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propositions Hda migrations

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2/3/2012
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Hda : Art et migrations

> Comment les artistes abordent-ils la question des migrations ?



L’exemple du film « Eden à l’Ouest » de Costa Gavras



« Eden à l'ouest » est un film français, italien, grec réalisé par Costa-Gavras et

distribué en 2009. Ce titre fait référence au film américain « À l'est d’Éden »

(« East of Eden »), réalisé par Elia Kazan en 1955.

Résumé du film

Un bateau d’immigrés est arraisonné au large des côtes italiennes. Elias parvient à

s’enfuir à la nage pour se retrouver sur une plage de nudistes. Commence alors un

long voyage incertain à la poursuite de son rêve : Paris. Parlant à peine le français,

sans papier, ni la moindre idée de comment se rendre en France, Elias trace sa

route vers la ville lumière. Une route semée d’épreuves amères et de rencontres

sublimes…



+ Bande annonce :

http://www.dailymotion.com/video/x828dj_eden-a-l-ouest-bande-annonce-vost-d_shortfilms#rel-page-5





L’auteur : Cosra-Gavras

Né à Athènes dans une famille d'origine russe, Konstantinos Costa-

Gavras s'installe à Paris dès 1951 et obtient la nationalité française en

1968. Sa carrière de réalisateur explose en 1969 avec le succès aussi

triomphal qu'inattendu de « Z », réquisitoire contre la dictature des

colonels grecs. Costa-Gavras a trouvé sa voie : celle d'un cinéma

engagé, en lutte contre le totalitarisme. Ainsi vont se succéder (…) :

«L’Aveu » en 1970, sur les purges staliniennes en Tchécoslovaquie;

« Etat de siège », dénonciation des ingérences de la CIA dans le

Tiers-monde ; « Missing », sur le rôle joué par les Américains dans la

chute du gouvernement d'Allende au Chili ; « Hannah K » en 1983, qui prend position en faveur des

Palestiniens dans leur conflit avec Israël […]. Costa-Gavras surprend, en signant « Clair de femme »

en 1979 et « Conseil de famille » en 1985, l'un et l'autre dénués de toute connotation politique. En

2001, il réalise « Amen », un drame historique très critiqué sur les connivences entre l'Eglise

catholique et les nazis et en 2005, […] et enfin « Eden à l’Ouest » en 2009 sur le sort d’un immigré

clandestin. Cinéaste engagé, les films de Costa-Gavras sont le reflet de ses combats.



Extrait du film de Costa Gavras, Eden à l’Ouest

Dans l’extrait présenté, Elias a réussi à se faire passer pour un client d’un club de vacances.

http://www.dailymotion.com/video/x86c31_eden-a-l-ouest-extrait-1_shortfilms

Touristes

regardant la

scène









Clandestins

échoués sur

la plage

Ses intentions dans ce film

Interview ITV Troiscouleurs:

http://www.dailymotion.com/video/x8a2p6_itv-costa-gavras-eden-a-l-ouest_shortfilms#rel-page-11



Ou Extraits du making of dans le DVD 1’ à 1’25 15’ à 15’26 et 26’26 à la fin

1’ à 1’25 : montrer le migrant sans qu’il fasse peur (casser les stéréotypes)

15’ à 15’26 : Elias : prénom commun à plusieurs religion : évite de donner une nationalité au

personnage pour que tout le monde puisse s’y reconnaître en quelque sorte

26’26 à la fin : regard sur nous occidentaux, comment accueillons-nous ?







Questions :

1. Décrire rapidement la scène.

2. Quelles sont les deux formes de migrations évoquées dans cet extrait ?

3. Quelles sont les réactions des différents personnages ? Quels regards ?

4. D’après l’interview de Costa-Gavras, quels sont les deux aspects que le cinéaste veut

mettre en avant ici ?

5. Comment la scène est-elle filmée (déplacements, cadrage, dialogues…) ?

6. Quelle image donne-t-il de ceux qui regardent la scène ?

7. Comparez cette vision à celle présentée dans la photo ci-dessous. Quelle est l’attitude des

deux femmes envers cet enfant clandestin ? Est-ce la même que dans l’extrait du film ? Où

et quand cette photo a-t-elle été prise ?

8. D’après sa biographie et d’après cet extrait de film, pourquoi peut-on dire que Costa-

Gavras est un cinéaste engagé ?





Touristes portant les premiers soins à des immigrants clandestins épuisés échoués

sur la plage de Tejita, Tenerife, îles Canaries.









2006 © Arturo Rodriguez

http://www.linternaute.com/photo_numerique/photographe/photo/world-press-photo-2007/2eme-prix-reportage-les-

gens-dans-l-actualite.shtml









- possibilité ensuite de prendre d’autres extraits du film où Elias rencontre des personnes plus

accueillantes. (exemple : les chauffeurs de camions + making of : volonté de lutter contre les idées

reçues).

Réponses possibles :

1. Décrire rapidement la scène.

Sur un e plage d’un club de vacances (italien ? ), 2 corps d’immigrés clandestins sont

retrouvés échoués. Le héros du film Elias approche de la scène. On comprend qu’un drame

vient de se jouer par son regard qui contraste avec l’attitude des touristes présents autour.



2. Quelles sont les deux formes de migrations évoquées dans cet extrait ?

Tourisme ; immigration clandestine



3. Quelles sont les réactions des différents personnages ? Quels regards ?

Indifférence ; curiosité (certains filment ou prennent des photos) ; les dirigeants du club de

vacances semblent contrariés pour leur commerce… Par contraste, on peut lire l’effroi et

l’horreur dans le regard d’Elias, clandestin lui-même, qui s’enfuit en courant.



4. Comment la scène est-elle filmée (déplacements, cadrage, dialogues…) ?

Les personnages avancent, d’abord joyeux, puis de plus en plus inquiets. On sent qu’un

drame est en train de se jouer au fur et à mesure de l’avancée des personnages. Leur

visage change d’expression. Le spectateur avance avec eux.

Peu de dialogues. Quelques phrases laissant comprendre qu’il se passe quelque chose.

Puis des plans plus resserrés sur les corps puis sur les différents groupes de personnages.

Des plans sur les corps, sur Elias qui regarde les autres touristes : pour insister sur le

contraste entre le drame qui vient de se jouer et l’attitude des touristes occidentaux.



5. D’après l’interview de Costa-Gavras, quels sont les deux aspects que le cinéaste veut

mettre en avant ici ?

Il porte un regard sur les migrants et sur la société occidentale.



6. Quelle image donne-t-il de ceux qui regardent la scène ? une image négative



7. Comparez cette vision à celle présentée dans la photo ci-dessous. Quelle est l’attitude

des deux femmes envers cet enfant clandestin ? Est-ce la même que dans l’extrait du

film ? Où et quand cette photo a-t-elle été prise ?

Cette vision est différente de l’attitude des touristes sur la photo prise aux Canaries en

2006. Ces deux femmes ont l’air inquiètes pour le jeune clandestin échoué sur la plage.

Elles semblent lui venir en aide.



8. D’après sa biographie et d’après cet extrait de film, pourquoi peut-on dire que Costa-

Gavras est un cinéaste engagé ?

Il a fait de nombreux films engagés politiquement. Il traite de questions qui le touchent

personnellement.

One Flew Over The Void/Bala perdida, 2005

Javier Téllez

> Comment les artistes peuvent-ils nous interpeller sur le thème de la frontière ?



L’oeuvre

vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=qkbLCBZCvKM

et photographie : http://www.artnet.fr/artwork/425462567/138114/javier-tellez-one-flew-over-the-void-bala-perdida.html









Le travail de Javier Téllez intitulé One Flew Over The Void/Bala perdida (« Vol au-dessus du vide

/ Balle perdue ») mettait en scène des patients d’une institution de santé mentale avec lesquels

l’artiste avait longuement travaillé1, et se terminait par un spectacle inspiré par les réalisations de

Dave Smith, le fameux «homme-obus».

Questionnant ainsi toutes les sortes de frontières que l’homme érige ou subit, l’artiste se faisait

lancer par un canon au-dessus d’une reproduction, sur une plage proche, de la palissade frontalière

de Tijuana / San Diego : il s’agissait ainsi de mettre en évidence les tensions croissantes autour de la

frontière ! […]

D’après L’art aux limites nationales. Petite lecture géopolitique et

géosymbolique des productions artistiques des frontières, Anne-Laure Amilhat Szary, Marie-Christine Fourny

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/57/61/45/PDF/Fourny-Amilhat._article_proposA_A_Mirmanda.pdf



1. « Baja California Mental Health Center ». Téllez et les patients ont conçu collectivement la toile de fond,

la musique, les costumes, les affiches publicitaires, tout comme les annonces de radio et de télévision.



A partir d’un article intitulé « Le mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis : flux, contrôle et

créativité de l’esthétique géopolitique » par Norma Iglesias Prieto ; à acheter (4€) sur

http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=OUTE_018_0123





Javier Téllez revisite un concept ancien, celui de l’ « Homme-obus ».

Mais l’artiste lui donne ici une dimension beaucoup plus symbolique voire politique. Il ne

s’agit plus d’un spectacle de foire mais bien d’une « performance » artistique (voir définition ci-

dessous).

Voir cette affiche pour un spectacle des Frères Mayol aux Folies

Bergères : http://www.histoire-

image.org/pleincadre/index.php?i=1097&id_sel=2042



Et l’Histoire de l’ « Homme obus » :

http://www.centredessciencesontario.ca/scizone/e3/circus/cannon/timeline.asp









Vocabulaire :

« Performance » : ce vocable (loin de désigner un quelconque exploit sportif) relève de ce qu'il est convenu

de considérer comme du franglais ; directement issu du verbe to perform, « interpréter », il est attesté au début

des années 1970 dans le vocabulaire de la critique d'art aux États-Unis, et s'applique à toute manifestation

artistique dans laquelle l'acte ou le geste de l'exécution a une valeur pour lui-même et donne lieu à une

appréciation esthétique distincte.

http://www.universalis.fr/encyclopedie/performance-art/



Et un dossier spécial « Qu’est-ce que la performance ? sur le site du centre Pompidou :

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Performance/index.html

> Faire comprendre aux élèves ce qui fait de ce travail une œuvre artistique.



L’artiste et son projet artistique

Né en 1969 au Vénézuela, Javier Téllez vit à New York où il développe une réflexion sur les situations de

marginalité et les formes de stigmatisation.



Extrait du dossier de presse : « People and Places » la condition humaine. LA FRONTIERE ; Exposition

FRAC Nord – Pas-de-Calais janvier- février 2011

Javier Téllez étudie le cinéma à l’Université de Carabobo, à Valencia (Espagne). La maladie mentale et les

malades eux-mêmes sont au coeur de son oeuvre. Cette source d’inspiration majeure lui vient de ses parents,

psychiatres. Au moyen de vidéos ou d’installations, il créé des oeuvres qui remettent en question la société

actuelle et le pouvoir institutionnel. Javier Téllez ébranle de la sorte l’évidence de notre comportement

conditionné et normalisé. Téllez considère que le concept des frontières nationales est révolu. Dans son oeuvre,

il aborde deux types de frontières : sociales et métaphoriques. Ce sont des lignes de partage entre « eux » (les

autres) et « nous », entre « pathologie » et « normalité ».

http://www.fracnpdc.fr/Projet/Exposition/2011/People%20ans%20Places_GS/people%20and%20places%20-

%20dossier%20light.pdf





Contexte : Que dénonce l’artiste dans sa « performance » ?

Le lien avec la géographie :



Doc. 1 : Carte de la frontière : Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.304

Ou en ligne : http://www.diploweb.com/IMG/jpg/EP128cartegeopolitique.jpg



Doc. 2 : Article d’Emmanuelle Le Texier, « L'Opération Gatekeeper à la frontière entre Mexique et États-

Unis : le nouveau mur de Berlin?», Amnesty international, 20 mai 2003. http://www.amnestyinternational.be/doc/s-

informer/notre-magazine-le-fil/libertes-archives/les-anciens-numeros/394-Numero-de-mai-2003/Actuel,366/article/l-operation-gatekeeper-a-la





Migrations et contrôle de la frontière

« Prévue pour réguler l'immigration clandestine en provenance du Mexique et d'Amérique centrale, l'Opéra-

tion Gatekeeper s'est traduite par l'édification d'un nouveau mur avec des conséquences dramatiques au plan

des droits humains et des vies humaines. Le premier mur établi avec des surplus de la guerre du Golfe de

1991 a été renforcé par un deuxième mur, structure de piliers métalliques infranchissable d'environ 65 km de

long. Les technologies les plus performantes sont utilisées pour détecter les candidats à la traversée :

détecteurs infra-rouges, détecteurs de chaleur et caméras viennent renforcer les patrouilles présentes à tout

moment du jour et de la nuit. Chaque jour, 40000 Mexicains passent légalement la « linea » pour travailler

aux États-Unis et, à l'inverse, plusieurs milliers d'habitants de San Diego se rendent à Tijuana pour travailler

dans les maquiladoras1. Paradoxalement, l'intense activité économique qui se développe entre les deux villes

n'a pas fait disparaître la frontière. La militarisation de la zone San Diego-Tijuana a provoqué un

accroissement des tentatives de traversée dans les régions arides où de nombreuses personnes meurent de

déshydratation, d'hypothermie ou d'accidents dans les canyons. Le nombre de morts à la frontière s'est

dramatiquement accru. »

Extrait d’un article d’Emmanuelle Le Texier, « L'Opération Gatekeeper à la frontière entre Mexique et États-Unis : le nouveau mur de Berlin?»,

Amnesty international, 20 mai 2oo3.

En 2014, la totalité de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique sera sécurisée. Malgré l’augmentation

du nombre de victimes, le flot incessant de migrant(e)s ne tarit pas.

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°60, publié par la Section suisse d’Amnesty International, février 2010.

http://www.amnesty.ch/fr/actuel/magazine/2010-1/etats-unis-frontiere-mexique

1. Les Maquiladoras sont principalement des filiales de firmes étrangères installées le long de la frontière nord du

Mexique, bénéficiant d’exonérations fiscales à l’importation de pièces pour assembler et exporter des produits finaux.

Egalement dans : Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.305



Doc. 3 : Photographie aérienne de la frontière :

Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.305

Ou dans Google maps : http://www.panoramio.com/photo/7320029 ©MTschZ



> Frontière ouverte pour les échanges économiques (ALENA ; maquiladoras…), mais fermée pour

les migrants dans un sens : Mexicains vers EU.

Construction du mur et renforcement de la frontière. Plus de risques pour les migrants qui tentent de

passer par le désert d’Arizona…



Le renforcement des frontières et l’édification du mur à développement un fort élan artistique le long

de cette frontière.

Questions :

Présenter l’œuvre et son auteur :

1. Titre de l’œuvre ? One Flew Over The Void/Bala perdida (« Vol au-dessus du vide / Balle perdue »)

2. Auteur ? Javier Téllez

3. De quel domaine artistique s’agit-il ? (Type d’oeuvre ?) « Performance » ; domaine Hda : « arts du

visuel » ; thème : « Arts, ruptures, continuités »

4. Quand a-t-elle été réalisée ? Où ? 2005 ; plage de Tijuana, proche de la frontière

5. A quel public est destiné ce travail artistique ? aux patients de l’hôpital psychiatrique avec lesquels il a

travaillé mais plus largement à tout le monde (publicité pour le spectacle : affiches, TV, radio..)



Description :

6. Décrire la « performance ». Quelle tradition du cirque (ou même du spectacle de foire) revisite-t-il ici ?

Javier Téllez se fait projeter par un « canon » par-dessus une palissade en bois symbolisant la frontière.

Il revisite ici « l’homme obus ».

7. Quelle différence existe-il pourtant entre « l’homme-obus » traditionnel et le travail de Javier Téllez ?

C’est sa démarche, son projet, le questionnement qu’il suscite qui lui font prendre une autre dimension.

8. Qu’est-ce qu’une « performance » ? Manifestation dans laquelle un artiste s’implique physiquement

dans le cadre d’une démarche qui vise à questionner ou interpeller le public sur le thème choisi.



Contexte :

9. D’après les documents géographiques (carte, texte et photographie), décrivez la frontière américano-

mexicaine : Pourquoi peut-on affirmer que cette frontière est à la fois ouverte et fermée ?

Cette frontière est ouverte pour les échanges économiques (dans le cadre notamment de l’ALENA) par le

biais des usines ateliers, les maquiladoras, mais largement fermée pour une grande partie des migrants

potentiels qui souhaiteraient entrer aux Etats-Unis.



Analyse :

10. Dans ce contexte, quel est l’objectif de l’artiste ?

L’artiste veut critiquer la politique migratoire instaurée par les Etats-Unis et dénoncer les risques voire

les morts qui en découlent parmi les clandestins qui tentent de franchir la frontière.



11. Pourquoi avoir joint cette « performance » à un travail avec des patients d’un hôpital psychiatrique ?

Il veut ainsi faire le lien avec d’autres formes de frontières qu’il considère tout aussi inacceptables entre le

monde dit « normal » et le monde des personnes malades (malades mentaux notamment).

Par sa « performance », il veut montrer qu’il est possible de franchir ces frontières.



Prolongements possibles : Comparaison avec une autre « performance » ou autre œuvre sur le même

sujet



Un autre exemple :

- Une autre « performance » : Borderline par Maria Adela Diaz

Video : Une […] performance à haut risque : elle est en

http://www.mariadeladiaz.com/video.php?id=borderfilm.flv effet enfermée dans une caisse en bois à la

dérive sur la mer. Maria Adela Diaz est née au

Guatemala mais vit et travaille aujourd’hui aux

Etats-Unis. Elle utilise son propre corps dans

ses performances, installations ou

encore vidéos pour questionner les

discriminations liées aux origines ethniques et

au sexe. Son travail s’inspire notamment de son

expérience d’immigrante sans-papiers aux

Borderline, 2005 Etats-Unis. Maria Adela Diaz

http://elles.centrepompidou.fr/blog/?p=235 travaille également comme graphiste, et réalise

des illustrations dans ses nombreux carnets de

croquis.

HDA et migrations



THOMAS MAILAENDER

Voitures cathédrales

2004

Travail s’appuyant sur les fiches pédagogiques proposées par la cité nationale de l’histoire de

l’immigration et sur le catalogue de l’exposition « J’ai deux amours » présentée du 16 novembre 2011 au

24 juin 2012 :

http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-

numerique/documents/thomasmailaender_voiturescathedrales.pdf









Photographies à retrouver sur le site :

http://www.histoire-immigration.fr/musee/collections/les-voitures-cathedrales-de-thomas-mailaender









Travail possible dans différentes matières sur le thème des migrations :

Géographie Permet d’aborder les migrations entre le Maghreb et l’Europe avec des flux

dans les deux sens (anciens immigrés de retour au bled pour les vacances :

permet d’évoquer la diaspora et son rôle économique pour les pays de départ

et une forme particulière de tourisme) (Doc. Photo p. 32-33 p. 46-47 p. 60-

61)

+ possibilité de mettre se travail en parallèle avec celui de Bathélemy Toguo

Arts plastiques Travail sur les séries ou sur l’objet ou sur les différents moyens d’évoquer les

migrations

Français Possibilité d’utiliser « le retour au bled » De Faïza Guène, Du rêve pour les

oufs, Paris, Hachette Littératures, 2006, dans La Documentation

photographique n°8063, mai-juin 2008, Migrants et migrations du monde



Ou un extrait d’Eldorado par Laurent Gaudé

Musique La musique des immigrés (ou descendants) dans la chanson française

ex. : Abd Al Malik, Gibraltar

HDA et migrations

THOMAS MAILAENDER

Voitures cathédrales

2004

Domaine artistique : Arts du visuel

Thématique : Arts, Ruptures, Continuités

Problématique (s) : Les migrations et le passage des frontières : rupture ou continuité ?

Comment l’art interroge-t-il le regard de nos sociétés sur les migrations ?





L’artiste

Thomas Mailaender est né en 1979 à Marseille. Après des études de communication visuelle à l’Ecole Nationale

Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art Olivier de Serres, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Arts

Décoratifs de Paris, où il poursuit des études en photographie et en art contemporain […]. Publiées dans la presse

(Libération, Le monde diplomatique), ses photographies ont fait l’objet de diverses expositions et la série des Voitures

cathédrales a notamment été exposée dans la ville de Lens, en 2005, lors de l’opération « Transphotographiques ».

L’artiste a travaillé un été comme ingénieur à la SNCM (Société Nationale maritime Corse –Méditerranée),

qui assure notamment des liaisons maritimes entre la France, l’Algérie et la Tunisie. A la faveur de cette expérience,

l’objectif du photographe a fixé ce que les dockers marseillais appellent les « voitures cathédrales ». Presque écrasées

par un enchevêtrement d’objets, de sacs et de bagages, ces véhicules deviennent, le temps du voyage, des « containers

sur quatre roues » (Th. Mailaender).





Découvrir l’œuvre

Ensemble de six photographies, épreuves couleur, tirage

lambda contrecollé sur aluminium, 118 x 92 cm.

Ces oeuvres sont issues d’une série de dix photographies

réalisées par Thomas Mailaender.



[…] Il est impossible de déterminer le lieu de la photographie,

et l’attention se concentre sur la « voiture cathédrale ».

[La répétitivité] du même motif (une voiture et son chargement

de sacs et d’objets) conduit à la formation d’une série, ce qui

est renforcé par le mode de présentation « en grille », qui place

côte à côte des clichés similaires dans leur composition. Pour

cela, un protocole photographique est strictement établi. Le

même dispositif est utilisé pour chaque voiture, invariablement.

L’objet est placé au centre d’une composition assez

géométrique et de format constant. Les voitures et leur

chargement sont photographiés par l’arrière. A travers un

cadrage serré, la prise de vue est centrée sur les véhicules, ce

qui renforce [l’organisation] assez géométrique des images en

mettant en valeur les formes et les volumes que prennent ces

empilements d’objets. […] Le traitement numérique de l’image

finira de l’isoler de son environnement et de son contexte.

L’éclairage évite au maximum les ombres et contribue à

l’aspect relativement lisse d’une image sans profondeur.

[…]

Ni ici, ni là-bas : les « voitures cathédrales » sont fixées dans

un non-lieu. Les sacs dont elles sont chargées sont eux-mêmes

devenus un signe du mouvement migratoire et du passage des

frontières, comme le montre leur utilisation par d’autres artistes

(on peut songer à Barthélémy Toguo).

D’après la fiche réalisée par la cité nationale de l’immigration,

http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-

numerique/documents/thomasmailaender_voiturescathedrales.pdf

Documents complémentaires : L’exemple des Marocains vivant en Europe



Chaque année, plus de trois millions de Marocains

vivant en Europe reviennent passer leurs vacances

d’été au pays d’origine […]. Miroir inversé de l’exode

marocain vers l’Union européenne, le nombre de retour

(en voiture) est passé de 100 000 en 1970 à 800 000 en

1990, 1.6 million en 2000. […] Certains véhicules sont

encore lourdement chargés mais, par la suite de la

surveillance policière, on ne voit plus ces « voitures

A retrouver dans : La Documentation cathédrales » avec leur empilement d’objets de toutes

photographique n°8063, mai-juin 2008, Migrants et sortes rapportées au pays. […]

migrations du monde, p. 33 Ces retours ont plusieurs significations. […] Ils

manifestent d’abord la vigueur de l’attachement

affectif aux lieux et aux personnes. […] Lors de toutes

ces rencontres, le migrant est moralement tenu

d’apporter des cadeaux de là-bas. Mais pour les

hommes, le retour ne signifie pas forcément un temps

de vacances et de repos car la question du projet

immobilier, de son avancement ou de son devenir, se

pose inévitablement : restauration ou agrandissement

de la demeure familiale, achat d’un terrain pour la

construction […]. Pour rentabiliser le voyage, certains

rapportent d’Europe des marchandises que l’on vendra,

au long des « vacances », sur les souks ou en bordure

de routes ; une véritable économie fonctionne ainsi, par

le biais des retours estivaux. […]

Extraits de La Documentation photographique n° 8063,

Questions : Migrants et migrations du monde, mai-juin 2008

Présenter l’œuvre et son auteur :

1. Titre de l’œuvre ?

2. Auteur ?

3. De quel domaine artistique s’agit-il ? (Type d’oeuvre ?)

4. Contexte : Quand a-t-elle été réalisée ? Où ? A quelle occasion ?

5. A quel public est destiné ce travail artistique ? Où a-t-il été réutilisé notamment ?



Description :

5. Quelle technique photographique (matériel) et quels supports ont été utilisés par l’artiste ?

6. Comment s’appelle ce type d’œuvre (répétition du même motif..) ?

7. Quel est le « protocole photographique » retenu par l’artiste ?



Analyse :

8. Quel est son objectif artistique ? (Que cherche-t-il à faire ressortir ?)

9. Quel élément symbolise le transit ? Le voyage ?



Contexte :

10. En observant les documents joints (carte et texte), répondez aux questions suivantes : Qui sont ces

migrants photographiés par l’artiste ?

11. Quel peut-être l’avantage pour les pays qui reçoivent ces migrants ?



Prolongements possibles : Comparaison

12. Observer l’œuvre de Barthélemy Toguo :

Quel type d’œuvre ? Quel sujet ? Qui est l’auteur ?

13. Comparaison avec l’œuvre précédente :

- Thématiques ? Objets ?

- Cet artiste évoque-t-il les mêmes migrations ?

- Lequel vous semble avoir une démarche plus politique ou engagée ?

Comparaison avec le travail de Barthélemy Toguo « Road to Exile »









Barque en bois, ballots de tissus, bouteilles (220 x 260 x 135 cm).

Exposition « J’ai deux amours » à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris, décembre 2011, photographie de C.

Dupanloup



« En tant qu’immigrant, surtout après la chute du mur de Berlin, j’ai réalisé combien profond est le désir de partir, de

voyager et de découvrir. L’exil est une notion inhérente à la condition humaine sans distinction de race ni d’origine

culturelle… »

Barthélémy Toguo M’Balmayo (Cameroun), 1967. Vit et travaille entre Paris, Bandjoun (Cameroun) et New York.

Formé entre les Beaux-Arts d’Abidjan, de Grenoble et de Düsseldorf, Barthélémy Toguo apparaît comme un artiste

cosmopolite en déplacement constant. Son travail interroge le statut de l’étranger, du migrant, et pose la question de

l’Autre. Road to exile nous « plonge dans l’épreuve de la traversée en haute mer, sur la houle précaire d’une vague de

bouteilles vides » alors que l’embarcation emporte avec elle des baluchons de tissus multicolores. A travers la « barque de

l’exode », l’artiste revisite la notion de voyage et de périples. Il explore le thème de l’exil mais aussi, en creux, le prélude

d’une autre vie.

Dossier de presse de l’exposition « J’ai deux amours » à la cité nationale de l’histoire de l’immigration

http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-numerique/documents/dossier_de_presse_exposition_j_ai_deux_amours.pdf







Barthélemy Toguo en tant qu'artiste né en Afrique et vivant en Europe, pose un regard critique (positif comme

négatif) sur les mouvements de populations tout en réfléchissant aux histoires qui unissent les différents continents.

Le bateau, la barque ou toute autre forme d'embarcation au sein d'une pratique artistique devient un signe

transculturel. Symbole du mouvement, du voyage.

Les ballotins de wax et autres tissus multicolores, symbolisant non seulement l'Afrique mais aussi d'autres pays

du Sud où les gens n'hésitent pas à tenter leur chance, transportés sur des embarcations de fortune, en quête d'argent

pour améliorer la vie de leurs proches restés sur place.

Extrait d’une fiche issue du site de la cité nationale de l’histoire de l’immigration désormais retirée









Bateau de migrants africains fuyant la Libye, le 4 juin 2011 près de Sfax, au large de la Tunisie. © AFP


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