l’ensemble des
acteurs et plus particulièrement l’Education Nationale qui doit y répondre. Un travail
est à impulser pour ouvrir les autres écoles à la scolarisation des enfants du voyage.


Marine ROUVEL : chargée du développement du quartier St Pierre

Le projet Educatif Local de la ville de BREST aborde la question de l’éducation à
l’échelle de la Ville et de ses quartiers. La démarche a pour but de prendre en
compte l’enfant dans sa globalité et dans l’ensemble de son parcours. Ainsi
l’ensemble des acteurs de l’éducation (professeurs, animateurs, parents…) se
retrouvent et se rencontrent lors de réunions afin de proposer un état des lieux
partagés de l’éducation et de ses enjeux sur le territoire. L’objectif de cette démarche
est, dans une logique de partenariat, de mener des actions fédératrices et
coproduites afin de mener des actions pour répondre à ses enjeux éducatifs. Le PEL
tente de mener des actions éducatives pour une amélioration continue de l’offre sur
son quartier et une meilleure compréhension des dynamiques éducatives sur le
quartier. L’enfant reste toujours au cœur des préoccupations du PEL.
Ainsi divers thèmes peuvent être identifiés notamment la petite enfance,
l’accompagnement éducatif, les lieux ressources pour les jeunes… Chaque quartier
connaît des enjeux différents.


         Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 25 sur 37
                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Dans cette optique, la scolarisation des gens du voyage parait être un enjeu éducatif
partagé identifié sur le quartier de Saint Pierre, il concerne l’ensemble de la
communauté éducative de Saint Pierre et plus précisément les directeurs d’école.
Il est ainsi tout à fait envisageable d’aborder cette problématique lors de cette
instance participative qu’est le PEL et de tenter de trouver une solution partagée
pour assurer autant que puisse se faire la scolarisation des enfants du voyage dans
des écoles du quartier.

Il manque un interlocuteur Education Nationale

Marie France QUEMENEUR : animatrice ville

Les enfants de l’aire d’accueil mangent presque tous au restaurant scolaire. Le
principe du self est très apprécié. Lorsque les enfants acceptent de ne pas se
rendre tous ensemble en salle de restauration, lorsqu’ils sortent de classe, le repas
se passe bien.

Virginie DURAND

J’ai la classe des enfants du voyage depuis la rentrée.
Ils sont actuellement 24 présents régulièrement. J’ai réparti ces enfants de 6 à 12
ans en quatre groupes et j’individualise le travail. Un décloisonnement avec les
collègues arrive difficilement à se mettre en place à cause du nombre d’enfants.
C’est difficile je me sens dépassée par le nombre et le comportement des enfants qui
sont capables d’avoir la posture d’élèves et de travailler.
Je ne comprends par pourquoi il faudrait supprimer cette classe qui avait fait ses
preuves dans le contexte de l’an passé. Il suffirait juste d’ouvrir une classe ordinaire
pour qu’il y ait moins d’élèves dans les autres classes.

Michèle LETANEUX IEN ASH Chargée de mission départementale pour la
scolarisation des enfants du voyage dans le Finistère

Il s’agit de repenser la répartition et les missions des postes CLAD pour un
remaillage au niveau départemental
Il n’existe plus de CLAD en France par ce que d’autres fonctionnements sont moins
discriminatoires, plus efficaces au bénéfice d’un plus grand nombre d’enfants.

Dans le contexte actuel, il n’y aura pas de création de poste enfants du voyage mais
on peut conserver les postes existants si les missions évoluent.

Hélène LUGUERN Responsable du service gens du voyage pour la ville de
BREST et la Communauté Urbaine
        .
Le CCAS de Brest, de par sa fonction de coordination du projet du centre social, est
très concerné par la scolarisation des enfants du voyage. C’est dans le cadre de ce
projet social que le réseau scolarisation s’est structuré et que le dispositif
d’accompagnement des élèves inscrits au CNED a été mis en place. Le service
sollicite l’Education Nationale pour étudier les possibilités de pérenniser et
d’augmenter le financement de l’intervention de L’ASEN auprès de ces élèves au
collège. Actuellement le poste d’ASEN et l’intervention d’une animatrice de la MPT
          Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 26 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
du Valy-Hir sont financés par le Dispositif de Réussite Educative (DRE) et ce jusque
fin 2009.
Par ailleurs, la Ville de Brest soutient la demande des enseignants du groupe
scolaire jacques prévert de maintenir un dispositif d’accueil des enfants du voyage
sur le territoire de la rive droite qui favorise la meilleure intégration des enfants dans
les classes ordinaires. Les conditions d’accueil qui ont été modifiées à la rentrée ne
sont pas satisfaisantes pour les enseignants et les familles du terrain de Kervallan.
S’il convient de mettre en place un nouveau dispositif, le service d’accueil des gens
du voyage sera un partenaire solide de l’éducation nationale particulièrement pour
accompagner la relation école-famille dans les changements qui en découleraient.
La conduite de cette réflexion relève de la responsabilité de l’’Education Nationale
mais le service s’y associera et apportera sa contribution dans la relation aux
familles.


                                   PERSPECTIVES


► Besoin d’un CASNAV
► Besoin d’ un coordonnateur départemental (circulaire d’avril 2002)
► Nécessité qu’un responsable de l’éducation nationale dirige la démarche et les
réunions.
► Transformation des postes CLAD et changement des missions des enseignants
pour des missions de scolarisation enfants du voyage plus larges. Missions à définir.
► Réunir les directeurs des écoles du quartier pour les informer des décisions prises
par l’IA, pour une réflexion commune à partir des situations de chaque école, pour
une formation, pour un avenant au projet d’école.
► Mettre en place des réunions partenariales régulières pour se préparer au
changement. Puis pour évaluer et faire évoluer les dispositifs.
► Réfléchir en fonction du contexte actuel à l’organisation de la scolarisation des
enfants stationnant sur l’aire de Kervallan mais aussi sur d’éventuels stationnements
sauvages dans le quartier, sur des terrains privés ou de forains.
► Faire une plaquette de scolarisation pour les familles remise à tous les
enseignants et partenaires.
► Former les enseignants. Des formations avec les partenaires sont à renouveler.
► La préparation de l’accueil des familles est indispensable pour la réussite du
dispositif et de la scolarisation des familles.
► Accompagner les familles avec des explications claires et non négociables une
fois que les décisions ont été prises.




         Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 27 sur 37
                 Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Atelier 2 animé par Thierry Chevrolet : la scolarisation dans le second degré.

            A. Tour de table de présentation des participants.
            B. Thierry Chevrolet : scolarisation second degré, le contexte
               national, et témoignage sur une situation locale en Bretagne.
            C. Travaux de groupe : freins à la scolarisation second degré.
            D. Travaux de groupe : propositions pour lutter contre les freins.


                                                A
Tour de table : présentation de chacun(e), de son implication auprès des enfants du Voyage, et
de ses attentes en termes de formation.

Josette LHERBIER : enseignante spécialisée en SEGPA depuis 13 ans, expérience de
direction de SEGPA, en poste actuel au collège de Keranroux à Brest. A été amenée à
accueillir ponctuellement des enfants du voyage dans sa classe (plutôt sédentarisés ou vivant
en habitat privé). Le travail mené avec les enfants du voyage dans la classe de SEGPA est
identique au travail mené auprès des élèves sédentaires.
Attentes : réfléchir à la façon d’aborder les rapports avec les familles, et en savoir plus sur les
Voyageurs, leur culture etc…

Nadia METERY : enseignante spécialisée, a travaillé à la SEGPA du collège Keranroux à
Brest, et depuis un an et demi en poste sur la coordination ZEP de Brest (regroupant 3
collèges et les écoles primaires du secteur). Référente Education Nationale pour le PEL (Plan
Educatif Local) et le DRE (Dispositif de Réussite Educative).
Attentes : mise en lien des informations, réfléchir à ce qu’il est techniquement possible de
défendre auprès de l’institution Education Nationale pour accompagner les personnes
impliquées dans le dossier…

Franciane GUENEUGUES : Retraitée de l’Education Nationale, bénévole au collège
Keranroux, Brest. Découvre le public. Prend la mesure de la lenteur de l’évolution des choses.
Attentes : souhaite trouver des pistes d’actions concrètes, parvenir à trouver sa place qu
collège même si par ailleurs elle s’estime enchantée par l’accueil qui lui a été réservé au
collège de Keranroux…

Guylaine COULOIGNER : travailleuse sociale au CCAS de Brest, service Gens du Voyage
(formation Educatrice Spécialisée, avec mission d’Assistante Sociale). Arrivée depuis
quelques mois sur son poste au CCAS, découvre le CNED et le dossier scolarisation.
Travaille en lien avec les autres instances administratives et sociales. Situe son travail
davantage sur le registre du suivi individuel. Intriguée par l’illettrisme très fort chez des
jeunes qui ont pourtant été plus ou moins scolarisés : observe une peur de l’écrit chez les
jeunes. Remarque une déscolarisation très présente sur les terrains de Brest après 12 ans. Ce
qui n’est pas toujours vrai par comparaison avec d’autres familles connues.
Attentes : comment faire pour aider les jeunes et les familles à accéder au droit commun ?



          Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 28 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Monique ARGOUALC’H : enseignantes dispositif relais Brest Rive Droite. A connu il y a
quelques années une première expérience avec des enfants du Voyage vivant avec leur
maman séparée de son conjoint pour cause de violences conjugales. A eu l’occasion de
travailler l’an dernier avec un élève Voyageur très peu scolarisé antérieurement. Constat :
grande richesse d’un travail en réseau. Implication par ailleurs dans une association (INFINI)
avec objectif de création d’une page WIKI sur les Gens du voyage…
Attentes : mieux connaître le public, entendre parler d’expériences positives afin d’améliorer
ses propres pratiques, faire savoir que le dispositif relais peut être dans certains cas une
solution à utiliser…

Céline DA CRUZ : Travaille au collège de Keranroux tous les matins (travail à mi-temps pris
en charge financièrement par le Dispositif de Réussite Educative de la ville de Brest, en appui
sur la Maison Pour Tous du Valy Hir à Brest) et l’après-midi travaille avec les enfants primo-
arrivants dans des écoles primaires de la ville de Brest (poste d’assistante d’éduction à mi-
temps). Le travail à Keranroux est axé sur le soutien aux cours du CNED, et aussi auprès des
élèves voyageurs inscrits en classe ordinaire avec emploi du temps aménagé. Céline est
également aidée par une équipe de bénévoles.
Attentes : Réfléchir aux soucis d’organisation, mieux connaître le public…

Denise BOURVEN : retraitée de l’Education Nationale, bénévole au collège Keranroux,
Brest. Découvre le monde du Voyage. A connu par le passé dans son expérience
professionnelle, l’accueil de forains en classes ordinaires de façon très ponctuelle. Impliquée
également dans l’aide aux devoirs en primaire. Relie la problématique posée à une question
récurrente : comment arriver à lire quand il manque certains éléments de culture ?
(problématiques identiques avec d’autres enfants non voyageurs).
Attentes : augmenter son efficacité auprès des jeunes, arriver également à résoudre certains
problèmes pratiques…

Patrick FLOC’H : principal du collège Keranroux, Brest, depuis 5 ans. A participé à la mise
en place de l’accueil des enfants du voyage au collège. Le terrain des Gens du Voyage étant
situé sur le secteur du collège, il est à souligner que l’accueil n’est pas un choix mais une
obligation. Prise de conscience de la nécessité de faire face aux peurs partagées par les deuxc
mondes : celui des sédentaires d’une part, celui des voyageurs de l’autre… Souligne que le
fonctionnement actuel relève d’une sorte de « bricolage » : contrat aidé, aide aux devoirs,
transformation du poste d’assistant d’éducation financé par le DRE…
Attentes : découvrir, voir ce qui se fait ailleurs, appréhender des éléments de la culture des
Gens du Voyage pour une meilleure connaissance de la population.

Gwennaïg ROBERT POLARD : étudiante bénévole pour la première année à l’AFEV de
Brest, (Association Fondation Etudiante pour la Ville), intervient le matin au collège
Keranroux, Brest, auprès de Céline. Note qu’il y a beaucoup de préjugés de part et d’autre
autour des gens du voyage.
Attentes : en savoir davantage sur la population afin de se forger sa propre idée, apprendre
également à connaître l’histoire des Voyageurs et savoir ce qui se fait pour eux.
Amandine DURANDAL : chargée de développement local à l’AFEV de Brest ( Association
Fondation Etudiante pour la Ville), salariée de l’association après y avoir été bénévole.
Attentes : souhaite dépasser les préjugés, réfléchir à la façon de développer les actions en
place, essayer de s’inscrire sur du long terme.


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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Nadia L'HELGOUALC'H : étudiante bénévole à l’AFEV de Brest, (Association Fondation
Etudiante pour la Ville), intervient au collège Keranroux, Brest, avec Céline, souhaite devenir
Professeur des Ecoles. N’avait pas vraiment envisagé toutes les difficultés rencontrées sur la
problématique de la scolarisation des adolescents voyageurs, et découvre ces difficultés.
Attentes : découvrir le monde du Voyage et des éléments de sa culture.

Solène LEROUX : étudiante bénévole pour la première année à l’AFEV de Brest,
(Association Fondation Etudiante pour la Ville), intervient le lundi matin au collège
Keranroux, Brest.
Attentes : apport de connaissances sur les Gens du Voyage et leur culture.

Katell LE GALL : travaille à la Maison pour Tous du Valy Hir, Brest. Soutien aux cours du
CNED pour les plus de 12 ans. A été absente car en formation, non remplacée sur sa mission
pendant on absence… Travaille en lien avec les familles pour expliquer le fonctionnement du
collège, les démarches d’inscription (lien familles-collège). A également pour mission de
recruter l’équipe de bénévoles et de les aider et les former.
Attentes : réfléchir aux actions à mener et à mettre en place avec le collège, en lien avec tout
ce qui s’y passe. Réfléchir également à la façon d’aider au suivi lors des déplacements des
familles.

Fabienne HOFFMANN : Animatrice à la Maison Pour Tous du Valy Hir, Brest. Travaille
avec les enfants du Voyage depuis 7 ans. Fait maintenant la passerelle pour les enfants qui
fréquentaient le CLSH, et qui peuvent maintenant intégrer le secteur Jeunes. A été bénévole
depuis le début dans le soutien aux cours du CNED (soutien qui avait lieu au début dans un
camping car aménagé sur le terrain des Voyageurs, et qui a duré 3 ans avant que ne soit mis
en place quelque chose au collège Keranroux.). Observe que les familles font parfois un
amalgame entre ce qui relève du CNED, ce qui relève du travail social…
Attentes : réfléchir à la façon d’aider à la continuité de la scolarisation lors des déplacements
successifs des familles et des jeunes, contribuer à trouver des objectifs pour les adolescents et
les familles vers une ouverture sur la vie professionnelle, réfléchir également à la place et à la
prise en charge des enfants voyageurs particuliers : ceux qui présentent une difficulté mentale
et dont les familles parfois refusent de reconnaître un handicap.

Thierry CHEVROLET : Président du CLIVE (Centre de Liaison et d’Information Voyage
Ecole), enseignant spécialisé à Rennes (35). A commencé à travailler avec les enfants du
voyage à Rennes en 1991/92, en classe spécifique pour les Voyageurs de 6 à 12 ans, dans une
école primaire à proximité d’une des deux aires d’accueil de Rennes. Puis lors de la
disparition des classes spécifiques en Ille et Vilaine (septembre 1992) au profit d’une
intégration de tous les enfants du Voyage en classe ordinaire, maintien sur poste d’enseignant
spécifique pour un travail orienté sur l’aide à l’intégration (en direction des élèves et des
équipes). Septembre 1993 : création en collège de secteur et à titre expérimental, d’une
structure destinée aux adolescents Voyageurs de 12 à 16 ans non lecteurs, affectation sur cette
structure spécifique. Maintien sur ce poste jusqu’en septembre 2003, date d’une nouvelle
affectation à la Maison d’Arrêt des Hommes de Rennes. Actuellement toujours en poste en
milieu carcéral : travail à destination essentielle des publics adultes de bas niveau, non-
lecteurs : groupe d’alphabétisation constitué à 90% d’adultes issus de la communauté des
Gens du Voyage, et groupe de FLE (Français Langue Etrangère) constitué régulièrement de
personnes d’origine Rrom (Rroms migrants d’Europe de l’Est).


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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Proposition : faire au groupe un petit point sur la scolarisation des adolescents voyageurs
d’une manière générale, situation générale en France, et plus particulièrement rapporter une
situation locale, celle de l’Ille et Vilaine, dans son contexte historique.
Puis, proposition de travail en petits groupes afin de favoriser les échanges au sein du groupe,
et de faire émerger des propositions dans le contexte local Brestois.



                                              B
Thierry Chevrolet : la scolarisation des Voyageurs dans le second degré,
témoignage sur une situation en Ille et Vilaine, rapportée dans un contexte
local.
Même si l’histoire parait parfois être un éternel recommencement, même si l’on ne peut nier
1. d’une part l’aspect parfois éphémère de certaines avancées en termes de scolarisation (rien
n’est jamais gagné, on a parfois l’impression d’avoir à tout recommencer…)
2. d’autre part l’importance de la confiance réciproque qui relève des individualités propres
(importance pour l’enseignant d’être reconnu par les parents, et aussi de connaître les
familles…),
un peu de recul permet néanmoins d’appréhender (subjectivement, certes…) l’évolution réelle
de la scolarisation des enfants du voyage un peu partout en France.
Nous disposons de peu de chiffres fiables, tant sur le nombre de Voyageurs en France
(population estimée de 500 000 personnes à 1 000 000 de personnes selon les sources, c'est-à-
dire… du simple au double !) que sur leur scolarisation (nombre d’élèves scolarisés par
rapport au nombre de jeunes scolarisables, durée réelle de leur scolarisation dans une année
scolaire, nombre de jours de scolarité au cours d’une vie d’élève pendant la période de
scolarité obligatoire…).
Cependant de façon subjective, la plupart des collègues impliqués dans la scolarisation des
Voyageurs depuis un certain temps s’accordent à reconnaître une nette avancée dans le cas
des enfants d’élémentaire (maternelle et primaire). En France, si au début des années 90 on
estimait qu’environ 50% des enfants du Voyage âgés de 6 à 12 ans étaient scolarisés, il est
courant d’entendre dire aujourd’hui par les représentants de l’institution (Education
Nationale) que plus de 80% des enfants de 6 à 12 ans sont scolarisés. Parfois même 90% et
jusqu’à 100 % !
Ces données sont à manier avec une extrême prudence : elles n’ont pas de fondement
statistique réel, proviennent d’un ressenti et visent à donner une image… On observe ainsi de
grandes disparités interdépartementales, (la situation est loin d’être la même en région
parisienne ou dans le Finistère par exemple !) car chacun sait que la scolarisation est
extrêmement liée à d’autres aspects de la vie des Voyageurs, dont le premier est bien sûr la
possibilité de halte (stationnement) : pas de stationnement stable, pas de scolarisation
pérenne…
Quoi qu’il en soit, nul doute aujourd’hui que si la scolarisation des 6/12 ans, tout comme
celle des enfants de maternelle, a vraisemblablement énormément progressé au cours des deux
décennies qui précèdent, la scolarisation au collège, en France, reste encore très
problématique. La fréquentation des collèges ordinaires, et donc l’accès au droit commun, est
loin d’être la situation majoritaire des adolescents Voyageurs : la modalité la plus usuelle de
scolarisation est sans conteste l’inscription CNED. Si cette modalité est vécue comme
présentant des avantages (de part et d’autre : du côté des Voyageurs comme du côté des

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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
sédentaires… regardons les choses avec réalisme…) elle présente également des
inconvénients majeurs en termes d’interconnaissance mutuelle des deux mondes, de lutte
contre les préjugés de part et d’autre, contre les peurs respectives et donc dans les aspects de
la socialisation des jeunes.
De plus, cette modalité « ne saurait être le mode habituel de scolarisation des adolescents »
selon les recommandations de la circulaire de 2002 citée précédemment par Michèle
Letanneux (http://www.education.gouv.fr/bo/2002/special10/default.htm , voir page 15
« scolarisation des enfants du voyage et de familles non sédentaires » le paragraphe consacré
à la scolarisation dans le second degré…).
A l’heure actuelle, de nombreux départements, soucieux de faire évoluer les choses,
commencent à réfléchir, à faire des tentatives, à mettre en place des expériences, afin de
favoriser, autant que faire se peut, l’intégration scolaire des adolescents Voyageurs au sein des
collèges. Des initiatives ça et là sont à saluer, il est seulement à déplorer qu’un travail de
recensement de ces expériences n’ait pu être véritablement mené, permettant de promouvoir
les bonnes pratiques –même si une pratique tient aussi à un contexte local et historique- les
réussites et les échecs… Ainsi aucun retour n’a jamais été fait sur la mise en application réelle
de la circulaire de 2002…
Situation en Ille et Vilaine
En Ille et Vilaine, le contexte s’est prêté très tôt à la suppression des classes spécifiques pour
les enfants du voyage en école primaire, puisque cela fait à ce jour déjà 17 ans que les 4
classes spécifiques (classes à l’époque plutôt fermées, avec cependant intégrations ponctuelles
en classe ordinaire de certains élèves voyageurs selon leur profil et les effectifs des classes
ordinaires…) au profit d’une intégration de tous les voyageurs en classe ordinaire. Il en a
résulté une augmentation du nombre d’écoles d’accueil (pour ne pas surcharger les classes des
deux écoles jusqu’alors référentes) ainsi que le besoin, pour répondre aux lois d’obligation
scolaire et aux attentes de certaines familles, de créer une structure pour les Voyageurs de
plus de 12 ans, qui n’avaient, pas plus que les petits sédentaires de plus de 12 ans, de raison
d’être maintenus en école primaire. Tout s’est passé un peu comme si le besoin de structure
spécifique, structure passerelle pour faciliter l’accès à l’école et au droit commun d’une
population marginalisée, avait changé de palier : du besoin à un niveau primaire, il est passé
au niveau second degré.
En septembre 93 a donc été ouverte une structure dans un collège de Rennes, le collège Les
Gayeulles, collège choisi en raison de sa proximité des deux terrains rennais, et aussi en
raison du fait qu’il n’était pas situé en ZEP, et qu’il ne comportait pas de SEGPA : choix d’un
collège ordinaire…
Cette structure, expérimentale dans ses premières années de fonctionnement, a vite montré la
nécessité de son existence et de son maintien. En 2002-2003, plus d’une centaine
d’adolescents transitaient par la structure au cours de l’année scolaire, sur des durées variant
de 15 jours à plusieurs mois. En période hivernale (novembre-février) une soixantaine
d’adolescents étaient présents simultanément, ce a impliqué un choix de la part de l’équipe
éducative : soit limiter le nombre d’inscription et fonctionner avec une sorte de numerus
clausus, soit accepter l’inscription de tous en limitant le nombre de demi-journées de classe,
de façon à ce que le nombre de jeunes accueillis par demi-journée reste gérable par les
enseignants… C’est cette seconde solution qui avait d’abord été choisie. Ces modalités ont
par la suite été remises en question, les équipes ayant changé, les choix opérés ont
nécessairement évolué également. A l’heure actuelle, deux autres structures complètent le
dispositif (en plus de la scolarisation ordinaire qu’elle ait lieu en collège ordinaire ou en
SEGPA, et aussi également en plus de la scolarisation CNED) : l’une dans un collège de
Rennes-métropole, l’autre dans un collège de Fougères…

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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
Bien que les modalités d’accueil et de scolarisation au sein de ces structures spécifiques aient
évolué avec le temps, certaines interrogations demeurent : en particulier la question du choix
entre une scolarisation à temps complet d’un nombre restreint de jeunes, ou celle d’une
scolarisation partielle d’un plus grand nombre…
La réponse à cette question est bien sûr directement dépendante d’un contexte politique et
budgétaire particulièrement difficile.
Une première remarque s’impose : l’évidence de l’importance des facteurs personnels comme
paramètres incontournables (importance des personnes ressources et de leur investissement
personnel). Le fait qu’une relation de confiance soit établie entre les familles et les
enseignants reste un élément primordial dans la réussite des démarches visant à améliorer la
scolarisation des jeunes. Certaines expériences individuelles, même si elles se révèlent
positives, ne sont pas toujours transférables car elles restent liées à des personnes et à un
contexte local et historique… (exemple : cas du cours à distance départemental organisé
depuis le collège Les Gayeulles…).
La seconde remarque est qu’il faut parfois batailler rude pour faire valoir le travail au sein de
dispositifs marginaux voire expérimentaux, et permettre une reconnaissance institutionnelle
passant par la pérennisation des moyens (humains et financiers) : pendant plusieurs années au
collège Les Gayeulles, s’est posée la question du statut des jeunes Voyageurs scolarisés. A la
difficulté d’obtenir des réponses précises par rapport à des situations « hors normes » (élèves
bénéficiant parfois d’une double inscription (CNED), non soumis au même règlement
intérieur que les élèves des classes ordinaires, n’ayant bien souvent pas de langue vivante, de
dossier scolaire, ne « rentrant » pas dans l’ordinateur du Rectorat) s’ajoutent des
conséquences parfois fâcheuses (si on ne peut « rentrer » ces élèves dans l’ordinateur du
Rectorat, alors ils restent inconnus pour le Conseil Général qui ne peut les prendre en compte
au niveau du budget…) ou problématiques (nécessaire « coloration » d’un poste pour
l’affectation d’un enseignant du second degré…).




                                               C
Travaux de groupes, première partie :
la scolarisation des adolescents voyageurs au collège, quels freins ?
Le travail en deux sous-groupes par la méthode des mots clés a permis de dégager un certain
nombre d’items listés en vrac ci-dessous :

                                      Sous-groupe 1
           Vocabulaire différent                                  L’inconnu
          Condition de la femme                                   Itinérance
          Manque d’informations                                   Rythme **
         Poids des traditions ****                               Confiance **
        Absence de culture de écrite                       Le suivi (pédagogique) *
        Contenu de l’enseignement                                 Les autres
      Impréparation des enseignants **                            Règlement
           « violences scolaires »                               Idées reçues
                 Peur *****


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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
                                        Sous-groupe 2
                  Habitat *                                        Fille *
                Promiscuité *                                   Différence *
                 Habitudes *                                   Stigmatisation
        Sentiment de dévalorisation                              Transport *
                 Intégration                             Education/maternage ****
       Argent (priorité/manque) *****                            Confiance
                (in)fidélité *                                    Inconnu
                 Ponctualité                                 Absence d’écriture
                 Autonomie                          Absence de préparation des enseignants
                  Travail *                                  Poids des traditions
                 Peur *****

Plus les items sont perçus par le groupe comme importants, plus ils sont suivis des signes *.

Il en ressort, pour le sous-groupe 1, que l’essentiel des freins à la scolarisation des jeunes
voyageurs au collège, se situent sur les plans suivants :

► Peurs et craintes : peur des Gens du Voyage par rapport aux autres collégiens (dans les
discussions qu’ils peuvent entendre au collège, voir à ce sujet ce que disaient les mamans
Voyageuses à l’issue de la projection du film « j’va à l’école », cf page 10 du présent
document)

► Poids de la culture et des traditions : les garçons aident traditionnellement les pères dans
les activités économiques (marchés, ferraille…) et les filles aident les mères (entretien de la
caravane…). Le fait de déroger à ces traditions est vécu comme une perte de la culture du
Voyage.

► Freins au niveau du collège lui-même : difficultés à mettre en œuvre un suivi pédagogique,
manque de formation et / ou de préparation des enseignants et des équipes éducatives,
difficultés de déroger au règlement intérieur d’un établissement…

Au niveau du sous-groupe 2, les freins essentiels se situent sue les plans suivants :

► Peur : peur d’être trop intégré, de devenir un « gadjo », peur de l’assimilation, peur
véhiculée également par les actualités, les faits divers (violences dans les collèges).

► Argent : l’argent peut être vécu par certaines familles comme un frein (transport scolaire,
coût restant à charge pour les familles lors d’une inscription CNED…)

► Maternage/éducation : il est difficile de quitter l’éducation de la famille, qui est très
souvent une éducation très protectrice. Les parents excusent souvent beaucoup leurs enfants,
et ne leur imposent guère de violences (contraintes diverses, horaires etc…)
Le groupe exprime le sentiment qu’une comparaison pourrait s’établir entre le monde du
Voyage actuel, et le monde sédentaire d’il y a plusieurs décennies (en particulier le monde
rural).
Est soulignée également l’impression de se trouver à la jonction de deux systèmes en
opposition : le système culturel (celui des Gens du Voyage) et le système institutionnel (celui
de l’Education Nationale)
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                    Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
                                                D

Travaux de groupes, seconde partie :
la scolarisation des adolescents voyageurs au collège, quelles propositions pour
lutter contre les freins repérés ?

Le travail s’est effectué en petits groupes mais n’a pu être mené complètement à terme pour
des raisons de contraintes horaires… Néanmoins, un certains nombre de propositions ont été
rapportées, listées ici selon qu’elles relèvent du possible ou du souhaitable…

Ce qui est possible :

► Favoriser le plus possible la communication entre les voyageurs et les sédentaires, en
l’occurrence les parents d’élèves Voyageurs, les parents d’élèves sédentaires et les personnels
des écoles et du collège. Concrètement dans le contexte local de Brest :
        - diffuser le film « j’va à l’école » pour parler et faire parler, utiliser le film comme
entrée en matière…
        - inviter les parents voyageurs à venir au collège, au besoin les faire venir avec
quelqu’un de confiance (= quelqu’un en qui ils aient confiance), leur faire visiter le collège et
les accompagner (action possible tout au long de l’année, pas seulement à la rentrée scolaire).
        - Amener les parents et les professeurs à mieux se connaître : utiliser pour cela le local
des parents à Keranroux, faire une démarche supplémentaire pour ouvrir les parents vers les
gens du voyage.

► Former et informer les personnels : organiser de nouvelles formations « gens du voyage »
en direction des professeurs et des bénévoles intervenant au collège, en particulier pour
développer des éléments culturels et historiques du monde du Voyage.

► Travailler à une plus grande intégration des jeunes voyageurs en particulier pour partager
des moments forts de la vie du collège. En effet, les jeunes inscrits au CNED et accueillis au
collège à ce titre, ne sont pas toujours suffisamment sollicités pour accéder à certains lieux
(CDI…) ou à certains temps forts (repas de noël…)

► Afin de résoudre simplement le problème du coût du transport scolaire, la première
remarque qui s’impose est qu’il convient de travailler, avec tous les partenaires (travailleurs
sociaux etc), le fait d’inciter les jeunes qui le pourraient (cas de terrains situés à moins d’un
quart d’heure à pied du collège) à venir à pied. Cela suppose peut-être la mise en place
d’actions passerelles, avec accompagnement des jeunes dans un premier temps avec un adulte
référent. Une seconde idée qui émerge, est celle de favoriser, quand le transport scolaire
s’avère nécessaire, un « ramassage » en bus, accompagné (conduit ?) par un parent volontaire.
Avantages : le coût serait ainsi moins élevé pour les familles, et l’assiduité et la ponctualité se
verraient renforcées.

► Freins relatifs à la méfiance : il serait possible d’imaginer que Céline, au lieu de
commencer à prendre en charge les jeunes à 10h au collège, commence à 9h30 sur le terrain,
et se rende au collège avec les jeunes, accompagnée d’une maman ou de toute autre personne
de confiance (cousin, oncle…).


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                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel
► Les freins liés à la méfiance ne se situent pas seulement au niveau de la perception qu’ont
les gens du voyage du monde sédentaire : la méfiance existe dans les deux sens, elle est
souvent liée à une méconnaissance de l’autre, et il importe donc de favoriser les actions visant
à lutter contre les préjugés :
         - organiser ainsi des rencontres festives gens du voyage / sédentaires, visant à une
intégration de la vie scolaire via les fêtes.
         - journées festives sur les terrains (accueil des professeurs, des parents d’élèves, des
élèves sédentaires eux-mêmes) qui permettent, sans qu’elles soient vécues comme intrusives,
que des sédentaires se rendent compte de la réalité de la vie sur un terrain…
         - journées portes ouvertes au collège, permettant d’expliquer aux parents et aux élèves
comment fonctionnent la cantine, les classes, et permettent de créer du lien…
         - favoriser (inciter par tous les moyens) la participation des parents d’élèves
voyageurs aux rencontres CM2-6ème.


Ce qui est souhaitable :


► Moyens humains : les abonder et les pérenniser
        - Actuellement le poste d’ASEN de Céline à mi-temps (le matin) s’avère tout à fait
insuffisant, il est important que les jeunes puissent bénéficier d’un enseignement le matin et
l’après-midi, ce qui permettra par ailleurs des temps d’intégration complémentaires. Un poste
d’ASEN à temps plein doit à cet égard être déployé au collège.
        - Il importe de créer une structure passerelle, sorte de classe d’adaptation second
degré, où l’enseignant référent, avec l’ASEN, aurait bien sûr des visées à terme d’intégration
du plus grand nombre de jeunes possible, dans les classes ordinaires (accès au droit commun).
        - Il convient également d’abonder le nombre d’heures de Katell pour sa mission de
coordination CNED et de lien avec les familles) pour lui permettre de fonctionner avec une
réelle efficacité : un mi-temps est nécessaire à cette mission si l’on souhaite réussir à créer les
conditions favorables à une meilleure scolarisation des jeunes de plus de douze ans.

► Mise à disposition, dans l’optique de favoriser le transport scolaire pour aider les familles
et les jeunes à accéder au lieu-collège, d’un transport par petit bus, conduit autant que faire se
peut par une maman ou un papa…

► Formation des personnels : prévoir d’autres temps de formation. Les journées d’hier et
aujourd’hui font émerger d’autres besoins, en particulier sur la culture et l’histoire des
Voyageurs.




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CONCLUSION - BILAN

Ces deux journées de travail, comme souvent dans les situations de formation, se sont
révélées trop courtes.
Mais elles ont néanmoins permis des rencontres et ainsi des échanges entre les participants.

Un des points forts de ces deux journées a été le débat avec les deux mamans d’élèves, les
témoignages des personnes directement concernées se révélant souvent plus riches que
beaucoup de discours.
Une formation interprofessionnelle de ce type, permettant les échanges entre les différents
personnels (tous les partenaires concernés, y compris les bénévoles) est sans conteste
particulièrement intéressante, dans la mesure où elle permet d’appréhender différentes facettes
de la problématique étudiée.
A souligner le fort investissement partenarial dont la Ville de Brest dispose, sur lequel les
personnes-ressources peuvent s’appuyer, et qui constitue une véritable richesse à la fois pour
la réflexion et pour la mise en place d’actions de qualité autour de la scolarisation des enfants
du voyage.
La cible d’évaluation finale par les participants, fait état du bilan suivant :

                                 Très satisfait       Satisfait     Moyennement       Pas satisfait
                                                                      satisfait
    Qualité des contenus               4                 12                1               0
   Réponse aux attentes                6                 11                0               0
   Qualité des échanges               10                 7                 0               0
 Ouverture de perspectives             1                 12                5               0

Ce qui reste un bilan globalement plutôt positif.
Les échanges ont été nombreux et riches, et dans l’ensemble les participants se sont déclarés
plutôt satisfaits en matière de contenus par rapport à leurs attentes.
La perception de perspectives immédiates en termes de réinvestissement, est l’item sur lequel
la satisfaction est la moins forte : une explication possible est le fait qu’en matière de
formation, un temps de maturation s’avère souvent nécessaire avant un réinvestissement
ultérieur ?
Dans tous les cas ces journées ont permis de faire émerger d’autres perspectives en termes de
formation, et en particulier des demandes de formations complémentaires ont clairement été
formulées en matière d’apports d’éléments culturels et historiques sur les gens du voyage.

Une dernière remarque s’impose : l’académie de Rennes est une des rares académies à ne pas
disposer d’un CASNAV (Centre académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et
des enfants du Voyage) alors que de nombreux besoins existent en termes de formation,
accompagnement des familles et des équipes. C’est l’occasion ici de déplorer une nouvelle
fois ce manque, et de renouveler la demande de création d’une telle structure académique…




          Journées de formation à Brest les 11 et 12 décembre 2008, page 37 sur 37
                  Synthèse CLIVE par Thierry Chevrolet et Doune Chastel

								
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