Hda : Art et migrations
> Comment les artistes abordent-ils la question des migrations ?
L’exemple du film « Eden à l’Ouest » de Costa Gavras
« Eden à l'ouest » est un film français, italien, grec réalisé par Costa-Gavras et
distribué en 2009. Ce titre fait référence au film américain « À l'est d’Éden »
(« East of Eden »), réalisé par Elia Kazan en 1955.
Résumé du film
Un bateau d’immigrés est arraisonné au large des côtes italiennes. Elias parvient à
s’enfuir à la nage pour se retrouver sur une plage de nudistes. Commence alors un
long voyage incertain à la poursuite de son rêve : Paris. Parlant à peine le français,
sans papier, ni la moindre idée de comment se rendre en France, Elias trace sa
route vers la ville lumière. Une route semée d’épreuves amères et de rencontres
sublimes…
+ Bande annonce :
http://www.dailymotion.com/video/x828dj_eden-a-l-ouest-bande-annonce-vost-d_shortfilms#rel-page-5
L’auteur : Cosra-Gavras
Né à Athènes dans une famille d'origine russe, Konstantinos Costa-
Gavras s'installe à Paris dès 1951 et obtient la nationalité française en
1968. Sa carrière de réalisateur explose en 1969 avec le succès aussi
triomphal qu'inattendu de « Z », réquisitoire contre la dictature des
colonels grecs. Costa-Gavras a trouvé sa voie : celle d'un cinéma
engagé, en lutte contre le totalitarisme. Ainsi vont se succéder (…) :
«L’Aveu » en 1970, sur les purges staliniennes en Tchécoslovaquie;
« Etat de siège », dénonciation des ingérences de la CIA dans le
Tiers-monde ; « Missing », sur le rôle joué par les Américains dans la
chute du gouvernement d'Allende au Chili ; « Hannah K » en 1983, qui prend position en faveur des
Palestiniens dans leur conflit avec Israël […]. Costa-Gavras surprend, en signant « Clair de femme »
en 1979 et « Conseil de famille » en 1985, l'un et l'autre dénués de toute connotation politique. En
2001, il réalise « Amen », un drame historique très critiqué sur les connivences entre l'Eglise
catholique et les nazis et en 2005, […] et enfin « Eden à l’Ouest » en 2009 sur le sort d’un immigré
clandestin. Cinéaste engagé, les films de Costa-Gavras sont le reflet de ses combats.
Extrait du film de Costa Gavras, Eden à l’Ouest
Dans l’extrait présenté, Elias a réussi à se faire passer pour un client d’un club de vacances.
http://www.dailymotion.com/video/x86c31_eden-a-l-ouest-extrait-1_shortfilms
Touristes
regardant la
scène
Clandestins
échoués sur
la plage
Ses intentions dans ce film
Interview ITV Troiscouleurs:
http://www.dailymotion.com/video/x8a2p6_itv-costa-gavras-eden-a-l-ouest_shortfilms#rel-page-11
Ou Extraits du making of dans le DVD 1’ à 1’25 15’ à 15’26 et 26’26 à la fin
1’ à 1’25 : montrer le migrant sans qu’il fasse peur (casser les stéréotypes)
15’ à 15’26 : Elias : prénom commun à plusieurs religion : évite de donner une nationalité au
personnage pour que tout le monde puisse s’y reconnaître en quelque sorte
26’26 à la fin : regard sur nous occidentaux, comment accueillons-nous ?
Questions :
1. Décrire rapidement la scène.
2. Quelles sont les deux formes de migrations évoquées dans cet extrait ?
3. Quelles sont les réactions des différents personnages ? Quels regards ?
4. D’après l’interview de Costa-Gavras, quels sont les deux aspects que le cinéaste veut
mettre en avant ici ?
5. Comment la scène est-elle filmée (déplacements, cadrage, dialogues…) ?
6. Quelle image donne-t-il de ceux qui regardent la scène ?
7. Comparez cette vision à celle présentée dans la photo ci-dessous. Quelle est l’attitude des
deux femmes envers cet enfant clandestin ? Est-ce la même que dans l’extrait du film ? Où
et quand cette photo a-t-elle été prise ?
8. D’après sa biographie et d’après cet extrait de film, pourquoi peut-on dire que Costa-
Gavras est un cinéaste engagé ?
Touristes portant les premiers soins à des immigrants clandestins épuisés échoués
sur la plage de Tejita, Tenerife, îles Canaries.
2006 © Arturo Rodriguez
http://www.linternaute.com/photo_numerique/photographe/photo/world-press-photo-2007/2eme-prix-reportage-les-
gens-dans-l-actualite.shtml
- possibilité ensuite de prendre d’autres extraits du film où Elias rencontre des personnes plus
accueillantes. (exemple : les chauffeurs de camions + making of : volonté de lutter contre les idées
reçues).
Réponses possibles :
1. Décrire rapidement la scène.
Sur un e plage d’un club de vacances (italien ? ), 2 corps d’immigrés clandestins sont
retrouvés échoués. Le héros du film Elias approche de la scène. On comprend qu’un drame
vient de se jouer par son regard qui contraste avec l’attitude des touristes présents autour.
2. Quelles sont les deux formes de migrations évoquées dans cet extrait ?
Tourisme ; immigration clandestine
3. Quelles sont les réactions des différents personnages ? Quels regards ?
Indifférence ; curiosité (certains filment ou prennent des photos) ; les dirigeants du club de
vacances semblent contrariés pour leur commerce… Par contraste, on peut lire l’effroi et
l’horreur dans le regard d’Elias, clandestin lui-même, qui s’enfuit en courant.
4. Comment la scène est-elle filmée (déplacements, cadrage, dialogues…) ?
Les personnages avancent, d’abord joyeux, puis de plus en plus inquiets. On sent qu’un
drame est en train de se jouer au fur et à mesure de l’avancée des personnages. Leur
visage change d’expression. Le spectateur avance avec eux.
Peu de dialogues. Quelques phrases laissant comprendre qu’il se passe quelque chose.
Puis des plans plus resserrés sur les corps puis sur les différents groupes de personnages.
Des plans sur les corps, sur Elias qui regarde les autres touristes : pour insister sur le
contraste entre le drame qui vient de se jouer et l’attitude des touristes occidentaux.
5. D’après l’interview de Costa-Gavras, quels sont les deux aspects que le cinéaste veut
mettre en avant ici ?
Il porte un regard sur les migrants et sur la société occidentale.
6. Quelle image donne-t-il de ceux qui regardent la scène ? une image négative
7. Comparez cette vision à celle présentée dans la photo ci-dessous. Quelle est l’attitude
des deux femmes envers cet enfant clandestin ? Est-ce la même que dans l’extrait du
film ? Où et quand cette photo a-t-elle été prise ?
Cette vision est différente de l’attitude des touristes sur la photo prise aux Canaries en
2006. Ces deux femmes ont l’air inquiètes pour le jeune clandestin échoué sur la plage.
Elles semblent lui venir en aide.
8. D’après sa biographie et d’après cet extrait de film, pourquoi peut-on dire que Costa-
Gavras est un cinéaste engagé ?
Il a fait de nombreux films engagés politiquement. Il traite de questions qui le touchent
personnellement.
One Flew Over The Void/Bala perdida, 2005
Javier Téllez
> Comment les artistes peuvent-ils nous interpeller sur le thème de la frontière ?
L’oeuvre
vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=qkbLCBZCvKM
et photographie : http://www.artnet.fr/artwork/425462567/138114/javier-tellez-one-flew-over-the-void-bala-perdida.html
Le travail de Javier Téllez intitulé One Flew Over The Void/Bala perdida (« Vol au-dessus du vide
/ Balle perdue ») mettait en scène des patients d’une institution de santé mentale avec lesquels
l’artiste avait longuement travaillé1, et se terminait par un spectacle inspiré par les réalisations de
Dave Smith, le fameux «homme-obus».
Questionnant ainsi toutes les sortes de frontières que l’homme érige ou subit, l’artiste se faisait
lancer par un canon au-dessus d’une reproduction, sur une plage proche, de la palissade frontalière
de Tijuana / San Diego : il s’agissait ainsi de mettre en évidence les tensions croissantes autour de la
frontière ! […]
D’après L’art aux limites nationales. Petite lecture géopolitique et
géosymbolique des productions artistiques des frontières, Anne-Laure Amilhat Szary, Marie-Christine Fourny
http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/57/61/45/PDF/Fourny-Amilhat._article_proposA_A_Mirmanda.pdf
1. « Baja California Mental Health Center ». Téllez et les patients ont conçu collectivement la toile de fond,
la musique, les costumes, les affiches publicitaires, tout comme les annonces de radio et de télévision.
A partir d’un article intitulé « Le mur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis : flux, contrôle et
créativité de l’esthétique géopolitique » par Norma Iglesias Prieto ; à acheter (4€) sur
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=OUTE_018_0123
Javier Téllez revisite un concept ancien, celui de l’ « Homme-obus ».
Mais l’artiste lui donne ici une dimension beaucoup plus symbolique voire politique. Il ne
s’agit plus d’un spectacle de foire mais bien d’une « performance » artistique (voir définition ci-
dessous).
Voir cette affiche pour un spectacle des Frères Mayol aux Folies
Bergères : http://www.histoire-
image.org/pleincadre/index.php?i=1097&id_sel=2042
Et l’Histoire de l’ « Homme obus » :
http://www.centredessciencesontario.ca/scizone/e3/circus/cannon/timeline.asp
Vocabulaire :
« Performance » : ce vocable (loin de désigner un quelconque exploit sportif) relève de ce qu'il est convenu
de considérer comme du franglais ; directement issu du verbe to perform, « interpréter », il est attesté au début
des années 1970 dans le vocabulaire de la critique d'art aux États-Unis, et s'applique à toute manifestation
artistique dans laquelle l'acte ou le geste de l'exécution a une valeur pour lui-même et donne lieu à une
appréciation esthétique distincte.
http://www.universalis.fr/encyclopedie/performance-art/
Et un dossier spécial « Qu’est-ce que la performance ? sur le site du centre Pompidou :
http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Performance/index.html
> Faire comprendre aux élèves ce qui fait de ce travail une œuvre artistique.
L’artiste et son projet artistique
Né en 1969 au Vénézuela, Javier Téllez vit à New York où il développe une réflexion sur les situations de
marginalité et les formes de stigmatisation.
Extrait du dossier de presse : « People and Places » la condition humaine. LA FRONTIERE ; Exposition
FRAC Nord – Pas-de-Calais janvier- février 2011
Javier Téllez étudie le cinéma à l’Université de Carabobo, à Valencia (Espagne). La maladie mentale et les
malades eux-mêmes sont au coeur de son oeuvre. Cette source d’inspiration majeure lui vient de ses parents,
psychiatres. Au moyen de vidéos ou d’installations, il créé des oeuvres qui remettent en question la société
actuelle et le pouvoir institutionnel. Javier Téllez ébranle de la sorte l’évidence de notre comportement
conditionné et normalisé. Téllez considère que le concept des frontières nationales est révolu. Dans son oeuvre,
il aborde deux types de frontières : sociales et métaphoriques. Ce sont des lignes de partage entre « eux » (les
autres) et « nous », entre « pathologie » et « normalité ».
http://www.fracnpdc.fr/Projet/Exposition/2011/People%20ans%20Places_GS/people%20and%20places%20-
%20dossier%20light.pdf
Contexte : Que dénonce l’artiste dans sa « performance » ?
Le lien avec la géographie :
Doc. 1 : Carte de la frontière : Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.304
Ou en ligne : http://www.diploweb.com/IMG/jpg/EP128cartegeopolitique.jpg
Doc. 2 : Article d’Emmanuelle Le Texier, « L'Opération Gatekeeper à la frontière entre Mexique et États-
Unis : le nouveau mur de Berlin?», Amnesty international, 20 mai 2003. http://www.amnestyinternational.be/doc/s-
informer/notre-magazine-le-fil/libertes-archives/les-anciens-numeros/394-Numero-de-mai-2003/Actuel,366/article/l-operation-gatekeeper-a-la
Migrations et contrôle de la frontière
« Prévue pour réguler l'immigration clandestine en provenance du Mexique et d'Amérique centrale, l'Opéra-
tion Gatekeeper s'est traduite par l'édification d'un nouveau mur avec des conséquences dramatiques au plan
des droits humains et des vies humaines. Le premier mur établi avec des surplus de la guerre du Golfe de
1991 a été renforcé par un deuxième mur, structure de piliers métalliques infranchissable d'environ 65 km de
long. Les technologies les plus performantes sont utilisées pour détecter les candidats à la traversée :
détecteurs infra-rouges, détecteurs de chaleur et caméras viennent renforcer les patrouilles présentes à tout
moment du jour et de la nuit. Chaque jour, 40000 Mexicains passent légalement la « linea » pour travailler
aux États-Unis et, à l'inverse, plusieurs milliers d'habitants de San Diego se rendent à Tijuana pour travailler
dans les maquiladoras1. Paradoxalement, l'intense activité économique qui se développe entre les deux villes
n'a pas fait disparaître la frontière. La militarisation de la zone San Diego-Tijuana a provoqué un
accroissement des tentatives de traversée dans les régions arides où de nombreuses personnes meurent de
déshydratation, d'hypothermie ou d'accidents dans les canyons. Le nombre de morts à la frontière s'est
dramatiquement accru. »
Extrait d’un article d’Emmanuelle Le Texier, « L'Opération Gatekeeper à la frontière entre Mexique et États-Unis : le nouveau mur de Berlin?»,
Amnesty international, 20 mai 2oo3.
En 2014, la totalité de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique sera sécurisée. Malgré l’augmentation
du nombre de victimes, le flot incessant de migrant(e)s ne tarit pas.
Article paru dans le magazine AMNESTY, n°60, publié par la Section suisse d’Amnesty International, février 2010.
http://www.amnesty.ch/fr/actuel/magazine/2010-1/etats-unis-frontiere-mexique
1. Les Maquiladoras sont principalement des filiales de firmes étrangères installées le long de la frontière nord du
Mexique, bénéficiant d’exonérations fiscales à l’importation de pièces pour assembler et exporter des produits finaux.
Egalement dans : Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.305
Doc. 3 : Photographie aérienne de la frontière :
Manuel Magnard, 3ème, 2006, p.305
Ou dans Google maps : http://www.panoramio.com/photo/7320029 ©MTschZ
> Frontière ouverte pour les échanges économiques (ALENA ; maquiladoras…), mais fermée pour
les migrants dans un sens : Mexicains vers EU.
Construction du mur et renforcement de la frontière. Plus de risques pour les migrants qui tentent de
passer par le désert d’Arizona…
Le renforcement des frontières et l’édification du mur à développement un fort élan artistique le long
de cette frontière.
Questions :
Présenter l’œuvre et son auteur :
1. Titre de l’œuvre ? One Flew Over The Void/Bala perdida (« Vol au-dessus du vide / Balle perdue »)
2. Auteur ? Javier Téllez
3. De quel domaine artistique s’agit-il ? (Type d’oeuvre ?) « Performance » ; domaine Hda : « arts du
visuel » ; thème : « Arts, ruptures, continuités »
4. Quand a-t-elle été réalisée ? Où ? 2005 ; plage de Tijuana, proche de la frontière
5. A quel public est destiné ce travail artistique ? aux patients de l’hôpital psychiatrique avec lesquels il a
travaillé mais plus largement à tout le monde (publicité pour le spectacle : affiches, TV, radio..)
Description :
6. Décrire la « performance ». Quelle tradition du cirque (ou même du spectacle de foire) revisite-t-il ici ?
Javier Téllez se fait projeter par un « canon » par-dessus une palissade en bois symbolisant la frontière.
Il revisite ici « l’homme obus ».
7. Quelle différence existe-il pourtant entre « l’homme-obus » traditionnel et le travail de Javier Téllez ?
C’est sa démarche, son projet, le questionnement qu’il suscite qui lui font prendre une autre dimension.
8. Qu’est-ce qu’une « performance » ? Manifestation dans laquelle un artiste s’implique physiquement
dans le cadre d’une démarche qui vise à questionner ou interpeller le public sur le thème choisi.
Contexte :
9. D’après les documents géographiques (carte, texte et photographie), décrivez la frontière américano-
mexicaine : Pourquoi peut-on affirmer que cette frontière est à la fois ouverte et fermée ?
Cette frontière est ouverte pour les échanges économiques (dans le cadre notamment de l’ALENA) par le
biais des usines ateliers, les maquiladoras, mais largement fermée pour une grande partie des migrants
potentiels qui souhaiteraient entrer aux Etats-Unis.
Analyse :
10. Dans ce contexte, quel est l’objectif de l’artiste ?
L’artiste veut critiquer la politique migratoire instaurée par les Etats-Unis et dénoncer les risques voire
les morts qui en découlent parmi les clandestins qui tentent de franchir la frontière.
11. Pourquoi avoir joint cette « performance » à un travail avec des patients d’un hôpital psychiatrique ?
Il veut ainsi faire le lien avec d’autres formes de frontières qu’il considère tout aussi inacceptables entre le
monde dit « normal » et le monde des personnes malades (malades mentaux notamment).
Par sa « performance », il veut montrer qu’il est possible de franchir ces frontières.
Prolongements possibles : Comparaison avec une autre « performance » ou autre œuvre sur le même
sujet
Un autre exemple :
- Une autre « performance » : Borderline par Maria Adela Diaz
Video : Une […] performance à haut risque : elle est en
http://www.mariadeladiaz.com/video.php?id=borderfilm.flv effet enfermée dans une caisse en bois à la
dérive sur la mer. Maria Adela Diaz est née au
Guatemala mais vit et travaille aujourd’hui aux
Etats-Unis. Elle utilise son propre corps dans
ses performances, installations ou
encore vidéos pour questionner les
discriminations liées aux origines ethniques et
au sexe. Son travail s’inspire notamment de son
expérience d’immigrante sans-papiers aux
Borderline, 2005 Etats-Unis. Maria Adela Diaz
http://elles.centrepompidou.fr/blog/?p=235 travaille également comme graphiste, et réalise
des illustrations dans ses nombreux carnets de
croquis.
HDA et migrations
THOMAS MAILAENDER
Voitures cathédrales
2004
Travail s’appuyant sur les fiches pédagogiques proposées par la cité nationale de l’histoire de
l’immigration et sur le catalogue de l’exposition « J’ai deux amours » présentée du 16 novembre 2011 au
24 juin 2012 :
http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-
numerique/documents/thomasmailaender_voiturescathedrales.pdf
Photographies à retrouver sur le site :
http://www.histoire-immigration.fr/musee/collections/les-voitures-cathedrales-de-thomas-mailaender
Travail possible dans différentes matières sur le thème des migrations :
Géographie Permet d’aborder les migrations entre le Maghreb et l’Europe avec des flux
dans les deux sens (anciens immigrés de retour au bled pour les vacances :
permet d’évoquer la diaspora et son rôle économique pour les pays de départ
et une forme particulière de tourisme) (Doc. Photo p. 32-33 p. 46-47 p. 60-
61)
+ possibilité de mettre se travail en parallèle avec celui de Bathélemy Toguo
Arts plastiques Travail sur les séries ou sur l’objet ou sur les différents moyens d’évoquer les
migrations
Français Possibilité d’utiliser « le retour au bled » De Faïza Guène, Du rêve pour les
oufs, Paris, Hachette Littératures, 2006, dans La Documentation
photographique n°8063, mai-juin 2008, Migrants et migrations du monde
Ou un extrait d’Eldorado par Laurent Gaudé
Musique La musique des immigrés (ou descendants) dans la chanson française
ex. : Abd Al Malik, Gibraltar
HDA et migrations
THOMAS MAILAENDER
Voitures cathédrales
2004
Domaine artistique : Arts du visuel
Thématique : Arts, Ruptures, Continuités
Problématique (s) : Les migrations et le passage des frontières : rupture ou continuité ?
Comment l’art interroge-t-il le regard de nos sociétés sur les migrations ?
L’artiste
Thomas Mailaender est né en 1979 à Marseille. Après des études de communication visuelle à l’Ecole Nationale
Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art Olivier de Serres, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Arts
Décoratifs de Paris, où il poursuit des études en photographie et en art contemporain […]. Publiées dans la presse
(Libération, Le monde diplomatique), ses photographies ont fait l’objet de diverses expositions et la série des Voitures
cathédrales a notamment été exposée dans la ville de Lens, en 2005, lors de l’opération « Transphotographiques ».
L’artiste a travaillé un été comme ingénieur à la SNCM (Société Nationale maritime Corse –Méditerranée),
qui assure notamment des liaisons maritimes entre la France, l’Algérie et la Tunisie. A la faveur de cette expérience,
l’objectif du photographe a fixé ce que les dockers marseillais appellent les « voitures cathédrales ». Presque écrasées
par un enchevêtrement d’objets, de sacs et de bagages, ces véhicules deviennent, le temps du voyage, des « containers
sur quatre roues » (Th. Mailaender).
Découvrir l’œuvre
Ensemble de six photographies, épreuves couleur, tirage
lambda contrecollé sur aluminium, 118 x 92 cm.
Ces oeuvres sont issues d’une série de dix photographies
réalisées par Thomas Mailaender.
[…] Il est impossible de déterminer le lieu de la photographie,
et l’attention se concentre sur la « voiture cathédrale ».
[La répétitivité] du même motif (une voiture et son chargement
de sacs et d’objets) conduit à la formation d’une série, ce qui
est renforcé par le mode de présentation « en grille », qui place
côte à côte des clichés similaires dans leur composition. Pour
cela, un protocole photographique est strictement établi. Le
même dispositif est utilisé pour chaque voiture, invariablement.
L’objet est placé au centre d’une composition assez
géométrique et de format constant. Les voitures et leur
chargement sont photographiés par l’arrière. A travers un
cadrage serré, la prise de vue est centrée sur les véhicules, ce
qui renforce [l’organisation] assez géométrique des images en
mettant en valeur les formes et les volumes que prennent ces
empilements d’objets. […] Le traitement numérique de l’image
finira de l’isoler de son environnement et de son contexte.
L’éclairage évite au maximum les ombres et contribue à
l’aspect relativement lisse d’une image sans profondeur.
[…]
Ni ici, ni là-bas : les « voitures cathédrales » sont fixées dans
un non-lieu. Les sacs dont elles sont chargées sont eux-mêmes
devenus un signe du mouvement migratoire et du passage des
frontières, comme le montre leur utilisation par d’autres artistes
(on peut songer à Barthélémy Toguo).
D’après la fiche réalisée par la cité nationale de l’immigration,
http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-
numerique/documents/thomasmailaender_voiturescathedrales.pdf
Documents complémentaires : L’exemple des Marocains vivant en Europe
Chaque année, plus de trois millions de Marocains
vivant en Europe reviennent passer leurs vacances
d’été au pays d’origine […]. Miroir inversé de l’exode
marocain vers l’Union européenne, le nombre de retour
(en voiture) est passé de 100 000 en 1970 à 800 000 en
1990, 1.6 million en 2000. […] Certains véhicules sont
encore lourdement chargés mais, par la suite de la
surveillance policière, on ne voit plus ces « voitures
A retrouver dans : La Documentation cathédrales » avec leur empilement d’objets de toutes
photographique n°8063, mai-juin 2008, Migrants et sortes rapportées au pays. […]
migrations du monde, p. 33 Ces retours ont plusieurs significations. […] Ils
manifestent d’abord la vigueur de l’attachement
affectif aux lieux et aux personnes. […] Lors de toutes
ces rencontres, le migrant est moralement tenu
d’apporter des cadeaux de là-bas. Mais pour les
hommes, le retour ne signifie pas forcément un temps
de vacances et de repos car la question du projet
immobilier, de son avancement ou de son devenir, se
pose inévitablement : restauration ou agrandissement
de la demeure familiale, achat d’un terrain pour la
construction […]. Pour rentabiliser le voyage, certains
rapportent d’Europe des marchandises que l’on vendra,
au long des « vacances », sur les souks ou en bordure
de routes ; une véritable économie fonctionne ainsi, par
le biais des retours estivaux. […]
Extraits de La Documentation photographique n° 8063,
Questions : Migrants et migrations du monde, mai-juin 2008
Présenter l’œuvre et son auteur :
1. Titre de l’œuvre ?
2. Auteur ?
3. De quel domaine artistique s’agit-il ? (Type d’oeuvre ?)
4. Contexte : Quand a-t-elle été réalisée ? Où ? A quelle occasion ?
5. A quel public est destiné ce travail artistique ? Où a-t-il été réutilisé notamment ?
Description :
5. Quelle technique photographique (matériel) et quels supports ont été utilisés par l’artiste ?
6. Comment s’appelle ce type d’œuvre (répétition du même motif..) ?
7. Quel est le « protocole photographique » retenu par l’artiste ?
Analyse :
8. Quel est son objectif artistique ? (Que cherche-t-il à faire ressortir ?)
9. Quel élément symbolise le transit ? Le voyage ?
Contexte :
10. En observant les documents joints (carte et texte), répondez aux questions suivantes : Qui sont ces
migrants photographiés par l’artiste ?
11. Quel peut-être l’avantage pour les pays qui reçoivent ces migrants ?
Prolongements possibles : Comparaison
12. Observer l’œuvre de Barthélemy Toguo :
Quel type d’œuvre ? Quel sujet ? Qui est l’auteur ?
13. Comparaison avec l’œuvre précédente :
- Thématiques ? Objets ?
- Cet artiste évoque-t-il les mêmes migrations ?
- Lequel vous semble avoir une démarche plus politique ou engagée ?
Comparaison avec le travail de Barthélemy Toguo « Road to Exile »
Barque en bois, ballots de tissus, bouteilles (220 x 260 x 135 cm).
Exposition « J’ai deux amours » à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris, décembre 2011, photographie de C.
Dupanloup
« En tant qu’immigrant, surtout après la chute du mur de Berlin, j’ai réalisé combien profond est le désir de partir, de
voyager et de découvrir. L’exil est une notion inhérente à la condition humaine sans distinction de race ni d’origine
culturelle… »
Barthélémy Toguo M’Balmayo (Cameroun), 1967. Vit et travaille entre Paris, Bandjoun (Cameroun) et New York.
Formé entre les Beaux-Arts d’Abidjan, de Grenoble et de Düsseldorf, Barthélémy Toguo apparaît comme un artiste
cosmopolite en déplacement constant. Son travail interroge le statut de l’étranger, du migrant, et pose la question de
l’Autre. Road to exile nous « plonge dans l’épreuve de la traversée en haute mer, sur la houle précaire d’une vague de
bouteilles vides » alors que l’embarcation emporte avec elle des baluchons de tissus multicolores. A travers la « barque de
l’exode », l’artiste revisite la notion de voyage et de périples. Il explore le thème de l’exil mais aussi, en creux, le prélude
d’une autre vie.
Dossier de presse de l’exposition « J’ai deux amours » à la cité nationale de l’histoire de l’immigration
http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/musee-numerique/documents/dossier_de_presse_exposition_j_ai_deux_amours.pdf
Barthélemy Toguo en tant qu'artiste né en Afrique et vivant en Europe, pose un regard critique (positif comme
négatif) sur les mouvements de populations tout en réfléchissant aux histoires qui unissent les différents continents.
Le bateau, la barque ou toute autre forme d'embarcation au sein d'une pratique artistique devient un signe
transculturel. Symbole du mouvement, du voyage.
Les ballotins de wax et autres tissus multicolores, symbolisant non seulement l'Afrique mais aussi d'autres pays
du Sud où les gens n'hésitent pas à tenter leur chance, transportés sur des embarcations de fortune, en quête d'argent
pour améliorer la vie de leurs proches restés sur place.
Extrait d’une fiche issue du site de la cité nationale de l’histoire de l’immigration désormais retirée
Bateau de migrants africains fuyant la Libye, le 4 juin 2011 près de Sfax, au large de la Tunisie. © AFP