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1/15/2012
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Les concepts de la géographie humaine, chap 4 « Espace terrestre et espace géographique » A. Dauphiné pp. 51-62. Olivier Milhaud 1



Espace terrestre et espace géographique

Toutes les sciences partagent des objets communs d’après Bachelard (par ex. l’espace terrestre, objet

réel et concret) mais chacune n’existe qu’en définissant son projet privilégié : pour la géo, c’est l’étude de

l’espace géographique, concept abstrait qui permet de décrire, comprendre, expliquer et agir sur un objet

concret, l’espace terrestre. Espace : portion du plan délimitée au moins par une ligne. Espace géographique :

espace formel construit par le géographe à partir de certains caractères de l’espace terrestre.



1. Un concept récent

Les géographes analysent depuis l’Antiquité l’espace terrestre, mais l’ « espace géographique » n’est

devenu que récemment le porte-drapeau et concept-roi de notre discipline (si P. George définit ds son dico la

géo comme « science de l’espace géographique », il ne définit pas le concept), notamment grâce à des titres

de revues et d’ouvrages qui intègrent le mot espace. Le géographe avait tjs eu une vision spatiale des faits

mais l’exprimait avec des concepts différents : lieu (portion de surface terrestre), région, surface terrestre (cf

Vidal de la Blache : la géo est « la science des lieux et non des hommes »).

Découverte de l’espace géographique dans les années 1960, pour 3 raisons :

- amplification des contradictions spatiales notamment à l’interface urbain-rural. Planification spatiale se

développe et crée un nouveau vocabulaire où le mot espace joue un rôle important

- développement de l’économie spatiale depuis l’après Première Guerre mondiale. Auparavant les

économistes ne font pratiquement pas référence à l’espace (comme les marxistes d’après Milton Santos) ou

le réduise au seul concept de distance.

- l’apport de la nouvelle géographie anglo-saxonne : points, lignes organisées en réseaux, trames et champs

surtout gravitaires centrent les débats sur l’espace. On redécouvre Christaller et Lösch, économistes spatiaux.

Au début ce concept neuf d’espace géographique est intégré dans un cadre classique : cf. J. Beaujeu-

Garnier (1971) La géographie, méthodes et perspectives : le premier chap « qu’est-ce que la géo ? » est

entièrement consacré aux relations sociétés humaines-environnement. Des réflexions nouvelles mais l’espace

géographique y est d’abord concret, synthétique. Puis, peu à peu, l’espace géographique est assimilé à un

concept, à une formalisation abstraite et scientifique d’un objet réel et concret : l’espace terrestre.



2. Un objet : l’espace terrestre

C’est un espace terrestre donné, produit et perçu que le géographe veut comprendre et expliquer, à des

niveaux différents, en créant des concepts opératoires, notamment celui d’espace géographique.

A/ l’espace terrestre est donné car il possède une double dimension physique et écologique

L’action humaine n’est jamais totalement libre, même dans une nature profondément humanisée. Fleuves et

montagnes influent sur l’organisation de l’espace. Cf R. Brunet pour comprendre l’espace terrestre du

Massif central français « on a seulement besoin, à l’échelle de l’ensemble, de la notion de massif et des

centres d’action extérieurs, l’une impliquant les autres ». Cette reconnaissance du caractère physique de

l’espace terrestre n’implique nullement de développer une géographie physique indépendante de l’action

humaine. La contrainte que représente un talus dans l’aménagement n’est pas liée à sa définition

géomorphologique (escarpement de ligne de faille ou escarpement de faille ??). Faudrait construire une

nouvelle « géographie physique » en termes de limites, de contraintes et de paroxysmes.

B/ l’espace terrestre est produit car il résulte toujours de l’action des sociétés humaines

L’espace terrestre est un produit social, global et complexe [non pas social en fait mais sociétal] car

l’économique, le social, le culturel, le politique et l’idéologique sont impliqués dans sa construction. Suivant

l’échelle retenue et le type de société, telle ou telle dimension prend de l’importance. Ex. : l’idéologique

(religieux) dans le plan des villes romaines, idéologie créatrice d’espaces terrestres à ne pas confondre avec

l’idéologie des géographes qui intervient dans le processus de formalisation d’un espace géographique. Ex.

le culturel : vision des volumes obtenues au Moyen-Age par la répétition des scènes, à la Renaissance par la

perspective euclidienne, chez les Impressionnistes par la répartition des taches de couleurs (jaunes au

premier plan, bleu pour faire surgir une profondeur). Tout cela intervient quand l’homme agit sur l’espace

terrestre. L’implantation de grandes lignes électriques dans tout l’espace périurbain est décidée selon des

critères économiques et une approche purement euclidienne de la lecture des volumes.

Que l’espace terrestre soit un produit social n’implique pas l’obligation de partir du social. Pour comprendre

la formation de l’espace, H. Reymond (1981, Problématique de la géographie) définit une obligation :

l’espacement. Deux constructions ne pouvant pas occuper le même lieu il faut les espacer et transformer

Les concepts de la géographie humaine, chap 4 « Espace terrestre et espace géographique » A. Dauphiné pp. 51-62. Olivier Milhaud 2

ainsi le paysage1. Cet acte de production consiste à transformer l’étendue, hétérogène, anisotropique,

discontinue et finie, en espace homogène2, isotrope3, continu et infini. Ce passage de l’espace4 à l’étendue se

fait selon trois tendances (d’ordre anthropomorphique) à la continuité, à l’isotropie et à l’homogénéisation.

Pour A. Dauphiné toutefois, le processus de développement crée la variété, l’hétérogénéité des cellules

spatiales et donc l’anisotropie et les discontinuités des espaces terrestres.

C/ l’espace terrestre est vécu et perçu

Prise en compte récente avec les travaux des psychologues sur la perception des micro-espaces : A. Moles et

E. Rohmer (1972) Psychologie de l’Espace ; E. Hall (1977) La Dimension cachée. Le géographe Armand

Frémont distingue les régions fluides, enracinées ou éclatées suivant les liens d’attachement vécus entre les

habitants et un environnement (1976, La région, espace vécu). Cf aussi réflexions méthodologiques et études

de cas (Belfort) d’A.S. Bailly dans La perception de l’espace urbain (1977).

D/ ces élémts de l’espce terrestre résultent de processus agissant à des niveaux d’échelle différente

La notion d’échelle5 s’applique à deux réalités différentes :

- toute portion de l’espace terrestre peut être observée et étudiée avec une vision plus ou moins réductrice.

Le géographe peut s’attacher à différents niveaux de compréhension : son originalité propre est de ne pas

exclure les niveaux méso (canton, pays, région, nation) et aussi de décomposer en plusieurs strates chaque

niveau (micro : maison, rue, quartier ; méso ; macro : cadre national, supranational et mondial). Claval a

montré que combiner les échelles favorise notre compréhension de l’espace terrestre ou zonal (1968,

Régions, nations, grands espaces).

- D’autre part toute valeur en un point donné est fonction de processus agissant à différents niveaux, locaux

régionaux et internationaux (ex. localisation d’une entreprise industrielle). La compréhension d’une partie de

l’espace terrestre passe obligatoirement par l’examen de niveaux différents et imbriqués. Utiliser la théorie

formelle des systèmes hiérarchiques : système dont les composantes sont reliées par des relations

dissymétriques donc non égalitaires (M.D. Mesarovic, D. Macko et Y. Takahara (1980) Théorie des systèmes

hiérarchiques à niveaux multiples).



3. Un concept : l’espace géographique

Le scientifique géographe construit un modèle de l’espace terrestre, objet réel qu’il veut décrire,

expliquer et transformer. Les espaces économiques, sociologiques et géographiques sont trois espaces

abstraits, construits respectivement par l’économiste, le sociologue et le géographe, à partir des caractères de

l’espace terrestre. Ce sont trois abstractions différentes de la surface terrestre. Tout processus d’abstraction

s’inscrit dans une problématique (empirique, théorique ou axiomatique) et toute abstraction est construite

dans un langage (les langages usuel, graphique et cartographique, mathématique, sont les plus utilisés par les

géographes).

A/ les espaces géographiques empiriques

La démarche empirique consiste à créer un espace géographique en retenant des caractères de la surface

terrestre ; le plus gd nombre possible pour en faire la synthèse. Le choix des paramètres retenus est guidé par

l’état de la société dans laquelle se trouve le géographe (cf rapports entre l’ancienne géo tropical et la

colonisation, entre la géo tropicale des années 1980 et la nouvelle vision des liens nord-sud), par les

traditions et les modes universitaires (géomorphologie plus qu’hydrologie), par la disponibilité des sources

(recensements de population, géo humaine fut souvent une géo de la seule population) et enfin par le choix

de critères visibles et statistiques au détriment des flux invisibles (car primauté accordée au concret, au réel).

L’espace géographique empirique ainsi produit est trop souvent propre à chaque géographe (donc

contraire à la règle scientifique de vérificabilité par une tierce personne). C’est une représentation très

simplifiée d’une partie de l’espace terrestre : le paysage. Se voulant concret et synthétique il est surtout

descriptif et rarement explicatif puisqu’il prend mal en compte les flux (quantités de matières, d’énergie ou

d’information qui se déplace), donc la dynamique créatrice des espaces terrestres.



1

Partie visible de l’espace terrestre, au sens strict ses seules composantes physiques, au sens large il intègre des

relations invisibles comme celles liant la perception des individus à l’espace terrestre

2

Homogène = toutes les parties de la surface terrestre considérée ont la même valeur. L’écart-type est nul, l’entropie

relative égale à 1. Hétérogène = non homogène.

3

Isotrope = espace dont les propriétés sont identiques dans toutes les directions. Anisotrope = caractéristique d’un

espace organisé par un ou plusieurs axes. N’est donc pas synonyme d’hétérogène.

4

H. Reymond suit les définitions du mathématicien H. Poincaré : « l’espace est un milieu idéal caractérisé par

l’extériorité de ses pentes et qui contient par conséquent toutes les étendues finies », tandis que « l’étendue est le

caractère des choses dont les parties sont situées dans l’espace et extérieures les unes aux autres ».

5

Echelle = ensemble ordonné de grandeurs. L’échelle spatiale est un ensemble ordonné de grandeurs spatiales.

Les concepts de la géographie humaine, chap 4 « Espace terrestre et espace géographique » A. Dauphiné pp. 51-62. Olivier Milhaud 3

La géographie empirique privilégie deux langages : le langage usuel (certes compréhensible par tous

mais très imprécis (région= région naturelle, historique, … ?), trop connoté) et le langage cartographique

classique (trop réducteur, les dynamiques, forces et flux sont difficilement représentables ; la carte est un

modèle statique de l’espace géographique et la cinématique qui étudie les mouvements dans le temps est

alors l’objet d’un réductionnisme important ; l’œil perçoit mal plus de 7-8 relations, comment dès lors

prétendre être synthétique ??)

B/ les espaces géographiques théoriques

Le géographe peut construire un espace à partir d’une théorie, souvent transférée depuis d’autres disciplines.

LES THEORIES ISSUES DE L’ECONOMIE : célèbres mais limitées, incomplètes et anciennes

A l’échelle régionale, théorie des auréoles de cultures autour d’un marché urbain (J. von Thünen 1826-1843,

puis R. Sinclair 1967), théories des places centrales (W. Christaller 1933, puis A. Lösch 1954). Parfois le

transfert s’accompagne d’un changement d’échelle (J.R. Peet 1969 applique le modèle de J. von Thünen à

l’échelle du globe et B.J. Berry des lois théoriques du modèle d’A. Lösch à l’échelle de la ville).

Ces transferts offrent un cadre déductif mais présentent trois limites :

- L’emprunt porte aussi sur les fondements idéologiques cachés dans les axiomes. Ex : la volonté de

maximiser le profit et la parfaite information des producteurs et des consommateurs sont le socle de ces

théories (travaux des béhaviouristes en ont dénoncé les limites : cf le rapport à la terre des agriculteurs).

- Ces modèles théoriques ne rendent partiellement compte que de la production de l’espace : ni la

composante écologique (ensemble des caractères physiques et biologiques de l’espace terrestre) ni les

perceptions ne sont intégrées alors que ce sont les deux autres dimensions de l’espace terrestre. Certes toute

construction d’espace géographique implique des choix mais il faut être conscient que l’espace géographique

ainsi construit est incomplet.

- Ces théories d’économie spatiale sont déjà très anciennes, moins adaptées au présent où la distance est

moins tyrannique. Surtout elles sont statiques ou dynamiques mais rarement cinématiques : pas de prise en

compte directe de la dimension temporelle, elles ignorent les processus de diffusion créateurs d’espace.

Mais l’économiste propose aussi au géographe des théories en cours d’élaboration, incomplètes mais

prometteuses (P. Aydalot : rôle essentiel à la division internationale du travail, et J. Perrin : le développement

de différentes filières d’élaboration du produit, font progresser une méso-économie spatiale avec de

nouveaux outils de formalisation.

LES THEORIES ISSUES DES SCIENCES PHYSIQUES :

Exemple célèbre du modèle gravitaire de Newton, complété par d’autres modèles de potentiel (W. Reilly

1931 The Law of retail gravitation), puis A. Wilson (1974) Urban and Regional models in geography and

planning. Exemple du second principe de la thermodynamique : l’entropie (mesure du caractère aléatoire -

du degré d’inorganisation ou d’incertitude- d’un système ou d’une distribution). Exemple des théories de la

diffusion (Hägerstrand 1952).

Elaboration d’1 espace géographique à partir d’1 principe ou d’1 théorie physique présente des contraintes :

- Qualité des axiomes pas parfaitement transposable : dans la théorie gravitaire, les forces d’attraction entre

les masses sont continues et augmentent ou diminuent régulièrement dans un espace isotrope. Or on ne peut

pas créer un espace géographique fondé sur la continuité et l’isotropie pour rendre compte de l’espace

terrestre qui est, lui, anisotrope et discontinu ! D’où bien choisir les paramètres du modèle.

- Pb du vocabulaire employé : en physique statistique diffusion de molécules d’air dans toute une pièce, leur

homogénéisation accroît l’entropie et est synonyme de désordre. Peut-on dire pour autant qu’en sciences

sociales l’homogénéisation, l’égalitarisme, est source de désordre et de mort du système social ou spatial ?

Toutefois l’emploi d’une théorie physique, plus synthétique, accroît le pouvoir généralisateur du modèle

créé (un espace géographique fondé sur le modèle allométrique peut expliquer les caractères innés et perçus

de l’espace, et ne pas se limiter à la production comme les théories économiques). Mais ce gain en expansion

s’accompagne d’une perte en compréhension « immédiate » de l’espace terrestre.

LES THEORIES FORMELLES1:

Quatre théories formelles sont utilisables : théories des systèmes, des structures dissipatives, des bifurcations

et des catastrophes. Nécessitent l’utilisation d’outils mathématiques complexes, difficiles (pas de relation

parfaite entre les mathématiques et la construction d’un espace géographique théorique), mais performants

(employer le pouvoir déductif des mathématiques pour construire un espace géographique). La théorie des

catastrophes permet de comprendre et d’expliquer les ruptures fonctionnelles et spatiales d’un phénomène en

utilisant la topologie différentielle, le langage Dynamo est l’outil de formalisation de la dynamique des

systèmes.



1

ensemble de concepts reliés entre eux pouvant s’appliquer à des champs très différents de la connaissance.

Les concepts de la géographie humaine, chap 4 « Espace terrestre et espace géographique » A. Dauphiné pp. 51-62. Olivier Milhaud 4

Cet espace géographique théorique est explicatif. La formalisation théorique guide le géographe dans

le choix des données à retenir et rend explicite ce qui est implicite dans la géographie classique. Toutefois

l’espace géographique ainsi construit est incomplet et réductionniste, mais toute science gagne en

compréhension ce qu’elle sacrifie en extension. L’inconvénient majeur reste les modalités de transfert :

négligences du raisonnement analogique et perte partielle du pouvoir explicatif1.

C/ les espaces géographiques axiomatiques du futur2

G. Nicolas (1980, « Passer outre et se retrouver », in Géopoint 80) 3 axiomes : axiome chorologique

(Peut être géographique tout objet qui différencie l’espace terrestre. La chorologie est l’étude des

emplacements et des lieux), axiome de situation et axiome chronologique. 4 règles : aucun objet n’appartient

en propre au géographe, l’objet géographique est conceptuel, aucune méthode ou technique n’appartient à

une science, et « les axiomes de la géographie ne sont pas propre à la géographie. Mais ce n’est qu’en

géographie qu’on les emploie simultanément ». Dès lors, la géographie n’est pas une super-science de

l’espace et d’autre part, il ne faut pas limiter la géographie à un seul type d’espace.

H. Beguin (1979, « An Axiomatic approach to geographical Space », Geographical Analysis,4) :

construire un espace géomathématique à partir d’un ensemble de lieux, d’une mesure des distances, des

surfaces (ensemble de points d’un espace) et d’un ensemble d’attributs simples et composés (éléments

qualitatifs ou quantitatifs caractérisant des entités spatiales). Puis s’interroger sur des concepts (densité, plus

courte distance, etc) par une démarche déductive.

Dans les 2 cas, volonté de généralisation et utilisation des math comme langage de formalisation, mais

G. Nicolas transforme en axiomes des principes déjà présents dans la géographie classique, tandis que H.

Beguin faisant table rase du passé, adopte une démarche purement mathématique, donne des définitions pour

en déduire des théorèmes. Faute de nombreux travaux d’application, il est difficile de percevoir les avantages

et inconvénients de la construction d’espaces géographiques axiomatiques. L’axiomatisation ne peut venir

qu’après la modélisation, la formalisation d’un espace géographique théorique.



La construction d’un espace géographique est toujours un acte d’abstraction effectué par le

géographe qui veut comprendre, expliquer et agir sur l’espace terrestre. La formalisation à partir de

caractéristiques reconnues de l’espace terrestre, par induction, donne des espaces géographiques empiriques

où le principe de vérificabilité scientifique s’applique mal. Les espaces géographiques théoriques, construits

par déduction, semblent encore aujourd’hui très réducteurs, mais ils permettent de mieux comprendre les

grandes forces qui contribuent au façonnement de l’espace terrestre. Les espaces géographiques fondés sur la

seule axiomatique, ils ne sont pas encore en nombre suffisants pour être l’objet d’une critique constructive.

4. Conseils de lecture

- A. Bailly et H. Beguin (1998) Introduction à la géographie humaine : première partie définit l’espace.

- J.-P. Auray et al. (1994) Encyclopédie d’économie spatiale : entièrement consacré à l’espace, précise les

gds concepts de l’économie spatiale et les comportements spatiaux des agents économiques.

- D. Retaillé (1997) Le monde du géographe : présente les gdes idéologies géographiques et les objets

qu’elles produisent (le lieu, le paysage, l’Etat, le continent.



5. Sujet : Le territoire, l’appropriation de l’espace

M. Le Berre « portion de surface terrestre appropriée par un groupe social pour assurer sa

reproduction et la satisfaction de ses besoins vitaux ». Le processus d’appropriation est donc consubstantiel

au territoire, il explique comment le territoire est géré, ménagé, défendu dans l’intérêt du groupe dominant.

Cf Ecole de Chicago et les processus d’invasion, de succession et de domination.

Comme le territoire est « l’espace marqué par le groupe ».(P. Villeneuve), on peut comprendre la

territorialité en fonction des trois référentiels fondamentaux (A. Moles): celui d’identité qui fait comprendre

qu’Ici est différent d’Ailleurs, celui d’appropriation qui montre comment un groupe domine la relation à

l’espace, et celui d’enracinement, mode d’inclusion dans un espace donné. De ces trois référentiels dérive

celui de communauté, espace de contrôle social d’un groupe.

L’appropriation du territoire permet dominations et ségrégations, d’où phénomènes de

marginalisation, exclusion, majorité, dominance. Parler de territorialité, c’est s’ouvrir aux mécanismes

d’appropriation pour en préciser les conséquences.

[Citations proviennent de l’Encyclopédie de géographie, s.d. Bailly, Ferras, Pumain,1992]



1

Un espace géographique construit suivant la théorie gravitaire explique comment est structuré l’espace terrestre

correspondant ; mais la question pourquoi reste partiellement sans réponse.

2

Voir Encyclopédie de la géographie, chapitre 3 Epistémologie de la géographie, pp52-53 : 3.1 et 3.2

Les concepts de la géographie humaine, chap 4 « Espace terrestre et espace géographique » A. Dauphiné pp. 51-62. Olivier Milhaud 5


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